PHILIPPE GRASSET : DEBACLE US EN ASIE

Débâcle US en Asie : le TTP après l’AIIB?


Par Philippe Grasset – Le 4 mars 2015 – Source dedefensa

Alors qu’ils sont en train d’essuyer à grand-peine les plaies et les plâtres consécutifs à l’énorme débâcle subie avec la banque d’investissement AIIB lancée par la Chine, les USA se trouvent devant la probabilité d’une nouvelle débâcle sur le même théâtre de l’Asie-Pacifique. Elle concerne le sort du grand traité de soi-disant “libre-échange” Trans-Pacific Treaty (TTP) qu’ils essaient d’imposer à l’ensemble Pacifique-Asie, – c’est-à-dire à un ensemble de pays dont la Chine est soigneusement exclue (l’Australie, le Brunei, le Canada, le Chili, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle Zélande, le Pérou, Singapour, les USA et le Vietnam).

 

L’intérêt de ce qui apparaît être un blocage empêchant la conclusion des négociations pour la troisième année de suite est qu’il ne concerne pas le contenu du traité, mais bien le fonctionnement du pouvoir aux USA. Nombre de pays, dont le Canada et le Japon, refusent de boucler un accord si le président n’obtient pas le vote par le Congrès de la loi Trade Promotion Authority (TPA), qui est une version spéciale pour le TPP de la Fast-Track Authority requise en général par un président pour négocier et conclure un traité. (Il s’agit d’une loi qui affirme l’accord du Congrès de ne voter que par “oui” ou par “non” lorsque le traité lui sera présenté, et de se priver du droit d’introduire des amendements.) Une telle possibilité d’obtenir la TPA semble impossible pour 2015, encore plus pour 2016 (l’année de l’élection présidentielle) et ainsi de suite. Il s’agit encore d’un avatar du conflit absolument paralysant à Washington entre l’exécutif et le législatif, entre le président démocrate et haï des républicains, et le Congrès républicain. (Du côté du TTIP transatlantique, également en négociation, l’UE s’est-elle aperçue de quelque chose à cet égard? Nous-mêmes avions souligné cet obstacle fondamental de la FTA [voir les 10 janvier 2014 et 1er février 2014]… [Sur le TTIP, voir Jacques Sapir, ce 4 avril 2015.])

On a une confirmation de plus que la paralysie-impuissance du pouvoir washingtonien constitue l’une des facettes les plus impressionnantes et les plus efficaces de la décadence-désintégration de la puissance US. Le site WSWS.org du 4 avril 2015 donne un compte-rendu de la situation actuelle des négociations, dont nous extrayons les passages concernant ce blocage.

«Après avoir échoué à empêcher d’autres pays de se joindre à la nouvelle Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (Infrastructure Investment Bank ou AIIB) dirigée par la Chine, le gouvernement étasunien fait face à des difficultés opérationnelles dans sa tentative la plus conséquente à ce jour de dominer la région Asie-Pacifique: à savoir le Partenariat Trans-Pacifique (TPP).

»À Hawaï, le mois dernier, les 12 gouvernements concernés se sont séparés sans accord, à l’issue du dernier round des pourparlers sur le TPP qui durent depuis cinq ans. Pour la troisième année consécutive, la date limite qu’avait définie de la Maison Blanche pour parvenir à un accord final semble devoir être dépassée en 2015. De manière significative, la principale pierre d’achoppement cette fois-ci n’était pas les différends habituels entre les Etats-Unis et le Japon sur les marchés de l’automobile et les marchés agricoles, mais les doutes sur la capacité du président Barack Obama à obtenir l’approbation du Congrès pour signer le pacte. […]

»… La volonté de nombre de ces pays de faire toutes les concessions nécessaires aux États-Unis a été ébranlée par l’échec d’Obama à faire voter la loi Autorité de promotion des échanges (Trade Promotion Authority ou TPA), qui lui permettrait de signer le PPT, puis de le faire ratifier par le Congrès par un vote restreint à « oui » ou « non ». Sans TPA, le Congrès pourrait imposer des amendements au pacte, ce qui le frapperait de nullité. Selon le Japan Times: ‹Plusieurs partenaires dans la négociation, dont le Canada et le Japon, ont déclaré publiquement qu’ils ne dévoileraient pas leurs positions de négociation finales tant que le Congrès n’aura pas accordé le TPA à l’administration Obama. Du fait de l’imminence de l’élection présidentielle aux États-Unis, si la signature de l’accord sur le TPP est encore retardée, il risque fort de ne pas être signé avant 2017.›

»La résistance du Congrès étasunien est grandement due à ses liens avec des lobbys protectionnistes issus des industries nationales et de leurs syndicats …»

Traduction des parties en anglais : Dominique Muselet

19:05 06.04.2015(mis à jour 19:29 06.04.2015) URL courte
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Au cours des trois premiers mois de 2015, le rouble est passé de la plus faible à l'une des plus fortes monnaies du monde, estime l'agence Bloomberg.

La hausse du rouble a réfuté les prévisions de la plupart des experts occidentaux qui n'ont pas pris en compte le principal facteur de l'appréciation de la monnaie russe: le cessez-le-feu en Ukraine, rapporte l'agence Bloomberg. 

"Au cours des trois premiers mois de 2015, le rouble est passé de la plus faible à la meilleure monnaie du monde, réfutant les pronostics des analystes les plus perspicaces", affirme Bloomberg.   

Selon l'agence, la chute des cours du pétrole jusqu'au minimum d'il y a six ans et la réduction des taux d'intérêt sont passées au second plan, cédant la première place à la trêve dans le Donbass.  

Afin d'évaluer la dynamique du rouble, les investisseurs doivent suivre les événements dans l'est de l'Ukraine, affirme Simon Quijano-Evans, chef de la recherche sur les marchés émergents à la Commerzbank de Londres.  

Au premier trimestre de 2015, le rouble s'est apprécié de 4,4%, et ce malgré le fait que la Banque centrale de Russie a réduit le taux directeur de 300 points de base et que le cours du baril était de 29% inférieur à son cours d'il y a trois mois.   

Le succès remporté au premier trimestre pourrait se poursuivre au deuxième, estime Tatyana Orlova, économiste en chef responsable de la Russie à la Royal Bank of Scotland Group Plc. Selon elle, d'ici fin juin, la monnaie russe pourrait s'apprécier de 5,1% par rapport au billet vert, passant à 55,4 roubles pour un dollar.

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