OSCAR FORTIN : LE GRAND DEFI DES ETATS-UNIS POUR RETROUVER SA DIGNITE

LE GRAND DÉFI DES ÉTATS-UNIS POUR RETROUVER SA DIGNITÉ
 
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Noam Chomsky, dans une entrevue récente, qualifie son pays « d’État voyou », d’État agresseur et terroriste. »  Cette déclaration, venant d’un de ses grands intellectuels,  met à nue le mal profond qui le ronge.
 
De toute évidence, il y a un malaise profond dans la gérance de cet État qui occupe le centre des préoccupations du monde. On dit que sur les 237 années de son existence, il en a vécu 222 en guerre. Qu’y a-t-il donc en lui qui le rend si différent des autres?
 
Dans le cas des personnes dont nous sommes, les psychologues, les psychiatres, les médecins en arrivent à détecter les causes de certains comportements qui nous font perdre notre dignité tout en rendant la vie impossible à notre entourage. Ce sont souvent des dépendances plus ou moins profondes qui en sont l’explication. Pour certains, ce sera la dépendance aux drogues, à l’alcool, au jeu, au sexe, ou encore à un « EGO » subconscient qui fait de la personne un minable ou un roi.
 
Je crois qu’il en va de même pour les États dont des dépendances collectives, conscientes ou inconscientes, peuvent en faire des États voyous, agresseurs et terroristes.
 
Je ne suis ni psychologue, ni psychanalyste, mais ce que j’en observe, les États-Unis d’Amérique souffrent d’une dépendance profonde d’un « EGO » surévalué, se croyant investi de tous les pouvoirs pour assurer la gouvernance du monde. Un « EGO » qui se situe au-dessus de tout et au centre de tout. Pour certains, cette croyance repose sur une mission divine qui en fait les grands artisans d’un monde placé sous leur gouverne. Pour d’autres, cette mission leur viendrait de leur génie créateur tout autant que de leur intelligence supérieure leur permettant ainsi de mieux connaître et comprendre ce qui est bon et mauvais pour l’humanité. Il y a enfin ceux qui justifient cette domination du monde par la force de leur armée et par la puissance de leur pouvoir financier. Pour ces derniers, ils sont les plus forts et les plus riches.
 
Dans les trois cas, plus haut mentionnés, les États-Unis d’Amérique se considèrent au-dessus des lois internationales et de ce fait se reconnaissent toute légitimité pour agir et intervenir là où bon leur semble et de la manière qu’ils jugent bon de le faire. Cette justification d’une légitimité transcendante sera d’autant plus forte et convaincante si des croyances religieuses, Églises, Mosquées, Synagogues et autres sectes, se joignent à cette gérance mondiale du monde. Ce n’est pas pour rien que ces divers courants religieux sont courtisés par les représentants de cet empire et que plusieurs, malheureusement,  s’y laissent entraîner.
 
L’heure semble arrivée, où cette puissance dominante des États-Unis d’Amérique doit retrouver sa véritable identité au cœur des Nations ainsi que toute sa dignité comme peuple. Son « étoile » pâlit et son « aura » comme puissance porteuse de valeurs morales s’estompe. Voici l’extrait d’une entrevue que donnait, en 2008, le politologue Francis Fukuyama, peu de temps avant l’Assermentation d’Obama pour son premier mandat :
 
« La tâche primordiale du nouveau président américain consistera avant tout à rétablir la crédibilité des États-Unis dans le monde (…)  le nouveau président aura d'abord pour tâche de redonner une certaine crédibilité à la fois au discours politique des États-Unis et à sa politique économique qui sortent tous deux très mal en point de la présidence de George W. Bush. »
 
En 2015, nous sommes en mesure d’affirmer que le président OBAMA a magistralement failli à cette tâche. Le peu de crédibilité qui pouvait exister au terme du mandat de G.W. Bush aura été définitivement enterré avec le président Obama. C’est triste à dire, mais c’est comme ça. Un jour, il dit une chose et le lendemain, il en dit une autre. Un jour, il pose un geste concret, le lendemain, il en pose un autre, tout à l’opposé. Toutefois, à sa défense, il faut rappeler qu’il est avant tout un subalterne, soumis à ses maîtres qui tirent les ficelles de tous les pouvoirs de cet État puissant.
 
Quel est donc ce grand défi à relever pour que le peuple des États-Unis d’Amérique retrouve son identité et sa dignité? À mon humble avis, il lui faut se soumettre à une thérapie collective qui le conduira à se départir de cette prétention d’être le maître du monde. Elle lui réapprendra à vivre des relations normales de respect et de coopération avec les autres peuples de la terre sans devoir toujours imposer ses volontés par la force, le chantage ou la menace. Cette même thérapie lui réapprendra à discuter d’égal à égal avec les autres et à y trouver plaisir et satisfaction. Les conditions semblent réunies pour que cette thérapie puisse donner les résultats escomptés.
 
Ces jours-ci, le jeune Snowden, celui qui a mis à jour toutes ces pratiques illégales d’espionnage du gouvernement des États-Unis à l’endroit des personnes et des gouvernements étrangers, déclarait que les Américains renonçaient à l’idée d’une domination du monde.
 
 " Je crois que nous commençons à nous détourner de l'idée selon laquelle les États-Unis doivent être assis au sommet du monde et dicter le résultat de toute décision dans toutes les sociétés",
 
Si tel est réellement le cas, le monde devrait s’en réjouir et seconder ce peuple dans cette démarche fondamentale de renaissance comme nation et comme État au sein d’un monde multipolaire et multicentrique. Le peuple étasunien, à retrouver sa véritable identité, il deviendra un apport important dans cette lutte pour un monde plus juste, plus équitable, plus solidaire et plus compatissant. Cette conversion,  confirmée par des gestes qui donneront la mesure de sa détermination à aller en ce sens, en fera un nouvel allié de tous les peuples qui avancent sur cette voie depuis des générations. Cette conversion sera d’autant plus forte et durable que ses alliés traditionnels, religieux et autres, en feront tout autant.
 
La conclusion que l’on peut tirer de toutes ces missions de gérance du monde est que leur crédibilité ne repose finalement que sur deux grandes colonnes, celle l’ambition du pouvoir et celle de l’ambition de l’avoir. Dans la symbolique des trois tentations rapportées dans les Évangiles, ce monde, du pouvoir et de l’avoir, est celui du Malin, de Mammon ou du Diable, les trois noms se référant au même personnage. Le premier fait appel à son caractère astucieux, le second renvoie au pouvoir de l’argent, tandis que le troisième personnifie tout ce qui est mensonge, manipulation et tromperie.
 
Les Évangiles concluent que le Règne du Père n’est pas de ce monde, à savoir de celui de l’astuce, de l’argent, du mensonge. Il est plutôt un règne de vérité, de justice, de compassion, de solidarité et de miséricorde. Les plus grands se font les plus petits et les plus petits deviennent les plus grands. Le maître se fait le serviteur et le serviteur devient le maître. Il n’y a pas à s’y tromper, ce règne n’a rien à voir avec celui des grands et des puissants de ce monde fondé sur le pouvoir et l’avoir.
 
Le peuple des États-Unis d’Amérique, en redevenant un peuple comme les autres, retrouvera son identité, sa dignité, son âme et, du fait même, le respect de tous les autres peuples de la terre.
 
Oscar Fortin
Le 23 mars 2015

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