YEMEN : AUCUN OBJECTIF DE L'AGRESSION N'A ETE ATTEINT JUSQU'A PRESENT

 
  Par Samer R. Zoughaib

A part le massacre de centaines de civils et la destruction de l'infrastructure de l'un des plus pauvres pays arabes, l'agression saoudo-américaine contre le Yémen n'a atteint aucun de ses objectifs affichés.

Les avions de la coalition conduite par l'Arabie saoudite poursuivent, depuis le 25 mars, la destruction du Yémen. Le bilan des pertes humaines est très élevé: plus de 520 morts et 1700 blessés, en majorité des civils, selon l'Onu, nettement plus selon des sourcesYémen: aucun objectif de l'agression n'a été atteint jusqu'à présent. yéménites.   

Le fait d'arme le plus glorieux des F 15 et des F 16 de fabrication américaine, qui pilonnent sans relâche le pays, est le massacre des réfugiés du camp d'Al-Mazrak, dans le nord-ouest du pays: au moins 40 morts et 200 blessés, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui travaille sur ce site. Autre «exploit» de la coalition, le bombardement d'une laiterie à Hodeida, qui a fait 37 morts et 80 blessés parmi les employés.

Les avions de la coalition ont en outre détruit des milliers d'habitations, des dizaines de routes et de ponts, et de nombreuses administrations publiques.

Des objectifs confus

L'absurdité de la campagne militaire de l'Arabie saoudite se vérifie tous les jours davantage. Il y a, tout d'abord, une confusion totale qui entoure les objectifs de cette agression. En effet, toute guerre doit servir des buts bien précis, sinon elle n'a aucune utilité.

Dans le cas du Yémen, les dirigeants saoudiens ont déjà énoncé trois objectifs: 1-le rétablissement du «pouvoir légitime», représenté par le président provisoire démissionnaire et dont le mandat est achevé, Abed Rabbo Mansour Hadi; 2-obtenir la reddition des combattants de Ansarallah; 3-empêcher l'Iran de contrôler le détroit de Bab al-Mandab, par où transitent tous les jours 3,8 millions de barils de brut.  

Après dix jours de raids, aucun de ces trois objectifs n'a été atteints, pas même partiellement. L'ex-président provisoire Hadi a fui Aden et s'est réfugié en Arabie saoudite. A partir de sa cachette, il supplie les Saoudiens et leurs alliés d'intervenir au sol, c'est-à-dire il appelle à l'invasion de son pays par des troupes étrangères.

Ensuite, malgré la violence des bombardements et la puissance de feu utilisée par les Saoudiens, Ansarullah poursuit sa progression sur le terrain, aux côtés de l'armée yéménite. Ils sont arrivés à Aden et ont pris une grande partie de la ville, bastion de Hadi. Non seulement les Houthis n'ont pas rendu leurs armes, comme l'exigent les Saoudiens, mais ils ont gagné du terrain.

Le troisième objectif, à savoir empêcher l'Iran de prendre le contrôle de Bab al-Mandab, est irréaliste et participe d'une grotesque propagande, car les Iraniens ne sont pas présents au Yémen. Cependant, là aussi les Saoudiens ont échoué, car les alliés de Téhéran, Ansarullah, sont arrivés jusqu'à ce détroit stratégique.

Echec inévitable

L'Arabie saoudite tente par ailleurs de donner des dimensions nationaliste ou communautaire à son agression. Tantôt ils prétendent que la confrontation actuelle est entre les Arabes et les Perses. Mais les Turcs, qui ont appuyé l'agression contre le Yémen, sont-ils des Arabes? Les Pakistanais sollicités par Riyad -mais qui ont refusé de prendre part à cette aventure sanglante- sont-ils des Arabes?

Tantôt ils affirment que la confrontation est entre les sunnites et les chiites. Mais les experts savent très bien que le conflit yéménite n'a rien à voir avec la question chiite et sunnite, d'autant que les bombes saoudiennes ne font aucune différence entre zaydites, chiites duodécimains et sunnites chaféites.

Les souffrances infligées aux Yéménites ne sont pas nouvelles. De nombreux peuples de la régions ont subi des agressions similaires, comme les Libanais et les Palestiniens. Toutefois, les agresseurs, qu'ils soient «Israéliens», Américains ou autres, ont à chaque fois essuyé des défaites cuisantes.

L'échec inévitable de l'Arabie saoudite au Yémen va se traduire par des règlements de compte à l'intérieur de la famille royale des Saoud. Des figures de proue du régime vont certainement payer le prix de la défaite, comme ce fut le cas pour le prince Bandar Ben Sultan, qui a été remercié après ses déconvenues en Syrie, où il n'a pas réussi à renverser le président Bachar al-Assad, comme il s'était engagé à le faire.

Source: french.alahednews
04-04-2015 | 09:47

http://www.french.alahednews.com.lb/essaydetails.php?eid=14619&cid=324#.VSFVkJNCfao

 

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