YEMEN

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YEMEN : L'ARABIE SAOUDITE PRISE AU PIEGE

Yémen : la saisie de deux navires de guerre de la coalition saoudienne

Mon Nov 18, 2019 6:42PM

Les combattants d'Ansarallah ont saisi deux navires de guerre de la coalition saoudienne. (Photo d'illustration)

Les combattants d'Ansarallah ont saisi deux navires de guerre de la coalition saoudienne. (Photo d'illustration)

Deux navires de guerre de la coalition saoudienne ont été saisis par les combattants d’Ansarallah dans les eaux de Hudaydah.

La coalition saoudienne a de son côté confirmé ce lundi 18 novembre, la saisie d’un remorqueur par deux bateaux avec des personnes armées à bord.

À cet égard, Reuters a annoncé en citant un haut responsable d’Ansarallah, que les combattants d’Ansarallah du Yémen avaient saisi un "navire suspect" en mer Rouge, mais qu'ils le relâcheraient s'il s'avère qu'il appartient à la Corée du Sud après l'achèvement des procédures judiciaires.

Ce responsable a pris la parole après que la coalition d’agression saoudienne ait accusé Ansarallah de "détournement" d'un navire qui remorquait un appareil de forage sud-coréen.

«Les gardes-côtes yéménites... vérifient si (le navire) appartient aux pays d'agression ou à la Corée du Sud, dans ce cas-là il sera libéré après l’achèvement des procédures légales”, a affirmé Mohammed Ali al-Houthi, président du Comité révolutionnaire suprême du Yémen, soulignant que l’équipage est bien traité.

Riyad a en outre confirmé la mort de deux militaires saoudiens ainsi que celle de cinq autres les 2 et 3 novembre à Jizan sur les frontières avec le Yémen.

Les autorités saoudiennes annoncent de temps en temps les pertes subies dans le sud du Yémen, alors que les chiffres officiels en la matière sont intensément censurés.

Par ailleurs, ce sont les mercenaires soudanais et yéménites qui sont chargés d’assurer la sécurité des frontières saoudiennes, les militaires saoudiens redoutant ces zones-là, selon les rapports.

Avec le feu vert des États-Unis et de ses alliés occidentaux, l’Arabie saoudite a lancé dans le cadre d’une coalition constituée de plusieurs pays arabes une opération militaire d’envergure contre le Yémen. Plus de quatre années se sont écoulées, Riyad cherche maintenant une solution décente qui lui permettrait de sortir de cette crise.

Les USA menacent Ansarallah!

Les USA menacent Ansarallah!

Aveu d'échec : les USA n'ont plus de confiance en leur Patriot et craignent un 14 septembre bis

http://french.presstv.com/Detail/2019/11/18/611534/Ymen--Riyad-pris-dans-le-pige



 

L'AGRESSION SAOUDIENNE AU YEMEN A FAIT PLUS DE 100 000 MORTS

   L’offensive saoudienne au Yémen a fait plus de 100 000 morts

L’offensive saoudienne au Yémen a fait plus de 100 000 mortsfolder_openMoyen Orient access_timedepuis 14 heures

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Par AlAhed avec Libération

L’offensive de la coalition arabe sous commandement saoudien au Yémen, a fait plus de 100 000 morts depuis 2015, selon l’ONG spécialisée Acled (Armed Conflict Location and Event Project), qui recense les affrontements armés et les bombardements dans le pays le plus pauvre de la péninsule arabique.

Dans un communiqué publié jeudi, l’Acled, qui recoupe les informations de multiples sources (locales, médiatiques, officielles, humanitaires, etc.) pour tenter d’établir un bilan aussi fiable que possible, assure que plus de 12 000 civils ont été tués depuis 2015. Et que le conflit a fait environ 20 000 morts depuis le début de l’année, faisant de 2019 la deuxième année la plus meurtrière – après 2018.

Des armes françaises

Certaines des victimes civiles ont vraisemblablement été tuées par des armes vendues par la France à l’Arabie Saoudite. En avril, le média d’investigation français Disclose a en effet révélé un rapport «confidentiel défense» de quinze pages, rédigé par la Direction du renseignement militaire (DRM) et qui contredit le discours officiel de Paris, selon lequel le matériel vendu à Riyad servait uniquement de façon défensive.

C’est le cas notamment des canons Caesar, des pièces d’artilleries déployées le long de la frontière saoudienne avec le Yémen et qui, selon le rapport de la DRM, «appuient les troupes loyalistes dans leur progression en territoire yéménite». Selon l’enquête de Disclose, basée notamment sur les données de l’Acled, entre mars 2016 et décembre 2018, 52 tirs d’artillerie auraient visé des zones du territoire yéménite couvertes uniquement par ces canons Caesar, tuant 35 civils.

Le bilan établi par l’Acled comptabilise uniquement les morts de combattants ou de civils dans des affrontements ou des bombardements. Mais le nombre de victimes de la guerre au Yémen est bien plus élevé si on prend en compte les conséquences humanitaires. L’ONU le répète depuis plusieurs années, le pays subit «la pire catastrophe humanitaire au monde» : 3,3 millions de déplacés, plus de 24 millions de personnes ayant besoin d’aide internationale – environ 80% de la population –, et environ 2 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrant de «sévère malnutrition». Il y a un an, l’ONG Save The Children estimait qu’environ 85 000 enfants étaient morts de faim ou de maladie au Yémen entre 2015 et 2018.

https://www.french.alahednews.com.lb/33235/304


 

YEMEN : L'ARABIE MULTIPLIE SES FRAPPES AÉRIENNES TUANT PLUSIEURS CIVILS

Yémen: plusieurs civils tués par les frappes aériennes saoudiennes

Tue Oct 22, 2019 6:59PM

Des avions de chasse de la coalition saoudienne ont bombardé le district de Razeh. (Photo d'illustration)

Des avions de chasse de la coalition saoudienne ont bombardé le district de Razeh. (Photo d'illustration)

Des avions de chasse de la coalition saoudienne ont bombardé le district de Razeh appartenant à la province de Saada.

La coalition saoudienne a multiplié, pendant les dernières heures, ses raids aériens contre la province de Saada, dans le nord du Yémen.

Selon la chaîne de télévision al-Masirah, des avions de combat de la coalition saoudienne ont bombardé, lundi 21 octobre et mardi 22 octobre, à plusieurs reprises, différents districts de la province de Saada. Aujourd’hui, le seul village de Bani Sayah, dans le district de Razeh, a été pris pour cible, à quatre reprises par des bombes larguées par les avions saoudiens. Plusieurs civils ont été tués ou blessés.

Le porte-parole des Forces armées yéménites, Yahya Saree a déclaré, lundi 21 octobre, lors d’une conférence de presse, que la « coalition » saoudienne avait mené une trentaine de raids aériens pendant douze heures, contre plusieurs provinces yéménites dont et surtout la province de Saada.

Lundi, les cinq membres d’une famille yéménite ont perdu la vie lors d’une frappe aérienne de la « coalition » saoudienne ayant visé un véhicule qui se déplaçait dans la province de Saada.

Des dizaines de milliers de civils ont été tués jusqu’ici au Yémen depuis le début de l’offensive militaire saoudienne lancée contre ce pays en mars 2015.

Arabie-Sud: la méga percée d'Ansarallah

Arabie-Sud : la méga percée d’Ansarallah

Les combattants d’Ansarallah se sont emparés de plusieurs positions de la coalition saoudienne à Saada et à Jizan.

https://www.presstv.com/DetailFr/2019/10/22/609320/Yemen-Arabie-saoudite-coalition-guerre-bombardement


 

ARABIE DU SUD : LA MEGA PERCÉE D'ANSARALLAH

Ansarallah prend le contrôle de plusieurs positions saoudiennes

Mon Oct 21, 2019 4:18PM

Les combattants d'Ansarallah brandissent leurs armes, mars 2015, Saada. ©AFP

Les combattants d'Ansarallah brandissent leurs armes, mars 2015, Saada. ©AFP

Les combattants d’Ansarallah se sont emparés de plusieurs positions de la coalition saoudienne à Saada et à Jizan.

Poursuivant leur avancée dans les villes frontalières ainsi que les régions saoudiennes où sont déployés les mercenaires de la coalition saoudienne, les forces de l’armée yéménite et des combattants d’Ansarallah ont réussi à s’emparer de plusieurs positions de la coalition saoudienne dans la province de Saada, a rapporté la chaîne de télévision Al-Masirah.

Lire aussi : Opération "Nasr Min Allah" coûtera-t-elle le trône à Ben Salmane?

Même chose dans la ville frontalière de Jizan en Arabie saoudite où les combattants yéménites ont infligé de lourds dégâts aux mercenaires à la solde de Riyad et pris le contrôle d’un nombre de leurs positions.

Intimidé par les avancées fulgurantes d’Ansarallah, le régime saoudien poursuit de son côté ses agressions à l’encontre du Yémen, ses bombardiers frappant plusieurs zones dans la ville de frontalière d’Asir où sont situées des positions des forces yéménites, selon les médias arabes.

Arabie: Aramco est-elle

Arabie: Aramco est-elle "cuite"?

Sources américaines: "Aramco ne saura jamais se remettre"

https://www.presstv.com/DetailFr/2019/10/21/609213/ArabieSud-la-mga-perce-dAnsarallah


 

COMMENT LA RESISTANCE YEMENITE A VAINCU LES IMMONDES MBS ET TRUMP

Comment le Yémen a vaincu MBS et Trump

Par Hedy Belhassine

Mondialisation.ca, 07 octobre 2019

hybel.blogspot.com

Région : 

À la façon de Geneviève Tabouis, l’auteur de ces lignes prédisait il y a quelques années que la coalition militaire saoudienne se casserait les dents au Yémen. Aujourd’hui, non seulement une armée de squelettes affamés a repoussé les légions de mercenaires conduites par des officiers repus, mais elle menace directement les infrastructures vitales de l’Arabie et fait trembler les marchés de Londres et de New York. Elle pourrait bien demain imposer ses conditions à la reddition des Saoudiens qui prétendaient hier encore la soumettre.

Asterix le Houthi

La référence à Astérix n’est pas caricaturale quand on mesure l’écart entre les forces en présence. À l’origine on trouve d’un côté la résistance des Houthis soit environ cent mille combattants qui ont conquis la capitale Sanaa avant de fédérer la plupart des tribus du nord et du sud à l’exception de l’Hadramaout occupé par Al Qaïda. De l’autre côté à l’offensive, les forces armées d’Arabie et des Émirats Arabes Unis coalisées, servies par des régiments de mercenaires, le tout formé et équipé par les États Unis et l’Europe. Soit des centaines d’avions de combat, des milliers de chars et de canons, une puissance de feu en matériels conventionnels terrestres et aériens supérieure à celle de la France.

Depuis 42 mois, le Prince MBS héritier du Royaume d’Arabie tente de mettre à genoux ses voisins : 16 000 raids aériens selon les agences de renseignement soit un chapelet de bombes toutes les deux heures, des offensives de chars, des tirs de salves de missiles… Bilan : des centaines de milliers de civils tués ou mutilés, des millions d’affamés.


Rares sont ceux qui avaient prédit que les agressés résisteraient jusqu’au dernier, mais aucun n’avait imaginé que les petits guerriers yéménites en jupe bariolé renverseraient la situation militaire en leur faveur. Tout comme le Hezbollah au Liban qui nargue Israel, les Houthis à la tête du Yémen défient l’Arabie Saoudite. Ces « ONG de résistance armée » mettent en échec les forces d’États puissants. Ce type de confrontation par procuration n’est pas inédit, mais ce qui est nouveau c’est que les armes du pauvre se révèlent bien plus dissuasives que celles du riche.

La révolution des armements

La couteuse quincaillerie exposée dans les salons internationaux de l’armement est frappée d’obsolescence. Les armes cybernétiques et téléguidées sont bien plus redoutables que les chasseurs bombardiers, les tanks, les frégates et même les portes-avions. Elle menacent désormais les infrastructures stratégiques et mettent en échec tous les systèmes de défense. La récente attaque qui a perturbé la production pétrolière saoudienne en est un récent exemple.

Il faut savoir qu’avant d’être exporté, le pétrole d’Arabie doit être débarrassé de ses impuretés en passant dans de gigantesques « lessiveuses ». La principale d’entre elles, Abqaiq, a été bombardée le 14 septembre dernier ; paralysant le quart de la production de l’Arabie pour des mois voire des années, car on ne trouve pas sur étagère les pièces de rechanges pour ce type d’installations. Le coup est très dur pour la Saudi Aramco qui était sur le point de lancer son offre de privatisation. Qui en ce moment voudra se porter acquéreur d’une entreprise ciblée ? C’est de surcroit un signe de malvenue pour Abdulaziz ben Salman, fils du roi et frère de MBS qui venait d’être fraichement nommé ministre de l’énergie.

Cet attentat revendiqué par les Yéménites est un secret mystère. D’où ont ététirés les projectiles ? Les radars des avions AWACS, les satellites géostationnaires, les drones de haute altitude et autres observateurs d’alerte sophistiqués capables de détecter une taupe dans votre jardin n’ont rien vu venir. La confirmation de l’usage de projectiles furtifs à longue portée indétectables constituerait une révolution sans précédent dans le petit monde de l’armement car il conférerait à son possesseur une supériorité décisive sur tous les théâtres d’opérations. Quel est le pays qui a mis au point le missile invisible ? Question qui taraude tous les États Majors militaires du monde au point que certains « spécialistes » préfèrent pour se rassurer, attribuer les frappes à un essaim de deux douzaines de petits drones téléguidés par des opérateurs à vue ou dissimulés à quelques kilomètres de la cible. Ils évoquent des engins aux composants disponibles dans le commerce pour cinq à dix mille euros qui auraient été astucieusement armés et bricolés par des émules de MacGyver. Les drones auraient été acheminés en pièces détachées par des caravanes de dromadaires, puis assemblés discrètement sous des tentes qui auraient pareillement dissimulées les rampes de lancement. Pour échapper aux radars, les engins auraient volé en rase motte depuis les quelques kilomètre qui les séparaient de leurs cibles. Cette hypothèse est plausible, mais elle suppose de solides complicités locales et révèlerait alors l’existence d’une « cinquième colonne » d’insurgés maquisards saoudiens. Ce que nul penseur unique ne saurait admettre car en son royaume, MBS n’a plus d’ennemi encore en vie.

Cet acte de guerre spectaculaire a secoué le prix du baril et effrayé les marchés qui se demandent avec colère quelles seront les prochaines cibles de ces yéménites qui ont désormais la folle audace de s’attaquer au pétrole sacré.

Les américains prévoient le pire

Pour connaître les prochains objectifs dans le collimateur des Yéménites, nul besoin d’être devin. Il suffit de parcourir l’excellent travail des chercheurs américains qui ont probablement quelques lecteurs dans les montagnes reculées du Yémen. Le 5 août dernier, sous le titre « Iran’s Threat to Saudi Critical Infrastructure » the Center for Strategic & International Studies qui est proche du Pentagone, publiait la liste des sites saoudiens vulnérables. Le talentueux CSIS rappelait que la production du pétrole d’Arabie est stabilisée dans des usines de stabilisation dont la plus vulnérable est Abqaiq ». « ...Abqaiq is the most vulnerable. It is the world’s largest oil processing facility and crude oil stabilization plant, with a capacity of more than 7 million barrels per day (bpd) ».  C’est précisément celle qui a été attaquée le 14 septembre. Autres maillons faibles pointés dans ce rapport, les deux stations de pompage de l’oléoduc de 1200 km reliant le golfe à la mer Rouge: Al-Duwadimi et d’Afi . Bien vu. Elles ont été attaquées et gravementendommagées en mai dernier.

Pudiquement, le rapport ne dit pas que les boucliers d’interception Thaad acquis en 2017 pour 15 milliards de dollars et les 6 batteries de Patriot à un milliard pièce n’ont rien vu passer ! Il préconise même le renforcement de ces couteux équipements inopérants, alertant au surplus que des menaces d’attaques pèsent sur neuf raffineries et sur les trois terminaux du plus grand port pétrolier du monde, Ras Tanura. Les conséquences internationales de leur neutralisation ne sont pas documentées, mais on imagine avec peine les conséquences d’un super choc pétrolier. Des observateurs se sont demandé à qui profiterait une soudaine flambée du prix du baril de pétrole ? À l’Iran, à la Russie, aux États Unis…. ? Et si tout simplement les Yéménites et un groupe de réfractaires saoudiens s’étaient alliés pour punir et chasser les Salman du trône ? Il est révélateur que ces attaques n’aient fait aucune victime : comme si on avait voulu épargner la fratrie et surtout, ne pas se comporter comme les sanguinaires que l’on combat.

L’arme de dissuasion suprême

Sous la pression de cette avalanches de menaces, les négociations en coulisses vont bon train. Les Emirats Arabes Unis qui ont perdu des dizaines d’officiers dans les combats d’Aden et d’Hodeida sont terrorisés à l’idée d’une attaque sur Dubaï ou Abu Dhabi qui aurait des conséquences inimaginables sur leur devenir. Alors, ils ont préféré jeter l’éponge et se sont retirés du bourbier. Reste l’Arabie de Ben Salman et l’Amérique de Trump qui s’obstinent encore, croyant que quelques GI et rampes de missiles de plus pourront sauver leur dynastie d’une déchéance programmée. Dans ce contexte, il est probable que les Yéménites qui exigent en préalable l’arrêt des bombardements, feront encore monter la pression et réclameront des compensations et réparations pour dommages de guerre. Le CSIS documente d’autres infrastructures vulnérables. Notamment les systèmes de contrôle et d’acquisition de données en temps réel (SCADA) qui a déjà été attaqué par des hackers, mais surtout il mentionne l’arme suprême, non encore été utilisée : celle de la soif. L’eau de mer désalinisée représente 70% de la consommation d’eau potable de l’Arabie. Il existe 7 500 usines de traitement sur le Golfe Persique. La plus gigantesque au monde est celle de Ras el Khair. C’est un otage en puissance.

Le complexe industriel alimente en eau douce la ville de Riyad grâce à deux tubes d’acier de 2 mètres de diamètre et de 450km de long qui débitent 800 millions de m3 par jour ! L’attaque ou le sabotage des installations de Ras el Khair condamnerait à la débandade 6 millions d’habitants. Les prédicteurs savants ont calculé que la population aurait très exactement huit jours pour évacuer la capitale. Attendez vous donc à savoir que le pire sera peut-être évité.

 

Références

http://www.comite-valmy.org/spip.php?

https://blogs.mediapart.fr/hedy-belhassine/blog/010415/au-yemen-le-ciel-risque-de-nous-tomber-sur-la-tete

article5702https://www.moonofalabama.org/2019/09/damage-at-saudi-oil-plant-points-to-well-targeted-swarm-attack.html

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Hedy_Belhassine.151211.htm

https://www.csis.org/analysis/irans-threat-saudi-critical-infrastructure-implications-us-iranian-escalation/

La source originale de cet article est hybel.blogspot.com

Copyright © Hedy Belhassinehybel.blogspot.com, 2019

https://www.mondialisation.ca/comment-le-yemen-a-vaincu-mbs-et-trump/5637516


 

5 LEÇONS DE L'ATTAQUE DE LA RESISTANCE YEMENITE CONTRE ARAMCO : UNE ARABIE VULNERABLE, UNE AMÉRIQUE IMPUISSANTE, ET...

5 leçons de l’attaque contre Aramco: un mode opératoire inédit, une Arabie vulnérable, une Amérique impuissante, et…

 Depuis 26 minutes  8 octobre 2019

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 Arabie saoudite - Monde arabe - Pays du Golfe

 

Après l’attaque du 14 septembre dernier, les dégâts matériels sur les installations pétrolières saoudiennes sont considérables.

L’installation de Khurais, dans l’est du royaume, a ainsi été frappée quatre fois et des incendies y ont fait rage cinq heures durant, ce qui a contribué à la réduction de moitié de la production du premier exportateur mondial d’or noir et entraîné une flambée des prix. Dix-huit frappes ont été recensées à Abqaiq à 200 kilomètres au nord-est de Khurais, qui abrite la plus grande usine du monde de traitement de brut. D’énormes réservoirs ont été endommagés à Abqaiq ainsi que des tours de « stabilisation », servant notamment à séparer le gaz du brut. Selon un responsable d’Aramco, Khaled al-Ghamdi, « 6000 ouvriers sont impliqués dans les travaux de réparation » contre 112 habituellement sur le site.

Ces faits ont aussitôt soulevé une réprobation générale bien compréhensible… Cela dit, on aimerait voir la même unanimité condamner aussi la dictature saoudienne qui détruit méthodiquement le Yémen – l’un des pays les plus pauvres du monde – depuis 2015, en bombardant les aéroports et la quasi-totalité des infrastructures. Cette « guerre oubliée », qui n’a guère suscité l’inquiétude des habituelles belles âmes droit-de-l’hommistes a déjà causé des milliers de victimes et de réfugiés, entrainant un ravage humanitaire dont le retour du… choléra !

Dans ces circonstances, on s’attendait depuis longtemps à des réactions, et prochetmoyen-orient.ch l’a écrit à plusieurs reprises : «l’impunité saoudienne n’aura qu’un temps et amènera, le moment venu, des représailles à la hauteur des souffrances de la population yéménite ». Par ailleurs, dans la mesure où Washington empêche l’Iran d’exporter ses hydrocarbures, pourquoi ce pays n’empêcherait il pas à son tour les alliés régionaux des Etats-Unis d’exporter les leurs ? « Bien fait ! », diraient les enfants…

Donc, c’est fait et l’horrible guerre coloniale menée sur son flanc sud par la monarchie wahhabite n’a certainement pas dit toutes ses ruses et rebondissements… Cela dit, et en marge de ces considérations plus morales que géostratégiques, plusieurs leçons peuvent, d’ores et déjà, être tirées de cette attaque contre l’Arabie Saoudite : 1) un mode opératoire inédit mêlant drones et missiles ; 2) une Arabie Saoudite surarmée mais vulnérable et non protégée par ses alliés ; 3) l’impuissance américaine ; 4) la vraie nature de la dictature wahhabite ; 5) enfin, un basculement stratégique en faveur de la Russie, de la Chine et des puissances régionales. Voyons cela.

UN : DES DRONES ET DES MISSILES

Selon les autorités saoudiennes elles-mêmes, 18 drones et sept missiles de croisière ont été utilisés. Des drones seuls – comme annoncés dans un premier temps par la presse trop pressée- n’auraient jamais pu causer de tels dégâts. Hormis le drone américain Predator, dont les différentes versions (notamment le Predator C3) peuvent être réellement armées, la plupart de ce type d’engins connus ne peuvent embarquer qu’une vingtaine de kilos de charge explosive. Après les premières études d’impact, les experts ont dû se rendre à l’évidence : les drones engagés ont, sans doute, permis un marquage de cible, tandis que l’attaque et ses dégâts ont été le fait de missiles de moyenne portée.

Ce n’est pas la première fois que les unités houthies arrivent à cibler des objectifs saoudiens, y compris jusqu’à l’aéroport de Riyad. Mais cette fois-ci, l’ampleur des dégâts et la portée de l’attaque renvoient à des matériels dont ne disposent pas ces combattants, estiment les experts militaires les plus fiables. Les missiles engagés (de moyenne ou longue portée) proviennent, sans doute, d’une puissance régionale rompue à l’usage de ce type de matériels. Si l’on peut aisément exclure l’Arabie saoudite elle-même, les Etats-Unis, les Emirats Arabes Unis (EAU), la Turquie et Israël, il reste l’Iran bien-sûr. Mais pour l’instant rien n’est prouvé…

Encore que l’on ait le plus grand mal à admettre que des tirs de missiles – dans l’une des régions du monde les plus observées par radars, avions de surveillance et satellites – aient pu échapper ainsi à l’attention des militaires américains et autres Occidentaux installés dans la zone- dont la Grande Bretagne et notre pays qui dispose d’une base à Abou Dhabi. L’autre question concerne la situation géographique des pas de tir. Les rampes de lancement sur camion semi-remorque démultiplient les hypothèses dont deux sont à retenir : nord du Yémen ou Irak, le territoire iranien étant à exclure, toujours selon les sources militaires de prochetmoyen-orient.ch, « afin d’éviter une signature trop évidente et pouvant trop facilement justifier des représailles, étant entendu que l’Iran a toujours soigneusement évité une confrontation directe avec la dictature saoudienne ».

Les analystes militaires – consultés par nos soins – estiment que les missiles sont partis du territoire irakien. Une telle hypothèse de travail pose immédiatement plusieurs constats : comment des rampes de missiles mobiles ont-elles pu, à ce point, échapper aux services de renseignement américains ? Les Etats-Unis disposent toujours de quelques 30 000 soldats en Irak. Ensuite, partant d’Irak, ces missiles ont dû parcourir plus de 500 kilomètres et traverser les cieux du Koweït, ce qui amplifie la question de la surveillance des espaces aériens des monarchies du Golfe. Enfin, si les missiles ont été lancés depuis le territoire du Yémen, ils ont aussi dû parcourir plusieurs centaines de kilomètres, mettant encore plus gravement en cause la sécurité de la monarchie wahhabite.

DEUX : PLETHORE D’ARMES QUI NE SERVENT A RIEN !

L’Arabie Saoudite se place à la troisième position dans le monde, après les Etats-Unis, et la Chine pour ses dépenses militaires. En effet, selon le rapport annuel de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), ses dépenses ont été de 67,6 milliards de dollars en 2018. Or, quand on rapporte cette somme au produit intérieur brut (PIB), cela donne 8,8%, ce qui place l’Arabie Saoudite en première place – et de très loin – dans le monde !

L’auteur de ces lignes se souvient avoir accompagné Dominique de Villepin lors d’un voyage officiel en Arabie Saoudite. Hors du programme officiel, un ami saoudien avait pu nous faire visiter un entrepôt, dénué de toute surveillance, où se trouvaient empilées d’innombrables palettes frappées de l’inscription « made in USA », des palettes de matériels militaires qui n’avaient même pas été ouvertes ! Selon notre interlocuteur, ce stock était abandonné aux vents de sable, aux souris et chats errants depuis plusieurs mois…

Et malgré les nombreux films de propagande de l’armée saoudienne vantant les prouesses de ses farouches guerriers du désert, la plupart des attachés de défense en poste à Riyad et dans la région le reconnaissent : « l’armée de la monarchie est parfaitement nulle. Achetées en Europe, les frégates de premier rang pourrissent à quai à Djeddah et ailleurs. Malgré des mois de formation, les marins saoudiens ne savent toujours pas naviguer et utiliser le potentiel de ces bâtiments les plus modernes. A chaque tentative de sortie, ils cassent quelque chose avant un prompt retour au port. Quant à l’aviation de combat, voilà des années qu’elle emploie des pilotes, mercenaires grassement payés venus d’Ukraine et d’Amérique Latine. Les pilotes saoudiens ont beaucoup plus d’heures de diwan’yia et de réceptions officielles que d’heures de vol ».

Les sites pétroliers et gaziers – d’extraction, de raffinage et d’exportation portuaire – sont sécurisés par des compagnies privées de « contractors », la plupart du temps anglo-saxonnes. La mission des forces nationales de sécurité se cantonne presqu’exclusivement à la surveillance et à la répression des opposants et des régions où vivent les minorités chi’ites considérées comme une population délinquante.

Ce qui est plus étonnant, c’est que les grands alliés de cette dictature, à savoir les Etats-Unis – censés protéger les zones pétrolières et gazières depuis la signature du Pacte du Quincy (février 1945) et son renouvellement par George W. Bush en 2005 pour soixante années – se sont avérés tout aussi nuls, ne parvenant pas à prévenir et surtout éviter une attaque d’une telle ampleur. C’est un comble pour l’hyperpuissance qui se glorifie depuis la fin de la Seconde guerre mondiale de garantir la sécurité dans ce Moyen-Orient stratégique et plus spécifiquement de ses deux alliés historiques : l’Arabie justement et Israël. Les autorités de Tel-Aviv auraient-elles du souci à se faire?

TROIS : DONALD TRUMP DANS LA NASSE

Obsédé par sa réélection hypothétique de novembre 2020, Donald Trump a promis au socle de son électorat de privilégier les questions domestiques par rapport aux engagements internationaux. Plus clairement encore, il a proclamé que les Etats-Unis ne devaient plus avoir vocation à jouer le rôle de gendarme du monde et qu’il ramènerait les « Boys » – engagés en Afghanistan, en Irak, en Syrie et ailleurs – à la maison ! On a vu qu’avec les Talibans, il a fait chou blanc, ces derniers s’apprêtant à reprendre le pouvoir à Kaboul. Poursuivant un retrait laborieux dans l’ouest de l’Euphrate syrien, Donald Trump ne peut quitter l’Irak qui laisserait le champ libre à l’ouverture d’une autoroute chi’ite de l’Iran jusqu’au Liban !

Dans tous les cas de figures, le président américain s’est interdit de lancer de nouvelles opérations militaires conventionnelles, lourdes et durables. Malgré tout, les « Faucons » l’exhortent aujourd’hui à durcir le ton et envisager des bombardements contre l’Iran. Mais les experts du Pentagone savent qu’une telle décision pourrait se révéler encore plus dangereuse qu’une image de laxisme, sinon de faiblesse, car l’escalade pourrait aller très vite et « yéméniser toute la région », souligne un attaché européen de défense en poste à Washington. Inévitablement Téhéran riposterait par des attaques directes et massives contre l’Arabie saoudite, les EAU ou Bahreïn et ciblerait aussi les troupes américaines stationnées en Irak et en Afghanistan. Une guerre ouverte contre l’Iran serait catastrophique. Deux fois plus peuplé que l’Irak, ce pays serait un adversaire autrement plus redoutable que son voisin.

Donald Trump est bien dans la nasse : ne rien faire et passer pour un faible et un trouillard ou lancer une nouvelle guerre proche-orientale qui risque vite de virer au cataclysme. Mais c’est une nasse dans laquelle il s’est enfermé lui-même en jetant aux orties l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien. Comme l’écrit Nichols Kristof du New York Times, « si le prince Mohammad ben Salman souhaite réagir par la force aux frappes aériennes contre ses installations pétrolières, qu’il envoie les avions de chasse et les missiles de son pays. Ce combat n’est pas le nôtre. Aucun Américain ne doit y laisser la vie ».

Le journaliste américain conclut : « au lieu de tout cela, nous devrions coopérer avec les pays européens pour nous sortir de cette sale affaire et trouver le moyen de revenir dans l’accord sur le nucléaire iranien ».

QUATRE : LA VRAIE NATURE DE LA DICTATURE WAHHABITE

Cette attaque contre l’Arabie Saoudite révèle aussi et surtout la vraie nature du « régime de Riyad » : faible sur le plan militaire on l’a dit, mais aussi et surtout rétrograde, réactionnaire et meurtrière. Le récent découpage à la scie à métaux d’un « journaliste » opposant dans les locaux du consulat saoudien d’Istanbul est l’arbre qui cache la forêt. Dans la monarchie wahhabite, on exécute aussi les dignitaires chi’ites, on décapite au sabre plusieurs centaines de personnes par an et les prisons sont pleines d’opposants, plusieurs milliers selon Amnesty International.

Mais il y a plus préoccupant encore et l’auteur de « Arabie Saoudite : la dictature protégée » – Jean-Michel Foulquier (pseudonyme d’un grand diplomate français) l’écrivait dès 1995 : « par sa diplomatie du chéquier et ses différents outils de diplomatie religieuse, le royaume saoudien exporte et finance le wahhabisme et d’autres idéologies de l’Islam radical, matrices essentielles du terrorisme islamiste ».

Lors de son discours devant la 74ème Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump a osé dire que l’Iran était le principal pays soutenant et finançant le terrorisme international ! Fake News mille fois ! C’est l’Arabie Saoudite et ses instruments de wahhabisation de l’Islam mondial (Banques, ONGs, et donations privées) qui transforment, radicalisent et poussent les adeptes de cette religion à commettre agressions, attentats et prises d’otages contre les «Infidèles» occidentaux ! Dans son ouvrage, Jean-Michel Foulquier décrit très précisément ces mécanismes de guerre latente et permanente contre l’Occident.

En 1998, soit trois ans avant les attentats du 11 septembre, l’auteur de ces lignes publiait un livre sur les filières de financement du terrorisme. La quasi-totalité de ces connexions internationalement très ramifiées ramenait immanquablement à des bailleurs de fonds saoudiens privés et publics. Après les attentats du 11 septembre 2001, les enquêteurs américains durent admettre que quinze des dix-sept pirates de l’air/terroristes étaient Saoudiens ou d’origine saoudienne.

Loin d’avoir changé, cette situation s’est même amplifiée puisque Riyad finance désormais largement des écoles coraniques clandestines en France et en Europe. Parfaitement informé, notre ministre de l’Education Monsieur Blanquer nous explique qu’il ne peut pas les fermer par manque d’outils juridiques ! On croit rêver… Les auteurs des derniers attentats commis en France se sont tous revendiqués, soit de la Qaïda soit de l’organisation « Etat islamique » (Daech), c’est-à-dire de formations nourries à la fois des enseignements du Wahhabisme saoudien et de ceux de la Confrérie des Frères musulmans -confrérie qui doit sa création historique et son implantation en Europe aux fonds saoudiens !

Dans la bande Sahélo-saharienne, les terroristes qui tirent quotidiennement sur nos soldats se revendiquent des idéologies diffusées par les madrassas de la région, financées là-aussi par l’Arabie saoudite et d’autres monarchies du Golfe. Alors ! Que Donald Trump n’insulte pas notre intelligence : non Monsieur le président des Etats-Unis d’Amérique, ce n’est pas l’Iran qui finance et arme les terroristes d’aujourd’hui, mais ce sont vos grands amis et gros clients saoudiens ! Adressez ce genre de Fake News à votre électorat évangéliste, mais pas à vos soi-disant « alliés » européens qui connaissent désormais vos pratiques et mensonges d’agent immobilier véreux !

Monsieur le président des Etats-Unis, vos alliés saoudiens et le jeune prince MBS, que Le Point et tout particulièrement Franz-Olivier Giesbert, qualifiaient de « réformateur » et d’« espoir d’un Islam moderne », sont les assassins des peuples yéménite, syrien et, dans une moindre mesure irakien, ainsi que de leurs opposants politiques. La vraie nature du « régime de Riyad » est dictatoriale et, sans doute, plus violente et criminelle que la plupart des autres Etats de la région.

CINQ : UN GRAND RENVERSEMENT STRATEGIQUE

Le grand renversement stratégique des Proche et Moyen-Orient s’est opéré à travers deux événements capitaux qui n’ont pas été qualifiés et compris comme ils auraient dû l’être.

Le premier nous ramène à décembre 2016, aux combats et négociations qui ont précédé la reconquête/Libération d’Alep, la deuxième ville de Syrie. Enfermé dans un face à face bilatéral avec Washington, Moscou n’a jamais réussi à obtenir la liste des organisations rebelles syriennes dites « modérées », « laïques » et «démocratiques » soutenues par les Etats-Unis, leurs supplétifs européens, les Etats du Golfe et Israël. Ouvrant une négociation parallèle sur les questions militaires à Astana, la diplomatie russe a fait preuve d’une créativité réelle en associant – sur le plan diplomatique – les puissances régionales dont la Turquie et l’Iran. Cette approche plus inclusive a fini par payer, marginalisant les Etats-Unis et leurs alliés.

La même méthode est actuellement appliquée à la poche d’Idlib (à l’ouest d’Alep) où il s’agit de réduire la dernière poche de jihadistes armés en Syrie. Non seulement les Occidentaux ont été clairement marginalisés, mais ils ont subi un cinglant revers militaire et diplomatique, même s’ils espèrent rester dans le coup en continuant à soutenir les factions kurdes de l’Est de l’Euphrate. Toujours est-il que la reconstruction politique et économique de la Syrie se prépare sans eux!

Le deuxième événement fondateur de notre « grand renversement stratégique » est l’attaque menée par des missiles du Hezbollah contre une base israélienne du nord de la Palestine occupée. Le 9 septembre dernier, prochetmoyen-orient.ch titrait « Hezbollah, une performance opérationnelle qui change tout ! ». En effet parfaitement menée et réussie, cette attaque démontrait clairement que – pour l’ensemble de la région – la question nucléaire n’est plus prioritaire, désormais on s’intéresse aux différents arsenaux balistiques existants. Indépendamment du Hezbollah libanais – qui, maintenant peut cibler n’importe quel point du territoire israélien, y compris la centrale nucléaire de Dimona -, les unités houthies disposent de cet armement, sans parler des armées nationales syrienne et iranienne et de différentes organisations irakiennes.

Ce profond changement de la donne stratégique donne l’avantage aux approches diplomatiques et militaires de Moscou qui continuent à optimiser le « format Alep », avec – en arrière-plan – la bienveillante complicité de la Chine qui dispose désormais d’un quai en eau profonde dans le port méditerranéen de Tartous (Syrie).

POUR NE PAS CONCLURE

Dans ce contexte, la leçon tirée par le journaliste du New York Times – précédemment cité – nous ramène à la négociation centrale Etats-Unis/Iran. On connaît aujourd’hui les quatre points du plan de médiation proposé par la France : 1) revenir au format « cinq-plus-un » (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU dont les Etats-Unis, plus l’Allemagne) afin d’allonger la durée de cet accord nucléaire au-delà de 2025 ; 2) l’Iran s’engage à assurer la paix et la sécurité afin de garantir la libre circulation maritime, notamment dans le détroit d’Ormuz ; 3) une levée des sanctions et de toutes les sanctions économiques (dont les nouvelles mesures prises en 2017) frappant unilatéralement l’Iran ; 4) enfin, l’Iran doit renouveler son engagement à ne pas fabriquer l’arme nucléaire.

Il est bien évident que la « rencontre ratée » entre les présidents Trump et Rohani – lors de la dernière Assemblée générale de l’ONU en septembre dernier – abondamment commentée par la presse, l’a été du seul fait (et c’est bien légitime) que la partie iranienne n’entend plus donner le moindre gage avant une levée effective et totale des sanctions occidentales frappant son économie, et tout particulièrement ses exportations d’hydrocarbure.

D’autres perspectives commencent à s’imposer avec la reconstruction économique à venir de la Syrie, qui ne manquera pas d’influencer, sinon de reconfigurer l’ensemble de la région. La question des «territoires » et de leurs aménagements s’impose, d’ores et déjà, comme le grand chantier. Et dans ce contexte, prochetmoyen-orient.ch en parle régulièrement, la philosophie politique de Antoun Saadé redevient d’une grande actualité. Fondée sur les territoires et la géographie comme support primordial des différentesrichardlabeviere communautés, la théorie d’une « Grande Syrie » pacifiée et pacifique pourrait inspirer les futurs bâtisseurs d’une paix régionale stable et durable.

Par Richard Labévière

Source: Proche et Moyen-Orient

https://french.almanar.com.lb/1519465


 

SELON ANSARULLAH, L'ATTAQUE CONTRE ARAMCO N'EST QUE LA FACE ÉMERGÉE DE L'ICEBERG

Ansarullah : l’attaque contre Aramco n’est que la face émergée de l’iceberg

 Depuis 4 heures  4 octobre 2019

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 Monde arabe - Yémen

 

Le Conseil politique suprême du Yémen a promis des frappes opérationnelles à grande échelle contre l’Arabie saoudite, en cas de l’échec du processus politique, tout en faisant part de la bonne foi d’Ansarullah pour parvenir à la paix.

Le Conseil politique suprême du Yémen a souligné dans un communiqué publié, le jeudi 3 octobre, que la récente attaque contre les installations pétrolières de la compagnie saoudienne Aramco n’était que la face émergée de l’iceberg en ce qui concerne les capacités d’Ansarullah, rapporte Sputnik.

« Les préparatifs des opérations à grande échelle étaient en cours. L’objectif en est de préparer des frappes intensives aptes à écraser l’agresseur, si les efforts politiques initiés par Mahdi al-Machat, chef du Conseil politique suprême du Yémen n’aboutissent pas », précise dans son communiqué le Conseil politique suprême du Yémen, cité par la chaîne de télévision d’Al-Masirah.

Toujours, selon ce communiqué, le plan de paix initié par Mahdi al-Machat prévoit de mettre, en deux phases, un terme aux frappes.

Dans le même temps, le gouvernement de salut national du Yémen, basé à Sanaa, a souligné que la technologie militaire, dont dispose Ansarullah, lui permet de remporter de grandes victoires.

Lors d’une réunion tenue, le mardi 1er octobre, avec Martin Griffiths, l’émissaire de l’ONU pour le Yémen, Mahdi al-Machat a fait part de la bonne volonté des combattants d’Ansarullah pour aboutir à un accord de paix qui conduirait à mettre fin à l’agression contre le Yémen et ainsi aux souffrances du peuple yéménite innocent.

Le 21 septembre, M.al-Machat a fait part de la disponibilité de l’armée yéménite et d’Ansarullah de cesser des frappes aux missiles balistiques et aux drones contre l’Arabie saoudite, si cette dernière mettait un terme à ses agressions contre le Yémen. Il a insisté que la guerre contre le Yémen ne profite à aucune partie.

« Nous sommes prêts à cesser de viser le territoire saoudien avec des drones de combat, des missiles balistiques et toutes les autres formes d’armes, et nous attendons une action réciproque de leur part », a déclaré Machat à la chaîne de télévision Al-Masirah en ajoutant : « Nous nous réservons le droit de réagir s’ils refusent de mettre en œuvre cette initiative ».

Cette prise de position d’Ansarullah fait suite aux opérations spectaculaires du 14 septembre contre les installations pétrolières saoudiennes, revendiquées par Ansarullah.

En effet, les forces armées yéménites conseillent à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis de suivre la voie politique au sérieux, sinon ils seront les grands perdants sur les plans, militaire et économique.

Toute frappe contre les Émirats entraînera la fin des investissements étrangers

Pour sa part, le général de brigade Aziz Rashed, porte-parole adjoint des forces armées yéménites, a énuméré, dans une interview exclusive avec Al-Ahed News, des mesures envisageables pour l’avenir, tout en faisant part de la probabilité de la poursuite des attaques d’Ansarullah contre les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite.

« Toute frappe militaire, que ce soit avec des missiles ou des drones contre les zones sensibles ou les ports maritimes des Émirats arabes unis, entraînera la fin des investissements étrangers. L’économie émiratie qui dépend en grande partie des vols et du commerce internationaux s’effondra », a-t-il estimé évoquant l’opération de Nasr Min Allah (victoire de Dieu) qui constitue selon lui, une gifle militaire illustrant l’incapacité de la coalition saoudienne à faire face aux attaques d’Ansarullah.

Appelant Riyad à un changement de comportement, Aziz Rashed a promet que les attaques yéménites qui prendront pour cible les infrastructures saoudiennes dont le démantèlement poussera les gens à descendre dans la rue pour réclamer le renversement du régime saoudien.

Selon Aziz Rashed, les propos de Mohammed Ben Salmane prononcés après ses défaites successives témoignent de son mauvais état d’esprit suite à l’échec de son armée bien que cette dernière dispose des armes et de la technologie américaine ultra coûteuses.

« Notre initiative pacifique est la meilleure solution pour résoudre les problèmes de la région et empêche son démembrement, mais l’ennemi ne s’en rend pas compte », a-t-il lancé.

Source: Avec PressTV

https://french.almanar.com.lb/1515318


 

 

LES ATTAQUES DE DRONES EN ARABIE ONT CHANGE LA NATURE DE LA GUERRE AU NIVEAU MONDIAL

Les attaques de drones en Arabie Saoudite ont changé la nature de la guerre au niveau mondial

 Depuis 6 heures  1 octobre 2019

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 Arabie saoudite - Monde arabe - Pays du Golfe

 

L’incapacité de l’Arabie Saoudite et des États-Unis à défendre leurs installations pétrolières a modifié l’équilibre des forces en présence.

L’attaque dévastatrice des installations pétrolières saoudiennes par des drones et des missiles non seulement modifie l’équilibre des pouvoirs militaires au Moyen-Orient, mais elle induit aussi un changement de nature de la guerre dans le monde.

Dans la matinée du 14 septembre, 18 drones et sept missiles de croisière – tous peu coûteux et peu sophistiqués en comparaison des avions militaires modernes – ont coupé de moitié la production de pétrole brut de l’Arabie Saoudite et ont fait monter le prix mondial du pétrole de 20 %.

Cela en dépit du fait que les Saoudiens ont investi 67,6 milliards de dollars US (61,5 milliards d’euros) dans leur défense l’année dernière, dont une grande partie pour des avions et des systèmes de défense aérienne extrêmement coûteux, qui n’ont pas réussi à arrêter l’attaque. Le budget de la défense des États-Unis s’élève à 750 milliards de dollars US (682 milliards d’euros) et celui du renseignement à 85 milliards de dollars US (77 milliards d’euros), mais les forces américaines dans le Golfe n’ont rien compris à ce qui se passait avant que tout soit terminé.

Cet échec a été justifié par l’argument que les drones volaient trop bas pour être détectés et provenaient d’une autre direction que celle à laquelle on aurait pu s’attendre. De telles explications paraissent pathétiques lorsqu’on les compare aux vantardises des fabricants d’armes et des commandants militaires sur l’efficacité de leurs systèmes d’armement.

On ne sait pas encore si ce sont les Iraniens ou les Houthis qui ont mené l’attaque, il est probable que ce soit les deux ensemble, peut-être que l’Iran a orchestré l’opération et a fourni le matériel. Mais en se concentrant sur qui est responsable de l’attaque, on détourne l’attention de quelque chose de beaucoup plus important : le fait qu’une puissance moyenne comme l’Iran, sous le coup de sanctions et disposant de ressources et d’une expertise limitées, agissant seule ou par l’intermédiaire d’alliés, a infligé des dommages écrasants à une Arabie Saoudite théoriquement beaucoup mieux armée, et censée être défendue par les États-Unis, la plus grande superpuissance militaire du monde.

Si les États-Unis et l’Arabie Saoudite hésitent à riposter à l’Iran, c’est parce qu’ils savent maintenant, contrairement à ce qu’ils auraient pu croire il y a un an, qu’une contre-attaque ne serait pas une partie de plaisir. Ce qui vient de se passer peut se reproduire : ce n’est pas pour rien qu’on a dit que l’Iran était une « superpuissance de drones ». Les installations de production pétrolière et les usines de dessalement qui fournissent une grande partie de l’eau douce à l’Arabie saoudite font d’excellentes cibles pour les drones et les petits missiles.

En d’autres termes, les règles du jeu militaire seront beaucoup plus équilibrées à l’avenir dans tout conflit opposant un pays doté d’une force aérienne et d’un système de défense aérienne sophistiqués et un pays qui n’en a pas. L’atout pour les Etats-Unis, les puissances de l’OTAN et Israël a longtemps été la supériorité écrasante de leur puissance aérienne. Mais tout change quand presque tout le monde peut se mesurer à peu de frais aux plus grandes puissances aériennes.

Anthony Cordesman, expert militaire au Centre d’études stratégiques et internationales de Washington, résume succinctement l’importance de ce changement : « Les frappes contre l’Arabie saoudite constituent un avertissement clair que l’ère américaine de suprématie aérienne dans le Golfe et le quasi monopole américain sur la capacité de frappe de précision arrivent rapidement à leur fin ». Il explique qu’une nouvelle génération de drones, de missiles de croisière et de missiles balistiques de précision sont arrivés dans les stocks iraniens et sont désormais livrés en quantité aux Houthis au Yémen, et au Hezbollah au Liban.

Il y a eu des tournants similaires dans l’histoire militaire chaque fois que le déploiement d’une arme facile à fabriquer a tout à coup mis échec et mat une arme plus compliquée.

Un bon exemple en est l’attaque, le 11 novembre 1940, de cinq cuirassés italiens, amarrés à leur base de Tarente, par 20 biplans britanniques Swordfish lents mais robustes, armés de torpilles et propulsés par un porte-avions. À la fin de la journée, trois des cuirassés avaient été coulés ou gravement endommagés alors que seulement deux des avions britanniques étaient manquants. L’importance d’une victoire obtenue à un coût aussi modique a mis fin au règne des cuirassés sur la mer et initié celui des porte-avions équipés de torpilles/bombardiers. La leçon a été retenue par la marine japonaise qui a attaqué Pearl Harbour de la même manière un an après Tarente.

Cette semaine, les Saoudiens ont montré l’épave des drones et des missiles aux diplomates et aux journalistes rassemblés pour tenter de les convaincre que les Iraniens étaient derrière l’attaque aérienne. Mais la caractéristique la plus importante des pièces de drones et de missiles brisés est bien que, en parfait état de marche, ces armes qui viennent de secouer l’économie mondiale ne coûtent pas cher. En revanche, les missiles antiaériens Patriot, la principale défense aérienne de l’Arabie Saoudite, qui ont montré leur inutilité samedi dernier, ont coûté 3 millions de dollars US (2,7 millions d’euros) pièce.

Le coût et la simplicité sont des facteurs importants parce qu’ils signifient que l’Iran, les Houthis, le Hezbollah et presque n’importe quel pays peut produire ces drones et ces missiles en nombre suffisant pour venir à bout de n’importe quel système de défense.

Comparez le coût d’un drone, qui serait de l’ordre de dizaines, voire de centaines de milliers de dollars, au prix de 122 millions de dollars (111 millions d’euros) d’un seul chasseur F-35, si cher qu’il ne peut être acheté qu’en nombre limité. Au fur et à mesure qu’ils comprendront le sens de ce qui s’est passé aux installations pétrolières d’Abqaiq et de Khurais, les gouvernements du monde entier demanderont à leurs responsables des forces aériennes pourquoi ils dépensent autant d’argent alors qu’il existe des alternatives bon marché tout aussi efficaces. L’expérience montre que les responsables aériens et les fabricants d’armes ont coutume de se battre jusqu’à leur dernier souffle pour obtenir des budgets artificiellement gonflés et acheter des armes dont l’efficacité dans une vraie guerre est douteuse.
La fumée s’échappe de l’installation pétrolière d’Aramco à Abqaiq, dans la province orientale de l’Arabie Saoudite, après les attentats du 14 septembre

L’attaque contre l’Arabie Saoudite vient renforcer la tendance actuelle des vrais combattants à privilégier les armes peu coûteuses et faciles à acquérir. Songez à la carrière de l’engin explosif improvisé (IED), fabriqué à partir d’engrais facilement accessibles, commandé par un simple fil et planté sur une route ou sur un bas-côté. Ils ont été utilisés avec un effet dévastateur par l’IRA dans le sud de l’Armagh, chassant l’armée britannique des routes et les obligeant à utiliser des hélicoptères.

Les engins explosifs improvisés ont été utilisés en grand nombre et avec grand succès contre les forces de la coalition dirigée par les États-Unis en Irak et en Afghanistan. L’armée américaine a déployé d’immenses ressources pour trouver un moyen de contrer cet engin mortel, notamment en dépensant pas moins de 40 milliards de dollars US (36,5 milliards d’euros) pour 27 000 véhicules lourdement blindés appelés MRAP. Une étude ultérieure de l’armée a révélé que le nombre de militaires américains tués et blessés dans l’attaque d’un MRAP était exactement le même que dans un autre blindé.

Il est impensable que les chefs militaires américains, britanniques et saoudiens reconnaissent qu’ils commandent des forces coûteuses, techniquement avancées, mais en réalité complètement dépassées. Cela signifierait qu’ils sont coincés avec des armes qui coûtent des fortunes mais qui ne valent plus rien. Peu après avoir démontré à Pearl Harbour la vulnérabilité des cuirassés, les Japonais ont mis en service le plus grand cuirassé du monde, le Yamato, qui n’a utilisé ses canons qu’une seule fois et a été coulé en 1945 par des torpilleurs et bombardiers américains opérant depuis des porte-avions.

patrick_cockburnPar Patrick Cockburn est un journaliste de The Independent spécialisé dans l’analyse de l’Irak, la Syrie et les guerres au Moyen-Orient. Il est l’auteur de Muqtada Al-Sadr, the Shia Revival, and the Struggle for Iraq et de Age of Jihad: Islamic State and the Great War for the Middle East.

Version originale: The Independent
Source et Traduction : Chronique de Palestine – Dominique Muselet

french.almanar.com.lb/1511402


 

YEMEN : UNE OPERATION D’ANSARALLAH DANS LE SUD DE L’ARABIE A LIBÉRÉ DES CENTAINES DE KM…DES MILLIERS DE SOLDATS FAITS PRISONNIERS

Une opération d’Ansarullah dans le sud d’Arabie : des centaines de Km libérés… des milliers de soldats faits prisonniers

 Depuis 4 heures  28 septembre 2019

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 Arabie saoudite - Monde arabe - Pays du Golfe - Spécial notre site

 

Rédaction du site

Les forces armées yéménites qui comptent dans leurs rangs les combattants des Comités populaires d’Ansarullah et des unités de l’armée ont annoncé une opération de grande envergure qui se déroule depuis 72 heures sur l’axe de la province saoudienne de Najrane, au nord du Yémen,  au cours de laquelle des centaines de kilomètres carrés ont été libérés.

Les forces armées ont lancé une opération militaire de grande envergure baptisée « Victoire de Dieu » sur l’axe de la province saoudienne de Najrane, a révélé le porte-parole des forces armées le général Yahia Sarii.

Selon lui, cette opération militaire est « la plus importante opération de leurre » depuis le début de l’offensive de la coalition saoudienne en 2015.
« 3 brigades militaires des forces de l’ennemi sont tombées entièrement. Des centaines de véhicules et de blindés ont été récupérés de l’axe de Najrane… De grandes quantités d’armement ont été saisies”, a-t-il ajouté.
Et de poursuivre : « des centaines de kilomètres carrés ont été libérés,… et des milliers d’officiers et de soldats ont été faits prisonniers, dont des centaines de saoudiens ».
« Nous nous comportons avec ces prisonniers en fonction des principes de la religion, des habitudes et des traditions yéménites et de la morale humanitaire », a-t-il tenu à signaler, précisant que les forces yéménites œuvrent pour les protéger des raids aériens de la Coalition saoudienne.

Ont participé à l’opération lancée depuis 72 heures,  l’unité balistique, celles de la force aérienne des drones, ainsi que des brigades de l’infanterie.

« L’opération se poursuit selon un plan bien dessiné, et nous annoncerons dans des points de presse ultérieurs ses résultats et les détails de ses étapes », a conclu M. Sarii.

Ce samedi, le Gouvernement de salut national yéménite a rejeté  la proposition de l’Arabie saoudite d’établissement un cessez-le-feu partiel au Yémen affirmant qu’il n’acceptera pas moins d’une cessation complète de l’agression et du blocus imposé par l’Arabie saoudite.
Cette position a été exprimée par Dayfallah al-Chami le porte-parole de ce gouvernement dont le siège se trouve dans la capitale Sanaa, selon l’agence de presse iranienne Fars News.
Evoquant les informations de presse américaine, notamment celles du New York Times, et qui ont fait état que Riyad a accepté un cessez-le-feu partiel, M. Machat l’a qualifié de « manipulation destinée à échapper aux pressions internationales et humanitaires qui refusent la poursuite de l’offensive ».

https://french.almanar.com.lb/1509224


 

YEMEN : UN VILLAGE ENDEUILLE PAR LE MASSACRE DE 15 PERSONNES D'UNE MEME FAMILLE SUITE A LA RIPOSTE DE BEN SALMAN AUX OPERATIONS D'ANSARALLAH

Au Yémen, un village endeuillé par 15 morts d’une même famille : la riposte de Riyad aux opérations des Houthis

 Depuis 2 heures  25 septembre 2019

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 Monde arabe - Yémen

 

Rédaction du site

Il a fallu 12 heures aux ambulanciers et aux habitants du village d’Al-Fakhir, dans le sud du Yémen, pour retrouver tous les corps des 15 membres d’une même famille, dans les décombres de leur maison dévastée mardi par une double frappe aérienne.
« C’est comme si tous les habitants du village avaient été tués. Voilà le sentiment général », lance par téléphone à l’AFP Salem al-Halmi, un membre de la famille vivant dans un autre village.

Mardi matin, la maison d’Abbas al-Halmi, 38 ans, est frappé par un raid aérien qu’un responsable local impute à la coalition militaire sous commandement saoudien qui soutient les forces du président contesté Abed Rabbbo Mansour Hadi, soutenu par Riyad et les puissances occidentales contre l’organisation d’Ansarullah  appuyée par l’Iran et l’axe de la Résistance.

Ses voisins, qui sont aussi ses proches, accourent. Une seconde frappe vise la maison. C’est le modus operandi des forces de la coalition militaire pour faire le plus de victimes possibles.

La double attaque tue Abbas al-Halmi, sa femme, ses enfants, son frère, ses belles sœurs, ses neveux, nièces et autres proches.
« Personne n’aurait pu imaginer qu’ils seraient tués de cette façon. C’était une famille paisible », ajoute Salem al-Halmi.

Les Nations unies ont confirmé dans un communiqué la mort de ces 15 civils, ajoutant qu’une sinxième personne avait péri. Contacté par l’AFP, le porte-parole de la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite n’a ni confirmé, ni démenti l’information.

« Famille heureuse »

Théâtre de violents combats, Al-Fakhir est un des villages de la région de Qatabah, dans la province de Daleh.
Véritable ligne de front, les combattants houthis et les miliciens de Hadi s’y livrent une lutte acharnée pour le contrôle des villages.
En mai, les premiers se sont emparé d’Al-Fakhir à l’issue de violents affrontements, selon un responsable local.
La région « assiste à des affrontements quotidiens et les combats ne s’y arrêtent presque jamais », observe Mahmoud al-Chaibi, militant des droits humains à Qatabah.

A l’une des extrémités d’Al-Fakhir, se trouve la maison d’Abbas al-Halmi, entourée de montagnes et de hauts plateaux. Il n’en reste qu’un tas de gravats et de bois, qui laisse entrevoir une chemise mauve et un morceau de ferraille bleu.
Le père de famille travaillait avec ses deux frères et d’autres proches dans des champs voisins où ils cultivaient du café et du qat, plante euphorisante largement consommée au Yémen.

Chaque matin, ils quittaient la maison avec leurs enfants pour se rendre aux champs et à l’école, mais le raid de mardi matin a précédé leur sortie.
« Ils n’ont rien à voir avec le conflit. Ils n’étaient avec personne. Ils formaient une famille heureuse, ils évitaient toujours les problèmes et voulaient être en sécurité », raconte Salem al-Halmi.
« Nous voulons découvrir la vérité », insiste-t-il, décrivant « la colère et le choc » des proches et des habitants du village.

Soutien inconditionnel et massacres

Depuis 2014, le Yémen est ravagé par les combats entre les Houthis, rebelles issus de l’importante minorité zaïdite concentrée dans le nord du pays, et des milices soutenues par les saoudiens et les émiratis avec des mercenaires venus du Soudan.

En 2015, l’Arabie saoudite et ses alliés ont mis sur pied une coalition militaire pour ramener par la force Hadi au pouvoir après qu’Ansarullah s’est emparé de plusieurs régions yéménites, notamment de la capitale Sanaa.

Malgrè l’énorme déséquilbre des forces à l’avantage de la Coalition, cette dernière n’a pu réaliser ses objectifs.
Disposant du soutien de la Communauté internationale et des puissances occidentales, elle s’est permis des centaines de massacres qui ont fait des dizaines de milliers de morts.

Les Nations unies se contentant de messages de condamnation et de blamer les deux belligérants…
Quelques heures avant les frappes qui ont décimé la famille al-Halmi, sept civils, dont des femmes et des enfants d’une même famille, ont été tués dans un autre raid ayant visé une mosquée à Amran, dans le nord-ouest du Yémen, selon l’ONU.
Face à cette situation « déchirante et insensée », la coordinatrice humanitaire de l’ONU pour le Yémen, Lise Grande, s’est contenté d’appeler à « mettre fin à cette guerre terrible ».

Ces deux massacres contre les civils interviennent après la double opération revendiquée par Ansarullah contre deux installations pétrolières saoudiennes. Une frappe qui a profondément lésé Riyad, dont la production de pétrole a été réduite de moitié. Chaque fois que le royaume subit un frappe importante, il se venge contre les civils yéménites.

Source: Avec AFP

https://french.almanar.com.lb/1506760