YEMEN : CONFERENCE A GENEVE, UN FINANCIER D'AL-QAIDA PRESENT !

La délégation des forces politiques yéménites a annoncé qu'elle refusait tout dialogue avec le gouvernement en exil en Arabie saoudite, à son arrivée mardi, après un voyage entravé, à Genève où elle doit se joindre aux consultations de paix organisées par l'ONU.

Les représentants du mouvement Ansarullah et de ses alliés ont en outre réclamé un dialogue direct avec l'Arabie saoudite, à la tête de la coalition arabe dont les frappes visent quotidiennement les régions yéménites.

Les pourparlers sous l'égide de l'ONU visent à parvenir, sinon à un accord, du moins àYémen: conférence mouvementée à Genève, un financier d’Al-Qaïda participe côté pro-Hadi. une trêve.

«Nous refusons tout dialogue avec ceux qui n'ont aucune légitimité. Comment pouvons-nous dialoguer avec ceux qui tuent nos enfants?», a déclaré lors d'une conférence de presse Mohammed Zubairi, un membre de la délégation.

Les positions des deux parties sont tellement éloignées que les Nations unies ont de toute façon opté pour des consultations séparées avec chaque délégation dans un premier temps.

L'envoyé spécial de l'ONU pour le Yémen, le Mauritanien Ismail Ould Cheikh Ahmed, a déjà rencontré lundi la délégation du gouvernement en exil et devait se réunir mardi après-midi avec les représentants des forces politiques yéménites.

Le secrétaire général de l'ONU avait appelé lundi à observer une «trêve humanitaire de deux semaines» à l'occasion du mois de jeûne musulman du Ramadan qui commence cette semaine, mais le ministre des Affaires étrangères du gouvernement en exil, Riyad Yassine, s’est opposé à cette trêve.

«Nous espérons une trêve humanitaire. Mais nous espérons un dialogue avec l'Arabie saoudite afin d'arrêter son agression», a affirmé M. Zubairi.

Voyage entravé

La délégation des forces politiques yéménites n'est arrivée à Genève que mardi matin au terme d'un voyage mouvementé, l'Arabie ayant tenté d'entraver sa venue pour torpiller les négociations.

Les membres de la délégation avaient quitté Sanaa dimanche après-midi à bord d'un avion affrété par l'ONU, mais l'appareil avait été immobilisé à Djibouti pendant près de 24 heures.

«Lorsque nous sommes arrivés à Djibouti, nous avons été surpris d'apprendre que l'avion n'avait pas l'autorisation de pénétrer dans l'espace aérien de l'Egypte et du Soudan», membres de la coalition arabe, a expliqué M. Zubairi.

«C'était une décision de l'Arabie saoudite, qui a demandé cela à ses alliés (...) dans une tentative de torpiller les négociations», a déclaré à l'AFP Adel Shujah, un autre membre de la délégation.

Un financier d’Al-Qaïda y participe

La surprise de cette conférence: Un financier d’Al-Qaïda, inscrit sur une «liste noire» américaine, y participe! Abdelwahab al-Humayqani, 42 ans, est membre de la délégation pro-Hadi, soutenue par l'Arabie saoudite et les Occidentaux.

En décembre 2013, le Trésor américain l'a pourtant inscrit sur sa «black list». Et les charges retenues contre lui sont lourdes. Washington accuse al-Humayqani d'avoir financé, via son ONG caritative, «Al-Qaïda dans la péninsule arabique» (Aqpa).

Al-Humayqani aurait également facilité le transfert de fonds d'Arabie vers «Aqpa» au Yémen, et à partir de 2012, il a été un cadre important de l’organisation terroriste dans sa région d'Al-Bayda. Il a alors entretenu des liens avec les autres chefs de la plus dangereuse des filiales d’Al-Qaïda à travers le monde.

Avec d'autres membres du groupe terroriste, il est accusé d'avoir orchestré une attaque contre une base de la garde républicaine yéménite dans le gouvernorat d'Al-Bayda, qui a fait sept martyrs.

Pour se détacher de ce pedigree chargé, Al-Humayqani a ensuite créé un parti salafiste, «al-Rachad», et c'est au titre de chef de cette formation qu'il a été invité à Genève, où il a rencontré lundi, en compagnie des autres membres de sa délégation, le secrétaire général de l'Onu, Ban ki-Moon.

Ce parti salafiste, créé avec d'autres cadres d’Al-Qaïda, n'est en fait «qu'une couverture pour leur permettre de recruter, puis d'entraîner plus facilement des combattants, et s'attirer ainsi un soutien plus large», peut-on lire dans la note du Trésor américain, relative à son inscription sur la «black list».

Source: divers et rédaction

16-06-2015 | 17:12

http://www.french.alahednews.com.lb/essaydetails.php?eid=15253&cid=304#.VYB5Pk0w86Y

 


 

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau