ALGERIE

ALGERIE

Dans ALGERIE

USA : POURQUOI L'ALGERIE FAIT PEUR ?

Par Le 01/08/2021

Pourquoi l'African Lion 2021 s'est exclusivement concentré sur les capacités aériennes de l'adversaire virtuel?

Sunday, 01 August 2021 3:31 PM  [ Last Update: Sunday, 01 August 2021 3:32 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

DCA algérienne (Archives)

Pourquoi l'African Lion 2021, cet exercice militaire d'envergure que les États Unis ont mené aux portes de l'Algérie, au cœur même du Sahara occidental et ce, retranché derrière le Maroc à qui ils ont fourni avions F-16, drones MQ-9 et le conseil et l'assistance d'une entité israélienne spécialiste en assassinats ciblés par le drone, s'est exclusivement concentré sur les capacités aériennes de l'adversaire virtuel? Évidemment parce que l'Algérie dont il s'agit de viser virtuellement en attendant qu'un premier déclic donne lieu à un clash entre le Maroc et l'Algérie, a l'armée de l'air la plus puissante de l'Afrique, de l'aveu même des USA. 

A quoi joue l'armée algérienne?

A quoi joue l'armée algérienne?

Depuis la capitale russe, le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP) de l’Algérie a averti Rabat et plus que Rabat ces

En avril, Military Watch écrivait : Les forces aériennes de l’armée algérienne sont les plus puissantes en Afrique. L'Algérie dispose actuellement de la plus grande armée permanente d’afrique en temps de paix. elle dispose également de nouveau missile de croisière chinois cx-1 qui offre une marge de manœuvre significative pour réduire les services autres que l’armée de l’air. En 2015, le pays était le premier pays d’Afrique à acquérir le système de défense aérienne à longue portée S-300 ou l’un de ses dérivés. Ce dernier fournit une portée de 250 km et permet aux forces algériennes d’engager les cibles à les vitesses de mach 14. Et puis l’armée aérienne s’apprête à réceptionner les premiers modèles de Su-34E destinés exceptionnellement à l’Armée nationale populaire (Anp), après l’aboutissement des négociations entre les parties algérienne et russe ayant duré plus de huit ans. Le premier lot comporte 14 bombardiers moyens Su-34E. La construction de ces derniers a été entamée en janvier dernier par l’usine aéronautique de Novosibirsk (sud de la Russie). À noter que le Su-34E est un bombardier possédant les capacités d’autodéfense dignes les meilleurs chasseurs et allège donc le fardeau de la protection.

Iran: les missiles de croisière tonnent !

Iran: les missiles de croisière tonnent !

Dans la phase finale de l’exercice militaire « Gardiens du ciel de Velayat-98 », le système de missiles Mersad a détruit un drone agresseur

Mais ce n'est pas tout : en effet alors même que les événements en Tunisie semblent avoir pris de court l'axe atlantiste qui voyait à travers le voisin pro-Palestine de l'Algérie un partenaire bien fiable pour celle-ci dans sa bataille contre la normalisation et qui cherchait par accointance frériste interposée, miner justement ce voisinage tunisien un peu trop solidaire avec Alger, bien trop anti-Israël, d'autres éclaircissements viennent d'être faits sur l'état de l'armée de l'air algérienne lesquels éclaircissements sont propres à expliquer cette rage anti-Algérie. 

Au fait il semblerait qu'Alger n'a jamais eu un penchant trop prononcé pour les armements US encore moins pour ceux made in France. Military Watch évoque dans un récent numéro, justement, les raisons pour lesquelles l'Algérie a préféré le chasseur russe Su-30 au chasseur français Rafale, en analysant l'histoire et les caractéristiques de chaque chasseur et la situation politique et militaire de la région. Signe que l'arsenal algérien n'est pas comme ceux de certains de voisin, une compilation aveugle mais un cadre militaire s'adaptant à une géopolitique consciencieusement choisie. 

Algérie 1er acte naval anti-US?

Algérie 1er acte naval anti-US?

À quoi riment ces exercices militaires en cascade que les USA, chassés à coup de missile et de drone du Moyen-Orient multiplient tout autour du Maghreb ara...

La revue écrit : "le chasseur léger français Rafale de quatrième génération a eu une histoire mouvementée, puisqu'il est entré en service 15 ans après son premier vol d'essai, en raison de difficultés de développement et n'a pas obtenu le succès escompté sur les marchés d'exportation. "Rafale" a échoué face à son concurrent américain "F-15" dans la plupart des contrats conclus avec des pays comme la Corée du Sud, Singapour, le Maroc et les Emirats Arabes Unis, et a perdu contre des chasseurs "F-18" au Koweït, en plus de nombreux contrats qu'elle n'a pas réussi à conclure en raison de la concurrence avec d'autres combattants. Et le Rafale a de nouveau tenté dans la première décennie du XXIe siècle de fournir des articles à l'armée de l'air algérienne, alors que l'Algérie tentait de moderniser sa flotte de chasseurs russes MiG-23, acquis dans les dernières années de la guerre froide."

Selon l'article, « l'armée de l'air algérienne a refusé d'acheter le Rafale à cette époque pour un certain nombre de raisons y compris celle-ci:  L'Algérie a choisi de rivaliser avec le chasseur américain "F-16", c'est pourquoi son choix s'est porté sur le chasseur "Su-30", qui était considéré à bien des égards plus capable que son concurrent américain. Depuis cette date donc, l'Algérie savait avoir un jour à faire face à l'US Air Force et cette vision lui avait procuré une longueur d'onde sur les Yankee. Le plus grand pays africain avait  trouvé en effet un "gros défaut" au F-16, ce qui pourrait d'ailleurs lui servir si jamais par les temps qui courent, il venait à l'esprit des Américains d'entrer en conflit avec Alger indirectement ou par Maroc/Israël interposés. La portée des F-16 était encore beaucoup plus courte que les catégories de poids des poids lourds tels que le Su-30 et le F-15. Quant à Rafale, il avait un "gros défaut ". La zone que l'armée de l'air algérienne devrait couvrir est à peu près équivalente à la superficie de la France, de l'Allemagne, de l'Espagne, de l'Italie, de la Belgique, de la Suisse et de la Grèce réunies.

Iran/Algérie : La coopération militaire?

Iran/Algérie : La coopération militaire?

L'Iran et l'Algérie dénoncent les pays qui ont normalisé avec le régime infanticide d’Israël.

le Rafale est une dinde volante avec le moteur très faible qu'il a là. Là encore en est en pleine vision géostratégique d'un arsenal intelligent. Et "the last but not the least":  le moteur du chasseur français était faible - le plus faible pour tous les chasseurs au monde à l'époque - ce qui limitait sa portée, sa vitesse, sa capacité opérationnelle et son altitude, ce qui a permis au chasseur russe "Su-30" d'être une plus grande opportunité. pour une réponse rapide aux menaces extérieures distantes sur quoi l'Algérie pensait à l'époque. Et le temps lui a donné raison: l'escalade des menaces extérieures en provenance de l'Occident, notamment après la guerre menée par la France contre la Libye, a fortement affecté la décision algérienne. 

L'Algérie met en garde Israël...

L'Algérie met en garde Israël...

Ce n'est pas tous les jours que le président algérien souhaiterait se fier à la presse française. S'il vient de le faire en accordant un entretien exclusi...

L'acquisition d'armes auprès d'une source non occidentale fiable a été bénéfique à bien des égards pour la partie algérienne. Parce que la France a, à plusieurs reprises dans le passé, a fourni des informations détaillées sur les spécifications et les faiblesses de ses avions de combat et de ses armements aériens (des chasseurs) à ses alliés occidentaux, notamment aux États-Unis et à la Grande-Bretagne pendant la guerre du Golfe [Persique] de 1991 et à La Grande-Bretagne pendant la guerre des Malouines... » Belle vision d'avenir d'une Algérie bien trop futée pour se laisser piéger... 

http://french.presstv.ir/Detail/2021/07/31/663422/L-Alg%C3%A9rie-fait-peur-aux-USA-arm%C3%A9e-de-l-air-puissante-en-Afrique

Dans ALGERIE

PLAN CONCERTE ALGERIE/TUNISIE DESTINE A CONTRER ISRAËL ET A EVITER LA GUERRE CONTRE L’ALGERIE?

Par Le 31/07/2021

Un plan concerté Algérie/Tunisie destiné à contrer Israël et à éviter la guerre contre l'Algérie?

Saturday, 31 July 2021 2:22 PM  [ Last Update: Saturday, 31 July 2021 2:44 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Le président Saïed (Archives)

Saïed est-il l'homme par qui le "Grand Maghreb" sera enterré? Peu d'analyses ont vu à travers cette démonstration de force constitutionnaliste du président tunisien qui inquiète visiblement le camp occidental, rien qu'à en juger ses réactions, une tentative visant à empêcher la Tunisie de devenir pour l'Algérie 2021 ce ce qu'est devenue la Turquie pour la Syrie de 2011.

Et pourtant les indices se multiplient. Depuis la seconde invasion de la Libye en 2020 qui, à la faveur de la vraie fausse querelle Turquie-Emirats est devenu un havre de paix pour des milliers de terroristes idlibins, lesquels terroristes, que le Sultan a fait venir à Tripoli à la fois par son corridor maritime transitant par la Tunisie, puis une fois la base stratégique d'al-Wattia tombée, via son corridor aérien, il est visible qu'un coup était en phase de gestation. Les doutes ont cédé place à la certitude quand les États-Unis de Trump ont bloqué de facto toute solution diplomatique en refoulant à l'ONU l'actuel MAE algérien, Lamamra, homme par qui les dossiers les plus complexes finissent par être réglés diplomatiquement.

US/Israël: le

US/Israël : le

Séisme géostratégique au cœur du "Grand Maghreb" US/Israël...

Or, la guerre en Libye puis le coup d'État au Mali avec en toile fond la création d'une "bande de terroristes" aux portes de l’Algérie n'ont pas suffi, l'axe US/Israël ayant poussé dans le sens des accords militaires de longue date avec le Maroc et la Tunisie. La fin de Trump a coïncidé d'abord avec la rupture de la trêve au Sahara puis la normalisation Maroc-Israël annoncée, sur le dos des Marocains et évidemment des Maghrébins depuis le bureau ovale. Puis vint la période des démonstrations de forces armées contre l'axe antisioniste au Maghreb, avec en toile de fond l'African Lion qui a impliqué le déploiement de 7000 soldats US et qui s'est déroulé sous le commandement conjoint Afrique/Europe, signe que dans toute guerre à venir contre l'axe anti-Israël au Maghreb, l'Amérique jouera la totalité de sa carte.

Rappelons que la Tunisie n'a cessé pendant chacune de ces étapes à être engagée malgré ce le drapeau américain et ce, pour cause d'alliance contre nature entre les Frères et l'Empire. Or le résultat était loin d'être au rendez-vous? Les 11 jours de guerre qui ont opposé Gaza à Israël ont définitivement ébranlé les fondements de la normalisation au bout de 4000 missiles. Au point tel que Rabat et son roi n'ont pas pu empêcher de ne pas convier les dirigeants de la Résistance puisque le cœur des Marocains bat pour la Palestine.

Guerre: l'Algérie se réarme !

Guerre : l'Algérie se réarme !

L’Algérie a signé avec la Russie un accord portant sur l’acquisition de chasseurs furtifs Su-57.

Or, ce scénario du grand Maghreb sur lequel les Américains travaillent depuis le Printemps arabe allait-il entrer dans une phase fatidique pour que le président Saïed juge le moment propice à réagir? Les Américains qui grâce aux Frères ont fait signer à la Tunisie en décembre dernier un accord militaire de dix ans avec en toile de fond la présence quasi permanente des conseillers militaires dans le pays, sa transformation de facto en une base aérienne et d'espionnage à l'adresse de l'Algérie, et ce sur fond d'une normalisation forcée et à coup des manifs anti État à répétition et d'un blocus de facto soit au nom d'une dette envers le FMI qui exige des "réformes" soi en refusant de livrer au pays une assistance médicale promise, se sont-ils fait prendre de court? Évidemment le coup de fil de Blinken, le MAE US prodiguant au juriste Saeïd des leçons de respect de la Constitution et de la démocratie a tout son sens. Tout comme cette panique quasi frénétique du Sultan qui crie à la mort de la démocratie, pensant sans doute à ces gains "énergétiques" qu'il risque de perdre en Libye et en Tunisie, si d'aventure, Saied et l'armée tunisienne décidaient de ne plus jouer le jeu.

Le cyber-choc signé l'Algérie...

Le cyberchoc signé l'Algérie...

Et puisqu

Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a reçu d'ailleurs, un appel téléphonique de son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, en apparence axé sur les relations turco-algériennes, mais en vrai uniquement consacrée aux récentes évolutions en Tunisie. Selon une édition du 29 juillet du site web libanais l’Orient-Le jour, les récents événements pourraient renverser certains pions stratégiquement placés par Ankara au cours des dix dernières années.

On pense à Ennahda évidemment que Doha et Ankara se sont employés à renforcer et à utiliser pour élargir leur présence en Tunisie. Beaucoup des plans otaniens y ont passé grâce à cet ancrage. Signe du mécontentement de Doha et d’Ankara, les médias turcs et qataris se sont empressés de dénoncer avec virulence dès dimanche soir le « coup d’État » de Kaïs Saïed. Dans une vidéo publiée le mercredi 28 juillet intitulée « Les acteurs influents émiratis et saoudiens répandent-ils de la désinformation sur ce qu’il se passe en Tunisie ? », la chaîne de télévision publique turque TRT World affirme ainsi que plusieurs internautes saoudiens, émiratis et égyptiens sont à l’origine de tweets de propagande « alimentant le récit selon lequel les Tunisiens se dressent contre les Frères musulmans » et brossant ainsi « un certain tableau des événements ».

Cible navale israélienne: l'Algérie tirera!

Cible navale israélienne : l'Algérie tirera!

Une liaison navale Israël-Maroc, peut-elle être tolérée par l

Et pourtant le coup de force de Saeïd ne semble pas viser les Frères musulmans. La justice tunisienne a ouvert une enquête sur quatre membres du Parti Ennahda pour violences à l'extérieur du Parlement avant de les faire libérer. Puis Ennahda, voyant que la rue ne la suit pas a mis de l'eau dans son vin et édulcoré ses vociférations. Saïed a-t-il agi de concert avec l'axe Riyad-Le Caire? L'Arabie saoudite a exprimé le vendredi 30 juillet son ferme soutien au président tunisien Kaïs Saïed, certes, au milieu de la crise politique et a fait preuve de respect pour les décisions de Saïed, mais le ministre saoudien des Affaires étrangères Fayçal ben Farhan, dépêché à Tunis a eu l'air de vouloir surfer sur la vague plutôt que d'agir en maître des lieux. Saïed, le flegmatique, a-t-il pris au dépourvue avec l'aide du grand bastion anti Israël au Maghreb, qu'est l'Algérie le camp US/OTAN? Très probable.

Tunisie : Israël en mode panique

Tunisie : Israël en mode panique

La justice tunisienne a ouvert une enquête sur trois partis, dont la formation Ennahda, pour des soupçons de financements reçus de l’étranger lors de la campagne électorale de 2019, a-t-on appris de source judiciaire mercredi.

Les observateurs relèvent sa visite juste avant son coup de force à Alger. Et vu le calme qui règne dans les rues tunisiennes, les Tunisiens n'en semblent pas trop mécontents... à part les Frères... mais mieux vaut avoir les Frères râleurs que les Frères armés tirant sous l'auspice des conseilleurs de l’OTAN et d’Israël sur les soldats algériens...

http://french.presstv.ir/Detail/2021/07/31/663419/Tunisie-Arabie-Turquie-Alg%C3%A9rie-Sa%C3%AFed-Libye-Erdogan-Entretien-t%C3%A9l%C3%A9phonique

Dans ALGERIE

ABDELATIF REBAH : ECONOMISTE : « PRES DE SIX DECENNIES APRES L’INDEPENDANCE, LA QUESTION DE LA VOIE A PRENDRE EST TOUJOURS EN JEU »

Par Le 06/07/2021

Abdelatif Rebah. Économiste : «Près de six décennies après l’indépendance, la question de la voie à prendre est toujours en jeu»

Abdelatif Rebah. ÉconomistePhoto : D. R.

 NADJIA BOUARICHA

 

05 JUILLET 2021 À 10 H 29 MIN

 

547

 

Quel regard portez-vous sur les choix économiques de l’Algérie en 59 années d’indépendance ?

Merci de me donner cette opportunité de revenir, ne serait-ce qu’à grands traits, sur les étapes caractéristiques de l’évolution de l’économie algérienne depuis 1962, et ce, tout particulièrement pour vos lecteurs des jeunes générations. Un rappel ô combien opportun par ces temps de révisionnisme néo-colonial. Il est important de savoir qu’en 2021, plus de neuf Algériens sur dix sont nés après l’indépendance.

Conjugué à la fois à l’absence de tradition d’entretien de la mémoire collective – tout particulièrement pour ce qui concerne la période récente d’édification de l’économie nationale – et à une entreprise politicienne intéressée, non déclarée, d’occultation délibérée de la courte expérience d’industrialisation algérienne, cette dynamique démographique a contribué à accentuer le phénomène de «blanc» dans la mémoire qui a imposé une lecture de l’histoire visant à nier les acquis du développement national engagé après l’indépendance jusqu’à la fin des années 1970.

Une lecture qui porte au passif des décennies du développement national 1960/70, les dégâts et les destructions causés par plus de trente ans de réformes libérales. Dans l’évolution de l’économie algérienne depuis 1962, je distingue les étapes caractéristiques essentielles suivantes. D’abord, celle que l’on pourrait qualifier d’étape de la maturation des choix fondamentaux de développement économique de l’Algérie indépendante.

La question du développement national ne pouvait s’inscrire que dans celle de la rupture avec le régime économique colonial et avec le rôle et la place qu’il a assignés à l’Algérie dans la division internationale du travail  : à la fois réservoir de main-d’œuvre et de matières premières bon marché et débouché pour les marchandises et les capitaux de la métropole. La deuxième étape est celle que l’on a appelée l’âge d’or de l’édification nationale Nationalisés, les hydrocarbures s’affirment comme la source de financement de l’accumulation productive, à la fois combustible du développement national et source d’une prospérité nationale partagée.

Durant les Plans 1967-70,1970-74, 1974-1978 et 1980- 1984, la disponibilité croissante des revenus pétroliers (et gaziers) a servi à financer un effort sans précédent de développement national, accéléré et affranchi des contraintes de profit. La part de l’industrie n’a cessé de se développer pour atteindre 25% de la PIB. L’Algérie produit alors des tracteurs, des wagons, des engrais, des grues, des moissonneuses-batteuses, des produits pharmaceutiques, des téléviseurs, des camions, des bus.

Les investissements publics -transports, agriculture, énergie électrique – favorisent, par ailleurs, le développement du secteur privé. En 1978, on recense 5600 entreprises industrielles privées. En 20 ans, de 1967 à 1986, plus de deux millions de postes de travail nouveaux ont été créés. La population féminine occupée passe de 94 000 personnes en 1966, à 365 000 en 1989. La troisième étape, inaugurée dès les années 1980, est celle de la remise en cause de la stratégie de développement national autonome et du démantèlement de ses outils.

Cette voie conçue comme substitut à celle du développement national de la décennie 1970, s’est soldée par un fiasco dont les manifestations caractéristiques sont l’échec du triptyque libéral : libre-échange, privatisation, IDE (investissements directs étrangers), et la panne du développement qui dure jusqu’aujourd’hui.

Cette voie, marquée inévitablement de pratiques parasitaires et prédatrices (corruption et détournements de fonds et de bien publics à une échelle inimaginable), a été ruineuse et a conduit l’Algérie dans l’impasse.

Elle a causé des ravages dont l’une des séquelles est la rupture de confiance entre une grande partie des Algériens et leur État, traduite, au plan politique, dans l’abstention massive aux dernières élections législatives.

Pourquoi peine-t-on à faire le bon choix pour une bonne orientation économique ?

Pour la grande majorité des Algériens, la «bonne orientation économique» est, intuitivement, celle qui impulse le développement national et se traduit par le progrès social ressenti dans tous les domaines de la vie quotidienne. Cette «bonne orientation économique» a prévalu dans les décennies du développement, allant du Plan triennal au 1er Plan quinquennal (1967-1988-1989), caractérisées par l’accumulation productive, le développement économique, le progrès social, la prospérité partagée.

Elle a été brutalement freinée par le «basculement à l’économie de marché» dans les décennies allant de 1990 à 2018/19, celles marquées par l’accumulation rentière, prédatrice, la régression économique et sociale et le creusement des inégalités. Faire, à nouveau, le choix de la «bonne orientation économique» se heurte à l’opposition des tenants du maintien de la politique qui a conduit le pays au désastre durant ces trente dernières années. On le constate, les termes du débat sur l’orientation appropriée des politiques économiques mais aussi sur le devenir de notre économie sont particulièrement nombreux.

Les grilles de lecture de la réalité que ce débat mobilise sont le produit d’auteurs engagés et reflètent des intérêts déterminés multiples, comme le signalent, d’ailleurs, les centres de préoccupation et les thèmes privilégiés, de même que des occultations, des omissions et des non-dits significatifs. L’orientation économique reflète fondamentalement des choix de classe, des intérêts de classe.

Advertisements

On peut illustrer cette vérité par une question simple : au service de quel ordre social et économique, les richesses hydrocarbures du pays vont-elles être mises ? Vont-elles servir à construire des usines créatrices d’emplois qualifiés et valorisants, à développer l’agriculture, contribuer au progrès social dans nos campagnes et à la réduction de notre dépendance alimentaire, à doter le pays des moyens d’une santé publique de qualité, moderne et au profit de tous, à mettre notre système d’enseignement au diapason du progrès scientifique et technique, à créer les conditions matérielles du développement culturel de notre pays… ?

Ou bien, ainsi qu’il en a été au cours de ces trente dernières années, servir des couches sociales privilégiées et mettre en selle des «champions nationaux» de la prédation et de la rapine, plus concrètement de l’enrichissement rapide et illicite au détriment des intérêts du pays ?

Libéral, socialiste, système hybride ; quelle est donc la nature du système économique algérien ?

Il est important de rappeler que la Constitution adoptée par référendum, le 23 février 1989, a abandonné toute référence au socialisme. Plus personne n’en parle pour caractériser le système algérien. On évoque plutôt le libéralisme. On comprend pourquoi, quand on sait qu’en 1990, l’ensemble du droit algérien a été refondu pour être mis aux normes des pays à économie capitaliste.

L’ouverture de l’économie a été intensifiée à la faveur du plan d’ajustement structurel conclu avec le FMI, en 1994-1995, avec la libéralisation du commerce extérieur et les privatisations.

La structure juridique de l’économie a été privatisée, la taille du secteur public est passée à peu près de 81% du PIB hors hydrocarbures en 1988 à 15% en 2015. Le secteur privé occupe une part croissante et presque majoritaire dans les crédits à l’économie, l’équivalent de 24% du PIB, en 2017, selon la Banque mondiale.

Seulement, le capitalisme algérien, qui a grandi, à partir des années 1990, sur les décombres des acquis du développement national, est demeuré à la marge de la sphère des activités porteuses de dynamisme économique, technologique, social.

C’est un capitalisme qui se dérobe à ses obligations fiscales et ne reconnaît pas aux travailleurs le droit de s’organiser en syndicats ; un capitalisme de la chkara plutôt que des circuits bancaires et financiers, un capitalisme de l’immaturité, marqué par sa prédilection pour l’import-import et l’immobilier de rente.

En définitive, c’est un capitalisme de la périphérie subordonnée du capital globalisé, confiné dans le rôle, sans perspective de dépassement qualitatif, de pourvoyeur passif d’énergie et de marché solvable et rentable.

Que dire des réponses proposées par l’actuelle gouvernance pour faire face à la crise ? Et quelle est la meilleure voie de sortie de crise à votre avis ?

La sortie de crise, il s’agit là d’une problématique que j’ai largement abordée dans l’essai que j’ai récemment publié aux éditions Apic, intitulé Algérie post-hirak, à la conquête de l’avenir. Près de six décennies après l’indépendance, la question fondamentale des voies à prendre pour concrétiser les idéaux de Novembre 1954 visant à faire de l’Algérie un Etat national souverain, juste, prospère et solidaire, est toujours en jeu.

Toujours à l’ordre du jour, la question de la construction d’une économie productive capable de répondre aux besoins fondamentaux énormes de la société en matière de nutrition, de santé, d’éducation, de mobilité, de logement, une économie assise sur une base productive nationale capable d’absorber une main d’œuvre de plus en plus instruite et féminine et de se mesurer aux grands challenges technologiques et industriels porteurs de développement et facteurs d’échanges équilibrés et mutuellement bénéfiques, pour sauvegarder notre souveraineté et améliorer la richesse nationale.

La dynamique de développement initiée au cours des deux premières décennies de l’indépendance a été brisée avant que ne soient corrigées ses fragilités et atteinte sa phase de maturité. Trente ans de réformes libérales ont renforcé les faiblesses structurelles d’un système mono-exportateur. Notre pays n’a pas d’autre choix que de renouer avec ce qu’il y a de meilleur dans la stratégie de développement national de la décennie 1960-1970.

Un modèle historique de développement, résultat, il est utile de le rappeler, de l’action conjuguée de trois facteurs, dont le poids a été inégal : a) la stratégie formulée par les pouvoirs publics ; b) le comportement des acteurs mis en scène dans cette stratégie ; c) l’incidence plus ou moins forte du contexte international sur le pays.

Un modèle que l’on peut formuler, aujourd’hui, dans les termes suivants : une vision de long terme qui traduit l’ambition de construire une économie productive performante ; un Etat garant des priorités productives et environnementales ; des institutions solides et compétentes dans le rôle de vecteur de cette ambition ; des acteurs efficaces et engagés parce qu’impliqués ; des organes de contrôle indépendants et représentatifs ; un climat politique et social de mobilisation démocratique pour le développement national.

L’alternative du retour à l’Etat développementaliste est incontournable. Ce qui implique la priorité politique fondamentale de la restauration de l’Etat national et de ses institutions gravement amoindris et affaiblis, ces trente dernières années. Un Etat dont les fondements sont transparence, impartialité et contrôle. 

https://www.elwatan.com/pages-hebdo/sup-eco/pres-de-six-decennies-apres-lindependance-la-question-de-la-voie-a-prendre-est-toujours-en-jeu-05-07-2021?fbclid=IwAR39nFJpYRDse5rZX3BIiyZTSvQxV9RUcoK62QzgCmZEZreHk5WotQrPEtg

Dans ALGERIE

L'ALGERIE SE REARME !

Par Le 03/07/2021

Alliance: le choix fatidique d'Alger?

Friday, 02 July 2021 6:16 PM  [ Last Update: Friday, 02 July 2021 6:30 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

L'avion de chasse russe Sukhoi Su-57 à la disposition de l'Algérie. ©Sputnik

La Russie est un excellent partenaire surtout qu'elle est désormais décidé d'en découdre avec l'axe US/Otan rien qu'à en juger la tournure que prennent les événements en mer Noire et surtout en Méditerranée orientale. L'Algérie dont le chef de l'état-major vient de faire une tournée en Russie le sait pertinemment. Sauf que les intérêts russes ne croisent pas toujours ceux de l'Algérie et qu'il faut dans cette grande bataille pour la liberté, la souveraineté et la sécurité face à l'axe US/OTAN plus que des partenaires. Le contact téléphonique entre les ministres syrien et algérien des Affaires étrangères ce jeudi rend visible ce besoin... urgent !

Lors d'une conversation téléphonique, les ministres des Affaires étrangères de la Syrie et de l'Algérie ont souligné la nécessité de développer et de renforcer les relations entre les deux pays.

Selon l'ISNA, citant Sanaa, le ministre syrien des Affaires étrangères Faisal al-Meqdad et son homologue algérien Sabri Boukadoum ont insisté sur le renforcement et le développement des relations entre les deux pays.

Le message d'Alger à Damas

Le message d'Alger à Damas

L’Algérie réclame le retour de la Syrie à la Ligue arabe.

Les deux parties ont discuté des développements en particulier dans le monde arabe et examiné les stratégies requises pour le développement des relations bilatérales dans le cadre de l'intérêt des peuples des deux pays.

Al-Meqdad, tout en expliquant les derniers développements en Syrie, a souligné la détermination des Syriens à lutter contre toutes les formes de terrorisme et d'occupation et la libération complète de leurs terres, ainsi qu'à restaurer la sécurité et la stabilité sur le sol syrien

Poutine sort sa

« Ce que les ennemis de la Syrie n'ont pas pu réaliser sur le champ de bataille, Ils ne réussiront pas non plus à y parvenir politiquement », a-t-il ajouté.

De son côté, le ministre algérien des Affaires étrangères réitérant l'importance des relations avec la Syrie pour le peuple, le gouvernement et les dirigeants algériens, a souligné le soutien de son pays à la Syrie dans la guerre contre le terrorisme.

Libye: Alger-Moscou coordonnent

Libye: Alger-Moscou coordonnent

Boukadoum a également annoncé que l'Algérie était prête à une coordination mutuelle entre les deux pays à différents niveaux dans l'intérêt des deux nations frères.

Les coopérations Syrie-Algérie prendront-ils aussi une dimension militaire ? Possible. Après tout, l'arsenal russe de l'armée syrienne a de nombreuses pièces communes avec l'arsenal algérien. 

L'Algérie se prépare pour la conclusion d’un énorme accord militaire de 7 milliards de dollars avec la Russie ainsi que le développement d'une coordination régionale qui pourrait inclure la région du Sahel

La visite du chef d'état-major algérien Saïd  Changriya à Moscou s'est effectuée, aux yeux des pays européens et du Maroc, pour signer les futurs accords d'armement de l'Algérie avec la Russie.

Israël: l'Algérie sera

Préoccupés par un tel accord, les pays européens et le Maroc sont trop curieux de savoir si la Russie est prête à vendre des Sukhoi Su-57 et des Sukhoi Su-34 à l'Algérie qui deviendrait ainsi la porte d'entrée de la Russie dans la région du Sahel.

Le général Saïd Changriya s'est rendu à Moscou la semaine dernière et a assisté à la Conférence de Moscou sur la sécurité internationale organisée par la Fédération de Russie.

L'un des sujets de conversation entre les deux parties s’inscrit dans le cadre de la conclusion avec la Russie d'un accord portant sur l’acquisition des avions de combat avancés. L'Algérie avait précédemment signé un accord pour l'achat de 12 avions Sukhoi Su-32.

L'Algérie cherche à acquérir le Sukhoi 57 que la Russie n'a vendu à aucun pays jusqu'à présent. La décision du Kremlin de lui vendre un nombre limité d'avions n'est surprenante, car l'Algérie a été le premier pays à acheter des batteries de défense aérienne S-400 en 2014.

Sahel : le changement des frontières?

Sahel : le changement des frontières?

Les dernières attaques contre les militaires et les populations au Mali, au Niger et au Burkina Faso se concentrent surtout dans une zone bien définie.

Et si le contrat porte sur un accord de 7 milliards de dollars, il comprend sans aucun doute des avions de combat avancés, dont le Sukhoi 57, et d'autres armes. A partir de 2023, la Russie prévoit également d'exporter certains chasseurs vers des pays comme l'Inde et la Turquie.

Les pays européens voisins, dont la France, l'Espagne, l'Italie et les pays arabes, comme le Royaume du Maroc, sont préoccupés par le nouvel accord d’armement de l'Algérie. L'interaction politique croissante entre Moscou et l'Algérie et son implication politique dans les conflits internationaux ne sont pas de leur goût. 

L'Algérie met en garde Israël...

L'Algérie met en garde Israël...

Le chef de l’Etat algérien a exprimé le rejet de son pays de normaliser avec Israël.

Il y a des spéculations à Paris et à Rome sur l’augmentation de la coopération entre l’Algérie et la Russie dans la région du Sahel, à laquelle la Chine a commencé à montrer un grand intérêt.

L'exportation d'armes russes à l'Algérie et son engagement au niveau mondial est un prélude à une coopération étroite entre les deux pays dans les affaires régionales en Méditerranée et au Sahel.

http://french.presstv.ir/Detail/2021/07/02/661387/l-Algerie-se-rearme

Dans ALGERIE

DEPUIS MOSCOU, LE CHEF D’ETAT-MAJOR DE L’ARMEE ALGERIENNE (ANP) ACCUSE LE MAROC ET DES PUISSANCES ETRANGERES DE VOULOIR DESTABILISER LE MAGHREB

Par Le 26/06/2021

Saïd Chengriha

Depuis Moscou, l'armée algérienne accuse le Maroc et des puissances étrangères de vouloir déstabiliser le Maghreb

© AP Photo / Fateh Guidoum

AFRIQUE

13:11 26.06.2021(mis à jour 16:00 26.06.2021)URL courte

Par 

245114

S'abonner

Intervenant dans le cadre de la Conférence de Moscou sur la sécurité, le chef d’état-major de l’armée algérienne, le général Saïd Chengriha, a accusé le Maroc d’attiser les tensions au Maghreb et au Sahel à travers le conflit au Sahara occidental. Il a également pointé du doigt l’escalade militaire et l’ingérence étrangère dans ce dossier.

Le langage diplomatique est loin d’être le point fort du général Saïd Chengriha. Jeudi 24 juin, lors de la Conférence de Moscou sur la sécurité internationale, le chef d’état-major de l’armée nationale populaire (ANP) a attaqué frontalement le Maroc qu’il a accusé d’avoir provoqué un nouveau conflit contre le Front Polisario suite à «la violation de l’accord du cessez-le-feu le 13 novembre 2020». Dans son discours, il n’a pas hésité à qualifié le Maroc de «colonisateur».

«J’ai maintes fois souligné que les agissements du colonisateur visant à annexer avec force les territoires sahraouis, tout en faisant fi du concept du respect des droits de l’homme dans les territoires occupés, sont incompatibles avec la Charte de l’Onu et l’acte constitutif de l’Union Africaine dont la République Arabe Sahraouie Démocratique est un membre fondateur. Cette situation inquiétante marquée par l’escalade militaire et les ingérences étrangères pourrait attiser les tensions dans l’ensemble de la région. Ce constat très alarmant pour la sécurité et la paix, exige de la communauté internationale de prendre ses responsabilités en respectant strictement les dispositions du droit international dans la résolution de cette crise», a déclaré le général.

Partenariat stratégique

 

Un système antiaérien Pantsir-S1 lors d'un exercice (archive photo)

© SPUTNIK . SERVICE DE PRESSE DE LA RÉGION MILITAIRE RUSSE DE L'OUEST

Ces armes russes qui font de l’Algérie une puissance militaire régionale

En abordant à partir de la Russie, allié stratégique de l’Algérie, le conflit du Sahara occidental, le chef d’état-major de l’armée algérienne a certainement voulu démontrer que cette question relève de la sécurité nationale de son pays. Dans le contexte sahraoui, le Maroc ne semble pas être l’unique adversaire puisque Saïd Chengriha fait également référence «aux ingérences étrangères» dans ce dossier.

 

Riadh Sidaoui politologue et directeur du Centre arabe de recherches et d’analyses politiques (Caraps) à Genève explique a Sputnik que l’Algérie et la Russie entretiennent des relations historiques qui datent du temps où l’Union soviétique soutenait la guerre d’indépendance algérienne. «L’Algérie n’était pas en guerre uniquement contre la France, mais aussi contre l’Otan», fait-il remarquer.

«La relation algéro-russe est basée sur les notions de confiance, de respect et de fidélité historique. La particularité de ce partenariat stratégique est que l’Algérie a accès à des équipements militaires russes de haute technologie. Outre la question historique, cette opportunité s’explique par plusieurs facteurs: l’Algérie a toujours payé au prix fort les armes qu’elle achète, c’est donc un très bon client. Contrairement aux Égyptiens, les Algériens n’ont jamais divulgué les secrets des armes russes aux Occidentaux. Moscou considère Alger comme un allié stratégique qui fait face à un même ennemi, l’Otan», précise Riadh Sidaoui.

Pour le directeur du Caraps, une confrontation entre les forces de l’Otan et l’armée algérienne «ne relève pas de la science-fiction».

«Les Algériens ne commandent pas des avions de combat de cinquième génération Sukhoï 57 et des systèmes de missiles antiaériens S400 [l’acquisition par l’Algérie de cet équipement n’a jamais été confirmée. Ndlr] pour faire face au Maroc ou encore à des terroristes maliens. L’objectif est de faire face à une menace plus puissante comme cela a été le cas pour la Libye ou encore pour la Syrie», assure-t-il.

Nehone et Rowand

 

Des soldats de l'armée algérienne.

© AFP 2021 AP

Opérations extérieures: jusqu’où ira l’armée algérienne?

Riadh Sidaoui en veut pour preuve l’organisation de l’exercice militaire international African Lion 2021 qui s’est déroulé dans le sud du Maroc, près de la frontière du Sahara occidental, du 7 au 18 juin 2021. «Ces manœuvres menées par l’armée américaine sont un message clair adressé à Alger», note le politologue. Il s’avère que le 9 juin, la Force opérationnelle de l’Europe du Sud-Afrique de l’armée américaine (SETAF-AF) a organisé à Agadir un exercice de simulation de destruction de batteries de missiles antiaériens S300 et S400. Les systèmes de fabrication russe étaient installés dans deux territoires ennemis fictifs, Nehone et Rowand. Mais dans une vidéo d'un exercice du SETAF-AF rendue publique par un officier américain apparaît une carte de l’Algérie sur laquelle sont identifiés clairement Nehone et Rowand comme étant les IIIe et IVe régions militaires de l’armée algérienne.

 

​L’Algérie étant le seul pays du Maghreb à posséder des S300, et peut-être même des S400, il est peu probable que ce choix soit une simple coïncidence. Surtout que les deux régions militaires ciblées comptent parmi les plus puissantes de l’armée algérienne en hommes et en équipements puisqu’elles ont pour mission de protéger les frontières sud-est et sud-ouest de diverses menaces, notamment d’attaques terroristes, d’offensives d’armées régulières ou de milices armées. 

https://fr.sputniknews.com/afrique/202106261045791832-depuis-moscou-larmee-algerienne-accuse-le-maroc-et-des-puissances-etrangeres-de-vouloir/

Dans ALGERIE

L'ALGERIE MET EN GARDE LES USA

Par Le 25/06/2021

Le chef d'état-major algérien en Russie

Friday, 25 June 2021 5:47 PM  [ Last Update: Friday, 25 June 2021 5:48 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

L'Algérie renforce sa flotte aérienne par les S-57 russes. (Photo à titre d’illustration)

Le chef d'état-major général de l'armée algérienne, Saïd Chengriha est arrivé en Russie suite à l'invitation qu'il a reçu du ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou.

Selon le rapport d’Ennaharonline, le ministère algérien de la Défense a publié un communiqué annonçant que le chef d'état-major de l’armée algérienne, Saïd Chengriha avait été invité par le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou à participer à la 9e conférence de deux jours sur la sécurité internationale.

Chengriha, a été reçu jeudi 17 juin, au siège de l’état-major de l’ANP, une délégation russe présidée par Dimitri Chougaev, chef du service fédéral de la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie et co-président de la Commission gouvernementale algéro-russe, chargée de la coopération militaire et technique l'ont accueilli.

Au cours de la réunion, les deux parties ont discuté de la coopération militaire et technique entre les deux pays et des moyens de les développer et de les renforcer autant que possible. Ils ont également souligné la nécessité d'étendre les coopérations dans des domaines communs importants et de les élever au niveau de partenariat stratégique.

Le général de corps d'armée, Saïd Chengriha, a réitéré jeudi à Moscou « l'engagement infaillible » de l'Algérie à œuvrer, aux côtés de ses partenaires, pour faire face aux défis sécuritaires que connait la communauté internationale, notamment dans la région maghrébine et sahélo-saharienne, indique un communiqué du ministère algérien de la Défense.

« (...), je vous réitère l'engagement infaillible de l'Algérie à œuvrer aux côtés de ses partenaires pour faire face aux défis sécuritaires que connait la communauté internationale, notamment dans la région maghrébine et sahélo-saharienne, et ce, à travers le développement des mécanismes de coopération requis, dans le cadre du respect de la légalité internationale », a affirmé le général de corps  Saïd Chengriha dans une allocution prononcée au deuxième jour de la 9e Conférence sur la sécurité internationale, organisée par la Fédération de Russie.

Lire aussi : Les troupes US implantées définitivement au Maghreb?

 

 

Une invasion de l'Algérie, possible?

Une invasion de l'Algérie, possible?

Selon le rapport d’Algériepatriotique, la situation au Maghreb et au Sahel est telle que la puissance militaire de l’Algérie ne peut se limiter à sa seule force de frappe, fut-elle d’une redoutable efficacité. À ses capacités de défense éprouvées et reconnues, l’armée algérienne a commencé sa mue vers une stratégie offensive bien avant l’introduction dans la nouvelle Constitution d’un alinéa qui lui permet d’intervenir hors des frontières. Pour les spécialistes des questions militaires, le type d’armement pour lequel l’ANP opte depuis des années la prédestine à porter la guerre sur le terrain ennemi, grâce à une supériorité maritime et aérienne.
Dotée de six sous-marins capables de lancer des missiles de croisière à une distance de 300 km sur plusieurs objectifs terrestres avec une très grande précision, la marine algérienne a également fait l’acquisition de navires de projection et porte-hélicoptères qui montrait déjà le tournant décidé par l’Algérie. Celui-ci voyant l’évolution géostratégique défavorable savait qu'il allait devoir un jour ou l’autre, à harceler l’ennemi chez lui avant même qu’il s’approche de ses espaces souverains maritimes et aériens. Le renforcement de la flotte de l’armée de l’air par l’avion furtif le plus puissant au monde, le Su-57, et le bombardier à très large rayon d’action, le Su-34, sont à inscrire dans cette nouvelle doctrine militaire algérienne qui s’est construite par étapes et à moyen terme.

Lire aussi : African Lion: l'ANP prête à en découdre

Plan de guerre US contre l'Algérie?

Plan de guerre US contre l'Algérie?

Le pseudo retrait annoncé de Barkhane du Mali préluderait à un redéploiement USA/OTAN au Sahel alors même que les troupes US continuent de se déployer au Sahara occidental.

https://french.presstv.ir/Detail/2021/06/25/660871/Defense--Alger-Moscou-renforcent-cooperation

Dans ALGERIE

DEMISSION DU PREMIER MINISTRE ALGERIEN

Par Le 24/06/2021

Drapeau algérien

Le Premier ministre algérien a démissionné

© Sputnik . Selma Kasmi

AFRIQUE

14:17 24.06.2021(mis à jour 14:51 24.06.2021)URL courte

Par 

2124

S'abonner

Le Premier ministre algérien Abdelaziz Djerad a démissionné, selon la télévision publique algérienne.

Le Premier ministre algérien Abdelaziz Djerad a présenté ce jeudi 24 juin sa démission, près de deux semaines après les élections législatives du 12 juin, ouvrant la voie à la nomination d'un nouveau gouvernement par le Président Abdelmadjid Tebboune, rapporte la télévision publique algérienne.

https://fr.sputniknews.com/afrique/202106241045782902--le-premier-ministre-algerien-a-demissionne/

Dans ALGERIE

HAFTAR PROVOQUE L'ALGERIE

Par Le 20/06/2021

African Lion 2021, un échec ; l'axe US/Israël passe à l'étape supérieure

Sunday, 20 June 2021 6:29 PM  [ Last Update: Sunday, 20 June 2021 6:31 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Militaires algériens. (Photo d'archives)

C'est curieux : un général US participant à l'exercice anti-Algérie «  Africain Lion » évoque un "terrorisme qui s'étend à travers tout le Maghreb comme un feu de broussaille laissant supposer que les 7000 forces US et Cie qui opèrent depuis début juin aux portes de l'Algérie ne sont pas prêtes à quitter le Sahara et un général Khalifa Haftar, mercenaire de l'axe Riyad-Abou Dhabi -Israël qui s’est distingué ce samedi par un geste belliqueux contre son voisin de l’ouest en s'emparent d’un poste frontalier avec l’Algérie et en le déclarant comme zone militaire où tout déplacement est interdit. Au fait Haftar a déployé des troupes sur la porte algérienne de manière spectaculaire.

Des camions militaires, des blindés et des pickups dotés de défense aérienne ont été déployés dans cette zone. Les forces de Haftar ont expliqué que ce déploiement faisait partie de leurs opérations d’extension stratégique dans le sud-ouest de la Libye, selon le même média. Et tout comme les Américains, Haftar a prétexté le terrorisme.

Vendredi, les forces du général Haftar ont annoncé le début d’une opération militaire contre des « terroristes takfiristes » dans le sud de la Libye, en indiquant que des unités étaient en route pour libérer le Sud libyen, toujours selon la même source.

En réaction, le Conseil présidentiel libyen, en sa qualité de commandant suprême de l’armée, a annoncé ce samedi 19 juin « l’interdiction de tout mouvement militaire dans le pays sans son approbation ».

« Il est absolument interdit de repositionner des unités militaires, quelle que soit la nature de leur mission, ou d’opérer tout mouvement de convois militaires à quelque fin que ce soit, ou pour transférer du personnel, des armes ou des munitions », a déclaré le commandant suprême de l’armée libyenne dans un communiqué, toujours selon Al-Jazeera.

Double coup signé Algérie-Russie!

Double coup signé Algérie-Russie!

La décision du général Haftar d’envoyer ses troupes près de la frontière algérienne survient alors que dans un entretien accordé au magazine Le Point publié mardi 7 juin, le président Abdelmadjid Tebboune a rappelé que l’Algérie a refusé que Tripoli « tombe aux mains des mercenaires », allusion aux forces du maréchal Haftar. Il a ajouté que l’Algérie « était prête à intervenir d’une façon ou d’une autre pour empêcher sa chute».

« Quand nous avons dit que Tripoli était une ligne rouge, nous l’avons fait sciemment et les concernés ont saisi le message », a-t-il affirmé, rappelant la position de l’Algérie qui a appelé, à la Conférence de Berlin, à la tenue d’élections générales en Libye sous l’égide des Nations unies.

Le geste de Haftar est un défi lancé à l'ANP et destiné à la pousser à intervenir? Une chose est sûre : le scénario anti-Algérie est concocté au millimètre près puisque pas plus tard qu'il y a quelques jours: la France elle aussi y a porté sa pierre en laissant entendre que l'armée algérienne s'apprêtait à  la remplacer au Sahel et ce au mépris de ses liens et affinités culturelles et historique avec l'Afrique et surtout au prix de provoquer des tensions Maghreb-Sahel. Est-ce un hasard ce concours de circonstance ? Bien sûr que non le but étant de piéger l'armée algérienne de pousser à s'engager hors de ses frontières. Ce serait alors le but ultime recherché depuis des années : resserrer l'étau autour de l'Algérie et finir par en faire sauter les verrous... Alger sera-t-il pris de court? Tebboun l'a réitéré le rapport des forces n'est pas en faveur du camp d'en face.

Le général de corps d’armée Saïd Chengriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), a reçu le jeudi le 17 juin au siège de l’état-major de l’ANP une délégation russe présidée par le directeur du Service fédéral de coopération militaire Dmitri Chougaev.

Ciel algérien : attaque et contre-attaque!

Ciel algérien : attaque et contre-attaque!

Manif anti Israël au Maroc.... coup de main algérien au peuple marocain?

Un communiqué du ministère de la Défense a indiqué que la réunion s’est déroulée en présence du chef des directeurs des approvisionnements et des directeurs centraux du ministère de la Défense nationale, du côté algérien, et du côté russe, l’ambassadeur russe en poste à Alger, le directeur général de Roseboronexport (agence russe chargée des exportations du complexe militaro-industriel russe ) et des membres de la délégation russe.

« Les discussions ont porté sur les différents aspects de la coopération militaire et technique ainsi que sur les voies censées développer, diversifier et renforcer la coopération de part et d’autre. Les deux parties ont également convenu d’élargir le partenariat stratégique commun et ceci en temps de paix comme en temps de guerre». L'Algérie est-elle sur le point de former sa coalition de guerre? 

https://french.presstv.com/Detail/2021/06/20/660474/Alg%C3%A9rie-Libye-Fronti%C3%A8re-Zone-militaire-ferm%C3%A9e-Armes-Coop%C3%A9rations-Russie

Dans ALGERIE

ALGERIE : LE PLAN DE GUERRE US?

Par Le 19/06/2021

Comment les USA comptent envahir le Maghreb ?

Saturday, 19 June 2021 5:54 PM  [ Last Update: Saturday, 19 June 2021 5:54 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Comment les USA comptent envahir le Maghreb ?

Le pseudo retrait annoncé de Barkhane du Mali préluderait à un redéploiement US/OTAN au Sahel alors même que les troupes US continuent de se déployer au Sahara occidental, aux portes de l’Algérie, qu’elles ne semblent pas vouloir quitter de sitôt, un général US cité par l’AP détaille le plan de guerre US/OTAN. Voici ce plan :

Un général américain de haut rang a averti vendredi que le « feu de brousse du terrorisme » balayait une partie de l’Afrique et nécessitait l’attention du monde. Il s’est exprimé lors de la clôture des exercices militaires à grande échelle dirigés par les États-Unis avec des troupes américaines, africaines et européennes.

Les jeux de guerre « African Lion », qui ont duré près de deux semaines, se sont étendus sur tout le Maroc, un allié clé des États-Unis, avec des parties plus petites tenues en Tunisie et au Sénégal. Les exercices annuels ont été supprimés l’année dernière en raison de la pandémie de COVID-19.

Lire aussi : Y aurait-il un accord secret Alger-Paris sur le dos des Africains ? 

Le général Stephen J. Townsend, chef du commandement américain pour l’Afrique, a salué le travail accompli dans le cadre des opérations conjointes, tout en dressant un tableau sombre des menaces qui pèsent sur certaines régions d’Afrique.

« Je suis préoccupé par la situation sécuritaire dans une partie de l’Afrique », de la région du Sahel à l’ouest à la Corne de l’Afrique, a déclaré Townsend aux journalistes. Il a évoqué les attaques meurtrières perpétrées par des terroristes liés à al-Qaïda et à Daech, ainsi que par al-Shabab. « Ils sont tous en marche », a-t-il reconnu.

Les voisins africains aident les gouvernements à faire face à la menace, mais, a-t-il ajouté, « tout cela ne semble pas suffisant pour arrêter ce que j’appelle… (le feu de brousse du terrorisme) qui s’étend dans cette région ».

Lire aussi : Echec cuisant des Accords d’Abraham... l’ambassadeur sioniste risque sa peau

African Lion a vu plus de 7000 soldats de sept pays et de l’OTAN effectuer ensemble des exercices aériens, terrestres et maritimes.

« Cela a contribué à notre interopérabilité, à nos capacités conjointes, à notre état de préparation et à une bonne occasion de renforcer la cohésion entre les forces », a déclaré le général de division Andrew Rohling, commandant de la Task Force Afrique de l’armée américaine pour l’Europe du Sud. Il s’est exprimé vendredi dans la ville désertique de Tan-Tan.

Il y a eu un contretemps au départ, l’Espagne s’étant retirée des exercices en invoquant des raisons budgétaires. La presse a attribué cette décision aux mauvaises relations de l’Espagne avec le Maroc, un ancien partenaire clé.

Les deux pays sont à couteaux tirés depuis que l’Espagne a accueilli le chef du mouvement indépendantiste du Front Polisario – l’ennemi numéro un du Maroc – dans un hôpital espagnol pour un traitement au COVID-19 au début de cette année. Le Polisario lutte pour l’indépendance du Sahara occidental, une vaste région que le Maroc revendique comme sienne.

Lire aussi : Zoom Afrique du 17 juin 2021

Pendant l’exercice, le Maroc a mené quelques opérations aéroportées près du Sahara occidental et non loin des camps de réfugiés du Polisario à Tindouf, en Algérie voisine.

Townsend, à qui l’on a demandé si l’exercice a inclus le Sahara Occidental contesté, a été catégorique : « Je peux confirmer que non ».

Les pays participants à l’African Lion étaient les États-Unis, le Maroc, la Tunisie, le Sénégal, l’Italie, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne. Des observateurs de pays tels que l’Égypte, le Qatar, le Niger et le Mali étaient également présents.

https://french.presstv.com/Detail/2021/06/19/660442/Marco-Etats-Unis-OTAN

Dans ALGERIE

LES F-16 US MENACENT L'ALGERIE ?

Par Le 18/06/2021

African Lion : l’US Air Force s’exerce à frapper les S-400

Friday, 18 June 2021 6:22 PM  [ Last Update: Friday, 18 June 2021 6:23 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Les systèmes de défense aérienne russe S-400. ©Ria.ru/Archives

L'exercice African 2021 que mène l'axe US/Israël depuis des jours au Sahara occidental retranché derrière l'armée marocaine est sans aucun doute destiné à intimider l'Algérie tout comme ce média-mensonge largement médiatisé qui prétend que l'armée algérienne aurait promis à la France de succéder à Barkhane et ce, dans le dos des Sahéliens. Mais pourquoi ces intimidations ? Visiblement l’Algérie fait peur. Au Maroc les F-16 US ont tenté de détruire les S-400...

Des chasseurs F-16 et des bombardiers B-52 de l'US Air Force ont tenté de frapper des systèmes de missiles antiaériens russes S-400 dans le cadre de l'exercice militaire African Lion 2021, qui s'est déroulé en Afrique de l'Ouest et du Nord. Selon les données publiées par The Drive et selon le descriptif des exercices, l'armée de l'air américaine devait détruire les points géographiques des complexes S-400 stationnés au Maroc.

Selon les données publiées, l'US Air Force a utilisé des chasseurs F-16 et des bombardiers B-52 pour frapper les zones positionnelles des complexes S-400. Selon ses mêmes données, toutes les cibles auraient été détruites avec succès, pourtant les experts ont clairement des doutes à ce sujet.

Comme le note l'expert de l'agence de presse russe Avia.pro, l'armée de l'air américaine était confrontée à une tâche presque impossible. En effet, il est presque impossible de détruire les zones positionnelles des S-400 à l'aide de chasseurs F-16 et de bombardiers B-52.

Lire aussi :

-African Lion: l'ANP prête à en découdre

-Menace militaire US : l’ANP riposte !

« Les chasseurs F-16 n'ont pas d'armes capables de frapper avec précision la zone positionnelle des du S-400 sans être détruits. En ce qui concerne le fonctionnement des S-400, lorsqu'il s'agit de F-16 ou de « grosses cibles » comme les B-52, l'attaque est menée à une distance maximale de 400 kilomètres, avant que les pilotes américains ne se fixent une tâche initialement irréalisable. Alors les déclarations sur la destruction réussie de ces cibles ne sont rien de plus que de la propagande »,  souligne l'analyste d’Avia.pro.

African Lion: l’Algérie va riposter?

African Lion: l’Algérie va riposter?

Les Etats-Unis projettent d’assiéger l’Algérie et de renforcer le Maroc dans le Sahara occidental.

https://french.presstv.com/Detail/2021/06/18/660376/AfricanLion--US-Air-Force-s-exerce-frapper-S-400

Dans ALGERIE

LEGISLATIVES ALGERIENNES : PRES DE 77% D’ABSTENTIONS. UN SINGLANT CAMOUFLET POUR LE POUVOIR

Par Le 18/06/2021

18 Juin 2021

publié le 17/06/2021
Législatives algériennes : Un cinglant camouflet pour le pouvoir

En boycottant massivement les urnes à l’occasion du scrutin législatif convoqué le 12 juin, les Algériens viennent d’infliger un nouveau camouflet au pouvoir en place. Même si la participation annoncée laisse perplexes les observateurs, l’abstention frôle les 77% ! Jamais depuis l’indépendance, le désaveu n’a été aussi fort.

Alors que le mal élu président Abdelmadjid Tebboune avait exhorté les électeurs à se rendre massivement aux urnes, la défiance à l’égard du système s’est amplifiée à l’image de ce qui s’était passé lors de la présidentielle et de la réforme constitutionnelle. L’opposition laïque et de gauche comme le MDS, le FFS ou le RCD avaient stigmatisé cette mascarade électorale.

Cette consultation avait un double objectif : confirmer la reprise en main du pays par les castes rejetées et corrompues mais aussi neutraliser la dynamique du Hirak. Pour ces raisons, la campagne électorale s’est déroulée sous le signe de la peur et de la fureur répressive. Les marches du Hirak ont été interdites tandis qu’une modification du code pénal transforme désormais les manifestants en « terroristes ». Les arrestations se sont multipliées ces dernières semaines si bien que l’on compte actuellement 225 prisonniers politiques issus du Hirak. Afin de frapper l’opinion, la veille du scrutin, une figure du mouvement Karim Tabbou et deux journalistes de renom Khaled Drareni et Ihsan El Kadi ont été emprisonnés.

Ces résultats, sans aucune légitimité populaire, consacrent le retour des partis totalement discrédités. Ainsi le Front de libération national (FLN) arrive en tête suivi des « indépendants » choyés par le pouvoir voire par les islamistes. Ces derniers, issus des Frères musulmans comme le Mouvement pour le salut et la paix (MSP), arrivent en troisième position. Le FLN et les islamistes, aussi rétrogrades les uns que les autres, devraient constituer une alliance sur une base islamo-conservatrice, fossilisant une situation bloquée, afin de tenter de punir le peuple algérien.

Cependant le Hirak est toujours là, il est le contre-pouvoir, il est l’alternative, porteur des espoirs de modernité, de liberté et de justice. Il exige toujours un changement de système, un Etat de droit, une transition démocratique et la reconnaissance de la souveraineté du peuple. Ce mouvement s’inscrit dans la durée et porte l’avenir pour le peuple algérien.


Pascal Torre
responsable-adjoint du secteur international du PCF
chargé du Maghreb et du Moyen-Orient

source : https://www.pcf.fr/legislatives_algeriennes_un_cinglant_camouflet_pour_le_pouvoir

Tag(s) : #Algérie#PCF

Dans ALGERIE

ALGERIE : L’ARMEE ET LE POUVOIR VEULENT EN FINIR AVEC LE HIRAK

Par Le 07/06/2021

6 Juin 2021

publié le 04/06/2021
Algérie : L’armée et le pouvoir veulent en finir avec le Hirak

Les mobilisations populaires du mois de mai en Algérie ont été marquées par une intensification de la répression à l’égard du Hirak.

Près de 2000 arrestations ont eu lieu ces trois dernières semaines dans tout le pays avec des gardes à vue et des mandats de dépôts portant le nombre d’incarcérés à 175 militants. Des figures du mouvement comme Ouahid Benhalla ou Fethi Ghares du Mouvement démocratique et social (MDS) ont été arrêtés alors que le premier a écopé d’un an de prison. Le président et le chargé de communication du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Mohcine Belabbas et Athmane Mazouz ont aussi été interpellés comme l’ancien responsable du Front des forces socialistes (FFS), Ali Laski.

A la veille du scrutin législatif du 12 juin, l’armée et le pouvoir du président Abdelmadjid Tebboune veulent reprendre les choses en main. Désormais, les condamnations tombent brutalement. Les pressions s’accroissent pour empêcher les cortèges, désormais soumis à autorisation préalable, ce qui revient à les interdire. Chaque vendredi, les dispositifs sécuritaires sont massivement présents générant des brutalités tandis que les réseaux sociaux sont autoritairement bloqués. Étudiants, avocats, dirigeants d’organisations partisanes, journalistes, bloggeurs sont dans le collimateur. Dans un récent documentaire produit par l’armée et diffusé largement, les manifestants du Hirak sont diabolisés accusés pêle-mêle d’être des terroristes, des indépendantistes kabyles, des islamistes ou des agents de l’étranger.

Après les échecs de la présidentielle et du référendum, largement boycottés par le peuple algérien, le pouvoir craint un nouveau désaveu. Il sait par ailleurs que le Hirak, ce mouvement radical et pacifiste, est destiné à durer et qu’il pourrait être rejoint par un mouvement social d’ampleur qui proteste face à l’effondrement du pouvoir d’achat et l’inflation.

Les dernières déclarations d’E. Macron et de J.-Y. Le Drian, qui encouragent les autorités à poursuivre des réformes honnies, n’en finissent pas de heurter les démocrates algériens. Les communistes français apportent, dans le respect d’indépendance, leur soutien total au peuple algérien.

Pascal Torre
responsable-adjoint du secteur international du PCF
chargé du Maghreb et du Moyen-Orient

source : https://www.pcf.fr/algerie_l_armee_et_le_pouvoir_veulent_en_finir_avec_le_hirak

Tag(s) : #Algérie#PCF

Dans ALGERIE

AVEC LE KEFFIEH PALESTINIEN, L’EQUIPE NATIONALE ALGERIENNE DE FOOTBALL SOUTIENT LE PEUPLE PALESTINIEN

Par Le 05/06/2021

Avec le keffieh palestinien.. l’équipe nationale algérienne de Football soutient la Palestine

 Depuis 2 minutes  5 juin 2021

202164122149710637584061097100728

 Algérie - Article traduit - Maghreb - Monde arabe - Spécial notre site

 

En guise de solidarité avec la cause palestinienne, les joueurs de l’équipe nationale algérienne de Football ont porté le keffieh palestinien lors du match amical contre la Mauritanie Vendredi dernier, au cours duquel les « Guerriers du désert » ont remporté le match à 4-1.

Les joueurs de l’équipe nationale algérienne ont exprimé leur soutien au peuple palestinien suite à la récente agression israélienne sur la bande de Gaza, en portant des foulards aux couleurs des drapeaux algérien et palestinien autour du cou, avant le lancement du match qui s’est déroulé au stade Mustafa Chaker dans la ville algérienne de Blida.

Cette initiative a été applaudi u parmi les fans algériens, qui ont exprimé leur joie  envers cet acte symbolique sur les réseaux sociaux.

A  noter que les noms des joueurs « verts » avaient inscrits leurs noms sur leurs maillots en arabe, ce qui a  impressionné les fans.

Les buts de l’Algérie ont été marqués par Sofiane Feghouli (double), Adam Ounass et Bagdad Bounedjah, tandis que Sidi Yacoub a inscrit le seul but de la Mauritanie.

L’équipe nationale algérienne et son homologue mauritanienne se préparent pour la Coupe d’Afrique des nations au début de l’année prochaine, et toutes deux participeront aux éliminatoires africaines de la Coupe du monde, qui débute fin août.

Source: Traduit du journal AlAkhbar

https://french.almanar.com.lb/2088594

Dans ALGERIE

ALGERIE : TENIR LES PALESTINIENS POUR RESPONSABLES DES VIOLENCES EST INACCEPTABLE

Par Le 19/05/2021

Algérie: Tenir les Palestiniens pour responsables des violences est inacceptable

 Depuis 16 heures  19 mai 2021

bb199b46-9781-4cc9-855a-1c5e1113912e

 Algérie - Article traduit - Maghreb - Monde arabe - Spécial notre site

 

L’Algérie continue de soutenir le peuple palestinien contre les attaques israéliennes par la voix de son ambassadeur permanent auprès des Nations Unies qui déclaré qu’ »il est inacceptable de tenir les Palestiniens pour responsables de l’escalade de la violence ».

L’ambassadeur permanent d’Algérie auprès des Nations Unies, Sofiane Mimouni, a déclaré: « Tenir le peuple palestinien responsable de la violence est inacceptable et est voué à l’échec » soulignant que « la récente escalade est le résultat direct de la politique d’oppression des forces d’occupation israeliennes qui sapent la paix et l’établissement d’un Etat palestinien ».

Il a appelé à « adopter des mesures pratiques pour mettre fin à la violence et à utiliser des moyens diplomatiques pour abolir les mesures illégales prises par les autorités de l’occupation israélienne ».

Le responsable des relations au sein du « Comité de secours du peuple palestinien » en Algérie, Karim Rezki, a révélé à la chaine satellitaire libanaise Al-Mayadeen, qu' »une mission algérienne de secours médical se rendrait à Gaza », indiquant qu' »il existe un  plan pratique  élaboré pour soigner les victimes de l’agression israélienne dans toute la Palestine, et qui a été approuvé par  l’Association des oulémas musulmans et autres associations algériennes  humanitaires.

Pour sa part, l’Organisation des avocats algériens a annoncé le lancement d’une initiative visant à poursuivre en justice les dirigeants de l’occupation israélienne devant les tribunaux internationaux, en coordination avec l’Organisation des avocats arabes et l’Organisation des avocats palestiniens.

L’Algérie a annoncé plus tôt qu’elle se tenait aux côtés du peuple palestinien dans sa lutte contre l’occupation israélienne. Une campagne de solidarité et de soutien à al-Qods et au peuple palestinien a été lancée sous le slogan « Al-Qods main dans la main », contre les tentatives de déplacement et les violations continues de l’occupation israélienne, à al-Qods occupée, en particulier dans la mosquée Al-Aqsa et le quartier de Cheikh Jarrah.

Source: Traduit d'AlMayadeen

https://french.almanar.com.lb/2075108

Dans ALGERIE

ALGERIE : L'EPOPEE D'ANNIE STEINER

Par Le 26/04/2021


Ici mieux que là-bas

L’épopée d’Annie Steiner

8

Publié par Arezki Metref
le 25.04.2021 , 11h00
1886 lectures

 

 

Y’a des moments comme ça où affirmer sa fierté d’être algérien prend un sacré coup dans l’aile ! L’un de ces moments est l’enterrement de la moudjahida Annie Steiner.(1) Fier de voir le peuple, son peuple, ses amis, ses compagnons de lutte, l’enterrer dans cette terre à laquelle elle a sacrifié sa vie. Mais moins fier — beaucoup moins fier — de la modicité de la reconnaissance officielle de la part de pouvoirs publics pourtant habituellement enclins, en pareilles circonstances, à déployer de pompeux cérémoniaux. On sent comme une ambiguë circonspection. Avec tout le respect et l’affection qu’on peut avoir pour la diva, tout le monde ne peut pas être Warda El Djazaria ! Idem : avec tout le respect et la considération qu’on a pour l’acteur, tout le monde n’est pas Roger Hanin ?
Pourquoi donc cette réserve ? Est-ce parce qu’elle a demandé des funérailles simples, « sans chichi », comme le commente un de ses amis, Mohamed Larbi Merhoum ?
Possible ! N’y a-t-il pas d’autres raisons ?
Pour infiniment moins que ce qu’elle a fait et enduré, d’autres ont eu droit aux pompes de l’État. « D’origine européenne » comme on dit, elle choisit d’être algérienne et, en tant que telle, elle s’est battue pour un idéal, la cause de l’indépendance du pays.
Annie Steiner, Fioro de son nom de jeune fille, était issue d’une famille de pieds-noirs d’origine italienne. Elle vit le jour le 7 février 1928 à Hadjout (ex-Marengo). Née deux ans avant la célébration du centenaire de la colonisation, elle grandira dans une époque où le système colonial, fort de son autolégitimation, semblait devoir durer éternellement. Et malheur aux vaincus ! Dans ce contexte d’apartheid colonial, de séparation des populations entre colonisés et colonisateurs, on peut s’interroger sur ce qui a bien pu pousser la petite Annie Fioro à apprendre l’arabe en cachette à l’âge de 12 ans ? Déjà un signe de transgression de l’ordre !
Elle épousa Rudolph Steiner, un architecte suisse qui travailla dans les équipes de Le Corbusier, avec qui elle eut deux filles, Edith et Ida. Au lendemain de l’arrestation d’Annie Steiner, son époux quittera l’Algérie emmenant ses deux enfants dont la mère perdra la garde dans une procédure de divorce intentée devant les tribunaux suisses à la fin de la guerre. La perte de sa famille : voilà une des conséquences de son engagement dans le FLN.
Quand elle a été arrêtée, il semble que son époux aurait essayé de la faire libérer en tant que citoyenne suisse. Mais la démarche individuelle était contraire à ses principes de combattante anticolonialiste. C’est son peuple qui devait être libéré, pas elle seule ! Elle refusa toute compromission de ce genre !
Le jour du cessez-le-feu, heureuse d’avoir gagné l’indépendance, elle devait dans le même temps déplorer la perte de ses filles.
L’intérêt et la solidarité avec les Algériens colonisés la conduisent naturellement à soulager la misère de ses frères et sœurs en s’engageant dans les Centres sociaux auprès de Germaine Tillion. Rallier le FLN fut la suite logique de sa démarche révolutionnaire.
Agent de liaison pour le FLN, elle joua un rôle crucial avec l’agent de liaison du PCA, Joséphine Carmona, une lingère d’Oran membre du Parti communiste algérien,  dans la rencontre entre les dirigeants du PCA et ceux du FLN en 1956. Sadek Hadjeres se souvient avoir passé la nuit chez les Steiner, la veille de la deuxième rencontre FLN/PCA qui s’est déroulée rue Horace-Vernet où habitait le couple.
Membre des réseaux de Yacef Saâdi, elle est arrêtée le 15 octobre 1956 et condamnée en mars 1957 à 5 ans de prison. Incarcérée à Barberousse, elle assiste à l’exécution de trois militants de l’indépendance Fernand Iveton, Mohamed Ben Ziane Lakhnèche et Ali Ben Khiar Ouennouri, dits « Ali Chaflala » et « Petit Maroc ».
Elle composa un poème devenu célèbre : « Ce matin ils ont osé. /Ils ont osé vous assassiner/En nos corps fortifiés/Que vive notre idéal/Et vos sangs entremêlés/Pour que demain ils n'osent plus/Ils n'osent plus nous assassiner. »
Après l’indépendance, elle reste en Algérie où elle travaillera dans l’administration pendant trente ans. Elle vécut simplement et dans l’anonymat, fidèle aux principes de Novembre 1954, affirmant : « J’ai toujours cet idéal de liberté, je ne l’oublierai jamais. » Elle est morte en respectant jusqu’au bout son éthique de moudjahida. Alors pourquoi cette modération dans la reconnaissance officielle ? Est-ce parce qu’elle faisait partie de ces moudjahidate qui n’étaient pas tendres avec ceux qui ont détourné les promesses de Novembre ? Connue pour son franc-parler, elle déclarait : « Je n’ai pas fait cinq années de prison et perdu mes enfants, pour voir l’Algérie pillée comme au temps du colonialisme, pour que Monsieur Mohamed remplace Monsieur Pierre. »
Est-ce parce que, d’origine européenne, elle ne correspond pas ou plus au profil du nouveau héros national qui doit fatalement porter un patronyme à  consonance musulmane ?
Ce peuple, le sien, pour lequel elle a souffert et combattu n’est pas responsable de l’ingratitude de ses représentants obligés !
Peut-être assiste-t-on à un inédit révisionnisme qui essaye de réécrire l’histoire du mouvement national et de la guerre d’indépendance à travers le prisme étroit et fallacieux qui veut rétroactivement transformer la guerre d’indépendance en guerre de religions ?
Y’a des moments comme ca où il y en a qui osent…
A. M.

1) Annie Steiner répond avec sa franchise habituelle à toutes les questions dans l’ouvrage d’entretien réalisé en 2011 par notre consœur Hafida Ameyar : La Moudjahida Annie Fiorio Steiner – Une vie pour l’Algérie – Hafida Ameyar – édité par des amis de Abdelhamid Benzine – Alger septembre 2001.

https://www.lesoirdalgerie.com/ici-mieux-que-la-bas/lepopee-dannie-steiner-60156

Dans ALGERIE

TEMOIGNAGE : IL Y A 60 ANS, ECHEC DU PUTSCH FASCISTE DE QUATRE GENERAUX FELONS POUR GARDER L’ALGERIE FRANCAISE

Par Le 22/04/2021

 

ATTITUDE DES SOLDATS DU CI DE OUED-SMAR LORS DU PUTSCH DES GENERAUX FELONS EN AVRIL 1961



Je précise que notre CI était disciplinaire. Je n'avais pas 20 ans.


Le putsch s'est déclenché dans la nuit du vendred 21 au samedi22 avril 1961 .

Bien qu'habitués au réveil matinal, nous avons brusquement été réveillés par des bruits insolites de véhicules chenillés. Notre camp était investi de blindés légers de la légion étrangère, les fantassins au béret vert, armés jusqu'aux dents, étaient déployés en tirailleurs. Nous ne comprenions pas ce qui se passait. L'écoute de radio Alger sur les transistors ne nous donnait à entendre que de la musique militaire.
Les treize pied-noirs de notre compagnie ne cachaient pas leur joie alors que nous les métropolitains, nous ne partagions pas leur exubérance. On se méfiait donc des treize pied-noirs que nous savions acquis aux généraux putschistes.
Curieusement, du lieutenant MERVIEL au serpatte Corse, les engagés s'étaient tous volatilisés. Nous n'avions plus de chefs. Entre appelés, les discussions étaient incessantes et animées. Nous étions tous d'accord et refusions de suivre les généraux félons mais, que faire? Comment procéder pour marquer notre opposition à ces traîtres. Le travail au corps des militants des jeunesses communistes, nous ne nous connaissions pas, en direction des appelés moins politisés, fut intense. Sur toute la compagnie, à l'exception des treize pieds-noirs, seul un métropolitain qui professait des idées extrémistes favorables aux séditieux, tentait d'entrainer les gars avec les factieux. Nous l'avons isolé.
Nous les appelés, nous étions tous favorables au refus de tout travail et de tout ordre des chefs. La situation était incontrôlable et dangereuse puisque nous ne savions pas ce qui se passait dans les autres unités, les factieux s'étant rendus maitre de tous les médias. Les mercenaires au bérêt vert de la légion étrangère trainaient alentours. J'ajoute que les bérêts noirs des commandos de l'air parachutistes étaient avec le 1er REP l'un des fer de lance des putschistes,


Dans l'après-midi de ce 22 avril 1961 , trois anciens de la BA149 sont venus dans nos piaules pour discuter avec nous de la situation sur la base. Ils nous ont dit que tous les appelés de la BA149 et tous les marins de l'aéronavale étaient en grève. Les trois anciens nous ont demandé de nous joindre à eux. Sans aucune hésitation, nous avons accepté.

En fin d'après-midi de ce samedi 22 avril 1961 , le colonel LANGLOIS, commandant la BA149 est venu dans nos barraques, flanqué du serpatte Corse, la cravache à la main. Le Corse a gueulé : "A vos rangs, fixe!". Personne n'a bougé. Le faux-cul de colonel LANGLOIS, a essayé de bredouiller qu'il ne fallait pas suivre les anciens alors que nous refusions tout travail et obéissance à nos supérieurs. Un camarade soldat a demandé à LANGLOIS de se positionner contre les factieux. LANGLOIS ne l'a pas fait et n'a pas condanmé les félons. LANGLOIS et son chien de garde Corse ont piteusement rebroussé chemin.

Dimanche 23 avril 1961 au soir :

De Gaulle s'est exprimé à la télévision. Il a demandé de mettre les généraux félons en échec.

Je précise pour l'avoir moi-même vécu, que nous n'avons pas attendu après De Gaulle pour nous opposer par le refus d'obéissance aux généraux putschistes.

Lundi 24 avril 1961 
Les soldats des bases aériennes de Maison-Blanche et de Blida manifestent leur opposition aux factieux par une vive résistance. A Maison-Blanche, l'Internationale est chantée par les soldats. Toujours à Maison-Blanche, les soldats de l'aéronavale et de l'aviation sont toujours en grève. Les mécaniciens avions " sabotent " volontairement les appareils en enlevant une pièce maitresse par crainte que les factieux ne forcent les pilotes à utiliser les avions à des fins séditieuses. Les personnels navigants (P.N.) ont capté la longueur d'onde des véhicules de la légion étrangère. Ils ont émis un faux message, leur ordonnant de se diriger sur Alger. Ce subterfuge, pour éloigner la légion, leur faisait croire à un débarquement de fusiliers-marins, en provenance d'Hyères-Palivestre et qui devait les encercler.

Mardi 25 avril 1961 Des Nordatlas 2501 décollent de pistes différentes pour la métropole, bondés de bidasses. Grâce à cette action habile, les pilotes ont privé les putschistes d'un important moyen de transport aérien. L'un des avions s'est " crashé " en bout de piste sans gravité pour les gus , qui étaient nombreux pour un baptême de l'air improvisé. Nous étions sur la base où nous y avons vu des scènes incroyables, telle cette jeep qui roulait à l'aveuglette car une grappe humaine y était accrochée. Il y avait même des bidasses sur le capot. Il s'agissait de malades et de blessés légers en pyjamas, qui étaient sortis d'eux-mêmes de l'infirmerie. Ils brandissaient et agitaient des drapeaux tricolores. Des sous-officiers sillonnaient la base en voitures civiles, avec des drapeaux à croix de Lorraine, en criant ' Vive De Gaulle !".

Autre fait marquant de ce mardi 25 avril 1961 Les bérêts verts de la légion étrangère rappliquent pour boucler le parking sur lequel nous nous trouvions. Les officiers furieux hurlaient leurs ordres en allemand. Parmi ces allemands, il y avait d'anciens S.S. Je revois encore ces pilotes de l'armée de l'air, regardant comme nous, la scène. Un capitaine pilote s'est écrié : " Nous sommes " faits aux pattes " , alors qu'en même temps les légionnaires, ces mercenaires se ruaient sur les pilotes, sans ménagements, à coups de crosses dans les côtes. Cela se passait à quelques pas de nous. Les carottes étaient déjà cuites pour les factieux.

Si ma mémoire ne me trahit pas, 
c'est le matin du mardi 25 avril 1961 que le lieutenant Merviel est revenu parmi nous. Il a rassemblé la compagnie sur la place du drapeau. Il venait faire ses adieux aux gus du CI. Visiblement très ému et fier de ses bleus , il nous a demandé s'il pouvait compter sur nous. " Que les volontaires sortent du rang en avançant d'un pas !". Toute la compagnie a avancé, à l'exception de l'extrèmiste de droite métropolitain. Le lieutenant Merviel avait les larmes aux yeux. Nous aussi. Il nous a remercié individuellement en passant dans les rangs pour serrer la main et dire quelques mots de sympathie à chacun d'entre nous. Lorsqu'il est arrivé près de moi, la main franchement tendue, j'ai vu dans ses yeux une intense émotion. Il m'a dit : " Toi aussi, petit Tourtaux, tu es volontaire "? Il a ajouté : " Nous nous reverrons". Je ne l'ai jamais revu.
Communiste, j'étais fiché. Il savait que j'étais marqué à l'encre rouge.
En contribuant à la mise en échec des généraux factieux, nous avons fait notre devoir, voilà tout. Ce fut la seule fois où je fus volontaire en Algérie.


Le mercredi 26 avril 1961 le C.I. étant terminé, c'est dans l'après-midi qu'avec une petite quinzaine de gus, je suis muté dans notre nouvelle affectation, l'ETR805, à Mouzaïaville.
Parmi les occupants du GMC, trois ou quatre pied-noirs qui ont soutenu les généraux factieux.
Mouzaïaville est située dans la Mitidja, près de Blida et des gorges de La Chiffa, un des hauts lieux de la Résistance algérienne à l'occupation coloniale française.
Notre GMC s'est arrêté à une intersection de routes pour laisser passer une importante colonne militaire qui n'était autre que le 1er REP (Régiment étranger parachutiste), fer de lance des séditieux. Les mercenaires du 1er REP qui étaient en fuite chantaient la chanson d'Edith Piaf " Non, rien de rien, non, je ne regrette rien " .


Lors du passage du dernier véhicule de cette troupe d'élite, fer de lance des généraux putschistes, les mercenaires au bérêt vert ont tiré plusieurs rafales de MAT49 dans notre direction. Personne ne fut touché dans le GMC .

Ainsi, les généraux félons Salan, Challe, Jouhaux et Zeller, des officiers de haut rang, parmi les plus décorés de l'armée française, ont tourné leurs armes contre la République qu'ils avaient pour mission de défendre. Des mercenaires légionnaires, portant l'uniforme de l'armée française ont tiré sur des soldats de conscription, portant aussi l'uniforme de l'armée française.

La Résistance des appelés du contingent au putsch et la mise en échec des généraux félons, en avril 1961, fut, me semble-t-il, la seule page glorieuse à mettre à l'actif de l'armée française lors de la Guerre d'Algérie. Nous en sommes fiers car nous n'avons pas à en rougir.


Mouzaïaville (Mitidja) : En fin d'après-midi du 26 avril 1961, arrivée à la Base Ecole de Transmissions, l'ETR805, à Mouzaïaville.

Les quelques appelés en provenance de Oued-Smar sont mis à l'écart. A l'appel de mon nom, un gradé m'a isolé des autres soldats puis emmené au bureau. L'accueil du gratte-papier fut glacial, il m'a dit : "tu es repéré comme communiste, t'as intérêt à ne pas faire le malin".
Je n'ai pas souvenance du nom du colonel commandant notre camp. C'était un pilote de chasse interdit de vol qui, le dimanche, allait à la BA140 de Blida pour y "empreinter" un avion de chasse T6. Le colonel aimait survoler notre camp au-dessus duquel il faisait plusieurs passages en "battant des ailes".
La S.P. (Section de Protection) était une des unités qui crapahutaient et exécutaient le plus de missions de l'Algérois, selon le journal de propagande de l'armée " Le Bled ".
Les stagiaires transmissions ne chômaient pas avec les corvées débiles et ingrates, le stage, les gardes, les embuscades, les patrouilles, les bouclages-ratissages, les gardes-fermes de nuit, la Section d'Intervention Rapide (SIR)ensuite le peloton obligatoire, etc...
L'insécurité était permanente à Mouzaïaville. Des gus pas rassurés partaient en patrouille la MAT49 armée. A plusieurs reprises, des rafales sont parties, semant la panique au sein des patrouilles. Par chance, pas de blessés à déplorer mais la répression était terrible contre les fautifs.
Des sous-officiers de carrière cherchaient à choper l'arme de bidasses de garde endormis pendant leur faction dans le mirador.
Lors des multiples sorties où je ne voulais pas tuer de pauvres gens, j'ai toujours eu la baraka. Je redoutais surtout la SIR où nous allions en renfort à la S.P., l'équivalent à Mouzaïa d'un commando de chasse, une section de tueurs, ais-je appris des années après.
Lors des gardes-fermes uniquement de nuit, nous n'étions que sept soldats avec un FM à la ferme Féréol, une ordure qui n'aimais pas les appelés, qui a failli me faire retourner chez BIRR, à Oued-Smar parce que j'avais pris une noix sur l'arbre. Cette ordure aurait été butée par l'ALN.
Nous n'étions que trois pauvres bougres à la ferme Cleyne, ce pied-noir nous fichait la paix.
Les fermes étaient souvent harcelées mais on ne tirait jamais la fusée rouge pour que la S.P sorte et risque de tomber en embuscade. Par contre, très souvent, dans les fermes alentours gardées par des biffins, beaucoup plus nombreux que nous dans les fermes, les gars lançaient la fusée rouge faisant courir le risque à d'autres soldats d'être pris en embuscade.
Dans ce secteur chaud où l'ALN était très active, il n'y avait pas de planqués à l'ETR805. Il n'y avait pas assez de bonhommes, d'où la fréquence rapprochée des sorties et garde-fermes qui revenaient au mieux tous les trois jours.
A Mouzaïa, lorsqu'un gars de la S.P. passait libérable, c'est-à dire à 100 jours de la "quille", systématiquement, il refusait de sortir en mission. Ces gars qui avaient de longs mois durant crapahuté, ne voulaient pas se faire tuer à si peu " au jus ".
A Mouzaïa, on crevait de faim; à cela s'ajoutait la dysenterie amibienne. Nous ne prétions pas attention à tout et nous ne pouvions pas savoir que certains dimanches rares où nous avions de la viande, que l'on croyait être du lapin, c'était du chat. En fait, étaient abattus les chats non vaccinés, errants dans le camp, et on nous les donnait à bouffer en guise de viande. C'est un copain paysan qui avait un bout de queue dans son plateau qui a deviné qu'on nous faisait grailler du chat. Ce jour-là, on a tous failli bouffer.


Dans ce secteur, quasiment tous les jours, ça accrochait dans les gorges de La Chiffa, confirmé par mon camarade Henri Alleg, dans son ouvrage, " Prisonniers de guerre ", page 17.

Près de notre camp, il y avait un sinistre et miséreux Camp de regroupement.

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

Il y a 60 ans, un putsch de généraux pour l'"Algérie française"

Il y a 60 ans, un putsch de généraux pour l'"Algérie française"© AFP/Archives/STF

Source AFP Publié le 19/04/2021 à 11h31

Dans la nuit du 21 au 22 avril 1961, quatre généraux français opposés à l'indépendance de l' Algérie font sédition et s'emparent d'Alger avec des légionnaires et parachutistes, défiant le général de Gaulle au pouvoir.

Le putsch des généraux Maurice Challe, Edmond Jouhaud, André Zeller, en liaison avec le général Raoul Salan qui les rejoint le 23 depuis l' Espagne, sera bref, à peine cinq jours, et il échouera.

L'histoire est en effet en marche: le 16 septembre 1959 de Gaulle a admis le droit des Algériens à l'autodétermination et, le 8 janvier 1961, les Français ont voté à 75 % en sa faveur lors d'un référendum ouvrant la voie à l'indépendance du pays colonisé par la France.

Pour une partie des cadres de l'armée française, déjà humiliés par la défaite en Indochine, c'est une trahison insupportable du pouvoir, incarnée par le général de Gaulle devenu président de la République, et qui vient d'évoquer, le 11 avril, un “Etat souverain” en Algérie.

Les quatre putschistes ne seront pas seuls, d'autres généraux au rang moins prestigieux les suivront, mais sans un basculement total de la haute hiérarchie militaire et sans les soldats de l'armée de conscription.

Garder l'Algérie”

Dans la nuit du 21 au 22 avril, le 1er régiment de parachutistes du commandant de Saint-Marc, cantonné à Zeralda, fait route sur Alger et investit le Palais d'été où siègent la Délégation Générale, les bâtiments officiels, la radio et les centraux téléphoniques et télégraphiques. Le centre d'Alger est quadrillé de chicanes.

Le délégué Général du gouvernement, Jean Morin, et le ministre des Travaux publics, Robert Buron sont arrêtés ainsi que le Général Fernand Gambiez, commandant en chef des troupes en Algérie, qui tentait de regagner son PC.

Le 22 au matin, l'AFP, dont les journalistes à Alger ont au petit jour été empêchés de travailler par les putschistes, annonce l'état de siège, puis, d'après un communiqué diffusé sur Radio Alger, que "l'armée a pris le pouvoir en Algérie et au Sahara".

L'Agence relaie une déclaration du ministère de l'Information : "L'indiscipline de certains chefs et de certaines troupes a abouti ce matin à Alger à placer les pouvoirs civils et militaires dans l'impossibilité d'exercer leur commandement. La situation dans le reste de l'Algérie est calme. Le gouvernement a pris cette nuit les mesures nécessaires, qui seront publiées dans le courant de la journée".

A Alger, le général Challe lance un appel : "L'armée s'est assurée le contrôle du territoire saharo-algérien. L'opération s'est déroulée conformément au plan prévu. Je suis à Alger avec les généraux Zeller et Jouhaud, en liaison avec le général Salan, pour tenir notre serment : garder l'Algérie."

Le général Zeller décrète l'état de siège "sur l'étendue des 13 départements français d'Afrique" tandis que le général Pierre-Marie Bigot, commandant la 5e région, se place sous les ordres du général Challe. Dans l'après-midi, Radio-Alger annonce qu'Oran est aux mains des insurgés.

“Un quarteron de généraux”

A Paris, un conseil des ministres exceptionnel proclame l'état d'urgence.

Mais déjà en Algérie les premières défections apparaissent du côté de l'armée. A Mers-el-Kébir, la Marine refuse de suivre la sédition. Les généraux de Pouilly et Gouraud, commandants militaires d'Oranie et du Constantinois, repoussent l'ultimatum des putschistes. Gouraud se ralliera finalement le lendemain.

Le 23 avril à 20H00, Charles de Gaulle, en uniforme, lance sur les ondes sa célèbre condamnation du “pronunciamiento” et moque un "quarteron des généraux en retraite", "groupe d'officiers partisans, ambitieux et fanatiques". "J'interdis à tout Français, et d'abord à tout soldat, d'exécuter aucun de leurs ordres", dit-il, déplorant d'un trois fois Hélas ! que le coup de force émane d'hommes "dont c'était le devoir, l'honneur, la raison d'être, de servir et d'obéir".

Il annonce la mise en oeuvre de l'article 16 de la Constitution qui lui donne les pleins pouvoirs.

Michel Debré, Premier ministre, intervient ensuite : "Des avions sont prêts à lancer ou à déposer des parachutistes sur divers aérodromes afin de préparer une prise de pouvoir" (...) "Dès que les sirènes retentiront, allez-y à pied ou en voiture, convaincre des soldats trompés de leur lourde erreur", demande-t-il.

La débandade

Le lendemain, Challe, Salan, Jouhaud, Zeller, les colonels Godard, Argoud, Broizat et Gardes sont destitués par Paris. En Algérie, dans le bled, les appelés multiplient les actes de résistance à la sédition : brouillage des communications, sabotage des véhicules et dépôts d'essence. Les gendarmes reprennent Alger.

Le 25 avril, les légionnaires du 1er REP se réfugient au camp de Zeralda qu'ils quitteront le 27, leur unité étant dissoute. Le gouvernement reprend la radio d'Alger. L'insurrection est terminée.

Deux des putschistes, Maurice Challe puis André Zeller, se constituent prisonniers. Edmond Jouhaud et Raoul Salan passent à la clandestinité pour prendre la tête de l'Organisation armée secrète (OAS).

Challe et Zeller seront condamnés à 15 années de détention. Jouhaud et Salan, condamnés à mort par contumace, verront leur peine commuée en détention à vie en 1962 par le général de Gaulle. Ils seront tous amnistiés en 1968, six ans après l'indépendance de l'Algérie.

19/04/2021 11:30:19 - Paris (AFP) - © 2021 AFP

https://www.lepoint.fr/societe/il-y-a-60-ans-un-putsch-de-generaux-pour-l-algerie-francaise-19-04-2021-2422828_23.

Dans ALGERIE

LES MISSILES IRANIENS EN ALGERIE?

Par Le 16/03/2021

Et si les Su-34 E se faisaient remplacer par Fateh-110?

Tuesday, 16 March 2021 7:30 PM  [ Last Update: Tuesday, 16 March 2021 7:34 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Lancement d'un missile Fateh-110. ©Tasnim

Auparavant, il était supposé que ce pays d’Afrique du Nord recevrait environ 20 chasseurs-bombardiers, cependant, le Service fédéral de coopération militaro-technique a noté que la production de chasseurs Su-34 pour les besoins de l’armée de l’air algérienne a été suspendue.

Le Service fédéral de coopération militaro-technique n’a pas commenté non plus les informations précédemment rapportées selon lesquelles l’Algérie aurait commandé des chasseurs Su-57.

En effet, les Su-34E, bombardiers possédant des capacités d’autodéfense équivalentes aux meilleurs chasseurs, gardent même chargé un rayon d’action allant jusqu’à 1 000 kilomètres sans ravitaillement aérien. Il s’agit d’appareils qui ont la capacité de transporter jusqu’à 12 tonnes de bombes, missiles et roquettes avec de multiples configurations de combat ».

Double coup signé Algérie-Russie!

Double coup signé Algérie-Russie !

A quoi rime une opération sous-marine pro Algérie de Moscou conjuguée à la vente de Su-34E 

Le fait de vouloir se doter de ces bombardiers à longue portée renvoie à la doctrine militaire algérienne basée sur des bombardements massifs, doctrine qui par les temps qui courent a tout lieu d’être soutenue et développée les Otaniens et Israël ayant quasi-encerclés le pays via de multiples bases aériennes implantées en Libye au Sahel et au Maroc. Mais le refus probable de la Russie de fournir a l’Algérie des bombardiers à longue portée, quel qu’en soit la raison devrait pousser les responsables du secteur à amender leur doctrine aérienne, soutient un expert arguant qu’en cas de conflit des frappes aéronavales de l’ennemi demandent a être repoussés par une forte DCA, ce qui risque de pousser l’Algérie dans une posture défensive. C’est le cas de la Syrie où l’aviation n’a pas suffi à repousser les frappes israéliennes et où la DCA n’a toujours pas été à même de neutraliser les rais au missile sioniste, souligne l’expert. Alors que faire ? « Développer le secteur balistique. L’Iran pourrait servir d’exemple. Les missiles balistiques de précision que l’Iran teste avec succès et qui parvenus aux alliés de l’Iran font en ce moment tabac au Yémen devraient donner bien à reflechir aux Algériens en termes d’effets de dissuasion. Fateh-313 tout comme Qiam ont été de loin les missiles balistiques de précision qui ont mis au pas l’armée US dans sa propre base à Aïn al-Asad. Et ce ne sera pas l’Iran qui dirait non à l’Algérie, bastion de l’anti sionisme au Maghreb, ajoute le spécialiste. 

Ainsi, rappelant que l’Algérie a toujours misé sur le développement d’une importante capacité de bombardement, “conformément à sa doctrine militaire et contrairement à la Tunisie et au Maroc par exemple”, M.Kharief informe que dans l’optique d’“équiper ces aéronefs de missiles supersoniques antinavires, avec le Yakhont russe ou le Brahmos russo-indien, les Su-34E algériens auront la capacité de couvrir à une bonne distance de sécurité toute la Méditerranée occidentale et une partie de l’orientale, avec peu d’équivalents ailleurs”. “Cela remettra en cause les équilibres”, estime-t-il.

Les missiles Yakhont ou Brahmos permettent d’attaquer une cible au-delà de l’horizon tout en étant capables de choisir parmi de nombreux types de trajectoires de vol (haute ou basse altitude, ou un mélange des deux). Ils sont également très résistants aux contre-mesures électroniques. Ils sont supersoniques durant toutes les phases du vol, ne laissant pas le temps à la cible de se défendre. De plus, ils peuvent être tirés depuis la terre ferme, les airs, la surface de la mer ou encore depuis un sous-marin. Enfin, une version hypersonique Brahmos-II est en cours de développement. La Russie a confirmé mardi l’exclusion de l’Algérie du programme d’avions Su-34.

https://french.presstv.com/Detail/2021/03/16/647423/Russie-Alg%C3%A9rie-Su-35-Su-57

Dans ALGERIE

1871 : EN ALGERIE, LES COMBATS DIVERGENTS DES INSURGES ALGERIENS ET DES COMMUNARDS

Par Le 16/03/2021

16 Mars 2021

Publié par Saoudi Abdelaziz

1871. EN Algérie, les combats divergents des Insurgés algériens et des Communards

Il y a 150 ans, le 16 mars 1871 s'engageait l'insurrection algérienne. Deux jours plus tard, le 18 mars, c'est la Commune de Paris qui était proclamée. Analysant l'extension de l'insurrection communarde parisienne à Alger, Oran et Constantine,  l'historien  Quentin Deluermoz note dans El Watan : "Le mouvement algérois est «coloniste», c’est-à-dire qu’il prône l’assimilation de la colonie et l’accaparement des terres". Il résume : "insurgés colons et algériens sont plus en opposition qu’en communion dans le combat. Là où il y a rencontre, c’est surtout en Nouvelle Calédonie en déportation où les principaux chefs sont envoyés après le procès de Constantine."

 

Quentin Deluermoz, historien : «1871 : la plus grande insurrection de l’histoire de l’Algérie coloniale»

Il y a exactement juste 150 ans, le 16 mars 1871, l’Est algérien entrait en insurrection contre la puissance coloniale. A Paris, la République naissante noyautée par les royalistes était contestée par les radicaux qui proclamaient le 18 mars 1871 la «Commune de Paris», massacrée lors de la semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871.

Dans le livre Commune(s) 1870-1871 (Seuil), Quentin Deluermoz, dresse un tableau de bord novateur de cet événement sur les deux rives. Avec pour sous-titre Une traversée des mondes au XIXe siècle, l’historien dépasse le cadre parisien. De la rue Julien-Lacroix aux concessions de Shanghai en passant par l’insurrection «kabyle», la Croix-Rousse à Lyon ou la République des cultivateurs aux Caraïbes, le livre propose une histoire à différentes échelles, du local au global, en décrivant des interconnexions multiples. Une bonne partie est consacrée à la partie algérienne. «C’est un sujet très important qui est devenu finalement un axe fort de l’ouvrage», nous explique le chercheur qui a bien voulu déblayer un sujet dont les études n’ont pas fini de dégager tous les aspects.

Propos recueillis par Walid Mebarek, 16 mars 2021

En ce 150e anniversaire, en quoi le rappel de l’histoire de la «Commune de Paris» est-il utile, en France et dans le monde ?

Quentin Deluermoz. Cet événement continue de faire signification pour de nombreux acteurs et groupes, politiques ou des groupes au sens plus large. Pour le 140e anniversaire, en 2011, il n’y a rien eu sur la Commune de Paris. L’idée qui se développait, c’est que cet événement historique était devenu un peu comme froid, parce qu’il était lié à l’expérience communiste du XXe siècle et, qu’avec la chute du bloc soviétique et de l’Europe communiste, la charge symbolique s’était un peu effondrée. En réalité, ce qu’on observe depuis dix ans, c’est que l’objet s’est un peu réchauffé et qu’il est remobilisé dans de nombreuses luttes actuelles.

Votre question est appropriée de poser ce thème en France et à travers le monde car on a vu la «Commune» utilisée par les Gilets jaunes. Elle l’était aussi dans le mouvement d’occupation des places comme Occupy Oakland Commune, également en Espagne au Mexique avec la grève des instituteurs en 2006… Ce qui est intéressant, c’est que dans cette nouvelle configuration, la Commune ne renvoie plus comme dans les années 1970 à des questions de luttes des classes ou de révoltes urbaines, mais beaucoup plus à la souveraineté populaire réclamée par le bas et des territoires autonomes et alternatifs. Elle fait écho à tous ces mouvements sans leader comme le hirak algérien qui demande des rapports de pouvoirs plus horizontaux. La résurgence de la Commune fait sens dans ces combats là. Il n’y a pas de République démocratique et sociale si on ne change pas l’ordre des rapports sociaux.

Comment l’aspiration «communaliste» s’est jouée en Algérie et par quelles parties de la population coloniale a été porté le mouvement à Alger et dans d’autres villes algériennes ?

En Algérie, la plus importante manifestation de la Commune s’est déroulée à Alger. Elle débute bien avant Paris. L’insurrection commence en effet dès septembre. On a le même décalage à Lyon et Marseille. A Alger, Constantine et Oran, les mouvements se déploient dès la chute de l’Empire le 2 septembre 1870 et la proclamation de la République le 4 septembre. En utilisant le terme «commune», la référence rappelle un imaginaire de la Révolution française avec le Commune de 1793. Ces mouvements sont marqués par un fort républicanisme municipal. La figure qui s’impose est Romuald Vuillermoz. Ces mouvements sont menés surtout par les déportés de la répression de la Révolution de 1848, ceux du coup d’Etat napoléonien du 2 décembre 1851 et en 1858 après l’attentat d’Orsini. Ce sont des républicains français installés en Algérie malgré eux.

Est-ce que ce mouvement prend dans la population laborieuse algéroise ?

C’est à vérifier. Cela manque dans mon enquête. Ce que j’ai trouvé dans les archives c’est que le mouvement déborde le cadre de ceux qui l’initient. Les ouvriers de chantiers sont frappés par la crise économique. Les autorités municipales issues de cette commune organisent des aides sociales mais cela reste à étudier de plus près. Lorsque la commune de Paris se déclenche en mars 1871, le mouvement communaliste s’accélère et Alger s’y reconnaît et envoie une lettre d’adhésion publiée dans le Journal officiel de la commune. Un des chefs, Alexandre Lambert, qui se trouve en France à ce moment-là, sera promu délégué de l’Algérie à Paris.

Dans les revendications portées par les insurgés «français» d’Algérie, la question de l’injustice coloniale est-elle à l’ordre du jour ?

Pas dans le sens où on l’attendrait. Les insurgés algérois, liés à ceux de Constantine et d’Oran en fédération, s’opposent à la métropole sur la base d’une revendication d’autonomie très grande. C’est pourquoi dans mon livre j’ai parlé de «Commune coloniale» parce qu’on a un mouvement insurrectionnel qui reconnaît la sujétion à la France mais souhaite plus d’autonomie. La question des Algériens autochtones n’est pas à l’ordre du jour. Les populations colonisées sont oubliées. Cela montre les limites de l’universalisme républicain, fort à Paris, alors qu’à Alger on néglige l’essentiel des habitants. Le mouvement algérois est «coloniste», c’est-à-dire qu’il prône l’assimilation de la colonie et l’accaparement des terres contre laquelle les Algériens étaient méfiants. Cependant, j’ai découvert que certaines allocutions se faisaient en arabe.

L’insurrection des tribus de l’Est algérien, dont la date-clé est le 16 mars 1871 avant de s’étaler sur plusieurs mois, a des ressorts propres mais les recherches historiques ont-elles pu établir un lien entre le soulèvement de cette frange de la population coloniale et les Algériens ?

Il y a un lien, là encore pas dans le sens là où on l’attend. D’abord pour la guerre franco-prussienne Napoléon III a envoyé les troupes de l’«Armée d’Afrique» en métropole et du coup il y a une forte décrue de la présence militaire dans la colonie algérienne. Ce qui va faciliter le déploiement de l’insurrection dite kabyle qui n’ignore pas la faiblesse française. Et deuxièmement, comme les «Communes» d’Alger, Constantine et Oran sont très colonistes, les populations algériennes redoutent le message ; on le voit dans les échanges de courriers entre les tribus interceptés par l’armée et traduits. La phrase qui revient est «le civil va arriver», donc l’accaparement des terres va progresser.

Avec la fin des bureaux arabes ?

Exactement ! Enfin, dernier point, comme les «communards» sont anti-militaires, et ils gênent les capacités des militaires français sur place. Un autre aspect que vous avez posé dans votre question, c’est les «ressorts propres» de l’insurrection algérienne. C’est tout un autre champ de la recherche historique à désenclaver. Sortir du face à face entre France et Algérie. L’insurrection algérienne est fascinante à étudier. Au lieu d’y voir une révolte d’arriérés, comme l’ont fait les colons français, au contraire on est dans des dynamiques extra-européennes qui rentrent par exemple dans le renouveau du monde musulman au XIXe siècle, notamment avec l’entrée en scène de la Rahmaniyya.

En quoi ont consisté les relations entre insurgés algériens et français en Algérie ou en France ?

Louise Michel en parle un peu. Ce qui est sûr c’est que les troupes algériennes sont engagées dans la guerre franco-prusse. Que certains désertent ou se retrouvent avec les insurgés parisiens, ce n’est pas impossible. Il y a des traces dans les archives mais là aussi c’est un domaine à étudier.

Les archives permettent-elles de considérer une esquisse de formation révolutionnaire des Algériens à ce contact, particulièrement parmi les déportés de la Commune qui rencontrent ceux de l’insurrection algérienne ?

Elle ne se fait pas en Algérie puisque insurgés colons et algériens sont plus en opposition qu’en communion dans le combat. Là où il y a rencontre, c’est surtout en Nouvelle Calédonie en déportation où les principaux chefs sont envoyés après le procès de Constantine. Ils sont 120 à peu près. Il y a des amitiés qui se lient avec les communards parisiens et des contacts. Par exemple Rochefort, au retour à Paris va se battre pour que le gouvernement prononce l’amnistie des condamnés et des déportés algériens du Pacifique.

La puissance du mouvement d’émancipation des tribus est suivie d’une répression féroce coloniale extrême contre les Algériens en 1871-1872 et après. Avec le recul, cette violence algérienne contre l’occupant et la dépossession qui s’en suit peuvent-elles être considérées, non pas seulement comme une simple résistance à l’envahisseur, comme c’était le cas de 1830 à 1860, mais comme le premier acte du combat pour l’indépendance ?

Ce qui est sûr c’est que la répression est terrible avec 500 000 hectares de terres spoliés. On estime que 70% du capital des tribus a été ponctionné avec une volonté explicite de détruire l’organisation des tribus, affecter en profondeur l’environnement et la structure sociale antérieure. De fait la colonisation s’accentue. Il y a un basculement et un choc pour les populations «indigènes».

Avec peut-être, dès lors, cette idée que la révolte a été si forte qu’il est possible de recommencer, comme le chantent les poèmes transmis par la tradition orale…

Il y a, il est vrai, une mémoire. Mais dire que c’est un premier acte de la lutte pour l’indépendance, c’est un débat ouvert dans l’historiographie algérienne. On manque de travaux. Cette piste d’un patriotisme rural est à creuser. Mais lorsque le nationalisme se révèle au début du XXe siècle, il y a une relecture de cet événement comme étant un moment fondateur. C’est la plus grande insurrection de l’histoire de l’Algérie coloniale au XIXe siècle. 1871, c’est 800 000 personnes impliqués dans les combats côté algérien.

N’y a-t-il pas un parallèle entre la déconsidération des communards français réprimés dans le sang comme des ennemis et des moins que rien et la destruction par le glaive et la famine de milliers d’Algériens ravalés à l’état de non-humains ?

C’est la même armée qui réprime en France puis en Algérie après avoir détruit la «Commune» à Paris, Lyon et Marseille. Par ailleurs, on a utilisé la même loi du 23 mars 1872 qui a été utilisée pour condamner les communards au procès de Paris et les insurgés à Constantine d’Algérie. La vocation est de rejeter toute aspiration politique à la révolte et d’en faire un acte criminel et antisocial.

Cela explique-t-il la main lourde contre un ennemi auquel on dénie toute humanité?

Ce sont des tueries menées par des armées de mieux en mieux organisées mais il y a une différence entre Paris et l’Algérie : en France on veut sauvegarder le tissu économique alors qu’en Algérie il y a une volonté de détruire. La différence de répression ne joue pas dans l’animalisation de l’ennemi qui est la même pour ces «moins que rien», mais l’impact humain est plus lourd en Algérie.

Source : El Watan

https://www.algerieinfos-saoudi.com/2021/03/1871.les-combats-divergents-des-insurges-algeriens-et-des-communards.html?utm_campaign=_ob_pushmail&utm_medium=_ob_notification&utm_source=_ob_email

Dans ALGERIE

EN MARGE DU RAPPORT STORA : LITTERATURE, HISTOIRE ET DEPENDANCE NEOCOLONIALE

Par Le 09/03/2021

En marge du rapport Stora : Littérature, Histoire et dépendance néocoloniale

En marge du rapport Stora : Littérature, Histoire et dépendance néocoloniale

FacebookTwitterEmailPrint

 Contribution| 04 Mars 2021 | 15:48

Par Abdellali MERDACI

Le rapport de Benjamin Stora au président Macron sur « les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie » comporte une série de préconisations sur la réception de l’histoire coloniale et un volet culturel assez étriqué pour mériter d’amples débats. La littérature en est absente, parce qu’elle n’est pas ressentie comme un phénomène conflictuel. Entre la France et l’Algérie littéraires, il n’y a pas un conflit nommable mais une pernicieuse situation de domination néocoloniale, suffisamment enracinée. 

S’il évoque quelques noms (Jean Pélégri, Emmanuel Roblès, Marie Cardinal, Alain Vircondelet et André Rossfelder, pp. 37-38) et quelques titres de la littérature française sur le thème très proche de l’Algérie coloniale (ainsi « Les Chevaux du soleil » [1968-1975] de Jules Roy et « Fort Saganne » [1980] de Louis Gardel), Stora se contente d’une notation lapidaire pour solder un passif littéraire colonial qui fut contraignant : « (…) la figure de l’ancien colonisé est rarement présente, presque comme des étrangers sur leur sol natal » (p. 74). Bien avant « L’Étranger » (1942) d’Albert Camus, texte typique de cette éviction de l’Indigène, il y a la littérature coloniale des Européens d’Algérie dans sa signalée radicalité qui l’a précédé, dont l’École d’Alger, à laquelle il a appartenu, achève le cycle : du pittoresque Cagayous, inventé par Musette, rugissant les clameurs d’une époque raciste et antisémite, à Louis Bertrand, sur les traces de Stéphane Gsell et d’une Algérie résolument latine, Robert Randau, vague adepte de Jules Ferry, pratiquant un paternalisme honteux envers la « race soumise », et Charles Courtin (« La Brousse qui mangea l’homme », 1925), opérant une géographie ségrégationniste des espaces dévolus aux communautés de la colonie, et leurs nombreux épigones. Si l’occupation française de l’Algérie a été une affaire de militaires, de gendarmes et de policiers, la littérature qu’en ont donnée les colons européens a été à la mesure d’un encadrement sans faille du mythe colonial, tout en s’érigeant en lieu de toutes les exclusions. Signe symptomatique de cette séparation, l’Algérie coloniale créait pour les Européens et les Indigènes deux sections du Grand Prix littéraire de l’Algérie, financé par le gouvernement général. On ne mélangeait ni les populations ni leurs littératures.

S’il accorde une soigneuse attention au cinéma largement référencié dans son argumentaire, Benjamin Stora s’en remet au cinéaste Lucas Belvaux, adaptant le roman de Laurent Mauvignier « Des Hommes » (Paris, Minuit, 2009), pour marquer l’importance de la fictionnalité dans la construction des imaginaires des groupes sociaux, dans ce qui forge leur rapport à l’Histoire vraie : « La fiction permet de mélanger l’Histoire collective et les histoires individuelles. Raconter des histoires individuelles, même si elles sont fictives, permet de multiplier les points de vue sur l’Histoire. Parce que la fiction a besoin de confrontations, de regards opposés, de dialectique pour intéresser et cette multiplication de points de vue permet au spectateur (ou au lecteur) d’élargir son horizon, de se faire sa propre idée. L’autre intérêt de la fiction, c’est de pouvoir raconter l’intime, l’explorer, fouiller la matière sombre, enfouie de chaque individu et, qui, parfois, permet de comprendre l’inexplicable » (p. 71). 

Affirmation de principe. Toutefois, Benjamin Stora ne s’exprime pas sur ce que peuvent dévoiler la littérature et les arts algériens des blessures de la guerre, de leur guerre, puisqu’ils lui demeurent opaques. Alors que les récits de Français sur la guerre d’Algérie, sur leur guerre d’Algérie, abondent, la fiction littéraire, nécessairement algérienne, est simplement évacuée dans la réflexion de l’historien de l’Algérie contemporaine. Si le chargé de mission du président français devait confronter les imaginaires français et algérien de la Guerre d’Indépendance (1954-1962) dans l’édition française, il aurait recensé des dizaines d’ouvrages français, tous genres confondus, face au seul roman « L’Opium et le bâton » (Paris, Plon, 1965) de Mouloud Mammeri, adapté au cinéma par Ahmed Rachedi, en 1971. Il mentionne, certes, en exergue de son rapport un texte de Mouloud Feraoun, extrait de son « Journal, 1955-1962 » (Paris, Seuil, 1962) et pour le premier chapitre de sa réflexion un texte équivoque – on y reviendra – de Kateb Yacine sur les « Ancêtres », mais il manque dans son propre pays de l’appui d’un récit algérien de la guerre, qui n’a plus droit de cité en France. Il est clair, après l’indépendance de l’Algérie, que les créations littéraires d’Algériens sur la guerre de libération nationale, lointainement imagée dans les romans publiés à Paris de Malek Haddad (1958, 1960, 1961), Mohammed Dib (1959, 1962), Mourad Bourboune (1962), Assia Djebar (1962 ; exceptionnellement et tardivement en 1967), n’entraient plus dans la perspective de l’édition française. Le regard algérien sur la Guerre d’Indépendance a été particulièrement barré : cela ne sera pas sans effets néfastes. Dans le même temps, les Algériens étaient dépossédés de l’écriture de leur histoire littéraire, qui va échoir à des Français, un curé défroqué (sans aucun titre universitaire), aide-bibliothécaire au Centre diocésain d’Alger, et un coopérant tout juste licencié en lettres, enseignant d’ancien français, qui en assureront un long règne et une évidente charge politico-idéologique. 

Dans les années 1960-1970, le thème de la guerre était abondamment stigmatisé et isolé dans ce qu’un universitaire français regroupait sous le vocable, volontairement péjoratif, de « romans de la SNED », du nom de l’unique éditeur algérien. Ces spécialisations éditoriales, d’un côté, le récit de la guerre en Algérie, de l’autre, la description, souvent critique, de la société algérienne confrontée aux premiers déchirements de l’indépendance, en France, engageaient une spécifique rupture entre ce qui pouvait s’écrire par des Algériens dans un pays et dans l’autre. La thèse « un pays, deux littératures » que j’ai exposé dans plusieurs contributions, mise en œuvre par l’Université, l’édition et les médias français, s’inscrivait dans la durée. Elle est la raison d’une nette scission dans la littérature des Algériens, qui perdure et retarde l’avènement d’une littérature nationale unie et autonome. Si l’Algérie, sortant du joug colonial français au gré de sacrifices humains, n’est pas formellement dominée politiquement par la France, sa littérature le reste pleinement.  

Une domination littéraire française 

Ce dualisme littéraire algérien, confirmé à l’indépendance, prolonge une séparation coloniale. À l’opposition « Littérature coloniale VS Littérature indigène » succède l’opposition « Littérature éditée en France VS Littérature éditée en Algérie ». Comme hier, la littérature indigène de la colonie, la littérature algérienne éditée en Algérie est une littérature dominée, écrasée par le double encerclement de l’institution littéraire française et de ses auteurs algériens (ces navrants « Arabes de service », selon la formule célèbre de Malek Haddad). Expression d’un pays indépendant, la littérature des Algériens,  spécialement celle qui est écrite en français, est considérée à Paris comme une périphérie de la littérature nationale française. Dans nombre de manuels scolaires et de traités d’histoire littéraire français édités dans les années 1960-1970, dont certains continuent à circuler dans les écoles et les universités, les auteurs algériens de langue française de la période coloniale sont recensés au crédit de la littérature française. Et, bien des décennies après, ce phénomène d’accaparement ne s’est pas tari : lors d’un colloque dans un pays nordique, en 2016, ce sont Boualem Sansal et Kamal Daoud (qui n’était pas encore naturalisé français), censément Algériens, qui représentaient la France littéraire et débattaient en son nom. De la colonie française à l’État algérien indépendant et souverain, rien n’aura donc changé.

Cette francisation des écrivains algériens, précédant leur naturalisation, agie en toute conscience par les éditeurs, est admise par le champ littéraire français, vindicativement assimilateur. Si la France sait attirer de potentiels écrivains algériens, qu’elle naturalise sans délai, il est tout autant vrai que la liberté de choix d’un pays, d’une nationalité, doit être reconnue à tous. Le problème qui est posé ici est celui de l’indispensable loyauté des auteurs français d’origine algérienne envers le pays – et la littérature – qu’ils ont quitté. Ce qui est insupportable, c’est que tel ou tel écrivain, Français par choix personnel, puisse encore parler de l’Algérie, rabaisser son peuple et son histoire, tout en prétendant en être le représentant qualifié. Moralement, intolérable : lorsqu’on a consciemment tourné le dos au pays de « Quassaman » et du 1er-Novembre, il est odieux de prétendre en parler et, surtout, parler en son nom.

De même, la loyauté de la France littéraire envers la littérature d’un pays dont elle devrait accepter l’indépendance et l’autonomie littéraire, n’est pas acquise. Il n’y a pas, il n’y a jamais eu, entre la France et l’Algérie littéraires, une reconnaissance mutuelle qui garantirait une saine égalité et des échanges apaisés. Depuis les années 1950, les écrivains algériens reçus en France sont spécialement ceux qui sont adoubés par le champ littéraire français et ses indécrottables gourous et agents de lobbies divers dont celui, désormais très influent, du sionisme international. Un écrivain algéro-algérien, écrivant en Algérie et publiant en Algérie, nonobstant son savoir-faire, n’a pas, à l’instar de tous les écrivains du monde, sa place en France. L’édition française serait en mal d’aligner un seul contrat d’achat de droits d’une œuvre algérienne intégrale. Lorsqu’un auteur ou une œuvre l’intéresse, elle les prend dans un insensé piratage. En cinquante-neuf années d’indépendance, l’institution littéraire française et ses différences ordres de l’édition, de l’École, de l’Université, des Académies, de la critique spécialisée, ignorent la littérature nationale algérienne dans ses différentes langues (arabe, tamazight, français) : aucun auteur de langues arabe ou tamazight, issu de l’édition algérienne, n’a été traduit et diffusé par l’édition française au moment où les écrivains de langue française (il s’en trouve de plus grande qualité que les têtes d’affiche actuelles de l’édition française) et leurs œuvres sont rejetés. Viendra-t-il le temps où l’édition parisienne acquerra auprès des éditeurs nationaux des œuvres d’authentiques auteurs algériens, comme elle le fait avec plusieurs pays de tous les continents, sans recourir à des cadres de soumissions abjects et répulsifs ?

Le système de domination que des capitales de la littérature mondiale, ainsi Londres et Paris, imposent à plusieurs pays anciennement colonisés, les accule politiquement et littérairement à une infinie dépendance. S’il est établi qu’un écrivain russe, chinois, américain, allemand, italien, n’attend rien de ces puissances littéraires impériales, un écrivain de langue française du continent africain n’a aucune chance de se faire connaître hors de son territoire sans  s’agenouiller devant la France. Jusqu’à quel point Alain Mabanckou, Léonora Miano, Fatou Diome, Abd Al Malik, Calixte Beyala et le groupe des « négropolitains » – et même la « décoloniale » Rokhaya Diallo – expurgeant de leur profil leur nationalité d’origine, devenus Français, expriment-ils leur pays de naissance abandonné ? Ces auteurs du Congo, du Mali, du Cameroun, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et des anciennes entités de l’Afrique équatoriale et occidentale française, constituent une périphérie africaine de la littérature française. Il en va de même pour les auteurs venant d’Algérie, dénationalisés, animant une autre périphérie surpeuplée et remuante de la littérature française. Ces auteurs de l’Afrique subsaharienne et du Maghreb, Français, tourbillonnant dans le marais de la littérature française, sont artificieusement promus tuteurs de la littérature de leur pays d’origine. Exemple, plusieurs fois observé : en cas de besoin d’un écrivain dans une quelconque manifestation internationale, et par la volonté de l’institution littéraire française, relativement à l’Algérie, c’est le Français Anouar Benmalek (ou Salim Bachi ou un autre) ou, relativement au Congo, le Français Alain Mabanckou, qui parleront au nom de la littérature de pays (et même du continent !) avec lesquels ils n’ont plus aucune attache. Cette pesante mainmise de la France littéraire sur les littératures nationales de langue française subjuguées les confine dans un statut de littératures mineures, irrémédiablement mineures, dépouillées de leur destin, et les condamne, à terme, à disparaître. 

Une littérature de valetaille 

En France, dans le milieu littéraire, l’hypocrisie est de mise, insurmontable. Les spécialistes de la littérature française savent que la grande édition française, regroupée dans le Quartier latin, ne publierait pas la plus originale des œuvres littéraires, d’où qu’elle vienne, quel qu’en soit l’auteur, si elle n’en ressentait pas la singulière et pressante attente de son lectorat français. Ce lectorat symbolisé par le typique notaire de Carpentras, une cité du sud de la France, constitue une force économique indépassable : il est politiquement proche du Rassemblement national, historiquement marqué par son fourvoiement dans la collaboration pétainiste et son engagement pour l’Algérie française. C’est au nom de ce lectorat, et pour ne pas en troubler les fortes convictions, que l’éditeur germanopratin Gallimard a rompu les ponts avec l’écrivain anglais Martin Amis, refusant de publier son roman sur Auschwitz et la Shoah (« La Zone d’intérêt », 2014-2015, édité en seconde main par Calmann-Lévy). Car avant d’être une expression esthétique, l’œuvre littéraire est principalement une marchandise, et dans les antres germanopratins, la morale s’exerce dans une géométrie variable. C’est ce même éditeur parisien, autrefois collaborateur de l’occupant nazi, revendiquant une « direction aryenne », censurant la prose de Martin Amis, qui attend de publier les tracts rageusement antisémites de Louis-Ferdinand Céline, de l’or en barre. 

Concernant spécialement l’Algérie, l’édition française ne déroge pas à la règle sacrée de ne publier que des textes qui n’effarouchent pas son lectorat traditionnel et ne  froissent pas ses penchants idéologiques. En fait, une littérature de valetaille, saluée à Carpentras. L’Algérie a souffert, et souffre toujours, de ces écrivains algériens ou Français d’origine algérienne entrés dans les sillons dépravés de l’édition germanopratine et des ses ombreuses coulisses. Observons-en le résultat : la France littéraire (et, instinctivement, politique) a créé un Boualem Sansal, allié actif du sionisme international, dineur patenté du CRIF, piétinant les sépultures de martyrs palestiniens ; un Kamel Daoud, avorton littéraire lancé par Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut (avant son actuelle et momentanée disgrâce médiatique) et Pierre Assouline, puissant lobbyiste sioniste, allègrement naturalisé français, en quête présentement du « Français du futur », qu’il entend symboliser ; un Abdelkader Djemaï, Oranais de naissance, qui  persiste indignement à prêcher depuis Paris qu’un écrivain n’a ni nationalité ni frontières, prenant la suite dans cette revendication immonde défendue autrefois par l’académicienne française Assia Djebar (1936-2015) ; un Salim Bachi, aujourd’hui haut-fonctionnaire culturel français, qui se félicite d’avoir échappé à la tourbe algérienne ; un Anouar Benmalek, invétéré donneur de leçons aux Algériens, à la fois Suisse et Marocain, qui se vante d’entrer en Algérie et de narguer les Algériens avec son passeport français ;  enfin, pour ne pas allonger cette liste, un Slimane Benaïssa, utilement traité par les « services » français, traversant la Méditerranée, au mitan de la guerre islamiste des années 1990, dans une malle diplomatique de l’ambassade de France à Alger, pour se faire assurément Français, nommé par un gouvernement des frères Bouteflika commissaire du Festival international du théâtre de Bejaia et oublié, jusqu’à nos jours, dans cette sinécure. À l’exception de Sansal, qui attend une nationalité française octroyée par l’État français, qui ne s’en cache pas, tous ces écrivains sont français, résident en France et l’unique lien qu’ils ont avec l’Algérie est d’en faire un scandaleux commerce et de s’en proclamer comme les justes délégataires littéraires investis par la France. 

Ajoutons à ces scabreux profils d’auteurs que la France souhaite (et a toujours souhaité) imposer à l’Algérie et aux Algériens, le funambulesque Yasmina Khadra, impétueux athlète de la course aux honneurs français (il est en effet piquant qu’un ancien commandant de l’Armée nationale populaire, gardienne des valeurs de la Glorieuse Armée de libération nationale, soit décoré de la Légion d’honneur française et qu’il en attende la rosette de Grand Commandeur !) et aux prix littéraires, guerroyant récemment contre le crapuleux Français d’origine marocaine Tahar Ben Jelloun, qui a mis l’académie des frères Goncourt au service du roi de l’Ouest et les riads de Marrakech à la discrétion de ses jurés, qui lui ferme opiniâtrement les portes d’un prix littéraire, dorénavant fortement dévalué. Pathétique panade pour un prolifique et emprunté faiseur de commodes bluettes aux tirages pharamineux, facétieusement traîné dans le caniveau par le feuilletoniste littéraire du « Monde » Éric Chevillard pour son improbable français de fantassin zouave, agité de rugueux solécismes (« Yasmina Khadra écrit faux comme une casserole »). Mais pour l’historien et le critique de la littérature algérienne, Yasmina Khadra, écrivain algérien coursant avidement les honneurs de la France, qui n’est pas son pays, où il est un étranger, de surcroît ancien officier supérieur de l’Armée nationale populaire, est indéfendable. Il est patent que la gueuserie des harkas, inféodés à l’ordre colonial français, était une spécialité algérienne. Il en reste dans la littérature des Algériens de malheureuses survivances. 

Autre agacerie de l’édition française : Kamel Daoud a été vendu par son éditeur algérois au français Actes Sud (Arles) et payé en vile bimbeloterie, comme dans la traite négrière de jadis. Son bref opus « Meursault, contre-enquête » est récrit par l’éditeur arlésien sous le contrôle des ayants-droit d’Albert Camus, dont il a repris la trame de « L’Étranger », sans aucune considération pour un auteur abdiquant sa dignité de créateur libre. Mme Françoise Nyssen, achetant à Alger de la matière littéraire brute, en a fait un produit purement français, commercialisé en tant que tel dans le monde, sous les oripeaux hantés de l’écrivain pied-noir, prix Nobel de littérature 1957.

Voici, relativement à l’Algérie, ce que sait faire et à quoi se prête la France littéraire et, derrière elle, la France officielle.

Écriture de l’histoire coloniale et estampille française

Il est vrai que la France d’aujourd’hui a passé l’âge de sublimes penseurs et écrivains qui ont fait son renom. Accrochant, comme des marques de lessive, ses écrivains aux mâts-drapeaux publicitaires de Paris, elle est plus dans le spectacle que dans la littérature. Elle n’est plus une nation littéraire respectable. Car, elle n’envisage plus la littérature qu’à l’aune du bruit médiatique que savent répandre d’indélicats imposteurs, qu’elle campe en bretteurs d’opérette, qu’elle arme contre le pays d’origine qu’ils ont renié. C’est dans les colonnes d’un quotidien d’Alger qu’un membre de la harka littéraire, levée dans les soues de l’édition et des médias français, vient de déclarer que la nationalité algérienne est une terre violente et inhabitable. C’est aussi vrai que ce « Français du futur » a lancé un appel aux Algériens pour retourner à la France et à la nationalité française, qu’ils ont massivement répudiées le 1er juillet 1962. Ce petit soldat sans vergogne, à l’enseigne d’une « autre Algérie » vendue à la France, coutumier du buzz et des basses œuvres, adoubé à Paris par les porte-voix du sionisme international lorsqu’il martelait, en 2014, son indifférence aux Palestiniens et à Gaza sous un déluge de feu israélien, missionné de la France néocoloniale, sape la confiance des Algériens envers leur patrie et leur nation. 

La France de MM. Stora et Macron, songera-t-elle à en rameuter une foule d’épigones, qui fantasmeront, à la ressemblance du cinéaste français d’origine algérienne Lyès Salem, sur « une France de  Dunkerque à Tamanrasset » renaissant des décombres d’une décolonisation déchue ? Une des préconisations du rapport Stora y invite incidemment : « Favoriser la diffusion des travaux des historiens par la création d’une collection ‘‘franco-algérienne’’ dans une grande maison d’édition. Cela  afin de poser des bases communes aux mémoires particulières, de définir un cadre acceptable par tous, des deux côtés et de chaque côté de la Méditerranée » (p. 96). Une collection dédiée à l’histoire de la colonisation française de l’Algérie dans une grande maison d’édition parisienne, accueillant des historiens algériens ? Cependant, rien ne ressemble à un éditeur parisien qu’un éditeur parisien et à un notaire de Carpentras, un notaire de Carpentras : on sait de quoi ils sont capables dans le domaine de la fiction littéraire. 

Les expériences passées et récentes d’écrivains, d’artistes, de musiciens, de dramaturges, de cinéastes, de comédiens, d’universitaires, d’ingénieurs et de spécialistes des corps de santé, le soulignent, ces historiens algériens le resteront-ils longtemps sous les fourches caudines de leurs nouveaux garants ? Ne répondront-ils pas à leurs desiderata pour tenir le discours et incarner la posture qu’ils en attendent ? Immanquablement, Sansal, en première ligne, donne le ton : « Il n’a jamais été possible, après 1962, de nous approprier l’histoire du pays. Elle est la propriété exclusive du pouvoir FLN. On a été nourri de sa doxa, une histoire d’héroïsme et de vérités absolues, dès la maternelle » (« L’Obs », 28 janvier 2021). La cinéaste française d’origine algérienne Sofia Djama (39 ans et « Algérienne libre », semble-t-il) peut surenchérir  dans cette même publication : « On est très abîmés par le devoir de porter la mémoire de nos parents et grands-parents, qui ont lutté pour la libération […] On a été tellement soulés par le récit officiel… ». 

Rébellion juvénile lue dans le rapport Stora ? Pourquoi le chargé de mission du président Macron, citant  Kateb Yacine (p. 4), convoque-t-il cette curieuse thématique de l’impossible passé et de la quête des origines perdues des Keblout ? Précisément, ce malaisé et fragmenté ressouvenir des Anciens : « Ce sont des âmes d'ancêtres qui nous occupent, substituant leur drame éternisé à notre juvénile  attente, à notre patience d'orphelins ligotés à leur ombre de plus en plus pâle, cette ombre impossible à boire ou à déraciner, – l'ombre des pères, des juges, des guides que nous suivons à la trace, en dépit de notre chemin. » L’auteur de « Nedjma » (Paris, Seuil, 1956) ne manquait pas d’épiloguer sur l’échec d’une généalogie coupable d’avoir raté les rendez-vous de son histoire, d’avoir trahi sa propre histoire (« […] quatorze mâles, qui ont à cœur de s’illustrer en arrachant leur père au voisinage du chacal, du tigre, du lion » ; Cf. « Le Fondateur », « Les Lettres nouvelles » (Paris), n° 40, juillet-août 1956). Avant et après « Nedjma », la littérature de Kateb n’excluait pas le trauma des Ancêtres, notamment, pour le reprendre, « l’ombre » du « Fondateur », « en son maquis », de ses descendants recomposant la mythologie de la tribu dans le présent colonial. 

Les héros de la Guerre d’Indépendance sont aussi des fondateurs, semant dans leur pacte de sang et dans leur martyr une inaccoutumée espérance de liberté. Ils n’ont pas failli. Mais ce ne sont ni une famille ni un avenir pour Sofia Djama (et ses cousinages désespérés), qui veut en  proscrire la mémoire. Au point qu’une historienne française, d’origine algérienne bien entendu, exige un « déverrouillage » de l’Histoire algérienne : en fait, enlever du récit national algérien tout ce qui empêche de jeunes Algériens d’aller à la rencontre de la France et devenir Français sans aucun passif tumultueux, expurger cette dérangeante mémoire de la Guerre d’Indépendance. Voila les  attentes de soudards habilités en France. Et, ce n’est qu’un début : la troupe haletante de demi-lettrés des troquets de France, de sécessionnistes makistes, d’illuminés de la « Tamazgha » et d’enturbannés de Londres et Genève, sur le même front de destruction de l’État algérien indépendant, n’est pas lâchée.

Ni l’Université, ni l’édition, ni les médias français ne sont disposés à entendre d’autres paroles que celles d’« Algériens libres », zélateurs d’une « histoire libérée ». Ces historiens, affranchis des universités algériennes, formés dans les Instituts d’histoire de France, boursiers de MM. Stora et Macron, s’aviseraient-ils de dénoncer dans leurs ouvrages, principalement destinés aux Français, les crimes imprescriptibles de l’Armée française pendant une atroce colonisation ? Il faut plutôt craindre qu’ils soient totalement retournés, plaidant après le nébuleux publiciste Éric Zemmour, la réhabilitation de Bugeaud et de Bigeard et de leurs acolytes, de sinistre mémoire. Car, le sentiment de déroute face à la résurgence d’une  Algérie française ne les a-t-il pas précédés ? N’est-ce pas Abdelkader Djemaï, célébrant l’abbé Lambert, le fougueux maire « anti-arabe » et « anti-juif » d’Oran, Boualem Sansal, traitant à grand bruit de « terroristes » les héros et martyrs de la Bataille d’Alger (1957), au lendemain d’un attentat islamiste, à Nice, en 2016, comme cela se comprenait et s’écrivait dans l’Algérie française du dernier quart d’heure ? Les exemples d’une rédemption quasi-obsessionnelle de la colonie française d’Algérie, de ses figures, désormais auréolées (Edmond Charlot, Yves Saint-Laurent, Fernand Pouillon et bien d’autres), et les récits d’une guerre anticoloniale volontairement entachée sont nombreux. L’édition française, la grande édition française (Gallimard, Grasset, Seuil), que compte requérir Stora, ne peut susciter que des écrivains et des œuvres révisionnistes (à la sauce Sansal, Daoud et Cie), qui n’inquièteront pas sur les sujets de l’Algérie, du colonialisme, de la Guerre d’Indépendance, les cercles algérianistes de France et leurs contingents de lecteurs qui passent à la caisse. 

Dans ce canevas éditorial du rapporteur français, le risque est de constater, comme pour le roman, deux discours historiques clivés : une histoire de l’Algérie, conçue, écrite et éditée en Algérie, strictement réservée à la consommation locale, et une histoire autre, pensée à Paris, publiée par une grande maison d’édition, sous le label d’une pseudo-pensée critique, qui recevra l’estampille française, lui ouvrant les portes des universités occidentales et, accessoirement, du reste du monde, sûrement soumise à des directives politiques et académiques françaises. Plus distinctement, il y aura les historiens algériens d’Alger et les historiens (provisoirement) algériens ou Français d’origine algérienne de Paris. Convient-il de rappeler que depuis les années 1990, la France a naturalisé plusieurs centaines d’auteurs algériens, toutes spécialités confondues ? Il y aura, nécessairement, de nouvelles et impétueuses fournées.

MM. Stora et Macron auront à cœur, au nom de l’incontournable credo de la « libre expression » (l’est-elle vraiment dans l’édition et les médias français ?), de révéler, en Algérie, des « historiens libres », qui seront exclusivement jugés aux coups de boutoir qu’ils sauront donner à une conception académique et algérienne de l’écriture et de l’enseignement de l’histoire, qui n’a jamais été l’otage d’un néo-FLN délégitimé, qui n’en a que la lettre, ramassis d’héritiers présomptifs connus pour leurs sacs d’argent délictueux, affreux croquemitaine dont le chef était ordinairement domicilié à Neuilly-France, qui n’a aucune parenté avec celui qui a porté la marche libératrice et l’enfantement d’une nation, qui reste un acteur irrécusable de l’histoire algérienne contemporaine.

Que la France  se rende à l’exigence d’une histoire de l’Algérie coloniale et de la Guerre d’Indépendance écrite par des Algériens, hors de son emprise académique et éditoriale, sans rajouter de la confusion à la confusion. Et, qu’elle écrive sa propre histoire à sa guise, comme elle sait le faire. S’il advenait, l’injurieux projet éditorial de Benjamin Stora renforcerait davantage l’impérium de la France sur la création et la pensée d’un État souverain. Les Algériens dont la littérature de langue française, la plus visible sur le plan international, reste à la fois proprement effacée ou corrompue par la France devront-ils accepter l’infamie d’une historiographie algérienne compromise. Si la proposition de Stora ne devait qu’agrandir le camp des Daoud-Sansal, répétant de vieilles félonies de bachaghas et de harkis d’antan, la menace serait d’aller non pas vers l’apaisement des mémoires mais vers un conflit politique durable avec les Algériens et leurs pouvoirs politiques de quelque obédience qu’ils soient. Il n’est pas certain que les Algériens, de toutes sensibilités politiques, encouragent une histoire de la colonisation et de la Guerre d’Indépendance sous influence française, qui remette en cause un passé révolutionnaire qui les unit, qui reste l’inaltérable socle de leur solidarité. 

Abdellali MERDACI

https://www.algerie1.com/focus/en-marge-du-rapport-stora-litterature-histoire-et-dependance-neocoloniale-22

Dans ALGERIE

POURQUOI LE SU-57 ALGERIEN FAIT PEUR ?

Par Le 25/02/2021

Une armée de l'air "indomptable", voilà pourquoi le Su-57 algérien provoque la crainte

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Le SU-57 russe. ©DFNC

Cet encerclement aérien que l'OTAN croit avoir imposé à l'Algérie, avec un Mali dont le ciel est désormais contrôlé par les entreprises israéliennes, une Libye où al WAlid sert de base aérienne à l'OTAN et un Maroc qui a normalisé avec l'entité sioniste rien que pour faire annexer son armée par "Tsahal", a-t-il une quelconque chance de faire reculer l'Algérie? La récente mise en garde de l'armée où celle-ci appelle les Algériens à l'unité et refuse d'emblée tout engagement sous au titre de quelques traités et accords occidentaux que ce soit, y compris le G5 Sahel, devrait bien avoir fait des remous au sein des milieux militaires Israël / US / Israël. Sinon comment comprendre cette angoisse de voir l'Algérie se doter d'un avion de 5e génération pas otanien, pas américain, le Su-57.C'était la première preuve officielle que ce pays africain a en effet conclu un contrat d'achat du chasseur de cinquième génération avec la Russie. A peine 5 mois après, la revue américaine Military Watch Magazine s’est interrogée sur l’achat par l’armée de l’air algérienne de l’avion de guerre russe Su-57.

Selon le média russe Russia Today Arabic, qui rapporte l’information, le magazine spécialisé dans les affaires militaires et d’armement s’est interrogé si l’Algérie faisait partie des pays qui ont émis le souhait d’acquérir auprès de la Russie le chasseur furtif «le plus sophistiqué au monde».

«Cette interrogation fait suite à une déclaration attribuée par le magazine à un responsable russe lors du Salon international Idex 2021 [qui se tient à Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis], selon laquelle Moscou a reçu les premières demandes pour l’achat de son avion furtif Su-57, fleuron de l’industrie militaire russe, de la part de clients hors Moyen-Orient.»

Le représentant russe du Service fédéral de la coopération militaire et technique a expliqué que son pays a effectivement reçu des demandes, mais il a indiqué qu’aucun pays du Moyen-Orient n’en faisait partie. Il a ajouté que cela ne signifiait pas que ces pays n’étaient pas intéressés par ce modèle.

Le magazine américain a estimé qu’il «est probable que l’Algérie, connue pour ne pas trop communiquer sur ses nouvelles acquisitions militaires, soit le premier client étranger à se doter du Su-57 pour moderniser et développer sa flotte militaire aérienne».

Military Watch a ajouté qu’«il existe des indices qui tendent à confirmer que l’Algérie pourrait avoir commandé quatorze avions de ce type. «L’Algérie, plus grand client de la Russie aux côtés de l’Inde, ne divulgue ses acquisitions militaires qu’une fois que celles-ci entrent en fonction sur son territoire», a souligné la revue spécialisée.

Le magazine américain rappelle que d'autres pays espèrent pouvoir se doter de ce bijou technologique, à l'instar de l'Inde, du Vietnam et de la Malaisie et que l'avion furtif Su-57, dernier-né de Soukhoï, l 'un des principaux constructeurs d'avions militaires russes, équipé des dernières technologies électroniques et informatiques, a commencé à être fabriqué en 2019 et que l'armée de l'air russe a reçu le premier exemplaire en décembre 2020.  Il prévoit une accélération exponentielle de la production à partir de 2027 avec des améliorations en termes d'intelligence artificielle et de missiles balistiques supersoniques. Et bien par tous ces clients aucun ne fait autant peur aux USA que l'Algérie dont l'armée échappe totalement à son contrôle. 

Dans ALGERIE

L’ALGERIE ET LE VENEZUELA : DEUX PAYS OU LA RUSSIE INTENSIFIE SON ASSISTANCE MILITAIRE

Par Le 13/02/2021

Deux pays où Moscou intensifie son assistance militaire

Friday, 12 February 2021 7:28 PM  [ Last Update: Friday, 12 February 2021 7:28 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Les présidents russe et vénézuélien Vladimir Poutine et Nicolas Maduro. (Archives)

La Russie a fait du Venezuela une véritable puissance militaire afin qu'elle domine ses voisins ; elle a également renforcé la puissance du gouvernement en place en Algérie, pour que le pétrole reste entre les mains d'une puissance alliée à la Russie et à la Chine et ne tourne pas autour des États-Unis.

Le journal Al-Quds Al-Arabi a écrit que la Russie a adopté une nouvelle stratégie qui se cristallise en le renforcement des capacités militaires de ses alliés, en particulier des puissances qui disposent de ressources énergétiques telles que le gaz et le pétrole. Moscou a réussi à faire du Venezuela une véritable puissance militaire en Amérique latine malgré l’embargo, de manière à ce qu’il possède la force aérienne la plus importante de la région. La Russie a mis en œuvre la même stratégie en Algérie ces dernières années.

Venezuela: le méga coup russe?

Venezuela: le méga coup russe?

Des troupes russes ont aidé le Venezuela à déjouer une incursion contre le gouvernement de Nicolas Maduro.

Le magazine électronique américain spécialisé dans l'industrie militaire et de guerre, Military Watch, a récemment consacré un dossier au niveau de capacités des armées de l'air en Amérique latine et a annoncé par une étude comparative que l'armée de l'air vénézuélienne occupe la première place en Amérique latine et que les États-Unis eux se trouvent en deuxième position.

Ce dossier révèle comment le Venezuela a acquis des dizaines d'avions de combat russes avancés Soukhoï-30 et deux escadrons américains F-16, puis réduit sa dépendance à l'égard des chasseurs américains ; en effet la Russie a parié sur la modernisation des installations militaires du Venezuela, selon Military Watch.

Le Venezuela a réussi à acquérir un arsenal anti-aérien et des missiles composé de deux systèmes Buk-M2, puis S-300 d'une portée de 250 km, et il souhaite maintenant acquérir le système russe avancé S-400. Et si l’armée vénézuélienne se dote de ce système antimissile russe, cela rendra les choses difficiles même pour l'US Air Force.

La Russie a fait du Venezuela une véritable puissance militaire pour deux raisons; premièrement, le Venezuela devrait être supérieur à ses voisins, dont la Colombie et le Brésil, afin que ceux-ci ne s'engagent dans aucune guerre militaire contre le Venezuela, car il y a eu des rumeurs ces deux dernières années selon lesquelles depuis la reconnaissance par Washington de Juan Guaido comme président par intérim du Venezuela, la guerre contre le Venezuela a commencé sur les territoires brésilien et colombien.

Iran: Navires russes au Venezuela?

Iran: Navires russes au Venezuela?

Le corridor maritime anti-sanction Iran-Venezuela, protégé par la flotte russe?

Le deuxième objectif est de renforcer le régime au pouvoir au Venezuela afin que les ressources naturelles du pays, en particulier le pétrole, restent entre les mains d'une puissance alliée avec la Russie et la Chine et ne tournent pas autour des États-Unis, d'autant plus que le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole du monde.

Cette stratégie de la Russie ne date pas d’aujourd’hui, elle remonte à la guerre froide avec l'Union soviétique, mais cette fois-ci elle est liée à la politique pétrolière et gazière.

En ce qui concerne l'Algérie, Moscou pensait que celle-ci serait la deuxième puissance du Maghreb arabe après la chute de Mouammar Kadhafi, ancien dirigeant libyen.

Libye: Alger-Moscou coordonnent

Libye: Alger-Moscou coordonnent

Pour cette raison, il a fourni des armes avancées à l'Algérie après la chute de Kadhafi, et l’a dotée du système de défense aérienne S-400 pour empêcher les chasseurs étrangers de s'approcher de l'espace aérien algérien. La Russie a également équipé l’Algérie de missiles de haute précision Iskander, de manière à ce que les sous-marins algériens soient capables de frapper toute cible ennemie du fond de la mer; un pouvoir dont peu de pays disposent.

Le 26 octobre 2014, le président russe Vladimir Poutine a dévoilé une nouvelle doctrine militaire, qui consistait à défendre les alliés de Moscou et à les équiper d'armes de pointe. Ces mesures sont doublées dans le cas de l'Algérie et du Venezuela en raison des avantages que Moscou pouvait obtenir sur le plan militaire, mais aussi et surtout, en raison des possibilités de coordination dans les dossiers de l'énergie pétrolière et gazière afin de pouvoir contrôler les prix du marché mondial et défier la liberté entière que se sont octroyés des pays comme les États-Unis et l'Arabie saoudite pour jouer avec les prix du pétrole.

Siège aérien, le Su-57 arrive en Algérie...

Siège aérien, le Su-57 arrive en Algérie...

https://french.presstv.com/Detail/2021/02/12/645139/Russie-Venezuela-Alg%C3%A9rie-Chine-USA

Dans ALGERIE

GUERRE D'ALGERIE : POUR PIERRE AUDIN, LA VERITE EST PLUS IMPORTANTE QUE DES EXCUSES

Par Le 10/02/2021

Guerre d'Algérie : pour Pierre Audin, la vérité est plus importante que des excuses

Pierre Audin est le fils de Maurice Audin, figure de la lutte pour l'indépendance de l'Algérie, assassiné en 1957 lors de la bataille d'Alger.

Pierre Audin est le fils de Maurice Audin, figure de la lutte pour l'indépendance de l'Algérie, assassiné en 1957 lors de la bataille d'Alger.

TV5MONDE

22 JAN 2021

 

Mise à jour 23.01.2021 à 13:50

 par 

Pierre Desorgues

Entretien. Pierre Audin est le fils de Maurice Audin, militant de l'indépendance algérienne. Son père a été assassiné en 1957 par l'armée française et son corps n'a jamais été retrouvé. Il revient sur la question des disparus, un enjeu important de la  réconciliation des mémoires entre la France et l'Algérie. Au delà des morts et des disparus, Pierre Audin plaide d'abord pour un rapprochement entre les vivants et les peuples.

 

TV5MONDE : Le rapport de l'historien français Benjamin Stora est riche, dense. Il préconise 22 recommandations pour apaiser la question mémorielle sur la guerre d'Algérie et la colonisation (1830-1962). Que retenez-vous de ce rapport Stora ?

Pierre Audin : On trouve dans ce rapport beaucoup de mesures, d'actions assez symboliques pour arriver à cette question de l’apaisement des mémoires entre la France et l’Algérie. C’est un sujet très sensible où les gens qui étaient dans un camp où dans l’autre sont toujours à cran sur cette histoire. On trouve dans ce texte des préconisations comme l’entrée de Gisèle Halimi au Panthéon où une stèle à Amboise pour l’émir  Abdelkader (NDLR : chef religieux (1808-1883) et militaire algérien qui a mené la lutte contre la conquête coloniale française au milieu du XIXe siècle. Il a été enfermé par les Français dans le chateau d'Amboise).

Lire : Guerre d'Algérie : les principales propositions du rapport Stora

Ces symboles ne vont pas forcément être bien perçus par l’ensemble de la population. Beaucoup de gens ne savent pas qui est au Panthéon. Et malgré l'entrée de Gisèle Halimi, ils ne continueront pas à savoir qui y repose. On a des choses qui sont importantes sur le plan symbolique comme la vérité sur l'assassinat de l'avocat Ali Boumendjel (NDLR :  avocat et militant politique algérien, torturé et exécuté par les parachutistes de l'armée française en 1957) mais dans ce cas là, il faudrait aussi alors des milliers de préconisations car on ne connait pas la vérité sur la mort et la disparition de milliers de gens, Français ou Algériens.

Retrouver en intégralité l'entretien de Pierre Audin, par Pierre Desorgues et Guillaume Gouet :

Volume 90%

 

Lire aussi : France : le rapport Stora passé au crible par la presse algérienne


 Parmi ses propositions pour une "réconciliation des mémoires" entre Paris et Alger, l'historien français Benjamin Stora recommande la reconnaissance par la France de l'assassinat, maquillé en suicide, de l'avocat et dirigeant nationaliste Ali Boumendjel pendant la "bataille d'Alger" en 1957.

Parmi ses propositions pour une "réconciliation des mémoires" entre Paris et Alger, l'historien français Benjamin Stora recommande la reconnaissance par la France de l'assassinat, maquillé en suicide, de l'avocat et dirigeant nationaliste Ali Boumendjel pendant la "bataille d'Alger" en 1957.

DR

Le but du rapport est de vouloir réconcilier les mémoires algériennes et françaises. Mais n'est-ce pas une mission impossible ? Toutes ces mémoires (Pieds noirs, Harkis, anciens combattants de l’Indépendance..) sont contradictoires et conflictuelles.

Pierre Audin : Effectivement, beaucoup de mémoires sont contradictoires et la réconciliation franco-algérienne n'est pas aussi simple que celle qui a été imaginé par exemple entre la France et l'Allemagne. Mais il faut avancer, penser à l'avenir. Et cela ne peut être que rendu possible par un accès beaucoup plus libre des archives pour mieux appréhender quelles ont été les responsabilités des uns et des autres. Il faut trouver des coopérations scientifiques, universitaires, sportives... Cette coopération entre les deux pays doit passer par les peuples. Elle ne peut pas se résumer à un seul dialogue entre chefs d'Etats et de gouvernement.

Et pour permettre une telle coopération dans ce sens, il faut régler la question des visas. Pourquoi une telle complication sur cette question des visas entre les deux pays ? Les Français rendent les choses compliquées pour les Algériens. Et les Algériens, en retour, rendent les choses compliquées pour les Français. Il faut que ceux qui font du cinéma, du théâtre, de la culture puissent se rencontrer et échanger. Le rapport de Benjamin Stora préconise, il est vrai des facilités de visas pour les chercheurs, mais il faut aller au-delà. Le rapport demande à Alger d'entretenir les cimetières des Européens et des Juifs en Algérie. Mais pourquoi restaurer de tels lieux si les gens ne peuvent pas se rendre sur place, faute de visa ?

Pourquoi restaurer les cimetières juifs et européens en Algérie si les gens ne peuvent pas se rendre sur place, faute de visa ?Pierre Audin, fils de Maurice Audin

La présidence de la République française a clairement indiqué qu'il n'y aurait « ni repentance, ni excuses». L'Etat algérien demande des excuses à la France pour les crimes commis lors de la colonisation et lors de la guerre d'Algérie. La France doit-elle s'excuser ?

Pierre Audin : La repentance fait partie d'un vocabulaire religieux et ce n’est pas mon vocabulaire. En ce qui concerne les excuses, ce sont surtout ceux qui ont commis les exactions qui doivent s'excuser ou du moins ils auraient dû être poursuivis en justice pour ce qu’ils ont fait. Est-ce que le président français actuel doit faire des excuses au président algérien ? Ce qui est important, c'est la vérité. Ce qui est important, c'est par exemple la déclaration qu'a faite à ma mère Emmanuel Macron. Ce que l'on attendait de lui, c'est qu'il dise un certain nombre de choses, sur la mort de Maurice Audin.

Bien plus que des excuses à ma mère, la parole d’Emmanuel Macron a été importante lorsqu’il a affirmé qu’il existait bien un système de répression à Alger avec ses arrestations, sa torture, ses exécutions sommaires. L’objectif de cette répression n’était pas de déjouer des attentats mais bien de terroriser la population et d’empêcher les gens de rejoindre le combat de l’indépendance. Ce type de reconnaissance est bien plus important que des excuses.

Maurice Audin et la question des disparus

Maurice Audin était un membre du parti communiste algérien, partisan de l'indépendance de l'Algérie. Son arrestation par des soldats français a lieu le 11 juin 1957, lors de la bataille d'Alger. Il disparaît et meurt assassiné à une date inconnue. Son corps n'a jamais été retrouvé. La première reconnaissance officielle par la France de la mort en détention de Maurice Audin est faite en 2014. En 2018, le président Emmanuel Macron reconnaît officiellement les responsabilités de l'État français et de l'armée française dans son assassinat.


Maurice et son épouse Josette Audin à Alger en 1957. Le président français Emmanuel Macron a reconnu la responsabilité de la République française dans son assassinat.

Maurice et son épouse Josette Audin à Alger en 1957. Le président français Emmanuel Macron a reconnu la responsabilité de la République française dans son assassinat.

DR



Le cas de Maurice Audin n'est pas un cas isolé. Ils seraient des milliers, Algériens et Français, à avoir disparu. Le décompte semble impossible. En 1957, lors de la bataille d'Alger où les exécutions sommaires étaient légions, le secrétaire général de la préfecture de police, Paul Teitgen, a compté 3 024 disparus. Le rapport Benjamin Stora propose que Français et Algériens travaillent ensemble pour compter, identifier et exhumer les corps des disparus.

La  commission « Mémoires et vérité » que préconise Benjamin Stora dans son rapport aborde la question des disparus. L’idée est de localiser les sépultures, d’identifier les corps des disparus algériens et français. Votre père a été assassiné en 1957.  Son corps n’a jamais été retrouvé. Espérez-vous que l’on puisse un jour exhumer sa dépouille ?

Pierre Audin : On peut toujours espérer. J’espère que si cette commission est mise en place, elle ne servira pas à enterrer cette question des disparus. Pour que l’espoir devienne réalité, il faudrait que les deux pouvoirs, les deux chefs de l’Etat se mettent d’accord. Il faut que ceux qui savent où aller chercher, les Français, le disent aux Algériens, c’est-à-dire ceux qui vont creuser, chercher, déterrer. Le territoire est désormais algérien. Il faut des tests ADN pour identifier les victimes. C’est important pour les familles, notamment en Algérie. Mais cela demande une vraie collaboration entre les deux pays. Hélas, Khaled Drareni, correspondant de TV5MONDE en Algérie, est en prison parce que le chef de l’Etat algérien l’a dénoncé comme étant un espion au service des Français. Et la France n’a pas réagi. Ce n’est pas comme cela que nos peuples vont pouvoir travailler ensemble.

L’Algérie demande à la France de rendre les archives datant de la période coloniale (1830-1962). La France doit-elle donner ces archives à Alger ?

Pierre Audin : Le plus simple serait que les archives soient communes entre les deux pays. Il faudrait les numériser. Le problème de ces archives ne réside pas dans leur localisation mais bien dans la liberté d'accès à ses archives. Peut-on accéder à certaines archives en Algérie ? Peut-on y avoir accès en France ? Actuellement, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, qui est une officine qui travaille auprès du premier ministre français, considère que la loi n’a pas à s’appliquer sur la question de l’accès aux archives. La loi de 2008 affirme que la liberté d’accès aux archives doit être la règle au bout de 50 ans. Le SGDNS a ce pouvoir de classifier des documents. Pour tout ce qui concerne l’Algérie, il faudrait déclassifier. Le pays est indépendant depuis plus de 50 ans. Les archives doivent être accessibles. Un étudiant ne va pas attendre 3 ans, 4 ans, 5 ans pour consulter un document. Et ce sont souvent les étudiants dans leurs travaux de thèses qui font avancer la recherche historique.
 

La reconnaissance par la France de la vérité est bien plus importante que celle des

Audin, fils de Maurice Audin

Un autre problème autour des archives est posé. En ce qui concerne la disparition mon père, les archives nationales ont livré ce qu’elles possédaient.  Mais de nombreux officier de l’armée française, des colonels notamment, ont des archives privées. Les héritiers doivent rendre publics ces archives et les donner aux archives nationales. Pour la grande majorité des disparus, on peut encore trouver de nombreuses choses dans des archives privées. Et il faudrait les donner aux archives nationales et espèrer qu'elles ne soient pas classifiées.

Le président Emmanuel Macron veut multiplier les gestes vers Alger. Peut-on espérer un apaisement sur ces questions entre l'Algérie et la France ?

Pierre Audin : Il faut travailler sur ce passé, reconnaître ce qui s'est passé et avancer. Et il faut mettre en avant des coopérations entre les deux pays et mettre de l'argent dans ces échanges. Je crois que ce qui va réellement apaiser les choses, c'est le temps. Le conflit mémoriel va peu à peu s'effacer.


Voir aussi : le rapport Stora mettra-t-il fin au tabou de la guerre d'Algérie ?
 

Volume 90%

 


Lire aussi : L'affaire Audin, à l'ombre de la France-Algérie


 

Pierre Desorgues

 

Mise à jour 23.01.2021 à 13:50

SUR LE MÊME THÈME

Rapport Stora : l’Algérie réclame "la reconnaissance des crimes coloniaux" de la France

Affaire Walid Nekiche en Algérie : "Ces tortures rappellent les affres de la guerre d'indépendance"

Algérie : Khaled Drareni, symbole de la répression contre l'audiovisuel

Algérie : l'affaire Nekkiche, un scandale judiciaire qui secoue le pays

Christophe Deloire : "En incarcérant Khaled Drareni, le régime algérien trahit les idéaux de l'indépendance

https://information.tv5monde.com/afrique/guerre-d-algerie-pour-pierre-audin-la-verite-est-plus-importante-que-des-excuses-392723

Dans ALGERIE

L'ALGERIE ENTRE AU CONSEIL DE SECURITE DE L'ONU

Par Le 07/02/2021

 

Bonne nouvelle pour le monde libre...

Sunday, 07 February 2021 7:29 PM  [ Last Update: Sunday, 07 February 2021 7:29 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Une session du Conseil de sécurité de l'ONU. (Photo d'archives)

L’Union africaine (UA) a approuvé, jeudi 4 février, la candidature de l’Algérie au poste de membre non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU pour la période 2024-2025, a indiqué le ministre des Affaires étrangères algérien, Sabri Boukadoum.
« Les travaux de la 38e session du Conseil exécutif de l’UA ont été clôturés par la validation de la candidature de l’Algérie au poste de membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU pour la période 2024-2025 », a tweeté Boukadoum, rapporte l’APS.
Le Conseil exécutif a mis l’accent sur « l’impératif attachement aux principes fondateurs de l’UA », a ajouté Boukadoum dans son tweet, cité par Algérie Patriotique.

Algérie: Paris défend la guerre

Algérie : Paris défend la guerre

La France envisage des « actes symboliques » par rapport aux crimes commis à l’époque de la colonisation et de la guerre d’Algérie, mais annonce qu’il n’y aura « ni repentance ni excuses », a annoncé ce mercredi l’Élysée dans un communiqué.

Dans son intervention lors des travaux du Conseil exécutif de l’UA, Boukadoum a affirmé que « l’Algérie, fermement convaincue du principe de solidarité et du partage équitable des charges et soucieuse de la concrétisation des objectifs du continent africain, sur tous les plans, tient à s’acquitter, à temps, de ses contributions financières au budget de l’UA et au Fonds pour la paix », indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Lire aussi : Algérie : Paris minimise ses crimes

Cette session a été consacrée à l’examen d’une série de rapports, dont celui relatif à la mise en œuvre de la stratégie continentale commune de lutte contre la COVID-19 et d’exposés sur les activités de différents organes de l’UA au titre de l’exercice écoulé.
Le Conseil exécutif s’est également penché sur le progrès réalisé dans la mise en œuvre des réformes structurelles de l’UA.

Les AWACs US contre l'Algérie?

Les AWACs US contre l’Algérie ?

La 38e session du Conseil exécutif de l’UA a été tenue, rappelle-t-on, en préparation des travaux de la 34e session ordinaire du Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UA, prévue les 6 et 7 février courant par visioconférence et placée sous le thème « Arts, culture et patrimoine : des leviers pour construire l’Afrique que nous voulons ».
Il sera procédé, lors du Sommet, à l’élection de nouveaux membres de nombre d’organes de l’organisation continentale, à leur tête les six commissaires du Conseil exécutif de l’UA.

Lire aussi: Le Maghreb « résistant » n’est pas une proie facile, les revers cuisants de l’axe Mossad/CIA

De même qu’il est prévu, lors de cette élection et, pour la première fois, la fusion des deux Départements affaires politiques (DAP) et Paix et Sécurité (DPS), le but étant de conférer plus de poids au poste de président du Conseil de paix et sécurité (CPS), de manière à permettre au commissaire de gérer les différends politiques et les questions relatives à l’instabilité dans le continent, telles que les protestations contre les résultats des élections, ajoute Algérie Patriotique.

https://french.presstv.com/Detail/2021/02/07/644768/Algerie-ONU-Conseil-de-securite-

Dans ALGERIE

ALGERIE : UNE PETITION EST LANCEE POUR DENONCER LA HONTEUSE PRECONISATION DE STORA DE CREER UNE STELE A L’EFFIGIE DU RESISTANT ABDELKADER EN FRANCE

Par Le 05/02/2021

L'émir Abdelkader, résistant algérien contre la colonisation française (1852)

Rapport Stora: le projet d’une stèle de l’émir Abdelkader en France ne passe pas en Algérie

© AFP 2020

AFRIQUE

14:58 05.02.2021URL courte

Par 

591910

S'abonner

Une pétition a été lancée pour dénoncer la préconisation de Benjamin Stora de construire une stèle à l’effigie d'Abdelkader en France. Ses initiateurs s’élèvent contre l’idée d’ériger une statue «sur la terre où il fut retenu en otage». La proposition est également condamnée par son arrière-petit-neveu et président de la fondation Émir Abdelkader.

Le rapport de Benjamin Stora sur les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie commandé par le Président français Emmanuel Macron ne cesse de faire réagir, notamment en Algérie.

Cette fois-ci, c’est la recommandation de l’historien aux autorités françaises d’ériger une stèle à l’effigie de l’émir Abdelkader (1808-1883), résistant contre la conquête de l’Algérie par la France, qui soulève de vives critiques. Dans son chapitre «Préconisations», Benjamin Stora écrit: «La construction d’une stèle, à Amboise, montrant le portrait de l’émir Abdelkader, au moment du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie en 2022. Restitution de l’épée d’Abdelkader à l’Algérie.»

Cette proposition a fait réagir un groupe de citoyens et d’intellectuels algériens qui ont lancé, lundi 1er février, une pétition en ligne.

«Nous, signataires de cette pétition, nous nous élevons de la façon la plus ferme et la plus déterminée pour dénier à cet État de jouer encore avec la haute figure de notre émir. Nous demandons de la façon la plus énergique à notre propre État de se positionner clairement contre cette manœuvre néocoloniale et de peser de tout son poids pour refuser ce crime supplémentaire contre notre mémoire nationale», peut-on lire.

Otage

Les initiateurs de la pétition considèrent que la proposition de Benjamin Stora de construire cette stèle à Amboise, «terre où il fut retenu en otage», constitue un «détournement du nom et du prestige de l’émir Abdelkader par l’État français parjure».

Alger

© SPUTNIK . VLADIMIR PERVENTSEV

Françoise Vergès, politologue: «Le rapport Stora sert des objectifs macronistes»

 

«L’État français a parjuré l’armistice signé par le général Lamoricière et l’émir Abdelkader. Il a détourné le bateau censé le conduire en Palestine, sur la base de cet armistice, et l’a pris en otage avec sa famille et sa suite», rappellent-ils.

Mohamed Lamine Boutaleb, président national de la fondation Émir Abdelkader et arrière-petit-neveu du résistant algérien, fait partie des pétitionnaires. Contacté par Sputnik, il souhaite que cette initiative «reçoive le soutien et la signature du plus grand nombre de nos compatriotes» et qu’elle devienne «l’impulsion de campagnes de la mémoire et du souvenir des symboles, des héros et des dirigeants des longues résistances du peuple algérien».

«La fondation Émir Abdelkader s’oppose naturellement à cette proposition d’élever une statue à l’émir comme projet d’État. Elle s’oppose au détournement d’un de nos symboles nationaux les plus forts pour faire passer un projet de reconquête par la culture. Elle s’oppose encore plus à la distorsion des faits et de la réalité coloniale.»

«La fondation affirme la solidarité et la cohérence logique de toutes les oppositions à ce rapport. Elle salue et exprime sa gratitude aux réactions des historiens algériens et français qui ont opposé à ce rapport la rigueur d’un examen scientifique qui en a dévoilé les présupposés idéologiques», poursuit-il.

Reconquête par la culture

Mohamed Lamine Boutaleb se montre particulièrement critique envers l’enquête commandée par l’Élysée. Il estime que le projet d’État d’élever cette stèle à Amboise ne doit pas être isolé de l’ensemble des autres propositions.

Emmanuel Macron et Benjamin Stora

© AFP 2020 CHRISTIAN HARTMANN

Le rapport Stora vu d’Alger: un travail «francocentriste» destiné aux «algéronostalgiques»

«Cette atteinte à notre mémoire, cette variante "Stora" du récit colonial est la méthode la plus appropriée, celle de la reconquête par la culture», relève le président de la fondation en rejetant le principe de «mémoire partagée» mis en avant par l’historien originaire de Constantine.

 

«Ce rapport a une importante fonction politique interne en France même. Il présente une version "honorable" de la conduite coloniale pour anesthésier la vigilance des courants populaires français quant aux projets de reconquête en ces temps de crise aussi bien en direction de notre pays qu’envers ceux de la région. Il poursuit, dans des formes différentes et moins brutales, la thèse des "bienfaits" du colonialisme et du Discours de Dakar. Selon cette variante Stora, le colonialisme ne serait pas une "abomination"», ajoute Mohamed Lamine Boutaleb.   

Pour l’heure, les autorités algériennes n’ont pas réagi officiellement au contenu du texte rédigé par Benjamin Stora. Au mois de juillet 2020, le Président Abdelmadjid Tebboune avait désigné Abdelmadjid Chikhi, son conseiller chargé des archives et de la mémoire nationales, «pour mener le travail en cours avec l’État français sur les dossiers inhérents à la mémoire nationale et à la récupération des archives nationales». Celui-ci, qui occupe également le poste de directeur général du Centre national des archives algériennes, n’a pas encore rendu public son propre rapport.

https://fr.sputniknews.com/afrique/202102051045182078-rapport-stora-le-projet-dune-stele-de-lemir-abdelkader-en-france-ne-passe-pas-en-algerie/

Dans ALGERIE

GUERRE D’ALGERIE – FRANCOISE VERGES, POLITOLOGUE : « LE RAPPORT STORA SERT DES OBJECTIFS MACRONISTES »

Par Le 03/02/2021

Alger

Françoise Vergès, politologue: «Le rapport Stora sert des objectifs macronistes»

© Sputnik . Vladimir Perventsev

AFRIQUE

18:47 02.02.2021(mis à jour 18:50 02.02.2021)URL courte

Par 

15224

S'abonner

Politologue et militante féministe, Françoise Vergès fait pour Sputnik une lecture critique du rapport sur les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre rédigé par l’historien Benjamin Stora à la demande du Président de la République française. Elle estime que la démarche «révisionniste» sert des «objectifs macronistes».

Dans cette interview accordée à Sputnik, Françoise Vergès dresse un bilan particulièrement critique du travail réalisé par Benjamin Stora pour le compte du Président Emmanuel Macron. Selon elle, le rapport de l’historien originaire de Constantine vise à «pacifier et à neutraliser la dimension et les conséquences du passé colonial français en Algérie».

Françoise Vergès

© AFP 2020 FRANCOIS MORI

Françoise Vergès

La politologue et militante «féministe décoloniale» connaît parfaitement l’histoire coloniale de ce pays du Maghreb pour l’avoir étudiée, mais aussi pour avoir passé une partie de sa jeunesse à Alger, au sein du foyer de son oncle, Jacques Vergès, alors époux de la militante du FLN Djamila Bouhired. Ancienne présidente du Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage (CNMHE), Françoise Vergès estime que la France officielle doit abandonner sa posture paternaliste pour parvenir à se décoloniser. Un entretien sans concession, dans la pure tradition des Vergès.

Sputnik: Vous dénoncez depuis des années l’histoire officielle, celle du «pouvoir français et de l’homme blanc». Le rapport de Benjamin Stora s’inscrit-il dans cette lignée?

Françoise Vergès: «Je dirais, avec tout le respect que j’ai pour Benjamin Stora, que son rapport s’inscrit dans la lignée d’un révisionnisme de l’histoire. Le pouvoir français n’en est plus au refoulement et au fait de dire "ça ne s’est pas passé". Son objectif est de pacifier et de neutraliser la dimension et les conséquences du passé colonial. Nous sommes face à une politique de pacification.»

Sputnik: Cette pacification permet-elle de minimiser les crimes coloniaux en Algérie?

Françoise Vergès: «Tout à fait. À la lecture du rapport, j’ai été frappée par le vocabulaire: mémoire enflammée, mémoire blessée… Et également par le fait de mettre sur le même plan les mémoires des colons, des Algériens et des nationalistes. Je reprends la phrase d’Aimée Césaire: "La colonisation est un crime." Il n’y a jamais d’échanges ni de rencontres dans la colonisation. Dès le départ, c’est le viol, le vol, la dépossession et l’exploitation. Et ça continue ensuite.

 

Emmanuel Macron et Benjamin Stora

© AFP 2020 CHRISTIAN HARTMANN

Le rapport Stora vu d’Alger: un travail «francocentriste» destiné aux «algéronostalgiques»

Lorsque l’on nous dit qu’il y avait des pieds-noirs pauvres, c’est un faux débat. La question n’est pas là. Cela ne justifie pas la colonisation, ni même le fait que des pieds-noirs aient choisi de rester en Algérie après l’indépendance du pays. Rien ne justifie la colonisation, absolument rien. Le phénomène a été une catastrophe pour l’Algérie, du début à la fin, en matière de développement, de culture, de pillage des ressources, de la santé des populations. La colonisation doit être condamnée, c’est tout.»

 

Sputnik: Le rapport de Benjamin Stora, historien originaire de Constantine en Algérie, est destiné à l’État français puisqu’il a été commandé par le Président de la République Emmanuel Macron. Pourquoi a-t-il fait autant réagir en Algérie?

Françoise Vergès: «Car il parle de l’Algérie et que certaines de ses recommandations sont adressées directement aux Algériens, notamment lorsqu’il évoque la question des harkis et celle des archives du FLN. Benjamin Stora cite également des dirigeants algériens. À ce propos, je relève qu’il n’y a pas un seul mot sur le Hirak: Stora aurait dû démontrer que le peuple algérien n’est pas dupe et qu’il ne croit pas au récit qu’on lui fournit depuis des années, qu’il est tout à fait capable de faire la différence. Le Hirak a établi l’incroyable maturité du peuple algérien. Celui-ci est parfaitement au courant de la corruption de ses gouvernants. Les Algériens se font arrêter et jeter en prison, ils sont pleinement conscients de la situation et ils disent que c’est la seconde révolution.

Il y a un côté paternaliste dans ce rapport et je pense que c’est ce qui a fait réagir. Dans ce document, on évoque ‘des exactions, des sujets sensibles, du ressentiment’ au lieu de parler clairement de crimes. Il n’y a aucune référence aux enfumades, aux villages déplacés, à la séparation des communautés, au napalm, à la torture... Depuis la conquête jusqu’à l’indépendance, les Algériens ont subi une succession de crimes. Il y a des faits. Au lieu de cela, Benjamin Stora nous a offert un récit édulcoré qui met en avant des amitiés entre les Algériens et les colons. Mais ces amitiés se sont nouées contre et non pas grâce à l’ordre colonial. Moi qui viens de La Réunion, je peux vous dire que l’ordre colonial français est pour la division. Les amitiés sont une forme de résistance. Ensuite, qui en France peut se permettre de faire la leçon aux Algériens?»

la manifestation contre la guerre en Algérie

© SPUTNIK

Commission mémorielle Algérie-France: l’historien Benjamin Stora «n’est pas le représentant de l’État français»

 

Sputnik: Pourquoi le Président Macron a-t-il fait porter la responsabilité du dossier colonial sur les épaules d’un seul homme?

Françoise Vergès: «Je ne sais pas pourquoi Benjamin Stora a accepté cette mission. Ce qui est sûr, c’est que nous sommes confrontés à des pièges. Je le sais pour avoir été membre du Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage, même s’il est vrai que je n’étais pas seule. Les dirigeants français –Sarkozy, Hollande et Macron– veulent mettre sur le tapis ces sujets. À travers des missions et des annonces, ils arrivent à faire en sorte que le thème de la responsabilité de la France soit minimisé pour aboutir à une question de réconciliation. Pas une seule fois le mot réparation n’est prononcé. C’est systématique. Vous ne pouvez pas demander à une femme battue de se réconcilier avec son époux. C’est totalement asymétrique. La France est partie avec les archives de l’Algérie, ce qui est en réalité un vol. On nous dit que Paris a rendu les crânes des premiers résistants, alors que c’est le minimum! Nous en sommes à saluer des actes minimes.

La France a tellement refoulé son passé colonial que lorsqu’elle consent un petit geste, tout le monde doit trouver ça formidable. Je ne vais pas m’ébahir sur des choses évidentes. D’ailleurs, nous le constatons clairement dans la conclusion de ce rapport puisqu’il est écrit que l’Algérie est le premier client économique de la France en Afrique et que ce pays doit jouer le rôle de gendarme contre les migrants et contre les terroristes. Ce n’est pas le travail d’un historien de dire cela. Et c’est là que se révèle l’objectif réel de cette fameuse réconciliation: les intérêts économiques et politiques de la France doivent être préservés. Donc pour régler ces questions politiques, le pouvoir français crée ce genre de mission.»

Sputnik: Le fait de confier ces missions à des personnes comme Benjamin Stora, historien originaire de Constantine, pour le passé colonial ou encore à vous pour la question de l’esclavage permet-il de crédibiliser ces initiatives politiques?

Françoise Vergès: «Sans doute. Il est vrai que le Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage a été créé sous Chirac, à l’époque il y avait encore certaines possibilités. Mais très rapidement, nous nous sommes aperçus de la volonté d’imposer des entraves. Personnellement, je n’en pouvais plus, je suis partie et aujourd’hui je suis critique. Jean-Marc Ayrault, l’ancien Premier ministre, actuel président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, a récemment reconnu que l’enseignement sur l’esclavage a régressé dans les manuels scolaires. Nous n’avançons pas, nous reculons.

 

Gisèle Halimi

© AFP 2020 JACK GUEZ

Gisèle Halimi, «un modèle» pour les féministes algériennes

À titre d’exemple, le rapport préconise de faire entrer Gisèle Halimi au Panthéon, cela permettra de faire féministe et anticolonialiste. D’une pierre deux coups. Mais qui a envie d’aller au Panthéon? C’est un truc de réactionnaires, "aux grands hommes la patrie reconnaissante". Personne ne doit être au Panthéon, surtout pas nos héroïnes et nos héros. Et puis ces choix! Gisèle Halimi plutôt que d’autres. Les avocats qui ont défendu les militants du FLN étaient engagés dans une lutte collective. On essaie chaque fois de sortir une personne du collectif pour l’opposer aux autres. Gisèle n’était pas seule. D’ailleurs, j’ai constaté chez Benjamin Stora cette volonté de ne pas mettre les noms de ceux qui étaient plus radicaux que Gisèle Halimi. J’ai bien noté que Jacques Vergès n’a pas été nommé car il reste le diable, ou même encore les Algériens membres du collectif d’avocats [qui ont défendu les militants du FLN, ndlr]. Les porteurs de valises n’ont pas été cités non plus.

 

Et ceux qui ont le plus payé, ce sont les Algériennes et les Algériens. Encore une fois, ce sont des stratégies de neutralisation et de pacification.»

Sputnik: Dans ce rapport, Benjamin Stora prend des crimes commis par l’empire du Japon en Chine et en Corée pour argumenter à propos du rejet de la repentance. Pourquoi est-il allé chercher si loin une telle référence et peut-on comparer la France coloniale au Japon?

Françoise Vergès: «C’est un détour complètement artificiel. C’est une nouvelle manière de refouler l’histoire. Il y a trop de documents, de récits de l’époque et actuels sur les crimes commis durant les 132 années de colonisation de l’Algérie pour faire l’impasse sur le passé colonial français.

 

Macron: «J'appartiens à une génération qui n'est pas celle de la colonisation»

© SPUTNIK . BRUNO MARTY

Macron: «J'appartiens à une génération qui n'est pas celle de la colonisation»

On nous a sorti également l’argument selon lequel Emmanuel Macron n’appartenait pas à la génération qui a fait la guerre d’Algérie et qu’il n’avait donc aucune responsabilité dans ce qui s’est produit dans le passé. Cet argument est sordide. Le pouvoir actuel porte le poids car le racisme et les inégalités sont restés. Vous n’avez pas tué dans les Aurès et en Kabylie, mais vous êtes responsables du contrôle policier et des inégalités qui persistent. Nous le constatons clairement dans le commerce puisque la France continue à profiter de l’Algérie et d’une partie de l’Afrique.»

 

Sputnik: À propos de la repentance, le rédacteur du rapport écrit: «On sait que depuis plusieurs années, les autorités algériennes réclament des excuses.» Pourtant, officiellement, l’État algérien n’a jamais exigé d’excuses ou de repentance, mais plutôt une reconnaissance des crimes coloniaux commis de 1830 à 1962. Une telle reconnaissance est-elle envisageable ?

Françoise Vergès: «Aucun dirigeant algérien n’a parlé de repentance ou d’excuses. La repentance est un terme créé par l’extrême droite française. Dans les mouvements antiracistes et anticoloniaux, je n’ai jamais entendu parler de repentance. Je me repens devant Dieu, c’est tout. C’est un argument profondément malhonnête qui révèle le refus de reconnaître les crimes. La repentance est une affaire française. Dans ce rapport, il y a une confusion entre ce que la France doit faire pour elle-même et ce que l’Algérie doit faire. Il y a cette volonté d’imposer la règle du donnant-donnant. Faites votre travail et les Algériens feront le leur. La reconnaissance est difficilement envisageable car ce serait reconnaître que la République française, depuis sa création, a les mains trempées de sang.

La question profonde est que c’est la République qui a trempé dans l’histoire coloniale post-esclavagiste. Les conquêtes de l’Algérie, de Madagascar, de l’Indochine, du Maroc et de la Tunisie commencent du temps de Napoléon III, mais c’est la IIIe République qui a pris le relais. La IVe République, ce sont les massacres de Sétif et Guelma, Madagascar en 1945, les guerres en Indochine et au Cameroun ainsi que le début de la guerre d’Algérie. Cette même République qui prônait l’Égalité, la Fraternité et la Liberté. C’est ce qu’a démontré Aimé Césaire lorsqu’il a démissionné du parti communiste français en octobre 1956 pour montrer que le racisme est entré dans ses idéologies. La République française doit reconnaître qu’elle a été raciale, qu’elle a institué le code de l’indigénat, le travail obligatoire, l’expropriation des terres, les déportations, l’enrôlement forcé dans les armées coloniales et le recrutement de la main-d’œuvre pour reconstruire la France. Tout ceci doit être reconnu par la République car elle s’est bâtie sur un amas de cadavres. Bien sûr, il y a les Français qui ont fait honneur à la France, mais ils se sont opposés à leur propre État.

 

Chaque fois, on nous ressort les harkis, les événements d’Oran et aussi la guerre civile des années 1990 car cela prouve que les Algériens ont continué à s’entre-tuer. Il faut comprendre que ce sont des guerres et que des choses effroyables se sont produites. Vous en connaissez une guerre propre? La violence qui s’est abattue sur le peuple algérien a été terrible.»

Sputnik: Le rapport recommande de permettre aux harkis de revenir en Algérie. Pourtant, aucune loi algérienne n’interdit aux supplétifs de l’armée française d’entrer sur le territoire algérien. D’ailleurs, beaucoup sont restés ici en Algérie…

Françoise Vergès: «C’est encore une manipulation de l’histoire en présentant des éléments qui ne sont pas vrais, comme si l’Algérie interdisait le déplacement des harkis et de leurs enfants.D’abord, il faut rappeler que c’est la France qui s’est mal comportée avec les supplétifs puisqu’elle les a laissés "crever" dans des camps. Maintenant, on recommande à l’Algérie de compenser toutes les souffrances subies par ces personnes sur le sol français. Cette réparation doit être assurée par l’État français. Ce que je reproche à ce rapport, c’est de montrer les communautés de façon homogène: les harkis, les pieds-noirs, les Français, les Algériens… Lorsque l’on est historien, on doit faire attention à ne pas homogénéiser. D’ailleurs je suis contre la création d’un musée sur l’histoire de la France et de l’Algérie car ce sera un musée de l’euphémisme et de la neutralisation. Le rapport de Benjamin Stora sert des objectifs macronistes qui concluront qu’"il y a eu des excès des deux côtés".»

Sputnik: Cette prise d’initiative franco-française en matière d’écriture de l’histoire coloniale est-elle la cause d’une forme d’immobilisme de la partie algérienne?

Françoise Vergès: «La France profite du comportement de l’État algérien. C’est un peu ce que fait l’Occident, qui évite d’évoquer ses propres crimes en mettant en avant les dictatures et les gouvernements corrompus du continent africain. Il y a presque un anti-anticolonialisme qui s’est construit autour de cela: on reconnaît que la colonisation c’était mal, mais "regardez maintenant qu’ils ont été incapables de faire quelque chose de leur indépendance". Je n’excuse pas du tout les gouvernements algériens qui se sont succédé. Au-delà du colonialisme, il y a l’impérialisme qui continue. Il faut se poser des questions sur le rôle de l’Organisation mondiale du commerce, de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international dans le maintien des inégalités nord-sud. Lorsque l’on analyse une situation, il est nécessaire de prendre en considération tous les éléments du puzzle. Pour l’Algérie, nous sommes face à un système qui a confisqué la victoire du peuple avec un incroyable pouvoir de l’armée qui étouffe une jeunesse.

 

Tunis

© CC BY-SA 3.0 / JOSIEHEN / AVE HABIB BOURGUIBA, TUNIS

«Nous ne voulons pas de relations entre colonisateur et colonisé», lance un député tunisien à la Banque mondiale

Nous sommes d’accord sur cela. Mais il est important de critiquer un système néolibéral global qui encourage et maintient la corruption. Les relations étroites qui existent entre l’Occident et l’Arabie saoudite, qui est loin d’être un modèle de démocratie, en sont le meilleur exemple.»

 

Sputnik: Vous êtes originaire de l’île de La Réunion, territoire dont la France a pris possession en 1642 et qui est un département d’Outre-mer depuis 1946. Doit-on voir l’histoire de tous les territoires conquis par la France à travers le monde sous le prisme de la colonialité?

Françoise Vergès: «La France possède le second empire maritime au monde après les États-Unis d’Amérique grâce à toutes ses colonies dispersées à travers la planète. Le fait de dominer ces terres lui octroie un avantage scientifique puisqu’elle peut étudier la forêt amazonienne en Guyane ou encore la vulcanologie à La Réunion. Cette position lui accorde également des avantages géopolitiques, militaires, financiers et culturels. Ces terres appartiennent soit à l’empire colonial esclavagiste (Réunion,Guadeloupe, Martinique et Guyane), soit à l’empire post-esclavagiste (Nouvelle-Calédonie, Mayotte et les terres du Pacifique). Partout, quand vous lisez les rapports gouvernementaux, on fait état d’une inégalité raciale et de classe très forte. Il n’y a presque pas d’accès à la terre pour les autochtones. Le chômage est élevé, les jeunes n’ont pas d’avenir et le taux d’illettrisme est important, qui atteint les 21% à la Réunion. Le message du gouvernement français c’est: "L’avenir est ailleurs." Mais cette situation n’est pas nouvelle. Dès 1947, le gouvernement français déclarait qu’il n’y aurait pas de développement de ces colonies et que les deux seules solutions seraient la migration et le contrôle des naissances.

 

Explosion d'une bombe nucléaire (image d'illustration)

© SPUTNIK

Question mémorielle entre l’Algérie et la France: «Il faut du courage en politique», affirme Tebboune

Il y a aussi la problématique des tests nucléaires qui se sont poursuivis dans le Pacifique après avoir été arrêtés en Algérie. Les taux de leucémies sont impressionnants et les atolls se sont remplis de déchets nucléaires. On constate également un phénomène de recolonisation, avec l’arrivée de Français de métropole qui préfèrent profiter de leur retraite sous le soleil. Sur le plan commercial, les compagnies françaises réalisent toujours des bénéfices conséquents en important 70% à 80% des biens de consommation depuis la métropole. À titre indicatif, sur l’île de La Réunion, s’il n’y avait pas de livraison par cargo, la population ne pourrait survivre au-delà de dix jours. Tout a été cassé. La France a détruit les liens de ces territoires avec leurs régions. La Réunion ne commerce pratiquement pas avec Madagascar qui est tout proche. En Guyane, les habitants disent que le café du Brésil va d’abord en France avant d’être vendu chez eux. En Martinique et en Guadeloupe, au sein de l’administration, les directeurs de services sont des Blancs. Bien sûr, nous sommes dans la colonialité, même si le régime a changé. Les principes d’inégalité, d’exploitation, de non-développement, de racisme sont toujours là. La France ne s’est pas décolonisée. Nous sommes dans "l’effet retour" décrit par Aimé Césaire. Les ségrégations raciale, sociale et professionnelle sont des réalités. Le paternalisme est une forme de racisme.»

https://fr.sputniknews.com/afrique/202102021045168273-francoise-verges-politologue-le-rapport-stora-sert-des-objectifs-macronistes/

Dans ALGERIE

ALGERIE : L’ORGANISATION DES MOUDJAHIDINE REJETTE LE RAPPORT STORA QUI OCCULTE LES CRIMES COLONIAUX LORS DE LA GUERRE D’ALGERIE (1954-1962)

Par Le 01/02/2021

Algérie: les anciens combattants rejettent le rapport Stora

Algérie: les anciens combattants rejettent le rapport Stora

folder_openAfrique access_timedepuis 4 heures

starAJOUTER AUX FAVORIS

 

Par AlAhed avec AFP

L'historien français Benjamin Stora a «occulté les crimes coloniaux» de la France en Algérie, dans son rapport sur la réconciliation des mémoires entre les deux pays, a accusé la puissante Organisation des moudjahidine (ONM), les anciens combattants de la guerre d'indépendance (1954-1962).

M. Stora «a omis d'aborder dans son rapport les différents crimes coloniaux perpétrés par l'Etat français, de l'aveu des Français eux-mêmes», affirme le secrétaire général par intérim de l'ONM, Mohand Ouamar Benelhadj, dans une vidéo diffusée sur la chaîne YouTube de cette organisation officielle.

Il s'agit de la première réaction d'un organisme officiel algérien depuis que l'historien français a remis son travail le 20 janvier au président Emmanuel Macron.

Si elle ne constitue pas une surprise -- l'ONM exhorte régulièrement la France à «s'excuser» pour les crimes commis durant ses 132 ans de colonisation (1830-1962) --, cette réaction s'apparente à une fin de non recevoir d'une partie de l'opinion publique algérienne.

En revanche, ni le président Abdelmadjid Tebboune, soigné en Allemagne pour des «complications» post-Covid, ni le directeur des archives nationales Abdelmadjid Chikhi, chargé d'un travail parallèle sur la question mémorielle, ni le ministre des Anciens combattants ne se sont encore exprimés sur le sujet.

Le responsable de l'ONM a par ailleurs mis en doute la sincérité de Paris, en estimant que le fait «d'écarter toute possibilité d'excuses de la part de la France officielle pour ses crimes coloniaux est de nature à torpiller les tentatives de réconciliation avec la mémoire».

«Les Algériens n'attendent pas de l'Etat français une indemnisation financière pour les millions de vies (perdues), mais l'appellent à reconnaitre ses crimes contre l'humanité», a déclaré M. Benelhadj.

De nombreuses critiques ont déjà émané de médias et d'historiens algériens déplorant que le principe «d'excuses» ait été écarté par le président Macron.

Le président Macron s'est engagé à prendre des «actes symboliques» pour apaiser les mémoires sur la guerre d'Algérie et réconcilier les deux pays mais il ne présentera pas les «excuses» attendues par Alger.

 

france algerie colonisation

https://french.alahednews.com.lb/38535/307

Dans ALGERIE

REPRESSION EN ALGERIE : CONDAMNATION A 18 MOIS DE PRISON FERME DE DALILA TOUAT, UNE ENSEIGNANTE DE 45 ANS

Par Le 21/01/2021

Répression.

En Algérie, la condamnation d’une enseignante engagée crée l’indignation

AFRIQUE

ALGÉRIE

COURRIER INTERNATIONAL - PARIS

Publié le 21/01/2021 - 09:19

 

Pour son avocat, Farid Khemisti, Dalila Touat est une “icône de la contestation à Mostaganem”. Le journal Liberté titre : “La pasionaria de Mosta”. Ce statut lui a valu la sévérité des juges. Le tribunal de la région du nord-ouest du pays a condamné, lundi 18 janvier, l’enseignante à 18 mois de prison ferme.

“Fougueuse, qui n’a pas la langue dans sa poche”, telle que la décrit Liberté, cette diplômée de physique au chômage était devenue en 2011 la porte-parole d’une association de défense des droits des diplômés chômeurs, raconte le site d’information indépendant.

Mais c’est huit ans plus tard, alors que le vent du Hirak souffle sur tout le pays, qu’elle devient l’une des figures les plus en vue de la contestation du régime d’Abdelaziz Bouteflika à Mostaganem. Elle est de toutes les marches et est très active sur les réseaux sociaux. Nul doute, selon la presse, que c’est ce qui mène la justice à s’intéresser à elle.

En novembre dernier, elle est ainsi accusée d’avoir tenté de perturber l’élection présidentielle du 12 décembre 2019 et “d’avoir incité les citoyens à ne pas voter lors du référendum sur la Constitution (1er novembre 2020)” et pour “outrage à un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions”, précise le journal El Watan.

Procès politique

Le 3 janvier, la militante est écrouée, avant d’être condamnée à la lourde peine de 18 mois de prison, malgré la présence de 17 avocats venus des quatre coins de l’Algérie pour la défendre. Liberté rapporte dans un second article consacré à l’affaire :

Dans sa plaidoirie, la défense s’est attelée à démontrer que, comme l’écrasante majorité des procès des animateurs du Hirak, celui intenté contre Dalila Touat n’avait rien de juridique mais tout du politique.”

Les avocats qui se sont succédé à la barre ont dénoncé un procès dont l’unique but est de “semer la peur chez les Algériens et de réprimer toute velléité de contestation”.

À LIRE AUSSI Liberté de la presse. Le journaliste Khaled Drareni, symbole de la répression en Algérie, lourdement condamné

Bien loin des espoirs qui ont suscité la chute d’Abdelaziz Bouteflika, la répression s’est accentuée avec l’arrivée du nouveau président, Abdelmajid TebbouneDes dizaines de journalistes et militants du Hirak ont été arrêtés et sont jugés.

De son côté, Algérie Part rappelle que la militante est en grève de la faim depuis deux semaines.

Dalila Touat a laissé derrière elle une mère éplorée, déchirée par le chagrin. Une mère très âgée qui pleure l’emprisonnement de sa fille, la seule qui s’occupait de ce foyer modeste.”

Malik Ben Salem

https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/repression-en-algerie-la-condamnation-dune-enseignante-engagee-cree-lindignation?utm_source=batch-notif&utm_medium=push-notification&utm_campaign=batch-notif#xtor=CS5-32-[siteweb]-[pushweb]

Dans ALGERIE

CORROMPU, L'ANCIEN PREMIER MINISTRE ALGERIEN, AHMED OUYAHIA, RECEVAIT DES LINGOTS D'OR DE CERTAINS PAYS DU GOLFE

Par Le 11/01/2021

Corruption en Algérie : l’ancien Premier ministre recevait des lingots d’or de certains pays du Golfe

 Depuis 1 heure  11 janvier 2021

ahmed_ouyahia

 Algérie - Maghreb - Monde arabe - Spécial notre site

 

 

Rédaction du site

L’ancien Premier ministre algérien à l’époque du défunt président Abdelaziz Bouteflika, Ahmed Ouyahia, a déclaré avoir « reçu des cadeaux de dirigeants des pays du Golfe sous forme de lingots d’or », lors de son procès dans des affaires de corruption.

Emprisonné car il est trempé dans des affaires de corruption, il a toutefois nié les accusations portées contre lui « d’accorder des privilèges injustifiés, d’abus d’emploi, de conflit d’intérêts et de blanchiment d’argent », selon l’agence de presse officielle algérienne APS.

Le samedi 9 janvier, lui et un autre ancien Premier ministre, Abdelmalek Sellal, ont été tenus pour responsables de cas « d’installation de voitures » et de « financement occulte » de la campagne électorale de Bouteflika.

Concernant son argent déposé dans 3 comptes bancaires et postaux, Ouyahia a déclaré que « sa provenance n’a rien à voir avec les postes élevés qu’il occupait ».
Interrogé sur les raisons pour lesquelles il a refusé de parler précédemment de cette affaire , il a répondu que c’était « afin de ne pas de nuire aux relations qui lient notre pays avec certains pays amis ».

Il a expliqué qu’il recevait lorsqu’il occupait son poste de Premier ministre « des cadeaux des dirigeants des pays du Golfe sous forme de lingots d’or qu’il a vendus sur le marché parallèle pour 350 millions de dinars (2,6 millions de dollars) puis les a déposés dans ses comptes ».
Il a argué ne pas avoir déclaré ces sommes en raison du traitement médical qu’il subit depuis l’an 2017 », selon APS.

Il n’a toutefois pas précisé  quels pays du golfe lui offraient des lingots d’or ni pour quelle raison.

Le 30 novembre 2020, un verdict a été rendu contre les deux anciens Premiers ministres, Abdelmalek Sellal et Mohamed Ouyahia, les condamnant à cinq ans de prison avec les travaux, selon la presse algérienne.

Le journal algérien « An-Nahar » a indiqué que leur peine de prison est intervenue après avoir été reconnus coupables de crimes économiques et financiers par le tribunal de Sidi Mohamed.

Source: Médias

https://french.almanar.com.lb/1983940

Dans ALGERIE

COMMENT L'ALGERIE COMMENCE A CONTRER LA "SIONISATION" DU MAGHREB?

Par Le 07/01/2021

Comment Alger a commencé à contrer la "sionisation" du Maghreb?

Thursday, 07 January 2021 3:02 PM  [ Last Update: Thursday, 07 January 2021 3:02 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

L'uniforme de soldat algérien.(illustration)

C'est époustouflant : Sur fond d'un rapport inattendu par le Maroc de la normalisation des liens avec Israël, ce dernier se laisse plutôt gagner par la désillusion : le site Internet israélien Walla a révélé les détails d'une récente conversation entre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu et le roi marocain Mohammad VI qui ne parait très prometteuse, Mohammad VI lui ayant dit qu'il s'engagerait à ouvrir une ambassade dans la phase suivante des relations. L'annonce conjointe faite il y a deux semaines par Washington d'une normalisation des rapports Rabat et Tel-Aviv comprend en effet la création d'un bureau de communication diplomatique et non l'ouverture d'une ambassade, ce que le roi du Maroc a déclaré à Netanyahu, en affirmant que l’ouverture de l’ambassade était la « prochaine étape naturelle » du processus de normalisation.

Israël: Rabat fait marche arrière?

Israël: Rabat fait marche arrière?

Le Maroc a décidé de reporter la normalisation de ses relations avec Israël 

Lire : La normalisation entre le Maroc et Israël est une trahison envers le monde musulman

Walla a en outre rapporté que la question de l'ouverture de l'ambassade avait également été évoquée lors de la récente visite de Meir Ben-Shabat, le conseiller à la sécurité du régime de Tel-Aviv, lors de sa récente visite à Rabat.

Algérie: la surprise

Algérie: la surprise

Toujours selon ce site Internet,  Netanyahu voulait inclure la question de l'ouverture d'une ambassade dans l'accord principal avec le Maroc, mais qu’il était maintenant déçu parce que le texte n'y faisait aucune allusion. Un dirigeant israélien a par ailleurs déclaré au site que « la reprise des relations avec le Maroc progresse assez lentement ". Mais c'est loin d'être le seul hic dans cette histoire. La décision d'une normalisation forcée que Washington a imposée au Maroc semble commencer à avoir porté l'effet inverse, Alger ayant visiblement décidé de  bloquer le mécanisme : cette semaine, le ministre mauritanien de la Défense s'est rendu en Algérie pour une visite de travail de deux jours que certaines sources annoncent comme étant une démarche de la part des Algériens pour ouvrir un front militaire contre l'axe sioniste au Maghreb., note un analyste.

Israël : l'Algérie contre-attaque ...

Israël : l'Algérie contre-attaque ...

Il est étrange de voir les think tanks américano-sionistes croire leur plan de guerre de pacotille aussi apte à s'appliquer à toutes les régions du monde...

"Etant limitrophe du Sahara occidental, la Mauritanie dont le Parlement vient de criminaliser toute reprise avec Israël, servira de pont au Front Polisario pour qu'il reçoive armes et munitions. Mais ce n'est pas tout : Au Sahel, autre front anti-Algérie que la France et l'OTAN ont transformé par coup d'État interposé en un foyer de déstabilisation contre l’Algérie, cette dernière commence à créer des liens et à aider les forces de résistance anti-occupation. Cette semaine et pour la première fois depuis le début de l'occupation du Mali, Barkhane a perdu cing effectifs qu'elle a vengés en bombardant à coup de Mirage 2000 le Centre de Mali. Mais la lutte armée anti-France, anti-OTAN et anti-Israël, puisqu'Israël contrôle désormais le ciel du Sahel, risque de s'élargir dans les semaines à venir, estime l'analyste qui ajoute : " surtout que les autorités algériennes s'apprêtent à proposer un partenariat beaucoup plus renforcé aux forces militaires russes, avec notamment une demande d’accès illimité aux armes de pointe avec des lignes de crédits à long-terme qui permettraient à l’Algérie de payer ses acquisitions militaires onéreuses sans s’étouffer financièrement."

https://french.presstv.com/Detail/2021/01/07/642477/Pourquoi-l-accord-avec-le-Maroc-decoit-Netanyahu%C2%A0-

 

Dans ALGERIE

ALGERIE : LA SURPRISE "ARMEE" POUR "ISRAËL"?

Par Le 27/12/2020

Le coup d'Etat militaire israélien contre l'armée marocaine ne restera pas impunie; l'ANP se tient prête

Sunday, 27 December 2020 2:25 PM  [ Last Update: Sunday, 27 December 2020 2:25 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

L'Armée de l'air algérienne.(Archives)

Ce projet de loi que la députée algérienne  Amira Selim, a proposé et qui criminalise la promotion de la normalisation avec l'entité sioniste à travers les médias et les réseaux sociaux, est plus qu'un acte symbolique. C'est une politique de principe qui veut dire beaucoup plus qu'elle n'en a l'aire. Elle veut dire que l'Algérie ne tolérera pas une "golanisation" du Sahara occidentale et qu'elle n'attendra pas que les sionistes d'origine marocaine débarquent au sein de l'armée marocaine, qu'ils en prennent le contrôle avant de passer à l'acte et à nuire à la sécurité nationale algérienne. Car pour dire les choses comme elles, pas un Algérien digne de ce nom n'est adepte de la capitulation face à Israël. 

Casus belli d'Alger à Israël?

Casus belli d'Alger à Israël?

Le Parlement algérien décide de criminaliser la normalisation avec l’entité sioniste.

Dans un post sur sa page Facebook, la députée a expliqué que ce projet juridique vient en soutien à la position officielle de l' État algérien qui rejette toute normalisation avec l'entité sioniste, d'autant plus que le conflit du Sahara occidental est une question de décolonisation. Le projet de loi comprend neuf articles, dont l'interdiction à toute personne ou parti de promouvoir le discours de normalisation avec l'entité sioniste par le biais des médias officiels ou privés, la possibilité d'engager une action en justice contre tout journaliste ou travailleur du secteur des médias.

Pour cette député, tout comme pour l'Etat et la nation anti colonialiste algériens, la capitulation du Maroc qui était dans l'air depuis fort longtemps fait partie de ce projet du Maghreb élargi dont le volet moyen oriental vient de se faire capoter par l'axe de la Résistance. Au Maghreb, l'axe US/Israël, cherche tout comme au Moyen-Orient, de créer une nouvelle vague de "chaos interne et armé" par intrusion du facteur sioniste, chaos qu'il cherchera être le plus confessionnalistes, ethnicistes possible. Une ligne de chaos reliant le Moyen Orient au Maghreb avec à ses deux extrémités, l'Iran et l'Algérie. Après tout un Israël quasi inexistant ne saurait survivre qu'en se faisant inoculer aux Emirats ou au Maroc et en y cherchant à foutre le chaos, puisque telle est l'essence de l'entité sioniste. 

En fait, cette politique fournit le prétexte à Israël de ne mobilisera pas son armée pour combattre sur les fronts. Mais elle le poussera à propager le projet de l’iranophobie pour faire suggérer à ses mercenaires du bassin du golfe Persique que l’Iran représente une menace pour la sécurité régionale et il faut l’affronter !

L'Algérie menace, Israël tremble!

L'Algérie menace, Israël tremble!

La normalisation devra donc par principe rendre le terrain propose à la métastase israélienne aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et dans les régions occupées par l'Arabie saoudite et les Émirats en Yémen, en particulier l'île stratégique de Socotra. Les Américains et les Israéliens ont inventé un ennemi fictif, pour les États du golfe Persique qu'ils appellent l'Iran. En Afrique du Nord, ils ont inventé un nouveau foyer de conflit au Maghreb, avec en toile de fond la situation actuelle au Sahara Occidental, et évidemment cet ennemi à abattre qu'est le Front Polisario.

Un coup d'œil sur la carte de l'Algérie, montre que les résidus du groupe terroriste Daech sont déployés dans les pays du Sahel, avec lesquels Washington organise des manœuvres sur les frontières du sud de l'Algérie, du Mali, du Niger et du Tchad. Israël s’est infiltré à N'Djamena, capitale du Tchad, pour coordonner les agissements des éléments de Daech. Il essaie de leur fournir le soutien nécessaire, pour mener des opérations terroristes.

Algérie : l'électrochoc anti-Israël!

Algérie : l'électrochoc anti-Israël!

Il y a des années, les daechistes qui bénéficient des soutiens sans faille du régime de Tel-Aviv ont attaqué des cibles pétrolières et des stations de gaz naturel dans le sud de l'Algérie. Tout ceci fait partie des risques en perspective. Reste à savoir si oui ou non Alger se laissera faire. Le projet de loi en cours nous pousse à répondre par négation. Dans le golfe Persique, l'Iran bloque de facto et par sa puissance de feu toute ambition sioniste, au Maghreb, c'est l'Algérie qui en fait déjà autant. L'Algérie dispose de la plus grande arme de l'air et de la marine d'Afrique, armée dont l'entité sioniste en a vu une petite démonstration en 1988 avant de battre en retraite.

Et ce n'est pas tout : si les Etats-Unis viennent de fournir des drones MQ-9 au Maroc, ou si les pseudo marocains d'Israël au nombre desquels se trouvent quelques-uns des généraux criminels de l'armée sioniste, Eizerkat, Petez... qui se seraient déjà établir dans une base située à 30 kilomètres des frontières algériennes, l'ANP, elle, est auto suffisante : son arsenal made in Russie ne l'a pas empêché de fabriquer elle meme ses armes et de les utiliser non pas à des fins de mercenariat pour l'axe US/OTAN mais pour préserver l’indépendance et la souveraineté du pay. 

L'Algérie met en garde Israël

L'Algérie met en garde Israël

L’annonce d’un engagement du Maroc à normaliser ses relations avec Israël et de la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté marocaine sur le territoire du Sahara occidental a provoqué la colère d’Alger qui fustige des « manœuvres étrangères » voulant déstabiliser le pays.

A preuve : Le 8 octobre 1988  l' arme de l' air  israélienne a essayé de s'infiltrer dans le ciel de l' Algérie et bombarder une réunion du du Conseil du National palestinien, qui était en séance dans la capitale Alger avant de se heurter de plein fouet aux MiG-25 et aux radars de la DCA algériennes qui ont intercepté les F-16 à 400 kilomètres de distance de l'espace aérien du pays. Les Buk-3 algériennes, eux, étaient également prêts à tirer et Israel a du s'enfuir. Idem pour la soi-disant marine sioniste qui en juin 84 a fait une tentative d'approche des ports de l' Algérie à l' est de la capitale,et ce, sous le prétexte d'avoir à "chasser un commando". Le raid fut un flop total. ... le projet de loi de la député algérienne vient de loin. Tout comme dans le golfe Persique, Israël perd gros s'il se croit tout permis au Maghreb. Parole de Résistants.. 

https://french.presstv.com/Detail/2020/12/27/641603/Isra%C3%ABl-Maroc-Normalisation-Menace-Otan

 

Dans ALGERIE

CASUS BELLI D'ALGER A "ISRAËL"?

Par Le 26/12/2020

Le Parlement algérien criminalise la normalisation avec l'entité sioniste

Saturday, 26 December 2020 5:01 PM  [ Last Update: Saturday, 26 December 2020 5:39 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Le Parlement algérien. ©Les Échos

Les représentants au Parlement algérien soutiennent l’idée d’introduire un projet de loi pour criminaliser toutes les formes de normalisation avec l’occupation israélienne, et pour interdire toute mesure qui justifierait des positions ou des pratiques qui soutiennent la normalisation en Algérie.

Dans une interview à Al-Araby Al-Jadeed, le député Youssef Agisa a déclaré : « Il existe des contacts pratiques avec tous les blocs parlementaires pour préparer une initiative législative parlementaire qui inclut la criminalisation de la normalisation sous toutes ses formes politiques, économiques et culturelles », notant que « cette proposition bénéficie d’un grand soutien parlementaire ».

« Nous voulons, à travers cette initiative législative, soutenir la position de l’État algérien, et nous apprécions la position du président algérien, Abdelmadjid Tebboune, qui avait dit que l’Algérie ne se précipiterait pas vers la normalisation », a déclaré Ajisa.

L'Algérie menace, Israël tremble!

L’Algérie menace, Israël tremble !

La loi vise également à criminaliser tous les types de transactions commerciales et économiques avec le régime sioniste et ses entreprises.

Dans ce contexte, le député algérien Agisa, qui appartient au Mouvement de la Société pour la Paix et est membre du Comité permanent de Palestine dans les parlements islamiques basés en Iran, a appelé à l’accélération de la formation du Comité Palestine au Parlement algérien, à convertir les positions politiques en mesures pratiques et à mettre en œuvre les recommandations des réunions des parlements islamiques qui stipulent « créer un comité permanent pour préserver l’existence de la cause palestinienne ».

Le Parlement algérien décide ainsi de criminaliser la normalisation, une claire mise en garde contre les manœuvres US/Israël au Sahara occidental, le Maroc ayant décidé de normaliser avec l’entité sioniste après l’annonce par Trump de la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara. Mais il y a plus ; Alger s’apprête à la guerre.

L’Américain Max G. Manwaring a expliqué, dans une conférence animée en Israël, en 2018, devant un parterre de généraux de l’OTAN le concept de la sournoise guerre de quatrième génération qui cible l’Algérie de façon directe, en même temps que tous les pays inclus dans le plan de reconfiguration du Moyen-Orient et du Maghreb.

L'Algérie

L’Algérie

Sahel : comment l’Algérie neutralisera Tel-Aviv ?

Le professeur retraité de stratégie militaire à l’Institut d’études stratégiques de l’US Army War College a expliqué que les anciennes méthodes de guerre classique « sont dépassées » et que le monde vit désormais la « quatrième génération » qui consiste à affaiblir les États de l’intérieur sans devoir recourir à l’envoi de troupes.

« Le but n’est plus de détruire l’armée d’un pays donné ou de réduire ses capacités militaires, mais de l’anéantir doucement, mais sûrement », a expliqué le professeur américain, l’objectif étant de « pousser l’ennemi à se plier à nos exigences », a-t-il ajouté.

La finalité de la guerre de quatrième génération consiste à déstabiliser le pays visé, a fait savoir le stratège militaire américain, en soulignant que « cette déstabilisation est exécutée lentement et calmement en utilisant les citoyens du pays ennemi pour créer un État impuissant de sorte que nous puissions le dominer ». Pourquoi cette méthode doit-elle être inscrite à long terme et être menée à un rythme lent ? Max G. Manwaring répond : « Le chaos continu signifie le désordre progressif des villes et la transformation des citoyens en un cheptel égaré. »

Lire aussi :

Quand Alger déjoue le complot d’isolement !

Max G. Manwaring insiste : « La stratégie de la guerre lente consiste à déplacer la guerre d’un lieu à un autre, d’un territoire à un autre, à user de toutes les capacités de l’État ennemi sur plusieurs étapes espacées dans le temps et à le pousser à se battre sur plusieurs fronts à la fois. » « Pour ce faire, il faut l’encercler par des exécutants locaux et œuvrer à provoquer une crise sur un front tout en calmant un autre, c’est-à-dire qu’il faut gérer la crise en permanence et non pas la résoudre pour éviter un effondrement rapide », a ajouté le conférencier, en expliquant qu’« une destruction accélérée épargnerait un grand nombre de fondements et d’institutions de l’État et de la société ».

Dans le cas algérien, les exécutants de ce conflit dissimulé sont connus. Ils appartiennent au courant islamique et à l’Internationale socialiste. Ils agissent depuis les années 1990 à partir de l’étranger, mais aussi de l’intérieur du pays et ont récupéré, comme en octobre 1988, le mouvement de contestation populaire du 22 février 2019 en le déviant de son but initial.

Algérie ciblée: la contre-attaque?

Algérie ciblée: la contre-attaque?

La normalisation des relations entre le Maroc et Israël, et la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté marocaine sur le territoire du Sahara Occidental a fini par mettre l’Algérie en colère.

https://french.presstv.com/Detail/2020/12/26/641557/Alg%C3%A9rie-normalisation-Isra%C3%ABl-parlement

Dans ALGERIE

HIRAK : LA FILIERE TUNISIENNE

Par Le 26/12/2020

Hirak: la filière tunisienne

Lundi, 21 Décembre 2020 20:08 Ahmed Bensaada

EnvoyerImprimerPDF

La récente ressuscitation politique de l’ancien président tunisien en a surpris plus d’un, non seulement par la piètre teneur de son propos mais surtout par son insolente immixtion dans les affaires d’autrui. On a ainsi eu droit à Marzouki l’insipide écrivain collabo, Marzouki le pitoyable orateur et Marzouki le médiocre analyste, une triple punition pour les personnes qui ont suivi ses errances cogitatives.
Moncef Marzouki est, en effet, le préfacier du livre commandité par le mouvement Rachad en réponse au mien (Qui sont ces ténors autoproclamés du Hirak Algérien?). Cette ostensible collaboration avec une organisation accusée d’avoir des liens avec la nébuleuse islamiste, et dont l’hyperactivité au sein du Hirak n’est plus à démontrer, met en lumière deux aspects importants. Primo, Marzouki étant lui-même un islamiste avéré, sa contribution à ce travail de pure propagande confirme la nature internationale de l’entité Rachad et du rôle nocif de son internationalisme dans le Hirak. Secundo, elle montre que la « printanisation » de l’Algérie est le but recherché par Rachad et son auteur fétiche. On peut s’en rendre compte en lisant la préface du livre de Rachad. Marzouki y écrit :
« Après la première vague du « printemps arabe » en Tunisie, en Libye, au Yémen, en Égypte et en Syrie, et malgré les revers et ce que certains ont pris pour des « leçons », la deuxième vague est survenue au Soudan, en Algérie, en Irak et au Liban ».

 

Ainsi, selon Marzouki (et, bien entendu, Rachad), l’Algérie vit actuellement une deuxième vague de printanisation touchant les pays arabes « rescapés » de la première. Une fatalité concoctée d’après les grimoires d’officines bien connues. Et quand on sait quelle a été la conséquence de cette saison funeste sur la plupart de ces pays, on imagine les images de chaos qui doivent faire saliver Marzouki et ses « rachadiens ».

Des villes complètement détruites, des citoyens décimés par centaines de milliers, des réfugiés fuyant la terreur par millions et des rêves évaporés à jamais.

Même dans le cas de la Tunisie, il est difficile de comprendre cette propension à idéaliser sa situation. Il est vrai que la condition des libertés démocratiques s'est nettement améliorée. Malgré cela, les observateurs (surtout occidentaux) sont unanimes sur son insuccès, dix ans après la disparition de feu Mohamed Bouazizi. Et les titres des journaux soulignant cet anniversaire sont éloquents :

 

The Guardian (GB): « 'He ruined us': 10 years on, Tunisians curse man who sparked Arab spring »

(''Il nous a ruinés '': 10 ans plus tard, les Tunisiens maudissent l'homme qui a déclenché le printemps arabe)

Le Temps (CH): « Mohamed Bouazizi, le héros maudit de Sidi Bouzid »

Le Figaro (FR) : « Dix ans après, le goût amer des printemps arabes »

Tunisie Numérique (TN) : « Le Monde : Techniquement, la Tunisie est quasiment en faillite ! »

Etc.

 

 

On constate que ceux-là mêmes qui soutenaient et applaudissaient les « printemps » arabes se rendent compte - un peu trop tard - de leur erreur. Et à quel prix!

Dans le cas tunisien, on peut y ajouter certaines particularités post-« révolution » : la sidérante participation au jihadisme international (premier pourvoyeur de terroristes dans le monde en 2015), l’odieux « jihad al-nikah », le phénomène des harragas , etc.

Alors, au lieu de s’occuper des affaires algériennes, Marzouki devrait plutôt s’intéresser à son pays et mettre ses « immenses » talents au service de son peuple. À moins que le surnom de « Tartour » (pantin) dont il a été affublé par les Tunisiens ne le disqualifie complètement.

Marzouki s’est aussi fait remarquer par sa position anti-algérienne dans le dossier du Sahara Occidental. Une attaque féroce et hostile qui corrobore son rôle collaborationniste dans le Hirak.

 

 

 

 

Il est inutile de discuter plus longuement ce dernier point puisque le professeur Chitour s’en est chargé de manière académique en dressant un tableau peu reluisant du Tartour tuniso-rachadien.

Marzouki ennemi de l’Algérie? Son rôle dans le Hirak et la virulence de ses récentes sorties médiatiques tendent à le confirmer.

Il est cependant intéressant de noter que cette rencontre, qui a permis à Marzouki de verser tout son venin sur l’Algérie, a été organisée par « Shoaa for Human Rights Ltd ». Cette ONG récemment incorporée à Londres est présidée par l’Algérien Rachid Aouine. D’après les journaux de l’époque, M. Ouine est un ancien douanier « abusivement licencié », qui s’est métamorphosé en militant des droits de l’Homme. Après avoir eu maille à partir avec la justice algérienne, il a été défendu par Al Karama, fondation proche du mouvement Rachad. Il s’est exilé par la suite à Londres où il continue ses activités droit-de-l’hommistes par le biais de cette nouvelle ONG.

 

 

 

 

Cela explique pourquoi on retrouve Marzouki chez Rachad et chez « Shoaa for Human Rights Ltd ». Mais cela n’expliquera jamais pourquoi des Algériens qui prétendent défendre leur pays permettent à un étranger de cracher sur l’Algérie.

On se serait contenté d’un seul tartour produit par notre pays voisin, mais voilà qu’un second fait surface, comme par enchantement.  Il s’agit de Ahmed Ounaies, un ancien ministre des affaires étrangères de la Tunisie, membre du gouvernement Ghannouchi II. Ce monsieur s’était fait remarquer par ses éloges à l’égard de Michèle Alliot-Marie, son homologue française, celle-là même qui avait proposé « le savoir-faire » des forces de sécurité françaises pour mater la « révolution du jasmin ». Ses propos avaient à l’époque soulevé l’ire des fonctionnaires de son ministère qui l’avaient chahuté et poussé à la démission. Il ne resta finalement à son poste que…25 jours! Et c’est ce « grand » diplomate qui vient donner des leçons à l’Algérie, on aura tout vu!

Regardons ça de près. Dans une virulente interview sur IFMTV, il accusa l’Algérie - qu’il désigne par « régime militaire algérien » - d’être la source de tous les maux de la région en plus de s’être accaparé frauduleusement plusieurs « centaines de kilomètres du Sahara tunisien » et d’avoir cassé l’Union du Maghreb arabe, contrairement au Maroc. Il ne se priva pas d’ajouter que la normalisation du Maroc avec l’État hébreu n’était pas négative et qu’elle avait été imposée par la position algérienne.

 

Ahmed Ounaies sur IFMTV (14 décembre 2020)

 

 

 

 

Épargnons-nous les autres inepties de cet acabit proférées par cet analyste digne du café du Commerce. On doit se réjouir pour la Tunisie car c’est une chance pour elle que ce monsieur n’ait pas fini le mois à la tête de sa diplomatie. Il aurait mené son pays dans un gouffre sans fond.

Il n’y a pas que ces deux vieux flibustiers qui ont mis leurs nez dans les affaires algériennes. D’autres tunisiens, plus jeunes et plus sournois, n’ont rien à leur envier. Et on doit encore ceci à Rachid Ouine et à sa fameuse ONG de Londres.

En effet, à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’Homme, le 10 décembre 2020, « Shoaa for Human Rights Ltd » organisa une rencontre en ligne ayant pour thème « La situation des droits de l’Homme en Algérie ». Sur la liste des participants, on pouvait lire, entre autres: Mme Nassera Dutour, M. Abdelghani Badi, M. Messaoud Romdhani, M. Samir Bouaziz et Mme Zouhour Ouamara. Ces invités représentaient respectivement les organisations suivantes : CFDA (Collectif des Familles de Disparus en Algérie), LADDH (Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme), EuroMed Droits, RSF (Reporters sans Frontières) et « Article 19 ».

 

 

 

 

 

Ça ne vous rappelle rien? Bien sûr que oui : ce sont 5 des 16 organismes qui ont appuyé, dans une déclaration commune, la résolution du Parlement européen contre l’Algérie en date du 25 novembre dernier.

S’il y a une chose qu’on ne peut pas leur enlever, c’est leur persévérance acharnée contre l’Algérie. Deux semaines plus tard, ils étaient déjà au boulot. Quelle énergie!

Les connexions entre ces « ONG » et les Fondations Soros et/ou les organisations américaines d’« exportation » de la démocratie ont été récemment discutées dans un article détaillé.

Parmi ces cinq ONG, les deux premières sont algériennes (financées par la NED – National Endowment for Democracy) alors que les trois autres sont internationales, bénéficient d’un statut de lobbyiste auprès de l’Union européenne (UE) et reçoivent des subventions de l’Open Society Foundations (OSF) de George Soros.

 

Intéressons-nous maintenant aux représentants de ces trois ONG internationales.

De nationalité tunisienne, M. Messaoud Romdhani est membre du comité exécutif d’EuroMed Droits. Il est aussi membre fondateur du Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), vice-président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH) et directeur de publication au Comité pour le respect des libertés et des droits de l'homme en Tunisie (CRLDHT).

Messaoud Romdhani œuvre aussi comme directeur pour la Tunisie de l’Institut du Caire pour l’étude des droits de l’homme (CIHRS).

Cet institut financé par la NED faisait partie, lui aussi, des 16 organismes cités auparavant.

Accompagné d’une délégation de militants(es) tunisiens (nes), M. Romdhani s’est rendu à Alger le 29 mars 2019 pour participer au 6e vendredi du Hirak.

 

Arrivée de Messaoud Romdhani et de la délégation tunisienne à Alger (29 mars 2019)

 

 

Messaoud Romdhami participant au Hirak dans les rue d'Alger (29 mars 2019)

 

 

 

 

 

 

Le lendemain, la délégation s’est réunie avec « le collectif de la société civile algérienne » dans les locaux du RAJ (Rassemblement Actions Jeunesse), une autre ONG algérienne financée par la NED. Sur certaines photos, on remarque la présence de Abdelouahab Fersaoui et Hakim Addad.

 

 

 

 

 

 

Dans son intervention (53’10’’ @ 1h 10’ 05’’) lors de l’évènement organisé par « Shoaa for Human Rights Ltd », on l’entend expliquer que le Hirak a été pacifique et n’a pas cédé aux provocations de « l’autorité » malgré le « harcèlement des activistes qui ont été arrêtés et des journalistes qui sont un moyen important pour diffuser les informations à l’extérieur de l’Algérie ». Pour lui, le référendum a été « une farce à tous points de vue » et que la condamnation du Parlement européen n’est pas une interférence dans les affaires algériennes puisque, d’après lui, « le système algérien » a accepté les conditions contenues dans les clauses de son partenariat avec l’UE.

 

Cliquez sur l'image pour visionner l'intervention de Messaoud Romdhani

 

 

 

 

 

Il serait certainement utile de faire parvenir l’article de Boualem Snaoui à ce valeureux militant des droits de l’Homme. Ça l’aidera certainement à mieux comprendre les attaques de son ONG contre l’Algérie, mises dans la bouche de l’UE.

 

M. Samir Bouaziz est un journaliste tunisien, responsable des projets et du plaidoyer pour l’Afrique du Nord à RSF. Son militantisme droit-de-l'hommiste lui a naturellement ouvert les portes des médias mainstream. C’est ainsi qu’on l’aperçoit souvent sur les plateaux de France 24, un média bien connu pour sa partialité dans le traitement du Hirak algérien. Rien d’étonnant, puisque sa lecture des évènements ne diffère nullement de celle du Quai d’Orsay. On l’a aussi vu sur Al Magharibia (Awraas), la chaîne TV des militants de l’ex-FIS (Front Islamique du Salut), ce qui en dit long sur ses accointances politiques.

 

Samir Bouaziz invité d'Al Magharibia (Awraas TV)

 

 

 

 

Le discours de M. Bouaziz (1h 16’ 48’’ @ 1h 33’ 34’’) lors de la rencontre organisée par « Shoaa for Human Rights Ltd » porta évidemment sur la liberté de la presse et le cas du journaliste Khaled Drareni. Selon lui, ce qui est publié par l’agence de presse nationale algérienne (APS - Agence Presse service) est considéré comme une régression, une restriction. Il ajouta que M. Belhimer, Ministre de la Communication, veut se faire une représentation du journaliste qui lui est propre et, concernant la presse écrite, il désire imposer des normes restrictives selon sa propre perception.

 

Cliquez sur l'image pour visionner l'intervention de Samir Bouaziz

 

 

 

Ses critiques ne diffèrent donc pas de la ligne que s’est fixée (ou s’est fait dicter?) RSF dans le dossier « Algérie ». Mais quand on connait toutes les controverses qui entourent cet obscur organisme, on est en droit de douter de l’objectivité de M. Bouaziz. Tout d’abord, au sujet du financement de RSF, il est important de se référer au remarquable travail de Maxime Vivas, journaliste d’investigation, qui a méticuleusement étudié et démystifié RSF pour en écrire un livre intitulé « La face cachée de Reporters sans frontières ». M. Vivas a bien voulu mettre à notre disposition, et à titre gracieux, un extrait de ce livre que nous publions ici.

 

Cliquez sur l'image pour lire l'extrait du livre de Maxime Vivas

 

 

 

 

 

Pas encore convaincu? On recommande alors la lecture de la récente interview de mon ami Jacques-Marie Bourget, journaliste, écrivain et grand reporter de guerre. Elle est intitulée : « RSF est un outil de propagande atlantiste ».

Passons à la représentante de la troisième ONG, Mme Zouhour Ouamara. Sur son compte LinkedIn, cette dernière se présente comme « Consultante régionale pour la zone MENA (Middle East and North Africa) de l’ONG "Article 19" » et c’est à ce titre qu’elle a été invitée au débat en ligne organisé par « Shoaa for Human Rights Ltd ».

 

Capture d'écran du compte LinkedIn de Zouhour Ouamara

 

 

 

 

« Article 19 » est une ONG britannique qui se spécialise dans la défense de la liberté d’expression. Sur son site, on peut lire qu’elle « œuvre pour un monde où tous les peuples du monde entier peuvent s'exprimer librement ».

Financée par un très grand nombre d’organisations occidentales, privées ou étatiques, elle l’est aussi par certaines, américaines, qui se sont spécialisées dans l’« exportation » de la démocratie telles que la National Endowment for Democracy (NED), la United States Agency for International Development (USAID), l’OSF ou Freedom House. Comme indiqué dans un article précédent, cette ONG est également subventionnée par le Département d’État américain. Toutes ces informations peuvent être consultées sur une des pages du site officiel d’« Article 19 ».

 

Qui finance "Article 19"?

 

 

 

 

Née d’un père algérien et d’une mère tunisienne, Mme Ouamara est une militante très active dans le Hirak comme on peut s’en rendre compte lors de la manifestation du 11 décembre 2019 devant la porte du Consulat général d’Algérie à Tunis. Pour rappel, cette date correspond à la veille des élections présidentielles du 12 décembre 2019.

D’après la journaliste qui l’avait interviewée ce jour-là, elle portait une pancarte avec le slogan « Ulac L’vote Ulac » (Pas de vote). À propos des élections, elle déclara que « cette élection ne répond pas aux volontés du peuple » et qu’elle dénonçait « les bureaux de vote ambulants mis en place sur tout le territoire tunisien pour augmenter illégalement la participation ».

 

Manifestation devant la porte du Consulat général d'Algérie à Tunis (le 11 décembre 2019)

La pancarte "Ulac L'Vote Ulac" est brandie par Zouhour Ouamara

 

 

 

Il est difficile de comprendre la démarche de Mme Ouamara qui se dit « professeure de droit ». Comment peut-elle convaincre ses étudiants « qu’empêcher de voter est un acte démocratique »? Comment s’y prend-elle pour leur définir la notion de « peuple »? Sur quelle loi se base-t-elle pour affirmer l’illégalité de ces bureaux de vote?

Ce qui nous mène à une question primordiale: l’ONG « Article 19 » était-elle opposée aux élections présidentielles? Alors, quid de la liberté d’opinion et d’expression contenue dans l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme?

Comme son collègue Samir Bouaziz, Mme Ouamara s’affiche ostensiblement sur la chaine Al Magharibia (Awraas) où elle se présente comme « militante des droits de l’Homme et analyste politique ».

 

Zouhour Ouamara invitée d'Al Magharibia (Awraas TV)

 

 

 

Le plus intéressant dans le cas de cette militante, analyste, professeure, activiste et ONGiste, c’est sa déclaration lors de la conférence de « Shoaa for Human Rights Ltd » (1h 10’ 08’’ @ 1h 16’ 40’’).

Tout d’abord, elle nota que depuis le début du Hirak, il y a eu « le recul des droits de l’Homme en Algérie », « la politique répressive des autorités », « la politisation du pouvoir judiciaire », « la politisation de la pandémie du Corona virus », « l’amplification des pouvoirs du Président de la République dans la nouvelle constitution », etc.

Toutes ces formulations, qui font partie du champ lexical spécifique au droit-de-l’hommisme, ne sont pas originales. Elles ont déjà été entendues dans les antichambres de la « printanisation ».

 

Cliquez sur l'image pour visionner l'intervention de Zouhour Ouamara

 

 

 

Mme Ouamara aborda par la suite le « passionnant » sujet de la solidarité internationale.

 

« […] Le côté positif, c’est que nous observons qu’il y a une vague de solidarité de la société internationale avec la société civile algérienne et, malgré toutes les difficultés, les organisations internationales ont procédé à de multiples démarches. La dernière en date est la résolution du Parlement européen. Nous constatons aussi qu’il y a un élan qui montre la solidarité internationale avec le Hirak populaire malgré la diabolisation de cette solidarité […] ».

 

Tiens donc, Mme Ouamara reconnait l’existence de l’effervescence « des organisations internationales » (et de la sienne, « Article 19 ») contre l’Algérie! Et elle est bien au courant de la levée de bouclier suscitée par cette fameuse résolution européenne. Est-elle si offusquée par les arguments de la critique qu’elle n’a plus aucune autre alternative que l’invocation des démons? Mais, madame, de quel côté se trouve le diable? Du côté de ceux qui détruisent les pays ou de ceux qui veulent les préserver? De ceux qui veulent massacrer des populations ou de ceux qui veulent protéger leurs vies?

Le diable, madame, se trouve du côté de ceux, comme vous et vos organisations droit-de-l'hommistes, qui ont transformé des pays prospères en champs de ruines, qui ont provoqué des exodes et qui ont creusé des fosses communes.

Mme Ouamara termina son laïus en émettant la recommandation de la poursuite du Hirak et de sa structuration d’une manière orientée vers la garantie des droits et des libertés.

Ainsi, Mme Oumara confirme le travail synergique des ONG nationales et internationales dans l’affaire de la résolution du Parlement européen comme expliqué dans une précédente analyse .

 

L’activisme politique des Tunisiens et leur collaboration avec les organisations américaines d’« exportation » de la démocratie n’est lui aussi plus à démontrer. Durant le « printemps arabe », cela a été rendu possible dans le cadre de ce que le journaliste Pierre Boisselet a nommé « la ligue arabe du Net ». Citons, par exemple, le cas du cyberactiviste tunisien Slim Amamou qui a tout naturellement reconnu avoir collaboré avec la CIA, rien de moins.

 

Cliquez sur l'image pour visionner les déclarations de Slim Amamou

 

 

Tous les éléments discutés dans cet article montrent l’existence d’une réelle ingérence dans les affaires algériennes par des politiciens et des activistes tunisiens. Peut-on leur rappeler la neutralité des Algériens lors de leur « révolution du jasmin »? Alors, de grâce, qu’ils nous laissent régler nos problèmes entre Algériens et qu’ils s’occupent des leurs, ils en ont tellement!

D’autre part, les activités subversives de ce type d’individus sont non seulement directement néfastes pour la Tunisie, mais affectent aussi la grande amitié et le respect entre les peuples algérien et tunisien.

Récemment, le politologue tunisien Riadh Sidaoui a émis le vœu de voir émerger, dans ces temps difficiles une alliance entre la Tunisie et l’Algérie. Très bonne initiative, mais cela ne pourra jamais se faire tant que la Tunisie n’aura pas neutralisé ses activistes droit-de-l’hommistes et ses politicards qui nuisent aux relations entre les deux pays.

Car, qu’on se le dise, l’Algérie ne sera d’aucune façon indulgente envers tous ceux qui désirent y créer le chaos. C’est ce serment qui a été fait à nos valeureux martyrs.

 

 

 

Informations complémentaires

Vidéo de Rafaa sur le sujet de l'article

كيف أخترق المرتزقة التونسيون الحراك الجزائري

Cliquez sur l'image pour visionner la vidéo

QUI PAIE REPORTERS SANS FRONTIÈRES  (RSF) POUR RACONTER ÇA ?

Michel Collon reçoit Maxime Vivas

Cliquez sur l'image pour visionner la vidéo

 

https://www.ahmedbensaada.com/index.php?option=com_content&view=article&id=542:2020-12-22-01-14-36&catid=46:qprintemps-arabeq&Itemid=119

 

Dans ALGERIE

USA/ISRAËL : PREMIERE VICTOIRE D'ALGER ?

Par Le 19/12/2020

Le front Polisario plus coriace que prévu, Bolton appelle à un changement de cap

Saturday, 19 December 2020 7:28 PM  [ Last Update: Saturday, 19 December 2020 7:29 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

USA/Israël: première victoire d'Alger?

Selon le site Algeriepatriotique, une vaste cyberguerre a été déclarée à l’Algérie via le hacking d’un grand nombre de sites officiels hébergés en « . dz ». Une attaque informatique qui est loin d’être un effet du hasard vu qu’elle intervient dans la foulée de la normalisation de Rabat avec l’entité sioniste en échange de la reconnaissance de la souveraineté du trône marocain sur le Sahara occidental.

Le présentateur d’une chaîne arabophone basée à Londres se disait, commentant cette normalisation, littéralement scandalisé par le fait que le Maroc s’était si naïvement laissé piéger par un Trump qui « a revendu à Rabat son “emprise” déjà consolidée sur le Sahara occidental, et ce, en échange de l’honneur d’un trône marocain qui se réclame comme président du comité de Qods !"

Lire aussi: Les Émirats qualifient l’Algérie de menace : le décodage

 Le ministère sahraoui de la Défense a annoncé avoir enregistré, en un mois de guerre de libération, 185 tirs d’artillerie ayant ciblé 10 secteurs militaires de l’occupant tout le long du mur de la honte, soulignant que l’armée sahraouie se trouve dans une bonne position de combat pour poursuivre le bombardement des concentrations de l’armée marocaine.

L'Algérie met en garde Israël

L’Algérie met en garde Israël

L’annonce d’un engagement du Maroc à normaliser ses relations avec Israël et de la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté marocaine sur le territoire du Sahara occidental a provoqué la colère d’Alger qui fustige des « manœuvres étrangères » voulant déstabiliser le pays.

La perspective d’une guerre d’usure se pointe. D’où sans doute ces murmures qui se multiplient un peu partout à travers la presse aux ordres et qui renvoie à l’intention marocaine de voir les troupes US s’installer au Sahara. Pris au piège par l’axe US/Israël, le fait est parti d’un scénario d’occupation signé US/Israël. Peut-être. Mais comme le disait ce matin la conseillère du président Assad, les projets des think tanks US, les peuples souverains n’en ont rien à cirer et évidemment à les contrer. L’extrême rapidité de l’ANP à s’organiser les mises en garde des hauts officiels algériens cette semaine semble avoir eu son effet, les USA ayant eu peur : alors que Bolton appelle Biden à revoir l’annonce pro Maroc de Trump au Sahara, l’axe US-Israël passe du mode actif au mode passif : les cyberattaques en étant la parfaite illustration. Autre signe du repli : le président français vient d’appeler son homologue algérien pour lui demander de ses nouvelles et pourtant Tebboune n’a pas hésité à défier la France en se rendant pour des soins en l’Allemagne...

Lire aussi : Puisque le Maroc s'est fait piéger, l'Algérie saura sauver le Maghreb de l'embrasement? oui à condition que...

Algérie: Israël s'implante en Libye

Algérie: Israël s'implante en Libye

Maghreb Press du 22 août 2020

https://french.presstv.com/Detail/2020/12/19/641053/Alg%C3%A9rie-Cyber-attaque-H%C3%A9licopt%C3%A8re-Isra%C3%ABl-Normalisation

Dans ALGERIE

ALGERIE : CONTRIBUTION DE BOUALEM SNAOUI – LE PARLEMENT EUROPEEN EN ORDRE DE BATAILLE

Par Le 19/12/2020

Contribution de Boualem Snaoui – Le Parlement européen en ordre de bataille

décembre 19, 2020 - 9:31 3 Commentaires

 

 

 

Borell inversion des valeurs

Pour qui Josep Borrell sonne-t-il les cloches ? D. R.

Par Boualem Snaoui – On vit une drôle d’époque, une époque où l’inversion des valeurs et des rôles devient la norme. Au nom de la «liberté et de la démocratie», au nom des «droits de l’Homme», on organise des «chaos» et des guerres infâmes contre des peuples innocents et des nations à peine indépendantes, au profit des puissants. «C’est le nouveau monde».

Les guerres se préparent, elles se construisent, elles s’organisent, elles sont «le fruit amer» d’un long travail de fond, de préparation, de manipulations et de diabolisation, où l’on fabrique essentiellement des «pour la guerre» ; tous les «pour», sous différentes bannières médiatiques, politiques et militaires. Rien ne vient par hasard. Les «contre» sont cachés et on fait en sorte qu’ils n’existent pas. Il arrive que l’on fabrique des «pour» et des «contre» pour les besoins du scénario, préparé par des metteurs en scène souvent expérimentés dans ce type de montage de films de guerre. Ceux-ci logent généralement dans des demeures inaccessibles et fortifiées.

Les médias puissants des «pour», mobilisés en masse, comme à Hollywood, se chargent de diaboliser la cible confectionnée pour la production du film de guerre : il y a les gentils qui sont reconnaissables et, en face, ce sont les «méchants». Dans les scénarios, on reconnaît toujours les gentils qui, par ailleurs, sont toujours, comme dans les vrais films, les gagnants. Et gare à celui qui défend les méchants tout désignés. C’est un peu comme dans les westerns d’Hollywood : les méchants, ce sont toujours les Indiens exterminés, et les gentils, ce sont les cowboys.

«La faim» justifie les moyens, et le bourreau «médiatique» s’attèle à la diabolisation systématique de la victime toute désignée, en la faisant passer pour le tortionnaire. Durant cette phase de préparation, des mains expertes n’oublient pas de fabriquer des «slogans» à la chaîne, qu’on diffuse sur «les ondes de guerres». Cela fait partie du jeu de «massacres».

Dans le cas de l’Algérie, sur les écrans, dans la presse écrite affiliée à «la propagande démocratique», dans les Parlements, sur les réseaux sociaux et les «canaux officieux démocratiques», le ton se lit et se devine : on va faire la fête «au peuple algérien», avec en produit d’appel «un grand feu d’artifice» qui est déjà en préparation. Il n’y a plus qu’à se munir de ses lunettes 3D, pour voir les lumières «démocratiques» scintiller de l’autre côté de la rive, contre la dernière République «arabe» ; les monarchies sont-elles génétiquement démocratiques ou alors seront-elles consommées en dessert, car plus faciles à faire ingurgiter ? Les «chauffeurs» de foules et de «guerres démocratiques» s’activent, depuis de longues années, avec leurs «slogans inversés». Il n’y a qu’à voir leurs gueules de charognards essoufflés, avides de sang, pour se rendre compte que ces «vampires» ont fait du chemin : les marchands de mort vont se faire de l’or.

Les médias dominants et leurs appendices ont donc commencé le travail de diabolisation de l’Algérie depuis de nombreuses années, mais l’intensité et la généralisation du discours «civilisateur», dans la corbeille unique de désinformation médiatique, a pris une dimension titanesque ces derniers temps. Ils chauffent les foules. On raconte que les articles de presse commandés pour ternir l’Algérie et glorifier «la danse démocratique des bananes» se paient cash : jusqu’à 6 000 euros pièce. C’est un marché florissant, où même les slogans mis en phase sentent déjà l’odeur de la poudre : «régime», «société civile», «liberté et démocratie», «sauver des populations civiles», «détenus d’opinion», «communauté internationale», etc. C’est la pratique du théorème de «l’inversion des valeurs et des rôles», portée, y compris par une armée désignée sous le pseudonyme de la «société civile».

Accompagnant cet encerclement médiatique, l’encerclement politique bat son plein et a atteint des niveaux inégalés, avec les résolutions du Parlement européen votées contre l’Algérie et son peuple, confectionnées à la chaîne par ces temps de pandémie. Les deux résolutions (celle du 28 novembre 2019, et celle du 26 novembre 2020) attirent d’abord l’attention par l’intrigante unanimité politique (allant de l’extrême-droite à la gauche) jamais réalisée dans l’histoire mondiale et qui nous laisse pantois. Des députés européens, de droite, de gauche, des «Verts», de l’extrême-droite, qui ne s’accordent sur aucune des politiques engagées par le Parlement et les Etats de l’UE, se sont spontanément rassemblés comme un seul «homme, bien sûr par hasard, sans hésitations, sans réticences, pour voter une résolution contre l’Algérie et son peuple. Comment des députés de «gauche» peuvent-ils porter le même bulletin de vote que des «députés» de «droite» et/ou «d’extrême-droite» ?

Toutes les digues politiques sont tombées. Je me demande même si j’ai «le droit démocratique» de poser la question… Les cartes politiques sont totalement brouillées.

Dès les premiers constats, énumérés de A à Q, relevés dans la dernière résolution du 26 novembre 2020, quelle n’a été ma surprise lorsque j’ai lu, heureusement assis, que «les manifestations du Hirak se poursuivent en-ligne pour freiner la propagation du Covid-19» – «manifestants exprimant leur point de vue sur les réseaux sociaux». Ah bon ? Il y a des manifestations en-ligne détectées par le Parlement Européen ? Il fallait nous le dire, on se serait épargné, sur la place de la République à Paris, les câlins au LBD (lanceurs de balles de défense utilisés par de la police française) dans les mêlées (type match de rugby) parfumées au gaz lacrymogène, avec «les bleus» aux couleurs l’équipe de France, depuis plus de deux ans.

Dans le cas de l’Algérie, comment un Parlement européen a-t-il pu délibérer sur des manifestations sur les réseaux sociaux ? «Un truc de ouf», comme disent les jeunes. Peut-être que Jean-Dominique Merchet, dans son article sur «La cyber influence de l’armée française» nous a apporté une première réponse. Et quand je disais qu’en Algérie il y a «une armée de la société civile».(1)

En parcourant les injonctions des «maîtres» et leurs condamnations surprenantes, numérotées de 1 à 20, je me suis arrêté à l’alinéa 9, qui devrait être gravé dans le marbre. Le Parlement européen s’y dit «préoccupé par les sanctions prononcées contre les diffuseurs d’informations fallacieuses», souillant l’honneur de fonctionnaires publics et le «financement d’associations». Rien que ça, tiens, on ne savait pas qu’il fallait décorer les auteurs des «informations fallacieuses» et «blanchir les financements occultes des associations» en Algérie. L’ensauvagement est «halal» pour le peuple algérien. C’est bien le monde à l’envers, je vous le disais.

Le second élément qui saute aux yeux, ce sont «les injonctions» culturelles, ethniques, linguistiques, administratives, de politique judiciaire et constitutionnelle, allant même jusqu’à presque «exiger» – point 12 de la résolution – le remplacement du drapeau national algérien par un autre. Mais à quel titre un Parlement, censé traiter des affaires européennes, peut-il délibérer et imposer un drapeau, fabriqué dans les coulisses coloniales, à un pays tiers souverain ? N’est-ce pas que c’est troublant ? Le message du «Coran berbériste», que j’ai rédigé précédemment a été bien reçu, même si, «sans Tabbou», ce soldat de «l’armée de la société civile» m’avait interrompu en cours de route. A propos du film L’homme qui murmurait aux oreilles des chevaux, auquel il m’avait fait pensé, je disais que le cheval «de Troie» on le connaît ; il ne restait plus qu’à trouver l’homme. Eh bien, ça y est, bingo : ils l’ont trouvé.

L’injonction num. 14 vaut aussi son pesant d’or. Elle exige de l’Algérie, à la fois, une pleine reddition de comptes (mise sous tutelle) et un contrôle par des civils (déjà désignés à Bruxelles ?) des forces armées, ainsi que la subordination effective de ces dernières à une autorité civile. De mémoire d’antimilitariste et d’objecteur de conscience, je n’ai jamais vu une telle injonction à l’égard d’un Etat indépendant. Ils veulent y entrer «comme dans du beurre» ? Cela va rendre jaloux les militants et les paysans qui s’étaient soulevés contre l’expropriation de leurs terres à la suite du projet du ministre de la Défense, Michel Debré (UDR), d’agrandir le camp militaire du Larzac de 3 000 à 17 000 hectares. C’est José Bové qui doit faire un brushing à ses moustaches.

Voilà donc une idée, quelle est bonne, du Parlement européen, d’organiser des inspections de sites militaires algériens par l’armée de «la société civile» formée dans les écoles des «Printemps des révolutions colorées». Vous allez voir Ali Belhadj, BouSachi, «La Zoubida de la Gaff», «Amir Dz», «Saïd Samedi», «Ferhat le moine», «Sans Tabbou» de son prénom Karim, l’empereur du RCD, Zitout, Mourad «la Tartine», Rachid «le mécanicien», etc., venir inspecter les sites de l’armée algérienne !

Elle n’est pas belle la «révolution des bananes» ? Au moment où l’armée française vient d’annoncer, ce 4 décembre 2020, la production en série du «soldat augmenté». A ce stade, le message du Parlement européen aux Algériens est : «A vous le tribalisme, à nous soldat augmenté.» Vous vous rappelez des «courbés vers la terre de Salluste» ? On y est.

Finalement, les réponses sont à découvrir dans les travaux d’Ahmed Bensaada, qui décrit, entre autres, l’action des lobbys de la «printanisation» des pays, comme Open Society Foundations (OSF), dirigée par le milliardaire Georges Soros, Endowment for Democracy (NED), la United States for International Development (USAID) et Freedom House, pour faire exploser l’Algérie. Environ 40 000 lobbyistes qui arpentent les couloirs du Parlement bruxellois, soit autour de 50 par député européen. Bastien Lejeune, dans un article paru dans Valeurs du 25 novembre 2020 décrit «Comment l’Open Society de George Soros et Microsoft de Bill Gates financent le Conseil de l’Europe».

Le «théorème des inversions des valeurs», qui est décrit comme une règle singulière pour l’Algérie, a fini par m’atteindre. Je me suis bouché le nez et j’ai jeté l’éponge.

Le plus spectaculaire, c’est de voir le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la sécurité, Josep Borrell, se réjouir sur son compte Tweeter de la normalisation des relations israélo-marocaines, qui viole la résolution votée par ce même Parlement européen le 10 avril 2002, demandant la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, signé le 20 novembre 1995 et entré en vigueur le 1er juin 2000. Au diable le «droit international», le nouveau monde : c’est le «droit du plus fort» tout court. On le savait déjà, mais là c’est plus clair ; sinon, l’Europe aurait exigé depuis longtemps l’abrogation de la circulaire «Alliot-Marie» CRIM-AP num 09-9006-A4. Cette dernière, datant du 12 février 2010, élaborée par la garde des Sceaux de l’époque, reconduite depuis par tous les gardes des Sceaux, criminalisant les militants du mouvement «BDS» : (Boycott Désinvestissement Sanctions), alors même que l’arrêt Baldassi du 11 juin 2020 condamnant la France, de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a jugé que l’appel au boycott des produits israéliens ne peut en soi constituer une infraction pénale : il est, en effet, couvert par la liberté d’expression.

Le Parlement européen avance donc parallèlement au «droit» et ne compte pas délibérer en fonction des condamnations prononcées par la Cour européenne de justice.(2)

Je ne sais pas s’il est utile de faire parvenir à Josep Borrel Fontelles le rapport num 4070 de l’Assemblée nationale française sur «la géopolitique de l’eau», enregistré le 13 décembre 2011 par la Commission des Affaires étrangères, présidée par Lionnel Lucas et dont le rapporteur est Jean Glavany, où des députés français dénoncent «Un nouvel apartheid» dans la gestion de l’eau en Israël.(3)

Ce qui est inquiétant, voire alarmant, c’est présentement la concentration des armées de l’Otan tout autour de l’Algérie, allant du nord au sud et d’est en ouest. Par ses frontières est, la Libye, depuis son effondrement, est devenue le siège de plusieurs bases de l’Otan, dont ceux de la Turquie, des monarchies du Golfe et de milices armées par différents belligérants. Au sud, le Tchad, le Niger et le Mali abritent des dizaines de bases militaires américaines, allemandes, françaises, émiraties, et des groupes terroristes divers s’activent sur les zones frontalières avec l’Algérie. Le centre opérationnel interarmées (COIA), centre névralgique de l’opération Barkhane, est installé au Tchad. Les Etats-Unis ont édifié l’une des plus importantes bases pour drones de l’armée américaine au Niger (à Agadez). Israël a fait une percée au Tchad, avec, à la clef, une coopération militaire soutenue. Le site Africa Intelligence rapporte que trois sociétés israéliennes spécialisées dans les domaines militaires et des télécommunications vont s’implanter au Mali. A l’ouest, la monarchie marocaine, qui organise des exercices militaires avec les armées de l’Otan et qui vient de normaliser officiellement ses relations avec Israël, a annoncé, le 21 mai dernier, la construction d’une base militaire dans la province de Djérada, à un kilomètre de la frontière avec l’Algérie. Les monarchies du Golfe viennent aussi souffler sur les braises, en apportant leur soutien à la monarchie du Maroc.

A côté de ce siège terrestre et aérien, le siège naval prend forme aussi. Le quotidien El-Espanol, en date du 5 juillet 2020, affirmait que l’accord militaire qui lie les Etats-Unis à l’Espagne sur l’occupation de la base navale de Rota, sur la côte atlantique dans le sud-ouest de l’île ibérique, arrive à expiration en mai 2021 ; l’armée américaine pourrait déménager ses navires vers la base de Ksar Sghir, dans le détroit de Gibraltar, au nord du Maroc. La disposition navale dans le Bassin méditerranéen oriental, impliquant la France, la Grèce, la Turquie, tous faisant partie de l’Otan, est aussi un facteur essentiel dont l’approche géostratégique.

A ma connaissance, il n’y a jamais eu autant de concentration d’armées et d’armes, depuis la première guerre du Golfe contre le peuple irakien en 1990, dans une région du globe, autour du Bassin méditerranéen. Il n’y a jamais eu non plus autant de concentration d’armes et d’armées en Méditerranée depuis la Seconde Guerre mondiale. Et la démilitarisation de cette zone n’est pas pour demain, surtout avec Karim Amellal, qui ne paraît pas blanc comme neige, ce cofondateur du site intellectuel Chou Chouf, proche de l’extrême droite algérienne du MAK(4), comme ambassadeur-délégué interministériel à la Méditerranée au ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, dirigé par Jean-Yves Le Drian (ancien ministre de la Défense).

L’une des réponses à ce plan de guerre géostratégique se trouve dans le projet de l’UPM (Union Pour la Méditerranée) porté par Nicolas Sarkozy, décrit par le cercle des économistes et Hubert Védrine (ancien secrétaire général de l’Elysée de 1991 à 1995, ministre des Affaires étrangères, signataire d’un rapport remarqué sur la France et la mondialisation !) dans leur feuille de route 5+5=32, Ed. Perrin, 2007. Il est précisé : «Ce livre est le premier à éclairer de manière aussi acérée l’avenir de la Méditerranée.» (5)

L’unique projet de paix qui vaille aujourd’hui, dans l’intérêt des peuples méditerranéens, est la démilitarisation de ce Bassin, que personne bizarrement n’évoque, si on arrive évidemment à annuler le rendez-vous du feu d’artifice au «peuple algérien» dont le coup d’envoi semble sorti des cartons, avec comme invités d’honneur : «Les terroristes, l’Otan, les monarchies arabes, Israël, la Russie et la Chine.»

On comprend mieux le «processus de transition» pour l’Algérie, réclamé par notre Commandeur Macron, et la déclaration de John O’rourke, chef de la délégation de l’Union européenne en Algérie, qui précise : «Nous observons avec intérêt le processus des réformes en Algérie.»

«Même si mes habits sont sales, comme les vôtres, laissez-moi me vêtir proprement tout seul.»

B. S.

1- https://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/cyberinfluence-l-armee-francaise-se-fait-prendre-main-dans-sac-232025

2- https://echr.coe.int/Pages/home.aspx?p=reports&c=fre

3- https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/01/17/israel-s-indigne-d-un-rapport-de-deputes-francais-qui-denonce-sa-gestion-de-l-eau_1630909_3218.html

4- https://algerie54.com/2020/03/11/elections-municipales-a-paris/

5- https://lecercledeseconomistes.fr/5532-feuille-de-route-pour-une-union-mediterraneenne/

https://www.algeriepatriotique.com/2020/12/19/contribution-de-boualem-snaoui-le-parlement-europeen-en-ordre-de-bataille/

Dans ALGERIE

ALGERIE : TEBBOUNE, UN NOUVEAU BOUTEFLIKA ?

Par Le 17/12/2020

Tebboune, un nouveau Bouteflika ?

Publié par Gilles Munier sur 17 Décembre 2020, 08:08am

Catégories : #Algérie

par Nour-Eddine Boukrouh (revue de presse : Le Matin d’Algérie – 15/12/20)*

Le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune s’est adressé dimanche dernier par tweet aux Algériens depuis un lieu indéterminé après une disparition qui a duré près de deux mois. 

Dans un enregistrement de moins de cinq minutes dans une ambiance lugubre, il leur a annoncé qu’il était guéri grâce à Dieu et à la compétence des médecins algériens et allemands, et qu’il serait de retour au pays dans une à trois semaines. 

II a parlé de son absence comme l’aurait fait par skype avec sa famille inquiète un émigré dans la « ghorba » (exil) longtemps privé de moyens de communication. 

Mais quand il a récité les célèbres et émouvants vers du savant algérois Abderrahmane al-Thaâlibi (1384-1471), on ne savait pas s’il pensait à l’Algérie ou à lui-même : « Les humeurs de l’Algérie sont très inaccoutumées ; Pour les gens, jamais le malheur ne peut l’emporter. A chaque fois que par un désastre elle se trouve affectée, Ou bien qu’y apparaisse quelque adversité, Le Miséricordieux la fait suivre par une grande facilité ».

Si c’est à l’avenir de la patrie qu’il pensait, il doit se livrer à un profond examen de conscience pour justement résister à la tentation de devenir un nouveau Bouteflika car le pays ne le supporterait pas. A aucun prix, même celui du chaos, le peuple algérien n’acceptera cette perspective.

Il doit aussi se rappeler que quelques décennies après que le saint homme eut composé cette ode, l’Algérie rentrait dans une longue nuit coloniale qui allait durer plus de quatre siècles (occupation espagnole puis ottomane puis française). 

Si c’est à son propre sort qu’il songeait, nous lui souhaitons une longue vie à condition qu’il ne prenne pas en otage l’Algérie comme l’a fait Bouteflika. S’il est réellement guéri, bon retour à la présidence de la République ! S’il se sait irrémédiablement affaibli, qu’il organise son départ et aille se reposer chez lui le plus vite possible, sinon il sera à l’origine de problèmes terribles.

Son intervention inattendue, non annoncée, clandestine à certains égards, a fait l’objet de commentaires dont quelques-uns se sont arrêtés aux anomalies dont elle était truffée comme si l’homme voulait duper les Algériens en leur faisant croire qu’il ne lui est arrivé que ce qui est arrivé à Johnson, Bolsonaro et Trump, et qu’il allait par conséquent reprendre rapidement son travail au service de la nation. 

Ce n’est pas le cas car ces chefs d’États n’ont pas été évacués en Allemagne ; ils n’ont pas été soustraits à la vue de leurs compatriotes et isolés de tout contact avec eux durant deux mois ; le monde entier avait quotidiennement de leurs nouvelles et, surtout, leurs peuples n’ont pas été soumis aux épreuves humiliantes et préjudiciables que Bouteflika a fait subir à l’Algérie durant six ans.

La brusque réapparition de Tebboune avait en réalité pour but d’éviter le constat d’empêchement évoqué dans l’article 102 de la constitution en vigueur (devenu l’article 94 dans la constitution de Tebboune, rejetée par le référendum du 1er novembre dernier) en ces termes : « Lorsque le Président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l'impossibilité totale d'exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit, et après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose à l'unanimité au Parlement de déclarer l'état d'empêchement…» 

Il a cessé « pour cause de maladie grave et durable » d’exercer ses fonctions depuis la mi-octobre sans que quiconque ne puisse y redire ou tenter une quelconque procédure car la constitution en vigueur (de même que celle par laquelle il se proposait de l’amender) ne précise pas à partir de combien de jours, semaines, mois ou années, le Conseil constitutionnel doit « se réunir de plein droit pour vérifier la réalité de cet empêchement et proposer au Parlement de déclarer l’état d’empêchement ». 

Il vient de s’octroyer trois semaines de répit supplémentaires en exploitant cette énième carence du texte constitutionnel algérien qui ne cesse d’être pris au dépourvu par les incessantes et innovantes turpitudes présidentielles. Dans trois semaines on sera le 3 janvier 2021, et Tebboune aura passé deux mois et demi à l’étranger sans qu’on n’y puisse rien. Ce n’est pas normal, ce n’est pas admissible.

Dans son speech sur tweeter, Tebboune a assuré aux Algériens qu’il suivait « heure par heure les affaires du pays » sans préciser depuis quand et pour combien de temps encore, et ajouté, dans une dérive surréaliste, qu’il « transmettait ses instructions à la présidence de la République » alors qu’en son absence nul fonctionnaire de la présidence n’est habilité à instruire des membres du gouvernement. Il aurait dû dire « au Premier ministre », mais il ne l’a pas dit pour on ne sait quel intriguant motif.

En réponse à la montée des tensions à nos frontières, il s’est contenté d’affirmer que l’Algérie était plus forte qu’on ne le pensait en ayant à l’esprit certainement sa puissance militaire dont chaque Algérien se réjouit, est fier et est prêt à donner sa vie. Cela, le monde entier le sait.

Pour ma part, je ne crois pas du tout à la probabilité que notre pays soit un jour attaqué militairement par le Maroc, une coalition arabo-israélienne ou la France. Je ne parle même pas des autres pays frontaliers. Si l’Algérie doit être affaiblie, poussée à la guerre civile, affamée, voire disloquée et dépecée, ce sera par des voies économiques, idéologiques et politiques. 

Notre premier ennemi c’est nous-mêmes : la fracture entre le pouvoir et le peuple, la gouvernance ignare et la gestion incompétente de nos dirigeants depuis des décennies, le populisme et le charlatanisme islamiste qui nous a coûté il n’y a pas longtemps des centaines de milliers de morts et des dizaines de milliards de dollars de dommages… Cela aussi, le monde entier le sait.

 

Nourredine Boukrouh est un intellectuel et homme politique algérien. Il a été ministre du Commerce (2002-2005). Il est l’auteur de nombreux ouvrages; et d’analyses reprises notamment par le site Oumma.com

*Source : Le Matin d’Algérie

Sur le même sujet, lire aussi :

Sur France-Irak Actualité: Archives Bouteflika (sélection)

 

Dans ALGERIE

L'ALGERIE MENACE, "ISRAËL" PANIQUE !

Par Le 16/12/2020

Message d'apaisement de Rabat à Alger mais il est déjà trop tard

Wednesday, 16 December 2020 3:27 PM  [ Last Update: Wednesday, 16 December 2020 4:34 PM ]

 30 

Les officiers de la marine russe et algérienne organisent un exercice conjoint en Méditerranée, le 24 novembre 2019. ©Sputnik

A peine quelques heures après l'intervention largement suivie du porte-parole du gouvernement algérien et ministre de la Communication Ammar Belhimer, sur la chaine Al Mayadeen, chaine de la Résistance où l'intéressé a dénoncé la normalisation du Maroc avec Israël et mis en garde contre toute implantation de l'entité sioniste sur les frontières avec L'Algérie, un très significatif crash d'hélicoptère militaire se produit.

Selon les médias algériens, lors d'une mission de vol d'entrainement technique, ce matin mercredi 16 décembre 2020 à 11h25, un hélicoptère de recherches et de sauvetage militaire de type MS-25 Merlin, relevant du Commandement des Forces navales, s'est écrasé au large de la mer à deux (2) miles marins au nord-ouest des côtes de la ville de Bouharoune, wilaya de Tipaza/1ère Région militaire, où nous déplorons le décès en martyr du lieutenant Bouzayda Nouredine, l'un des membres de l'équipage de l'appareil composé de trois officiers. L'incident pourrait ne pas avoir de lien avec la normalisation Raba-Israêl et ce honteux casus belli US à l'adresse d'Alger que constitue la reconnaissance de la souveraineté de Rabat sur le Sahara occidental, n'empêche que ce crash pourrait être aussi un avertissement. La présence israélienne en Méditerranée occidentale est une calamité et comme l'a affirmé le porte-parole du gouvernement algérien, "Alger reste ferme sur ses positions anti-sionistes et il est prêt à tous les scénarios".

Israël/Emirat : Alger sort son bazooka

Israël/Emirat : Alger sort son bazooka

Il a confirmé que le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, était au courant de la situation actuelle, et que l'Algérie n’avait pas était surprise par la démarche du Maroc de normaliser les relations avec Israël, car, selon ses propres termes, les relations entre Rabat et le régime israélien remontent à plus de 60 ans.

L’Algérie dans l’œil du cyclone

L’Algérie dans l’œil du cyclone

« Nous avons suivi la situation de près et nous prenons au sérieux les questions qui concernent notre pays, et la position du président reflète celle de tout le peuple algérien, et comme il l'a dit précédemment, l'Algérie ne se précipitera pas vers la normalisation », a-t-il dit soulignant que l'Algérie était prête à tout scénario. 

« Si le Maroc souhaite atteindre des objectifs politiques à travers cette normalisation, ou changer notre position sur des questions justes, il se fait des illusions », a-t-il conclu. Or les premiers signes d'inquiétude ont commencé à apparaître ce mercredi à Rabat: alors que Mohamed VI a ordonné l'interdiction de toute manifestation anti-israélienne et anti normalisation par crainte de voir des millions de Marocains, déjà en colère, descendre dans la rue et dénoncer cet extrême affront qu'est le mépris affiché par les États-Unis et le trône à leur encontre, puisque la décision a été annoncée via un tweet de Trump comme si le Maroc est un protectorat américain. Le roi chérifien vient d'envoyer un message d'apaisement à Alger comme quoi sa trahison n'avait aucun caractère offensif anti-Algérie. Plus d'un analyste y voit moins d'un appel à l'apaisement que la sourde crainte du trône d'une chose : l'enlisement dans une guerre d'usure au Sahara où le Front Polisario semble déjà avoir déjà le dessus, état qui pourrait s'empirer si l'armée algérienne se faisait engager de façon plus poussée.

L'Algérie

L'Algérie

Sahel : comment l’Algérie neutralisera Tel-Aviv ?

Car "tous les scénarios auxquels est prêt Alger" consistent aussi à ce que l'axe US/Israël à l'origine de l'escalade au Sahara soit punie comme cela convient. Mais il y a une autre crainte que nourrit Rabat à l'encontre d'une Algérie en colère : l'appui algérien au mouvement anti-sioniste marocain qui n'en est qu'à son début, mais qui vu son ampleur risque d'éclater à tout moment. Déjà la presse à l'ordre au Maroc évite d'utiliser le mot "normalisation" préférant, de le remplacer par le mot "paix". Mais ce genre d'acrobatie verbale ne saurait effacer l'affront que sentent au plus profond de leur être les fiers Marocains pro-palestiniens. 

Lire plus : L'Algérie met en garde Israël

Pour la petite histoire, l'armée algérienne qui vient de perdre un hélico, ne se laisse pas faire, ayant annoncé ce mardi avoir reçu un nouveau navire de guerre baptisé Al-Sweh-2 dont la mission sera de sécuriser les voies de navigation de la flotte militaire algérienne en temps de guerre.  Cette nouvelle a d'abord été rapportée par le journal algérien An-Nahar. Le navire de déminage est ancré au quai nord de l'Amirauté.

Le port d'Alger est-il menacé?

Le port d'Alger est-il menacé?

Les Émirats Israël unis considèrent désormais comme étant une "menace" les Algériens tout comme les Iraniens, les Libanais, les Irakiens...

Cette décision s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme de modernisation de la flotte navale algérienne. L’Algérie cherche en effet à renforcer la force de combat de l’armée nationale populaire et de la marine. La page officielle de la radio algérienne a indiqué sur Twitter que le navire Al-Kashir 2 est le deuxième navire piégeant des mines marines que l'Algérie a reçues, indiquant qu'il appartient à la nouvelle génération. Le navire est destiné à sécuriser la navigation des navires et à protéger les navires commerciaux contre les dangers des mines en temps de guerre. L'armée algérienne se classe au 28e rang des 138 armées les plus puissantes du monde, et sa flotte navale est l'une des plus grandes au monde. Elle est 14e au classement mondial. Elle se compose de 201 navires de guerre divers, selon les statistiques du site américain Global Fire Puissance pour l'année 2020. Bref, l'Algérie est prête à prouver de quel bois est fait un peuple et un État souverains. 

A2/AD: l’Algérie prendra de court?

A2/AD: l’Algérie prendra de court?

Alger sur le point de créer sa coalition en Méditerranée?

https://french.presstv.com/Detail/2020/12/16/640849/L%E2%80%99Algerie-est-prete-a-tout-scenario-

 

Dans ALGERIE

ALGERIE : "ISRAËL" SE CASSERA LES DENTS

Par Le 12/12/2020

Tel-Aviv regrettera d’avoir franchi le Rubicon

Saturday, 12 December 2020 3:07 PM  [ Last Update: Saturday, 12 December 2020 3:07 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Manifestation pro-palestinienne à Alger. (Archives)

Réagissant ce samedi 12 décembre à la normalisation des relations entre le Maroc et Israël, le Premier ministre algérien a déclaré que « le régime sioniste est à nos frontières » et que « nous devons nous unir pour faire face à cette menace ».

L’Algérie a dénoncé samedi des « manœuvres étrangères » visant à la déstabiliser, mentionnant Israël, après la reconnaissance par Washington de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, en contrepartie d’une normalisation des relations du Maroc avec le régime sioniste.

Bourbier sahraoui: qui sauvera Rabat?

Bourbier sahraoui : qui sauvera Rabat ?

« Il y a aujourd’hui une réelle volonté pour que l’entité sioniste parvienne à nos frontières. Il y a des manœuvres très graves dans notre environnement régional, qui visent particulièrement l’Algérie », a accusé le Premier ministre algérien, Abdelaziz Djerad.

« Nous observons aujourd’hui à nos frontières et dans l’espace maghrébin et africain des guerres et une instabilité autour de l’Algérie. L’Algérie est visée et nous devons nous unir », a averti M. Djerad lors d’une conférence commémorant le 60e anniversaire de manifestations nationalistes pendant la Guerre d’indépendance (1954-1962).

Par ailleurs, le Premier ministre algérien a indiqué que « le peuple algérien veut l’unité, la stabilité et la liberté sur la base de nos principes religieux ».

L’Algérie dans l’œil du cyclone

L’Algérie dans l’œil du cyclone

Après l’annonce de la normalisation des relations entre les Émirats arabes unis, Bahreïn et le régime sioniste, le président algérien Abdelmajid Tebboune, avait déclaré que « la cause palestinienne est sacrée et que notre position à cet égard est immuable : la création d’un État palestinien indépendant sur les frontières de 1967 avec la noble Qods comme capitale ».

Suite à l’annonce d’un accord de compromis entre le Maroc et le régime sioniste, le roi du Maroc s’est entretenu par téléphone hier soir avec le chef de l’Autorité autonome palestinienne pour justifier sa trahison envers la cause palestinienne.

Lire aussi :

Israël/Émirats : le Maroc pris au piège ? (Débat)

« Lors d’un entretien téléphonique avec Mahmoud Abbas, le roi Mohammed VI a souligné la position immuable et équilibrée du Maroc sur la question palestinienne et a exprimé le soutien de son pays à une solution à deux États à la question palestinienne, la solution selon laquelle, Israël et la Palestine devraient vivre ensemble dans la paix et la sécurité », a déclaré dans un communiqué le Bureau du Roi du Maroc.

Après la Jordanie, l’Égypte, les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan, le Maroc est le sixième pays arabe à normaliser ses relations avec le régime sioniste. Les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan ont normalisé leurs relations avec le régime israélien ces derniers mois sous l’auspice des États-Unis.  

Rabat trahit, la Résistance réagit

Rabat trahit, la Résistance réagit

Différents groupes palestiniens n’ont pas tardé à condamner la décision de Rabat de normaliser avec l’ennemi sioniste.

https://french.presstv.com/Detail/2020/12/12/640571/Alg%C3%A9rie-Maroc-Isra%C3%ABl-normalisation

Dans ALGERIE

L’AMBASSADEUR FRANÇAIS A ALGER FRANCOIS GOUYETTE : DU TAPIS ROUGE A LA GUILLOTINE

Par Le 12/12/2020

L’ambassadeur français à Alger François Gouyette : du tapis rouge à la guillotine

Un Ambassadeur doit représenter honnêtement et dignement son pays à l’étranger ! L’Ambassadeur de France en Algérie, François Gouyette, désigné par le Président E. Macron a été indigne ! Au lieu d’assumer sa noble fonction d’Ambassadeur, il s’est employé à mener des actions secrètes de subversion et de déstabilisation, selon le souhait de certains lobbys hostiles à l’Algérie ! Les « services » algériens l’ont débusqué. Il est grillé en Algérie. Il a perdu. Il n’a plus rien à faire en Algérie. Il doit rentrer chez lui ! (S. Nasser)

-----

Par Abdelkader S.

 Le successeur de Xavier Driencourt n’aura pas réussi à garder l’aura positive qu’il avait eue à son arrivé à Alger très longtemps. Accueilli sur un tapis rouge et gavé de commentaires dithyrambiques, François Gouyette avait tout pour «plaire» aux Algériens : il parle l’arabe algérien couramment et est marié à une Algérienne. Pourtant, quelques semaines à peine a-t-il pris ses quartiers à Hydra qu’il reçoit une salve nourrie de critiques et d’accusations de complot et d’ingérence.

«Croire que l’ambassadeur de France allait faire une fleur aux Algériens parce qu’il baragouine leur dialecte et que ses enfants sont à moitié algériens serait faire preuve d’une grande naïveté», estime un ancien diplomate sollicité par Algeriepatriotique. «Le remplacement du très controversé Xavier Driencourt, s’il avait été motivé par la volonté de Paris de calmer le jeu après une longue période de turbulences entre l’Algérie et la France, cela ne voulait aucunement dire que l’Elysée et le Quai d’Orsay allaient changer quoi que ce soit dans leur politique algérienne», insiste notre source.

«L’Algérie est un gros morceau et la France ne nomme pas n’importe quel diplomate à Alger», explique notre source qui rappelle que les deux ambassadeurs qui ont précédé Xavier Driencourt – Bernard Bajolet et Bernard Emié – à ce poste ont fini patrons des services du renseignement extérieur en France. «Il n’y a pas d’état d’âme en diplomatie», corrige notre source. «Le discours apologétique et la pratique encomiastique d’un ambassadeur, quel que soit le pays qu’il représente, est toujours à prendre avec des pincettes», fait remarquer cet ancien diplomate, en ajoutant que «les belles phrases sont destinées à cacher les véritables enjeux dont la trame est tissée dans les coulisses et les bureaux capitonnés».

«A ce jeu-là, tous les coups sont permis», indique notre source qui note que «derrière les sourires feints et les formules conventionnelles, la diplomatie est, en réalité, l’art du camouflage des coups fourrés pendant que les services secrets et autres acteurs agissent dans l’ombre pour défendre des intérêts d’Etat, provoquer des troubles ou encore influencer les gouvernements locaux dans les pays anciennement colonisés.» «François Gouyette n’est pas payé par le contribuable français pour faire des intérêts de l’Algérie son souci, mais pour exécuter la feuille de route que sa hiérarchie l’a chargé d’appliquer lors de sa désignation à Alger», rappelle notre source qui s’étonne que «ceux qui mettent en avant le rôle de François Gouyette dans le déclenchement de la guerre civile en Libye ne s’en offusquent que maintenant».

«L’ancien ambassadeur des Etats-Unis Robert Ford a fait de même en Algérie durant la décennie noire, lorsque son bureau était devenu le quartier général des islamistes et des théoriciens du GIA», indique notre source, en soulignant que ce dernier a terminé sa carrière en Syrie «où il a allumé la mèche d’un conflit armé qui bat son plein à ce jour». «Notre grand défaut est que nous ne retenons jamais les leçons et que nous sommes soit aveuglés par notre fierté excessive, soit facilement manipulables par la rhétorique de l’éloge», déplore cet ancien diplomate qui a requis l’anonymat.

A. S.

In « Algérie Patriotique »

Dans ALGERIE

ALGERIE : SES INITIATEURS APPELLENT A LA REFONDATION DE L’ETAT. LA COORDINATION NATIONALE POUR UN CONGRES POUR LA CITOYENNETE EST NEE

Par Le 09/12/2020

 

Ses initiateurs appellent à la refondation de l’État. La Coordination nationale pour un congrès pour la citoyenneté est née

0

Publié par Karim Aimeur
le 07.12.2020 , 11h00
258 lectures

 

 

 

 

 

Des collectifs et militants politiques viennent de lancer une nouvelle initiative politique. Regroupés au sein d’une organisation appelée la « Coordination nationale pour un congrès pour la citoyenneté», ils appellent à la tenue d’un congrès pour la citoyenneté dans l’objectif de réaliser les aspirations du mouvement populaire du 22 février 2019.
Karim Aimeur - Alger (Le Soir) - Dans une déclaration remise à notre rédaction, des représentants de cette coordination affirment que leur initiative « ambitionne de transformer la société et les institutions, de répandre et d’ancrer les idées et les valeurs de la démocratie ».
Affirmant que le pays traverse et affronte un moment décisif de son Histoire, ils ont appelé les collectifs citoyens, les associations, les syndicats et individualités engagés pour une issue démocratique et pacifique de la révolution populaire de février 2019 à « œuvrer avec nous pour concrétiser l’événement politique majeur du congrès pour la citoyenneté afin de se donner l’instrument de l’exercice de notre citoyenneté ».
Pour les promoteurs de l’initiative, en rejetant le système, le peuple algérien veut être maître de son destin. « C’est dans cette perspective qu’une période de transition indépendante vouée à un processus constituant est une réponse à la mesure du défi annoncé et à la hauteur de l’enjeu de l’inexorable avènement d’un réel ordre démocratique », ont-ils expliqué, regrettant que « devant des manifestations sans égales, la réponse du pouvoir est un lamentable et grossier mélange de répression, de récupération du discours du Hirak et d’instrumentalisation de la justice sur fond de négation des droits et libertés ».
À cela, ils ajoutent l’instrumentalisation de la crise sanitaire par le pouvoir. Ils estiment que le pays est devant une impasse.
Devant cette impasse qui menace le pays dans son intégrité, que faire ? Quels mécanismes et quelle stratégie sont nécessaires pour faire aboutir la citoyenneté en marche ? Quel modèle d’État voulons-nous pour l’Algérie ? s’interrogent-ils avant d’affirmer que l’auto-organisation apparaît comme la première étape d’une stratégie d’ensemble visant en définitive à faire émerger une organisation pérenne de la société civile.
« Cela passe par la mise en place d’une Coordination nationale chargée de préparer un congrès pour la citoyenneté. Celui-ci rassemblera les forces démocratiques citoyennes autour d’une plate-forme en accord avec les mots d’ordre du peuple en marche vers la conquête de ses droits », ont-ils soutenu.
Ils plaident pour une Algérie libre et démocratique où l’État est fondé sur le triptyque des droits, devoirs et libertés qui exige, selon eux, « la consécration des libertés individuelles et collectives, l’égalité en droits entre les hommes et les femmes et l’égalité de traitement entre les deux langues officielles ».
Ils appellent également à l’instauration d’un État civil ni religieux ni militaire, expliquant que la séparation entre le politique et le religieux garantit la paix civile et le vivre-ensemble.
Ils plaident aussi pour l’instauration d’un État de droit qui passe par la consécration de l’ensemble des droits de la personne humaine et de la citoyenneté effective, la séparation et l’équilibre des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire et l’indépendance de la justice. Ils plaident, enfin, pour un État social qui consacre la justice sociale, la solidarité citoyenne du développement durable.
K. A.

https://www.lesoirdalgerie.com/actualites/la-coordination-nationale-pour-un-congres-pour-la-citoyennete-est-nee-52645

 

Dans ALGERIE

AHMED BENSAADA : L'ALGERIE FACE A L'UNION EUROPEENNE (UE) ET SES LOBBYS

Par Le 07/12/2020

L’Algérie face à l’Union européenne et ses lobbys

Mardi, 01 Décembre 2020 17:24 Ahmed Bensaada

EnvoyerImprimerPDF

 

Des milliers de lobbyistes arpentent les couloirs des différentes institutions de l’Union européenne, s’affairant à défendre les intérêts des milieux d’affaire, mais aussi ceux d’organismes œuvrant dans les domaines des « Droits de l’Homme » et de la « l’exportation de la démocratie ».

Par définition, les lobbys sont des groupes d’influence, de pression ou d’intérêts qui ont pour fonction d’influencer les décisions des femmes ou hommes politiques.

Comme on peut s’y attendre, ce « travail » ne peut pas se faire sans dérive. Une récente enquête portant sur les rapports financiers d’une de ces institutions a en effet montré comment elle était fortement infiltrée financièrement par certaines ONG influentes. Celle qui a le plus attiré l’attention est très certainement l’Open Society Foundations (OSF) du milliardaire américain (d’origine hongroise), George Soros. Cette fondation avait aussi défrayé la chronique en publiant une liste de ses « alliés fiables » au Parlement européen (2014-2019). Dans un article publié en 2017 par RT, on pouvait lire : « Sous forme de répertoire, la fondation de George Soros recense en effet les décideurs, députés et dirigeants européens en fonction de leur adhésion aux idéaux de la « société ouverte » (Open Society)[…]. Ce document recense 226 parlementaires (sur 751) considérés comme susceptibles de soutenir les valeurs de la « société ouverte » prônées par G. Soros et sa richissime fondation.

Parmi ses différentes activités, l’OSF s’implique activement dans la promotion de la démocratie. Dans ce domaine, elle travaille de concert avec de nombreuses organisations américaines spécialisées dans l’« exportation » de la démocratie comme la National Endowment for Democracy (NED), la United States for International Development (USAID) et Freedom House.

Il est de notoriété publique que l’OSF de G. Soros a été très impliquée, avec ces organisations, dans les révolutions colorées et le « printemps » arabe.

Cela explique pourquoi elles sont considérées comme indésirables dans de nombreux pays, particulièrement en Russie.

Mais que vient faire l’Algérie dans tout cela?

En fait, jeudi dernier, la blogosphère a servi de boite à écho à une nouvelle intéressante :  une résolution du Parlement européen contre l’Algérie. Encore une autre, vous allez me dire. Non, celle-là n’était pas uniquement intéressante par ses menaces à peine voilées, on en a eu l’habitude avec d’autres pays « colorés » ou « printanisés ».

Ce qui attire l’attention, ce sont les seize organismes signataires de la déclaration commune (en trois langues) qui a été largement diffusée dans les médias sociaux à la suite de l’adoption de la résolution. Les voici :

Human Rights Watch

Amnesty International

Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH)

Reporters Sans Frontières (RSF)

CIVICUS : Alliance mondiale pour la participation citoyenne

Article 19

EuroMed Droits

Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH)

Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA)

Syndicat National Autonome des Personnels de l’Administration Publique (SNAPAP)

Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie (CGATA)

Action pour le Changement et la Démocratie en Algérie (ACDA)

Riposte Internationale

Forum de solidarité euro-méditerranéen (FORSEM)

Institut du Caire pour les études des droits de l’homme (CIHRS)

Cartooning for Peace

 

De prime abord, cette liste semble très hétéroclite. Que viennent faire, par exemple, un institut cairote et une ONG sud-africaine (CIVICUS) dans les affaires politiques algériennes?  Pourquoi pas un organisme du Bhoutan ou du Bélize?

Pour répondre à cette question, intéressons-nous à chacun de ces seize organismes et les liens qui les unissent.

Commençons par les sept premiers de la liste. Ils ont tous un statut de lobbyiste auprès de l’Union européenne et sont tous financés par l’OSF de Soros (elle-même lobbyiste).

À noter que RSF et Article 19 sont aussi financés par la NED. La palme du financement « démocratique » revient certainement à Article 19 qui reçoit aussi des subventions de Freedom House et de l’USAID en plus de celles du Département d’État américain.

Très actives dans le Hirak, les cinq organisations suivantes (8 à 13) sont toutes algériennes. La LADDH et le CFDA sont (ou ont été) financés par la NED.

D’autre part, les organisations syndicales SNAPAP et CGATA sont dirigés par un activiste dont les accointances avec la centrale syndicale américaine AFL-CIO (Solidarity Center) sont connues, comme peuvent en témoigner ces deux lettres.

Rappelons que le Solidarity Center est un des quatre satellites de la NED tout comme le National Democratic Institute (NDI), l’International Republican Institute (IRI), et le Center for International Private Enterprise (CIPE).

 

 

Il est important de souligner que le NDI et l’AFL-CIO sont eux-aussi des lobbyistes à l’Union européenne.

Une autre information intéressante : La LADDH, le CFDA et le SNAPAP sont tous les trois membres réguliers d’EuroMed Droits.

L’ACDA et Riposte internationale sont des ONG très impliquées dans les rassemblements du Hirak qui se déroulent sur la place de la République à Paris.

Les relations de l’ACDA avec des ONG algériennes financées par la NED comme, par exemple, le Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ) ou le CFDA ne sont plus à démontrer.

En septembre dernier, Riposte internationale a déposé un rapport sur « les violations des libertés en Algérie » auprès du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme. Son président qui se déclare comme « un des principaux initiateurs du Mouvement Culturel Berbère (MCB) » est très présent sur Al Magharibia, la chaîne TV des militants de l’ex-FIS (Front Islamique du Salut).

Selon les informations qui figurent sur leur site, le Forum de solidarité euro-méditerranéen (FORSEM) « est fondé par des militants associatifs et des universitaires solidaires des soulèvements populaires dont certains pays de la rive sud de la méditerranée sont le théâtre depuis fin 2010 ». Parmi les membres du Comité scientifique de ce Forum, on retrouve le sociologue algérien Lahouari Addi qui a déclaré en être le cofondateur. Est-il utile de préciser que ce sociologue a été membre, pendant de nombreuses années, de l’« International Forum for Democratic Studies Research Council », le think tank de la NED?

Tout comme les trois ONG algériennes citées précédemment, l’Institut du Caire pour les études des droits de l’homme (CIHRS) est aussi associé à EuroMed Droits comme « membre régional ». Il est financé par la NED et collabore régulièrement avec l’Open Society Foundations.

Lorsque le directeur et co-fondateur du CIHRS fut condamné par contumace en août dernier par un tribunal égyptien dédié aux « affaires terroristes », un appel à la solidarité a été émis par la FIDH. Il a été signé par la LADDH, le CFDA, le SNAPAP, la CGATA, l’ACDA, Riposte internationale, HRW, Amnesty International, la FIDH, CIVICUS, EuroMed Droits, soit onze des seize organismes qui ont applaudi la résolution du Parlement européen contre l’Algérie.

Solidarité financière, quand tu nous tiens!

En plus de ces signataires, on pouvait lire d’autres illustres noms : Issandr Amrani, directeur régional du programme MENA de l’OSF, Carl Gershman, président de la NED, Jeffrey Feltman, ancien sous-secrétaire d’État américain pour les affaires du Proche-Orient ainsi que quelques rescapés du Conseil National Syrien (CNS) comme Bassma Kodmani, Burhan Ghalioun ou Radwan Ziadeh, bien connus de la NED.

Le seizième organisme de notre liste est supposé faire la paix avec le rire. Il s’agit de Cartooning for Peace qui s’avère avoir une mission politique en Algérie. Cofondé par Plantu, le caricaturiste du journal Le Monde, Cartooning for Peace regroupe des dessinateurs de presse algériens, tels Dilem ou Le Hic. Le rôle de ces derniers dans le Hirak n’est pas tellement différent de celui des ONG algériennes dont il a été question auparavant. D’ailleurs, un article détaillé leur a été consacré.

Il ne faut pas oublier que Le Monde collabore, lui aussi, avec une des fondations Soros par l’intermédiaire de l’OSIWA (Open Society Initiative for West Africa).

Nous n’allons pas clore cette partie sans évoquer le nom de Mme Maria Arena, la Présidente de la Sous-commission des Droits de l’Homme du Parlement européen qui a été si loquace sur la situation en Algérie tout en encensant un des « ténors autoproclamés du Hirak » en la personne de M. Karim Tabbou. Il faut savoir que cette députée européenne fait partie des 226 parlementaires européens figurant dans la liste des « alliés fiables » de George Soros!

 

Cliquez sur l'image pour écouter la déclaration de Maria Arena

 

 

Maria Arena: "alliée fiable" de George Soros

 

En ce qui concerne la résolution elle-même, on ne peut que s’étonner de la longueur du chapelet d’injonctions qui y figure. Mais il faut se rendre à l’évidence : cette résolution n’aurait jamais pu être écrite sans la complicité et l’étroite coopération avec des ONG algériennes délictueuses.

Il est donc logique de conclure que les ONG algériennes citées dans cet article, qui sont directement ou indirectement reliées à l’administration américaine ont collaboré avec des organismes internationaux dont les fonds de commerce sont les « Droits de l’Homme » ou l’« exportation de la démocratie ». Ces organismes financés par l’OSF constituent une équipe de lobbying extrêmement efficace non seulement auprès du Parlement européen, mais aussi auprès de toutes les institutions européennes et internationales.

Cette résolution est donc par essence un travail de lobbying contre les intérêts de notre pays avec, malheureusement, la participation de certains de nos compatriotes.

Et contrairement à ce que pense M. Karim Tabbou et ses séides, la résolution du Parlement européen et la déclaration du Président Macron sont toutes les deux des ingérences caractérisées et inadmissibles dans les affaires nationales algériennes.

En politique, il n’y a que des intérêts et M. Macron et Mme Arena n’œuvrent que pour ceux de leurs pays. Par contre, en ce qui nous concerne, la terre de notre pays circule dans nos veines.

Et toute cette hyperactivité politique étrangère qui assaille notre patrie de tout bord, dont le Parlement européen n’est qu’un acteur parmi tant d’autres, n’a qu’un seul but : la « printanisation » de l’Algérie.

 

 

Documents complémentaires

 

Pierre-Antoine Plaquevent, auteur de "Soros et la société ouverte", nous explique la notion de "Société ouverte" selon G. Soros.

 

Cliquez sur l'image pour visionner la vidéo

 

 

 

La Russie promulgue une loi interdisant les ONG "qui fomentent les révolutions colorées" sur son sol (2015)

 

Cliquez sur l'image pour visionner la vidéo

https://www.ahmedbensaada.com/index.php?option=com_content&view=article&id=536%3A2020-12-01-22-28-35&catid=46%3Aqprintemps-arabeq&Itemid=119&fbclid=IwAR1qdZo6TRlWfSkNjdnJm0Pq6anijkr9j0bkwmOSFeszJ8KF12ZRjUsKfbA

Dans ALGERIE

USA/"ISRAËL" : L'ALGERIE CONTRE-ATTAQUE

Par Le 06/12/2020

Quand Alger déjoue le complot d'isolement!

Sunday, 06 December 2020 7:22 PM  [ Last Update: Sunday, 06 December 2020 7:25 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

L'Algérie, 5e pays dépensier en armement au monde. @Algérie-1

Alors que la France, le Maroc, la Jordanie en collusion avec l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Bahreïn, tentent d’isoler l’Algérie, celle-ci ne reste pas les bras croisés et sa politique de contre attaque énerve jusqu’au trône saoudien qui ne pardonne à Alger son antisionisme, son indépendance et sa liberté d’action surtout que face à la menace militaire croissante, l’armée algérienne travaille a sa fulgurante modernisation.

Un média saoudien évoque un projet anti-algérien du gouvernement français en collusion avec le Maroc, la Jordanie ainsi que les petits émirats du golfe Persique : isoler l’Algérie et l’empêcher de jouer son rôle-clé dans les crises régionales dans les régions stratégiques du Sahel et du Sahara occidental. Or Alger n’est pas du reste. Il se réorganise élargissant le cercle de ses alliances avec des géants africains comme le Nigeria ou l’Afrique du Sud. 

Algérie-Résistance, alliance inévitable

Algérie-Résistance, alliance inévitable

Contre attaque anti US ?

On se rappelle comment les USA ont usé de tout leur poids pour bloquer la désignation de l’ex-ministre algérien des A.E pour empêcher le règlement pacifique de la crise libyenne et avoir leur guerre. Or cet obstructionnisme a poussé Alger à réviser ses relations diplomatiques avec les pays africains et à élargir ses relations politiques et économiques avec les pays africains. L’un de ces pays est le Nigeria avec lequel l’Algérie a l’intention de mettre en application trois projets gigantesques : « la transsaharienne qui doit relier Alger à Lagos, le gazoduc Nigal qui doit servir à transporter le gaz naturel jusqu’en Europe via l’Algérie et le projet de liaison de fibre optique commencé en 2010 ». En outre, Alger a récemment exprimé son intérêt à la coopération avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Pour rappel, le ministre algérien des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a rencontré le président de la CEDEAO, Jean-Claude Kassal Brou, à Abuja, le 26 novembre, les deux parties ont négocié des voies susceptibles de promouvoir la coopération entre l’Algérie et l’Organisation ouest-africaine sur les plans, politique et sécuritaire, surtout dans le Sahel.

La crise au Sahara aura été le dernier acte du scénario de l’axe USA/Israël montée de toute pièce contre Alger avec la complicité du Maroc de l’Arabie saoudite, des EAU, de-Bahreïn et de la Jordanie. Mais là encore Alger semble avoir sa carte gagnante via une Mauritanie qui s’est alignée sur le Front Polisario au grand dam des intérêts de l’Empire. 

Axe US/OTAN/Israël pourra-t-il frapper aisément l'Algérie?

Axe US/OTAN/Israël pourra-t-il frapper aisément l’Algérie ?

L’Algérie confirme le déploiement de missiles balistiques hypersoniques Iskander.

Et tout ceci sur fond d’une révolution militaire ! 

« Ces quinze dernières années, l’armée algérienne a multiplié les acquisitions militaires en y consacrant en moyenne un budget de 2,3 milliards d’euros par an. Avions, missiles, blindés, sous-marins…, la qualité et la modernité de ces équipements font aujourd’hui de l’Algérie une puissance régionale dotée d’une force de frappe considérable.

Menace Israël/Émirats: la riposte algérienne?

Menace Israël/Émirats : la riposte algérienne ?

Normalisation : pour quelle raison Abou Dhabi, a-t-il recouru au langage de menaces vis-à-vis d’Alger ?

 L’Algérie a consacré 10 milliards d’euros par an au ministère de la Défense, et un tiers de son budget de défense à l’achat d’armements de pointe et de formation des militaires. Puis, the last but not the least: l’armée algérienne pourra sortir de ses frontières pour participer à des opérations militaires soit “Un message clair destiné aux voisins marocain et libyen ainsi qu’aux groupes terroristes qui opèrent au Sahel. L’Algérie est-elle prête à se montrer bien offensive face aux puissances qui se démènent pour l’isoler, mais sans grand succès ? 

Libye: Alger-Moscou coordonnent

Libye: Alger-Moscou coordonnent

https://french.presstv.com/Detail/2020/12/06/640115/Alg%C3%A9rie,-puissance-du-Sahara-et-du-Sahel

 

Dans ALGERIE

HIRAK. « FRANTZ FANON EST EN PHASE AVEC CETTE VAGUE DE FOND » SELON CHRISTIANE CHAULET ACHOUR.

Par Le 06/12/2020

HIRAK. «Frantz Fanon est en phase avec cette vague de fond» selon Christiane Chaulet Achour.

HIRAK.  «Frantz Fanon est en phase avec cette vague de fond» selon Christiane Chaulet Achour.

Franz Fanon est mort le 6 décembre 1961

Tombe de Franz Fanon à Ain Kerma. DR

Achour: « Fanon est un antidote à tout ce qui enferme et expulse »

ENTRETIEN

Par Johan Faerber, 10 mai 2019. Diacritik

Aussi nécessaire que salutaire : tels sont les qualificatifs qui peuvent escorter la sortie de Dans le sillage de Fanon de Christiane Chaulet Achour. Ainsi cet essai trace-t-il vigoureusement les lignes contemporaines de descendance critique et littéraire de Frantz Fanon, penseur majeur du 20e siècle. A l’heure où le mouvement du 22 février n’en finit pas de retentir en Algérie, peut-être plus que jamais le temps de Fanon est-il revenu tant cet intellectuel des soulèvements n’a jamais été aussi contemporain. L’occasion pour Diacritik de partir à la rencontre de Christiane Chaulet Achour le temps d’un entretien sur la figure de l’auteur de Peau noire masques blancs.

Ma première question portera sur l’origine de votre nécessaire Dans le sillage de Fanon que vous venez de faire paraître. Comment vous est venue l’idée d’étudier non pas l’œuvre en soi de Frantz Fanon mais l’héritage qu’il a pu laisser ? S’agissait-il pour vous en traçant les lignes et les branches de son héritage dans la pensée et la littérature après sa mort d’incidemment montrer l’actualité de Fanon et la persistance de la pertinence de sa pensée ? Vous dites ainsi d’emblée qu’il « informe notre présent » : qu’entendez-vous par là ?

Il y a des années que je travaille sur les textes de Frantz Fanon. Je les ai beaucoup enseignés avant d’avoir l’audace d’écrire des articles pour différents colloques et revues le concernant. Face à une telle pensée, fulgurante et forte, on ne se sent jamais à la hauteur. C’est le « portrait » d’Alice Cherki qui m’a donné le coup de pouce que je devais attendre secrètement, pour oser, à mon tour, écrire sur Fanon. En 2004, j’ai publié un petit livret, Frantz Fanon l’importun, dans une édition de femmes périphérique ; en 2013, dans une collection chez Honoré Champion – arrêtée avant même d’avoir eu le temps de faire ses preuves… – une analyse précise de l’essai Peau noire masques blancs. J’ai également dirigé trois collectifs au moins et participé à d’autres : chaque fois, j’ai analysé les textes.

Mon choix, dans cet ouvrage, a été autre et s’explique de deux façons : d’une part le fait de l’éditer en 2019 : il a tant a été écrit sur lui et son œuvre que je ne souhaitais pas apporter une énième étude ; d’autre part, et de façon générale, la littérature et les textes ne m’intéressent jamais autant que lorsqu’ils sont l’objet d’héritages visibles qui éclairent l’œuvre antérieure et en révèlent des aspects que je n’avais pas vus/lus.

Au fur et à mesure de mes lectures, je le voyais apparaître ici et là et je me suis dit que le temps de Fanon était revenu et qu’il fallait entamer la lecture de ses héritiers. Certainement que le roman de Wideman a été le détonateur de cette réalisation par sa formidable capacité à faire vivre en fiction un penseur de cette stature dans notre monde d’injustices et d’exclusions et à m’obliger à aller vers les lectures afro-américaines, les premières après la mort de Fanon.

Pour en demeurer à la genèse de votre essai, je voudrais avant d’entrer dans le cœur de votre propos vous interroger sur votre lien personnel sinon biographique à Fanon : comment l’avez-vous découvert ? Qu’est-ce que Fanon a apporté à votre pensée et plus largement à vos recherches ? S’est-il imposé pour vous comme un moteur politique de vos réflexions sur la francophonie ? Diriez-vous que vous êtes, à l’instar des écrivains et essayistes que vous convoquez dans votre livre, une héritière de Fanon, et si oui, de quelle part ?

Fanon est un nom qui m’est familier depuis que je suis en âge d’entendre et d’aller vers les livres… un certain temps déjà ! Il était l’ami de mon frère aîné, Pierre Chaulet, et le cas unique d’une traversée des frontières identitaires, spatiales, idéologiques qui sont, comme on le sait, terriblement, et de plus en plus, barrières plutôt que passages. Dès mes études de lettres à l’université d’Alger, en 1963, il faisait partie, tout naturellement, des penseurs de la décolonisation et aussi d’une sorte de panthéon implicite qui nous nourrissait. Nous lisions surtout Sociologie d’une révolution et Les Damnés de la terre. C’est plus tard que j’ai lu Peau noire masques blancs.

Le chapitre IV des Damnés de la terre, « Sur la culture nationale » m’a énormément apporté pour ma lecture de la littérature algérienne : les analyses de Fanon éclairaient des intuitions, des observations que je ne parvenais pas toujours à formuler et, encore moins, à systématiser. Fanon m’a appris aussi à aller vers Aimé Césaire et d’autres. Ces dernières années, il m’a aidée dans ma lecture de l’esclavage, de l’identité, de l’altérité et pour tant d’autres sujets de notre temps.

Non, il n’a pas été « un moteur politique de ma réflexion sur la francophonie », chose dont il ne parle jamais ou alors, il l’a été obliquement. Je n’avais pas besoin de lui seulement mais de nombreux autres penseurs et écrivains pour apprécier cette grosse machine idéologico-politique qu’est la francophonie. J’ai beaucoup réfléchi, par contre, à l’usage du français par les écrivains du Sud et particulièrement les ex-colonisés. Pour moi, l’usage de la langue française était un fait de l’Histoire et non un choix d’excellence. Une question de suprématie politique par rapport à laquelle il a su offrir une vraie réflexion sur les dominations et les mises sous tutelle et une pratique remarquable de la maîtrise d’une langue dont vous faites un instrument de combat quand vous ne vous laissez pas maîtriser par elle.

Héritière, certainement mais je ne pense pas à la mesure des grands héritiers que j’ai étudiés. Mais héritière en tant que transmettrice par l’enseignement et la recherche d’un Fanon penseur et écrivain. Je peux dire que mes vingt années d’enseignement dans l’université française m’ont permis de faire découvrir Fanon à nombre d’étudiants qui, en leur totalité, ne le connaissaient pas. Rien à voir avec ce qui s’est passé, pour moi, en Algérie et ce qui se passe en Angleterre ou aux États-Unis, par exemple.

Pour en venir à présent plus directement au cœur de votre propos, Dans le sillage de Fanon s’ouvre sur la pluralité des réceptions dont Fanon a pu faire l’objet. Au cœur des différentes secousses qui en ont agité l’accueil, vous insistez d’emblée sur un héritage de Fanon en particulier, celui d’une pensée humaniste que vous développez de la sorte notamment : « Il a été d’une certaine façon délivré de l’ethnocentrisme, la chose la mieux partagée du monde et la plus aliénante. Il en a été « délivré » car il a su dépasser le statut de victime pour, très tôt, se mettre à hauteur d’homme. »
Vous dites ainsi que s’il a su venir jusqu’à nous c’est parce que, d’une part, contrairement à ce qui a pu être dit de lui ici ou là, Fanon a su faire preuve d’humanité ? Pouvez-vous nous en dire plus ? En quoi Fanon s’affirme-t-il comme humaniste ?

Les faits et citations que j’ai repris à plusieurs étapes de ma démonstration le prouvent amplement : de l’engagement du jeune Fanon dans la Seconde guerre mondiale, de sa recherche d’une spécialité en médecine qui le place au plus près de la souffrance humaine, la psychiatrie, à cette lucidité si peu partagée, je dirais pour des « externes », des non-Algériens, du choix de la lutte aux côtés des Algériens quelques mois après son installation à l’Hôpital psychiatrique de Blida. A chaque fois, c’est contre l’aliénation – dans les différents sens du terme – qu’il se place pour œuvrer à l’accès de tous à une humanité de libération. Evidemment, ce n’est pas un penseur d’une langue à la guimauve : ce qu’il a à dire, il le dit avec force, souvent poésie, et toujours directement. Son obsession et son but, c’est d’élargir l’humanité reconnue à travers le monde, à tous les opprimés, que « les damnés de la terre » entrent dans le concert du monde. Cela, il l’a fait dès sa formation en médecine à Lyon. Il faut lire son premier article, publié dans Esprit en février 1952, né de la réception réservée en consultation aux patients nord-africains, « Le syndrome nord-africain ». Il écrit en introduction : « tous les problèmes que se pose l’homme au sujet de l’homme peuvent se ramener à cette question […] : « Ai-je en toute circonstance réclamé, exigé l’homme qui est en moi ? »

Ses constats et interrogations s’écrivent comme une mise en scène théâtrale entre le patient et le jeune médecin, entre celui-ci et ses pairs : « Quelles sont-elles, ces créatures affamées d’humanité qui s’arc-boutent aux frontières impalpables (mais je sais d’expérience terriblement nettes) de la reconnaissance intégrale ?
Quelles sont-elles, en vérité, ces créatures, qui se dissimulent, qui sont dissimulées par la vérité sociale sous les attributs de bicot, bounioule, arabe, raton, sidi, mon z’ami ? »
Si l’on veut « entrer » dans Fanon, il est bon de commencer par la lecture intégrale de ce texte qui montre son humanisme dans une situation concrète, à 26 ans… A l’autre bout de sa vie, le dernier chapitre des Damnés, « Guerre coloniale et troubles mentaux », est aussi à lire tant l’exposé et l’analyse des cas qu’il consigne montrent l’extrême humanité du psychiatre.

Pour vous, ce qui rend encore vivante l’œuvre de Fanon, c’est que précisément il ne se réduit pas uniquement aux thèses qu’il a pu développer. Loin de réduire ces dernières ou de les minorer, le puissant geste de votre essai est d’affirmer que Fanon relève d’une écriture, qu’il est écrivain, que sa parole est une parole qui vient jusqu’à nous parce que précisément elle est portée par une voix. Quelle est alors, selon vous, le timbre de Fanon ? Quelle est la particularité de sa voix – de son écriture ? Est-ce à dire enfin que vous regrettez que Fanon ne soit jamais lu textuellement ?

Bien évidemment que je regrette que Fanon ne soit pas lu dans son texte même, dans son écriture ! Cela éviterait tant de contresens ! La plupart de ceux qui rejettent Fanon ou prononcent son nom du bout des lèvres, ne l’ont pas lu… mais ils ont lu des bribes de la préface de Sartre aux Damnés, ils ont lu ici et là une condamnation sans démonstration, ils ont retenu des énoncés sortis de leur contexte, ils affirment, péremptoirement, « mais c’est une théoricien de la violence »… Car lire Fanon, c’est accepter d’affronter le duo-duel colonisation/décolonisation et ce n’est pas simple. Les mêmes idées, exprimées sans sa force poétique d’interpellation n’auraient pas eu la même portée. C’est fort Fanon parce que c’est beau. Il faut au moins relire – à haute voix comme la poésie – la conclusion de Peau noire masques blancs, la conclusion des Damnés, la Lettre de démission à Robert Lacoste, la Lettre à un Français qui est un poème en prose…

Je rappellerai un autre témoignage donné par Wideman à la fin de son roman ; celui du Pr. Peter Worsly qui a assisté au discours de Fanon à Accra en 1958. Il parle d’un discours « électrisant » : « une expérience à faire battre le cœur plus fort… remarquable non seulement par sa force analytique mais aussi par le feu et le brio avec lesquels il fut prononcé, qui étaient des plus rares ». Voilà un exemple de « la voix » de Fanon… Et c’est aussi toute la théâtralité de son écriture (au bon sens du terme) qu’il faut analyser.

 

 

Pour expliquer également sa postérité et son évidente notoriété, vous rappelez que Fanon est un homme qui fut à la croisée de quatre chemins qui, tous, se recoupaient en lui : Français, Antillais, Algérien et militant anti-impérialiste. De ces quatre visages, lequel selon vous a pu offrir le plus d’héritiers ? Les héritiers que vous évoquez se réclament-ils à part égale de chacun de ces Fanon ou sont-ils inextricablement mêlés ? Se réclamer du Frantz Fanon français, qu’est-ce que cela peut offrir, par exemple, aujourd’hui comme héritage ?

Ce n’est pas le fait de tous les héritiers mais un certain nombre préfère élire telle ou telle « tranche » de Fanon en fonction de ce qu’ils sont. Je précise tout de suite que c’est le militant anti-impérialiste qui est toujours retenu car il est l’aboutissement des autres « étapes ». Fanon Français ? Je n’ai pas trouvé, pour ma part, d’héritier de ce Fanon-là. C’est normal puisque la France ne le retient pas dans les écrivains à connaître. Fanon Antillais ou Fanon Algérien ? Oui, bien sûr. Mais ce n’est pas tant pour le réduire à cette dimension que parce que « l’héritier » est lui-même Antillais ou Algérien et qu’il privilégie un aspect de son parcours. Ainsi, il est prouvé qu’aujourd’hui, le Fanon qui retient le plus les Antillais, c’est celui de Peau noire masques blancs et que plus d’un Algérien vibre à la lecture… nostalgique… de L’An V de la Révolution algérienne (Sociologie d’une révolution). J’ai moi-même dirigé, pour le cinquantenaire de sa mort, en 2011, un dossier pour la revue Algérie Littérature Action, « Frantz Fanon et l’Algérie », avec une trentaine de contributions. Se réclamer du Frantz Fanon Français ?… on peut rêver… Alors rêvons ! C’est aller à la rencontre d’une analyse du racisme, de l’exclusion, du refus de l’altérité et combattre ces plaies qui gangrènent la société française qui a tant de mal à se penser comme multiculturelle. Fanon est un antidote à tout ce qui enferme et expulse.

Un des points parmi les plus remarquables de votre essai est d’affirmer sans attendre la position de Fanon par rapport à la question identitaire. Vous dites ainsi : « Il oblige à penser l’identitaire comme autre chose qu’une assignation à résidence dont les lignes ne peuvent bouger. L’expérience algérienne qu’il a faite sienne n’a pu avoir cette force et cette efficacité dans ses analyses que parce que, avant d’y plonger, il avait mis à nu les impasses de la négritude, de l’assimilation et d’une appartenance close, dès Peau noire masques blancs. » Pourriez-vous nous dire en quoi l’identitaire ne peut être figé chez Fanon ? En quoi est-ce une leçon selon vous pour notre présent ?

Oui, cela découle de ma réponse précédente. Fanon oblige à penser la question identitaire : par son parcours d’abord qui est une démonstration qu’on peut franchir les frontières auxquelles on a été assigné par la naissance et s’identifier à une autre lutte. Par le contenu de ses écrits aussi : même si je n’étudie pas dans le détail les trois essais, je montre, à plusieurs reprises, en quoi chaque essai manifeste une avancée du sujet énonciateur et, conjointement, celle de son lecteur : du moi Antillais (Français non reconnu dans la nation) à nous Algériens et enfin, Nous, les « damnés » des cinq continents. Et il a été entendu un peu partout dans ces cinq continents. A l’heure où la poussée des identitaires force les portes de nombre de nations, lire Fanon est une question d’hygiène pour ouvrir notre éventail identitaire à tout ce qui peut nous enrichir et nous faire admettre la complexité du monde, nous empêcher de nous accrocher à notre rocher local par peur de courants perturbateurs.

Avant de venir plus précisément évoquer les héritiers et héritages de Fanon, je voudrais revenir avec vous sur la part décriée de Fanon dans sa postérité. Des contre-héritiers se manifestent qui remettent en cause Fanon, faisant de lui un barbare pour le discréditer comme vous le suggérez reprenant une formule de Gérard Miller. De quelle barbarie les contre-héritiers de Fanon l’accusent-ils ainsi ? S’agit-il ainsi de nuire à sa puissance politique, d’atténuer la part de violence que suppose toute scène politique, c’est-à-dire la part insurmontable de dissensus ?

Oui, vous le dites parfaitement. « Qui veut noyer son chien… » etc. Fanon est décapant. Personne n’aime être décapé et poussé dans ses retranchements. Dès son décès, Aimé Césaire a magnifiquement célébré l’héritage de Fanon : « Théoricien de la violence, sans doute, mais plus encore de l’action. Par haine du bavardage. Par haine du compromis. Par haine de la lâcheté. Nul n’était plus respectueux de la pensée, plus exigeant à l’égard de la vie dont il n’imaginait pas qu’elle pût être autre chose que pensée vécue.
Et c’est ainsi qu’il devint un combattant. Ainsi aussi qu’il devint un écrivain, un des plus brillants de sa génération. (…)
Toujours, partout, la même lucidité, la même force, la même intrépidité dans l’analyse, le même esprit de « scandale » démystificateur ».
Encore un texte à lire dans son entièreté !… Ces lignes paraissent dans le numéro de Jeune Afrique du 13 décembre 1961 : Fanon vient de mourir à Washington, le 6 décembre.

Venons-en à présent aux trois sillages que vous dessinez dans votre essai. La première partie de votre propos consiste à repartir des biographies consacrées à Frantz Fanon. En quoi vous paraissait-il déterminant de les examiner ? Quel portrait de Frantz Fanon est parvenu jusqu’à nous ? Quelle image de cet homme multiple l’emporte-t-elle ?

Avec mon approche des biographies, j’ai voulu montrer que la biographie a un statut bâtard puisqu’elle est à la fois œuvre de documentation et œuvre littéraire. Cette seconde caractéristique impose la part de subjectivité du biographe qui aborde l’œuvre de Fanon avec ce qu’il est, avec ses convictions, les témoins qu’il rencontre, les ouvrages auxquels il a accès ou qu’il sélectionne. La biographie est le récit d’une vie et aussi documentée qu’elle soit, elle est orientée. L’essentiel est de montrer comment et pourquoi elle l’est.

Il n’y a pas une seule image qui nous soit parvenue de Fanon, sinon l’appréciation monolithique et défavorable de ses détracteurs. Dans chaque biographie, le lecteur peut trouver à s’informer. Puis il se fait ses propres images – impossible d’accepter le singulier en la matière !

Je crois avoir montré quel est le portrait qui m’avait le plus appris mais cela ne signifie pas que je n’ai pas trouvé chez l’un ou l’autre matière mieux connaître Fanon. Si les témoignages de son frère aîné, Joby et de sa secrétaire, Marie-Jeanne Manuellan, ne sont pas à proprement parler des biographies, ils nous disent beaucoup sur cet homme.

 

Le second sillage est celui de la littérature. Fanon est une figure majeure du Second demi-siècle qui est convocable à double titre : comme puissance d’évocation par son écriture, tout d’abord. Quels sont les écrivains habités selon vous par les formules de Fanon, sa prosodie ? Mais Fanon hante aussi la littérature comme personnage comme l’avance Catherine Simon que vous citez : « Certains morts ont de l’avenir. Ils deviennent, non pas des fantômes, mais des ancêtres doués de parole et capables, quelquefois, d’écouter les vivants. Frantz Fanon, par exemple ». A ce titre, dans quelle littérature Fanon apparaît-il comme personnage ? A-t-il une résonance par exemple aux États-Unis, notamment dans la littérature afro-américaine ?

C’est certainement dans la littérature afro-américaine que Fanon a, aujourd’hui, la plus forte résonance. Mais son aventure littéraire comme personnage, ne fait que commencer comme le prouve le roman récent, en langue française, d’Aminata Aïdara. Les poèmes que j’ai cités sont aussi importants. Le théâtre s’y met. Je voulais faire un état des lieux en la matière, inviter à les lire. Des écrivains habités par sa prosodie ? Parmi ceux que j’ai analysés… sans doute Daniel Maximin, John-Edgar Wideman.

Le troisième et dernier sillage vient clore notre entretien est le prolongement dans la pensée actuelle, notamment celle d’Achille Mbembe. En quoi selon vous Fanon s’impose-t-il comme une boussole toujours indispensable pour penser la décolonisation ?
Plus largement, au regard de ce qui se passe actuellement en Algérie, du mouvement du 22 février, pensez-vous que la pensée de Fanon et son œuvre ont un rôle à y jouer ?

Oui, Fanon reste, selon votre expression, une boussole pour penser la décolonisation. Et comme elle est encore en train de se faire, une boussole pour le présent. Mais pas seulement, comme je l’ai dit précédemment : pour penser le racisme et l’exclusion, pour penser la difficulté de comprendre l’Autre et d’admettre sa différence. Claude Liauzu avait, dès 1999, sollicité Fanon dans son ouvrage, La société française face au racisme.

Au niveau plus général des études sur colonisation/décolonisation, je pense que la part essentielle revient à Edward Saïd et je lui ai consacré des pages pour repérer la citation de Fanon dans ses essais et l’interprétation qu’il en donne. Au niveau de la compréhension des populations postcoloniales sur le territoire français, l’essai d’Alice Cherki, La Frontière invisible, est à lire et à assimiler. Achille Mbembe, pour moi, est très intéressant mais il arrive après ces deux penseurs : je dirai que c’est son essai le plus récent, Politiques de l’inimitié, qui remet Fanon au centre même de son propos.

Il y aurait eu bien d’autres essayistes à analyser : d’une part, je tenais à une sélection pour ne pas rendre le livre illisible en éditant un pavé, d’autre part, ceux auxquels je pense ont donné leurs textes dans des collectifs et des revues que je connais mais je n’ai pas souhaité entrer dans ce chantier énorme.

J’ai apprécié, en 2011 – cinquantenaire du décès de Fanon –, les essais édités, dans son île d’origine, de Philippe Pierre-Charles et d’André Lucrèce et les colloques et rencontres à Fort-de-France et auxquels j’ai participés. Ce n’est pas pour rien que mon travail est dédié à Me Marcel Manville. Et je pense que tout ce qu’écrit Roberto Beneduce est à connaître et le titre de la revue qu’il a coordonnée « Mobiliser Fanon » est un programme prometteur. Jean Khalfa, après avoir coordonné un numéro riche des Temps Modernes, en 2006, a édité une somme dont on n’a pas fini d’exploiter la richesse, des écrits inédits ou difficiles d’accès de Fanon.

Pour terminer sur ce point, on peut citer un passage de la préface écrite par Achille Mbembe à l’édition des Œuvres complètes de Fanon à La Découverte, en 2011 : « Comment s’étonner que le nom de Fanon continue de s’écrire dans le présent et dans le futur ? Comment s’étonner, en outre, que cette nouvelle écriture du nom de Fanon se termine par celle de la vie en tant qu’épreuve sur soi et épreuve du monde ? Prendre en charge la souffrance de l’homme qui lutte, la décrire et la comprendre de telle manière que de ce savoir et de cette lutte jaillisse un homme nouveau, tel fut en effet le projet de Fanon ».
Écho dans Les Damnés de la terre : « Il s’agit très concrètement de ne pas tirer les hommes dans des directions qui les mutilent, de ne pas imposer aux cerveaux des rythmes qui rapidement l’oblitèrent et le détraquent. Il ne faut pas, sous le prétexte de rattraper, bousculer l’homme, l’arracher de lui-même, de son intimité, le briser, le tuer ».

Pour répondre enfin à votre question sur ce qui se passe en Algérie depuis le 22 février et la part que pourrait y prendre la pensée de Fanon, je vous signalerai que le premier compte-rendu de mon livre a été publié dans El Watan (quotidien national algérien), le 5 mars, par Afifa Bererhi, « Fanon, présence actuelle ». J’en donne un extrait : « Ce livre nous parvient un mois de mars comme pour rappeler la date de la déclaration de «cessez-le-feu» et à un moment crucial de l’Algérie entrée dans la contestation du régime en place par l’occupation de la rue et en des scènes qui rappellent les jours de fête de l’Indépendance. Dans pareil contexte, symboliquement, ce livre nous suggère un nouveau départ pour la construction de l’Algérie dont les dirigeants, depuis l’indépendance à ce jour, se sont employés, d’une manière ou d’une autre, à vider la Révolution de son sens plein. La libération du pays dans ses limites territoriales était la condition première, de nécessité absolue, pour entrer dans le processus redoutable de libération des modes de penser et d’agir décriés et pourtant combien intériorisés, cela-même qui obstrue les possibilités d’émergence de l’homme nouveau, émancipé de toute tutelle intellectuelle et psychologique, culturelle et politique (…) Ce livre, nous le comprenons comme une manière à la fois directe et implicite de contribuer aux débats qui animent aujourd’hui la société algérienne. Les revendications exprimées, dans leurs formes et contenus, s’inscrivent dans une filiation fanonienne. A son insu peut-être, la jeunesse algérienne s’inscrit « dans le sillage de Frantz Fanon » ».

Fanon est édité en Algérie, en français et en arabe. Ses écrits sont disponibles… Mais il faut des lecteurs et des lectrices qui, en pleine effervescence, s’arrêtent pour lire Fanon ou d’autres. Mais il est certain qu’il est en phase avec cette vague de fond.

Articles de Christiane Chaulet Achour,

Source: Diacritik

 

 #NATION#MONDE#Les références

http://www.algerieinfos-saoudi.com/2019/05/hirak.frantz-fanon-est-en-phase-avec-cette-vague-de-fond.christiane-chaulet-achour.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Dans ALGERIE

LES EMIRATS MENACENT, L'ALGERIE RIPOSTE!

Par Le 24/11/2020

Mission "israélienne" des Emirats face à Alger?

Tuesday, 24 November 2020 2:33 PM  [ Last Update: Tuesday, 24 November 2020 3:34 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Quelle riposte de l'ANP au chantage Israël/EAU/(Illustration)

Le conflit que le Maroc vient de déclencher au Sahara occidental, à l'instigation des Emirats est-il ferait-il écho à l'excès de fièvre pro-Israel d'Abou Dhabi? On sait que tout a commencé avec l'ouverture d'un consulat émirati au Sahara, puis l'occupation militaire de Guerguerat, zone tampon avec en toile de fond la rupture de la trêve avec le front Polisario. Le site Maghreb Intelligence estime que juste avant les Emirats avaient menacé l'Algérie et que celle-ci avait bien répondu à ces menaces. 

Le site d’information Maghreb Intelligence fait allusion à de vives tensions éclatées entre l’Algérie et les Emirats Arabes Unis après les critiques directes des dirigeants algériens contre le compromis entre Abou Dhabi et Tel-Aviv. Ces critiques auraient même provoqué la panique à Abou Dhabi et des menaces ont fusé dans la foulée. En effet, " le président algérien, Abdelmadjid Tebboune a récemment pointé du doigt les EAU pour la normalisation des relations avec Tel-Aviv, ce qui n'a guère plu aux Emiratis" dont le rôle dans le dossier libyen n'a pas non plus été apprécié par Alger.

Bourbier sahraoui: qui sauvera Rabat?

Bourbier sahraoui: qui sauvera Rabat?

Al-Quds Al-Arab reprend cette information à sa manière et le met au goût de ses tendances "Frères musulman". Selon lui, la colère d'Abou Dhabi viendrait du fait qu'Alger aurait choisi de se rapprocher de la Turquie et de sa position en Méditerranée. Mais à vrai dire, c'est la ligne anti israélienne des Algériens, leur soutien irréfragable à la cause palestinienne qui se trouve à l’origine des agissements émiratis au Sahara-occidentale, zone considérée comme profondeur stratégique algérienne. Les tensions entre les deux pays se sont d'ailleurs intensifiées à la suite des remarques d'Abdelmajid Tebounne sur les pays qui "se sont résignés à un compromis avec Israël", l'allusion allant évidemment droit vers les EAU : " Aussitôt après, les canaux diplomatiques officieux des EAU auraient envoyé un message de menace et de colère à Alger.  Abdelmadjid Tebboune a condamné en effet et à plusieurs reprises la normalisation des relations avec le régime d’Israël, en soulignant que le peuple et le gouvernement algériens "soutiendraient le peuple palestinien, ses aspirations et sa résistance contre le régime d'occupation".

Sahara occidental: Le Caire contre Tel-Aviv?

Sahara occidental: Le Caire contre Tel-Aviv?

Alors que la situation reste tendue à Guerguerat, l’Égypte appelle toutes les parties en conflit à faire preuve de retenue.

La menace du  prince héritier des EAU, Mohammed ben Zayed serait même parvenu au président Tebboun par l'intermédiaire de l'ancien attaché militaire algérien et chef de la sécurité intérieure du pays, le général Al-Ghani Rachedi.

« Abou Dhabi a déclaré ne pas hésiter même une seconde à imposer des sanctions économiques et politiques à l'Algérie, dans le cas où celle-ci continue de s'opposer aux politiques des EAU », selon ce message que cite Maghreb Intelligence qui poursuit : " Abou Dhabi a menacé de suspendre sa coopération économique et bilatérale avec Alger, dans le cas où Alger continue les politiques qu’Abou Dhabi estime « anti-émiraties ».

Dans cette même ligne, les médias algériens rapportent la toute récente décision des Emirats d'interdire l'entrée des ressortissants algériens sur le sol; Une interdiction que l'Ami golfien d'Israël étend à quelques autres pays, sans doute dans l'espoir d'appuyer Tel-Aviv dans sa quête de survie au Moyen-Orient et au Maghreb. «Conformément à la dernière circulaire publiée par le service de l’immigration, les demandes de visa d’entrée au pays, y compris les visas de travail, sont suspendues jusqu’à nouvel ordre pour les nationalités des pays suivants : Yémen, Syrie, Irak, Libye, Afghanistan, Pakistan, Somalie, Liban, Kenya, Tunisie, Algérie, Turquie et Iran.», affirment les médias algériens. 

La Jordanie contre l'Algérie?!

La Jordanie contre l'Algérie?!

"Cette décision est un avertissement : l'Algérie figure au nombre des pays souverains qui ne se soumettront jamais au diktat du sionisme. Depuis que la mèche est allumée au Sahara, il n'est plus permis d'hésiter. Alger devra couper les ponts avec le Cheval de Troie que sont les Emirats, leur retirer le contrôle de ses ports. Mohamed Ben Zayed a essayé de faire pression sur l’Algérie au début de l’année par le biais des dossiers économiques, les Emirats espéraient pouvoir avoir la haute main sur l’économie algérienne, nourrissant de grandes ambitions dans le pays, notamment à travers les sociétés de tabacs et de gestion des ports, ainsi que leur médiation avec les Allemands pour le montage des véhicules militaires et civils, mais le ministère de la Défense algérien a repoussé cette entreprise hégémonique émiratie. Désormais c'est dans le sens de la normalisation avec Israël qu'Abou Dhabi conduira ses pression et la sorte "saharouie" est une dérive fort dangereuse puisque l'affaire vise directement la profondeur stratégique de l'Algérie", estime Kaanani Moghadam, l'analyste et spécialiste iranien du Maghreb. 

https://french.presstv.com/Detail/2020/11/24/639267/Pourquoi-les-EAU-menace-l%E2%80%99Alg%C3%A9rie--

Dans ALGERIE

ALGERIE-RESISTANCE, ALLIANCE INEVITABLE

Par Le 18/11/2020

Pour venir à bout de l'Empire, l'Algérie peut compter sur la Résistance

Wednesday, 18 November 2020 5:21 AM  [ Last Update: Wednesday, 18 November 2020 5:37 AM ]

 30 

Le missile Iskander algérien. (Global Look Press)

Le scénario est désormais classique : passer d'une période marquée par de multiples tentatives de déstabilisation à un face-à-face directe. La fabrique de la guerre contre cette Algérie que l'axe USA/OTAN/Israël a pris pour cible depuis bientôt deux ans avec des points culminants, comme la deuxième guerre libyenne qui n'en était pas une, mais qui visait surtout à déployer les forces hostiles aux portes du pays, est entrée dans une nouvelle phase dangereuse : selon des agences de presse, Rabat aurait mis la main sur un groupe de ressortissants algériens qui se battaient dans les rangs du Front Polisario contre l'armée marocaine. 

Libye: le Su-57 arrive en Algérie

L’armée algérienne a garni ses arsenaux de diverses armes russes dont des Su-57 et des chars Armata.

Evidemment, depuis le début de l'affaire Guerguarat, ce point de passage entre le Maroc et la Mauritanie via le Sahara que les amis israéliens de la cour marocaine, boostés par les pétrodollars emiratis, ont tenté de transformer en une porte d'entrée pour faire infiltrer les éléments armés avant que les Sahraouis ne s'en aperçoivent et y réagissent, personne au sein de la Résistance n'a cru un seul mot de la version colportée par les médias mainstream.

En fait, les premiers soupçons sont tombés à l'annonce de ces vastes incendies dans plusieurs régions du nord algériens, incendies qui se sont déclarés juste après le départ du président Tebboun pour se faire soigner à l'étranger. D'aucuns ont mis le sinistre sur le compte des attaques à l'EMP auxquelles s'essaient depuis quelque temps l'axe USA/Israël chaque fois qu'il se trouve dans l'impasse : face aux armes du Hezbollah, il s'y trouvait avant de faire sauter Beyrouth ; en Syrie, en Irak voire même en Iran, avec l'épisode du sabotage à Natanz, ce même axe aurait tenté le même coup, à défaut de pouvoir débloquer la situation. 

Or l'impasse algérienne s'est fait totalement sentir au cours de la visite de l'ex-secrétaire américain à la Défense Mark Esper à Alger où ce dernier a totalement échoué à faire soumettre la grande Algérie au diktat USA/Israël. Alger s'est refuser à renoncer à la cause palestinienne, à revoir ses liens avec la Russie et la Chine et à se rapprocher de la Résistance. D'où ce scénario d'une guerre avec un "ennemi classique", comme le disait lundi le chef de l'état-major algérien.

Clash Israël/Algérie,

Guerre ouverte au Sahara-occidental, Alger chassera le cheval de Troie israélien

Que va-t-il se passer ? Autant l'Algérie a su éviter le face-à-face dans le dossier libyen, le piège, dans le dossier malien, autant il est peu probable qu'elle puisse ne pas entrer en conflit dans le dossier saharoui, maintenant que les USA auraient fait comprendre au trône chérifien que son maintien dépendrait de cette guerre.

Ce serait donc l'ANP d'une part, l'axe USA/Israël/ Emirats/OTAN de l'autre. L'ANP n'est pas née de la dernière pluie et elle a de quoi faire infliger au camp d'en face une belle leçon. Une vidéo que l'armée algérienne vient de passer ces derniers jours reste bien lourde de sens: en effet, un jour après le déclenchement des hostilités entre l’armée marocaine et le Polisario, un reportage diffusé sur la chaîne publique algérienne met en scène l’apparition inédite du missile balistique Iskander ainsi qu’une pléthore d’autres armes de gros calibre. 

Algérie: Israël a peur de l'ANP?

Israël active sa DCA et ses drones en Libye, en prévision d

Cela veut dire que la réponse militaire algérienne pourrait provenir à tout instant et elle serait bien large, étendue du Sahara au Mali, en passant par la Libye.

A trop attendre l'ennemi, l'Algérie risquerait de se rendre la tache plus difficile dans le cadre d'un face-à-face avec l'Empire qui veut tout et rien que tout. Pourquoi ne pas agir suivant cette logique préventive qui pourrait consister à mettre dehors les Emirats si largement présents dans les ports algériens ? Qu'est-ce qui empêcherait Alger de réduire la présence US dans le secteur pétrolier de l'Algérie ? Et puis et surtout pourquoi ne pas rallier "militairement" toutes ces parties qui se battent depuis des années contre l'axe USA/Israël et qui l'ont poussé au point où il en est aujourd'hui à savoir "sur la défensive" ?

On parle évidemment de  l'axe de la Résistance qui a cloué au sol les USA en Irak, en Syrie, au Yémen, au Liban. Après tout cet axe a des frontières communes avec à la fois les Emirats, mais aussi avec l'entité sioniste. Une coalition militaire Résistance-Algérie reviendrait à élargir le front de combat du Moyen-Orient au Maghreb, de forcer le camp d'en face de disperser ses forces, ses moyens, ce qui réduirait à néant ses chances de succès.

Ansarallah de Yémen, le Hezbollah de Liban, les Hachd d'Irak et l'Iran l'ont fait : l'Algérie pourrait le faire aussi. 

Libye : l'Armée algérienne tonnera?

Il y a deux jours, le chef de l'état-major algérien affirmait : « Nous sommes en état de guerre, il est de notre droit non seulement de nous défendre, mais de frapper l’ennemi chez lui. » C'est le signe que la dynamique de défense pourrait à tout moment se transformer en une dynamique offensive. 

À la frontière est d'Algérie, au moins sept puissances étrangères mènent une guerre par milices libyennes et mercenaires étrangers interposés – la Turquie, le Qatar, les Émirats, l’Égypte, la France, l’Italie et la Russie. A la frontière sud, les groupes terroristes infestent le nord du Mali et du Niger et tentent de vaines infiltrations sur le territoire algérien. A l’ouest, au trafic de drogue est venu se greffer un conflit armé dans lequel le Maroc s’est aventuré en ayant l’assurance d’être épaulé par ses alliés français et arabes du golfe Persique.

L'Algérie a besoin des alliés de poids, la Russie bien sûre ; mais plus proche d'Alger que la Russie, est la Résistance. 

https://french.presstv.com/Detail/2020/11/18/638837/Algerie-Resistance-alliance-inevitable

 

Dans ALGERIE

30 NOVEMBRE 1962 : INTERDICTION DU PARTI COMMUNISTE ALGERIEN. TEMOIGNAGE.

Par Le 10/11/2020

10 Novembre 2020

Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Novembre 1962: interdiction du Parti communiste algérien.Témoignage.

Par Saoudi Abdelaziz, 10 novembre 2011

Le 30 novembre 1962, Ben Bella interdit par décret le Parti communiste algérien, appliquant une décision du bureau politique du FLN.

A l’annonce de cette nouvelle, ma première réflexion a été prosaïque : que faire des dizaines d’exemplaires encore invendus du journal  « Liberté», l’organe central du Parti. Allaient-ils me rester sur les bras ? Il ne fallait pas trop réfléchir. Pour écouler le stock, un seul itinéraire rapide : de la grande Poste à la Place du Gouvernement. De terrasse en terrasse de café j’ai épuisé mon stock, parfois en faisant jouer le scoop : « lisez le journal du parti interdit ».

 Je venais d’avoir dix huit ans, quatre semaines auparavant. Il y avait une vraie griserie à vendre illégalement la presse de mon parti désormais interdit. Cette griserie de l'action clandestine, j’aurais à l’éprouver pendant les vingt années qui suivront.

J’avais adhéré au PCA quelques mois plus tôt après avoir écouté Bachir Hadj Ali défendre la Révolution cubaine au cinéma Dounyazad, rue Abane-Ramdane. C’était pendant la fameuse « crise des fusées».

Avant cette adhésion, j’étais un peu déboussolé, en rupture de ban du FLN, dont j’avais été un fervent militant de la section universitaire, d’abord à l’internat du lycée Bugeaud (Emir-Abdelkader après l'indépendance) à partir de l’automne 1960, puis après le cessez le feu  à la Casbah où, parmi nos tâches, nous avions encadré et scolarisé les enfants et les jeunes dans les écoles désaffectées pour les mettre à l’abri des exactions meurtrières et aveugles de l’OAS. J’étais l’animateur du groupe de la Haute Casbah avec feu Boulamnakhar, futur officier de l’ANP s’occupant des radars et Merabet qui deviendra le médecin du Mouloudia d’Alger dans les années 80. Notre organisation était dirigée par El-Hadi Flici qui sera assassiné dans son cabinet de la Casbah, au début des années 90, dans le prolongement de l’assassinat du Président Boudiaf qu'il soutenait activement.

La désaffection à l’égard du FLN a commencé avant la proclamation de l’Indépendance. A cause de ma curiosité. En juin 1962, J’écoutais les conciliabules de hauts responsables de la Zone autonome qui se retrouvaient au café de la rue Boutin, non loin du dortoir de la rue du Diwan où j’étais hébergé par l’organisation. Un parent jijélien membre des groupes de choc de la Zone m’avait  tuyauté sur les conflits entre les chefs. Il y avait eu des fusillades, auxquelles il avait participé.

Après l’intense émerveillement des fêtes de l’indépendance, retour à Jijel. Toujours mû par l’instinct du direct, j’ai assisté à d’El Kennar, non loin de Bazoul, au passage des tanks de l’Etat-major venus contrôler le Nord Constantinois. J’ai assisté, sans trop comprendre, aux âpres tractations à l’intérieur de la wilaya 2, accroché à la jeep de Si Tahar El Annabi (Bouderbala) , le mari d’une tante moudjahida (qu’il avait épousé au maquis). C’était un des adjoints de Salah Boubnider, le chef de la wilaya 2.

Autant dire que deux mois plus tard, de retour à Alger, les paroles claires, rationnelles et lyriques de Bachir Hadj Ali au Dounyazad ne tomberont pas dans l’oreille d’un sourd, chez un jeune nationaliste déçu, orphelin du nedham perdu.

 D’autant plus que, dès l’automne 1960, le communisme je le connaissais déjà et le respectais, en la personne de l’oncle «Mesghich» Abdelaziz, mon correspondant d’internat. C’est pendant le ramadhan de cet automne, impasse du Darfour dans la Haute Casbah, que ce communiste « dans le sang », m’avait parlé de ses convictions, après m’avoir fait écouter Radio Prague-Tchécoslovaquie  qui donnait son journal en français à 19h30, au moment de la chorba. Avec toujours notre lutte de libération à la une. Après une musique de générique que je sais encore fredonner aujourd’hui, sans hésitation.

En 1966, j’étais à la prison des « quatre hectares » d’El Harrach, lorsqu’a été engagée une discussion historique entre les membres de l’ORP qui s’étaient opposés au coup d’état du 19 juin 1965. Les détenus d’El Harrach avaient été associés à ce débat qui a conduit à la création, en janvier 1966, du Parti de l’avant-garde socialiste, qui continuera dans des conditions nouvelles les missions du Parti communiste algérien.

 30 ans après l'interdiction du PCA, un congrès du PAGS décide de son autodissolution (sic), en 1992 couronnant une opération préparée de longue date par les services de sécurité, impliquant notamment Francis et d’autres infiltrés dans les structures de direction.

 

 #Evocations, #NATION, #NOTES SAOUDI

http://www.algerieinfos-saoudi.com/article-le-30-novembre-1962-interdiction-du-parti-communiste-algerien-112602694.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Dans ALGERIE

LAKHDAR BOUREGAA RACONTE LE MAQUISARD COMMUNISTE MOHAMED TEGUIA

Par Le 06/11/2020

Publié par Saoudi Abdelaziz

Lakhdar Bouregâa raconte le maquisard communiste Mohamed Téguia

De son compagnon de maquis, Mohamed Teguia disparu en 1988, le commandant Bouregâa dit : "Militant communiste, il faisait preuve d’une très grande ouverture d’esprit. Réservé , à la limite de la timidité, il remplissait sa mission consciencieusement, avec une tranquille détermination".

 

L’historien et le loup.

Par le commandant Lakhdar Bouregâa*

Mohamed Téguia a été grièvement blessé à deux reprises pendant la guerre de libération. La seconde fois c’était le 8 août 1961.Il était alors secrétaire de la Wilaya IV. Il fut blessé et fait prisonnier lors de l’accrochage qui a coûté la vie au chef de Wilaya, Si Mohamed Bounaâma , au cœur de Blida.

Quatre mois plus tôt, en avril, il avait déjà été blessé dans un accrochage à Oued Laakhra, littéralement l’Oued de la fin du monde, au sud-est de Chréa, sur le versant sud des monts de Blida. C’était une région boisée, avec un terrain fortement accidenté.

Se traînant tant bien que mal avec sa blessure à la jambe, Mohamed Téguia s’est mis à l’abri, dissimulé par des buissons. Après avoir essayé d’arrêter l’hémorragie par un bandage de fortune, il s’est adossé à un arbre. Comme le terrain était en pente, il avait peur de glisser. Il mit ses pieds sur une grosse pierre , essayant de trouver, la position la moins inconfortable. Et il a entamé sa longue attente. Seule la nuit le sauverait.

Dans le feu de l’action, ses compagnons s’étaient dispersés. Il s’est retrouvé tout seul. Les unités françaises qui menaient un ratissage dans ce secteur étaient nombreuses. Il était hors de question de tenter un combat frontal. Les consignes étaient claires. L’ALN avait perdu trop d’hommes dans les batailles inégales pour se laisser entraîner dans des accrochages meurtriers. L’ordre de dispersion avait donc été donné, et un lieu de rendez-vous fixé. Mais Téguia, blessé , ne pouvait bouger. Il attendait donc la nuit, pour que les unités françaises rentrent. Il pourrait alors se traîner pour chercher de l’aide.

Mais la nuit venue, les unités françaises ont bivouaqué sur place. Un groupe de soldats français se trouvait à une vingtaine de mètres du buisson qui l’abritait. Il entendait distinctement leurs voix. Ils campaient tranquillement, discutant autour d’un grand feu.

Téguia était épuisé. Sa blessure le faisait souffrir. Elle l’affaiblissait considérablement. Sa jambe était raide. Le sang s’était coagulé, donnant à sa jambe une couleur et une allure inquiétante. Il faisait froid, et il n’avait rien mangé.

Il était dans un état de semi-conscience. Il n’arrivait pas réellement à dormir. C’était plutôt des évanouissements, durant lesquels il gardait une vague conscience de sa situation.

Il sentit vaguement qu’on le tirait par le pied. Une petite traction, suivie d’une autre, plus forte. Il avait auparavant senti une sorte de frottement contre sa jambe. Mais il n’avait pas vraiment conscience des faits. Il ne s’était pas réveillé. C’est la douleur, dans la jambe, qui l’a finalement réveillé. Il lui fallut plusieurs secondes pour reprendre ses esprits, et pour pouvoir distinguer ce qui l’entourait. Là, au milieu des buissons, un loup, tenait tout prés de sa jambe. Ses yeux luisaient dans l’obscurité. Au bout d’un moment, le loup baissa la tête, mordit dans le bas du pantalon et commença à tirer. C’est le loup qui était à l’origine de ces frottements, une sorte de caresse, qu’il avait ressenti sur sa jambe. L’animal léchait alors le sang séché qui collait au pantalon.

Maintenant, le loup semblait avoir des doutes. Il n’était pas sûr que sa proie était morte. Il voulait s’en assurer. Ou peut-être pensait-il que sa victime était morte, et essayait - il de la traîner vers son terrier.

Mohamed Téguia ne pouvait rien faire. Les militaires français étaient toujours - là, à vingt mètres. Il ne pouvait tirer sur le loup. Il saisit une pierre, mais se rendit compte que s’il la lançait contre l’animal, elle risquait de provoquer un bruit qui pourrait attirait la curiosité des militaires. Et ce loup qui repartait à la charge, tirant encore et encore.

Curieusement, il y’avait comme une complicité entre l’homme et l’animal sur un point : ne pas faire de bruit. Ne pas alerter les militaires français. L’instinct de survie chez l’homme, l’instinct du chasseur chez l’animal , les poussaient à une lutte silencieuse . Qui dura longtemps.

Téguia réussi à occuper son buisson jusqu’au matin. Les militaires français levèrent alors le camp. Ils allaient plus loin, poursuivant leur ratissage. Ils pensaient que les éléments de l’ALN étaient déjà loin, et partaient à leur poursuite. Ils ne pouvaient imaginer que l’un d’eux était là , à quelques mètres , et qu’il suffisait de faire un petit tour pour le retrouver, presque agonisant.

Mais l’épreuve n’était pas finie. Il fallait survivre, dans cet endroit isolé, sans nourriture, sérieusement blessé de surcroit. Il ne pouvait même pas bouger. Par quel miracle Téguia a survécu ? Je ne la sais pas. Prés de quarante huit heures après sa blessure, des bergers le retrouvèrent, totalement épuisé. Ils le secoururent et alertèrent l’ALN, qui le prit en charge. Il fut rétabli, et reprenait ses fonctions quelques temps plus tard.
Mais le destin s’acharnait sur lui. Le 8 août 1961 , il était de nouveau blessé et fait prisonnier à la suite d’un accrochage à Blida. Il fut sauvagement torturé, et en a gardé des séquelles jusqu’à sa mort.

Ce compagnon qui avait vécu prés de Si Mohamed Bounaâma de par sa fonction de secrétaire de Wilaya, avait une force de caractère peu commune. Militant communiste, il faisait preuve d’une très grande ouverture d’esprit. Réservé , à la limite de la timidité, il remplissait sa mission consciencieusement, avec une tranquille détermination.

Après l’indépendance, il a été arrêté et torturé**. Mais il gardait la foi, et une soif de savoir exceptionnelle. Il a repris ses études à l’âge où d’autres pensaient partir en retraite. Il a soutenu un doctorat , et a enseigné l’histoire à l’université d’Alger jusqu’à sa mort. Il a notamment publié ‘’ l’Algérie en guerre ‘’, et ‘’ l’ALN à travers un échantillon, la Wilaya IV ‘’.

* Extrait de l’ouvrage de Lakhdar Bouragâa intitulé ‘’Les hommes de Mokorno". Traduit de l’arabe Pages 63 à 67.

Source : Socialgerie

** Mohamed Téguia était membre de la direction du parti de l'avant garde socialiste alors clandestin (PAGS)

http://www.algerieinfos-saoudi.com/2019/07/au-maquis.un-recit-du-commandant-lakhdar-bouregaa.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Dans ALGERIE

ALGERIE : DECES DE LAKHDAR BOUREGAA, HEROS DE L’INDEPENDANCE ET FIGURE DU « HIRAK »

Par Le 06/11/2020

Algérie: décès de Lakhdar Bouregaâ, héros de l'indépendance et figure du "Hirak"

Des personnes portent le cerceuil de Lakhdar Bouregaâ, héros de l'indépendance algérienne et figure de la contestation, dans la capitale Alger, le 5 novembre 2020
Des personnes portent le cerceuil de Lakhdar Bouregaâ, héros de l'indépendance algérienne et figure de la contestation, dans la capitale Alger, le 5 novembre 2020
afp.com - RYAD KRAMDI
 

Lakhdar Bouregaâ, vétéran très respecté de la Guerre d'indépendance contre la France et figure du soulèvement populaire du "Hirak", est décédé mercredi à l'âge de 87 ans, a annoncé son fils sur sa page Facebook.

"Lakhdar Bouregaâ est sous la protection d'Allah", a écrit mercredi soir Hani Bouregaâ.

Sa famille avait annoncé le 21 octobre qu'il était atteint du coronavirus. Sa femme a également été hospitalisée.

L'opposant a été inhumé jeudi au cimetière de Sidi Yahia, à Hydra, sur les hauteurs d'Alger, au milieu de centaines de personnes venues lui rendre hommage malgré les restrictions sur les rassemblements.

"Etat civil et non militaire!", "nous allons continuer le combat", scandait la foule, brandissant des drapeaux algériens, a constaté un photographe de l'AFP.

La télévision publique avait annoncé qu'il serait enterré au carré des martyrs du cimetière El Alia, où reposent les grandes figures de la guerre d'indépendance (1954-1962) et les ex-chefs d'Etat.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux messages ont salué son parcours.

"Bouragaa nous a quittés. Il a donné sa vie pour sa patrie. Honorons-le en continuant son combat, en nous battant pour la liberté et pour une Algérie meilleure !", a écrit Ahmed sur Twitter.

"On retiendra de lui sa volonté à aller de l'avant, à transmettre le flambeau aux jeunes. Ils sont rares à être héros de l'indépendance et citoyens de l'Algérie moderne sans être figés dans le passé", a renchéri Ouamrane.

Dans un tweet, le Premier ministre Abdelaziz Djerad a salué "un combattant qui a défendu ses convictions pour le changement sa vie durant", première réaction d'un dirigeant algérien. Le président Abdelmadjid Tebboune, atteint du coronavirus, est hospitalisé depuis une semaine en Allemagne.

Le chef d'état-major, Saïd Chanegriha a présenté "en son nom et au nom de l'ensemble des personnels de l'Armée nationale populaire", ses condoléances à la famille, dans un communiqué.

Haut responsable de l'Armée de libération nationale, le commandant Bouregaâ avait été le chef de la zone 2 de la wilaya IV, couvrant l'algérois (nord), pendant le sanglant conflit contre la puissance coloniale française.

"La guerre de libération ne fut pas seulement le début d'une nouvelle vie, d'une nouvelle époque, mais un acte fondateur de ce que nous sommes, de ce que nous devions être, ce que nous n'aurions jamais dû cesser d'être: des hommes libres, des Algériens vivant librement dans un pays libre", avait écrit Bouregaâ dans ses mémoires.

Après l'indépendance, opposant au Front de libération national (FLN), parti unique, il avait été torturé et emprisonné de 1967 à 1975 sous la présidence de Houari Boumédiène.

Bouregaâ fut l'un des membres fondateurs du Front des forces socialistes (FFS), plus ancien parti d'opposition, en 1963.

- "Héros" -

Il avait été à nouveau jeté en prison du 30 juin 2019 au 2 janvier 2020 après s'être engagé aux côtés du "Hirak".

Bouregaâ avait été inculpé d'"outrage à corps constitué" et "de participation à une entreprise de démoralisation de l'armée ayant pour objet de nuire à la Défense nationale".

Il avait payé ses sévères critiques à l'encontre de l'ex-chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, qui apparaissait alors comme l'homme fort de l'Algérie après la démission le 2 avril 2019 du président Abdelaziz Bouteflika sous la pression du "Hirak". Le général Gaïd Salah est décédé le 23 décembre.

L'arrestation puis le placement en détention préventive de Bouregaâ -- considéré comme un "héros" -- avaient suscité l'indignation. Il participait régulièrement aux marches hebdomadaires du "Hirak".

Son portrait était brandi dans les cortèges et il était devenu un symbole des détenus d'opinion du "Hirak".

Ce mouvement inédit, pacifique et sans véritable leadership réclame depuis février 2019 un profond changement du "système" en place depuis l'indépendance en 196

Dans ALGERIE

ALGERIE : L'ARMEE PRETE A LA GUERRE!

Par Le 04/11/2020

La Constitution amandée, l'ANP autorisée à opérer hors les frontières

 
US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Des militaires de l'armée algérienne. (Photo d'archives)

Les analystes croient que l’adoption du projet de nouvelle Constitution modifiera la doctrine militaire d’Algérie. 
En l’absence de son président, Abdelmadjid Tebboune, qui était en visite médicale en Allemagne, l’Algérie a organisé, dimanche 1er novembre, un référendum sur la révision de la Constitution lors duquel le « Oui » l’a emporté avec un taux de 66,80 %. 

Lire aussi: Coordination entre la Tunisie et l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme

Selon Fars News, la nouvelle Constitution permettra à l’Algérie d’acheminer des unités terrestres, navales et aériennes au-delà de ses frontières, ce qui témoigne, selon les experts, de la volonté de l’Algérie de récupérer son rôle régional. 

Depuis la dernière implication des forces algériennes dans une guerre contre le régime israélien en 1973, c’est la première fois que l’Algérie s’octroie la possibilité d’expédier ses forces militaires pour des missions à l’étranger en modifiant sa doctrine militaire. 
Selon l’article 31 du projet de la nouvelle Constitution, « l’Algérie a le droit de participer à des opérations de maintien et de rétablissement de la paix dans le cadre de l’Organisation des Nations unies, de l’Union africaine et de la Ligue arabe en respectant tous les principes ». 

Lire aussi: Rejet de tout chantage US, Alger n’a pas besoin des USA

L’article 91 souligne également que c’est le président, étant responsable de la défense nationale, qui décidera de l’envoi des unités de l’armée à l’étranger après l’approbation par deux tiers des membres du Parlement.  

Lire aussi: L’Algérie rejoint le corridor maritime anti-César et défie les USA et Israël

La nouvelle doctrine militaire de l’Algérie a ses partisans et ses opposants. Certains la considèrent comme une affaire de la souveraineté et certains d’autres y voient un aventurisme qui pourrait représenter des dangers pour le pays. 

Selon Sharghi Khatari, expert des relations internationales, « la nouvelle doctrine militaire algérienne peut être examinée à partir de deux points de vue : primo, la participation de l’Algérie aux missions de la paix internationale, la contribution dans les opérations destinées à garantir la paix et la sécurité internationales, la lutte contre les menaces classiques et non classiques et ne pas se limiter à une doctrine purement défensive ». 

Lire aussi: L’armée algérienne opte pour le Kornet chinois

Et l'analyste d'ajouter : « Secundo, la décision de l’Algérie de jouer avec de nouvelles cartes sur le plan régional et de faire preuve de sa puissance en s’ingérant au Sahel, au Sahara occidental, au Mali et en Libye. En effet, la nouvelle doctrine de l’Algérie pourrait témoigner de sa tendance vers une doctrine offensive et la mobilisation de ses forces pour renforcer ses moyens de domination. » 

L'information tombe alors que les Émirats arabes unis, premier pays arabe dont le président sortant US a annoncé en août la normalisation avec le régime israélien, ont inauguré ce mercredi 4 novembre leur consulat au Sahara occidental, disputé entre le Maroc et le Front Polisario. Le consulat des Émirats, situé dans la ville de Laayoune, la plus grande ville du Sahara occidentale, reste le premier consulat d’un pays arabe dans le sud de cette région disputée. Il y a deux semaines, le président algérien a déclaré que son pays ne saluait pas une normalisation de ses liens avec Israël. 

Lire aussi: Les États-Unis et le Maroc signent un accord de coopération militaire pour les dix prochaines années

https://french.presstv.com/Detail/2020/11/04/637916/Algerie-Abdelmadjid-Tebboune-referendum-Constitution-doctrine-Sahara-occidental

 

Dans ALGERIE

HEURE DE VERITE ? TAUX DE PARTICIPATION OFFICIEL INEDIT EN ALGERIE.

Par Le 03/11/2020

Publié par Saoudi Abdelaziz

Comptage des urnes à Alger. Photo DR

Comptage des urnes à Alger. Photo DR

Le président de l'Autorité nationale indépendante des élections (Anie) se félicitait hier  de la « transparence et la probité de ce scrutin » concernant notamment le taux de participation annoncé. Quelques réactions.

"Bourrage et trituration" 

« Le processus référendaire a permis à l’Autorité nationale indépendante des élections de gagner des points, notamment au vu du taux de participation communiqué qui sonne une rupture avec le bourrage des urnes et la trituration des suffrages exprimés ». Nazim Brahimi. Editorialiste, Reporters

« Taux réel »

« A l’évidence, le taux de participation est très faible. En réalité, il est aussi faible comme il l’a été durant les scrutins précédents. Sauf qu’auparavant, il y avait toujours la fraude et le bourrage (des urnes) qui faisaient que les taux de participation étaient bien supérieurs aux chiffres réels. Pour une fois, nous avons le taux réel. C’est le résultat de l’action du Hirak. Lorsque les Algériens sont sortis en masse le 22 février 2019, ils se sont exprimés clairement pour dire qu’on ne veut plus du système du trafic, du bourrage et de tout ce qui est artificiel ». Soufiane Djillali  homme politique.

« Voie nouvelle » ?

« Cependant, malgré la remarquable désertion des électeurs, l'important gain tiré de ce référendum est sans conteste l'absence des bourrages des urnes auxquels le peuple algérien s'était habitué et plié. Ainsi, l'issue de ce vote très particulier, avec ses lots de questionnements incandescents a la faveur de souligner qu'une voie nouvelle est à tracer. Qu'on le veuille ou non, une des importantes promesses de Tebboune vient d'être consommée ». Abdou Benabbou, éditorialiste Quotidien d’Oran

« Contre la démarche »

« Si la Constitution Tebboune présente incontestablement des avancées par rapport à la Constitution Bouteflika, il ne faut pourtant pas croire que la majorité qui n’a pas voté est contre, elle est contre la démarche présidentielle là où il aurait fallu d’abord dissoudre l’Assemblée, repaire de faussaires, nettoyer les institutions des restes de mafieux, libérer les détenus d’opinion et peut-être restituer le sigle FLN à l’histoire.  Chawki Ammari, journaliste écrivain.

« Aucun changement »

« Et comment s’étonner avec un climat général aussi déprimant que les Algériens aient massivement tourné le dos au scrutin ? Et là encore, cela n’a rien à voir avec le contenu de la Loi fondamentale proposée par la commission Laraba. Dussions-nous avoir la plus belle Constitution du monde, les Algériens ne pouvaient pas la plébisciter pour la simple raison que dans les faits, dans la pratique, à la télé, dans la façon dont ils sont traités au quotidien, ils ne perçoivent aucune différence. Aucun changement ». Mustapha Benfodil, journaliste écrivain.

 #NATION

 

http://www.algerieinfos-saoudi.com/2020/11/heure-de-verite-taux-de-participation-officiel-inedit-en-algerie.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

 

Dans ALGERIE

ALGERIE : SADEK HADJERES, POURQUOI LE 1er NOVEMBRE 1954 ?

Par Le 31/10/2020

Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Sadek Hadjerès, le 28 mai 2012

La question "pourquoi le 1er novembre 54" peut être abordée sous de multiples facettes, dont plusieurs ont été exposées sur mon site "socialgerie". Pour aujourd’hui, mon angle d’approche sera plutôt celui de la subjectivité des acteurs. Pourquoi les Algériens ont-ils rapidement fait masse autour d’une voie, qui au départ avait les apparences de la fragilité?

 Pour paraphraser la métaphore de Jean Jaurès, les éclairs de la Toussaint 1954 avaient tonné dans un ciel lourdement chargé des nuées d’un colonialisme séculaire impitoyable. L’orage de l’insurrection était inévitable. Dans sa généralité, cette explication est juste. Dans les faits, des questionnements surgissent : quels sont les mécanismes, les spécificités historiques et psycho-culturelles, qui avaient rendu concevable le soulèvement de 1954 et l’ont marqué de ses particularités ?

Pourquoi en effet le premier novembre 54 n’avait pas été comme les orages méditerranéens, violents mais suivis rapidement d’un soleil éclatant ? Pourquoi , à la différence des insurrections du siècle précédent, les premiers coups de feu de 1954 , certes suivis d’une accalmie et d’un passage à vide de quelques semaines, avaient débouché sur une tempête politico-militaire de sept longues années, qui a fini par abattre l’édifice colonial présenté en 1930 comme éternel, lors de la célébration du centenaire ?

Une autre spécificité de cette entrée dans une guerre asymétrique : pourquoi le peuple algérien avait- il dû consentir tant de sacrifices prolongés, là où d’autres peuples dans l’espace maghrébin et sur le continent africain étaient parvenus presque sans coup férir, à la reconnaissance formelle de leur droit à l’autodétermination, en grande partie il est vrai, grâce au contexte du soulèvement algérien ?

Le premier novembre était certes un pari, celui d’une avant-garde nationaliste restreinte, avec une part d’improvisation pour sortir d’une crise politique interne. Pourquoi a-t-il fini par déboucher sur une rupture et un point d’inflexion entre deux époques historiques, pour l’Algérie et pour une grande partie du monde colonisé ?

Plus tard, après l’indépendance, l’évènement emblématique était devenu une référence pour les générations suivantes, il avait même suscité des répliques et des imitations. Elles s’étaient avérées fondées pour les mouvements de libération de certains pays. Elles avaient été moins judicieuses et avortées dans d’autres , lorsque l’esprit s’en était réduit à la théorie de la greffe de « focos » implantés de l’extérieur pour créer un nouveau ou plusieurs Viêtnams, comme on le disait avant l’équipée de Bolivie, glorieuse mais inaboutie de Che Guevara. En Algérie même, de temps à autre quand se faisait sentir le besoin d’un changement radical, se sont élevés des appels : « Vivement un nouveau 1er novembre ! ». Pour l’anecdote, vous le savez peut être, les supporters du président Bouteflika ont osé avancer que les élections législatives allaient être aussi importantes que le 1er Novembre.

Tout cela repose la question de fond : si l’option de la résistance armée était devenue presque inévitable en 1954, pourquoi les conditions qui l’avaient rendue possible et productive dans l’Algérie du milieu de 20ème siècle, ne sont pas reproductibles n’importe où et n’importe quand ? Je rappelle que si dans mon intervention, je mets les facteurs subjectifs au centre de l’explication, ce n’est pas à l’encontre du socle déterminant des facteurs géopolitiques. Les conditions objectives ont été relayées par les motivations d’ordre psychologique et culturel. Cette greffe compatible, cette adéquation entre l’objectif et le subjectif était la condition irremplaçable du succès. Quelles avaient été en effet ces motivations ?

L’insurrection du 1er novembre avait été certes un pari audacieux sur la suite des évènements mais en aucune façon un miracle. Je sais que dans les opinions du monde arabe sensibles aux interprétations mythiques, on avait souvent parlé, d’abord avec admiration et plus tard avec un brin d’ironie, de « Al Djazaïr Bilad al mou’djizat », le pays des miracles. Mais le succès final n’avait pas relevé du seul volontarisme ; à lui seul, il n’aurait accouché que d’une tentative glorieuse mais tragiquement avortée. La vérité est que, d’abord dans le cadre d’un rapport de force objectif national et international de plus en plus favorable, le potentiel subjectif interne s’y prêtait. Le 1er novembre avait été le fruit d’une longue maturation dans les opinions algériennes. La conjonction s’est réalisée entre deux facteurs complémentaires qui s’étaient forgés l’un et l’autre dans le cours du processus historique.

Il y a eu d’une part, les imaginaires, le profil psychoculturel avec les représentations dominantes dans la société opprimée et exploitée. D’autre part, il y a eu les prises de conscience politiques, elles ont été le résultat d’efforts difficiles et pas toujours à la hauteur, mais elles avaient été suffisantes pour féconder et soutenir la continuité d’une initiative audacieuse et risquée à la fois. Quel bilan ? La jonction de la subjectivité populaire et du combat politico-associatif avait pesé d’un grand poids, malgré les insuffisances d’un champ politique nationaliste entré en crise. Ceux qui avaient initié l’insurrection ou les courants politiques qui l’avaient ralliée comprenaient ou ressentaient cette double maturation. Ils s’étaient reconnus dans la tonalité de l’appel du 1er novembre qui reflétait cette maturation.

 Toute autre était la vision d’un certain nombre d’esprits français naïfs ou embrumés par les a priori de la domination coloniale. Très peu avant l’insurrection, le quotidien français Le Monde pontifiait sous un gros titre en affirmant que l’Algérie restait une oasis de paix dans un Maghreb en flammes. Il faisait allusion au Maroc et surtout à la Tunisie avec les actions croissantes des fellagas. A cette allégation, notre camarade Bachir Hadj Ali répliquait en substance, sur deux pages de l’hebdomadaire communiste algérien ‘’ Liberté ’’ : Non, l’Algérie, corps central du grand oiseau qu’est le Maghreb, ne peut échapper à l’incendie qui a enflammé ses deux ailes. Sur quoi reposait la certitude de notre camarade ? Le rédacteur du Monde aurait été mieux inspiré de méditer un avertissement lancé en 1913 par le député français radical Abel Ferry. Comme son oncle Jules, le fondateur de l’école laïque, et comme lui succombant aux effets du virus colonialiste, il rappelait au nom des intérêts et de la grandeur supposée de la France, que deux éléments constituaient un mélange hautement explosif quand ils se conjuguaient : la misère et l’humiliation sociale d’un côté, les sensibilités identitaires et religieuses de l’autre. Ces données géopolitiques de base échappaient aux spécialistes de la communication et aux hautes sphères dirigeantes coloniales, car pour diverses raisons elles se complaisaient à prendre leurs désirs pour des réalités. Elles ignoraient que l’apparente passivité des « indigènes » n’était qu’une posture les aidant à survivre. Or, n’importe quel Algérien peut attester que le rêve de la délivrance massive par les armes, pour peu que l’occasion s’en présente, était une obsession qui habitait la majorité de mes compatriotes de leur enfance jusqu’à à l’âge le plus avancé.

 Encore gamin, je voyais couler les larmes sur le visage ridé de ma grand-mère maternelle, dès qu’elle évoquait comment après l’insurrection de 1871, toutes les terres de sa famille avaient été volées et occupées par les Alsaciens Lorrains fuyant l’Allemagne de Bismarck (peut être y verrez-vous une anticipation des mécanismes racistes internationaux qui au 20ème siècle, ont débouché sur la nakba palestinienne ?). A l’évocation de ce désastre, ma mère renchérissait. Comme pour apaiser sa colère, elle nous racontait dans une espèce de revanche verbale, les exploits djihadistes de Sidna Ali (un des compagnons du Prophète) pourfendant les kouffars, les infidèles. Un épisode que nous rappelaient aussi les contes en prose rimée des meddahs, ces sortes de troubadours en qachabya et guennour, qui chaque mercredi sur la place du village exaltaient les exploits représentés sur les estampes naïves posées à même le sol. Ma mère ajoutait avec amertume : mais nous les musulmans, nous ne savons pas « an-nafeq », comploter. Là était le hic, car le seul obstacle au passage à l’acte, à la révolte était le manque de confiance dans la concertation collective. Encore enfants, nous exprimions entre nous cette préoccupation de façon simpliste et arithmétique : nous musulmans, sommes dix fois plus nombreux qu’eux. Si chacun de nous ne s’occupait que d’un seul français, nous disions ‘’ kafer’’ ou ‘’ gaouri ‘’, le problème serait facilement réglé. Je signale en passant que la même recette géniale habitait les fantasmes de nombreux pieds-noirs et adeptes de l’OAS, « y ’a qu’à les tuer tous », recette qui connut plusieurs débuts d’application. Mais nous devions nous contenter de ruminer nos incapacités à engager des actions concertées, nous apprenions à garder le secret de nos états d’âme contre les mouchards.

Qu’est-ce donc qui avait fait progresser ensuite les mentalités dans toute la société, leur avait donné plus d’assurance et d’espoir, leur avait appris à jauger avec plus de réalisme le contenu et les orientations de l’action violente et non violente, la combinaison des divers moyens d’action possibles, l’adhésion à des formes d’organisation nouvelles greffées sur les traditionnelles structurations patriarcales ? Cette évolution s’est réalisée à travers l’émergence progressive de noyaux associatifs et politiques d’abord minoritaires. Puis à un rythme plus rapide et plus massif à partir de la fin des années trente, sous l’influence des évènements internationaux de grande importance. Ces derniers avaient pénétré la scène algérienne par de multiples canaux jusqu’aux bourgades et douars reculés d’où étaient originaires les habitants des villes ou les travailleurs émigrés en France porteurs d’une culture syndicale et politique minimum. La courte période du Front populaire en France, malgré le refus du gouvernement socialiste de faire droit aux revendications démocratiques algériennes les plus élémentaires, montrera aux organisations encore minoritaires qu’il était possible d’accéder aux activités associatives, syndicales et politiques en dépit des barrages répressifs. La combattivité sociale et politique est ainsi montée d’un nouveau cran. Mais c’est surtout le séisme de la 2ème guerre mondiale et des résistances à l’occupation nazie qui nous éveillera à la dynamique des luttes pacifiques et non pacifiques.

Après sa défaite de 1940, l’armée française n’était plus considérée comme invincible. Après le débarquement anglo-américain de 1942, pour nous elle faisait piètre figure par rapport au spectacle des troupes motorisées américaines. Les Algériens sont devenus partie prenante plus consciente de l’usage des armes dans les campagnes de libération d’Italie et de France. Face au repli temporaire de la grosse colonisation qui avait collaboré avec Vichy, la revendication nationale et de liberté s’était déployée à travers le large regroupement des Amis du Manifeste et de la Liberté. Un très large réseau associatif culturel, religieux et de jeunesse scout ou sportive, s’exprimait et activait de façon imbriquée et parallèle sur deux registres pas forcément contradictoires quant à l’objectif commun, l’un pacifique et légaliste, l’autre para-légal, tourné vers des horizons d’actions plus radicales impliquant le recours aux armes. Ainsi nos chants patriotiques en arabe classique et populaire ou en berbère évoquaient sans ambages l’idée du sacrifice de la vie pour la patrie et appelaient à ne pas craindre les balles. Les causeries et les prêches des cercles culturels et religieux exaltaient les victoires de l’islam à sa naissance en dépit de l’inégalité des forces, comme lors de la fameuse bataille de ‘’Badr’’. Dans le mouvement scout musulman, dans l’esprit d’ailleurs de son fondateur anglais Baden Powell, l’engagement envers l’idéal scout était de mettre un savoir-faire technique et paramilitaire au service de la patrie et de ses concitoyens. Quand un avion miliaire allié s’était écrasé sur la montagne voisine, ou dans nos contacts avec les troupes US cantonnées près du village, la recherche d’armes était l’une de nos préoccupations.

L’attrait pour la perspective de lutte armée allait de pair avec la politisation croissante du mouvement nationaliste même si celle-ci ne s’accompagnait pas d’une réflexion articulant mieux dans les esprits , les luttes militaires et les luttes pacifiques syndicales , électorales , associatives etc. Cette insuffisance s’était ressentie plus tard dans les sphères dirigeantes nationalistes par l’improvisation (ordres et contre-ordres d’insurrection) après les massacres du 8 mai 45, ou la façon dont les couches de la paysannerie pauvre du Constantinois avaient réagi spontanément à cette répression, faute d’orientations assez claires. La carence dans l’évaluation des stratégies et rapports de force politico-militaires s’était révélée après la défaite arabe dans la première guerre contre l’Etat sioniste. Elle eut l’effet d’une douche glacée sur les rodomontades nationalistes polarisées sur la puissance supposée d’un Ligue arabe idéalisée à outrance.

Le 8 mai 1945 avait eu deux sortes d’effets : la division et le pessimisme avaient été assez rapidement surmontés dans la majeure partie de l’opinion grâce en particulier à la campagne pour l’amnistie initiée par les communistes, qui bénéficia d’un rapport de force favorable sur la scène politique française. En même temps, le 8 mai consolida l’opinion que le colonialisme ne nous laissait d’autre issue que la violence armée pour se libérer. Certains courants nationalistes moins convaincus ou sensibles aux séductions de colonialistes dits « libéraux » concevaient les voies politiques comme opposées et non pas complémentaires avec l’option armée. Mais celle - ci marquera des succès chez les plus résolus avec la décision du congrès du PPA-MTLD de 1947 de créer l’Organisation Spéciale (OS). Le démantèlement de l’OS en 1950 n’a pas interrompu l’élan et le débat entre les avantages et les inconvénients de chaque option. Deux évènements précipiteront les projets de recours aux armes. D’abord l’échec du FADRL (Front algérien pour la Défense et le Respect des Libertés Démocratiques) constitué en été de 1951 par l’ensemble des partis politiques qui ont eu ensuite chacun leur part de responsabilité lorsqu’il s’est effiloché les mois suivants. L’échec de cet élan politique et populaire renforça le courant des partisans de l’activisme armé. Mais ce fut de façon assez perverse et dépolitisée, selon l’idée fausse chez nombre de gens déçus, que c’était la lutte politique en elle-même et non pas l’absence d’une saine politisation qui était stérile et contre-productive.

L’autre facteur fut, sur la scène régionale et internationale, une série encourageante de changements tels que l’arrivée au pouvoir de Nasser en Egypte, qui mit fin à l’aura trompeuse d’une Ligue arabe impuissante et complaisante envers les puissances coloniales. Cette évolution ascendante trouvera plus tard son apogée avec le grand rassemblement intercontinental de Bandoeng, cependant que l’option militaire va s’inviter davantage avec l’entrée en lice des fellagas Tunisiens et surtout la grande victoire de Diên Biên Phû. Le 8 mai 1954 fut ressentie chez nous comme une revanche éclatante sur la tragédie du 8 mai 45 : les Algériens se répandaient en congratulations traditionnelles et souhaits d’un nouvel Aïd, une grande fête de libération à venir. Dès lors, l’évolution vers la préparation de l’insurrection ne pouvait surprendre même les observateurs les moins avertis.

Comment croire dans ces conditions aux affabulations selon lesquelles les communistes ont été surpris, ou même auraient réagi de façon hostile à la survenue de l’insurrection ? C’est bien mal connaître cette période que se fier aux allégations propagandistes et partisanes qui s’expliquent par les enjeux politiciens du temps de guerre, avec l’esprit hégémoniste et sectaire de certains dirigeants FLN et ALN. Ce genre d’allégations, bien que peu crédibles à des esprits curieux ou avertis, ont été malheureusement reprises plus tard en boucle et sans vérification par des media ou même des historiens dont le mouvement communiste n’était pas le thème principal de recherche. Fort heureusement, depuis la dernière décennie, nombre d’historiens anciens ou nouveaux, soucieux d’investigations ouvertes et responsables, se dégagent de plus en plus des raccourcis sommaires et idéologisants que favorisait par surcroît la désinformation ambiante. Pour exemple lié au premier novembre, je signale un article fortement documenté de l’historien hongrois Laszlo Nagy, qui détaille un épisode significatif et pourtant occulté. L’appel du 1er novembre fut presque aussitôt répercuté par une station radio émettant en arabe dialectal depuis Budapest en direction du mouvement indépendantiste d’Afrique du Nord. Cette station était animée et dirigée par notre camarade William Sportisse, lui même envoyé pour cette mission depuis le milieu de l’année 54 par le PCA et les autres partis communistes maghrébins. Il avait diffusé le communiqué du 1er novembre avant qu’il ne lui soit envoyé par la délégation du FLN au Caire, qui en son temps et en la personne de Aït Ahmed, le remercia et le félicita de cette initiative.

Pour préciser les choses, la direction du PCA n’a pas été surprise par la survenue de l’insurrection, politiquement dans l’air et prévisible pour les mois ou l’année à venir. Ce qui nous a surpris dans la semaine qui précéda l’insurrection et au cours de laquelle nous avons compris son imminence, ce fut l’accélération de son timing, en plein aiguisement de la crise du PPA-MTLD. Car nous prêtions davantage de perspicacité politique aux initiateurs de l’insurrection, à qui Abbane Ramdane libéré de prison après le début de l’insurrection et comme les historiens le sauront plus tard, reprochera en termes très durs à ses compagnons d’armes, la précipitation avec laquelle l’insurrection fut déclenchée dans des conditions aussi précaires. Là où par contre, sans développer ici davantage, j’estime que la direction du PCA aurait dû et pu faire mieux, c’est après Dien Bien PHu, anticiper organiquement sur les probabilités d’évolutions en cours et préparer des structures parallèles du type des Combattants de libération avant que l’insurrection ne survienne, ce qui nous aurait facilité les dispositions organiques après ‘insurrection et un certain nombre de développements politiques ultérieurs dans l’intérêt aussi bien des courants nationalistes et communistes que de la population.

 Le temps qui m’est imparti ne me permet pas d’aller plus loin. Je conclus donc en soulignant que la question du 1er nov. 54 dépasse de loin son timing et son accomplissement pratique et militaire. L’essentiel réside dans la finalité et le contenu politiques des soulèvements.

Deux remarques me paraissent d’actualité quant à l’utilisation qui est faite de la symbolique du 1er novembre : 1°. Un prétendu « novembrisme », passéiste et s’en tenant à l’apologie désincarnée de la lutte armée, a servi de couverture idéologique à des dérives antidémocratiques de la part de cercles nationalistes, officiels ou non. Ils se sont mis à invoquer pour eux seuls la légitimité révolutionnaire et le label clientéliste de la « famille révolutionnaire ». La traduction néfaste en a été la crise de l’été 1962 qui vit instaurer par la violence le socle militaro-policier du nouveau système de pouvoir. Les vertus faussement attribuées à la violence armée sans évaluation critique de son contenu politique sont aussi à l’origine des fautes désastreuses qu’ont été les affrontements armés en Kabylie de 1964, puis dans tout le pays durant la sombre décennie 90. Ce constat prend de nouveau une résonance particulière en cette saison non pas de printemps mais de tempêtes arabes et africaines, où quelques cercles s’étonnent en le déplorant, de ce qu’ils appellent «l’exception algérienne». Ils caressent, par mimétisme envers le 1er novembre 54, le calcul dangereux d’allumer un feu purificateur par internet, rumeurs-intox ou tout autre scénario planifié. C’est ignorer que ce qui a donné du souffle à l’insurrection algérienne en 1954, ce fut avant tout une orientation politique bien en phase avec les aspirations, le ressenti et la sagesse populaires. C’est cela qui fut fondamental et porteur de succès et non pas les instruments pratiques qui ont véhiculé efficacement ce contenu, depuis le bouche à oreille ou « téléphone arabe », « radio trottoir ou café de quartier » jusqu’aux postes radios transistor récemment arrivés et transmettant les émissions de l’étranger. 2°. Un deuxième enseignement, lié au précédent, a été rendu plus éclairant par les malheurs qui se sont abattus sur les peuples libyen, syrien et malien, venant après la tragédie du peuple irakien.

C’est la militarisation artificielle des conflits internes. Elle recouvre souvent des tentatives suspectes d’embrigadement émotionnel de l’opinion, d’anesthésie de la conscience politique, de l’analyse et du sens critique dans des buts non avoués dont profitent les cercles réactionnaires locaux et internationaux qui encouragent et suscitent ces dérives. Dans des conflits internes encore plus que dans les luttes de libération nationale, la lutte armée ne devient légitime et porteuse d’avenir que si elle engagée en dernier recours, quand les moyens et voies pacifiques ont réellement épuisé leurs effets. Alors seulement le recours aux armes, avec un large appui populaire, peut ouvrir la voie à des solutions pacifiques et démocratiques, dénouer et non pas aggraver l’écheveau compliqué des situations où s’entremêlent les représentations identitaires, les enjeux économiques et stratégiques. En ce sens, novembre 54 avait ouvert la voie aux accords d’Evian.

En sens inverse, l’épreuve de force de l’été 1962 a préparé les impasses et tragédies survenues un quart de siècle plus tard : massacre d’octobre 1988, les années noires de la décennie 90, la répression algéroise sanglante des jeunes marcheurs du 14 juin 2001 et le marasme, la fragilité nationale actuelle. A cinquante ans de distance, il est à souhaiter que ces enseignements croisés préparent un vrai printemps démocratique et social, tel que souhaité par l’appel du 1er novembre 54. C’est l’enjeu, encore en balance, des luttes en cours.

Publié le 28 mai 2012 dans Socialgerie.net

Texte de l’intervention de Sadek Hadjerès au cours de la table-ronde de l’IREMMO qui s’est tenue le 22 mai 2012 sur le thème : Pourquoi le 1er novembre 1954 ?

 http://www.algerieinfos-saoudi.com/article-pourquoi-le-1er-novembre-1954-106005372.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

 

Dans ALGERIE

ALGERIE : PADS, REFERENDUM SUR LE PROJET DE REVISION CONSTITUTIONNELLE DU 1er NOVEMBRE

Par Le 31/10/2020

 


10/30/20 2:25 PM
Non aux projets réactionnaires de classe du régime!

Non à son alliance avec l’impérialisme!

Après un simulacre de débats, le texte du  Projet de révision de la Constitution sera soumis à un référendum le 1er novembre.

L’objectif réel de l’opération menée par le pouvoir n’est nullement de satisfaire les profondes aspirations des masses populaires aux libertés démocratiques, à la fin de l’arbitraire, du pillage des richesses de la nation, des inégalités sociales, de l’exploitation des travailleurs et de la misère qui frappe la majorité de la population. Le pouvoir n’envisage aucune mesure urgente à faire supporter par les classes privilégiées pour éviter la catastrophe économique qui pointe avec la chute des recettes pétrolières. Ni de mobiliser sur cette base les masses populaires pour défendre la souveraineté du pays face aux manoeuvres et ingérences des Etats impérialistes. 

Le régime actuel est le fruit et le continuateur du tournant réactionnaire effectué au début des années 1980 en faveur des intérêts des classes exploiteuses et privilégiées, de l’alliance entre ces classes et les divers pôles impérialistes. 

Il a été fortement secoué par le soulèvement populaire de février 2019. Il s’est résigné à se débarrasser de Bouteflika sous la pression populaire. Il a dû jeter en pâture ses personnages les plus honnis pour tenter de désamorcer la colère populaire, sauver les intérêts des classes possédantes, perpétuer les bases de leur domination. Le soulèvement de février a fait converger contre le 5ème mandat et les méthodes de Bouteflika les revendications et les intérêts fondamentalement opposés de deux grands groupes de la société : d’un côté, ceux des travailleurs qui subissent la domination des classes possédantes, indépendamment de la couleur des représentants politiques de celles-ci;  et, de l’autre, ceux de larges franges de ces classes possédantes, et de leurs alliés au sein de catégories de la petite-bourgeoisie, que le pouvoir avait exclues de la participation au contrôle des leviers de décision étatiques. Les travailleurs ont tout à gagner en se libérant de l’influence qu’exercent sur eux les cercles réactionnaires du « hirak ». 

Les causes de l’entrée de ces franges dans la contestation des groupes dirigeants de l’Etat portent sur le partage « équitable » du butin -  « équité » semblable à celle qui met aux prises des bandes rivales pour le partage du produit d’un « casse » -, sur la revendication de leur participation à la gestion politique du pays, la révision des méthodes de direction de l’Etat en vue de neutraliser les luttes ininterrompues des masses populaires depuis des décennies contre les injustices sociales. La peur que les luttes des travailleurs et des autres couches laborieuses gagnent en conscience sous la direction d’un parti révolutionnaire de classe est le facteur qui inspire le plus les positions des idéologues et des leaders les plus rusés de la bourgeoisie quels que soient les courants qui la traversent: islamistes, « nationalistes », « modernistes », berbéristes de droite. 

Ces conflits internes aux classes possédantes sont secondaires par rapport aux intérêts des prolétaires et des couches laborieuses. Ils ne mettent pas en cause les intérêts communs de la classe dominante en tant que classe dont la richesse provient de l’exploitation de la classe ouvrière et de l’accaparement de la plus grande part des revenus pétroliers.

Fondamentalement, le régime représente et défend les intérêts économiques communs de ces classes.

Empêcher que la colère populaire ne débouche sur un processus révolutionnaire exigeant des comptes des milliers de nouveaux ou anciens bourgeois directement ou indirectement liés ou non au pouvoir, tel est le ressort des initiatives politiques du régime et ses décisions économiques visant à enrichir les plus riches sous un verbiage trompeur. 

Le ravalement cosmétique de la Constitution vise à réaliser plusieurs objectifs liés entre eux, en accentuant les modifications réactionnaires introduites par les révisions constitutionnelles opérées depuis 1989: 

1- Neutraliser le mouvement populaire, notamment son coeur prolétarien, par la répression ouverte, le verrouillage, ou les phrases ronflantes sur la nature « sociale » de la république, l’équilibre régional, l’unité du territoire de la nation. La justice sociale est impossible dans un régime basé sur la propriété privée des moyens de production. La distribution de miettes des revenus pétroliers aux plus pauvres ne fait pas disparaître les inégalités. Le développement du capitalisme accroît au contraire ces inégalités et la concentration des richesses. Il creuse l’inégal développement entre les régions, entre la ville et la campagne.

En conséquence, il multiplie dans un pays économiquement dominé par l’impérialisme et ses alliés internes, les foyers de désintégration de l’unité du territoire. Les puissances impérialistes les attisent et les exploitent pour accentuer leur domination en manipulant les noyaux séparatistes dans diverses régions du pays, Kabylie, M’zab, Sud. 

2-Réconcilier toutes les fractions de la bourgeoisie et les franges droitières de la petite-bourgeoisie avec les équipes qui monopolisent le pouvoir depuis le début de la contre-révolution antipopulaire et antinationale de 1980. Ces équipes ne renoncent cependant pas à leur hégémonie sur les autres groupes. L’arrestation ciblée de certains animateurs du « hirak », notamment ceux qui jouent contre le pouvoir la carte de l’alliance avec l’impérialisme, obéit à la seule volonté de garder les rênes du pouvoir. 

3- Donner encore plus explicitement une couverture constitutionnelle à la voie capitaliste de façon à cimenter les bases de sa réconciliation avec ces autres franges. La nouvelle révision sacralise cette voie en proclamant que la « liberté du commerce, de l’investissement et d’entreprendre est garantie ». Les rédacteurs de ce texte anticipent dans leur projet de frapper de nullité les mesures anti-capitalistes qu’édictera un pouvoir révolutionnaire, et même à entraver toute équipe réformiste sociale-démocrate qui tenterait ne serait-ce que de réduire relativement le pouvoir des capitalistes. Ces calculs sont cependant vains. Il ne sera pas dans les possibilités de la bourgeoisie d’empêcher un pouvoir révolutionnaire porté par la classe ouvrière et ses alliés au sein des couches laborieuses, c’est-à-dire par l’immense majorité du peuple, de s’attaquer à la propriété privée des grands moyens de production et de transcrire ces changements dans une nouvelle Constitution, une Constitution socialiste. 

4-Légitimer les alliances ouvertes avec l’impérialisme. La bourgeoisie a besoin, de par ses intérêts de classe objectifs, de son soutien pour affronter la montée du mécontentement populaire. Elle franchit de nouveaux pas dans l’affaiblissement de la souveraineté nationale. Elle cède à l’OTAN, bras armé de l’impérialisme, instrument de domination militaire et ennemie jurée des peuples. Elle cherche à insérer l’ANP dans les dispositifs de l’impérialisme sous couvert d’opérations de paix décidées dans le « cadre de l’ONU, de la Ligue arabe et de l’Union africaine ». Tout travailleur conscient sait que ces institutions obéissent aux plans de partage du monde entre les puissances impérialistes rivales et que s’engager sur cette voie c’est, dans le cadre de ce régime, envoyer des djounouds mourir pour les exploiteurs externes ou internes. 

 

Le texte de la Constitution n’apporte aucun changement positif dans le rapport des forces entre les masses populaires et le régime. Les proclamations sur les droits démocratiques des citoyens ne sont, comme dans les révisions constitutionnelles précédentes, que des phrases creuses, des promesses contredites par des lois et des règlements scélérats. De plus, de graves régressions ont été opérées dans les droits politiques des citoyens. Pour la première fois depuis la Constitution de 1963, le pouvoir a osé supprimer la reconnaissance de la liberté de conscience, c’est-à-dire la liberté de croire ou de ne pas croire, de changer de religion. De même, des restrictions sont apportées à la liberté de création intellectuelle. Elle est subordonnée au respect des « constantes nationales ». Le contenu de ce concept n’est défini dans aucun texte constitutionnel. Sa signification sert en pratique à justifier la répression de toute ouverture d’esprit et d’idjtihad considérée par les courants ultra-réactionnaires comme contraires aux dogmes religieux. Sur ces questions le pouvoir a discrètement scellé une alliance avec les islamistes fanatiques. Il a pris la responsabilité de figer l’évolution intellectuelle du pays et de le maintenir dans la dépendance scientifique pour préserver des intérêts de classe mesquins. En fait, en remettant en cause la liberté de conscience et de création intellectuelle, le pouvoir bourgeois réactionnaire veut créer des diversions au sein des masses populaires pour que les luttes de classe soient déviées sur des questions religieuses. 

Notre parti, le Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, parti des communistes d’Algérie, fonde sa stratégie et sa tactique sur l’analyse du contenu de l’étape historique actuelle qui est celle du combat pour créer les conditions subjectives, politiques, idéologiques, organisationnelles, de la révolution socialiste, parachever ses conditions matérielles. Toutes les révisions constitutionnelles effectuées depuis 1989 l’ont été pour rompre avec la défense des intérêts des classes laborieuses exploitées, pour consolider les assises de la bourgeoisie, rendre juridiquement impossible la remise en cause de la voie capitaliste. Les classes possédantes qui ont imposé ces révisions ont enfoncé le pays dans la stagnation, la dépendance, le danger de désintégration sous les coups de l’impérialisme et de ses alliés internes. Les communistes rejettent et combattent fermement ce verrouillage constitutionnel. 

La lutte pour les libertés démocratiques et la défense de la souveraineté nationale sont inséparables de la lutte pour faire avancer les idéaux du socialisme-communisme.

Notre parti dénonce la répression qui vise à anéantir le mouvement populaire, à renforcer la dictature du Capital. Il exprime sa solidarité avec les victimes de cette répression. Mais il combat les éléments qui travaillent avec l’impérialisme, surtout ceux qui le font consciemment, et ceux qui s’allient à la pire réaction camouflée sous l’étendard de la religion. Il les combat en dévoilant leurs objectifs véritables par une action politique et idéologique persévérante au sein de la classe ouvrière et de ses alliés, sans cesser de dénoncer les ruses du régime qui se réfugie derrière les discours sur la défense de la nation et de son unité. 

A travers les luttes à mener tous les jours, la tâche centrale est de forger patiemment le parti communiste influent et enraciné dans les masses, le parti capable de diriger les travailleurs dans les changements révolutionnaires nécessaires pour que notre peuple aille de l’avant, vers le renversement du régime capitaliste, l’abolition de toutes les formes d’exploitation, l’instauration du socialisme, l’édification d’une économie productive au service de ceux qui créent les richesses, vers le progrès, la satisfaction de leurs besoins matériels et intellectuels croissants, vers la paix et la fraternité entre les peuples débarrassés des classes exploiteuses qui mènent en permanence le monde à la guerre. 

La position de notre parti sur la Constitution soumise au référendum découle de ces principes. 

Notre parti appelle les travailleurs et les autres couches sociales laborieuses à s’exprimer sous toutes les formes pour dire non à un régime qui se met au service des appétits insatiables de la bourgeoisie! 

Non à un régime qui prépare les travailleurs à de grandes souffrances dans la crise financière actuelle! 

Il dit non à une constitution qui perpétue le verrouillage de l’activité de la classe ouvrière et des masses populaires sous des phrases démocratiques creuses! 

Il dit non aux alliances avec l’impérialisme et les monarchies du Golfe, ses agents actifs dans les pays de la région! 

Il dit non à la constitutionalisation de la régression intellectuelle, aux atteintes aux droits fondamentaux à la liberté de conscience et à la création intellectuelle tournée vers le progrès!

 

PADS

29 Octobre 2020

source : http://www.solidnet.org/article/PADS-Referendum-sur-le-projet-de-revision-constitutionnelle-du-1er-Novembre/

Dans ALGERIE

LA CRISE DU COVID-19 A MIS L’ECONOMIE ALGERIENNE DANS UN ETAT DE RECESSION JAMAIS ATTEINT

Par Le 16/10/2020

L’Algérie enregistre une récession «jamais atteinte dans l’histoire du pays»

 
 Depuis 21 heures  15 octobre 2020
 

Combinée à la chute du prix du pétrole, la crise du Covid-19 a mis l’économie algérienne dans un état de récession d’une ampleur historique «jamais atteinte», a déploré un expert dans une déclaration à El Watan. Il a appelé à des réformes structurelles urgentes, tirant la sonnette d’alarme quant à la situation du pays à l’horizon fin 2023.

La semaine dernière, lors du dernier Conseil des ministres consacré à l’examen de l’avant-projet de loi de finances pour l’année 2021, le gouvernement algérien a annoncé un déficit de la balance des paiements de près de 21,7 milliards de dollars, a rapporté le quotidien francophone El Watan qui estime que ceci renseignait sur le spectre d’une «quasi-faillite budgétaire du pays».

Ainsi, dans une déclaration au journal, Abdelarhmi Bessaha, expert international spécialiste en macroéconomie et conseiller de plusieurs gouvernements dans le monde, a estimé que cette situation dévoilait un niveau de récession jamais atteint en Algérie depuis son indépendance en 1962.

«Le pays est en récession durant ce deuxième trimestre avec un niveau de -7%, le premier étant de -4%. Jamais dans l’histoire du pays il n’a été enregistré une récession d’une telle ampleur», a-t-il affirmé, mettant en garde les autorités qu’il «y avait vraiment urgence à mettre en place des mécanismes sérieux de règlement de la crise».

État des lieux

Depuis la chute du prix du pétrole en 2014, les réserves de change du pays sont passées de près de 180 milliards de dollars fin 2014, à 63,8 milliards en décembre 2019, d’après les notes de conjoncture de la Banque d’Algérie correspondant aux mêmes périodes. Les volumes d’exportation des hydrocarbures, seule source de devises du pays, présentent un recul inquiétant. À 40 dollars le baril de pétrole actuellement, les réserves de change ont encore fondu à environ 53,5 milliards de dollars à fin juin 2020.

S’appuyant sur des estimations pour 2020 et 2021 en tablant sur des importations annuelles de 32 milliards de dollars et des recettes d’exportation d’hydrocarbures de 16 milliards, «le solde global de la balance des paiements fera apparaître un déficit d’environ 20 milliards de dollars annuellement», a expliqué l’expert.

Dans ce contexte, Abdelarhmi Bessaha a averti que le financement des déficits de la balance des paiements projetés pour 2020 et 2021 allait conduire à une baisse continue des réserves de change. Elles «passeraient ainsi de 63,8 milliards de dollars à fin 2019 à 43,8 milliards à fin 2020 et 23,8 milliards en 2021», a-t-il affirmé, soulignant que «ces ordres de grandeur suggèrent un niveau de réserves inadéquat pour 2022, dont les besoins seront en moyenne de 35 milliards de dollars».

L’urgence d’une réforme structurelle

Sans réforme structurelle de l’économie algérienne à laquelle ne cessent d’appeler la majorité des experts, le déficit budgétaire global se situerait en moyenne à 15,1% du PIB au cours de la période 2020-2023. En parallèle, le déficit de la balance des paiements extérieurs atteindrait une moyenne de 16,3% du PIB au cours de la même période.

«En conséquence, les besoins de financement prévisionnels de ces déficits pour 2021-2023 seront pour le budget d’environ 50 milliards de dollars et de 60 milliards pour la balance des paiements, soit un total de 110 milliards de dollars», a mis en garde M.Bessaha.

Alors que les réserves de change s’établiront à près de 24 milliards de dollars à fin 2021, ceci signifie que l’Algérie sera dans une situation budgétaire extrêmement difficile.

«Autant commencer un processus de réformes dès maintenant, qui nous permettra de contrôler notre destinée et d’étaler le processus de changement sur une plus longue période», a suggéré Abdelarhmi Bessaha.

Source: Sputnik

http://french.almanar.com.lb/1901242

 

Dans ALGERIE

MALGRE LES MENACES US, L'ALGERIE REITERE SON SOUTIEN A LA PALESTINE

Par Le 15/10/2020

L’Algérie accueille une réunion de groupes palestiniens

 
 

Marche en soutien à la Palestine en Algérie. (Archives)

A peine deux semaine après le déplacement du secrétaire d’Etat américain à la Défense Mark Esper à Alger qui a menacé le gouvernement algérien pour ses relations avec l’axe de la Résistance, Alger fait une nouvelle démonstration de force en faveur de la cause palestinienne.

Après un rassemblement des groupes palestiniens au Liban, l'ambassadeur palestinien en Algérie a annoncé que ce pays était prêt à accueillir une nouvelle réunion de groupes palestiniens.

Selon l'agence de presse Fars News, Amine Makboul, l'ambassadeur palestinien en Algérie, a déclaré que le pays était prêt à accueillir une réunion des groupes palestiniens pour discuter des préparatifs des élections législatives.

Amine Makboul a déclaré qu’Ammar Belhimer, le ministre de la Communication et le porte parole du gouvernement algérien, lui avait fait part de la disponibilité de l'Algérie à accueillir une réunion des groupes palestiniens.

Il a ajouté que 14 secrétaires généraux des groupes palestiniennes seraient invités à assister à la réunion avant les législatives palestiniennes.

Dans une interview avec le site web Shihabpresse, Makboul a déclaré qu'il y avait des réticences de la part de certains pays arabes à l'idée d'accueillir une réunion des groupes palestiniens.

L'ambassadeur palestinien à Alger a également remercié l'Algérie d'avoir accepté d'accueillir le sommet.

La Turquie a récemment accueilli une réunion des mouvements du Fatah et du Hamas pour discuter de la question de la réconciliation nationale et de la fin des divisions, ainsi que de la tenue d'élections générales. Plus tard, des groupes palestiniens se sont réunis au Liban, ce qui était sans précédent ces dernières années.

Auparavant, certains médias avaient rapporté que l'Égypte s'était opposée à l'organisation du sommet Fatah-Hamas au Caire.

Lire aussi : Le méga non d'Alger aux Etats-Unis d'Amérique

Envers le dossier palestinien, la position de l’Algérie a toujours été claire. Le 20 septembre dernier, cinq jours après la signature par les Emirats arabes unis et le Bahreïn de l’accord de compromis avec le régime occupant, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a déclaré que l’Algérie ne participerait pas à la « course » à la normalisation avec Israël.

Le président algérien a réaffirmé la position de l’Algérie sur la question palestinienne qu’il a qualifiée de « sacrée pour nous et pour le peuple algérien ». « C’est la clé du Moyen-Orient », a-t-il fait valoir.

Maghreb Press du 22 août 2020

https://french.presstv.com/Detail/2020/10/15/636464/L%E2%80%99Algerie-reitere-son-soutien-a-la-Palestine


 

Dans ALGERIE

AMAR DJERRAD : LE « HIRAK », LA « 3ISSABA », LES PARTIS, LA « VACHE A TRAIRE », LA DEMOCRATIE ET LA NOUVELLE CONSTITUTION !

Par Le 09/10/2020

Le «Hirak», la «3issaba», les partis, la «vache à traire», la démocratie et la nouvelle Constitution !

-------

Par Amar DJERRAD

Certains partis, personnalités dits «opposants», sortent brusquement de leur léthargie pour s’exprimer à propos de la nouvelle Constitution proposée à référendum. Alors que certains la formule par quelques superficiels «conseils» désordonnés parfois hors sujet, d’autres par des critiques acerbes, délirantes annonçant une catastrophe en débitant des contrevérités afin de saper le moral des populations paisibles. Certains l’ont fait avant même la publication de la mouture ! Des critiques malhonnêtes sur un travail, de plusieurs semaines, de plusieurs experts constitutionnalistes, académiciens et plus de 3000 contributions de partis, d’associations et de personnalités, qui ont répondu à l’appel du Président pour y contribuer ; en se permettant même de donner des ... conseils. Il se trouve que ce sont ceux qui ont refusé de contribuer à son enrichissement qui «battent le tambour» !

Avec eux, aussi parfait que soit le Projet de Constitution (ou autres), il demeure mauvais ou insuffisant tant que l’objectif des détracteurs n’a pas abouti. La partition des «négativistes et oppositionnistes» - refusant paradoxalement et systématiquement tout dans une apparence théâtrale - est connue ! Il s’agit donc plus de slogans politiques stupéfiants que de «propositions » ou «contributions au débat» sérieuses…

Par leurs réactions, il est parfaitement lisible que leur projet reste cette «phase de transition» inconstitutionnelle, sans vote du peuple (que dirigerait un collège de 3 personnes en lieu et place d’un Président de la République élu par le peuple), dont ils souhaitent étrangement et paradoxalement l’assentiment de … l’Armée qui l’a rejeté d’un revers de la main s’en tenant à l’option légale constitutionnelle ! Parions qu’ils seront les premiers à responsabiliser l’Armée pour cette violation en cas d’échec de ce choix ! Ils imposent cela comme volonté des «forces politiques et sociales» représentant la «volonté du peuple», au travers du Hirak ! Une «phase de transition» qui n’a jamais été évoquée ou revendiquée par le "Hirak" (originel) ! Cependant, les peudo-hirak déviants, sans envergures, organisés après, çà et là, par ces mêmes «forces politiques et sociales», s’évertuant à les confondre, trompeusement, avec le véritable Hirak qui avait cessé après avoir obtenu l'essentiel - là oui, sans aucun doute !

Ces «forces politiques et sociales» s’étaient, dit un de leur mentor, «réunis pour œuvrer dans cette direction afin d’aboutir à un accord politique global et inclusif avant les dernières élections présidentielles» ! Ces «forces», en fait, n’ont jamais été significatives ! Il s’agissait donc bien d’une tromperie ! Les quelques partis sans base importante et quelques «associations» ne sont aucunement représentatifs du Hirak ! Tous ont été presque violemment exclus des manifestations y compris les «personnalités» qu’ils représentent ! Nous pensons principalement à ce groupe «Alternative démocratique» appuyés par quelques «personnalités» et d’autres fervents partisans de cette «phase de transition» équivoque et sans projet ! Nous pensons aussi à ce qu’ils sont devenus après leur échec ; un «Pacte pour une alternative démocratique» regroupant sept partis politiques connus pour leur minorité et leur exclusion des manifestations des débuts !

 

              Est-ce «démocratique» de la part de «démocrates» d’imposer (en l’évoquant comme exigence du Peuple) une «phase de transition» sans suffrage populaire ? Curieux ! … De mettre sournoisement au-devant de la scène des «personnalités» inconnues que l’on a flanqué du qualificatif «figures de proues du hirak» dont certains emmargent ou ont emmargé à la NED liée à la CIA ? (voir le récent et foudroyant livre de Ahmed Bensaada; «Qui sont ces ténors autoproclamés du Hirak algérien»)... De faire croire au peuple qu’ils sont leurs représentants aidés pour cela par une certaine presse aux ordres de financiers ?.... D’appeler à la démilitarisation de l’Algérie ? … Faire des «alliances» insolites, de circonstances, avec des islamistes trempés dans le terrorisme ; uniquement dans le but de «faire tomber le pouvoir » tout en visant à réduire et discréditer l’Armée » ? Etc. etc… Si c’est cela leur «démocratie», c’est quoi alors la dictature ?

Leur activisme malsain est devenu plus visible et agressif après la déchéance de ce que l’on appelle la «3issaba» qu’avant ; lorsqu’ils (pour la plupart) étaient dirigeants désignés ou « élus » par quotas dans ce «système» déchu qu’ils feignent aujourd’hui fustiger en le confondant, sournoisement, avec les gouvernants actuels dont ils disent que ce sont les mêmes ou leurs amis ! Ils n’expliquent pas pourquoi et comment cette «3issaba» est, soit en prison, soit poursuivie ou réclamée par la justice ! Ces «forces politiques et sociales» ne se sont pas prononcés, à ce jour, à propos de la pertinence, de la justesse, de la légalité ou l’illégalité de ces poursuites visant les personnalités (civiles ou militaires) jugées, condamnées ou poursuivies) pour principalement «corruption» ! C’est pourtant un événement de grande importance ! Non ?

Donc, leurs avis et recommandations sur la nouvelle Constitution ou leurs consignes de voter «non» ou boycotter ne peuvent qu’être frappés de suspicion si ce n’est pas des arguments pour les citoyens sceptiques et méfiants d’adopter une attitude inverse !

Terminons par ceci,

Un journaliste de leur bord (résidant en Algérie) amateur des expressions «clan du pouvoir», «chasse aux sorcières», «dossier vide» , «pouvoir de fait », «pouvoir réel», «dictature» etc… a produit récemment un commentaire sur son FB, intitulé : «Brisez-moi ce hirak que je ne saurais voir !» paraphrasant Molière dans son «Tartuffe» en remplaçant donc «sein» par «hirak» ; visant l’Armée «pouvoir réel», qui ne voudrait pas voir ce hirak ! Cet auteur se sert hypocritement et faussement, du titre d’une pièce de théâtre sur l’hypocrisie pour convaincre, croit-il, que l’armée était contre le hirak. Si «hypocritement» on n’aime pas le «sein», franchement qui ne l’aime pas ? Selon la «rhétorique» de ce commentateur on peut déduire que réellement l’Armée aime donc le hirak!  Ceux qui ne l’aiment pas sont ceux qui ont vu ce fameux «hirak» leur arracher pacifiquement (avec le soutien de l’Armée) la «vache à traire» (aux gros seins) et qui s’ingénient, quoiqu'il advienne, à faire soulever le peuple (avec l’appui de forces extérieurs hostiles) dans l’objectif caché de réhabiliter leur «système» corrompu déchu,  en lui faisant croire qu’il n’y a pas et n’y aura pas de changement avec la nouvelle Loi fondamentale !

Ils vivent de l’imaginaire et du ridicule !

 

A. Djerrad

Dans ALGERIE

JOURNEE INTERNATIONALE DE LA PAIX : L'IMPERATIF DE DECOLONISER LA PALESTINE ET LE SAHARA OCCIDENTAL

Par Le 24/09/2020

 

SPS 22/09/2020 - 14:47

Alger, 22 sept 202 (SPS) Les participants au colloque national sur la solidarité et le soutien constants envers les peuples palestinien et sahraoui, ont mis l'accent lundi à Alger sur l'impératif d'appliquer les résolutions onusiennes et de décoloniser la Palestine et le Sahara occidental, mettant en garde contre les dangers du retardement à assurer aux deux peuples leur droit à l'autodétermination.

Organisé par le Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), en coordination avec un réseau de journalistes algériens, l'Association Mechaal E-chahid et l'ambassade de la RASD, ce colloque national, célébré à l'occasion de la Journée internationale de la paix, le 21 septembre de chaque année, a été l'occasion pour les conférenciers de plaider pour la nécessité de contraindre les colonisateurs marocain et israélien de se conformer à la légitimité internationale.

Intervenant à l'ouverture de cet événement, Dr. Said Ayachi, président du CNASPS, a affirmé que "l'Algérie est très préoccupée par la violation de la paix ici et là par ces grandes forces qui ont mis en place des lois imposant la sécurité et la paix dans le monde".

"Ce sont ces grandes forces qui ont, malheureusement, établi des lois garantissant la paix après avoir enregistré 34 millions de victimes à la fin de la première guerre mondiale et 50 millions d'autres après la deuxième guerre mondiale", a-t-il regretté.

Et d'jouter, "La Palestine subit l'occupation sioniste depuis 1948, mais Israël continue à faire fi de toutes les résolutions du Conseil de sécurité. Pis encore, il procède à l'annexion d'autres territoires palestiniens".

C'est également le cas du "peuple sahraoui qui résiste à l'occupation sans pour autant parvenir à exercer son droit à l'autodétermination", a décrié M. Layachi, mettant en garde contre les dangers qui résultent de la violation continue des droits des Sahraouis et du pillage de leur richesse".

A ce propos, il a exhorté le Conseil de sécurité à défendre cette cause et à mettre en œuvre les résolutions internationales en vue de mettre un terme à l'occupation.

L'Algérie poursuivra son combat en faveur des pays colonisés ainsi que ses actions solidaires avec les peuples palestinien et sahraoui jusqu'à leur indépendance, a-t-il réitéré.

Pour sa part, Abdelaziz Medjahed, directeur de l'Institut national d'études de stratégie globale (INESG), a estimé dans une déclaration à l'APS en marge de cette manifestation, que "bien des pays obstruent le processus de résolution de la cause sahraouie, d'ailleurs leurs positions en faveur du Maroc sont claires au sein du Conseil de sécurité, mais ils manquent de courage pour les annoncer solennellement".

Preuve en est, "aucun pays ne reconnait la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, c'est pourquoi il faudrait mettre un terme à cette hypocrisie politique", a-t-il souligné.

M. Medjahed s'est dit optimiste quant à la décolonisation du Sahara occidental, car considérant que "c'est la volonté des peuples qui prendra le dessus finalement, et le peuple sahraoui a résisté à six (6) pays occidentaux ayant tenté de le coloniser, rien donc ne l'arrêtera de recouvrer son indépendance".

"Seule la résistance des Sahraouis nous mènera à réaliser le Maghreb des peuples, et sans eux, il n'y aura pas de grand Maghreb", en voici la position constante de l'Algérie, a-t-il conclu.

Présent à cette occasion, le président du Conseil national algérien des droits de l'Homme (CNDH), Bouzid Lazhari a rappelé, dans une déclaration à l'APS, que "la mission des Nations unies consiste à préserver la paix et la sécurité internationales, d'où l'impératif de décoloniser ces territoires et de mettre en œuvre la résolution onusienne numéro 1514".

Affirmant que l'Algérie n'abandonnera pas les pays colonisés jusqu'à ce qu'ils recouvrent leur indépendance conformément aux principes du 1e Novembre, M. Lazhari a souligné que ces principes ont été maintenus dans la nouvelle Constitution tout en les renforçant par la Paix, les droits de l'Homme et le développement, en sus d'autres articles tels que 31 et 32 portant sur "l'attachement de l'Algérie aux principes fondamentaux de l'ONU et son soutien aux peuples qui luttent pour leur indépendance".

Il a mis l'accent, par la même, sur la nécessité d'organiser un référendum populaire dans les plus brefs délais pour mettre fin à la colonisation.

Pour sa part, le professeur en droit international, Amar Tahri a déclaré à l'APS que tout retard accusé en terme d'organisation du référendum aura des retombées sur la paix dans  toute la région, d'autant que les richesses naturelles sont la cible des grandes puissances".

"L'autodétermination est un droit fondamental du peuple sahraoui par la force de la loi et l'ONU doit assumer ses responsabilités face à la tergiversation qui menacent la région et nourrissent des conflits stratégiques", a précisé l'universitaire, citant l'exemple des évènements survenus au niveau de la région est de la Méditerranée.

Dans le même sillage, le président du réseau algérien de journalistes soutenant la cause sahraouie, Mustapha Ait Mouhoub a fait savoir que "la Palestine et le Sahara Occidental constituent deux foyers de tension qui pourraient mener à des chemins sinueux et épineux menaçant la stabilité de la région".

"Les tentatives désespérées du Maroc pour étouffer la cause sahraouie ne dureront pas tant que le peuple sahraouie s'attache à son droit légitime", a poursuivi le journaliste, Ait Mouhoub, s'indignant de la politique de deux poids deux mesures observée par l'ONU.

De son côté, l'ambassadeur de la République arabe sahraouie démocratique, Abdelkader Taleb Omar a affirmé "aujourd'hui la balle est dans le camps de la communauté internationale qui doit prendre des mesures pratiques pour amener le Maroc à l'organisation d'un référendum d'autodétermination", condamnant "la tergiversation de l'ONU en terme de programmation du référendum".

"Si l'ONU veut réussir sa mission elle doit amener le Maroc à cesser ses violations aux droits du peuple sahraoui et le contraindre à appliquer les résolutions onusiennes, faute de quoi, elle perdra sa crédibilité", a ajouté M. Taleb Omar.

Mettant en garde encore une fois contre "l'impatience des sahraouis face à l'escalade marocaine qui les oblige à opter pour d'autres choix afin d'arracher leur liberté", le diplomate a souligné que le peuple sahraoui ne se rendra pas et son combat sera couronné par l'indépendance".

Le colloque national a vu la participation de nombre de représentants du corps diplomatique en Algérie à l'image du chargé d'affaires à l'ambassade de la République d'Afrique du Sud à Alger, un représentant de l'ambassade du Vietnam, outre des personnalités nationales et des universitaires entre chercheurs et académiciens.

Ont pris part également des personnalités de l'étranger via "Skype" tels que le président de la coordination des associations européenne de soutien au peuple sahraoui, Pierre Galand.(SPS)

020/090/700

source : http://www.spsrasd.info/news/fr/articles/2020/09/22/27477.html


 

Dans ALGERIE

L'ALGERIE DIT NON A LA NORMALISATION AVEC "ISRAËL"

Par Le 21/09/2020

L’Algérie dit «non» à la normalisation avec «Israël»

L’Algérie dit «non» à la normalisation avec «Israël»

folder_openMoyen Orient access_timedepuis 9 heures

starAJOUTER AUX FAVORIS

 

Par AlAhed avec sites web

L’Algérie ne participera pas à la «course» à la normalisation avec «Israël», a déclaré dimanche 20 septembre le président Abdelmadjid Tebboune.

«Nous ne participerons pas à la course à la normalisation, et nous ne la bénissons pas», a déclaré le président de la République dans un entretien à des médias nationaux.

Le président Tebboune a réitéré que la position de l’Algérie sur la question palestinienne qui est «sacrée pour nous et pour le peuple algérien».  C’est la clé du Moyen-Orient», a-t-il dit, en rappelant les positions fixes de l’Algérie vis-à-vis de la question palestinienne.

Le Président algérien a indiqué que le discours qu'il prononcera à l'occasion de l'Assemblée générale des Nations Unies, prévue mardi prochain, portera sur la défense de la question palestinienne qui ne sera pas abandonnée par l'Algérie «quelques soient les circonstances».

Les déclarations de Tebboune représentent une première réaction officielle de l'Algérie concernant la signature des deux accords de normalisation avec «Israël» par les EAU et Bahreïn. Ils ont rejoint l’Égypte et la Jordanie qui ont déjà établi des relations avec pays respectivement en 1979 et en 1994. Lors de la signature des accords entre les Émirats arabes unis, Bahreïn et «Israël», le président américain Donald Trump a affirmé que «cinq ou six pays» arabes supplémentaires suivraient «très bientôt» l’exemple des deux monarchies du Golfe.

Le Mouvement de la résistance palestinienne Hamas a salué la déclaration du président algérien.

«Nous saluons la position catégorique du président algérien contre la normalisation et son attachement à soutenir la Cause palestinienne», a indiqué le dirigeant à Hamas, Sami Abu Zouhri dans un tweet.

«Ceci reflète l’authenticité de la position algérienne envers la Cause palestinienne», a-t-il ajouté.

https://french.alahednews.com.lb/36866/304


 

Dans ALGERIE

ALGERIE : VERS LE DECONFINEMENT DE LA COLERE?

Par Le 18/09/2020

 

L'épidémie de Covid-19 a suspendu la mobilisation de centaines de milliers de personnes qui avait mis un terme à la présidence d'Abdelaziz Bouteflika tout en poursuivant le combat pour renverser le régime. Depuis, le pouvoir a mis à profit cette séquence pour tenter d'asseoir sa légitimité mais aussi accélérer la répression. Quant au Hirak, confronté à la permanence du "système" et au rôle central de l'armée, il cherche à bâtir de nouvelles voies transformatrices.

Depuis la fin des manifestations, en mars 2020, le pouvoir du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a été peu enclin aux concessions. Les arrestations, qui ne se sont jamais arrêtées, se sont multipliées tandis que la crise sanitaire était mise à profit pour entreprendre une reprise en main autoritaire. Ces dernières semaines, des figures emblématiques du Hirak, issues notamment d'organisations citoyennes, ont été lourdement condamnées. On compte actuellement quarante-six prisonniers pour délit d'opinion. Les journalistes, l'information indépendante ou les réseaux sociaux sont particulièrement visés afin de museler les médias et de mettre au pas toutes les formes de contestation. Les incarcérations et les parodies des procès d'Abdelkrim Zeghileche et de Khaled Drareni sont caractéristiques du harcèlement judiciaire systématique des journalistes. L'arbitraire, les intimidations ainsi que les pressions policières sont désormais quotidiennes et la marque du nouveau pouvoir. On est donc bien loin des promesses d'ouverture.

Ce régime, dont l'armée demeure l'acteur principal, resserre les rangs et réconcilie les loyautés afin de gérer les difficultés qui s'annoncent. La crise économique et sociale dans sa dimension structurelle sous l'ère Bouteflika mais aussi avec l'effondrement des prix des hydrocarbures et les conséquences de l'épidémie risque d'être explosive. Pour cela, le pouvoir algérien cherche à reprendre la main à l'occasion du prochain vote sur la réforme constitutionnelle. Il s'agit de toute évidence d'une manœuvre car la nature du système hyperprésidentiel demeure tandis que les textes antérieurs ont été systématiquement violés au gré des intérêts de la caste dirigeante prédatrice et corrompue. Par ailleurs, le pouvoir a engagé une intense bataille idéologique pour scinder le Hirak. A. Tebboune prétend même être le dépositaire d'une tendance censée incarner le nationalisme algérien face à une autre dynamique, radicale, portée par des forces étrangères.

Dans ce contexte le Hirak travaille à poursuivre les mobilisations car la volonté populaire demeure intacte et forte. Jusqu'à présent ce mouvement a été horizontal permettant aux différentes tendances de cohabiter dans la rue sans avoir à s'opposer. Cependant, cette organisation peine à relayer les revendications populaires sur le plan politique et occulte les débats sur des questions fondamentales (droits des femmes, place de la religion, diversité des identités) de peur de diviser le mouvement. De plus, le Hirak doit faire face à deux apparents défis qui constituent des impasses. Soit, il se formalise dans le jeu politique, le légitimant sans en tirer aucun profit soit, il demeure une force sociale incapable de peser sur les acteurs centraux. Dans les deux cas, le pouvoir trouvera les moyens de réaffirmer son hégémonie. Pour autant, la force considérable du Hirak reste sa durée. Le peuple algérien se réapproprie la politique dont il a été privé. Cette autonomisation du fait politique échappe au régime et permet l'émergence de forces expérimentées et créatrices qui seront à la base de transformations progressistes durables. Les espoirs du Hirak ne sont pas prêts de s'éteindre.

Pascal TORRE
responsable-adjoint du secteur international du PCF
chargé du Maghreb et du Moyen-Orient

source : https://www.pcf.fr/algerie_vers_le_deconfinement_de_la_colere


 

Dans ALGERIE

ALGÉRIE : LE MEGA REVERS CIA/MOSSAD

Par Le 15/09/2020

Maghreb Press du 15 septembre 2020

 30 

Un vaste complot contre la sécurité de l'Algérie dénoncé par le journal El-Watan

Regardez et téléchargez cette vidéo sur Urmedium.com

Dans ce numéro de Maghreb Press :

•        Algérie

-Alger : « Des terroristes arrivés comme réfugiés en Algérie » avec l’aide « d’ONG sionistes »

C’est un article bien significatif que le journal El-Watan citant le ministère algérien de l’Intérieur fait publier. L’article reprend mot à mot les précédentes analyses de Zoom Maghreb.

Depuis les premiers jours de la pseudo-guerre libyenne que d’aucuns affirmaient qu'elle est concentrée sur le pétrole, Zoom Maghreb y a vu un vaste complot contre l’un des pays arabes les plus anti-Israël du monde à savoir l’Algérie : cette guerre entre amis, Turquie et Émirats étant tous deux des alliés de l’OTAN et donc des États-Unis, le déploiement des bases aériennes ottaniennes sur les frontières avec l’Algérie et de placer ainsi son ciel sous la surveillance US/OTAN.

Ankara a aussi placé un corridor maritime pour transférer les terroristes d’Idlib vers la Libye. Vint ensuite le tour de la signature des accords sécuritaires turcs avec le Niger pour placer ces mêmes terroristes sur la frontière sud-algérienne tandis que la France, elle, travaillant à la déstabilisation du Mali et à l’affaiblissement de son armée y a fait son coup d’État. Et tout ceci, alors qu’en Méditerranée occidentale, un autre pseudo bataille, celle du gaz oppose la France à la Turquie là encore avec en toile de fond le déploiement de l’armada otanienne près des côtes algériennes. 

Le directeur d’étude au ministère algérien de l’Intérieur en charge du dossier des migrations a révélé au quotidien El-Watan que des terroristes venus de zones de combat au Moyen-Orient sont entrés en Algérie par le sud avec le statut de réfugié. « Leur but est d’attenter à notre sécurité au moment opportun », affirme-t-il. Et il a raison. Surtout que ces terroristes sont censés servir de levier de pression sur l’État algérien pour qu’il rallie la sphère trop restreinte pro-Israël en Afrique du nord, le Maroc faisant évidemment exception à la règle.

Le rapport dit  :  en 2018, des réseaux djihadistes venus de toutes les zones de combat, du nord de la Syrie et du Yémen, « ont tenté de se redéployer sur le territoire national via les frontières du Mali et du Niger, leur but étant d’attenter à notre sécurité au moment opportun » : « le complot a visé l’Algérie depuis Tamanrasset, zone frontalière pétrolifère sensible et stratégique, a été mis sur pied avec le concours actif de certaines associations nationales infiltrées par des réseaux étrangers ». On est donc en pleine opération « hybride » contre l’Algérie qui implique souvent des ONG « caritatives » pilotées par les services secrets étrangers.

Pour ce cas particulier, hélas, le Vatican y est pour quelque chose : l’ONG Caritas du Vatican dont le conseil d’administration est un véritable nid d’espions qui a soutenu des actes subversifs en Amérique latine (Venezuela, Bolivie ?!). Son but? Ouvrir les frontières sud du pays à une migration massive subsaharienne pour faire de l’Algérie un territoire de substitution aux réfugiés, chassés par les multinationales, comme au Congo, dans la province du Kivu, où plus de 500 000 Congolais ont été chassés par les entreprises minières étrangères vers l’Angola, expose-t-il, précisant que « le terrorisme et les groupes armés ont été mandatés pour chasser les populations installées dans des zones à fortes potentialités minières ».

Le rapport n’oublie évidemment pas la main d’Israël et du sionisme dans le financement et la feuille de route à appliquer de ces ONG avant de revenir sur les troubles récents à la frontière algéro-malienne : « leur objectif consistait à entraîner les Touareg algériens vers des revendications séparatistes », et ce, à l’appui des dysfonctionnements de l’État dans ces régions. Comme toujours donc les frontières des grands États sont visées dans ces opérations de déstabilisation. 

Source : PressTv avec Sputnik

-Développement des champs pétroliers et gaziers : plusieurs accords signés

Des contrats d’un montant global de 67 milliards de dinars ont été signés ce mardi 8 septembre à Alger par la compagnie nationale des hydrocarbures, Sonatrach, avec ses filiales ainsi que d’autres entreprises algériennes dans le cadre du développement de champs gaziers et pétroliers à l’ouest du pays.

Ainsi, lors de la cérémonie de signature, présidée par le PDG de Sonatrach, Tewfik Hakkar, le Groupe public a confié à six entreprises algériennes à savoir, ENGCB, SARPI, ENGTP, ENAC, KANAGHAZ et COSIDER Canalisations, la construction des réseaux de collecte et des lignes d’expéditions du projet de développement des champs gaziers du Sud-Ouest du pays et qui totalisent une longueur de plus de 700 km.

« Vu l’importance de ce projet, nous l’avons divisé en plusieurs projets pour permettre un gain de temps. L’autre objectif est d’assurer un plan de charge au profit des filiales de Sonatrach et des entreprises algériennes surtout après le contexte suscité par la crise sanitaire », a fait savoir M. Hakkar lors d’un point de presse en marge de cette cérémonie.

Il a ainsi indiqué qu’une fois réceptionné, ce projet permettra d’assurer un apport de production de gaz estimé à 11 millions m3/jour à l’horizon 2022. Dans le même contexte, Sonatrach a signé avec le Groupement SARPI/SAFIR un contrat relatif au développement des champs pétroliers à l’ouest de TOUAT.

« Ce projet permettra d’alimenter la raffinerie d’Adrar à raison de 6 000 barils/j de pétrole brut d’ici 2022 », a expliqué le PDG de Sonatrach…

Source : aps.dz

https://french.presstv.com/Detail/2020/09/14/634050/Maghreb-Press-du-15-septembre-2020


 

Dans ALGERIE

BEYROUTH : L’ALGÉRIE CONTRE L'OTAN

Par Le 01/09/2020

Alger envoie non pas des navires de guerre mais des matériaux de reconstruction

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

L’Algérie envoie un navire chargé de 7000 tonnes de matériaux de construction au Liban. (Photo d’illustration)

Alors que l’OTAN continue à envoyer des navires de guerre et des unités militaires au Liban, l’Algérie y expédie de quoi reconstruire le port de Beyrouth.

Un navire chargé de 7 000 tonnes de matériaux de construction a pris le départ ce lundi 31 août depuis le port de Djen Djen (Jijel) pour le Liban dans le cadre d’une opération de solidarité avec ce pays suite à l’explosion survenue au port de Beyrouth, en présence de la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la Femme, Kaoutar Krikou, le ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali Braham et de l’ambassadeur du Liban à Alger, Mohamed Hassan.

Ces 7 000 tonnes de matériaux de construction (6 000 tonnes de ciment et 1 000 tonnes de plâtre) s’inscrivent dans le cadre de la « poursuite de la série d’aides initiée par l’Algérie au profit du Liban suite à l’explosion survenue le 4 août au port de Beyrouth », a considéré la ministre de la Solidarité nationale.

De son côté, le ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali Braham a indiqué que le navire Stidia englobe un chargement de matériaux de construction provenant de plusieurs groupements industriels publics et privés pour « reconstruire ce qui peut être reconstruit à Beyrouth en particulier et au Liban en général », ajoutant que « les différentes initiatives de solidarité algérienne reflètent les valeurs de solidarité et d’entraide ancrées dans les principes de l’Algérie et l’esprit de solidarité des Algériens envers les pays amis et frères ».
Le ministre de l’Industrie a, dans ce sens, affirmé que « d’autres aides de différents matériaux de construction seront acheminées dans les prochains jours vers le Liban ».

Liban: débarquement armé de Paris ?

Liban : débarquement armé de Paris ?

L’armée française s’est mise à se déployer sournoisement au port de Beyrouth.

L’ambassadeur du Liban à Alger, Mohamed Hassan, a salué l’élan de solidarité dont a fait montre l’Algérie envers son pays en cette période « difficile », rendant hommage au gouvernement et au peuple algérien pour ces initiatives.

Rappelant que « l’Algérie était parmi les premiers pays à avoir dépêché différentes aides au Liban », le diplomate libanais a affirmé que ces initiatives reflètent « l’esprit de solidarité de l’Algérie envers le Liban ».

L’Algérie avait envoyé au lendemain de l’explosion survenue dernièrement au port de Beyrouth quatre avions transportant des aides alimentaires et médicales au profit des victimes.

Haïfa-shima du Hezbollah?!

Haïfa-shima du Hezbollah?!

https://french.presstv.com/Detail/2020/09/01/633102/Beyrouth--l-Alg%C3%A9rie-contre-l-Otan


 

Dans ALGERIE

L’ALGÉRIE SORT SON ARSENAL NAVAL

Par Le 30/08/2020

Conflit gazier greco-turc ou comment l'empire compte imposer un siège "naval" à l'Algérie

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Conflit gazier greco-turc ou comment l'empire compte imposer un siège "naval" à l'Algérie (Photo d'illustration)

Dans une notice d’information maritime publiée vendredi soir, la marine turque a indiqué qu’elle effectuerait des « exercices de tir » du 29 août au 11 septembre dans une zone située au large de la ville d’Anamur (sud de la Turquie), au nord de l’île de Chypre.  plusieurs semaines de bras de fer entre Athènes et Ankara qui se disputeraient visiblement des zones riches en gaz naturel en Méditerranée orientale avec en toile de fond des incidents, des clashs, des menaces et intimidation réciproques ne trompent personne, c'est un front naval qui s'ouvre grad et par membres de l'OTAN interposés contre l'Algérie.  L’état-major de l’armée grecque a ainsi accusé samedi des avions de chasse turcs d’avoir pénétré vendredi dans la région d’information de vol d’Athènes pendant que des appareils grecs accompagnaient un bombardier américain dans le cadre d’un exercice, dénonçant une « provocation », ce qui veut dire qu'outre la mer, le ciel de la Méditerranée se trouve également comme une zone potentiellement exposée. 

Méditerranée: les agissements turcs avivés

Méditerranée: les agissements turcs avivés

La Turquie a accéléré ses agissements en Méditerranée orientale.

De son côté, Ankara qui en Libye a réussi à implanter les bases de l'OTAN, à al Watiya et à Tripoli, non loin donc des frontières algéro-tunisienne, a affirmé vendredi que deux appareils turcs ont escorté le bombardier américain « dans l’espace aérien international en mer Égée" », sans fournir davantage de détails ni mentionner d’incident. Vendredi, le ministère turc de la Défense avait fait état d’un autre incident aérien, affirmant que des avions de chasse d’Ankara avaient intercepté jeudi six appareils grecs qui approchaient d’une zone où un navire de recherche sismique turc est déployé, les forçant à faire demi-tour. Ce jeu parfaitement embrouillé montre une chose : les Etats-Unis se jouent de leurs alliés qui font exactement la même chose en Méditerranée qu'en Libye, brouiller les pistes pour rendre confus le vrai "ennemi à abattre". Or ces vrais ennemis s'avèrent être les Etats encore souverains de l'Afrique du Nord, seuls Etats arabes à en pas encore entretenir des lies tacites ou explicites avec Israël. Or pour en être un, l'Etat algérie est parfaitement conscient de ce jeu trouble. 

l’armée algérienne a organisé un exercice naval ce jeudi 27 août à la base de Mers-El-Kébir à Oran. Le général Said Chengriha a assisté à l’exécution de tir de missiles sur une cible de surface. Le chef de l’armée a prononcé, à cette occasion, un discours diffusé à toutes les unités des forces marines du pays.

L'Algérie met en garde les USA!

L'Algérie met en garde les USA!

Président algérien : « Si le feu n’est pas éteint, il ravagera toute la Libye, les pays voisins et non voisins ».

Cet exercice est le 3e du genre que Chengriha préside près des frontières avec le Maroc. Le 10 juin dernier, la 3e région militaire de Béchar a accueilli une opération, près de la frontière avec le Maroc. Six jours après, la 2e région militaire à Oran a abrité de grandes manœuvres militaires, avec munitions réelles et tirs de missiles. Elles ont couronné les programmes de l'année de préparation au combat 2019-2020. Le choix de l’armée algérienne de villes frontalières avec le Maroc a une portée symbolique forte bien que pour l'heure ce soit surtout la Méditerranée, la Libye et le Mali qui inquiètent. Ces trois exercices interviennent suite à la publication le 21 mai au Bulletin officiel d’un décret signé par le chef du gouvernement, Saad-Eddine El Othmani, portant sur la construction d’une caserne militaire près de Jerada. Un projet qui préoccupe les plus hautes autorités à Alger. Le 4 juillet dernier, le président algérien,  Abdelmadjid Tebboune l’avait qualifié d’ « une autre forme d’escalade » de la part du Maroc.  

Menace navale US contre l'Algérie?

Menace navale US contre l'Algérie?

Après avoir planté deux bases aériennes sur les frontières tunisiennes 

A ceci s'ajoute l'idée d'une base navale US à implanter au Maroc. Il y a peu l'US Navy a annoncé vouloir quitter l’Espagne et vouloir s’installer dans la base navale de Ksar El Seghi au nord du Maroc. Certes, le projet est à ses balbutiements mais en s’installant dans cette base marocaine qui se situe à l’ouest de l’Algérie, la 6e flotte américaine envisagerait de supprimer l’avantage tactique de la marine algérienne dont les 6 sous-marins de classe Kilo mènent régulièrement des opérations de reconnaissance et contrôlent à l’effet de garantir l’intégrité maritime de l’Algérie. La 6e flotte de l’US Navy est composée d’une quarantaine de navires, de près de 180 avions et de 21 mille soldats elle a besoin aussi bien d’installations navales que d’aérodromes et de bases militaires terrestres. Ainsi le Maroc, qui constitue un fidèle allié et un grand client des armements américains pourrait mettre à la disposition des États-Unis une constellation de bases militaires allant de Sidi Slimane jusqu’à Al-Aroui, près de Nador. Combinés aux querelles de clocher rurco-grecs en Méditerranée, cette menace est bien trop forte pour que l'Algérie y reste indifférente. Les semaines à venir seraient probablement riches en manoeuvres aéronavales algériennes. 

Algérie, assiégée par la 6e flotte US?

Algérie, assiégée par la 6e flotte US?

17 navires de guerre turcs appareillent vers la Méditerranée tandis que le Maroc ouvre sa base navale du nord sur la 6ème flotte US... 

https://french.presstv.com/Detail/2020/08/30/632917/Alg%C3%A9rie-Maroc-Turquie-M%C3%A9diterran%C3%A9e-Gr%C3%A8ce-


 

Dans ALGERIE

ALGÉRIE : LE COUP "MALIEN" DE L'EMPIRE

Par Le 19/08/2020

En plongeant le Mali dans le chaos c'est l'Algérie qui est visée

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Algérie : le coup "malien" de l'Empire

C'est une seconde digue qui est rompue : ce coup d'État militaire à la Soudanaise que vient de vivre le grand Mali est le coup apporté aux peuples du Sahel engagés depuis deux ans dans une lutte sans merci contre l'occupation occidentale le premier étant évidemment cette vraie fausse guerre libo-libyenne où les Émirats d'une part et la Turquie de l'autre n'ont pour mission que de déstabiliser les frontières des grands pays pro Résistance que sont l'Algérie et la Tunisie, surtout en ces temps de normalisation avec l'entité sioniste. Un Mali dont les représentants de l'armée se retournent contre l'État et au lieu de se battre contre la force d'occupation Barkhane met sous les verrous le président et cela ne profite qu'à cette force l'occupation quoi que l'on puisse en dire. Côté nord-africain le message est bien clair : après la Libye une seconde vague de violences attend l'Algérie sur son flanc sahélien cette fois-ci. Car rien n'est pire pour un pays en guerre que le vide politique...c'est ainsi qu'Alger semble avoir décrypté le message.

Zoom Afrique du 3 juillet 2020

Zoom Afrique du 3 juillet 2020

Le ministère des Affaires étrangères a réagi ce mercredi dans un communiqué, aux derniers événements au Mali, marqués par un coup d’État militaire.
Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, le ministère a indiqué que « l’Algérie suit avec une très grande préoccupation la situation prévalant au Mali, pays frère et voisin ».

Le MAE a souligné que l’Algérie « réitère son ferme rejet de tout changement anticonstitutionnel de gouvernement, conformément aux instruments pertinents de l’Union africaine, en particulier la Déclaration d’Alger de 1999 et la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance de 2007 ».

Tout en rappelant que « la doctrine de l’Union africaine en matière de respect de l’ordre constitutionnel ne peut faire l’objet d’aucune violation », la diplomatie algérienne souligne que « l’Algérie appelle toutes les parties au respect de l’ordre constitutionnel et au retour à la raison pour une sortie de crise rapide ».

Zoom Afrique du 16 août 2020

Zoom Afrique du 16 août 2020

Mali : Barkhane bat en retraite ?

https://french.presstv.com/Detail/2020/08/19/632140/Mali-Pr%C3%A9sident-D%C3%A9mission-coup-d%E2%80%99%C3%89tat-Ing%C3%A9rence-France-Junte


 

Dans ALGERIE

L'INFIRMIER CUBAIN QUI A SAUVE UN BÉBÉ ALGÉRIEN CONTRE SA POITRINE

Par Le 14/08/2020

L'infirmier cubain qui a sauvé un bébé algérien contre sa poitrine

Le bébé est sauf. Il ne fera pas partie des 15 000 enfants de moins de cinq ans qui meurent chaque jour de la pauvreté et de maladies curables, selon l'UNICEF

Auteur:  | informacion@granmai.cu

Ce petit être innocent, et des milliers comme lui, vivent et vivront parce que des milliers de Cubains, fidèles à leur engagement de solidarité, poursuivent leur action humanitaire de par le monde pour alléger les souffrances et sauver des vies. Photo: Tirée de Facebook

Un autre enfant africain, en l'occurrence Algérien, a perdu l'être qui lui a donné la vie. Et il l'a perdu bien trop tôt. Elle est partie sans qu’il puisse babiller le mot sacré, le premier mot que tout humain prononce : « maman ».

Ce monde inégal et égoïste, celui qui détient le pouvoir et la richesse au prix de la douleur de millions de personnes, de bébés orphelins et de mères inconsolées ; ce monde a privé autre bébé innocent de sa mère.

Doublement touchante, la nouvelle est arrivée par l'intermédiaire de Tele Pinar, cette fois-ci du lieu où l'événement s'est produit : la wilaya d’Ouargla, dans le sud de l'Algérie, à plus de 9 200 kilomètres de Pinar del Rio, d’où est originaire cet « étranger » qui sillonne ces parages et a sauvé la vie du malheureux bébé. Par une étrange association d’idées, lorsque j'ai appris ce qui s'était passé, un nom m’est venu à l’esprit : Angiel, un autre ange, une fillette coincée il y a 12 ans sous les décombres et la nuit d'Haïti.

On raconte que le tremblement de terre avait renversé la maisonnette branlante d'Angiel, et que la petite, sans la moindre idée de ce qui se passait, a rampé dans l'obscurité, jusqu'à ce qu'elle sente quelque chose de doux et encore chaud ; elle a attendu instinctivement l'aube ; c'était le bras de sa mère ; elle était ensevelie sous les décombres.  

Au milieu de la tragédie, la fillette a vu pleurer des grandes personnes – et parmi elles des « étrangers » - qui lui ont apporté du réconfort et l'ont tirée des gravats. Ceux-là, tout comme l'infirmier de Pinar del Rio, José Alberto Oliva qui a sauvé le petit Algérien, appartiennent à la même « armée » ; ce sont des Cubains en blouse blanche, que les marchands de haine enragés appellent « esclaves ».

Le bébé est sauf. Il ne fera pas partie des 15 000 enfants de moins de cinq ans qui meurent chaque jour de la pauvreté et de maladies curables, selon l'UNICEF.

Ce petit être innocent, et des milliers comme lui, vivent et vivront parce que des milliers de Cubains, fidèles à leur engagement de solidarité, poursuivent leur action humanitaire de par le monde pour alléger les souffrances et sauver des vies.

http://fr.granma.cu/cuba/2020-08-13/linfirmier-cubain-qui-a-sauve-un-bebe-algerien-contre-sa-poitrine


 

Dans ALGERIE

ABDELLALI MERDACI : ENJEUX MEMORIELS ALGERIENS EN FRANCE : QUELS CALCULS (POLITICIENS) POUR MACRON ET STORA ?

Par Le 12/08/2020

Enjeux mémoriels algériens en France: Quels calculs (politiciens) pour Macron et Stora?

Par Abdellali Merdaci

Mondialisation.ca, 11 août 2020

Région : 

Thème: 

Analyses: 

La question mémorielle rejaillit, à l’initiative du président Macron, dans le débat politique et académique sur les deux rives de la mer Méditerranée.

Depuis le temps qu’elle dure, cette guerre des mémoires, actée entre France et Algérie, devient un serpent de mer. On glosait là-dessus, au début des années 1990 (1).

Revient-elle à nouveaux frais ? Entre l’ancienne puissance coloniale et la patrie algérienne neuve, ce pays naguère dépossédé, écrasé, selon la formule du poète kabyle Jean El Mouhov Amrouche, sous « l’enclume du mépris » (2) colonial, la relation n’a pas été sans heurt et faut-il craindre, malgré le volontarisme de Paris et d’Alger, qu’elle le reste ?

Une affaire franco-française

Sans doute, conviendra-t-il de s’inquiéter des soubassements politiques de cet appel à la résurgence mémorielle, davantage en France qu’en Algérie. À Paris, cet objectif de ressourcement de mémoires  conflictuelles  n’a pas échappé aux commentateurs politiques et l’Élysée n’a pas exclu de communiquer sur cet intérêt algérien qui s’inscrit pleinement dans l’horizon de l’élection présidentielle de 2022.

Laureline Dupont, éditorialiste au magazine parisien « L’Express », relève cette incidence dans l’agenda algérien du président français : « ‘‘Le dossier algérien peut nous aider, par le biais d’une gestion mémorielle audacieuse, à résorber ces fractures historiques au sein de la société française’’, confirme-t-on à l’Élysée » (3).

La démarche élyséenne devrait-elle souffrir d’ambigüité ? Des arrière-pensées de politique intérieure, strictement électoralistes, informent les projections de M. Macron et de ses conseillers.

L’éditorialiste de « L’Express » précise que « depuis plusieurs mois, l’historien Benjamin Stora travaille avec le cabinet élyséen dans la perspective, entre autres, du 60e anniversaire des accords d’Évian » (4).

Si Benjamin Stora est connu dans les cercles germanopratins comme un « visiteur du soir » de l’Élysée, cette aura de consigliore florentin participe de jeux de miroirs de la société politique française où l’intellectuel a forgé une posture ambivalente sous les présidences de MM. Nicolas Sarkozy (2007-2012), François Hollande (2012-2017) et Emmanuel Macron (depuis 2017).

Cette entrée de l’élite littéraire, artistique et universitaire, dans les palais de la République française n’a pas toujours été favorablement perçue. Et encore moins les empiétements des uns sur les devoirs des autres. En 2005, au moment où l’Assemblée française discutait et approuvait, le 23 février, un projet de loi du gouvernement de droite du président Jacques Chirac (1995-2007) inscrivant dans les manuels scolaires de l’Éducation nationale les bienfaits de la colonisation (5), la majorité des historiens français s’est élevée contre ce concubinage malsain entre la classe politique au pouvoir et les concepteurs attitrés d’outils didactiques sur cette période controversée de l’histoire de la France.

Éminents professeurs des Universités, dont Benjamin Stora au premier plan, pédagogues, associations et ligues de l’enseignement ont dénoncé, à l’appel de leur collègue Claude Liauzu (1940-2007), cette intrusion de la politique dans le travail académique de l’historien. Par certains aspects, cette polémique franco-française a affleuré dans l’espace politique algérien (6).

Il est assez inaccoutumé, en France, qu’un universitaire de renom puisse être missionné, en dehors d’expertises ponctuelles, dans une perspective spécifiquement politique ou prendre de son propre chef des initiatives engageant l’État dans ou hors de son territoire comme le fera le philosophe Bernard-Henri Lévy en Bosnie, et, de manière tonitruante, en Libye. S’il faut préciser que Benjamin Stora, historien émérite et authentique écrivain, n’est pas un boutefeu, il a accepté, à la demande du président Macron, d’apporter sa caution d’intellectuel consacré par une œuvre respectable à des calculs purement politiciens.

Dans un récent entretien avec « Le Monde », il n’écarte pas explicitement une dimension politique dans son engagement : « Cette mission, explique-t-il, s’inscrit dans un contexte global où la France et l’Algérie ont intérêt à se rapprocher, d’abord par rapport à la conjoncture politique internationale » (11). Notamment en Libye, où la responsabilité de la France dans la destruction de ce pays est un point d’achoppement insurmontable.

L’Algérie et les  » fractures historiques » françaises

Dans la lettre de mission confiée à Stora, le président Macron s’inquiète de la diffusion de l’histoire de la Guerre d’Algérie en notant qu’« il en va de l’apaisement et de la sérénité de ceux qu’elle a meurtris ». Un des objectifs entrevus est « la réconciliation entre les peuples français et algérien » ouvrant la possibilité de « dresser un état des lieux juste et précis du chemin accompli en France sur la mémoire de la colonisation et de la Guerre d’Algérie, ainsi que du regard porté sur ces enjeux de part et d’autre de la Méditerranée » (7). ?

Relativement aux attentes de MM. Macron et Stora, une réalité démographique et politique, très visible, s’impose : la plupart des Algériens qui ont combattu la France coloniale ne sont plus là et l’Organisation nationale des Moudjahidine (ONM), qui a été leur plus avéré représentant, n’est plus qu’un bureau d’ayants-droit. La paix des mémoires entre la France et l’Algérie, voulue par M. Macron, est tardive, très tardive : elle aurait pu être envisagée en direction de tous les acteurs de la Guerre d’Algérie, sans exception, par ses prédécesseurs, le général de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand, de la fin des années 1960 aux années 1980.  En 2020, elle s’offre à une irrémissible vacuité.

Cette paix des mémoires éloignée des trames de la Guerre d’Algérie, le président Macron y croit. Lors de son séjour à Alger, au mois de décembre 2017, il répondait vivement à un jeune algérois, âgé de 25 ans, qui l’interpellait sur le passé colonial de son pays : « Mais vous n’avez jamais connu la colonisation ! Qu’est-ce que vous venez m’embrouiller avec ça ? Vous, votre génération, elle doit regarder l’avenir » (8). Oublier, donc ; emmurer le passé, c’est clairement énoncé.

Le « dossier algérien », requis par le président français et instruit par Stora n’est plus qu’une date sans relief : le 19 mars 1962, les représentants du gouvernement français et du gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), signaient à Évian (France) les accords d’un cessez-le-feu qui entrait en vigueur le jour-même à midi. C’était la fin de la Guerre d’Algérie, une date perçue négativement dans le champ politique français, vidée de toute substance pour la jeunesse française.

Hors de la prévalence du calendrier électoral présidentiel, l’intention de MM. Macron et Stora de « parler aux nouvelles générations » de leur pays de la Guerre d’Algérie serait bien commode. Pourtant, il est difficile de croire que M. Macron s’adresse à la jeunesse des Écoles, éduquée et socialement irréprochable, qui ne brûle pas de voitures dans les cités. Mais, plutôt aux jeunes des banlieues et des quartiers, sa vraie cible, qui n’en finissent pas d’embarrasser les pouvoirs en France. Ces Français, parfois de 4e génération, n’ont aucun lien avec l’Algérie, le pays de leurs arrière-grands-parents, qu’ils ne connaissent pas, pour lequel ils n’éprouvent aucune émotion. Cette population, née française et grandie généralement dans l’observance des mœurs de la société française, n’y a jamais été intégrée et elle n’a bénéficié ni de la solidarité ni de la réussite nationales. Avec l’assentiment de leurs parents, qui le plus souvent sont nés Français, ces jeunes des banlieues et des quartiers, indifférents à l’histoire coloniale de la France et, spécialement, de sa présence en Algérie, expriment leur désarroi de Français marginalisés en rejoignant des sectes islamistes ou en poussant des rodéos dans les avenues de Paris les soirs de victoire de l’équipe nationale de football d’Algérie, qui est majoritairement une équipe de joueurs français, leurs propres frères des banlieues et des quartiers.

Parfois, lorsqu’ils accèdent à l’Université, ils rejoignent le scabreux Parti des Indigènes de la République (PIR).

Cette jeunesse est dans la déloyauté envers son pays. Ces Français, de lointaine origine algérienne, du PIR ou d’ailleurs, ne peuvent s’arroger le droit de parler au nom de l’Algérie ou en revendiquer les douloureuses épreuves coloniales.

Ces jeunes, « Français malgré eux » (9), qui ne votent pas, et leurs parents aussi, soulignent l’inanité de l’entreprise de MM. Macron et Stora, qui n’aurait de sens que face à un engagement d’envergure, en 2022, de Marine Le Pen sur le thème sensible de la Guerre d’Algérie auprès d’un électorat âgé d’anciens rapatriés et de leur descendance. Mais depuis le temps où les Le Pen, père et fille, candidatent à l’élection présidentielle française, cet argument du vote pied-noir et « algérianiste », s’il était crédible, aurait basculé les légitimités politiques les mieux établies en France.

Si, effectivement, comme le soutient Stora dans son entretien avec « Le Monde », « la question mémorielle, ce n’est pas seulement de l’histoire passée, c’est devenu une actualité à l’échelle internationale » (10), il est inapproprié que l’Algérie serve de passerelle à la résolution de problèmes franco-français, « ces fractures historiques au sein de la société française ». Les agissements des Français de 4e génération du PIR, prétendant dispenser à la France les théories et le langage vaseux des universités américaines et imitant, dans le cas du dossier Adama Traoré, les manifestations aux États-Unis d’Amérique qui ont suivi l’étouffement par un policier blanc de Minneapolis de l’Afro-américain George Floyd, ressortissent d’exactions sur la voie publique. Mais, en 2020, la France qui recherche d’impossibles échappatoires pour s’en préserver n’est plus gouvernée.

Agaceries françaises

La France, qui possédait pendant la période d’occupation de l’Algérie un puissant « parti colonial » (Charles-Robert Ageron), dispose d’un lobby colonial, toujours sur la brèche, regroupant des directeurs de conscience suffisamment présents dans les médias, faisant et défaisant les opinions.

Ainsi, les écrivains Jean Sevilla et Éric Zemmour, chroniqueurs du « Figaro Magazine », Robert Ménard, natif d’Oran, maire de Béziers apparenté au Rassemblement national, rapiéçant son passé algérien et la veine OAS de sa famille, et des agitateurs « algérianistes » en rangs serrés, « tapent » régulièrement sur l’Algérie. Et même des seconds couteaux compilant la prose revancharde de Zemmour, défenseur attentionné du chef de guerre et assassin d’Algériens Bugeaud.

Il est improbable que le président Macron puisse mettre en cause ces Savonarole d’opérette : bien au contraire, il sera le premier à défendre leur liberté d’expression. Ils représentent une tradition politique et littéraire française enracinée, qui de Jules Vallès aux frères Tharaud, d’Édouard Drumont à Charles Maurras et Léon Daudet, de Louis-Ferdinand Céline à Lucien Rebatet, Drieu le Rochelle, Henry de Montherlant, Paul Morand et Robert Brasillach, a porté la plume dans les eaux fangeuses de l’antisémitisme, du racisme, du fascisme et de la collaboration avec l’Allemagne nazie. Alors que Jean Raspail (1925-2020), écrivant un roman dystopique prémonitoire (« Le Camp des Saints », 1973), sur l’envahissement des côtes de la France et de l’Europe par un million de gueux venus d’Inde, préfigurant la grande vague des migrations d’Afrique et d’Orient vers l’Europe de nos jours, a été l’incarnation prophétique d’une extrême droite littéraire française, Marc-Édouard Nabe, Renaud Camus (théoricien du « grand remplacement »), Michel Houellebecq (fils d’une pied-noir d’Algérie), Patrick Buisson, Alain Finkielkraut, Patrick Bruckner et bien d’autres de moindre acabit, aux aguets d’une droite extrême, pleurant une colonie française défunte, entretiennent une réserve de diatribe haineuse envers l’Algérie. Pourquoi le président français ne ferait-il pas le ménage chez lui ?

Ces dernières semaines abondent de conflits des mémoires entre la France et l’Algérie provoqués par les Français : une chroniqueuse de CNews ne vient-elle pas de qualifier l’Algérie de « terra incognita », enfantée par la France. ? Auparavant, des documentaires à thème algérien des chaînes de télévisions publiques (LCP, France 5) stigmatisaient l’Algérie et son peuple. Épisodes ordinaires de friction passagère ? Alger, irrité, a rappelé son ambassadeur à Paris, alors que le président Macron se flattait de la liberté d’expression des médias en France. Dans le pays de Voltaire, Zemmour et ses épigones, comme jadis Sartre, ami de l’Algérie et des Algériens en guerre d’indépendance, ne vont pas en prison et n’essuient aucune réprobation. À cette aune, le pacte de paix des mémoires entre l’Algérie et la France est vicié, quels que soient les gestes symboliques que le président français, coaché par Stora, se propose de faire en direction de l’Algérie et des Algériens dans les prochains mois.

Une guerre des mémoires françaises

Le président Macron et l’historien Stora rechercheraient-ils une résilience de la société française, principalement de parties clairsemées de la société française, de l’extrême droite au PIR et aux jeunes des banlieues, sur les impasses du passé colonial de la France ? Plutôt qu’une conciliation franco-algérienne inatteignable, ils devraient pacifier les mémoires françaises. Éric Zemmour, Jean Sevilla, Robert Ménard et leur clientèle pied-noir et « algérianiste », qui ne sont pas prêts à lâcher le thème ruineux de l’Algérie française, s’arriment déjà aux incertitudes actuelles d’une France communautaire. Indécidable retour des choses pour une histoire impériale, qui fut glorieuse, dont la France subit désormais les contretemps pervers.

La seule guerre des mémoires qui divise la France provient de son inamendable passé. La France n’a pas maîtrisé la décolonisation de son vaste empire, ni les nombreuses migrations continentales qui ont notablement changé le tableau de ses populations depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle a littéralement explosé en plusieurs communautés autonomes sans lien avec la nation. Jean Sevilla, qui débite en tranches l’histoire de France dans les colonnes du « Figaro Magazine », déteste cette France multiculturelle, qu’il vomit. La France de Lavisse, d’Isaac et Mallet, qu’il chérit, s’est transformée sous ses yeux, mais il n’a rien vu. Zemmour et Ménard, aussi, n’ont rien vu. C’est, en partie vrai, que cette France étrange et étrangère, planifiée par des gouvernements de droite et de gauche, ne leur appartient plus. Quel est le pays dans le monde qui accepterait que des voyous tchétchènes, issus de plusieurs villes d’Europe, piquent comme un vol de gerfauts sur une de ses capitales régionales pour y faire leur loi ? Un roman du communautarisme que Michel Houellebecq, après la vogue islamiste (« Soumission », 2015) n’écrira pas.

Est-ce seulement une dystopie ? Dans quelques générations, la communauté blanche originelle, sera minoritaire dans le pays. Zemmour et ses  comparses se défaussent-ils sur l’Algérie, État indépendant et souverain, pour conjurer le troublant devenir d’une France menacée d’épuisement en raison du croît démographique de ses nombreuses et turbulentes communautés ? Ce communautarisme galopant, déstructurant les fondements de la France, M. Macron ne veut pas le nommer. Mais il correspond à ces « fractures historiques » qui minent la société française, reconnues par ses conseillers élyséens. Espère-t-il en trouver la réponse auprès de l’Algérie ?

Qu’est-ce qui resterait en ligne de mire dans cet affairement, dans cette paix des mémoires offerte aux Algériens, pressentie par le président français et mise en musique par l’historien Benjamin Stora ? Une trouvaille politico-électorale sans lendemain ? Les connaisseurs de la vie politique française garantissent la réélection, sans coup férir, de M. Macron, en 2022, face à Mme Marine Le Pen. La seule hypothèse qui déjouerait ce pronostic serait une candidature de poids de la droite française (notamment le président des Hauts-de-France, le maire du Havre ou – contre toute prévision – le président du Sénat) et dans cette hypothèse le « dossier algérien » et la commémoration du 60e anniversaire des accords d’Évian par un président-candidat, déjà engoncé dans les larges habits du général de Gaulle, renverseront-ils la vapeur ?

Macron attendrait-il le providentiel et décisif soutien d’une mythique France algérienne, incernable colonie du XXIe siècle, qui du cours Belsunce au boulevard Barbès, de Vénissieux à Roubaix, pèserait dans les enjeux démocratiques de la société française ? Voire…

Abdellali Merdaci

Photo en vedette : Capture d’écran. Source Algérie1.com

Notes

1.Voir sur ce thème dans l’historiographie française : Benjamin Stora, « La Gangrène et l’oubli. La mémoire de la guerre d’Algérie », Paris, La Découverte, 1991 ; Claude Liauzu [éd.], « Violences et colonisation. Pour en finir avec la guerre des mémoires », Paris, Éditions Syllepse, 2003 ; Pascal Blanchard et Isabel