Afghanistan

AFGHANISTAN : QUELQUES 500 CAMIONS-CITERNES DETRUITS PAR UN INCENDIE A LA FRONTIERE IRANIENNE

Des centaines de camions-citernes détruits dans un incendie à la frontière iranienne

 Depuis 2 heures  14 février 2021

Les camions ont été totalement incendiés par les frappes saoudiennes

Les camions ont été totalement incendiés par les frappes saoudiennes

 Afghanistan - Monde islamique

 

Des colonnes de flammes et de fumée incendie en Afghanistan, à l’un des plus importants postes-frontières avec l’Iran, où des camions-citernes ont brûlé. Images obtenues par Reuters d’une tierce partie

Plusieurs centaines de camions-citernes ont été détruits samedi dans un incendie en Afghanistan à l’un des plus importants postes-frontières avec l’Iran, causant des millions de dollars de pertes, ont annoncé des responsables dimanche.

Selon le chef de la chambre de commerce de Herat (ouest de l’Afghanistan), Younus Qazi Zada, ce sont quelque 500 camions qui ont été détruits dans l’immense brasier, soit une perte d’environ 50 millions de dollars, « mais un chiffre plus précis sera disponible dans les prochains jours ».

Plus tôt, Jailani Farhad, porte-parole de gouverneur de la province de Herat, avait indiqué après s’être rendu sur les lieux qu’au moins « entre 100 et 200 camions ont été détruits ». « Nous avons besoin de plus de temps pour déterminer l’ampleur des dommages », avait-il dit.

Environ vingt blessés ont été emmenés à l’hôpital à la suite de l’incendie, qui a débuté samedi en début d’après-midi au poste-frontière d’Islam Qala, a ajouté M. Farhad, un chiffre confirmé par des responsables de santé. Alors que les pompiers s’employaient à éteindre le feu, des pilleurs se sont introduit sur les lieux, a aussi raconté M. Zada. « Malheureusement, des voleurs sans vergogne ont pillé un grand nombre de biens », a-t-il ainsi dénoncé.

Samedi soir, des vidéos postées en ligne montraient l’incendie gigantesque et les énormes nuages d’épaisse fumée noire qui s’élevaient dans le ciel. Un photographe de l’AFP qui s’est rendu sur les lieux de l’incendie dimanche a décrit des flammes et de la fumée flottant toujours au-dessus des carcasses calcinées des véhicules.

Les forces de sécurité ont ouvert dimanche le feu sur un véhicule, tuant un homme, car le conducteur ne s’était pas arrêté à un poste de contrôle établi pour protéger le bureau de douane des pilleurs. Des centaines de personnes se disant propriétaires de camions se sont rassemblées autour du cordon de police dans l’espoir de s’approcher du site de l’incendie.

Selon le ministère des Finances, se référant à des premiers rapports, le feu aurait pris dans un camion. Une délégation a été envoyée de Kaboul pour enquêter, a encore précisé le ministère. Une grande partie de la province de Herat n’avait pas d’électricité dimanche, car des lignes électriques ont été endommagées.

Fuites vers l’Iran

Islam Qala est l’un des plus importants passages frontaliers d’Afghanistan. Kaboul a reçu une exemption de la part de Washington lui permettant d’importer de l’essence et du gaz iraniens malgré les sanctions américaines.

La frontière « était ouverte pour les camions, voitures et personnes fuyant l’incendie vers l’Iran », a raconté Saeed Khatibzadeh, porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien. Selon le vice-président afghan Amrullah Saleh, des centaines de camions ont pu entrer en Iran pour se mettre à l’abris. Des pompiers afghans et iraniens sont toujours sur les lieux, a précisé M. Farhad.

Prenant avantage de la situation, les talibans ont attaqué samedi un poste de sécurité voisin pendant l’incendie, a-t-il déploré. Ces derniers attaquent régulièrement les camions-citernes qu’ils soupçonnent d’approvisionner les troupes étrangères en Afghanistan.

En 2014, les insurgés ont revendiqué une attaque près de Kaboul qui a détruit plus de 200 camions-citernes mais rien n’indique que le groupe soit responsable de l’incendie de samedi. Des forces de sécurité ont tout de même été déployées autour du poste-frontière.

Malgré les pourparlers de paix entre les talibans et Kaboul ouverts en septembre à Doha, pas une journée ne se passe dans le pays sans une explosion, des attaques contre les forces gouvernementales ou un assassinat ciblé. Ces négociations inter-afghanes sont aujourd’hui au point mort.

Sitôt le président des Etats-Unis Joe Biden entré en fonction, son administration a ordonné un réexamen de l’accord signé avec les talibans en février 2020 à Doha, qui prévoit le retrait total des forces américaines d’Afghanistan d’ici le 1er mai.

Source: AFP

https://french.almanar.com.lb/2009009

AFGHANISTAN : LA CIA FRAPPEE

Les agents de la CIA visés en Afghanistan

Thursday, 14 January 2021 7:17 PM  [ Last Update: Thursday, 14 January 2021 7:17 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Explosion près du camp Chapman dans la province de Khost en Afghanistan. ©AFP/Archives

La base de la CIA dans la province de Khost en Afghanistan, appelée « Camp Chapman », a été la cible d'un attentat suicide, au début du mois de décembre. Cet incident meurtrier n'avait pas été rapporté et confirmé par les responsables afghans et américains.

C'est le magazine américain Foreign Policy qui a révélé l'attaque. Il rapporte que quatre forces de sécurité de la province de Khost formées par la CIA, trois autres soldats afghans et six civils ont été tuées. Les faits ont été dissimulés par les médias locaux et internationaux. 

« Malgré les demandes, ni Washington ni la mission de l'OTAN en Afghanistan n'ont fourni d'informations sur l'attaque. Immédiatement après l'incident, l'armée afghane et la police de Khost n'ont pas été autorisés à accéder aux lieux de l'attentat », explique le magazine. 

Le ministère afghan de l'Intérieur ne détient aucun document et le porte-parole du gouverneur de Khost a déclaré que les forces affiliées à la CIA n'ont partagé aucune de leurs informations sur l'explosion.

Afghanistan: Base US criblée de missiles

Afghanistan: Base US criblée de missiles

Cinq roquettes ont été tirées samedi sur la base aérienne américaine de Bagram (nord-est) en Afghanistan.

Michael Kogelman, chercheur à l'Institut Wilson, a déclaré à ce propos que « les États-Unis retirent leurs troupes d'Afghanistan alors que leurs bases sont toujours ciblées dans ce pays et que le peuple américain n'a pas le droit d'en être informé. L'administration Trump cherche à montrer que c’est à la suite de l’accord de paix qu'elle quitte l'Afghanistan, mais cette attaque vient saper cette image. Nous parlons ici d'une attaque meurtrière contre la base américaine, alors qu’en vertu de l'accord avec les talibans, les forces américaines ne doivent pas être ciblées ». 

« Vers 15 heures, le 2 décembre 2020, un véhicule blindé Humvee a explosé dans le parking de la base, une explosion qui a été entendue dans toute la ville », précise le magazine.

Aucun groupe n'a revendiqué l'attaque et malgré les demandes de Foreign Policy, le porte-parole des talibans a refusé de faire de commentaire.

Lire aussi : Le Pentagone se retire de l’Afghanistan pour s’implanter au Tadjikistan

Le personnel de la base a confirmé que les troupes américaines étaient présentes à Chapman au moment de l'attaque, et un responsable du ministère de l'Intérieur afghan a déclaré que suite à l’attentat, des enquêteurs criminels de la base de Bagram sont arrivés sur les lieux.

Retrait US d’Afghanistan: une «blague» (Russie)

Retrait US d’Afghanistan: une «blague» (Russie)

« Il y a trop de bruit sur les déclarations de Trump sur le retrait accéléré des troupes d’Afghanistan, alors qu’il est en fait peu probable que cela change de manière significative la situation sur le terrain », a déclaré le représentant spécial du président Poutine pour l’Afghanistan.

Kogelman a poursuivi : « Si l'attaque est menée par les talibans, c'est une violation flagrante de l'accord USA/taliban. Le texte de l'accord est très clair : les talibans ne menaceront pas les forces américaines en Afghanistan. »

Lire aussi : Les troupes US évacuées de 5 bases en Afghanistan ? Oui, mais...

L'attaque contre le camp Chapman n'est pas la première attaque contre les forces américaines depuis la signature d’un accord de paix avec les talibans. Début juin, le New York Times a rapporté que les talibans avaient tiré des roquettes sur le camp de Bastion et le camp Dwyer dans la province d'Helmand, mais cela n’a pas été confirmé par les autorités américaines.

https://french.presstv.com/Detail/2021/01/14/643035/Afghanistan-la-CIA-frappee

AFGHANISTAN : HAUSSE MASSIVE DES VICTIMES CIVILES TUEES PAR DES RAIDS AMERICAINS PENDANT LE MANDAT DE TRUMP

Afghanistan: hausse «massive» des victimes civiles tuées par des raids américains depuis 2017

Afghanistan: hausse «massive» des victimes civiles tuées par des raids américains depuis 2017

folder_openAsie access_timedepuis 10 heures

starAJOUTER AUX FAVORIS

 

Par AlAhed avec AFP

La multiplication des raids aériens américains en Afghanistan pendant le mandat de Donald Trump a provoqué une hausse «massive» du nombre de victimes civiles depuis 2017, selon une étude rendue publique lundi.

Les États-Unis ont choisi en 2017 de lever les restrictions imposées jusque-là aux forces américaines en Afghanistan pour mener des frappes aériennes contre les talibans, «ce qui a conduit à une hausse massive des victimes civiles», indique cette étude de l'Institut Watson pour les relations internationales de l'université Brown (Rhode Island).

Entre 2016, la dernière année de l'administration Obama, et 2019, dernière année pleine de l'administration Trump, le nombre de civils tués par des raids aériens a augmenté de 330%, précise le document qui se base sur des chiffres de la mission de l'ONU en Afghanistan.

En 2019 seulement, 700 civils afghans ont été tués dans des bombardements, le bilan annuel le plus élevé depuis 2001 et 2002, premières années de la guerre en Afghanistan, selon cette étude.

«Les États-Unis ont en partie multiplié les frappes aériennes parce qu'ils avaient moins de troupes sur le terrain, mais aussi parce qu'ils considèrent (...) que c'est efficace pour amener l'ennemi à la table des négociations», a noté Neta Crawford, co-directrice du projet «Cost of War» à l'université de Brown.

De fait, il y a eu plus de bombes larguées en 2018 et 2019 qu'au plus fort de la présence militaire américaine en Afghanistan en 2011, a-t-elle ajouté.

Depuis «l'accord de paix» signé entre les États-Unis et les talibans en février 2020, c'est l'armée afghane qui a pris le relais et multiplié les frappes aériennes pour faire pression sur les talibans.

Depuis, l'armée de l'air afghane a fait «plus de victimes civiles que jamais dans son histoire», indique l'étude.

Pendant les six premiers mois de l'année, 86 civils afghans ont été tués et 103 blessés dans des frappes aériennes de l'armée afghane.

Au troisième trimestre, alors que le gouvernement et les talibans négociaient à Doha, le bilan a atteint 70 morts et 90 blessés.

«Tant qu'il n'y a pas de cessez-le-feu, les deux parties chercheront à obtenir un avantage tactique pendant les négociations. Il est probable que le bilan en vies humaines s'aggravera», conclut l'étude.

https://french.alahednews.com.lb/37865/341

ACCORD CHINE/IRAN : LE PREMIER IMPACT TOMBE

Afghanistan : l’arrivée d’une première cargaison d’exportation d’Iran

Thursday, 03 December 2020 5:41 PM  [ Last Update: Thursday, 03 December 2020 6:20 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Le train transportant le premier envoi de marchandises d'exportation iraniennes vers la province de Herat en Afghanistan, le 2 décembre 2020. (Bureau de presse du gouverneur de Herat)

La première cargaison d’exportation de provenance d’Iran est arrivé en Afghanistan via le chemin de fer Khawf-Herat tant attendu, qui devrait être officiellement inauguré dans les prochains jours pour stimuler le commerce afghan. Situé sur les frontières orientales de l’Iran, le chemin de fer reliera l'Afghanistan aux pays asiatiques et européens via l’Iran.

Cité par l'IRNA, un responsable local a déclaré hier, mercredi 2 décembre, que la première cargaison iranienne avec à sa charge 500 tonnes de ciment est arrivée en Afghanistan via le chemin de fer Khawf-Herat.

L’envoi a été expédié à titre d’essai afin d’identifier les problèmes et difficultés éventuels sur cette route, selon Jilani Farhad, le porte-parole du gouverneur de Herat.

Le chemin de fer, qui doit être ouvert dans moins de 10 jours par les hauts fonctionnaires des deux pays, reliera l'Afghanistan à l'Europe via le réseau ferroviaire Iran-Turquie mais aussi aux ports du sud de l’Iran, à l'Asie centrale et au Caucase, voire à l’Irak. 

Les citoyens afghans qui regardaient l'arrivée du train, ont dit qu'ils étaient « très heureux de voir un train dans leur lieu de vie pour la première fois ».

Lire aussi : Daech en Afghanistan : Iran/Russie sauront dissocier l’Inde des USA ?

Ils ont dit qu'ils coopéraient  « de tout cœur » avec les forces de sécurité afghanes pour assurer la sécurité de la voie ferroviaire et les envois d'exportation, estimant que le chemin de fer va certainement améliorer les conditions économiques des Afghans.

Le projet de chemin de fer est composé de quatre tronçons mesurant chacun 76 km de long : l'un de Khawf à Sangan en Iran et le second de Sangan au poste-frontière Chah-Sorkh, a précisé le porte-parole afghan.

Jilani Farhad a déclaré que la troisième partie, longue de 62 km, s'étend de Chah-Sorkh à Rozanak (ou Rahzanak) en Afghanistan. « Ces trois sections ont toutes été financées par l'Iran », a-t-il fait noter.

Lire aussi : Chabahar: l’envoi d’une deuxième cargaison humanitaire de l'Inde vers l’Afghanistan

La dernière partie du projet, qui a longtemps été présentée comme la seule option viable pour bâtir l’économie de l’Afghanistan, s’étend de Rozanak à Herat.

Le chemin de fer s’étendra jusqu’à Chabahar, dans le sud-est de l’Iran, stimulant le commerce de l’Afghanistan et dégelant les projets de son secteur minier pour exploiter ensuite des milliards de dollars de réserves minérales inexploitées.

Lire aussi : Mise en exploitation du corridor Inde-Chabahar-Afghanistan

Selon le gouverneur de la ville de Khawf dans la province de Khorasan-e-Razavi au nord-est de l’Iran, 4 200 milliards de rials ont jusqu’à présent été dépensés pour les trois tronçons du chemin de fer reliant Khawf en Iran à Herat en Afghanistan. Mais compte tenu des évolutions économiques et de l'augmentation des coûts, la valeur du capital investi est aujourd'hui estimée à 20 000 milliards de rials.

« Offrant une capacité d’exportation annuelle de 12 millions de tonnes de marchandises, l'exploitation de la voie ferroviaire Khawf-Herat joue un rôle important dans l'augmentation des exportations et des importations », a-t-il indiqué.

« Le chemin de fer Khawf-Herat contribue à la prospérité économique de l'Afghanistan et le développement des échanges entre l'Iran et ce pays », a-t-il ajouté.

« Avec la mise en place du chemin de fer Khawf-Herat, la chaîne de transport de marchandises et le point de connexion du couloir nord-sud seront achevés », a affirmé le responsable iranien ayant souligné la possibilité de connecter et de transiter les marchandises afghans par le transport ferroviaire vers les eaux libres et la mer d’Oman dans un avenir proche.

« Cet important projet a été achevé grâce aux efforts des experts iraniens qui même après l'exploitation de la ligne ferroviaire Khawf-Herat, s’engageront à former leurs confrères afghans pour une durée de six mois », a-t-il déclaré.

« En mettant en œuvre trois volets de l'important projet ferroviaire de Khawf à Herat, l'Iran a prouvé qu'il continuait de défendre le peuple afghan, qu'il était activement impliqué dans la reconstruction de ce pays et que les intérêts de l’Afghanistan sont liés à ceux de l’Iran », a conclu le responsable iranien.

Iran: la méga erreur de l’Inde?

Iran: la méga erreur de l’Inde?

L’Inde a réfuté l’affirmation des autorités iraniennes selon lesquelles elle ne faisait plus partie du projet ferroviaire Chabahar-Zahedan (sud-est de l’Iran), de hauts responsables indiens affirmant que New Delhi restait «déterminé» à financer et à construire le chemin de fer, qui fait partie intrinsèque du projet portuaire de Chabahar.

https://french.presstv.com/Detail/2020/12/03/639931/Afghanistan-l%E2%80%99arrivee-d%E2%80%99une-premi%C3%A8re-cargaison-d%E2%80%99exportation-d%E2%80%99Iran

 

AFGHANISTAN : L'AUSTRALIE RECONNAIT AVOIR TUE "ILLEGALEMENT" AU MOINS 39 CIVILS AFGHANS

L’Australie reconnaît avoir tué «illégalement» 39 civils en Afghanistan

folder_openAsie access_timedepuis 6 heures

starAJOUTER AUX FAVORIS

Par AlAhed avec AFP

Le plus haut responsable militaire de l'Australie a admis jeudi 19 novembre l'existence de preuves crédibles établissant que ses forces spéciales avaient «tué illégalement» au moins 39 civils afghans et non-combattants, après la publication d'une enquête menée pendant des années.

«Au peuple afghan, au nom de la force de défense australienne, je présente sincèrement et sans réserve mes excuses pour tout acte répréhensible de la part de soldats australiens», a déclaré le général Angus Campbell.

«Certaines patrouilles ont fait fi de la loi, des règles ont été enfreintes, des histoires inventées, des mensonges racontés et des prisonniers tués», a expliqué le chef de l'armée australienne.

Les vingt-cinq membres des forces spéciales accusés de méfait dans vingt-trois incidents ont laissé une «tache» sur leur régiment, sur les forces armées et sur l'Australie, a-t-il ajouté, recommandant des poursuites pour crimes de guerre.

«Ce bilan honteux comprend des cas présumés dans lesquels de nouveaux membres de patrouille ont été contraints de tirer sur un prisonnier afin d'effectuer leur premier meurtre, dans une pratique effroyable connue sous le nom de blooding», a aussi relevé le général Campbell.

Il a par ailleurs demandé la révocation de certaines médailles décernées aux forces d'opérations spéciales qui ont servi en Afghanistan entre 2007 et 2013.

Après les attaques terroristes du 11 septembre 2001, plus de 26.000 soldats australiens en uniforme ont été envoyés en Afghanistan pour combattre aux côtés des forces américaines et alliées contre les talibans, «Al-Qaïda» et d'autres groupes extrémistes.

Les troupes de combat australiennes ont quitté le pays en 2013, mais depuis, une série de récits souvent brutaux ont émergé à propos de la conduite des unités d'élite des forces spéciales.

Et depuis, les médias australiens se sont fait l'écho de nombre d'accusations très graves contre les forces australiennes, comme le cas d'un homme qui aurait été abattu pour faire de la place dans un hélicoptère, ou celui d'un enfant de six ans tué lors d'un raid contre une maison.

Le gouvernement avait initialement cherché à fermer les comptes de lanceurs d'alerte faisant état de ces accusations, alors que la police s'en prenait aux journalistes d'investigation les relayant.

L'affaire avait éclaté en 2017, quand la chaîne publique ABC avait publié les «Afghan files», une série d'enquêtes qui accusait les forces australiennes d'avoir tué des hommes non-armés et des enfants en Afghanistan.

La police avait en riposte ouvert une enquête sur deux journalistes d'ABC, Daniel Oakes et Sam Clark, soupçonnés d'avoir eu en leur possession des informations classifiées.

Une perquisition avait même eu lieu l'an passé au siège de la chaîne à Sydney, avant que l'enquête ne soit classée.

https://french.alahednews.com.lb/37585/341

 

AFGHANISTAN : LA CARTE SURPRISE IRAN/RUSSIE

Daech en Afghanistan : Iran/Russie sauront dissocier l’Inde des USA?

 
US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

La police afghane en patrouille dans le district de Dand. ©Reuters/Archives

Les pays de la région, dont l’Iran, la Russie et l’Inde, cherchent à reprendre les pourparlers alors que la situation en Afghanistan s’aggrave.

« Une réunion trilatérale entre l’Iran, la Russie et l’Inde sur l’Afghanistan s’est tenue mardi 3 novembre à Moscou, à l’issue de laquelle, les envoyés spéciaux des trois pays se sont dits préoccupés par la montée de l’extrémisme et du terrorisme. Soutenant l’instauration de la paix et de la stabilité en Afghanistan, les parties ont prôné pour la coopération régionale pour consolider la paix dans le pays », a affirmé l’expert des questions du Moyen-Orient, Pir Mohammad Molazehi, lors d’une interview avec l’agence de presse iranienne ISNA.

Lire aussi : Les troupes US évacuées de 5 bases en Afghanistan ? oui mais....

L’expert de poursuivre : « Vu les différends entre la décision du gouvernement afghan et ce que les talibans ont à l’esprit, il va de soi que les pourparlers entre les deux parties sont au point mort. Quant à l’accord initial conclu par les Américains avec les talibans, il s’agit d’une autre question. Mais, force est de constater le nombre d’attentats terroristes lancés tant par les talibans que par Daech, est en augmentation. Revendiqué par Daech, le dernier en date contre l’université de Kaboul a laissé une vingtaine de morts, les étudiants pour la plupart. »

« En tant que pays influents de la région, l’Iran, la Russie et l’Inde font partie du processus de paix en Afghanistan et fournissent donc des efforts dans ce sens. À l’heure qu’il est, la paix en Afghanistan pourrait être traitée par deux aspects ; d’une part, l’influence des pays de la région dans les pourparlers inter-afghans et de l’autre, les Américains qui estiment que les négociations devraient se poursuivre dans le sens de l’accord qu’ils ont conclu avec les talibans », a-t-il indiqué.

« Les talibans participent aux pourparlers qu’exigent l’Iran, la Russie et l’Inde et même le Pakistan et le Qatar, mais tout en intensifiant leurs opérations militaires. Bien que les récentes attaques aient été imputées à Daech, les talibans ne peuvent en aucun cas prétendre qu’ils n’y étaient pour rien », a-t-il fait noter.

Soulignant que l’Iran, l’Inde et la Russie ont des intérêts communs dans le processus de paix en Afghanistan, l’expert iranien a conclu : « Les pays influents de la région tentent de remédier à une crise qui s’aggrave de plus en plus en dans un Afghanistan où le non-rétablissement de la paix menace la sécurité de toute la région, en raison du renforcement de Daech dans le pays. »

EN SINGEANT UN RETRAIT D’AFGHANISTAN, LES USA METTENT LE CAP SUR L’ASIE CENTRALE AVEC EN LIGNE DE MIRE LA CHINE

«En singeant un retrait d'Afghanistan, les USA mettent en effet le cap sur l’Asie centrale »

 
US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Nouveau scénario cauchemardesque US en Asie centrale. (Photo à titre d'illustration)

Dans une note adressée à un correspondant de l'agence de presse iranienne Fars, Alexandre Kniazev, un expert politique russe, a examiné les objectifs en coulisse de la visite du chef du commandement central américain « Centcom » dans les pays d'Asie centrale.

« La visite de Kenneth Mackenzie, commandant des terroristes du Centcom, à Tachkent, Nur-Sultan et Douchanbé devrait faire partie du projet américain visant à faire impliquer davantage des pays de  l'Asie centrale dans le dossier afghan et partant dans le bloc politique Delhi-Kaboul-Tachkent », lit-on dans cette note.

Selon l’expert russe, la coopération militaire des pays de la région avec les États-Unis fait partie d'un projet plus large:

« Quelques jours avant la visite du général américain en Asie centrale, la première réunion trilatérale États-Unis-Afghanistan-Turkménistan a été consacrée à la question de l'adhésion de l'Afghanistan au format «5 + 1» (cinq pays d'Asie centrale et les États-Unis).

L'annonce de la tenue de formats trilatéraux États-Unis-Afghanistan-Ouzbékistan et États-Unis-Afghanistan-Tadjikistan peut également être envisagée.

Le 20 octobre, une délégation ouzbèke dirigée par le vice-Premier ministre Sardor Umurzakov, a rencontré le président afghan, Ashraf Ghani, à Kaboul. Les parties ont discuté d'un large éventail de questions liées à la coopération politique, diplomatique, commerciale et économique, ainsi qu'aux investissements industriels et culturels. Simultanément, le président ouzbèke, Chavkat Mirzioïev a reçu à Tachkent le général Kenneth McKenzie, en visite de travail en Ouzbékistan.

Le russe Kniazev croit que Tachkent sera à même d'assurer ses intérêts en Afghanistan avec des garanties américaines.

L’accueil réservé à Mackenzie par les présidents de l'Ouzbékistan et du Tadjikistan souligne l'importance que Tachkent et Douchanbé accordent à une telle coopération et interaction.

Ce général américain a également rencontré le ministre kazakh de la Défense Nourlan Yermekbaiev, ce qui traduit les tentatives de Washington pour attirer davantage de pays dans la région pour rejoindre le bloc susmentionné.

Bien sûr, il est clair que Washington n'envisage pas un retrait militaire complet d'Afghanistan. Le nombre d'unités du Pentagone pourrait diminuer dans un proche avenir en Afghanistan et leur rôle sera confié aux sociétés militaires privées, qui sont en fait créées par les États-Unis et sont entièrement sous leur contrôle.

Le but politique de la présence militaire américaine en Afghanistan est d'assurer la formation d'un bloc politique Delhi-Kaboul-Tachkent (dans lequel Tachkent jouera un rôle régional) qui peut influencer la région d'Asie centrale et la région de la mer Caspienne, ainsi que le Xinjiang en Chine. Ce bloc a pour but d’empêcher la mise en œuvre de projets transfrontaliers de «Pékin».

Lire plus:Le corridor martitime anti-sanctions US s'étend 

Zamir Kaboulov, l'envoyé spécial du président russe pour l'Afghanistan, a réaffirmé que le plan de Donald Trump de retirer les troupes américaines d'Afghanistan n'est rien de plus qu'un slogan électoral.

https://french.presstv.com/Detail/2020/11/01/637670/Etats-Unis-Asie-centrale-Caucase-Chine-Russie-Afghanistan-Ouzb%C3%A9kistan--

 

LE PENTAGONE SE RETIRE DE L'AFGHANISTAN POUR S'IMPLANTER AU TADJIKISTAN

Le Pentagone se retire de l’Afghanistan pour s’implanter au Tadjikistan

 
US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Le général américain Kenneth McKenzie, commandant du CentCom, rencontre le président tadjik Emomali Rahmon, le 22 octobre 2020. ©president.tj

En Afghanistan, les Américains ont finalement fait la paix avec le groupe qu’ils voulaient combattre au cours de deux décennies. L’Asie centrale sera-t-elle la prochaine destination des GI’s ?

Nombreux sont les experts et analystes pour qui la présence des États-Unis en Afghanistan ne leur a apporté qu’un échec cuisant, pour autant, Washington n’est toujours pas prêt à renoncer à ses projets en Afghanistan.

Selon les sources concordantes auprès du ministère tadjik des Affaires étrangères, le général McKenzie aurait remis au président Rahmon un plan secret du Pentagone pour établir une coopération avec le Tadjikistan. Les mêmes sources réaffirment que le plan du Pentagone prévoit le déploiement de forces américaines sur une base militaire dans le nord du Tadjikistan et par la suite, l’affaiblissement de la présence militaire de la Chine et de la Russie au Tadjikistan et la lutte contre les groupes terroristes en Asie centrale.

« Lors de cette rencontre, le président a promis au général américain de présenter à Washington, d’ici une vingtaine de jours, une délégation militaire et sécuritaire pour discuter des détails du plan du Pentagone afin que les deux parties puissent signer un accord officiel », ont rapporté les sources qui, ayant requis, l’anonymat, ont ajouté que ces négociations auraient lieu au Qatar, en présence de responsables du Pentagone et du Tadjikistan. 

Par ailleurs, certaines sources ont fait part d’une rencontre entre Yatimov et le général Austin Scott Miller, commandant des forces américaines et de l’OTAN en Afghanistan, lors de laquelle les responsables du Pentagone se seraient opposés au plan du coup d’État de Yatimov pour renverser Emomali Rahmon.

Lire aussi: Lutte antiterroriste : Russie et Tadjikistan entament des exercices conjoints près de l’Afghanistan

Il paraît que la visite éclair du général McKenzie au Tadjikistan, à peine quelques jours après l’annonce de la victoire définitive de Rahmon aux élections présidentielles, vise à imposer au président le cadre des coopérations américano-tadjikes au cours de son nouveau mandat. 
Tous ces rapports pourraient confirmer la décision des Américains de débarquer dans un coin sûr en Asie centrale, un meilleur endroit que l’Afghanistan. 

https://french.presstv.com/Detail/2020/10/29/637523/Afghanistan-Tadjikistan-Russie-Etats-Unis-McKenzie

 

TÉMOIGNAGE D'UN JOURNALISTE AFGHAN QUI A VISITE LA REGION OUÏGHOURE DU XINJIANG, EN CHINE

Témoignage d’un journaliste afghan qui a visité la région ouïghoure du Xinjiang

 Depuis 3 heures  29 juillet 2020

ouighours-jpg2

ouighours-jpg2

 Asie et Afrique - Chine

 

En décembre 2019, le journaliste afghan Hujjatullah Zia, qui est lui-même musulman, a visité le Xinjiang. Il a pu constater de visu que, contrairement aux allégations des médias occidentaux, les musulmans ouïghours n’étaient pas du tout victimes de génocide ou de mauvais traitements généralisés de la part des autorités chinoises. Au contraire, le gouvernement chinois faisait tout son possible pour améliorer la vie des habitants et les conditions économiques de la région. La répression s’abat uniquement sur les djihadistes de Daesh.

 

Le mausolée ouïgour de Abakh Khoja (1600-1640), région du Xinjiang

Le mausolée ouïgour de Abakh Khoja (1600-1640), région du Xinjiang
Le mausolée ouïgour de Abakh Khoja (1600-1640), région du Xinjiang

Le mausolée ouïgour de Abakh Khoja (1600-1640), région du Xinjiang

Les tensions entre la Chine et les États-Unis se sont intensifiées après le vote en 2019 par la Chambre des représentants de l’«Uighur Human Rights Policy Act». Les médias internationaux et les organisations de défense des droits humains prétendent que la Chine persécute la communauté ouïghoure et viole ses droits humains et ses croyances religieuses, allégations que Pékin a démenties. Qualifiant l’action américaine de politique délibérée visant à nuire à son image internationale, la Chine déclare qu’elle mène un programme de déradicalisation pour intégrer ses communautés.

Les responsables chinois disent qu’ils combattent l’extrémisme violent (CVE), y compris «les séparatistes, les extrémistes religieux et les terroristes», qui appellent le Xinjiang «Turkistan oriental».
Le Bureau d’information du Conseil d’État chinois a publié une brochure en juillet de cette année disant que jamais dans l’histoire de la Chine le Xinjiang n’a été qualifié de «Turkestan oriental» et qu’il n’y a jamais eu d’État portant ce nom. Selon le livret, au tournant du XXe siècle, des termes tels que «pan-turquisme» et «panislamisme» «ont fait des incursions au Xinjiang» et «les séparatistes en Chine et en dehors ont politisé le concept géographique et manipulé sa signification, incitant à tous les groupes ethniques parlant les langues turques à se joindre à la création de l’État théocratique du Turkestan oriental».

Une autre brochure publiée en mars a déclaré que les extrémistes religieux avaient hérité «des soi-disant théories du «pan-Turkistan» et du «panislamisme» créées par d’anciens colonialistes».

La stratégie de lutte contre le terrorisme de la Chine étant remise en question par les médias internationaux, la Chine s’inquiète de son image mondiale. En avril, la Chine a invité une délégation de médias de différents pays au Xinjiang, où cette délégation a visité le centre de formation professionnelle du comté de Wensu et le centre d’éducation et de formation professionnelle Moyu à Aksu. Les journalistes ont interviewé certains des étudiants qui y apprenaient. Dans leurs entretiens, les étudiants, qui étaient des musulmans ouïghours, ont déclaré avoir été radicalisés par des messages inconnus envoyés via WeChat, une application chinoise de médias sociaux. Nous avons également visité les résidences de certains musulmans ouïghours diplômés de centres de formation professionnelle. Ils ont exprimé leur joie et ont déclaré avoir été recrutés dans des entreprises ou avoir lancé leur propre entreprise après l’obtention de leur diplôme.

Le droit, les compétences et la langue chinoise font partie du programme des centres de formation professionnelle. Les étudiants, diplômés des centres, se familiariseront avec le droit chinois et apprendront des compétences pour avoir de bons revenus.

Nous avons également visité un institut islamique, où les étudiants pouvaient parler arabe et réciter le Saint Coran. L’institut était équipé d’installations modernes avec une mosquée dans la cour et un long couloir pour les ablutions. Les étudiants recevaient un paiement mensuel du gouvernement. Dans l’institut, un conférencier a déclaré qu’ils suivaient «le principe selon lequel l’islam devrait être pratiqué en respectant les conditions nationales chinoises» et que «l’islam devait être conforme aux caractéristiques chinoises du socialisme».

Nous avons aussi visité un musée, où étaient exposés des événements terroristes qui se sont déroulés au Xinjiang, ainsi que des clips vidéo montrant des membres du groupe de l’Etat Islamique tirant sur des civils et les massacrant.

L’ambassadeur de Chine à Kaboul, M. Wang Yu, a déclaré lors d’une conférence de presse ce mois-ci que le problème au Xinjiang n’était pas une question d’ethnie ou de religion mais de lutte contre l’extrémisme, le terrorisme et le séparatisme. Il a expliqué que pour protéger les gens ordinaires, la Chine avait sévi contre les réseaux terroristes violents et ouvert des centres d’enseignement et de formation professionnels pour éduquer les personnes qui, touchées par l’idéologie extrémiste, avaient une légère tendance à commettre des crimes, afin de rectifier leurs idées extrémistes, leur enseigner gratuitement des compétences professionnelles et aussi leur permettre de trouver un emploi et de gagner leur vie. Il a ajouté que la mesure «a produit de très bons résultats».

Il a critiqué les États-Unis et d’autres pays occidentaux pour «interférence avec la Chine au nom des droits de l’homme».

Le discours chinois est que le pays lutte contre les extrémistes religieux, les terroristes et les séparatistes conformément aux lois nationales y compris la Charte des Nations Unies.

Outre la création de centres d’éducation et de formation, la Chine cherche à atténuer les défis grâce à l’autonomisation économique, principalement au Xinjiang, qui est la zone centrale de la nouvelle route économique de la soie, dans le cadre de l’Initiative Belt and Road. Le Xinjiang a en effet maintenu la stabilité sociale, réalisé une croissance économique et amélioré la vie de la population.

On dit que le revenu disponible pour les habitants urbains et ruraux du Xinjiang a été multiplié par 101 et 99 respectivement depuis 1978. Le tourisme est devenu un moteur important du développement économique de haute qualité du Xinjiang. L’année dernière, plus de 150 millions de personnes auraient visité le Xinjiang, ce qui fait une augmentation de 40% par rapport à l’année précédente.

Au Xinjiang, il y a «25 000 lieux pour les activités religieuses, dont 2.400 mosquées. En moyenne, il y a une mosquée pour 530 musulmans».

hujjatullah_zia

 

Par Hujjatullah Zia : écrivain permanent du Daily Outlook Afghanistan et rédacteur indépendant basé à Kaboul.

Sources: outlook afghanistan; La gazette du citoyen .

http://french.almanar.com.lb/1828026


 

MANLIO DINUCCI : TORPILLE BI-PARTISANE CONTRE L'ACCORD POUR L'AFGHANISTAN

L’Art de la guerre

 

Torpille bi-partisane contre l’accord pour l’Afghanistan

 

Manlio Dinucci

 

Des centaines de milliers de victimes civiles, plus de 2.400 soldats USA tués (plus un nombre non précisé de blessés), environ 1.000 milliards de dollars dépensés : c’est en synthèse le bilan des 19 années de guerre USA en Afghanistan, auquel s’ajoute le coût pour les alliés OTAN (Italie comprise) et d’autres qui ont été aux côtés des USA dans la guerre. Bilan de faillite pour les USA y compris sous le profil politico-militaire : la majeure partie du territoire est aujourd’hui contrôlée par les Talibans ou contestée entre ceux-ci et les forces gouvernementales soutenues par l’OTAN.
  Sur un tel fond, après de longues tractations, l’administration Trump a conclu en février dernier un accord avec les Talibans prévoyant, en échange d’une série de garanties, la réduction du nombre des troupes USA en Afghanistan de 8.600 à 4.500. Cela ne signifie pas le fin de l’intervention militaire USA en Afghanistan, qui continue avec forces spéciales, drones et bombardiers. L’accord, toutefois, ouvrirait la voie à une désescalade du conflit armé. Mais peu de mois après la signature, il a été rompu : non pas par les Talibans afghans mais par les Démocrates étasuniens. Ceux-ci ont fait passer au Congrès un amendement à l’Acte d’autorisation qui alloue 740,5 milliards de dollars pour le budget du Pentagone dans l’année fiscale 2021.  

  L’amendement, approuvé le 2 juillet par le Comité des services armés à grande majorité avec les votes des Démocrates, stipule de “limiter l’usage de fonds pour réduire le nombre de forces armées déployées en Afghanistan”. Il interdit au Pentagone de dépenser les fonds en sa possession pour toute activité qui réduise le nombre des soldats USA en Afghanistan au-dessous des 8.000 : l’accord, qui comporte la réduction des troupes USA en Afghanistan, se trouve ainsi de fait bloqué. Il est significatif que l’amendement ait été présenté non seulement par le démocrate Jason Crow mais aussi par la républicaine Liz Cheney, qui donne son aval un en un parfait style bi-partisan. Liz est la fille de Dick Cheney, vice-président des États-Unis de 2001 à 2009 dans l’administration de George W. Bush, celle qui décida l’invasion et l’occupation de l’Afghanistan (officiellement pour faire la chasse à Oussama Ben Laden).

  L’amendement condamne explicitement l’accord, en soutenant qu’il nuit aux “intérêts de sécurité nationale des États-Unis”, “ne représente pas une solution diplomatique réaliste” et “ne fournit pas de protection à des populations vulnérables”. Pour être autorisé à réduire ses propres troupes en Afghanistan, le Pentagone devra certifier que cela “ne compromettra pas la mission antiterrorisme des États-Unis”. Ce n’est pas un hasard si le New York Times a publié le 26 juin un article qui, sur la base d’informations fournies (sans aucune preuve) par des agents du renseignement USA, accuse “une unité du renseignement militaire russe d’avoir offert à des militants talibans une récompense pour tuer des soldats de la Coalition en Afghanistan, en prenant pour cible surtout les américains”. La nouvelle a été diffusée par les principaux médias USA sans qu’aucun chasseur de fake news n’en mette en doute la véridicité. 

  Une semaine plus tard au Congrès est passé l’amendement qui empêche la réduction des troupes USA en Afghanistan. Ceci confirme quel est le but réel de l’intervention militaire USA/OTAN en Afghanistan : le contrôle de cette aire de première importance stratégique. L’Afghanistan est au carrefour entre Moyen-Orient, Asie centrale, méridionale et orientale. Dans cette aire (dans le Golfe et dans la Caspienne) se trouvent de grandes réserves pétrolifères. Se trouvent la Russie et la Chine, dont la force est en train de croître et d’influer sur les assises mondiales. Comme avait prévenu le Pentagone dans un rapport du 30 septembre 2001, une semaine avant l’invasion USA de l’Afghanistan, “la possibilité existe qu’émerge en Asie un rival avec une formidable base de ressources”.
  Possibilité qui à présent est en train de se matérialiser. Les “intérêts de sécurité nationale des USA” imposent de rester en Afghanistan, quel qu’en soit le coût. 

 

Édition de mardi 7 juillet 2020 d’il manifesto

https://ilmanifesto.it/siluro-bipartisan-contro-laccordo-per-lafghanistan/