YEMEN : L'ONU LEGITIME LES CRIMES DE GUERRE DU TANDEM SAOUD-USA

Yémen: l’Onu légitime l’agression, l’Iran propose un plan de paix
L’équipe du site

9 nouveaux civils sont tombés en martyre, dont une mère et 3 de ses enfants, suite à un raid saoudien visant mercredi matin un quartier résidentiel dans la région de Saada, a rapporté le correspondant de la chaine panarabe AlMayadeen.

Les raids saoudiens ont également visé des installations sportives et vitales dans la région de Dhamar, au centre du pays.

Peu auparavant, les frappes avaient visé les lignes de transport d’énergie entre Sanaa et Maareb, et une centrale d’eau dans la région de Hajja, à l’ouest du pays.

Le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a demandé une enquête sur les pertes civiles au Yémen où 736 morts ont été enregistrés depuis le début de l’agression saoudo-américaine.

Il a déploré "le lourd bilan des civils tués".

Mais les chiffres réels sont plus élevés car de nombreux corps ne sont pas envoyés dans les centres médicaux, d'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Embargo et sanctions contre les Houthis

Il est dommage que les centaines de civils tués par les raids saoudiens depuis le 26 mars n’aient pas poussé les pays membres du conseil de sécurité à réclamer l’arrêt des frappes contre le Yémen.

Mardi, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution qui somme les forces d’Ansarullah de se retirer des différentes zones du Yémen, et qui leur impose des sanctions dont un embargo sur les armes.

Quatorze des 15 pays membres ont voté pour, la Russie s'abstenant.

La résolution, mise au point par les pays du Golfe et parrainée notamment par la Jordanie, demande à "toutes les parties" au conflit de négocier dans les plus brefs délais une "cessation rapide" des hostilités.

Mais elle n'impose pas à la coalition arabe qui bombarde ce pays le plus pauvre de la péninsule arabe de suspendre les raids aériens qu'elle mène depuis près de trois semaines.

Il s'agit de la première décision concrète du Conseil depuis le début de l’agression saoudo-américaine lancée le 26 mars alors que la situation humanitaire dans le pays se dégrade de jour en jour.

Le Conseil s'était contenté jusqu'ici de proclamer son soutien au président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, ayant fui son pays après l'avancée de l’armée et des Houthis et s’est réfugié chez ses maitres en Arabie saoudite.

Le Conseil exige que les Houthis cessent les hostilités "immédiatement et sans conditions" et se retirent de tous les territoires qu'ils contrôlent dont la capitale Sanaa.

Il impose un embargo sur les armes à destination des Houthis et de leurs alliés. Les Etats membres, en particulier dans la région, seront tenus d'inspecter les cargos soupçonnés de transporter des armes vers le Yémen.

Le Conseil frappe de sanctions individuelles (gel des avoirs et interdiction de voyage) le chef d’Ansarullah Abdel Malek al-Houthi et Ahmed Ali Abdallah Saleh, fils ainé de l'ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh. 

'Soutien' aux raids, selon Ryad  

A Ryad un porte-parole de la coalition, le général Ahmed al-Assiri, a prétendu que l'embargo était "avant tout une victoire pour le peuple yéménite".

Pour l'ambassadeur saoudien à l'ONU Abdallah al-Mouallimi, la résolution fournit "un soutien sans équivoque" à l'offensive militaire de la coalition.

Le Conseil de sécurité s'était contenté jusqu'ici de proclamer son soutien au président démissionnaire Hadi, réfugié en Arabie saoudite.

Avant le début de la campagne aérienne, il avait imposé des sanctions contre deux commandants houthis et contre l'ex-président Saleh.

Mardi, le Conseil a pris les mêmes sanctions contre le chef des Houthis Abdel Malek al-Houthi et contre le fils de l'ex-président, Ahmed Ali Abdallah Saleh.

Ansarullah: la résolution de l’Onu n’aura aucun effet

En réaction, le mouvement yéménite d’Ansarullah (Houthis) a assuré que la résolution adoptée mardi par le conseil de sécurité de l’Onu n’aura aucun effet sur les évolutions de la situation au Yémen.

Dans une interview avec la chaine panarabe AlMayadeen, Mohammad Bakhiti s’est en outre dit surpris de la position de la Russie qui n’a pas imposé son veto contre la résolution présentée par les pays du Golfe.

Bakhiti a appelé les Yéménites à investir les rues jeudi pour protester contre cette résolution qui légitime l’agression militaire frappant les civils et les infrastructures du pays.

Des mesures inefficaces, selon des diplomates onusiens

Des diplomates du Conseil se sont également montrés sceptiques sur de telles mesures.

Ils rappellent que, selon des experts de l'ONU, le pays compte déjà plus de 40 millions d'armes de tous calibres et que les Houthis ne sont pas réputés pour voyager régulièrement, ni disposer d'importants comptes bancaires à l'étranger.

Deux commandants houthis et l'ex-président Ali Abdallah Saleh lui-même ont déjà été sanctionnés par l'ONU, sans aucun effet.

Quant à l'embargo sur les armes, l'Iran qui est soupçonné malgré ses démentis d'en fournir aux Houthis est déjà sous le coup d'un embargo.

La résolution était âprement négociée depuis une semaine avec la Russie.

L'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a souligné mardi que Moscou aurait préféré "que l'embargo sur les armes soit total", c'est-à-dire concerne les deux camps et pas seulement les Houthis.

Il a aussi estimé que la résolution n'insistait pas assez sur l'urgence d'une trêve humanitaire. "Cette résolution ne doit pas être utilisée pour justifier une escalade du conflit", a-t-il affirmé. "Le chaos au Yémen profite aux terroristes" d'Al-Qaïda, a-t-il affirmé.

Il est à noter que l’armée et les Houthis ont chassé les takfiristes d’Al-Qaïda et de Daesh de la majorité des provinces yéménites.

Mardi, les Houthis ont saisi un convoi d’armes largué par les avions saoudiens aux Qaïdistes dans la région de Lahj (sud).

L'Iran propose un plan de paix pour le Yémen    

Entre-temps, Téhéran a proposé un plan visant à pacifier le Yémen, qui prévoit un cessez-le-feu suivi de négociations entre toutes les parties facilitées par des médiateurs extérieurs, a déclaré mardi à Madrid le ministre iranien des Affaires étrangères.

"J'ai proposé un cessez-le-feu, suivi d'un dialogue incluant toutes les parties et facilité par d'autres", a déclaré le ministre Javad Zarif lors d'une conférence de presse à Madrid, en précisant que le cessez-le-feu serait suivi d'une aide humanitaire.

M. Zarif a fait ces déclarations peu avant l'adoption mardi par le Conseil de sécurité des Nations unies d’une résolution proposée par les pays du Golfe.

Le dialogue proposé par l'Iran, a indiqué le ministre sans évoquer cette résolution, devra mener "à la mise en place d'un gouvernement incluant toutes les forces en présence" et "ayant de bonnes relations avec ses voisins".

Le ministre a précisé qu'il ne s'agissait pas d'un plan de paix mis en place par des tiers mais bien d'un plan qui serait mené par les Yéménites eux-mêmes.

"Nous ne voulons pas d'une interférence extérieure. Nous voulons un processus yéménite entre les différents groupes politiques et tribus du Yémen", a-t-il dit.

Il n'y a pas au Yémen de "guerre religieuse", a-t-il encore tenu à préciser.

 

AlManar + AlMayadeen + AFP

 

Source: Divers

15-04-2015 - 11:28 Dernière mise à jour 15-04-2015 - 11:28
 

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