L’ETHIOPIE, NOUVEAU MEMBRE DE LA RESISTANCE ?

tourtaux-jacques Par Le 20/09/2021 0

Dans Afrique

L'Éthiopie: nouveau membre de la Résistance ?

Comme à son habitude, à la moindre contrariété, Washington a recours au régime de sanction, cette fois-ci, c’est l’Éthiopie qui est dans la ligne de mire.

Le président américain Joe Biden a signé, vendredi 17 septembre, un décret autorisant à imposer des sanctions contre les belligérants du conflit en Éthiopie. Ce ne sont pas encore des sanctions à proprement parler, mais un dispositif permettant de les déclencher en cas d'absence de progrès sur le terrain. Dimanche, la rébellion tigréenne et le Premier ministre éthiopien lui ont répondu.

S'agissant de l'Éthiopie, visiblement, la patience américaine selon un haut responsable, se compte « en semaines et pas en mois ». Le but annoncé par Washington est, en effet, d'obtenir vite, selon cette même source, « des mesures significatives pour entamer des pourparlers en vue d'un cessez-le-feu négocié et permettre un accès humanitaire sans entrave ». Faute de quoi, les États-Unis se disent prêts à prendre des « mesures agressives », dont des sanctions contre « des dirigeants, des organisations ou des entités », pour reprendre les mots du chef de la diplomatie Anthony Blinken, donc incluant tous les belligérants : fédéraux, Amharas, Érythréens ou Tigréens.

Les premiers à réagir ont été les rebelles terroristes du TPLF. Dans un communiqué, le dirigeant du TPLF a exprimé son « appréciation pour les efforts cohérents et constructifs » des Américains. Mais manifestement, sa position n'a pas changé : il a répété son accord pour des négociations immédiates, à condition que ses adversaires reviennent à leurs positions d'avant la guerre, c'est-à-dire notamment avant la conquête de certains territoires disputés par ses ennemis.

Quant au Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, il a signé une longue lettre ouverte à Joe Biden dimanche, affirmant être incompris et calomnié, et d'avoir à faire à des forces « terroristes », il a bien précisé que l'Éthiopie « ne succomberait pas aux conséquences d'une pression conçue par des individus mécontents ».

Le nouveau dispositif donnera au département du Trésor "l'autorité nécessaire" pour imposer en temps voulu des sanctions contre le gouvernement éthiopien, le gouvernement érythréen, le Front de libération du peuple du Tigré et le gouvernement de la région de l'Amhara, selon le communiqué du président.

Faute de courber l’échine à Washington, les États-Unis sont "prêts" à sanctionner des individus ou des entités "dans les semaines" à venir, a dit le haut responsable, sans donner toutefois les noms des personnes physiques ou morales qui pourraient être visées.

Les avancées concrètes permettant d'éviter des sanctions pourraient être d'accepter une médiation de l'Union africaine (ce qui a déjà été fait mais pas concernant les rebelles du TPLF, mais concernant le barrage de la Renaissance NDLR) ou de permettre des convois humanitaires quotidiens, a-t-il été précisé dans la diplomatie américaine. "Une autre voie (que celles des sanctions) est possible", a-t-il été indiqué.

Alors que le gouvernement d’Addis Abeba envoie régulièrement de l’aide humanitaire pour la population tigréenne et un cessez-le-feu unilatéral avait même été mis en place toujours à des fins humanitaires. Mais apparemment cela ne plaît pas à Washington. Pour que cela plaisent à Washington, il faut impérativement que le gouvernement d’Addis Abeba ne fasse rien par rapport aux rebelles du TPLF mais aussi, qu’il laisse les convois humanitaires de l’ONU et des ONG occidentales faire comme bon leur semble avec un accès total sur l’entièreté du territoire éthiopien.

Comme déjà précisé précédemment dans Zoom Afrique, il est clair que si le sort des populations était si important pour Washington, il est clair qu’on aurait déjà pu voir le même type de pression contre le régime de Riyad qui a bombardé le Yémen pendant plusieurs années, lui imposant des blocus inhumains terrestre, aérien et maritime ?

Ce qui nous laisse à penser que la politique souverainiste de l’Éthiopie dérange fortement Washington, et que toutes les tentatives de créer une guerre régionale dans la Corne de l’Afrique ont été mises en échec. C’est pourquoi il y a cette guerre médiatique contre l’Éthiopie depuis plusieurs mois. Addis Abeba continue de tenir tête à Washington et ses alliés, et au pire, on a bien vu que le régime de sanction américaine était plutôt bénéfique pour les pays ciblés. Ce qui poussera l’Éthiopie à rejoindre l’axe de la Résistance.

http://french.presstv.ir/Detail/2021/09/20/666912/L-%C3%89thiopie--nouveau-membre-de-la-R%C3%A9sistance-

 
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