JACQUES TOURTAUX : TEMOIGNAGE DE MON VECU DE LA GUERRE D’ALGERIE

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Bien que je sois habitué aux insultes, menaces et coups tordus, cette nuit, j’ai fait l’objet d’une énième agression sur la toile à laquelle je dois absolument réagir pour défendre mon Honneur et ma Dignité.

Voici ma réponse à l’une des interrogations de ce triste individu.

Jacques Tourtaux

 

COMITE VALMY

 

 

Témoignage de Jacques Tourtaux :

"mon vécu de la guerre d’Algérie"

mercredi 25 mai 2011, par Comité Valmy

 

BRUAY LA BUSSIERE : Invité par le Front Solidaire des 5 Unions Locales CGT d’Auchel-Béthune-Bruay-Isbergues-Lillers dans le cadre de la Commémoration des 140 ans de la Commune de Paris de mars à juin 1871 et du 70ème anniversaire de la Grève des mineurs de mai à juin 1941, contre le patronat des mines et les nazis,

TEXTE DE SON INTERVENTION LE 30 AVRIL 2011 AUTOUR DE SON OUVRAGE " GUERRE D’ALGERIE. SOUVENIRS D’UN APPELE ANTICOLONIALISTE "

Je n’interviendrai que sur mon vécu de la Guerre d’Algérie.

Il ne faut pas s’attendre à trouver dans mon livre d’extraordinaires histoires de combats héroïques.

Adolescent, je me suis engagé politiquement avec le PCF, c’était en1958. Dans la foulée, en 1959, avec quelques camarades, nous avons créé un cercle de l’Union des Jeunesses Communistes de France (UJCF) dont je devins le Secrétaire. Comme tous les militants communistes de l’époque, nous dénoncions la guerre coloniale menée en Algérie, en notre nom, par De Gaulle.

Cet ouvrage est écrit par un ouvrier, un autodidacte. J’y relate dans le jargon du bidasse un vécu très dur.

Il ne faut pas s’attendre à y voir l’érection d’une statue glorifiant l’armée française.

Mon témoignage est un hommage à la poignée de soldats anticolonialistes qui, malgré les risques encourus, se sont battus clandestinement contre la guerre.

Notre combat clandestin avait pour but de faire prendre conscience aux autres soldats moins politisés, que cette guerre était inutile et sans issue.

Notre travail a fini par payer puisque lors du putsch des généraux félons, en avril 1961, les bidasses n’ont pas suivi les factieux et ont fait échouer la folle aventure de ces généraux et autres hauts gradés carriéristes, grassement payés pour faire tuer des pauvres gus sur l’autel du capitalisme.

Les bidasses tombés sur cette terre lointaine ne sont pas morts pour la France comme on veut le faire croire mais uniquement pour les tenants du fric . Il en est ainsi pour toutes les guerres.

Ce livre dénonce les violences, les sévices subis en notre qualité de militants anticolonialistes, jeunes communistes pour la plupart. Ces sévices, des raclées terribles, étaient perpétrées par des gradés.

Après 40 années de militantisme au PCF, la mort dans l’âme, j’ai quitté celui-ci. Je suis toujours profondément communiste, envers et contre tout. Je n’accepte pas les graves dérives qui ne correspondent plus à l’idéal pour lequel j’ai donné le meilleur de moi-même.

Bien que n’ayant pas l’esprit cocardier, j’ai assumé d’importantes responsabilités au sein de deux associations d’Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ACVG) mais je n’ai jamais pris la grosse tête pour autant. J’ai toujours refusé que me soit remise la croix du combattant de la Guerre d’Algérie car ce serait accepter un insigne incompatible avec mon idéal communiste.

Je disais donc qu’avec le Parti ( PCF) et notre cercle de l’UJCF, nous menions à notre modeste niveau, une lutte acharnée contre la Guerre d’Algérie.

En 1960, à deux reprises, j’ai refusé de répondre aux convocations pour le conseil de révision, à Rethel, puis au chef-lieu du département, Mézières (Ardennes). Peu de temps après, les gendarmes sont venus me trouver sur mon lieu de travail. Après m’être fait traiter de forte tête, promesse me fut faite d’une incorporation directe en unités disciplinaires où j’allais me faire "mater à coups de poings dans la gueule et à coups de pieds au cul".

Le 16 septembre 1960, les gendarmes sont venus me chercher et m’ont emmené menotté et tenu en laisse comme un chien. A la vue de tous, j’ai ainsi traversé la ville pour me rendre à la gare où les gendarmes m’ont emmené faire mes trois jours à Commercy.

Ma lettre de refus d’aller combattre le peuple Algérien était prête. J’en ai parlé à un de mes oncles, militant cheminot à la CGT et au PCF. Celui-ci m’a vivement déconseillé ce refus. Je produis dans mon livre la copie de sa lettre datée du 4 août 1960 dans laquelle il me dit son désaccord. Mon oncle m’écrivait que les actions individuelles n’étaient pas payantes. Les sanctions étant trop fortes pour ce genre d’actions. Mon oncle, militant communiste de longue date, pensait au contraire, qu’il fallait entrainer le plus de jeunes possibles dans l’action contre la Guerre d’Algérie. Militer contre la guerre à l’intérieur de mon unité afin d’aider à une prise de conscience des jeunes appelés qui pour la plupart n’étaient pas politisés comme l’étaient les soldats communistes.

Le dirigeant communiste Etienne Fajon disait : "Résolument opposé à la guerre injuste d’Algérie, notre parti, qui comprend le drame de conscience de chaque jeune communiste, n’a jamais considéré la désertion comme un moyen d’action susceptible de mettre un terme au conflit. Il est toujours demeuré fidèle au contraire, au principe éprouvé défini par Lénine : le soldat communiste part à toute guerre même si elle est réactionnaire, pour y poursuivre la lutte."

Selon Jean Brugié, dans son livre "Officier et communiste dans les guerres coloniales", les consignes nationales du PCF étaient : "Les communistes se doivent d’être présents sur tous les terrains de combat de classe"... "Ils doivent être les meilleurs."

Le 30 novembre 1960, Maurice Thorez, Secrétaire général du Parti, prononce un discours dans lequel il déclare notamment : "Non, la voie n’est pas à l’insoumission, la voie reste celle que nous a inculquée Lénine...

C’est le travail de masse mené à l’armée, surtout à l’armée, pour combattre la guerre... Déserter, quitter l’armée, cela signifie laisser la masse des soldats...... aux mains des officiers parfois fascistes, aux mains des ultras...

Le devoir, c’est de travailler, c’est de faire le travail difficile, le travail pénible, le travail qui exige des sacrifices, qui coûte parfois des années de prison aux jeunes soldats"... ce travail de l’ombre comporte de véritables risques."

Durant toute la durée de mon service militaire, j’ai pu constater que peu nombreux furent les jeunes communistes qui se sont risqués à militer à l’intérieur de leur unité, en Algérie, où il y avait la guerre, ne l’oublions pas.

Nous ne serions pas 300 à s’y être engagés sur l’ensemble de tous les conscrits incorporés, qui se sont succédés en Algérie du 1er novembre 1954 au 3 juillet 1962 J’ajoute et c’est tout à leur honneur, qu’il y a eu aussi des officiers de carrière qui étaient communistes, qui se battirent à leur façon, sur des positions de classe mais ils furent peu nombreux lors de la Guerre coloniale menée par la France, en notre nom, en Algérie.

J’ai donc été incorporé direct en Algérie dans une compagnie disciplinaire pour y effectuer mon CI (Centre d’Instruction). Ce fut un CI très dur.

A l’intérieur du camp de Oued-Smar, une prison interarmes qui était un bagne militaire où les soldats internés y subissaient des sévices graves tels les tabassages, certains entrainant parfois l’hospitalisation. Les soldats détenus dans "La Villa", c’est ainsi qu’on l’appelait, étaient pour la plupart des gars du contingent. J’ajoute qu’il y avait promiscuité entre les soldats appelés internés politiques et les appelés de droit commun. ll faut savoir qu’un gus pouvait se trouver interné pour un simple défaut de cravate. Pour ma part, j’ai été interné dans ce bagne une semaine durant. J’ajoute que le bidasse qui y a été détenu, ne serait-ce qu’une seule journée, en est marqué de manière indélébile pour toute sa vie.

L’an dernier, un de mes lecteurs, ancien de la Section de Protection (SP), voisine de la prison-bagne, qui y a été interné une journée, m’a téléphoné. Je fus frappé des "détails" dont il se souvient, bien qu’il n’ai séjourné qu’une journée au bagne de Oued-Smar.

Nous terminions nos classes et allions être mutés dans nos unités respectives lorsque dans la nuit du 21 au 22 avril 1961, éclata le putsch des généraux factieux. Je voudrais rappeler que nous n’avons pas attendu après De Gaulle pour réagir.

Lorsque celui-ci s’est exprimé à la télévision, nous étions déjà en refus d’obéissance. Le fer de lance du putsch des généraux félons en était le 1er Régiment Etranger de Parachutistes (1er REP), celui-là même qui, alors qu’il était en fuite, le 26 avril 1961, entre Maison-Blanche et Mouzaïaville, vit ces hommes ouvrir le feu à l’arme automatique sur d’autres soldats de l’armée française.

Les soldats qui se firent allumer par ces mercenaires étaient des gus du contingent dont je faisais partie ; nous étions moins d’une quinzaine. Les "courageux" soldats d’élite du 1er REP fuyaient lâchement. La débandade !

Je fus muté dans un secteur chaud de la Mitidja, près des gorges de la Chiffa, que connaissait bien le camarade Henri Alleg. Dans son ouvrage "Prisonnier de guerre", Henri Alleg écrit ... la traversée des gorges de la Chiffa où les attaques de l’ALN sont quotidiennes ..."

Avec deux camarades communistes appelés, je militais clandestinement au sein de mon unité contre la guerre. J’ai été dénoncé et immédiatement embarqué en avion pour une destination inconnue, sous escorte armée, comme un gangster. Je fus affecté comme artificier dans une soute à munitions (SMU).

Mon travail y était celui d’un forçat. L’armée m’a toujours gâtée, particulièrement choyée. A titre d’exemple, j’ai, entre autres, été contraint d’effectuer quatre patrouilles, dont une de nuit, c’était un dimanche de l’hiver 1961, sans munitions dans la MAT 49. Les chargeurs étaient vides. Je vous prie de croire qu’il faut avoir vécu de telles intenses émotions pour en connaître le réel ressenti. La peur est indescriptible.

Je ne vous apprendrai rien si je vous dis que je suis rentré en métropole traumatisé, marqué à tout jamais par cette guerre coloniale que je combattais en tant que jeune communiste et dont je fais encore des cauchemars.

Sur conseils de responsables d’une des deux associations au sein de laquelle je militais, j’ai intenté un procès à l’Etat Français pour blessure et maladies contractées lors de la Guerre d’Algérie. En première instance, j’ai gagné un très gros procès qui aurait pu faire jurisprudence et bénéficier ainsi à des milliers de gus justiciables mais hélas, ma joie fut de courte durée.

Le Secrétaire d’Etat socialiste aux ACVG du gouvernement de la gauche caviar, a fait appel de la décision du Tribunal des Pensions d’Invalidité de guerre qui m’était très nettement favorable.

Ce ministre n’est autre que l’actuel Président du Conseil régional de Lorraine : Jean-Pierre Masseret, membre du parti socialiste.

Je précise que j’ai mené cette bataille face aux juridictions et à l’Etat dans un but revendicatif. Je l’ai écrit dans un courrier daté du 19 juin 1997, adressé au sieur Masseret.

Je suis dans l’impossibilité de me soigner correctement. L’appel assassin du ministre socialiste Jean-Pierre Masseret, me prive de mon droit légitime à me soigner, spolie ainsi également d’autres nombreux anciens bidasses, qui ne peuvent accéder aux soins gratuits que leur aurait permise la pension dont nous a dépossédé ce ministre socialiste.

En 2009, j’ai publié un petit livre qui est un prolongement de "ma" Guerre d’Algérie. Je veux montrer que la justice de classe qui a frappé et persiste toujours à l’encontre des jeunes communistes rebelles de la Guerre d’Algérie notamment, est la même que celle qui frappe les travailleurs qui défendent leurs emplois en se battant sur des positions de classe et sont traînés devant les tribunaux de cette même justice de classe, tel mon camarade et ami Xavier Mathieu.

Jacques Tourtaux Appelé Anticolonialiste en Guerre d’Algérie


 

Commentaires

J ’ai toujours considéré comme une erreur politique que le PCF n’ait pas incité les jeunes à refuser leur incorporation en Algérie

Avec le poids du PCF à cette époque, un tel appel aurait eu un immense retentissement

Ceci dit, il est facile de réécrire l’histoire....

Cela rend l’action de jeunes tels que Jacques d’autant plus admirable : Jacques le rappelle, ils furent très peu nombreux.....

Et sans appui politique explicite ni avant, pendant, après

La guerre d’Algérie est une sale guerre de plus que d’aucuns voudraient oublier

Des jeunes tels que Jacques sont heureusement là pour nous entretenir la mémoire.

Pas étonnant que l’accueil ait été chaleureux à Bruay

Commentaire n°1 posté par patrice bardet le 17/05/2011 à 06h44

Comme le dit Patrice, dommage qu’il n’y ait pas beaucoup de jeunes comme Jacques, notre anticolionaliste, cela aurait donné à réfléchir aux dirigeants de l’époque.. et surement beaucoup moins de morts, de torture de part et d’autre.

le livre de Jacques est super... ceux et celles qui ne l’ont pas lu.. il n’est jamais trop tard.

Commentaire n°2 posté par GAUTIER DANIELLE le 17/05/2011 à 09h14

 

Jacques vient de me faire parvenir son intervention. Il ne le dit pas, mais à la fin de cette intervention, il a reçu l’hommage unanime de toute l’assemblée. Il n’en méritait pas moins.

Je m’associe à cet hommage et veux le remercier personnellement de publier mes textes qui, quelquefois, peuvent heurter ses convictions, que nous partageons cependant pour l’essentiel.

Je vais peut-être encore me différencier à nouveau.

En effet, je veux souligner que, en 1956, a été élue en France une majorité qui aurait pu reconnaître l’autodétermination, sinon l’indépendance de l’Algérie. Le Parti socialiste de Guy Mollet n’a pas su, ou voulu, à l’époque prendre ses responsabilités. Il porte ainsi une grande responsabilité dans la poursuite de la guerre, puis dans l’accession de De Gaulle au pouvoir en 1958 avec une Constitution qui instaurera, en deux temps, un régime de pouvoir personnel quasi-monarchique qui se perpétue encore aujourd’hui. Le bilan de toute cette période historique reste à faire. Cordialement, M.

Commentaire n°3 posté par Michel Peyret le 17/05/2011 à 14h53

 

Reçu de Jean-Paul LEGRAND : http://creil-avenir.com/ Reçois mon cher Jacques l’expression de mon plus profond respect pour le combat que tu as mené et que tu poursuis !

Commentaire n°4 posté par Tourtaux le 17/05/2011 à 18h24

 

A Patrice, Ce matin, je terminais une longue réponse et une erreur de manipulation a tout fait capoter. Ceci dit, concernant la question que tu te poses : le PCF aurait-il du appeler les jeunes communistes à refuser de partir faire cette guerre coloniale ? Je me suis souvent posé cette question et je m’interroge encore.

En fonction de ce que j’ai personnellement constaté, je pense que malgré le poids politique et électoral que pesait le Parti, un appel à un refus d’aller faire cette guerre n’aurait pas été suivi massivement. J’ai lu et relu le livre de Jean Brugié, ancien Résistant, capitaine à la légion et militant communiste en Guerre d’Indochine et d’Algérie, investi d’importantes fonctions clandestines au sein de son unité par le Parti. Les risques encourus par les soldats rebelles étaient énormes. Par exemple, une balle dans le dos tirée par un gradé, le bagne militaire qui casse les hommes, voilà deux critères dont il fallait impérativement tenir compte.

J’ai souvenance qu’à Mouzaïaville, le peloton de caporal était obligatoire. Les consignes du Parti étaient d’être le meilleur partout, de montrer l’exemple et bien, je n’avais pas envie de suivre le peloton pour avoir sous ma coupe trois ou quatre gus ensuite. Au bout de 15 jours, j’ai été viré du peloton et ce qui m’a fait réagir, c’est la perception d’un accroissement du danger me concernant lorsqu’un adjudant-chef m’a dit qu’ils ne savaient plus ou me mettre. Là, j’ai réalisé que ma peau ne tenait qu’à une rafale de MAT49, tirée traitreusement lors d’une mission. Je me suis donc retrouvé de Section d’Intervention Rapide (SIR) que je redoutais le plus parmi les nombreuses missions périlleuses que nous assumions dans ce secteur chaud de la wilaya4.

De nombreux appelés communistes ont fait l’école des Officiers (EOR) et nombreux sont sortis sous-lieutenants, donc officiers subalternes, commandant une section de trente bonhommes. Combien d’officiers et sous-officiers communistes ont milité au sein de leur unité lors de cette guerre coloniale ?

Commentaire n°5 posté par Tourtaux le 17/05/2011 à 19h09

 

à Danielle, merci de recommander la lecture de mon livre qui est le fruit d’un vécu très dur comme je n’en souhaite à personne.

Commentaire n°6 posté par Tourtaux le 17/05/2011 à 19h15

 

D’accord avec ton analyse Michel concernant 1956 qui a vu le socialiste Guy Mollet prendre les commandes du pays. Le groupe communiste qui était le plus important en nombre à l’Assemblée nationale, a voté la confiance au gouvernement Guy Mollet, pour faire la paix en Algérie. Hélas, il n’en fut rien puisque la guerre et l’usage de la torture ont pris de l’extension, avec la bénédiction de Guy Mollet.

Comme tu le dis à juste raison Michel, le bilan de toute cette période historique reste à faire.

Commentaire n°7 posté par Tourtaux le 17/05/2011 à 19h39

 

ô jacques, j’ai lu ton livre il y a près de deux ans maintenant et je connais bien ce que tu racontes - je t’admire. Par contre, il y a un certain nombre de "chefs" communistes auxquels j’aurais bien eu envie de foutre des coups de boule - c’est tellement facile d’envoyer les autres à la guerre : "le soldat communiste part à toute guerre même si elle est réactionnaire, pour y poursuivre la lutte. C’est surtout que le soldat communiste, on ne va le laisser devenir insoumis sinon il risquerait de se retourner contre ses chefs. Je ne dis pas ça pour ton oncle qui craignait surtout pour ta survie.

Commentaire n°8 posté par modérateur le 17/05/2011 à 19h47

 

à modérateur, je ne savais pas que tu étais adepte du coup de boule. Lors de cette guerre coloniale, j’étais conscient des risques encourus. J’étais jeune, militant assidu et volontaire dès mon adhésion au PCF de l’époque.

Tu parles d’admirer et bien, Alban Liechti, était mon modèle. Alban, que je connais, fut le premier soldat communiste qui refusa d’aller combattre le peuple Algérien. Le 1er mai, au salon du livre à Arras, j’ai rencontré sa nièce qui était avec une camarade anglaise qui m’a acheté mon livre.

En 1960, j’étais déterminé à envoyer ma lettre de refus à De Gaulle et seule la force de conviction de mon oncle que je vénère, a pu m’en dissuader mais, que ce fut difficile de prendre la décision de partir.

Je le dit sans détour, jamais je n’aurais déserté. Je partageais donc l’idée de partir pour militer au sein de mon unité contre la guerre.

Tu penses que mon oncle a voulu me préserver pour que je reste en vie. Je ne sais pas, je ne me pose jamais de telles questions. A vrai dire, je suis un militant, j’ai toujours été un militant qui a toujours eu le tort de foncer, un rouleau compresseur en quelque sorte. Le cumul des ans et les coups reçus chaque jour, me confortent dans mon combat quelque peu assagi mais les convictions demeurent et, ce n’est pas à toi que je ne vais apprendre qu’un sanglier ne s’avoue jamais vaincu.

Commentaire n°9 posté par Tourtaux le 17/05/2011 à 22h01

 

Comme le hasard fait parfois bien les choses, alors que ce témoignage venait d’être publié sur mon blog et sur celui d’autres camarades, j’ai reçu et lu avec beaucoup d’émotion, ce jeudi soir, la réponse du camarade Algérien Sadek Hadjeres, qui fut un des dirigeants du Parti Communiste Algérien(PCA), lors de la Guerre d’Algérie.

Avec son camarade et ami Bachir Hadj Ali, Sadek a négocié avec les représentants du FLN Benyoussef Ben Khedda et Abane Ramdame l’intégration des troupes communistes dans les forces du FLN. Il continua à se battre dans l’ALN jusqu’à l’indépendance.

J’avais écrit à Sadek pour lui dire que cela faisait un 1/2 siècle que je cherchais à connaître qu’elles furent les activités des combattants de l’ALN, en 1961, dans le secteur de Mouzaïaville, dans la Mitidja, région qu’il connait bien.

Sadek a cherché des pistes correspondant à ma recherche. Je cite :

"Il y a certaines indications dans un ouvrage qui a paru l’an dernier relatant le parcours de combattants communistes dans l’ALN et qui se sont trouvés à un certain moment dans le secteur que tu indiques et où tu te trouvais toi-même. L’ouvrage devrait se trouver dans une librairie où se déroulera en principe demain vendredi une rencontre-débat autour du récit-enquête fait par le frère d’un de ces combattants... J’avais moi-même consacré à cet ouvrage un commentaire dont tu trouveras les références également dans la même brève du site."

Je n’ai hélas pas pu me rendre à cette rencontre-débat mais je vais tout faire pour me procurer ce livre qui relate les luttes des camarades du PCA, au sein de l’ALN, qui était très combative dans le secteur de Mouzaïa où je me trouvais.

Après lecture du courriel du camarade Sadek Hadjeres, ma première pensée a été celle-ci : Ayant participé, contre mon gré, à de nombreuses missions dangereuses dans le secteur de Mouzaïa, j’aurais pu me faire tuer par un frère du PCA, combattant de l’ALN.

Commentaire n°10 posté par Tourtaux il y a 3 jours à 11h33

 

J’ai reçu hier un témoignage très émouvant d’un ancien interné de OUED-SMAR, je cite : "j’ai été très marqué par ce séjour de 15 jours au bagne de OUED-SMAR, régime très sévère de la part du chef tolard qui nous humiliait, sans compter les coups et les brimades continuelles."

A deux mois près, nous aurions vécu et subi notre calvaire ensemble.

Commentaire n°11 posté par Tourtaux il y a 3 jours à 20h18

 

Il serai judicieux que beaucoup de jeunes(et moins jeunes) lisent ton livre sur la guerre d’Algérie.Peut être ils ouvriraient les yeux et prendraient modèle sur ces anciens combattants. Bravo Jacques d’avoir écrit ce formidable vécu ! Et MERCI !

Un ancien rappelé de cette foutue guerre au moment ou la clique à Guy Mollet était au pouvoir.

Gerard Pontvianne Commentaire n°12 posté par pontvianne hier à 16h19

 

@ Gérard Pontvianne, merci de ta contribution camarade, ancien rappelé en Algérie, par le socialiste Guy MOLLET en 1956.

 

J’ai reçu ce midi un complément au témoignage ci-dessus, concernant le camarade ancien interné au bagne de Oued-Smar.

De tels témoignages sont très rares. En effet, les gus ayant subi de la part de gradés des humiliations et des sévices graves, n’osent pas en parler de peur de nuire à leurs enfants et petits enfants.

Cet ancien détenu qui me commande mon livre m’écrit que lors de son séjour en Algérie, il était marié et papa d’une petite fille qui vient d’avoir 51 ans ce 22 mai, jour de l’envoi de son courrier.

Je cite le camarade :

"Longtemps j’ai recherché des témoins pour dénoncer ces actes odieux sur de simples appelés.

Je suis certain d’avoir beaucoup d’émotion à te lire et du plaisir à la fois de partager ce que nous avons vécu loin de nos chères familles."

Commentaire n°13 posté par Tourtaux hier à 17h11


 

 

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