LE MAK ET LES MYTHES FONDATEURS DU BERBERISME

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  • Le 30/12/2016
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حركة «ماك» وأساطير مؤسسي القبائلية في الجزائر! | لينا كنوش | جريدة السفير

خلال لقاء ضمّ الكوادر المنتخبة لحزب «التجمّع الوطني الديموقراطي» الجزائري، في بوريا، في 25 كانون الثاني الحالي، شنّ الأمين العام للحزب

ASSAFIR.COM

Lina Kennouche

29/12/2016 13:20

Lina Kennouche

Traduction :

Lors d’une rencontre regroupant des élus cadres du parti algérien Rassemblement national démocratique (RND) à Bouria le 25 décembre 2016, son secrétaire général et ex premier ministre Ahmed Ouyahia à vilipendé le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK), qu'il accuse d’oeuvrer pour diviser la nation algérienne. Depuis le déclenchement de l'insurrection du « Printemps noir », en avril 2001, le MAK s’est greffé sur le mouvement de contestation pour faire avancer son projet autonomiste. Lancé, en juin 2001 par l'ex-RCD Ferhat Mehenni, (aujourd’hui en exil), ce Mouvement est entré en dissidence ouverte avec l’Etat algérien. Son projet politique était jusqu’en juillet 2016 la « concrétisation de l'autonomie, qui conférera à la région les attributs d'un Etat-région », afin qu'elle dispose « d’un gouvernement et d'un parlement propres pour gérer l'essentiel de son quotidien dans les limites de son territoire". Avec la création du Mak, un nouveau pas est franchi dans la radicalisation de l’activisme berbériste qui jusqu’au printemps kabyle d’avril 1980, restait confiné au milieu universitaire et s’exprimait de manière épisodique. Ce soulèvement, exclusivement localisé en Kabylie sans se propager dans les autres régions berbérophones d’Algérie, avait alors ravivé l’irrédentisme Kabyle notamment parmi les élites occidentalisées. L’ ouverture progressive de l’Etat aux revendications identitaires des Kabyles, et les politiques adoptées à partir des années 1990 qui culminent avec l’adoption en avril 2016 par le Parlement d’une révision de la Constitution pour consacrer le tamazight comme « langue officielle » n’ ont pas eu les effets escomptés. Le culturalisme berbère initial du MAK mis en avant à la suite de la révolte de 2001, a mué en "ethno-nationalisme" kabyle en rupture avec l'héritage de la guerre de libération nationale. Après avoir instrumentalisé pendant plusieurs années la question culturelle et linguistique, le MAK l’a abandonnée il y a deux ans, au profit d'une nouvelle logique.

Le philosionisme du MAK En identifiant les Kabyles aux juifs d’Israel, Ferhat Mhenni fait du sionisme un modèle politique à suivre pour concrétiser l’aspiration « nationaliste ». Dans un article intitulé, « Rencontre avec Ferhat Mehenni, le président kabyle, à Jérusalem », l’israélien Pierre Itshak Lurçat relate la visite officielle en Israel ( 20- 24 mai 2012) du président auto-proclamé du Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK), et de Lyazid Abid, Vice-président du GPK accueillis par Danny Danon alors vice-président de la Knesset et député du Likoud. Il revient sur le discours du leader du MAK qui explique « comment les Kabyles ont participé à la lutte pour l’Indépendance de l’Algérie, au cours de laquelle les trois quarts de ceux qui sont tombés étaient Kabyles… Mais ils sont devenus ensuite les premières victimes du nouveau pouvoir après 1962, ou pour reprendre les termes de Mehenni, les « nouveaux Juifs d’Algérie » (…) Plus étonnant encore est l’admiration que vouent de nombreux kabyles à l’État d’Israël, qui incarne à leurs yeux un modèle et un « frère ». Les autorités israéliennes ont rapidement compris l’intérêt de soutenir l’aspiration berberiste, allant jusqu’à baptiser des rues et des venelles aux noms amazigh (berbère). L’ article « Des rues baptisées en tamazight en Israël »du 20 décembre 2015 publié sur plusieurs sites d’information israéliens, notamment Europe-Israel, voit dans cette opération « Un signe de respect et de tolérance envers le peuple amazigh opprimé et marginalisé chez lui en Afrique du Nord (…). Les peuples de l’Afrique du Nord et leur culture sont toujours considérés comme une menace pour l’arabe et même pour la religion musulmane ». s S'il est vrai que le Mak ne represente pas tous les Kabyles et qu'en son sein, il y a eu des resistance au projet souverainiste, la tendance dominante est porteuse d'un discours radical. Son philosionisme converge avec celui d autres partis. Des formations berbéristes comme le RCD et le FFS (aligné sur les positions de l'Internationale socialiste, et ayant reconnu Israel au début des années 1980 ) ont en commun le refus de l’arabité et de l'Idée arabe. Leur normalisation dans la vie politique révèle à la fois la fragilité de l'Etat algérien et et les fractures qui existent en son sein. Si cette dynamique tribalisme n’est pas contenu, elle risque à terme de menacer l’unité nationale et l’intérgrité territoriale.

http://m.assafir.com/Article/521511


 

 

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