MOHAMED BOUHAMIDI : LA HAINE QUE CERTAINS PORTENT A LOUISA

 

La haine que certains portent à Louisa

 

Par Mohamed Bouhamidi

Les attaques violentes qui ont visé par deux fois Louisa Hanoune, la première responsable du Parti des Travailleurs, posent, pour la première fois en Algérie la question de la vertu dans la gestion de nos affaires. Qu’est-ce que pouvait reprocher à Louisa Hanoune, le ministre de l’Industrie et le Secrétaire Général du FLN sinon son discours politique et rien d’autre.

Absolument rien d’autre que d’avoir un avis totalement contraire aux choix fondamentaux en faveur du marché, ce qui reste toute de même un droit que lui reconnaît la constitution du pays et les usages politiques encore en vigueur.

Un reproche en particulier semble étonnant, celui d’éveiller inlassablement la conscience des Algériens aux dangers de dissolution de notre Nation et de notre Etat dans les réformes qui nous ont arrimé à la mondialisation, soumis à l’Union européenne, désarmés au plan industriel et culturel, ligoté les mains devant l’intrusion des ambassades dans notre vie politique.

Il fallait pour l’attaquer que les responsables du FLN et de l’Industrie fassent, comme argument de leur droit à l’agression, la démonstration minimale de la vertu des politiques menées dans le pays par leurs partis et leurs courants politiques.  La haine que portent certains à Louisa Hanoune repose précisément sur ce socle de sa pensée que les dérives, les perversions et la corruption morale ne sont pas des tares liées à des vices individuels, mais le produit de politiques qui font passer l’intérêt particulier devant l’intérêt général.

Le choix de cette économie de marché a débridé la loi du profit et ses conséquences pratiques, la recherche de l’aubaine, les réseautages généralisés dans les administrations et les banques, la substitution de la rapine des budgets de l’Etat à l’accumulation patiente par le travail, etc.

Toutes les réformes introduites pour mettre bas les économies administrées dans tous les pays du monde ont produit les mêmes effets délétères sur la vie sociale et politique et dans tous ces pays les positions au sein de l’Etat ou la proximité avec le pouvoir ont fait passer des sommes colossales des caisses et du patrimoine des Etats dans les poches et les comptes personnels des individus.

Aucune épidémie maffieuse ou du vice n’a frappé ces pays, mais leurs nomenklaturas se sont transformées, au fil du temps, en groupes sociaux à part et surtout au-dessus de la société et du peuple avec leurs codes, leurs messes, leurs rites, leurs cérémonies, leurs liens de famille, leurs carnets d’adresses et les services mutuellement rendus.

Les exemples les plus effrayants de cette métamorphose d’économies à caractère social en oligarchies fascinées par la mondialisation et le modèle occidental du luxe et du clinquant, et totalement insensibles à l’idée nationale, restent ceux de la Russie et de l’Ukraine.  La corruption hors-normes sous Eltsine et en Ukraine jusqu’à aujourd’hui est le produit des oligarchies.

Il est notable que les attaques qui ont visé Louisa Hanoune ont immédiatement suivi ses alertes sur l’entrée sur la scène politique nationale et les interférences décomplexées d’oligarques algériens dans la gestion politique et les prises de décision de l’Etat.

Est-il vertueux, de cette vertu qui peut autoriser le pouvoir à édicter des règles et donner des leçons, que s’affichent ouvertement les connexions entre l’administration et les affaires et que l’Etat ne soit plus que la feuille de vigne  du pouvoir des oligarques et de leurs réseaux ?

Pourquoi ces hauts responsables ont attaqué Louisa Hanoune, seule leader de l’opposition à avoir soutenu l’exploitation du gaz de schiste et pourquoi l’avoir poussé à interpeller l’entourage immédiat du président ?

La réaction de Louisa Hanoune indique au moins qu’il est de plus en plus  difficile, voire impossible, de défendre l’idée de construire avec le pouvoir des convergences face aux menaces sécuritaires, économiques et financières qui menacent notre pays  jusque dans notre indépendance.

M.B

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