VENEZUELA : L'AUTRE LANGUE

L’autre langue

le saman du quartier

Dimanche 26 avril 2015, six heures de l’après-midi. Près de 17 femmes du Conseil Communal “Dr Alberto Smith” réalisent une assemblée pour discuter des points du jour. Nous sommes à Ocumare del Tuy, État de Miranda. « Terra incognita » pour les médias occidentaux, comme l’est ce pays hors du Caracas qui lève et baisse son rideau selon les besoins de l’internationale médiatique.

La réunion se déroule dans l’ombre fraîche du “samán”, l’arbre du quartier, trois hommes s’y sont joints. Le menu est varié : les erreurs initiales dans l’organisation du conseil communal comme la double identité juridique vis-à-vis des autorités lors de la remise de comptes annuelle, le besoin de vérifier les comptes des autorités antérieures par la commission de contrôle du nouveau conseil, le programme de substitution de l’éclairage ancien par les nouvelles ampoules blanches qui économisent l’énergie, le programme des allocations de retraite pour les personnes âgées, la vente de postes et d’antennes de télé par câble des entreprises de l’État. Le samán est un patrimoine national et ne peut être coupé sans permis de l’Institut National des Parcs et du corps de pompiers mais il faudra au moins en couper quelques branches.

La réunion respire la cordialité de voisins mais la tension revient dès qu’une parcelle de pouvoir est en jeu. Presque toutes ces femmes sont mères, fonctionnaires publiques ou employées, travaillent du lundi au vendredi, travaillent chez elles et consacrent un samedi ou un dimanche par semaine au conseil communal. Elles font leur propre critique parce qu’elles n’ont pas réussi à élire le ou la porte-parole au conseil de rang présidentiel  parce que la personne à choisir doit se consacrer à plein temps à cette tâche : autant il est possible que ce conseil ne se réunisse pas pendant un an, autant il arrive qu’on doive se rendre à toutes les réunions pendant toutes les semaines, un mois complet. Madame Mary parle de la “faible participation aux assemblées”, Cristina explique qu’il faut “s’activer pour obtenir davantage de bénéfices”.

Une heure passe. Il y a d’autres critiques, il faut arriver à des accords. Quelles personnes sont-elles prioritaires pour l’assignation des postes de télévision et des antennes de Cablevisión (les personnes âgées). Le programme « Barrio Nuevo, Barrio Tricolor » organise une journée de substitution des toits d’amiante (encore nombreux dans les communautés intérieures du Venezuela) et des toits de zinc avariés, et la réfection des façades en mauvais état pour les maisons jugées prioritaires. Face aux problèmes de pénurie de certains produits de base on s’organisera avec des entreprises régionales pour vendre certaines denrées comme les produits laitiers.

Les maisons dont les lampes éclairent les rues du quartier recevront une dotation additionnelle d’ampoules incandescentes.

On dirait une autre langue mais c’est le langage de la démocratie participative, ce n‘est pas facile, ce n‘est pas un chemin de roses mais il semble que c’est le chemin.

Carmen Navas Reyes

Anita

Source : https://lacumbale.wordpress.com/2015/04/28/los-consejos-comunales-como-expresion-de-la-democracia-participativa/

Traduction : T.D.

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