LA MAIRIE DE PARIS "SIMPLIFIE" LE TRAVAIL DE SES PERSONNELS

27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 09:43

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 Métro, c’est trop !

La Ville de Paris, dans le cadre du choc de simplification, n’a qu’un mot à la bouche : « confiance ». Par exemple, il n’est plus nécessaire de fournir de preuves de domicile pour s’inscrire dans une bibliothèque. Une simple déclaration sur l’honneur suffit. Mieux, pour une réinscription, l’administration penchait pour ne demander qu’une photocopie de carte d’identité, d’étudiant, voire de pass navigo. « Il faut faire confiance aux usagers » clamait-elle, avant finalement de revenir sur ce projet. Faire confiance aux usagers, ça oui ! Mais « faire confiance » à ses propres agents cela dépasse visiblement son entendement.

Dernier exemple en date : le remboursement des frais de transport pris en charge par notre employeur. La Ville nous demande de fournir une foule de documents pour pouvoir en bénéficier de nouveau. Elle sait bien pourtant où on habite et où on travaille, non ? A moins qu’elle ne soupçonne les agents de pas prendre les transports en commun pour se rendre sur leur lieu de travail. Ils iraient donc à pied pour gratter quelques sous ?

La mairie souhaite donc que chaque agent remplisse une feuille avec adresse et lieu de travail. Mieux, il faut indiquer la gare de départ et la…gare d’arrivée ! On n’est jamais trop prudent, en effet. Mais attention, l’administration jamais satisfaite et toujours soupçonneuse, exige en plus la copie des coupons de transport. Évidemment, comme ceux-ci n’existent plus dans ce monde dématérialisé, la mairie accepte …un justificatif de paiement ! Au besoin, des photocopies de nos relevés bancaires comme preuve d’achat. Une pratique évidemment on ne peut plus illégale.

Pas grave, que les récalcitrants sachent que la mairie se satisfera alors d’un justificatif de paiement ou d’abonnement qu’ils devront réclamer à un guichet de la RATP. S’il y a quelqu’un puisque ces postes de guichetier sont eux aussi petit à petit supprimés. Bref, du vrai Courteline 2.0. Paris Ville numérique ! Et si on n’a pas de justificatifs ? Alors la Ville se fait menaçante : « Pour tout dossier incomplet ou nous parvenant après la date limite, le remboursement de transport sera stoppé ».

Mais là où la Ville fait le plus fort, c’est lorsqu’elle conclue en demandant aux personnels de remplir …une attestation sur l’honneur ! Là, on est plus chez Courteline mais carrément chez Alfred Jarry (Pierre Dac et Ron Hubbard ont déjà été pris pour QualiParis !).

Nous demandons que ce qui est valable pour les parisiens soit aussi valable pour nous et que l’administration récupère simplement les « attestation sur l’honneur » pour rembourser les frais de transport des agents. D'autant plus qu'en septembre le prix du pass navigo sera identique pour tout les franciliens (lire ici).  La mairie doit faire confiance à ses personnels et les faire bénéficier eux aussi du « choc de simplification administrative ».

 

                  Transport: La mairie doit mettre en place le choc de simplification pour ses agents

Quand la mairie de Paris fait entrer ses personnels dans la complexité administrative

                                    - La déclaration sur l'honneur est téléchargeable ici

 
 
26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 08:13
Les responsables des bibliothèques parisiennes échapperons-t-ils aux troubles psycho sociaux ?

En tout cas la mairie de Paris dépense des millions d’euros pour les mettre en situation de souffrance au travail.

« J’attache la plus grande importance à la prévention des risques psycho sociaux car je considère le travail comme un lieu de vie et d’échange où chacun doit pouvoir trouver son épanouissement » avait déclaré le Directeur des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, Noël Corbin, à l’occasion de sa prise de fonction. Il est vrai que les personnels des bibliothèques avaient alors mené une véritable fronde, pendant que les conservateurs exprimaient publiquement leur malaise (lire ici).

Une déclaration réitérée au moment d’une conférence …sur les risques-Psycho sociaux organisée par ses services ! On ne doute pas de la sincérité (ni de la bonne volonté) du directeur, mais force est de constater que les responsables des bibliothèques municipales parisiennes sont au bord de l’épuisement, notamment ceux obligés d’appliquer les directives QualiParis.

Qu’est ce que QualiParis ? Officiellement un label qui (en gros) certifie que les établissements qui reçoivent du public … reçoivent bien leur public ! On dirait une formule de Pierre Dac. Il y a quelques années, les bâtiments municipaux avaient déjà été contraints d’afficher une charte d’accueil, laquelle ne faisait qu’énumérer ce qu'ils faisaient depuis toujours.

Seulement voilà, la charte d’accueil, une vulgaire affichette, était un tantinet défraîchie et pas assez moderne aux yeux de la mairie. Et puis, il était temps d'ouvrir de nouveaux marchés et de dépenser enfin de nouveaux millions. Car, en plus QualiParis coûte un prix exhorbitant. Ainsi le seul marché pour la « formation des cadres responsables de site et des chefs de projets sectoriels à la démarche de labellisation QualiParis » (sic) a même été évalué par les services de la mairie à… 600 000 euros. Cela sans compter les nombreuses dépenses complémentaires (réalisation ..d’un audit, rémunération de « clients mystère »...) le total atteint plusieurs millions d’euros TTC.

Plutôt cher pour mettre en situation de souffrance au travail de nombreux agents de la Ville de Paris. Car entre les injonctions contradictoires,  les conflits de valeurs, le manque de moyens accordés pour des objectifs trop élevés, sans parler des multiples réunions avec compte rendu à la clef, on est en plein dans les familles de risques qui caractérisent les troubles psycho-sociaux (lire ici).

N'oublions pas que la mise en marche (forcée) de Qualiparis n’est pas sans conséquence pour la santé de ceux qui sont obligés de l’appliquer : D’abord la mise en œuvre de QaliParis est on ne peut plus chronophage. Dans un premier temps, La direction convoque les chefs d’établissement puis les envois dans des formations pour les « mettre en condition ». A charge pour eux d’organiser ensuite des réunions avec leurs équipes au détriment de toutes les tâches « ordinaires ».. Pendant ce temps, le travail quotidien s’accumule. A chacun ensuite de se débrouiller seul pour le rattraper. Pendant ce temps, le cadre s’initie aux joies des rétro-planning et autres reporting (excusez nous pour ces anglicismes) car la direction, elle même sous pression, veut quasiment à chaque seconde, savoir où en est l'avancement de qui est devenu son unique obsession.

 

Les responsables des bibliothèques parisiennes échapperons-t-ils aux troubles psycho sociaux ?

Et c'est pas fini, car les objectifs à atteindre sont tout simplement irréalisables. Pour être certifiés QualiParis, les lieux doivent ainsi être propre et en bon état. Le minimum certes. Sauf que depuis les restrictions budgétaires misent en place par la mairie ce n'est plus le cas. Mais alors pas du tout. Le problème est que cette obligation de propreté échappe complètement aux chefs d'établissement, lesquels dépendent de multiples autres directions que ce soit pour l’entretien courant du bâtiment (ménage) ou plus prosaïquement pour de simples réparations électriques ou de serrurerie. On nage en pleine injonction contradictoire.

Autre obstacle dans l’accueil du public et il est de taille...la réduction des horaires d'ouverture faute de personnel disponible car les directrices et directeurs de bibliothèque ont vu diminuer drastiquement les postes budgétaires de leur établissement. Mais peut être que l'ouverture d'une bibliothèque ne fait pas parti des « critères qualité du référentiel » comme le vante le cahier des charges de QualiParis.

Le pire dans tout ça c'est que l'on demande à ces cadres d'appliquer une politique à laquelle plus personne ne croit. Ni la haute administration, ni bien sûr eux-mêmes ! Un véritable conflit de valeurs. Quant aux équipes n'en parlons pas. On ne compte plus les railleries des collègues devant ces palinodies imbéciles voire le dégoût exprimé devant cet immense gâchis d'argent public. L'exercice tourne même au supplice de Tantale car il ne s'arrête jamais.

« Un audit de surveillance est organisé à mi-parcours, au bout d’un an et demi. Ainsi, la démarche n’est pas un acquis mais une volonté de toujours progresser et de s’améliorer » assène la Ville de Paris. Un charabia que l'on croirait tout droit sorti d'un manuel de scientologie. Et après ? On se retrouve comme dans le film un jour sans fin car c'est un éternel recommencement.

« Le label n’est pas reconduit de façon automatique, les services labellisés devront repasser un audit de renouvellement qui garantira que les efforts fournis sont probants ». Et toc. De nouvelles réunions chronophages en perspective avec comptes rendus et exercices de motivation des équipes. Elle est pas belle la vie ? Reste à savoir combien de cadres résisteront à ce véritable plan d'action de souffrance au travail.

Car ces méthodes en rappellent furieusement d'autres. Elles ont eu cours notamment à La Poste et France Télécom avec les dégâts que l'on sait. Une situation non seulement dénoncée par les syndicats mais aussi par les médecins du travail et les spécialistes en relation sociale. Nous allons demander au CHSCT de la Direction des Affaires Culturelles de se saisir de cette situation et de stopper (ou au mois modifier) cette entreprise de décérébration qu'est QualiParis.

 « J’attache la plus grande importance à la prévention des risques psycho sociaux car je considère le travail comme un lieu de vie et d’échange ou chacun doit pouvoir trouver son épanouissement » a encore réaffirmé le directeur des affaires culturelles en ce début d'année dans ses vœux aux personnels. Dans le cas de contraire il serait lui aussi confronté à véritable conflit de valeurs.

 

Les responsables des bibliothèques parisiennes échapperons-t-ils aux troubles psycho sociaux ?

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