A. MERDACI : MISE AU POINT A LA REPONSE DU PrDJIDJELI

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  • Le 22/11/2016
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Il semble que M. Nacer Djidjeli n’a pas écrit son rageur libelle (« Le Soir d’Algérie », 7 novembre 2016) pour défendre Kamel Daoud contre ceux qui l’ont critiqué dans leurs publications, qu’il accuse d’être les « gardiens des dogmes », mais pour établir un infaillible constat d’échec de l’État et du système qui le dirige. Universitaire, attaché aux formes d’évolution de la littérature nationale algérienne et des mutations, très présentes ces derniers mois, de la figure et de la mise en scène de l’écrivain algérien, je lui ai répondu à partir des éléments de sa propre stratégie de défense de l’auteur-billettiste oranais, qu’il devrait assumer courageusement dans une indiscutable rectitude morale. Ce qu’il se garde de faire.

Que M. Djidjeli ne soit pas à l’aise dans son pays et porte le fer contre  le pouvoir en place, ce qui lui appartient pleinement et, n’étant inféodé à aucune chapelle politique, cette discussion (sur fond de paysage délétère) à laquelle il voudrait, présomptueusement, m’inviter, ne m’intéresse pas. Or cet échange sur la littérature qui m’a engagé à lui répondre, que j’attendais, il l’évacue totalement dans sa réponse publiée dans l’édition du 20 novembre 2016 de « La Nouvelle République » parce qu’il n’en a pas la mesure, se bornant à revendiquer « nos écrivains contemporains », sans nommer l’infâme et intempérant Sansal et son disciple Daoud.

Mon contradicteur, qui se désole de ne me lire qu’avec un dictionnaire ouvert, m’accuse-t-il d’« arrogance », de « suffisance », de « donneur de leçons », et même d’« insultes », lui qui s’est érigé en insulteur de son pays et de son peuple, qui – semble-t-il – n’ont jamais rien produit, qui chante encore la défunte Algérie coloniale pour scander que le pays indépendant n’a rien « bâti de beau ou de grandiose » ? Quel amour porte-t-on à son peuple lorsqu’on l’assigne au néant ? Le thème de la « table rase », repris sans vergogne par le chirurgien-pédiatre, reste un classique de la pensée coloniale. Quant au « vide intellectuel » qu’il veut m’imputer à charge, M. Djidjeli, dans ses oripeaux de néo-Indigène qui n’a pas fait le deuil de l’ancienne France d’Algérie, peut en agiter le triste horizon et l’habiller de spectres, se regorgeant de chimères d’un autre temps. Dont acte.

Pr Abdellali Merdaci

 

La réponse du Pr. Nacer Djidjeli dont il question :

 

Quand l’arrogance et la suffisance remplissent le vide intellectuel

http://www.lnr-dz.com/index.php?page=details&id=59665

 

Nacer Djidjeli

 

Dans votre édition du 13 novembre 2016 vous m’avez fait l’honneur d’être le personnage central d’un article publié sous la plume de Mr A. Merdaci et intitulé une « Énième défense par le vide ».

Cet article se voulait être une réaction à la contribution que j’avais publiée dans un quotidien national quelques jours auparavant et intitulée « sommes-nous un grand peuple, une grande nation, un grand pays ». Un moment, j’avoue que je fus heureux à l’idée qu’un universitaire qui plus est censé être un intellectuel-écrivain, puisse me faire l’honneur de réagir à ma modeste contribution et cela même si c’était pour me contredire. Grande fut ma déception quand à défaut de d ébat, Mr Merdaci et sur le ton pendant qu’on lui connaît, s’est contenté de déverser tout son fiel sans aucune retenue sur un certain nombre de nos écrivains contemporains et sur le chirurgien pédiatre que je suis.

J’avais osé développement des opinions non validées par ce gardien par ce gardien de la bien pensante, et c’est ce crime de lèse-majesté qui m’avait valu toute cette charge hystérique. Un grand perdant malheureusement dans cet état de fait : le débat intellectuel qui nous manque tant et l’échange d’idées même contradictoires. Je ne reviendrais évidemment pas pas sur ce que pense Mr Merdaci de Kamel Daoud, Boualem, Sensal ou autres, Tel n’est pas le but de cette mise au point d’aujourd’hui. Je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’a écrit Kamel Daoud et je l’ai fait savoir, mais je persiste à dire qu’il a posé un certain nombre de questions qui doivent nous interpeller.

 

Des problèmes de fond de notre société contemporaine qu’on aurait intérêt à ne pas occulter. Au lieu de débatte et éventuellement d’apporter des contre-arguments à ce que j’avance, ce qui aurait été très souhaitable et sûrement fructueux, ce monsieur aveuglé par sa conviction de détenir la vérité verse dans la calomnie indigne d’un universitaire. Et les affirmations (je le cite) du type nostalgique du colonialisme, fouilleur des poubelles de l’histoire, éloquence de la pestilence, encre putride et j’en passe, sont des insulte qui ne grandissent pas son auteur et me confirme dans mes convictions que mon pays va mal.

Citer des tas de noms d’auteurs qui n’ont d’ailleurs aucune relation avec notre problématique du jour, chercher des adjectifs et mots savamment puisés le dictionnaire pour mettre plein la vue aux uns et au autres, manier l’insulte et la suffisance comme le fait monsieur Merdaci ne fait en aucune façon de son écrit une réponse digne d’un universitaire intéressé par le débat d’idées. Car si on élague les insultes les quolibets et le verbiage sans intérêt, à aucun moment Mr Merdaci ne prend la peine de descendre de son piédestal pour porter une critique de fond des idées que j’avance. De plus, votre arrogance mise à part qui êtes-vous Mr Merdaci pour vous permettre de porter un jugement sur l’amour que nos portons moi et les autres à notre pays ou juger de notre patriotisme ? Vous me rappelez les commissaires politiques d’antan et je vous défi ce droit.

 

Quittez l’habit du donneur de leçons, soyez modeste et contentez-vous si vous le pouvez (j’en doute) de répondre au contenu de mon article, en apportant si nécessaire des contre arguments comme un vrai universitaire au lieu de m’insulter. Oui, monsieur Merdaci, mon pays va mal. Notre économie totalement dépendante des hydrocarbures est au bord de l’asphyxie. Nous gardons une très bonne place dans le classement des pays ou la corruption fait rage. Oui des dirigeants sans scrupule ont fait de notre révolution et de son histoire un fonds de commerce. Oui nous avons un rapport à la religion tout sauf sain. Notre société fait plus dans la bigoterie, le paraître que la vraie spiritualité.

Notre rapport à la femme est problématique pour ne pas dire pathologique. Et même si des progrès ont été réalisés elle garde malheureusement le statut de mineure et d’assisté à vie dans la plupart de nos contrées. Oui nous continuons à dépenser l’argent du contribuable pour financer ce machin qu’on appelle la ligue arabe et qui sert toutes les causes sauf celles des peuples Arabes. Vous avez tout à fait le droit de penser qu’au contraire notre pays sous la direction de ses dirigeants éclairés se dirige tout droit vers des lendemains roses et enchanteurs. Libre à vous, mais je veux pouvoir moi et les autres donner un point de vue différent sans être taxé de néo colonisé, islamophobe, ou pro sioniste autant d’étiquettes que vous vous octroyez le droit de distribuer aux gens qui ne sont pas d’accord avec vous.

 

Ce que je dis n’est ni du masochisme, ni de l’auto-flagellation mais un constat qui se voudrait lucide et constructif pour mon pays. N’en déplaise à Mr Merdaci, c’est justement parce que j’aime mon pays et ceux qui l’habitent que je suis très attaché à mes proches, que j’ai envie que mes petits-enfants soient heureux chez eux et ne soient pas tentés par l’exil que je dis tout cela. Arrêtons de nous mentir, de nous sublimer, d’embellir, de mythifier et de mystifier notre triste condition. Car c’est ce jour et seulement ce jour là où nous comprendrons et seront conscients de nos faiblesses, de nos tares que nous progresserons et que nous ferons honneur à ceux qui se sont sacrifiés pour ce pays. Voilà tout ce que j’ai estimé être de mon devoir de dire haut et fort pour ne pas mériter la sentence d’un certain Gandhi qui disait que celui qui voit un problème et ne le dénonce pas faisait partie de ce problème.

 

Nacer Djidjeli Professeur de chirurgie pédiatrique


 

 

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