LES APPARATCHIKS

Jacques TOURTAUX  

      

LES APPARATCHIKS  

 

AVANT-PROPOS  

       

    Il y a des opportunistes dans tous les milieux sociaux. Ces gens-là se faufilent, s'infiltrent afin de tirer profits et avantages de situations qui permettent aux plus habiles d'entre eux    d'accéder aux plus hautes responsabilités, convoitises de leurs ambitions.  

       

    Quel que soit leur rang dans la hiérarchie, ces individus sont dangereux et redoutables. Je pense en particulier à ceux qui s'implantent, s'incrustent dans les organisations syndicales ouvrières.  

       

    Après des décennies de militantisme, j'ai à maintes reprises eu l'occasion d' « approcher » ces personnages. Bien que n'ayant été qu'un militant syndical de base, je pense toutefois maîtriser ce    sujet que je n'évoquerai pas sur le fond mais sur des faits précis, avérés et en toute impartialité.  

       

    Face à de tels « militants », je n'ai pas à rougir de mon passé de syndicaliste. Sur le terrain et dans les luttes, j'ai fait mes preuves, ce qui n'est bien souvent pas le cas pour les donneurs    de leçons.  

       

    Il est grand temps de dénoncer, de stopper l'action négative de ces « syndicalistes » pour qui la notion de purisme n'effleure pas l'esprit, le carrièrisme étant leur unique priorité.  

       

Ce livre a été écrit avant les grèves de novembre 2007 à la SNCF et à la RATP.  

       

    Les cheminots et les traminots ont mené une lutte des classes exemplaire.  

       

    Chapeau bas et Fraternel salut.  

       

    Le 30 janvier 2008  

       

    Jacques TOURTAUX  

   

   

       

       

ENGAGEMENT SYNDICAL  

       

    Je suis de ceux qui pensent que la défense des travailleurs est la mission première d'une organisation syndicale sérieuse et responsable. J'ai donc adhéré au syndicat CGT (Confédération Générale    du Travail) parce qu'il me paraissait le plus apte à défendre mes intérêts de classe face aux requins du patronat.  

       

    Militer à la CGT n'a jamais été en odeur de sainteté auprès de nos adversaires de classe. En janvier 1964, je suis embauché à la SNCF comme homme d'équipe auxiliaire. Dans la foulée, je prend ma    carte à la CGT.  

       

    A l'époque, la CGT était adhérente à la FSM ( Fédération Syndicale Mondiale). Cette organisation était très impliquée dans la lutte des classes. La fédération des cheminots CGT en était le fer de    lance. Cela me convenait tout à fait. Je me suis de suite investi et donné à fond dans le militantisme syndical. Ma tâche fut facilitée par mon appartenance au PCF (Parti Communiste Français). A    l'époque, je militais à Reims à la cellule des cheminots Pierre Sémard. Politiquement, le PCF également très engagé était à l'avant-garde des luttes. J'étais donc dans mon élément.  

       

   

VOLTIGEURS  

       

    Enrayeur était le terme exact du mot caleur. Ce travail consistait à ralentir ou à arrêter un ou plusieurs wagons qui dévalaient d'une bosse pour être dirigés sur leurs voies respectives. Les    enrayeurs qui étaient de véritables « trompes-la-mort » avaient pour mission d'entraver la marche folle des wagons. Les caleurs travaillaient par tous les temps, qu'il pleuve ou qu'il vente, dans    les brouillards à couper au couteau.  

       

    On ne peut évoquer les gars de la manoeuvre sans y associer les conducteurs de locomotives affectés aux triages des rames de wagons. Ces conducteurs (CRMV) venant du service Traction redoutaient    le pire : être impliqués dans un accident entraînant mutilation ou mort d'homme. Le métier d'enrayeur n'existe plus à la SNCF. La « race » des caleurs a complètement disparu depuis l'apparition    d'un système de freinage moderne.  

       

   

POLITIQUE POLITICIENNE  

       

    Des hommes politiques de droite mais aussi des gens se prétendant de gauche tirent à boulets rouges sur les travailleurs du rail. Ceux qui sont à la tête des affaires du pays tentent toujours de    dresser les usagers du rail contre les cheminots lorsque ceux-ci se mettent en grève.  

    Diviser pour mieux régner!  

   

   

LES GREVES DE MAI 68  

       

    J'ai encore en mémoire mai 68 et la grande lutte victorieuse des travailleurs. Les grèves sont parties comme une traînée de poudre. 11 millions de personnes en grève, m'a rappelé joyeusement mon    camarade Maurice L., ancien secrétaire du syndicat des cheminots de Reims de l'époque. Géant! Ainsi, après trois semaines de grève, les revenus des cheminots qui ont sensiblement augmenté n'ont    fait l'objet d'aucune retenue. Nos salaires ont été intégralement payés parce que nous avions créé un rapport de forces conséquent.  

   

    DRAPEAU ROUGE  

       

    J'étais homme d'équipe principal et je travaillais au Poste 5 près du pont de Witry, à Reims. Je me souviens de l'instant mémorable où j'ai mis le drapeau rouge sur le toit du poste 5. Tout un    symbole! Ce drapeau était celui avec lequel j'effectuais les manoeuvres. La CGT cheminote Rémoise n'avait pas encore appelé à la grève.  

       

   

GREVE ILLIMITEE  

       

    J'ai aussitôt quitté illégalement mon poste de travail pour aller à la Bourse du Travail, appelée aujourd'hui Maison des syndicats. A 11 heures, en compagnie de trois camarades du syndicat des    cheminots CGT de Reims, nous avons tiré un tract d'une demi page A4 que nous avons immédiatement distribué dans les chantiers de la SNCF de Reims.  

       

    Ce tract de la CGT qui s'adressait aux cheminots était l'ordre de grève illimitée à partir de 12 heures (midi).  

       

   

L'EXPULSION DU TYRAN DE BETHENY  

       

    Après avoir distribué les tracts appelant à la grève générale illimitée, la CGT cheminote ayant décidé d'occuper les chantiers de la SNCF de Reims, le jeune militant que j'étais s'est fait    propulser par des anciens très déterminés devant l'entrée du bureau du chef de gare de Bétheny. Nous étions bien décidés à le virer. Jeune délégué, je n'avais pas cinq ans de chemins de fer mais    déjà de nombreuses grèves à mon actif.  

« Allez gamin, on y va !  

    Le trousseau de clés était pendant sur la porte extérieure qui était fermée. Je me souviens que j'étais notamment accompagné de quatre à zéros, surnommé ainsi parce qu'il était un ancien    footballeur dont j'ai oublié le nom. Quatre à zéro était suivi comme son ombre par un de ses collègues appelé P., tous deux de la filière visite, aujourd'hui disparue. Tous les cheminots    présents ce jour-là au triage de Bétheny m'ont accompagné jusqu'au bureau. Je revois encore cette scène.  

       

    Derrière moi, quatre à zéros et son collègue le visiteur P., qui, une pointe à tracer dans sa ceinture n'avait pas l'air de vouloir rigoler.  

    J'ai frappé à la porte.  

« Entrez! » a hurlé le chef de gare, une grosse brute que l'on surnommait le uhlan ou le boche parce qu'il portait toujours des bottes de cuir noir et, lorsqu'il mettait sa casquette de chef, il    ressemblait à un officier allemand de la seconde guerre mondiale. Le butor qui pesait le quintal faisait face à un petit gars d'à peine 50 kgs. On ne pouvait pas se voir. Bonjour    l'ambiance !  

       

    Il vociférait au téléphone. Il faut dire qu'à Bétheny, j'étais la bête noire de cet antigréviste. Alors, se trouver en présence d'un homme d'équipe lui enjoignant de lui remettre les clés de     son triage, cela lui était insupportable.  

    J'ai dit à peu près textuellement :  

« Le syndicat des cheminots CGT de Reims a décidé d'occuper les locaux et d'en assurer la sécurité ! »  

   

« Remettez-moi les clés! »  

   

Il était fou de rage et écumait. Le « uhlan » s'est levé et nous a claqué la porte au nez. Qu'importe, j'ai fermé la porte de son bureau à l'aide des clés qui pendaient à l'extérieur. Furieux,    celui-ci est passé par la fenêtre pour venir me réclamer les clés que j'ai refusé de lui rendre.  

       

    Le chef de gare ne maîtrisait plus la situation. Il était viré. Cet individu aimait dire qu'il avait fait la guerre d'Indochine. Sa résistance a fait long feu puisqu'il a été contraint    de se sauver. Trois semaines après, lorsque nous avons repris le travail, il n'osait plus entrer dans le Poste 5 quand j'y étais. Ce salopard avait été humilié par un ouvrier, homme d'équipe de    surcroît.  

   

   

AU SECOURS NAPOLEON EST DE RETOUR  

       

    Les organisations syndicales vont-elles laisser les mains libres aux fossoyeurs du monde du travail ? Vont-elles réagir, prendre les décisions qui s'imposent et s'engager vigoureusement aux côtés    des travailleurs ? Sous le dangereux visage du populisme, la dictature de Napoléon Sarkozy s'installe. Elu depuis quelques mois, « l'envoutement béat et servile » que Sarkozy a créé autour de lui    semble toujours lui permettre de bénéficier d'un état de grâce. Il a trompé, berné des petites gens qui ont ainsi contribué à son triomphe. !  

       

LANGUE DE BOIS  

       

    L'heure n'est plus aux journées d'actions et autres arrêts de travail de 24 heures qui font perdre inutilement de l'argent aux travailleurs et tendent à les décourager et à les démobiliser.  

       

    Le rôle d'un syndicat, en particulier la CGT est d'être à l'écoute des travailleurs, de les soutenir, de les conduire à la victoire lorsqu'ils sont en lutte. Quand des centaines de milliers de    salariés désespérés réclament la grève générale, les responsables syndicaux ne doivent pas parler la langue de bois ou faire la sourde oreille avant de trahir les travailleurs par le biais de    journées d'actions et autres petites grévettes... qui n'inquiètent pas un patronat de combat très arrogant et agressif et qui cherche toujours plus à accroître ses profits sur notre dos. Les gens    qui triment rejettent les comportements réformistes et défaitistes de dirigeants syndicaux qui se contentent d' « accompagner » les réformes néfastes concoctées par Sarkozy et ses féaux    serviteurs.  

       

   

PERMANENT  

       

    Depuis que la CGT a quitté la FSM (Fédération Syndicale Mondiale) dont l'une des bases fondamentales est la lutte des classes, elle n'est plus en mesure d'inquiéter nos adversaires de classe    puisqu'elle s'oriente de plus en plus dans la voie du réformisme, chère à la CES (Confédération Européeenne des Syndicats ) à laquelle adhère également FO et la CFDT.  

       

    Nombre de permanents CGT qui ont un temps soit peu travaillé ne sont plus au contact de la base. Après quelques années de fonction, des camarades qui étaient permanents ont repris le sac, remis    le bleu de travail et repris le chemin de l'atelier. Je n'en ai connu que deux.  

       

    D'autres permanents sont totalement déconnectés du terrain en raison d'une longue absence du lieu de leur travail. Une fois retraités, beaucoup d'entre eux en reprennent une « louche » et    perçoivent un second salaire, élevé, paraît-il. Ces opportunistes qui font carrière dans le syndicalisme ne sont ni des anges, ni des purs.  

   

UN NANTI  

       

    Mes deux ou trois dernières années de travail, en qualité d'agent de manoeuvre ont été marquées par des accidents de travail dont la fréquence rapprochée ne laissait aucun doute sur mon état de    fatigue physique. A l'époque, les cheminots n'avaient le libre choix du médecin qu'en cas d'accident du travail. La pratique de la voltige qui était de mon temps le lot quotidien des manoeuvriers    m'était devenue physiquement insupportable et dangereuse. Le cumul des ans et l'arthrose agissaient pernicieusement. J'ai donc été montrer des radiographies récentes de mon rachis à un médecin    généraliste du secteur privé. Après avoir vu mes radios, celui-ci m'a dit :  

       

« Que faites-vous comme métier ? »  

    « Je suis cheminot, agent de manoeuvre, j'accroche des wagons, monte et saute en marche des véhicules ».  

« Je travaille dehors par tous les temps ».  

       

« Si vous ne cesser pas immédiatement ce travail,  

    on va vous ramasser sous peu à la petite cuillère »  

    « Vous êtes un homme usé parce que vous avez travaillé dur, ne perdez pas de temps, cessez rapidement ce dangereux métier !»  

   

J'ai compris que ce médecin ne plaisantait pas, son conseil avisé a fait tilt. J'ai de suite contacté François C., le secrétaire du secteur CGT des cheminots, successeur de Jacky B.  

       

    Jacky est décédé tragiquement après la catastrophe d'Ay dont on a dit qu'il en était la dixième victime.  

       

    François C. a entrepris les démarches auprès de la direction. La mort dans l'âme, j'ai demandé à être relevé de la sécurité, un crêve-coeur. En 30 ans de chemins de fer, j'ai monté et descendu en    marche des locomotives et des wagons des milliers de fois. Après toutes ces années, pour sauver sa peau, l'ancien voltigeur que j'ai été a été contraint de prendre une retraite imposée par les    impératifs de santé.  

       

    Alors, les messieurs qui se disent grands, les décideurs, vous qui êtes aux affaires de notre pays, croyez-vous que je sois un Nanti ?  

       

    Pensez-vous que le sénior qui vous crache sa colère au visage ne peut prétendre vivre sa retraite décemment ?  

    Pensez-vous vraiment que le salarié, la racaille de mon espèce peut et doit retourner au travail ?  

   

   

DES LIVRES QUI DERANGENT  

       

    Les lecteurs doivent savoir que mes écrits dérangent des personnes qu'idéologiquement cela ne devrait pas déranger. Parler de la misère, de la souffrance n'est plus d'actualité pour certains    donneurs de leçons qui, de par leur position dans la hiérarchie syndicale devraient pourtant montrer l'exemple en favorisant la diffusion de mes livres. « Le Chemin de l'Honneur d'un Travailleur    du Rail » gêne tout autant que mon ouvrage précédent : « Guerre d'Algérie-Souvenirs d'un appelé anticolonialiste ».  

       

       

   

       

QUELQUES ARTICLES PUBLIES SUR MON BLOG  

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A BERNARD THIBAULT  

    SECRETAIRE GENERAL DE LA CGT  

   

    Samedi 10 novembre 2007  

       

    Tu n'as pas lieu d'aller discutailler avec les représentants du gouvernement pour la raison suivante :  

       

IL N'Y A RIEN A NEGOCIER !!!  

       

    A moins que la CGT à laquelle je suis adhérent ne soit devenue aussi réformiste que Sarkozy.  

       

    Je suis certain que tu n'as jamais envisagé un seul instant de reprendre le sac et de retourner au boulot car les camarades ne t'ont pas délégué aux plus hautes instances de la Confédération pour    que tu ne te fasses pas le porteur de leurs légitimes aspirations.  

       

    Un vieux militant qui ne renie pas l'idéal pour lequel il a donné le meilleur de lui-même. Il est temps de redescendre de ton siège avant que celui-ci ne devienne éjectable.  

    Jacques Tourtaux  

   

   

       

CAMARADES CHEMINOTS  

    NE LACHEZ RIEN  

   

    Vendredi 16 novembre 2007  

       

    Face au diktat de Sarkozy, tenez bon comme en 1995 et 1968. La base est souveraine, c'est à vous de décider.  

       

    Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT continue à penser et à agir unilatéralement au nom des adhérents de la CGT. Travailler plus longtemps pour gagner moins, baisse sensible des    pensions, est-ce cela que nous voulons?  

       

    Il est regrettable que de bons et loyaux camarades pensent encore que Bernard Thibault a raison, qu'il s'agit d'une stratégie et bien moi comme beaucoup de camarades, je pense le contraire et je    le dis sans détour.  

       

    Je découvre qu'à la confédération, notre premier secrétaire « joue » le secteur privé contre le secteur public. Que celui-ci est prêt à sacrifier les bastions de la CGT que sont les cheminots et    les copains d'EDF-GDF, au nom d'une stratégie dont seuls les grands stratèges ont le privilège de prétendre en connaître l'issue.  

       

    A ma connaissance, jamais dans l'histoire sociale de la CGT, toujours en pointe dans les luttes de classes, (avant que celles-ci ne soient abandonnées sur l'autel de la très réformiste CES), la    très sérieuse et responsable CGT ne s'est abaissée pour aller chercher le gourdin afin de se faire battre. Bernard Thibault a décidé de tendre la perche à Sarkozy qui en est resté bouche bée. Le    medef aussi.  

       

    Mais il y a un hic. Les travailleurs en lutte, notamment mes amis cheminots refusent de se laisser manoeuvrer.  

       

IL N'Y A RIEN A NEGOCIER!  

       

    Les réformes « proposées » par Sarkozy ne peuvent qu'entraîner misères et désolations, sauf bien évidemment pour ses amis politiques, les carpettes et autres journaleux qui lui lèchent    les bottes. Sarkozy tente d'opposer le secteur privé aux régimes spéciaux, cela a pour l'instant échoué.  

       

    Nous avons l'habitude des trahisons. Les gens qui trahissent s'appellent des traîtres. La CFDT donne beaucoup dans ce registre. Notat a maintenant son « digne » successeur, Chérèque qui se couche    au moindre claquement de doigts du medef et de ses soutiens gouvernementaux.  

       

    Mais, que la confédération CGT se mette au diapason pour jouer la même partition, cela n'est pas acceptable.  

       

    Ce retournement de veste qui ne surprend pas les plus avertis d'entre nous est notamment dû à la grande peur qu'inspire à nos syndicalistes de haut niveau la GREVE GENERALE. Voilà ce qui    chipote tant Bernard Thibault, Le Duigou et leurs petits copains qui ont hélas des émules dans les régions et nombres d'Unions Départementales qui sont noyautées, sclérosées.  

       

    En effet, si nos camarades des régimes spéciaux tiennent et ils vont tenir, la jonction se fera avec les salariés de la fonction publique, les étudiants, mais aussi le secteur privé au sein    duquel notamment la fédération CGT du bâtiment et beaucoup d'autres camarades de différentes corporations qui appellent à la grève le 20 novembre prochain. La mobilisation va aller     croissant.Voilà la grande crainte d'un Chérèque qui crie à la grève politique, comme s'il ne faisait pas de politique en se couchant devant Sarkozy et le medef.  

   

    Sarkozy et sa clique veulent rendre la grève des transports (cheminots et RATP) impopulaire. Si, comme tous ceux qui Résistent et soutiennent les luttes en cours, la jonction et l'extention des    grèves à tous les secteurs de l'économie du pays se réalise, l'impopularité naissante volera en éclats.  

       

    Le combat mené par les travailleurs du rail SNCF+RATP est aussi le combat de chacun puisque derrière les réformes de Sarkozy se profilent la suppression totale de tous nos acquis afin de    permettre à nos adversaires de classe de s'enrichir encore plus sur notre dos. Exemple :  

    Sarkozy : augmentation de son traitement de 206%!  

    Rien pour la populace !  

       

    C'est pourquoi le sosie de Georges Bush veut absolument abattre les forces vives, les camarades les plus conscients qui, au sein de leurs syndicats sont le dernier rempart face à un patronat de    combat, grand bénéficiaire de ses largesses.  

       

    Chez les étudiants, l'Unef qui a pris le train en marche semble avoir repris du poil de la bête, à moins que là aussi, il ne s'agisse d'une tactique car il ne faut pas oublier que son leader    Julliard ne se bat pas pour la suppression de la LRU, loi votée à la sauvette en août dernier puisqu'il dit ne pas y croire, mais alors pourquoi et pour qui se bat-il alors ?  

       

    Camarades Cheminots, RESISTER comme ont su le faire nos camarades pendant les heures sombres de l'occupation, certains d'entre ont sacrifié leurs vies pour que nous puissions vivre libres    et dignement.  

       

RESISTER  

       

    Au fait, à quand une tournée de chantiers de Zebulon chez les travailleurs en lutte? Supermenteur ne serait-il pas à l'aise au milieu des cheminots, autour d'un feu de palettes ou d'un brasero ?  

   

    Sarko voudrait saboter l'entreprise publique qu'il ne s'y prendrait pas mieux. Ce n'est pas très prudent en cette période où les gens mal intentionnés commencent à voir des terroristes partout.  

       

    Camarades, seule la grève générale pourra stopper Sarkozy et ses sbires. Ce combat qui fait si peur aux aristos, aux bourgeois et aux hautes instances syndicales va s'amplifier, se développer    jusqu'à la grève interprofessionnelle.  

       

    Un cheminot du « tas », retraité CGT.  

    Jacques Tourtaux  

   

   

A MES CAMARADES CHEMINOTS  

   

    Lundi 19 novembre 2007  

       

    Mercredi 21/11, les fédérations syndicales vont se rendre à la réunion convoquée par la direction SNCF.  

       

    Pour y faire quoi puisque nos patrons ne retirent pas les trois points fondamentaux, à l'origine du départ de la grève ?  

       

    Les fédérations s'apprêtent donc à négocier pour des broutilles sur les « propositions » de la direction, aux ordres de Sarkozy.  

       

    Le difficile et courageux combat mené par mes camarades cheminots doit impérativement être entendu, écouté. Les fédérations, en particulier la CGT à laquelle j'adhère n'ont rien à faire autour de    cette table.  

       

LA REFORME IMPOSEE PAR SARKOZY  

    N'EST PAS NEGOCIABLE !  

       

    Mes camarades cheminots qui sont un des derniers ramparts contre le fascisant Sarkozy luttent pour défendre nos acquis et empêcher que de nouveaux et irrémédiables coups soient portés à notre    statut.  

    Ce combat concerne l'ensemble de la population puisque l'objectif de Sarkozy est d'écraser les travailleurs des régimes spéciaux, en particulier les cheminots pour supprimer les derniers acquis    qui nous restent, dont nombre sont issus du CNR (Conseil National de la Résistance) et ont été arrachés par nos aînés.  

       

    Sarkozy enfonce encore le clou en supprimant de nombreux conseils de prud'hommes. Cette institution judiciaire, unique en Europe et dont les juges sont élus par les salariés est une conquête    sociale à laquelle les travailleurs sont très attachés.  

       

    Sarkozy « demande » aux fédérations syndicales de dire aux cheminots de reprendre le travail! Vont-elles se coucher comme la CFDT qui n'est pas suivie par ses adhérents qui refusent de quitter    les piquets de grève.  

       

    Sarkozy dit aimer le contact direct. Qu' il aille lui-même poser la question aux camarades en lutte.  

       

    J'ai une étrange impression. Les fédérations seraient-elles en train de préparer la pire des trahisons ?  

       

    Je maintiens que la fédération des Cheminots CGT n'a rien à faire dans cette galère à laquelle Sarkozy et ses laquais veulent l'embarquer.  

       

    Les cheminots et l'ensemble des travailleurs ont tout à perdre dans cette réunion qui pue la trahison.  

       

    Tout autant que Sarkozy, les dirigeants syndicaux craignent la grève interprofessionnelle que TOUS ENSEMBLE nous allons construire.  

    Les cheminots ne doivent pas restés isolés face à ces vermines.  

       

    Demain, mardi 20 novembre, grande journée de luttes avec les cheminots, les étudiants, la fonction publique, les précaires, les chômeurs, les retraités et tous ceux qui soutiennent et sont    concernés.  

       

    Soyons nombreux et déterminés pour ampliflier les luttes qui ne doivent pas s'arrêter le 20/11. Attention, Sarkozy et sa clique veillent.  

       

    Le Kollabo et traître Chérèque est à la besogne.  

       

    Un cheminot retraité CGT.  

    Jacques Tourtaux  

   

       

   

    LE SYNDICALISME AUQUEL J'ASPIRE  

   

    Jeudi 13 décembre 2007  

    Extraits des statuts adoptés par le Congrè d'Unité de 1936:  

       

    Fidèle à ses origines, à la charte d'Amiens de 1906, héritière des valeurs humanistes et internationalistes qui ont présidé à sa constitution... la Confédération Générale du Travail défend les    intérêts de tous les salariés sans exclusive, en tous temps et en tous lieux...  

       

    Par son analyse, ses propositions et son action, elle agit pour que prévalent dans la société les idéaux de libertés, d'égalité, de justice, de laïcité, de fraternité et de solidarité...  

       

    Elle agit pour une société démocratique, libérée de l'exploitation capitaliste et des autres formes d'exploitation et de domination, contre les discriminations de toutes sortes, le rascisme, la    xénophobie et toutes les exclusions...  

       

    Soumise à la logique du profit, la société actuelle est traversée par la lutte des classes et à de multiples contradictions...  

       

    Ouvert à toutes les diversités, riche des différences d'opinion, le syndicalisme dont l'ambition est d'être solidaire, uni et rassembleur, constitue pour les salariés un moyen essentiel pour    relever les défis cotemporains.  

       

    Les principes d'égalité, de solidarité, d'écoute, de tolérance et d'épanouissement des diversités pour lesquelles elle oeuvre, animent la vie démocratique en son sein.  

       

PREAMBULE DE 1936  

       

    Le mouvement syndical, à tous ses échelons, s'administre et décide de son action dans l'indépendance absolue à l'égard du patronat, des gouvernements, des partis politiques... ... estimant que sa    neutralité à l'égard des partis politiques ne saurait impliquer son indifférence à l'égard des dangers qui menaceraient les libertés publiques comme les réformes en vigueur ou à conquérir.  

   

    Telle est ma conception du syndicalisme CGT  

    ― L'établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel;  

    ―La liberté de pensée, de conscience et d'expression;  

    ―La liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l'égard de l'Etat, des puissances d'argent et des influences étrangères;  

    ―La liberté d'association, de réunion et de manifestation;  

    ―L'inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance;  

    ―Le respect de la personne humaine;  

    ―L'égalité absolue de tous les citoyens devant la loi.  

       

    Suivent toute une série de réformes économiques et de réformes sociales parmi lesquelles : l'éviction des grandes féodalités économiques et financières», «le retour à la nation de tous les grands    moyens de production monopolisés, fruits du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d'assurances et des grandes banques », « le droit au travail et le    droit au repos», «un plan complet de sécurité sociale», «un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d'une vie    pleinement humaine»,«la sécurité de l'emploi », « une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours», «la possibilité effective pour les enfants français de bénéficier    de l'instruction et d'accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la fortune de leurs parents».  

       

Voilà pourquoi les patriotes de France ont combattu. Nombre de camarades de la CGT ont sacrifié leur vie pour la liberté. Il est impossible de citer tous nos martyrs tant ils sont nombreux?    Quelques noms :  

       

    Suzanne MASSON, de la fédération de la métallurgie, décapitée à la hache le 1/11/1943.  

       

    Georges WOODLI, dirigeant cheminot d'Alsace-Lorraine, pendu au Struthof le 2 mai 1943.  

       

    Jean-Pierre TIMBAUD, responsable du syndicat des métaux, fusillé avec 26 autres patriotes dont le jeune Guy Moquet à Châteaubriant, le22/10/1941.  

       

    Jean CATELAS, secrétaire du syndicat des cheminots d'Amiens, guillotiné le 24 septembre 1941.  

       

    Lucien SAMPAIX, ouvrier métallurgique, fusillé le 15/12/1941.  

       

    Auguste DELAUNE, ouvrier soudeur, éminent dirigeant de la FSGT (Fédération Sportive et Gymnique du Travail), mort sous la torture le 12 septembre 1943.  

       

    Pierre SEMARD, secrétaire général de la Fédération des cheminots, fusillé le 7/03/1942.  

       

    En octobre 1945 est créée la FSM (Fédération Syndicale Mondiale). Notre camarade Louis Saillant en deviendra le secrétaire général. En 1975, la CGT quitte la direction de la FSM et se désaffilie    en 1995.  

       

    Dès 1931, Benoît Frachon devient le porte parole convaincu de la lutte pour l'unité syndicale, sous la bannière de la CGTU.  

    Dirigeant de premier plan de la CGT après la réunification syndicale de 1935, Frachon participe à la rencontre CGT/Patronat du 6 juin 1936 à l'hôtel Matignon. Le rapport de force est tel que les    négociations ne s'éternisent pas.  

       

    Lors de la seconde Guerre mondiale, Benoît Frachon sera un Résistant de tout premier plan.  

       

    Après la guerre, il sera élu secrétaire général de la CGT le 5 septembre 1945.  

       

    A la Libération, des militants de la CGT deviendront ministres du gouvernement de Gaulle.  

       

    Marcel Paul, enfant de l'Assistance publique, Résistant de la première heure est arrêté le 13 novembre 1941, déporté à Buchenwald. Il jouera un rôle important dans l'insurrection du camp en avril    1945. Marcel Paul sera ministre de la production industrielle dans le Gouvernement provisoire de la République française. Il fera voter la loi de nationalisation de l'électricité et du gaz le 8    avril 1946 créant Electricité et Gaz de France.  

       

    Ambroise Croizat, secrétaire général de la Fédération des travailleurs de la métallurgie sera à la Libération ministre du Travail et de la Sécurité sociale.  

       

    Surnommé le «ministre des travailleurs», son nom reste attaché aux grandes lois relatives à la Sécurité sociale. En 28 mois, il accomplit une oeuvre considérable.  

    La classe ouvrière a eu de très grands militants.  

       

    En raison de ses activités révolutionnaires, notre camarade cheminot Gaston Monmousseau connaîtra la prison. Ecroué à la Santé en 1920, libéré en 1921. Il y retournera en 1923, 1927, 1929 et    1931. Clandestin dès 1939, il participe à la reconstitution du mouvement syndical dans les batailles contre l'occupant nazi.  

       

    A la Libération, le 29 mars 1945, il est réélu secrétaire de la CGT réunifiée. Gaston Monmousseau était apprécié pour son humour parfois féroce.  

       

    Le titi parisien André Tollet, apprenti tapissier-ébéniste adhère à la CGTU à l'âge de 15 ans. En 1936, il organise les grèves et devient l'un des secrétaires de l'Union Régionale des syndicats    parisiens. Pendant la seconde Guerre mondiale, en contact avec Benoît Frachon, André Tollet organise des Groupes de sabotage et destruction recrutés par le biais syndical.  

       

    Au niveau de la Résistance parisienne, dans le droit fil de l'unification, au sein du CNR de toutes les forces luttant contre l'occupant allemand, André Tollet est porté à la présidence du Comité    parisien de libération (CPL).  

       

    Georges Séguy, ouvrier imprimeur et militant syndical est un responsable des Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF) pendant la seconde Guerre mondiale. Il est arrêté en 1944 et déporté au    camp de Mauthausen.  

       

    Après la Libération, il est membre du syndicat des cheminots de Toulouse. Secrétaire général de la Fédération des cheminots de 1961 à 1965, il devient secrétaire général de la CGT de 1967 à 1982.  

       

    Successeur de Georges Séguy à la tête de la Confédération, le Résistant et ancien déporté Henry Krasucki fut incontestablement une des grandes figures de l'histoire de la CGT avec Georges Séguy    et Benoît Frachon.  

       

    Ma conception du syndicalisme de lutte des classes n'a rien à voir avec le «syndicalisme» d'accompagnement dess actuels dirigeants de la CGT concernant les néfastes réformes décidées par Sarkozy.    Pas une seule journée sans que l'Arrogant ne nous assène de mauvais coups. Après le rachat des jours de congés, le travail le dimanche, la réforme du logement, les contrôles techniques    automobiles qui vont encore davantage paupériser les personnes les plus vulnérables financièrement, voilà qu'il veut achever, le mot n'est pas trop fort, les personnes en longue maladie parce    qu'elles sont coupables d'être handicapées, de coûter trop cher à la Sécurité sociale !  

       

    Parce qu'ils refusent la casse de leur régime de retraite, les salariés de la RATP et les cheminots ont fait 10 jours de grève. Les directions syndicales ont accepté d'aller discuter de cette    réforme et d'en récolter des miettes qu'elles brandissent déjà comme un trophée. Sarkozy s'en accomode et en profite pour enfoncer le clou. Les grèves sont morcelées, isolées, les coups de    matraques tombent sur notre jeunesse étudiante et lycéenne esseulée dans son combat parce qu'elle aussi est trahie, comme l'ont été les traminots et les cheminots par des dirigeants carpettes    qui, au train que mène Sarkozy vont avoir des comptes à rendre car en refusant la lutte contre la dictature de Sarkozy, les Chérèque, les Thibaut et leurs semblables vont être responsables des    drames humains inévitables que vont engendrer les dangereuses réformes de Sarkozy. Je ne vois pas comment la population laborieuse va pouvoir faire face à cette avalanche de mauvais coups.  

       

    Nos grands «tratèges» ont réussi l'exploit de faire traîner les négociations jusqu'en février, et après...  

       

    Les travailleurs savent maintenant à quoi s'en tenir, passer outre les directions syndicales comme viennent de le faire les salariés des sections CGT de 7 dépôts de bus de la RATP dans une lettre    ouverte à leurs directions syndicales CGT-BUS, à l'Union CGT RATP, à la Fédération des Transports et à la Confédération CGT.  

       

    Voilà la réponse qui s'impose à des responsables syndicaux qui collaborent avec les ennemis de la classe ouvrière. Faisons converger les luttes pour que Tous Ensemble on construise la Grève    Générale Interprofessionnelle que redoute les syndicalistes de collaboration de classes, le Medef, Sarkozy et ses godillots.  

    Un retraité cheminot CGT.  

    Jacques Tourtaux

       

       

Pour toutes commandes : tel. 09.64.04.32.68.

E-mail : jacques.tourtaux@orange.fr

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