UNE PARTIE DU MONDE BIENTOT NOYEE?

 

 

Changement climatique

Une partie du monde bientôt noyée?

© Flickr/ Ian Burt
International
(mis à jour 13:37 21.03.2015) URL courte
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Dans les décennies à venir, la carte du monde pourrait considérablement changer: selon les prévisions de certains chercheurs, de nombreux États insulaires disparaîtront, et des pays perdront leurs territoires côtiers.

 

Selon les dernières informations du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère a atteint un niveau sans précédent. C'est pourquoi les glaces de l'Antarctique, de l'Arctique et du Groenland continuent de fondre et l'océan mondial se réchauffe rapidement. Son niveau monte à raison de 3,2mm par an (jusqu'en 1993 ce rythme était de 1,2 mm par an). D'ici 2100, le niveau de la mer pourrait ainsi être supérieur à celui d'aujourd'hui de 0,5 à 2 mètres. Dans les années à venir, certains pays seront inondés littéralement sous nos yeux.

Les îles

Les États insulaires seront les premiers "noyés", plus particulièrement les atolls des océans Pacifique et Indien. Ces derniers risquent une inondation partielle, voire totale, qui commencera par la ligne côtière où se situe la majeure partie de l'infrastructure et les sites touristiques. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat a mis en avant dans son rapport les régions de la planète les plus sensibles, pour qui le réchauffement global pourrait être fatal: les îles Marshall, Kiribati, Tuvalu, Tonga, les États fédérés de Micronésie, les îles Cook, Antigua, Niévès, ainsi que les Maldives tant appréciées par les touristes. Nous évoquerons en détail deux d'entre elles.

Les Maldives, océan Indien

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Maldives
Maldives

Si vous n'avez encore jamais visité les Maldives, ne tardez pas. Selon les chercheurs, ce paradis aux magnifiques plages de sable blanc et ses îles-hôtels disparaîtra dans 50 ans. Les Maldives représentent une chaîne de 20 atolls formée par 1 192 îles coralliennes, dépassant d'un mètre au-dessus du niveau de la mer pour la plupart, alors que le point le plus haut culmine à 2,3 mètres au-dessus de l'océan Indien. Le gouvernement local transfère tous les ans une partie des recettes touristiques à un fonds spécial pour l'achat de nouveaux territoires afin de remplacer les zones inondées. Les autorités étudient des possibilités en Inde et au Sri Lanka, car la culture de ces pays est très proche de celle des habitants des Maldives.

Les Kiribati, océan Pacifique

32 des 33 atolls de la République des Kiribati sont bas: la plupart d'entre eux se trouvent à seulement 2 mètres au-dessus du niveau de l'océan Pacifique. Selon les prévisions des experts, d'ici 2050 ces îles pourraient devenir inhabitables car elles risquent d'être érodées, puis inondées. Les autorités de Kiribati sonnent le tocsin depuis 2010 et cherchent activement de nouveaux territoires pour installer leurs plus de 100 000 habitants. Elles ont récemment acheté un terrain aux Fidji et convenu avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande de déménager une partie de la population sur leurs territoires inexplorés. Il existe également un plan B: créer une île artificielle. La réalisation de ce projet nécessiterait 2 milliards de dollars mais les Kiribati ne disposent pas d'une telle somme, et le président du pays Anote Tong a demandé de l'aide à la communauté internationale.

Russie

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Saint-Pétersbourg
Villes de la Russie. Saint-Pétersbourg

En ce qui concerne les territoires russes, les chercheurs prédisent le "déluge" à la péninsule de Yamal et à Saint-Pétersbourg. Les spécialistes allemands de l'Institut de recherche sur les conséquences du changement climatique de Potsdam ont évoqué cette menace à la conférence de l'Onu sur la lutte contre le changement climatique. Le pronostic annoncé en 2009 par le ministère russe de l'Environnement n'est pas non plus rassurant: entre 2025 et 2050 le réchauffement climatique pourrait provoquer l'inondation de Saint-Pétersbourg, de Yamal, des régions d'Arkhangelsk et de Mourmansk. Mais les climatologues russes voient la situation d'un œil plus optimiste.

L'académicien Vladimir Melnikov, directeur de l'Institut de la cryosphère terrestre, a récemment annoncé que d'ici 30 ans ce n'était pas un réchauffement mais un refroidissement qui attendait les habitants de la planète. Selon lui, il n'y aura donc aucune catastrophe. Quant à Saint-Pétersbourg, ses collègues occidentaux se trompent, selon lui: le niveau de la mer dans le golfe de Finlande monte plus lentement que dans le monde en général, par conséquent il est trop tôt pour parler de son immersion.

Europe

Tout le monde est égal face à l'océan: il ne menace pas seulement les petites îles lointaines, mais aussi les territoires de l'Europe fleurissante. Les Pays-Bas seront les premiers à disparaître sous l'eau, d'après certains chercheurs. Les climatologues de l'université de technologie de Delft ont annoncé il y a deux ans que l'immersion des Pays-Bas était inévitable et ont appelé les autorités du pays à songer aux solutions pour évacuer la population: il faudra d'abord réinstaller les habitants des régions côtières, puis chercher de nouveaux terrains pour le reste des Néerlandais. Selon d'autres pronostics Copenhague, Anvers, Londres et Venise sont également dans la zone à risques.

 

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Venise
Venise

La célèbre ville italienne construite sur l'eau, selon les estimations des chercheurs, pourrait devenir inhabitable d'ici 2028 et disparaître complètement sous l'eau d'ici 2100. Rien qu'au XXe siècle, la ville s'est "affaissée" de 23 cm.

La faute n'incombe pas seulement à l'océan, mais également à l'activité déraisonnable de l'homme, qui puise l'eau des puits artésiens et construit de manière intensive, provoquant l'affaissement du sol. Les inondations sont devenues un phénomène habituel pour les Vénitiens: jusqu'à 45% de la ville se retrouve régulièrement inondée par la marée venant de la mer Adriatique. Et s'il y a cent ans la place Saint-Marc était inondée environ neuf jours par an, aujourd'hui cela se produit une centaine de fois par an.

Le projet MOSE, un système de digues et de barrages de protection dont le lancement était prévu pour 2017, devait sauver la ville. Cependant, les experts doutent que les calculs du projet soient corrects et qu'il permettra réellement de protéger Venise.

Le centre historique de la ville pourrait donc s'effondrer dans les années à venir, selon les experts. Et leurs craintes sont fondées: rien qu'en 2014 la cathédrale Saint-Marc a été inondée environ 200 fois.

Asie

Parmi les régions asiatiques à risque, les chercheurs ont identifié le Bangladesh, Bangkok, Bombay et certaines parties du littoral chinois, dont Shanghai.

 

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Bangladesh
Bangladesh

Ce pays, qui compte parmi les plus densément peuplés du monde, devra déplacer des dizaines de millions de personnes des régions basses vers des zones plus élevées, explique le chercheur russe Valeri Malinine de l'Université d'hydrométéorologie de Russie. Il analyse depuis 1993 les données satellites du niveau de l'océan mondial et prédit que de nombreuses mégalopoles comme Bombay, Tokyo, ainsi que certaines villes du Bangladesh, seront inhabitables d'ici 2100.

Bangkok

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Bangkok
Bangkok

Un avenir difficile attend la capitale thaïlandaise. Selon les estimations des chercheurs, Bangkok s'enfonce à raison de 5 cm par an et d'ici 2050 pourrait se retrouver complètement immergée. La cause en est non seulement la montée du niveau de la mer, mais aussi l'épuisement des nappes d'eau douce souterraines. Cette ville de plus de 5,6 millions d'habitants devient "trop lourde" pour le sol et s'affaisse inexorablement sous le poids des gratte-ciels et de l'infrastructure développée.

Afrique

A première vue, l'Afrique risque davantage la sécheresse que l'inondation. Mais la mer s'avance également sur cette région. La capitale de la Gambie, Banjul, est la plus menacée. Les autorités sont déjà contraintes de renforcer la ligne côtière à cause de la montée du niveau de l'océan et de l'érosion. La perte des régions côtières pourrait coûter cher à la Gambie: cette zone abrite des champs de riz, des centres de pêche et des curiosités touristiques. Selon les prévisions des experts, toutes les colonies côtières seront progressivement inondées, ce qui pourrait faire disparaître plus de la moitié de la mangrove et un cinquième des champs de riz. Forbes a inclut Banjul à la liste des villes fantômes d'ici 2100.

Australie

Les chercheurs australiens ont récemment rendu public un rapport pessimiste: le climat change plus rapidement en Australie que dans d'autres régions de la planète. Par conséquent, le réchauffement climatique y sera ressenti avec plus d'intensité. Cela signifie également que l'océan monte à proximité du continent vert à grande vitesse — de 20 cm en un siècle. Chaque année, des vagues de plus en plus grandes s'abattent sur le littoral et les inondations deviennent de plus en plus destructrices. Sachant que le danger guette les régions les plus peuplées du pays, où vit 80% de la population.

Amérique du Nord

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New York
New York

Les chercheurs américains ont prédit à plusieurs reprises la disparition de nombreuses villes américaines dont New York, la Nouvelle-Orléans et Los Angeles.

Selon une récente étude de Benjamin Strauss de Climate Central, 1 400 villes américaines en Floride, Louisiane, Californie, New Jersey et Caroline du Nord sont menacées. La Nouvelle-Orléans détient le record des USA en termes de vitesse d'immersion. Depuis 1878, la ville s'est affaissée de plus de 4,5 mètres. Des fontes sans précédent sont déjà observées au nord du pays.

Amérique du Sud

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Lago Epecuén, ville dans la province de Buenos Aires
Lago Epecuén, ville dans la province de Buenos Aires

Selon les pronostics des chercheurs, en Amérique latine, l'Uruguay et le Paraguay, ainsi que la capitale argentine Buenos Aires se retrouveront sous l'eau.

Une ville argentine, dans la province de Buenos Aires, a déjà le statut de Nouvelle Atlantide — Lago Epecuén. Elle a été inondée pendant 25 ans après la rupture du barrage sur le lac Epecuén en 1985 (précédée par de fortes précipitations depuis 1980). Au moment de la catastrophe la ville comptait près de 5 000 habitants, elle était appréciée par les touristes pour ses eaux salées. Heureusement pour les habitants, la ville a été inondée progressivement et ces derniers ont eu le temps de quitter leurs maisons. En 1993, Lago Epecuén se trouvait sous 10 mètres d'eau et était connue comme l'Atlantide argentine. Cependant, l'eau s'est évaporée progressivement et en 2009 la ville est redevenue habitable — son plus ancien résident, Pablo Navak, 85 ans, y est revenu mais demeure l'unique habitant de cette commune en ruine. La ville "ressuscitée" a été rebaptisée en village: Villa Epecuén.



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