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ABDELATIF REBAH : ECONOMISTE : « PRES DE SIX DECENNIES APRES L’INDEPENDANCE, LA QUESTION DE LA VOIE A PRENDRE EST TOUJOURS EN JEU »

Par Le 06/07/2021

Abdelatif Rebah. Économiste : «Près de six décennies après l’indépendance, la question de la voie à prendre est toujours en jeu»

Abdelatif Rebah. ÉconomistePhoto : D. R.

 NADJIA BOUARICHA

 

05 JUILLET 2021 À 10 H 29 MIN

 

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Quel regard portez-vous sur les choix économiques de l’Algérie en 59 années d’indépendance ?

Merci de me donner cette opportunité de revenir, ne serait-ce qu’à grands traits, sur les étapes caractéristiques de l’évolution de l’économie algérienne depuis 1962, et ce, tout particulièrement pour vos lecteurs des jeunes générations. Un rappel ô combien opportun par ces temps de révisionnisme néo-colonial. Il est important de savoir qu’en 2021, plus de neuf Algériens sur dix sont nés après l’indépendance.

Conjugué à la fois à l’absence de tradition d’entretien de la mémoire collective – tout particulièrement pour ce qui concerne la période récente d’édification de l’économie nationale – et à une entreprise politicienne intéressée, non déclarée, d’occultation délibérée de la courte expérience d’industrialisation algérienne, cette dynamique démographique a contribué à accentuer le phénomène de «blanc» dans la mémoire qui a imposé une lecture de l’histoire visant à nier les acquis du développement national engagé après l’indépendance jusqu’à la fin des années 1970.

Une lecture qui porte au passif des décennies du développement national 1960/70, les dégâts et les destructions causés par plus de trente ans de réformes libérales. Dans l’évolution de l’économie algérienne depuis 1962, je distingue les étapes caractéristiques essentielles suivantes. D’abord, celle que l’on pourrait qualifier d’étape de la maturation des choix fondamentaux de développement économique de l’Algérie indépendante.

La question du développement national ne pouvait s’inscrire que dans celle de la rupture avec le régime économique colonial et avec le rôle et la place qu’il a assignés à l’Algérie dans la division internationale du travail  : à la fois réservoir de main-d’œuvre et de matières premières bon marché et débouché pour les marchandises et les capitaux de la métropole. La deuxième étape est celle que l’on a appelée l’âge d’or de l’édification nationale Nationalisés, les hydrocarbures s’affirment comme la source de financement de l’accumulation productive, à la fois combustible du développement national et source d’une prospérité nationale partagée.

Durant les Plans 1967-70,1970-74, 1974-1978 et 1980- 1984, la disponibilité croissante des revenus pétroliers (et gaziers) a servi à financer un effort sans précédent de développement national, accéléré et affranchi des contraintes de profit. La part de l’industrie n’a cessé de se développer pour atteindre 25% de la PIB. L’Algérie produit alors des tracteurs, des wagons, des engrais, des grues, des moissonneuses-batteuses, des produits pharmaceutiques, des téléviseurs, des camions, des bus.

Les investissements publics -transports, agriculture, énergie électrique – favorisent, par ailleurs, le développement du secteur privé. En 1978, on recense 5600 entreprises industrielles privées. En 20 ans, de 1967 à 1986, plus de deux millions de postes de travail nouveaux ont été créés. La population féminine occupée passe de 94 000 personnes en 1966, à 365 000 en 1989. La troisième étape, inaugurée dès les années 1980, est celle de la remise en cause de la stratégie de développement national autonome et du démantèlement de ses outils.

Cette voie conçue comme substitut à celle du développement national de la décennie 1970, s’est soldée par un fiasco dont les manifestations caractéristiques sont l’échec du triptyque libéral : libre-échange, privatisation, IDE (investissements directs étrangers), et la panne du développement qui dure jusqu’aujourd’hui.

Cette voie, marquée inévitablement de pratiques parasitaires et prédatrices (corruption et détournements de fonds et de bien publics à une échelle inimaginable), a été ruineuse et a conduit l’Algérie dans l’impasse.

Elle a causé des ravages dont l’une des séquelles est la rupture de confiance entre une grande partie des Algériens et leur État, traduite, au plan politique, dans l’abstention massive aux dernières élections législatives.

Pourquoi peine-t-on à faire le bon choix pour une bonne orientation économique ?

Pour la grande majorité des Algériens, la «bonne orientation économique» est, intuitivement, celle qui impulse le développement national et se traduit par le progrès social ressenti dans tous les domaines de la vie quotidienne. Cette «bonne orientation économique» a prévalu dans les décennies du développement, allant du Plan triennal au 1er Plan quinquennal (1967-1988-1989), caractérisées par l’accumulation productive, le développement économique, le progrès social, la prospérité partagée.

Elle a été brutalement freinée par le «basculement à l’économie de marché» dans les décennies allant de 1990 à 2018/19, celles marquées par l’accumulation rentière, prédatrice, la régression économique et sociale et le creusement des inégalités. Faire, à nouveau, le choix de la «bonne orientation économique» se heurte à l’opposition des tenants du maintien de la politique qui a conduit le pays au désastre durant ces trente dernières années. On le constate, les termes du débat sur l’orientation appropriée des politiques économiques mais aussi sur le devenir de notre économie sont particulièrement nombreux.

Les grilles de lecture de la réalité que ce débat mobilise sont le produit d’auteurs engagés et reflètent des intérêts déterminés multiples, comme le signalent, d’ailleurs, les centres de préoccupation et les thèmes privilégiés, de même que des occultations, des omissions et des non-dits significatifs. L’orientation économique reflète fondamentalement des choix de classe, des intérêts de classe.

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On peut illustrer cette vérité par une question simple : au service de quel ordre social et économique, les richesses hydrocarbures du pays vont-elles être mises ? Vont-elles servir à construire des usines créatrices d’emplois qualifiés et valorisants, à développer l’agriculture, contribuer au progrès social dans nos campagnes et à la réduction de notre dépendance alimentaire, à doter le pays des moyens d’une santé publique de qualité, moderne et au profit de tous, à mettre notre système d’enseignement au diapason du progrès scientifique et technique, à créer les conditions matérielles du développement culturel de notre pays… ?

Ou bien, ainsi qu’il en a été au cours de ces trente dernières années, servir des couches sociales privilégiées et mettre en selle des «champions nationaux» de la prédation et de la rapine, plus concrètement de l’enrichissement rapide et illicite au détriment des intérêts du pays ?

Libéral, socialiste, système hybride ; quelle est donc la nature du système économique algérien ?

Il est important de rappeler que la Constitution adoptée par référendum, le 23 février 1989, a abandonné toute référence au socialisme. Plus personne n’en parle pour caractériser le système algérien. On évoque plutôt le libéralisme. On comprend pourquoi, quand on sait qu’en 1990, l’ensemble du droit algérien a été refondu pour être mis aux normes des pays à économie capitaliste.

L’ouverture de l’économie a été intensifiée à la faveur du plan d’ajustement structurel conclu avec le FMI, en 1994-1995, avec la libéralisation du commerce extérieur et les privatisations.

La structure juridique de l’économie a été privatisée, la taille du secteur public est passée à peu près de 81% du PIB hors hydrocarbures en 1988 à 15% en 2015. Le secteur privé occupe une part croissante et presque majoritaire dans les crédits à l’économie, l’équivalent de 24% du PIB, en 2017, selon la Banque mondiale.

Seulement, le capitalisme algérien, qui a grandi, à partir des années 1990, sur les décombres des acquis du développement national, est demeuré à la marge de la sphère des activités porteuses de dynamisme économique, technologique, social.

C’est un capitalisme qui se dérobe à ses obligations fiscales et ne reconnaît pas aux travailleurs le droit de s’organiser en syndicats ; un capitalisme de la chkara plutôt que des circuits bancaires et financiers, un capitalisme de l’immaturité, marqué par sa prédilection pour l’import-import et l’immobilier de rente.

En définitive, c’est un capitalisme de la périphérie subordonnée du capital globalisé, confiné dans le rôle, sans perspective de dépassement qualitatif, de pourvoyeur passif d’énergie et de marché solvable et rentable.

Que dire des réponses proposées par l’actuelle gouvernance pour faire face à la crise ? Et quelle est la meilleure voie de sortie de crise à votre avis ?

La sortie de crise, il s’agit là d’une problématique que j’ai largement abordée dans l’essai que j’ai récemment publié aux éditions Apic, intitulé Algérie post-hirak, à la conquête de l’avenir. Près de six décennies après l’indépendance, la question fondamentale des voies à prendre pour concrétiser les idéaux de Novembre 1954 visant à faire de l’Algérie un Etat national souverain, juste, prospère et solidaire, est toujours en jeu.

Toujours à l’ordre du jour, la question de la construction d’une économie productive capable de répondre aux besoins fondamentaux énormes de la société en matière de nutrition, de santé, d’éducation, de mobilité, de logement, une économie assise sur une base productive nationale capable d’absorber une main d’œuvre de plus en plus instruite et féminine et de se mesurer aux grands challenges technologiques et industriels porteurs de développement et facteurs d’échanges équilibrés et mutuellement bénéfiques, pour sauvegarder notre souveraineté et améliorer la richesse nationale.

La dynamique de développement initiée au cours des deux premières décennies de l’indépendance a été brisée avant que ne soient corrigées ses fragilités et atteinte sa phase de maturité. Trente ans de réformes libérales ont renforcé les faiblesses structurelles d’un système mono-exportateur. Notre pays n’a pas d’autre choix que de renouer avec ce qu’il y a de meilleur dans la stratégie de développement national de la décennie 1960-1970.

Un modèle historique de développement, résultat, il est utile de le rappeler, de l’action conjuguée de trois facteurs, dont le poids a été inégal : a) la stratégie formulée par les pouvoirs publics ; b) le comportement des acteurs mis en scène dans cette stratégie ; c) l’incidence plus ou moins forte du contexte international sur le pays.

Un modèle que l’on peut formuler, aujourd’hui, dans les termes suivants : une vision de long terme qui traduit l’ambition de construire une économie productive performante ; un Etat garant des priorités productives et environnementales ; des institutions solides et compétentes dans le rôle de vecteur de cette ambition ; des acteurs efficaces et engagés parce qu’impliqués ; des organes de contrôle indépendants et représentatifs ; un climat politique et social de mobilisation démocratique pour le développement national.

L’alternative du retour à l’Etat développementaliste est incontournable. Ce qui implique la priorité politique fondamentale de la restauration de l’Etat national et de ses institutions gravement amoindris et affaiblis, ces trente dernières années. Un Etat dont les fondements sont transparence, impartialité et contrôle. 

https://www.elwatan.com/pages-hebdo/sup-eco/pres-de-six-decennies-apres-lindependance-la-question-de-la-voie-a-prendre-est-toujours-en-jeu-05-07-2021?fbclid=IwAR39nFJpYRDse5rZX3BIiyZTSvQxV9RUcoK62QzgCmZEZreHk5WotQrPEtg

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AHMED BENSAADA : COLONS, COLLOQUE ET COLONISES

Par Le 28/06/2022

Colons, colloque et colonisés

Par Ahmed Bensaada

Mondialisation.ca, 28 juin 2022

ahmedbensaada.com

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« Il y a deux histoires : l’histoire officielle, menteuse, puis l’histoire secrète, où sont les véritables causes des évènements. » Honoré Balzac

Note : Dans ce texte, il est question de la France officielle. En aucun cas il ne s’agit de nos nombreux amis français, humanistes, pacifistes et très respectueux de la souveraineté et de l’intégrité de l’Algérie.

***

Le 23 mai 1956, en pleine guerre d’Algérie, 26 professeurs français de la Sorbonne – dont le célèbre Raymond Aron – publiaient une déclaration dans le journal le Monde dans laquelle ils exprimaient « leur adhésion réfléchie à l’effort militaire qui est demandé au pays [la France]» et approuvaient le récent appel « pour le salut et le renouveau de l’Algérie française ».  Mentionnant « les bienfaits d’une œuvre poursuivie depuis 125 ans et dont aucun esprit honnête ne met en doute la valeur », ils soulignèrent que « cette œuvre est de celles dont les Français doivent rester fiers. Elle doit être continuée ».

Ces universitaires, qui prônaient une Algérie française, feignaient d’oublier que les Algériens, encarcanés dans l’abominable code de l’indigénat, ont baigné, 132 ans durant, dans un illettrisme multigénérationnel.

Concernant les valeureux combattants algériens, ils dénoncèrent « la disposition d’esprit qui […] dispense parfois aux crimes des fellagas une indulgence inadmissible […] et ne craint pas […] d’assimiler aux héros de la résistance des assassins de femmes et d’enfants ».

Et ces professeurs parisiens n’étaient pas seuls. La déclaration notait la solidarité avec cent soixante-dix autres collègues de l’université d’Alger.

Mais voilà que soixante-six ans plus tard, la même université parisienne a accueilli, du 23 au 25 juin 2022, un colloque intitulé « Algérie 1962-2022, Trajectoires d’une nation et d’une société », organisé par des descendants de ceux-là même que les sorbonniens traitaient de « fellagas » et d’« assassins de femmes et d’enfants ».

Comment se fait-il qu’après soixante années d’indépendance, de (trop) nombreux intellectuels algériens, purs fruits de l’Algérie indépendante, continuent à se cacher derrière les meurtrières de l’ancien pays colonisateur pour décocher des flèches empoisonnées vers leur propre pays?

Le calendrier aidant, le « 43e congrès national du cercle algérianiste » se tenait à Perpignan presque simultanément (du 24 au 26 juin 2022). Le programme? « Apologie de la colonisation, révisionnisme historique, mensonges par omission, minorisation et dénégation des massacres, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par les armées françaises entre 1830 et 1962 […] ».

On se demande pourquoi les organisateurs du colloque parisien n’ont-ils pas saisi l’occasion pour unir leurs efforts avec les congressistes de Perpignan afin de concocter un seul et unique évènement qui aurait couvert exhaustivement la période 1830 – 2022! L’attaque contre l’Algérie et son indépendance aurait été plus efficace, n’est-ce pas?

En fait, au-delà de l’aspect anecdotique de ce bégaiement historique, ce colloque parisien soulève plusieurs questions sérieuses.

Le timing

Le 5 juillet prochain, c’est-à-dire à peine deux semaines après le début de ce colloque, l’Algérie et les Algériens fêteront le soixantième anniversaire de leur indépendance. Une date mémorable qui rappelle le sacrifice de toute une génération de valeureux combattants qui ont donné leur jeunesse et leurs vies pour mettre fin à un joug colonial français sanguinaire, inhumain et raciste. Un système colonial barbare qui est une honte pour ce pays qui se targue d’être « le pays des droits de l’Homme » et qui trouve des « professeurs émérites » pour nous vendre cette ânerie qu’est la « mission civilisatrice de la France ».

Tous les pays ont le droit et le devoir de commémorer les dates importantes de leur histoire, en particulier leurs indépendances. C’est le cas, par exemple, des États-Unis le 4 juillet ou le Canada le 1er juillet. En France, là où se trouve l’université qui accueille le colloque, tous les 14 juillet, les militaires de ce pays se parent de leurs plus beaux uniformes pour parader le long des Champs Élysées. Ali Bensaad, le principal organisateur du colloque n’y a jamais vu aucun inconvénient. Par contre, il s’insurge contre le logo du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie et trouve « scandaleux » qu’il comporte des éléments rappelant l’aspect militaire de la conquête de la souveraineté nationale (voir son interview à AlternaTV – @ 19’55’’). Non seulement il fait semblant de ne pas voir les éléments centraux de ce logo qui représentent le savoir et la technologie, mais il omet également de préciser qu’il a été choisi après concours national et que l’auteur est un ingénieur en électrotechnique et non pas un militaire.

 

Logo du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie

(Œuvre de Abdelmalek Zelagui, ingénieur en électrotechnique)

Tous les peuples ont le droit de fêter joyeusement leurs indépendances, surtout lorsqu’elles sont chèrement acquises après de multiples révoltes et une révolution dont les actes de bravoures et les sacrifices resteront à jamais gravés en lettres d’or dans l’histoire contemporaine. Il y a un temps pour se réjouir de nos acquis et de glorifier ceux grâce à qui nous avons pu les atteindre. Et il y a tout le reste de l’année pour évaluer ces mêmes acquis et débattre des politiques qui pourraient ou auraient pu nous permettre de les dépasser. Mélanger les deux, relève plus d’un illogisme patent – voire d’une réelle mauvaise foi – que d’un désir d’analyse objective et académique par un panel d’universitaires et de journalistes dont les orientations idéologiques à l’égard de l’Algérie est très questionnable. Nous y reviendrons subséquemment.

Le lieu

Le 8 mai dernier, le président français a présidé la cérémonie de commémoration du 77e anniversaire de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Voici le compte rendu d’un média français :  M. Emmanuel Macron « s’est rendu sur les Champs-Élysées pour ranimer la flamme du soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe […]. Une minute de silence est observée pendant que résonne la sonnerie aux morts, avant que ne retentisse la Marseillaise ».

Une cérémonie à laquelle ont assisté les plus hautes autorités de l’armée française ainsi que des militaires invalides salués par le président en personne.

Peut-on imaginer des universitaires français organisant un colloque à Berlin sur le régime de Vichy ou sur la collaboration pendant l’occupation allemande? Ou sur les gilets jaunes? Ou sur la montée de l’extrême-droite en France? Ou sur ces présidents français si souvent épinglés par la justice de leur pays?

Peut-on imaginer des universitaires français organisant un colloque à Alger sur les crimes de la France durant la conquête, la colonisation ou pendant la guerre d’Algérie? Sur les enfumades, les razzias, les expropriations, les tortures, les viols et les assassinats commis pendant 132 ans d’occupation?

Comment donc expliquer que des universitaires qui ont été formés non pas par la France coloniale mais par l’Algérie indépendante aillent déblatérer sur l’Algérie et ses problèmes chez l’ancien colonisateur?

Où sont passés l’amour-propre, le respect de soi et celui des martyrs de la révolution. Où est passé le « nif », quoi!

Pensent-ils vraiment que la France officielle approuve leurs salmigondis pour des motifs de droits de l’Homme ou de démocratie? Pensent-ils vraiment que l’essor de l’Algérie intéresse la France officielle, celle-là même qui a écrasé leurs ancêtres pendant plus d’un siècle? Savent-ils que s’ils ne servaient pas la politique du Quai d’Orsay, ils seraient éconduits comme de vulgaires bougnouls? Peuvent-ils nous dire, par exemple, que font les crânes de nos concitoyens stockés dans des boites comme de vulgaires objets dans un édifice qu’ils ont abusivement baptisé « musée » comme si les restes humains de nos héroïques combattants pouvaient être considérés comme du matériel muséologique?

Cela me remémore un passage de mon livre « Kamel Daoud : Cologne, contre-enquête » :

« Quand je pense que ni Kamel Daoud, ni moi ne serions en train de débattre de la sorte si l’Algérie n’avait pas payé un lourd tribut afin de mettre fin au joug colonial français et accéder à son indépendance ! Dans le meilleur des cas, nous serions, lui à Mesra (village près de Mostaganem) et moi à Fillaoucène (village proche de Tlemcen), en train de garder les cochons et les truies du colon du coin, plongés dans une misère affreuse et une ignorance multigénérationnelle, sauf peut-être l’aptitude à reconnaître les gorets des verrats… » (p.124)

Et c’est le cas de la quasi-totalité des participants d’origine algérienne!

Qu’on se le dise clairement. Si l’Algérie avait sombré dans cette maudite saison fallacieusement nommée « printemps » par les Occidentaux, la France aurait, sans aucun doute, agi en Algérie comme elle l’a fait en Libye ou en Syrie. Dans le premier pays, elle a tapissé le pays de bombes et, dans le second, elle a aidé des « mangeurs de cœurs humains » à faire « du bon boulot ». Pas au courant? Il faut juste poser la question à MM. Sarkozy et Fabius. Ils n’habitent pas trop loin du lieu du colloque.

Les participants

Tout d’abord, cet évènement ne peut pas être qualifié de « colloque » car, comme l’explique si bien son « organisateur en chef », M. Bensaad, il n’y a pas eu d’appel public à communications (voir son interview – @ 54’02’’) et cela semble bizarre que la « prestigieuse » université parisienne soit rentrée dans cette combine. Cela s’est passé entre copains de même ADN idéologique concernant l’Algérie que j’ai nommé dans une précédente occasion « consanguinité intellectuelle ». C’est le cas d’ailleurs des invités de ce média fantoche basé au Québec nommé AlternaTV qui fait de la pub pour l’évènement ou de ceux de Radio M, un autre média domicilié à Alger qui, lui, est financé par le Quai d’Orsay et dont certains abonnés et collaborateurs étaient présents à ce colloque. Tant pis! Il n’y aura pas de débat contradictoire. Les participants s’autocongratuleront, s’autocomplimenteront et s’autoféliciteront à la fin de l’évènement, espérant que leur laïus aura atteint les oreilles de leur roi Macron car certains attendent impatiemment le retour d’ascenseur. En effet, lorsque l’actuel président français s’attaqua méchamment et gratuitement à l’Algérie, Ali Bensaad prit sa défense dans Le Monde, journal connu pour son « amour inconditionnel » pour l’Algérie. Et il n’était pas le seul, loin s’en faut. Ce même quotidien avait ouvert ses colonnes, quelques jours plus tôt, au « Professeur émérite » (excusez du peu!) Lahouari Addi pour disserter de la pensée philosophique macronienne sur la création de l’Algérie. Et, vous l’avez peut-être deviné, M. Addi était présent au colloque en qualité de membre du comité scientifique.

 

Le comité scientifique du colloque

WOW! Quelle maîtrise de la science! Il en a fait brillamment la démonstration mathématique dans un calcul épique où il a admirablement jonglé avec les cm2 et les cm3! Époustouflant!

 

Le « Professeur émérite » Lahouari Addi et son calcul épique pour dénombrer les manifestants du Hirak: il les a juste confondus avec des sardines en boîte

En défendant le président Macron, Ali Bensaad et Lahouari Addi rêvent-ils de devenir les « Moustapha Abdeljalil » ou les « Bourhan Ghalioun » d’une Algérie « printanisée »?

Moustapha Abdeljalil et Nicholas Sarkozy (Paris, le 1er septembre 2011)

 

Bourhan Ghalioun, François Hollande et Laurent Fabius (Paris, le 6 juillet 2012)

Lahouari Addi est un des « ténors autoproclamés du Hirak » que j’ai amplement cité dans mon livre sur le sujet. Il a longuement collaboré avec le think tank de la NED (National Endowment for Democracy), vitrine de la CIA, dont l’implication dans les révolutions colorées et le « printemps » arabe n’est plus à démontrer.

Cela n’est pas sans nous rappeler que Raymond Aron, le principal signataire de la déclaration d’allégeance à l’Algérie française du 23 mai 1956, a été lui aussi été largement financé par la CIA. Cela prouve que cette dernière n’a jamais cessé son travail continu de subversion des « élites » étrangères pour promouvoir son agenda politique dans les pays ciblés.

Et que dire des autres participants? Il serait évidemment trop fastidieux de disserter de leurs accointances et de leurs orientations politiques vu leur nombre, mais il est possible de les catégoriser.

Tout d’abord, et contrairement à ce qu’avance Ali Bensaad (voir son interview – @ 50’00’’), les participants ne font pas tous partie du milieu académique. On y remarque une forte présence de journalistes, pour la plupart d’entre eux de notoires « printanistes », appartenant au Monde (tiens donc!), à ce qui reste du Monde Diplomatique et des habitués de Radio M et de la secte algéroise des « Zigomars » dont Ali Bensaad et Lahouari Addi cognent assidument à la porte d’entrée.

En passant, il n’est pas inutile de rappeler que Le Monde est financé par l’Open Society, la fondation de George Soros, un autre spécialiste des « regime change » à l’instar de la NED.

Le journal Le Monde est financé par l’Open Society de George Soros

Il y a aussi des universitaires algéro-algériens qui ont fait leur pèlerinage à Paris et qui ont, depuis 2011, adopté le « printemps » comme saison de prédilection pour les pays arabes. Il est intéressant de noter que certains d’entre eux ont bénéficié de bourses américaines prestigieuses, ceci expliquant cela.

Le plus étonnant c’est qu’ils ont non seulement pris congé de leurs charges pédagogiques (l’année universitaire n’étant pas encore close), mais certains ont aussi bénéficié d’une prise en charge étatique pour participer à ce colloque! C’est ce que nous révèle Ali Bensaad dans son monologue avec AlternaTV (voir son interview – @ 43’12’’).

Les congés scientifiques financés par le gouvernement algérien serviraient-ils aux universitaires algériens pour collaborer à ce type de colloques? Si c’est le cas, c’est gravissime.

Ces mêmes intellectuels qui sont allés à Paris analyser les « Trajectoires d’une nation et d’une société» pourraient commencer par le commencement, c’est-à-dire analyser leurs comportements dans leurs pratiques pédagogiques quotidiennes et leurs relations professionnelles. En effet, certains se vantent de ne se présenter à l’université qu’une seule (et unique) journée par semaine (sic!) tandis que d’autres communiquent avec leurs collègues enseignantes avec le langage fleuri des injures et des insultes (re-sic!). Il n’est pas utile de citer des noms, les concernés se reconnaitront.

Il va sans dire qu’avant de donner des leçons à toute l’Algérie, il est fortement recommandé de prendre le temps de balayer devant sa porte. Et ce simple et banal conseil est valable pour tous les invités du colloque.

En ce qui concerne les autres participants, on a affaire à certains sympathisants (militants?) du MAK (Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie) comme Salem Chaker (lire cet article et, pour plus de détails, voir cette émission @ 1h 34’ 45’’), une organisation séparatiste classée terroriste par le gouvernement algérien.

Ajoutons à cela des « quituquistes » notoires, tel Omar Benderra, qui accusent l’armée algérienne des crimes commis par les djihadistes algériens lors de la décennie noire ( voir cette émission @ 1h 15’ 05’’). Benderra et ses acolytes sont reliés à l’organisation islamawiste « Rachad » (lire mon article sur le sujet), elle aussi classée terroriste par le gouvernement algérien. Rappelons à ce sujet que le « professeurissime » Lahouari Addi avait qualifié Mourad Dhina, un des fondateurs de « Rachad », « d’Erdogan algérien »!

Ainsi, les trois composantes du Hirak frelaté en l’occurrence les ONGistes, les makistes et les islamawistes sont soit présents dans ce colloque, soit représentés par des sympathisants et des collaborateurs actifs.

Pour l’anecdote, j’avais analysé la rhétorique de Ali Bensaad en comparaison de celle de Larbi Zitout, un autre membre fondateur de « Rachad ». Ce dernier est un saltimbanque du Hirak qui passe son temps à croasser sur le cyberespace, s’attaquant à tout ce qui bouge en Algérie. J’étais arrivé à la conclusion que leurs discours avaient plusieurs similitudes du point de vue rhétorique, malgré l’énorme différence entre leurs parcours. En réalité, on se rend compte qu’ils mènent le même combat à la seule différence que Ali Bensaad se cache derrière une toge et un mortier. Un combat pour la « printanisation » de l’Algérie et le colloque parisien en est un des multiples instruments.

Mais sachez messieurs les « intellectuels invités de la Sorbonne », en Algérie nous préférons voir les feux d’artifice des Jeux Méditerranéens monter vers le ciel d’Oran plutôt que les bombes de l’OTAN descendre sur les têtes des Libyens.

Nous préférons voir les sourires et la joie sur les visages des sportifs méditerranéens plutôt que la peur et les larmes sur ceux des réfugiés syriens.

Nous préférons voir la Méditerranée comme une mer de paix et d’amitié entre les peuples plutôt qu’un tombeau pour le petit Aylan.

Ahmed Bensaada

La source originale de cet article est ahmedbensaada.com

Copyright © Ahmed Bensaadaahmedbensaada.com, 2022

https://www.mondialisation.ca/colons-colloque-et-colonises/5669306

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60 ANS D'INDEPENDANCE : NECESSITE D'UN DEVOIR D'INVENTAIRE AVEC LA FRANCE

Par Le 23/06/2022

60 ans d’indépendance : Nécessité d’un Devoir d’inventaire avec la France

Par Chems Eddine Chitour

Mondialisation.ca, 22 juin 2022

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«(…) Lorsqu’on voit ce que l’occupation allemande a fait comme ravage en quatre ans dans l’esprit français, on peut deviner ce que l’occupation française a pu faire en cent trente ans.» Jean Daniel  Le temps qui reste Editions Plon 1973 

«  Faire l’éducation du genre humain, c’est la mission de l’Europe. Chacun des peuples européens devra contribuer à cette sainte et grande œuvre   tout.   […] Chose étrange à dire et bien vraie pourtant, ce qui manque à la France en Alger, c’est un peu de barbarie. Les Turcs allaient plus vite, plus sûrement et plus loin ; ils savaient mieux couper des têtes. La première chose qui frappe le sauvage, ce n’est pas la raison, c’est la force ».

Victor Hugo 

Résumé 

L’année 2022 marque les 60 ans de l’indépendance de l’Algérie Soixante ans d’indépendance  un bail !  L’Algérie  est devenue libre Elle a des défis dictés par la marche du monde. Bien que 90% de la population soit né après 1962, L’Algérie vit toujours avec son passé L’invasion française un  matin de juillet 1830 est un gigantesque tsunami psychologique  dont  les répliques se font sentir en chacun de nous . Jean  Daniel explique par comparaison entre l’occpation allemande et l’occupation française les douleurs et la rage est d’autant plus vive que nous n’avons pas fait  le tour –d’un deuil toujours recommencé parce que  tout les jours nous découvrons des facettes toujours macabres de l’oeuvre positive de la France. Je ne pourrai pas décrire 132 ans de rapines d vol de viol d’incendie de déni de la dignité humaine. Il est connu que les souvenirs douloureux se transmettent génétiquement de génération en génération. Ce devoir d’inventaire que nous devons faire par respect à la mémoire des 6  millions de victimes de la colonisation n’est pas pour nous un fond de commerce, mais oublier est une trahison Je décrirai les crimes contre l’humanité les plus  criards sans oublier que 132 ans de déni de la dignité humaine mérite  à notre sens mille Nuremberg !

Quelques rappels sur l’histoire de la vénérable nation algérienne

Une mauvaise querelle a été récemment faite à notre pays pour annoncer urbi et orbi que l’Algérie est une création de la France. Pourtant, il y a 23 siècles, l’Algérie était une puissance. Pour situer objectivement l’histoire de l’Algérie. C’est à Adrar que la météorite la plus ancienne 4,6 milliards d’années L’Algérie est considérée comme le second berceau de l’humanité. Il y a 2,4 millions d’années, du côté de Sétif, les premiers hommes vivaient. Plus tard, et pratiquement dans toutes les régions du pays, on trouve les traces de l’homme de Tifernine, il y  a 1,7 million d’années, pour arriver bien plus tard aux hommes préhistoriques de Mechta Affalou Des royaumes  virent le jour. Quand Massinissa battait monnaie deux siècles avant JC et disposait d’une armée, la Gaule n’était qu’un assemblage de tribus sauvages qui se faisaient  constamment la guerre. L’Algérie avait l’empire romain comme voisin auquel elle a donné des empereurs, des généraux et des gouverneurs. Elle offre  4 papes à la chrétienté et  Saint Augustin un Père de l’Eglise.  Le premier roman, « L’âne d’or » a été écrit en Algérie au 2ème siècle par Apulée de Madaure, A l’époque d’Apulée, l’Europe était encore à la tradition orale. Il a fallu attendre le 8e siècle pour que le mot France apparaisse et après 1870 pour que le mythe fondateur de Jeanne D’Arc  appelé en renfort pour remonter le moral du peuple de France vaincu par l’Allemagne malgré le dévouement des tirailleurs algériens qui furent décimés par le chassepot allemand à Wissembourg. 

Pour l’histoire, l’Algérie a signé avec la France depuis la première attaque contre ses côtes en 1299 plus d’une cinquantaine de traités.  Le premier traité de paix a été signé entre la Régence d’Alger et le royaume de France, le 24 septembre 1689, soit cent ans avant la Révolution de 1789. La Régence d’Alger a été la première puissance a reconnaitre l’indépendance des États- Unis d’Amérique.» 

Dans le même ordre pour apporter un démenti à celle et ceux qui croient au mensonge éhonté sur ce qu’était l’Algérie  quel meilleur défenseur de la morale en histoire que  le docteur Mohamed Lamane Debaghine  député  l’Assemblée Nationale Française   qui le 20 août 1947   Il  dénonce la violation de souveraineté dont la France se serait rendue coupable : « N’oubliez pas, Mesdames et Messieurs, l’Algérie est une Nation. Elle a été une Nation et a été souveraine. Seule l’agression de 1830 lui a fait perdre sa souveraineté. On a trop tendance à l’oublier.  De plus, les traités conclus entre l’État algérien et des nations telles que l’Angleterre, les États-Unis et la France elle-même prouvent que l’Algérie était considérée comme une nation souveraine.   D’autre part, l’Algérie était à ce point considérée comme un État souverain par la France elle-même, qu’en 1793, pendant la guerre que celle-ci soutenait contre l’Europe entière, aussi bien pendant la Révolution   la France jugea que, seule la nation algérienne, qui était à cette époque souveraine, pouvait la ravitailler en blé, en chanvre pour les cordages de ses navires, en chevaux et même lui prêter gracieusement de l’argent ».   

Le docteur Debaghine ajoute que  l’Algérie veut être indépendante :

« ce serait une très grande erreur de croire (…) que le désir d’indépendance du peuple algérien provient uniquement du fait que la colonisation n’ait pas réussi au sens matériel du mot. Quand bien même la France aurait réalisé des merveilles (…)  Cela signifierait, par exemple, que si la colonisation s’était traduite, dans le domaine matériel, par une amélioration du standing de vie de la population musulmane, cela nous aurait peut-être amenés à concevoir de bonne grâce la perte de notre personnalité, de notre souveraineté et de notre culture. Il n’en est rien ». (1) 

Les causes indignes de la conquête : La fin d’un Monde

L’idée d’invasion a germé d’abord dans la tête de Napoléon qui ne voulait pas payer la dette et  qui envoya l’espion Boutin en repérage d’un lieu de débarquement  La «cause »  serait l’offense au consul Deval . l’autre motif serait la destruction du nid de pirates alors que  la piraterie n’existait plus depuis 1818  Peut-on alléguer l’intérêt économique d’une conquête d’Alger, exposé en 1827 dans le rapport du ministre de la guerre, comte de Clermont-Tonnerre, évoquant des « plaines d’une prodigieuse fertilité », des « forêts de sapins et de chênes (sic) propres aux constructions navales », des « montagnes de sel gemme » avec  la tentation que constituait, pour un gouvernement aux finances en mauvais état  « les trésors – Clermont-Tonnerre dixit – qui se sont accumulés dans le château du dey d’Alger : on les estime à plus de cent cinquante millions. »..  Le même  Clermont Tonnerre   invoque aussi   le motif religieux « Dès 1827,   dans un rapport célèbre, avait transmis au roi un plan détaillé d´envahissement de l´Algérie. Il écrivait notamment: «La providence a permis que Votre Majesté fût brutalement provoquée, dans la personne de son consul, par le plus déloyal des ennemis du nom chrétien. Ce n´est peut-être pas sans des vues particulières qu´elle appelle ainsi, le fils de Saint Louis à venger à la fois la religion, l´humanité et ses propres injures(…)  Alger ne vit que par la guerre qu´elle livre aux puissances chrétiennes, Alger doit périr si l´Europe veut être en paix. C´est pour tous ces motifs que je supplie Votre Majesté… de prendre une détermination par suite de laquelle vous vengerez la chrétienté en même temps que vos injures». (2)

Comment l’invasion sanguinaire a eu lieu

Un peuple paisible fut pris de cours, il connu l’enfer de l’invasion et des colonnes infernales     Le roi chargea  le duc de Bourmont  d’envahir l’Algérie qui s’est illustré  auparavant par la trahison de Napoléon   Il s’illustra outre sa politique sanguinaire  par le parjure , il promettait ne rien attenter aux biens  coutumes et religion des Algériens  Le 29 décembre, le général Thomas Bugeaud, qui vient d’être nommé gouverneur de cette colonie, arrive en Algérie. La véritable conquête débute avec massacres, déportations massives des populations, rapt des femmes et des enfants utilisés comme otages, vol des récoltes et du bétail, destruction des vergers.  C’est le colonel de  Montagnac qui annonce la couleur en déclarant en 1843 : « «Qui veut la fin veut les moyens. Selon moi, toutes les populations [d’Algérie] qui n’acceptent pas nos conditions doivent être rasées, tout doit être pris, saccagé, sans distinction d’âge ni de sexe; l’herbe ne doit plus pousser là où l’armée française a mis le pied.»   Mostefa Lacheraf avec sa lucidité coutumière parle des officiers  français qui n´hésitent pas à couper les oreilles et les têtes des Arabes lors de razzias et qui, parallèlement, sont de parfaits hommes du monde quand il s´agit d´aller au bal du duc d´Orléans.

Pendant plus de 70 ans jusqu’au évènements de Marguerite au tournant du XXe siècle , le peuple  algérien a défendu sa terre en face d’une armée de soudards dirigés par le sinistre Bugeaud  (le bouchou qui nous faisait peur enfant) Le journaliste Jean Michel Apathie: résume en quelques phrases les méfaits du général  Bugeaud honoré  symbole du génocide et de la spoliation subies par le peuple algérien à partir de 1830. Pour lui   la colonisation algérienne ne ressemble à aucune autre colonisation. « Nous devons des excuses. La colonisation algérienne ne ressemble à aucune autre colonisation », Jean Michel Apathie Apathie explique que la presse européenne à l’époque avait dénoncé ce qui se déroulait en Algérie.

« L’armée est livrée à elle même sur le terrain, à partir de là va commencer la conquête de l’Algérie tellement violente qu’en 1845 il y a une campagne de presse européenne pour la dénoncer » . «Le Maréchal Thomas Bugeaud s’est comporté comme un boucher »,   « On a volé les terres aux algériens, on a empêché la scolarisation de cinq générations d’algériens, on a condamné à l’ignorance et l’analphabétisme et on a lancé du napalm sur les villages algériens. » Thomas Bugeaud, général, « enfumeur » de femmes, d’enfants et de vieillards, lors de la conquête de l’Algérie » Jean-Michel Apathie fustige les prétendus « bienfaits de la colonisation » et rappelle les spoliations, les famines, la « clochardisation » de l’Algérie rurale, et le fait que seul un enfant arabe sur dix était scolarisé. Il s’attarde aussi sur les massacres de Sétif, en 1945, et de Philippeville, en 1955, et le fait que les Arabes n’étaient pas considérés comme des citoyens à part entière. Ce qui lui vaut d’être qualifié de « woke » et d’« islamo-collabo » sur les réseaux sociaux ».  (3) .

Alexis de Tocqueville «Démocrate» et colonialiste acharné

Suite aux exactions de l´armée en 1847, une commission parlementaire de 18 membres avec à sa tête Alexis de Tocqueville  le père de la « Démocratie en Amérique » rédige un rapport  On y lit: «Partout nous avons mis la main sur les revenus, ceux des fondations pieuses, ayant pour objet de pourvoir aux besoins de charité ou de l´instruction publique, en les détournant en partie de leurs anciens usages. Nous avons réduit les établissements charitables, laissé tomber les écoles et dispersé les séminaires. Autour de nous les lumières se sont éteintes, le recrutement des hommes de religion et des hommes de loi a cessé. C´est-à-dire que nous avons rendu la société musulmane beaucoup plus misérable, plus désordonnée, plus ignorante et plus barbare qu´elle n´était avant de nous connaître » (4)

Dans un autre discours le même Tocqueville montrait sa vraie nature . «La domination paisible et la colonisation rapide de l´Algérie sont assurément les deux plus  grands intérêts que la France ait aujourd´hui dans le monde    «J’ai souvent entendu (…) des hommes que je respecte, mais que je n’approuve pas, trouver mauvais qu´on brûlât les moissons, qu’on vidât les silos et enfin qu´on s’emparât des hommes sans armes, et des enfants. Ce sont là, d’après moi, des nécessités fâcheuses, mais auxquelles tout peuple qui voudra faire la guerre aux Arabes sera obligé de se soumettre. (…) On ne détruira la puissance d’Abd El-Kader qu’en rendant la position des tribus qui adhèrent à lui tellement insupportable qu’elles l´abandonnent. Attirer dans ce pays de nombreux colons, tel est l´un de ses objectifs majeurs, et pour y parvenir il faut exproprier, expulser les habitants, déplacer des villages entiers afin d´octroyer aux Français les terres les plus riches » (4)

Ce qui s’est passé lors de la prise de la Brèche à  Constantine en 1837

Alexandre Dumas raconte d’une façon détaillées ce qui s’est passé  : « (…)  Les soldats coururent, croyant arriver à une pente praticable,   en courant sur l’escarpement du Rummel, ils se rejetèrent en arrière en poussant un cri de terreur. Ils venaient en effet d’apercevoir un terrible spectacle.(…)  une muraille de rochers verticaux dont le pied s’appuyait à un massif de pierres aiguës et tranchantes. Là, sur ces aiguilles, sur ces pics, sur ces lames de granit, gisaient brisés, sanglants, mutilés, trois ou quatre cents corps d’hommes, de femmes et d’enfants. Au premier aspect et à la manière dont ils étaient étendus pêle-mêle les uns sur les autres, on eût pu les prendre pour un amas d’habits et de haillons ensanglantés. Mais, en se penchant sur l’abîme, on apercevait comme une dernière ondulation, comme un souffle suprême agitant ces masses flasques et informes. Puis, en forçant le regard de s’arrêter sur ce hideux tableau, on arrivait à distinguer des têtes soulevées, des bras mouvants, des jambes crispées frissonnant dans les dernières convulsions de l’agonie. (…) Les premiers qui avaient reculés’ étaient en effet hasardés dans ces vertigineux chemins, (…)  La cataracte commença de s’égrainer au bord de l’escarpement, la cascade humaine s’était mise rouler dans l’abîme avec une furieuse abondance et une effroyable rapidité. Les derniers venus, a  s’étaient arrêtés en arrivant au bord de l’abîme, et, à l’aide de cordes, avaient essayé de franchir l’effroyable distance, mais les cordes s’étaient brisées sous le poids mal calculé qui s’y était suspendu, et premiers et derniers s’étaient rejoints et s’étaient écrasés sur ces mêmes roches.»  (5)

Cela s’est passé un 18 Juin 1845, les enfumades de la tribu des Ouled Riah

On peut encore voir aujourd’hui d’immenses grottes pouvant contenir des centaines de personnes. Elles servaient de refuge aux tribus des environs et une espèce de code d’honneur établi, faisait qu’elles y étaient en totale sécurité. Ainsi, aucun conquérant ne viola ce code, jusqu’à la conquête de l’Afrique du nord par les français, dont l’armée d’occupation appliqua de nouvelles méthodes : les enfumades.  Il faut savoir qu’entre 1844 et 1845, trois tribus subiront ce sort, sous les ordres de trois colonels français, Cavaignac, Pélissier, Saint-Arnaud. Le 18 juin 1845, reste une sinistre et mémorable date dans notre histoire. Une tribu entière, réfugiée dans la grotte dite Ghar El Frachich est enfumée sous les ordres du colonel Pelissier. Elle sera entièrement décimée. Le nombre des victimes est encore sujet à discussion et oscille entre 500 et 1200 âmes . Dans un rapport à Bugeaud, fait le 22 juin 1945  le   colonel Pélissier  décrit le mode   opératoire nous lisons :

«  Tout fuyait à mon approche Dès lors, je n’eus plus qu’à suivre la marche que vous m’aviez indiquée ; je fis faire une masse de fagots et, après beaucoup d’efforts, un foyer fut allumé et entretenu à l’entrée supérieure ; le feu dura toute la journée  On ne saurait décrire la violence du feu. La flamme s’élevait au haut du Kantara, élevé de 60 varas environ (la vara a un mètre de longueur), Rien ne pourrait donner une idée de l’horrible spectacle que présentait la caverne » (6)

Tous les cadavres étaient nus, dans des positions qui indiquaient les convulsions qu’ils avaient dû éprouver avant d’expirer, et le sang leur sortait par la bouche ; mais ce qui causait le plus d’horreur, c’était de voir des enfants à la mamelle gisant au milieu des débris de moutons,  Personne n’a pu savoir ce qui s’est passé dans la grotte, et si les Arabes, étouffés par la fumée, se sont résignés à la mort avec ce stoïcisme dont ils se font gloire. Le nombre des cadavres s’élevait de 800 à 1000.  (…) Le Témoignage d’un sous-officier  est encore plus éloquent :

« Voir, au milieu de la nuit, à la faveur de la lune, un corps de troupes occupé à entretenir un feu infernal, entendre les sourds gémissements des hommes, des enfants et des animaux, le craquement des rochers calcinés s’écroulant et les continuelles détonations des armes. Dans celle nuit, il y eut une terrible lutte d’hommes et d’animaux ! Le matin, quand on chercha à dégager l’entrée des cavernes, un horrible spectacle frappa les yeux des assaillants. J’ai visité les trois grottes ; voici ce que j’ai vu : A l’entrée gisaient des bœufs, des ânes, des moutons ;  parmi ces animaux, et entassés sous eux, se trouvaient des femmes et des enfants. J’ai vu un homme mort, le genou à terre, la main sur la corne d’un bœuf ; devant lui était une femme tenant un enfant dans ses bras. Cet homme, avait été asphyxié, ainsi que la femme, l’enfant et le bœuf, au moment où l’Arabe cherchait à préserver sa famille de la fureur de cet animal» (6) (7)  

Les évènements du 8 mais 1945 

Un siècle après ces crimes sans nom le 8 mai 1945 des Algériens sortent célébrer la victoire. Un drapeau algérien est arraché ; Un coup de feu !Ce sera le début de la curée sur ordre du général de Gaulle qui donne les pleins pouvoirs aux colons et à  l’armée avec sa tête le général Duval le boucher du  Constantinois  Le pouvoir en France décide de mater la révolte : « De Sétif, la répression sanglante s’est généralisée. Elle allait toucher tout le pays durant tout le mois de mai. L’Algérie s’embrasait Le général Weiss, avait ordonné le 13 mai le bombardement de tous rassemblements des indigènes sur les routes et à proximité des villages. Kateb Yacine,   alors lycéen à Sétif, écrit :

« C’est en 1945 que mon humanitarisme fut confronté pour la première fois au plus atroce des spectacles. J’avais vingt ans. Le choc que je ressentis devant l’impitoyable boucherie qui provoqua la mort de plusieurs milliers de musulmans, je ne l’ai jamais oublié. Là se cimente mon nationalisme. » « Je témoigne que la manifestation du 8 mai était pacifique. À Guelma, ma mère a perdu la mémoire… On voyait des cadavres partout, dans toutes les rues. La répression était aveugle ; c’était un grand massacre. » Dans les localités environnantes à Sétif, Ras El Ma, Beni Azziz, El Eulma, des douars entiers furent décimés, des villages incendiés, des dechras et des familles furent brûlées vives. Les légionnaires prenaient les nourrissons par les pieds, les faisaient tournoyer et les jetaient contre les parois de pierre où leurs chairs s’éparpillaient sur les rochers… Selon l’armée américaine cet énorme massacre de la France de de Gaulle, par l’armée française, la police et les miliciens, aurait fait 45.000 morts. C’est le chiffre, qui peut sembler peut-être vraisemblable, retenu officiellement désormais par les Algériens » (8) 

Guerre des grottes : L’autre crime impuni  

Nous sommes un siècle plus tard ,les méthodes des pères fondateurs reprennent du grade pendant la guerre d’Algérie   On ne cessera jamais de le dire : Les formes de torture adoptées par l’administration coloniale française contre les Algériens représentent une «tache noire», motif de déshonneur sur le front de ce pays et doivent être classées à la tête des «crimes contre l’humanité»   «Même les tortures pratiquées par les Nazis lors de la deuxième guerre mondiale n’ont pas été de la même intensité et atrocité. Les soldats de la France coloniale ont exercé les pires méthodes de torture contre les prisonniers pour les obliger à parler ou par divertissement, selon les témoignages historiques  La « guerre des grottes » s’est déroulée dans les réseaux souterrains de zones montagneuses d’Algérie, à partir de 1956. L’historien a écrit dans ce contexte :  

«Des milliers de sites contenant des corps portés disparus pourraient faire l’objet d’une investigation pour leur identification», a-t-il relevé d’où «la nécessité de retrouver les cartes permettant l’exploitation de ces sites  A partir de 1956, l’armée française a mené en Algérie «une guerre souterraine» en utilisant des gaz toxiques dans ces grottes transformées notamment en des lieux de combats, d’infirmerie pour les Moudjahidine, mais aussi des refuges pour la population.   Pour l’historien Gilles Manceron aussi, cette « guerre des grottes » ravive le souvenir de ce que l’on avait appelé, dans les années 1840, « les enfumades ». Pour Bugeaud  « Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, enfumez-les à outrance comme des renards. »  Ainsi, ces unités de la « guerre des grottes » renouaient avec cette tradition,   « Mais si beaucoup de gens sont morts, on ne sait pas leur nombre »,    Des unités spécialisées sont constituées pour pratiquer ce qui a été appelé « la guerre des grottes », c’est-à-dire l’asphyxie des personnes réfugiées dans des grottes qui étaient nombreuses dans plusieurs régions montagneuses de l’Algérie où la guérilla se développait. Et souvent, à la fin, après leurs opérations, ils dynamitaient la sortie, pour que ça ne resserve à nouveau, et ce n’était pas possible – ou extrêmement dangereux – d’y pénétrer pour extirper des cadavres.  En effet, « la guerre des grottes est un épisode méconnu de la guerre de 1954-1962. Le dossier fait partie des secrets cadenassés par l’armée française en raison d’un accès verrouillé aux archives »  (9) (10)  

Quand l’armée française « pacifiait » au napalm

Parler de l’usage du napalm par la France durant la guerre d’indépendance, c’est revenir sur un déni d’État. À l’instar d’autres armes chimiques, ce produit a été utilisé en dépit des conventions de Genève dont Paris était signataire.   Les autorités françaises le répèteront sans trembler : « Napalm rigoureusement proscrit et jamais employé opération militaire en Algérie » . Ce mensonge clairement affirmé par le ministre résidant Robert Lacoste  en 1957 est répété sous la Ve République  Les forêts qui dérobent ces combattants aux avions français sont particulièrement ciblées : largué par les airs, le napalm enflamme immédiatement la surface sur laquelle il se répand, ce qui le rend particulièrement redoutable dans les régions boisées.  un caporal avait adressé une lettre au journal le Monde pour dévoiler la réalité cachée derrière une dépêche officielle parlant de « rebelles mis hors de combat avec l’aide de l’aviation » :

« Ayant participé à l’encerclement et à la réduction de la ferme où [les « rebelles »] étaient retranchés, je puis vous indiquer qu’ils ont en réalité été brûlés vifs, avec une dizaine de civils dont deux femmes et une fillette d’une dizaine d’années, par trois bombes au napalm lancées par des appareils de l’aéronavale », non loin de Sétif, le 14 août 1959.   L’usage du napalm étant interdit, on opte pour un langage codé : « bidons spéciaux ». Dans le secteur de Bou Saada, au sud-est d’Alger, est ainsi consignée, fin septembre 1959, une « action de l’aviation en bombes de 250 livres et en bidons spéciaux sur un camp rebelle » Les comptes-rendus d’opérations mentionnent aussi les effets de ces « bombing par bidons spéciaux ».  La « réduction du nid de résistance » ayant échoué face au « feu violent et précis des rebelles », l’intervention de l’aviation de chasse est demandée.

« Il y avait une montagne juste en face : ils ont utilisé le napalm. Il y avait un hôpital, enfin une infirmerie, où ils cachaient les blessés. Je les voyais, ils essayaient de s’évader… Une odeur horrible. Ils se roulaient par terre et leurs chairs restaient sur les pierres.   Il y avait une femme qui a été happée par le napalm (…) Un matin d’avril 1959, sa section est envoyée au rapport : « Vingt et un corps sont dénombrés, une dizaine d’autres sont retrouvés brûlés par le napalm »  (…)avec l’approfondissement systématique de la guerre, et en particulier le « plan Challe » à partir de 1959, le napalm a pu être utilisé à un stade qui n’avait plus rien d’expérimental. Après 1962, les forêts calcinées et pétrifiées des massifs montagneux algériens ont porté, pendant des années, le témoignage de cette violence » (11) 

Les camps de regroupement, entreprise de déstructuration du monde rural algérien

Pour empêcher les combattants indépendantistes de bénéficier du soutien des villageois pendant la guerre d’indépendance, l’armée française procède au regroupement de la population dans une opération pudiquement désignée sous le nom de « pacification ». En réalité, plus de deux millions d’Algériens ont été parqués dans des camps soumis à l’autorité militaire et qui ont déstructuré la société rurale  Au moins 2 392 sont alors créés,    L’adoption de la « doctrine de la guerre révolutionnaire » accélère la diffusion de cette pratique,   Les responsables civils ne sont pas en reste, et dans le Constantinois par exemple, c’est même le préfet Maurice Papon qui insuffle cette dynamique, au nom des impératifs militaires de la contre-guérilla et d’une « contre-révolution » (…) . Le regroupement doit alors permettre de détruire la société rurale pour mieux la reconstruire en faveur des forces de la « pacification ».

Dans ces lieux soumis à la surveillance militaire, le quotidien des populations déplacées est d’abord tributaire de la discipline imposée par l’autorité, tant en termes d’espace que de vie sociale : ritualisation des journées, contrôle strict des entrées et des sorties, surveillance des activités politiques, économiques ou sociales, qu’elles relèvent du collectif ou de la sphère familiale. La perte des moyens de production, généralisée prive la majorité des familles déplacées de leurs moyens de subsistance traditionnels, sans pour autant leur en proposer de nouveaux. Autant de bouleversements environnementaux, économiques et sociaux qu’il est indispensable de prendre en compte pour bien mesurer la nature, l’ampleur et la portée de cette violence d’État. » (12)

Les expérimentations nucléaires et chimiques au Sahara

De 1960 à 1966, la France s’est livrée dans le Sahara algérien à des expérimentations nucléaires. Les expérimentations de l’arme nucléaire au Sahara, eurent lieu entre 1960 et 1966 La France a procédé dans le Sahara algérien à 17 essais nucléaires. Quatre explosions atmosphériques ont été réalisées au sud de la palmeraie de Reggane en 1960 et 1961. Treize autres expériences ont été effectuées en tunnels  entre 1962 et 1966. D’autres expérimentations explosives, dispersèrent en surface sur de grandes étendues de petites quantités de plutonium.  À la même période, la population locale résidente autour du site de Reggane a été évaluée à 40 000 personnes tandis que dans un rayon de 200 km autour d’In Eker on décomptait environ 5.200 sédentaires et 2 730 nomades. le 13 février 1960, la France faisait exploser sa première bombe atomique à Reggane, violant ainsi le moratoire concernant les essais nucléaire. L’enthousiasme du Général transparaissait dans son message de félicitations pour la première bombe Gerboise bleue de Reggane : « Hourra pour la France ! Depuis ce matin, elle est plus forte et plus fière… »  Le 1er mai 1962,   l’essai Béryl a provoqué un énorme panache radioactif qui a contaminé des pâturages à de très grandes distances. La roche fondue radioactive a provoqué une coulée de 300 mètres sur 30 mètres de hauteur qui, 40 ans plus tard, reste encore hautement radioactive ». (13)

Une autre tâche au visage de la patrie  qui s’intronise des droits de l’homme  de  1958 à 1978, la base de « B2 Namous », dans l’ouest du Sahara algérien, a servi de terrain d’essai d’armes chimiques, notamment du gaz sarin. Ce polygone de plusieurs milliers de kilomètres carrés a été le terrain des armes chimiques nouvelles, des bombes et des gaz toxiques  des grenades, des mines, des obus, des bombes et même des missiles, tous porteurs de munitions chimiques ont été testés. En Algérie, selon John Hart, directeur du projet sécurité biologique et chimique du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), le gaz sarin a fait l’objet d’« essais sur le terrain »   au mépris des engagements internationaux de la France. Il s’agit donc bien d’essais, et non d’utilisation contre des combattants ou des populations. Quelques témoignages confirment cette accusation :

« J’étais chef de pièce dans l’artillerie, de février 1958 à avril 1960, en Algérie.  j’ai été appelé à la base secrète de Beni Ounif  Chaque matin, les officiers nous donnaient l’ordre de tirer à 6 ou 8 kilomètres, au canon, durant deux heures. Nous avons expérimenté le gaz sarin ». Les cibles étaient des caisses dans lesquelles avaient été enfermés de petits animaux (rongeurs). Nous allions dans le désert 48 heures plus tard, équipés de masques à gaz, les techniciens ont  les animaux morts, Preuve de la dangerosité du site à l’occasion d’un voyage du président Hollande en Algérie (décembre 2012), un accord secret, visant à la décontamination du site, avait été conclu ». (13)   

L’œuvre positive de la vénérable nation algérienne pour la France

Tout au long de ces 132 ans, l’œuvre coloniale ne fut pas positive A titre individuel, des instituteurs, des médecins, des Européens admirables tentèrent d’alléger les souffrances des Algériens, mais ils furent en petit nombre. Les rares Algériens instruits furent, selon la belle expression de Jean El Mouhoub Amrouche, des voleurs de feu. Moins d’un millier d’Algériens formés en 132 ans, cela explique les errements de l’Algérie après 1962  Cette acculturation hémiplégique nous a amené à déifier des auteurs  oints de l’aura du Siècle des lumières alors que d’une façon ou d’une autre les écrivains et poètes français ont adoubé voire béni l’aventure coloniale  française. Le grand Victor Hugo et ses beaux poèmes  comme « A ceux qui sont morts pour la patrie », n’a aucun remord comme témoin des exactions ,de les dénoncer . Au contraire il conseille à la France d’adopter le comportement des Turcs …Le Zola de « J’accuse »  ne frémit pas des cils  sur les crimes dont il a connaissance en Algérie. C’est dire si nous tombons de haut quand on découvre les faces sombres de ces écrivains !! 

 Les Algériens ont toujours été embarqués dans des guerres qui ne les concernaient pas en combattant pour la France qui guerroyait de part le monde.  Comme l’écrit Pascal Blanchard :

«Longtemps occultée, la participation des populations coloniales aux efforts de guerre de la France est aujourd’hui un véritable enjeu de mémoire.  Pour l’histoire, des Algériens furent recrutés, à leur corps défendant, dans les troupes françaises depuis. Ils furent ensuite envoyés lors de la guerre du Levant en 1865… Ensuite, ce fut la guerre de Crimée, la guerre de 1870 lors de  la Première Guerre mondiale, après le cauchemar de Verdun et du Chemin des dames, des milliers d’Algériens y laissèrent leur vie. Lors de la Seconde Guerre mondiale, les troupes coloniales furent, d’emblée, massivement placées en première ligne. 260 000 soldats, majoritairement nord-africains, débarquent en Provence et libèrent Toulon et Marseille le 15 août 1944. Il y eut 140 000 soldats algériens. Il y eut 14 000 morts et 42 000 blessés. Ce sont, en partie, ces soldats qui revinrent ensuite au pays, pour voir leurs familles massacrées un jour de mai 1945.« 

De plus pendant la Première Guerre mondiale, les Algériens remplacèrent dans les usines une partie des Français partis au front. Après 1945, les «trente glorieuses» réussirent aussi grâce à l’apport des Algériens, «les tirailleurs bétons», qui, après avoir versé leur sang pour la France, aidèrent massivement pour sa reconstruction   dans le bâtiment les autoroutes et les entreprises   Enfin on ne peut passer sous silence l’apport culturel de l’Algérie. L’Algérie eut aussi sa part, souvent la plus terrible, dans le rayonnement de la France, à la fois pour défendre ses frontières, développer son économie et participer par l’enseignement du français au rayonnement culturel de la France  Les Algériens ont fait fructifier le «butin de guerre» Avec l’émigration choisie C’est  chaque année des milliers de diplômés qui sont aspirés notamment dans les disciplines technologiques. »  (14)

Comble de l’ignominie , la présence française se termine comme elle a commencé par la destruction de la culture.  Ainsi  l‘incendie de la Bibliothèque universitaire de la faculté d’Alger le 7 juin 1962, était un « crime » et « l’un des crimes culturels les plus odieux » du colonialisme français en Algérie. L’incendie perpétré par l’OAS en juin 1962 a causé des pertes importantes. Une étude sérieuse les estime à 250 000 monographies, thèses ou périodiques, soit environ 40 % du total de 1960. Ce ne sera pas le seul méfait.  Alors de la prise de  Constantine, 9000 manuscrits de bibliothèque du Hadj Ahmed ont été brûlé  et chaque soudard voulait « son Coran. »  (15)

Conclusion 

 Il est bon, alors de se rappeler de la nécessité d´un devoir d´inventaire à la fois des aspects matériels «positifs» de la colonisation, et du Livre noir de la colonisation dans sa dimension la plus inhumaine   Nous ne pouvons regarder vers l’avenir que quand on aura sorti  les cadavres de placards de archives  qui sont le cœur de la tragédie algérienne stockée dans les musées de France et de Navarre ainsi que les centres de recherches ou il faut un siècle pour qu’à dose homéopathique le colonisateur lâche des morceaux épars de la responsabilité de la France jouant la montre misant sur l’apaisement du au temps qui fera son ouvre d’oubli . Non il n’y aura pas d’apaisement et  toutes les « histoires »  sans épaisseur de l’historien  Stora  n’y  feront rien  car si lui a le droit de consulter et de prendre que qu’il veut pour ne pas choquer, ceux qui sont censés écrire cette histoire à deux mains eux n’ont pas accès aux archives  et surtout rien de sérieux n’est fait pour contribuer à l’apaisement.  Un « apaisement des mémoires » requiert que la mémoire soit d’abord retrouvée, alors que les  faits historiques qui la sous tendent ,sont confisqués dans les  archives  

Le travail à effectuer  concernant plus largement  le récit national   pour nous réconcilier avec nous-mêmes,  assumer toute notre histoire  avec ses heurs et ses malheurs .L’invasion abjecte des colonnes infernales françaises n’est qu’un épisode  d’une histoire trois fois millénaire C’est sûr de nous même que nous pourrons aller exiger la vérité et la justice  s’agissant de  l’invasion un matin de juillet 2030.

Professeur  Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

 

Notes :

1.https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/(num_dept)/4313

2.Rapport au roi par le marquis de Clermont tonnerre le 14-10-1827, revue africaine. vol. 70. p.215, (1929)

3.https://www.humanite.fr/politique/jean-michel-aphatie/les-rappels-utiles-de-jean-michel-aphatie-sur-lalgerie-742721

 4.Chems Eddine Chitour https://www.lexpression.dz/chroniques/l-analyse-du-professeur-chitour/democrate-et-colonialiste-acharne-28012

5.A Dumas http://www.dumaspere.com/pages/bibliotheque/chapitre.php?lid=v7&cid=39

6.https://babzman.com/cela-sest-passe-un-18-juin-1845-les-enfumades-de-la-tribu-des-ouled-riah/?

7. https://www.nouvelobs.com/histoire/20191215.OBS22355/femmes-et-enfants-asphyxies-le-scandale-des-enfumades-du-dahra-pendant-la-conquete-de-l-algerie.html 

8.https://rebellyon.info/8-Mai-1945-Massacre-de-Setif

9.https://www.aps.dz/algerie/140693-guerre-des-grottes-appel-a-l-ouverture-d-archives-sur-l-utilisation-de-gaz-chimiques-par-l-armee-francaise

10.Meriem Maram Houali  https://lapatrienews.dz/guerre-des-grottes-lautre-crime-impuni-de-la-france-en-algerie/ 5 Juin 2022

11.Raphaëlle Branche. https://reseauinternational.net/quand-larmee-francaise-pacifiait-au-napalm//27 mai 2022

12.Fabien Sacriste https://orientxxi.info/magazine/quand-l-armee-francaise-pacifiait-au-napalm,5638  25 mars 2022

13.https://histoirecoloniale.net/Au-Sahara-le-lourd-passe-nucleaire-et-chimique.html

14. Pr Chems Eddine Chitourhttps://www.lesoirdalgerie.com/contribution/loeuvre-positive-de-la-venerable-nation-algerienne-pour-la-france-68767

15.https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/caf94073402/alger-apres-l-independance

 

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Chems Eddine Chitour, Mondialisation.ca, 2022

https://www.mondialisation.ca/60-ans-dindependance-necessite-dun-devoir-dinventaire-avec-la-france/5669185

Dans ALGERIE

OTAN/ALGERIE : LE CLASH NAVAL ?!

Par Le 05/06/2022

Méga contrat énergétique Chine/Algérie ou la mort énergétique US/OTAN en Méditerranée?

Saturday, 04 June 2022 1:25 PM  [ Last Update: Saturday, 04 June 2022 1:48 PM ]

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Manœuvre navale d'envergure algérienne en 2018. (Capture d'écran)

En 2012, la France était le premier exportateur de marchandises vers l'Algérie, tandis que les États-Unis acquéraient le titre de leur premier client grâce à leurs importations de gaz liquéfié. En 2013, la Chine a renversé l'équation et le méga contrat gazier que les Algériens viennent de signer avec Pékin ne fait que renforcer cette tendance. Alger est-il sur le point de venger de façon époustouflante l'intrusion forcée de l'entité sioniste au Maghreb?

Le Trésor US sanctionne l’Algérie

Le Trésor US sanctionne l’Algérie

Une société algérienne sanctionnée par les Etats-Unis.

A en juger les appels de détresse de l'ambassadeur israélien en poste à Rabat qui pris entre deux feux à savoir le rejet catégorique de toute forme de normalisation par les Marocains d'une part et l'excellente stratégique de désarmement gazier de la France de l'Espagne et de Rabat soit des complices d’Israël dans la région de l'autre s'efforce d'attiser les tensions au Sahara occidental la réponse ne pourrait qu'être affirmative. D'ailleurs Alger qui va de manœuvre militaire de manœuvre militaire avec la Russie joue aussi et très bien contre l’Amérique en ignorant la demande de celle-ci de remplacer le gaz russe en Europe et en se nouant en revanche des liens fort avec le camp anti-sanction US composé de la Russie, de l'Iran, de la Chine et du Venezuela.  

Ceci étant, ce modus operandi hargneux des Algériens, ainsi que le prouve le réchauffement soudain des liens Rabat-Paris pourrait laisser des impacts pour lequel l’Algérie devra se tenir prêt. Il y a quelques jours et alors même que le représentant du régime sioniste à Rabat se ridiculisait en proposant que Mohamed VI joue le rôle de médiateur entre l'entité d'une part et le Hamas de l'autre, les agences ont fait état d’un premier cas de sanction US contre une société basée en Algérie que le Trésor US accusait d'avoir " blanchi l'argent au profit du Hamas.

Algérie: que mijote Tel-Aviv?

Algérie: que mijote Tel-Aviv?

C'est un premier cas mais bien symptomatique de l’état d'esprit qui règne à Washington. Au fait après l'échec de l’équipée américaine en Ukraine qui a toutefois servi à booster le complexe militaro-industriel US, l’Amérique a besoin de la guerre : soit au Moyen-Orient et via une agression israélienne contre l'Iran soit au Maghreb où son récent sommet anti-terroriste à Rabat en dit long sur ses intentions. Alors possible détournement des pétroliers algériens en Méditerranée? Que les commandos algériens se tiennent prêts comme ceux du CGRI. 

Mais comment Alger a mis à plate couture les USA face à la Chine? Voici ce que nous en disent les agences : La Chine a arraché ainsi la tête des exportateurs vers l'Algérie à la France qui l'avait monopolisée pendant des décennies, et Pékin est devenu le premier partenaire commercial de l'Algérie, qui cherche à diversifier ses partenaires commerciaux et à se débarrasser définitivement de la dépendance économique française.

Les navires en route pour l’Algérie

Les navires en route pour l’Algérie

L’armée algérienne commande 6 nouveaux navires de guerre.

Alors que l'exploitation du gaz de schiste par les États-Unis a conduit à la suspension de l'importation de gaz liquéfié d'Algérie et à l'érosion de son rôle de premier partenaire commercial, les échanges commerciaux entre eux étant passés d'environ 19,5 milliards de dollars en 2007 à 2,6 milliards en 2021.

D'autre part, la Chine a profité des dommages causés aux économies européenne et américaine par la crise financière mondiale de 2008 pour renforcer son partenariat commercial avec l'Algérie, considérée comme un marché monopolistique pour les Européens, dirigés par les Français. La montée de la Chine au premier rang des partenaires commerciaux de l'Algérie, en contournant la France, a coïncidé avec le lancement en septembre 2013 de l'initiative "Belt and Road", à laquelle l'Algérie a annoncé son adhésion en 2014, mais l'adhésion officielle n'a eu lieu qu'en 2019.

A lire: L’Algérie, nouveau champ de bataille Chine/Russie vs USA ?

En 2019, les échanges commerciaux sino-algériens se sont élevés à 8 milliards de dollars, dont près de 7 milliards d'exportations chinoises, ce qui a fait craindre aux partenaires européens de l'Algérie une diminution de leur influence, malgré les privilèges douaniers qu'ils ont obtenus grâce à l'accord de partenariat.

Israël/Algérie: le premier clash!

Israël/Algérie: le premier clash!

Israël en Azerbaïdjan, Israël au Maroc

Et puis, ce n'est pas seulement la coopération commerciale qui a amené la Chine à établir un "partenariat stratégique global" avec l'Algérie, qui est le seul partenariat de ce type au Maghreb, mais aussi la confiance politique et la coopération sécuritaire et militaire. La Chine a été le premier pays non arabe à reconnaître le gouvernement intérimaire algérien en 1958, avant même l'indépendance du pays en 1962, et lui a fourni des armes pendant la révolution de libération, et après l'indépendance, elle a aidé les pays coloniaux à se libérer.

En savoir plus: En érigeant une base militaire au Maroc, Israël s'est fait piéger ...

L'Algérie a joué un rôle de premier plan en aidant la Chine populaire à retrouver son siège à l'ONU en 1971, une position que Pékin a saluée à plusieurs reprises. La coordination diplomatique et la coopération économique ont ouvert la voie à un partenariat sécuritaire et militaire entre les deux pays, notamment avec le développement des industries militaires chinoises ces dernières années, à un moment où l'Algérie alloue le plus gros budget de défense en Afrique à environ 9,6 milliards de dollars. Ces dernières années, l'Algérie a acquis plusieurs armes chinoises, dont le premier navire-école de guerre, des croiseurs, des drones, des systèmes de guerre électronique, de l'artillerie automotrice et des missiles anti-aériens et anti-navires.

Chine-Syrie-Iran, l'alliance...

Chine-Syrie-Iran, l'alliance...

Comment la stratégie de la Résistance paralyse-t-elle les sanctions américaines?

En plus de la coopération spatiale, l'Algérie a lancé un satellite en 2017, depuis une base en Chine, et Pékin a aidé l'Algérie à construire un réacteur nucléaire de recherche pour la production de radio-pharmaceutiques, qui est entré en service en 1993. Si l'Algérie n'est pas située sur l'historique route de la Soie entre la Chine et l'Europe, elle représente un point focal dans l'initiative "Belt and Road" car elle est située dans une zone reliant l'Europe et l'Afrique

À cet égard, la Chine a stimulé ses investissements en Algérie, passant du secteur de la sous-traitance et des projets immobiliers, des travaux publics et des infrastructures à l'investissement dans les secteurs minier et manufacturier. Plusieurs projets l'accompagnant seront mis en place, comme le raccordement d'une voie ferrée pour l'acheminer vers les ports d'exportation du nord, et sa transformation en acier. Ces projets feront de Pékin le plus grand partenaire d'investissement de l'Algérie dans le secteur minier, ce qui représente environ 10 milliards de dollars d'investissements chinois depuis 2010.

Lire plus: Les dessous de la visite du ministre chinois de la Défense en Iran

Le succès de ces investissements ferait de la Chine non seulement le premier partenaire commercial de l'Algérie, mais aussi son premier investisseur. L'Algérie ne semble pas préoccupée par les avertissements américains et occidentaux de son dumping de la dette chinoise, car elle adopte le principe du partenariat selon la règle des 51 % pour l'Algérie et 49 % pour le partenaire étranger, et ses réserves de change lui permettent de couvrir ces investissements sans recourir à de lourds emprunts.

L'Algérie va-t-elle trahir Poutine?

L'Algérie va-t-elle trahir Poutine?

L’Algérie, tout comme son voisin marocain, n’a pas pris partie pour l’opération russe contre l’Ukraine et adopte une position vague.

L'Algérie dispose d'environ 44,7 milliards de dollars de réserves de liquidités, qui devraient rebondir avec la hausse des prix du pétrole et du gaz à des niveaux records, en plus de posséder des réserves d'or estimées à 173,6 tonnes (les troisièmes du monde arabe), tandis que ses dettes extérieures sont quasi inexistants. L'Algérie a également obtenu de la Russie des armes très avancées, notamment les systèmes de missiles S-400 et le dernier avion Soukhoï de l'arsenal militaire russe, ainsi que des systèmes radar avancés, et il y a des fuites non confirmées selon lesquelles la coopération militaire algéro-russe pourrait faire un bond au cours de les prochaines semaines de la visite du président algérien à Moscou.

A quoi joue l'armée algérienne?

A quoi joue l'armée algérienne?

L'alliance sino-russe est bien consciente de l'importance de l'Algérie en tant que porte d'entrée du continent africain, en raison de ses relations étroites avec la plupart des pays et gouvernements du continent africain, en plus de son rôle de premier plan au sein de l'OPEP et son engagement dans l'accord « OPEP +» en coordination avec la Russie. Tout ceci ne pourrait ni plaire ni tolérer par USA mais que ces derniers tentent leur chance. 

http://french.presstv.ir/Detail/2022/06/04/683293/Algerie-la-Chine-devance-la-France-et-les-USA-

Dans ALGERIE

L'ALGERIE ET LA CHINE SIGNENT UN IMPORTANT ACCORD DE PARTAGE DE PRODUCTION PETROLIERE

Par Le 28/05/2022

Algérie: important accord entre Sonatrach et le chinois SOOGL

Une photo montre le logo du géant algérien de l'énergie Sonatrach lors de l'exposition World Gas Conference à Paris le 2 juin 2015. (AFP)

Une photo montre le logo du géant algérien de l'énergie Sonatrach lors de l'exposition World Gas Conference à Paris le 2 juin 2015. (AFP)

Short Url

https://arab.news/curch

AFP

Publié le 28 mai 2022

 

Ce contrat d'une durée de 25 ans prévoit la réalisation sur le périmètre de Zarzaitine, dans la province d'Illizi, d'un «projet devant permettre la récupération de près de 95 millions de barils de réserves de pétrole brut»

La répartition des parts entre Sonatrach et SOOGL n'a pas été communiquée

ALGER: Les groupes algérien Sonatrach et chinois SOOGL ont annoncé samedi la signature d'un contrat de "partage de production pétrolière" d'un montant de 490 millions de dollars concernant un site du sud-est algérien.


Ce contrat d'une durée de 25 ans prévoit la réalisation sur le périmètre de Zarzaitine, dans la province d'Illizi, d'un "projet devant permettre la récupération de près de 95 millions de barils de réserves de pétrole brut", selon le communiqué diffusé par l'agence officielle algérienne APS.


L'accord a été signé par le vice-président en charge de l'activité exploration et production de Sonatrach, Mohamed Slimani, et le directeur général de Sinopec Overseas Oil and gas Limited (SOOGL), Wu Xiuli. 


La répartition des parts entre Sonatrach et SOOGL n'a pas été communiquée.


Début janvier, le groupe Sonatrach avait annoncé des investissements de 40 milliards de dollars entre 2022 et 2026 dans l'exploration, la production et le raffinage de pétrole ainsi que la prospection et l'extraction de gaz.


Les recettes du groupe ont augmenté de 70% en 2021 grâce à une hausse de 19% de ses exportations d'hydrocarbures, a indiqué en janvier son PDG, Toufik Hakkar.


Quatrième puissance économique du continent africain, l'Algérie est particulièrement exposée aux variations des prix des hydrocarbures du fait de sa dépendance à la rente pétro-gazière, qui représente plus de 90% de ses recettes extérieures.


Déjà en nette remontée après la reprise économique post-Covid, le baril de pétrole tutoie actuellement les sommets à plus de 100 dollars pour le Brent (brut de la mer du Nord). 


Cette flambée a fait suite à l'invasion russe de l'Ukraine fin février et des sanctions économiques contre la Russie, important pays exportateur de pétrole et de gaz.  

https://arabnews.fr/node/247056/%C3%A9conomie

 

MOTS-CLÉS: ALGÉRIE CHINE ENTREPRISES ENERGIE PETROLE

Dans ALGERIE

LE TRESOR US SANCTIONNE L'ALGERIE

Par Le 28/05/2022

USA déclarent la guerre au soutien algérien à la Résistance

Saturday, 28 May 2022 6:03 PM  [ Last Update: Saturday, 28 May 2022 6:03 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Le Trésor US sanctionne une société algérienne. (Illustration)

Le département du Trésor américain a sanctionné « un responsable financier du mouvement palestinien Hamas, ainsi que des entreprises qui ont généré des revenus au profit du mouvement grâce à la gestion d’un portefeuille d’investissement international », a indiqué un communiqué dudit département, notant que l’une de ces entreprises était basée en Algérie.

Dans un communiqué rendu public ce 24 mai, le département du Trésor des États-Unis d’Amérique a fait savoir que « les sanctions visent le bureau d’investissement du Hamas, qui détient les actifs estimés à plus de 500 millions de dollars, y compris les sociétés opérant au Soudan, en Turquie, en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis ainsi qu’en Algérie.

D’après la secrétaire adjointe du Trésor pour le financement du terrorisme et des crimes financiers, Elizabeth Rosenberg, cette sanction « cible les individus et les entreprises que le Hamas utilise pour dissimuler et blanchir les fonds ».

« Le Hamas a généré de vastes sommes de revenues grâce à son portefeuille d’investissement secret tout en déstabilisant Gaza, qui fait face à des conditions de vie et économiques difficiles », a déclaré Elizabeth Rosenberg, alors qu’elle était en Israël pour discuter des efforts de lutte contre le financement du terrorisme.

En effet, la secrétaire adjointe du Trésor américain a souligné le fait que « le Hamas maintient un programme violent qui nuit à la fois aux Israéliens et aux Palestiniens », expliquant, dans ce même sens, que « les États-Unis se sont engagés à priver le Hamas de la capacité de générer et de déplacer des fonds et à tenir le Hamas responsable de son rôle dans la promotion et la perpétration de la violence dans la région ».

Algérie: que mijote Tel-Aviv?

Algérie: que mijote Tel-Aviv?

D’ailleurs, il convient de rappeler que « les États-Unis ont désigné le Hamas comme une organisation terroriste étrangère en octobre 1997 et comme un terroriste mondial spécialement désigné conformément à l’EO 13224 en octobre 2001 ».

Dans son communiqué, le département du Trésor américain a énuméré les personnes et les entreprises concernées par cette sanction, « en les désignant, en vertu de décret exécutif (EO) 13224, tel que modifié, qui cible les terroristes, comme les dirigeants et les responsables de groupes terroristes, et ceux qui apportent un soutien aux terroristes ou aux actes de terrorisme ». La liste communiquée compte le nom de la société Sidar, qui est basée en Algérie.

« Le bureau d’investissement détenait également secrètement les actifs dans la société Sidar basée en Algérie et dans la société Itqan Real Estate JSC basée aux Emirats arabes unis, qui semblaient toutes deux fonctionner comme les entreprises légitimes, mais qui dans la pratique, étaient contrôlées par le Hamas et transféraient de l’argent au groupe », a révélé le même communiqué.

Ainsi, la même source a fait savoir que la société Sidar, basée en Algérie, est concernée par cette sanction, rajoutant qu’ « une part importante des fonds transférés par ces sociétés (Sidar et Itqan Real Estate JSC) au Hamas avait été allouée à la branche militaire du groupe, les brigades Izz al-Din al-Qassam ».

Le F-35 bientôt au Maroc?

Le F-35 bientôt au Maroc?

Comment Rabat avance vers l’abîme en achetant des F-35 ayant un bilan lourd en défaillances, avec Israël comme intercesseur.

Selon le département du Trésor américain, « Sidar Company, Anda Company et Agrogate Holding figuraient parmi les plus gros investissements du Hamas dans l’immobilier et la construction ». « La direction du bureau d’investissement du Hamas a activement géré Sidar Company, une société de développement immobilier », lit-on dans le même communiqué.

Pour les États-Unis d’Amérique, « Sidar Company et Itqan Real Estate JSC sont désignées conformément à l’EO 13224, tel que modifié, pour être détenues, contrôlées ou dirigées, directement ou indirectement, par le Hamas ».

Par ailleurs, la liste communiquée compte également les noms de hauts fonctionnaires du bureau d’investissement du Hamas, don Ahmed Sharif Abdalleh Odeh et Oussama Ali, ainsi que Hisham Younis Yahia Qafisheh.

Qu’implique cette sanction ?

Le département du Trésor américain n’a pas manqué de souligner qu’à la suite de cette sanction, « les biens des personnes et entités citées, et de toute entité qui leur appartient, directement ou indirectement, à 50 % ou plus, individuellement ou avec d’autres personnes bloquées, qui sont aux États-Unis ou sous le contrôle de ressortissants américains, doivent être bloqués et signalés à l’OFAC (Office of Foreign Assets Control) ».

« En outre, s’engager dans une quelconque transaction avec les personnes et entités désignées aujourd’hui comporte un risque de sanctions secondaires conformément à l’EO 13224, tel que modifié », a souligné le même communiqué.

1ere coalition maghrébine anti-empire

1ere coalition maghrébine anti-empire

Alger-Tunis, un axe anti Israël jusqu’au bout

http://french.presstv.ir/Detail/2022/05/28/682915/Algerie-Tresor-US-sanction-Palestine

Dans ALGERIE

LE S-400 BIENTOT EN ALGERIE ?

Par Le 12/05/2022

Algérie/Russie/Sahel, un front aérien anti-Us///

Thursday, 12 May 2022 6:31 PM  [ Last Update: Thursday, 12 May 2022 6:31 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Le système de missile russe S-400. ©Military

Ce mercredi 11 mai alors même que les Américains faisaient tenir  le plus grand sommet dit de lutte anti terrorisme à Rabat où le MAE Bourrita, réuni avec sponsors et créateurs du terrorisme takfiriste à savoir les USA Israël et leurs alliés occidentaux et régionaux s'inquiétait de ce que le Maghreb ne plonge après le Moyen Orient dans la violence terroriste,   le ministre russe des A.E Lavrov arrivait à Mascate en provenance d'Alger. Il est évident que c'est l'Ukraine et la guerre de gaz qui figure au cœur de cette guerre figuraient tous deux au menu des discussion dans un contexte d'alliance renforcée Alger-Moscou. Au fait cela fait plus de 76 jours que l'axe US/OTAN tente de pousser Alger à remplacer le gaz russe sur le marché européen une demande tentante puisque l'Algérie procure 11 PC des besoins de l'Europe en énergie sans qu'Alger fléchisse. Reconnaissons que l'Amérique n'a lésiné sur aucun moyen pour arracher a 'Alger son oui à une hausse de ses exportations allant jusqu'à pousser l'Espagne a revenir sur sa politique saharouite et se tourner le dos à Alger . Ce qui n'a mené nulle part.

Ukraine : la Russie unit l’Algérie et le Maroc !

Arrivé à Alger lundi 9 mai, Sergueï Lavrov s’est entretenu ce mardi avec son homologue algérien, Ramtane Lamamra, avant d’être reçu par le président Abdelmadjid Tebboune. Cette visite, la première de Sergueï Lavrov en Algérie depuis janvier 2019, coïncide avec le 60e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Russie et l’Algérie.

« Nous avons soutenu l’initiative de nos amis algériens visant à élaborer un nouveau document stratégique inter-étatique qui sera le reflet de la nouvelle qualité du partenariat bilatéral », a déclaré Sergueï Lavrov lors de son entretien avec Ramtane Lamamra, selon le ministère russe.

« Notre dialogue politique se développe de manière active, tout comme la coopération économique, militaire et technique, et les liens humanitaires et culturels », a-t-il ajouté.

Coordination au sein de l’Opep

Dans la foulée de cette visite, Sergueï Lavrov a annoncé que Vladimir Poutine avait adressé une invitation à Abdelmadjid Tebboune pour une visite officielle à Moscou.

Le 18 avril, le président russe s’était entretenu au téléphone avec son homologue algérien pour évoquer notamment « la coordination au sein de l’Opep, ainsi que la situation en Ukraine », selon l’agence officielle russe TASS.

A lire : Gaz/Russie: comment l'Algérie a envoyé balader les Américains ?

Sanctions US: la Russie s'ouvre à l'industrie iranienne

Alger et Moscou entretiennent une solide coopération dans les domaines militaire et du renseignement. Mais il y a plus. L'antagonisme USA-Otan/ Russie à commencé déjà à atteindre l'Afrique avec certains des États les plus importants du Sahel qui se sont mis à  mètre à la porte les armées d'occupation étrangères et on pense au Mali  entre autre. A ce rythme cette visite aurait aussi l'allure des préparatifs de combat car l'Algérie figure de part de sa position géostratégique de ses ressources et surtout de son indécence d'action en tête des projets guerrier US d'où d'ailleurs la normalisation du Maroc avec Israël et la promiscuité de ce dernier avec les frontières algérienne. Or l'arrivée de Lavrov en Algérie coïncide avec une lourde livraison de missiles air sol Delilah au royaume ce en dit long sur les projets anti algériens de l'axe US/Israël à venir. L'axe Algérie/Russie s’apprête-t-il à y faire face? En février les Russes ont livré au Mali un radar 3D et des hélicoptères de combat façon de barricade le ciel du Sahel contre US/Israël.  On sait que le S-300 est livré depuis longtemps à l'Algérie et on parle déjà de la livraison de S-400. Est-ce le début d'un système de DCA intégrée Algérie Mali Russie qui en train de voir le jour? 


Coalition militaire Algérie-Russie-Mauritanie?

L'Algérie pourrait être la porte d'entrée la plus large et la plus fiable de la Russie vers le continent africain, en particulier au moment où la France admet sa défaite et commence à retirer ses forces et son influence du Mali et de la côte africaine.

Les Russes reviennent dans la région arabe avec force, à l'est et à l'ouest, en Asie et en Afrique, et c'est une grande réussite pour leur diplomatie active.

L'Iran et l'Algérie tentés de doubler le gaz russe?

http://french.presstv.ir/Detail/2022/05/12/681948/Diplomatie-active-russe-a-Mascate-et-en-Alger-

Dans ALGERIE

CUISANTE REPONSE D’ALGER AUX USA

Par Le 07/04/2022

Algérie

-Des manœuvres militaires conjointes entre l'Algérie et la Russie

Une semaine après la visite du MAE US Blinken à Alger, visite disons-le destinée à intimider Alger, à lui arracher un oui contre la Russie et son marché européen du gaz, visite que les Américains ont fait précéder par toute une campagne de signature de contrats militaires Maroc- Israël surtout dans le domaine fort sensible de l’Aéronautique où l'entité ne cherche qu'à s'infiltrer dans le ciel algérien et a y hacker le cas échéant la DCA algérienne et ce dans la perspective de la guerre à venir, la réponse algérienne est tombée et de la plus retentissante des manières: L’Algérie s’engage « stratégiquement » auprès de la Russie et des exercices militaires conjoints sont annoncés en novembre à Béchar . Après tout, les Algériens seraient les derniers au monde à ne pas comprendre que les agissement US au Sahara par Espagne interposée ou cette curieuse annonce d'une coopération privilégié US avec la Libye et quelques pays de l'Afrique de l'ouest équivaut a vouloir lui chercher la noise surtout que la main tendue d'Alger au Mali a permis à ce dernier de s'approcher de la Russie et à déclencher un véritable chamboulement de l'ordre géopolitique de la zone au point même que les bases militaires occidentales se sentent en danger pour cause d'éléments de la DCA made in Russie qui sont arrivés au Mali et qui peuvent faire partie d'une DCA intégrée Algérie-Mali de conception russe . Décidément, il ne pourrait pas y avoir de réponse plus cuisante que celle-ci.

Il y a lieu de signaler que les deux pays ont annoncé un nouvel exercice militaire conjoint en novembre prochain, non loin de la frontière avec le Maroc, près de la localité de Hammaguir relevant de la wilaya de Béchar, ont rapporté, mardi, des médias russes. Le site choisi avait servi de base pour l’armée française, jusqu’en 1967.

Les manœuvres auront pour thème principal la lutte contre le terrorisme, d’autant que l’armée algérienne dit être la cible d’attaques commises par des entités terroristes opérant dans le sud du pays. Le ministère de la Défense a annoncé, le 20 mars, la mort de trois soldats algériens «dans un accrochage avec un groupe terroriste» dans la région de Timiaouine, située dans la wilaya de Brodj Badji Mokhtar.

Le premier exercice tactique russo-algérien a eu lieu en octobre 2021 sur le terrain d’entrainement de Taraskoïe en Ossétie du Nord en Russie. L’annonce de l’organisation de ces manœuvres intervient une semaine après la visite effectuée par Antony Blinken à Alger.

Lors de ses entretiens avec le président Abdelmadjid Tebboune et Ramtane Lamamra, le chef de la diplomatie US les a appelés à réviser leurs relations avec la Russie. «Les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ont déjà eux-mêmes subi les conséquences des campagnes militaires russes en Syrie et en Libye. La communauté internationale doit augmenter la pression sur la Russie pour qu’elle mette fin à cette guerre non provoquée et injustifiée» en Ukraine, a-t-il déclaré à l’occasion d’un point de presse animé depuis l’ambassade des Etats-Unis.

Pour rappel, l’armée algérienne avait procédé en janvier 2021 à un important exercice militaire au Sud de Tindouf, près de la frontière marocaine.

 

-Le président de l'APN reçoit l'ambassadeur russe en Algérie

Le président de l'Assemblée populaire nationale (APN), Brahim Boughali a reçu, lundi, l'ambassadeur de la Fédération de Russie en Algérie, M. Igor Beliaev, avec lequel, il a passé en revue "les relations bilatérales distinguées", indique la chambre basse du Parlement dans un communiqué.

Au cours de la rencontre, M. Boughali a rappelé les relations "distinguées" qui unissent l'Algérie et la Russie, "empreintes d'une histoire riche de réalisations", soulignant l'importance de "développer la coopération au niveau parlementaire, notamment après l'installation récente d'un groupe d'amitié Algérie-Russie".

Par ailleurs, M. Boughali a affirmé "l'attachement de l'Algérie à son partenariat stratégique approfondi avec la Russie", jugeant nécessaire "d'exploiter tous les atouts pour diversifier les domaines de coopération".

S'agissant de l'actualité mondiale, le président de la chambre basse du Parlement a indiqué que l'Algérie "adopte une approche pacifique dans la résolution des crises, une approche basée sur le dialogue et la négociation", recommandant à ce propos "d'unifier les normes dans le traitement des crises", note la même source.

Pour sa part, M. Beliaev s'est félicité du niveau de coopération établi entre les deux pays à différents niveaux, indiquant que la partie russe "est sur le point d'installer un groupe d'amitié parlementaire pour coordonner avec son homologue algérien".

L'ambassadeur russe a remercié l'Algérie pour sa "position équilibrée vis-à-vis de la crise ukrainienne".

D’autre part, selon les informations, le ministre algérien des AE Ramtane Lamamra a effectué une visite en Chine du 19 au 21 mars à l'invitation de son homologue Wang Yi.

Dans une déclaration commune, rendue publique à l’occasion de la visite à Pékin, du ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, entamée samedi 19 mars, les deux pays ont exprimé la convergence de leurs points de vue sur les questions du Sahara occidental, de l’Ukraine et des sanctions occidentales sur la Russie et Hongkong.

Selon le document diffusé par le ministère algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra et son homologue chinois, Wang Yi, sont parvenus à « un large consensus » sur plusieurs points.

Ils ont d’abord mis en exergue « la profondeur historique et le caractère stratégique » des relations algéro-chinoises et ont exprimé la disposition des deux pays à développer leur « partenariat stratégique global » et à poursuivre réciproquement le soutien constant concernant les « questions fondamentales » de chacun des deux États.

Sources : Aps.dz et AA

Tunisie

-Tunisie : Kaïs Saïed réitère son refus de toute forme d’ingérence dans les affaires internes de son pays

Le président tunisien Kaïs Saïed a réitéré, mardi, son refus de toute forme d’ingérence dans les affaires internes de son pays.

La Présidence de la République tunisienne a indiqué, dans un communiqué succinct, que Saïed a reçu en audience le ministre tunisien des Affaires étrangères, Othman Jerandi.

Saïed a souligné à cette occasion « la nécessité de renforcer les relations avec les pays frères et amis dans le respect mutuel et l’intérêt commun ».

Le chef de l’État a réitéré son refus de toute forme d’ingérence dans les affaires internes de la Tunisie, indique le communiqué de la Présidence.

Source : AA

http://french.presstv.ir/Detail/2022/04/07/679880/Zoom-Maghreb-du-7-avril-2022

Dans ALGERIE

L’ALGERIE ET LA CHINE S’EXPRIMENT POUR UNE SOLUTION JUSTE ET DURABLE A LA QUESTION DU SAHARA OCCIDENTAL

Par Le 21/03/2022

21 Mars 2022

SPS 21/03/2022 - 12:55

Alger, 21 mars 2022 (SPS) Le ministre algérien des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l'étranger, Ramtane Lamamra et son homologue chinois, Wang Yi se sont félicités de la convergence de vues concernant les questions d'intérêt commun dont la question du Sahara Occidental, et du soutien mutuel indéfectible aux questions inhérentes à leurs intérêts fondamentaux et à leurs préoccupations majeures.

Les deux parties ont affirmé leur soutien aux "efforts visant à parvenir à une solution durable et juste dans le cadre de la légalité internationale, notamment les résolutions pertinentes des Nations Unies".

Lors de la visite de travail et d'amitié qu'effectue M. Lamamra en République populaire de Chine du 19 au 21 mars, à l'invitation de son homologue chinois, les deux parties ont échangé les vues de manière approfondie sur les relations algéro-chinoises et les questions régionales et internationales d'intérêt commun, lit-on dimanche dans la déclaration commune, citée par l’APS.   (SPS)

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source : https://www.spsrasd.info/news/fr/articles/2022/03/21/38737.html

Tag(s) : #RASD#Chine#Algérie

Dans ALGERIE

LE NON DE L'ALGERIE AUX USA

Par Le 20/03/2022

Gaz/Russie: comment l'Algérie a envoyé les Américains balader?

Sunday, 20 March 2022 5:12 PM  [ Last Update: Sunday, 20 March 2022 5:20 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

L'Algérie rejette la demande américaine d'augmenter les exportations de gaz vers l'Europe. (Photo à titre d’illustration)

Les Américains sont tombés des nues. L'Algérie vient de répondre par un non catégorique aux Américains en refusant de couper l'herbe sous le pied des Russes en remplaçant le gaz russe. En fait, ce que les Américains cherchent, c'est à éloigner Alger de Moscou sans la moindre faveur en contrepartie. Ces derniers jours, les Américains ont réaffirmé leur soutien à l'autonomie au Sahara tout en poussant Madrid à faire de même. L'objectif ? Bloquer le méga contrat gazier Algérie Europe via l'Espagne. Les USA imposent-ils un embargo à l'Algérie en raison de leur refus catégorique de traiter avec eux pour renoncer à leurs principes à l'ensemble de leur souveraineté au profit des intérêts américains et de ceux du régime sioniste ? Une chose est sûre : cette politique ne fait que rapprocher l'Algérie de cette alliance gazière qui se forme rapidement autour d'une Russie qui tend à créer son martinet pour liquider le dollar afin de poursuivre ses ventes de pétrole en se moquant des sanctions américaines.

L'Algérie rejette la demande américaine de reprendre les livraisons de gaz à l'Espagne.

Suite aux récentes tensions entre Alger et Rabat en décembre dernier, les autorités algériennes avaient récemment suspendu l'activité du gazoduc traversant le Maroc.

 RFI, citant des sources algériennes, rapporte que les États-Unis avaient demandé la reprise de l'activité du gazoduc lors de la récente visite de Wendy Sherman à Rabat, Madrid et en Algérie.

Suite à la crise ukrainienne et aux sanctions américaines contre la Russie, les États-Unis cherchent à aider leurs alliés européens en remplaçant le gaz importé de Russie, mais pour l'instant, l'Algérie, qui fournit 11 % des importations de gaz des pays européens, ne prévoit pas d'augmenter ses exportations de gaz vers l'Europe.

Selon RFI, l'Algérie prend des mesures de précaution face à la crise ukrainienne. Alger souhaite en effet maintenir de bonnes relations avec Moscou et refuse donc de rejoindre les rangs des pays occidentaux en la matière.

Méga jeu Iran/Russie/Venezuela!

Méga jeu Iran/Russie/Venezuela!

Les exportations de gaz algérien vers l'Europe ont été stoppées le 31 octobre 2021 suite au refus de l'Algérie de renouveler son accord avec le Maroc suite aux tensions politiques entre les deux pays.

Selon RFI, même si l'Algérie s'engage à augmenter les exportations de gaz vers l'Europe, ce n'est pas une solution acceptable car augmenter les exportations de gaz sur le long terme nécessite de gros investissements et au moins 5 ans de mise en œuvre, tandis que l'Europe au contraire doit vite réduire sa dépendance au gaz russe.

La déception que l'on peut lire à travers les lignes des médias français à cause du non algérien est une démonstration de force anti-USA.

La crise ukrainienne a une fois de plus fait de la question du pétrole et de l'énergie un élément influent dans les équations politiques et économiques mondiales. L'importance des combustibles fossiles est susceptible d'augmenter au cours des prochaines années pour diverses raisons. Le gouvernement américain essaie de saisir cette opportunité pour augmenter ses productions de pétrole et de gaz.

Lire aussi : Ukraine : Alger prépare la guerre

Ukraine: qui a besoin d'aide? Afrique ou Europe?

Ukraine: qui a besoin d'aide? Afrique ou Europe?

Ces dernières années, les États-Unis ont pu devenir le premier producteur de pétrole au monde et éliminer la nécessité d'importer du pétrole brut en encourageant les investissements dans les puits et le gaz de schiste. Mais avec le ralentissement économique et le durcissement des débats sur l'environnement, cette industrie s'est considérablement ralentie aux États-Unis. Aujourd'hui, Joe Biden cherche à relancer l'industrie sous des prétextes politiques. La Maison-Blanche s'efforce d'exporter de l'énergie vers l'Europe et d'autres régions du monde et cherche à remplacer la Russie dans la production et l'exportation de pétrole brut et de gaz naturel liquéfié. Après des décennies de calme relatif, les questions géopolitiques et la période de transition énergétique vont émerger sur le marché. Les analystes occidentaux craignent désormais que le monde assiste à une résurgence de la géopolitique pétrolière dans les années à venir. En effet, les prix du pétrole risquent d'augmenter à mesure que les pays occidentaux imposent des sanctions à la Russie et coupent ses approvisionnements en gaz. Les dirigeants occidentaux exhortent leurs citoyens à économiser l'énergie afin de pouvoir trouver des solutions à la crise énergétique. Les pays de l'OPEP+, dont l'Arabie saoudite, ne sont pas disposés à augmenter leur production. Le manque de confiance dans la signature d'un accord nucléaire avec l'Iran, les tensions en Libye, les prochaines élections américaines et l'amélioration des conditions économiques après la pandémie réduiront l'offre et augmenteront la demande d'énergie, ce qui entraînera de nouvelles fluctuations des prix du pétrole.

http://french.presstv.ir/Detail/2022/03/20/678894/le-non-d-Alger-aux-USA

Dans ALGERIE

ALGERIE ET PALESTINE : LOIN DES YEUX ET PRES DU COEUR

Par Le 21/12/2021

Algérie et Palestine: loin des yeux près du cœur

 Depuis 8 heures  21 décembre 2021

match_algerie_palestine

 Algérie - Maghreb - Monde arabe

 

À l’occasion de sa victoire à la Coupe arabe de la FIFA, l’équipe d’Algérie a exprimé son soutien inconditionnel à la cause palestinienne. Une solidarité liée à une histoire ressentie comme commune de lutte contre l’occupant.

Qui a dit que la cause palestinienne avait été abandonnée par les Arabes?

Alors que le Maroc, le Soudan, les Émirats arabes unis et Bahreïn ont normalisé l’année dernière leurs relations avec Israël, la Palestine se sentait trahie par « des pays frères ». Mais l’Algérie n’a pas bougé d’un iota sur cette question. En pleine coupe arabe de la FIFA organisée au Qatar durant le mois de décembre, l’équipe nationale algérienne victorieuse n’a eu de cesse d’arborer fièrement le drapeau palestinien à chacun de ses succès. En finale contre la Tunisie le 18 décembre, les Fennecs se sont imposés 2 à 0. Fêtant la victoire dans l’enceinte du stade, les joueurs et les supporters ont défilé avec des keffiehs (foulards à carreaux noir et blanc), symbole du nationalisme palestinien. D’ailleurs, des scènes de liesse ont également eu lieu à Gaza et dans plusieurs villes palestiniennes.

L’entraîneur algérien, Madjid Bougherra, a de surcroît déclaré qu’il dédiait ce titre au « peuple palestinien et à nos compatriotes à Gaza ». Ce positionnement algérien n’est en rien surprenant. « Il y a toujours eu ce sentiment de solidarité », rappelle au micro de Sputnik Saad Khiari, romancier et cinéaste algérien.

Algérie, Palestine, même combat?

En effet, en juin dernier, pour manifester son soutien au peuple palestinien et dénoncer la guerre contre Gaza qui avait fait 256 morts, l’équipe algérienne avait brandi une banderole « Free Palestine » lors d’un match amical contre la Mauritanie.

« Il y a un fait naturel dans ce sentiment de solidarité envers la Palestine qu’on peut retrouver auprès des autres pays arabes, des pays musulmans, voire ceux du tiers-monde également. Pour ce qui est du peuple algérien, c’est quelque chose d’enraciné chez eux », poursuit Saad Khiari.

Pourtant, la Palestine est à plus de 3.000 kilomètres du territoire algérien. Cette attache à la cause palestinienne résulterait surtout d’un passé qui a beaucoup en commun. « L’Algérie, du fait de son histoire récente avec l’occupation coloniale, est toujours solidaire des mouvements d’indépendance », souligne le spécialiste de l’Algérie. Il y fait référence au temps où le pays était une colonie française. Peu de temps après la guerre contre la France, Alger était surnommé « la Mecque des révolutionnaires ». En effet, dans les années soixante, l’Algérie s’est érigée en terre d’accueil des mouvements anticoloniaux et révolutionnaires du monde entier. Le pays accordait son aide, son assistance aux pays luttant pour leur indépendance contre les puissances coloniales de l’époque. C’est notamment le cas de « l’Angola, du Mozambique, de l’Afrique du Sud, mais surtout de la Palestine ».

L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) de Yasser Arafat prenait comme modèle le Front de libération nationale (FLN) algérien dans sa lutte contre l’occupation israélienne.

Ainsi, au travers de la cause palestinienne, le peuple algérien « voit en le Palestinien le reflet de son propre combat contre l’occupation française », estime l’écrivain, « il y a quelque chose de sentimental, de culturel et de quasi romantique ».

Ainsi, dans la rhétorique du pouvoir algérien, Israël a spolié les biens de la Palestine et des Palestiniens. Le soutien est donc total. Alger a fourni des armes et entraîné des combattants de l’OLP. À ce titre, en 1967, lors de la guerre des Six Jours opposant plusieurs pays arabes à Israël, le FLN avait envoyé des troupes en Égypte. Compte tenu de la défaite expresse du Caire et de Damas, les soldats algériens n’avaient alors pas eu le temps de participer au conflit. Houari Boumédiène, un ancien président algérien, déclarait en 1974: « Nous sommes avec la Palestine, qu’elle ait tort ou raison. » L’année suivante, l’Algérie avait parrainé et voté en faveur de la Résolution 3379 de l’Onu qui assimilait le sionisme au racisme. Résolution révoquée une vingtaine d’années plus tard par l’Assemblée générale des Nations unies.

Alger se sent menacé par la nouvelle alliance entre le Maroc et Israël

Depuis, l’Algérie n’a eu de cesse de se tenir aux côtés du peuple palestinien en dénonçant les exactions israéliennes ou en condamnant les politiques répressives de l’État hébreu. Ce soutien politique s’inscrit donc dans la durée depuis l’indépendance algérienne. En effet, le 6 décembre dernier, lors d’une rencontre entre le président algérien Abdelmadjid Tebboune et son homologue palestinien, Mahmoud Abbas, en Algérie, Alger a rappelé son intention de proposer une médiation pour le règlement du contentieux inter-palestinien.

Le chef de l’État algérien a en effet annoncé « l’organisation prochaine d’une réunion des différentes factions palestiniennes à Alger ». De son côté, le chef de l’autorité palestinienne a affirmé que « cette visite intervient pour parachever la coordination entre l’État de Palestine et l’Algérie afin d’inscrire la cause palestinienne comme le point central de l’ordre du jour de la réunion de la Ligue arabe », qui se tiendra en mars prochain.

L’octroi d’une aide de 100 millions de dollars à la Palestine a été alors annoncé par son allié. De plus, Alger accordera 300 bourses d’études aux étudiants palestiniens pour rejoindre les universités algériennes. Une entente qui, par ricochet, a des conséquences sur les relations entre Alger et l’État hébreu. Et ce alors que le Maroc ne s’est pas empêché il y a un an de reconnaître Israël. « Le Mossad à nos frontières », titrait le 24 novembre le journal L’Expression, proche du gouvernement algérien, à l’occasion de la visite du ministre israélien de la Défense à Rabat.

Une situation qui inquiète le voisin algérien. Et pour cause: les deux nouveaux alliés ont signé un accord sécuritaire –officiellement intitulé Mémorandum d’entente en matière de défense. Le royaume chérifien a acquis quatre drones tactiques Hermes 900 conçus par le groupe israélien Elbit Systems. En outre, le Maroc va pouvoir perfectionner son système de renseignements et de surveillances aux frontières. Pas de doute pour Alger, cette nouvelle alliance la vise.

 

Source: Avec Spunik

      

https://french.almanar.com.lb/2215633

Dans ALGERIE

CAMPAGNE ACHARNEE USA/"ISRAËL" VOULANT FAIRE CROIRE A LA PRESENCE DE LA RESISTANCE AU SAHARA

Par Le 16/12/2021

À quoi rime cette campagne acharnée USA/Israël qui veut faire croire à la présence de la Résistance au Sahara?

Thursday, 16 December 2021 3:43 PM  [ Last Update: Thursday, 16 December 2021 3:43 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Tindouf au Sahara. (Archives)

Pourquoi l’axe USA/Israël/Rabat continuent si obstinément à chercher à faire croire à la présence des conseillers militaires du Hezbollah, voire de l’Iran dans cette zone très militarisée qu’est Tindouf et qui se situe au Sahara occidental que convoitent depuis longtemps des Américains, zone où l’entité sioniste projette même de créer une usine à drone, voire une base militaire ? On se rappelle fort bien comment en 2018 le régime de Rabat s’est précipité sur les pseudo preuves livrées par le Mossad pour accuser l’Iran et l’Algérie de trafic d’armes et de formateurs au Sahara au profit du Front Polissario et comment ce tissu de mensonges a servi de prétexte à une rupture des liens entre le Maroc et l’Iran.

L'Algérie abat un 1er Mirage 2000?

L’Algérie abat un 1er Mirage 2000 ?

Les EAU s’apprêtent à céder une flotte de 68 avions de combat Mirage 2000-9 au Maroc et à l’Égypte.

Mais de là à reprendre cette rengaine et à en faire toute une salade pour faire croire que l’Armée algérienne, l’une des plus puissantes et les mieux équipées de l’Afrique et du monde a besoin de l’Iran pour soutenir ses alliés au Sahara voire pour protéger sa sécurité et son intégrité, il y a de quoi s’interroger. Surtout que Téhéran et Alger, n’en déplaise à Lapid et à son obsession de « l’axe » n’ont jamais entretenu des coopérations militaires et que certes les Algériens ont toujours aidé l’Iran à contourner les sanctions pétrolières US et que les Iraniens ont toujours apprécié l’Algérie comme le premier pays de la Résistance, mais que leurs liens ne sont jamais touché le domaine militaire. L’une des réponses pourrait être ceci : puisque le Hezbollah et le CGRI sont blacklistés, l’axe USA/Israël cherche à créer de force des liens entre de part et d’autre pour justifier les sanctions à venir. Mais avouons qu’il y a des méthodes encore plus commodes pour arriver à cette fin que de remettre en cause le FP et la présence américaine en Algérie en s’adonnant à des campagnes aussi mensongères. Africa Intelligence qui a lancé cette fakenews écrit  :

Algérie : la France en mode panique!

Algérie : la France en mode panique !

En visite en Algérie, le ministre français des Affaires étrangères a exprimé la volonté de Paris de régler les différends. Ah bon ?

" Plusieurs militaires iraniens se trouvent actuellement dans des bases de l’armée algérienne situées à quelques kilomètres des camps de Tindouf, dans le sillage de la course contre la montre engagée par le général Changriha afin de renforcer l’encadrement du Polisario par le Hezbollah. L’homme fort du régime algérien a décidé de se tourner vers le Hezbollah après avoir fait l’amer constat de l’impuissance du Polisario face à l’armée marocaine. Said Chengriha est persuadé que le groupe séparatiste est incapable de mener la stratégie de déstabilisation voulue par la junte militaire algérienne contre le Maroc. Cette impuissance du Polisario a été amplifiée par les radars de surveillance qui viennent d’être installés par la Mauritanie près de Zouerat. Placés dans le nord du pays en face des camps de Tindouf, ces radars vont verrouiller le territoire mauritanien et réduire à néant la marge de manœuvre dont disposaient les milices armées du front séparatiste. »

À lire attentivement entre les lignes, le vrai motif de ces mensonges croisés saute aux yeux : il y a d’abord cette éminemment stratégique décision de fermeture du ciel de l’Algérie à la France, à Barkhane partant à l’axe USA/Israël qui gène, une décision que même les flatteries tardives d’un Le Drian en récente visite à Alger n’a pu changer. Sans cette percée gratuite dans le ciel algérien, il n’y a plus réellement la capacité de vérifier l’état de la DCA ni les capacités antiaériennes algériennes ni non plus ses possibilités de guerre électronique. L’allusion aux radars que la Mauritanie aurait déployés non loin de Tindouf et que la revue tente de lire dans un sens totalement inversé renvoie d’ailleurs à cette crainte.

Algérie: Israël craint la riposte

Algérie : Israël craint la riposte

une alliance sioniste contre l’Algérie est-elle viable ?

Car, que soit dit en passant, les radars mauritaniens ne sont pas contre les Sahraouis, mais bien contre l’axe USA/Israël et leurs agissements au Maroc et ils sont censés de transmettre minute par minute les dernières évolutions au centre de la DCA intégrée Algérie-Mauritanie. Sinon à quoi serviraient ces accords militaires signés il y a plusieurs mois de cela entre Nouakchott et Alger ? Or, un tel bouclier anti missile c’est la pire des choses qui puissent arriver à un axe US/Israel.OTAN qui sur base d’une iranophobie complètement démodée dans le golfe Persique cherche à faire vendre sur le dos du contribuable marocain le maximum de F-16, de F-15, de F-35, de Harop et de radars... soit tous ces gadgets qui échoient au Moyen-Orient au pauvre roi Mahammed VI.

Israël: le coup de massue du Hezbolah?

Israël : le coup de massue du Hezbolah ?

Disons que cette histoire des nuées de drones de la Résistance yéménites s’abattant sur Aramco, drones qui pourraient à tout instant retrouver le chemin d’Israël lui est resté à travers la gorge et qu’il cherche à le reproduire quelque part et pourquoi pas au Sahara. Sauf que et c’est là très probablement inspirée par la Résistance, l’armée algérienne a tenté d’anticiper : un bouclier antimissile anti-drone anti-avion marocain contre l’entité sioniste et ses parrains. Décidément, cela ressemble trop au Hezbollah au CGRI à Ansarallah... soit ce monde auquel les Maghrébins appartiennent tous.

http://french.presstv.ir/Detail/2021/12/15/672695/Explosion-a-Tyr-le-Hezbollah-reagit-

Dans ALGERIE

L'ALGERIE BARRICADE LE CIEL MAGHREBIN ?

Par Le 29/11/2021

Le système radar intégré Mauritanie/Algérie s'érige autour du Sahara occidental

Monday, 29 November 2021 7:04 PM  [ Last Update: Monday, 29 November 2021 7:03 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

À Saidia, à la frontière entre le Maroc et l'Algérie. ©AFP

Depuis que le président algérien Abdelmadjid Tebboune a promis, en reprenant une célèbre formule de Nasrallah inspirée de la Bible, une riposte ferme aux agissements sionistes à ses portes, les choses se sont accélérées littéralement. Cette nuit, à peine quelques heures après que l'accord militaire Rabat/ Maroc eut été signé avec en toile de fond le redéploiement des militaires sionistes qui, broyés sur le front Nord, Sud, intérieur, se cherchent au Maghreb où s'implanter définitivement, de curieuses photos se sont mises à être largement diffusées par les médias israéliens mettant en scène les parachutistes marocains qui menacent d'attaquer l'armée algérienne ; une autre information a refait surface, celle-ci ne relevant pas du bluff! Au fait, autant cette mise en scène est grotesque, autant elle est révélatrice de la vraie nature de la mission israélienne au Maroc qui, on s'en doute, n'a pas à défendre ou soutenir qui que ce soit, mais à déclencher la guerre Maroc/Algérie, façon de faire écouler Dôme de fer, drones, avions de chasse..., bref tout ce qui lui reste sur les bras à l'issue de plusieurs batailles de taille dont et surtout l'Épée de Qods.

Algérie: Israël craint la riposte

Algérie : Israël craint la riposte

Une alliance sioniste contre l’Algérie est-elle viable?

Sputnik écrit : « Ce sont ces para-commandos marocains qui se disent prêts à la guerre contre l’Algérie. Il s'agit des membres de la 1ère Brigade d’infanterie parachutiste basée à Rabat et de la 2ème Brigade d’infanterie parachutiste de Marrakech. Les BIP sont des structures qui ont très peu de faits d’armes, mais qui participent beaucoup aux exercices internationaux, notamment à l’African Lion qui se déroule régulièrement au Maroc. Les deuxièmes BIP avaient participé à des manœuvres aux côtés du Régiment de fusiliers royaux britanniques de Gibraltar. En fait, ce sont de petites structures chargées de protéger certaines infrastructures, dont les palais royaux de Rabat et de Marrakech. Cette confiance excessive vient de là et est bien contraire à l’attitude réservée des soldats algériens qui semblent préparer quelque chose. »

Ce qu’Israël a à jamais perdu

Ce qu’Israël a à jamais perdu

« Israël ne pourra jamais revenir au Liban » (Hezbollah)

L'armée de terre algérienne, à elle seule, possède six Régiments de para-commandos (RPC) et deux Régiments de manœuvres opérationnels (RMO). Ces structures cumulent une trentaine d’années d’expérience de lutte antiterroriste dans des terrains aussi différents que le désert, les forêts et en milieux urbains.

Mais ceci les Israéliens ne le diraient guère aux soldats marocains, enfin ceux qui resteraient si une guerre venait à éclater. Au fait, depuis des semaines déjà des dizaines de soldats marocains désertent quitte à refuser catégoriquement de faire face à leurs voisins. Cette attitude de défi est aussi celle de tout le Maroc où les Marocains battent le pavé du nord au sud du pays au cri « À bas les sionistes!». Car ils le savent : « Israël ne protégera pas le Maroc comme il n'a pas protégé la Géorgie, pourtant stratégique pour lui contre l'Iran, ni aujourd'hui l'Éthiopie, ni non plus l'Azerbaïdjan ».

Le Maroc

Le Maroc

Les conséquences de la normalisation des relations militaires du régime sioniste avec le Maroc.

Mais cette riposte est celle des Marocains qui pourrait bien s'amplifier d'ici les jours à venir au point même qu'Israël finirait par évacuer sa fichue base à Nador. 

Et la riposte algérienne ? Militairement parlant, l'apparence est trompeuse, Alger ayant joué de l'attentisme. Trois Algériens abattus à Tindouf au Sahara occidental plus des civils qui se font régulièrement ratatiner à coup de drones. Mais il ne faut surtout pas se fier à l'apparence : face aux Patriot et Tamir (Dôme de fer) qui s'érigent au Maroc, l'Algérie travaille à sa DCA régionale, à l'image des radars intégrés qui munissent le ciel du Moyen-Orient au sein de l'axe de la Résistance. 

De même, l'armée mauritanienne a signalé que les forces armées mauritaniennes ont installé trois radars de surveillance dans la ville de Zouerate, à 700 km au nord de la capitale, Nouakchott, et près de la frontière avec le Sahara occidental.

L'installation de ces radars a été annoncée, vendredi 26 novembre, lors d'une cérémonie d'inauguration, présidée par le ministre mauritanien de la Défense, Hanena Ould Sidi, à Zouerate, selon un communiqué publié sur le site Internet des forces armées mauritaniennes.

Outre ces nouveaux radars de surveillance, un centre de commandement, de contrôle et d'information a été ouvert dans la commune de Fdirik, située à environ 40 kilomètres au nord-ouest de Zouerate.

Arash

Arash

Selon le communiqué, « ces installations vitales amélioreront les capacités et la précision de la surveillance aérienne et terrestre pour assurer le plus haut niveau de sécurité. Il s'agit également de renforcer la capacité de nos forces aériennes à contrôler l'intégrité territoriale du pays ».

Cette sécurité, en particulier, elle est devenue vulnérable en raison de la proximité de la frontière avec les territoires sahraouis, dont une partie est administrée par le Maroc et l'autre contrôlée par le Front Polisario, avec le soutien de l'Algérie.

L'Algérie, à l'heure du Hezbollah!

L'Algérie, à l'heure du Hezbollah!

Le président algérien a mis en garde le Maroc contre toute agression visant l’Algérie.

Au début de ce mois, cette zone frontalière du Sahara, qualifiée de « territoires libérés » par le Polisario et de « zone tampon » par les autorités marocaines, a vu un bombardement lancé par le Maroc sur deux camions pénitentiaires se dirigeant vers la Mauritanie, tuant trois de ses passagers.

N'est-ce pas là une riposte de taille qui anticipe bien des choses et qui n'augure rien de bon ni pour Israël ni pour les Yankees?

Israël/Syrie-Algérie: le choc

Israël/Syrie-Algérie: le choc

http://french.presstv.ir/Detail/2021/11/29/671601/Le-torchon-brule-entre-Alger-et-Maroc

 

Dans ALGERIE

1er NOVEMBRE 1954 : UN ELEMENT FONDAMENTAL DE L'IDENTITE DU PEUPLE ALGERIEN ET DE SON HISTOIRE

Par Le 01/11/2021

1er Novembre 1954: un élément fondamental de l'identité du peuple algérien et de son histoire

 Publié Le : Vendredi, 29 Octobre 2021 13:52    Lu : 255 fois  

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ALGER - La commémoration du 1er Novembre 1954, date du déclenchement de la Guerre de Libération nationale du joug colonial français, représente pour le peuple algérien un moment de ressourcement et de communion autour d'un élément fondamental de son identité nationale et de son histoire.

Cette commémoration revêt cette année une dimension particulière, coïncidant avec la résurgence outre-mer de discours politiques déniant le caractère profondément inhumain et raciste de la colonisation, et les crimes abominables et barbares qu'elle a engendrés en Algérie.

Face à ces discours de déni récurrent, le peuple algérien a toujours fait montre d'un attachement viscéral à sa mémoire collective: les crimes de guerre et contre l'humanité commis par les armées françaises durant les 132 ans qu'a duré la colonisation y sont gravés à tout jamais. C'est dans cette mémoire collective que la Nation algérienne a puisé la force et trouvé les ressorts nécessaires pour se soulever et arracher sa liberté et son indépendance en 1962 après une lutte armée de 7 ans et demi et des sacrifices incommensurables.

Durant ces 132 ans, la France coloniale a commis des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre fondée sur une idéologie de purification ethnique ayant pour objectif de remplacer les populations autochtones par des apports de populations étrangères. Des historiens et des chercheurs estiment à cinq (05) millions et demi le nombre d'Algériens victimes de ces crimes, soit plus de la moitié des habitants de l'Algérie sous occupation coloniale.

La commémoration de cette date phare de l'histoire nationale intervient dans le sillage de la commémoration des massacres du 17 octobre 1961 à Paris, qui illustrent la barbarie du système colonial.  

Dans la nuit du 17 octobre 1961, des milliers d'Algériens et d'Algériennes avaient manifesté pacifiquement dans la capitale française pour dénoncer le couvre-feu inique et discriminatoire décrété à leur encontre par le préfet de police Maurice Papon. Plusieurs d'entre eux avaient été exécutés sommairement par balles, jetés vivants dans la Seine ou battus à mort, selon les témoignages de survivants et d'anciens policiers français.

Cette manifestation, réprimée dans le sang, avait fait un millier de victimes, selon Mohamed Ghafir, ancien responsable du Front de libération nationale (FLN) dans la région Nord de Paris, pendant la Guerre de Libération.

De nombreux historiens algériens et français ont demandé à la France officielle de reconnaitre les massacres du 17 octobre 1961 comme étant un crime d'Etat.

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a décidé la veille de la commémoration de ces massacres de décréter l'observation d'une minute de silence, le 17 octobre de chaque année à 11h à travers tout le territoire national, à la mémoire des Chouhada tombés lors de ces évènements tragiques.

 

L'impératif de la reconnaissance des crimes coloniaux

 

Lors d'une rencontre tenue récemment avec des représentants de médias nationaux, le président Tebboune a affirmé que "la France a commis (durant la colonisation) des crimes à l'encontre du peuple algérien que les paroles ne sauraient occulter", en référence à des déclarations du président français Emmanuel Macron.

Il a conditionné le retour de l'ambassadeur d'Algérie à Paris par le "respect total de l'Etat algérien", soulignant que "la France doit oublier que l'Algérie était une colonie".

L'Algérie avait rappelé, début octobre, pour consultations, son ambassadeur à Paris, suite aux propos non démentis que plusieurs sources françaises ont attribué nommément au président français, portant atteinte à l'histoire et aux institutions de l'Etat algérien, les qualifiant d''ingérence inadmissible" dans ses affaires intérieures.

Le président de la République a décidé en 2020, d'instituer une Journée nationale de la mémoire, à l'occasion du 75e anniversaire des massacres commis en Algérie par les autorités coloniales françaises le 8 mai 1945, afin de préserver cette mémoire -élément déterminant de l'identité nationale- de toute altération et de la transmettre aux générations futures.

Le 8 mai 1945, et alors que les Français célébraient la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie marquant la fin de la Seconde guerre mondiale, des dizaines de milliers d'Algériens étaient sortis dans les rues de Sétif, Guelma, Kherrata et dans d'autres villes pour revendiquer pacifiquement l'indépendance de l'Algérie, ainsi que l'avait promis la France s'ils la soutenaient dans son combat contre le nazisme. La réponse du gouvernement français d'alors fut sanglante, d'une brutalité inouïe: quelque 45.000 Algériens furent massacrés par les forces coloniales et leurs milices.

Ces massacres ont constitué un tournant décisif dans la trajectoire du mouvement national et la prise de conscience que seule la lutte armée pouvait libérer l'Algérie de la domination française.

Outre l'institution de cette Journée nationale de la mémoire, une chaîne de télévision nationale spécialisée en Histoire, ayant pour vocation de préserver et transmettre la mémoire nationale aux générations actuelle et futures, a commencé à diffuser ses programme depuis l'année dernière.

Le dossier de la mémoire sur la période de la colonisation et la Guerre de Libération est d'une très haute importance pour l'Algérie qui exige la reconnaissance des crimes coloniaux. Le président Tebboune a affirmé que cette question "hypothèque beaucoup de choses dans les relations bilatérales" entre l'Algérie et la France.

Le dossier de la mémoire renferme également les questions de la restitution de la totalité des archives de l'Algérie transférées en France, des explosions nucléaires dans le Sud algérien et des disparus durant la Guerre de Libération.

Mots clés :   

 Révolution du 1er Novembre

 Histoire de l'Algérie

 Mémoire

https://www.aps.dz/algerie/129602-1er-novembre-1954-un-element-fondamental-de-l-identite-du-peuple-algerien-et-de-son-histoire

Dans ALGERIE

AHMED BENSAADA : LE ROI MACRON ET SES BOUFFONS

Par Le 13/10/2021

Le Roi Macron et ses bouffons

Par Ahmed Bensaada

Mondialisation.ca, 12 octobre 2021

ahmedbensaada.com

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Après les « kwassa- kwassa » à Mayotte, les climatiseurs du Burkina Fasola fécondité des femmes africaines au sommet 2017 du G20, Emmanuel 1er, Roi de France et de Navarre, continue son œuvre d’enrichissement du grand registre des bourdes royales macroniennes. Cette fois-ci, c’est en s’attaquant gratuitement et méchamment à l’Algérie qu’il considère toujours comme son ancienne colonie. Et il n’y alla pas de main morte, loin s’en faut. Avec son sceptre fleurdelisé, il n’épargna ni son gouvernement ni son histoire : quand on peut faire plusieurs bêtises, pourquoi ne se contenter que d’une seule?

Pourtant n’avait-il pas recommandé de « tourner la page » lors de son dernier voyage en Algérie? Ou bien le tourne-page fait partie des régalia de la couronne française, n’obéissant donc qu’aux humeurs et aux caprices du monarque?

Bien entendu, la réaction des citoyens algériens à ses déclarations belliqueuses ne se fit pas attendre.  La blogosphère s’enflamma, déclenchant un riche florilège de quolibets et d’algarades qui éclaira le ciel du cyberespace. Même une ultérieure tentative pour adoucir ses propos n’y fit rien, bien au contraire.

Que faire alors sinon que de donner l’ordre à son armée de bouffons royaux d’intervenir, ces « alibis ethniques » si bien entretenus en temps de paix et si précieux dans ces moments de turbulence?

Il est à noter que le mandat assigné à ces collaborateurs dévoués est de minimiser, voire d’ignorer les agressions verbales d’Emmanuel 1er et de s’en prendre, sans états d’âmes, aux autorités algériennes, à l’Algérie et à toutes les personnes qui défendent la dignité de leur pays et sa souveraineté.

De cette espèce taxonomique d’« informateurs indigènes », si prolifiques sous notre latitude, nous allons choisir quelques spécimens représentatifs.

Ferhat 1er

Le premier à réagir, comme une grenouille à un stimulus électrique, c’est Ferhat 1er, sultan autoproclamé du royaume fictif de Kabylie et vassal du souverain français. Il est vrai que la déclaration de son suzerain sur la « création » de l’Algérie a sonné aux oreilles du fondateur du MAK (Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie) comme une douce mélodie. Emmanuel 1er aurait-il volontairement et sciemment offert du « pain béni » à Ferhat 1er pour le conforter dans ses fantasmes sécessionnistes? Offrir le gîte, la protection et même le discours ne sont-ils pas les attributs d’un suzerain à son vassal? Surtout si cela peut provoquer la colère du gouvernement algérien.

Ali Dilem

Voici un exemple typique d’inversion des rôles si bien illustré, toute honte bue, par le caricaturiste du journal Liberté. Rappelons au passage que ce dessinateur a montré un zèle inégalé dans la défense de Ferhat 1er et de son mouvement.

Alors que la provocation et l’agression sont les œuvres délibérées et unilatérales du souverain tricolore, l’Algérien y est représenté comme un sauvage coupeur de tête, se ruant tambour battant sur tout ce qui est français. Cette représentation malhonnête de la réalité méritait une correction en bonne et due forme. Ce qui fut fait :

N’oublions pas que Dilem a été décoré à deux reprises par la France. En 2010, il reçut les insignes de Chevalier des Arts et Lettres et, en 2017, il a été promu au rang d’Officier des Arts et des Lettres par la présidence de la République française.

Cela serait-il suffisant pour expliquer l’inversion des rôles dans la caricature?

Kamel Daoud

La ligne éditoriale du journal Liberté soulève de sérieuses questions quant à sa relation avec la France. En effet, en plus de Dilem, le quotidien hébergea les élucubrations de l’auteur Kamel Daoud sur le même sujet et avec la même orientation.

La flagellation des citoyens algériens est une « technique littéraire » dont Kamel Daoud est devenu le plus grand spécialiste (lire mon livre à ce sujet) et cet article n’y fait pas exception. Il y usa de sa cravache de prose pour fouetter ceux qui ont eu « l’outrecuidance » de critiquer les paroles du Roi de France et de Navarre.

Fidèle à son rôle d’écrivain néocolonisé que j’ai décrit dans un de mes livres (facteur aggravant : il a été naturalisé français depuis), il dépassa de plusieurs longueurs la mystification du caricaturiste dans un article intitulé « Se sentir humilié après les déclarations de Macron ».

Jugez-en :

« Après les déclarations de Macron sur l’Algérie, la mémoire et l’avenir, je me suis senti personnellement humilié. De ce qu’il a dit ? Non. Ce qui humilie, c’est l’ampleur vide, futile, de la réaction des miens, des Algériens. Autant de rage, de colère et d’exagérations humilient en ce qu’elles révèlent le vide d’un projet national, algérien, collectif pour ce pays ».

L’ex-journaliste du Quotidien d’Oran ne peut pas se sentir humilié par les propos d’Emmanuel 1er: il ne peut pas se le permettre. N’est-ce pas lui qui est « admiré » par le locataire de l’Élysée? N’est-ce pas lui qui a été un des rares à être invité à la table du monarque français à l’ambassade de France lors de sa visite de 2017?

Relevons, au passage, une similitude flagrante entre la caricature de Dilem et les propos de Kamel Daoud : le citoyen algérien est représenté avec de la « rage » et de la « colère ». C’est lui le « barbare » qui, à coup de hache, attaque les « civilisés » de l’Hexagone.

Cela était-il suffisant? Que nenni! Quelques coups de fouets supplémentaires n’étaient pas de trop, histoire de se faire admirer un peu plus par la monarchie française dont il se sent si proche:

« La haine de la France, nous l’avons, et c’est une vérité. Mais elle n’est pas due uniquement aux meurtres du passé. Elle est due au vide, au présent, à l’oisiveté, elle se partage entre rentiers du victimaire et prêcheurs de nouvelles croisades, entre islamistes et dé-coloniaux chômeurs, elle nous soude et nous piège, nous empêche de dormir et de nous réveiller, de travailler et d’avoir un rêve autre que celui de détruire la France ou d’y aller vivre. C’est une réalité ».

Où es-tu Grand Émir Abdelkader pour nous réapprendre à chérir inconditionnellement notre pays et à aimer nos concitoyens? Où es-tu pour nous rappeler que la terre que nous avons sous les pieds, nous devons la défendre contre les néocolonisateurs avec nos mains, notre âme et notre cœur ?

Lahouari Addi

Le sociologue attitré de la NED (National Endowment for Democracy) a eu droit, quant à lui, au tapis rouge du journal Le Monde. N’entre pas qui veut dans le « temple » du journalisme français. On ne badine pas avec les titres, n’est-ce-pas?

Dans un article qu’il a intitulé « Sur l’Algérie, Emmanuel Macron a dit publiquement ce que ses prédécesseurs disaient en privé », Lahouari Addi a profité de l’hospitalité de ce journal connu pour son « amour inconditionnel » de l’Algérie pour ouvrir les hostilités sur toutes les institutions étatiques algériennes. Par contre, il traita les propos d’Emmanuel 1er « de courageux, surmontant la raison d’État et ne reculant pas devant les lobbys économiques sectoriels ». Le Roi de France et de Navarre dépeint dans son habit de preux chevalier, sans peur et sans reproche!

Ah, l’imagination et le romantisme galopants des sociologues de la cour de France! Le grand seigneur au nord de la Méditerranée et les méchants gueux à son sud! La néocolonisation « daoudienne » qui fait des émules!

Dans son analyse des déclarations macroniennes, Lahouari Addi ne se priva pas d’y déceler un lien avec le Hirak. Bien sûr, il n’allait pas rater l’occasion, lui, un des ténors autoproclamés du Hirak! Pour cela, il faut avoir la compétence d’un « professeur émérite » afin de lire entre les lignes et y trouver ce qui n’est même pas venu à l’esprit de l’auteur lui-même.

« Par les propos qu’il a tenus le 30 septembre, Emmanuel Macron reconnaît explicitement la légitimité politique des revendications du Hirak, ce qui est inacceptable pour le régime algérien qui, jusqu’à présent, a toujours bénéficié de l’appui diplomatique de la France ».

Évidemment, il n’a pas raté l’occasion pour placer le slogan « Dawla madania machi askaria » (Etat civil et non militaire) cher aux islamawistes offshore et aux adeptes du « Hirak frelaté », en complète opposition avec la devise du Hirak original « Djeich, chaâb, khawa khawa » (Armée, peuple, frère, frère) ».

Radio M

Nous n’allons pas terminer ce « recueil » sans citer Radio M, celle qui se fait appeler « la Petite Radio du Grand Maghreb » mais qui n’est en fait que la « Radio Barbouze du Quai d’Orsay ». D’ailleurs, ce qualificatif sera confirmé dans ce qui suit.

Tout d’abord, elle s’est comporté comme chambre d’écho de la déclaration de Lahouari Addi au sujet de Hirak dans son article du Monde et en a fait rien de moins que le titre d’un de ses éditoriaux.

 

D’autre part, en réponse à la polémique générée en Algérie par les déclarations hostiles d’Emmanuel 1er, Le Monde publia un article dans lequel il rapporta que « les propos du président français s’interrogeant sur l’existence de la « nation algérienne » ont braqué même les opposants les plus farouches au régime algérien ».

Après avoir énuméré les nombreuses critiques, le journaliste précisa que « l’une des rares, pour ne pas dire l’unique, prise de position positive à l’égard du président français est venue du politologue Mohammed Hennad […] dans une interview à Radio M […] ».

Radio M favorable au monarque français? Ce n’est probablement qu’un doux euphémisme si on se fie au titre donné à cette intervention du politologue Mohammed Hennad :

Et, à propos de la réduction du nombre de visas pour les Algériens, Radio M se comporta comme le porte-parole de Gérald Darmanin, ministre français de l’intérieur :

Emmanuel 1er peut être fier de sa légion de bouffons. Avec autant de dociles informateurs indigènes et de fidèles défenseurs autochtones, il dispose d’une machine de désinformation efficace.

Mais le Roi de France et de Navarre n’a certainement aucune idée de l’armée de patriotes algériens, jaloux de la souveraineté de leur pays.

Et ceux-là, contrairement à ses bouffons, ont une profonde aversion de toute ingérence étrangère dans les affaires de leur pays. En particulier lorsqu’il s’agit de l’ingérence d’un pays qui les a maltraités pendant 132 ans.

Ahmed Bensaada

Image en vedette : « Mime solitaire » : Mikhail Khokhlachev (Alias Michael Cheval)

La source originale de cet article est ahmedbensaada.com

Copyright © Ahmed Bensaadaahmedbensaada.com, 2021

https://www.mondialisation.ca/le-roi-macron-et-ses-bouffons/5661237

Dans ALGERIE

AUKUS : UN SCENARIO ANTI-ALGERIE ?

Par Le 25/09/2021

Brouille US/Paris, et si ce n'était qu'une mise en scène pour attiser la tension Maroc/Algérie?

Friday, 24 September 2021 7:04 PM  [ Last Update: Saturday, 25 September 2021 6:39 AM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Le nouveau sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) français, le Suffren. ©LUDOVIC MARIN

Abdel Bari Atwan, éditorialiste de Rai al-Youm, s’est penché dans un article sur les prochaines mesures de la France suite à l'annulation par l’Australie du « contrat du siècle » portant sur la livraison de 12 sous-marins français.

Après l'annulation du contrat du siècle par l'Australie, Paris est à la recherche de nouveaux clients, et le Maroc est en tête de liste concernant l'acquisition de sous-marin français.

Ayant souffert suite à son accord militaire avec l'Australie, la France afin de vendre ses sous-marins pourrait se tourner dans sa recherche d'autres acheteurs vers les pays d'Afrique du Nord tel que l'Égypte et le Maroc ou encore les pays d'Asie du Sud-Est.

La France avait signé un contrat majeur avec l'Australie connu sous le nom du « contrat du siècle » d'une valeur de plusieurs dizaines de milliards de dollars portant sur la livraison de sous-marins électriques et diesel français.

Sous-marins: 1ère vengeance de Jupiter?!

Sous-marins: 1ère vengeance de Jupiter?!

Selon les analystes, la trahison américaine envers la France au sujet des sous-marins nucléaires destinés à l’Australie signale un énorme changement géopolitique dans la stratégie américaine.

La semaine dernière, suites aux initiatives des États-Unis et le Royaume-Uni, l'Australie a annulé sa commande de plus de 56 milliards d'euros passée à l'Hexagone, ce qui s’est soldé par une crise sans précédente entre la France et l’Australie. Ces évènements arrivent alors que Washington et Londres ont annoncé leur alliance afin de soumettre la Chine à des pressions encore plus fortes et dans le but de renforcer le régime des sanctions imposées par les États-Unis.

Malgré le fait que le marché des sous-marins soit limité, contrairement à celui des avions de chasse, des chars et des drones, Paris recherche d'autres clients pour vendre ses sous-marins français.

Alors que l’Australie a déchiré le «contrat du siècle» conclu en 2016 avec Paris au profit d'un accord avec Londres et Washington, la France pourrait donc se tourner vers le Maroc à la recherche de l'opportunité de pourvoir sa marine royale de sous-marin.

Le Maroc ne possède actuellement aucun sous-marin, tandis que son rival algérien en possède huit. Le Maroc avait déjà entamé des négociations avec la Russie et l'Allemagne sur l'achat du sous-marin, mais elles ont toutes échoué.

Sous-marins: la France quittera l'OTAN?

Sous-marins: la France quittera l'OTAN?

Biden tue 

Le site web Hespress avait publié, il y a quelques jours, un article sur la volonté du Maroc d'acheter des sous-marins à la France ainsi que les efforts de la France d'aboutir à une vente auprès de la marine marocaine.

En 2015, la France a réussi à boucler les négociations avec l'Égypte afin de revendre les deux Mistral pour 950 millions d'euros. Les forces navales d'Égypte ont récemment reçu leur 4e sous-marin de modèle 209 produit par l'Allemagne. À l'heure actuelle, l'Égypte ne dispose pas de sous-marins avancés tels que les sous-marins français de type Barracuda, l'achat d'un sous-marin français pourrait donc intéresser l'Égypte.

L'Égypte veut se transformer en puissance militaire navale  en raison de l'importance croissante des ressources énergétiques dans le pays telles que le gaz en Méditerranée orientale, l'exploration pétrolière en mer Rouge et la protection du canal de Suez.

http://french.presstv.ir/Detail/2021/09/24/667196/AUKUS--un-sc%C3%A9nario-anti-Alg%C3%A9rie--

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ALGERIE : LE MAK ET SES CARICATURISTES

Par Le 25/09/2021

 

Algérie : le MAK et ses caricaturistes

Jeudi, 23 Septembre 2021 23:32 Ahmed Bensaada

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Dans un précédent article, j’avais évoqué en détail le rôle partisan et sectaire de trois caricaturistes algériens qui avaient mobilisé leurs crayons dans l’effervescence politique provoquée par le Hirak. Partisans du « Yetnahaw Ga3 » (qu’ils partent tous), leur credo était fondé sur l’appropriation du terme « peuple » qu’ils utilisaient à toutes les sauces et, surtout, pour la promotion exclusive et partiale de la « phase de transition » avec, comme corollaire, la contestation entêtée de la « voie constitutionnelle ». L’amalgame entre « peuple » et « phase de transition » avait pour but de prétendre que cette option était majoritaire dans la population, ce qui était loin d’être la vérité, c’est le moins qu’on puisse dire. Après la décantation du Hirak, nous voyons bien que ces deux termes ne vont pas du tout ensemble et qu’au lieu de « peuple » on devrait plutôt écrire « groupes spécifiques » ayant, pour la plupart d’entre eux, des agendas et des intérêts bien définis.

Dans ce qui suit, il sera question de deux de ces trois caricaturistes qui, en plus de montrer leur vision déformante de la réalité politique algérienne, affichent de manière ostentatoire leur soutien au mouvement séparatiste MAK (Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie), un de ces « groupes spécifiques ».

Il s’agit de Ali Dilem et de Ghilas Aïnouche, caricaturistes dont les dessins et les accointances montrent de nombreux points en commun, jugez-en : tous deux sont des militants du « Yetnahaw Ga3 », se comportent comme des activistes de l’aberrante et antinationale division dichotomique Kabyle/Arabe, sont idéologiquement et professionnellement liés avec « Charlie », ont un penchant plus qu’affirmé pour l’État hébreu et, finalement, sont très introduits auprès des missions diplomatiques française et étasunienne. Pour plus de détails, consulter l’article cité auparavant).

 

De gauche à droite : Mme Émié, un pasteur d’une église à Alger, Ghilas Aïnouche, Ali Dilem et Bernard Émié (Ambassadeur de France à Alger 2014 -2017, actuellement directeur de la DGSE française). Sur sa page Facebook, Aïnouche nomme familièrement Mme Émié par son prénom: Isabelle.

 

Ali Dilem

Le 14 septembre dernier, Dilem publia une caricature qui a soulevé l’ire d’un très grand nombre de citoyens algériens. Il y insinuait que le gouvernement algérien, dans sa lutte contre le MAK, s’en prenait à tous les Kabyles, sans exception. Selon lui, il y avait en Algérie, deux catégories de citoyens : des Kabyles tous coupables et les non-Kabyles tous innocents. Cette vision mensongère, raciste et dangereuse de la réalité algérienne m’a inspiré une réponse que j’ai publiée sur mon site.

 

 

 

 

Cette réplique a eu évidemment un grand écho sur les médias sociaux, car Dilem goûtait à sa propre médecine. Mais personne ne s’attendait à la réaction de Sa Majesté makiste! En effet, Ferhat (Mehenni) 1er en personne y alla d’un tweet « royal » pour défendre le « soldat » Dilem :

 

 

 

Non seulement, le « monarque » troubadour donna raison à Dilem, mais il l’assura de sa « solidarité », histoire de lui dire « Continue sur cette voie, tu es sur le droit chemin! ». Et voilà comment le Chevalier (des Arts et Lettres) Dilem fut adoubé par Ferhat 1er!

Il faut dire que Dilem n’en était pas à sa première caricature pro-MAK. En voici quelques exemples :

 

Cliquez sur l’image pour voir d’autres caricatures pro-MAK de Dilem

 

 

Ghilas Aïnouche

Les relations entre Ghilas Aïnouche et le MAK sont beaucoup plus élaborées que celles de Dilem avec cette même organisation. Cela se voit dans la profusion de caricatures, dans sa défense publique du MAK et sa proximité avec Ferhat 1er.

D’ailleurs, en ce qui concerne ce dernier point, il est intéressant de suivre la discussion entre le « monarque » makiste et son sérieux prétendant au titre de « dauphin » dans la vidéo suivante :

 

Ferhat Mehenni et Ghilas Aïnouche (9 juin 2020)

Cliquez sur l’image pour visionner la vidéo

 

 

Dans le dessin que Aïnouche offre à son compagnon de table, le caricaturiste qualifie Ferhat 1er de « Grand homme » et se met en scène pour se souhaiter : « Bientôt on aura notre vraie indépendance! ».

Dédicace offerte à Ferhat Mehenni par Aïnouche

 

 

Le « on » inclut bien évidemment sa personne et celle du « souverain » qui lui fait face. En recevant la dédicace, Ferhat 1er a déclaré qu’il s’agissait d’un des plus beaux cadeaux qu’il avait reçus dans sa vie tout en ajoutant « Je vais garder ça précieusement et je vais le verser aux archives de la république kabyle », devant un Aïnouche tout sourire!

Et tout cela, en plein Hirak!

Cette relation entre Aïnouche et le « Sultan autoproclamé de Kabylie » ne date pas d’aujourd’hui. Ce dernier, tout comme pour Dilem, l’avait « assuré de son soutien ». Mais cette fois-ci, c’était à la suite d’une agression contre le caricaturiste lors d’une marche de protestation, en juillet 2017. À l’époque, le site makiste « Siwel » avait relaté l’évènement ainsi:

« Le Président de l’Anavad, qui a eu le jeune caricaturiste au téléphone, a demandé de ses nouvelles et l’a assuré de son soutien.

Le Représentant diplomatique de la Kabylie en France, Mass Zidane Lafdal, a quant à lui saisi RSF (Reporters Sans Frontières) pour leur faire part de la sauvagerie injuste dont a été victime ce jeune dessinateur de presse.

L’ambassadeur kabyle nous a informé que la Fédération Internationale des Journalistes va être également saisie ».

Toute la cour de Ferhat 1er a donc été mobilisée pour défendre le « malheureux » caricaturiste!

L’allégeance du jeune caricaturiste à la cause makiste s’est aussi manifestée à l’occasion d’un voyage aux États-Unis. En effet, en 2017, il fut invité par le Département d’État américain (excusez du peu!) pour débattre de la liberté d’expression en Algérie. Après avoir été reçu à l’ambassade des États-Unis à Alger en juillet 2017 :

 

 

 

 

 

Le voilà devant le siège du Département d’État en novembre 2017 :

 

 

 

Tout en prétendant ne pas faire partie du MAK, il ne rata pas l’occasion de défendre le mouvement séparatiste. Un article traitant de ce voyage précise : « Invité par le Département d’État américain, le dessinateur Kabyle Ghilas Aïnouche a tenu à préciser qu’il avait soulevé plusieurs questions dont celle du MAK et ses militants harcelés au quotidien en Algérie ».

Ce même article mentionne que le caricaturiste prit la parole « en présence de plusieurs diplomates dont le responsable de bureau de l’Algérie, M. Michael J. Polyak ».

En effet, M. Polyak a été responsable du bureau de l’Algérie au Département d’État de septembre 2016 à septembre 2018. Avant cela, il a été en poste dans plusieurs capitales arabes et musulmanes (Irak, Arabie Saoudite, Afghanistan). En Algérie, selon ce qui est mentionné sur son profil LinkedIn, il a « servi de liaison principale avec l'ambassade d'Algérie, les entreprises, les médias et les ONG sur les questions relatives à l'Algérie. Rédaction de notes de politique, d'orientations pour la presse et de points de discussion pour les hauts fonctionnaires du Département d’État ».

Il est aussi intéressant de noter qu’en 2008, il aussi été au service de l’IRI (International Republican Institute), un des quatre satellites de la NED (National Endowment for Democracy), le principal organisme américain d’« exportation » de la démocratie (lire cet article pour plus de détails).

Petite information déjà discutée dans mon précédent article sur les caricaturistes algériens : Dilem a lui aussi eu des contacts avec l’ambassade américaine à Alger, tel que mentionné dans le câble Wikileaks 09ALGIERS370_a (daté du 13 avril 2009).

Et ce n’est pas tout en ce qui concerne Aïnouche et le MAK. En 2018, la commune de Harfleur (Seine maritime, France) a annulé un événement de propagande du MAK sous couvert de la « promotion » de la cuture kabyle. Et la lettre de la maire d’Harfleur est on ne peut plus claire à ce sujet :

« Votre refus de choisir un autre film dans le cadre de cette programmation, l’invitation par vos soins de M. Ferhat Mehenni, ainsi que votre information quant à la venue d’une délégation politique autoproclamée, ont dénaturé et pris en otage l’événement lui donnant des allures, de manière déguisée, de vitrine dédiée au gouvernement provisoire kabyle et derrière lui le MAK, mouvement d’extrême droite algérienne ».

 

Lettre de madame la Maire d’Harfleur

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

 

 

La relation avec Aïnouche? Il faisait partie de la « délégation » du MAK dénoncée par la maire d’Harfleur comme on peut le constater sur l’affiche prévue pour l’évènement.

 

Affiche de l’évènement annulé par la maire d’Harfleur comportant clairement les noms de Ferhat Mehenni et de Ghilas Aïnouche

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

 

 

Revenons maintenant à l’essentiel, c’est-à-dire aux caricatures de Aïnouche avec relents de makisme. Leur nombre est tellement imposant qu’un « porte-folio » spécifique leur a été consacré :

 

Cliquez sur l’image pour voir le « portfolio » des caricatures pro-MAK de Aïnouche

(Attention: certaines caricatures sont obscènes)

 

 

Alors, Aïnouche : makiste ou pas makiste?

 

 

 

Aïnouche, au centre de la photo, avec le drapeau du MAK

 

 

Certains caricaturistes algériens comme Dilem et Aïnouche ont eu un rôle partial et tendancieux dans le Hirak. Ils ont participé, au nom d’un peuple qui ne les a jamais mandatés, à la promotion d’une vision sectaire et dangereuse pour l’avenir de l’Algérie. Mais en ce qui concerne leur défense (directe ou indirecte) du MAK, leur rôle est beaucoup plus nuisible et préjudiciable pour notre pays car ils jouent avec son intégrité, sa stabilité et sa paix.

Qu’on se le dise : ces caricaturistes utilisent des dessins humoristiques au service de desseins maléfiques. Mais qu’ils barbouillent ou gribouillent à leur guise: l’Algérie restera toujours unie et indivisible dans le respect de tous ses citoyens.

https://www.ahmedbensaada.com/index.php?option=com_content&view=article&id=576:2021-09-24-04-39-15&catid=46:qprintemps-arabeq&Itemid=119

 

Dans ALGERIE

AHMED BENSAADA – LE RAPPORT DE GRAPHIKA : SOFT POWER ET GUERRE DE 4e GENERATION CONTRE L’ALGERIE

Par Le 25/08/2021

Le rapport de Graphika : soft power et guerre de 4e génération contre l’Algérie

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Contrairement au hard power qui est basé sur la force coercitive classique, le soft power utilise l’attraction positive et la persuasion pour atteindre des objectifs de politique étrangère. Il s’agit donc d’une capacité d’influence susceptible d’imposer, en douceur, un comportement ou une façon de penser identiques ou similaires à celles de celui qui utilise cette technique. Son succès repose donc sur l’impression de ne pas y avoir été contraint. Ainsi, le soft power n’atteint ses objectifs que s’il n’est pas perçu comme de la manipulation ou de la propagande.

Selon son concepteur, le très influent Joseph Nye, le soft power est soutenu par trois piliers : les valeurs politiques, la culture et la politique étrangère. Commentant cette théorie, le professeur G. John Ikenberry donne les précisions suivantes dans la célèbre revue Foreign Affairs:

« Les États-Unis peuvent dominer les autres, mais ils ont également excellé dans la projection du soft power, avec l'aide de leurs entreprises, fondations, universités, églises et autres institutions de la société civile; la culture, les idéaux et les valeurs des États-Unis ont été extrêmement importants pour aider Washington à attirer des partenaires et des partisans ».

L’exportation de la démocratie, qui est un champ établi et prépondérant de la politique étrangère américaine, utilise évidemment le soft power. Dans son article traitant du soft power américain dans les révolutions colorées, l’anthropologue Boris Pétric mentionne que des « ONG américaines sont les principaux acteurs de cette promotion de la démocratie, des droits de l’homme et de la liberté […] ».

Cette relation entre les ONG et le soft power est très bien explicitée par Susan Liautaud dans son article « Soft Power of NGOs: Hard Responsibility, Hard Strategy, and Hard Accountability » dans lequel elle note que « les ONG et les autres acteurs du secteur à but non lucratif sont tenus d’utiliser le soft power de façon responsable et de rendre compte des conséquences induites par cette utilisation »

Il a été aussi montré que ces mêmes ONG américaines, étatiques ou non, ont joué le même rôle dans ce qui est abusivement appelé le « printemps » arabe. La printanisation de certains pays arabes ciblés à l’aide du soft power américain a été réalisé par l’intermédiaire de la formation et du réseautage de cyberactivistes « autochtones », c’est-à-dire provenant des pays visés. Ces révoltes qui ont été présentées et vendues comme une « belle saison » se sont avérées n’être que des « regime change » accompagnés de chaos, de destruction et de désolation.

Une décennie plus tard, ces ONG sont encore actives, tout particulièrement dans le Hirak algérien.

Tel que noté par Albert A. Nofi, le soft power est une des ressources sur lesquelles s’appuient la guerre de 4e génération (G4G), cette guerre moderne qui, d’après François-Bernard Huyghe, « correspondrait à la révolution de l'information » tout en précisant qu’elle « mobiliserait des populations entières en un antagonisme gagnant tous les domaines politique, économique, social, culturel ».

En ce qui concerne l’utilisation militaire de l’information, Christina M. Knopf et Eric J. Ziegelmayer nous expliquent que : « l’information est un produit qui se prête à l’arsenalisation et l’environnement informationnel est devenu vital pour le succès des opérations militaires. Le domaine de l’information, l’Internet en particulier, est aujourd’hui un terrain crucial à saisir pour exercer une influence économique et diplomatique dominante.  C’est la raison pour laquelle les États-Unis ont officiellement incorporé à leur doctrine […] la "guerre des communications" ».

Cette « arsenalisation » de l’information a été rendue efficace grâce à l’essor fulgurant de l’Internet et des médias sociaux. À ce sujet, Waseem Ahmad Qureshi donne quelques précisions :

« Les progrès technologiques actuels (accès plus facile aux blogs médiatiques et à Internet) rendent la propagande et la manipulation des faits plus facilement accessibles tout en élargissant les conséquences des opérations de guerre de l'information en provoquant des effets dommageables massifs »

La recherche qui sera exposée dans cet article montre de manière explicite que l’Algérie fait actuellement l’objet d’une G4G qui a profité des remous du Hirak pour se déployer insidieusement.

 

Hirak, soft power et guerre de 4e génération

Un livre et de très nombreux articles ont été consacrés au rôle des organismes américains d’exportation de la démocratie et leurs relations avec le Hirak et ses « ténors ». Cet aspect du soft power ne sera pas traité dans ce travail, mais les lecteurs intéressés sont invités à consulter les liens suggérés.

Il faut cependant préciser que le soft power utilisé dans les G4G possède d’autres techniques aussi efficaces les unes que les autres.

Il a été fait mention d’une de ces techniques dans un de mes articles datant de décembre 2019. Il s’agit de mandater un universitaire crédible pour écrire, dans une revue crédible, un texte complétement fallacieux afin de suggérer un comportement donné et le présenter comme étant juste et approprié alors que, dans la réalité, il est complétement déraisonnable. Un exemple typique est celui du professeur Robert Zaretsky, professeur d’histoire de France à l'université de Houston qui s’est fait remarquer par un texte abracadabrantesque dans Foreign Affairs. En effet, le 26 novembre 2019, c’est-à-dire à peine deux semaines avant l’élection présidentielle algérienne, le professeur écrivait: « An Election’s Failure Will Be a Democratic Success » (L'échec de l’élection sera un succès démocratique).

Hallucinant! D’après ce professeur vivant dans un pays supposé être démocratique « ne pas voter est un acte démocratique »! Mais quel genre de démocratie désire exporter ce professeur loufoque?

L’histoire retiendra néanmoins l’odieuse campagne d’intimidation des électeurs lors de ce scrutin, ignominie qui a dû tellement faire plaisir à M. Zaretsky, certainement commandité pour nuire à l’Algérie.

Plus récemment, c’est dans un petit encadré publié par le journal français Le Figaro en date du 31 juillet 2021 qu’apparut une nouvelle technique encore plus insidieuse que celle de notre professeur de Houston. Celle-ci est destinée à persuader le public que l’État algérien utilise des cybermanipulations malhonnêtes « pour défendre les intérêts du président algérien », tout en parrainant des « campagnes de harcèlement » contre des opposants politiques.

Le Figaro précise que ces informations proviennent d’un rapport élaboré par une société américaine nommée Graphika, « spécialisée dans les nouvelles technologies et l’analyse des réseaux sociaux ». Personne n’est dupe. Cette mention cherche évidemment à donner de la crédibilité à cette compagnie et, par conséquent, conférer de la véracité à son rapport.

Encore un organisme américain qui s’attaque à l’État algérien en général et aux institutions présidentielle et militaire en particulier! Décidément, ils ne lâcheront jamais ces Américains!

Mais qui est donc Graphika? Qui est derrière ce joli nom, quels sont ses champs d’intérêts et qui la finance?

Contrairement à Émilien Hertement, le journaliste du Figaro qui a bêtement rapporté la nouvelle, nous allons nous intéresser, dans un premier temps, à cette société pour comprendre ses motivations et nous enquérir de son sérieux. Ensuite, nous étudierons en détail son rapport cité par Le Figaro.

Graphika et ses connexions sulfureuses

D’après les informations figurant sur son site officiel, Graphika est « une société d'analyse de réseau, fondée en 2013 par le Dr. John Kelly qui a étudié, dans sa thèse, l'essor fulgurant des conversations sur Internet en utilisant l'analyse de réseau des relations entre les auteurs en ligne, et pas seulement le contenu de leurs messages ».

Toujours selon son site, Graphika est financé par la DARPA, la « Minerva Initiative », l’« US Senate Select Committee on Intelligence » et la « Knight Foundation ».

 

DARPA est l’acronyme de la « Defense Advanced Research Projects Agency » (Agence pour les projets de recherche avancée de défense) qui est une agence du ministère de la Défense des États-Unis chargée de la recherche et du développement des nouvelles technologies destinées à l’usage militaire.

La « Minerva Initiative » est une initiative de recherche universitaire en sciences sociales parrainée par le ministère de la Défense des États-Unis axée sur des domaines d'importance stratégique pour la politique de sécurité nationale des États-Unis. Lancée en 2008 par Robert Gates, le secrétaire à la Défense de l’époque, elle a pour objectif d'améliorer la compréhension de base du ministère de la Défense en ce qui concerne les forces sociales, culturelles, comportementales et politiques qui façonnent les régions du monde d'importance stratégique pour les États-Unis. Dès le début, le programme s’est focalisé , entre autres, sur les recherches universitaires traitant de la Chine, de l’Irak, du terrorisme et de l’islam radical. À son lancement, le projet a reçu 50 millions de dollars du ministère de la Défense des États-Unis pour financer ces recherches.

Les subventions de recherche sont supervisées par des gestionnaires de programme affiliés à deux organisations militaires de recherche fondamentale : le Bureau de la recherche scientifique de l'Armée de l'air (AFOSR) et le Bureau de la recherche navale (ONR).

 

L’«US Senate Select Committee on Intelligence » (SSCI) est un comité créé par le Sénat américain en 1976 pour superviser et faire des études continues sur les activités et programmes de renseignement du gouvernement des États-Unis.

La « Knight Foundation » se présente comme une fondation nationale américaine qui investit dans le journalisme et les arts et dont l’objectif est de favoriser des communautés informées et engagées qu’elle croit essentielles à une démocratie saine. Cette fondation collabore cependant activement avec l’Open Society de George Soros, la National Endowment for DemocracyFreedom House et l’USAID.

Ces quatre organisations forment la colonne vertébrale du dispositif américain pour l’exportation de la démocratie dont il a été question précédemment.

Et ce n’est pas tout. Graphika déclare être associé avec des groupes de défense des Droits de l’homme du monde entier « pour surveiller les menaces numériques ciblant les utilisateurs vulnérables ».

 

En fait, il s’agit de Human Rights Watch (HRW), Amnesty International (AI) et « The Syria Campaign ». Il est de notoriété publique que les deux premières organisations (HRW et AI) sont largement financées par l’Open Society.  Et il ne faut surtout pas oublier qu’elles ont été toutes deux (avec d’autres entités droitdelhommistes) derrière la résolution du Parlement européen contre l’Algérie, juste quelques jours après le référendum sur la nouvelle Constitution algérienne. Drôle de coïncidence, n’est-ce pas? Comme la coïncidence de l’article de notre pitoyable professeur Zaretsky, un an plus tôt.

L’association de Graphika avec « The Syria campaign » est très révélatrice du rôle de désinformation, de propagande et d’étroite collaboration de cette société avec les gouvernements américains et britanniques.

« The Syria campaign » qui se dit « organisation à but non lucratif enregistrée au Royaume-Uni » est étroitement lié aux « White Helmets » (casques blancs), organisme de protection civile syrien qui a défrayé la chronique en 2016 (lire mon article sur ce sujet, rédigé à l’époque).

En fait, ces « secouristes » présentés comme des héros en occident, sont financés par l’USAID (United States Agency for International Development), le plus important des organismes américains d’« exportation » de la démocratie. Un document de l’USAID datant de 2018 précise qu’une subvention de 6,25 millions de dollars a été octroyée aux « White Helmets », en plus des 33 millions de dollars qui leur ont été versés depuis 2013. Ces « casques blancs » ont aussi été très largement financés par la Grande-Bretagne via le « Foreign and Commonwealth Office ». En date du 31 mars 2018, le montant total du financement que le gouvernement britannique leur a fourni s'élevait à 38 425 591,23 £. Ce qui fit dire à Julie Hyland, journaliste et militante britannique :

 

« Financés par le « Conflict, Stability and Security Fund » du gouvernement britannique et le programme USAID du gouvernement américain, ils [les « White Helmets »] font partie d'un réseau de forces djihadistes soutenues par l'Occident pour organiser un changement de régime ».

 

 

The White Helmets: The greatest scandal to hit Syria

Cliquez sur l'image pour visionner la vidéo

Selon Vanessa Beeley, journaliste indépendante qui a beaucoup travaillé sur le terrain en Syrie et dans de nombreux autres pays de la région, les « White Helmets » « étaient liés financièrement à Londres et à Washington (entre autres), principaux belligérants occidentaux sans mandat en Syrie […] et que des membres des Casques blancs entretenaient des liens avec des groupes djihadistes rebelles, tels que Fatah Al-Cham, résultat de la fusion d'Al-Nosra et de Ahrar Al-Cham ».

Le mythe des « casques blancs » a été démoli par un grand nombre de journalistes et chercheurs de renom dont Eva BartlettJohn PilgerGareth Porter, Phillip GiraldiCraig Murray et l'ancien inspecteur des armements de l'ONU Scott Ritter.

 

Graphika et ses figures publiques

Parmi les figures publiques de Graphika, on retrouve les noms de l’anglais Ben Nimmo (directeur des recherches) et de la française Camille François (directrice de l’innovation).

 

Ben Nimmo a rejoint Graphika en 2019, pourtant, rien ne le prédestinait à ce poste. Son parcours singulier a été décrit dans un article détaillé du New York Times (NYT).

En effet, il a étudié la littérature à l'Université de Cambridge, a travaillé comme instructeur de plongée sous-marine en Égypte, ainsi qu'écrivain et journaliste de voyage en Europe. En 2011, il a été recruté par l’OTAN comme attaché de presse principal sur la Russie et l'Ukraine jusqu’en 2014. Ensuite, il est devenu chercheur indépendant et a commencé à travailler sur la Russie sous contrat pour des think tanks pro-démocratie comme l'« Institute for Statecraft » qui pilote un projet  financé par le « Foreign and Commonwealth Office » nommé « The integrity initiative ». Créé en 2015, ce programme avait pour objectifs de contrer et sensibiliser à la désinformation provenant de pays comme la Russie et la Chine ainsi que de groupes extrémistes comme Daech. Comme par hasard, il s’agit de pays et ou organismes ciblés aussi par la « Minerva Initiative ».

Au cours de la campagne électorale américaine de 2016, M. Nimmo a collaboré avec l’Atlantic Council, le think tank non officiel de l’OTAN.

Pour se faire une idée de l’importance de ce « groupe de réflexion », il n’y a qu’à consulter l’impressionnante liste des membres de son Conseil d’administration. On y trouve, entre autres, Henry Kissinger, Joseph Nye (le concepteur du soft power), le général David H. Petraeus (commandant de la coalition militaire sous Bush fils et chef des troupes de l’OTAN ainsi que Directeur de la CIA sous Obama), Stephen Hadley (conseiller à la sécurité nationale de Bush fils), Robert Gates (cité précédemment – Directeur de la CIA sous Bush père et Secrétaire à la défense sous Bush fils et Obama). On y trouve aussi James Baker, Léon Panetta, Colin Powell, James Woosley, Peter Ackerman et j’en passe car la liste donne le tournis (le lecteur est invité à consulter ces pages pour plus de détails: lien 1 et lien 2). Pour la petite histoire, James Woosley a été directeur de la CIA sous Bill Clinton et a dirigé Freedom House . De son côté, Peter Ackerman a aidé à la création de l’Albert Einstein Institution dirigé par son professeur, l’illustre Gene Sharp, le théoricien de la « lutte non-violente » qui a été utilisée dans les révolutions colorées et le « printemps » arabe. Sa théorie a été développée dans de nombreux livres et tout particulièrement dans « De la dictature à la démocratie », ouvrage qui est devenu le livre de chevet de tous les révolutionnaires en herbe à travers le monde.

Revenons maintenant à Ben Nimmo. Il a aidé à fonder le Digital Forensic Research Lab (DFRLab) de l'Atlantic Council, un groupe basé à Washington qui étudie la désinformation en ligne.

En 2018, Facebook a annoncé un partenariat avec DFRLab pour « identifier, exposer et expliquer la désinformation lors des élections dans le monde », accordant à l'Atlantic Council et à Nimmo l'accès aux données privées de milliards d'utilisateurs de Facebook.

 

Facebook a fait de lui et du laboratoire les premiers étrangers autorisés à étudier les réseaux de désinformation sur son site avant que l'entreprise ne ferme les réseaux.

À la fin de son article, le NYT précise que Graphika et DFRLab ont tous deux reçu un financement de Facebook.

Le 5 février dernier, Ben Nimmo annonçait son départ de Graphika pour rejoindre Facebook où il aiderait « à diriger la stratégie mondiale de renseignement sur les menaces contre les opérations d'influence ». Sans oublier, bien sûr, de faire « coucou » à sa collègue et collaboratrice, Camille François.

 

Cette nouvelle n’est pas passée inaperçue, bien au contraire. Sur The Grayzone, par exemple, on pouvait lire un article intitulé « Facebook hires ex-NATO press officer and social media censor Ben Nimmo as intel strategist » (Facebook embauche Ben Nimmo, ancien attaché de presse de l'OTAN et censeur des médias sociaux, en tant que stratège du renseignement), alors que Mint Press News titrait « Facebook partners with Hawkish Atlantic Council, a NATO lobby group, to “protect democracy” » (Facebook s'associe au belliciste Atlantic Council, un groupe de pression de l'OTAN, pour « protéger la démocratie »).

Passons maintenant à la seconde figure publique de Graphika qui se nomme Camille François. Diplômée de Sciences-Po et boursière Fulbright, elle a été membre de la « New America's Cybersecurity Initiative » (NACI), chercheure principale chez Jigsaw, a dirigé des projets de recherche sur la cybersécurité et les droits de l'homme pour la « Defence Advanced Research Projects Agency », et a travaillé pour l'équipe « Market Insights » de Google (consulter ce lien).

La « New America's Cybersecurity Initiative » est un organisme financé (entre autres) par le Département d’état américain, la Knight Foundation, Open Society, Google, Microsoft, Apple et Facebook.

Jigsaw (anciennement Google Ideas) est un groupe de réflexion et un incubateur technologique au sein de Google/Alphabet dirigé par Jared Cohen. Ce dernier a travaillé au Département d’État américain comme membre du comité de planification des politiques du département d'État américain, puis a été très proche conseiller des secrétaires d’État Condoleezza Rice et Hillary Clinton. C’est, par exemple, lui qui avait personnellement contacté le cofondateur et président de Twitter, Jack Dorsey, pour lui demander de reporter les travaux de maintenance des serveurs de Twitter afin de ne pas perturber les activités des cyberactivistes iraniens lors de leurs manifestations antigouvernementales en 2009.

Mais ce qui attire le plus l’attention, c’est son rôle dans la formation des cyberactivistes arabes en préparation du « printemps » arabe. En effet, Jared Cohen fut un des fondateurs de AYM « Alliance of Youth Movements » (rebaptisée Movements.org) qui se définit comme une organisation américaine à but non lucratif (d’après leur site) qui affiche clairement sa mission : i) identifier des cyberactivistes dans des régions d’intérêt ; ii) les mettre en contact entre eux, avec des experts et des membres de la société civile ; et iii) les soutenir en les formant, en les conseillant et en leur procurant une plateforme pour initier les contacts et les développer dans le temps (pour plus de détails, consulter mon article sur le sujet).

Comme expliqué précédemment, la « Defence Advanced Research Projects Agency » (DARPA) est l’agence du ministère de la Défense des États-Unis qui finance Graphika. Comme le monde est petit!

D’après ce qui est mentionné sur son CV, Camille François a été aussi recrutée par Google, dans l’équipe de « Market Insights ». Directrice de recherche associée, elle s’est spécialisée dans la recherche en ligne sur les PME françaises et a géré les trackers de marque et de confidentialité de Google pour la perception parmi le public et les faiseurs d'opinion clés.

Pour boucler la boucle, Mme François s’est formée, en 2014, à l'École de l'OTAN d'Oberammergau (Allemagne) sur les « cyber-opérations » tel que précisé également sur son CV.

 

Organigramme des connexions de Graphika

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Graphika, la main dans le sac

La société Graphika a été impliquée dans de nombreuses controverses en relation avec i) le « repérage » d’un type particulier et ciblé de désinformation sur les médias sociaux et ii) son rôle de « chien truffier » dressé pour servir des commanditaires militaristes, atlantistes et occidentalistes.

Pour clarifier ce point, nous allons citer deux exemples pédagogiques.

1- L’affaire Jeremy Corbyn

La très large élection de Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste britannique avec près de 60% des voix en 2015 a été suivie par une campagne médiatique « mainstream » ayant pour but de diaboliser sa personne et de lui ôter toute légitimité politique de premier plan.

Tout d’abord, ses positions pro-palestiniennes lui ont valu des attaques du lobby sioniste pour des allégations d’antisémitisme après son succès électoral. Quelques années plus tard, à l’approche des élections législatives de 2019, les accusations sont montées d’un cran, devenant plus incisives. Il n’était pas question qu’un socialiste « antisémite » soit logé au 10, Downing Street.

En plus de ces accusations fallacieuses, une autre affaire a été planifiée pour porter le coup de grâce à la possibilité que Corbyn puisse, un jour, occuper le fauteuil de Premier ministre britannique : sa « collusion » avec la Russie. Cette accusation, mêlée avec ce « sport » occidental communément appelé « Russia Bashing », allaient être, ni plus ni moins, un coup de grâce à ce projet.

À ce sujet, les journalistes d’investigation Ben Norton et Max Blumenthal écrivaienle 8 décembre 2019:

« À quelques jours des élections nationales britanniques du 12 décembre, les agences de renseignement britanniques et les organisations soutenues par le gouvernement américain ont intensifié leurs attaques contre Corbyn, empruntant des tactiques à l'hystérie américaine du Russiagate et faisant de grands efforts pour le présenter - sans aucune preuve substantielle - comme une supposée marionnette de l'ignoble Kremlin ».

Le journaliste Matt Kennard a, quant à lui, publié une enquête détaillée au titre très explicite : « Comment l'establishment militaire et du renseignement britannique s'efforce d'empêcher Jeremy Corbyn de devenir Premier ministre ».

Il y mentionna que des responsables de l'armée et du renseignement britanniques ont été à l'origine d'au moins 34 reportages majeurs publiés dans les médias nationaux présentant Jeremy Corbyn comme un danger pour la sécurité britannique.

Le 27 novembre 2019, en pleine campagne électorale, l’équipe de Jeremy Corbyn présenta un imposant dossier traitant de négociations secrètes entre le gouvernement conservateur de Boris Johnson et l’administration américaine dans le but de privatiser le National Health Service (NHS) britannique, démentant ainsi les promesses de son rival conservateur.

Moins d’une semaine plus tard, l’artillerie lourde fut sortie pour faire face à l’accusation.

Ben Wallace, le Secrétaire d'État à la Défense britannique, déclara que « Jeremy Corbyn a joué le rôle d'"idiot utile" pour le Kremlin en minant l'OTAN pendant des décennies et cela le rend inapte à être Premier ministre ».

Comme pour confirmer ses dires, le journal pro-conservateur The Daily Telegraph titrait à la Une « Le dossier de Corbyn pointe du doigt les Russes ».

 

The Guardian emboîta le pas en précisant que les documents de Corbyn ont été « mis en ligne par des affiches utilisant des méthodes russes ». D’autres médias comme The Daily Beast, la BBC ou le Washington Post reprirent également la nouvelle.

Ce n’est pas le « clonage » de cette information qui attire l’attention mais le fait que tous les médias se sont basés sur une et une seule source : Graphika et son directeur des recherches, Ben Nimmo. Tiens donc!

Extrait de l’article du Guardian :

« Ben Nimmo, le chef des enquêtes chez Graphika, a déclaré : "Ce que nous disons, c'est que les efforts initiaux pour amplifier la fuite du NHS ressemblent beaucoup aux techniques utilisées par Secondary Infektion dans le passé, une opération russe connue. Mais nous n'avons pas toutes les données qui nous permettent de prendre une décision finale dans cette affaire" ».

Une accusation aussi grave, reprise par des médias lourds et influents, basée sur une seule source et…du vent.

Ce qui fit dire à Norton et Blumenthal :

« Pas un seul article couvrant l'histoire n'a pris la peine d'informer les lecteurs qui était Nimmo, ni n'a offert de détails sur les puissantes forces étatiques derrière Graphika ».

Et d’ajouter :

« En fait, Nimmo n'est pas un expert en données ou un journaliste, mais un ancien attaché de presse de l'OTAN qui a précédemment travaillé pour l’usine de propagande secrète "Integrity Initiative", qui était financée par le ministère britannique des Affaires étrangères et dédiée à engendrer des conflits avec la Russie ».

La suite de l’histoire vous la devinez certainement : Jeremy Corbyn a évidemment perdu les élections du 12 décembre 2019.

2- Le Russiagate

Le Russiagate est l’affaire politico-judiciaire qui a été invoquée pour qualifier les allégations d’ingérence de la Russie dans les élections présidentielles américaines de 2016. Un branle-bas de combat médiatique a été orchestré afin de démontrer que la défaite de Hillary Clinton n’était due qu’à une collusion entre l’équipe de Donald Trump et le Kremlin via une armée de trolls russes écumant les médias sociaux, en particulier Facebook et Twitter.

Comme on peut s’y attendre, la démonstration a été confiée à une équipe de l’Université d’Oxford et …la société Graphika. Cette dernière était représentée par son fondateur, John Kelly, et Camille François.

Le rapport, commandité en 2018 par l’«US Senate Select Committee on Intelligence » (SSCI) dont il a été question auparavant, confirme évidemment les allégations. On peut y lire :

« L'Agence russe de recherche Internet (IRA) a lancé une attaque prolongée contre les États-Unis en utilisant une propagande informatique pour désinformer et polariser les électeurs américains ».

« Les données sur l'IRA fournies au SSCI par les plateformes américaines de médias sociaux et Internet démontrent un effort soutenu pour manipuler le public américain et saper la démocratie. Avec des années d'expérience dans la manipulation de l'opinion publique en Russie, l'IRA a utilisé les principales plateformes de médias sociaux, notamment Facebook, Instagram et Twitter, pour cibler les électeurs américains et polariser les utilisateurs des médias sociaux américains ».

Une année plus tard, le rapport du procureur Robert Mueller, procureur spécial chargé d'enquêter sur les ingérences russes dans les élections présidentielles de 2016, était publié. La principale conclusion stipulait qu’il n’y a pas eu d’entente entre les membres de l’équipe de Trump et la Russie.

Le Monde diplomatique qualifia le Russiagate de « débâcle » et commenta le rapport ainsi :

« Les premiers éléments connus du Rapport Mueller représentent une défaite pour la fraction la plus modérée du parti démocrate, pour le parti de la guerre à la Russie, pour les médias. […] Enfin, ce rapport constitue une gifle spectaculaire pour la quasi-totalité des grands médias américains qui, depuis deux ans, avaient fait du « Russiagate » leur commerce à plein temps ».

Une gifle aussi à Graphika et ses « experts ».

La chasse aux sorcières s’est poursuivie jusqu’aux élections présidentielles américaines de 2020. Graphika produisit un autre rapport en septembre 2020 signé par, entre autres, Ben Nimmo et Camille François ciblant un site nommé PeaceData supposément financé par l'Agence russe de recherche Internet (IRA).

À ce sujet, le New York Times écrivit :

« Le groupe russe qui s'est immiscé dans l'élection présidentielle de 2016 est de retour, utilisant un réseau de faux comptes et un site Web conçu pour ressembler à un site d'information de gauche, ont déclaré mardi Facebook et Twitter. La campagne de désinformation menée par le groupe soutenu par le Kremlin, connu sous le nom d'Internet Research Agency, est la première preuve publique que l'agence essaie de répéter ses efforts d'il y a quatre ans et d'éloigner les électeurs du candidat démocrate à la présidentielle, Joseph R. Biden Jr., pour aider le président Trump ».

PeaceData a vivement réagi à ces accusations les qualifiant de calomnies et de mensonges.

En effet, certains observateurs perspicaces notèrent que, contrairement à ce qui était dit par Graphika et NYT, le site web PeaceData avait publié plusieurs articles critiquant durement Trump, dont un qui l'a qualifié de "instable et déséquilibré". D’autre part, Graphika ne donna aucune preuve du financement du site par l’IRA dans son rapport.

Les comptes Facebook et Twitter de PeaceData ont évidemment été fermés sur la base du rapport de Graphika et de ses « experts », Ben Nimmo et Camille François.

Graphika et l’Algérie

Après avoir passé en revue l’imposant réseau de connexions politico-militaires dont dispose Graphika et ses « experts » ainsi que les « missions » de haut niveau dont ils ont été chargés, plusieurs questions viennent à l’esprit : Pourquoi l’Algérie? Pourquoi maintenant? Quel est le but recherché? Qui a commandé l’étude? Qui l’a financée? Et qui a collaboré avec eux pour leur fournir les détails nécessaires?

Tout d’abord, il faut reconnaître que si Graphika s’est intéressée à l’Algérie, c’est que ce pays représente un enjeu géostratégique important pour les États-Unis. Cela confirme ce qui a été avancé dans mes nombreux articles et mes récents livres sur le sujet.

Le timing est lui aussi important. En effet, comme le Hirak « frelaté » bat de l’aile, cette évidente ingérence dans la politique intérieure de l’Algérie cherche à créer une nouvelle agitation malsaine dans la vie politique du pays.  En plus, il est quand même étrange que sa publication intervienne juste après le scandale Pegasus qui a ciblé l’Algérie. De victime, l’Algérie est présentée comme coupable par Graphika.

Pour tenter de répondre plus amplement aux questions, revenons au rapport de Graphika sur l’Algérie.

Le résumé du rapport donne le ton :

« Facebook a partagé un ensemble de comptes, de pages et de groupes avec Graphika pour une analyse plus approfondie avant de les supprimer de ses plateformes. Notre enquête a révélé un effort multiplateforme sur plusieurs années pour faire avancer les intérêts du président algérien Abdelmadjid Tebboune, depuis sa candidature à la présidentielle de 2019, jusqu'à un référendum constitutionnel l'année dernière et des élections législatives largement boycottées en juin. Cette activité s'est entrelacée avec une campagne soutenue de harcèlement et d'intimidation visant le mouvement de protestation du Hirak en Algérie, qui, au cours des deux dernières années, a rassemblé des milliers de personnes dans les rues du pays pour demander que l'élite dirigeante soit chassée et la fin de la corruption. Ces tentatives combinées pour manipuler, déformer et polariser la conversation politique en ligne en Algérie doivent être considérées dans le contexte de la répression signalée par le gouvernement contre les voix de l'opposition et de l'impact de la pandémie de Covid-19 qui a contraint de nombreux Algériens à déplacer leurs manifestations en ligne ».

On en tire les conclusions suivantes :

  • Comme expliqué précédemment, Facebook travaille avec Graphika;
  • Les sites jugés « indésirables » sont supprimés sur recommandation de Graphika;
  • Graphika fait de la politique et non de l’analyse de réseaux;
  • La démarche constitutionnelle adoptée par l’État algérien pour sortir de l’impasse ne plait pas à Graphika;
  • Graphika supporte la politique du « Yetnahaw Gaa » prônée en particulier par les ongistes (formés et financés par les organismes américains d’« exportation » de la démocratie), les islamawistes « offshore » et les makistes séparatistes;
  • Graphika se positionne contre les institutions de l’État algérien et soutient les groupes cités précédemment, dont deux sont considérés comme des organisations terroristes;
  • L’État algérien manipule l’information, mais aucun mot sur l’incommensurable manipulation des trois groupes cités;
  • Facebook (et les autres médias sociaux) autorise (encourage?) les manifestations en ligne pour ceux qui militent pour la phase de transition, mais ferme les comptes de ceux qui soutiennent la démarche constitutionnelle.

Passons maintenant à ce que Graphika appelle des preuves à ses allégations. Le rapport commence avec un article concernant Noureddine Boukrouh qui est commenté comme suit :

« Dans l'ensemble, les comptes et les pages identifiés par Facebook ont montré des signes clairs de coordination, ainsi que l'utilisation de fausses identités et d'autres pratiques trompeuses pour induire les utilisateurs en erreur. Dans une illustration particulièrement frappante en juin de cette année, 42 des pages identifiées ont publié la même photo avec des légendes identiques attaquant des opposants au gouvernement algérien. Beaucoup de ces pages se sont présentées comme des groupes pro-démocratie ou des médias indépendants »

Quel niveau d’analyse! Hercule Poirot en aurait perdu sa moustache!

 

 

Mensonge et inversion des rôles:

1- Graphika prétend que Noureddine Boukrouh a été qualifié de "fou" alors que c'est lui qui a traité le Président de la république algérienne de la sorte.

2- En plus, Graphika affirme qu'il s'agit d'une "attaque coordonnée contre un opposant" alors qu'il s'agit d'un de mes articles, publié sur mon site, en réponse au sien.

Il s’avère qu’il s’agit de MON article intitulé « Un goujat nommé Boukrouh » qui a été publié sur mon site avec la même photo, mais qui a aussi été repris par d’autres sites (site 1site 2site 3, etc.). Il est donc normal que des pages Facebook le reprennent comme c’est le cas de tous mes articles. Mon récent poème en hommage à Djamel Bensmaïl, par exemple, a été repris intégralement par des dizaines de pages. Où est le problème? Les réseaux sociaux ne servent-ils pas à cela? Ou alors c’est halal pour certains et haram pour d’autres?

Au-delà de cet aspect, ce qui attire l’attention, c’est la légende :

« Captures d'écran montrant la publication coordonnée d'une attaque décrivant la figure de l'opposition Noureddine Boukrouh comme « folle » peu de temps après avoir critiqué Tebboune ».

Il s’agit d’un pur mensonge! C’est M. Boukrouh qui a traité le président Abdelmadjid Tebboune de fou dans un post sur Facebook! En toute lettre dans le titre!

Question pour Graphika et Facebook : accuser fallacieusement un président en exercice de folie ne mérite pas la fermeture du compte de M. le « sain d’esprit »?

En plus de l’institution présidentielle, c’est l’institution militaire algérienne qui a été dénigrée, comme si ces mêmes institutions, aux États-Unis ou en Occident n’avaient pas le droit de s’exprimer sur l’état de la Nation. Comme tous les pays du monde, l’Algérie a ses institutions étatiques et s’exprime dans les médias qu’elles jugent adéquat à son message.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, le rapport de Graphika critique le droit à l’institution militaire de faire des reportages sur les « fake news » et de dénoncer les agissements de certains groupes qui menacent la sécurité et la souveraineté de l’Algérie.

Le rapport cite nommément « Karim Tabbou » (cité 3 fois), « Amir DZ » (cité 4 fois), « Rachad » (cité 4 fois), « Mohamed Larbi Zitout » (cité 5 fois) et Mourad Dhina.

« Les cibles clés depuis 2019 comprenaient : Karim Tabou - une figure de l'opposition qui a été arrêtée par la police algérienne en 2020 et 2021 ; Amir Boukhors (« Amir DZ »), un dissident anti-régime en France ; et deux co-fondateurs du groupe politique « Rachad » - Mohamed Larbi Zitout, qui vit en exil à Londres, et Mourad Dhina, qui vit en Suisse. En mars 2021, un tribunal algérien aurait émis des mandats d'arrêt contre Boukhors et Zitout pour "terrorisme" ».

Les « ténors autoproclamés du Hirak », en l’occurrence Mostefa Bouchachi, Zoubida Assoul et Karim Tabbou, sont aussi présentés comme des « critiques du régime algérien ».

Comme par hasard, toutes les personnes citées, sans aucune exception, collaborent ensemble tel qu’expliqué dans mon livre sur le Hirak et sont, bien évidemment, toutes pour la phase de transition.

Décidément, la vision de Graphika (et de ses commanditaires) est dichotomique :  il y a des bons et des mauvais. Les bons sont ceux qu’elle nomme « les figures de l’opposition » et les mauvais sont les institutions étatiques, présidentielle et militaire.

Par contre, aucun mot n’est prononcé sur le nombre incalculable de comptes Facebook qui sont, directement ou indirectement, liés à ces « figures » et qui, nuit et jour, dénigrent ces mêmes institutions.

Pour plus de détails et pour comprendre le rôle de ces groupes qui ont surfé sur le Hirak algérien, le lecteur est invité à consulter mon interview sur le sujet.

Il faut dire que certains passages du rapport Graphika frôlent la dérision. Jugez-en.

« Les pages et les comptes du réseau ont constamment fait l'éloge de l'Armée nationale populaire algérienne (الجيش الوطني الشعبي الجزائري). Le réseau a amplifié des images d'exercices d'entraînement et d'autres événements, ainsi que des mèmes et des dessins animés pro-militaires, présentant tous l'armée algérienne comme des protecteurs forts et bien équipés du peuple algérien ».

Est-il donc interdit de faire l’éloge de l’armée de son pays? N’en déplaise à Graphika, l’institution militaire protège non seulement le peuple algérien, mais aussi l’intégrité et la souveraineté de son pays.

Encore une ineptie racontée dans le rapport : Graphika reproche à certaines pages d’avoir fait la promotion des élections législatives du 12 juin 2021.  Mais qu’y a-t-il de mal à vouloir encourager les citoyens à accomplir leur devoir électoral? Pourquoi alors n’avoir rien dit sur ces « grands démocrates », vulgaires factotums de ces « figures de l’opposition » qui, à l’étranger, empêchaient violemment les personnes de voter? Il est clair que les informateurs « autochtones » ne leur ont pas raconté toute l’histoire aux « experts » de Graphika. Ou alors est-ce cette dernière qui a filtré les informations pour diaboliser les institutions étatiques algériennes et sanctifier cette « opposition » qui travaille à la destruction du pays avec la bénédiction de l’Oncle Sam et de l’OTAN?

Il faut le dire clairement : un travail scientifique crédible doit nécessairement analyser les activités des deux protagonistes et non faire preuve de cécité sélective en faveur de celui qu’on veut soutenir. Le rapport de Graphika montre une faiblesse méthodologique si flagrante que son soi-disant travail « scientifique » n’est en réalité que de la propagande pour un camp choisi, le même qui a été sélectionné par les organismes américains d’« exportation » de la démocratie dans le but de réaliser un « regime change » en Algérie par le biais du soft power.

Graphika ne s’arrête pas là. Elle va jusqu’à consacrer une section sur le Maroc et la France intitulée « Maroc malveillant, France traîtresse ».

Elle y prétend que les médias de ces deux pays sont des bisounours et que l’Algérie les calomnie. Alors qu’elle attaque les chaines de télévision étatiques algériennes, Graphika présente France 24 comme une chaine inoffensive, ne précisant pas qu’il s’agit d’une des chaines étatiques françaises qui travaille directement avec le Quai d’Orsay  et dont le rôle dans le Hirak a été très partial (pour ne pas dire hostile à l’Algérie) comme expliqué dans un de mes articles publié en 2019. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que son accréditation en Algérie lui a été retirée en juin 2021.

Quant au Maroc, son action belliqueuse et agressive sur les réseaux sociaux contre l’Algérie est passée, elle aussi, sous silence. Il faudrait peut-être rappeler à Graphika l’affaire Pegasus dont elle n’a, bien sûr, pas soufflé mot. Le Maroc n’a-t-il pas espionné 6000 personnes en Algérie, ou est-ce encore une « fake News » des institutions présidentielle ou militaire?

Il fallait s’y attendre. Mohamed Larbi Zitout, un des membres du mouvent Rachad cité dans le rapport Graphika, en a fait ses choux gras dans une de ses interminables logorrhées cyberspatiales.

Ce qui répond tout naturellement à l’importante question : Cui Bono?

Conclusion

Cette étude nous permet de tirer les conclusions suivantes :

  • La société Graphika est financée par des entités directement ou indirectement reliées à l’administration américaine, à l’administration britannique, à l’OTAN et à des organismes américains d’« exportation » de la démocratie;
  • La société Graphika ne fait pas d’études pour informer les citoyens. Elle ne s’intéresse qu’aux médias sociaux de pays ciblés par les États-Unis ou par certains pays membres de l’OTAN comme la Grande-Bretagne;
  • Ces dernières années, les principaux pays ciblés par les études de la société Graphika sont la Russie, la Chine et l’Iran.
  • Les études sur la Russie sont très nombreuses et très agressives, ce qui confirme l’influence de l’Atlantic Council, le think tank non officiel de l’OTAN;
  • La société Graphika possède des relations avec certains géants du Web, soit directement, soit à travers ses « experts »;
  • La société Graphika collabore directement avec Facebook et lui fournit la liste des pages à supprimer;
  • Ce faisant, Facebook n’est pas indépendante, mais se comporte comme une entreprise impliquée dans la mise en œuvre de la politique étrangère étasunienne et de l’OTAN (Ceci n’est pas nouveau : la collusion entre certains géants du Web et l’administration américaine a été longuement discutée dans mon livre « Arabesque$ » et certains de mes articles);
  • La société Graphika n’a pas étudié les médias sociaux algériens fortuitement. Le timing, le parti pris et les attaques frontales contre les institutions fondamentales de l’État algérien indiquent que cette étude a été commanditée par des groupes ou des états qui favorisent un « regime change » en Algérie et qui y travaillent;
  • Ce dernier point est évident à la lecture du rapport qui présente négativement les institutions étatiques algériennes et positivement ce qu’il appelle « les figures de l’opposition »;
  • Aucune étude n’a par contre été réalisée sur l’utilisation des médias sociaux par « les figures de l’opposition », ce qui enlève toute scientificité au rapport et en fait, par voie de conséquence, un pur outil de propagande contre l’Algérie;
  • Les relations entre certaines « figures de l’opposition » et l’administration américaine (explicitées dans mon livre sur la question) ayant été complètement occultées dans le rapport, on en déduit que Graphika joue un rôle analogue et complémentaire aux organismes américains d’« exportation » de la démocratie;
  • Ces trois derniers points indiquent que Graphika, ainsi que les diverses institutions (étatiques ou non) avec lesquelles elle collabore, supportent et soutiennent activement « les figures de l’opposition » contre l’État algérien;
  • Tout cela nous amène à conclure que Graphika est un outil de plus dans l’arsenal du soft power américain, spécialisé dans un nouveau « champ de bataille » qui n’est autre que le monde virtuel des médias sociaux.
  • Les actions menées de manière agressive par les organismes américains d’« exportation » de la démocratie, combinées à celles des ONG droitdelhommistes ainsi que les attaques de la société Graphika montrent, de manière non équivoque, que l’Algérie est actuellement sous le feu nourri d’une guerre de quatrième génération.
  • https://www.mondialisation.ca/le-rapport-de-graphika-soft-power-et-guerre-de-4e-generation-contre-lalgerie/5659570
  •  

 


 

 

Dans ALGERIE

L’ALGERIE ROMPT SES RELATIONS DIPLOMATIQUES AVEC LE MAROC

Par Le 24/08/2021

 

Alger

L'Algérie rompt ses relations diplomatiques avec le Maroc

© CC BY-SA 2.0 / Citizen59 / Alger

MAGHREB

18:17 24.08.2021(mis à jour 19:52 24.08.2021)URL courte

Par 

5414536

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L'Algérie annonce rompre ses relations diplomatiques avec le Maroc. La décision est entrée en vigueur ce 24 août, a informé le chef de la diplomatie algérienne.

L'Algérie rompt ses relations diplomatiques avec le Maroc, a annoncé mardi le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, lors d'une conférence de presse, accusant Rabat d'«actions hostiles».

Les relations entre le Maroc et l'Algérie sont tendues depuis des décennies en raison notamment de la situation au Sahara occidental, et la frontière entre les deux pays est fermée depuis 1994.

«Le royaume du Maroc n’a jamais cessé de mener des actions hostiles, inamicales et malveillantes à l’encontre de notre pays», a lancé le chef de la diplomatie algérienne. «L’Algérie refuse de subir des comportements et des actes condamnables et qu’elle condamne énergiquement. L’Algérie refuse les faits accomplis unilatéraux aux conséquences funestes pour les peuples maghrébins».

Le ministère marocain des Affaires étrangères n'a pas pu être joint dans l'immédiat pour commenter l'annonce d'Alger.

La rupture des relations diplomatiques est effective dès ce mardi, mais les consulats dans les deux pays resteront ouverts, a précisé Ramtane Lamamra.

Incendies, Kabylie

 

L'usine à gaz de Krechba, dans le Sahara algérien

© AP PHOTO / AFLRED DE MONTESQUIOU

Le Maroc favorable au maintien du gazoduc reliant l'Algérie à l'Europe

La semaine dernière, l'Algérie avait déclaré que les incendies dévastateurs qui ont frappé le nord du pays étaient le fait de groupes qualifiés de terroristes, dont l'un soutenu selon elle par le Maroc.

 

Ramtane Lamamra a évoqué un soutien marocain à l'un de ces groupes qui revendique l'autonomie de la région algérienne de Kabylie et il a accusé Rabat d'avoir espionné des responsables algériens et d'avoir failli à ses obligations bilatérales, entre autres concernant le Sahara occidental.

Alger soutient le Front Polisario, qui revendique l'indépendance du Sahara occidental, région au sud du Maroc. 

https://fr.sputniknews.com/maghreb/202108241046043009-lalgerie-rompt-ses-relations-diplomatiques-avec-le-maroc/

Dans ALGERIE

DEPUIS MOSCOU, LE CHEF D’ETAT-MAJOR DE L’ARMEE ALGERIENNE (ANP) ACCUSE LE MAROC ET DES PUISSANCES ETRANGERES DE VOULOIR DESTABILISER LE MAGHREB

Par Le 26/06/2021

Saïd Chengriha

Depuis Moscou, l'armée algérienne accuse le Maroc et des puissances étrangères de vouloir déstabiliser le Maghreb

© AP Photo / Fateh Guidoum

AFRIQUE

13:11 26.06.2021(mis à jour 16:00 26.06.2021)URL courte

Par 

245114

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Intervenant dans le cadre de la Conférence de Moscou sur la sécurité, le chef d’état-major de l’armée algérienne, le général Saïd Chengriha, a accusé le Maroc d’attiser les tensions au Maghreb et au Sahel à travers le conflit au Sahara occidental. Il a également pointé du doigt l’escalade militaire et l’ingérence étrangère dans ce dossier.

Le langage diplomatique est loin d’être le point fort du général Saïd Chengriha. Jeudi 24 juin, lors de la Conférence de Moscou sur la sécurité internationale, le chef d’état-major de l’armée nationale populaire (ANP) a attaqué frontalement le Maroc qu’il a accusé d’avoir provoqué un nouveau conflit contre le Front Polisario suite à «la violation de l’accord du cessez-le-feu le 13 novembre 2020». Dans son discours, il n’a pas hésité à qualifié le Maroc de «colonisateur».

«J’ai maintes fois souligné que les agissements du colonisateur visant à annexer avec force les territoires sahraouis, tout en faisant fi du concept du respect des droits de l’homme dans les territoires occupés, sont incompatibles avec la Charte de l’Onu et l’acte constitutif de l’Union Africaine dont la République Arabe Sahraouie Démocratique est un membre fondateur. Cette situation inquiétante marquée par l’escalade militaire et les ingérences étrangères pourrait attiser les tensions dans l’ensemble de la région. Ce constat très alarmant pour la sécurité et la paix, exige de la communauté internationale de prendre ses responsabilités en respectant strictement les dispositions du droit international dans la résolution de cette crise», a déclaré le général.

Partenariat stratégique

 

Un système antiaérien Pantsir-S1 lors d'un exercice (archive photo)

© SPUTNIK . SERVICE DE PRESSE DE LA RÉGION MILITAIRE RUSSE DE L'OUEST

Ces armes russes qui font de l’Algérie une puissance militaire régionale

En abordant à partir de la Russie, allié stratégique de l’Algérie, le conflit du Sahara occidental, le chef d’état-major de l’armée algérienne a certainement voulu démontrer que cette question relève de la sécurité nationale de son pays. Dans le contexte sahraoui, le Maroc ne semble pas être l’unique adversaire puisque Saïd Chengriha fait également référence «aux ingérences étrangères» dans ce dossier.

 

Riadh Sidaoui politologue et directeur du Centre arabe de recherches et d’analyses politiques (Caraps) à Genève explique a Sputnik que l’Algérie et la Russie entretiennent des relations historiques qui datent du temps où l’Union soviétique soutenait la guerre d’indépendance algérienne. «L’Algérie n’était pas en guerre uniquement contre la France, mais aussi contre l’Otan», fait-il remarquer.

«La relation algéro-russe est basée sur les notions de confiance, de respect et de fidélité historique. La particularité de ce partenariat stratégique est que l’Algérie a accès à des équipements militaires russes de haute technologie. Outre la question historique, cette opportunité s’explique par plusieurs facteurs: l’Algérie a toujours payé au prix fort les armes qu’elle achète, c’est donc un très bon client. Contrairement aux Égyptiens, les Algériens n’ont jamais divulgué les secrets des armes russes aux Occidentaux. Moscou considère Alger comme un allié stratégique qui fait face à un même ennemi, l’Otan», précise Riadh Sidaoui.

Pour le directeur du Caraps, une confrontation entre les forces de l’Otan et l’armée algérienne «ne relève pas de la science-fiction».

«Les Algériens ne commandent pas des avions de combat de cinquième génération Sukhoï 57 et des systèmes de missiles antiaériens S400 [l’acquisition par l’Algérie de cet équipement n’a jamais été confirmée. Ndlr] pour faire face au Maroc ou encore à des terroristes maliens. L’objectif est de faire face à une menace plus puissante comme cela a été le cas pour la Libye ou encore pour la Syrie», assure-t-il.

Nehone et Rowand

 

Des soldats de l'armée algérienne.

© AFP 2021 AP

Opérations extérieures: jusqu’où ira l’armée algérienne?

Riadh Sidaoui en veut pour preuve l’organisation de l’exercice militaire international African Lion 2021 qui s’est déroulé dans le sud du Maroc, près de la frontière du Sahara occidental, du 7 au 18 juin 2021. «Ces manœuvres menées par l’armée américaine sont un message clair adressé à Alger», note le politologue. Il s’avère que le 9 juin, la Force opérationnelle de l’Europe du Sud-Afrique de l’armée américaine (SETAF-AF) a organisé à Agadir un exercice de simulation de destruction de batteries de missiles antiaériens S300 et S400. Les systèmes de fabrication russe étaient installés dans deux territoires ennemis fictifs, Nehone et Rowand. Mais dans une vidéo d'un exercice du SETAF-AF rendue publique par un officier américain apparaît une carte de l’Algérie sur laquelle sont identifiés clairement Nehone et Rowand comme étant les IIIe et IVe régions militaires de l’armée algérienne.

 

​L’Algérie étant le seul pays du Maghreb à posséder des S300, et peut-être même des S400, il est peu probable que ce choix soit une simple coïncidence. Surtout que les deux régions militaires ciblées comptent parmi les plus puissantes de l’armée algérienne en hommes et en équipements puisqu’elles ont pour mission de protéger les frontières sud-est et sud-ouest de diverses menaces, notamment d’attaques terroristes, d’offensives d’armées régulières ou de milices armées. 

https://fr.sputniknews.com/afrique/202106261045791832-depuis-moscou-larmee-algerienne-accuse-le-maroc-et-des-puissances-etrangeres-de-vouloir/

Dans ALGERIE

LEGISLATIVES ALGERIENNES : PRES DE 77% D’ABSTENTIONS. UN SINGLANT CAMOUFLET POUR LE POUVOIR

Par Le 18/06/2021

18 Juin 2021

publié le 17/06/2021
Législatives algériennes : Un cinglant camouflet pour le pouvoir

En boycottant massivement les urnes à l’occasion du scrutin législatif convoqué le 12 juin, les Algériens viennent d’infliger un nouveau camouflet au pouvoir en place. Même si la participation annoncée laisse perplexes les observateurs, l’abstention frôle les 77% ! Jamais depuis l’indépendance, le désaveu n’a été aussi fort.

Alors que le mal élu président Abdelmadjid Tebboune avait exhorté les électeurs à se rendre massivement aux urnes, la défiance à l’égard du système s’est amplifiée à l’image de ce qui s’était passé lors de la présidentielle et de la réforme constitutionnelle. L’opposition laïque et de gauche comme le MDS, le FFS ou le RCD avaient stigmatisé cette mascarade électorale.

Cette consultation avait un double objectif : confirmer la reprise en main du pays par les castes rejetées et corrompues mais aussi neutraliser la dynamique du Hirak. Pour ces raisons, la campagne électorale s’est déroulée sous le signe de la peur et de la fureur répressive. Les marches du Hirak ont été interdites tandis qu’une modification du code pénal transforme désormais les manifestants en « terroristes ». Les arrestations se sont multipliées ces dernières semaines si bien que l’on compte actuellement 225 prisonniers politiques issus du Hirak. Afin de frapper l’opinion, la veille du scrutin, une figure du mouvement Karim Tabbou et deux journalistes de renom Khaled Drareni et Ihsan El Kadi ont été emprisonnés.

Ces résultats, sans aucune légitimité populaire, consacrent le retour des partis totalement discrédités. Ainsi le Front de libération national (FLN) arrive en tête suivi des « indépendants » choyés par le pouvoir voire par les islamistes. Ces derniers, issus des Frères musulmans comme le Mouvement pour le salut et la paix (MSP), arrivent en troisième position. Le FLN et les islamistes, aussi rétrogrades les uns que les autres, devraient constituer une alliance sur une base islamo-conservatrice, fossilisant une situation bloquée, afin de tenter de punir le peuple algérien.

Cependant le Hirak est toujours là, il est le contre-pouvoir, il est l’alternative, porteur des espoirs de modernité, de liberté et de justice. Il exige toujours un changement de système, un Etat de droit, une transition démocratique et la reconnaissance de la souveraineté du peuple. Ce mouvement s’inscrit dans la durée et porte l’avenir pour le peuple algérien.


Pascal Torre
responsable-adjoint du secteur international du PCF
chargé du Maghreb et du Moyen-Orient

source : https://www.pcf.fr/legislatives_algeriennes_un_cinglant_camouflet_pour_le_pouvoir

Tag(s) : #Algérie#PCF

Dans ALGERIE

ALGERIE : L’ARMEE ET LE POUVOIR VEULENT EN FINIR AVEC LE HIRAK

Par Le 07/06/2021

6 Juin 2021

publié le 04/06/2021
Algérie : L’armée et le pouvoir veulent en finir avec le Hirak

Les mobilisations populaires du mois de mai en Algérie ont été marquées par une intensification de la répression à l’égard du Hirak.

Près de 2000 arrestations ont eu lieu ces trois dernières semaines dans tout le pays avec des gardes à vue et des mandats de dépôts portant le nombre d’incarcérés à 175 militants. Des figures du mouvement comme Ouahid Benhalla ou Fethi Ghares du Mouvement démocratique et social (MDS) ont été arrêtés alors que le premier a écopé d’un an de prison. Le président et le chargé de communication du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Mohcine Belabbas et Athmane Mazouz ont aussi été interpellés comme l’ancien responsable du Front des forces socialistes (FFS), Ali Laski.

A la veille du scrutin législatif du 12 juin, l’armée et le pouvoir du président Abdelmadjid Tebboune veulent reprendre les choses en main. Désormais, les condamnations tombent brutalement. Les pressions s’accroissent pour empêcher les cortèges, désormais soumis à autorisation préalable, ce qui revient à les interdire. Chaque vendredi, les dispositifs sécuritaires sont massivement présents générant des brutalités tandis que les réseaux sociaux sont autoritairement bloqués. Étudiants, avocats, dirigeants d’organisations partisanes, journalistes, bloggeurs sont dans le collimateur. Dans un récent documentaire produit par l’armée et diffusé largement, les manifestants du Hirak sont diabolisés accusés pêle-mêle d’être des terroristes, des indépendantistes kabyles, des islamistes ou des agents de l’étranger.

Après les échecs de la présidentielle et du référendum, largement boycottés par le peuple algérien, le pouvoir craint un nouveau désaveu. Il sait par ailleurs que le Hirak, ce mouvement radical et pacifiste, est destiné à durer et qu’il pourrait être rejoint par un mouvement social d’ampleur qui proteste face à l’effondrement du pouvoir d’achat et l’inflation.

Les dernières déclarations d’E. Macron et de J.-Y. Le Drian, qui encouragent les autorités à poursuivre des réformes honnies, n’en finissent pas de heurter les démocrates algériens. Les communistes français apportent, dans le respect d’indépendance, leur soutien total au peuple algérien.

Pascal Torre
responsable-adjoint du secteur international du PCF
chargé du Maghreb et du Moyen-Orient

source : https://www.pcf.fr/algerie_l_armee_et_le_pouvoir_veulent_en_finir_avec_le_hirak

Tag(s) : #Algérie#PCF

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AVEC LE KEFFIEH PALESTINIEN, L’EQUIPE NATIONALE ALGERIENNE DE FOOTBALL SOUTIENT LE PEUPLE PALESTINIEN

Par Le 05/06/2021

Avec le keffieh palestinien.. l’équipe nationale algérienne de Football soutient la Palestine

 Depuis 2 minutes  5 juin 2021

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 Algérie - Article traduit - Maghreb - Monde arabe - Spécial notre site

 

En guise de solidarité avec la cause palestinienne, les joueurs de l’équipe nationale algérienne de Football ont porté le keffieh palestinien lors du match amical contre la Mauritanie Vendredi dernier, au cours duquel les « Guerriers du désert » ont remporté le match à 4-1.

Les joueurs de l’équipe nationale algérienne ont exprimé leur soutien au peuple palestinien suite à la récente agression israélienne sur la bande de Gaza, en portant des foulards aux couleurs des drapeaux algérien et palestinien autour du cou, avant le lancement du match qui s’est déroulé au stade Mustafa Chaker dans la ville algérienne de Blida.

Cette initiative a été applaudi u parmi les fans algériens, qui ont exprimé leur joie  envers cet acte symbolique sur les réseaux sociaux.

A  noter que les noms des joueurs « verts » avaient inscrits leurs noms sur leurs maillots en arabe, ce qui a  impressionné les fans.

Les buts de l’Algérie ont été marqués par Sofiane Feghouli (double), Adam Ounass et Bagdad Bounedjah, tandis que Sidi Yacoub a inscrit le seul but de la Mauritanie.

L’équipe nationale algérienne et son homologue mauritanienne se préparent pour la Coupe d’Afrique des nations au début de l’année prochaine, et toutes deux participeront aux éliminatoires africaines de la Coupe du monde, qui débute fin août.

Source: Traduit du journal AlAkhbar

https://french.almanar.com.lb/2088594

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ALGERIE : TENIR LES PALESTINIENS POUR RESPONSABLES DES VIOLENCES EST INACCEPTABLE

Par Le 19/05/2021

Algérie: Tenir les Palestiniens pour responsables des violences est inacceptable

 Depuis 16 heures  19 mai 2021

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 Algérie - Article traduit - Maghreb - Monde arabe - Spécial notre site

 

L’Algérie continue de soutenir le peuple palestinien contre les attaques israéliennes par la voix de son ambassadeur permanent auprès des Nations Unies qui déclaré qu’ »il est inacceptable de tenir les Palestiniens pour responsables de l’escalade de la violence ».

L’ambassadeur permanent d’Algérie auprès des Nations Unies, Sofiane Mimouni, a déclaré: « Tenir le peuple palestinien responsable de la violence est inacceptable et est voué à l’échec » soulignant que « la récente escalade est le résultat direct de la politique d’oppression des forces d’occupation israeliennes qui sapent la paix et l’établissement d’un Etat palestinien ».

Il a appelé à « adopter des mesures pratiques pour mettre fin à la violence et à utiliser des moyens diplomatiques pour abolir les mesures illégales prises par les autorités de l’occupation israélienne ».

Le responsable des relations au sein du « Comité de secours du peuple palestinien » en Algérie, Karim Rezki, a révélé à la chaine satellitaire libanaise Al-Mayadeen, qu' »une mission algérienne de secours médical se rendrait à Gaza », indiquant qu' »il existe un  plan pratique  élaboré pour soigner les victimes de l’agression israélienne dans toute la Palestine, et qui a été approuvé par  l’Association des oulémas musulmans et autres associations algériennes  humanitaires.

Pour sa part, l’Organisation des avocats algériens a annoncé le lancement d’une initiative visant à poursuivre en justice les dirigeants de l’occupation israélienne devant les tribunaux internationaux, en coordination avec l’Organisation des avocats arabes et l’Organisation des avocats palestiniens.

L’Algérie a annoncé plus tôt qu’elle se tenait aux côtés du peuple palestinien dans sa lutte contre l’occupation israélienne. Une campagne de solidarité et de soutien à al-Qods et au peuple palestinien a été lancée sous le slogan « Al-Qods main dans la main », contre les tentatives de déplacement et les violations continues de l’occupation israélienne, à al-Qods occupée, en particulier dans la mosquée Al-Aqsa et le quartier de Cheikh Jarrah.

Source: Traduit d'AlMayadeen

https://french.almanar.com.lb/2075108

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ALGERIE : L'EPOPEE D'ANNIE STEINER

Par Le 26/04/2021


Ici mieux que là-bas

L’épopée d’Annie Steiner

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Publié par Arezki Metref
le 25.04.2021 , 11h00
1886 lectures

 

 

Y’a des moments comme ça où affirmer sa fierté d’être algérien prend un sacré coup dans l’aile ! L’un de ces moments est l’enterrement de la moudjahida Annie Steiner.(1) Fier de voir le peuple, son peuple, ses amis, ses compagnons de lutte, l’enterrer dans cette terre à laquelle elle a sacrifié sa vie. Mais moins fier — beaucoup moins fier — de la modicité de la reconnaissance officielle de la part de pouvoirs publics pourtant habituellement enclins, en pareilles circonstances, à déployer de pompeux cérémoniaux. On sent comme une ambiguë circonspection. Avec tout le respect et l’affection qu’on peut avoir pour la diva, tout le monde ne peut pas être Warda El Djazaria ! Idem : avec tout le respect et la considération qu’on a pour l’acteur, tout le monde n’est pas Roger Hanin ?
Pourquoi donc cette réserve ? Est-ce parce qu’elle a demandé des funérailles simples, « sans chichi », comme le commente un de ses amis, Mohamed Larbi Merhoum ?
Possible ! N’y a-t-il pas d’autres raisons ?
Pour infiniment moins que ce qu’elle a fait et enduré, d’autres ont eu droit aux pompes de l’État. « D’origine européenne » comme on dit, elle choisit d’être algérienne et, en tant que telle, elle s’est battue pour un idéal, la cause de l’indépendance du pays.
Annie Steiner, Fioro de son nom de jeune fille, était issue d’une famille de pieds-noirs d’origine italienne. Elle vit le jour le 7 février 1928 à Hadjout (ex-Marengo). Née deux ans avant la célébration du centenaire de la colonisation, elle grandira dans une époque où le système colonial, fort de son autolégitimation, semblait devoir durer éternellement. Et malheur aux vaincus ! Dans ce contexte d’apartheid colonial, de séparation des populations entre colonisés et colonisateurs, on peut s’interroger sur ce qui a bien pu pousser la petite Annie Fioro à apprendre l’arabe en cachette à l’âge de 12 ans ? Déjà un signe de transgression de l’ordre !
Elle épousa Rudolph Steiner, un architecte suisse qui travailla dans les équipes de Le Corbusier, avec qui elle eut deux filles, Edith et Ida. Au lendemain de l’arrestation d’Annie Steiner, son époux quittera l’Algérie emmenant ses deux enfants dont la mère perdra la garde dans une procédure de divorce intentée devant les tribunaux suisses à la fin de la guerre. La perte de sa famille : voilà une des conséquences de son engagement dans le FLN.
Quand elle a été arrêtée, il semble que son époux aurait essayé de la faire libérer en tant que citoyenne suisse. Mais la démarche individuelle était contraire à ses principes de combattante anticolonialiste. C’est son peuple qui devait être libéré, pas elle seule ! Elle refusa toute compromission de ce genre !
Le jour du cessez-le-feu, heureuse d’avoir gagné l’indépendance, elle devait dans le même temps déplorer la perte de ses filles.
L’intérêt et la solidarité avec les Algériens colonisés la conduisent naturellement à soulager la misère de ses frères et sœurs en s’engageant dans les Centres sociaux auprès de Germaine Tillion. Rallier le FLN fut la suite logique de sa démarche révolutionnaire.
Agent de liaison pour le FLN, elle joua un rôle crucial avec l’agent de liaison du PCA, Joséphine Carmona, une lingère d’Oran membre du Parti communiste algérien,  dans la rencontre entre les dirigeants du PCA et ceux du FLN en 1956. Sadek Hadjeres se souvient avoir passé la nuit chez les Steiner, la veille de la deuxième rencontre FLN/PCA qui s’est déroulée rue Horace-Vernet où habitait le couple.
Membre des réseaux de Yacef Saâdi, elle est arrêtée le 15 octobre 1956 et condamnée en mars 1957 à 5 ans de prison. Incarcérée à Barberousse, elle assiste à l’exécution de trois militants de l’indépendance Fernand Iveton, Mohamed Ben Ziane Lakhnèche et Ali Ben Khiar Ouennouri, dits « Ali Chaflala » et « Petit Maroc ».
Elle composa un poème devenu célèbre : « Ce matin ils ont osé. /Ils ont osé vous assassiner/En nos corps fortifiés/Que vive notre idéal/Et vos sangs entremêlés/Pour que demain ils n'osent plus/Ils n'osent plus nous assassiner. »
Après l’indépendance, elle reste en Algérie où elle travaillera dans l’administration pendant trente ans. Elle vécut simplement et dans l’anonymat, fidèle aux principes de Novembre 1954, affirmant : « J’ai toujours cet idéal de liberté, je ne l’oublierai jamais. » Elle est morte en respectant jusqu’au bout son éthique de moudjahida. Alors pourquoi cette modération dans la reconnaissance officielle ? Est-ce parce qu’elle faisait partie de ces moudjahidate qui n’étaient pas tendres avec ceux qui ont détourné les promesses de Novembre ? Connue pour son franc-parler, elle déclarait : « Je n’ai pas fait cinq années de prison et perdu mes enfants, pour voir l’Algérie pillée comme au temps du colonialisme, pour que Monsieur Mohamed remplace Monsieur Pierre. »
Est-ce parce que, d’origine européenne, elle ne correspond pas ou plus au profil du nouveau héros national qui doit fatalement porter un patronyme à  consonance musulmane ?
Ce peuple, le sien, pour lequel elle a souffert et combattu n’est pas responsable de l’ingratitude de ses représentants obligés !
Peut-être assiste-t-on à un inédit révisionnisme qui essaye de réécrire l’histoire du mouvement national et de la guerre d’indépendance à travers le prisme étroit et fallacieux qui veut rétroactivement transformer la guerre d’indépendance en guerre de religions ?
Y’a des moments comme ca où il y en a qui osent…
A. M.

1) Annie Steiner répond avec sa franchise habituelle à toutes les questions dans l’ouvrage d’entretien réalisé en 2011 par notre consœur Hafida Ameyar : La Moudjahida Annie Fiorio Steiner – Une vie pour l’Algérie – Hafida Ameyar – édité par des amis de Abdelhamid Benzine – Alger septembre 2001.

https://www.lesoirdalgerie.com/ici-mieux-que-la-bas/lepopee-dannie-steiner-60156

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TEMOIGNAGE : IL Y A 60 ANS, ECHEC DU PUTSCH FASCISTE DE QUATRE GENERAUX FELONS POUR GARDER L’ALGERIE FRANCAISE

Par Le 22/04/2021

 

ATTITUDE DES SOLDATS DU CI DE OUED-SMAR LORS DU PUTSCH DES GENERAUX FELONS EN AVRIL 1961



Je précise que notre CI était disciplinaire. Je n'avais pas 20 ans.


Le putsch s'est déclenché dans la nuit du vendred 21 au samedi22 avril 1961 .

Bien qu'habitués au réveil matinal, nous avons brusquement été réveillés par des bruits insolites de véhicules chenillés. Notre camp était investi de blindés légers de la légion étrangère, les fantassins au béret vert, armés jusqu'aux dents, étaient déployés en tirailleurs. Nous ne comprenions pas ce qui se passait. L'écoute de radio Alger sur les transistors ne nous donnait à entendre que de la musique militaire.
Les treize pied-noirs de notre compagnie ne cachaient pas leur joie alors que nous les métropolitains, nous ne partagions pas leur exubérance. On se méfiait donc des treize pied-noirs que nous savions acquis aux généraux putschistes.
Curieusement, du lieutenant MERVIEL au serpatte Corse, les engagés s'étaient tous volatilisés. Nous n'avions plus de chefs. Entre appelés, les discussions étaient incessantes et animées. Nous étions tous d'accord et refusions de suivre les généraux félons mais, que faire? Comment procéder pour marquer notre opposition à ces traîtres. Le travail au corps des militants des jeunesses communistes, nous ne nous connaissions pas, en direction des appelés moins politisés, fut intense. Sur toute la compagnie, à l'exception des treize pieds-noirs, seul un métropolitain qui professait des idées extrémistes favorables aux séditieux, tentait d'entrainer les gars avec les factieux. Nous l'avons isolé.
Nous les appelés, nous étions tous favorables au refus de tout travail et de tout ordre des chefs. La situation était incontrôlable et dangereuse puisque nous ne savions pas ce qui se passait dans les autres unités, les factieux s'étant rendus maitre de tous les médias. Les mercenaires au bérêt vert de la légion étrangère trainaient alentours. J'ajoute que les bérêts noirs des commandos de l'air parachutistes étaient avec le 1er REP l'un des fer de lance des putschistes,


Dans l'après-midi de ce 22 avril 1961 , trois anciens de la BA149 sont venus dans nos piaules pour discuter avec nous de la situation sur la base. Ils nous ont dit que tous les appelés de la BA149 et tous les marins de l'aéronavale étaient en grève. Les trois anciens nous ont demandé de nous joindre à eux. Sans aucune hésitation, nous avons accepté.

En fin d'après-midi de ce samedi 22 avril 1961 , le colonel LANGLOIS, commandant la BA149 est venu dans nos barraques, flanqué du serpatte Corse, la cravache à la main. Le Corse a gueulé : "A vos rangs, fixe!". Personne n'a bougé. Le faux-cul de colonel LANGLOIS, a essayé de bredouiller qu'il ne fallait pas suivre les anciens alors que nous refusions tout travail et obéissance à nos supérieurs. Un camarade soldat a demandé à LANGLOIS de se positionner contre les factieux. LANGLOIS ne l'a pas fait et n'a pas condanmé les félons. LANGLOIS et son chien de garde Corse ont piteusement rebroussé chemin.

Dimanche 23 avril 1961 au soir :

De Gaulle s'est exprimé à la télévision. Il a demandé de mettre les généraux félons en échec.

Je précise pour l'avoir moi-même vécu, que nous n'avons pas attendu après De Gaulle pour nous opposer par le refus d'obéissance aux généraux putschistes.

Lundi 24 avril 1961 
Les soldats des bases aériennes de Maison-Blanche et de Blida manifestent leur opposition aux factieux par une vive résistance. A Maison-Blanche, l'Internationale est chantée par les soldats. Toujours à Maison-Blanche, les soldats de l'aéronavale et de l'aviation sont toujours en grève. Les mécaniciens avions " sabotent " volontairement les appareils en enlevant une pièce maitresse par crainte que les factieux ne forcent les pilotes à utiliser les avions à des fins séditieuses. Les personnels navigants (P.N.) ont capté la longueur d'onde des véhicules de la légion étrangère. Ils ont émis un faux message, leur ordonnant de se diriger sur Alger. Ce subterfuge, pour éloigner la légion, leur faisait croire à un débarquement de fusiliers-marins, en provenance d'Hyères-Palivestre et qui devait les encercler.

Mardi 25 avril 1961 Des Nordatlas 2501 décollent de pistes différentes pour la métropole, bondés de bidasses. Grâce à cette action habile, les pilotes ont privé les putschistes d'un important moyen de transport aérien. L'un des avions s'est " crashé " en bout de piste sans gravité pour les gus , qui étaient nombreux pour un baptême de l'air improvisé. Nous étions sur la base où nous y avons vu des scènes incroyables, telle cette jeep qui roulait à l'aveuglette car une grappe humaine y était accrochée. Il y avait même des bidasses sur le capot. Il s'agissait de malades et de blessés légers en pyjamas, qui étaient sortis d'eux-mêmes de l'infirmerie. Ils brandissaient et agitaient des drapeaux tricolores. Des sous-officiers sillonnaient la base en voitures civiles, avec des drapeaux à croix de Lorraine, en criant ' Vive De Gaulle !".

Autre fait marquant de ce mardi 25 avril 1961 Les bérêts verts de la légion étrangère rappliquent pour boucler le parking sur lequel nous nous trouvions. Les officiers furieux hurlaient leurs ordres en allemand. Parmi ces allemands, il y avait d'anciens S.S. Je revois encore ces pilotes de l'armée de l'air, regardant comme nous, la scène. Un capitaine pilote s'est écrié : " Nous sommes " faits aux pattes " , alors qu'en même temps les légionnaires, ces mercenaires se ruaient sur les pilotes, sans ménagements, à coups de crosses dans les côtes. Cela se passait à quelques pas de nous. Les carottes étaient déjà cuites pour les factieux.

Si ma mémoire ne me trahit pas, 
c'est le matin du mardi 25 avril 1961 que le lieutenant Merviel est revenu parmi nous. Il a rassemblé la compagnie sur la place du drapeau. Il venait faire ses adieux aux gus du CI. Visiblement très ému et fier de ses bleus , il nous a demandé s'il pouvait compter sur nous. " Que les volontaires sortent du rang en avançant d'un pas !". Toute la compagnie a avancé, à l'exception de l'extrèmiste de droite métropolitain. Le lieutenant Merviel avait les larmes aux yeux. Nous aussi. Il nous a remercié individuellement en passant dans les rangs pour serrer la main et dire quelques mots de sympathie à chacun d'entre nous. Lorsqu'il est arrivé près de moi, la main franchement tendue, j'ai vu dans ses yeux une intense émotion. Il m'a dit : " Toi aussi, petit Tourtaux, tu es volontaire "? Il a ajouté : " Nous nous reverrons". Je ne l'ai jamais revu.
Communiste, j'étais fiché. Il savait que j'étais marqué à l'encre rouge.
En contribuant à la mise en échec des généraux factieux, nous avons fait notre devoir, voilà tout. Ce fut la seule fois où je fus volontaire en Algérie.


Le mercredi 26 avril 1961 le C.I. étant terminé, c'est dans l'après-midi qu'avec une petite quinzaine de gus, je suis muté dans notre nouvelle affectation, l'ETR805, à Mouzaïaville.
Parmi les occupants du GMC, trois ou quatre pied-noirs qui ont soutenu les généraux factieux.
Mouzaïaville est située dans la Mitidja, près de Blida et des gorges de La Chiffa, un des hauts lieux de la Résistance algérienne à l'occupation coloniale française.
Notre GMC s'est arrêté à une intersection de routes pour laisser passer une importante colonne militaire qui n'était autre que le 1er REP (Régiment étranger parachutiste), fer de lance des séditieux. Les mercenaires du 1er REP qui étaient en fuite chantaient la chanson d'Edith Piaf " Non, rien de rien, non, je ne regrette rien " .


Lors du passage du dernier véhicule de cette troupe d'élite, fer de lance des généraux putschistes, les mercenaires au bérêt vert ont tiré plusieurs rafales de MAT49 dans notre direction. Personne ne fut touché dans le GMC .

Ainsi, les généraux félons Salan, Challe, Jouhaux et Zeller, des officiers de haut rang, parmi les plus décorés de l'armée française, ont tourné leurs armes contre la République qu'ils avaient pour mission de défendre. Des mercenaires légionnaires, portant l'uniforme de l'armée française ont tiré sur des soldats de conscription, portant aussi l'uniforme de l'armée française.

La Résistance des appelés du contingent au putsch et la mise en échec des généraux félons, en avril 1961, fut, me semble-t-il, la seule page glorieuse à mettre à l'actif de l'armée française lors de la Guerre d'Algérie. Nous en sommes fiers car nous n'avons pas à en rougir.


Mouzaïaville (Mitidja) : En fin d'après-midi du 26 avril 1961, arrivée à la Base Ecole de Transmissions, l'ETR805, à Mouzaïaville.

Les quelques appelés en provenance de Oued-Smar sont mis à l'écart. A l'appel de mon nom, un gradé m'a isolé des autres soldats puis emmené au bureau. L'accueil du gratte-papier fut glacial, il m'a dit : "tu es repéré comme communiste, t'as intérêt à ne pas faire le malin".
Je n'ai pas souvenance du nom du colonel commandant notre camp. C'était un pilote de chasse interdit de vol qui, le dimanche, allait à la BA140 de Blida pour y "empreinter" un avion de chasse T6. Le colonel aimait survoler notre camp au-dessus duquel il faisait plusieurs passages en "battant des ailes".
La S.P. (Section de Protection) était une des unités qui crapahutaient et exécutaient le plus de missions de l'Algérois, selon le journal de propagande de l'armée " Le Bled ".
Les stagiaires transmissions ne chômaient pas avec les corvées débiles et ingrates, le stage, les gardes, les embuscades, les patrouilles, les bouclages-ratissages, les gardes-fermes de nuit, la Section d'Intervention Rapide (SIR)ensuite le peloton obligatoire, etc...
L'insécurité était permanente à Mouzaïaville. Des gus pas rassurés partaient en patrouille la MAT49 armée. A plusieurs reprises, des rafales sont parties, semant la panique au sein des patrouilles. Par chance, pas de blessés à déplorer mais la répression était terrible contre les fautifs.
Des sous-officiers de carrière cherchaient à choper l'arme de bidasses de garde endormis pendant leur faction dans le mirador.
Lors des multiples sorties où je ne voulais pas tuer de pauvres gens, j'ai toujours eu la baraka. Je redoutais surtout la SIR où nous allions en renfort à la S.P., l'équivalent à Mouzaïa d'un commando de chasse, une section de tueurs, ais-je appris des années après.
Lors des gardes-fermes uniquement de nuit, nous n'étions que sept soldats avec un FM à la ferme Féréol, une ordure qui n'aimais pas les appelés, qui a failli me faire retourner chez BIRR, à Oued-Smar parce que j'avais pris une noix sur l'arbre. Cette ordure aurait été butée par l'ALN.
Nous n'étions que trois pauvres bougres à la ferme Cleyne, ce pied-noir nous fichait la paix.
Les fermes étaient souvent harcelées mais on ne tirait jamais la fusée rouge pour que la S.P sorte et risque de tomber en embuscade. Par contre, très souvent, dans les fermes alentours gardées par des biffins, beaucoup plus nombreux que nous dans les fermes, les gars lançaient la fusée rouge faisant courir le risque à d'autres soldats d'être pris en embuscade.
Dans ce secteur chaud où l'ALN était très active, il n'y avait pas de planqués à l'ETR805. Il n'y avait pas assez de bonhommes, d'où la fréquence rapprochée des sorties et garde-fermes qui revenaient au mieux tous les trois jours.
A Mouzaïa, lorsqu'un gars de la S.P. passait libérable, c'est-à dire à 100 jours de la "quille", systématiquement, il refusait de sortir en mission. Ces gars qui avaient de longs mois durant crapahuté, ne voulaient pas se faire tuer à si peu " au jus ".
A Mouzaïa, on crevait de faim; à cela s'ajoutait la dysenterie amibienne. Nous ne prétions pas attention à tout et nous ne pouvions pas savoir que certains dimanches rares où nous avions de la viande, que l'on croyait être du lapin, c'était du chat. En fait, étaient abattus les chats non vaccinés, errants dans le camp, et on nous les donnait à bouffer en guise de viande. C'est un copain paysan qui avait un bout de queue dans son plateau qui a deviné qu'on nous faisait grailler du chat. Ce jour-là, on a tous failli bouffer.


Dans ce secteur, quasiment tous les jours, ça accrochait dans les gorges de La Chiffa, confirmé par mon camarade Henri Alleg, dans son ouvrage, " Prisonniers de guerre ", page 17.

Près de notre camp, il y avait un sinistre et miséreux Camp de regroupement.

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Il y a 60 ans, un putsch de généraux pour l'"Algérie française"

Il y a 60 ans, un putsch de généraux pour l'"Algérie française"© AFP/Archives/STF

Source AFP Publié le 19/04/2021 à 11h31

Dans la nuit du 21 au 22 avril 1961, quatre généraux français opposés à l'indépendance de l' Algérie font sédition et s'emparent d'Alger avec des légionnaires et parachutistes, défiant le général de Gaulle au pouvoir.

Le putsch des généraux Maurice Challe, Edmond Jouhaud, André Zeller, en liaison avec le général Raoul Salan qui les rejoint le 23 depuis l' Espagne, sera bref, à peine cinq jours, et il échouera.

L'histoire est en effet en marche: le 16 septembre 1959 de Gaulle a admis le droit des Algériens à l'autodétermination et, le 8 janvier 1961, les Français ont voté à 75 % en sa faveur lors d'un référendum ouvrant la voie à l'indépendance du pays colonisé par la France.

Pour une partie des cadres de l'armée française, déjà humiliés par la défaite en Indochine, c'est une trahison insupportable du pouvoir, incarnée par le général de Gaulle devenu président de la République, et qui vient d'évoquer, le 11 avril, un “Etat souverain” en Algérie.

Les quatre putschistes ne seront pas seuls, d'autres généraux au rang moins prestigieux les suivront, mais sans un basculement total de la haute hiérarchie militaire et sans les soldats de l'armée de conscription.

Garder l'Algérie”

Dans la nuit du 21 au 22 avril, le 1er régiment de parachutistes du commandant de Saint-Marc, cantonné à Zeralda, fait route sur Alger et investit le Palais d'été où siègent la Délégation Générale, les bâtiments officiels, la radio et les centraux téléphoniques et télégraphiques. Le centre d'Alger est quadrillé de chicanes.

Le délégué Général du gouvernement, Jean Morin, et le ministre des Travaux publics, Robert Buron sont arrêtés ainsi que le Général Fernand Gambiez, commandant en chef des troupes en Algérie, qui tentait de regagner son PC.

Le 22 au matin, l'AFP, dont les journalistes à Alger ont au petit jour été empêchés de travailler par les putschistes, annonce l'état de siège, puis, d'après un communiqué diffusé sur Radio Alger, que "l'armée a pris le pouvoir en Algérie et au Sahara".

L'Agence relaie une déclaration du ministère de l'Information : "L'indiscipline de certains chefs et de certaines troupes a abouti ce matin à Alger à placer les pouvoirs civils et militaires dans l'impossibilité d'exercer leur commandement. La situation dans le reste de l'Algérie est calme. Le gouvernement a pris cette nuit les mesures nécessaires, qui seront publiées dans le courant de la journée".

A Alger, le général Challe lance un appel : "L'armée s'est assurée le contrôle du territoire saharo-algérien. L'opération s'est déroulée conformément au plan prévu. Je suis à Alger avec les généraux Zeller et Jouhaud, en liaison avec le général Salan, pour tenir notre serment : garder l'Algérie."

Le général Zeller décrète l'état de siège "sur l'étendue des 13 départements français d'Afrique" tandis que le général Pierre-Marie Bigot, commandant la 5e région, se place sous les ordres du général Challe. Dans l'après-midi, Radio-Alger annonce qu'Oran est aux mains des insurgés.

“Un quarteron de généraux”

A Paris, un conseil des ministres exceptionnel proclame l'état d'urgence.

Mais déjà en Algérie les premières défections apparaissent du côté de l'armée. A Mers-el-Kébir, la Marine refuse de suivre la sédition. Les généraux de Pouilly et Gouraud, commandants militaires d'Oranie et du Constantinois, repoussent l'ultimatum des putschistes. Gouraud se ralliera finalement le lendemain.

Le 23 avril à 20H00, Charles de Gaulle, en uniforme, lance sur les ondes sa célèbre condamnation du “pronunciamiento” et moque un "quarteron des généraux en retraite", "groupe d'officiers partisans, ambitieux et fanatiques". "J'interdis à tout Français, et d'abord à tout soldat, d'exécuter aucun de leurs ordres", dit-il, déplorant d'un trois fois Hélas ! que le coup de force émane d'hommes "dont c'était le devoir, l'honneur, la raison d'être, de servir et d'obéir".

Il annonce la mise en oeuvre de l'article 16 de la Constitution qui lui donne les pleins pouvoirs.

Michel Debré, Premier ministre, intervient ensuite : "Des avions sont prêts à lancer ou à déposer des parachutistes sur divers aérodromes afin de préparer une prise de pouvoir" (...) "Dès que les sirènes retentiront, allez-y à pied ou en voiture, convaincre des soldats trompés de leur lourde erreur", demande-t-il.

La débandade

Le lendemain, Challe, Salan, Jouhaud, Zeller, les colonels Godard, Argoud, Broizat et Gardes sont destitués par Paris. En Algérie, dans le bled, les appelés multiplient les actes de résistance à la sédition : brouillage des communications, sabotage des véhicules et dépôts d'essence. Les gendarmes reprennent Alger.

Le 25 avril, les légionnaires du 1er REP se réfugient au camp de Zeralda qu'ils quitteront le 27, leur unité étant dissoute. Le gouvernement reprend la radio d'Alger. L'insurrection est terminée.

Deux des putschistes, Maurice Challe puis André Zeller, se constituent prisonniers. Edmond Jouhaud et Raoul Salan passent à la clandestinité pour prendre la tête de l'Organisation armée secrète (OAS).

Challe et Zeller seront condamnés à 15 années de détention. Jouhaud et Salan, condamnés à mort par contumace, verront leur peine commuée en détention à vie en 1962 par le général de Gaulle. Ils seront tous amnistiés en 1968, six ans après l'indépendance de l'Algérie.

19/04/2021 11:30:19 - Paris (AFP) - © 2021 AFP

https://www.lepoint.fr/societe/il-y-a-60-ans-un-putsch-de-generaux-pour-l-algerie-francaise-19-04-2021-2422828_23.

Dans ALGERIE

1871 : EN ALGERIE, LES COMBATS DIVERGENTS DES INSURGES ALGERIENS ET DES COMMUNARDS

Par Le 16/03/2021

16 Mars 2021

Publié par Saoudi Abdelaziz

1871. EN Algérie, les combats divergents des Insurgés algériens et des Communards

Il y a 150 ans, le 16 mars 1871 s'engageait l'insurrection algérienne. Deux jours plus tard, le 18 mars, c'est la Commune de Paris qui était proclamée. Analysant l'extension de l'insurrection communarde parisienne à Alger, Oran et Constantine,  l'historien  Quentin Deluermoz note dans El Watan : "Le mouvement algérois est «coloniste», c’est-à-dire qu’il prône l’assimilation de la colonie et l’accaparement des terres". Il résume : "insurgés colons et algériens sont plus en opposition qu’en communion dans le combat. Là où il y a rencontre, c’est surtout en Nouvelle Calédonie en déportation où les principaux chefs sont envoyés après le procès de Constantine."

 

Quentin Deluermoz, historien : «1871 : la plus grande insurrection de l’histoire de l’Algérie coloniale»

Il y a exactement juste 150 ans, le 16 mars 1871, l’Est algérien entrait en insurrection contre la puissance coloniale. A Paris, la République naissante noyautée par les royalistes était contestée par les radicaux qui proclamaient le 18 mars 1871 la «Commune de Paris», massacrée lors de la semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871.

Dans le livre Commune(s) 1870-1871 (Seuil), Quentin Deluermoz, dresse un tableau de bord novateur de cet événement sur les deux rives. Avec pour sous-titre Une traversée des mondes au XIXe siècle, l’historien dépasse le cadre parisien. De la rue Julien-Lacroix aux concessions de Shanghai en passant par l’insurrection «kabyle», la Croix-Rousse à Lyon ou la République des cultivateurs aux Caraïbes, le livre propose une histoire à différentes échelles, du local au global, en décrivant des interconnexions multiples. Une bonne partie est consacrée à la partie algérienne. «C’est un sujet très important qui est devenu finalement un axe fort de l’ouvrage», nous explique le chercheur qui a bien voulu déblayer un sujet dont les études n’ont pas fini de dégager tous les aspects.

Propos recueillis par Walid Mebarek, 16 mars 2021

En ce 150e anniversaire, en quoi le rappel de l’histoire de la «Commune de Paris» est-il utile, en France et dans le monde ?

Quentin Deluermoz. Cet événement continue de faire signification pour de nombreux acteurs et groupes, politiques ou des groupes au sens plus large. Pour le 140e anniversaire, en 2011, il n’y a rien eu sur la Commune de Paris. L’idée qui se développait, c’est que cet événement historique était devenu un peu comme froid, parce qu’il était lié à l’expérience communiste du XXe siècle et, qu’avec la chute du bloc soviétique et de l’Europe communiste, la charge symbolique s’était un peu effondrée. En réalité, ce qu’on observe depuis dix ans, c’est que l’objet s’est un peu réchauffé et qu’il est remobilisé dans de nombreuses luttes actuelles.

Votre question est appropriée de poser ce thème en France et à travers le monde car on a vu la «Commune» utilisée par les Gilets jaunes. Elle l’était aussi dans le mouvement d’occupation des places comme Occupy Oakland Commune, également en Espagne au Mexique avec la grève des instituteurs en 2006… Ce qui est intéressant, c’est que dans cette nouvelle configuration, la Commune ne renvoie plus comme dans les années 1970 à des questions de luttes des classes ou de révoltes urbaines, mais beaucoup plus à la souveraineté populaire réclamée par le bas et des territoires autonomes et alternatifs. Elle fait écho à tous ces mouvements sans leader comme le hirak algérien qui demande des rapports de pouvoirs plus horizontaux. La résurgence de la Commune fait sens dans ces combats là. Il n’y a pas de République démocratique et sociale si on ne change pas l’ordre des rapports sociaux.

Comment l’aspiration «communaliste» s’est jouée en Algérie et par quelles parties de la population coloniale a été porté le mouvement à Alger et dans d’autres villes algériennes ?

En Algérie, la plus importante manifestation de la Commune s’est déroulée à Alger. Elle débute bien avant Paris. L’insurrection commence en effet dès septembre. On a le même décalage à Lyon et Marseille. A Alger, Constantine et Oran, les mouvements se déploient dès la chute de l’Empire le 2 septembre 1870 et la proclamation de la République le 4 septembre. En utilisant le terme «commune», la référence rappelle un imaginaire de la Révolution française avec le Commune de 1793. Ces mouvements sont marqués par un fort républicanisme municipal. La figure qui s’impose est Romuald Vuillermoz. Ces mouvements sont menés surtout par les déportés de la répression de la Révolution de 1848, ceux du coup d’Etat napoléonien du 2 décembre 1851 et en 1858 après l’attentat d’Orsini. Ce sont des républicains français installés en Algérie malgré eux.

Est-ce que ce mouvement prend dans la population laborieuse algéroise ?

C’est à vérifier. Cela manque dans mon enquête. Ce que j’ai trouvé dans les archives c’est que le mouvement déborde le cadre de ceux qui l’initient. Les ouvriers de chantiers sont frappés par la crise économique. Les autorités municipales issues de cette commune organisent des aides sociales mais cela reste à étudier de plus près. Lorsque la commune de Paris se déclenche en mars 1871, le mouvement communaliste s’accélère et Alger s’y reconnaît et envoie une lettre d’adhésion publiée dans le Journal officiel de la commune. Un des chefs, Alexandre Lambert, qui se trouve en France à ce moment-là, sera promu délégué de l’Algérie à Paris.

Dans les revendications portées par les insurgés «français» d’Algérie, la question de l’injustice coloniale est-elle à l’ordre du jour ?

Pas dans le sens où on l’attendrait. Les insurgés algérois, liés à ceux de Constantine et d’Oran en fédération, s’opposent à la métropole sur la base d’une revendication d’autonomie très grande. C’est pourquoi dans mon livre j’ai parlé de «Commune coloniale» parce qu’on a un mouvement insurrectionnel qui reconnaît la sujétion à la France mais souhaite plus d’autonomie. La question des Algériens autochtones n’est pas à l’ordre du jour. Les populations colonisées sont oubliées. Cela montre les limites de l’universalisme républicain, fort à Paris, alors qu’à Alger on néglige l’essentiel des habitants. Le mouvement algérois est «coloniste», c’est-à-dire qu’il prône l’assimilation de la colonie et l’accaparement des terres contre laquelle les Algériens étaient méfiants. Cependant, j’ai découvert que certaines allocutions se faisaient en arabe.

L’insurrection des tribus de l’Est algérien, dont la date-clé est le 16 mars 1871 avant de s’étaler sur plusieurs mois, a des ressorts propres mais les recherches historiques ont-elles pu établir un lien entre le soulèvement de cette frange de la population coloniale et les Algériens ?

Il y a un lien, là encore pas dans le sens là où on l’attend. D’abord pour la guerre franco-prussienne Napoléon III a envoyé les troupes de l’«Armée d’Afrique» en métropole et du coup il y a une forte décrue de la présence militaire dans la colonie algérienne. Ce qui va faciliter le déploiement de l’insurrection dite kabyle qui n’ignore pas la faiblesse française. Et deuxièmement, comme les «Communes» d’Alger, Constantine et Oran sont très colonistes, les populations algériennes redoutent le message ; on le voit dans les échanges de courriers entre les tribus interceptés par l’armée et traduits. La phrase qui revient est «le civil va arriver», donc l’accaparement des terres va progresser.

Avec la fin des bureaux arabes ?

Exactement ! Enfin, dernier point, comme les «communards» sont anti-militaires, et ils gênent les capacités des militaires français sur place. Un autre aspect que vous avez posé dans votre question, c’est les «ressorts propres» de l’insurrection algérienne. C’est tout un autre champ de la recherche historique à désenclaver. Sortir du face à face entre France et Algérie. L’insurrection algérienne est fascinante à étudier. Au lieu d’y voir une révolte d’arriérés, comme l’ont fait les colons français, au contraire on est dans des dynamiques extra-européennes qui rentrent par exemple dans le renouveau du monde musulman au XIXe siècle, notamment avec l’entrée en scène de la Rahmaniyya.

En quoi ont consisté les relations entre insurgés algériens et français en Algérie ou en France ?

Louise Michel en parle un peu. Ce qui est sûr c’est que les troupes algériennes sont engagées dans la guerre franco-prusse. Que certains désertent ou se retrouvent avec les insurgés parisiens, ce n’est pas impossible. Il y a des traces dans les archives mais là aussi c’est un domaine à étudier.

Les archives permettent-elles de considérer une esquisse de formation révolutionnaire des Algériens à ce contact, particulièrement parmi les déportés de la Commune qui rencontrent ceux de l’insurrection algérienne ?

Elle ne se fait pas en Algérie puisque insurgés colons et algériens sont plus en opposition qu’en communion dans le combat. Là où il y a rencontre, c’est surtout en Nouvelle Calédonie en déportation où les principaux chefs sont envoyés après le procès de Constantine. Ils sont 120 à peu près. Il y a des amitiés qui se lient avec les communards parisiens et des contacts. Par exemple Rochefort, au retour à Paris va se battre pour que le gouvernement prononce l’amnistie des condamnés et des déportés algériens du Pacifique.

La puissance du mouvement d’émancipation des tribus est suivie d’une répression féroce coloniale extrême contre les Algériens en 1871-1872 et après. Avec le recul, cette violence algérienne contre l’occupant et la dépossession qui s’en suit peuvent-elles être considérées, non pas seulement comme une simple résistance à l’envahisseur, comme c’était le cas de 1830 à 1860, mais comme le premier acte du combat pour l’indépendance ?

Ce qui est sûr c’est que la répression est terrible avec 500 000 hectares de terres spoliés. On estime que 70% du capital des tribus a été ponctionné avec une volonté explicite de détruire l’organisation des tribus, affecter en profondeur l’environnement et la structure sociale antérieure. De fait la colonisation s’accentue. Il y a un basculement et un choc pour les populations «indigènes».

Avec peut-être, dès lors, cette idée que la révolte a été si forte qu’il est possible de recommencer, comme le chantent les poèmes transmis par la tradition orale…

Il y a, il est vrai, une mémoire. Mais dire que c’est un premier acte de la lutte pour l’indépendance, c’est un débat ouvert dans l’historiographie algérienne. On manque de travaux. Cette piste d’un patriotisme rural est à creuser. Mais lorsque le nationalisme se révèle au début du XXe siècle, il y a une relecture de cet événement comme étant un moment fondateur. C’est la plus grande insurrection de l’histoire de l’Algérie coloniale au XIXe siècle. 1871, c’est 800 000 personnes impliqués dans les combats côté algérien.

N’y a-t-il pas un parallèle entre la déconsidération des communards français réprimés dans le sang comme des ennemis et des moins que rien et la destruction par le glaive et la famine de milliers d’Algériens ravalés à l’état de non-humains ?

C’est la même armée qui réprime en France puis en Algérie après avoir détruit la «Commune» à Paris, Lyon et Marseille. Par ailleurs, on a utilisé la même loi du 23 mars 1872 qui a été utilisée pour condamner les communards au procès de Paris et les insurgés à Constantine d’Algérie. La vocation est de rejeter toute aspiration politique à la révolte et d’en faire un acte criminel et antisocial.

Cela explique-t-il la main lourde contre un ennemi auquel on dénie toute humanité?

Ce sont des tueries menées par des armées de mieux en mieux organisées mais il y a une différence entre Paris et l’Algérie : en France on veut sauvegarder le tissu économique alors qu’en Algérie il y a une volonté de détruire. La différence de répression ne joue pas dans l’animalisation de l’ennemi qui est la même pour ces «moins que rien», mais l’impact humain est plus lourd en Algérie.

Source : El Watan

https://www.algerieinfos-saoudi.com/2021/03/1871.les-combats-divergents-des-insurges-algeriens-et-des-communards.html?utm_campaign=_ob_pushmail&utm_medium=_ob_notification&utm_source=_ob_email

Dans ALGERIE

EN MARGE DU RAPPORT STORA : LITTERATURE, HISTOIRE ET DEPENDANCE NEOCOLONIALE

Par Le 09/03/2021

En marge du rapport Stora : Littérature, Histoire et dépendance néocoloniale

En marge du rapport Stora : Littérature, Histoire et dépendance néocoloniale

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 Contribution| 04 Mars 2021 | 15:48

Par Abdellali MERDACI

Le rapport de Benjamin Stora au président Macron sur « les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie » comporte une série de préconisations sur la réception de l’histoire coloniale et un volet culturel assez étriqué pour mériter d’amples débats. La littérature en est absente, parce qu’elle n’est pas ressentie comme un phénomène conflictuel. Entre la France et l’Algérie littéraires, il n’y a pas un conflit nommable mais une pernicieuse situation de domination néocoloniale, suffisamment enracinée. 

S’il évoque quelques noms (Jean Pélégri, Emmanuel Roblès, Marie Cardinal, Alain Vircondelet et André Rossfelder, pp. 37-38) et quelques titres de la littérature française sur le thème très proche de l’Algérie coloniale (ainsi « Les Chevaux du soleil » [1968-1975] de Jules Roy et « Fort Saganne » [1980] de Louis Gardel), Stora se contente d’une notation lapidaire pour solder un passif littéraire colonial qui fut contraignant : « (…) la figure de l’ancien colonisé est rarement présente, presque comme des étrangers sur leur sol natal » (p. 74). Bien avant « L’Étranger » (1942) d’Albert Camus, texte typique de cette éviction de l’Indigène, il y a la littérature coloniale des Européens d’Algérie dans sa signalée radicalité qui l’a précédé, dont l’École d’Alger, à laquelle il a appartenu, achève le cycle : du pittoresque Cagayous, inventé par Musette, rugissant les clameurs d’une époque raciste et antisémite, à Louis Bertrand, sur les traces de Stéphane Gsell et d’une Algérie résolument latine, Robert Randau, vague adepte de Jules Ferry, pratiquant un paternalisme honteux envers la « race soumise », et Charles Courtin (« La Brousse qui mangea l’homme », 1925), opérant une géographie ségrégationniste des espaces dévolus aux communautés de la colonie, et leurs nombreux épigones. Si l’occupation française de l’Algérie a été une affaire de militaires, de gendarmes et de policiers, la littérature qu’en ont donnée les colons européens a été à la mesure d’un encadrement sans faille du mythe colonial, tout en s’érigeant en lieu de toutes les exclusions. Signe symptomatique de cette séparation, l’Algérie coloniale créait pour les Européens et les Indigènes deux sections du Grand Prix littéraire de l’Algérie, financé par le gouvernement général. On ne mélangeait ni les populations ni leurs littératures.

S’il accorde une soigneuse attention au cinéma largement référencié dans son argumentaire, Benjamin Stora s’en remet au cinéaste Lucas Belvaux, adaptant le roman de Laurent Mauvignier « Des Hommes » (Paris, Minuit, 2009), pour marquer l’importance de la fictionnalité dans la construction des imaginaires des groupes sociaux, dans ce qui forge leur rapport à l’Histoire vraie : « La fiction permet de mélanger l’Histoire collective et les histoires individuelles. Raconter des histoires individuelles, même si elles sont fictives, permet de multiplier les points de vue sur l’Histoire. Parce que la fiction a besoin de confrontations, de regards opposés, de dialectique pour intéresser et cette multiplication de points de vue permet au spectateur (ou au lecteur) d’élargir son horizon, de se faire sa propre idée. L’autre intérêt de la fiction, c’est de pouvoir raconter l’intime, l’explorer, fouiller la matière sombre, enfouie de chaque individu et, qui, parfois, permet de comprendre l’inexplicable » (p. 71). 

Affirmation de principe. Toutefois, Benjamin Stora ne s’exprime pas sur ce que peuvent dévoiler la littérature et les arts algériens des blessures de la guerre, de leur guerre, puisqu’ils lui demeurent opaques. Alors que les récits de Français sur la guerre d’Algérie, sur leur guerre d’Algérie, abondent, la fiction littéraire, nécessairement algérienne, est simplement évacuée dans la réflexion de l’historien de l’Algérie contemporaine. Si le chargé de mission du président français devait confronter les imaginaires français et algérien de la Guerre d’Indépendance (1954-1962) dans l’édition française, il aurait recensé des dizaines d’ouvrages français, tous genres confondus, face au seul roman « L’Opium et le bâton » (Paris, Plon, 1965) de Mouloud Mammeri, adapté au cinéma par Ahmed Rachedi, en 1971. Il mentionne, certes, en exergue de son rapport un texte de Mouloud Feraoun, extrait de son « Journal, 1955-1962 » (Paris, Seuil, 1962) et pour le premier chapitre de sa réflexion un texte équivoque – on y reviendra – de Kateb Yacine sur les « Ancêtres », mais il manque dans son propre pays de l’appui d’un récit algérien de la guerre, qui n’a plus droit de cité en France. Il est clair, après l’indépendance de l’Algérie, que les créations littéraires d’Algériens sur la guerre de libération nationale, lointainement imagée dans les romans publiés à Paris de Malek Haddad (1958, 1960, 1961), Mohammed Dib (1959, 1962), Mourad Bourboune (1962), Assia Djebar (1962 ; exceptionnellement et tardivement en 1967), n’entraient plus dans la perspective de l’édition française. Le regard algérien sur la Guerre d’Indépendance a été particulièrement barré : cela ne sera pas sans effets néfastes. Dans le même temps, les Algériens étaient dépossédés de l’écriture de leur histoire littéraire, qui va échoir à des Français, un curé défroqué (sans aucun titre universitaire), aide-bibliothécaire au Centre diocésain d’Alger, et un coopérant tout juste licencié en lettres, enseignant d’ancien français, qui en assureront un long règne et une évidente charge politico-idéologique. 

Dans les années 1960-1970, le thème de la guerre était abondamment stigmatisé et isolé dans ce qu’un universitaire français regroupait sous le vocable, volontairement péjoratif, de « romans de la SNED », du nom de l’unique éditeur algérien. Ces spécialisations éditoriales, d’un côté, le récit de la guerre en Algérie, de l’autre, la description, souvent critique, de la société algérienne confrontée aux premiers déchirements de l’indépendance, en France, engageaient une spécifique rupture entre ce qui pouvait s’écrire par des Algériens dans un pays et dans l’autre. La thèse « un pays, deux littératures » que j’ai exposé dans plusieurs contributions, mise en œuvre par l’Université, l’édition et les médias français, s’inscrivait dans la durée. Elle est la raison d’une nette scission dans la littérature des Algériens, qui perdure et retarde l’avènement d’une littérature nationale unie et autonome. Si l’Algérie, sortant du joug colonial français au gré de sacrifices humains, n’est pas formellement dominée politiquement par la France, sa littérature le reste pleinement.  

Une domination littéraire française 

Ce dualisme littéraire algérien, confirmé à l’indépendance, prolonge une séparation coloniale. À l’opposition « Littérature coloniale VS Littérature indigène » succède l’opposition « Littérature éditée en France VS Littérature éditée en Algérie ». Comme hier, la littérature indigène de la colonie, la littérature algérienne éditée en Algérie est une littérature dominée, écrasée par le double encerclement de l’institution littéraire française et de ses auteurs algériens (ces navrants « Arabes de service », selon la formule célèbre de Malek Haddad). Expression d’un pays indépendant, la littérature des Algériens,  spécialement celle qui est écrite en français, est considérée à Paris comme une périphérie de la littérature nationale française. Dans nombre de manuels scolaires et de traités d’histoire littéraire français édités dans les années 1960-1970, dont certains continuent à circuler dans les écoles et les universités, les auteurs algériens de langue française de la période coloniale sont recensés au crédit de la littérature française. Et, bien des décennies après, ce phénomène d’accaparement ne s’est pas tari : lors d’un colloque dans un pays nordique, en 2016, ce sont Boualem Sansal et Kamal Daoud (qui n’était pas encore naturalisé français), censément Algériens, qui représentaient la France littéraire et débattaient en son nom. De la colonie française à l’État algérien indépendant et souverain, rien n’aura donc changé.

Cette francisation des écrivains algériens, précédant leur naturalisation, agie en toute conscience par les éditeurs, est admise par le champ littéraire français, vindicativement assimilateur. Si la France sait attirer de potentiels écrivains algériens, qu’elle naturalise sans délai, il est tout autant vrai que la liberté de choix d’un pays, d’une nationalité, doit être reconnue à tous. Le problème qui est posé ici est celui de l’indispensable loyauté des auteurs français d’origine algérienne envers le pays – et la littérature – qu’ils ont quitté. Ce qui est insupportable, c’est que tel ou tel écrivain, Français par choix personnel, puisse encore parler de l’Algérie, rabaisser son peuple et son histoire, tout en prétendant en être le représentant qualifié. Moralement, intolérable : lorsqu’on a consciemment tourné le dos au pays de « Quassaman » et du 1er-Novembre, il est odieux de prétendre en parler et, surtout, parler en son nom.

De même, la loyauté de la France littéraire envers la littérature d’un pays dont elle devrait accepter l’indépendance et l’autonomie littéraire, n’est pas acquise. Il n’y a pas, il n’y a jamais eu, entre la France et l’Algérie littéraires, une reconnaissance mutuelle qui garantirait une saine égalité et des échanges apaisés. Depuis les années 1950, les écrivains algériens reçus en France sont spécialement ceux qui sont adoubés par le champ littéraire français et ses indécrottables gourous et agents de lobbies divers dont celui, désormais très influent, du sionisme international. Un écrivain algéro-algérien, écrivant en Algérie et publiant en Algérie, nonobstant son savoir-faire, n’a pas, à l’instar de tous les écrivains du monde, sa place en France. L’édition française serait en mal d’aligner un seul contrat d’achat de droits d’une œuvre algérienne intégrale. Lorsqu’un auteur ou une œuvre l’intéresse, elle les prend dans un insensé piratage. En cinquante-neuf années d’indépendance, l’institution littéraire française et ses différences ordres de l’édition, de l’École, de l’Université, des Académies, de la critique spécialisée, ignorent la littérature nationale algérienne dans ses différentes langues (arabe, tamazight, français) : aucun auteur de langues arabe ou tamazight, issu de l’édition algérienne, n’a été traduit et diffusé par l’édition française au moment où les écrivains de langue française (il s’en trouve de plus grande qualité que les têtes d’affiche actuelles de l’édition française) et leurs œuvres sont rejetés. Viendra-t-il le temps où l’édition parisienne acquerra auprès des éditeurs nationaux des œuvres d’authentiques auteurs algériens, comme elle le fait avec plusieurs pays de tous les continents, sans recourir à des cadres de soumissions abjects et répulsifs ?

Le système de domination que des capitales de la littérature mondiale, ainsi Londres et Paris, imposent à plusieurs pays anciennement colonisés, les accule politiquement et littérairement à une infinie dépendance. S’il est établi qu’un écrivain russe, chinois, américain, allemand, italien, n’attend rien de ces puissances littéraires impériales, un écrivain de langue française du continent africain n’a aucune chance de se faire connaître hors de son territoire sans  s’agenouiller devant la France. Jusqu’à quel point Alain Mabanckou, Léonora Miano, Fatou Diome, Abd Al Malik, Calixte Beyala et le groupe des « négropolitains » – et même la « décoloniale » Rokhaya Diallo – expurgeant de leur profil leur nationalité d’origine, devenus Français, expriment-ils leur pays de naissance abandonné ? Ces auteurs du Congo, du Mali, du Cameroun, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et des anciennes entités de l’Afrique équatoriale et occidentale française, constituent une périphérie africaine de la littérature française. Il en va de même pour les auteurs venant d’Algérie, dénationalisés, animant une autre périphérie surpeuplée et remuante de la littérature française. Ces auteurs de l’Afrique subsaharienne et du Maghreb, Français, tourbillonnant dans le marais de la littérature française, sont artificieusement promus tuteurs de la littérature de leur pays d’origine. Exemple, plusieurs fois observé : en cas de besoin d’un écrivain dans une quelconque manifestation internationale, et par la volonté de l’institution littéraire française, relativement à l’Algérie, c’est le Français Anouar Benmalek (ou Salim Bachi ou un autre) ou, relativement au Congo, le Français Alain Mabanckou, qui parleront au nom de la littérature de pays (et même du continent !) avec lesquels ils n’ont plus aucune attache. Cette pesante mainmise de la France littéraire sur les littératures nationales de langue française subjuguées les confine dans un statut de littératures mineures, irrémédiablement mineures, dépouillées de leur destin, et les condamne, à terme, à disparaître. 

Une littérature de valetaille 

En France, dans le milieu littéraire, l’hypocrisie est de mise, insurmontable. Les spécialistes de la littérature française savent que la grande édition française, regroupée dans le Quartier latin, ne publierait pas la plus originale des œuvres littéraires, d’où qu’elle vienne, quel qu’en soit l’auteur, si elle n’en ressentait pas la singulière et pressante attente de son lectorat français. Ce lectorat symbolisé par le typique notaire de Carpentras, une cité du sud de la France, constitue une force économique indépassable : il est politiquement proche du Rassemblement national, historiquement marqué par son fourvoiement dans la collaboration pétainiste et son engagement pour l’Algérie française. C’est au nom de ce lectorat, et pour ne pas en troubler les fortes convictions, que l’éditeur germanopratin Gallimard a rompu les ponts avec l’écrivain anglais Martin Amis, refusant de publier son roman sur Auschwitz et la Shoah (« La Zone d’intérêt », 2014-2015, édité en seconde main par Calmann-Lévy). Car avant d’être une expression esthétique, l’œuvre littéraire est principalement une marchandise, et dans les antres germanopratins, la morale s’exerce dans une géométrie variable. C’est ce même éditeur parisien, autrefois collaborateur de l’occupant nazi, revendiquant une « direction aryenne », censurant la prose de Martin Amis, qui attend de publier les tracts rageusement antisémites de Louis-Ferdinand Céline, de l’or en barre. 

Concernant spécialement l’Algérie, l’édition française ne déroge pas à la règle sacrée de ne publier que des textes qui n’effarouchent pas son lectorat traditionnel et ne  froissent pas ses penchants idéologiques. En fait, une littérature de valetaille, saluée à Carpentras. L’Algérie a souffert, et souffre toujours, de ces écrivains algériens ou Français d’origine algérienne entrés dans les sillons dépravés de l’édition germanopratine et des ses ombreuses coulisses. Observons-en le résultat : la France littéraire (et, instinctivement, politique) a créé un Boualem Sansal, allié actif du sionisme international, dineur patenté du CRIF, piétinant les sépultures de martyrs palestiniens ; un Kamel Daoud, avorton littéraire lancé par Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut (avant son actuelle et momentanée disgrâce médiatique) et Pierre Assouline, puissant lobbyiste sioniste, allègrement naturalisé français, en quête présentement du « Français du futur », qu’il entend symboliser ; un Abdelkader Djemaï, Oranais de naissance, qui  persiste indignement à prêcher depuis Paris qu’un écrivain n’a ni nationalité ni frontières, prenant la suite dans cette revendication immonde défendue autrefois par l’académicienne française Assia Djebar (1936-2015) ; un Salim Bachi, aujourd’hui haut-fonctionnaire culturel français, qui se félicite d’avoir échappé à la tourbe algérienne ; un Anouar Benmalek, invétéré donneur de leçons aux Algériens, à la fois Suisse et Marocain, qui se vante d’entrer en Algérie et de narguer les Algériens avec son passeport français ;  enfin, pour ne pas allonger cette liste, un Slimane Benaïssa, utilement traité par les « services » français, traversant la Méditerranée, au mitan de la guerre islamiste des années 1990, dans une malle diplomatique de l’ambassade de France à Alger, pour se faire assurément Français, nommé par un gouvernement des frères Bouteflika commissaire du Festival international du théâtre de Bejaia et oublié, jusqu’à nos jours, dans cette sinécure. À l’exception de Sansal, qui attend une nationalité française octroyée par l’État français, qui ne s’en cache pas, tous ces écrivains sont français, résident en France et l’unique lien qu’ils ont avec l’Algérie est d’en faire un scandaleux commerce et de s’en proclamer comme les justes délégataires littéraires investis par la France. 

Ajoutons à ces scabreux profils d’auteurs que la France souhaite (et a toujours souhaité) imposer à l’Algérie et aux Algériens, le funambulesque Yasmina Khadra, impétueux athlète de la course aux honneurs français (il est en effet piquant qu’un ancien commandant de l’Armée nationale populaire, gardienne des valeurs de la Glorieuse Armée de libération nationale, soit décoré de la Légion d’honneur française et qu’il en attende la rosette de Grand Commandeur !) et aux prix littéraires, guerroyant récemment contre le crapuleux Français d’origine marocaine Tahar Ben Jelloun, qui a mis l’académie des frères Goncourt au service du roi de l’Ouest et les riads de Marrakech à la discrétion de ses jurés, qui lui ferme opiniâtrement les portes d’un prix littéraire, dorénavant fortement dévalué. Pathétique panade pour un prolifique et emprunté faiseur de commodes bluettes aux tirages pharamineux, facétieusement traîné dans le caniveau par le feuilletoniste littéraire du « Monde » Éric Chevillard pour son improbable français de fantassin zouave, agité de rugueux solécismes (« Yasmina Khadra écrit faux comme une casserole »). Mais pour l’historien et le critique de la littérature algérienne, Yasmina Khadra, écrivain algérien coursant avidement les honneurs de la France, qui n’est pas son pays, où il est un étranger, de surcroît ancien officier supérieur de l’Armée nationale populaire, est indéfendable. Il est patent que la gueuserie des harkas, inféodés à l’ordre colonial français, était une spécialité algérienne. Il en reste dans la littérature des Algériens de malheureuses survivances. 

Autre agacerie de l’édition française : Kamel Daoud a été vendu par son éditeur algérois au français Actes Sud (Arles) et payé en vile bimbeloterie, comme dans la traite négrière de jadis. Son bref opus « Meursault, contre-enquête » est récrit par l’éditeur arlésien sous le contrôle des ayants-droit d’Albert Camus, dont il a repris la trame de « L’Étranger », sans aucune considération pour un auteur abdiquant sa dignité de créateur libre. Mme Françoise Nyssen, achetant à Alger de la matière littéraire brute, en a fait un produit purement français, commercialisé en tant que tel dans le monde, sous les oripeaux hantés de l’écrivain pied-noir, prix Nobel de littérature 1957.

Voici, relativement à l’Algérie, ce que sait faire et à quoi se prête la France littéraire et, derrière elle, la France officielle.

Écriture de l’histoire coloniale et estampille française

Il est vrai que la France d’aujourd’hui a passé l’âge de sublimes penseurs et écrivains qui ont fait son renom. Accrochant, comme des marques de lessive, ses écrivains aux mâts-drapeaux publicitaires de Paris, elle est plus dans le spectacle que dans la littérature. Elle n’est plus une nation littéraire respectable. Car, elle n’envisage plus la littérature qu’à l’aune du bruit médiatique que savent répandre d’indélicats imposteurs, qu’elle campe en bretteurs d’opérette, qu’elle arme contre le pays d’origine qu’ils ont renié. C’est dans les colonnes d’un quotidien d’Alger qu’un membre de la harka littéraire, levée dans les soues de l’édition et des médias français, vient de déclarer que la nationalité algérienne est une terre violente et inhabitable. C’est aussi vrai que ce « Français du futur » a lancé un appel aux Algériens pour retourner à la France et à la nationalité française, qu’ils ont massivement répudiées le 1er juillet 1962. Ce petit soldat sans vergogne, à l’enseigne d’une « autre Algérie » vendue à la France, coutumier du buzz et des basses œuvres, adoubé à Paris par les porte-voix du sionisme international lorsqu’il martelait, en 2014, son indifférence aux Palestiniens et à Gaza sous un déluge de feu israélien, missionné de la France néocoloniale, sape la confiance des Algériens envers leur patrie et leur nation. 

La France de MM. Stora et Macron, songera-t-elle à en rameuter une foule d’épigones, qui fantasmeront, à la ressemblance du cinéaste français d’origine algérienne Lyès Salem, sur « une France de  Dunkerque à Tamanrasset » renaissant des décombres d’une décolonisation déchue ? Une des préconisations du rapport Stora y invite incidemment : « Favoriser la diffusion des travaux des historiens par la création d’une collection ‘‘franco-algérienne’’ dans une grande maison d’édition. Cela  afin de poser des bases communes aux mémoires particulières, de définir un cadre acceptable par tous, des deux côtés et de chaque côté de la Méditerranée » (p. 96). Une collection dédiée à l’histoire de la colonisation française de l’Algérie dans une grande maison d’édition parisienne, accueillant des historiens algériens ? Cependant, rien ne ressemble à un éditeur parisien qu’un éditeur parisien et à un notaire de Carpentras, un notaire de Carpentras : on sait de quoi ils sont capables dans le domaine de la fiction littéraire. 

Les expériences passées et récentes d’écrivains, d’artistes, de musiciens, de dramaturges, de cinéastes, de comédiens, d’universitaires, d’ingénieurs et de spécialistes des corps de santé, le soulignent, ces historiens algériens le resteront-ils longtemps sous les fourches caudines de leurs nouveaux garants ? Ne répondront-ils pas à leurs desiderata pour tenir le discours et incarner la posture qu’ils en attendent ? Immanquablement, Sansal, en première ligne, donne le ton : « Il n’a jamais été possible, après 1962, de nous approprier l’histoire du pays. Elle est la propriété exclusive du pouvoir FLN. On a été nourri de sa doxa, une histoire d’héroïsme et de vérités absolues, dès la maternelle » (« L’Obs », 28 janvier 2021). La cinéaste française d’origine algérienne Sofia Djama (39 ans et « Algérienne libre », semble-t-il) peut surenchérir  dans cette même publication : « On est très abîmés par le devoir de porter la mémoire de nos parents et grands-parents, qui ont lutté pour la libération […] On a été tellement soulés par le récit officiel… ». 

Rébellion juvénile lue dans le rapport Stora ? Pourquoi le chargé de mission du président Macron, citant  Kateb Yacine (p. 4), convoque-t-il cette curieuse thématique de l’impossible passé et de la quête des origines perdues des Keblout ? Précisément, ce malaisé et fragmenté ressouvenir des Anciens : « Ce sont des âmes d'ancêtres qui nous occupent, substituant leur drame éternisé à notre juvénile  attente, à notre patience d'orphelins ligotés à leur ombre de plus en plus pâle, cette ombre impossible à boire ou à déraciner, – l'ombre des pères, des juges, des guides que nous suivons à la trace, en dépit de notre chemin. » L’auteur de « Nedjma » (Paris, Seuil, 1956) ne manquait pas d’épiloguer sur l’échec d’une généalogie coupable d’avoir raté les rendez-vous de son histoire, d’avoir trahi sa propre histoire (« […] quatorze mâles, qui ont à cœur de s’illustrer en arrachant leur père au voisinage du chacal, du tigre, du lion » ; Cf. « Le Fondateur », « Les Lettres nouvelles » (Paris), n° 40, juillet-août 1956). Avant et après « Nedjma », la littérature de Kateb n’excluait pas le trauma des Ancêtres, notamment, pour le reprendre, « l’ombre » du « Fondateur », « en son maquis », de ses descendants recomposant la mythologie de la tribu dans le présent colonial. 

Les héros de la Guerre d’Indépendance sont aussi des fondateurs, semant dans leur pacte de sang et dans leur martyr une inaccoutumée espérance de liberté. Ils n’ont pas failli. Mais ce ne sont ni une famille ni un avenir pour Sofia Djama (et ses cousinages désespérés), qui veut en  proscrire la mémoire. Au point qu’une historienne française, d’origine algérienne bien entendu, exige un « déverrouillage » de l’Histoire algérienne : en fait, enlever du récit national algérien tout ce qui empêche de jeunes Algériens d’aller à la rencontre de la France et devenir Français sans aucun passif tumultueux, expurger cette dérangeante mémoire de la Guerre d’Indépendance. Voila les  attentes de soudards habilités en France. Et, ce n’est qu’un début : la troupe haletante de demi-lettrés des troquets de France, de sécessionnistes makistes, d’illuminés de la « Tamazgha » et d’enturbannés de Londres et Genève, sur le même front de destruction de l’État algérien indépendant, n’est pas lâchée.

Ni l’Université, ni l’édition, ni les médias français ne sont disposés à entendre d’autres paroles que celles d’« Algériens libres », zélateurs d’une « histoire libérée ». Ces historiens, affranchis des universités algériennes, formés dans les Instituts d’histoire de France, boursiers de MM. Stora et Macron, s’aviseraient-ils de dénoncer dans leurs ouvrages, principalement destinés aux Français, les crimes imprescriptibles de l’Armée française pendant une atroce colonisation ? Il faut plutôt craindre qu’ils soient totalement retournés, plaidant après le nébuleux publiciste Éric Zemmour, la réhabilitation de Bugeaud et de Bigeard et de leurs acolytes, de sinistre mémoire. Car, le sentiment de déroute face à la résurgence d’une  Algérie française ne les a-t-il pas précédés ? N’est-ce pas Abdelkader Djemaï, célébrant l’abbé Lambert, le fougueux maire « anti-arabe » et « anti-juif » d’Oran, Boualem Sansal, traitant à grand bruit de « terroristes » les héros et martyrs de la Bataille d’Alger (1957), au lendemain d’un attentat islamiste, à Nice, en 2016, comme cela se comprenait et s’écrivait dans l’Algérie française du dernier quart d’heure ? Les exemples d’une rédemption quasi-obsessionnelle de la colonie française d’Algérie, de ses figures, désormais auréolées (Edmond Charlot, Yves Saint-Laurent, Fernand Pouillon et bien d’autres), et les récits d’une guerre anticoloniale volontairement entachée sont nombreux. L’édition française, la grande édition française (Gallimard, Grasset, Seuil), que compte requérir Stora, ne peut susciter que des écrivains et des œuvres révisionnistes (à la sauce Sansal, Daoud et Cie), qui n’inquièteront pas sur les sujets de l’Algérie, du colonialisme, de la Guerre d’Indépendance, les cercles algérianistes de France et leurs contingents de lecteurs qui passent à la caisse. 

Dans ce canevas éditorial du rapporteur français, le risque est de constater, comme pour le roman, deux discours historiques clivés : une histoire de l’Algérie, conçue, écrite et éditée en Algérie, strictement réservée à la consommation locale, et une histoire autre, pensée à Paris, publiée par une grande maison d’édition, sous le label d’une pseudo-pensée critique, qui recevra l’estampille française, lui ouvrant les portes des universités occidentales et, accessoirement, du reste du monde, sûrement soumise à des directives politiques et académiques françaises. Plus distinctement, il y aura les historiens algériens d’Alger et les historiens (provisoirement) algériens ou Français d’origine algérienne de Paris. Convient-il de rappeler que depuis les années 1990, la France a naturalisé plusieurs centaines d’auteurs algériens, toutes spécialités confondues ? Il y aura, nécessairement, de nouvelles et impétueuses fournées.

MM. Stora et Macron auront à cœur, au nom de l’incontournable credo de la « libre expression » (l’est-elle vraiment dans l’édition et les médias français ?), de révéler, en Algérie, des « historiens libres », qui seront exclusivement jugés aux coups de boutoir qu’ils sauront donner à une conception académique et algérienne de l’écriture et de l’enseignement de l’histoire, qui n’a jamais été l’otage d’un néo-FLN délégitimé, qui n’en a que la lettre, ramassis d’héritiers présomptifs connus pour leurs sacs d’argent délictueux, affreux croquemitaine dont le chef était ordinairement domicilié à Neuilly-France, qui n’a aucune parenté avec celui qui a porté la marche libératrice et l’enfantement d’une nation, qui reste un acteur irrécusable de l’histoire algérienne contemporaine.

Que la France  se rende à l’exigence d’une histoire de l’Algérie coloniale et de la Guerre d’Indépendance écrite par des Algériens, hors de son emprise académique et éditoriale, sans rajouter de la confusion à la confusion. Et, qu’elle écrive sa propre histoire à sa guise, comme elle sait le faire. S’il advenait, l’injurieux projet éditorial de Benjamin Stora renforcerait davantage l’impérium de la France sur la création et la pensée d’un État souverain. Les Algériens dont la littérature de langue française, la plus visible sur le plan international, reste à la fois proprement effacée ou corrompue par la France devront-ils accepter l’infamie d’une historiographie algérienne compromise. Si la proposition de Stora ne devait qu’agrandir le camp des Daoud-Sansal, répétant de vieilles félonies de bachaghas et de harkis d’antan, la menace serait d’aller non pas vers l’apaisement des mémoires mais vers un conflit politique durable avec les Algériens et leurs pouvoirs politiques de quelque obédience qu’ils soient. Il n’est pas certain que les Algériens, de toutes sensibilités politiques, encouragent une histoire de la colonisation et de la Guerre d’Indépendance sous influence française, qui remette en cause un passé révolutionnaire qui les unit, qui reste l’inaltérable socle de leur solidarité. 

Abdellali MERDACI

https://www.algerie1.com/focus/en-marge-du-rapport-stora-litterature-histoire-et-dependance-neocoloniale-22

Dans ALGERIE

GUERRE D'ALGERIE : POUR PIERRE AUDIN, LA VERITE EST PLUS IMPORTANTE QUE DES EXCUSES

Par Le 10/02/2021

Guerre d'Algérie : pour Pierre Audin, la vérité est plus importante que des excuses

Pierre Audin est le fils de Maurice Audin, figure de la lutte pour l'indépendance de l'Algérie, assassiné en 1957 lors de la bataille d'Alger.

Pierre Audin est le fils de Maurice Audin, figure de la lutte pour l'indépendance de l'Algérie, assassiné en 1957 lors de la bataille d'Alger.

TV5MONDE

22 JAN 2021

 

Mise à jour 23.01.2021 à 13:50

 par 

Pierre Desorgues

Entretien. Pierre Audin est le fils de Maurice Audin, militant de l'indépendance algérienne. Son père a été assassiné en 1957 par l'armée française et son corps n'a jamais été retrouvé. Il revient sur la question des disparus, un enjeu important de la  réconciliation des mémoires entre la France et l'Algérie. Au delà des morts et des disparus, Pierre Audin plaide d'abord pour un rapprochement entre les vivants et les peuples.

 

TV5MONDE : Le rapport de l'historien français Benjamin Stora est riche, dense. Il préconise 22 recommandations pour apaiser la question mémorielle sur la guerre d'Algérie et la colonisation (1830-1962). Que retenez-vous de ce rapport Stora ?

Pierre Audin : On trouve dans ce rapport beaucoup de mesures, d'actions assez symboliques pour arriver à cette question de l’apaisement des mémoires entre la France et l’Algérie. C’est un sujet très sensible où les gens qui étaient dans un camp où dans l’autre sont toujours à cran sur cette histoire. On trouve dans ce texte des préconisations comme l’entrée de Gisèle Halimi au Panthéon où une stèle à Amboise pour l’émir  Abdelkader (NDLR : chef religieux (1808-1883) et militaire algérien qui a mené la lutte contre la conquête coloniale française au milieu du XIXe siècle. Il a été enfermé par les Français dans le chateau d'Amboise).

Lire : Guerre d'Algérie : les principales propositions du rapport Stora

Ces symboles ne vont pas forcément être bien perçus par l’ensemble de la population. Beaucoup de gens ne savent pas qui est au Panthéon. Et malgré l'entrée de Gisèle Halimi, ils ne continueront pas à savoir qui y repose. On a des choses qui sont importantes sur le plan symbolique comme la vérité sur l'assassinat de l'avocat Ali Boumendjel (NDLR :  avocat et militant politique algérien, torturé et exécuté par les parachutistes de l'armée française en 1957) mais dans ce cas là, il faudrait aussi alors des milliers de préconisations car on ne connait pas la vérité sur la mort et la disparition de milliers de gens, Français ou Algériens.

Retrouver en intégralité l'entretien de Pierre Audin, par Pierre Desorgues et Guillaume Gouet :

Volume 90%

 

Lire aussi : France : le rapport Stora passé au crible par la presse algérienne


 Parmi ses propositions pour une "réconciliation des mémoires" entre Paris et Alger, l'historien français Benjamin Stora recommande la reconnaissance par la France de l'assassinat, maquillé en suicide, de l'avocat et dirigeant nationaliste Ali Boumendjel pendant la "bataille d'Alger" en 1957.

Parmi ses propositions pour une "réconciliation des mémoires" entre Paris et Alger, l'historien français Benjamin Stora recommande la reconnaissance par la France de l'assassinat, maquillé en suicide, de l'avocat et dirigeant nationaliste Ali Boumendjel pendant la "bataille d'Alger" en 1957.

DR

Le but du rapport est de vouloir réconcilier les mémoires algériennes et françaises. Mais n'est-ce pas une mission impossible ? Toutes ces mémoires (Pieds noirs, Harkis, anciens combattants de l’Indépendance..) sont contradictoires et conflictuelles.

Pierre Audin : Effectivement, beaucoup de mémoires sont contradictoires et la réconciliation franco-algérienne n'est pas aussi simple que celle qui a été imaginé par exemple entre la France et l'Allemagne. Mais il faut avancer, penser à l'avenir. Et cela ne peut être que rendu possible par un accès beaucoup plus libre des archives pour mieux appréhender quelles ont été les responsabilités des uns et des autres. Il faut trouver des coopérations scientifiques, universitaires, sportives... Cette coopération entre les deux pays doit passer par les peuples. Elle ne peut pas se résumer à un seul dialogue entre chefs d'Etats et de gouvernement.

Et pour permettre une telle coopération dans ce sens, il faut régler la question des visas. Pourquoi une telle complication sur cette question des visas entre les deux pays ? Les Français rendent les choses compliquées pour les Algériens. Et les Algériens, en retour, rendent les choses compliquées pour les Français. Il faut que ceux qui font du cinéma, du théâtre, de la culture puissent se rencontrer et échanger. Le rapport de Benjamin Stora préconise, il est vrai des facilités de visas pour les chercheurs, mais il faut aller au-delà. Le rapport demande à Alger d'entretenir les cimetières des Européens et des Juifs en Algérie. Mais pourquoi restaurer de tels lieux si les gens ne peuvent pas se rendre sur place, faute de visa ?

Pourquoi restaurer les cimetières juifs et européens en Algérie si les gens ne peuvent pas se rendre sur place, faute de visa ?Pierre Audin, fils de Maurice Audin

La présidence de la République française a clairement indiqué qu'il n'y aurait « ni repentance, ni excuses». L'Etat algérien demande des excuses à la France pour les crimes commis lors de la colonisation et lors de la guerre d'Algérie. La France doit-elle s'excuser ?

Pierre Audin : La repentance fait partie d'un vocabulaire religieux et ce n’est pas mon vocabulaire. En ce qui concerne les excuses, ce sont surtout ceux qui ont commis les exactions qui doivent s'excuser ou du moins ils auraient dû être poursuivis en justice pour ce qu’ils ont fait. Est-ce que le président français actuel doit faire des excuses au président algérien ? Ce qui est important, c'est la vérité. Ce qui est important, c'est par exemple la déclaration qu'a faite à ma mère Emmanuel Macron. Ce que l'on attendait de lui, c'est qu'il dise un certain nombre de choses, sur la mort de Maurice Audin.

Bien plus que des excuses à ma mère, la parole d’Emmanuel Macron a été importante lorsqu’il a affirmé qu’il existait bien un système de répression à Alger avec ses arrestations, sa torture, ses exécutions sommaires. L’objectif de cette répression n’était pas de déjouer des attentats mais bien de terroriser la population et d’empêcher les gens de rejoindre le combat de l’indépendance. Ce type de reconnaissance est bien plus important que des excuses.

Maurice Audin et la question des disparus

Maurice Audin était un membre du parti communiste algérien, partisan de l'indépendance de l'Algérie. Son arrestation par des soldats français a lieu le 11 juin 1957, lors de la bataille d'Alger. Il disparaît et meurt assassiné à une date inconnue. Son corps n'a jamais été retrouvé. La première reconnaissance officielle par la France de la mort en détention de Maurice Audin est faite en 2014. En 2018, le président Emmanuel Macron reconnaît officiellement les responsabilités de l'État français et de l'armée française dans son assassinat.


Maurice et son épouse Josette Audin à Alger en 1957. Le président français Emmanuel Macron a reconnu la responsabilité de la République française dans son assassinat.

Maurice et son épouse Josette Audin à Alger en 1957. Le président français Emmanuel Macron a reconnu la responsabilité de la République française dans son assassinat.

DR



Le cas de Maurice Audin n'est pas un cas isolé. Ils seraient des milliers, Algériens et Français, à avoir disparu. Le décompte semble impossible. En 1957, lors de la bataille d'Alger où les exécutions sommaires étaient légions, le secrétaire général de la préfecture de police, Paul Teitgen, a compté 3 024 disparus. Le rapport Benjamin Stora propose que Français et Algériens travaillent ensemble pour compter, identifier et exhumer les corps des disparus.

La  commission « Mémoires et vérité » que préconise Benjamin Stora dans son rapport aborde la question des disparus. L’idée est de localiser les sépultures, d’identifier les corps des disparus algériens et français. Votre père a été assassiné en 1957.  Son corps n’a jamais été retrouvé. Espérez-vous que l’on puisse un jour exhumer sa dépouille ?

Pierre Audin : On peut toujours espérer. J’espère que si cette commission est mise en place, elle ne servira pas à enterrer cette question des disparus. Pour que l’espoir devienne réalité, il faudrait que les deux pouvoirs, les deux chefs de l’Etat se mettent d’accord. Il faut que ceux qui savent où aller chercher, les Français, le disent aux Algériens, c’est-à-dire ceux qui vont creuser, chercher, déterrer. Le territoire est désormais algérien. Il faut des tests ADN pour identifier les victimes. C’est important pour les familles, notamment en Algérie. Mais cela demande une vraie collaboration entre les deux pays. Hélas, Khaled Drareni, correspondant de TV5MONDE en Algérie, est en prison parce que le chef de l’Etat algérien l’a dénoncé comme étant un espion au service des Français. Et la France n’a pas réagi. Ce n’est pas comme cela que nos peuples vont pouvoir travailler ensemble.

L’Algérie demande à la France de rendre les archives datant de la période coloniale (1830-1962). La France doit-elle donner ces archives à Alger ?

Pierre Audin : Le plus simple serait que les archives soient communes entre les deux pays. Il faudrait les numériser. Le problème de ces archives ne réside pas dans leur localisation mais bien dans la liberté d'accès à ses archives. Peut-on accéder à certaines archives en Algérie ? Peut-on y avoir accès en France ? Actuellement, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, qui est une officine qui travaille auprès du premier ministre français, considère que la loi n’a pas à s’appliquer sur la question de l’accès aux archives. La loi de 2008 affirme que la liberté d’accès aux archives doit être la règle au bout de 50 ans. Le SGDNS a ce pouvoir de classifier des documents. Pour tout ce qui concerne l’Algérie, il faudrait déclassifier. Le pays est indépendant depuis plus de 50 ans. Les archives doivent être accessibles. Un étudiant ne va pas attendre 3 ans, 4 ans, 5 ans pour consulter un document. Et ce sont souvent les étudiants dans leurs travaux de thèses qui font avancer la recherche historique.
 

La reconnaissance par la France de la vérité est bien plus importante que celle des

Audin, fils de Maurice Audin

Un autre problème autour des archives est posé. En ce qui concerne la disparition mon père, les archives nationales ont livré ce qu’elles possédaient.  Mais de nombreux officier de l’armée française, des colonels notamment, ont des archives privées. Les héritiers doivent rendre publics ces archives et les donner aux archives nationales. Pour la grande majorité des disparus, on peut encore trouver de nombreuses choses dans des archives privées. Et il faudrait les donner aux archives nationales et espèrer qu'elles ne soient pas classifiées.

Le président Emmanuel Macron veut multiplier les gestes vers Alger. Peut-on espérer un apaisement sur ces questions entre l'Algérie et la France ?

Pierre Audin : Il faut travailler sur ce passé, reconnaître ce qui s'est passé et avancer. Et il faut mettre en avant des coopérations entre les deux pays et mettre de l'argent dans ces échanges. Je crois que ce qui va réellement apaiser les choses, c'est le temps. Le conflit mémoriel va peu à peu s'effacer.


Voir aussi : le rapport Stora mettra-t-il fin au tabou de la guerre d'Algérie ?
 

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Lire aussi : L'affaire Audin, à l'ombre de la France-Algérie


 

Pierre Desorgues

 

Mise à jour 23.01.2021 à 13:50

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Dans ALGERIE

L'ALGERIE ENTRE AU CONSEIL DE SECURITE DE L'ONU

Par Le 07/02/2021

 

Bonne nouvelle pour le monde libre...

Sunday, 07 February 2021 7:29 PM  [ Last Update: Sunday, 07 February 2021 7:29 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Une session du Conseil de sécurité de l'ONU. (Photo d'archives)

L’Union africaine (UA) a approuvé, jeudi 4 février, la candidature de l’Algérie au poste de membre non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU pour la période 2024-2025, a indiqué le ministre des Affaires étrangères algérien, Sabri Boukadoum.
« Les travaux de la 38e session du Conseil exécutif de l’UA ont été clôturés par la validation de la candidature de l’Algérie au poste de membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU pour la période 2024-2025 », a tweeté Boukadoum, rapporte l’APS.
Le Conseil exécutif a mis l’accent sur « l’impératif attachement aux principes fondateurs de l’UA », a ajouté Boukadoum dans son tweet, cité par Algérie Patriotique.

Algérie: Paris défend la guerre

Algérie : Paris défend la guerre

La France envisage des « actes symboliques » par rapport aux crimes commis à l’époque de la colonisation et de la guerre d’Algérie, mais annonce qu’il n’y aura « ni repentance ni excuses », a annoncé ce mercredi l’Élysée dans un communiqué.

Dans son intervention lors des travaux du Conseil exécutif de l’UA, Boukadoum a affirmé que « l’Algérie, fermement convaincue du principe de solidarité et du partage équitable des charges et soucieuse de la concrétisation des objectifs du continent africain, sur tous les plans, tient à s’acquitter, à temps, de ses contributions financières au budget de l’UA et au Fonds pour la paix », indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Lire aussi : Algérie : Paris minimise ses crimes

Cette session a été consacrée à l’examen d’une série de rapports, dont celui relatif à la mise en œuvre de la stratégie continentale commune de lutte contre la COVID-19 et d’exposés sur les activités de différents organes de l’UA au titre de l’exercice écoulé.
Le Conseil exécutif s’est également penché sur le progrès réalisé dans la mise en œuvre des réformes structurelles de l’UA.

Les AWACs US contre l'Algérie?

Les AWACs US contre l’Algérie ?

La 38e session du Conseil exécutif de l’UA a été tenue, rappelle-t-on, en préparation des travaux de la 34e session ordinaire du Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UA, prévue les 6 et 7 février courant par visioconférence et placée sous le thème « Arts, culture et patrimoine : des leviers pour construire l’Afrique que nous voulons ».
Il sera procédé, lors du Sommet, à l’élection de nouveaux membres de nombre d’organes de l’organisation continentale, à leur tête les six commissaires du Conseil exécutif de l’UA.

Lire aussi: Le Maghreb « résistant » n’est pas une proie facile, les revers cuisants de l’axe Mossad/CIA

De même qu’il est prévu, lors de cette élection et, pour la première fois, la fusion des deux Départements affaires politiques (DAP) et Paix et Sécurité (DPS), le but étant de conférer plus de poids au poste de président du Conseil de paix et sécurité (CPS), de manière à permettre au commissaire de gérer les différends politiques et les questions relatives à l’instabilité dans le continent, telles que les protestations contre les résultats des élections, ajoute Algérie Patriotique.

https://french.presstv.com/Detail/2021/02/07/644768/Algerie-ONU-Conseil-de-securite-

Dans ALGERIE

ALGERIE : UNE PETITION EST LANCEE POUR DENONCER LA HONTEUSE PRECONISATION DE STORA DE CREER UNE STELE A L’EFFIGIE DU RESISTANT ABDELKADER EN FRANCE

Par Le 05/02/2021

L'émir Abdelkader, résistant algérien contre la colonisation française (1852)

Rapport Stora: le projet d’une stèle de l’émir Abdelkader en France ne passe pas en Algérie

© AFP 2020

AFRIQUE

14:58 05.02.2021URL courte

Par 

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Une pétition a été lancée pour dénoncer la préconisation de Benjamin Stora de construire une stèle à l’effigie d'Abdelkader en France. Ses initiateurs s’élèvent contre l’idée d’ériger une statue «sur la terre où il fut retenu en otage». La proposition est également condamnée par son arrière-petit-neveu et président de la fondation Émir Abdelkader.

Le rapport de Benjamin Stora sur les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie commandé par le Président français Emmanuel Macron ne cesse de faire réagir, notamment en Algérie.

Cette fois-ci, c’est la recommandation de l’historien aux autorités françaises d’ériger une stèle à l’effigie de l’émir Abdelkader (1808-1883), résistant contre la conquête de l’Algérie par la France, qui soulève de vives critiques. Dans son chapitre «Préconisations», Benjamin Stora écrit: «La construction d’une stèle, à Amboise, montrant le portrait de l’émir Abdelkader, au moment du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie en 2022. Restitution de l’épée d’Abdelkader à l’Algérie.»

Cette proposition a fait réagir un groupe de citoyens et d’intellectuels algériens qui ont lancé, lundi 1er février, une pétition en ligne.

«Nous, signataires de cette pétition, nous nous élevons de la façon la plus ferme et la plus déterminée pour dénier à cet État de jouer encore avec la haute figure de notre émir. Nous demandons de la façon la plus énergique à notre propre État de se positionner clairement contre cette manœuvre néocoloniale et de peser de tout son poids pour refuser ce crime supplémentaire contre notre mémoire nationale», peut-on lire.

Otage

Les initiateurs de la pétition considèrent que la proposition de Benjamin Stora de construire cette stèle à Amboise, «terre où il fut retenu en otage», constitue un «détournement du nom et du prestige de l’émir Abdelkader par l’État français parjure».

Alger

© SPUTNIK . VLADIMIR PERVENTSEV

Françoise Vergès, politologue: «Le rapport Stora sert des objectifs macronistes»

 

«L’État français a parjuré l’armistice signé par le général Lamoricière et l’émir Abdelkader. Il a détourné le bateau censé le conduire en Palestine, sur la base de cet armistice, et l’a pris en otage avec sa famille et sa suite», rappellent-ils.

Mohamed Lamine Boutaleb, président national de la fondation Émir Abdelkader et arrière-petit-neveu du résistant algérien, fait partie des pétitionnaires. Contacté par Sputnik, il souhaite que cette initiative «reçoive le soutien et la signature du plus grand nombre de nos compatriotes» et qu’elle devienne «l’impulsion de campagnes de la mémoire et du souvenir des symboles, des héros et des dirigeants des longues résistances du peuple algérien».

«La fondation Émir Abdelkader s’oppose naturellement à cette proposition d’élever une statue à l’émir comme projet d’État. Elle s’oppose au détournement d’un de nos symboles nationaux les plus forts pour faire passer un projet de reconquête par la culture. Elle s’oppose encore plus à la distorsion des faits et de la réalité coloniale.»

«La fondation affirme la solidarité et la cohérence logique de toutes les oppositions à ce rapport. Elle salue et exprime sa gratitude aux réactions des historiens algériens et français qui ont opposé à ce rapport la rigueur d’un examen scientifique qui en a dévoilé les présupposés idéologiques», poursuit-il.

Reconquête par la culture

Mohamed Lamine Boutaleb se montre particulièrement critique envers l’enquête commandée par l’Élysée. Il estime que le projet d’État d’élever cette stèle à Amboise ne doit pas être isolé de l’ensemble des autres propositions.

Emmanuel Macron et Benjamin Stora

© AFP 2020 CHRISTIAN HARTMANN

Le rapport Stora vu d’Alger: un travail «francocentriste» destiné aux «algéronostalgiques»

«Cette atteinte à notre mémoire, cette variante "Stora" du récit colonial est la méthode la plus appropriée, celle de la reconquête par la culture», relève le président de la fondation en rejetant le principe de «mémoire partagée» mis en avant par l’historien originaire de Constantine.

 

«Ce rapport a une importante fonction politique interne en France même. Il présente une version "honorable" de la conduite coloniale pour anesthésier la vigilance des courants populaires français quant aux projets de reconquête en ces temps de crise aussi bien en direction de notre pays qu’envers ceux de la région. Il poursuit, dans des formes différentes et moins brutales, la thèse des "bienfaits" du colonialisme et du Discours de Dakar. Selon cette variante Stora, le colonialisme ne serait pas une "abomination"», ajoute Mohamed Lamine Boutaleb.   

Pour l’heure, les autorités algériennes n’ont pas réagi officiellement au contenu du texte rédigé par Benjamin Stora. Au mois de juillet 2020, le Président Abdelmadjid Tebboune avait désigné Abdelmadjid Chikhi, son conseiller chargé des archives et de la mémoire nationales, «pour mener le travail en cours avec l’État français sur les dossiers inhérents à la mémoire nationale et à la récupération des archives nationales». Celui-ci, qui occupe également le poste de directeur général du Centre national des archives algériennes, n’a pas encore rendu public son propre rapport.

https://fr.sputniknews.com/afrique/202102051045182078-rapport-stora-le-projet-dune-stele-de-lemir-abdelkader-en-france-ne-passe-pas-en-algerie/

Dans ALGERIE

GUERRE D’ALGERIE – FRANCOISE VERGES, POLITOLOGUE : « LE RAPPORT STORA SERT DES OBJECTIFS MACRONISTES »

Par Le 03/02/2021

Alger

Françoise Vergès, politologue: «Le rapport Stora sert des objectifs macronistes»

© Sputnik . Vladimir Perventsev

AFRIQUE

18:47 02.02.2021(mis à jour 18:50 02.02.2021)URL courte

Par 

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Politologue et militante féministe, Françoise Vergès fait pour Sputnik une lecture critique du rapport sur les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre rédigé par l’historien Benjamin Stora à la demande du Président de la République française. Elle estime que la démarche «révisionniste» sert des «objectifs macronistes».

Dans cette interview accordée à Sputnik, Françoise Vergès dresse un bilan particulièrement critique du travail réalisé par Benjamin Stora pour le compte du Président Emmanuel Macron. Selon elle, le rapport de l’historien originaire de Constantine vise à «pacifier et à neutraliser la dimension et les conséquences du passé colonial français en Algérie».

Françoise Vergès

© AFP 2020 FRANCOIS MORI

Françoise Vergès

La politologue et militante «féministe décoloniale» connaît parfaitement l’histoire coloniale de ce pays du Maghreb pour l’avoir étudiée, mais aussi pour avoir passé une partie de sa jeunesse à Alger, au sein du foyer de son oncle, Jacques Vergès, alors époux de la militante du FLN Djamila Bouhired. Ancienne présidente du Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage (CNMHE), Françoise Vergès estime que la France officielle doit abandonner sa posture paternaliste pour parvenir à se décoloniser. Un entretien sans concession, dans la pure tradition des Vergès.

Sputnik: Vous dénoncez depuis des années l’histoire officielle, celle du «pouvoir français et de l’homme blanc». Le rapport de Benjamin Stora s’inscrit-il dans cette lignée?

Françoise Vergès: «Je dirais, avec tout le respect que j’ai pour Benjamin Stora, que son rapport s’inscrit dans la lignée d’un révisionnisme de l’histoire. Le pouvoir français n’en est plus au refoulement et au fait de dire "ça ne s’est pas passé". Son objectif est de pacifier et de neutraliser la dimension et les conséquences du passé colonial. Nous sommes face à une politique de pacification.»

Sputnik: Cette pacification permet-elle de minimiser les crimes coloniaux en Algérie?

Françoise Vergès: «Tout à fait. À la lecture du rapport, j’ai été frappée par le vocabulaire: mémoire enflammée, mémoire blessée… Et également par le fait de mettre sur le même plan les mémoires des colons, des Algériens et des nationalistes. Je reprends la phrase d’Aimée Césaire: "La colonisation est un crime." Il n’y a jamais d’échanges ni de rencontres dans la colonisation. Dès le départ, c’est le viol, le vol, la dépossession et l’exploitation. Et ça continue ensuite.

 

Emmanuel Macron et Benjamin Stora

© AFP 2020 CHRISTIAN HARTMANN

Le rapport Stora vu d’Alger: un travail «francocentriste» destiné aux «algéronostalgiques»

Lorsque l’on nous dit qu’il y avait des pieds-noirs pauvres, c’est un faux débat. La question n’est pas là. Cela ne justifie pas la colonisation, ni même le fait que des pieds-noirs aient choisi de rester en Algérie après l’indépendance du pays. Rien ne justifie la colonisation, absolument rien. Le phénomène a été une catastrophe pour l’Algérie, du début à la fin, en matière de développement, de culture, de pillage des ressources, de la santé des populations. La colonisation doit être condamnée, c’est tout.»

 

Sputnik: Le rapport de Benjamin Stora, historien originaire de Constantine en Algérie, est destiné à l’État français puisqu’il a été commandé par le Président de la République Emmanuel Macron. Pourquoi a-t-il fait autant réagir en Algérie?

Françoise Vergès: «Car il parle de l’Algérie et que certaines de ses recommandations sont adressées directement aux Algériens, notamment lorsqu’il évoque la question des harkis et celle des archives du FLN. Benjamin Stora cite également des dirigeants algériens. À ce propos, je relève qu’il n’y a pas un seul mot sur le Hirak: Stora aurait dû démontrer que le peuple algérien n’est pas dupe et qu’il ne croit pas au récit qu’on lui fournit depuis des années, qu’il est tout à fait capable de faire la différence. Le Hirak a établi l’incroyable maturité du peuple algérien. Celui-ci est parfaitement au courant de la corruption de ses gouvernants. Les Algériens se font arrêter et jeter en prison, ils sont pleinement conscients de la situation et ils disent que c’est la seconde révolution.

Il y a un côté paternaliste dans ce rapport et je pense que c’est ce qui a fait réagir. Dans ce document, on évoque ‘des exactions, des sujets sensibles, du ressentiment’ au lieu de parler clairement de crimes. Il n’y a aucune référence aux enfumades, aux villages déplacés, à la séparation des communautés, au napalm, à la torture... Depuis la conquête jusqu’à l’indépendance, les Algériens ont subi une succession de crimes. Il y a des faits. Au lieu de cela, Benjamin Stora nous a offert un récit édulcoré qui met en avant des amitiés entre les Algériens et les colons. Mais ces amitiés se sont nouées contre et non pas grâce à l’ordre colonial. Moi qui viens de La Réunion, je peux vous dire que l’ordre colonial français est pour la division. Les amitiés sont une forme de résistance. Ensuite, qui en France peut se permettre de faire la leçon aux Algériens?»

la manifestation contre la guerre en Algérie

© SPUTNIK

Commission mémorielle Algérie-France: l’historien Benjamin Stora «n’est pas le représentant de l’État français»

 

Sputnik: Pourquoi le Président Macron a-t-il fait porter la responsabilité du dossier colonial sur les épaules d’un seul homme?

Françoise Vergès: «Je ne sais pas pourquoi Benjamin Stora a accepté cette mission. Ce qui est sûr, c’est que nous sommes confrontés à des pièges. Je le sais pour avoir été membre du Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage, même s’il est vrai que je n’étais pas seule. Les dirigeants français –Sarkozy, Hollande et Macron– veulent mettre sur le tapis ces sujets. À travers des missions et des annonces, ils arrivent à faire en sorte que le thème de la responsabilité de la France soit minimisé pour aboutir à une question de réconciliation. Pas une seule fois le mot réparation n’est prononcé. C’est systématique. Vous ne pouvez pas demander à une femme battue de se réconcilier avec son époux. C’est totalement asymétrique. La France est partie avec les archives de l’Algérie, ce qui est en réalité un vol. On nous dit que Paris a rendu les crânes des premiers résistants, alors que c’est le minimum! Nous en sommes à saluer des actes minimes.

La France a tellement refoulé son passé colonial que lorsqu’elle consent un petit geste, tout le monde doit trouver ça formidable. Je ne vais pas m’ébahir sur des choses évidentes. D’ailleurs, nous le constatons clairement dans la conclusion de ce rapport puisqu’il est écrit que l’Algérie est le premier client économique de la France en Afrique et que ce pays doit jouer le rôle de gendarme contre les migrants et contre les terroristes. Ce n’est pas le travail d’un historien de dire cela. Et c’est là que se révèle l’objectif réel de cette fameuse réconciliation: les intérêts économiques et politiques de la France doivent être préservés. Donc pour régler ces questions politiques, le pouvoir français crée ce genre de mission.»

Sputnik: Le fait de confier ces missions à des personnes comme Benjamin Stora, historien originaire de Constantine, pour le passé colonial ou encore à vous pour la question de l’esclavage permet-il de crédibiliser ces initiatives politiques?

Françoise Vergès: «Sans doute. Il est vrai que le Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage a été créé sous Chirac, à l’époque il y avait encore certaines possibilités. Mais très rapidement, nous nous sommes aperçus de la volonté d’imposer des entraves. Personnellement, je n’en pouvais plus, je suis partie et aujourd’hui je suis critique. Jean-Marc Ayrault, l’ancien Premier ministre, actuel président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, a récemment reconnu que l’enseignement sur l’esclavage a régressé dans les manuels scolaires. Nous n’avançons pas, nous reculons.

 

Gisèle Halimi

© AFP 2020 JACK GUEZ

Gisèle Halimi, «un modèle» pour les féministes algériennes

À titre d’exemple, le rapport préconise de faire entrer Gisèle Halimi au Panthéon, cela permettra de faire féministe et anticolonialiste. D’une pierre deux coups. Mais qui a envie d’aller au Panthéon? C’est un truc de réactionnaires, "aux grands hommes la patrie reconnaissante". Personne ne doit être au Panthéon, surtout pas nos héroïnes et nos héros. Et puis ces choix! Gisèle Halimi plutôt que d’autres. Les avocats qui ont défendu les militants du FLN étaient engagés dans une lutte collective. On essaie chaque fois de sortir une personne du collectif pour l’opposer aux autres. Gisèle n’était pas seule. D’ailleurs, j’ai constaté chez Benjamin Stora cette volonté de ne pas mettre les noms de ceux qui étaient plus radicaux que Gisèle Halimi. J’ai bien noté que Jacques Vergès n’a pas été nommé car il reste le diable, ou même encore les Algériens membres du collectif d’avocats [qui ont défendu les militants du FLN, ndlr]. Les porteurs de valises n’ont pas été cités non plus.

 

Et ceux qui ont le plus payé, ce sont les Algériennes et les Algériens. Encore une fois, ce sont des stratégies de neutralisation et de pacification.»

Sputnik: Dans ce rapport, Benjamin Stora prend des crimes commis par l’empire du Japon en Chine et en Corée pour argumenter à propos du rejet de la repentance. Pourquoi est-il allé chercher si loin une telle référence et peut-on comparer la France coloniale au Japon?

Françoise Vergès: «C’est un détour complètement artificiel. C’est une nouvelle manière de refouler l’histoire. Il y a trop de documents, de récits de l’époque et actuels sur les crimes commis durant les 132 années de colonisation de l’Algérie pour faire l’impasse sur le passé colonial français.

 

Macron: «J'appartiens à une génération qui n'est pas celle de la colonisation»

© SPUTNIK . BRUNO MARTY

Macron: «J'appartiens à une génération qui n'est pas celle de la colonisation»

On nous a sorti également l’argument selon lequel Emmanuel Macron n’appartenait pas à la génération qui a fait la guerre d’Algérie et qu’il n’avait donc aucune responsabilité dans ce qui s’est produit dans le passé. Cet argument est sordide. Le pouvoir actuel porte le poids car le racisme et les inégalités sont restés. Vous n’avez pas tué dans les Aurès et en Kabylie, mais vous êtes responsables du contrôle policier et des inégalités qui persistent. Nous le constatons clairement dans le commerce puisque la France continue à profiter de l’Algérie et d’une partie de l’Afrique.»

 

Sputnik: À propos de la repentance, le rédacteur du rapport écrit: «On sait que depuis plusieurs années, les autorités algériennes réclament des excuses.» Pourtant, officiellement, l’État algérien n’a jamais exigé d’excuses ou de repentance, mais plutôt une reconnaissance des crimes coloniaux commis de 1830 à 1962. Une telle reconnaissance est-elle envisageable ?

Françoise Vergès: «Aucun dirigeant algérien n’a parlé de repentance ou d’excuses. La repentance est un terme créé par l’extrême droite française. Dans les mouvements antiracistes et anticoloniaux, je n’ai jamais entendu parler de repentance. Je me repens devant Dieu, c’est tout. C’est un argument profondément malhonnête qui révèle le refus de reconnaître les crimes. La repentance est une affaire française. Dans ce rapport, il y a une confusion entre ce que la France doit faire pour elle-même et ce que l’Algérie doit faire. Il y a cette volonté d’imposer la règle du donnant-donnant. Faites votre travail et les Algériens feront le leur. La reconnaissance est difficilement envisageable car ce serait reconnaître que la République française, depuis sa création, a les mains trempées de sang.

La question profonde est que c’est la République qui a trempé dans l’histoire coloniale post-esclavagiste. Les conquêtes de l’Algérie, de Madagascar, de l’Indochine, du Maroc et de la Tunisie commencent du temps de Napoléon III, mais c’est la IIIe République qui a pris le relais. La IVe République, ce sont les massacres de Sétif et Guelma, Madagascar en 1945, les guerres en Indochine et au Cameroun ainsi que le début de la guerre d’Algérie. Cette même République qui prônait l’Égalité, la Fraternité et la Liberté. C’est ce qu’a démontré Aimé Césaire lorsqu’il a démissionné du parti communiste français en octobre 1956 pour montrer que le racisme est entré dans ses idéologies. La République française doit reconnaître qu’elle a été raciale, qu’elle a institué le code de l’indigénat, le travail obligatoire, l’expropriation des terres, les déportations, l’enrôlement forcé dans les armées coloniales et le recrutement de la main-d’œuvre pour reconstruire la France. Tout ceci doit être reconnu par la République car elle s’est bâtie sur un amas de cadavres. Bien sûr, il y a les Français qui ont fait honneur à la France, mais ils se sont opposés à leur propre État.

 

Chaque fois, on nous ressort les harkis, les événements d’Oran et aussi la guerre civile des années 1990 car cela prouve que les Algériens ont continué à s’entre-tuer. Il faut comprendre que ce sont des guerres et que des choses effroyables se sont produites. Vous en connaissez une guerre propre? La violence qui s’est abattue sur le peuple algérien a été terrible.»

Sputnik: Le rapport recommande de permettre aux harkis de revenir en Algérie. Pourtant, aucune loi algérienne n’interdit aux supplétifs de l’armée française d’entrer sur le territoire algérien. D’ailleurs, beaucoup sont restés ici en Algérie…

Françoise Vergès: «C’est encore une manipulation de l’histoire en présentant des éléments qui ne sont pas vrais, comme si l’Algérie interdisait le déplacement des harkis et de leurs enfants.D’abord, il faut rappeler que c’est la France qui s’est mal comportée avec les supplétifs puisqu’elle les a laissés "crever" dans des camps. Maintenant, on recommande à l’Algérie de compenser toutes les souffrances subies par ces personnes sur le sol français. Cette réparation doit être assurée par l’État français. Ce que je reproche à ce rapport, c’est de montrer les communautés de façon homogène: les harkis, les pieds-noirs, les Français, les Algériens… Lorsque l’on est historien, on doit faire attention à ne pas homogénéiser. D’ailleurs je suis contre la création d’un musée sur l’histoire de la France et de l’Algérie car ce sera un musée de l’euphémisme et de la neutralisation. Le rapport de Benjamin Stora sert des objectifs macronistes qui concluront qu’"il y a eu des excès des deux côtés".»

Sputnik: Cette prise d’initiative franco-française en matière d’écriture de l’histoire coloniale est-elle la cause d’une forme d’immobilisme de la partie algérienne?

Françoise Vergès: «La France profite du comportement de l’État algérien. C’est un peu ce que fait l’Occident, qui évite d’évoquer ses propres crimes en mettant en avant les dictatures et les gouvernements corrompus du continent africain. Il y a presque un anti-anticolonialisme qui s’est construit autour de cela: on reconnaît que la colonisation c’était mal, mais "regardez maintenant qu’ils ont été incapables de faire quelque chose de leur indépendance". Je n’excuse pas du tout les gouvernements algériens qui se sont succédé. Au-delà du colonialisme, il y a l’impérialisme qui continue. Il faut se poser des questions sur le rôle de l’Organisation mondiale du commerce, de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international dans le maintien des inégalités nord-sud. Lorsque l’on analyse une situation, il est nécessaire de prendre en considération tous les éléments du puzzle. Pour l’Algérie, nous sommes face à un système qui a confisqué la victoire du peuple avec un incroyable pouvoir de l’armée qui étouffe une jeunesse.

 

Tunis

© CC BY-SA 3.0 / JOSIEHEN / AVE HABIB BOURGUIBA, TUNIS

«Nous ne voulons pas de relations entre colonisateur et colonisé», lance un député tunisien à la Banque mondiale

Nous sommes d’accord sur cela. Mais il est important de critiquer un système néolibéral global qui encourage et maintient la corruption. Les relations étroites qui existent entre l’Occident et l’Arabie saoudite, qui est loin d’être un modèle de démocratie, en sont le meilleur exemple.»

 

Sputnik: Vous êtes originaire de l’île de La Réunion, territoire dont la France a pris possession en 1642 et qui est un département d’Outre-mer depuis 1946. Doit-on voir l’histoire de tous les territoires conquis par la France à travers le monde sous le prisme de la colonialité?

Françoise Vergès: «La France possède le second empire maritime au monde après les États-Unis d’Amérique grâce à toutes ses colonies dispersées à travers la planète. Le fait de dominer ces terres lui octroie un avantage scientifique puisqu’elle peut étudier la forêt amazonienne en Guyane ou encore la vulcanologie à La Réunion. Cette position lui accorde également des avantages géopolitiques, militaires, financiers et culturels. Ces terres appartiennent soit à l’empire colonial esclavagiste (Réunion,Guadeloupe, Martinique et Guyane), soit à l’empire post-esclavagiste (Nouvelle-Calédonie, Mayotte et les terres du Pacifique). Partout, quand vous lisez les rapports gouvernementaux, on fait état d’une inégalité raciale et de classe très forte. Il n’y a presque pas d’accès à la terre pour les autochtones. Le chômage est élevé, les jeunes n’ont pas d’avenir et le taux d’illettrisme est important, qui atteint les 21% à la Réunion. Le message du gouvernement français c’est: "L’avenir est ailleurs." Mais cette situation n’est pas nouvelle. Dès 1947, le gouvernement français déclarait qu’il n’y aurait pas de développement de ces colonies et que les deux seules solutions seraient la migration et le contrôle des naissances.

 

Explosion d'une bombe nucléaire (image d'illustration)

© SPUTNIK

Question mémorielle entre l’Algérie et la France: «Il faut du courage en politique», affirme Tebboune

Il y a aussi la problématique des tests nucléaires qui se sont poursuivis dans le Pacifique après avoir été arrêtés en Algérie. Les taux de leucémies sont impressionnants et les atolls se sont remplis de déchets nucléaires. On constate également un phénomène de recolonisation, avec l’arrivée de Français de métropole qui préfèrent profiter de leur retraite sous le soleil. Sur le plan commercial, les compagnies françaises réalisent toujours des bénéfices conséquents en important 70% à 80% des biens de consommation depuis la métropole. À titre indicatif, sur l’île de La Réunion, s’il n’y avait pas de livraison par cargo, la population ne pourrait survivre au-delà de dix jours. Tout a été cassé. La France a détruit les liens de ces territoires avec leurs régions. La Réunion ne commerce pratiquement pas avec Madagascar qui est tout proche. En Guyane, les habitants disent que le café du Brésil va d’abord en France avant d’être vendu chez eux. En Martinique et en Guadeloupe, au sein de l’administration, les directeurs de services sont des Blancs. Bien sûr, nous sommes dans la colonialité, même si le régime a changé. Les principes d’inégalité, d’exploitation, de non-développement, de racisme sont toujours là. La France ne s’est pas décolonisée. Nous sommes dans "l’effet retour" décrit par Aimé Césaire. Les ségrégations raciale, sociale et professionnelle sont des réalités. Le paternalisme est une forme de racisme.»

https://fr.sputniknews.com/afrique/202102021045168273-francoise-verges-politologue-le-rapport-stora-sert-des-objectifs-macronistes/

Dans ALGERIE

ALGERIE : L’ORGANISATION DES MOUDJAHIDINE REJETTE LE RAPPORT STORA QUI OCCULTE LES CRIMES COLONIAUX LORS DE LA GUERRE D’ALGERIE (1954-1962)

Par Le 01/02/2021

Algérie: les anciens combattants rejettent le rapport Stora

Algérie: les anciens combattants rejettent le rapport Stora

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Par AlAhed avec AFP

L'historien français Benjamin Stora a «occulté les crimes coloniaux» de la France en Algérie, dans son rapport sur la réconciliation des mémoires entre les deux pays, a accusé la puissante Organisation des moudjahidine (ONM), les anciens combattants de la guerre d'indépendance (1954-1962).

M. Stora «a omis d'aborder dans son rapport les différents crimes coloniaux perpétrés par l'Etat français, de l'aveu des Français eux-mêmes», affirme le secrétaire général par intérim de l'ONM, Mohand Ouamar Benelhadj, dans une vidéo diffusée sur la chaîne YouTube de cette organisation officielle.

Il s'agit de la première réaction d'un organisme officiel algérien depuis que l'historien français a remis son travail le 20 janvier au président Emmanuel Macron.

Si elle ne constitue pas une surprise -- l'ONM exhorte régulièrement la France à «s'excuser» pour les crimes commis durant ses 132 ans de colonisation (1830-1962) --, cette réaction s'apparente à une fin de non recevoir d'une partie de l'opinion publique algérienne.

En revanche, ni le président Abdelmadjid Tebboune, soigné en Allemagne pour des «complications» post-Covid, ni le directeur des archives nationales Abdelmadjid Chikhi, chargé d'un travail parallèle sur la question mémorielle, ni le ministre des Anciens combattants ne se sont encore exprimés sur le sujet.

Le responsable de l'ONM a par ailleurs mis en doute la sincérité de Paris, en estimant que le fait «d'écarter toute possibilité d'excuses de la part de la France officielle pour ses crimes coloniaux est de nature à torpiller les tentatives de réconciliation avec la mémoire».

«Les Algériens n'attendent pas de l'Etat français une indemnisation financière pour les millions de vies (perdues), mais l'appellent à reconnaitre ses crimes contre l'humanité», a déclaré M. Benelhadj.

De nombreuses critiques ont déjà émané de médias et d'historiens algériens déplorant que le principe «d'excuses» ait été écarté par le président Macron.

Le président Macron s'est engagé à prendre des «actes symboliques» pour apaiser les mémoires sur la guerre d'Algérie et réconcilier les deux pays mais il ne présentera pas les «excuses» attendues par Alger.

 

france algerie colonisation

https://french.alahednews.com.lb/38535/307

Dans ALGERIE

REPRESSION EN ALGERIE : CONDAMNATION A 18 MOIS DE PRISON FERME DE DALILA TOUAT, UNE ENSEIGNANTE DE 45 ANS

Par Le 21/01/2021

Répression.

En Algérie, la condamnation d’une enseignante engagée crée l’indignation

AFRIQUE

ALGÉRIE

COURRIER INTERNATIONAL - PARIS

Publié le 21/01/2021 - 09:19

 

Pour son avocat, Farid Khemisti, Dalila Touat est une “icône de la contestation à Mostaganem”. Le journal Liberté titre : “La pasionaria de Mosta”. Ce statut lui a valu la sévérité des juges. Le tribunal de la région du nord-ouest du pays a condamné, lundi 18 janvier, l’enseignante à 18 mois de prison ferme.

“Fougueuse, qui n’a pas la langue dans sa poche”, telle que la décrit Liberté, cette diplômée de physique au chômage était devenue en 2011 la porte-parole d’une association de défense des droits des diplômés chômeurs, raconte le site d’information indépendant.

Mais c’est huit ans plus tard, alors que le vent du Hirak souffle sur tout le pays, qu’elle devient l’une des figures les plus en vue de la contestation du régime d’Abdelaziz Bouteflika à Mostaganem. Elle est de toutes les marches et est très active sur les réseaux sociaux. Nul doute, selon la presse, que c’est ce qui mène la justice à s’intéresser à elle.

En novembre dernier, elle est ainsi accusée d’avoir tenté de perturber l’élection présidentielle du 12 décembre 2019 et “d’avoir incité les citoyens à ne pas voter lors du référendum sur la Constitution (1er novembre 2020)” et pour “outrage à un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions”, précise le journal El Watan.

Procès politique

Le 3 janvier, la militante est écrouée, avant d’être condamnée à la lourde peine de 18 mois de prison, malgré la présence de 17 avocats venus des quatre coins de l’Algérie pour la défendre. Liberté rapporte dans un second article consacré à l’affaire :

Dans sa plaidoirie, la défense s’est attelée à démontrer que, comme l’écrasante majorité des procès des animateurs du Hirak, celui intenté contre Dalila Touat n’avait rien de juridique mais tout du politique.”

Les avocats qui se sont succédé à la barre ont dénoncé un procès dont l’unique but est de “semer la peur chez les Algériens et de réprimer toute velléité de contestation”.

À LIRE AUSSI Liberté de la presse. Le journaliste Khaled Drareni, symbole de la répression en Algérie, lourdement condamné

Bien loin des espoirs qui ont suscité la chute d’Abdelaziz Bouteflika, la répression s’est accentuée avec l’arrivée du nouveau président, Abdelmajid TebbouneDes dizaines de journalistes et militants du Hirak ont été arrêtés et sont jugés.

De son côté, Algérie Part rappelle que la militante est en grève de la faim depuis deux semaines.

Dalila Touat a laissé derrière elle une mère éplorée, déchirée par le chagrin. Une mère très âgée qui pleure l’emprisonnement de sa fille, la seule qui s’occupait de ce foyer modeste.”

Malik Ben Salem

https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/repression-en-algerie-la-condamnation-dune-enseignante-engagee-cree-lindignation?utm_source=batch-notif&utm_medium=push-notification&utm_campaign=batch-notif#xtor=CS5-32-[siteweb]-[pushweb]

Dans ALGERIE

CORROMPU, L'ANCIEN PREMIER MINISTRE ALGERIEN, AHMED OUYAHIA, RECEVAIT DES LINGOTS D'OR DE CERTAINS PAYS DU GOLFE

Par Le 11/01/2021

Corruption en Algérie : l’ancien Premier ministre recevait des lingots d’or de certains pays du Golfe

 Depuis 1 heure  11 janvier 2021

ahmed_ouyahia

 Algérie - Maghreb - Monde arabe - Spécial notre site

 

 

Rédaction du site

L’ancien Premier ministre algérien à l’époque du défunt président Abdelaziz Bouteflika, Ahmed Ouyahia, a déclaré avoir « reçu des cadeaux de dirigeants des pays du Golfe sous forme de lingots d’or », lors de son procès dans des affaires de corruption.

Emprisonné car il est trempé dans des affaires de corruption, il a toutefois nié les accusations portées contre lui « d’accorder des privilèges injustifiés, d’abus d’emploi, de conflit d’intérêts et de blanchiment d’argent », selon l’agence de presse officielle algérienne APS.

Le samedi 9 janvier, lui et un autre ancien Premier ministre, Abdelmalek Sellal, ont été tenus pour responsables de cas « d’installation de voitures » et de « financement occulte » de la campagne électorale de Bouteflika.

Concernant son argent déposé dans 3 comptes bancaires et postaux, Ouyahia a déclaré que « sa provenance n’a rien à voir avec les postes élevés qu’il occupait ».
Interrogé sur les raisons pour lesquelles il a refusé de parler précédemment de cette affaire , il a répondu que c’était « afin de ne pas de nuire aux relations qui lient notre pays avec certains pays amis ».

Il a expliqué qu’il recevait lorsqu’il occupait son poste de Premier ministre « des cadeaux des dirigeants des pays du Golfe sous forme de lingots d’or qu’il a vendus sur le marché parallèle pour 350 millions de dinars (2,6 millions de dollars) puis les a déposés dans ses comptes ».
Il a argué ne pas avoir déclaré ces sommes en raison du traitement médical qu’il subit depuis l’an 2017 », selon APS.

Il n’a toutefois pas précisé  quels pays du golfe lui offraient des lingots d’or ni pour quelle raison.

Le 30 novembre 2020, un verdict a été rendu contre les deux anciens Premiers ministres, Abdelmalek Sellal et Mohamed Ouyahia, les condamnant à cinq ans de prison avec les travaux, selon la presse algérienne.

Le journal algérien « An-Nahar » a indiqué que leur peine de prison est intervenue après avoir été reconnus coupables de crimes économiques et financiers par le tribunal de Sidi Mohamed.

Source: Médias

https://french.almanar.com.lb/1983940

Dans ALGERIE

HIRAK : LA FILIERE TUNISIENNE

Par Le 26/12/2020

Hirak: la filière tunisienne

Lundi, 21 Décembre 2020 20:08 Ahmed Bensaada

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La récente ressuscitation politique de l’ancien président tunisien en a surpris plus d’un, non seulement par la piètre teneur de son propos mais surtout par son insolente immixtion dans les affaires d’autrui. On a ainsi eu droit à Marzouki l’insipide écrivain collabo, Marzouki le pitoyable orateur et Marzouki le médiocre analyste, une triple punition pour les personnes qui ont suivi ses errances cogitatives.
Moncef Marzouki est, en effet, le préfacier du livre commandité par le mouvement Rachad en réponse au mien (Qui sont ces ténors autoproclamés du Hirak Algérien?). Cette ostensible collaboration avec une organisation accusée d’avoir des liens avec la nébuleuse islamiste, et dont l’hyperactivité au sein du Hirak n’est plus à démontrer, met en lumière deux aspects importants. Primo, Marzouki étant lui-même un islamiste avéré, sa contribution à ce travail de pure propagande confirme la nature internationale de l’entité Rachad et du rôle nocif de son internationalisme dans le Hirak. Secundo, elle montre que la « printanisation » de l’Algérie est le but recherché par Rachad et son auteur fétiche. On peut s’en rendre compte en lisant la préface du livre de Rachad. Marzouki y écrit :
« Après la première vague du « printemps arabe » en Tunisie, en Libye, au Yémen, en Égypte et en Syrie, et malgré les revers et ce que certains ont pris pour des « leçons », la deuxième vague est survenue au Soudan, en Algérie, en Irak et au Liban ».

 

Ainsi, selon Marzouki (et, bien entendu, Rachad), l’Algérie vit actuellement une deuxième vague de printanisation touchant les pays arabes « rescapés » de la première. Une fatalité concoctée d’après les grimoires d’officines bien connues. Et quand on sait quelle a été la conséquence de cette saison funeste sur la plupart de ces pays, on imagine les images de chaos qui doivent faire saliver Marzouki et ses « rachadiens ».

Des villes complètement détruites, des citoyens décimés par centaines de milliers, des réfugiés fuyant la terreur par millions et des rêves évaporés à jamais.

Même dans le cas de la Tunisie, il est difficile de comprendre cette propension à idéaliser sa situation. Il est vrai que la condition des libertés démocratiques s'est nettement améliorée. Malgré cela, les observateurs (surtout occidentaux) sont unanimes sur son insuccès, dix ans après la disparition de feu Mohamed Bouazizi. Et les titres des journaux soulignant cet anniversaire sont éloquents :

 

The Guardian (GB): « 'He ruined us': 10 years on, Tunisians curse man who sparked Arab spring »

(''Il nous a ruinés '': 10 ans plus tard, les Tunisiens maudissent l'homme qui a déclenché le printemps arabe)

Le Temps (CH): « Mohamed Bouazizi, le héros maudit de Sidi Bouzid »

Le Figaro (FR) : « Dix ans après, le goût amer des printemps arabes »

Tunisie Numérique (TN) : « Le Monde : Techniquement, la Tunisie est quasiment en faillite ! »

Etc.

 

 

On constate que ceux-là mêmes qui soutenaient et applaudissaient les « printemps » arabes se rendent compte - un peu trop tard - de leur erreur. Et à quel prix!

Dans le cas tunisien, on peut y ajouter certaines particularités post-« révolution » : la sidérante participation au jihadisme international (premier pourvoyeur de terroristes dans le monde en 2015), l’odieux « jihad al-nikah », le phénomène des harragas , etc.

Alors, au lieu de s’occuper des affaires algériennes, Marzouki devrait plutôt s’intéresser à son pays et mettre ses « immenses » talents au service de son peuple. À moins que le surnom de « Tartour » (pantin) dont il a été affublé par les Tunisiens ne le disqualifie complètement.

Marzouki s’est aussi fait remarquer par sa position anti-algérienne dans le dossier du Sahara Occidental. Une attaque féroce et hostile qui corrobore son rôle collaborationniste dans le Hirak.

 

 

 

 

Il est inutile de discuter plus longuement ce dernier point puisque le professeur Chitour s’en est chargé de manière académique en dressant un tableau peu reluisant du Tartour tuniso-rachadien.

Marzouki ennemi de l’Algérie? Son rôle dans le Hirak et la virulence de ses récentes sorties médiatiques tendent à le confirmer.

Il est cependant intéressant de noter que cette rencontre, qui a permis à Marzouki de verser tout son venin sur l’Algérie, a été organisée par « Shoaa for Human Rights Ltd ». Cette ONG récemment incorporée à Londres est présidée par l’Algérien Rachid Aouine. D’après les journaux de l’époque, M. Ouine est un ancien douanier « abusivement licencié », qui s’est métamorphosé en militant des droits de l’Homme. Après avoir eu maille à partir avec la justice algérienne, il a été défendu par Al Karama, fondation proche du mouvement Rachad. Il s’est exilé par la suite à Londres où il continue ses activités droit-de-l’hommistes par le biais de cette nouvelle ONG.

 

 

 

 

Cela explique pourquoi on retrouve Marzouki chez Rachad et chez « Shoaa for Human Rights Ltd ». Mais cela n’expliquera jamais pourquoi des Algériens qui prétendent défendre leur pays permettent à un étranger de cracher sur l’Algérie.

On se serait contenté d’un seul tartour produit par notre pays voisin, mais voilà qu’un second fait surface, comme par enchantement.  Il s’agit de Ahmed Ounaies, un ancien ministre des affaires étrangères de la Tunisie, membre du gouvernement Ghannouchi II. Ce monsieur s’était fait remarquer par ses éloges à l’égard de Michèle Alliot-Marie, son homologue française, celle-là même qui avait proposé « le savoir-faire » des forces de sécurité françaises pour mater la « révolution du jasmin ». Ses propos avaient à l’époque soulevé l’ire des fonctionnaires de son ministère qui l’avaient chahuté et poussé à la démission. Il ne resta finalement à son poste que…25 jours! Et c’est ce « grand » diplomate qui vient donner des leçons à l’Algérie, on aura tout vu!

Regardons ça de près. Dans une virulente interview sur IFMTV, il accusa l’Algérie - qu’il désigne par « régime militaire algérien » - d’être la source de tous les maux de la région en plus de s’être accaparé frauduleusement plusieurs « centaines de kilomètres du Sahara tunisien » et d’avoir cassé l’Union du Maghreb arabe, contrairement au Maroc. Il ne se priva pas d’ajouter que la normalisation du Maroc avec l’État hébreu n’était pas négative et qu’elle avait été imposée par la position algérienne.

 

Ahmed Ounaies sur IFMTV (14 décembre 2020)

 

 

 

 

Épargnons-nous les autres inepties de cet acabit proférées par cet analyste digne du café du Commerce. On doit se réjouir pour la Tunisie car c’est une chance pour elle que ce monsieur n’ait pas fini le mois à la tête de sa diplomatie. Il aurait mené son pays dans un gouffre sans fond.

Il n’y a pas que ces deux vieux flibustiers qui ont mis leurs nez dans les affaires algériennes. D’autres tunisiens, plus jeunes et plus sournois, n’ont rien à leur envier. Et on doit encore ceci à Rachid Ouine et à sa fameuse ONG de Londres.

En effet, à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’Homme, le 10 décembre 2020, « Shoaa for Human Rights Ltd » organisa une rencontre en ligne ayant pour thème « La situation des droits de l’Homme en Algérie ». Sur la liste des participants, on pouvait lire, entre autres: Mme Nassera Dutour, M. Abdelghani Badi, M. Messaoud Romdhani, M. Samir Bouaziz et Mme Zouhour Ouamara. Ces invités représentaient respectivement les organisations suivantes : CFDA (Collectif des Familles de Disparus en Algérie), LADDH (Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme), EuroMed Droits, RSF (Reporters sans Frontières) et « Article 19 ».

 

 

 

 

 

Ça ne vous rappelle rien? Bien sûr que oui : ce sont 5 des 16 organismes qui ont appuyé, dans une déclaration commune, la résolution du Parlement européen contre l’Algérie en date du 25 novembre dernier.

S’il y a une chose qu’on ne peut pas leur enlever, c’est leur persévérance acharnée contre l’Algérie. Deux semaines plus tard, ils étaient déjà au boulot. Quelle énergie!

Les connexions entre ces « ONG » et les Fondations Soros et/ou les organisations américaines d’« exportation » de la démocratie ont été récemment discutées dans un article détaillé.

Parmi ces cinq ONG, les deux premières sont algériennes (financées par la NED – National Endowment for Democracy) alors que les trois autres sont internationales, bénéficient d’un statut de lobbyiste auprès de l’Union européenne (UE) et reçoivent des subventions de l’Open Society Foundations (OSF) de George Soros.

 

Intéressons-nous maintenant aux représentants de ces trois ONG internationales.

De nationalité tunisienne, M. Messaoud Romdhani est membre du comité exécutif d’EuroMed Droits. Il est aussi membre fondateur du Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), vice-président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH) et directeur de publication au Comité pour le respect des libertés et des droits de l'homme en Tunisie (CRLDHT).

Messaoud Romdhani œuvre aussi comme directeur pour la Tunisie de l’Institut du Caire pour l’étude des droits de l’homme (CIHRS).

Cet institut financé par la NED faisait partie, lui aussi, des 16 organismes cités auparavant.

Accompagné d’une délégation de militants(es) tunisiens (nes), M. Romdhani s’est rendu à Alger le 29 mars 2019 pour participer au 6e vendredi du Hirak.

 

Arrivée de Messaoud Romdhani et de la délégation tunisienne à Alger (29 mars 2019)

 

 

Messaoud Romdhami participant au Hirak dans les rue d'Alger (29 mars 2019)

 

 

 

 

 

 

Le lendemain, la délégation s’est réunie avec « le collectif de la société civile algérienne » dans les locaux du RAJ (Rassemblement Actions Jeunesse), une autre ONG algérienne financée par la NED. Sur certaines photos, on remarque la présence de Abdelouahab Fersaoui et Hakim Addad.

 

 

 

 

 

 

Dans son intervention (53’10’’ @ 1h 10’ 05’’) lors de l’évènement organisé par « Shoaa for Human Rights Ltd », on l’entend expliquer que le Hirak a été pacifique et n’a pas cédé aux provocations de « l’autorité » malgré le « harcèlement des activistes qui ont été arrêtés et des journalistes qui sont un moyen important pour diffuser les informations à l’extérieur de l’Algérie ». Pour lui, le référendum a été « une farce à tous points de vue » et que la condamnation du Parlement européen n’est pas une interférence dans les affaires algériennes puisque, d’après lui, « le système algérien » a accepté les conditions contenues dans les clauses de son partenariat avec l’UE.

 

Cliquez sur l'image pour visionner l'intervention de Messaoud Romdhani

 

 

 

 

 

Il serait certainement utile de faire parvenir l’article de Boualem Snaoui à ce valeureux militant des droits de l’Homme. Ça l’aidera certainement à mieux comprendre les attaques de son ONG contre l’Algérie, mises dans la bouche de l’UE.

 

M. Samir Bouaziz est un journaliste tunisien, responsable des projets et du plaidoyer pour l’Afrique du Nord à RSF. Son militantisme droit-de-l'hommiste lui a naturellement ouvert les portes des médias mainstream. C’est ainsi qu’on l’aperçoit souvent sur les plateaux de France 24, un média bien connu pour sa partialité dans le traitement du Hirak algérien. Rien d’étonnant, puisque sa lecture des évènements ne diffère nullement de celle du Quai d’Orsay. On l’a aussi vu sur Al Magharibia (Awraas), la chaîne TV des militants de l’ex-FIS (Front Islamique du Salut), ce qui en dit long sur ses accointances politiques.

 

Samir Bouaziz invité d'Al Magharibia (Awraas TV)

 

 

 

 

Le discours de M. Bouaziz (1h 16’ 48’’ @ 1h 33’ 34’’) lors de la rencontre organisée par « Shoaa for Human Rights Ltd » porta évidemment sur la liberté de la presse et le cas du journaliste Khaled Drareni. Selon lui, ce qui est publié par l’agence de presse nationale algérienne (APS - Agence Presse service) est considéré comme une régression, une restriction. Il ajouta que M. Belhimer, Ministre de la Communication, veut se faire une représentation du journaliste qui lui est propre et, concernant la presse écrite, il désire imposer des normes restrictives selon sa propre perception.

 

Cliquez sur l'image pour visionner l'intervention de Samir Bouaziz

 

 

 

Ses critiques ne diffèrent donc pas de la ligne que s’est fixée (ou s’est fait dicter?) RSF dans le dossier « Algérie ». Mais quand on connait toutes les controverses qui entourent cet obscur organisme, on est en droit de douter de l’objectivité de M. Bouaziz. Tout d’abord, au sujet du financement de RSF, il est important de se référer au remarquable travail de Maxime Vivas, journaliste d’investigation, qui a méticuleusement étudié et démystifié RSF pour en écrire un livre intitulé « La face cachée de Reporters sans frontières ». M. Vivas a bien voulu mettre à notre disposition, et à titre gracieux, un extrait de ce livre que nous publions ici.

 

Cliquez sur l'image pour lire l'extrait du livre de Maxime Vivas

 

 

 

 

 

Pas encore convaincu? On recommande alors la lecture de la récente interview de mon ami Jacques-Marie Bourget, journaliste, écrivain et grand reporter de guerre. Elle est intitulée : « RSF est un outil de propagande atlantiste ».

Passons à la représentante de la troisième ONG, Mme Zouhour Ouamara. Sur son compte LinkedIn, cette dernière se présente comme « Consultante régionale pour la zone MENA (Middle East and North Africa) de l’ONG "Article 19" » et c’est à ce titre qu’elle a été invitée au débat en ligne organisé par « Shoaa for Human Rights Ltd ».

 

Capture d'écran du compte LinkedIn de Zouhour Ouamara

 

 

 

 

« Article 19 » est une ONG britannique qui se spécialise dans la défense de la liberté d’expression. Sur son site, on peut lire qu’elle « œuvre pour un monde où tous les peuples du monde entier peuvent s'exprimer librement ».

Financée par un très grand nombre d’organisations occidentales, privées ou étatiques, elle l’est aussi par certaines, américaines, qui se sont spécialisées dans l’« exportation » de la démocratie telles que la National Endowment for Democracy (NED), la United States Agency for International Development (USAID), l’OSF ou Freedom House. Comme indiqué dans un article précédent, cette ONG est également subventionnée par le Département d’État américain. Toutes ces informations peuvent être consultées sur une des pages du site officiel d’« Article 19 ».

 

Qui finance "Article 19"?

 

 

 

 

Née d’un père algérien et d’une mère tunisienne, Mme Ouamara est une militante très active dans le Hirak comme on peut s’en rendre compte lors de la manifestation du 11 décembre 2019 devant la porte du Consulat général d’Algérie à Tunis. Pour rappel, cette date correspond à la veille des élections présidentielles du 12 décembre 2019.

D’après la journaliste qui l’avait interviewée ce jour-là, elle portait une pancarte avec le slogan « Ulac L’vote Ulac » (Pas de vote). À propos des élections, elle déclara que « cette élection ne répond pas aux volontés du peuple » et qu’elle dénonçait « les bureaux de vote ambulants mis en place sur tout le territoire tunisien pour augmenter illégalement la participation ».

 

Manifestation devant la porte du Consulat général d'Algérie à Tunis (le 11 décembre 2019)

La pancarte "Ulac L'Vote Ulac" est brandie par Zouhour Ouamara

 

 

 

Il est difficile de comprendre la démarche de Mme Ouamara qui se dit « professeure de droit ». Comment peut-elle convaincre ses étudiants « qu’empêcher de voter est un acte démocratique »? Comment s’y prend-elle pour leur définir la notion de « peuple »? Sur quelle loi se base-t-elle pour affirmer l’illégalité de ces bureaux de vote?

Ce qui nous mène à une question primordiale: l’ONG « Article 19 » était-elle opposée aux élections présidentielles? Alors, quid de la liberté d’opinion et d’expression contenue dans l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme?

Comme son collègue Samir Bouaziz, Mme Ouamara s’affiche ostensiblement sur la chaine Al Magharibia (Awraas) où elle se présente comme « militante des droits de l’Homme et analyste politique ».

 

Zouhour Ouamara invitée d'Al Magharibia (Awraas TV)

 

 

 

Le plus intéressant dans le cas de cette militante, analyste, professeure, activiste et ONGiste, c’est sa déclaration lors de la conférence de « Shoaa for Human Rights Ltd » (1h 10’ 08’’ @ 1h 16’ 40’’).

Tout d’abord, elle nota que depuis le début du Hirak, il y a eu « le recul des droits de l’Homme en Algérie », « la politique répressive des autorités », « la politisation du pouvoir judiciaire », « la politisation de la pandémie du Corona virus », « l’amplification des pouvoirs du Président de la République dans la nouvelle constitution », etc.

Toutes ces formulations, qui font partie du champ lexical spécifique au droit-de-l’hommisme, ne sont pas originales. Elles ont déjà été entendues dans les antichambres de la « printanisation ».

 

Cliquez sur l'image pour visionner l'intervention de Zouhour Ouamara

 

 

 

Mme Ouamara aborda par la suite le « passionnant » sujet de la solidarité internationale.

 

« […] Le côté positif, c’est que nous observons qu’il y a une vague de solidarité de la société internationale avec la société civile algérienne et, malgré toutes les difficultés, les organisations internationales ont procédé à de multiples démarches. La dernière en date est la résolution du Parlement européen. Nous constatons aussi qu’il y a un élan qui montre la solidarité internationale avec le Hirak populaire malgré la diabolisation de cette solidarité […] ».

 

Tiens donc, Mme Ouamara reconnait l’existence de l’effervescence « des organisations internationales » (et de la sienne, « Article 19 ») contre l’Algérie! Et elle est bien au courant de la levée de bouclier suscitée par cette fameuse résolution européenne. Est-elle si offusquée par les arguments de la critique qu’elle n’a plus aucune autre alternative que l’invocation des démons? Mais, madame, de quel côté se trouve le diable? Du côté de ceux qui détruisent les pays ou de ceux qui veulent les préserver? De ceux qui veulent massacrer des populations ou de ceux qui veulent protéger leurs vies?

Le diable, madame, se trouve du côté de ceux, comme vous et vos organisations droit-de-l'hommistes, qui ont transformé des pays prospères en champs de ruines, qui ont provoqué des exodes et qui ont creusé des fosses communes.

Mme Ouamara termina son laïus en émettant la recommandation de la poursuite du Hirak et de sa structuration d’une manière orientée vers la garantie des droits et des libertés.

Ainsi, Mme Oumara confirme le travail synergique des ONG nationales et internationales dans l’affaire de la résolution du Parlement européen comme expliqué dans une précédente analyse .

 

L’activisme politique des Tunisiens et leur collaboration avec les organisations américaines d’« exportation » de la démocratie n’est lui aussi plus à démontrer. Durant le « printemps arabe », cela a été rendu possible dans le cadre de ce que le journaliste Pierre Boisselet a nommé « la ligue arabe du Net ». Citons, par exemple, le cas du cyberactiviste tunisien Slim Amamou qui a tout naturellement reconnu avoir collaboré avec la CIA, rien de moins.

 

Cliquez sur l'image pour visionner les déclarations de Slim Amamou

 

 

Tous les éléments discutés dans cet article montrent l’existence d’une réelle ingérence dans les affaires algériennes par des politiciens et des activistes tunisiens. Peut-on leur rappeler la neutralité des Algériens lors de leur « révolution du jasmin »? Alors, de grâce, qu’ils nous laissent régler nos problèmes entre Algériens et qu’ils s’occupent des leurs, ils en ont tellement!

D’autre part, les activités subversives de ce type d’individus sont non seulement directement néfastes pour la Tunisie, mais affectent aussi la grande amitié et le respect entre les peuples algérien et tunisien.

Récemment, le politologue tunisien Riadh Sidaoui a émis le vœu de voir émerger, dans ces temps difficiles une alliance entre la Tunisie et l’Algérie. Très bonne initiative, mais cela ne pourra jamais se faire tant que la Tunisie n’aura pas neutralisé ses activistes droit-de-l’hommistes et ses politicards qui nuisent aux relations entre les deux pays.

Car, qu’on se le dise, l’Algérie ne sera d’aucune façon indulgente envers tous ceux qui désirent y créer le chaos. C’est ce serment qui a été fait à nos valeureux martyrs.

 

 

 

Informations complémentaires

Vidéo de Rafaa sur le sujet de l'article

كيف أخترق المرتزقة التونسيون الحراك الجزائري

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QUI PAIE REPORTERS SANS FRONTIÈRES  (RSF) POUR RACONTER ÇA ?

Michel Collon reçoit Maxime Vivas

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https://www.ahmedbensaada.com/index.php?option=com_content&view=article&id=542:2020-12-22-01-14-36&catid=46:qprintemps-arabeq&Itemid=119

 

Dans ALGERIE

ALGERIE : TEBBOUNE, UN NOUVEAU BOUTEFLIKA ?

Par Le 17/12/2020

Tebboune, un nouveau Bouteflika ?

Publié par Gilles Munier sur 17 Décembre 2020, 08:08am

Catégories : #Algérie

par Nour-Eddine Boukrouh (revue de presse : Le Matin d’Algérie – 15/12/20)*

Le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune s’est adressé dimanche dernier par tweet aux Algériens depuis un lieu indéterminé après une disparition qui a duré près de deux mois. 

Dans un enregistrement de moins de cinq minutes dans une ambiance lugubre, il leur a annoncé qu’il était guéri grâce à Dieu et à la compétence des médecins algériens et allemands, et qu’il serait de retour au pays dans une à trois semaines. 

II a parlé de son absence comme l’aurait fait par skype avec sa famille inquiète un émigré dans la « ghorba » (exil) longtemps privé de moyens de communication. 

Mais quand il a récité les célèbres et émouvants vers du savant algérois Abderrahmane al-Thaâlibi (1384-1471), on ne savait pas s’il pensait à l’Algérie ou à lui-même : « Les humeurs de l’Algérie sont très inaccoutumées ; Pour les gens, jamais le malheur ne peut l’emporter. A chaque fois que par un désastre elle se trouve affectée, Ou bien qu’y apparaisse quelque adversité, Le Miséricordieux la fait suivre par une grande facilité ».

Si c’est à l’avenir de la patrie qu’il pensait, il doit se livrer à un profond examen de conscience pour justement résister à la tentation de devenir un nouveau Bouteflika car le pays ne le supporterait pas. A aucun prix, même celui du chaos, le peuple algérien n’acceptera cette perspective.

Il doit aussi se rappeler que quelques décennies après que le saint homme eut composé cette ode, l’Algérie rentrait dans une longue nuit coloniale qui allait durer plus de quatre siècles (occupation espagnole puis ottomane puis française). 

Si c’est à son propre sort qu’il songeait, nous lui souhaitons une longue vie à condition qu’il ne prenne pas en otage l’Algérie comme l’a fait Bouteflika. S’il est réellement guéri, bon retour à la présidence de la République ! S’il se sait irrémédiablement affaibli, qu’il organise son départ et aille se reposer chez lui le plus vite possible, sinon il sera à l’origine de problèmes terribles.

Son intervention inattendue, non annoncée, clandestine à certains égards, a fait l’objet de commentaires dont quelques-uns se sont arrêtés aux anomalies dont elle était truffée comme si l’homme voulait duper les Algériens en leur faisant croire qu’il ne lui est arrivé que ce qui est arrivé à Johnson, Bolsonaro et Trump, et qu’il allait par conséquent reprendre rapidement son travail au service de la nation. 

Ce n’est pas le cas car ces chefs d’États n’ont pas été évacués en Allemagne ; ils n’ont pas été soustraits à la vue de leurs compatriotes et isolés de tout contact avec eux durant deux mois ; le monde entier avait quotidiennement de leurs nouvelles et, surtout, leurs peuples n’ont pas été soumis aux épreuves humiliantes et préjudiciables que Bouteflika a fait subir à l’Algérie durant six ans.

La brusque réapparition de Tebboune avait en réalité pour but d’éviter le constat d’empêchement évoqué dans l’article 102 de la constitution en vigueur (devenu l’article 94 dans la constitution de Tebboune, rejetée par le référendum du 1er novembre dernier) en ces termes : « Lorsque le Président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l'impossibilité totale d'exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit, et après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose à l'unanimité au Parlement de déclarer l'état d'empêchement…» 

Il a cessé « pour cause de maladie grave et durable » d’exercer ses fonctions depuis la mi-octobre sans que quiconque ne puisse y redire ou tenter une quelconque procédure car la constitution en vigueur (de même que celle par laquelle il se proposait de l’amender) ne précise pas à partir de combien de jours, semaines, mois ou années, le Conseil constitutionnel doit « se réunir de plein droit pour vérifier la réalité de cet empêchement et proposer au Parlement de déclarer l’état d’empêchement ». 

Il vient de s’octroyer trois semaines de répit supplémentaires en exploitant cette énième carence du texte constitutionnel algérien qui ne cesse d’être pris au dépourvu par les incessantes et innovantes turpitudes présidentielles. Dans trois semaines on sera le 3 janvier 2021, et Tebboune aura passé deux mois et demi à l’étranger sans qu’on n’y puisse rien. Ce n’est pas normal, ce n’est pas admissible.

Dans son speech sur tweeter, Tebboune a assuré aux Algériens qu’il suivait « heure par heure les affaires du pays » sans préciser depuis quand et pour combien de temps encore, et ajouté, dans une dérive surréaliste, qu’il « transmettait ses instructions à la présidence de la République » alors qu’en son absence nul fonctionnaire de la présidence n’est habilité à instruire des membres du gouvernement. Il aurait dû dire « au Premier ministre », mais il ne l’a pas dit pour on ne sait quel intriguant motif.

En réponse à la montée des tensions à nos frontières, il s’est contenté d’affirmer que l’Algérie était plus forte qu’on ne le pensait en ayant à l’esprit certainement sa puissance militaire dont chaque Algérien se réjouit, est fier et est prêt à donner sa vie. Cela, le monde entier le sait.

Pour ma part, je ne crois pas du tout à la probabilité que notre pays soit un jour attaqué militairement par le Maroc, une coalition arabo-israélienne ou la France. Je ne parle même pas des autres pays frontaliers. Si l’Algérie doit être affaiblie, poussée à la guerre civile, affamée, voire disloquée et dépecée, ce sera par des voies économiques, idéologiques et politiques. 

Notre premier ennemi c’est nous-mêmes : la fracture entre le pouvoir et le peuple, la gouvernance ignare et la gestion incompétente de nos dirigeants depuis des décennies, le populisme et le charlatanisme islamiste qui nous a coûté il n’y a pas longtemps des centaines de milliers de morts et des dizaines de milliards de dollars de dommages… Cela aussi, le monde entier le sait.

 

Nourredine Boukrouh est un intellectuel et homme politique algérien. Il a été ministre du Commerce (2002-2005). Il est l’auteur de nombreux ouvrages; et d’analyses reprises notamment par le site Oumma.com

*Source : Le Matin d’Algérie

Sur le même sujet, lire aussi :

Sur France-Irak Actualité: Archives Bouteflika (sélection)

 

Dans ALGERIE

L’AMBASSADEUR FRANÇAIS A ALGER FRANCOIS GOUYETTE : DU TAPIS ROUGE A LA GUILLOTINE

Par Le 12/12/2020

L’ambassadeur français à Alger François Gouyette : du tapis rouge à la guillotine

Un Ambassadeur doit représenter honnêtement et dignement son pays à l’étranger ! L’Ambassadeur de France en Algérie, François Gouyette, désigné par le Président E. Macron a été indigne ! Au lieu d’assumer sa noble fonction d’Ambassadeur, il s’est employé à mener des actions secrètes de subversion et de déstabilisation, selon le souhait de certains lobbys hostiles à l’Algérie ! Les « services » algériens l’ont débusqué. Il est grillé en Algérie. Il a perdu. Il n’a plus rien à faire en Algérie. Il doit rentrer chez lui ! (S. Nasser)

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Par Abdelkader S.

 Le successeur de Xavier Driencourt n’aura pas réussi à garder l’aura positive qu’il avait eue à son arrivé à Alger très longtemps. Accueilli sur un tapis rouge et gavé de commentaires dithyrambiques, François Gouyette avait tout pour «plaire» aux Algériens : il parle l’arabe algérien couramment et est marié à une Algérienne. Pourtant, quelques semaines à peine a-t-il pris ses quartiers à Hydra qu’il reçoit une salve nourrie de critiques et d’accusations de complot et d’ingérence.

«Croire que l’ambassadeur de France allait faire une fleur aux Algériens parce qu’il baragouine leur dialecte et que ses enfants sont à moitié algériens serait faire preuve d’une grande naïveté», estime un ancien diplomate sollicité par Algeriepatriotique. «Le remplacement du très controversé Xavier Driencourt, s’il avait été motivé par la volonté de Paris de calmer le jeu après une longue période de turbulences entre l’Algérie et la France, cela ne voulait aucunement dire que l’Elysée et le Quai d’Orsay allaient changer quoi que ce soit dans leur politique algérienne», insiste notre source.

«L’Algérie est un gros morceau et la France ne nomme pas n’importe quel diplomate à Alger», explique notre source qui rappelle que les deux ambassadeurs qui ont précédé Xavier Driencourt – Bernard Bajolet et Bernard Emié – à ce poste ont fini patrons des services du renseignement extérieur en France. «Il n’y a pas d’état d’âme en diplomatie», corrige notre source. «Le discours apologétique et la pratique encomiastique d’un ambassadeur, quel que soit le pays qu’il représente, est toujours à prendre avec des pincettes», fait remarquer cet ancien diplomate, en ajoutant que «les belles phrases sont destinées à cacher les véritables enjeux dont la trame est tissée dans les coulisses et les bureaux capitonnés».

«A ce jeu-là, tous les coups sont permis», indique notre source qui note que «derrière les sourires feints et les formules conventionnelles, la diplomatie est, en réalité, l’art du camouflage des coups fourrés pendant que les services secrets et autres acteurs agissent dans l’ombre pour défendre des intérêts d’Etat, provoquer des troubles ou encore influencer les gouvernements locaux dans les pays anciennement colonisés.» «François Gouyette n’est pas payé par le contribuable français pour faire des intérêts de l’Algérie son souci, mais pour exécuter la feuille de route que sa hiérarchie l’a chargé d’appliquer lors de sa désignation à Alger», rappelle notre source qui s’étonne que «ceux qui mettent en avant le rôle de François Gouyette dans le déclenchement de la guerre civile en Libye ne s’en offusquent que maintenant».

«L’ancien ambassadeur des Etats-Unis Robert Ford a fait de même en Algérie durant la décennie noire, lorsque son bureau était devenu le quartier général des islamistes et des théoriciens du GIA», indique notre source, en soulignant que ce dernier a terminé sa carrière en Syrie «où il a allumé la mèche d’un conflit armé qui bat son plein à ce jour». «Notre grand défaut est que nous ne retenons jamais les leçons et que nous sommes soit aveuglés par notre fierté excessive, soit facilement manipulables par la rhétorique de l’éloge», déplore cet ancien diplomate qui a requis l’anonymat.

A. S.

In « Algérie Patriotique »

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ALGERIE : SES INITIATEURS APPELLENT A LA REFONDATION DE L’ETAT. LA COORDINATION NATIONALE POUR UN CONGRES POUR LA CITOYENNETE EST NEE

Par Le 09/12/2020

 

Ses initiateurs appellent à la refondation de l’État. La Coordination nationale pour un congrès pour la citoyenneté est née

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Publié par Karim Aimeur
le 07.12.2020 , 11h00
258 lectures

 

 

 

 

 

Des collectifs et militants politiques viennent de lancer une nouvelle initiative politique. Regroupés au sein d’une organisation appelée la « Coordination nationale pour un congrès pour la citoyenneté», ils appellent à la tenue d’un congrès pour la citoyenneté dans l’objectif de réaliser les aspirations du mouvement populaire du 22 février 2019.
Karim Aimeur - Alger (Le Soir) - Dans une déclaration remise à notre rédaction, des représentants de cette coordination affirment que leur initiative « ambitionne de transformer la société et les institutions, de répandre et d’ancrer les idées et les valeurs de la démocratie ».
Affirmant que le pays traverse et affronte un moment décisif de son Histoire, ils ont appelé les collectifs citoyens, les associations, les syndicats et individualités engagés pour une issue démocratique et pacifique de la révolution populaire de février 2019 à « œuvrer avec nous pour concrétiser l’événement politique majeur du congrès pour la citoyenneté afin de se donner l’instrument de l’exercice de notre citoyenneté ».
Pour les promoteurs de l’initiative, en rejetant le système, le peuple algérien veut être maître de son destin. « C’est dans cette perspective qu’une période de transition indépendante vouée à un processus constituant est une réponse à la mesure du défi annoncé et à la hauteur de l’enjeu de l’inexorable avènement d’un réel ordre démocratique », ont-ils expliqué, regrettant que « devant des manifestations sans égales, la réponse du pouvoir est un lamentable et grossier mélange de répression, de récupération du discours du Hirak et d’instrumentalisation de la justice sur fond de négation des droits et libertés ».
À cela, ils ajoutent l’instrumentalisation de la crise sanitaire par le pouvoir. Ils estiment que le pays est devant une impasse.
Devant cette impasse qui menace le pays dans son intégrité, que faire ? Quels mécanismes et quelle stratégie sont nécessaires pour faire aboutir la citoyenneté en marche ? Quel modèle d’État voulons-nous pour l’Algérie ? s’interrogent-ils avant d’affirmer que l’auto-organisation apparaît comme la première étape d’une stratégie d’ensemble visant en définitive à faire émerger une organisation pérenne de la société civile.
« Cela passe par la mise en place d’une Coordination nationale chargée de préparer un congrès pour la citoyenneté. Celui-ci rassemblera les forces démocratiques citoyennes autour d’une plate-forme en accord avec les mots d’ordre du peuple en marche vers la conquête de ses droits », ont-ils soutenu.
Ils plaident pour une Algérie libre et démocratique où l’État est fondé sur le triptyque des droits, devoirs et libertés qui exige, selon eux, « la consécration des libertés individuelles et collectives, l’égalité en droits entre les hommes et les femmes et l’égalité de traitement entre les deux langues officielles ».
Ils appellent également à l’instauration d’un État civil ni religieux ni militaire, expliquant que la séparation entre le politique et le religieux garantit la paix civile et le vivre-ensemble.
Ils plaident aussi pour l’instauration d’un État de droit qui passe par la consécration de l’ensemble des droits de la personne humaine et de la citoyenneté effective, la séparation et l’équilibre des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire et l’indépendance de la justice. Ils plaident, enfin, pour un État social qui consacre la justice sociale, la solidarité citoyenne du développement durable.
K. A.

https://www.lesoirdalgerie.com/actualites/la-coordination-nationale-pour-un-congres-pour-la-citoyennete-est-nee-52645

 

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AHMED BENSAADA : L'ALGERIE FACE A L'UNION EUROPEENNE (UE) ET SES LOBBYS

Par Le 07/12/2020

L’Algérie face à l’Union européenne et ses lobbys

Mardi, 01 Décembre 2020 17:24 Ahmed Bensaada

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Des milliers de lobbyistes arpentent les couloirs des différentes institutions de l’Union européenne, s’affairant à défendre les intérêts des milieux d’affaire, mais aussi ceux d’organismes œuvrant dans les domaines des « Droits de l’Homme » et de la « l’exportation de la démocratie ».

Par définition, les lobbys sont des groupes d’influence, de pression ou d’intérêts qui ont pour fonction d’influencer les décisions des femmes ou hommes politiques.

Comme on peut s’y attendre, ce « travail » ne peut pas se faire sans dérive. Une récente enquête portant sur les rapports financiers d’une de ces institutions a en effet montré comment elle était fortement infiltrée financièrement par certaines ONG influentes. Celle qui a le plus attiré l’attention est très certainement l’Open Society Foundations (OSF) du milliardaire américain (d’origine hongroise), George Soros. Cette fondation avait aussi défrayé la chronique en publiant une liste de ses « alliés fiables » au Parlement européen (2014-2019). Dans un article publié en 2017 par RT, on pouvait lire : « Sous forme de répertoire, la fondation de George Soros recense en effet les décideurs, députés et dirigeants européens en fonction de leur adhésion aux idéaux de la « société ouverte » (Open Society)[…]. Ce document recense 226 parlementaires (sur 751) considérés comme susceptibles de soutenir les valeurs de la « société ouverte » prônées par G. Soros et sa richissime fondation.

Parmi ses différentes activités, l’OSF s’implique activement dans la promotion de la démocratie. Dans ce domaine, elle travaille de concert avec de nombreuses organisations américaines spécialisées dans l’« exportation » de la démocratie comme la National Endowment for Democracy (NED), la United States for International Development (USAID) et Freedom House.

Il est de notoriété publique que l’OSF de G. Soros a été très impliquée, avec ces organisations, dans les révolutions colorées et le « printemps » arabe.

Cela explique pourquoi elles sont considérées comme indésirables dans de nombreux pays, particulièrement en Russie.

Mais que vient faire l’Algérie dans tout cela?

En fait, jeudi dernier, la blogosphère a servi de boite à écho à une nouvelle intéressante :  une résolution du Parlement européen contre l’Algérie. Encore une autre, vous allez me dire. Non, celle-là n’était pas uniquement intéressante par ses menaces à peine voilées, on en a eu l’habitude avec d’autres pays « colorés » ou « printanisés ».

Ce qui attire l’attention, ce sont les seize organismes signataires de la déclaration commune (en trois langues) qui a été largement diffusée dans les médias sociaux à la suite de l’adoption de la résolution. Les voici :

Human Rights Watch

Amnesty International

Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH)

Reporters Sans Frontières (RSF)

CIVICUS : Alliance mondiale pour la participation citoyenne

Article 19

EuroMed Droits

Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH)

Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA)

Syndicat National Autonome des Personnels de l’Administration Publique (SNAPAP)

Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie (CGATA)

Action pour le Changement et la Démocratie en Algérie (ACDA)

Riposte Internationale

Forum de solidarité euro-méditerranéen (FORSEM)

Institut du Caire pour les études des droits de l’homme (CIHRS)

Cartooning for Peace

 

De prime abord, cette liste semble très hétéroclite. Que viennent faire, par exemple, un institut cairote et une ONG sud-africaine (CIVICUS) dans les affaires politiques algériennes?  Pourquoi pas un organisme du Bhoutan ou du Bélize?

Pour répondre à cette question, intéressons-nous à chacun de ces seize organismes et les liens qui les unissent.

Commençons par les sept premiers de la liste. Ils ont tous un statut de lobbyiste auprès de l’Union européenne et sont tous financés par l’OSF de Soros (elle-même lobbyiste).

À noter que RSF et Article 19 sont aussi financés par la NED. La palme du financement « démocratique » revient certainement à Article 19 qui reçoit aussi des subventions de Freedom House et de l’USAID en plus de celles du Département d’État américain.

Très actives dans le Hirak, les cinq organisations suivantes (8 à 13) sont toutes algériennes. La LADDH et le CFDA sont (ou ont été) financés par la NED.

D’autre part, les organisations syndicales SNAPAP et CGATA sont dirigés par un activiste dont les accointances avec la centrale syndicale américaine AFL-CIO (Solidarity Center) sont connues, comme peuvent en témoigner ces deux lettres.

Rappelons que le Solidarity Center est un des quatre satellites de la NED tout comme le National Democratic Institute (NDI), l’International Republican Institute (IRI), et le Center for International Private Enterprise (CIPE).

 

 

Il est important de souligner que le NDI et l’AFL-CIO sont eux-aussi des lobbyistes à l’Union européenne.

Une autre information intéressante : La LADDH, le CFDA et le SNAPAP sont tous les trois membres réguliers d’EuroMed Droits.

L’ACDA et Riposte internationale sont des ONG très impliquées dans les rassemblements du Hirak qui se déroulent sur la place de la République à Paris.

Les relations de l’ACDA avec des ONG algériennes financées par la NED comme, par exemple, le Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ) ou le CFDA ne sont plus à démontrer.

En septembre dernier, Riposte internationale a déposé un rapport sur « les violations des libertés en Algérie » auprès du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme. Son président qui se déclare comme « un des principaux initiateurs du Mouvement Culturel Berbère (MCB) » est très présent sur Al Magharibia, la chaîne TV des militants de l’ex-FIS (Front Islamique du Salut).

Selon les informations qui figurent sur leur site, le Forum de solidarité euro-méditerranéen (FORSEM) « est fondé par des militants associatifs et des universitaires solidaires des soulèvements populaires dont certains pays de la rive sud de la méditerranée sont le théâtre depuis fin 2010 ». Parmi les membres du Comité scientifique de ce Forum, on retrouve le sociologue algérien Lahouari Addi qui a déclaré en être le cofondateur. Est-il utile de préciser que ce sociologue a été membre, pendant de nombreuses années, de l’« International Forum for Democratic Studies Research Council », le think tank de la NED?

Tout comme les trois ONG algériennes citées précédemment, l’Institut du Caire pour les études des droits de l’homme (CIHRS) est aussi associé à EuroMed Droits comme « membre régional ». Il est financé par la NED et collabore régulièrement avec l’Open Society Foundations.

Lorsque le directeur et co-fondateur du CIHRS fut condamné par contumace en août dernier par un tribunal égyptien dédié aux « affaires terroristes », un appel à la solidarité a été émis par la FIDH. Il a été signé par la LADDH, le CFDA, le SNAPAP, la CGATA, l’ACDA, Riposte internationale, HRW, Amnesty International, la FIDH, CIVICUS, EuroMed Droits, soit onze des seize organismes qui ont applaudi la résolution du Parlement européen contre l’Algérie.

Solidarité financière, quand tu nous tiens!

En plus de ces signataires, on pouvait lire d’autres illustres noms : Issandr Amrani, directeur régional du programme MENA de l’OSF, Carl Gershman, président de la NED, Jeffrey Feltman, ancien sous-secrétaire d’État américain pour les affaires du Proche-Orient ainsi que quelques rescapés du Conseil National Syrien (CNS) comme Bassma Kodmani, Burhan Ghalioun ou Radwan Ziadeh, bien connus de la NED.

Le seizième organisme de notre liste est supposé faire la paix avec le rire. Il s’agit de Cartooning for Peace qui s’avère avoir une mission politique en Algérie. Cofondé par Plantu, le caricaturiste du journal Le Monde, Cartooning for Peace regroupe des dessinateurs de presse algériens, tels Dilem ou Le Hic. Le rôle de ces derniers dans le Hirak n’est pas tellement différent de celui des ONG algériennes dont il a été question auparavant. D’ailleurs, un article détaillé leur a été consacré.

Il ne faut pas oublier que Le Monde collabore, lui aussi, avec une des fondations Soros par l’intermédiaire de l’OSIWA (Open Society Initiative for West Africa).

Nous n’allons pas clore cette partie sans évoquer le nom de Mme Maria Arena, la Présidente de la Sous-commission des Droits de l’Homme du Parlement européen qui a été si loquace sur la situation en Algérie tout en encensant un des « ténors autoproclamés du Hirak » en la personne de M. Karim Tabbou. Il faut savoir que cette députée européenne fait partie des 226 parlementaires européens figurant dans la liste des « alliés fiables » de George Soros!

 

Cliquez sur l'image pour écouter la déclaration de Maria Arena

 

 

Maria Arena: "alliée fiable" de George Soros

 

En ce qui concerne la résolution elle-même, on ne peut que s’étonner de la longueur du chapelet d’injonctions qui y figure. Mais il faut se rendre à l’évidence : cette résolution n’aurait jamais pu être écrite sans la complicité et l’étroite coopération avec des ONG algériennes délictueuses.

Il est donc logique de conclure que les ONG algériennes citées dans cet article, qui sont directement ou indirectement reliées à l’administration américaine ont collaboré avec des organismes internationaux dont les fonds de commerce sont les « Droits de l’Homme » ou l’« exportation de la démocratie ». Ces organismes financés par l’OSF constituent une équipe de lobbying extrêmement efficace non seulement auprès du Parlement européen, mais aussi auprès de toutes les institutions européennes et internationales.

Cette résolution est donc par essence un travail de lobbying contre les intérêts de notre pays avec, malheureusement, la participation de certains de nos compatriotes.

Et contrairement à ce que pense M. Karim Tabbou et ses séides, la résolution du Parlement européen et la déclaration du Président Macron sont toutes les deux des ingérences caractérisées et inadmissibles dans les affaires nationales algériennes.

En politique, il n’y a que des intérêts et M. Macron et Mme Arena n’œuvrent que pour ceux de leurs pays. Par contre, en ce qui nous concerne, la terre de notre pays circule dans nos veines.

Et toute cette hyperactivité politique étrangère qui assaille notre patrie de tout bord, dont le Parlement européen n’est qu’un acteur parmi tant d’autres, n’a qu’un seul but : la « printanisation » de l’Algérie.

 

 

Documents complémentaires

 

Pierre-Antoine Plaquevent, auteur de "Soros et la société ouverte", nous explique la notion de "Société ouverte" selon G. Soros.

 

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La Russie promulgue une loi interdisant les ONG "qui fomentent les révolutions colorées" sur son sol (2015)

 

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https://www.ahmedbensaada.com/index.php?option=com_content&view=article&id=536%3A2020-12-01-22-28-35&catid=46%3Aqprintemps-arabeq&Itemid=119&fbclid=IwAR1qdZo6TRlWfSkNjdnJm0Pq6anijkr9j0bkwmOSFeszJ8KF12ZRjUsKfbA

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HIRAK. « FRANTZ FANON EST EN PHASE AVEC CETTE VAGUE DE FOND » SELON CHRISTIANE CHAULET ACHOUR.

Par Le 06/12/2020

HIRAK. «Frantz Fanon est en phase avec cette vague de fond» selon Christiane Chaulet Achour.

HIRAK.  «Frantz Fanon est en phase avec cette vague de fond» selon Christiane Chaulet Achour.

Franz Fanon est mort le 6 décembre 1961

Tombe de Franz Fanon à Ain Kerma. DR

Achour: « Fanon est un antidote à tout ce qui enferme et expulse »

ENTRETIEN

Par Johan Faerber, 10 mai 2019. Diacritik

Aussi nécessaire que salutaire : tels sont les qualificatifs qui peuvent escorter la sortie de Dans le sillage de Fanon de Christiane Chaulet Achour. Ainsi cet essai trace-t-il vigoureusement les lignes contemporaines de descendance critique et littéraire de Frantz Fanon, penseur majeur du 20e siècle. A l’heure où le mouvement du 22 février n’en finit pas de retentir en Algérie, peut-être plus que jamais le temps de Fanon est-il revenu tant cet intellectuel des soulèvements n’a jamais été aussi contemporain. L’occasion pour Diacritik de partir à la rencontre de Christiane Chaulet Achour le temps d’un entretien sur la figure de l’auteur de Peau noire masques blancs.

Ma première question portera sur l’origine de votre nécessaire Dans le sillage de Fanon que vous venez de faire paraître. Comment vous est venue l’idée d’étudier non pas l’œuvre en soi de Frantz Fanon mais l’héritage qu’il a pu laisser ? S’agissait-il pour vous en traçant les lignes et les branches de son héritage dans la pensée et la littérature après sa mort d’incidemment montrer l’actualité de Fanon et la persistance de la pertinence de sa pensée ? Vous dites ainsi d’emblée qu’il « informe notre présent » : qu’entendez-vous par là ?

Il y a des années que je travaille sur les textes de Frantz Fanon. Je les ai beaucoup enseignés avant d’avoir l’audace d’écrire des articles pour différents colloques et revues le concernant. Face à une telle pensée, fulgurante et forte, on ne se sent jamais à la hauteur. C’est le « portrait » d’Alice Cherki qui m’a donné le coup de pouce que je devais attendre secrètement, pour oser, à mon tour, écrire sur Fanon. En 2004, j’ai publié un petit livret, Frantz Fanon l’importun, dans une édition de femmes périphérique ; en 2013, dans une collection chez Honoré Champion – arrêtée avant même d’avoir eu le temps de faire ses preuves… – une analyse précise de l’essai Peau noire masques blancs. J’ai également dirigé trois collectifs au moins et participé à d’autres : chaque fois, j’ai analysé les textes.

Mon choix, dans cet ouvrage, a été autre et s’explique de deux façons : d’une part le fait de l’éditer en 2019 : il a tant a été écrit sur lui et son œuvre que je ne souhaitais pas apporter une énième étude ; d’autre part, et de façon générale, la littérature et les textes ne m’intéressent jamais autant que lorsqu’ils sont l’objet d’héritages visibles qui éclairent l’œuvre antérieure et en révèlent des aspects que je n’avais pas vus/lus.

Au fur et à mesure de mes lectures, je le voyais apparaître ici et là et je me suis dit que le temps de Fanon était revenu et qu’il fallait entamer la lecture de ses héritiers. Certainement que le roman de Wideman a été le détonateur de cette réalisation par sa formidable capacité à faire vivre en fiction un penseur de cette stature dans notre monde d’injustices et d’exclusions et à m’obliger à aller vers les lectures afro-américaines, les premières après la mort de Fanon.

Pour en demeurer à la genèse de votre essai, je voudrais avant d’entrer dans le cœur de votre propos vous interroger sur votre lien personnel sinon biographique à Fanon : comment l’avez-vous découvert ? Qu’est-ce que Fanon a apporté à votre pensée et plus largement à vos recherches ? S’est-il imposé pour vous comme un moteur politique de vos réflexions sur la francophonie ? Diriez-vous que vous êtes, à l’instar des écrivains et essayistes que vous convoquez dans votre livre, une héritière de Fanon, et si oui, de quelle part ?

Fanon est un nom qui m’est familier depuis que je suis en âge d’entendre et d’aller vers les livres… un certain temps déjà ! Il était l’ami de mon frère aîné, Pierre Chaulet, et le cas unique d’une traversée des frontières identitaires, spatiales, idéologiques qui sont, comme on le sait, terriblement, et de plus en plus, barrières plutôt que passages. Dès mes études de lettres à l’université d’Alger, en 1963, il faisait partie, tout naturellement, des penseurs de la décolonisation et aussi d’une sorte de panthéon implicite qui nous nourrissait. Nous lisions surtout Sociologie d’une révolution et Les Damnés de la terre. C’est plus tard que j’ai lu Peau noire masques blancs.

Le chapitre IV des Damnés de la terre, « Sur la culture nationale » m’a énormément apporté pour ma lecture de la littérature algérienne : les analyses de Fanon éclairaient des intuitions, des observations que je ne parvenais pas toujours à formuler et, encore moins, à systématiser. Fanon m’a appris aussi à aller vers Aimé Césaire et d’autres. Ces dernières années, il m’a aidée dans ma lecture de l’esclavage, de l’identité, de l’altérité et pour tant d’autres sujets de notre temps.

Non, il n’a pas été « un moteur politique de ma réflexion sur la francophonie », chose dont il ne parle jamais ou alors, il l’a été obliquement. Je n’avais pas besoin de lui seulement mais de nombreux autres penseurs et écrivains pour apprécier cette grosse machine idéologico-politique qu’est la francophonie. J’ai beaucoup réfléchi, par contre, à l’usage du français par les écrivains du Sud et particulièrement les ex-colonisés. Pour moi, l’usage de la langue française était un fait de l’Histoire et non un choix d’excellence. Une question de suprématie politique par rapport à laquelle il a su offrir une vraie réflexion sur les dominations et les mises sous tutelle et une pratique remarquable de la maîtrise d’une langue dont vous faites un instrument de combat quand vous ne vous laissez pas maîtriser par elle.

Héritière, certainement mais je ne pense pas à la mesure des grands héritiers que j’ai étudiés. Mais héritière en tant que transmettrice par l’enseignement et la recherche d’un Fanon penseur et écrivain. Je peux dire que mes vingt années d’enseignement dans l’université française m’ont permis de faire découvrir Fanon à nombre d’étudiants qui, en leur totalité, ne le connaissaient pas. Rien à voir avec ce qui s’est passé, pour moi, en Algérie et ce qui se passe en Angleterre ou aux États-Unis, par exemple.

Pour en venir à présent plus directement au cœur de votre propos, Dans le sillage de Fanon s’ouvre sur la pluralité des réceptions dont Fanon a pu faire l’objet. Au cœur des différentes secousses qui en ont agité l’accueil, vous insistez d’emblée sur un héritage de Fanon en particulier, celui d’une pensée humaniste que vous développez de la sorte notamment : « Il a été d’une certaine façon délivré de l’ethnocentrisme, la chose la mieux partagée du monde et la plus aliénante. Il en a été « délivré » car il a su dépasser le statut de victime pour, très tôt, se mettre à hauteur d’homme. »
Vous dites ainsi que s’il a su venir jusqu’à nous c’est parce que, d’une part, contrairement à ce qui a pu être dit de lui ici ou là, Fanon a su faire preuve d’humanité ? Pouvez-vous nous en dire plus ? En quoi Fanon s’affirme-t-il comme humaniste ?

Les faits et citations que j’ai repris à plusieurs étapes de ma démonstration le prouvent amplement : de l’engagement du jeune Fanon dans la Seconde guerre mondiale, de sa recherche d’une spécialité en médecine qui le place au plus près de la souffrance humaine, la psychiatrie, à cette lucidité si peu partagée, je dirais pour des « externes », des non-Algériens, du choix de la lutte aux côtés des Algériens quelques mois après son installation à l’Hôpital psychiatrique de Blida. A chaque fois, c’est contre l’aliénation – dans les différents sens du terme – qu’il se place pour œuvrer à l’accès de tous à une humanité de libération. Evidemment, ce n’est pas un penseur d’une langue à la guimauve : ce qu’il a à dire, il le dit avec force, souvent poésie, et toujours directement. Son obsession et son but, c’est d’élargir l’humanité reconnue à travers le monde, à tous les opprimés, que « les damnés de la terre » entrent dans le concert du monde. Cela, il l’a fait dès sa formation en médecine à Lyon. Il faut lire son premier article, publié dans Esprit en février 1952, né de la réception réservée en consultation aux patients nord-africains, « Le syndrome nord-africain ». Il écrit en introduction : « tous les problèmes que se pose l’homme au sujet de l’homme peuvent se ramener à cette question […] : « Ai-je en toute circonstance réclamé, exigé l’homme qui est en moi ? »

Ses constats et interrogations s’écrivent comme une mise en scène théâtrale entre le patient et le jeune médecin, entre celui-ci et ses pairs : « Quelles sont-elles, ces créatures affamées d’humanité qui s’arc-boutent aux frontières impalpables (mais je sais d’expérience terriblement nettes) de la reconnaissance intégrale ?
Quelles sont-elles, en vérité, ces créatures, qui se dissimulent, qui sont dissimulées par la vérité sociale sous les attributs de bicot, bounioule, arabe, raton, sidi, mon z’ami ? »
Si l’on veut « entrer » dans Fanon, il est bon de commencer par la lecture intégrale de ce texte qui montre son humanisme dans une situation concrète, à 26 ans… A l’autre bout de sa vie, le dernier chapitre des Damnés, « Guerre coloniale et troubles mentaux », est aussi à lire tant l’exposé et l’analyse des cas qu’il consigne montrent l’extrême humanité du psychiatre.

Pour vous, ce qui rend encore vivante l’œuvre de Fanon, c’est que précisément il ne se réduit pas uniquement aux thèses qu’il a pu développer. Loin de réduire ces dernières ou de les minorer, le puissant geste de votre essai est d’affirmer que Fanon relève d’une écriture, qu’il est écrivain, que sa parole est une parole qui vient jusqu’à nous parce que précisément elle est portée par une voix. Quelle est alors, selon vous, le timbre de Fanon ? Quelle est la particularité de sa voix – de son écriture ? Est-ce à dire enfin que vous regrettez que Fanon ne soit jamais lu textuellement ?

Bien évidemment que je regrette que Fanon ne soit pas lu dans son texte même, dans son écriture ! Cela éviterait tant de contresens ! La plupart de ceux qui rejettent Fanon ou prononcent son nom du bout des lèvres, ne l’ont pas lu… mais ils ont lu des bribes de la préface de Sartre aux Damnés, ils ont lu ici et là une condamnation sans démonstration, ils ont retenu des énoncés sortis de leur contexte, ils affirment, péremptoirement, « mais c’est une théoricien de la violence »… Car lire Fanon, c’est accepter d’affronter le duo-duel colonisation/décolonisation et ce n’est pas simple. Les mêmes idées, exprimées sans sa force poétique d’interpellation n’auraient pas eu la même portée. C’est fort Fanon parce que c’est beau. Il faut au moins relire – à haute voix comme la poésie – la conclusion de Peau noire masques blancs, la conclusion des Damnés, la Lettre de démission à Robert Lacoste, la Lettre à un Français qui est un poème en prose…

Je rappellerai un autre témoignage donné par Wideman à la fin de son roman ; celui du Pr. Peter Worsly qui a assisté au discours de Fanon à Accra en 1958. Il parle d’un discours « électrisant » : « une expérience à faire battre le cœur plus fort… remarquable non seulement par sa force analytique mais aussi par le feu et le brio avec lesquels il fut prononcé, qui étaient des plus rares ». Voilà un exemple de « la voix » de Fanon… Et c’est aussi toute la théâtralité de son écriture (au bon sens du terme) qu’il faut analyser.

 

 

Pour expliquer également sa postérité et son évidente notoriété, vous rappelez que Fanon est un homme qui fut à la croisée de quatre chemins qui, tous, se recoupaient en lui : Français, Antillais, Algérien et militant anti-impérialiste. De ces quatre visages, lequel selon vous a pu offrir le plus d’héritiers ? Les héritiers que vous évoquez se réclament-ils à part égale de chacun de ces Fanon ou sont-ils inextricablement mêlés ? Se réclamer du Frantz Fanon français, qu’est-ce que cela peut offrir, par exemple, aujourd’hui comme héritage ?

Ce n’est pas le fait de tous les héritiers mais un certain nombre préfère élire telle ou telle « tranche » de Fanon en fonction de ce qu’ils sont. Je précise tout de suite que c’est le militant anti-impérialiste qui est toujours retenu car il est l’aboutissement des autres « étapes ». Fanon Français ? Je n’ai pas trouvé, pour ma part, d’héritier de ce Fanon-là. C’est normal puisque la France ne le retient pas dans les écrivains à connaître. Fanon Antillais ou Fanon Algérien ? Oui, bien sûr. Mais ce n’est pas tant pour le réduire à cette dimension que parce que « l’héritier » est lui-même Antillais ou Algérien et qu’il privilégie un aspect de son parcours. Ainsi, il est prouvé qu’aujourd’hui, le Fanon qui retient le plus les Antillais, c’est celui de Peau noire masques blancs et que plus d’un Algérien vibre à la lecture… nostalgique… de L’An V de la Révolution algérienne (Sociologie d’une révolution). J’ai moi-même dirigé, pour le cinquantenaire de sa mort, en 2011, un dossier pour la revue Algérie Littérature Action, « Frantz Fanon et l’Algérie », avec une trentaine de contributions. Se réclamer du Frantz Fanon Français ?… on peut rêver… Alors rêvons ! C’est aller à la rencontre d’une analyse du racisme, de l’exclusion, du refus de l’altérité et combattre ces plaies qui gangrènent la société française qui a tant de mal à se penser comme multiculturelle. Fanon est un antidote à tout ce qui enferme et expulse.

Un des points parmi les plus remarquables de votre essai est d’affirmer sans attendre la position de Fanon par rapport à la question identitaire. Vous dites ainsi : « Il oblige à penser l’identitaire comme autre chose qu’une assignation à résidence dont les lignes ne peuvent bouger. L’expérience algérienne qu’il a faite sienne n’a pu avoir cette force et cette efficacité dans ses analyses que parce que, avant d’y plonger, il avait mis à nu les impasses de la négritude, de l’assimilation et d’une appartenance close, dès Peau noire masques blancs. » Pourriez-vous nous dire en quoi l’identitaire ne peut être figé chez Fanon ? En quoi est-ce une leçon selon vous pour notre présent ?

Oui, cela découle de ma réponse précédente. Fanon oblige à penser la question identitaire : par son parcours d’abord qui est une démonstration qu’on peut franchir les frontières auxquelles on a été assigné par la naissance et s’identifier à une autre lutte. Par le contenu de ses écrits aussi : même si je n’étudie pas dans le détail les trois essais, je montre, à plusieurs reprises, en quoi chaque essai manifeste une avancée du sujet énonciateur et, conjointement, celle de son lecteur : du moi Antillais (Français non reconnu dans la nation) à nous Algériens et enfin, Nous, les « damnés » des cinq continents. Et il a été entendu un peu partout dans ces cinq continents. A l’heure où la poussée des identitaires force les portes de nombre de nations, lire Fanon est une question d’hygiène pour ouvrir notre éventail identitaire à tout ce qui peut nous enrichir et nous faire admettre la complexité du monde, nous empêcher de nous accrocher à notre rocher local par peur de courants perturbateurs.

Avant de venir plus précisément évoquer les héritiers et héritages de Fanon, je voudrais revenir avec vous sur la part décriée de Fanon dans sa postérité. Des contre-héritiers se manifestent qui remettent en cause Fanon, faisant de lui un barbare pour le discréditer comme vous le suggérez reprenant une formule de Gérard Miller. De quelle barbarie les contre-héritiers de Fanon l’accusent-ils ainsi ? S’agit-il ainsi de nuire à sa puissance politique, d’atténuer la part de violence que suppose toute scène politique, c’est-à-dire la part insurmontable de dissensus ?

Oui, vous le dites parfaitement. « Qui veut noyer son chien… » etc. Fanon est décapant. Personne n’aime être décapé et poussé dans ses retranchements. Dès son décès, Aimé Césaire a magnifiquement célébré l’héritage de Fanon : « Théoricien de la violence, sans doute, mais plus encore de l’action. Par haine du bavardage. Par haine du compromis. Par haine de la lâcheté. Nul n’était plus respectueux de la pensée, plus exigeant à l’égard de la vie dont il n’imaginait pas qu’elle pût être autre chose que pensée vécue.
Et c’est ainsi qu’il devint un combattant. Ainsi aussi qu’il devint un écrivain, un des plus brillants de sa génération. (…)
Toujours, partout, la même lucidité, la même force, la même intrépidité dans l’analyse, le même esprit de « scandale » démystificateur ».
Encore un texte à lire dans son entièreté !… Ces lignes paraissent dans le numéro de Jeune Afrique du 13 décembre 1961 : Fanon vient de mourir à Washington, le 6 décembre.

Venons-en à présent aux trois sillages que vous dessinez dans votre essai. La première partie de votre propos consiste à repartir des biographies consacrées à Frantz Fanon. En quoi vous paraissait-il déterminant de les examiner ? Quel portrait de Frantz Fanon est parvenu jusqu’à nous ? Quelle image de cet homme multiple l’emporte-t-elle ?

Avec mon approche des biographies, j’ai voulu montrer que la biographie a un statut bâtard puisqu’elle est à la fois œuvre de documentation et œuvre littéraire. Cette seconde caractéristique impose la part de subjectivité du biographe qui aborde l’œuvre de Fanon avec ce qu’il est, avec ses convictions, les témoins qu’il rencontre, les ouvrages auxquels il a accès ou qu’il sélectionne. La biographie est le récit d’une vie et aussi documentée qu’elle soit, elle est orientée. L’essentiel est de montrer comment et pourquoi elle l’est.

Il n’y a pas une seule image qui nous soit parvenue de Fanon, sinon l’appréciation monolithique et défavorable de ses détracteurs. Dans chaque biographie, le lecteur peut trouver à s’informer. Puis il se fait ses propres images – impossible d’accepter le singulier en la matière !

Je crois avoir montré quel est le portrait qui m’avait le plus appris mais cela ne signifie pas que je n’ai pas trouvé chez l’un ou l’autre matière mieux connaître Fanon. Si les témoignages de son frère aîné, Joby et de sa secrétaire, Marie-Jeanne Manuellan, ne sont pas à proprement parler des biographies, ils nous disent beaucoup sur cet homme.

 

Le second sillage est celui de la littérature. Fanon est une figure majeure du Second demi-siècle qui est convocable à double titre : comme puissance d’évocation par son écriture, tout d’abord. Quels sont les écrivains habités selon vous par les formules de Fanon, sa prosodie ? Mais Fanon hante aussi la littérature comme personnage comme l’avance Catherine Simon que vous citez : « Certains morts ont de l’avenir. Ils deviennent, non pas des fantômes, mais des ancêtres doués de parole et capables, quelquefois, d’écouter les vivants. Frantz Fanon, par exemple ». A ce titre, dans quelle littérature Fanon apparaît-il comme personnage ? A-t-il une résonance par exemple au