SELON RYAD LES OPERATIONS DE LA COALITION AU YEMEN TOUCHENT A LEUR FIN

 
 
  Ryad: "Les opérations de la coalition au Yémen touchent à leur fin"
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Les opérations militaires majeures de la coalition saoudo-US dirigée par Ryad au Yémen touchent à leur fin, c’est ce qu’a déclaré mercredi son porte-parole.

Cette déclaration intervient au premier anniversaire de l’échec l’agression saoudo-US contre le Yémen.

Dans une interview accordée à l'AFP dans son bureau dans la capitale saoudienne, le général de brigade Ahmed al-Assiri a également indiqué que les combats avaient quasiment cessé le long de la frontière saoudo-yéménite, après des efforts de médiation la semaine dernière.

L'Arabie saoudite et d'autres pays arabes, appuyés par les Etats-Unis, ont lancé le 26 mars 2015 des frappes meurtrières contre le Yémen, sous prétexte de chasser l’armée et les forces populaires d’Ansarullah des villes qu’ils controlaient.

Les forces pro-saoudiennes n’ont pu reprendre qu’une grande partie du sud livrée actuellement aux chaos des takfiristes, mais pas Sanaa ni la troisième ville du pays, Taëz et le nord non plus.

"Nous nous trouvons aujourd'hui à la fin de la phase des combats majeurs", a dit le général Assiri.

Selon lui, les prochaines étapes seraient la stabilisation sur le plan sécuritaire puis la reconstruction du pays.

Mais il a prétendu que « Ryad n'abandonnerait pas le Yémen ». "Nous ne voulons pas que le Yémen devienne une autre Libye, alors nous devons soutenir le gouvernement, nous tenir à ses côtés étape par étape jusqu'à ce qu'il soit en mesure d'amener la paix, la sécurité et la stabilité au peuple", a indiqué le porte-parole, en allusion au président démissionnaire Abed Rabbo Mansour Hadi et à ses ministres.

A la question de savoir combien de temps l'Arabie allait rester chez son voisin, le général saoudien n'a pas voulu donner de délai."On ne peut pas résoudre la situation en 30 jours", a-t-il dit.

En riposte à l’agression saoudienne contre le Yémen, les combattants de l’armée et d’Ansarullah ont infligé des coups cuisants à l’armée saoudienne à la frontière avec le Yémen. Des dizaines de soldats saoudiens ont été tués et des dizaines de leurs chars ou bases militaires détruits par les forces yéménites.

Le général Assiri a indiqué que la frontière était redevenue relativement calme depuis la semaine dernière à la faveur d'une médiation de chefs tribaux.

Selon les médias yéménites, Ansarullah a conditionné l’arrêt de ses opérations contre les bases militaires saoudiennes à la frontière à la fin des raids saoudiens contre le Yémen.

La guerre contre le Yémen a fait plus de 6.100 morts depuis mars 2015 et provoqué une crise humanitaire.

L'ONU condamne le raid saoudien contre un marché, demande une enquête

Entre-temps, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a condamné mercredi le bombardement de la coalition saoudo-US qui a visé mardi soir le marché al-Khamees dans la province yéménite du Hajjah.

Il s'agit de "l'incident le plus meurtrier depuis le début du conflit" et du deuxième du genre en deux semaines, souligne M. Ban dans un communiqué en demandant "une enquête rapide, efficace, indépendante et impartiale".

Il appelle une nouvelle fois tous les belligérants à "respecter pleinement leurs obligations internationales", y compris les principes "de précaution et de proportionnalité".

Les attaques ciblant des civils "sont strictement interdites" et constituent des "violations graves des lois humanitaires internationales", rappelle M. Ban.

Près de 107 civils ont été tués et 41 autres blessés mardi dans des frappes aériennes de la coalition conduite par l'Arabie saoudite sur un marché de la province de Hajja, située dans le nord du Yémen, ont affirmé les médias yéménites.

MSF condamne le raid saoudien contre le marché

Pour sa part, l’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) a condamné les frappes saoudiennes contre le marché de Hajja.

L’ONG a indiqué que son équipe médicale a fourni les soins nécessaires à 40 victimes blessés par les raids saoudiens, dont deux ont trouvé la mort. Elle a en outre fait état de 4 personnes grièvement atteints, dont un enfant de huit ans.

Six ONG lancent un cri d'alarme face à une "crise humanitaire oubliée"

Par ailleurs, six ONG ont lancé jeudi à Paris un "cri d'alarme" pour une "crise humanitaire oubliée" au Yémen :    morts par milliers, infrastructures détruites, malnutrition, mines antipersonnel, amputations: face à une mobilisation internationale défaillante.

"C'est dans l'indifférence générale que le Yémen s'enfonce dans le chaos", pestent Médecins du monde, Handicap International, Première urgence internationale, Acted, Action contre la fin, et Care, dans un texte commun.

"Les bombardements aériens et les combats ont considérablement aggravé la situation humanitaire des populations de ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique", regrettent ces six organisations non gouvernementales actives au Yémen.

Quelque 36.000 victimes ont été recensées depuis le début de la guerre saoudienne contre le Yémen, rapporte Jean-Pierre Delomier, directeur de l'action d'urgence pour Handicap international (HI).

Les combats ont depuis lors fait "6.200 morts, dont la moitié de civils", affirme M. Delomier, dénonçant l'usage de "mines" et d'"armes à sous-munitions" par les belligérants, autant de "plaies" impossibles à cicatriser pour de nombreux villageois ainsi privés d'accès à leurs maisons.

Quinze millions de personnes se retrouvent avec des "besoins humanitaires importants", dont 2,5 millions de déplacés internes et 250.000 Yéménites réfugiés à Djibouti et en Somalie, énumère Jean-François Corty, le directeur des opérations internationales pour Médecins du monde.

"La situation se détériore un peu plus chaque jour pour les civils", alors que 10 à 15% des structures médicales ont été détruites ces derniers mois, regrette-t-il.

"De nombreuses pathologies en lien avec la grande précarité" prolifèrent, dont la fièvre typhoïde et de malnutrition, observe M. Corty.

Or le Yémen, pays sans "intérêt stratégique", fait face à un "financement inconséquent" de la communauté internationale, dénonce Hasan el Sayed, le directeur des opérations de Première urgence internationale.

"On est très loin de ce qu'on devrait mettre en oeuvre au vu de l'ampleur des besoins", remarque-t-il.

Les six ONG appellent à "un cessez-le-feu immédiat" qui "faciliterait le déploiement de l'aide" et "permettrait de répondre à l'immensité des besoins humanitaires".

 

Source: Divers

17-03-2016 - 11:12 Dernière mise à jour 17-03-2016 - 13:48 | 1620 vus
 


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