Afrique

AFRIQUE : COTE D'IVOIRE, GUINEE, RCA, LE DOUBLE STANDAR DE PARIS

Côte d’Ivoire, Guinée, RCA: le double standard de Paris

 Depuis 1 jour  4 décembre 2020

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 Asie et Afrique

 

 

 

 

La réélection d’Alpha Condé à la tête de l’Etat guinéen a jeté un froid dans les relations entre Conakry et Paris. La différence d’approche de l’Elysée par rapport à d’autres pays africains, notamment la Côte d’Ivoire, démontre un positionnement orienté sur les intérêts géopolitiques français, dans ce qu’il continue à considérer comme étant son «pré-carré».

Nombre d’analystes africains n’ont pas manqué de remarquer une approche clairement différente dans le traitement des élections présidentielles de certains pays africains francophones, et des situations intérieures respectives. Si en Côte d’Ivoire, le gouvernement en place – allié de Paris mais contesté par nombre de citoyens ivoiriens, peut compter sur de chaleureuses félicitations émanant du leadership français, c’est bien loin d’être le cas en ce qui concerne les élections présidentielles récentes en République de Guinée, ou à venir – comme en République centrafricaine.

Comme le note le média Financial Afrik en lien avec les félicitations froides et tardives d’Emmanuel Macron destinées à Alpha Condé pour sa réélection en tant que président guinéen, «la déclaration du président Macron intervient dix jours après de vertes critiques envers Alpha Condé qu’il reprochait d’avoir modifié la constitution pour se représenter. Ces félicitations tardives et réservées ôtent en tout cas la France dans une intenable position contradictoire entre l’ivoirien Alassane Ouattara, chaleureusement félicité et son homologue guinéen réélu (…)».

Evidemment, Paris pourra toujours se référer au fait que les élections guinéennes ont eu lieu dans «un climat de contestations» et d’accusations de fraudes par l’opposition. Il n’empêche que lorsqu’on connait la contestation que connait le chef d’Etat ivoirien dans son pays, et les diverses manœuvres ayant écarté de la course à la présidentielle nombre de ses concurrents, dont l’ex-président Laurent Gbagbo, sans oublier les pressions exercées sur les activistes panafricains dans le pays, la position élyséenne en ressort non seulement contradictoire – mais surtout fortement hypocrite.

Ce qui est sûr – c’est qu’une telle différence d’approche est sans aucun doute géopolitique et géoéconomique. Dans une mentalité purement néocoloniale. En Guinée, la diversification des partenariats extérieurs, y compris dans le secteur économique, ne profite pas pleinement à Paris – à la grande différence de la Côte d’Ivoire. Plus que cela, le chef d’Etat guinéen n’a pas manqué de remettre les points sur les «i» face aux représentants des médias français, dans une interview de septembre 2018, ayant fait beaucoup de bruit à l’époque. Notamment en lien avec le comportement des journalistes français participant à ladite interview, coupant régulièrement la parole au chef d’Etat guinéen.

Avant cela, dans un autre entretien daté d’avril 2017, accordé à la chaine Euronews, Alpha Condé avait rappelé que la France doit considérer les pays africains comme souverains. Une prise de position que l’Elysée est loin d’apprécier dans sa relation avec les pays africains anciennement colonisés par l’Etat français.

Mais cette politique élyséenne du deux poids, deux mesures, en Afrique ne se limite pas à la Guinée. L’autre exemple actuel est évidemment la République centrafricaine – elle aussi une ancienne colonie française. Là aussi, Paris au lieu de vanter les mérites du président Faustin-Archange Touadéra, un intellectuel arrivé au pouvoir dans un cadre démocratique, ayant apporté une paix globale et bien plus de stabilité à un pays qui fut meurtri par un long cycle de violences internes, préfère critiquer les choix, notamment en termes de politique extérieure de Bangui.

Plus que cela, l’establishment français en a fait une affaire personnelle de première importance : par tous les moyens déstabiliser (ou peut-être redéstabiliser) la RCA. Le tout pour une raison simple et connue – la large diversification des relations extérieures du pays au cours de la présidence de M. Touadéra, notamment en direction de la Russie et de la Chine. D’ailleurs cela se traduit par d’innombrables campagnes de lobbying opérées par la diplomatie française. Notamment via son ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

Le souci dans tout cela pour l’élite politico-médiatique hexagonale, c’est qu’au final une telle approche n’augmente qu’un peu plus les sentiments de ras-le-bol observés pratiquement dans toute l’Afrique francophone vis-à-vis de la politique française sur le continent. Plus que cela, Paris semble ne pas se rendre compte, dans une arrogance néocoloniale extrême, que si un chef d’Etat africain s’intéresserait aux affaires intérieures françaises d’une façon ne serait-ce que semblable à celle que pratique depuis un long moment l’Elysée, il est bien peu probable que cela soit toléré par l’establishment français. Cela a d’ailleurs souvent été rappelé par les panélistes de la grande chaine de télévision panafricaine Afrique Média TV.

Mais étant dans l’incapacité réelle de pouvoir changer un comportement datant de dizaines d’années, si ce n’est pas dire plus, les élites françaises doivent tout simplement se rendre à l’évidence que leur perte d’influence en Afrique se poursuivra de façon claire, rapide et confirmée.

Par Mikhail Gamandiy-Egorov
Source : Observateur continental

https://french.almanar.com.lb/1952876

 

MALI : TROIS BASES DE L’ARMEE FRANCAISE DE LA FORCE BARKHANE ATTAQUEES. L’ARMEE FRANCAISE N’A RIEN A FAIRE EN AFRIQUE. L’AFRIQUE AUX AFRICAINS !

 

Zoom Afrique du 1er décembre 2020

Tuesday, 01 December 2020 5:32 PM  [ Last Update: Tuesday, 01 December 2020 5:32 PM ]

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Zoom Afrique du 1er décembre 2020

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L’actualité en Afrique :

Nigeria : l’Iran condamne l’attaque meurtrière contre les agriculteurs

Iran-Zimbabwe : les relations fleurissent

Le Burkina Faso décroche simultanément 3 certifications dans le secteur de l’aviation civile

Côte d’Ivoire-AIP : Des pharmaciens prêtent serment pour mener une lutte acharnée contre les médicaments contrefaits

Les analyses de la rédaction :

1.Mali : triple attaque contre Barkhane 

Zoom Afrique aimerait demander aux lecteurs qui prennent souvent les pages Afrique de RFI, de l’AFP, de Jeune Afrique et des autres médias mainstream pour argent comptant, croyant les yeux fermés toutes les sornettes qu’ils racontent sur l’Afrique et les Africains la raison de ce silence totalement bizarre ! Alors que ces mêmes médias n’ont cessé depuis un mois de nous bassiner les oreilles en rapportant de façon récurrente et sans craindre le ridicule de supposées "opérations armées de Barkhane" contre telles ou telles cellules et positions des djihadistes, ces mêmes djihadistes dont ils ont tout fait pour qu’ils soient libérés puis armés et activés contre les populations du Nord malien, aucun français ne parle de ces "attaques coordonnées" qui auraient eu lieu contre " Barkhane, des Casques bleues et de la Takuiba lundi..., à part Ouest-France qui dit : 

"Trois bases de l’armée française dans le nord et l’est du Mali ont été visées par des tirs de roquettes lundi matin en l’espace de quelques heures, des attaques revendiquées par Al-Qaïda. Ces tirs n’ont fait aucune victime, a déclaré un porte-parole de l’opération Barkhane. Les camps, situés à Kidal, Ménaka et Gao ont été touchés par des "tirs indirects", a déclaré le porte-parole de l’armée française Thomas Romiguier. Seule la base de la Minusma à Kidal a subi des dommages, a-t-il ajouté. Cette base de la mission des Nations unies au Mali est située à proximité du camp français. L’ONU a condamné l’attaque.

On se rappelle comment cette attaque anti-agents français qui s’est produite au mois d’août au Niger et dont les éléments n’ont jamais été révélés a monopolisé la totalité des médias de l’Empire. Pourquoi alors avoir censuré une opération d’une si grande ampleur qui pour n’avoir fait aucune victime, enfin à en croire Barkhane, refléterait un état de préparation et de coordination inouïe ? Après tous ces trois bases françaises et bien français se trouvent dans le Nord malien, cette contrée si largement convoitée depuis 2013 par Barkhane et qu’elle n’a jamais cessé d’en chercher l’amputation puisque c’est là la porte du Sahel et du Maghreb...

La réponse est simple : depuis un mois, soit depuis que la force d’occupation a compris que la junte militaire au pouvoir qu’elle a inventé pour dénaturer la première exigence du peuple malien à savoir le retrait des troupes étrangères, le retour de l’autorité de l’État et de l’armée, ne parviendrait jamais à leurrer les Maliens, ses médias ne cessent de nous bassiner les oreilles avec des "opérations anti djihadistes" d’ampleur avec en toile de fond des "des dizaines voire des centaines de terroristes tués". C’est à se demander par quel miracle Barkhane allié des djihadistes est devenu soudain hyperactif, et ce, après plus de sept ans de présence dévastatrice pour le peuple et l’État malien ! Cette Barkhane tue ainsi à vrac les terroristes dont elle-même a exigé la libération par junte militaire interposée et ce, sous les apparences d’une réticence mensongère. Or, une attaque coordonnée visant trois bases militaires française discréditerait d’emblée ce soi-disant hyper activisme anti terroristes.

Autre élément, Jeune Afrique reflétait, une fois n’est pas coutume, cette grosse interrogation de l’opinion malienne il y a quelques jours : "pourquoi Barkhane ne fait que chasser Al-Qaïda au Sahel et pas Daech ? " Commentant les attaques coordonnées de lundi sur quoi on ne risque jamais de savoir la vérité, la presse française affirme qu’elle a été revendiquée par Al-Qaïda. Façon de justifier la protection qu’apporte Barkhane à Daech. C’est Al-Qaïda qui l’ennemi et pas Daech puisque c’est elle qui attaque les bases françaises. Or on sait que depuis que Barkhane est devenu le bras exécutant des projets US en Afrique, elle a entre autres la mission d’implanter Daech en lieu et place d’Al-Qaïda au Sahel et aux portes du Maghreb. Bref elle veut liquider d’anciens agents pour les faire remplacer par des nouveaux. La terrifiante démonstration aura été ce massacre du Boko Haram au Nigeria il y a 48 heures. Bref la manipulation continue et avec elle, le vaste déploiement des forces de l’OTAN et des États unis au Sahel, à proximité du Maghreb. Reste à savoir si l’attaque supposée contre les trois bases françaises sur quoi même le maire de Menaka ne sait pas grande chose, c’est un énième false flag ou le prélude à une explosion de la colère anti occupation.

 

2. Cameroun : Foreign Policy s’en mêle 

Les tentatives de sape à l’adresse des élections régionales camerounaises ont commencé à peu près il y a trois semaines quand les députés américains dont le pays vient d’illustrer de la pire façon qui soit, à quoi ressemblait une " armanque démocratique" ont demandé à ce que les migrants camerounais en situation irrégulière ne soient pas expulsés des États-Unis. Ils ont fait une lettre où comme à leur habitude ils ont déballé leur éternel discours de droits de l’hommiste dans un pays où être un Afro-Américain revient à être condamné à jamais. Évidemment ces députés ne s’apitoyaient guère sur le sort des Camerounais, mais étaient soucieux surtout de créer une diaspora pro-US propre à servir de levier de pression contre l’État et l’armée camerounais, quand le besoin se fait sentir. C’est ainsi qu’a d’ailleurs bien agi la France depuis ces dernières années tantôt en envoyant ses agents vandaliser l’ambassade du Cameroun à Paris tantôt en organisant le meeting du Pantin Kamto en pleins paris, et tout ceci alors que la presse maintsrteam affirme sans cesse que Macron appuie en sous main Biya. Mais cette campagne d’infamie ne reste pas là, les États-Unis ayant poussé encore plus loin les bouchons. Ainsi le 30 novembre, quelques heures après le terrifiant massacre commis par la créature africaine de la CIA BOKO Haram ou plus de 100 agriculteurs et pêcheurs de Borno au Nigeria, pas trop loin du Cameroun ont été décapités, Foreign Policy a fait publier un article où il porte de graves accusations contre le Camroun." 

Selon le site du magazine américain Foreign Policy, Yaoundé utiliserait les ressources apportées par ses partenaires, dont les États-Unis, pour mener une guerre jugée "illégitime" contre les séparatistes. Le Cameroun est donc accusé de tromper la "communauté internationale", c’est à dire les USA et l’OTAN dans son engagement contre Boko Haram et Daech en Afrique de l’ouest. Selon le texte, Yaoundé utiliserait les ressources apportées dans ce cadre par ses partenaires, dont les États-Unis, pour mener une guerre jugée "illégitime" contre les séparatistes.

"La communauté internationale ne doit pas tomber dans ce piège. Elle devrait plutôt réévaluer l’aide accordée à une administration contrôlée par Paul Biya, qui fait face à des difficultés financières. Après plus de trois ans d’opérations militaires intenses dans les régions anglophones dans des conditions critiques, l’économie camerounaise est sous le choc. Pourtant, les maigres ressources qui lui restent continuent d’être affectées aux importations d’armes, à la formation, aux infrastructures et aux opérations militaires", Peut-on lire dans cette publication.

L’accusée est portée par deux "chercheurs" américains, dont Bill Burton. Celui-ci est présenté comme un analyste travaillant pour le "Cameroon Anglophone Crisis Database of Atrocities". La plateforme se veut apolitique, mais à un processus de collecte et vérification de l’information peu expliquée et ses publications sont toujours à charge contre le gouvernement camerounais. À quoi rime cet article ? Les États-Unis comptent reproduire le macabre génocide de Borno sur le territoire camerounais. En 2019, Washington a tenté de faciliter une percée de Daech au Cameroun, en supprimant des aides militaires à Yaoundé. La raison : l’administration de Trump a évoqué de "graves violations des droits humains" et non des détournements de ressources. Cet article s’inscrit exactement dans ce sens. Le 6 décembre se tiennent les élections régionales. On s’attend donc à ce que le camp US/Occident remette la couche et commence ses manœuvres de déstabilisation en accusant d’abord les organisateurs d’irrégularités, en provoquant ensuite les anglophones de descendre dans la rue et tout ceci sur fond de ces agents de Boko Haram qu’ils enverraient semer la terreur sur le sol camerounais. 

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3. Burkina Faso : la méga déculottée France/US/OTAN 

Sacré peuple burkinabé ! Kaboré que l’Occident n’aime guère puisqu’il n’a pas permis une reproduction de la crise malienne au Burkina et partant une extension de la métastase "Barkhane" à travers le Burkina puis le Sahel vient de remporter l’élection présidentielle dès le premier tour. Mais la majorité lui manque. L’axe néocolonialiste a tout fait pour faire remonter l’opposition contre Kaboré. Mais voici sa réponse rapportée par RFI : "Le Congrès pour la démocratie et le progrès, le parti de l’ancien président Blaise Compaoré, dit « prendre acte » des résultats provisoires de la présidentielle, proclamés par la commission électorale. Le CDP avait prévu de formuler un recours contre ses résultats suite aux irrégularités constatées durant le scrutin. Mais face à l’absence d’unanimité et de consensus avec les autres partis d’opposition signataires de l’accord politique, le CDP y renonce pour ce qui concerne l’élection présidentielle. Les responsables du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) sont revenus sur les difficultés organisationnelles qui ont émaillé le scrutin du 22 novembre 2020. Ils l’ont qualifié de « piteux ». Mais le parti ne déposera finalement pas de recours contre le résultat de la présidentielle, suite à un manque consensus au sein des candidats de l’opposition, selon Topan Mohamed Sané, le directeur national de campagne du CDP. On a bien dit qu’on allait déposer un recours. Malheureusement, nous avons constaté qu’il n’y a pas d’unanimité ou même de consensus. Lorsque l’on a regardé les textes, nous étions hors délai. Donc, c’est plus ou moins à notre corps défendant que le bureau exécutif a décidé de ne pas former un recours par rapport à la présidentielle", fin de citation. 

"L’absence de l’unanimité" veut dire quoi dans ce contexte ? Elle veut dire le "méga NON du peuple burkinabé aux ingérences France et Cie..

https://french.presstv.com/Detail/2020/12/01/639730/Mali--triple-attaque-contre-Barkhane

MOHAMED HASSAN : "IL N'Y A PAS DE GUERRE CIVILE EN ETHIOPIE"

Mohamed Hassan: « Il n’y a pas de guerre civile en Éthiopie »

 

21 Nov 2020

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Un conflit ravage la région du Tigré en Éthiopie depuis plusieurs semaines. Certains parlent même de guerre civile. Comment le Premier ministre, Abiy Ahmed, qui avait reçu le Prix Nobel de la Paix s’est-il retrouvé à faire la guerre? Qui sont ceux qui contestent son pouvoir? Quelles répercussions pour la Corne de l’Afrique? Ancien diplomate éthiopien, Mohamed Hassan (La stratégie du chaos – Jihad made in USA) nous explique les enjeux de ce conflit.

 

Des mouvements populaires et une révolution pacifique ont mis fin à la dictature du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) en Éthiopie, il y a deux ans. Dictature qui avait été dirigée d’une main de fer par Meles Zenawi durant de longues années[1]. En 2018, Abiy Ahmed était porté au pouvoir. Le nouveau Premier ministre reconnaissait les partis d’opposition et signait un accord de paix historique avec les voisins d’Érythrée. Abiy Ahmed obtenait même le Prix Nobel de la Paix pour ces démarches. Mais depuis quelques semaines, des combats opposent les forces du FLPT à l’armée nationale. Certains observateurs parlent même d’une guerre civile. Comment l’Éthiopie, qui semblait avoir retrouvé la paix après une histoire mouvementée, a-t-elle sombré à nouveau dans la violence?

Il ne s’agit pas d’une guerre civile. Les forces du TPLF qui avaient été renversées en 2018 ont attaqué le gouvernement éthiopien pour tenter de reprendre le pouvoir. Mais les membres du TPLF ne représentent pas la population du Tigré, c’est un groupe minoritaire qui ne défend que ses propres intérêts. Après avoir dominé l’Éthiopie pendant 27 ans, le TPLF a été chassé du pouvoir. Il a refusé la main tendue par le Premier ministre qui a réuni tous les mouvements politiques autour de la table pour construire un nouvel avenir en Ethiopie, et il s’est replié dans le Tigré. Avec l’argent qu’ils avaient volé, en tentant de saboter l’autorité du gouvernement central et en essayant de provoquer des conflits ethniques, les responsables du TPLF ont voulu reprendre le pouvoir. Ils ont ainsi attaqué une base de l’armée nationale dans le Tigré pour voler des armes et lancer une offensive vers Addis-Abeba, dans le but de destituer le Premier ministre. C’est ce qui a provoqué la guerre actuelle. Mais le TPLF est vaincu. Il est encerclé dans la capitale du Tigré, Mekelle, et n’a d’autres choix que de se rendre.

L’Éthiopie est un grand pays multiethnique. Comment un groupe minoritaire comme le TPLF a-t-il pu tenir les rênes du pouvoir si longtemps?

La domination du TPLF reposait sur cinq piliers. Ils avaient tout d’abord créé une fausse organisation, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE) qui était censé associer les Amharas et les Oromos, groupes majoritaires, ainsi que les peuples du Sud. En réalité, le FDRPE était dominé par le TPLF, ça lui permettait d’avancer couvert. Le deuxième pilier, c’est le fédéralisme. Le TPLF a organisé un faux fédéralisme qui leur a permis d’appliquer la célèbre stratégie du « diviser pour régner ». Le système était chapeauté par le ministre du Fédéralisme qui était membre du bureau politique du TPLF. Les services de renseignement constituent le troisième pilier. Ils étaient également dirigés par un responsable du TPLF. Et 20% des agents du renseignement étaient issus de la minorité Tigré, ce qui ne représente pas du tout la démographie en Éthiopie. Ces services disposaient en outre du budget le plus important du pays. Dans la même veine, le TPLF se reposait sur l’armée, le quatrième pilier. La plupart des officiers étaient des Tigrés. Enfin, le cinquième pilier s’appuyait sur le contrôle de l’économie. L’Éthiopie était une néo-colonie dont les richesses étaient pillées par les multinationales. En tant que bourgeoisie compradore, le TPLF s’en mettait plein les poches au passage. Mais il ne développait rien pour répondre aux besoins de la population qui était extrêmement pauvre. 

Tout cela explique les soulèvements qui ont conduit au reversement du TPLF. Mais comment le gouvernement a-t-il pu mettre fin à cette domination qui semblait bien ancrée, notamment dans les services de renseignements et l’armée?

Le TPLF avait instauré un véritable régime d’apartheid en Éthiopie, mais leur pouvoir a fondu comme neige au soleil à partir de 2017. Certes, il dominait la direction de l’appareil de sécurité. Mais le TPLF est minoritaire et la majorité des membres de ces services appartenait à d’autres ethnies. Quand il y a eu des soulèvements populaires, ces membres ont refusé d’obéir plus longtemps aux ordres du TPLF. Ils refusaient de réprimer leurs frères ou leurs enfants qui se soulevaient.

Le TPLF s’est alors retranché dans la région du Tigré, mais il n’avait manifestement pas renoncé au pouvoir. S’il ne peut pas reprendre Addis-Abeba, pourrait-il chercher la sécession?

Le TPLF a une double stratégie. D’abord, organiser la « longue marche vers le Tigré » où il a pris le pouvoir et de là, déstabiliser le pays. Les bandits du TPLF comptaient sur leur argent, leurs armes et les tensions ethniques pour déstabiliser le gouvernement et reprendre le pouvoir. Ils sont en train d’échouer.

Le TPLF a aussi une stratégie à long terme: créer un grand Tigré indépendant. Mais la région est enclavée, il leur faut un accès à la mer. C’est pourquoi ils ont toujours voulu faire la guerre à l’Érythrée, ils voulaient récupérer un accès aux côtes de la mer Rouge. Ils voudraient déclencher un nouveau conflit avec leurs voisins, mais c’est un rêve impossible. Les pays occidentaux qui les ont soutenus si longtemps dans leur terreur et dans leurs guerres ne les soutiendront pas cette fois-ci. Le TPLF est condamné. Les médias occidentaux et les groupes de réflexion prétendant qu’il y a une guerre civile en Éthiopie essaient en fait de sauver une organisation criminelle. Cette organisation doit être dissoute et ses responsables doivent se rendre pour répondre de leurs actes devant la justice.

Le TPLF dispose-t-il d’une base sociale importante dans la région du Tigré?

Même pas. Pendant les 27 années où ils étaient au pouvoir, les responsables du TPLF se sont enrichis personnellement. Ils ont placé leur argent dans des paradis fiscaux, mais n’ont pratiquement rien investi dans la région du Tigré. Ils n’ont même pas été capables d’alimenter la capitale Mekelle en eau potable! Le TPLF a perdu depuis longtemps ses liens avec les masses, il ne représente pas le peuple du Tigré. C’est un gang criminel dirigé par une poignée d’individus. En Éthiopie, tout le monde le sait! L’ensemble de la population éthiopienne veut traduire le TPLF en justice. Ce conflit, ce n’est pas une vendetta ni une guerre entre le Tigré et le reste de l’Éthiopie. C’est une guerre contre des bandits qui ont volé le pays.

Y a-t-il dans ce conflit une intervention des puissances impérialistes qui ont soutenu la dictature du TPLF pendant de longues années?

Pas pour l’instant. Les impérialistes savent que les peuples et les gouvernements de la Corne de l’Afrique sont unis contre le TPLF. Dans la région, il  jouait le rôle de gendarme pour les puissances néocoloniales. Il a ainsi envoyé des troupes de « maintien de la paix » dans plusieurs pays. Le TPLF a notamment tué 16.000 Somaliens. Il est détesté dans la région et les gouvernements de la Corne de l’Afrique soutiennent Abiy pour faire reculer ce cancer. Le Soudan qui a récemment connu un changement de gouvernement coopère avec le Premier ministre éthiopien. Tout comme l’Érythrée. Un nouvel avenir peut commencer, sans le TPLF et les ingérences des puissances impérialistes.

L’accord de paix passé avec l’Érythrée est effectivement historique. L’Érythrée avait arraché son indépendance à l’Éthiopie après 30 ans de lutte. C’était en 1991. Mais depuis, des conflits éclataient souvent entre les deux frères ennemis.

La guerre avec l’Érythrée n’avait pas lieu d’être. Ce conflit était artificiellement entretenu par le TPLF lorsqu’il était au pouvoir en Éthiopie. Ce faux conflit lui permettait de détourner l’attention des véritables problèmes sociaux, économiques et politiques que rencontrait le peuple éthiopien. La guerre a aussi servi de tremplin au TPLF pour devenir la puissance dominante dans la Corne de l’Afrique, avec le soutien des impérialistes. Pour les puissances néocoloniales, le TPLF était un client idéal. Ce groupe marginal, représentant une minorité de 6% de la population, avait besoin du soutien des impérialistes pour se maintenir au pouvoir. Et les impérialistes pouvaient en retour se réjouir d’avoir dans cette région stratégique un serviteur prêt à déstabiliser la Corne de l’Afrique et à briser les relations entre les peuples.

Il semble que la tendance s’est inversée. Il y a quelques années, lorsque le TPLF était encore au pouvoir, vous nous expliquiez que la Corne de l’Afrique avait tout pour réussir si elle parvenait à se libérer des chaines de l’impérialisme: elle est stratégiquement située en face du Golfe et en bordure de l’Océan indien, elle dispose de nombreuses ressources et de capacités agricoles importantes, elle peut également compter sur une large population active…

C’est exact. La Corne de l’Afrique, c’est près de 130 millions de personnes et de nombreuses ressources. Au cours des 80 dernières années, la région n’a pas pu se développer correctement, car elle était dominée par les puissances impérialistes et leurs agents qui appliquaient la stratégie coloniale du diviser pour régner en exploitant les différences ethniques et religieuses. Mais tous les peuples de la Corne de l’Afrique ont des liens historiques, culturels et sociaux entre eux. En coopérant, les gouvernements de la région peuvent sensiblement améliorer le quotidien de ces peuples. C’est ce qui est en train de se passer, un nouveau départ est possible pour la Corne de l’Afrique.

 

Source: Investig’Action

Note:

[1] Pour une analyse complète du contexte historique, voir la série d’interviews que nous avait accordées Mohamed Hassan sur l’Ethiopie.

https://www.investigaction.net/fr/mohamed-hassan-il-ny-a-pas-de-guerre-civile-en-ethiopie/

 

L'ILE DE MADAGASCAR SE MORCELLE EN PLUSIEURS PETITES ILES

L’île de Madagascar est en train de se morceler en plusieurs petites îles (S et A)

NOV 28

Publié par 

Par Joël Ignasse 

L’Île Rouge n’en sera plus une d’ici quelques millions d’années.

Cadre sismotectonique des Comores (source : carte sismo-tectonique du... |  Download Scientific Diagram

Cadre sismotectonique des Comores (source : carte sismo-tectonique du Monde 1/50 000 000, ed. CCGM et UNESCO, 2002)

Le continent africain se sépare lentement en plusieurs grands et petits blocs tectoniques le long du système du rift est-africain ce qui a des répercussions jusqu’à Madagascar qui elle-même se divisera également en îles plus petites.

Le sud et le centre de l’île de Madagascar se déplacent dans deux directions différentes

Une nouvelle étude de la complexe répartition et évolution des plaques tectoniques africaines menée par Sarah Stamps du Département de Géoscience de Virginia Tech et publiée dans la revue Geology a conduit à cette conclusion. Pour y arriver, les géologues ont effectué des relevés GPS de surface en Afrique de l’Est, à Madagascar et sur plusieurs autres îles de l’océan Indien. Et ils ont constaté que l’île de Madagascar était en train de se morceler : le sud porté par la plaque Lwandle se détache du reste de l’île tandis que le centre porté par la plaque Somalienne se déplace dans une autre direction.

Rift est-africain - Wikiwand

Rift est-africain (Wikiwand)

Une séparation à un rythme de quelques millimètres par an

Le reste de l’île est également sujet à un complexe processus de division qui s’étend jusqu’aux Comores, situées dans l’océan Indien entre l’Afrique de l’Est et Madagascar, et qui s’achèvera par la formation d’archipels. Ce n’est toutefois pas pour les prochaines années… La séparation se fait à un rythme très lent, quelques millimètres par an. Les grands bouleversements prévus n’auront pas lieu avant quelques millions d’années quand l’écartement des terres donnera naissance à de nouveaux océans. En attendant, ce travail permettra de mieux appréhender l’activité sismique et volcanique récente et en cours dans les Comores.

SourceScience & Avenir

https://tsimokagasikara.wordpress.com/2020/11/28/lile-de-madagascar-est-en-train-de-se-morceler-en-plusieurs-petites-iles/

MALI : LES FAMAS EXPULSERONT BARKHANE !

Zoom Afrique du 24 novembre 2020

Tuesday, 24 November 2020 2:14 PM  [ Last Update: Tuesday, 24 November 2020 2:22 PM ]

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Les forces armées maliennes.

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L’actualité en Afrique :

Ghana : 13 universités désormais couvertes par l’Internet sans fil gratuit

Cameroun : le BIT forme 40 « business coaches » pour un programme de promotion de l’entrepreneuriat jeune

Nigeria : la société publique du pétrole a réduit ses pertes de 97 % en 2019

Togo : ASKY porte sa flotte à 10 avions avec l’acquisition d’un 4e Boeing 737-800

Les analyses de la rédaction :

1. Le Burundi continue sa campagne contre l’Occident !

Le Burundi a annoncé au secrétaire général des Nations unies la fermeture définitive à la fin de l’année du Bureau de son envoyé spécial dans le pays, prenant le contre-pied de la récente demande d’Antonio Guterres de prolonger son existence d’un an. Dans une note verbale, le ministère burundais des Affaires étrangères notifie au bureau de M. Guterres « la fermeture formelle et la liquidation du Bureau de l’envoyé spécial au Burundi au 31 décembre 2020 ».

Interrogé par l’AFP à New York au sujet de cette note verbale, l’ONU a indiqué ne pas « commenter à ce stade », car après les tentatives de caresser le président burundais dans le sens du poil, l’ONU ne s’attendait pas à cette hostilité de la part de Gitega.

En se félicitant de la « volonté réelle et forte » de « changement positif » du nouveau président Evariste Ndayishimiye, qui a succédé à M. Nkurunziza décédé en juin, le secrétaire général de l’ONU a recommandé le 10 novembre un maintien du Bureau de son envoyé spécial jusqu’au 31 décembre 2021, le Burundi étant encore « fragile » prétend-il.

Dans sa note, le ministère burundais estime qu’une « présence politique » de l’ONU n’est plus « pertinente », la situation au Burundi étant « calme et stable » et le récent « processus électoral réussi » s’étant « soldés par une transition politique historique ».

« Notre décision est souveraine et irrévocable, nous ne voulons plus d’un bureau qui entretient l’idée d’une crise qui n’existe que dans la tête de certaines puissances étrangères », a expliqué une source au ministère burundais des Affaires étrangères, visant l’Union européenne et certains pays occidentaux.

Le gouvernement burundais demande depuis longtemps le retrait du Burundi de l’ordre du jour du Conseil de sécurité, faisant valoir que cela améliorerait l’image du pays aux yeux des partenaires et des investisseurs potentiels.

Un diplomate onusien a indiqué, sous le couvert de l’anonymat, voir dans la notification burundaise une possible « posture en vue de négocier une relation politique plus souple avec l’ONU, car le Burundi sait qu’il n’y aura pas unanimité au Conseil de sécurité pour son retrait de l’agenda ».

Dans sa note, le ministère burundais estime que « le développement socio-économique est le seul domaine phare qui a besoin d’un accompagnement » des Nations unies au Burundi.

Cela fait un bon moment déjà que l’ONU et son hypocrisie se trouvent dans le collimateur de Gitega.

La Commission Vérité et Réconciliation (CVR) a procédé, ce vendredi 16 octobre 2020, à la clôture provisoire des enquêtes et exhumations des fosses communes de la crise de 1972 en province Rumonge. Le président de l’Assemblée nationale s’en est pris, à juste titre, aux Nations unies et à la Commission Diène et partant à l’Occident lequel, on le sait, tire les ficelles de l’ONU, mais la sortie anti Occident du parlement donne la voix, il est hors de question que le Burundi se laisse faire. Après tout, ce que cherche l’Occident c’est de provoquer à nouveau des guerres civiles, identiques à celles des années 70 du siècle dernier. À travers un discours à la mémoire des victimes, c’est en fait le rôle des pyromanes occidentaux que le président dénonce.

 « Est-ce que, en 1972, le Burundi était une île au point de s’entretuer sans que personne n’intervienne ? Certains se proclament défenseurs des droits de l’Homme, est-ce qu’on n’en parlait pas en 1972 ? L’ONU n’existait pas encore ? » a-t-il affirmé.

Ce qui fait que le vrai visage de l’ONU est clair et visible au Burundi. Ce qui dérange aussi la population burundaise, ce sont les fausses allégations que l’Occident lance concernant le Burundi. Gitega et sa population sont bien décidés à ne pas se laisser piéger par l’ONU, qui tente désespérément au Burundi, en Centrafrique, et d’autres pays africains, de se redéployer dans les pays où elle a perdu pied et continuer sa politique perçue comme étant hypocrite par les Africains !

2. Mali : Les FAMA n’ont pas besoin de Barkhane, ni de personne !

Les États-Unis semblent vouloir s’accrocher au Mali !

Depuis le coup d’État du 18 août, les États-Unis ont montré beaucoup d’intérêt envers le Mali. Tout d’abord, le système de logique à l’occidentale a été mis en place, à savoir, l’impératif au gouvernement de transition de combattre le terrorisme, mais par contre Washington coupe les aides financières envers l’armée malienne. Ensuite, vient l’embargo mis en place par la CEDEAO, qui a été levé suite au passage de l’homme d’Afrique américain, Peter Pham.

L’entrée de Washington a été marquée à ce moment-là !

Ces dernières semaines, nous avons pu constater que Barkhane mettait les bouchés doubles pour montrer quelques résultats positifs pour pouvoir justifier sa présence au Mali.

En plein dans la ligne de mire de la population malienne, sa présence est tellement contestée que Barkhane a décidé de tuer des Maliens, terroristes ou non, pour ensuite relayer aux médias que les opérations fournissent de bons résultats. Si Barkhane reste, il pourra devenir le bras armé des États-Unis en Afrique de l’Ouest.

Lors de la réunion consacrée à la présentation du rapport du secrétaire général de l’ONU sur la force conjointe G5 Sahel, la délégation américaine s’est dite « alarmée par la libération en octobre d’environ 200 prisonniers au Mali, dont la plupart étaient détenus pour actes de terrorisme », et demandé « instamment au Gouvernement de transition du Mali et aux autres acteurs de mettre en œuvre rapidement les principes de l’Accord d’Alger ».

Tout en reconnaissant que « la Force conjointe du G5 et sa composante civile sont essentielles pour s’attaquer à certaines des causes profondes du conflit au Sahel », les États-Unis affirment qu’ils « restent déterminés à soutenir bilatéralement la Force conjointe avec du matériel, une formation, des fournitures et des conseillers ».

À court terme, la délégation US a émis l’espoir que « la Force conjointe tire pleinement parti du mécanisme d’appui de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA), renforcé en juin dernier pour mieux soutenir la Force conjointe du G5 ».

« Nous pensons qu’il n’y a pas de temps à perdre. La MINUSMA n’est qu’une partie de la solution et il est peu probable, à notre avis, qu’elle se maintienne indéfiniment à son niveau actuel », a dit le représentant US, ajoutant que « malgré les succès obtenus par la Force conjointe, les progrès accomplis “peuvent s’effacer rapidement lorsque les forces de défense et de sécurité"  commettent elles-mêmes des "actes de violence contre les populations qu’elles sont censées protéger".

Des propos assez directs venant de la part de la délégation US à l’ONU.

Il se pourrait que Washington ait décidé non seulement de prendre les commandes dans le Sahel, mais aussi de mettre Barkhane hors jeu. Ce qui à l’air d’être visiblement impensable pour Barkhane. Et pour cause, ces dernières années, les médias mainstreams mettait en avant, environ tout une à deux fois par an, une pseudo opération qui aurait tué des dizaines de pseudo terroristes. Tout le monde se demandait d’ailleurs quelle était la vraie fonction des soldats français sur le territoire malien. La presse française s’empresse de relayer l’information en mettant quand même que les FAMA seraient associées à Barkhane dans l’opération.

Mais voilà que depuis deux ou trois semaines, toujours selon les médias mainstream, les FAMA se font régulièrement tuer et Barkhane, seule, mène des opérations antiterroristes.

La présence de Barkhane est de plus en plus au cœur des débats français, et l’argument qui ressort de plus en plus c’est que les FAMA ne pourront jamais se débrouiller seules dans la lutte contre le terrorisme.

Les médias mainstream omettent tout de même de préciser que les FAMA fournissent beaucoup de bons résultats avec beaucoup moins de moyens que Barkhane.

Mais on dirait que la France montre de plus en plus dans ses médias à la Communauté internationale que sans sa présence le Mali serait fichu ! Les FAMA ne sont plus du tout mises en coopération dans les médias mainstream, et d’ailleurs, un reportage sur la chaîne ARTE a entièrement été consacré aux FAMA. Dans ce reportage, les FAMA sont entièrement dénigrées et réduites en cendre. Ce qui fait que dans l’opinion publique occidentale, les gens se demandent ce que vont devenir les FAMA et le Mali tout entier sans la présence de Barkhane. Le reportage fait aussi part des faibles subventions que l’armée possède et n’hésite pas à relayer une vidéo, filmée par des terroristes, montrant les cadavres des soldats maliens, qui sont morts auparavant. Une image choquante, certes, mais pas anodine. Beaucoup d’experts pensent que c’est une manœuvre politique pour montrer que la présence de Barkhane est indispensable au FAMA et beaucoup se demandent aussi, qu’aucun média mainstream n’a jamais relayé de telles images concernant la mort de soldats français à l’étranger.

Ce qui fait que le problème reste toujours le même, les FAMA peuvent être indépendantes et peuvent fournir d’excellents résultats si Barkhane et l’Occident arrêtent de les utiliser comme chair à canon pour assouvir des intérêts personnels. Le reportage, comme les médias mainstream, omettent de mettre en avant le fait que les Maliens ne veulent plus de la présence française sur leur territoire. Durant les manifestations qui ont précédées le coup d’État, une grande majorité de Maliens l’ont crier haut et fort : stop au génocide de la France au Mali ! Et les Maliens ne s’arrêteront pas de tout faire pour pousser Barkhane hors de leur pays et même du continent !

3. Côte d’Ivoire : le point sur la situation 

La situation en Côte d’Ivoire devient compliquée en ce moment. 

Suite à la réélection du président Alassane Ouattara à un troisième mandat très controversé par la population et aussi l’opposition et par-dessus tout, les paroles du président français, Emmanuel Macron qui a finalement apporté son soutien à son homologue Ouattara, il est temps de faire un point sur la situation, avec le géopoliticien Luc Michel.

https://french.presstv.com/Detail/2020/11/24/639276/Mali--Les-FAMA-n-ont-pas-besoin-de-Barkhane,-ni-de-personne--

 

LA RESISTANCE ARRIVE EN AFRIQUE

«C'est une pensée qui ratisse large jusqu'en Amérique latine et en Afrique»

Sunday, 22 November 2020 4:39 PM  [ Last Update: Sunday, 22 November 2020 5:49 PM ]

Des protestataires brûlent un drapeau américain lors d'une manifestation à Téhéran contre l’assassinat le 3 janvier 2020 du haut général iranien Qassem Soleimani. ©AP

S’attardant sur le fait que la pensée du Bassidj (mobilisation populaire) n’a pas de limites géographiques, le commandant en chef du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a déclaré : « Aujourd’hui, l’idéologie du Basij s’est répandue au Yémen, au Liban, en Syrie et en Irak, et s’est fait connaître en Amérique latine et dans certaines parties de l’Afrique. »

Selon Sepah News, le général de division Hossein Salami a ajouté : « Le Bassidj est au-devant de la scène et au cœur du combat contre toute menace contre la nation. Il est une montagne de quiétude sur laquelle s’appuie la nation. Il donne au peuple la confiance en soi. La pensée de Bassidj puise ses racines dans l’espoir au secours de Dieu. C’est un mouvement dont l’idéologie reste actuelle, dynamique, fluide et progressiste, et qui ne se limite pas à une géographie limitée. »

« Aujourd’hui, le discours du Basidj s’est rependu au Yémen, au Liban, en Syrie et en Irak, et s’est fait également connaître en Amérique latine et dans certaines parties de l’Afrique », a-t-il encore précisé.

Il a ajouté : « Malheureusement, un système oppressif règne dans le monde au nom de laquelle chaque nation faible est vouée à l’humiliation. Il n’y a aucune nation qui n’ait été humiliée après que l’ennemi eut pénétré dans les profondeurs de son territoire. Par conséquent, pour sauvegarder sa dignité, il faut être fort; car la faiblesse est le point de départ de l’abandon tandis que la force et le pouvoir sont les facteurs d’autorité, de dignité et de fierté », est allé plus loin le commandant en chef du CGRI. 

Selon lui, pour pouvoir tenir tête à toutes ces puissances qui guettent aujourd’hui la moindre occasion pour dominer le monde, il n’y avait pas d’autre solution que d’ouvrir un front vaste et intarissable de la Résistance, manière d’éroder leur pouvoir arrogant et détruire leurs velléités.

« Cette grande réalisation était, a-t-il renchéri, le fruit même de la mobilisation et de la diffusion de la pensée du Bassidj. Si ces succès et victoires consécutives ont été obtenus, c’est grâce à cette idéologie. » Le commandant en chef du Corps des gardiens de la Révolution islamique n’a pas manqué de saluer à cette occasion le Leader de la Révolution islamique, l’Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, dont les directives avisées et perspicaces ont beaucoup aidé le mouvement.

S’attardant d’autre part sur le déclin total de l’empire américain, le haut commandant militaire iranien a ajouté : « N’avez-vous pas l’impression que cette puissance est désormais usée et déclinée ? »

Le commandant en chef du CGRI a poursuivi : « Aujourd’hui, les États-Unis sont confrontés à de graves problèmes économiques et leur puissance militaire a été épuisée, car une puissante résistance efficace qu’est l’Iran a su depuis 40 ans les sortir de leur base stratégique, les affronter face à face sur les fronts de bataille et les vaincre à plusieurs reprises, s’y opposant toujours avec l’autorité. » 

Faisant référence à la perspicacité de la grande nation iranienne, qui connaît bien son ennemi, il a déclaré : « Aujourd’hui, la nation iranienne, inspirée par le Saint Coran, a choisi la patience et la persévérance face à toutes les pressions maximales. »

« C’est le début d’un chemin pour une nation qui n’a jamais compté sur l’ennemi oppressif même pour un seul instant », a-t-il conclu.

L'Iran va-t-il achever la présidence Trump par une "très belle surprise"?

https://french.presstv.com/Detail/2020/11/22/639127/Mobilisation-Populaire-Bassidj-Iran-Am%C3%A9rique-Latine-Afrique

 

LE SENEGAL EXPULSERA L'AFRICOM?

Zoom Afrique du 20 novembre 2020

Friday, 20 November 2020 2:19 PM  [ Last Update: Friday, 20 November 2020 2:35 PM ]

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Zoom Afrique du 20 novembre 2020

L’actualité en Afrique :

Pour son premier investissement au Mali, la SFI engage 10,5 millions $ dans les secteurs agricole et minier

Côte d’Ivoire : Perenco envisage d’acquérir environ 51 % des actions sur le bloc offshore CI-11

Total Gabon réalise un bénéfice au troisième trimestre qui lui permet de réduire ses pertes de 2020

Tchad: le gouvernement ambitionne de construire une centrale solaire de 30 MW à Sarh

Mali : les employés des mines d’or déclenchent une grève de 72 heures, risques de baisse de la production nationale

 

 

Les analyses de la rédaction :

Des pirates enlèvent 14 marins d'un navire de transport lourd dans le golfe de Guinée

Comment décider de l'avenir des investissements dans les pays africains? En semant l'insécurité. Au Sahel c'est le fléau djihadiste que les services secrets occidentaux ont inventé et entretiennent. Ailleurs c'est la piraterie de mer tantôt pour faire fuir les Chinois tantôt pour ramener les forces armées occidentales au nom de la lutte pour la sécurité.

Le 13 novembre, le « Zhen Hua 7 », un navire-cargo dont l'armateur est basé à Shanghai, a été attaqué au large de Sao Tomé. Les kidnappeurs ont enlevé 14 personnes. C’est la 8e attaque dans le golfe de Guinée en moins de 2 semaines. La région totalise déjà 95% des enlèvements dans le monde, cette année.

L’insécurité dans les eaux du golfe de Guinée persiste. Le 13 novembre vers 15h GMT, le « Zhen Hua 7 », un navire de transport lourd battant pavillon libérien, a été arraisonné par des pirates à environ 80 miles nautiques au nord-est de Sao Tomé. 14 des 27 membres d'équipage ont été pris en otage, rapporte le cabinet de conseil en sécurité maritime Dryad Global.

Le navire de 50 000 tpl (tonnes de ports en lourd), exploité par l’armateur Shanghai Zhenhua Shipping Co, naviguait dans la zone depuis la mi-octobre.

Cet arraisonnement est la huitième attaque ou tentative d'attaque dans la région en neuf jours, selon Dryad. Il met ainsi en évidence le risque critique actuel pour les expéditions au large de l'Afrique de l'Ouest. Il constitue également le 21e enlèvement de l'année dans la région et porte à 110 le nombre total de marins enlevés et détenus contre rançon.

Le rythme de l'activité des pirates dans le golfe de Guinée s'est accéléré. Ces dernières semaines, on a dénombré les attaques du navire Torm Alexandra arraisonné au large des côtes du Bénin, du pétrolier Wesley attaqué au sud d’Escravos au large du Nigeria, et du navire la Bohème qui a subi une attaque au large de Cotonou. Sans oublier le pétrolier Bob Barker et celui battant pavillon de Singapour, qui ont été approchés dans la même zone.

Devenu la zone la plus tumultueuse à l’échelle internationale, le golfe de Guinée a enregistré une augmentation de 40% du nombre d'enlèvements signalés, au cours des neuf premiers mois de cette année, par rapport à la même période de l'année dernière, a révélé le Bureau maritime international (BMI) dans son dernier rapport. La région totalise déjà 95% des enlèvements dans le monde.

Sénégal: vers le démarrage des travaux de l’autoroute Mbour – Fatick – Kaolack, financée par la Chine

Décidément le Sénégal de Maky Sall a choisi sa voie et elle tend vers l'est avec tout ce que cela représente pour un axe US/OTAN qui voit à travers le grand Sénégal une base arrière de ses opérations navales ou un QG de l'Africom et se trompant lourdement sur un Sénégal décidé a faire valoir d'abord son droit souverain.

Le chef de l’État sénégalais a demandé l’accélération des diligences pour le démarrage des travaux de l’autoroute à péage Mbour – Fatick – Kaolack (100 km) doté de 4 échangeurs. Ce projet intégrateur pour la sous-région CEDEAO est évalué à $826 millions dont 85% mobilisés par la Chine.

Le projet de construction de l’autoroute à péage Mbour – Fatick – Kaolack au Sénégal devrait démarrer sous peu. Au cours du Conseil des ministres du 18 novembre, le président Macky Sall (photo) « a demandé au ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération et au ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement d’accélérer l’exécution du projet […] dont les travaux doivent être lancés dans les meilleurs délais ».

Selon les spécifications techniques, cette autoroute de 100 km sera construite en 2×2 voies extensibles à 2×3 voies. Le tracé traversera 17 communes des régions de Thiès, Fatick et Kaolack. Il est prévu la construction de 4 échangeurs à Thiadiaye, Fatick, Gandiaye et Kaolack ; de 3 grands ponts d’une longueur totale de 290 m pour traverser la zone des marécages de Fatick et de 210 ouvrages hydrauliques. Le projet comprend aussi la construction de 20 km de routes de connexion aux villes de Thiadiaye et de Gandiaye, ainsi que le contournement de Kaolack sur 7 km.

Le coût total du projet est estimé à 460 milliards FCFA ($ 826 millions), dont 85 % financés par Exim Bank of China et 15% par l’État du Sénégal. Une fois achevée, cette autoroute participera au soutien à la politique de développement et de renforcement du réseau autoroutier national tout en assurant la desserte de l’aéroport international de Dakar Blaise-Diagne (AIBD) à partir du centre du Sénégal. De même, le projet permettra à terme de développer les corridors Dakar – Bamako et Dakar – Lagos dans l’espace CEDEAO.

 

Analyse des évolutions géopolitiques en RDC

Alors que les tensions ne cessent de s'accroître au sommet de l’État entre le président Félix Thsisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila, le porte-parole de l’armée a mis en garde les politiciens et a appelé les militaires à « ne pas se laisser influencer ».

Que se passe-t-il au Congo? Comment les Occidentaux s’ingèrent-ils dans les élections congolaises? Que fait la France et comment Kabila compte-t-il revenir au pouvoir?

Luc Michel, géopoliticien nous en dit plus.

https://french.presstv.com/Detail/2020/11/20/638994/Zoom-Afrique-du-20-novembre-2020

NDONGO SAMBA SYLLA : SUR LA « FIN » DU FRANC CFA

Sur la « fin » du Franc CFA

 

12 Nov 2020

NDONGO SAMBA SYLLA

   

Lourd du symbole colonial, le franc CFA – le franc de la Communauté financière africaine – sera remplacé par l’eco. Mais ce changement de monnaie mettra-il réellement fin à la domination monétaire et coloniale de la France sur une partie importante du continent africain ?

 

DU DÉNI À LA RECONNAISSANCE ?

 

« Créé officiellement le 26 décembre 1945 par la France du général de Gaulle, le franc CFA était la dernière monnaie coloniale ayant cours », a souligné le journal le Monde à la suite de l’adoption, le 20 mai 2020, par le gouvernement français, du projet de loi relatif à la révision de l’accord de coopération monétaire entre la France et les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

 

Après des décennies de déni systématique, il est instructif de voir ce journal centriste reconnaître, enfin, que le franc CFA est une « monnaie coloniale » partagée par des pays formellement indépendants, depuis 1960 pour la plupart. Jusque-là, ce type de propos était tenu pour « extrémiste » par les médias français, et par le gouvernement français, qui a régulièrement affirmé que le franc CFA est une « monnaie africaine » et donc un « non-sujet » pour la France, comme le soutenait Emmanuel Macron en novembre 2017, à Ouagadougou. L’usage de l’imparfait dans la phrase précitée laisse penser, à tort, que la page du franc CFA a été définitivement tournée. En réalité, le déni du colonialisme monétaire et, plus généralement, des différentes facettes de l’impérialisme français en Afrique a été l’un des sports favoris de l’opinion publique hexagonale, à quelques exceptions près. Le franc CFA n’est pas encore mort. Et, il vaut la peine de le noter : ce n’est pas la « dernière monnaie coloniale ayant cours ». Le franc des colonies françaises du Pacifique (CFP), créé en même temps que le franc CFA et avec les mêmes principes de fonctionnement, est l’unité monétaire de trois ensembles territoriaux sous administration française. Sa dénomination originelle est demeurée inchangée.

 

LES NON-DITS D’UNE RÉFORME

 

Le projet de loi relatif au nouvel accord de coopération entre la France et les pays de l’UEMOA est la suite logique de la réforme du franc CFA annoncée à Abidjan, le 21 décembre 2019, par Emmanuel Macron, en compagnie de son homologue ivoirien, Alassane Ouattara. Pour le moment, celle-ci concerne uniquement le franc CFA utilisé en Afrique de l’Ouest, à l’exclusion du franc CFA utilisé par les six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Trois changements principaux sont à l’ordre du jour. Le premier est la fermeture du compte d’opérations, c’est-à-dire du compte courant ouvert au nom de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) dans les livres du Trésor français. En contrepartie de la « garantie de convertibilité » du gouvernement français – sa promesse virtuelle de prêter des euros à la BCEAO en cas d’épuisement de ses réserves de change –, la BCEAO était jusque-là tenue de déposer au moins 50 % de ses réserves de change sur ce compte. Cela ne devrait plus être le cas : la BCEAO aura, en théorie, la possibilité de placer ses avoirs extérieurs où bon lui semble. Cette concession de la part du gouvernement français est une manière de couper court aux nombreuses spéculations et critiques, parfois infondées, autour du compte d’opérations. Elle s’explique également par des raisons financières : depuis quelques années, le taux d’intérêt nominal que le Trésor français offre à la BCEAO est supérieur aux taux quasi nuls auxquels il peut s’endetter sur les marchés internationaux. Il est à préciser que cela n’est pas ni n’a jamais été une faveur faite aux pays africains ; tout au contraire, les taux d’intérêt réels – les taux nominaux ajustés de l’inflation – ont souvent été négatifs. En d’autres termes, c’est comme si les pays africains, jusque-là, payaient la France pour qu’elle leur garde leurs réserves de change !

 

Le deuxième changement concerne le retrait des représentants français des instances techniques de la BCEAO. Là, également, l’objectif du gouvernement français est de faire taire les critiques récurrentes sur ce point. Mais il est peu probable qu’il y parvienne. Car, en lieu et place des représentants français, le nouvel accord propose la « présence au Comité de politique monétaire de la BCEAO d’une personnalité indépendante et qualifiée nommée intuitu personae par le Conseil des ministres [de l’UEMOA], en concertation avec la France ».

 

Le dernier changement envisagé consiste à renommer le franc CFA : il devient « eco ». Le souci du gouvernement français et de ses alliés africains de faire oublier au plus vite un sigle honni a justifié cette décision controversée. Au départ, eco est le nom qui a été collectivement retenu par les quinze pays de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest), dont les huit de l’UEMOA, pour leur projet de monnaie unique régionale qui remonte à 1983. Eco est d’ailleurs l’apocope d’ECOWAS (soit la traduction anglaise du sigle CEDEAO). Après de nombreux reports, l’eco de la CEDEAO était censé voir le jour en 2020. La feuille de route de la CEDEAO tablait sur un schéma, fort peu réaliste, d’intégration graduelle. Les pays qui rempliraient les critères de convergence – c’est-à-dire les critères d’entrée dans la future zone eco – devaient lancer l’eco en 2020. Apparemment, seul le Togo était dans ce cas. La question qui se pose maintenant est de savoir si les pays de la CEDEAO non membres de l’UEMOA, dont les anglophones, accepteront que ceux de l’UEMOA reprennent le nom eco sans autre forme de procès. En attendant, la rhétorique de la « fin » du franc CFA n’a aucune portée opérationnelle puisque l’eco fiduciaire – la circulation des billets de banque et pièces eco – devra attendre quelques années.

 

S’il est encore moins justifié de parler de « fin » du franc CFA en Afrique de l’Ouest, c’est parce que les mécanismes qui fondent ce dispositif monétaire colonial sont toujours en place. Une abolition du franc CFA aurait nécessité au moins, symboliquement, la fin de l’accord de coopération monétaire entre la France et les pays de l’UEMOA, c’est-à-dire l’abolition de tout lien formel de subordination monétaire de ces derniers vis-à-vis du Trésor français. Or cet accord a été renouvelé dans l’optique de rendre moins visible la domination monétaire française. La parité fixe avec l’euro, objet majeur de la critique des économistes, a ainsi été maintenue. De même, le Trésor français garde toujours un rôle de « garant », qu’il n’a jamais vraiment exercé, ainsi que le reconnaît, entre les lignes, le projet de loi.

 

L’esprit de la réforme du franc CFA est « tout changer pour que rien ne change ». C’est le principal enseignement que l’on peut tirer de l’audition de deux techniciens du Trésor français et de la Banque de France par la commission des finances de l’Assemblée nationale française, le 12 février 2020. De leur propre aveu, la réforme a pour objectif de sortir des « irritants politiques » sans affecter les « éléments essentiels »du système CFA, à savoir la parité fixe avec l’euro et la « garantie de convertibilité », une périphrase pour désigner un mécanisme de contrôle destiné à garantir les intérêts économiques français.

 

L’impérialisme monétaire s’étend sur plus de dix pays africains

 

L’AFROLIBÉRALISME COMME ALTERNATIVE ?

 

Avant l’annonce de décembre 2019, on pouvait identifier quatre positions sur la question de la réforme du franc CFA. La première est la perspective du « réformisme symbolique » : on se débarrasse des symboles gênants, mais on garde le cœur du système C’est la position du gouvernement français, c’est celle qui est reflétée dans le projet de loi.

 

La deuxième est la perspective de ce que l’on pourrait baptiser « réformisme adaptatif ». Elle consiste à sauvegarder le pré carré monétaire en l’adaptant à un contexte marqué par un déclin économique et géopolitique de la France. Les propositions comme celles visant à remplacer les représentants français par des Européens et à ancrer le franc CFA à un panier de monnaies (au lieu du seul euro) s’inscrivent dans cette optique. Mais elles tiennent plus du wishful thinking, d’une pensée magique. Le gouvernement français n’est pas prêt à céder volontairement son influence sur son pré carré et ne peut « octroyer » de garantie dans une monnaie tierce.

 

Tandis que ces deux premières positions émanent de l’intelligentsia françafricaine, la perspective dominante chez les panafricanistes est ce qu’on pourrait appeler celle de l’« abolitionnisme néolibéral ». De quoi s’agitil ? C’est un projet tout à fait paradoxal mais illustratif de la déshérence intellectuelle d’un panafricanisme contemporain noyé dans les eaux glacées de l’afrolibéralisme. Il consiste à dépasser le franc CFA, à mettre hors jeu la France viaune intégration monétaire d’essence néolibérale dans un cadre régional plus large. En effet, beaucoup d’intellectuels et de mouvements panafricanistes croient, à tort, que la monnaie unique CEDEAO, telle qu’elle a été envisagée jusque-là, est une alternative au franc CFA. Ils éludent le fait que la monnaie unique CEDEAO partage la même philosophie monétaire que le franc CFA, devenu euro CFA à partir de 1994, avec la transposition des critères de Maastricht aux pays de l’UEMOA et de la CEMAC. Or c’est un point que le gouvernement français et son allié ivoirien ont parfaitement compris : au jeu des critères de convergence, les pays de l’UEMOA pris collectivement pourront difficilement se faire battre par le reste des pays de la CEDEAO. La dernière position, qui est la nôtre, est celle de l’« abolitionnisme souverain ». Perspective minoritaire, elle met en avant le fait que les conditions politiques et économiques pour un partage mutuellement bénéfique d’une même monnaie ne sont pas remplies au sein de l’UEMOA, un ensemble qui n’a de justification que celle liée à l’histoire coloniale. Par conséquent, ces conditions seraient encore plus problématiques dans un cadre plus large, comme celui de la CEDEAO, où le commerce intracommunautaire est faible (environ 10 % du commerce total) et dont le PIB est dominé à près de deux tiers par le Nigeria, un des rares pays pétroliers de la zone.

 

Le franc CFA est une sorte de fossile vivant de la colonisation française

 

Pas plus que la monnaie coloniale aujourd’hui contestée, une monnaie sans souverain – l’euro tropicalisé que la CEDEAO entrevoit – ne peut être une réponse satisfaisante aux défis économiques de la région. Si les pays de la CEDEAO veulent une monnaie unique fonctionnelle et bénéfique pour tous, ils devraient d’abord travailler au plus vite à une union politique fédérale. Le mimétisme ne doit pas les pousser à mettre la charrue avant les bœufs comme les pays de la zone euro l’ont fait. Toutefois, au regard de la faible probabilité à court et moyen terme de l’avènement d’une union fédérale en Afrique de l’Ouest, un abolitionnisme souverain recommanderait plutôt la mise en place de monnaies nationales solidaires : chaque pays de la région doit avoir sa propre monnaie et les différentes monnaies nationales pourraient être rendues solidaires via un système de paiements régional, une unité de compte commune, la mise en place d’un fonds monétaire, la mise en commun d’une partie des réserves de change et l’adoption de politiques communes d’autosuffisance énergétique et alimentaire. Un tel système permet d’avoir tous les avantages attendus d’une monnaie unique sans les inconvénients notoires que la crise de la zone euro depuis 2008 et celle de long terme des pays CFA ont fait ressortir avec acuité.

 

L’impasse monétaire de l’Afrique de l’Ouest est, d’une certaine manière, l’expression de la contradiction à laquelle les pays francophones font face. D’un côté, leurs élites écartent toute idée d’une monnaie nationale : nombre de panafricanistes, prompts à critiquer leurs maîtres coloniaux, pensent paradoxalement comme eux que les pays de l’Afrique francophone ne sont pas capables, pour une raison ou une autre, de gérer avec succès une monnaie nationale; ce qui ne laisse que l’option d’une monnaie unique. Mais, d’un autre côté, ces pays peuvent difficilement sortir du statu quo monétaire colonial étant donné qu’ils n’ont montré aucune volonté de s’unir dans un cadre fédéral ni entre eux ni avec leurs voisins, un préalable à une intégration monétaire réussie. De ce point de vue, on pourra reconnaître une certaine cohérence politique à la position du gouvernement français. Pendant ce temps, la grande majorité des contempteurs africains de l’impérialisme occidental voient, hélas, dans les projets afro libéraux – monnaies uniques sans souverain, zone de libre-échange continentale, etc. – la réalisation des idéaux du panafricanisme originel. Espérons que la ratification du nouvel accord de coopération monétaire dans chacun des huit pays de l’UEMOA suscitera un débat clarificateur.

 

Source: Progressistes

*Ndongo Samba Sylla est économiste du développement sénégalais. Auteur avec Fanny Pigeaud de l’Arme invisible de la Françafrique. Une histoire du franc CFA.

https://www.investigaction.net/fr/sur-la-fin-du-franc-cfa/

 

AFRIQUE : L'AMBASSADRICE D'ANGOLA REND HOMMAGE AUX CUBAINS TOMBES AU COURS DE L'OPERATION CARLOTA

L’ambassadrice d’Angola rend hommage aux Cubains tombés au cours de l'opération Carlota

13 Novembre 2020

La Havane, 12 nov. (RHC) L'ambassadrice d'Angola à Cuba, Maria Candida Pereira, a souligné ce mercredi la solidarité entre les deux nations lors d'un hommage aux combattants internationalistes cubains morts lors de l'opération Carlota, en Angola.

La diplomate a déposé une gerbe au Panthéon des vétérans de la guerre d'indépendance au cimetière de Colon, à La Havane, à l'occasion du 45e anniversaire de l'épopée qui a permis la consolidation de l'indépendance de l’Angola.

Maria Candida Pereira a rappelé que sans le soutien militaire cubain, les Angolais n'auraient pas atteint leur souveraineté.

Le général Ramon Espinosa, héros de la République et protagoniste de cet exploit internationaliste, a expliqué à Prensa Latina l'importance historique de cet événement.

Pour le haut fonctionnaire, la guerre en Angola a uni les deux pays et a favorisé le lien de l'île avec l'Afrique.

Le général Espinosa a rappelé que l'opération Carlota a également permis à Cuba de régler sa dette historique envers les nations africaines, d'où sont arrivés des milliers d'esclaves pendant la colonie.

De l'avis des militaires, la participation de la plus grande île des Antilles en Angola leur a permis de renforcer leurs connaissances en matière de défense.

Édité par Francisco Rodríguez Aranega

source : http://www.radiohc.cu/fr/noticias/nacionales/239490-lambassadrice-dangola-rend-hommage-aux-cubains-tombes-au-cours-de-loperation-carlota

 

EGYPTE : 8 SOLDATS US, FRANCAIS ET TCHEQUE TUES

 

Égypte : incident ou attaque ? Qui a abattu l’hélico US ?

Thursday, 12 November 2020 6:56 PM  [ Last Update: Thursday, 12 November 2020 6:56 PM ]

Au moins huit morts dans un crash d’hélicoptère au Sinaï. (Photo d'illustration)

Un hélicoptère transportant des membres de la Force multinationale d’Observateurs s'est écrasé jeudi près de Charm el-Cheikh dans la péninsule du Sinaï en Égypte. Six Américains, un Français et un Tchèque ont trouvé la mort.

Les victimes étaient toutes membres de la Force multinationale d’Observateurs, indique le communiqué publié par la FMO.

Un membre américain a survécu au crash et a été évacué pour recevoir des soins médicaux, déclare le communiqué qui précise que l’accident a eu lieu lors d’une « mission de routine près de Charm el-Cheikh en Égypte ».

La FMO va ouvrir une enquête afin de déterminer la cause de l’accident. A ce stade, il n’y a aucune information indiquant que le crash n'était pas un accident.

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La Force multinationale d’Observateurs est née en 1981 de l'incapacité du Conseil de sécurité à obtenir l'approbation du placement de la force de maintien de la paix des Nations unies dans le Sinaï, poussant Israël et l’Égypte à négocier l’accord qui a établi la M.F.0.

Chargée de superviser la mise en œuvre du traité de paix de 1979 entre l’Égypte et Israël, la M.F.O est composée de 1 154 soldats provenant de 13 pays, dont l'Australie, la Grande-Bretagne, les Fidji, les États-Unis et l'Uruguay.

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La M.F.O. opère à partir de deux bases militaires en Égypte : Camp Sud près de Charm el-Cheikh, qui fait office de quartier général et de base opérationnelle et logistique ; Camp Nord se trouvant dans la ville d'el-Gorah, dans le nord du Sinaï, près de la frontière entre l’Égypte et les territoires occupés.

https://french.presstv.com/Detail/2020/11/12/638479/Sinai-8-soldats-US-tues