Afrique

MALI, OCTOBRE 2020 : USURPATION MILITAIRE DE L'AVENIR NATIONAL IMMEDIAT

MALI, octobre 2020: Cette usurpation militaire de l’avenir national immédiat

La fin impérieuse et prévisible du régime IBK (Ibrahim Boubacar Keïta)

Mondialisation.ca, 17 octobre 2020
 

Au Mali, à peine tombé de l’arbre comme un fruit plus que trop mûr, le régime d’« IBK » (Ibrahim Boubacar Keïta, photo en vedette) s’effaça à partir du 18 août dernier pour laisser place à une période d’incertitudes, de flottements, de non-dits, de négociations sécrètes et moins sécrètes, de compromissions, de fausses promesses et in fine … d’amers constats. 

Deux mois après l’arrestation d’IBK et sa démission subséquente, le CNSP, Comité National pour le salut du peuple, fait et défait à sa guise, ou presque. Ayant eu de négociations sérieuses seulement avec … la CEDEAO., Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest. Ah la CEDEAO ! … cette entité « économique » sous-régionale africaine, pilier central de la Françafrique, levier du système néocolonial, qui est devenu le « syndicat de copropriété » de présidents autocrates et véritables tyranneaux, contestés et contestables, s’éternisant au pouvoir dans leurs pays respectifs, les A. Dramane Ouattara, les Faure Gnassingbé, les Alpha Condé… par exemple. Au lendemain de la chute d’IBK ils décidèrent illico un blocus économique, l’embargo sur les flux commerciaux et financiers, et des sanctions politiques, contre le Mali, avec la fermeture des frontières, le Mali étant un énorme pays mais enclavé, sans côtes maritimes. 

 

Nettement depuis début juin 2020, et bien avant pour les luttes précédentes, le M5-RFP, Mouvement du 5 juin – Rassemblement des Forces Patriotiques [1], menait un ensemble de luttes politiques et de résistances sociales depuis le vendredi 5 juin 2020, afin d’obtenir la démission du président Ibrahim B. Keita dit « IBK », l’homme de la France. Accusé de truquer les résultats définitifs des élections législatives de mars/avril 2020 pour se créer de toutes pièces une majorité à l’Assemblée nationale avec l’assentiment de la Cour constitutionnelle. Elu en 2013 à la hâte, mal réélu en 2018, sans majorité parlementaire réelle et véritable depuis 2018, mauvais gouvernant, à la tête d’un pouvoir entaché de scandales et noyé dans la corruption, cette deuxième présidence IBK ne pouvait que tomber tôt ou tard, même plus tôt que plus tard. 

Le vendredi 5 juin 2020 à 17h IBK tenait bon, ne démissionna point, droit dans ses bottes.  Malgré l’ultimatum annoncé par la coalition M5-RFP.  Droit dans ses bottes tel le premier ministre français Alain Juppé en novembre 1995, face à une grève nationale intersyndicale massive qui terrassa son « Plan Juppé ». Si IBK ne partit le 05 juin 2020 à 17h de son palais présidentiel, à Koulouba, les pronostics les plus avisés ne donnaient pas cher de la fin de son mandat de cinq ans, en 2023.

Le grand mouvement social du M5-RFP, véritable mouvement politique, certes étant une vaste coalition hétéroclite, articulé autour du mot d’ordre de départ d’IBK, exigence non-négociable, durait depuis deux mois et demi. Et ce fut une expression sociale et politique ayant de longs antécédents de contestation du régime en place. L’« ibekaîsme » avait ses jours comptés. Le M5-RFP, avec ses victimes et ses martyrs, tombés, tués -une vingtaine de morts officiellement reconnus- en juillet, les 10 et 11 juillet, par la répression policière ordonnée par un IBK aux abois, avait gagné toute sa légitimité. IBK s’entêtant à rester coûte que coûte, ragaillardi voire enhardi par le soutien de ses consorts de la CEDEAO … et un peu plus discrètement par Paris.  

Si le coup de force des colonels maliens du 18 août 2020, qui refusèrent et refusent toujours de qualifier leurs actes comme coup d’Etat, n’eût même pas un mort ou des blessés, partis arrêter le président en titre et son premier ministre, ce fut grâce à la vaste action politique et sociale du M5-RFP, qui avait délégitimé et désavoué d’avance toute tentative du régime moribond de rester en place à tout prix. 

L’accaparement militaire du pouvoir politique

Le CNSP désigna le 21 septembre un colonel-major à la retraite, Bah N’Daw, ancien ministre de la Défense d’IBK en 2014, comme président intérimaire pour une période de transition de dix-huit mois, ayant prêté serment le vendredi 25 septembre. La tête connue des militaires rebelles, le colonel Assimi Goïta, se réserva la vice-présidence du régime de transition.  Désignant ensuite, le 27 septembre, comme premier ministre le diplomate de carrière Moctar Ouane, qui fut sept ans durant le ministre des affaires étrangères d’Amadou Toumani Touré, dit ATT. Le nouveau régime nomma le 05 octobre un gouvernement de vingt-cinq membres.[2]   

Le M5-RFP se retrouva comme le dindon de la farce, les idiots utiles ayant fait tout le travail social et politique, y compris payant en vies humaines, avec le sang versé, et dépossédés de leur protagonisme légitime, de toute participation centrale et respectable dans la conduite de la nation malienne en cette période d’intense crise. Un énorme coup de force à l’intérieur même du coup d’Etat qui se consolidait. La junte militaire des colonels ayant la volonté claire de cantonner le M5-RFP dans le rang de supplétifs, d’une opposition qui s’éternise si elle n’est point avenante avec les décisions du seul CNSP militaire.

Une « concertation nationale » tenue au Mali du 10 au 12 septembre s’acheva par l’élaboration d’une « Charte de la transition » servant de cadre juridique par-dessus la Constitution malienne, de feuille de route et lettre de mission, au gouvernement intérimaire qui devait être nommé. Lors de la présentation de la Charte par les colonels, ce document fut immédiatement dénoncé par cette principale force politique ayant obtenu la chute du régime IBK honnis, la coalition M5-RFP, ce document final ayant des passages jamais discutés mais rajoutés mystérieusement après les délibérations, et des textes consensuels présents à la fin des travaux mais supprimés après coup par des mains invisibles. Le tout étant des pratiques politiciennes, manigances antidémocratiques, que les militaires justement entendaient bannir puisque venus balayer la corruption d’un régime détesté [3].

La plus élémentaire modestie aurait obligé les colonels putschistes à reconnaître le besoin impératif de la participation intense de la classe politique renouvelée et de la jeunesse malienne émergeants, sinon de la nation entière, exprimée dans le M5-RFP, mais pas-que … bien entendu, pour la reconstruction du pays et la restauration institutionnelle indispensables. Le principe d’un gouvernement malien, fuse-t-il transitoire, émanant strictement du consentement clair des gouvernés, ne pouvait pas être écarté ainsi, d’un revers de main.  

Les nouvelles formes d’expression de la participation citoyenne dans les processus de prise de décisions politiques étaient, et sont, indispensables. Un régime transitionnel, sans légitimité institutionnelle, ni politique, ayant seulement le monopole de la force et de l’usage des armes, composé de militaires, technocrates, chefs communautaires, y compris d’anciens rebelles séparatistes, et de certains politiciens à l’ancienne [4], ne peut pas assurer ce très solide socle dont le Mali à besoin pour se reconstruire maintenant, maintenant et pas d’ici dix-huit mois. Or la Politique, ainsi avec des majuscules, comme exercice majeur de l’intelligence humaine, est bien plus l’art d’additionner le plus possible, d’agglutiner, plutôt que de soustraire, de diviser.  

Le régime de transition CNSP, ce détournement, une confiscation

Le monopole de la détention légale des armes, et de leur usage, des équipements, des infrastructures et d’autres biens et ressources de l’armée, est une délégation décidée par l’Etat, et donc par les Maliens, du fait de la souveraineté du peuple. Les militaires ne sont que mandatés, dépositaires à titre provisoire et précaire, missionnés pour une haute responsabilité bien précise, à savoir la défense du pays et la sécurité des citoyens, la protection du territoire national et du Peuple. Les militaires ne sont que détenteurs provisoires des armes et équipements. Ils ne sont pas les propriétaires. L’association des militaires, soldats ou officiers, n’est pas, ne peut pas être, un parti politique, ils sont rassemblés à l’intérieur d’une armée soumise à la hiérarchie et répondant aux pouvoirs civils, aux donneurs d’ordre légitimes, qui sont eux les civils redevables devant les citoyens, les électeurs.  

Le CNSP ne peut pas être un parti politique, car dans ce cas pour quoi serait-il le seul parti politique armé ? Se muter en garde prétorienne serait inconcevable, inadmissible. 

Les énormes défis et les urgences dans les domaines de la sécurité et de la défense, de la lutte antiterroriste, du recouvrement de la pleine souveraineté dans l’ensemble du territoire de l’Etat sans même qu’un mètre carré du pays ne manque, avec une armée non-équipée ou mal équipée, en sous-effectif chronique, avec manque de soldats et officiers suffisants et bien formés, loin d’être déployée sur tout le territoire de l’Etat, obligent à reconstruire, à refonder et à redimensionner l’institution militaire. 

Et tout cela sans distraire l’armée et ses hommes, sans l’embarquer en expériences hasardeuses, improvisées, au lendemain de la destitution du responsable de la sécurité présidentielle d’IBK [5], le 17 août 2020, ayant été le réel détonateur de la mutinerie à Kati, près de Bamako, devenue putsch un jour après. 

La privatisation, l’accaparement, à son bénéfice, par le CNSP militaire du pouvoir politique de l’Etat n’est que la vielle pratique politicienne des régimes tels celui d’IBK qui vienne justement de se faire éjecter. Alors, faire du nouveau à partir de vielles pratiques ?

Un pays n’est pas une caserne, ni une armée, ni peut être commandé comme une caserne ou comme une armée. Ni tout militaire est forcément, sauf preuve tangible et immédiate du contraire, l’incarnation d’un grand leader de l’émancipation nationale et sociale… comme le capitaine Thomas Sankara, assassiné voilà trente-trois ans déjà. On ne construit pas du neuf avec du vieux ou recyclé. 

Le recouvrement de la souveraineté nationale ne peut nullement se réaliser en piétinant, sans nullement respecter, cette autre souveraineté fondamentale, la souveraineté du Peuple, des Citoyens.  Or, au Mali, chacun peut et doit s’exprimer, choisir, avoir sa place en fonction de ses compétences et de son engagement déjà prouvé. Et des hommes de tout âge, jeunes ou moins jeunes, compétents, engagés et aguerris, ne manquent pas. 

Tout pays africain ne produit point tous les jours comme le Mali depuis son indépendance un Modibo Keïta ou un Abdoul Karim Camara, le jeune « Cabral », dont les Maliens sont toujours fiers. L’accaparement du pouvoir politique par le CNSP militaire ne présage que des contestations, des très fortes contestations … et des impasses. 

Si ce n’est pas son débordement militaire par les djihadistes et les terroristes de tout ordre qui, profitant des militaires des FAMA, Forces Armées du Mali,  distraits par la chose politique, tournant le dos à leur vrai métier et commettant ainsi négligences, erreurs tactiques et stratégiques [6], leur feront subir défaites [7] et lourdes pertes, tels les attaques à Sokoura[8], dans le centre du pays et près de la frontière avec la Burkina Faso, le 13 septembre, faisant vingt-quatre morts, entre soldats et civils. Le scénario est dressé.     

Luis Basurto

Notes :

1 https://www.afriquesenlutte.org/afrique-de-l-ouest/mali/article/mali-m5-rfp-mouvement-du-5-juin-rassemblement-des-forces-patriotiques 

2 https://www.maliweb.net/politique/urgent-la-liste-des-membres-du-gouvernement-de-la-transition-2898388.html      https://i.le360.ma/fr/sites/default/files/assets/documents/liste_gouvernement_de_transition_1.pdf   

3 https://www.agenceecofin.com/actualites/1409-80160-mali-l-opposition-denonce-une-volonte-daccaparement-et-de-confiscation-du-pouvoir-au-profit-du-cnsp 

4 https://www.bbc.com/afrique/sports-54424658 

5 https://www.liberation.fr/planete/2020/08/19/du-soulevement-a-la-demission-du-president-recit-d-un-putsch_1797244 

6 https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/10/14/au-mali-la-liberation-de-200-islamistes-constitue-un-succes-pour-les-djihadistes_6055956_3212.html 

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/09/10/alliance-sahel-le-double-pari-de-sortir-de-l-humanitaire-et-de-faire-accepter-le-militaire_6051706_3212.html 

7 https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/10/16/sahel-un-haut-responsable-de-l-union-africaine-appelle-a-explorer-le-dialogue-avec-les-extremistes_6056238_3212.html 

8 https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/10/13/au-moins-douze-militaires-maliens-tues-dans-le-centre-du-mali_6055865_3212.html 

La source originale de cet article est Mondialisation.ca
Copyright © Luis Basurto, Mondialisation.ca, 2020
 
https://www.mondialisation.ca/mali-octobre-2020-cette-usurpation-militaire-de-lavenir-national-immediat/5650270
 

AFRIQUE DE L’OUEST : AVEC LE SOUTIEN D’UNE FRANCE QUI N’EST PAS LA MIENNE, RETOUR A L’AUTORITARISME DECOMPLEXE

Afrique de l’Ouest: le retour de l’autoritarisme décomplexé

 

 

publié le 15/10/2020
Afrique de l’Ouest: le retour de l’autoritarisme décomplexé
visuel_Afrique-Ouest.jpg

En Afrique de l'ouest, la promesse de «renouveau démocratique» des Conférences nationales1 du début des années 1990 est un lointain souvenir. Dans le pré-carré français, les satrapes ont le vent en poupe. Ils ont pour eux la force, l'instrumentalisation du droit et de la justice et la protection diplomatique de l'Exécutif français incarné à la perfection par le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

En Côte d'Ivoire, vaisseau-amiral de la Françafrique, dans quelques semaines, Alassane Ouattara, 78 ans déclarés, installé au pouvoir en 2011 par les chars de l'armée française va briguer un troisième mandat. Faisant fi des appels de ses opposants et plus singulièrement de larges pans de la société civile à s'en tenir aux dispositions constitutionnelles qui limitent à deux le nombre de mandats à la tête de l'État, il instrumentalise une justice aux ordres pour se proclamer candidat en attendant de se faire adouber par elle. Il pousse son avantage en suscitant des décisions de justice régulières, des caricatures de procès de Moscou, pour éliminer de la course à la présidentielle ses adversaires et contraindre aussi certains d'entre eux comme Laurent Gbagbo à l'exil. Les manifestations de rue sont interdites et des centaines de députés et militants politiques et associatifs sont en prison. En Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, à la question du député communiste Jean-Paul Lecoq: «la France compte-t-elle s'exprimer sur la répression qui s'abat sur les démocrates ivoiriens?», le ministre Jean-Yves Le Drian a répondu... «qu'un processus démocratique (était) en cours en Côte d'Ivoire».

Au début de l'année 2019, le Sénégal que ses élites aimaient à présenter comme le «phare de la démocratie en Afrique» inaugurait un prétendu «parrainage citoyen». À l'expérience, cette «innovation» a été une machine à éliminer de la course à l'élection présidentielle les adversaires politiques du président Macky Sall. Une nouvelle arme dans l'arsenal de la fraude électorale qui a depuis fait florès dans la sous-région. Au cours des mois qui ont précédé, le scrutin présidentiel de février 2019, l'institution judiciaire, sensible aux pressions, n'a pas chômé. Sortant de sa lenteur bien connue des Sénégalais, elle a réussi l'exploit d'instruire, juger et condamner en première instance, en appel puis en cassation, en dix mois un citoyen. Celui qui a «bénéficié» de ce traitement bien spécial est l'ancien député-maire socialiste de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, qui se préparait à défier, avec de réelles chances de gagner, Macky Sall à l'occasion de l'élection présidentielle. Parlant de l'ancien édile de Dakar, Amnesty International a dénoncé un «acharnement contre un adversaire politique» du pouvoir.

Au Bénin, «pays qui a donné l'exemple à l'Afrique» en tenant la première conférence nationale souveraine, l'oligarque Patrice Talon arrivé au pouvoir en 2016 a fini de se tailler une constitution sur mesure. Sa Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a poussé ses adversaires à l'exil. L'Assemblée nationale, émanation d'un scrutin boycotté par trois Béninois sur quatre selon les chiffres officiels, est composée de députés appartenant à deux partis créés pour soutenir Patrice Talon. En avril 2021, il sera candidat à un nouveau mandat avec l'avantage d'une loi électorale, taillée sur mesure, qui lui permettra de choisir ses adversaires à l'élection. Vu son impopularité, il n'est pas exclu qu'il décide d'être le seul candidat. Comme aux temps... du parti unique.

La tentative de restaurer l'ordre despotique et ces manœuvres autoritaires sont désespérées. Elles n'arrêteront pas la marche historique des peuples d'Afrique pour leur émancipation comme le montrent les mobilisations populaires au Soudan, en Algérie et au Mali. La France ferait mieux d'écouter les peuples d'Afrique plutôt que de poursuivre une politique de courte vue où, pour sauvegarder des intérêts stratégiques ou économiques, elle participe à la violation des droits fondamentaux des peuples et des individus.

Félix ATCHADE
Co-animateur du Collectif Afrique de la Commission des relations internationales du PCF

 

1 Les Conférences nationales désignent, en Afrique francophone, une période de transition démocratique ayant pris place dans les années 1990, et s'étant déroulée sous forme de conférences dans plusieurs anciennes colonies françaises et belges.

source : https://www.pcf.fr/afrique_de_l_ouest_le_retour_de_l_autoritarisme_decomplexe

 

L'ARMEE EGYPTIENNE FRAPPEE. SEPT DE SES SOLDATS TUES

Manœuvre conjointe avec la Russie, Sissi puni?

 
 

Des explosions d’origine inconnue se produisent fréquemment contre les patrouilles et les quartiers généraux de l'armée égyptienne au Sinaï. ©AP

Sept soldats égyptiens ont été tués mardi soir par une explosion sur un site militaire de l’armée égyptienne dans le gouvernorat du nord-ouest du Sinaï.

Des sources médicales militaires du nord du Sinaï ont déclaré au journaliste du site The New Arab qu’une explosion dont l’origine reste inconnue s’est produite à l’intérieur d’une base de l’armée égyptienne dans l'ouest du gouvernorat du Sinaï, faisant des morts et des blessés. Les mêmes sources ont ajouté que sept soldats avaient été tués et au moins quatre autres ont été blessés.

Des sources tribales et des témoins oculaires ont déclaré au journaliste du site The New Arab qu’une énorme explosion a secoué cette base de l’armée égyptienne près du lac Al-Bardawil.

Ces sources ont ajouté que l’explosion, dont la source n'était pas connue, avait causé des dommages à la base et causé des pertes humaines et matérielles. Des ambulances se sont précipitées sur les lieux et ont commencé à transporter les morts et les blessés.  

Cet incident s’est produit alors que la Russie et l’Égypte se préparent pour la première fois pour mener une opération navale conjointe en mer Noire. Est-ce que c’est la coopération russo-égyptienne qui a été visée au Sinaï ? Voilà la question que se posent certains analystes.

La Russie et l’Égypte se préparent à des exercices conjoints en mer Noire en une collaboration navale jusque-là inédite dans la région, a annoncé le ministère russe de la Défense dans un communiqué. Cette opération, baptisée «Pont de l’Amitié 2020», a pour but de favoriser la coopération militaire entre les deux marines, dans «l’intérêt de la sécurité et la stabilité en mer».

Plusieurs tâches seront effectuées au cours de l’opération, en vue de mieux «protéger les routes maritimes de diverses menaces». Les exercices mettront notamment l’accent sur le réapprovisionnement en mer, les communications et les «actions d’inspection contre les navires suspects». Des tirs d’artillerie sont également prévus. Les forces égyptiennes arriveront en mer Noire via les détroits du Bosphore et des Dardanelles.

Par ailleurs, le porte-parole du président turc a déclaré ce mercredi que le gouvernement d’Ankara serait prêt à coopérer avec Le Caire au niveau régional. Lors d’une conférence de presse et en réponse à une question concernant un éventuel rétablissement des liens entre la Turquie et l'Égypte, Ibrahim Kalin a déclaré : « Si l’Égypte révèle une volonté d’agir avec un agenda positif sur les questions régionales, la Turquie ne la laissera pas sans réponse. »

M. Kalin a ajouté que la Turquie considérait l’Égypte comme un acteur important de la région et du monde arabe, mais qu’Ankara n’oublierait pas le coup d’État en Égypte qui a permis au président Abdel Fattah al-Sissi de prendre le pouvoir au Caire.

Auparavant, le journal turc Hürriyet avait révélé la tenue des négociations entre les représentants des services de renseignement turcs et égyptiens au sujet des événements de la Méditerranée orientale, en soulignant que les Émirats arabes unis essayaient d’entraver la coopération turco-égyptienne dans ce domaine.

 
https://french.presstv.com/Detail/2020/10/14/636393/Qui-vise-la-coop%C3%A9ration%C2%A0-entre-l%E2%80%99%C3%89gypte-et-la-Russie?
 

LE PREMIER MINISTRE SOUDANAIS ACCUSE LES USA DE METTRE EN DANGER LE CHEMIN VERS LA DEMOCRATIE

Soudan: les Etats-Unis mettent en danger le chemin vers la démocratie

 
 Depuis 19 heures  11 octobre 2020
 
 
 

Le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok a accusé les Etats-Unis de mettre en danger le chemin vers la démocratie en maintenant son pays sur leur liste noire des pays soutenant le terrorisme.

Les sanctions américaines visant le Soudan depuis son inscription sur cette liste en août 1993 –car il a abrité le chef d’Al-Qaïda Oussama ben Laden de 1993 à 1996– « paralysent notre économie », a affirmé M. Hamdok dans un entretien au Financial Times publié dimanche, prévenant qu’il n’y avait aucune garantie que la démocratie perdure jusqu’aux élections prévues en 2022.

Pour lui, il est injuste de traiter le Soudan comme un Etat paria alors que l’expulsion de Ben Laden remonte à plus de vingt ans et que les Soudanais ont renversé en avril 2019 le régime d’Omar el-Béchir qui l’avait hébergé.

« Les Soudanais n’ont jamais été des terroristes, c’était l’œuvre de l’ancien régime », a-t-il insisté, mettant en garde contre le fait que « les transitions sont toujours désordonnées. Elles ne sont pas linéaires et ne vont pas toutes dans la même direction ».
Et d’ajouter: « Le maintien du Soudan sur la liste américaine des pays soutenant le terrorisme met en péril la route vers la démocratie (…) Nous sommes isolés du monde », a-t-il souligné. « Nous enlever de la liste changera la donne ».

M. Hamdok a écarté les rumeurs d’une éventuelle reconnaissance d’Israël par Khartoum en contrepartie du retrait de cette liste. « Nous voulons que ces sujets soient abordés séparément », a fait valoir M. Hamdok.

Le chef du gouvernement a estimé que l’accord de paix signé récemment avec des groupes de rebelles allait avoir un effet positif sur une économie à genoux. En particulier parce que la part des recettes consacrée par l’Etat aux opérations militaires va passer de 80% à « 10 ou 15% du budget maintenant que le Soudan n’est plus dans une économie de guerre ».

Il a par ailleurs indiqué avoir discuté avec la Cour pénale internationale de la possibilité de traduire l’ancien autocrate Béchir devant cette instance, évoquant la création d’un « tribunal hybride » au Soudan composé de magistrats de la CPI et de juges soudanais.
Mais « la meilleure option serait de réformer le système judiciaire soudanais pour que la justice de son pays le juge », a-t-il relevé.

Le Soudan s’est engagé à livrer M. Béchir à la CPI afin qu’il soit jugé pour crimes de guerre et génocide dans le cadre du conflit au Darfour en 2003-2004, qui a fait 300.000 morts et des millions de déplacés.
Il est jugé en ce moment à Khartoum pour le coup d’Etat qui l’a porté au pouvoir en 1989.

Source: AFP

http://french.almanar.com.lb/1897029


 

MALI : POUR QUI ROULE LA JUNTE MILITAIRE AU POUVOIR? CE COUP D'ETAT PORTE LA SIGNATURE DU DUO FRANCE/USA

Mali : pour qui rame la junte au pouvoir ?

Cette satisfaction exprimée par le département d’État après la visite de Peter Pham au Mali n’est pas anodine.

Cela veut dire que le scénario du coup d’état signé France/USA dans ce pays clé de l’Afrique de l’Ouest par où toutes les manipulations, toutes les manœuvres de déstabilisations pourraient commencer à et être diligenté dans tout le sahel et vers la côte, s’est déroulé jusqu’ici presque sans accroc.

Récapitulons : le 18 août, une poignée de militaires sans nom ni réputation, affirme avoir fait un coup d’État sous les yeux de Barkhane avant de s’être hissé au sommet du pouvoir quelques semaines plus tard, sur fond d’un départ forcé voir d’une évacuation du président légalement élu et tout ceci alors que des manifestations anti occupation occidentale se succédaient, et ce sans répits.

En effet, à ce jour particulier Barkhane est ses amis de l’OTAN avait bien compris que des manœuvres de diversion telle que les manifestations M5, RFP sous le slogan trompeur IBK dégage n’irait pas apaiser la colère des millions de Maliens qui voient à travers la France et son accord d’Alger un projet de démembrement et d’implosion du grand mali

La junte que la Cédéao infiltrée par les occidentaux a sanctionné, a réussi à diviser l’armée, à en écarter les éléments les plus patriotes, ceux-là mêmes qui ont réussi en peu de temps sous les yeux ahuris des forces françaises à neutraliser les terroristes au nord et au centre et à en prendre le contrôle au profit de cette frange servile de l’armée qui ne sont là que pour exécuter…

Le nouveau cabinet dont la formation vient d’être annoncée a placé par ailleurs dans ses postes clés les membres de cette frange.

Des postes stratégiques notamment la Défense, la Sécurité, l’Administration territoriale et la Réconciliation nationale sont occupés par des membres influents de la junte militaire qui a renversé l’ex-président Ibrahim Boubacar Keïta.

Ainsi le colonel Sadio Camara, devient ministre de la Défense. Un autre chef de la junte, le colonel Modibo Koné, décroche le ministère de la Sécurité et de la Protection civile.

Le porte-parole de la junte, le colonel-major Ismaël Wagué, qui avait annoncé en pleine nuit à la télévision la prise du pouvoir par l’armée, obtient le portefeuille de la Réconciliation nationale.

Un autre militaire, le colonel Abdoulaye Maïga, prend la tête de l’Administration territoriale.

Voici les ministères désormais totalement placés sous le contrôle des USA et partant de Barkhane, car, entendons nous barkhane servira de paravent désormais à la présence américaine en Afrique de l’Ouest.

Rien qu’à énumérer le nom des ministères la priorité des Américains saute aux yeux : Pompeo se félicite la junte et sa feuille de route et il promet la levée des sanctions à son encontre et n’a pas honte de dire que sa politique consiste à contrer la chine et la Russie au Sahel, mais l’enjeu n’est pas là. Prendre le contrôle de la Défense, cela veut dire davantage de terrorisme, de frictions frontalières pour les semaines à venir, idem pour le portefeuille de la sécurité qui, contrôlé par les Américains qui pourraient signifier déstabilisation interne, le muselage de toute opposition, l’interdiction des manifs anti France et anti ingérence occidentale.

Vient ensuite le portefeuille de l’Administration territoriale, très significative quand elle tombe entre les mains des puissances qui travaillent depuis 2013 à l’éclatement du Mali et à la séparation de l’Azawad. Et dire que les presses américaine et française accusent perfidement l’Algérie d’avoir déjà annexé le nord du Mali. Mais ceci est une autre paire de manches, l’objectif étant de déstabiliser les frontières d’amitié et de solidarité algéro-malienne.

Côte d’Ivoire : qui décidera du sort du pays ?

Cette communauté internationale dont le média allemand parle ne renvoie évidemment pas aux voisins de la Côte d’Ivoire ni aux pays ouest-africains, même si les noms de la Cédeao et de l’UA sont évoqués

En effet, cette communauté internationale désigne dans les médias mainstream les États-Unis et la France soit, les puissances colonialistes anciennes et nouvelles.

De l’aveu même de ces mêmes puissances, la Côte d’Ivoire devient le pays le plus riche de toute l’Afrique de l’Ouest, après une longue période d’instabilité enclenchée par ces mêmes puissances colonialistes. Il est donc temps que l’axe USA-OTAN s’y implique pour empêcher ce processus et de confisquer tout en sa faveur.

L’échéance présidentielle et les querelles de crochet qui l’entourent et qui attisent les ingérences US/France, s’inscrivent dans ce même sens.

On est dans une Côte d’Ivoire qui a réussi l’exploit de dépasser ses deux voisins regorgeant de richesses naturelles que sont le Ghana et le Nigeria, pour devenir le pays le plus riche de toute l’Afrique de l’Ouest, selon les données révisées de la Banque mondiale. Selon les statistiques récemment publiées par la Banque mondiale, le PIB par habitant de la Côte d’Ivoire s’établissait à 2 286 dollars fin 2019, soit un niveau désormais supérieur à ceux du Ghana (2 202 dollars) et du Nigeria (2 230 dollars).

Résultat bien meilleur avec ce qui se passe en une Europe où la quasi-totalité du pays accuse un taux de croissance négatif non seulement lié à la Covid-19, mais encore au système capitaliste.

D’où sans doute cette question de DW : Côte d’Ivoire : que peut la communauté internationale ?

Mais est-ce à la communauté internationale de s’ingérer dans les affaires internes de la Côte d’Ivoire ?

L’an dernier avec l’annonce de la libération de l’épouse de l’ex-président Gbagbo qui, rappelons-le, a été renversé puis arrêté en plein palais présidentiel avant d’être transféré par les soldats français, une ébauche de réconciliation nationale a pointé à l’horizon, ce qui a d’ailleurs largement contribué à une accélération de la croissance économique, du pays dans le secteur du cacao ce qui a permis à la Côte d’Ivoire de surmonter très facilement la période de crise Covid-19.

Ce sont ces résultats positifs qui sont visés par les ingérences occidentales dans le processus de la présidentielle.

Qu’Alassane Ouattara, ex-ami de la France est désormais l’ennemi de cette même France qui par ses tendances atlantistes tend à céder de plus en plus sa place aux Américains, veuille briguer un troisième mandat, qui veuille le faire sur le dos d’un ex-chef rebelle, ou de l’ex-président Gbagbo haït par cette même France, cela ne regarde ni les puissances occidentales, ni la diaspora manipulée qui incite via les réseaux sociaux le peuple ivoirien à basculer dans la violence, mais que le peuple ivoirien.

Niger : les USA n’ont plus leur place

Le Niger n’est pas prêt d’oublier que depuis 2017, et l’opération sous fausse bannière des Américains à Tongo Tongo, les forces américaines se sont multipliées sur le territoire nigérien. Depuis cette date effectivement, la Françafrique a cédé du terrain au Sahel au profit de Américafrique.

Trois ans après, les États-Unis organisent une cérémonie de commémorative en la mémoire des soldats tués pendant cette soi-disant attaque terroriste, qui au prix de la vie de quelques soldats américains a aplani le terrain à une présence grandissante des forces américaines au Niger.

« Dans son allocution, l’Ambassadeur des États-Unis au Niger est revenu sur les faits marquants de la coopération militaire entre son pays et le Niger. Ainsi, selon ces explications le département de la défense et le département d’État américain ont fourni plus de 500 millions de dollars en matériel d’assistance militaire et en programmes de formation. Aussi, a indiqué l’ambassadeur des États-Unis au Niger, les forces de défenses américaines travaillent avec l’armée et les policiers nigériens à travers tout le pays afin de développer et de maintenir une force professionnelle, de renforcer la sécurité frontalière, d’améliorer les compétences d’investigations et de collecte des renseignements », lit-on dans les articles publiés à ce sujet.

Depuis plus de trois ans, les drones américains survolent le ciel nigérien, bombardent les civils sous prétexte des opérations antiterroristes et sèment la terreur au sein de la population. De quelle coopération militaire entre les États-Unis et le Niger l’ambassadeur américain parle-t-il ?

Les États-Unis et leurs acolytes n’étaient-ils pas ceux mêmes qui via leurs instances et médias internationaux ont accusé l’armée nigérienne d’avoir fait recours à des exécutions extrajudiciaires contre les civils ? Il est vrai que de temps à autre et à l’appui de l’armée nigérienne, les États-Unis prétendent secourir le Niger en faisant des dons de matériels ridicules, mais le peuple nigérien n’est pas dupe et l’a d’ailleurs montré à travers des manifestations anti-occupation.

Les drones US visés dans le ciel nigérien sont une autre preuve du ras-le-bol de la population nigérienne vis-à-vis des ingérences américaines dans ce pays.

Que les États-Unis commémorent fièrement l’opération de Tongo Tongo, cela ne veut dire qu’une chose : l’arrogance américaine bat son plein.

Ce qui est sûr, c’est qu’au Niger, une fronde antiaméricaine est en train de se former. Depuis le non retentissant du Niger face aux USA lors vote d’une résolution anti-iranienne au conseil des gouverneurs de l’AIEA, et la démarche de l’État nigérien dans le droit fil de garder son droit souverain de dire non à l’Amérique, et ce par solidarité avec la lutte anti-impérialiste et anticolonialiste de l’Iran, la donne a changé dans ce pays.

Interview exclusive avec le président centrafricain Touadéra :

Les élections présidentielles en Centrafrique se tiendront en décembre prochain et les courants déstabilisateurs font leur apparition en RCA. Mais le président Touadéra sait comment tenir tête face à tout ce qui chercherait la déstabilisation du pays. Notre géopoliticien, Luc Michel, a interviewé le président Touadéra en exclusivité. 

https://french.presstv.com/Detail/2020/10/07/635819/Mali-pour-qui-rame-la-junte-au-pouvoir


 

MALI : LA CÉDÉAO INSTRUMENT DES PUISSANCES IMPÉRIALISTES

MALI : LA CÉDÉAO INSTRUMENT DES PUISSANCES IMPÉRIALISTES

 Solidarité Internationale PCF AfriqueAlgérieMali 0

06 OCT. 2020

 Mali : la CÉDÉAO instrument des puissances impérialistes

Le Mali, grand pays du Sahel, plus de 20 millions d’habitants, occupe un vaste territoire et une position géopolitique et géostratégique de la plus haute importance. Colonisé pendant des décennies par la France et convoité de longue date par les puissances impérialistes, il partage près de 7 420 km de frontières avec sept pays limitrophes : l’Algérie au nord, le Niger et le Burkina Faso à l’est, la Côte d’Ivoire, la Guinée au sud, la Mauritanie, et le Sénégal. Aspect très contraignant, ce pays n’a pas de débouché maritime. Pour tous ses approvisionnements, il est obligé de passer par le port de Dakar au Sénégal, de Conakry en Guinée ou d’Abidjan en Côte d’Ivoire. C’est un handicap très important pour le développement de son économie et qu’il faut prendre en compte pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui.

Le Mali a obtenu son indépendance comme beaucoup de pays africains en 1960 grâce au vent nouveau de liberté créé par le rapport des forces mondial à la suite de la Révolution socialiste d’Octobre 1917 en Russie. Des nouveaux dirigeants africains progressistes ont pris le pouvoir et ont instauré des régimes tendant à rompre avec la domination économique coloniale et à jeter les premières bases d’une orientation socialiste. C’est le cas du Ghanéen Kwame Nkrumah, du Guinéen Sékou Touré et de Modibo Keïta, le père de l’indépendance du Mali. Les bourgeoisies africaines coalisées dans un mouvement ultra réactionnaire, appuyé par les puissances impérialistes ont renversé ces régimes par des coups d’États à répétition d’une violence inouïe sur tout le continent.

C’est Modibo Keïta qui a proclamé l’indépendance du Mali le 22 septembre 1960 et qui a instauré avec les patriotes révolutionnaires un régime en rupture avec l’héritage colonial. Ce fut l’un des premiers pays premiers pays d’Afrique à opter pour une orientation socialiste. Le processus de rupture a duré 8 ans. Une expérience inégalée que les forces vives du Mali ne doivent absolument pas oublier pour sortir leur pays du marasme où il se trouve. Le 19 novembre 1968, un certain Moussa Traoré, un simple militaire de pacotille, participe au coup d’État qui renverse le président socialiste Modibo Keïta. Il devient président du Comité militaire de libération nationale, puis président de la République le 19 septembre 1969.

Ce fut une mise en scène bien rodée. Modibo Keïta qui ne se doutait de rien faisait route vers Bamako où il revenait après un voyage en province. En périphérie de la capitale, à une quinzaine de kilomètres du centre, son convoi est stoppé par un barrage de putschistes : « Monsieur le président, voulez-vous vous mettre à la disposition de l’armée ? », lui demande alors le lieutenant Tiekoro Bagayoko, un des leaders du putsch. Le président se rend et aux alentours de 11h30, il est amené à bord d’un blindé jusqu’au centre-ville. Les putschistes ont des revendications précises : qu’il renonce au socialisme prôné depuis l’indépendance – et se séparer de ses principaux collaborateurs. Réponse négative de Modibo Keïta : « Nous sommes dans un pays de droit et de démocratie. Nous respectons depuis l’indépendance la volonté populaire. C’est le peuple qui a opté pour le socialisme […]. Le socialisme n’est donc pas mon choix à moi tout seul, demandez au peuple ce qu’il en pense. Quant à mes collaborateurs, […] je leur fais confiance. »

Huit ans de régime à orientation socialiste s’achèvent ainsi. Peu après, le président déchu est transféré dans un camp militaire à Kidal, dans la région désertique du nord-est. Avec lui, 40 responsables de l’US-RDA (Union soudanaise – Rassemblement démocratique africain) sont également déportés, à Kidal ou à Taoudéni. L’assassinat de Modibo Keïta ne fait aucun doute et aussi de nombreux collaborateurs qui ont subi le même sort.

Le Mali venait de perdre un homme d’une valeur inestimable, il était un fervent panafricain et l’un des principaux fondateurs de OUA et apportait un soutien sans faille au FLN durant la guerre de libération nationale du peuple algérien. Ce fut un drame pour le peuple malien, le Mali a été vidé de ses cadres compétents et honnêtes, de véritables patriotes. Ils ont été remplacés par des hommes de main, une véritable mafia, pour imposer une politique ouvertement capitaliste inféodée à l’impérialisme français, soumise au diktat des puissances impérialistes.

Une politique désastreuse pour le peuple malien

Le coup d’État de Moussa Traoré a sonné le début de la catastrophe dans le pays. Les putschistes vont s’acharner contre les partisans du socialisme, des milliers de cadres sont licencies ou arrêtés et jetés en prison quand ils ne sont pas massacrés ou assassinés et enterrés dans des fosses communes. Les manifestions sont réprimées sauvagement.

C’est aussi le début de la valse des dirigeants marionnettes, remplacés arbitrairement par des hommes de clans mafieux qui se disputent le gâteau comme des chiffonniers. Le dernier en date, Ibrahim Boubacar Keïta, dit IBK, un homme important de la politique malienne, c’est l’homme type de l’oligarchie française. Il a fait toutes ses études en France et occupa des postes importants, tout d’abord, chargé de recherche au CNRS et enseigne les systèmes politiques du tiers monde au centre Pierre-Mendès-France, annexe de l’université PARIS-1 Panthéon Sorbonne. De retour au mali en 1986, il devient conseiller technique principal du fond européen de développement (FED) chargé de la mise en œuvre du premier programme de microréalisation par la communauté économique européenne au Mali.

La politique c’est son rayon, il va occuper des postes politiques majeurs, notamment conseiller diplomatique, porte-parole du président de la république du Mali de l’époque, un certain Alpha Oumar Konaré. Il grimpe rapidement dans la hiérarchie et devient premier ministre sous la présidence de Alpha Oumar Konaré. Puis il se présente aux élections présidentielles de 2002, 2007, 2013 et 2018 et comme dans tous ces pays sous domination néocoloniale les élections sont truquées par des fraudes massives, la magouille électorale tourne à plein régime. Il est élu avec la bénédiction des puissances impérialistes, de l’ONU, le l’Union Européenne et enfin avec l’aval de cette CÉDÉAO (Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest), une organisation inter gouvernementale ouest-africaine créée en mai 1975 chantre de la France-à-fric et de l’impérialisme, comprenant 15 pays (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Gambie, Guinée-Bissau, Libéria, Mali , Niger, Sénégal, Sierra-Léone, Togo, Cap vert).

Le résultat est là, les faits sont têtus, 80% de la population malienne sont dans un État de pauvreté endémique insupportable, l’économie est dans un état de faillite et au bord de l’explosion.

En adoptant le franc CFA-ÉCO, tous ces pays ne sont pas tout à fait indépendant, ils sont sous la tutelle de l’impérialisme français. Les dirigeants de la CÉDÉAO sont les larbins de l’impérialisme, IBK était leur poulain, ils l’ont défendu sans masque, malgré son bilan catastrophique, il laisse un pays en ruine, gangrené par une corruption massive de tous les responsables politiques. IBK a régné en maître pendant plus de 20 ans, il a instauré un régime clanique, toute sa famille et ses amis occupent les postes clefs, son fils en particulier est même devenu le conseiller de son père et il est responsable de la commission de défense et des marchés publics. C’est un affairiste de haut niveau. Pour obtenir un marché public, il faut passer par lui. C’est lui qui décide moyennant des commissions importantes et il a trempé dans d’autres magouilles. Il est chargé de l’achat de matériel militaire pour l’armée malienne, c’est la poule aux œufs d’or. Ce sont des sommes pharamineuses qui vont être englouties dans des trafiques monstres et vont se retrouver dans sa poche et dans celle de ses amis. Depuis, l’armée malienne attend toujours d’être approvisionnée en armement indispensable pour la lutte contre les terroristes islamistes et pour assurer pleinement la sécurité du pays.

Depuis le coup d’État de Moussa Traoré le 10 septembre 1968, tous les dirigeants qui se sont succédés depuis des décennies dont IBK, le dernier en date, tout en se goinfrant de l’argent du peuple, n’ont fait que continuer à appliquer sans retenu, la politique néocoloniale de la France au Mali. La bourgeoisie malienne s’est vautrée dans une compromission éhontée avec les puissances étrangères et bafouant même la souveraineté nationale du Mali. Cette politique pratiquée contre le peuple est un désastre économique et politique. Tout d’abord sur le plan économique, chômage, inégalité, misère insoutenable des masses populaires sont devenus insupportables. Les conséquences sont d’une gravité exceptionnelle, les masses populaires sont abandonnées et laissées aux mains des terroristes. C’est le terreau du recrutement pour quelques dollars des djihadistes et surtout l’approvisionnement de leur intendance en toute sécurité.

Le deuxième point le plus important, c’est l’échec total de la lutte contre les groupes obscurantistes et ce n’est pas la présence militaires française qui prouve le contraire. L’impérialisme n’a pas l’intention de les éradiquer. Il les laisser se reproduire pour justifier le maintien de ses troupes dans ce pays et s’ingérer dans ses affaires. Le Mali c’est la chasse gardée de la France et l’armée française n’est pas au Mali pour les beaux yeux des Maliens, mais bien pour sauvegarder leurs importants intérêts miniers et d’autres entreprises implantées au Mali.. Et encore moins les dirigeants de la CÉDÉAO qui vont changer la donne. Et pour confirmer ces remarques, ce n’est pas étonnant de constater que c’est bien les dirigeants de la CÉDÉAO qui sont responsables de ce désastre. C’est bien les dirigeants de la CÉDÉAO suivant le dictat des puissance étrangères, qui fixent les objectifs des opérations militaires en associant les chefs d’État du G5-SAHEL crée en 2017 (Mauritanie, Mali, Niger, Tchad, Burkina Faso) et le plus surprenant avec l’accord du président français Emmanuel Macron.

C’est bien pour ça que IBK a accepté que l’armée malienne joue un rôle de supplétif de l’armée française. Il a instauré un embargo sur les équipements militaires de l’armée malienne et bloqué les armes commandées par l’armée dans les ports de Dakar, Conakry et en Côte d’Ivoire et de ce fait a payé le prix fort avec près de 600 morts dans des combats contre les hordes obscurantistes. C’est un constat sévère pour le peuple malien. Le Mali est à terre, il n’existe plus en tant que pays indépendant. Les importantes ingérences grossières de toutes ces puissances étrangères (françaises, africaines sans oublier les USA avec une organisation spéciale Afrique AFRICOM et bien sûr les nouveaux arrivants, Chine et Russie, sont inadmissibles. Tout ce beau monde, qui prétend aider le Mali, se comportent comme des vautours autour d’un cadavre se disputant les richesses du Mali. Les convoitises sont énormes Le sous sol du Mali fait partie des plus riches du continent. On trouve traces de pétrole en énorme quantité, du phosphate, des pierres précieuses en grande quantité, du bois fossilisé, de l’or très prometteur, bauxite, marbre et d’autres richesses.
On comprend mieux l’état de délabrement du Mali et qui fait face à une véritable agression

Comme beaucoup de pays qui possèdent des richesses inestimables alors que leur peuple est dans une pauvreté insoutenable, le Mali n’échappe pas aux appétits féroces de leur multinationales.

Malgré la répression féroce du pouvoir, le peuple malien a toujours résisté et combattu tous ces margoulins qui ont dirigé le pays pendant des décennies. Des nombreuses manifestations ont eu lieu et souvent noyées dans le sang. De nombreux dirigeants ont été emprisonnés ou assassinés. Ce n’est que lors des puissantes manifestations de ces derniers mois, soutenues par une partie de l’armée que la destitution du dictateur IBK a été enfin obtenue.

C’est une première victoire mais rien n’est réglé. Les dirigeants corrompus sont encore tous en place. C’est comme chez nous avec le « hirak », Boutef a été viré, mais les hommes du régime sont toujours en place. Et la politique n’a pas changé d’un iota, les libertés démocratiques sont étranglées plus qu’avant.

Le programme des militaires qui ont pris le pouvoir reste flou et demande rapidement à des éclaircissements urgents et surtout des mesures économiques conséquentes en faveur des masses populaires. Le peuple malien doit se mobiliser massivement jusqu’à la victoire finale pour que les fruits de ses luttes ne soient pas confisqué.

L’opposition tergiverse dans des querelles inutiles mais il n’y a pas une force capable de prendre la pouvoir. Les partis en présence tel que le S5-RFP et le parti Sadi est la plus important et se réclame de l’anti-impérialiste, mais n’a pas de programme économique à proposer. L’autre parti est un danger pour la démocratie, c’est le mouvement politique d’un certain Mahmoud Dicko un Imam très influant et qui veut instaurer un régime islamique. Le peuple malien est très croyant, et 95% de la population est musulmane.

Dans son dernier journal, le Parti Communiste Malien dénonce : « La France est liée avec l’Afrique pour le seul profit du capitalisme occidental. Sauf les intellectuels aliénés et les gens endormis croient toujours que la France et ses amis sont au Mali pour lutter contre les terroristes et aider l’État malien, alors qu’en réalité, ils sont là pour détruire l’État malien avec la complicité de tous les hommes politiques du Mali et les dirigeants de la CEDEAO. »

Le peuple malien doit exiger que la nouvelle direction prenne des mesures urgentes :

  • Mettre fin immédiatement aux grossières ingérences des puissances étrangères y compris de la CÉDÉAO.
  • Sortir de la CÉDÉAO, véritable traquenard pour le pays.
  • Redonner à l’armée sa pleine capacité militaire et organisationnelle pour assumer seule la défense du pays sans l’assistance d’une quelconque armée étrangère. Obtenir le départ des armées étrangères du Mali.

 

LIÈS SAHOURA

Mali : la CÉDÉAO instrument des puissances impérialistes

Mali : la CÉDÉAO instrument des puissances impérialistes

Le Mali, grand pays du Sahel, plus de 20 millions d'habitants, occupe un vaste territoire et une position géopolitique et géostratégique de la plus haute importance. Colonisé pendant des décen...

http://alger-republicain.com/Mali-la-CEDEAO-instrument-des.html

 

SENEGAL : LA VILLE DE SAINT LOUIS DEBAPTISE UNE PLACE AU NOM DU COLONISATEUR FRANCAIS FAIDHERBE

Sénégal : la ville de Saint-Louis débaptise une place du nom d’un colonisateur

Avatar

Publié

 Il y a 2 minutes 

le

 

Par

 

Le conseil municipal de Saint-Louis, dans le nord du Sénégal, a décidé de débaptiser la place Faidherbe, figure de l’entreprise coloniale française en Afrique de l’Ouest, et de lui donner un nom en Wolof, la langue la plus parlée du pays, a appris l’AFP mardi 29 septembre auprès des autorités locales.

La place, au coeur de l’ancienne capitale de l’Afrique occidentale française puis du Sénégal, portera désormais le nom de «Baya Ndar», a indiqué Rahma Sy, la directrice de cabinet du maire de Saint-Louis, Mansour Faye.

Baya est dérivé du mot wolof «bayaal», qui veut dire «place publique, carrefour». Ndar est le nom local de Saint-Louis, qui fut le premier établissement fondé au sud du Sahara par la France au XVIIe siècle.

Honoré en France

Louis Léon César Faidherbe est honoré en France comme une figure militaire qui a préservé le Nord du pays de l’invasion prussienne lors de la guerre de 1870-1871. Au Sénégal, il est connu comme celui qui mena l’entreprise coloniale française en tant que gouverneur dans les années 1850 et 1860.

Le débat sur la persistance des références à l’époque coloniale a été ravivé au Sénégal, comme dans d’autres pays, par la mort de l’Afro-Américain George Floyd et les manifestations qu’elle a provoquées à travers le monde.

«La débaptisation de la place Faidherbe» aura une «portée historique», a estimé samedi le maire de Saint-Louis, ville classée au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.

Le nom de «Baya Ndar» s’est imposé naturellement lors des travaux d’une commission qui a également examiné la possibilité de donner à la place le nom d’une personne ou d’un événement historique, a dit M. Faye, selon des propos diffusés sur internet. «Nos grands-pères, nos grand-mères, disaient: ‘On va à la place Baya’», a-t-il souligné.

Le sort de la statue du général Faidherbe, érigée en 1891 et déplacée début janvier pour rénover la place, sera évoqué «ultérieurement», a précisé le maire. Les détracteurs de Faidherbe dénoncent en lui un conquérant colonial, responsable d’exactions contre les populations civiles.

Si, après concertations, «le conseil décide du déplacement de cette statue, on le fera. Si les populations décident que la statue va rester, naturellement, elle restera», a-t-il dit.

Avec AFP

https://benin24tv.com/senegal-la-ville-de-saint-louis-debaptise-une-place-du-nom-dun-colonisateur/


 

LE MOZAMBIQUE SURPREND : SON ARMEE NATIONALE REPOUSSE UNE ATTAQUE DES TERRORISTES DE DAECH

Mozambique: une attaque de Daech repoussée par l'armée ; les exactions des multinationales occidentales dans le pays

Au Mozambique, la situation est toujours trouble, suite au partage de la côte entre la France et les terroristes.

L’armée mozambicaine continue de se battre contre la montée du terrorisme. Des affrontements entre les terroristes de Daech et l'armée mozambicaine ont été signalés dans la péninsule de la forêt de mangroves entre les îles Ilha Do Ibo et Ilha De Quirimba.

Selon le président mozambicain Filipe Nyusi, les forces mozambicaines ont repoussé l'attaque de Daech contre la ville de Bilibiza dans la province de Cabo Delgado. Aucune information sur les victimes n'a encore été fournie.

Les avancées de Daech au Mozambique coïncident avec l’arrivée de l’Occident dans le pays. Le but était évidemment de mettre la main sur ce nouvel eldorado surnommé par beaucoup de médias dominants de « nouveau Qatar africain ».

Le groupe terroriste de Daech sert de levier de pression à l’encontre des chefs d’État. Pour le cas du Mozambique, il s’avérait nécessaire d'introduire des éléments de Daech sur le territoire pour empêcher le chef de l’État de mettre en place un fameux code minier qui dérange tant les multinationales ou même d’instaurer un processus d’indemnisation des populations contraintes à se déplacer pour laisser leurs terres à ces multinationales sans scrupules qui délogent les Mozambicains. Le gouvernement mozambicain continue de lutter face à ce fléau du terrorisme qui ne lui laisse aucun répit. En attendant, ce sont les multinationales comme Total, Exxon mobil ou encore Eni qui se gavent. Le groupe français reste le principal bénéficiaire dans les ressources naturelles au Mozambique. Car en effet, grâce aux Îles Eparse, qu’elle a finalement décidé de ne pas remettre à Madagascar, qui en a la souveraineté, la France contrôle ainsi le point d’entrée au nord du pays, à savoir par la rivière Ruvuma. Quant aux terroristes de Daech, ils ont le monopole du point d’entrée au sud du pays, à savoir Baia do Lurio. Ce qui donne une certitude, c’est que cette configuration devrait en toute logique empêcher la Chine de s’approcher de cette zone, qu’elle convoite depuis un certain temps, dans le cadre de la nouvelle route de la soie.

Le levier de pression est là grâce à la présence de Daech, les multinationales sont au paradis, à l’abri de toute éventuelle attaque contre leurs infrastructures, et tout le monde est gagnant sauf, bien sûr, le Mozambique et encore moins le peuple mozambicain. Mais l’État et l’armée nationale ne sont pas décidés de rester les bras croisés. Outre le fait que l’armée ait repoussé une attaque de Daech, le gouvernement ne laisse pas non plus les multinationales faire comme bon leur semble.

Le groupe britannique Gemfields a annoncé mardi avoir accepté de payer 6,7 millions d'euros contre l'abandon d'une plainte en nom collectif initiée par les habitants de villages miniers du Mozambique l'accusant de meurtres et de violences. "Gemfields confirme avoir signé un accord, sans reconnaissance de responsabilité, pour le règlement de toutes les plaintes déposées par des habitants du voisinage de la mine de rubis de Montepuez (MRM)", a indiqué le groupe dans une déclaration. Qui a réellement bénéficié de cette somme d’argent ? Les plaignants ou bien le système judiciaire qui a traité l’affaire ? Et pourquoi cette compagnie est accusée de « meurtre » et de « violence » ?

Car, le procédé de ces multinationales en Afrique est abject. En effet ces multinationales ne s’installent jamais seules. Elles sont toujours accompagnées de compagnies privées de sécurité, qui sont là pour des raisons bien précises. Dans un premier temps, ces compagnies de sécurité sont chargées de chasser les habitants de la zone cible par des moyens criminels. Incendie des maisons, meurtres, tortures, etc.… Dans le but de faire cesser l’activité des habitants qui travaillent dans les mines depuis parfois plusieurs générations. Étant donné que les meurtres se sont multipliés et que les plaintes des Mozambicains étaient nombreuses, cette compagnie britannique s’est vue dans l’obligation de rapidement étouffer l’affaire, avant que l’effet domino ne se mette en place et que d’autres Mozambicains ou les populations d’autres pays d’Afrique ne se mettent à porter plainte. Dans ce cas-ci, il y avait 273 Mozambicains qui avaient déposé plainte à Londres contre la compagnie Gemfields pour « graves violations des droits de l’Homme ».

Toutes les multinationales procèdent de la même manière, avec parfois aussi des moyens de pression pour que personne ne dénonce leurs exactions.

C’est pourquoi, ces actes, d’une cruauté inouïe, donnent toujours naissance à des groupes de résistants qui ont décidé de ne pas se laisser faire et qui sont généralement surnommés, par les médias mainstream, comme étant des « terroristes ».

La présence de Daech au Mozambique n’a l’air d’intéresser aucun média occidental, jusqu’au moment, bien sûr, où l’État mozambicain formulerait la demande écrite d’aide officielle, que l’Occident attend patiemment pour faire rentrer les militaires sur le territoire mozambicain. Des groupes de militaires sont néanmoins déjà présents sur place mais d’une manière non-officielle. Car rappelons-le, le fameux think thank américain au Niger illustre ici notre exemple. L’embuscade de Tongo Tongo le 4 octobre 2017, qui a tué non seulement 4 militaires US, mais a aussi permis aux États-Unis d’installer plusieurs bases militaires dans le pays. Suite à cette embuscade, le monde entier a su que des militaires américains se trouvaient au Niger depuis un certain temps. Ce qui fait que l’hypothèse de la présence de militaires occidentaux au Mozambique est envisageable.

Pour l’instant le Mozambique continue sa lutte et les plaintes se multiplient aussi au niveau de la population mozambicaine. Ce qui montre la volonté du Mozambique de ne pas se laisser faire.

https://french.presstv.com/Detail/2020/09/28/635203/Mozambique:-l'arm%C3%A9e-nationale-continue-la-lutte


 

SENEGAL-IRAN : LES USA PANIQUENT!

Sénégal : les USA veulent saper le corridor de la Résistance ?

Au Sénégal, les États-Unis cherchent-ils à saper le rapprochement avec l’axe oriental ? On se rappelle fort bien que l’Iran et le Venezuela ont réussi ensemble et avec l’aide de la Chine a créer, en mai, un corridor maritime anti sanctions US lequel corridor a rallié les Amis africains de la Résistance. Parmi eux, le Sénégal et le Gabon entre autres. Et bien ce corridor, auquel on sait la Chine a rallié, fait peur et suscité des réactions non pas d’ordre économique, mais plutôt militaire. Enfin des gesticulations, car voyez-vous c’est culotté que de contourner les sanctions US sous les yeux de l’Africom qui croit avoir totalement le contrôle de tout en Afrique de l’Ouest et suivant cette croyance particulièrement malsaine qui dit que le Blanc est le meilleur ! 

Depuis que certains pays africains ont rejoint, parfois indirectement, le corridor anti sanctions comme le Sénégal et aussi le Gabon, les États-Unis cherchent maintenant à trouver un moyen de saper ce corridor. Et pour cause, un exercice maritime a eu lieu impliquant l’USS Hershel Woody Williams, un destroyer. Les médias dominants disent que le patrouilleur sénégalais Kedougou y a été aussi de la partie histoire d’y imprimer une couleur sénégalaise. Pour reprendre les termes étonnant du capitaine du navire américain : « C’était un honneur et un plaisir de travailler aux côtés du patrouilleur de la marine sénégalaise OPV Kedougou et de son équipage, » a déclaré le capitaine David L. Gray, commandant du Hershel « Woody » Williams, équipage bleu.

Étonnant puisqu’en général ce n’est pas le Blanc qui remercie le Noir, mais l’inverse ! Alors que s’est-il passé pour que le capitaine daigne adresser ses remerciements aux Sénégalais ? Les liens entre le Sénégal et l’Iran inquiètent, effraient même. Et l’ouverture de ce corridor anti sanctions US risque de basculer largement le jeu en Atlantique. Ce corridor consiste à relier l’Iran et le Venezuela, qui sont tous deux enclins à des sanctions placées unilatéralement par l’administration US. Aujourd’hui même la Syrie annonce vouloir le rejoindre ce qui veut dire qu’outre le golfe Persique, il se pourrait qu’il y ait un autre front anti US en Méditerranée avec la participation des Africains. 

Ces pays, comme le Sénégal, contribuent à ce que ces sanctions normalement illégales aux yeux de la Communauté internationale soient contournées et que les pays, comme le Venezuela, ne tombent pas aux mains des Occidentaux. Ces pays africains montrent à leur tour leur indépendance réelle et c’est à eux de choisir avec qui les pays d’Afrique nouent des liens avec qui commercer. C’est si différent de la logique colonialiste à laquelle l’Amérique et l’Europe croient avoir habitué les Africains. Mais il y a plus : ces exercices maritimes ont aussi un objectif militaire, menacer et intimider le pays hôte. En effet, cela permet aux USA de montrer sa présence dans la zone et donc de faire venir des marines alliées sous prétexte de piraterie et autres. D’ailleurs, c’était en 2018 que le Cap-Vert qui se trouve à tout hasard dans ce corridor anti sanctions avait ratifié les accords de sécurité avec les États-Unis. Il aura fallu un an au Cap-Vert pour enfin voir la concrétisation de l’Accord sur le statut des forces (ASF) signé avec les États-Unis depuis le 25 septembre 2017. Cette ratification a eu lieu dans un contexte bien précis. Washington avait décidé de sortir du PGAC et de se mettre volontairement en conflit avec l’Iran. Ce qui fait qu’en ratifiant ces accords avec le Cap-Vert, les États-Unis seraient sur le chemin de la voie maritime reliant l’Afrique à l’Amérique du Sud. Mais les choses commencent déjà à changer. Avant que l’axe de la Résistance n’arrive aux Caraïbes, le Venezuela n’aurait jamais pensé qu’il serait possible de dire non « militairement à l’Amérique. À l’heure qu’il est Caracas compte s’offrir l’assistance militaire iranienne pour faire respecter sa souveraineté. Dakar pourrait être le prochain candidat. 

https://french.presstv.com/Detail/2020/09/27/635122/Senegal:-les-USA-veulent-saper-le-corridor-de-la-R%C3%A9sistance-?


 

SABINE CESSOU : L'AFRIQUE, PERPETUEL COBAYE DE "BIG PHARMA"?

Rumeurs, complots et « comptes mal soldés de la colonisation »

L’Afrique, perpétuel cobaye de « Big Pharma » ?

par Sabine Cessou, 25 septembre 2020

JPEG - 97.8 ko

Au Niger, 15 minutes l’arrivée des militaires pour faire respecter le couvre-feu, 31 mars 2020. cc0 Anna Psiaki

Les rumeurs dont bruissent les réseaux sociaux en Afrique pointent du doigt un Occident nécessairement coupable de la pandémie de Covid-19, ou les essais liés à la recherche de traitements. « Nécessairement » : tel est justement le mot qui a fait bondir, dans le discours alarmiste tenu le 27 mars sur l’Afrique par le secrétaire général des Nations unies António Guterres : « Et même si la population est plus jeune que dans les pays développés, il y aura nécessairement des millions de morts ». Beaucoup ont aussitôt conclu à un plan prémédité.

Lire aussi André-Michel Essoungou, « Manipulations numériques en Afrique », Le Monde diplomatique, septembre 2020.

« L’Afrique aura bientôt des cadavres dans les rues », prévoyait de son côté à la mi-avril la philanthrope américaine Melinda Gates. Ce faisant, elle s’est aussi attirée les foudres du Conseil des évêques africains, qui lui a demandé de ne pas être une « propagandiste de la mort », et a rejeté « toute forme de commentaire déprimant et horrible sur l’Afrique ».

Bill Gates, fondateur de Microsoft, a été l’épicentre de rumeurs dès le début de la pandémie. Aujourd’hui encore, le journaliste néerlandais Bram Posthumus, correspondant au Mali, note à quel point l’idée est ancrée, selon laquelle « le coronavirus est un canular de Bill Gates qui veut soumettre toute la population mondiale par le biais de vaccins ».

Six mois après le discours de Guterres, l’Afrique ne représente que 5 % des cas déclarés dans le monde et 2,4 % des décès mondiaux, avec 31 500 morts au 8 septembre selon le Center for Disease Control (CDC) de l’Union africaine. Certains pays sont cités en exemple — comme le Sénégal, 298 morts au 16 septembre, classé 2e pour sa gestion de la crise sur 36 pays étudiés par la revue Foreign Policy, juste après la Nouvelle-Zélande.

Des théories du complot alimentées par la mémoire d’expériences réelles

Il n’empêche : les théories du complot qui circulent autour du Coronavirus et d’un éventuel vaccin ont toujours le vent en poupe. Elles reposent en partie, en Afrique, sur le socle d’expériences réelles que la mémoire collective n’a pas occultée. Ce souvenir va des expériences de stérilisation forcée en Namibie au XIXe siècle (durant la colonisation allemande) jusqu’aux programmes de guerre bactériologique contre les populations noires pendant le régime de l’apartheid en Afrique du Sud (1948-1991), en passant par des scandales pharmaceutiques à répétition.

Lire aussi Jean-Philippe Chippaux, « L’Afrique, cobaye de Big Pharma », Le Monde diplomatique, juin 2005.« Les théories du complot s’inscrivent dans une histoire de la santé et de la médecine qui considère l’homme blanc comme la figure du démon, qui en veut à tout prix à la vitalité de l’Afrique, explique Parfait Akana, sociologue de la santé et directeur du Muntu Institute au Cameroun. C’est un alibi un peu facile, dans la mesure où chez nous, les véritables ennemis de la vitalité africaine sont les dirigeants et les responsables économiques, qui n’ont pas toujours été d’une grande exemplarité dans les soins à la vie comme premier principe régalien incombant à un État. »

Au Cameroun, un roman récent de Mutt-Lon, Les 700 aveugles de Baffia (1), relate l’histoire vraie d’un essai pharmaceutique mené dans les années 1920 par des médecins français contre la maladie du sommeil, et qui a répandu la cécité.

Les résistances de l’Afrique du Sud face au sida

Réelles, aussi, les méthodes extrêmes du « Docteur de la mort », le surnom donné à Wouter Basson en Afrique du Sud. Ce cardiologue qui exerce toujours au Cap a mené de 1981 à 1993 le Project Coast, un programme de guerre chimique et bactériologique contre les Noirs. Acquitté en 2002, il s’est vanté à la télévision de « cas d’empoisonnement légitimes », qui ont tellement bien marché que « pas un seul n’a pu déboucher sur une identification claire du poison ».

Frank Chikane, un vétéran de la lutte contre l’apartheid, a échappé de justesse à la mort après avoir été intoxiqué par un poison étouffant déposé sur ses vêtements. L’une des 24 substances mortelles sur lesquelles travaillait le « virtuose » Wouter Basson. Il aurait aussi œuvré, dans les années 1980, à la production massive de mandrax, drogue sédative à base de Valium, déversée dans les townships pour étouffer la révolte qui grondait. Durant des auditions du Conseil de l’ordre des médecins, certains témoins ont révélé en 2012 que des recherches avaient été menées dans le cadre du Project Coast pour utiliser la bactérie du choléra ou le virus du sida.

Est-ce ce passé encore très présent qui a poussé le président Thabo Mbeki, au pouvoir de 1999 à 2008, à remettre en cause le lien entre VIH et sida ainsi que l’efficacité des traitements antirétroviraux ? Pendant quatre ans, de 1999 à 2003, le successeur de Nelson Mandela aura en effet critiqué les pressions exercées par les grands groupes pharmaceutiques, les présentant même comme soutenues par la CIA. Mbeki a notamment refusé de distribuer des antirétroviraux à une population en proie à des taux de prévalence parmi les plus forts au monde, suscitant une fronde menée par les activités de Treatment Action Campaign (TAC). Le sida était-il perçu au sommet de l’État comme « une maladie de Blancs destinée à tuer des Noirs », comme insistait la rumeur d’alors en Afrique du Sud ?

Lire aussi André Clément, « Enfin, l’Afrique du Sud affronte le sida », Le Monde diplomatique, janvier 2012.Il a fallu attendre octobre 2003 pour que Thabo Mbeki accepte la distribution d’antirétroviraux, jusque là interdits dans le système de santé publique. Sa ministre de la santé, surnommée « Docteur Betterave » parce qu’elle préconisait aux malades de renforcer leur immunité en mangeant de la betterave, du citron et du gingembre, a continué sur cette ligne jusqu’à la démission du gouvernement en 2008. Ce n’est qu’ensuite que les antirétroviraux ont été distribués à grande échelle, permettant de sauver des vies. Des scientifiques ont estimé que plus de 300 000 Sud-Africains sont morts au début des années 2000 faute d’accès aux traitements.

Essais sauvages du Trovan au Nigeria

Les manigances des grands groupes pharmaceutiques, exposées dans La constance du jardinier, un roman de John Le Carré, ne relèvent pas non plus de la pure fiction. Le livre, adapté au cinéma, est basé sur le scandale du Trovan (ou trovafloxacine), au Nigeria. Plusieurs procès ont suivi un essai « sauvage » de cet antibiotique, réalisé en 1996 par Pfizer. Le médicament, mis sur le marché en 1997, a été retiré en raison de ses effets secondaires.

Ce n’est qu’à la suite d’une enquête du Washington Post publiée en 2000 sur les essais cliniques des laboratoires pharmaceutiques dans les pays en développement, que le ministère de la santé du Nigeria forme une commission d’enquête. Celle-ci rédige en 2001 un rapport sur ce qui s’est passé à Kano en 1996. Une centaine d’enfants ont reçu du Trovan en pleine épidémie de rougeole et de méningite, sur un accord oral des parents. Une autre centaine a pris un autre antibiotique. Sur les 200 enfants traités, 5 sont morts dans le groupe Trovan et 6 dans l’autre groupe, sans lien avéré avec la molécule, mais beaucoup ont développé des lésions au cerveau, de la surdité et des paralysies.

Le rapport, curieusement mis sous le boisseau, est sorti d’un tiroir en 2006, envoyé par un anonyme au Washington Post. Après bien des plaintes déposées par les familles, l’État de Kano et le Nigeria, Pfizer a négocié en 2009 un accord amiable à Rome en présence de deux anciens présidents, le Nigérian Yakubu Gowon et l’Américain Jimmy Carter. Le laboratoire allemand verse alors une indemnité de 75 millions de dollars, répartie entre les familles des victimes et l’État fédéré de Kano, et achève en 2013 d’y construire un nouvel hôpital.

Un « mépris historique » pour la « race » noire

Lire aussi « En attendant… », Le podcast du « Diplo », avril 2020.

Les rumeurs et autres théories du complot, phénomènes universels, « trouvent aussi leur source en Afrique dans les comptes mal soldés de la colonisation, analyse le sociologue Francis Akindès, de l’université de Bouaké, en Côte d’Ivoire. Il y a ce soupçon du Blanc qui ne veut pas partir et garde un mépris historique pour la race noire. Mépris porté par les écrits de Hegel, Voltaire, Montesquieu et bien d’autres “humanistes” européens. Tout élan en direction de l’Afrique est perçu comme une émanation de ce double être déjà présent chez les humanistes, qui pensent l’humanité sans autre race que la caucasienne. Du coup, les “non caucasiens” ne se sentent pas en sécurité et voient dans les démarches occidentales un retour constant à ces faits et à ces références historiques. Il faut l’avouer, les intellectuels africains ont recyclé ces thèses et les imaginaires en sont meublés. Ces perceptions refont surface et gangrènent complètement la relation entre les mondes et les civilisations. Tout est suspecté, tout est regardé avec beaucoup de méfiance. »

Les propos échangés le 2 avril sur LCI par deux responsables de la santé français, selon lesquels on pourrait tester des vaccins du BCG en Afrique pour voir s’ils aident les personnels soignants à lutter contre le coronavirus, n’ont fait qu’enflammer une indignation latente. Une large partie de l’opinion en Afrique, parce qu’elle se sent perçue comme cobaye, est aujourd’hui catégoriquement opposée à tout essai de vaccin sur le continent (2).

Sabine Cessou

(1) Emmanuelle Colas, Paris, janvier 2020

(2) Cette controverse a impliqué le rappeur Booba, qui a réagi sur Twitter avec… un article du Monde diplomatique. Écouter le « retour des réseaux » de l’épisode 2 du podcast du « Diplo ».

https://blog.mondediplo.net/l-afrique-perpetuel-cobaye-de-big-pharma

https://tsimokagasikara.wordpress.com/2020/09/27/lafrique-perpetuel-cobaye-de-big-pharma-monde-diplo/