RIYAD, CAPITALE DE L'ARABIE, A LA PORTEE DES MISSILES YEMENITES

jeudi, 04 juin 2015 10:21

Riyad, à la portée des missiles de Sanaa

 
 
 
IRIB- Les tirs des missiles artisanaux «Al-Najm ol-Sagheb»

vers les régions de l’Ouest de l’Arabie, des régions se trouvant à 70 km des frontières, font état d’une évolution majeure, dans la guerre cruelle imposée par le régime saoudien au peuple opprimé du Yémen.

Dans un article, publié par le quotidien téhéranais, "Keyhan", Saadallah Zarei explique une évolution particulière, sur le terrain, au Yémen : les tirs des missiles artisanaux «Al-Najom ol-Sagheb» vers des régions saoudiennes, situées à 70 km des frontières, et des informations, sur les tirs des missiles «Zelzal», dans les prochains jours, font part d’une évolution majeure, dans la guerre cruelle imposée par le régime saoudien au peuple opprimé du Yémen. Les missiles "Al-Najom ol-Sagheb" ne sont peut-être pas aussi performants que les missiles lancés par les avions de combat saoudiens, mais la capacité d’Ansarallah de pouvoir en fabriquer, massivement, pourra affecter la sécurité du régime saoudien. On se rappelle de l’équipement du Hezbollah libanais, lors d’une courte période, en divers types de missiles. Plusieurs points méritent d’être cités :

1. Ansarallah ne revendiquait pas les actions anti-saoudiennes, dans la province de Jizan, tant que les "Al-Najm ol-Sagheb" n’avaient pas été lancés. En effet, c’étaient les tribus yéménites, alliés d’Ansarallah, qui organisaient des attaques contre les centres militaires des Al-e Saoud, à Jizan. Par conséquent, les tirs de ces missiles, désormais, revendiqués, officiellement, par le mouvement révolutionnaire d’Ansarallah, sont une évolution majeure, sur la scène de la guerre, car l’offensive unilatérale est, maintenant, confrontée à une défense active. L’intérêt des missiles lancés n’est pas tant leur portée ou leur pouvoir de destruction. Outre les missiles «Al-Najom ol-Sagheb», d’autres missiles d’Ansarallah, ont touché la région de Khamis Mashait, à 120 km au Nord-Ouest du Yémen, où se trouve la base aérienne Malek Khaled, ce qui confirme un changement, dans la donne militaire de la guerre.

2. Il y a quatre jours, la chaîne de télévision Al-Mayadeen a annoncé que le mouvement Ansarallah allait, bientôt, inaugurer les missiles "Zelzal". Missile iranien, commercialisé dans les versions 1, 2, 3 et 110, de courte et moyenne portée, de 150 à 350 km. Si cette information de la chaîne Al-Mayadeen, dont les infos sont fiables, s’avère correcte, cela signifie qu’Ansarallah détient un éventail de missiles et qu’il est en mesure de créer un véritable enfer, pour les Al-e Saoud. Le régime saoudien est l’agresseur. Plus la guerre se prolonge, plus Ansarallah aura la possibilité de tirer des missiles vers les terres des Al-e Saoud. Une pluie de feu, là où il pleut rarement.

Ansarallah a la main mise sur les monts de Maraan, qui vont jusqu’à la ville de touristique de Taef. Cela permet aux Yéménites de viser même les villégiatures des Al-e Saoud. Près des frontières yéménites, les habitants des territoires saoudiens sont unis, ce qui laissera les combattants d’Ansarallah, connus pour leur courage et leur résistance, s’avancer, rapidement, vers l’intérieur de l’Arabie saoudite. En outre, les missiles "Najm ol-Sagheb" sont légers et transportables par une personne, et les effectifs d’Ansarallah pourront les rendre opérationnels, même sur le sol saoudien, touchant, ainsi, plus de cibles.

3. Il y a quatre jours, simultanément au lancement des missiles "Najm" vers les régions saoudiennes, dont Khamis Mashait et la base aérienne Malek Khaled, le commandant des unités balistiques des forces terrestres de l’armée yéménite a indiqué que l’armée yéménite disposait des missiles "Al-Hossein", de fabrication irakienne, et des missiles "Shahab-3", de fabrication iranienne. Ce commandant de l’armée yéménite a menacé les Al-e Saoud, les prévenant que ces missiles viseront toutes les régions saoudiennes, sauf les villes saintes, si l’offensive saoudienne ne cessait pas. Les propos de ce commandant yéménite montrent que les Yéménites détiennent des missiles ayant des portées de 644 à 2.000 km. Les Yéménites évoquent, aussi, leur volonté de lancer, si besoin est, ces missiles, vers le territoire saoudien. En pleine guerre, les Yéménites ne plaisantent pas. Si l’offensive continue, l’armée yéménite devra tenir sa parole, sinon son prestige sera affecté.   

4. Un point clef, concernant l’essai et le tir du missile "Najm ol-Sagheb", c’est que le mouvement Ansarallah en a lancé, lors d’une courte période, quand les chasseurs saoudiens bombardaient le Yémen. A l’instar du Hezbollah libanais, qui, grâce aux menaces et agressions du régime sioniste, s’est transformé en une puissance militaire indéniable, Ansarallah, aussi, a commencé un processus d’autosuffisance militaire, et il sera, dans 2 ou 3 ans, une puissance balistique,  menaçant l’avenir de l’Arabie.

Il y a quelque temps, alors que la guerre était à sa 3ème semaine,  Seyyed Hassan Nasrallah a indiqué, dans un discours : «L’Arabie a tenté de prouver que son territoire était menacé par les forces d’Ansarallah et qu’elle se voyait obligée de lancer cette offensive. J’affirme que le mouvement Ansarallah, s’il était une menace imaginaire, avant la guerre, s’est, désormais, transformé en une menace réelle». La guerre, au Yémen, n’apportera rien aux Al-e Saoud, mais elle offrira une grande opportunité à Ansarallah. C’est la vérité, évoquée il y a des années, par l’Imam Khomeyni, (Que sa demeure soit au Paradis), lorsqu’il disait que la guerre imposée à l’Iran, par l’Irak, était un don divin, pour la République islamique d’Iran. L’Arabie, sans qu’elle le sache, a appris à Ansarallah et aux Yéménites à compter sur eux-mêmes, pour répondre à leurs besoins, en matière de défense.

Les évolutions actuelles, sur le plan de la guerre et de la défense, révèlent que le dialogue ne fonctionne plus. De nombreuses spéculations faisaient, déjà, part du commencement de pourparlers nationaux, pour répondre, à un niveau modéré, aux revendications des parties et former le gouvernement d’Union nationale, mais l’annonce de la tenue des négociations de Genève, auxquelles l’Arabie et son courant se sont déclarés disposés à participer, ainsi que l’intensification des frappes saoudiennes contre les zones septentrionales du Yémen, ont réduit à néant toutes ces spéculations. Or, Ansarallah n’a aucune envie de participer à une conférence, à laquelle participent, aussi,  les Saoudiens et les mercenaires, qui approuvent l’offensive, et qui comptent sur les capacités militaires des Al-e Saoud, pour refaire une santé à leur pouvoir aboli au Yémen. 

Il n’y a pas l’ombre d’un doute que les négociations de Genève n’auront aucun acquis, pour Ansarallah. Etant donné la situation interne du pays, ces négociations ne s’avèrent pas nécessaire. Ansarallah doit savoir qu’il ne doit rien attendre de la tenue d’une telle conférence, pour former le cabinet. La fuite d’Abd Rabbo Mansour Hadi et de Khaled Sajah n’a pas créé un vide de gouvernance, au Yémen, où le cabinet a poursuivi ses travaux, de manière officieuse, mais, en pratique, le gouvernement s’est contenté de gérer les affaires courantes et de répondre à la tâche importante qu’est la gestion des affaires de l’Etat, dans des conditions critiques. Compte tenu des perspectives des négociations de Genève et de la poursuite de la guerre, Ansarallah doit accélérer le processus de la légitimation du cabinet.

La formation du Conseil de la révolution, formé de 5 membres d’Ansarallah, 5 membres d’autres formations yéménites et 5 personnalités influentes yéménites, permet à Ansarallah d’élaborer, au nom du peuple yéménite, une feuille de route, pour procéder à l’établissement d’un gouvernement permanent. Le Yémen a, justement, besoin de ce gouvernement, ce qui saura décourager l’ennemi et lui faire regretter son offensive. Les évolutions, survenues, durant ces deux derniers mois, montrent, clairement, qu’Ansarallah n’a aucun problème à l’intérieur. Il a, déjà, sous son contrôle, 18 provinces, où il bénéficie d’un soutien populaire. Dans ces provinces, qui abritent 37.95% de la population yéménite, dont la moitié est de confession chaféite, il n’y a eu aucune protestation populaire contre Ansarallah. Une preuve de plus de la popularité du mouvement.

 

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