YEMEN : L'ARABIE ET SES CANICHES N'ONT REMPORTE AUCUNE VICTOIRE

dimanche, 14 juin 2015 17:49

La coalition formée par l’Arabie saoudite n’a remporté aucune victoire, au Yémen

 
 
 
IRIB- La coalition formée par l’Arabie saoudite n’a remporté aucune victoire, au Yémen, et s’inquiète, maintenant, de la perte de son influence, dans le golfe d’Aden.
L’Institut des études défensives a publié une analyse, sur la nature de l’opération saoudienne «Tempête décisive» et les changements géopolitiques opérés dans la région.
Dans cet article, il est dit : «L’opération militaire de la coalition, dirigée par l’Arabie saoudite, n’a pas réussi à faire revenir au pouvoir le Président démissionnaire et en fuite du Yémen, Abd Rabbo Mansour Hadi. En outre, cette opération saoudienne n’a pas pu obliger le mouvement Ansarallah à quitter Sanaa, la capitale».
Selon l’auteur de cette analyse, la seule voie qui se présente, pour résoudre la crise du Yémen, est le dialogue politique entre les parties en lice. Dans le même temps, les dirigeants de l’Arabie saoudite semblent être plus préoccupés par la perte de leur influence, dans la zone maritime du golfe d’Aden, que par la stabilité du Yémen.

- Une confrontation entre l’Iran et l’Arabie saoudite, au Yémen :
L’analyste de l’Institut des études défensives estime que l’Iran est la puissance régionale, qui profite des événements, qui sont en train de se produire, au Yémen. Autrement dit, l’échec de l’agression militaire de la coalition, dirigée par l’Arabie saoudite, profite, surtout, à la République islamique d’Iran. L’auteur estime que l’Iran et l’Arabie saoudite ont mobilisé leurs forces, ainsi que leurs alliés, dans la région, pour essayer de battre la partie rivale, au Yémen. D’après l’auteur, c’est cette confrontation entre Riyad et Téhéran, qui a compliqué davantage la situation du Yémen.

- L’Arabie saoudite est à l’origine des tensions, dans la région :
L’article a ajouté : «l’opération militaire de l’Arabie saoudite, au Yémen, a aggravé la polarisation sectaire et politique, dans la région du Moyen-Orient. Parmi les pays de la péninsule arabique, c’est le Sultanat d’Oman, qui a préféré adopter une position neutre. Mais l’Arabie saoudite regarde d’un mauvais œil cette prise de position de Mascate, car les dirigeants saoudiens estiment que les Omanais soutiennent plutôt la position de l’Iran et qu’ils se démarquent de plus en plus de la politique régionale de l’Arabie saoudite».

- Le conflit du Yémen ne sera réglé que par le dialogue :
L’auteur de l’article de l’Institut des études défensives évoque, ensuite, le rôle des pays, comme le sultanat d’Oman et le Pakistan : «La rivalité entre l’Iran et l’Arabie saoudite a renforcé le rôle que les autres pays du Moyen-Orient peuvent jouer, pour améliorer ou aggraver la situation. Les dirigeants omanais croient que le conflit du Yémen ne sera résolu que par le dialogue et le compromis politique entre les parties en lice. Ils estiment que les interventions d’autres pays de la région ne feront qu’aggraver la situation, dans ce pays.

- Oman reste neutre, par rapport aux conflits régionaux :
Le Sultanat d’Oman préfère rester neutre vis-à-vis des crises de la région, afin de pouvoir jouer, ensuite, un rôle de médiateur entre les parties en lice. C’est, d’ailleurs, ce que les dirigeants d’Oman ont fait, en ce qui concernait les négociations nucléaires entre Téhéran et les six grandes puissances, en jouant le rôle de médiateur entre les Etats-Unis et l’Iran. C’est cette neutralité et ce rôle de médiateur, qui ont amené les Omanais à ne pas adhérer à la coalition, formée par l’Arabie saoudite, pour attaquer, militairement, le Yémen.

- Le Pakistan souhaite profiter de la construction du gazoduc qui lui apportera le gaz naturel iranien :
Le Pakistan est un allié stratégique de l’Arabie saoudite, mais, ces derniers temps, le gouvernement d’Islamabad a préféré établir une interaction plus étroite avec l’Iran, rival régional de l’Arabie saoudite. Les dirigeants pakistanais ont des raisons importantes, pour prendre une telle décision. Sur le plan géopolitique, le gouvernement pakistanais est pour un équilibre des rapports de force entre l’Arabie saoudite et la République islamique d’Iran, deux pays voisins du Pakistan, et ce, d’autant plus que le Pakistan souhaite avoir des relations équilibrés avec ses deux interlocuteurs iranien et saoudien.
En outre, le Pakistan a une autre raison, pour essayer d’améliorer ses relations avec l’Iran : les dirigeants pakistanais attendent, avec impatience, la construction du gazoduc commun entre l’Iran et le Pakistan, qui doit acheminer le gaz naturel iranien vers le territoire pakistanais. Le «gazoduc de la paix» est un élément, qui fait se rapprocher, naturellement, Islamabad et Téhéran.
En outre, le Pakistan et la République islamique d’Iran ont une coopération stratégique, en ce qui concerne la sécurité de leur voisin commun, c’est-à-dire, l’Afghanistan. Les dirigeants pakistanais savaient très bien que leur adhésion à la coalition régionale que l’Arabie saoudite a formée, pour attaquer, militairement, le Yémen, signifiait, directement, une confrontation entre Islamabad et les intérêts régionaux de l’Iran, notamment, dans la région stratégique du golfe Persique. En outre, sur le plan intérieur, la décision du gouvernement pakistanais de ne pas rejoindre les rangs des pays qui ont suivi l’Arabie saoudite, dans la guerre contre le Yémen, a donné un message significatif à l’opinion publique pakistanaise, qui est lasse des interventions de l’Arabie saoudite, dans les affaires intérieures du Pakistan, surtout, en soutenant les groupes sectaires radicaux, dans les régions tribales.

- L'onde de choc pakistanaise de l’Arabie saoudite :
L’auteur de l’article a écrit : «La décision du Pakistan de ne pas adhérer à la coalition saoudienne, pour faire la guerre contre le Yémen, et l’approbation d’une résolution, par le Parlement pakistanais, pour que le gouvernement d’Islamabad se contente de jouer un rôle de médiateur, dans le conflit du Yémen, sans rejoindre la coalition saoudienne, ont provoqué une onde de choc, chez les dirigeants de l’Arabie saoudite».
Dans une autre partie de cette analyse, l’auteur évoque, de nouveau, les tensions, dans les relations bilatérales entre l’Iran et l’Arabie saoudite : «Il existe de nombreux différends entre Riyad et Téhéran. Alors que l’Arabie saoudite défend le Président démissionnaire yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, l’Iran soutient, pour sa part, les forces révolutionnaires d’Ansarallah et leurs alliés. C’est l’une des raisons des tensions, qui existent, actuellement, dans les relations entre Téhéran et Riyad, qui représentent, aussi, respectivement, les forces chiites et les forces sunnites de la région du Moyen-Orient. L’agression militaire directe de l’Arabie saoudite contre le Yémen, et la vive réaction de l’Iran à la politique régionale de l’Arabie saoudite, semblent accroître les tensions entre Téhéran et Riyad», peut-on lire, dans cette analyse.

- Conclusion :
A la fin de l’article, l’auteur écrit : «Le rapprochement entre Oman et l’Iran, la décision du Pakistan de ne pas adhérer à la coalition saoudienne, pour attaquer, militairement, le Yémen, la décision du gouvernement irakien de ne faire aucune concession à l’Arabie saoudite, le renforcement des relations entre Riyad et le Caire, les pressions exercées par les pays arabes du Sud du golfe Persique, sur les Etats-Unis, sont les éléments, qui pourront façonner l’avenir de la région, sur le plan géopolitique».

 

http://french.irib.ir/info/item/372762-la-coalition-formée-par-l’arabie-saoudite-n’a-remporté-aucune-victoire,-au-yémen


 

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