Amérique

AMERIQUE LATINE : MISE EN GARDE CONTRE L'EMERGENCE DU NEOFASCISME

19 Janvier 2021

Bogota, 18 janvier (RHC) L’analyste politique colombien Jorge Aguilera a estimé que les processus électoraux qui se dérouleront dans les prochains mois en Amérique Latine transféreront sur la scène numérique une partie significative de ses confrontations.

L’expert a déclaré qu’en raison de la pandémie et des restrictions à la mobilité, une grande partie du public a émigré vers les plateformes numériques et les réseaux sociaux, non seulement pour le divertissement, mais aussi pour des lectures plus approfondies et analytiques.

Interviewé dans le programme En Clave Polìtica, diffusé par Telesur, le consultant a estimé que, dans le cas des médias, des moyens alternatifs ont gagné en légitimité, tandis que de nombreux médias traditionnels ont perdu leur crédibilité.

Dans le cas des processus et des débats électoraux, Aguilera a alerté sur l’émergence d’un néofascisme ou d’un discours antidémocratique fortement lié au président sortant américain Donald Trump et à des pratiques politiques en Colombie, au Brésil et dans d’autres pays d’Amérique latine.

Il a ajouté que, quel que soit le pays dans lequel il se manifeste, ce néofascisme  a deux traits communs : l’attaque contre les institutions et la société, afin de les diviser en sources de pouvoir et de légitimité et la domination par l’oligarchie.

Le spécialiste de la communication a affirmé que la démocratie a besoin du respect de l’autre et de l’honnêteté, mais "Nous sommes face à des mouvements qui, comme les partisans de Trump, manquent de ces deux principes, car ils diffusent beaucoup de fausses informations et essaient constamment de délégitimer l’adversaire", a-t-il dit.

A cet égard, Aguilera a mis en garde contre le danger que représente l’utilisation de congrégations religieuses comme combattants politiques, phénomène parfois lié au jeu politique entre des partis traditionnels et des secteurs liés au trafic de drogue.

 (Source : Telesur).

Édité par Reynaldo Henquen

source : http://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/244923-amerique-latine-mise-en-garde-contre-lemergence-du-neofascisme

LE NICARAGUA CELEBRE 14 ANS D'ENSEIGNEMENT GRATUIT

13 Janvier 2021

Managua, 12 janvier (Prensa Latina) Le peuple nicaraguayen célèbre aujourd’hui 14 ans du rétablissement du droit à l’éducation gratuite, décision gouvernementale prise le lendemain du retour au pouvoir du Front Sandiniste le 10 janvier 2007.

Cet anniversaire sera célébré dans tous les départements (provinces) du pays d’Amérique centrale, a récemment indiqué la vice-présidente du Gouvernement, Rosario Murillo, qui a souligné qu’en plus de la gratuité il s´agit d´une éducation de qualité.

Les ministères de la Santé et de l’Éducation continuent de travailler sur le thème de la promotion de la santé au niveau collégial. Et la Police nationale a déjà mis en place le plan de sécurité scolaire, a précisé à cette occasion la vice-présidente.

À partir hier a commencé la distribution de la collation scolaire, l’un des programmes sociaux emblématiques du gouvernement sandiniste.

Avec la collaboration du Programme alimentaire mondial (PAM), les autorités nicaraguayennes disposent d’environ 200 mille quintaux (20 mille tonnes) de céréales et d’un chiffre presque identique de gallons (75 mille litres) d’huile pour assurer la collation scolaire pendant les trois premiers mois du prochain exercice académique, a précisé Murillo.

Au Nicaragua, l’année scolaire commencera le 1er février et, à la fin du mois de septembre, le nombre d’élèves inscrits dépassait déjà le million 775 mille, selon des sources officielles.

peo/jcm/fgn

source : http://frances.prensa-latina.cu/index.php?option=com_content&view=article&id=885451:le-nicaragua-celebre-14-ans-denseignement-gratuit&opcion=pl-ver-noticia&catid=185&Itemid=101

Tag(s) : #nicaragua

 

MERCREDI 13 JANVIER A 20H SUR RADIO GALERE : LA PANDEMIE EN AMERIQUE LATINE. COMAGUER RECOIT ROMAIN MIGUS

Mercredi 13 janvier à 20h

sur Radio Galère 

LA PANDEMIE EN AMERIQUE LATINE

comaguer reçoit  ROMAIN MIGUS

coordinateur du site 

www.les2rives.info

LES PARTIS COMMUNISTES ET OUVRIERS AMÉRICAINS RÉAGISSENT AU COUP DE FORCE FASCISTE DU CAPITOLE À WASHINGTON DC

LES PARTIS COMMUNISTES ET OUVRIERS AMÉRICAINS RÉAGISSENT AU COUP DE FORCE FASCISTE DU CAPITOLE À WASHINGTON DC

 Solidarité Internationale PCF EtatsUnis 0

07 JANV. 2021


Traduction NK pour Solidarité Internationale PCF

Dans divers déclarations publiques et messages postés sur les réseaux sociaux, plusieurs partis communistes et ouvriers des États-Unis ont fermement condamné les émeutes provoquées par les partisans de Trump à Washington DC, en soulignant que la menace d'extrême droite, fasciste et nationaliste doit être vaincue par la lutte du peuple :
 

Dans un commentaire sur Twitter, le Parti des Communistes, États-Unis (PCUSA) a déclaré :

"La situation qui s'est produite au Capitole aujourd'hui devrait montrer à l'ensemble du pays le danger du nationalisme et le type de danger que représente Trump et sa base. C'était un avant-goût de la terreur que l'on peut attendre de ces groupes si rien n'est fait pour y remédier. Rejoignez-nous et organisez-vous".

 

De son côté, un éditorial publié dans le "People's World", le journal du Parti communiste des États-Unis (CPUSA), souligne que "l'insurrection fasciste de Trump à Washington vise à détruire la démocratie américaine". L'article souligne entre autres :

"Depuis des années, Trump nous dit qui et ce qu'il est. Un fasciste occupe la Maison Blanche depuis janvier 2017. S'il pouvait obtenir un ou deux généraux pour l'accompagner et lui fournir les troupes nécessaires, y a-t-il vraiment plus de doute que Trump détruirait complètement la démocratie américaine ?

Pour ceux qui y prêtent attention, il est évident depuis longtemps que Trump était une menace pour la survie même du gouvernement démocratique dans ce pays. Les événements du 6 janvier à Washington le rendent totalement indéniable.

Nous l'avons déjà dit, et nous le dirons encore : Non au coup d'État de Trump".

 

Dans une déclaration sur les événements de Washington D.C., la Freedom Road Socialist Organization (FRSO) déclare que "les racistes et les réactionnaires doivent être vaincus". La déclaration se termine comme suit :

"Cette tentative de maintenir Trump au pouvoir en dit long sur la direction que prend ce pays. L'empire américain s'érode, et le capitalisme monopoliste est un système malade et mourant, et ses représentants politiques défaillants étaient à l'avant-scène à Washington DC aujourd'hui. Il est impératif que tous ceux d'entre nous qui aspirent à un avenir meilleur agissent. Nous devons rester dans la rue et nous battre pour un programme qui représente les intérêts du peuple. Le chemin à parcourir sera difficile, mais l'avenir est prometteur".

 

Une déclaration sur les événements au Capitole américain a également été publiée par le Parti pour le Socialisme et la Libération (PSL) dans son journal Liberation News, qui dénonce le président Trump pour "incitation à l'insurrection fasciste contre le Congrès".

"Les événements qui se sont produits aujourd'hui sont une source de grave embarras pour la classe dirigeante américaine sur la scène mondiale et affaiblissent la position globale de l'impérialisme américain", souligne la déclaration du PSL qui se termine par les mots suivants :

"Ce qui doit vraiment se passer, c'est que tous les responsables de l'acte historique d'agression fasciste d'aujourd'hui soient traduits en justice. Cela inclut en particulier Donald Trump, et ceux qui, dans la hiérarchie militaire et policière, ont utilisé leur position pour faciliter les événements d'aujourd'hui. Une coalition fondée sur la collusion entre la police, des éléments du ministère de la défense et une foule fasciste a lancé une attaque sans précédent. La menace de l'extrême droite ne peut être vaincue de manière décisive que par un front militant et uni de la classe ouvrière multinationale".

http://solidarite-internationale-pcf.fr/2021/01/les-partis-communistes-et-ouvriers-americains-reagissent-au-coup-de-force-fasciste-du-capitole-a-washington-dc.html

CHILI : LA COUR D'APPEL DE VALDIVIA STATUE EN FAVEUR DE LA NATION MAPUCHE

28 Décembre 2020

 

Santiago du Chili, 28 décembre (RHC) La Cour d'appel de Valdivia a annulé cette semaine la décision du tribunal de Panguipulli du 13 avril 2020.

L’arrêt de ce tribunal a mis fin à un bail de 1989 qui refusait au peuple Mapuche le droit à ses terres dans cette région du Chili.

La Cour d’appel de Valdivia reconnaît «le lien avec la terre comme un élément essentiel de la culture indigène, en particulier de la nation mapuche».

L'arrêt précise que «les terres appartenant aux populations indigènes ne peuvent être louées, données en usufruit ou transférées à des tiers pour leur utilisation, leur jouissance ou leur administration.

La terre est une question d'essence de la vie des Mapuches ; «dans le cadre de leur vision cosmologique et en tant que membres de cette vision globale de l'univers et de ses divers éléments», déclare le texte de la sentence. Elle impose « la reconnaissance des peuples, le droit à la propriété ancestrale en tant que valeur culturelle et la possession des terres» qu'ils occupent traditionnellement.

Source: Telesur

Édité par Francisco Rodríguez Aranega

source : http://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/243165-la-cour-dappel-de-valdivia-au-chili-statue-en-faveur-des-mapuches

Tag(s) : #Chili#Mapuches

CHILI : APPROBATION DE LA PARTICIPATION INDIGENE A LA CONVENTION CONSTITUTIONNELLE

17 Décembre 2020

Santiago de Chile, 16 décembre (Prensa Latina) Après des semaines de longs débats et des atermoiements, le Sénat et la Chambre des députés du Chili ont finalement adopté hier une formule pour la participation indigène à la rédaction d’une nouvelle Constitution.

La proposition présentée par une commission mixte des deux instances a été soutenue par les députés avec 140 voix pour, 7 contre et 2 abstentions, l´envoyant pour débat ultérieur au Sénat, qui l’a approuvée hier soir à l’unanimité.

L’accord sur les sièges réservés aux peuples autochtones pour garantir leur participation à la convention constitutionnelle établit 17 places sur les 155 membres qui seront élus en avril prochain pour cet organe, tandis qu’un quota pour les personnes d’ascendance africaine a été rejeté.

Bien que l’opposition majoritaire lui ait donné son accord pour ne pas retarder davantage le processus, elle a exprimé de nombreuses critiques, notamment parce que le consensus est loin d’être optimal et que ce n’est que le minimum qui ait pu être occtroyé, comme l’a expliqué la députée Alejandra Sepúlveda, du Front régionaliste vert social.

Dans des déclarations à la presse, la députée communiste Carmen Hertz a déclaré que ces sièges réservés n’étaient pas une concession gracieuse aux peuples originaires, mais que cela découle de la lutte des indigènes qui ont été historiquement discriminés et dont les problèmes actuels trouvent leur origine précisément dans leur manque de participation.

Elle a également critiqué le nombre de représentants accordé, car la proportion correspondant au pourcentage de population autochtone devrait être de 25, parce que 12,8 % de la population du pays s’identifie comme appartenant à un peuple originaire.

Malgré les limites du texte approuvé, il est considéré comme un pas important, qui se fait dans une course contre le temps pour la formation des candidatures en vue de l’élection de la Convention constituante, car celles-ci devront être définies au plus tard le 11 janvier prochain.

Sur les 17 sièges définis, sept sièges seront réservés aux représentants de la communauté mapuche, deux aux aymara et un à chacun des peuples rapa nui, quechua, atacameño, diaguita, colla, kawéskar, yagan et chango.

Du gouvernement, qui avait été critiqué pour avoir eu une position pour le moins dire ambiguë sur cette question, la ministre du Développement social, Karla Rubilar, a remercié le travail du Congrès et a noté que la nouvelle Constitution sera également écrite en caractères indigènes.

peo/car/rc

source : http://frances.prensa-latina.cu/index.php?option=com_content&view=article&id=885318:approbation-de-la-participation-indigene-a-la-convention-constitutionnelle-au-chili&opcion=pl-ver-noticia&catid=49&Itemid=101

Tag(s) : #Chili

ARGENTINE : LE SENAT VOTE UNE LOI SUR LES GRANDES FORTUNES POUR LUTTER CONTRE LE CORONAVIRUS ET AIDER LES PLUS DEMUNIS ET LES PETITES ENTREPRISES

Dans sa lutte contre le Covid-19, l'Argentine approuve un impôt extraordinaire sur les grandes fortunes

 

L'impôt ne concernera que près de 12.000 contribuables, détenteurs de liquidités supérieures à 25 fois le montant de la taxe

L'impôt ne concernera que près de 12.000 contribuables, détenteurs de liquidités supérieures à 25 fois le montant de la taxe - © JUAN MABROMATA - AFP

 

 Publié le samedi 05 décembre 2020 à 07h44

    

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Le Sénat argentin, après la Chambre des députés, a voté vendredi une loi instituant un impôt extraordinaire sur les grands fortunes, concernant quelque 12.000 personnes, afin de lutter contre l'épidémie de coronavirus et aider les plus démunis et les petites entreprises.

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Cet impôt, défendu par la majorité soutenant le président Alberto Fernandez, est censé rapporter quelque trois milliards de dollars. "Personne ne devra vendre des machines ou des terres", a assuré la directrice de l'autorité fiscale argentine, Mercedes Marco del Pont, dans un pays où la richesse est avant tout celle des grands producteurs agricoles.

►►► À lire aussi : Impôt sur la fortune : faire payer la crise aux riches, symbolique ou nécessaire ?

L'impôt ne concernera que près de 12.000 contribuables, détenteurs de liquidités supérieures à 25 fois le montant cette taxe, selon la directrice de l'autorité fiscale. Ce nouvel impôt a toutefois été vivement critiqué par l'opposition libérale du mouvement Juntos por el Cambio (Ensemble pour le changement) de l'ancien président Mauricio Macri, qui le considère comme "confiscatoire".

Au profit de la santé et des plus démunis

Quelque 40,9% des 44 millions d'Argentins vivent sous le seuil de pauvreté, le taux de chômage dépasse les 10% et l'économie est en récession depuis 2018. Le produit intérieur brut (PIB) argentin devrait chuter de 11% cette année, selon la Banque centrale, en raison notamment de l'épidémie qui a fait plus de 39.000 morts et 1,5 millions de personnes contaminées.

Quelque 20% du produit de cet impôt viendra en aide au système de santé, 20% à l'aide aux petites et moyennes entreprises, 15% à des aides sociales, 20% à des bourses pour les étudiants et 25% à des entreprises dans le secteur du gaz naturel.

Mais pour Hernan Letcher, directeur du Centre d'études de politique économique (Cepa), cette taxe n'a rien de spécifique à l'Argentine quand "au moins 11 pays d'Europe et d'Amérique latine", assure-t-il, cherchent à réduire les inégalités par l'impôt.

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_dans-sa-lutte-contre-le-covid-19-l-argentine-approuve-un-impot-extraordinaire-sur-les-grandes-fortunes?id=10646863

SANCTIONS US : WASHINGTON S’INQUIETE DE LA PENETRATION CHINOISE EN AMERIQUE LATINE, SON EX-JARDIN

Xi Jinping et Nicolas Maduro le 14 septembre 2018 à Pékin.  (Photo de Marcelo GARCIA / Venezuelan Presidency / AFP)

Sanctions US: Washington s’inquiète de la pénétration chinoise «dans toute l’Amérique latine»

© AFP 2020 MARCELO GARCIA

ACTUALITÉS

17:26 01.12.2020(mis à jour 18:44 01.12.2020)URL courte

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Le Trésor américain a sanctionné une entreprise publique chinoise qui aiderait Nicolas Maduro à censurer l’opposition vénézuélienne. Cette mesure renforçant l’embargo de Washington reflète l’inquiétude américaine face au développement de Pékin dans la région. Décryptage avec le journaliste Maurice Lemoine.

Et une sanction de plus frappant le Venezuela! Les États-Unis ont annoncé ce 30 novembre des mesures à l’encontre d’une entreprise publique chinoise, la China National Electronics Import and Export Corporation (CEIEC), spécialisée dans l’électronique. Washington l’accuse d’aider le Venezuela à censurer l’opposition sur Internet. Selon le Trésor américain, cette firme apporterait son expertise à la compagnie publique de télécommunications du Venezuela (CANTV), qui a déjà bloqué des médias indépendants ainsi que des retransmissions en streaming du Président autoproclamé Juan Guaido.

L’entreprise chinoise aurait offert une «version commerciale du Great Firewall», le pare-feu numérique mis en place en Chine afin d’éviter tout accès à des informations qu’elle juge politiquement sensibles. Ces mesures américaines permettront ainsi à Washington de geler d’éventuels avoirs de la CEIEC présents aux États-Unis et de lui bloquer l’accès au système financier américain. Pour l’heure, car la stratégie d’extraterritorialité du droit américain devrait intimider quiconque s’approcherait de près ou de loin de l’entreprise chinoise.

Et Washington ne s’en cache d’ailleurs pas. Expliquant l’objectif de ces sanctions dans un communiqué, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a déclaré que «les États-Unis n’hésiteront pas à viser tous ceux qui étouffent la volonté démocratique des Vénézuéliens et d’autres à travers le monde». Le secrétaire d’État a renchéri dans un tweet.

​«Les États-Unis sanctionnent la société technologique chinoise CEIEC pour avoir permis aux efforts du régime de Maduro de saper la démocratie au Venezuela. Leur soutien à la restriction d’Internet et à la surveillance numérique des opposants politiques prive les Vénézuéliens d’un avenir démocratique.»

Une nouvelle salve, dans la continuité de la pression exercée par Washington sur le pays. Maurice Lemoine, spécialiste de l’Amérique latine et ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique, ne s’étonne pas outre mesure de ces mesures prises par «les États-Unis qui sanctionnent toutes les entreprises qui travaillent d’une manière ou d’une autre avec le Venezuela».

 

Donald Trump

© REUTERS / ERIN SCOTT

«Changement de régime» et «sanctions»: les États-Unis réussiront-ils leur coup au Venezuela?

Depuis janvier 2019, Washington a reconnu l’opposant Juan Guaido comme Président par intérim, appelant au renversement de Nicolas Maduro. Trois mois plus tard, l’embargo américain frappait de plein fouet Caracas, interdisant à toute entreprise américaine d’acheter du pétrole vénézuélien –la principale ressource du pays– de même que toute autre firme étrangère souhaitant s’en procurer via le dollar.

 

Le journaliste évoque le cas récent de deux sociétés européennes dans le collimateur:

«L’espagnol Repsol et l’italien Eni protestent. Ils sont menacés de sanctions par les États-Unis parce qu’ils continuent de travailler au Venezuela. Cela démontre le problème de cet unilatéralisme de Washington qui devient insupportable pour tout le monde.»

On se souvient également des sanctions américaines en juin 2020 visant des capitaines de tankers iraniens pour avoir acheminé du pétrole jusqu’au Venezuela. Mais cette initiative de la part de Washington intervient dans un contexte particulier, à quelques jours des élections législatives qui auront lieu à Caracas le 6 décembre. Alors que Juan Guaido a, de son côté, appelé au boycott, une autre frange de l’opposition, sous l’égide de l’ancien président de la chambre des députés Henrique Capriles, souhaite y participer.

Un scrutin que cherche à décrédibiliser Washington? S’insurgeant contre ces mesures, le Venezuela a dénoncé les «actions illégales du gouvernement des États-Unis» qui s’efforcerait de «déstabiliser» le pays à l’approche du scrutin. Maurice Lemoine va plus loin encore: pour notre interlocuteur, l’ingérence américaine est un phénomène majeur de la décennie.

«C’est constant maintenant depuis 2013, et même avant. Mais bien sûr qu’il y a une grande offensive en ce moment contre le Venezuela puisqu’il y a les élections.»

 

Venezuela, le Président Nicolas Maduro

© AP PHOTO / BORIS VERGARA

Sanctions US contre la Russie pour son soutien à Maduro: «un écran de fumée»

Favorisant l’opposition, ces sanctions répondent également à un second objectif vis-à-vis de Pékin. Lors d’un point-presse, une porte-parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying, a dénoncé ce 1er décembre «un prétexte [des États-Unis] pour s’en prendre à ces entreprises vénézuélienne et chinoise» et menacé de représailles.

 

Développement de l’influence chinoise dans «l’arrière-cour» US

Si la nature précise des liens entre Caracas et Pékin est peu documentée, Maurice Lemoine évoque l’existence d’une «collaboration économique et politique» bilatérale dans le cadre de la stratégie chinoise des «nouvelles routes de la soie» qui englobe toute l’Amérique latine. Il parle ainsi de multiples investissements chinois en Équateur, au Brésil, et même de la présence d’entreprises chinoises en Colombie, le plus proche allié de Washington dans la région. Le développement de cette influence dans ce qu’ils considèrent comme étant leur «arrière-cour» déplaît fortement aux États-Unis: «Le premier partenaire commercial du Brésil, c’est la Chine. Ce ne sont plus les États-Unis.» Il est vrai, l’Empire du Milieu devance ces derniers: Pékin est le premier client du Brésil (28% du total des exportations, contre 13% pour les États-Unis en 2019), mais aussi son premier fournisseur (19,9% des importations contre 17,2%).

«Les Américains sont très inquiets de la pénétration chinoise dans toute l’Amérique latine. Ce n’est pas qu’un problème vénézuélien», considère Maurice Lemoine.

C’est également le cas, sur le plan stratégique, avec la Russie. Lors d’une rencontre en février avec Nicolas Maduro, Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, annonçait le renforcement du partenariat entre la Russie et le Venezuela. «Nous allons développer la coopération militaire et technique pour assurer la sécurité de nos amis, en particulier face aux menaces extérieures», déclarait-il. Les États-Unis ont-ils du souci à se faire dans la région?

https://fr.sputniknews.com/actualite/202012011044860462-sanctions-us-washington-sinquiete-de-la-penetration-chinoise-dans-toute-lamerique-latine/

DIEGO MARADONA, L'ANTI-IMPERIALISTE

28 Novembre 2020

Jeudi 26 novembre 2020
Diego Maradona, l'anti-impérialiste


Diego Armando Maradona, l'un des plus grands athlètes du XXe siècle et pour beaucoup de gens le meilleur joueur de football de tous les temps, est décédé le mercredi 25 novembre à l'âge de 60 ans.

Né en 1960 à Lanús, Buenos Aires, Diego était le cinquième enfant d'une famille pauvre et ouvrière. Son père était un ouvrier d'usine et les premières années du jeune Diego ont été marquées par une extrême pauvreté. Au fil des décennies, parallèlement à son extraordinaire carrière dans le football, Maradona s'est révélé être un défenseur des moins privilégiés, un fervent partisan de Cuba et des mouvements de gauche latino-américains et un critique sans détour de l'impérialisme américain. 

À l'instar de son héroïque compatriote Ernesto Che Guevara, il a soutenu la lutte pour l'égalité et la justice dans la région et au niveau international. Il a fait tatouer le célèbre portrait de Guevara sur l'un de ses bras et le visage du leader cubain Fidel Castro sur l'une de ses jambes.

Maradona n'a jamais craint d'exprimer publiquement ses opinions politiques et sociales. Il s'est rendu pour la première fois à Cuba en 1987, un an seulement après que l'équipe nationale argentine eut remporté sa dernière Coupe du monde au Mexique. Depuis lors, il a noué une solide amitié avec le commandant Fidel Castro, qu'il admirait profondément et qu'il considérait comme un second père.

"On dit qu'il a commencé avec douze hommes et trois fusils dans la Sierra Maestra et maintenant je comprends pourquoi il a gagné : Il a une conviction de fer. Fidel Castro est une personnalité impossible à oublier", soulignait Maradona à la Prensa Latina en juillet 1987, après sa rencontre avec Líder Máximo.

Le charme politique d'un génie révolutionnaire comme Fidel a laissé un impact puissant sur Diego qui est devenu un visiteur fréquent de Cuba. En 2000, Fidel a invité Maradona à la clinique La Pedrera car il était aux prises avec une dépendance à la drogue et avait besoin de rééducation. La superstar argentine n'oubliera jamais ce que Fidel et Cuba ont fait pour lui. Cinq ans plus tard, en 2005, Diego a interviewé Fidel dans son émission de télévision qui s'est déroulée à La Havane et qui a duré près de cinq heures.

Pendant l'interview, Maradona a promis à Fidel de diriger la protestation contre la visite du président américain de l'époque, George W. Bush, en Argentine. "Je pense que Bush est un meurtrier... Je vais diriger la marche contre le fait qu'il ait mis le pied sur le sol argentin", avait déclaré Diego.

Et, en effet, le 4 novembre 2005, l'athlète emblématique s'est joint à une grande manifestation anti-impérialiste dans la ville côtière de Mar del Plata où se déroulait le Sommet des Amériques. Il portait un T-shirt "Stop Bush", le "S" de Bush étant remplacé par une croix gammée. 


Parlant de Fidel en 2014, Maradona a souligné : 
 
"Je ressentais une grande fierté à l'intérieur, il m'appelait au téléphone à deux heures du matin et nous parlions de football et de beaucoup de choses. Nous parlions aussi de politique et il m'a beaucoup appris. C'est un homme qui ne dormait que quatre heures et travaillait toute la journée. Fidel m'a appris beaucoup de choses que je ne savais pas et qu'il m'a enseigné mieux que quiconque".

Lorsque le grand leader cubain est mort en novembre 2016, Diego était en Croatie pour assister à la finale de la Coupe Davis. "J'ai pleuré de façon incontrôlable", a déclaré Maradona aux journalistes, "il était comme un père pour moi... Il m'a ouvert les portes de Cuba alors que l'Argentine les fermait sur moi". Peu après, il s'est rendu à Cuba pour assister aux funérailles du Commandant et rendre hommage à son "second père".

Diego Maradona était également un partisan du processus bolivarien au Venezuela et un critique féroce de l'ingérence impérialiste américaine dans le pays. Il s'était rendu à plusieurs reprises dans le pays, où il avait rencontré Hugo Chavez et d'autres dirigeants latino-américains, dont le Bolivien Evo Morales.

En 2007, Maradona est apparu dans l'émission de télévision hebdomadaire de Chavez où il a déclaré  
 
"Je crois en Chavez, je suis Chavista... Tout ce que Fidel fait, tout ce que Chavez fait pour moi est le meilleur (ce qui peut être fait)". Dans le même temps, Maradona a dénoncé l'hostilité des États-Unis à l'égard de Cuba et du Venezuela en déclarant "Je déteste tout ce qui vient des États-Unis. Je le déteste de toutes mes forces".

À la mort de Chavez, Diego s'est rendu sur sa tombe en compagnie du président Nicolas Maduro, avec lequel il se liera d'amitié par la suite. "Ce qu'Hugo m'a laissé, c'est une grande amitié, une incroyable sagesse politique. Hugo Chavez a changé la façon de penser de l'Amérique latine. Nous étions courbés devant les États-Unis et il nous a montré que nous pouvions marcher seuls", a déclaré Maradona après la mort de Chavez.

Il a continué à soutenir le processus bolivarien, étant un partisan politique de Nicolas Maduro. "N'abandonnez pas. Dans le football, peu importe si vous perdez trois fois à zéro, n'abandonnez jamais. Tu n'as jamais abandonné et tu donnes tout pour les Vénézuéliens. Vive Maduro", a-t-il déclaré lors d'une visite à Caracas et a ajouté : "Nous sommes des soldats de Nicolas, je suis venu ici pour lui apporter mon soutien".


En 2017, lorsque les États-Unis et l'opposition vénézuélienne de droite ont tenté de créer l'instabilité dans le pays, Maradona a exprimé son soutien indéfectible à Nicolas Maduro et au peuple vénézuélien.

"Nous sommes chavistes jusqu'à la mort. Quand Maduro commande, je suis habillé en soldat pour un Venezuela libre, pour lutter contre l'impérialisme et ceux qui veulent prendre nos drapeaux, ce qui est la chose la plus sacrée que nous ayons. Vive la révolution !!!", a écrit Diego sur sa page Facebook officielle.

Lorsque le leader de l'opposition soutenu par les États-Unis, Henrique Capriles, a critiqué l'ancien joueur de football pour son soutien à Maduro, affirmant que Maradona ne soutiendrait pas le gouvernement "s'il devait vivre avec seulement 15 dollars par mois", Diego a riposté : "Capriles, ne faites pas de victimes avec moi. Je sais très bien ce que c'est que de vivre avec sept frères et de ne rien avoir à manger. J'aurais aimé avoir ces 15 dollars ! La différence entre vous et moi, c'est que je n'ai jamais vendu".

On peut dire beaucoup de choses sur la vie de Diego Maradona, ses différentes dépendances et ses erreurs. Cependant, personne ne peut nier sa position anti-impérialiste ferme et constante. En fin de compte, la légendaire star du football est restée fidèle aux conseils de Fidel : "Les idées ne se négocient pas". 

source : https://www.idcommunism.com/2020/11/diego-maradona-anti-imperialist.html

Tag(s) : #Maradona

AU PEROU, L'ULTRA-DROITE CONSERVATRICE A PRIS LE CONTROLE DU GOUVERNEMENT

Au Pérou, l’ultra-droite prend le contrôle du gouvernement

Par Carlos Noriega

Mondialisation.ca, 18 novembre 2020

pagina12.com 13 novembre 2020

Région : Amérique latine & Caraïbe

Analyses: Élections Amérique latine

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La droite ultra-conservatrice a pris le contrôle du gouvernement péruvien. Le cabinet ministériel du nouveau président Manuel Merino — qui a pris ses fonctions mardi après que le Congrès qu’il présidait a démis Martín Vizcarra de ses fonctions pour « incapacité morale permanente », une décision qui a déclenché des protestations dans tout le pays — est dirigé par un membre de la vieille garde politique discréditée, liée à l’extrême droite. L’équipe ministérielle est composée de personnalités ultraconservatrices, dont plusieurs sont liées au Fujimorisme et au parti Aprista de l’ancien président Alan García, qui lorsqu’ils gouvernaient ont été impliquées dans de graves scandales de corruption et de violations des droits humains.

Le cabinet du président Merino laisse le sentiment d’un retour au pire passé. La droite la plus dure célèbre le nouveau gouvernement, tandis que les rues sont agitées par les protestations. Merino et son gouvernement font face aux plus grandes mobilisations anti-gouvernementales depuis les derniers mois de la dictature d’Alberto Fujimori en 2000.

Alors que le nouveau président prêtait serment, l’ancien président destitué Martin Vizcarra comparaissait devant le bureau du procureur pour répondre des accusations selon lesquelles il aurait reçu des pots-de-vin de deux entreprises de construction lorsqu’il était gouverneur de la région de Moquegua il y a quelques années. Le procureur a demandé qu’il soit empêché de quitter le territoire pendant 18 mois. « Je ne vais pas quitter le pays, je ne vais dans aucune ambassade », a déclaré Vizcarra.

Le nouveau Premier ministre est l’avocat Antero Flores Aráoz, 78 ans, un ultra-conservateur entré en politique en tant que membre du Parti populaire chrétien de droite. En 1990, il est élu député du front de droite qui soutient la candidature à la présidence de l’écrivain Mario Vargas Llosa. Après un long séjour au Congrès, dont il est devenu président, il a quitté son parti et a rejoint le deuxième gouvernement d’Alan García (2006 – 2011) en tant que ministre de la défense. En 2016, il a tenté de devenir président, en tant que chef de son propre parti, Orden, et est arrivé à la dernière place avec seulement 0,4 %. Merino le ressuscite à présent.

Ces dernières années, Flores Aráoz avait signé des déclarations contenant des allégations anti-droits dans le cadre de la soi-disant Coordination républicaine, qui réunit les conservateurs péruviens les plus radicaux. Il est lié à des groupes ultra-conservateurs tels que « Con mis hijos no te metas » (Ne touchez pas à mes enfants). Il y a quelques années, lorsqu’on lui a demandé si l’accord de libre-échange avec les États-Unis devait être soumis à un référendum, il a déclaré qu’on ne pouvait pas demander leur avis « aux lamas et aux vigognes », déclaration qui révélait l’ampleur de son racisme

Au milieu des protestations, le ministère de l’intérieur a été repris par l’ancien général de police Gaston Rodriguez, qui a déjà occupé ce poste avec Vizcarra entre avril et juillet de cette année et qui n’a eu aucun problème à s’intégrer au régime qui vient de renverser le gouvernement auquel il appartenait récemment. Son bref mandat avait pris fin à la suite de critiques selon lesquelles il avait nommé comme conseiller un avocat qui défend des policiers accusés de faire partie d’un escadron de la mort et un général accusé de corruption.

Le Bureau des droits humains des Nations unies a déclaré recevoir des « informations inquiétantes » concernant la répression policière des manifestations contre Merino. Malgré la répression et la pandémie, les mobilisations contre le nouveau gouvernement, que les manifestants qualifient d’ « usurpateur », se multiplient et se répètent dans les grandes villes du pays. Le nouveau gouvernement tente de minimiser les manifestations, mais les rues le démentent. Hier, les mobilisations ont été nombreuses. Flores Aráoz a nié la répression policière que tout le monde a vue et a accusé les médias de « magnifier » les manifestations et d’ « exacerber les tensions » en rendant compte des protestations.

Comme on s’y attendait, le nouveau cabinet garantit la continuité du modèle économique néolibéral, en vigueur dans le pays depuis trente ans. L’économiste José Arista, vice-ministre des finances sous la seconde administration d’Alan García, est aujourd’hui ministre de l’économie.

C’est au docteur Abel Salinas, militant du parti Aprista, que revient le ministère de la Santé, un ministère clé en ce temps de pandémie. Salinas était déjà en charge de ce secteur pendant les deux derniers mois du régime de Pedro Pablo Kuczynski, lorsqu’il a été confronté à des accusations de corruption, suite auxquelles il a démissionné en mars 2018. Les promoteurs de l’éviction de Vizcarra, menés par Merino, l’ont accusé d’avoir eu « une mauvaise gestion de la pandémie », mais dans un geste d’incohérence, ils ont demandé à la ministre de la santé du gouvernement sortant, Pilar Mazzetti, de rester en fonction, offre que Mazzetti a déclinée. M. Salinas est le quatrième ministre de la santé depuis le début de la pandémie.

Le reste du cabinet comprend d’autres personnalités liées au parti Aprista — parmi lesquelles un ancien ministre des transports et des communications du premier gouvernement d’Alan García (1985-1990) qui revient à ce poste —, au Fujimorisme, au parti de Merino Acción Popular, qui se partage entre soutien et rejet du nouveau gouvernement, et à d’autres secteurs de droite.

Les groupes parlementaires qui ont soutenu l’arrivée à la présidence du nouveau chef d’État commencent à se partager les influences et le pouvoir dans le nouveau gouvernement. Ils ont notamment intérêt à éviter l’avancée des processus de lutte contre la corruption qui compliquent les affaires de plusieurs de leurs principaux dirigeants — Keiko Fujimori et d’autres — et que le gouvernement Vizcarra avait encouragés.

La poursuite d’une réforme de l’enseignement considérée comme indispensable, qui a entraîné la fermeture d’universités de faible qualité transformées en entreprises très lucratives, est également menacée. Deux des partis qui ont voté pour le licenciement de Vizcarra et ont mis Merino au pouvoir sont dirigés par des hommes d’affaires liés à ces entreprises. Flores Aráoz, lié à ces intérêts, a déclaré, après avoir été nommé à la tête du cabinet ministériel, que les universités fermées parce qu’elles étaient considérées comme une escroquerie aux étudiants « méritent une seconde chance ».

La partie du Frente Amplio « de gauche », qui a rejoint la coalition de droite pour écarter Vizcarra et mettre Merino au pouvoir, critique maintenant la dérive droitière du nouveau gouvernement, ce qui était évidemment prévisible et n’aurait dû surprendre personne…

Carlos Noriega

Article original en espagnol : Perú: la ultraderecha copó el gobierno, Pagina12, le 13 novembre 2020.

Traduction: Venesol

Via Les 2Rives

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