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BIRMANIE : LA JEUNESSE MASSIVEMENT MOBILISEE CONTRE LE COUP D’ETAT DES MILITAIRES PUTSCHISTES

20 Février 2021

publié le 19/02/2021
Birmanie : La jeunesse mobilisée pour la démocratie

Malgré l’instauration de la loi martiale interdisant les rassemblements de plus de cinq personnes ainsi que le couvre-feu, les Birmans manifestent depuis le 6 février dernier contre le coup d’État militaire qui a mené à la destitution de la cheffe du gouvernement civil, Aung San Suu Kyi, et du président, Myint Swe.

Depuis 2007 et la « révolution de safran », la Birmanie n’avait pas connu de mobilisation aussi importante. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont envahi ces derniers jours les rues de villes comme Rangoun ou Naypyidaw pour protester contre le coup d’État. Les hôpitaux, les transports, les écoles et les finances publiques sont touchés par la mobilisation des salariés malgré les tentatives de dissuasion de leur hiérarchie. Cette désobéissance déplaît fortement à Tatmadaw, l’armée du pays, qui a pour seule réponse la répression.

Canons à eau, tirs de balles en caoutchouc, arrestations massives de manifestants et d’élus, déploiement de blindés et de militaires, intimidations, interpellations nocturnes…tout est mis en œuvre pour faire accepter la situation aux Birmans. La junte a annoncé vouloir organiser un scrutin d’ici un an et mettre en place une « véritable démocratie multipartite » à laquelle personne ne semble vraiment croire.

Le mouvement de désobéissance mené en grande majorité par la jeunesse du pays ne faiblit pas, s’adapte et innove. Comme dans bon nombre de pays, les réseaux sociaux jouent un rôle important de mobilisation, d’information et de communication, au sein même du pays et bien au-delà. La Tatmadaw a rapidement réagi en bloquant Internet à plusieurs reprises et en censurant des réseaux tels que Facebook et Twitter. Mais c’est sans compter la détermination des jeunes qui n’hésitent à contourner ces interdictions en installant des systèmes VPN sur leurs téléphones portables. Toutefois leur mobilisation ne se limite pas à la toile, les protestations se font également dans la rue. Chants, chorégraphies, concerts, clips musicaux, flash mob… les arts envahissent la rue pour exiger le départ de la junte militaire et le retour de la démocratie en Birmanie. La chanson populaire Kabar Ma Kyay Bu (« Nous n’oublierons pas jusqu’à la fin du monde »), emblématique des manifestations de 1988 pour la démocratie elles aussi réprimées dans le sang par l’armée, se fait de nouveau entendre dans les rassemblements populaires.

A chaque jour son originalité, ce mercredi 17 février le mot d’ordre était : « Garez votre voiture en panne ». Ainsi, les manifestants ont arrêté leur voiture sur des routes, bloquant plusieurs axes de circulation de Rangoun afin d’empêcher l’armée de se déployer pour faire évacuer les rassemblements.

Le Parti communiste français (PCF) s’associe à l’appel du Conseil des droits de l’homme des Nations unies qui demande le rétablissement du gouvernement élu lors des élections générales en novembre dernier, ainsi que la libération immédiate et sans conditions de toutes les personnes détenues arbitrairement et la levée de l’état d’urgence.

La détermination pacifiste de la jeunesse birmane pour le retour de la démocratie, de la paix, des droits de l’homme et de l’Etat de droit est forte, elle nécessite le soutient indéfectible et des actes forts de la part des pays membres du conseil de sécurité de l’ONU, et en premier lieu de la France.

Le PCF appelle à une mobilisation de solidarité internationale en soutien au peuple birman dans sa lutte pour recouvrer ses libertés, rétablir la démocratie et pour le respect des droits de l’homme et du droit international.

Méline Le Gourriérec
membre de la Commission des relations internationales

source : https://www.pcf.fr/birmanie_la_jeunesse_mobilisee_pour_la_democratie

Tag(s) : #Birmanie#PCF

JAPON : LORS DU RECENT SEISME, DE L’EAU RADIOACTIVE S’EST DEVERSE DANS DEUX CENTRALES DE FUKUSHIMA

Centrale nucléaire Fukushima Daini (Fukushima 2)

De l'eau radioactive se déverse dans deux centrales de Fukushima pendant le récent séisme

© CC BY-SA 2.0 / IAEA Imagebank/Tokyo Electric Power Co., TEPCO / 04780014

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17:26 14.02.2021(mis à jour 17:27 14.02.2021)URL courte

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L’opérateur des centrales nucléaires de Fukushima 1 et 2 a annoncé que le tremblement de terre du 13 février avait entraîné le débordement d’eau des piscines contenant du combustible usé, selon l’agence japonaise de régulation du nucléaire.

Les spécialistes de la société japonaise Tokyo Electric Power Company (TEPCO) ont constaté des fuites d'eau des piscines de combustible irradié dans les centrales nucléaires de Fukushima Daiichi et Daini (1 et 2) suite au séisme de magnitude 7,3 qui s’était produit au large de la préfecture de Fukushima le 13 février, a annoncé ce dimanche 14 février la Commission de réglementation de l'énergie nucléaire japonaise (NRA).

«Une inspection a révélé que quelque 160 millilitres d’eau se sont déversés dans un fossé à côté d’une piscine pour stocker le combustible nucléaire usé de la centrale nucléaire de Fukushima Daini, réacteur 1, en vue du décommissionnement dans la préfecture de Fukushima», a indiqué NRA dans un communiqué.

Environ 1,4 litre de liquide s'est répandu d'une autre piscine, a précisé l’agence, soulignant que ce débordement n’influait pas sur le refroidissement du combustible irradié.

Fuites d’eau radioactive à la centrale accidentée de Fukushima 1

L’agence a confirmé l’information de la chaîne de télévision japonaise NHK qui avait fait état du déversement de 600 millilitres d’eau d’une piscine au réacteur 5 et de 1,6 litre au réacteur 6 de la centrale accidentée de Fukushima Daiichi (Fukushima 1).

Selon NRA, une autre fuite de 600 millilitres d’eau a été enregistrée dans une piscine utilisée pour le stocker le combustible usé des réacteurs 5 et 6.

NHK avait indiqué que cet incident ne représentait pas de danger pour l’environnement puisque le volume d’eau déversée était faible et que sa teneur en matières radioactives était insignifiante.

Séisme du 13 février

Un tremblement de terre de magnitude 7,3 s’est produit dans le Pacifique, au large de la préfecture japonaise de Fukushima le 13 février, à 23h08 (14h08 UTC). Son foyer se trouvait à une profondeur de 55 kilomètres.

Les secousses ont été ressenties dans au moins 10 préfectures du nord, du nord-est et du centre du pays, y compris à Tokyo. Leur intensité maximale a atteint Shindo 6, sur l'échelle d'intensité sismique japonaise qui va jusqu'au niveau 7 (7 étant le plus fort), dans les préfectures de Fukushima et de Miyagi. Au centre de Tokyo, l’intensité du séisme a été évaluée à Shindo 4.

Selon un nouveau bilan, le séisme a fait au moins 124 blessés dont 66 dans la préfecture de Fukushima.

En 2011, ce même district avait été frappé par un tremblement de terre de magnitude 9,0 qui a fait près de 16.000 morts et plus de 2.500 disparus. Le tsunami qui s’en était ensuivi avait entraîné une catastrophe majeure à la centrale de Fukushima Daiichi (Fukushima 1), provoquant l’évacuation de quelque 160.000 personnes.

https://fr.sputniknews.com/asie_pacifique/202102141045223815-de-leau-radioactive-se-deverse-dans-deux-centrales-de-fukushima-pendant-le-recent-seisme/

PUTSCH MILITAIRE EN BIRMANIE ET ARRESTATION PAR L'ARMEE DE LA DIRIGEANTE PRO AMERICAINE. BIDEN DEMARRE MAL SON MANDAT FACE A LA PUISSANTE CHINE

Putsch en Birmanie ou comment les USA vivent les mêmes revers en mer Noire, en mer de Chine et dans le golfe persique

Monday, 01 February 2021 2:33 PM  [ Last Update: Monday, 01 February 2021 2:32 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Le coup d'Etat au Myanmar/Avia

Et bien la Chine vient de le prouver, elle sait ne pas faire dans la dentelle : un peu à la manière de la Russie dans le dossier du Haut Karabakh où le conflit Arménie-Azerbaïdjan risquait de se transformer en une crise sécuritaire majeure pour Moscou, la Chine a agi à la cosaque au Myanmar. A peine quelques jours après la simulation chinoise d’une attaque contre un porte-avions de la marine américaine dans la mer de Chine méridionale, la Birmanie, arrière-cour de la Chine, vit un coup d'Etat. L’armée birmane a arrêté la pro-américaine dirigeante Aung San Suu Kyi et déclaré l'état d'urgence pour un an. Le motif? la fraude massive dans les élections, fraudes visiblement diligentés depuis l'extérieur et dans l'objectif de faire perdre à la Chine, un allié de taille. 

Bataille navale Iran/Chine contre les USA?

Bataille navale Iran/Chine contre les USA?

Un accord stratégique de 25 ans a été signé entre Pékin et Téhéran... Son contenu inquiète les USA et à raison...

En effet, le 11 janvier, les autorités birmanes et chinoises ont signé un protocole d’accord sur une étude de faisabilité d’une future liaison ferroviaire entre Mandalay, la deuxième ville birmane, au Nord, et Kyaukphyu. Le projet s’intègre dans les « Nouvelles Routes de la Soie » (Belt and Road Initiative, BRI), promues  par Pékin et renvoie à l’expansion du China-Myanmar Economic Corridor (CMEC), un couloir économique sino-birman intégré à la BRI. C'est un couloir à dimension militaire qui boost les liens militaires et le commerce des armes non seulement avec la Birmanie mais encore avec d'autres pays d’Asie comme le Pakistan, le Sri Lanka, les Maldives ou encore Bangladesh. Pékin n'aurait pu donc risquer un virage pro Occident au Myanmar 

À écouter : USA: la Chine ne restera pas les bras croisés

Ces derniers jours la mer de Chine n'a cessé de se ressembler au golfe Persique, la tension étant à son apogée entre une US Navy jouant de ses muscles et une armée chinoise ultra actives sur tous les fronts. Celle-ci a envoyé huit bombardiers H-6K, quatre avions de combat J-16 et un avion de guerre anti-sous-marin Y-8 survoler Taiwan et la voie navigable contestée alors que le groupe de frappe du porte-avions Theodore Roosevelt de la marine naviguait dans la mer de Chine méridionale samedi dernier. Des bombardiers chinois ont récemment simulé une attaque contre un porte-avions de la marine américaine dans la mer de Chine méridionale. Les données de suivi indiquent que le groupe d'attaque des transporteurs américains est entré dans la mer de Chine méridionale par le canal de Bashi alors que les chasseurs chinois traversaient la zone d'identification de la défense aérienne de Taiwan. Le lendemain, un analyste militaire non identifié du continent a déclaré au Global Times, affilié à l'État chinois, que la décision chinoise avait peut-être été un exercice d'entraînement destiné à « renforcer la capacité de combat de l'APL contre les porte-avions américains », car les bombardiers pourraient s'entraîner à lancer une attaque par saturation contre les navires américains.

Chine: l'USS Roosevelt, frappé!

Chine: l'USS Roosevelt, frappé!

Après le golfe Persique, la mer de Chine ou golfe Persique

Mais que cherchent les Etats-Unis au juste? 

La stratégie de Biden tend à mener une guerre hybride à la fois contre la Chine et la Russie, guerre qui passerait par l'imposition d'un régime d'isolement aux deux puissances et ce, dans le but de provoquer un changement de régime grâce à une combinaison de mesures politiques, économiques et militaires. Aussi la composante militaire consiste-t-elle à renforcer les capacités navales, aériennes et spatiales de blocus et de frappe dirigés contre l'axe sino-russe mais aussi contre tous les pays allés ou partenaires. L'Amérique de Biden semble se projeter vers des frappes navales et aériennes à longue portée utilisant des armes hypersoniques et des munitions en essaim, et abandonnant  ses chars et son artillerie lourde, l'expérience des défaites consécutives face à la Résistance et ses combats asymétrique l'ayant visiblement poussé en ce sens. Certains analystes voient même à travers cette propension vers des opérations à  longue portée, des arsenaux de missiles et même des capacités anti-navires, l'écho d'un leçon moyen orientale où la force terrestre US n'a jamais été plus qu'une proie facile. Washington misant donc face à des adversaires de tailles russe et chinois sur la guerre «sans contact». Or dans cette stratégie, les états satellites US  se voient attribuer le rôle de «saignement». Or c'est là que le bat blesse.

La Chine déclare la guerre...

La Chine déclare la guerre...

La Chine durcit le ton et avertit Taïwan 

En Pacifique, les pays concernés où les États-Unis ont actuellement des bases comprennent le Japon et la Corée du Sud, qui ne considèrent ni l'un ni l'autre leur relation avec la Chine comme un jeu à somme nulle. Les Philippines, l'Indonésie, Singapour, la Thaïlande ne montrent aucun signe de vouloir donner aux États-Unis un chèque en blanc dans une situation autre qu'une menace majeure pour leurs propres intérêts vitaux de la part de la Chine. C'est à peu près le même écueil qu'au Moyen Orient et dans le golfe Persique où même le pire ennemi de l'Iran, l'Arabie saoudite, n'est disposé à jouer ad vitaam eternum le rôle de bouc émissaire pour les Etats-Unis. Le coup d'Etat en Birmanie vient de tirer la sonnette d'alarme à l'adresse d'une Amérique dont l’obsession belliciste commence à lui jouer des tours. Entre la mer de Chine, la mer Noire ou encore le golfe Persique, il y a une dynamique anti -Empire qui s'est dégagée et qui commence à faire ses fruits. 

1er clash militaire Biden/Pékin

1er clash militaire Biden/Pékin

https://french.presstv.com/Detail/2021/02/01/644294/Chine-USA-Birmanie-clash-Taiwan

 

COUP D'ETAT MILITAIRE EN BIRMANIE : COMME ILS EN ONT L'HABITUDE, LES USA S'INGERENT ET SE DECLARENT PRETS A AGIR

Joe Biden

Coup d'État en Birmanie: les États-Unis se déclarent prêts à «agir»

© REUTERS / JONATHAN ERNST

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06:16 01.02.2021(mis à jour 10:30 01.02.2021)URL courte

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Washington condamne le putsch contre le gouvernement démocratiquement élu d'Aung San Suu Kyi en Birmanie et promet d’«agir contre les responsables» si les arrestations «ne sont pas abandonnées».

Les États-Unis exigent la libération par l'armée birmane de plusieurs dirigeants interpellés, dont la chef de facto du gouvernement Aung San Suu Kyi, et menacent de réagir en cas de refus.

«Les États-Unis s'opposent à toute tentative de modification des résultats des récentes élections ou d'entrave à une transition démocratique en Birmanie et vont agir contre les responsables si ces mesures [les arrestations, ndlr] ne sont pas abandonnées», informe dans un communiqué la porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki.

Nous «exhortons l'armée à adhérer aux normes démocratiques et au respect de l'État de droit et à relâcher les personnes arrêtées aujourd'hui», ajoute-t-elle.

La dirigeante Aung San Suu Kyi arrêtée

L'ancienne icône de la démocratie en Birmanie, Aung San Suu Kyi, et le Président Win Myint ont été arrêtés par les forces armées birmanes, d'après son parti qui fait état d'un probable «coup d'État».

 

Aung San Suu Kyi et Win Myint

© AFP 2020 STR

L'armée prend le pouvoir en Birmanie, la dirigeante Aung San Suu Kyi arrêtée

Ces arrestations interviennent alors que le Parlement issu des législatives de novembre devait entamer sa première session dans quelques heures.

 

Les militaires dénonçaient depuis plusieurs semaines plus d'une dizaine de millions de cas de fraudes lors des législatives de novembre, remportées largement par la Ligue nationale pour la démocratie (LND), déjà au pouvoir depuis 2015.

La Birmanie est sortie il y a tout juste 10 ans d'un régime militaire au pouvoir pendant presque un demi-siècle. Les deux derniers coups d'État depuis l'indépendance du pays en 1948, remontent à 1962 et 1988.

https://fr.sputniknews.com/asie_pacifique/202102011045159822-coup-detat-en-birmanie-les-etats-unis-se-declarent-prets-a-agir/

 

L'UNION ECONOMIQUE EURASIATIQUE DU KAZAKHSTAN JUSQU'A CUBA

L’Union économique eurasiatique: du Kazakhstan jusqu’à Cuba

 Depuis 2 jours  23 décembre 2020

union

 Asie et Afrique - Kazakhstan

 

 

 

 

L’Union économique eurasiatique (UEEA) a accordé le statut d’observateurs à l’Ouzbékistan et Cuba, élargissant par la même occasion son influence régionale et internationale. Retour sur les développements récents et moins récents.

Malgré la vive opposition de nombre d’Etats occidentaux aux processus d’intégration dans l’espace eurasiatique ex-soviétique, principalement de Washington, rien ne semble pour le moment pouvoir stopper un processus enclenché depuis les années 1990 comme une initiative personnelle de Noursoultan Nazarbaïev, devenue une réalité en 2014. Depuis ledit processus poursuit sa lancée.

Il est important encore une fois de rappeler le rôle précisément du Kazakhstan et notamment de son ex-président Nazarbaïev pour que l’UEEA voie le jour. En effet, le leader kazakh à l’instar de nombreux habitants d’Asie centrale était opposé à l’éclatement de l’URSS. Mais lorsque la fin de l’Union soviétique était en train de devenir une réalité, il avait cherché dès les premiers moments à créer et bâtir un autre cadre d’intégration et d’interaction dans l’espace eurasien post-soviétique. Et ce aussi bien dans l’intérêt de son pays le Kazakhstan, que de nombreux autres Etats ayant composé l’URSS.

Dans un commentaire récent, accordé dans le cadre du film-documentaire Traits pour un portrait et diffusé par la chaîne de télévision Khabar, le premier président du Kazakhstan a évoqué comment était venue l’idée de la création de l’Union économique eurasiatique. Fait intéressant: l’initiative de Nazarbaïev était réellement apparue avant même l’éclatement officiel de l’URSS. Sa proposition était alors de créer à la base une union de quatre Etats (Russie, Kazakhstan, Biélorussie, Ukraine), dans les mains de laquelle était concentrée 90% de l’économie soviétique. Tout en proposant aux autres pays de pouvoir l’intégrer, selon leur volonté.

Mais l’idée n’avait pas reçu l’approbation de Mikhaïl Gorbatchev – le dernier leader de l’URSS, ni de Boris Eltsine – le premier président de la Russie post-soviétique. Au lieu de cela c’est la Communauté des Etats indépendants (CEI) qui verra le jour. Pour autant et voyant que la nouvelle organisation ne contribuait pas à une intégration profonde au sein de l’espace concerné, Noursoultan Nazarbaïev avait continué à insister pour qu’une structure d’intégration plus puissante se réalise.

Au final, c’est ainsi que naîtra l’Union économique eurasiatique, devenue aujourd’hui l’une des principales forces motrices aussi bien dans le grand espace eurasien, mais également dans le cadre du concept multipolaire du monde. Deux projets auxquels restent fermement opposés les élites étasuniennes, occidentales et atlantistes.

L’organisation est aujourd’hui composée de la Russie, du Kazakhstan, de la Biélorussie, de l’Arménie et du Kirghizistan. Depuis mai 2018, la Moldavie est devenue membre-observateur de ladite structure. Des accords de libre-échange ont été signés avec le Vietnam (mai 2015), l’Iran (mai 2018), le Singapour et la Serbie (tous deux en octobre 2019).

Désormais – deux nouveaux Etats ont rejoint avec l’aval des pays membres les observateurs de l’organisation: à savoir l’Ouzbékistan et Cuba. Dans le cas du premier, il s’agirait vraisemblablement que de la première étape du processus d’intégration. Sachant que lors du sondage mené en mai de cette année, ¾ des citoyens ouzbeks avaient soutenu l’intégration de leur pays au sein de l’UEEA. Fait notable: parmi eux – beaucoup de jeunes.

En ce qui concerne Cuba, les éléments d’une coopération multisectorielle donnent non seulement des avantages, notamment économiques, évidents pour l’île de la liberté, mais peuvent également ouvrir la voie à une interaction encore plus large entre l’Eurasie et l’Amérique latine. Le tout au moment où nombre d’Etats latino-américains soutiennent fermement l’ère multipolaire mondiale. Parmi eux, on peut citer le Venezuela, le Nicaragua, la Bolivie ou encore l’Argentine.

Dans le cas de l’espace eurasien, une grande puissance comme l’Iran pourrait devenir également membre-observateur de l’Union économique eurasiatique prochainement. Des négociations sont prévues en ce sens. A noter que la République islamique est déjà membre-observateur d’une autre grande structure internationale basée en Eurasie – en l’occurrence l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), une structure dans laquelle elle devrait devenir membre à part entière dans un avenir proche.

Et lorsqu’on sait que ces événements majeurs, dans le cadre de l’UEEA, se sont réalisés en l’espace d’un peu plus de six ans – de la création aux événements actuels, il est évident que l’espace eurasien aura pour mission de poursuivre le renforcement observé. Et ce malgré la vive opposition des nostalgiques de l’unipolarité.

Par Mikhail Gamandiy-Egorov
Source : Observateur Continental

https://french.almanar.com.lb/1969530

 

QUINZE PAYS D’ASIE ET DU PACIFIQUE SIGNENT UN ACCORD DE LIBRE-ECHANGE, ACCORD LE PLUS IMPORTANT DU MONDE AUTOUR DE LA CHINE

ASIE-PACIFIQUE

Quinze pays d’Asie et du Pacifique signent un accord de libre-échange autour de la Chine

Ce Partenariat régional économique global (RCEP) devient l’accord commercial le plus important du monde en termes de PIB.

Publié aujourd’hui à 06h23, mis à jour à 08h35

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Le premier ministre vietnamien, Nguyen Xuan Phuc, échange avec ses homologues lors du sommet virtuel de l’Asean, à Hanoï, le 15 novembre. NHAC NGUYEN / AFP

Quinze pays d’Asie et du Pacifique ont signé dimanche 15 novembre un important accord commercial, promu par la Chine, à l’occasion de la clôture d’un sommet virtuel de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean) qui avait débuté jeudi.

Ce Partenariat régional économique global (RCEP) devient l’accord commercial le plus important du monde en termes de produit intérieur brut (PIB), selon des analystes, et concernera plus de 2 milliards d’habitants.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi  La position privilégiée de l’Asie du Sud-Est dans la guerre commerciale Chine - Etats-Unis

Libre-échange et propriété intellectuelle

Il vise à créer une gigantesque zone de libre-échange entre les dix Etats de l’Asean – Indonésie, Thaïlande, Singapour, Malaisie, Philippines, Vietnam, Birmanie, Cambodge, Laos et Brunei – et la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

L’accord comprend également la propriété intellectuelle, mais exclut tout ce qui touche à la protection des travailleurs et à l’environnement. L’Inde devait également rejoindre ce pacte commercial sans précédent mais a décidé l’an dernier de s’en retirer par crainte de voir des produits chinois à bas prix envahir son marché. New Delhi a toutefois la possibilité de rejoindre cet accord plus tard.

30 % du PIB mondial

Le RCEP, dont les membres représentent 30 % du PIB mondial, sera « une étape majeure pour la libéralisation du commerce et de l’investissement » dans la région, a estimé Rajiv Biswas, économiste en chef pour l’Asie et le Pacifique du consultant IHS Markit.

La signature de cet accord survient dans un contexte de forte crise économique en raison de l’épidémie de Covid-19 pour les dix membres de l’Asean. Beaucoup de signataires luttent encore contre le coronavirus et espèrent que le RCEP les aidera à atténuer le coût de la pandémie, qui a donné un énorme coup de frein à leurs économies.

« Dans les circonstances mondiales actuelles, le fait que le RCEP ait été signé après huit ans de négociations apporte un rayon de lumière et d’espoir au milieu des nuages », a déclaré le premier ministre chinois, Li Keqiang, après la signature virtuelle.

Réponse à la passivité des Etats-Unis

Ce pacte commercial est également largement considéré comme le moyen pour la Chine d’étendre son influence dans la région et d’en déterminer les règles, après des années de passivité de la part des Etats-Unis pendant la présidence de Donald Trump.

En janvier 2017, ce dernier avait retiré son pays du grand projet concurrent, le Traité de libre-échange transpacifique (TPP), promu par son prédécesseur démocrate, Barack Obama.

https://www.lemonde.fr/international/article/2020/11/15/accord-de-libre-echange-dans-quinze-pays-d-asie-et-du-pacifique_6059791_3210.html

 

LA MÉTHODE JAKARTA : COMMENT LES USA ONT UTILISE LE MEURTRE DE MASSE POUR VAINCRE LE COMMUNISME

La méthode Jakarta: comment les USA ont utilisé le meurtre de masse pour vaincre le communisme

Un nouveau livre retrace la façon dont Washington a aidé le gouvernement indonésien à massacrer plus d’un million de personnes à cause de leurs idées politiques.

Par Daniel Larison

Mondialisation.ca, 10 août 2020

The American Conservative 5 août 2020

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Selon le récit dominant de la Guerre froide, si le communisme a été vaincu dans nombre de pays, c’était avant tout dû au modèle civilisationnel supérieur qu’offre le capitalisme, avec son accent sur les libertés individuelles et la responsabilité personnelle. Un regard sur l’histoire révèle une réalité beaucoup plus sombre et expéditive.

A noter : cet article a été publié sur l’organe paléoconservateur (soit de droite) américain American Conservative. Ce n’est donc en rien de la propagande pro-communiste – simplement un compte-rendu honnête de faits historiques. On peut ajouter que la démarche de l’auteur, Daniel Larison, est d’autant plus respectable qu’elle va contre les biais idéologiques du lectorat du site qu’il dirige – au risque d’en perdre une partie. Inutile de dire que ce type d’intégrité intellectuelle devrait être un exemple pour nous tous.

Entelekheia


La dénommée « Longue Paix », après 1945, était couverte de sang d’innocents. Les Américains préfèrent généralement se souvenir de la Guerre froide comme d’un triomphe essentiellement pacifique ponctué d’une poignée de débâcles, mais pour beaucoup de personnes vivant dans des pays non alignés et nouvellement indépendants après la Seconde Guerre mondiale, l’expérience de la Guerre froide a été marquée par l’horreur et la dévastation.

Les nations qui avaient le malheur d’être considérées comme importantes dans la lutte contre le communisme ont enduré les pires souffrances. Le fanatisme anticommuniste a fait des millions de victimes pendant la Guerre froide. Les atrocités commises contre ces peuples ont souvent été oubliées en Occident, quand elles étaient connues tout court. C’est surtout vrai aux États-Unis, puisque notre gouvernement a souvent encouragé et aidé des acteurs locaux dans leurs crimes contre leur propre peuple.

Nous ignorons généralement cet aspect de la Guerre froide parce qu’il est laid et parce que notre gouvernement porte une responsabilité considérable dans ce qui est arrivé à ces pays. Il ne correspond pas à la fable de « l’ordre libéral » que nos dirigeants se racontent et nous racontent. Il ne correspond pas à nos évaluations flatteuses de notre rôle de bienfaiteurs dans le monde, mais c’est une partie importante de l’histoire de notre politique étrangère que nous ne pouvons pas nous permettre d’oublier. Lorsque des hommes politiques et des experts menacent allègrement aujourd’hui d’une nouvelle Guerre froide contre la Chine, nous devons comprendre les destructions que cela entraînerait pour des personnes innocentes dans de nombreux autres pays. Nous ne devons pas commettre de nouveau des erreurs aussi coûteuses en vies humaines.

L’Indonésie était considérée comme un pays crucial dans les années 1960, car c’était l’un des principaux pays non alignés, avec le plus grand parti communiste en dehors de l’URSS et de la Chine. Les responsables américains y voyaient un « atout » bien plus précieux que le Sud-Vietnam, et en 1965-66, elle a été violemment annexée à l’orbite américaine à travers des massacres. L’armée indonésienne, sous la direction de Suharto et de ses auxiliaires, a perpétré des meurtres de masse contre des communistes et des personnes présumées communistes, et elle a assassiné jusqu’à un million d’innocents sans autre raison que leur affiliation politique présumée.

Ces meurtres de masse et leurs conséquences pour le reste du monde font l’objet d’un ouvrage exceptionnel de Vincent Bevins, The Jakarta Method (La méthode Jakarta). Bevins est un correspondant international qui a travaillé d’abord au Brésil, puis en Indonésie. Pendant son séjour dans ce pays, il a commencé à enquêter sur l’histoire du massacre de 1965-66, qui est toujours officiellement nié par le gouvernement. En fouillant les histoires des survivants et en suivant les conséquences de l’ « Operation Annihilation » (le nom interne de l’armée de la campagne d’extermination), il a trouvé des liens entre ce qui s’était passé en Indonésie au milieu des années 60 et les campagnes brutales menées en Amérique latine par les dictatures alignées sur les États-Unis dans les décennies qui ont suivi. Dans ces autres pays, « Jakarta » est devenu un mot-code pour désigner les massacres d’ennemis des fanatiques anticommunistes, et le meurtre de masse perpétré en Indonésie a été présenté comme un modèle à suivre.

Non seulement le gouvernement américain était au courant du massacre en Indonésie, mais il l’avait activement encouragé et avait fourni aux tueurs des listes de noms. Bevins écrit :

Mais après sept ans d’étroite coopération avec Washington, l’armée était déjà bien équipée. Vous n’avez pas non plus besoin d’un armement avancé pour arrêter des civils qui n’opposent presque aucune résistance. Mais ce dont les responsables de l’ambassade des USA et de la CIA avaient décidé que l’armée avait vraiment besoin était d’informations. En collaboration avec les analystes de la CIA, le responsable politique de l’ambassade, Robert Martens préparait des listes avec les noms de milliers de communistes et de présumés communistes, et les remettaient à l’armée, afin que ces personnes puissent être assassinées et « radiées » de la liste. »

Un autre million de personnes ont été rassemblées dans des camps de concentration, où elles ont été soumises à la famine, au travail forcé, à de la torture et à de la rééducation idéologique. Ce fut une « victoire » ignoble dont personne ne voulait se souvenir.

Bevins raconte cette histoire de manière objective et dépassionnée, et il tisse soigneusement les histoires des survivants qu’il a rencontrés au cours de son enquête. Il nous emmène sur les sites des massacres de Bali, où se trouvent aujourd’hui des hôtels touristiques. Il nous présente des Indonésiens qui ont perdu leur famille et leurs amis dans ces massacres, et il montre comment les survivants sont toujours ostracisés et considérés avec suspicion, toutes ces décennies plus tard. L’une des survivantes qu’il a rencontrées, une femme âgée nommée Magdalena, vit aujourd’hui dans la pauvreté après sa libération de prison. Il raconte qu’elle a été « marquée à vie » à cause de son passé, et qu’elle n’a aucun lien avec sa famille, car tous ces liens ont été coupés après qu’elle ait été accusée d’être communiste. Comme le note Bevins, cette « situation est extrêmement fréquente chez les survivants de la violence et de la répression de 1965 ». En plus de ceux qui ont été tués dans les massacres, il y a des dizaines de millions de victimes et de parents de victimes encore en vie aujourd’hui.

Il retrace également l’utilisation des tactiques employées contre des innocents Indonésiens au Brésil, au Chili, en Argentine et ailleurs en Amérique latine, et nous rappelle que les habitants de ces pays vivent toujours dans l’ombre des dictatures soutenues par les États-Unis qui étaient au pouvoir dans les années 1970 et 1980. La dictature brésilienne qui s’était emparée du pouvoir avant la prise de pouvoir de Suharto a ensuite cherché à imiter ce qui s’était passé en Indonésie. Le gouvernement chilien de Pinochet l’a fait, bien qu’à plus petite échelle, et la « sale guerre » en Argentine a suivi. La piste se poursuit en Amérique centrale jusqu’à la fin de la Guerre froide. Beaucoup d’éléments individuels de l’histoire de Bevins sont peut-être connus, mais il a établi entre eux des liens que la plupart des Américains ne connaissent pas.

Alors qu’il essaie de donner un sens aux horribles événements qu’il a décrits dans le livre, Bevins nous offre cette sinistre mais juste conclusion :

Si l’on considère les choses sous cet angle, les grands perdants du XXe siècle ont été ceux qui croyaient trop sincèrement en l’existence d’un ordre international libéral, ceux qui faisaient trop confiance à la démocratie, ou trop à ce que les États-Unis disaient soutenir, plutôt qu’à ce qu’ils soutenaient réellement – à ce que les pays riches disaient, plutôt qu’à ce qu’ils faisaient. Ce groupe a été anéanti. »

Lorsqu’il a parlé à Winarso, le chef du Sekretariat Bersama ’65, l’organisation qui défend les intérêts des survivants du massacre, Bevins lui a demandé qui avait gagné la Guerre froide. Winarso lui répondit que les États-Unis avaient gagné. Lorsqu’il lui a ensuite demandé comment, Winarso a répondu simplement : « Vous nous avez tués ».

De plus, ces gens ont été tués pour rien.

On ne soulignera jamais assez que les victimes en Indonésie et dans les autres pays dont Bevins parle étaient des innocents. Elles ont été tuées en masse uniquement parce qu’elles avaient ou étaient censées avoir certaines convictions politiques. Bevins écrit : « Ils ont été condamnés à l’anéantissement, et presque tous ceux qui les entouraient ont été condamnés à une vie entière de culpabilité, de traumatisme, et à se faire dire qu’ils avaient impardonnablement péché à cause de leur association avec les espoirs les plus sincères de la politique de gauche ». Ils n’avaient rien fait de mal. Ils ont eu l’horrible malchance d’être pris au milieu d’une rivalité internationale pour le pouvoir et l’influence qui n’avait rien à voir avec eux, et ils ont été écrasés parce qu’il était avantageux pour notre gouvernement et ses pays-clients qu’ils soient écrasés.

Il y a quelques mois, Hal Brands [de Bloomberg, NdT] a écrit un article dans lequel il suggérait que les États-Unis pourraient soutenir des changements de régime secrets dans le cadre d’une rivalité avec la Chine. D’un côté, il citait la conquête de Suharto en Indonésie comme un exemple de réussite « rentable », et de l’autre, il en reconnaissait le coût humain effroyable, qui se mesure en centaines de milliers de vies. Voici comment il a décrit la complicité des États-Unis dans les massacres : « Le soutien de la CIA a aidé l’armée indonésienne à consolider son pouvoir après qu’elle ait renversé un Sukarno de plus en plus anti-américain en 1965, évitant ainsi la perspective de voir le plus important pays d’Asie du Sud-Est devenir hostile aux USA ». Il reconnaît que cela a impliqué les États-Unis dans une « violence horrible », mais il reste très vague sur ce que les États-Unis ont fait là-bas. Si l’Indonésie est considérée comme une « victoire » pour les partisans des changements de régime, alors l’idée de promouvoir des changement de régime est absolument honteuse et ne devrait plus jamais avoir droit de cité.

Si une stratégie repose sur des politiques qui conduisent au meurtre gratuit de tant de personnes innocentes, il est temps de la rejeter et d’en trouver une autre. Soutenir un changement de régime dans un autre pays est souvent présenté comme une solution rapide à un problème que les États-Unis ont dans le monde, mais la plupart du temps, cela finit par échouer. Même lorsque les changements de régime « fonctionnent » à court terme, ils infligent un terrible tribut aux habitants du pays visé. Les États-Unis feraient bien de rejeter tout changement de régime, secret ou non, et de respecter la souveraineté et l’indépendance des autres États. Les États-Unis devraient également éviter une nouvelle Guerre froide avec une grande puissance rivale qui conduirait à des crimes aussi monstrueux que le massacre en Indonésie.

Daniel Larison

 

Article original en anglais :

The Jakarta Method: How the U.S. Used Mass Murder to Beat Communism

The American Conservative 5 août 2020

Traduction et note d’introduction Corinne Autey-Roussel pour Entelekheia
Photo : Soldats indonésiens arrêtant des villageois lors de la purge des communistes en 1965-66 / Vannessa Hearman.

Daniel Larison est rédacteur en chef de TAC. Il a été publié dans le New York Times Book Review, Dallas Morning News, World Politics Review, Politico Magazine, Orthodox Life, Front Porch Republic, The American Scene et Culture11, et a été chroniqueur pour The Week. Il est titulaire d’un doctorat en histoire de l’université de Chicago.

La source originale de cet article est The American Conservative

Copyright © Daniel LarisonThe American Conservative, 2020

https://www.mondialisation.ca/la-methode-jakarta-comment-les-usa-ont-utilise-le-meurtre-de-masse-pour-vaincre-le-communisme/5648212


 

JAPON : LES IRRADIES DE LA "PLUIE NOIRE" RADIOACTIVE D'HIROSHMA EN 1945 ENFIN RECONNUS COMME VICTIMES

Japon: les irradiés de la «pluie noire» d'Hiroshima en 1945 enfin reconnus comme victimes

Publié le : Modifié le : 

Hiroshima le 6 août 1945 après l'explosion de la bombe nucléaire américaine

Hiroshima le 6 août 1945 après l'explosion de la bombe nucléaire américaine AFP

Texte par :RFISuivre

2 mn

Un tribunal d'Hiroshima élargit la définition des survivants de la bombe atomique pour y inclure des personnes atteintes de ce qu'on a appelé la « pluie noire » radioactive qui avait suivi, le 6 août 1945, le bombardement nucléaire américain sur la ville, suivi trois jours plus tard, de celui de Nagasaki. Soixante quinze ans après la fin de la Deuxième guerre mondiale, le tribunal d'Hiroshima décide que 84 victimes de la « pluie noire » dont la moyenne d'age est  de plus de 80 ans, peuvent enfin bénéficier des prestations médicales accordées aux survivants du bombardement.

 

avec notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles

Gonichi KIMURA, Motifs de kimono incrustés par brûlure dans la peau Premier hôpital militaire d’Hiroshima, vers le 15 août 1945, photographie Hiroshima, Mémorial de la Paix d’Hiroshima.

Gonichi KIMURA, Motifs de kimono incrustés par brûlure dans la peau Premier hôpital militaire d’Hiroshima, vers le 15 août 1945, photographie Hiroshima, Mémorial de la Paix d’Hiroshima. Photograph by Gonichi Kimura, Courtesy Hiroshima Peace Memorial

Jusqu'en 1957, les atomisés d'Hiroshima ne bénéficient d'aucune assistance spéciale. Le gouvernement japon crée alors un système d'allocations et de soins gratuits en fonction de la proximité de la déflagration. Dans un rayon de 2 à 3 km, pas au-delà. Pour réduire les coûts de traitement des atomisés - des hibakusha- qui meurent à petit feu de cancers dus aux radiations. Les victimes de la « pluie noire » radioactive ne sont pas reconnues comme des survivants du bombardement.

► À lire aussi : 70 ans après, le Japon toujours hanté par le feu nucléaire d'Hiroshima

Soixante quinze ans plus tard, le juge du tribunal de district d'Hiroshima, Yoshiyuki Takashima déclare donc qu'elles aussi souffrent de maladies liées à la bombe. Et remplissent les conditions juridiques exigees des hibakusha. A ce jour, le gouvernement japonais reconnaît 136 682 personnes en tant qu'hibakusha en comptant ceux de Nagasaki.

Après la guerre, le Japon fait de ses atomisés des êtres déshumanisés,
rejetés par les entreprises. A l'époque, on craint que l'irradiation soit contagieuse. De nombreux atomisés ne s'enregistrent pas par peur des discriminations dont ils sont victimes.

► À écouter aussi : le témoignage de deux hibakusha d'Hiroshima, Fréquence Asie du 4 août 2018

Fillette de 11 ans qui avait perdu ses cheveux plus d'une semaine après l'explosion d'Hiroshima. Elle se trouvait dans une maison en bois à 2 km de l'hypocentre.

Fillette de 11 ans qui avait perdu ses cheveux plus d'une semaine après l'explosion d'Hiroshima. Elle se trouvait dans une maison en bois à 2 km de l'hypocentre. PD-USGOV

https://www.rfi.fr/fr/asie-pacifique/20200730-japon-irradi%C3%A9s-1945-victimes-pluie-noire-enfin-reconnus?xtor=EPR-300-[Quotidienne_monde]-20200730-[contenu]-1141106044976


 

JAPON : APRES UNE POUSSÉE DE COVID-19, DEUX BASES MILITAIRES US SE CONFINENT A OKINAWA. LA PRESENCE DE TROUPES US EST TRÈS CONTESTÉE DANS CETTE ÎLE

Coronavirus: deux bases militaires américaines se confinent au Japon

Coronavirus: deux bases militaires américaines se confinent au Japon

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Par AlAhed avec AFP

Deux bases militaires américaines à Okinawa (sud du Japon) se sont confinées après une poussée des cas de coronavirus en leur sein, qui a provoqué des remous dans cette île où la présence de troupes américaines est très contestée.

Le porte-parole du gouvernement japonais, Yoshihide Suga, a déclaré lundi que 62 cas de Covid-19 avaient été détectés ces derniers jours au sein des forces américaines stationnées à Okinawa.

La plupart de ces cas ont été recensés dans la base aérienne du corps des Marines de Futenma ainsi que dans une autre base américaine de l'île subtropicale, Camp Hansen, a ajouté Yoshihide Suga.

Restrictions jusqu'à nouvel ordre

L'administration du corps des Marines dans le Pacifique a réagi en décidant de suspendre quasiment toutes les sorties, selon des directives publiées sur son compte Facebook.

Ces restrictions imposées «jusqu'à nouvel ordre» s'appliquent à tous les Marines ainsi qu'aux civils travaillant sur place et à leurs familles, est-il précisé.

Un responsable de la préfecture d'Okinawa a confirmé à l'AFP que ces restrictions s'appliquaient seulement dans les bases de Futenma et de Camp Hansen.

Les effectifs de ces deux bases n'étaient pas divulgués pour «raisons de sécurité», a ajouté ce responsable, tandis que les autorités militaires américaines n'étaient pas joignables dans l'immédiat.

Tensions avec les élus locaux

L'annonce de ces foyers d'infection a ravivé les tensions avec les élus locaux d'Okinawa, alors que de nombreux insulaires contestent la forte présence militaire américaine locale.

Occupé par les Etats-Unis après la Seconde Guerre mondiale puis rétrocédé à Tokyo en 1972, l'archipel d'Okinawa héberge une grande partie des quelque 50.000 militaires américains présents au Japon, alors qu'il représente moins de 1% de la superficie totale du pays.

Le gouverneur de la région, Denny Tamaki, s'est dit samedi «choqué» par le nombre de cas de coronavirus dans les bases américaines de l'île.

«Je ne peux pas m'empêcher d'avoir de sérieux doutes» quand à l'efficacité de leurs mesures de prévention contre le risque d'infections, a déclaré Denny Tamaki à la presse.

La préfecture d'Okinawa a demandé au gouvernement central japonais ainsi qu'aux autorités militaires américaines de transmettre plus rapidement leurs informations sur ces foyers infectieux.

La région a aussi demandé à ce que les militaires américains et leurs familles arrivant à Okinawa observent désormais une quarantaine dans le périmètre des bases, et non plus dans des hôtels à l'extérieur de celles-ci.

https://www.french.alahednews.com.lb/35877/341


 

APRES UN VOYAGE DE 19 JOURS, 11920 KM A TRAVERS 7 PAYS, ARRIVÉE D'UN TRAIN DE FRET CHINOIS CHARGE DE MATERIEL DE PROTECTION CONTRE LE COVID-19

 

Arrivée à Paris d'un train de fret chinois chargé de matérial de protection contre le COVID-19 (REPORTAGE)

 
French.xinhuanet.com | Publié le 2020-06-24 à 01:35
 

PARIS, 23 juin (Xinhua) -- Après un voyage de 19 jours, un train de fret Chine-Europe, rempli de masques et d'autre matériel médical, est arrivé mardi matin à Paris en France.

Parti le 4 juin de Nanchang, dans la province chinois du Jiangxi (est), ce train a déchargé mardi ses marchandises à Valenton, dans le sud-est de Paris, après un voyage de 11.920 km à travers sept pays. C'est le premier train de fret spécial Chine-France chargé du matérail de protection contre le COVID-19. Il a apporté du matériel médical dont la France, en crise sanitaire, a besoin d'urgence, tels que de 20 millions de masques chirurgicaux, des gants, des sacs hydrosolubles, des distributeurs de gel sans contact, ainsi que d'équipements pour le personnel hospitalier.

Lyazid Benhami, vice-président de l'Association des Amitiés Franco-Chinoises de Paris, a déclaré à Xinhua que cette opération du premier train sanitaire en provenance de la Chine vers la France "prouve que les relations franco-chinoises sont plus solides que jamais, que désormais la logistique a rejoint la coopération scientifique franco-chinoise dans la lutte contre le COVID 19".

"En cette période de crise sanitaire, nous sommes heureux de constater que le volume important convoyé, dont 20 millions de masques chirurgicaux et des équipements de protection, soit à la hauteur de la demande et des besoins des consommateurs et du marché", a-t-il ajouté.

En outre, M. Benhami a qualifié les trains de fret Chine-Europe d'"opportunité" pour les échanges franco-chinois. "L'adage du gagant-gagnant est bien réel pour tous, dont l'environnement, les entreprises et les consommateurs", a-t-il indiqué.

À l'origine de ce projet de fret ferroviaire Chine-France se trouve la coopération entre le Groupe chinois Cosco Shipping, et Forwardis, une filiale de SNCF Logistics, ainsi que BIFP, distributeur de la marque Hygial.

Le directeur international du Transport ferroviaire de marchandises de SNCF, Nicholas Giraud, a déclaré que la solution ferroviaire s'est révélée la plus efficace en termes de coûts et de capacité d'emport.

"Avec l'équivalent de six avions cargos dans un seul train,le coût du transport ferroviaire est 30 fois moins cher que celui du transport aérien. Et en termes environnementaux, l'empreinte carbone du train est 15 fois inférieure à celle de l'avion. Par rapport au maritime, la durée du voyage en train est approximativement deux fois inférieure", a-t-il précisé.

Xavier Wanderpepen, responsable des activités de transport ferroviaire de fret entre la Chine et l'Europe à Forwardis, a révélé qu'outre les masques spéciaux, les gants médicaux et les combinaisons de protections, ce train a transporté aussi des distributeurs de gel hydroalcooliques qui seraient installés dans toutes les écoles de la région parisienne pour la rentrée de septembre.

Accueillir l'arrivée du train, "c'est un peu pour nous comme la Tour Eiffel accueille et salue le Palais impérial de Pékin!", a-t-il commenté.

"Grâce à ce train, nous souhaitons proposer aux entreprises françaises et chinoise des solutions en train occasionnels. Nous souhaitons travailler avec la Chine sur le développement des wagons de fret avec des essieux à écartements variables capables de s'adapter aux écartements en Europe occidentale, en Russie et en Chine. Dans quelques années, nous pourrons relier la Chine et l'Europe en dix jours", a-t-il prévu.

Lancé en 2011, les services de transport ferroviaire Chine-Europe sont considérés comme une partie importante de l'initiative "la Ceinture et la Route" pour stimuler le commerce entre la Chine et les pays participant au programme. Malgré la pandémie de coronavirus, les services se sont maintenus comme un moyen de transport fiable.

De janvier à mai de cette année, le nombre de trains de fret Chine-Europe a augmenté de 28% et le volume de marchandises expédiées était en hausse de 32% en glissement annuel, alors qu'un total de 12.524 tonnes de matériel de protection contre l'épidémie ont été expédiées.

http://french.xinhuanet.com/2020-06/24/c_139162017.htm