LINA KENNOUCHE REPOND A UN ARTICLE QUI FAIT DE LA QUESTION BERBERE UN USAGE POLITIQUE DANGEREUX

Par Le 18/01/2017 0

Dans ALGERIE

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رداً على مقالة أقحَمَت مسألة الأمازيغ في الجزائر في سياق سياسي خطير

شنّ الأستاذ في جامعة وهران الجزائرية رابح لونيسي، في مقال نُشر في 17 كانون الثاني/يناير الجاري في جريدة «الأخبار» بعنوان «رد على مقال مشرقي ضد البعد الأمازيغي في الجزائر»، هجوماً لاذعاً على القوميين

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Réponse à un article qui fait de la question berbère un usage politique dangereux Dans une contribution parue le 17 janvier dans al Akhbar, l’auteur Rabeh Lounès professeur à l’Université d’Oran en Algérie lance une attaque au vitriol contre les nationalistes arabes et les islamistes, responsables selon lui de tous les malaises politiques sociaux culturels que connait l’Algérie aujourd’hui. En réponse à l’article « Yennayer : une fête pour désarabiser l’Algérie ? » M. Lounès reprend dans un texte, avec un aplomb déconcertant, l’argumentaire berbériste primaire, qui se drape du mot d’ordre « Algérie algérienne ». Il accuse notamment les nationalistes arabes d’avoir historiquement amputé l’Algérie de son identité « berbère » et de créer aujourd’hui un terreau favorable au conflit interne en semant la discorde sur une base ethnico-raciale. Bien que la finalité de l’article « Yennayer » n’était pas de lancer une polémique stérile sur les origines ethniques de l’Algérie (question qui, au fond, ne préoccupe qu’une poignée de pseudo-intellectuels marchands d’identité et quelques opportunistes politiques) mais bien de soulever la question de l’instrumentalisation dans le champ politique de la question identitaire. Face à un tel détournement de sens et de contre-vérités, il est indispensable d'apporter au lecteur certains éclairages. Premièrement, en affirmant que les nationalistes arabes ont nié la "berbérité" de l’Algérie et marginalisé les berbères, animés, selon lui, par la seule revendication légitime de reconnaissance de leur identité, l’auteur renvoie à une conception de l’identité figée et fondée sur l’ethnicité. Or, les nationalistes arabes n’ont jamais défini l’arabité comme une appartenance ethnique. Au contraire, ils la conçoivent comme un réceptacle où s'effectue un brassage d’éléments d’origine ethniques, voire religieux différents et dont le dénominateur commun est leur appartenance culturelle au monde arabe. L’identité, ainsi définie, est une construction sociale, façonnée par l'histoire politique et sociale d’un pays. Justement, cette représentation d’une identité mouvante permet de battre en brèche la conception tirée de l’anthropologie coloniale d’une Algérie bâtie sur un noyau identitaire berbère, millénaire et stable, conception déconnectée des processus socio-historiques. Tandis que les spécificités berbères en Algérie et les particularismes locaux ont totalement leur place dans une telle approche de l’arabité, le discours de repliement sur les valeurs primaires, ethniques et régionalistes sert à jeter le discrédit sur les constantes nationales et le consensus hérité de la guerre de libération. Deuxièmement, lorsque la culture historique repose sur une mémoire tronquée et des slogans creux, elle produit un discours émotionnel faisant des berbères en Algérie les boucs émissaires des nationalistes arabes et des islamistes. Ceux-ci auraient tour à tour sacrifié et brimé les berbères depuis la première crise de 1949 dont les ressorts historiques sont analysés dans une vision caricaturale. Ni Messali el Hajj, ni plus tard Ahmed Ben Bella n’ont été les pantins du courant nationaliste arabe et cédé aux pressions pour rejeter l’identité berbère de l’Algérie. L’affirmation de l'appartenance de l'Algérie à la fraternité historique des peuples arabes a toujours été une donnée irréductible aux révolutionnaires algériens, une conviction profondément ancrée et partagée de tous. Il faut rappeler ici cette histoire riche qui va de la résistance initiale de l’Émir 'Abd el-Qader jusqu'au mouvement insurrectionnel du Premier Novembre 1954, de l'association des Oulémas du Cheikh Ibn Badis jusqu'au processus de construction de l’État national après l'accession de l’Algérie à son indépendance en 1962, notamment lors des années fondatrices de 1960-1970 avec l'action du Président Houari Boumediene ( « berbère chaoui ») sans oublier les soulèvements récurrents des masses paysannes, notamment ceux de 1871, ou encore le travail révolutionnaire de l’Étoile Nord-Africaine et du Parti du Peuple Algérien. L'un des paramètres de l'action et de la pensée de l’ensemble de ces révolutionnaires fut de déjouer la « politique kabyle » de la France coloniale qui a tout mis en oeuvre pour désarabiser culturellement les régions berbérophones, en fabriquant une figure artificielle du « Berbère » démocrate, travailleur, républicain, compatible avec les idéaux des Lumières, face à l'« Arabe »» qui serait naturellement fourbe, féodal, conservateur comme l’analyse si justement l’historien américain Hugh Roberts. Cette ethnicisation de l'identité a toujours été refusée par les nationalistes algériens, notamment ceux d'origine berbères qui ne manquaient pas d'affirmer leur arabité, comme le poète mozabite Moufdi Zakaria. Troisièmement et en conclusion, en oblitérant consciemment ou inconsciemment cette réalité historique pour produire un discours politico-identitaire en rupture avec la mémoire collective des algériens et les acquis de la révolutions populaire, les idéologues berbéristes sèment eux meme les germes de la discorde. L’instrumentalisation de la question « identitaire » berbère et ses expression dans le champs politique ne peut avoir d’autre objectif que la remise en cause du consensus national. Ce ne sont donc pas les nationalistes arabes qui préparent le terrain à un nouveau conflit civil, mais ceux qui, prétendant porter une conception citoyenne et égalitaire, cherchent à réintroduire les divisions au nom d’une identité ethnique, exclusive et ahistorique, La mise en scène politique de l’identité berbère, par opportunisme ou méconnaissance historique, sert les intérêts d’une élite qui Cherche à maintenir les Algériens dans un état de division, tout en évacuant le débat sur les véritable causes du blocage du système politique.

https://www.facebook.com/lina.kennouche

Transmis par Lina Kennouche


 

 
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