YEMEN

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LES F-15 US SOUS LA MENACE DE LA RESISTANCE YEMENITE

La base Prince Sultan dans la ligne de mire des missiles d’Ansarallah

Sun Jan 19, 2020 5:48PM

Image satellite montrant un escadron de F-15 de l'U.S. Air Force dans la base aérienne Prince Sultan (Arabie saoudite). ©Avia.pro

Image satellite montrant un escadron de F-15 de l'U.S. Air Force dans la base aérienne Prince Sultan (Arabie saoudite). ©Avia.pro

Le site Avia.pro fait état de la concentration d’avions militaires américains sur la base aérienne Prince Sultan en Arabie saoudite, complétée par la présence assez récente d’un escadron de chasseurs F-15.

Les spécialistes du site estiment que la base Prince Sultan étant à la portée des missiles balistiques et des drones d’attaque des forces yéménites, ces avions militaires américains, notamment l’escadron des F-15, pourraient facilement être détruits par un seul missile balistique des Yéménites.

Les experts du site Avia-pro croient qu’à en juger une image satellite diffusée sur Internet, le commandement de l’armée de l’air américaine semble avoir pris une décision « complètement absurde » consistant à placer un escadron entier de ses F-15 à l’air libre.

Quelles bases saoudiennes sont à portée de tir des missiles yéménites ?

Quelles bases saoudiennes sont à portée de tir des missiles yéménites ?

Les forces yéménites ont tiré jeudi dernier un missile à longue portée en direction d’une base militaire saoudienne dans la ville d’al-Dammam dans l’est de l’Arabie saoudite.

« À en juger par la situation à la base aérienne Prince Sultan, le commandement de l’US Air Force semble ne pas être du tout conscient de la gravité des attaques de missiles en provenance du Yémen. Dans le cas où le conflit se poursuivrait, un seul missile balistique pourrait être lancé depuis le Yémen pour détruire d’un seul coup une vingtaine de chasseurs F-15 de l’armée de l’air américaine », estime le site rappelant que des missiles balistiques lancés depuis le territoire yéménite ont survolé la zone où se trouve la base aérienne Prince Sultan pour attaquer des cibles dans la partie orientale du royaume saoudien.

Lire aussi :

Ansarallah fait fuir l'USS Ross

L’armée de l’air américaine a déployé début janvier l’escadron 494 des chasseurs F-15 sur la base aérienne Prince Sultan dans le cadre d’un renforcement de la présence militaire américaine dans la région.

À en croire des sources militaires proches du Pentagone, cet escadron de F-15 est arrivé à la base Prince Sultan quelques heures seulement après l’assassinat par l’armée américaine du général Qassem Soleimani, commandant de la Force Qods du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) à Bagdad, le 3 janvier 2020.  

Sous l’œil des Américains, Israël envoie ses militaires et équipement en territoire saoudien

Sous l’œil des Américains, Israël envoie ses militaires et équipement en territoire saoudien

Des négociations secrètes entre Riyad et Tel-Aviv au sujet de la conclusion d’un accord militaire.

http://french.presstv.com/Detail/2020/01/19/616579/Les-F15-US-sous-la-menace-dAnsarallah


 

DES DIZAINES DE MERCENAIRES DE LA COALITION SAOUDIENNE TUES OU BLESSES PAR LA RESISTANCE YEMENITE A SANAA

Des dizaines de mercenaires à la solde de l’Arabie saoudite ont été tués ou blessés

Sat Jan 18, 2020 6:15PM

Les forces yéménites ont repoussé une attaque de la coalition saoudienne.

Les forces yéménites ont repoussé une attaque de la coalition saoudienne.

Les forces yéménites ont repoussé l’attaque perpétrée par les mercenaires à la solde de la coalition saoudienne dans le district de Nehm à Sanaa leur infligeant une lourde perte en vies humaines.  

« Lors de cette attaque appuyée par des avions de combat, des dizaines de mercenaires à la solde de Riyad ont été tués ou blessés », a annoncé le général Yahya Saree, porte-parole des forces armées yéménites.

Et ce, alors que les éléments de l’Arabie saoudite avaient auparavant essuyé de gros revers sur différents fronts.

Le lendemain de l’attaque de la coalition saoudienne contre le district de Nehm à l’est de Sanaa, l’armée a reçu l’ordre de renforcer la sécurité dans la capitale.

Après cette attaque, Ansarallah a ordonné de créer des postes de contrôle dans les différentes villes de la province de Sanaa, a rapporté le site al-Machhad al-Yamani.

Des renforts ont été envoyés aux postes de contrôle à l’entrée de la ville de Sanaa et les dispositifs de sécurité ont été renforcés, selon ce rapport.

« Au nom de l’accord de Riyad, l’Arabie saoudite est en train de réunir les milices loyalistes à la coalition et de les envoyer sur le front nord, dans le but de déclencher une nouvelle tension comme nous avons pu le constater avec l’attaque d’hier contre le district de Nehm.

Arabie: un remake du 14 septembre, possible?

Arabie: un remake du 14 septembre, possible?

Riyad réorganise les « mercenaires » pour les lancer à l’assaut de Sanaa

http://french.presstv.com/Detail/2020/01/18/616505/Ymen-Arabie-saoudite-district-Nehm-Sanaa-Ansarallah


 

IMAGES DE L'AVION DE CHASSE SAOUDIEN ABATTU PAR LA RESISTANCE YEMENITE

Yémen : Images de l’avion de chasse saoudien abattu par Ansarullah

 Depuis 1 heure  16 janvier 2020

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 Monde arabe - Spécial notre site - Yémen

 

 

Rédaction du site

Média de guerre, la tribune médiatique des forces armées conjointes qui regroupent les combattants houthis d’Ansarullah et des soldats de l’armée yéménite, a publié les images  de l’appareil de type CH-4 saoudien abattu la semaine passée dans la province al-Jawf.

L’avion de chasse saoudien a été touché par un missile sol-air alors qu’il effectuait des actes hostiles, dans cette province frontalière avec l’Arabie saoudite, a indiqué le porte-parole des forces armées yéménites le général Yahia Sarei. Assurant que la nature du missile en question  sera révélée ultérieurement.

« C’est le troisième appareil de ce type qui est abattu » depuis le déclenchement de la guerre contre le Yémen, en 2015, a-t-il précisé.

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http://french.almanar.com.lb/1617387


 

YEMEN : COMMENT ANSARALLAH A ABATTU 14 DRONES EN UN MOIS?

Comment Ansarallah a abattu 14 drones en un mois?

Thu Jan 2, 2020 5:27PM

Une image de l’interception du drone saoudien par un missile yéménite. ©Harbi Press

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Une image de l’interception du drone saoudien par un missile yéménite. ©Harbi Press

L’armée yéménite et les combattants d’Ansarallah ont diffusé ce jeudi 2 janvier une vidéo montrant un missile sol-air yéménite détruisant un drone espion de la coalition saoudienne dans la province de Hudaydah dans l’ouest du Yémen.

Regardez et Téléchargez cette video sur Urmedium.com  

Quelques heures plus tôt, le porte-parole de l’armée yéménite, le général Yahya Saree a promis dans un tweet qu'il diffuserait une vidéo montrant la destruction d’un drone Karial par un missile.

Ce drone a été abattu ce mercredi au-dessus de la ville d’al-Masyaf dans la province de Hudaydah.

« L’unité balistique de l’armée yéménite a réussi à abattre durant l’année dernière 69 drones de la coalition d’agression dont 53 drones espion, 7 drones de reconnaissance et 7 drones de combat », a annoncé le général Saree lors de la présentation de son rapport hebdomadaire.

Depuis la diffusion de ce rapport, l’armée yéménite a abattu 67 autres drones dans le nord et l’ouest du Yémen. Ces drones ont été essentiellement détruits par des missiles Fateh-1 et Saqeb-1.

La destruction d’un drone d’espionnage saoudien dans le nord du Yémen

La destruction d’un drone d’espionnage saoudien dans le nord du Yémen

La défense anti aérienne yéménite a détruit un drone de reconnaissance de la coalition saoudienne à Saada dans le nord du Yémen.

En 72 heures, six drones abattus: mais quelle est cette arme que détient désormais Ansarallah et qui fait le malheur des drones saoudiens? Après avoir mis au pas Abrams, puis les batteries de missiles Patriot, Ansarallah a déclaré la guerre à un autre secteur de l'industrie militaire US, les drones. Depuis fin novembre jusqu'au 2 janvier pas moins de 14 drones de la coalition ont été interceptés puis détruits par la Résistance yéménite qui après sa mémorable frappe au drone du 14 septembre 2019 contre l'Arabie saoudite, prouve ses capacités de DCA. Mercredi 1er janvier 2020 un sixième drone à Jizan, au sud saoudien a été détruit, intégrant la liste de chasse d'Ansarallah.

La guerre héroïque d'Ansarallah n'a pas fini de livrer ses mystères. Alors que le Yémen fait l’objet de pire blocus qui soit, lequel l’empêche d’importer les aides de première nécessité, Ansarallah continue à dévoiler à la surprise du monde entier, différents types de missiles anti-blindés, de drones, de missiles balistiques, de missiles de croisière et de systèmes de défense antiaérienne, les uns plus efficaces que les autres. 

Ansarallah: les F-16 US menacés?

Ansarallah: les F-16 US menacés?

14 drones abattus depuis fin novembre: la DCA yéménite cartonne!

http://french.presstv.com/Detail/2020/01/02/615199/Ymen-Arabie-saoudite-coalition-saoudienne-vido-drone-missile-Ansarallah-Hudaydah-Siri


 

YEMEN : "38 CIVILS MASSACRES AVEC DES ARMES FRANÇAISES." ANSARALLAH AVERTIT LA FRANCE !

"38 civils massacrés à al-Rako avec des armes françaises " (al-Houthi)

Fri Dec 27, 2019 7:7AM

Des chars de combat Leclerc appartenant aux Emirats déployés dans le cadre du conflit yéménite. ©SIPA

Des chars de combat Leclerc appartenant aux Emirats déployés dans le cadre du conflit yéménite. ©SIPA

Depuis que les commandos marines français ont débarqué en 2018 sur la côte ouest pour aider le criminel régime de Riyad à s'emparer de Hudaydah, quitte à se faire capturer par les forces yéménites, on a entendu très peu de la France et de ses complicités aux crimes de guerre commis quotidiennement conte les Yéménites. Or ce silence vient d'être brisé et Paris a bien l'intérêt à ne pas s'y montrer indifférent. L’attaque d’artillerie du régime saoudien contre un marché frontalier à al-Rako dans le district de Minbah (province de Saada) a coûté la vie à au moins 38 civils et c'est la France qui en est responsable. 

Ansarallah:

Ansarallah: "Riyad souffrira!"

« La riposte aux crimes commis délibérément par les Saoudiens sera douloureuse », a déclaré le porte-parole de l’armée yéménite.

Réagissant à ce crime, le président du Comité suprême révolutionnaire yéménite, Mohammad Ali al-Houthi, a dénoncé la France car "c'est avec des armes et des  conseils militaires de la France que la coalition pro Riyad tue les Yéménite".

« La France a tué et blessé plus de 38 personnes lors d’une attaque contre le marché à al-Rako, situé dans la zone frontalière de Minbah dans la province de Saada», a écrit al-Houthis sur Twitter avant d'ajouter : « Cet exaction s'ajoute aux autres actes criminels de la coalition arabo-israélo-occidentale contre le peuple innocent du Yémen », souligne le président du Comité suprême révolutionnaire yéménite avant d'ajouter : « Des documents militaires confidentiels français prouvent que compte tenu de l'utilisation d'armes françaises contre des civils, la position officielle du gouvernement français sur la non-utilisation d'armes contre le peuple yéménite est fausse ».

Une enquête détaillée menée par Disclose en coopération avec Radio France avait révélé la contradiction de la position officielle du gouvernement français qui nie l’utilisation d'armes françaises dans la guerre contre le Yémen par la coalition dirigée par Riyad. « Il existe un document de sécurité en France qui indique le type des armes françaises utilisées dans la guerre du Yémen et leurs effets sur les civils », avait rapporté Euronews en arabe.

Basée sur un rapport secret de 50 pages fourni le 25 septembre 2018 par les services de renseignement militaires français, l'enquête évoque en effet que l’Arabie saoudite et le Émirats arabes unis utilisent des armes françaises dans les attaques aériennes, terrestres et maritimes contre le Yémen.

Les forces spéciales françaises risquent-elles encore de se faire tuer pour les intérêts US en mer Rouge?

Les forces spéciales françaises risquent-elles encore de se faire tuer pour les intérêts US en mer Rouge?

Totalement acquis à la cause criminelle de Riyad, la France condamne "fermement" Ansarallah, assume la vente de ses armes à Riyad et maintient ses forces spéciales sur les fronts de combat. Que risque-t-elle?

Figurent parmi les armes françaises utilisées par la coalition saoudo-émiratie contre le peuple yéménite, les chars Leclerc, les véhicules blindés, les missiles tactiques, les chasseurs de classe Mirage doté de missiles anti-radar, les systèmes de radar Cobra, les hélicoptères Cougar et Dauphin, une frégate de classe Makkah, une rampe de lancement et 48 systèmes d'artillerie de type Caesar, fabriqués par le groupe industriel de l’armement Nexter.  

Ce rapport contient une liste détaillée des armes fournies aux Saoudiens et aux Émirats utilisés dans la guerre yéménite. Le 30 octobre 2018, la ministre française des Armées, Florence Parly, avait prétendu sur BFM TV que les armes vendues aux Saoudiens et aux Émiratis n’étaient pas utilisées contre des civils yéménites. Mais les faits ont régulièrement été démentis par la réalité. 

Mais à quoi rime la mise en garde d'Ansarallah? Selon les observateurs politiques, les intérêts français dans le détroit d'Hormuz voire en mer Rouge pourront parfaitement être visés si la France insiste à appuyer la coalition pro Riyad dans ses crimes, note un expert. 

http://french.presstv.com/Detail/2019/12/27/614602/La-France-impliquee-dans-la-guerre-du-Yemen

 



 

 

YEMEN : 162 OFFICIERS ET SOLDATS DE LA COALITION SAOUDIENNE ONT DESERTE ET RALLIE LE MOUVEMENT DE RESISTANCE ANSARULLAH

Yémen: désertion massive dans le camp pro-saoudien. Ryad veut mettre fin ou pas à la guerre?

 Depuis 14 heures  17 décembre 2019

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 Monde arabe - Yémen

 

Du 1er au 15 décembre, 162 officiers et militaires de haut rang ont déserté la « coalition » pro-Riyad ralliant la Résistance dans les gouvernorats de Raima, Dhamar, Sanaa, Hodeïda, Hajjah, et Ibb.

« Certains d’entre eux sont des commandants de la coalition saoudienne et des effectifs affiliés à la troisième brigade d’al-Arouba, actifs sur les frontières  du sud qui en ont visiblement assez des revers successifs et sentent la défaite saoudienne venir », souligne la chaîne d’information yéménite, al-Masirah.

Saisissant aussitôt l’occasion, le Conseil politique suprême du Yémen, basé à Sanaa, a prononcé une « amnistie à l’adresse des militaires qui reviennent à la patrie », a-t-on appris de la même source.

La troisième brigade saoudienne d’al-Arouba agit sous le commandement US/Israël/Grande-Bretagne et cette massive désertion, vu le grade des déserteurs ne pourrait que bénéficier à Ansarullah.

Les hauts officiers qui viennent de rallier Ansarullah ont d’ailleurs appelé le commandant de la troisième d’al-Arouba et leurs camarades à abandonner la guerre.

Les observateurs font remarquer que la défection d’il y a quelques semaines des membres de l’ex-garde nationale du président Saleh et leur ralliement à Ansarullah ont bien contribué à renforcer la force de frappe de la Résistance yéménite.

Ryad veut mettre fin ou pas  à la guerre?

Par ailleurs, l’opposant saoudien Hamza al-Hassan a résumé la position saoudienne sur la guerre contre le Yémen en postant une série de tweets.

Selon Hamza al-Hassan, « le roi Salman et son fils MBS peuvent mettre fin à la guerre contre le Yémen, sans approbation américaine, mais ils devraient alors résister à la colère des Etats Unis ».

Et d’ajouter : « à mon avis, toutes les mesures que Riyad a prises lors des discussions avec Sanaa ne sortent pas du cadre tactique et ne reflètent pas une conviction totale de stopper la guerre. Riyad cherche du temps par crainte du pire, et les USA disent à la famille Al-Saud: ‘Amadouez les Yéménites, car il se peut que l’équation bascule en notre faveur dans une des batailles’. »

Et de poursuivre : « Stoppez la guerre au Yémen n’est pas une priorité américaine! L’embrasement des conflits dans la région est plutôt la priorité! ».

« Prévenir la défaite absolue au Yémen semble une priorité américaine et saoudienne, en suggérant une trêve et en provoquant une confrontation sur d’autres fronts dans l’espoir qu’elle affectera les résultats de la guerre au Yémen, en faveur de l’axe dirigée par les États-Unis », a en outre expliqué cet opposant saoudien.

Source: Médias

http://french.almanar.com.lb/1584530



 

5 LEÇONS DE L'ATTAQUE DE LA RESISTANCE YEMENITE CONTRE ARAMCO : UNE ARABIE VULNERABLE, UNE AMÉRIQUE IMPUISSANTE, ET...

5 leçons de l’attaque contre Aramco: un mode opératoire inédit, une Arabie vulnérable, une Amérique impuissante, et…

 Depuis 26 minutes  8 octobre 2019

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 Arabie saoudite - Monde arabe - Pays du Golfe

 

Après l’attaque du 14 septembre dernier, les dégâts matériels sur les installations pétrolières saoudiennes sont considérables.

L’installation de Khurais, dans l’est du royaume, a ainsi été frappée quatre fois et des incendies y ont fait rage cinq heures durant, ce qui a contribué à la réduction de moitié de la production du premier exportateur mondial d’or noir et entraîné une flambée des prix. Dix-huit frappes ont été recensées à Abqaiq à 200 kilomètres au nord-est de Khurais, qui abrite la plus grande usine du monde de traitement de brut. D’énormes réservoirs ont été endommagés à Abqaiq ainsi que des tours de « stabilisation », servant notamment à séparer le gaz du brut. Selon un responsable d’Aramco, Khaled al-Ghamdi, « 6000 ouvriers sont impliqués dans les travaux de réparation » contre 112 habituellement sur le site.

Ces faits ont aussitôt soulevé une réprobation générale bien compréhensible… Cela dit, on aimerait voir la même unanimité condamner aussi la dictature saoudienne qui détruit méthodiquement le Yémen – l’un des pays les plus pauvres du monde – depuis 2015, en bombardant les aéroports et la quasi-totalité des infrastructures. Cette « guerre oubliée », qui n’a guère suscité l’inquiétude des habituelles belles âmes droit-de-l’hommistes a déjà causé des milliers de victimes et de réfugiés, entrainant un ravage humanitaire dont le retour du… choléra !

Dans ces circonstances, on s’attendait depuis longtemps à des réactions, et prochetmoyen-orient.ch l’a écrit à plusieurs reprises : «l’impunité saoudienne n’aura qu’un temps et amènera, le moment venu, des représailles à la hauteur des souffrances de la population yéménite ». Par ailleurs, dans la mesure où Washington empêche l’Iran d’exporter ses hydrocarbures, pourquoi ce pays n’empêcherait il pas à son tour les alliés régionaux des Etats-Unis d’exporter les leurs ? « Bien fait ! », diraient les enfants…

Donc, c’est fait et l’horrible guerre coloniale menée sur son flanc sud par la monarchie wahhabite n’a certainement pas dit toutes ses ruses et rebondissements… Cela dit, et en marge de ces considérations plus morales que géostratégiques, plusieurs leçons peuvent, d’ores et déjà, être tirées de cette attaque contre l’Arabie Saoudite : 1) un mode opératoire inédit mêlant drones et missiles ; 2) une Arabie Saoudite surarmée mais vulnérable et non protégée par ses alliés ; 3) l’impuissance américaine ; 4) la vraie nature de la dictature wahhabite ; 5) enfin, un basculement stratégique en faveur de la Russie, de la Chine et des puissances régionales. Voyons cela.

UN : DES DRONES ET DES MISSILES

Selon les autorités saoudiennes elles-mêmes, 18 drones et sept missiles de croisière ont été utilisés. Des drones seuls – comme annoncés dans un premier temps par la presse trop pressée- n’auraient jamais pu causer de tels dégâts. Hormis le drone américain Predator, dont les différentes versions (notamment le Predator C3) peuvent être réellement armées, la plupart de ce type d’engins connus ne peuvent embarquer qu’une vingtaine de kilos de charge explosive. Après les premières études d’impact, les experts ont dû se rendre à l’évidence : les drones engagés ont, sans doute, permis un marquage de cible, tandis que l’attaque et ses dégâts ont été le fait de missiles de moyenne portée.

Ce n’est pas la première fois que les unités houthies arrivent à cibler des objectifs saoudiens, y compris jusqu’à l’aéroport de Riyad. Mais cette fois-ci, l’ampleur des dégâts et la portée de l’attaque renvoient à des matériels dont ne disposent pas ces combattants, estiment les experts militaires les plus fiables. Les missiles engagés (de moyenne ou longue portée) proviennent, sans doute, d’une puissance régionale rompue à l’usage de ce type de matériels. Si l’on peut aisément exclure l’Arabie saoudite elle-même, les Etats-Unis, les Emirats Arabes Unis (EAU), la Turquie et Israël, il reste l’Iran bien-sûr. Mais pour l’instant rien n’est prouvé…

Encore que l’on ait le plus grand mal à admettre que des tirs de missiles – dans l’une des régions du monde les plus observées par radars, avions de surveillance et satellites – aient pu échapper ainsi à l’attention des militaires américains et autres Occidentaux installés dans la zone- dont la Grande Bretagne et notre pays qui dispose d’une base à Abou Dhabi. L’autre question concerne la situation géographique des pas de tir. Les rampes de lancement sur camion semi-remorque démultiplient les hypothèses dont deux sont à retenir : nord du Yémen ou Irak, le territoire iranien étant à exclure, toujours selon les sources militaires de prochetmoyen-orient.ch, « afin d’éviter une signature trop évidente et pouvant trop facilement justifier des représailles, étant entendu que l’Iran a toujours soigneusement évité une confrontation directe avec la dictature saoudienne ».

Les analystes militaires – consultés par nos soins – estiment que les missiles sont partis du territoire irakien. Une telle hypothèse de travail pose immédiatement plusieurs constats : comment des rampes de missiles mobiles ont-elles pu, à ce point, échapper aux services de renseignement américains ? Les Etats-Unis disposent toujours de quelques 30 000 soldats en Irak. Ensuite, partant d’Irak, ces missiles ont dû parcourir plus de 500 kilomètres et traverser les cieux du Koweït, ce qui amplifie la question de la surveillance des espaces aériens des monarchies du Golfe. Enfin, si les missiles ont été lancés depuis le territoire du Yémen, ils ont aussi dû parcourir plusieurs centaines de kilomètres, mettant encore plus gravement en cause la sécurité de la monarchie wahhabite.

DEUX : PLETHORE D’ARMES QUI NE SERVENT A RIEN !

L’Arabie Saoudite se place à la troisième position dans le monde, après les Etats-Unis, et la Chine pour ses dépenses militaires. En effet, selon le rapport annuel de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), ses dépenses ont été de 67,6 milliards de dollars en 2018. Or, quand on rapporte cette somme au produit intérieur brut (PIB), cela donne 8,8%, ce qui place l’Arabie Saoudite en première place – et de très loin – dans le monde !

L’auteur de ces lignes se souvient avoir accompagné Dominique de Villepin lors d’un voyage officiel en Arabie Saoudite. Hors du programme officiel, un ami saoudien avait pu nous faire visiter un entrepôt, dénué de toute surveillance, où se trouvaient empilées d’innombrables palettes frappées de l’inscription « made in USA », des palettes de matériels militaires qui n’avaient même pas été ouvertes ! Selon notre interlocuteur, ce stock était abandonné aux vents de sable, aux souris et chats errants depuis plusieurs mois…

Et malgré les nombreux films de propagande de l’armée saoudienne vantant les prouesses de ses farouches guerriers du désert, la plupart des attachés de défense en poste à Riyad et dans la région le reconnaissent : « l’armée de la monarchie est parfaitement nulle. Achetées en Europe, les frégates de premier rang pourrissent à quai à Djeddah et ailleurs. Malgré des mois de formation, les marins saoudiens ne savent toujours pas naviguer et utiliser le potentiel de ces bâtiments les plus modernes. A chaque tentative de sortie, ils cassent quelque chose avant un prompt retour au port. Quant à l’aviation de combat, voilà des années qu’elle emploie des pilotes, mercenaires grassement payés venus d’Ukraine et d’Amérique Latine. Les pilotes saoudiens ont beaucoup plus d’heures de diwan’yia et de réceptions officielles que d’heures de vol ».

Les sites pétroliers et gaziers – d’extraction, de raffinage et d’exportation portuaire – sont sécurisés par des compagnies privées de « contractors », la plupart du temps anglo-saxonnes. La mission des forces nationales de sécurité se cantonne presqu’exclusivement à la surveillance et à la répression des opposants et des régions où vivent les minorités chi’ites considérées comme une population délinquante.

Ce qui est plus étonnant, c’est que les grands alliés de cette dictature, à savoir les Etats-Unis – censés protéger les zones pétrolières et gazières depuis la signature du Pacte du Quincy (février 1945) et son renouvellement par George W. Bush en 2005 pour soixante années – se sont avérés tout aussi nuls, ne parvenant pas à prévenir et surtout éviter une attaque d’une telle ampleur. C’est un comble pour l’hyperpuissance qui se glorifie depuis la fin de la Seconde guerre mondiale de garantir la sécurité dans ce Moyen-Orient stratégique et plus spécifiquement de ses deux alliés historiques : l’Arabie justement et Israël. Les autorités de Tel-Aviv auraient-elles du souci à se faire?

TROIS : DONALD TRUMP DANS LA NASSE

Obsédé par sa réélection hypothétique de novembre 2020, Donald Trump a promis au socle de son électorat de privilégier les questions domestiques par rapport aux engagements internationaux. Plus clairement encore, il a proclamé que les Etats-Unis ne devaient plus avoir vocation à jouer le rôle de gendarme du monde et qu’il ramènerait les « Boys » – engagés en Afghanistan, en Irak, en Syrie et ailleurs – à la maison ! On a vu qu’avec les Talibans, il a fait chou blanc, ces derniers s’apprêtant à reprendre le pouvoir à Kaboul. Poursuivant un retrait laborieux dans l’ouest de l’Euphrate syrien, Donald Trump ne peut quitter l’Irak qui laisserait le champ libre à l’ouverture d’une autoroute chi’ite de l’Iran jusqu’au Liban !

Dans tous les cas de figures, le président américain s’est interdit de lancer de nouvelles opérations militaires conventionnelles, lourdes et durables. Malgré tout, les « Faucons » l’exhortent aujourd’hui à durcir le ton et envisager des bombardements contre l’Iran. Mais les experts du Pentagone savent qu’une telle décision pourrait se révéler encore plus dangereuse qu’une image de laxisme, sinon de faiblesse, car l’escalade pourrait aller très vite et « yéméniser toute la région », souligne un attaché européen de défense en poste à Washington. Inévitablement Téhéran riposterait par des attaques directes et massives contre l’Arabie saoudite, les EAU ou Bahreïn et ciblerait aussi les troupes américaines stationnées en Irak et en Afghanistan. Une guerre ouverte contre l’Iran serait catastrophique. Deux fois plus peuplé que l’Irak, ce pays serait un adversaire autrement plus redoutable que son voisin.

Donald Trump est bien dans la nasse : ne rien faire et passer pour un faible et un trouillard ou lancer une nouvelle guerre proche-orientale qui risque vite de virer au cataclysme. Mais c’est une nasse dans laquelle il s’est enfermé lui-même en jetant aux orties l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien. Comme l’écrit Nichols Kristof du New York Times, « si le prince Mohammad ben Salman souhaite réagir par la force aux frappes aériennes contre ses installations pétrolières, qu’il envoie les avions de chasse et les missiles de son pays. Ce combat n’est pas le nôtre. Aucun Américain ne doit y laisser la vie ».

Le journaliste américain conclut : « au lieu de tout cela, nous devrions coopérer avec les pays européens pour nous sortir de cette sale affaire et trouver le moyen de revenir dans l’accord sur le nucléaire iranien ».

QUATRE : LA VRAIE NATURE DE LA DICTATURE WAHHABITE

Cette attaque contre l’Arabie Saoudite révèle aussi et surtout la vraie nature du « régime de Riyad » : faible sur le plan militaire on l’a dit, mais aussi et surtout rétrograde, réactionnaire et meurtrière. Le récent découpage à la scie à métaux d’un « journaliste » opposant dans les locaux du consulat saoudien d’Istanbul est l’arbre qui cache la forêt. Dans la monarchie wahhabite, on exécute aussi les dignitaires chi’ites, on décapite au sabre plusieurs centaines de personnes par an et les prisons sont pleines d’opposants, plusieurs milliers selon Amnesty International.

Mais il y a plus préoccupant encore et l’auteur de « Arabie Saoudite : la dictature protégée » – Jean-Michel Foulquier (pseudonyme d’un grand diplomate français) l’écrivait dès 1995 : « par sa diplomatie du chéquier et ses différents outils de diplomatie religieuse, le royaume saoudien exporte et finance le wahhabisme et d’autres idéologies de l’Islam radical, matrices essentielles du terrorisme islamiste ».

Lors de son discours devant la 74ème Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump a osé dire que l’Iran était le principal pays soutenant et finançant le terrorisme international ! Fake News mille fois ! C’est l’Arabie Saoudite et ses instruments de wahhabisation de l’Islam mondial (Banques, ONGs, et donations privées) qui transforment, radicalisent et poussent les adeptes de cette religion à commettre agressions, attentats et prises d’otages contre les «Infidèles» occidentaux ! Dans son ouvrage, Jean-Michel Foulquier décrit très précisément ces mécanismes de guerre latente et permanente contre l’Occident.

En 1998, soit trois ans avant les attentats du 11 septembre, l’auteur de ces lignes publiait un livre sur les filières de financement du terrorisme. La quasi-totalité de ces connexions internationalement très ramifiées ramenait immanquablement à des bailleurs de fonds saoudiens privés et publics. Après les attentats du 11 septembre 2001, les enquêteurs américains durent admettre que quinze des dix-sept pirates de l’air/terroristes étaient Saoudiens ou d’origine saoudienne.

Loin d’avoir changé, cette situation s’est même amplifiée puisque Riyad finance désormais largement des écoles coraniques clandestines en France et en Europe. Parfaitement informé, notre ministre de l’Education Monsieur Blanquer nous explique qu’il ne peut pas les fermer par manque d’outils juridiques ! On croit rêver… Les auteurs des derniers attentats commis en France se sont tous revendiqués, soit de la Qaïda soit de l’organisation « Etat islamique » (Daech), c’est-à-dire de formations nourries à la fois des enseignements du Wahhabisme saoudien et de ceux de la Confrérie des Frères musulmans -confrérie qui doit sa création historique et son implantation en Europe aux fonds saoudiens !

Dans la bande Sahélo-saharienne, les terroristes qui tirent quotidiennement sur nos soldats se revendiquent des idéologies diffusées par les madrassas de la région, financées là-aussi par l’Arabie saoudite et d’autres monarchies du Golfe. Alors ! Que Donald Trump n’insulte pas notre intelligence : non Monsieur le président des Etats-Unis d’Amérique, ce n’est pas l’Iran qui finance et arme les terroristes d’aujourd’hui, mais ce sont vos grands amis et gros clients saoudiens ! Adressez ce genre de Fake News à votre électorat évangéliste, mais pas à vos soi-disant « alliés » européens qui connaissent désormais vos pratiques et mensonges d’agent immobilier véreux !

Monsieur le président des Etats-Unis, vos alliés saoudiens et le jeune prince MBS, que Le Point et tout particulièrement Franz-Olivier Giesbert, qualifiaient de « réformateur » et d’« espoir d’un Islam moderne », sont les assassins des peuples yéménite, syrien et, dans une moindre mesure irakien, ainsi que de leurs opposants politiques. La vraie nature du « régime de Riyad » est dictatoriale et, sans doute, plus violente et criminelle que la plupart des autres Etats de la région.

CINQ : UN GRAND RENVERSEMENT STRATEGIQUE

Le grand renversement stratégique des Proche et Moyen-Orient s’est opéré à travers deux événements capitaux qui n’ont pas été qualifiés et compris comme ils auraient dû l’être.

Le premier nous ramène à décembre 2016, aux combats et négociations qui ont précédé la reconquête/Libération d’Alep, la deuxième ville de Syrie. Enfermé dans un face à face bilatéral avec Washington, Moscou n’a jamais réussi à obtenir la liste des organisations rebelles syriennes dites « modérées », « laïques » et «démocratiques » soutenues par les Etats-Unis, leurs supplétifs européens, les Etats du Golfe et Israël. Ouvrant une négociation parallèle sur les questions militaires à Astana, la diplomatie russe a fait preuve d’une créativité réelle en associant – sur le plan diplomatique – les puissances régionales dont la Turquie et l’Iran. Cette approche plus inclusive a fini par payer, marginalisant les Etats-Unis et leurs alliés.

La même méthode est actuellement appliquée à la poche d’Idlib (à l’ouest d’Alep) où il s’agit de réduire la dernière poche de jihadistes armés en Syrie. Non seulement les Occidentaux ont été clairement marginalisés, mais ils ont subi un cinglant revers militaire et diplomatique, même s’ils espèrent rester dans le coup en continuant à soutenir les factions kurdes de l’Est de l’Euphrate. Toujours est-il que la reconstruction politique et économique de la Syrie se prépare sans eux!

Le deuxième événement fondateur de notre « grand renversement stratégique » est l’attaque menée par des missiles du Hezbollah contre une base israélienne du nord de la Palestine occupée. Le 9 septembre dernier, prochetmoyen-orient.ch titrait « Hezbollah, une performance opérationnelle qui change tout ! ». En effet parfaitement menée et réussie, cette attaque démontrait clairement que – pour l’ensemble de la région – la question nucléaire n’est plus prioritaire, désormais on s’intéresse aux différents arsenaux balistiques existants. Indépendamment du Hezbollah libanais – qui, maintenant peut cibler n’importe quel point du territoire israélien, y compris la centrale nucléaire de Dimona -, les unités houthies disposent de cet armement, sans parler des armées nationales syrienne et iranienne et de différentes organisations irakiennes.

Ce profond changement de la donne stratégique donne l’avantage aux approches diplomatiques et militaires de Moscou qui continuent à optimiser le « format Alep », avec – en arrière-plan – la bienveillante complicité de la Chine qui dispose désormais d’un quai en eau profonde dans le port méditerranéen de Tartous (Syrie).

POUR NE PAS CONCLURE

Dans ce contexte, la leçon tirée par le journaliste du New York Times – précédemment cité – nous ramène à la négociation centrale Etats-Unis/Iran. On connaît aujourd’hui les quatre points du plan de médiation proposé par la France : 1) revenir au format « cinq-plus-un » (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU dont les Etats-Unis, plus l’Allemagne) afin d’allonger la durée de cet accord nucléaire au-delà de 2025 ; 2) l’Iran s’engage à assurer la paix et la sécurité afin de garantir la libre circulation maritime, notamment dans le détroit d’Ormuz ; 3) une levée des sanctions et de toutes les sanctions économiques (dont les nouvelles mesures prises en 2017) frappant unilatéralement l’Iran ; 4) enfin, l’Iran doit renouveler son engagement à ne pas fabriquer l’arme nucléaire.

Il est bien évident que la « rencontre ratée » entre les présidents Trump et Rohani – lors de la dernière Assemblée générale de l’ONU en septembre dernier – abondamment commentée par la presse, l’a été du seul fait (et c’est bien légitime) que la partie iranienne n’entend plus donner le moindre gage avant une levée effective et totale des sanctions occidentales frappant son économie, et tout particulièrement ses exportations d’hydrocarbure.

D’autres perspectives commencent à s’imposer avec la reconstruction économique à venir de la Syrie, qui ne manquera pas d’influencer, sinon de reconfigurer l’ensemble de la région. La question des «territoires » et de leurs aménagements s’impose, d’ores et déjà, comme le grand chantier. Et dans ce contexte, prochetmoyen-orient.ch en parle régulièrement, la philosophie politique de Antoun Saadé redevient d’une grande actualité. Fondée sur les territoires et la géographie comme support primordial des différentesrichardlabeviere communautés, la théorie d’une « Grande Syrie » pacifiée et pacifique pourrait inspirer les futurs bâtisseurs d’une paix régionale stable et durable.

Par Richard Labévière

Source: Proche et Moyen-Orient

https://french.almanar.com.lb/1519465


 

YEMEN : DOUBLE RAID MEURTRIER DE LA COALITION DIRIGÉE PAR L'ARABIE SAOUDITE. 16 MORTS DONT 7 ENFANTS ET 4 FEMMES. UNE FAMILLE ENTIÈRE A ÉTÉ TUÉE

Yémen

Yémen: 16 morts dont 7 enfants dans deux raids aériens attribués à la coalition dirigée par Riyad

© AFP 2019 Ahmad Al-Basha

INTERNATIONAL

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Seize personnes, dont sept enfants et quatre femmes, ont été tués mardi dans un double raid aérien sur un district sous contrôle des rebelles Houthis dans le sud du Yémen, selon un responsable local et un médecin.

Les deux raids attribués par le responsable local à la coalition menée par l'Arabie saoudite au Yémen, ont visé une habitation de la localité de Qohtoba dans la province de Daleh, dans le sud du Yémen.

«Une famille entière a été tuée... et le reste des morts sont des secouristes qui ont péri lors du second raid», a déclaré ce responsable joint au téléphone depuis Dubaï et qui a requis l'anonymat.

Une prison détruite dans une frappe de la coalition arabe au Yémen

© REUTERS / MOHAMED AL-SAYAGHI

Plus de 80 morts dans des frappes contre une prison au Yémen, selon le Croissant-Rouge

Des témoins ont affirmé que les corps avaient été extraits des décombres de l'habitation qui a été sérieusement endommagée.

Un médecin de l'hôpital d'Ibb, située pas loin du lieu des raids, où les victimes ont été transportées a confirmé qu'il y avait eu 16 morts, dont «sept enfants et quatre femmes».

La télévision Al-Massirah contrôlée par les rebelles a accusé la coalition menée par Ryad d'avoir lancé ces raids.

Le porte-parole de la coalition, contacté par l'AFP, n'a pas réagi dans l'immédiat.

https://fr.sputniknews.com/international/201909241042147942-yemen-16-morts-dont-7-enfants-dans-deux-raids-aeriens-attribues-a-la-coalition-quidee-par-riyad/


 

PEPE ESCOBAR : COMMENT LES HOUTHIS ONT RENVERSE L'ECHIQUIER

Comment les Houthis ont renversé l’échiquier

L’attaque spectaculaire du groupe chiite yéménite contre Abqaiq soulève la possibilité évidente d’une action pour chasser la Maison des Saoud du pouvoir.

Par Pepe Escobar

Mondialisation.ca, 20 septembre 2019

Région : 

Thème: 

Nous sommes les Houthis et nous arrivons. Avec leur attaque spectaculaire contre Abqaiq, les Houthis du Yémen ont renversé l’échiquier géopolitique en Asie du Sud-Ouest et sont allés jusqu’à introduire une toute nouvelle dimension : la possibilité distincte d’une action pour chasser la Maison des Saoud du pouvoir.

Un retour de bâton, ça fait mal. Les Houthis – des Chiites zaïdites du nord du Yémen – et les Wahhabites se haïssent depuis des lustres. Ce livre est absolument essentiel pour qui veut comprendre l’incroyable complexité des tribus houthies ; en prime, il resitue l’agitation dans les pays arabes du sud dans un contexte qui dépasse de loin une simple guerre par procuration Iran-Arabie Saoudite.

Pourtant, il est important de comprendre que les Chiites arabes de la province de l’Est – travaillant dans des installations pétrolières saoudiennes – sont forcément des alliés naturels des Houthis contre Riyad.

La capacité de frappe des Houthis – des essaims de drones aux attaques de missiles balistiques – s’est considérablement améliorée au cours de l’année écoulée. Ce n’est pas un hasard si les Émirats Arabes Unis ont vu d’où venait le vent géopolitique et géo-économique : Abou Dabi s’est désengagé de la guerre brutale du prince héritier Mohammed ben Salmane contre le Yémen et a entamé ce qu’il décrit comme une stratégie de « paix d’abord ».

Avant même Abqaiq, les Houthis avaient déjà organisé plusieurs attaques contre des installations pétrolières saoudiennes ainsi que contre les aéroports de Dubaï et d’Abou Dabi. Début juillet, le Centre de commandement des opérations du Yémen a organisé en grande pompe, à Sanaa, une exposition sur toute sa gamme de missiles balistiques et de croisière, et de drones.

Le ministère saoudien de la Défense présente des drones et des débris de missiles utilisés dans l’attaque yéménite.

La situation a maintenant atteint un point où des rumeurs circulent dans le golfe Persique au sujet d’un scénario spectaculaire : les Houthis investiraient dans une course folle à travers le désert arabique pour prendre La Mecque et Médine en parallèle d’un soulèvement chiite de masse dans la ceinture pétrolière orientale. Ce n’est plus tiré par les cheveux. Des choses plus étranges se sont produites au Moyen-Orient. Après tout, les Saoudiens ne peuvent même pas espérer l’emporter dans une rixe de bar – c’est pourquoi ils comptent sur des mercenaires.

L’orientalisme frappe encore

Le refrain des renseignements américains selon lequel les Houthis sont bien incapables d’une attaque aussi sophistiquée souligne à quel point ils sont infectés par l’orientalisme et le complexe de supériorité occidental/ fardeau de l’homme blanc. *

Les seuls débris de missile montrés par les Saoudiens jusqu’à présent proviennent d’un missile de croisière yéménite Quds 1. Selon le général de brigade Yahya Saree, porte-parole des forces armées yéménites basées à Sanaa, « le système Qods a prouvé sa grande capacité à atteindre ses objectifs et à contourner les systèmes d’interception ennemis ».

Cette image satellite du gouvernement américain montre des dégâts causés à l’infrastructure pétrolière et gazière par les attaques de drones du week-end dernier à Abqaiq.

Les forces armées des Houthis ont dûment revendiqué la responsabilitéd’Abqaiq : « Cette opération est l’une des plus importantes menées par nos forces dans les profondeurs de l’Arabie Saoudite, après une opération de renseignements précise et une surveillance avancée, et la coopération d’hommes honorables et libres à l’intérieur du Royaume ».

Notez le concept-clé : La « coopération » à l’intérieur de l’Arabie Saoudite – qui pourrait inclure tout un éventail allant des Yéménites jusqu’aux Chiites de la province de l’Est.

Plus pertinent encore est le fait que le matériel américain massif déployé en Arabie Saoudite – satellites, AWACS, missiles Patriot, drones, cuirassés, chasseurs de combat – n’a rien vu, ou certainement pas à temps. L’observation de trois drones « voletant sans se presser » dans la direction probable de l’Arabie Saoudite par un oiseleur koweïtien est invoquée comme « élément de preuve ». Ce qui évoque l’image embarrassante d’un essaim de drones – d’où qu’il venait – volant tranquillement pendant des heures au-dessus du territoire saoudien.

Des responsables de l’ONU admettent ouvertement que maintenant, tous les lieux qui comptent se trouvent à l’intérieur du rayon d’action de 1 500 km du nouveau drone UAV-X des Houthis : des champs de pétrole en Arabie Saoudite, une centrale nucléaire en construction dans les Émirats et le méga-aéroport de Dubaï.

Mes conversations avec des sources à Téhéran au cours des deux dernières années confirment que les nouveaux drones et missiles des Houthis sont essentiellement des copies de modèles iraniens assemblés au Yémen avec l’aide des ingénieurs du Hezbollah.

Les renseignements américains insistent sur le fait que 17 drones et missiles de croisière auraient été lancés ensemble depuis le sud de l’Iran. En théorie, le radar Patriot aurait dû les repérer et les abattre. Jusqu’à présent, aucune indication de cette trajectoire n’a été révélée. Les experts militaires s’accordent généralement à dire que le radar du missile Patriot est bon, mais en réalité, son taux de réussite est « contesté », pour dire le moins. Ce qui est important, encore une fois, c’est que les Houthis disposent de missiles offensifs avancés. Et leur précision à Abqaiq était inouïe.

Cette image satellite montre des dommages causés à l’infrastructure pétrolière et gazière par les attaques de drones du week-end dernier à Abqaiq, en Arabie Saoudite. Avec l’aimable autorisation de Planet Labs Inc.

Pour l’instant, il semble que le vainqueur de la guerre saoudienne contre la population civile yéménite, qui a débuté en mars 2015 et engendré une crise humanitaire considérée d’ampleur biblique par l’ONU, ne soit certainement pas le prince héritier saoudien généralement connu sous ses initiales MBS.

Écoutez le général

Les tours de stabilisation de pétrole brut – plusieurs d’entre elles – à Abqaiq ont été spécifiquement visées, de même que les réservoirs de stockage de gaz naturel. Des sources du golfe Persique spécialisées du secteur de l’énergie m’ont dit que les réparations et/ou la reconstruction pourraient prendre des mois. Même Riyad l’a admis.

Blâmer aveuglément l’Iran, sans preuve, ne suffira pas. Téhéran peut compter sur des essaims de grands stratèges. Ils n’ont pas besoin ou ne veulent pas faire sauter l’Asie du Sud-Ouest, ce qu’ils pourraient faire, soit dit en passant : Les généraux des Gardiens de la révolution ont déjà dit à maintes reprises qu’ils étaient prêts à la guerre.

Le professeur Mohammed Marandi de l’Université de Téhéran, qui entretient des relations très étroites avec le ministère des Affaires étrangères, est catégorique : « Cela ne vient pas d’Iran. Si c’était le cas, ce serait très embarrassant pour les Américains, car cela voudrait dire qu’ils sont incapables de détecter un nombre aussi important de drones et de missiles iraniens. Ça n’a pas de sens. »

Marandi souligne en outre que « les défenses aériennes saoudiennes ne sont pas équipées pour défendre le pays contre le Yémen, mais contre l’Iran. Les Yéménites frappent les Saoudiens, ils s’améliorent de plus en plus, ils développent la technologie des drones et des missiles depuis quatre ans et demi, et c’était une cible très facile. »

Une cible facile et non protégée : les systèmes PAC-2 et PAC-3 américains en place sont tous orientés vers l’est, en direction de l’Iran. Ni Washington ni Riyad ne savent avec certitude d’où venait vraiment l’essaim de drones.

Les lecteurs [anglophones, NdT] devraient porter une attention particulière à cet important entretien avec le général Amir Ali Hajizadeh, commandant de la Force aérospatiale du Corps des gardiens de la révolution islamique. L’interview, en farsi (sous-titrée en anglais), a été réalisée par l’intellectuel iranien Nader Talebzadeh, sanctionné par les États-Unis, et comprend des questions posées par mes amis analystes américains Phil Giraldi et Michael Maloof, et par moi-même.

Dans ses explications sur l’autosuffisance de l’Iran en matière de défense, Hajizadeh semble être un acteur très rationnel. L’essentiel : « Nous sommes d’avis que ni les politiciens américains, ni nos officiels ne veulent la guerre. Si un incident comme celui du drone [le RQ-4N abattu par l’Iran en juin] se produit ou si un malentendu se produit, et que la guerre prend de l’ampleur, c’est une autre histoire. C’est pourquoi nous sommes toujours prêts à une grande guerre. »

En réponse à l’une de mes questions, sur quel message les Gardiens de la Révolution veulent transmettre, en particulier aux États-Unis, Hajizadeh ne mâche pas ses mots : « En plus des bases américaines dans diverses régions comme l’Afghanistan, l’Irak, le Koweït, les Émirats et le Qatar, nous avons ciblé tous les navires de guerre jusqu’à une distance de 2 000 kilomètres, et nous les surveillons en permanence. Ils pensent que s’ils se tiennent à une distance de 400 km, ils sont hors de notre champ de tir. Mais où qu’ils soient, il suffit d’une étincelle, nous touchons leurs vaisseaux, leurs bases aériennes, leurs troupes. »

 Un S-400, sinon gare

Sur le front de l’énergie, Téhéran a joué un jeu très précis sous pression – vendre des chargements de pétrole en fermant les transpondeurs de ses pétroliers au moment où ils quittent l’Iran et en transférant le pétrole en mer, de nuit, d’un pétrolier à un autre, et en réétiqueter contre un paiement leur chargement comme provenant d’autres producteurs. J’ai vérifié cette info à plusieurs reprises, sur des semaines, auprès de mes négociants de confiance du golfe Persique – et ils le confirment tous. L’Iran pourrait continuer à faire la même chose à perpétuité.

Bien sûr, l’administration Trump le sait. Mais le fait est que les Américains ferment les yeux. Pour être le plus concis possible : ils sont pris au piège par leur fol abandon du JCPOA, et ils cherchent une issue pour sauver la face. La chancelière allemande Angela Merkel a averti l’administration en termes clairs : les États-Unis doivent revenir à l’accord auquel ils ont renoncé avant qu’il ne soit trop tard.

Passons à la partie alarmante.

Les frappes à Abqaiq démontrent que l’ensemble de la production du Moyen-Orient, soit plus de 18 millions de barils de pétrole par jour – y compris le Koweït, le Qatar, les Émirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite – peut être facilement éliminée. Il n’y a aucune défense adéquate en place contre ces drones et ces missiles.

Mais il reste toujours la Russie.

Voici ce qui s’est passé lors de la conférence de presse qui a suivi le sommet d’Ankara cette semaine sur la Syrie, qui réunissait les présidents Poutine, Rohani et Erdogan.

Question : La Russie apportera-t-elle une aide ou un soutien à l’Arabie Saoudite pour la remise en état de son infrastructure ?

Président Poutine : Quant à l’aide à l’Arabie Saoudite, il est également écrit dans le Coran que toute forme de violence est illégitime, sauf pour protéger son peuple. Afin de les protéger et de protéger le pays, nous sommes prêts à fournir l’assistance nécessaire à l’Arabie Saoudite. Tout ce que les dirigeants politiques de l’Arabie Saoudite ont à faire, c’est de prendre une sage décision, comme l’Iran l’a fait en achetant le système de missiles S-300 et comme le président Recep Tayyip Erdogan l’a fait lorsqu’il a acheté le dernier système anti-aérien russe S-400 Triumph. Ils offriraient une protection fiable à toutes les infrastructures saoudiennes.

Président Hassan Rohani : Donc, doivent-ils acheter le S-300 ou le S-400 ?

Président Vladimir Poutine : C’est à eux d’en décider [rires].

Dans The Transformation of War, Martin van Creveld a prédit que l’ensemble du complexe militaro-industriel s’effondrerait lorsque l’on comprendrait que la plupart de ses armements sont inutiles contre des opposants de quatrième génération asymétriques. Il ne fait aucun doute que tout les pays du Sud observent ce qui se passe et qu’il ont compris le message.

Guerre hybride, le retour

Nous entrons aujourd’hui dans une toute nouvelle dimension de la guerre hybride asymétrique.

Dans le cas – horrible – où Washington déciderait d’attaquer l’Iran, poussé par ses néoconservateurs habituels, le Pentagone ne pourrait jamais espérer neutraliser tous les drones iraniens et/ou yéménites. Les États-Unis pourraient s’attendre, c’est sûr, à une guerre totale. Et aucun navire ne passerait sur le détroit d’Ormuz. Nous en connaissons tous les conséquences.

Ce qui nous amène à La Grande Surprise. La vraie raison pour laquelle il n’y aurait pas de navires sur le détroit d’Ormuz est qu’il n’y aurait plus de pétrole à pomper dans le Golfe. Les champs de pétrole seraient tous bombardés et en feu.

Ainsi, nous voici revenus aux conclusions réalistes qui ont été tirées non seulement par Moscou et Pékin, mais aussi par Paris et Berlin : Le président américain Donald Trump a joué gros et il a perdu. Aujourd’hui, il doit trouver un moyen de sortir du pétrin en sauvant la face. Si le Parti de la Guerre le permet.

Pepe Escobar 

 

Article original en anglais :

Mohamed Bin Salman

Houthi Rebels Overturned the Middle East Geopolitical Chessboard

Cet article a été publié initialement en anglais par Asia Times.

Traduction par Entelekheia

Photo : fumée à la suite des frappes sur les installations de Saudi Aramco/PressTV

 

*Note de la traduction : « Le fardeau de l’homme blanc » est une expression inventée par l’écrivain britannique Rudyard Kipling pour définir le rôle que devaient jouer les Blancs, selon ses vues, dans le monde : assumer la « lourde tâche » de civiliser les « sauvages » de toutes les autres races. Cette « mission civilisatrice » a par ailleurs été revendiquée par tous les pays occidentaux pour justifier leurs colonies.

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Pepe Escobar, Mondialisation.ca, 2019

https://www.mondialisation.ca/comment-les-houthis-ont-renverse-lechiquier/5636993


 

YEMEN : AL-HOUTHI PRESIDENT DU COMITÉ SUPREME RÉVOLUTIONNAIRE RÉPOND AU PRESIDENT RUSSE POUTINE

Guerre du Yémen : le chef du Comité suprême révolutionnaire répond au président russe

 Depuis 16 heures  18 septembre 2019

houthi_poutine

 Monde arabe - Yémen

 

Rédaction du site

Le président du Comité suprême révolutionnaire yéménite a réagi à l’offre faite par le président russe Vladimir Poutine à l’Arabie saoudite, au lendemain de l’opération aux drones revendiquée par l’organisation Ansarullah contre deux sites pétroliers saoudiens ayant provoqué la suspension de la moitié de la production de pétrole.

« Nous remercions le président russe pour avoir décrit la crise humanitaire dont l’agression saoudo-américano-britannique est responsable. Nous remercions aussi son appel d’aide au Yémen ainsi que sa disponibilité pour nous aider. Mais tant qu’il aide les Saoudiens avec la vente d’armes, l’acheminement de la nourriture au Yémen ne servira à rien », a posté sur son compte Twitter Mohamad Ali Al-Houthi.

Après avoir qualifié la crise yéménite de « tragédie humanitaire », en appelant à une solution via le dialogue, le président russe a proposé  au royaume saoudien, en marge du sommet tripartite d’Ankara du lundi 17 septembre, d’acheter à la Russie des systèmes S-300 ou S-400 pour protéger ses infrastructures des drones et des missiles yéménites.

Selon Press TV, les Yéménites reprochent aussi au président russe d’appeler l’Arabie saoudite, pays agresseur par excellence, à se défendre face au peuple yéménite, lui en situation de défense absolue.

https://french.almanar.com.lb/1497729