ALGERIE : LES PREALABLES DE LAMAMRA

Transmis par Djerrad Amar
 
 
 
Par Rafik Benasseur
 
Quelle est donc la position officielle de l’Algérie à l’égard de la création de la  «force arabe commune» qui fait couler tant d’encre et de salive ?
Le ministre des affaires étrangères, M. Lamamra vient de la décrypter pour ceux qui veulent saisir la subtilité de la position algérienne lors de son passage aujourd’hui sur les ondes de la radio Algérie internationale.
«(…) ce sera un instrument de lutte contre le terrorisme, semblable à la Capacité Africaine de Réponse Immédiate aux Crises (CARIC) instituée au niveau de l’Union africaine. Cette force commune n’a absolument rien à voir avec les développements que connaît le Yémen, la Libye ou d’autres pays arabes qui plongent dans l’instabilité», a expliqué Lamamra.
En clair et en décodé, l’Algérie ne cautionnera jamais  une force armée arabe qui irait faire la guerre dans un pays membre en proie à une instabilité.
Du coup, l’Algérie s’inscrit implicitement en faux contre l’opération «Tempête de fermeté» que mène l’Arabie Saoudite avec neuf autres nations arabes contre les houthis au Yémen.
Cette mise au point a le mérite d’être claire s’agissant des desseins que voudraient imprimer l’Égypte et l’Arabie Saoudite à une force arabe commune qui vient d’être créée au terme du sommet de Charm Cheikh.
Pour Lamamra, cette force ne saurait servir à d’autres fins que celle de lutter contre le terrorisme.
 
Une force oui, mais d’ingérence
Pour autant, les parrains de cette force ne l’entendent pas de cette oreille et le MAE algérien est loin de l’ignorer. C’est pourquoi il a pris le soin de préciser que l’Algérie «œuvre à rendre cette proposition «plus réaliste».
«Plus réaliste», c’est dire qu’aux yeux, du ministre algérien, envoyer cette force dans un pays arabe pour faire la guerre s’apparenterait à une ingérence dans ses affaires internes. Une perspective non envisageable pour l’Algérie qui en fait un principe doctrinaire.
Le MAE a tenu à lever toute équivoque en affirmant que «ce projet d’une force commune  doit être totalement « séparé de la conjoncture dans les pays arabes». Dixit donc la tension au Yémen, en Libye et en Syrie.
 
Qui est terroriste ?
Et à Lamara d’ajouter : «Il faudra le faire, si on veut avoir une compréhension dépouillée des interprétations malheureusement très abondantes en ce moment, notamment dans les médias».
Mais faut-il pour autant que les arabes s’entendent sur la définition même du terrorisme. Il est un fait que ce terme est perçu différemment selon qu’on est en Algérie ou en Egypte.
Pour le président Al-Sissi le mouvement des Frères musulmans et le Hamas palestinien sont des mouvements terroristes. Une position que ne partagent pas du tout l’Algérie et le Qatar par exemple pour qui il s’agit de résistances.
De même que le régime de Bachar al-Assad est perçu comme tel par les monarchies du Golfe mais pas spécialement par l’Algérie voire même l’Egypte.
C’est dire qu’une vérité en Algérie est peut être une erreur ailleurs et vice versa.
Il y a incontestablement un problème conceptuel à régler avant de mettre en ordre de bataille une force aussi faiblement soutenue. Et en l’espèce, le chef de la diplomatie algérienne a le mérite de poser des préalables.
 
(Algérie 1)

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