ASIE

LA MÉTHODE JAKARTA : COMMENT LES USA ONT UTILISE LE MEURTRE DE MASSE POUR VAINCRE LE COMMUNISME

La méthode Jakarta: comment les USA ont utilisé le meurtre de masse pour vaincre le communisme

Un nouveau livre retrace la façon dont Washington a aidé le gouvernement indonésien à massacrer plus d’un million de personnes à cause de leurs idées politiques.

Par Daniel Larison

Mondialisation.ca, 10 août 2020

The American Conservative 5 août 2020

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Selon le récit dominant de la Guerre froide, si le communisme a été vaincu dans nombre de pays, c’était avant tout dû au modèle civilisationnel supérieur qu’offre le capitalisme, avec son accent sur les libertés individuelles et la responsabilité personnelle. Un regard sur l’histoire révèle une réalité beaucoup plus sombre et expéditive.

A noter : cet article a été publié sur l’organe paléoconservateur (soit de droite) américain American Conservative. Ce n’est donc en rien de la propagande pro-communiste – simplement un compte-rendu honnête de faits historiques. On peut ajouter que la démarche de l’auteur, Daniel Larison, est d’autant plus respectable qu’elle va contre les biais idéologiques du lectorat du site qu’il dirige – au risque d’en perdre une partie. Inutile de dire que ce type d’intégrité intellectuelle devrait être un exemple pour nous tous.

Entelekheia


La dénommée « Longue Paix », après 1945, était couverte de sang d’innocents. Les Américains préfèrent généralement se souvenir de la Guerre froide comme d’un triomphe essentiellement pacifique ponctué d’une poignée de débâcles, mais pour beaucoup de personnes vivant dans des pays non alignés et nouvellement indépendants après la Seconde Guerre mondiale, l’expérience de la Guerre froide a été marquée par l’horreur et la dévastation.

Les nations qui avaient le malheur d’être considérées comme importantes dans la lutte contre le communisme ont enduré les pires souffrances. Le fanatisme anticommuniste a fait des millions de victimes pendant la Guerre froide. Les atrocités commises contre ces peuples ont souvent été oubliées en Occident, quand elles étaient connues tout court. C’est surtout vrai aux États-Unis, puisque notre gouvernement a souvent encouragé et aidé des acteurs locaux dans leurs crimes contre leur propre peuple.

Nous ignorons généralement cet aspect de la Guerre froide parce qu’il est laid et parce que notre gouvernement porte une responsabilité considérable dans ce qui est arrivé à ces pays. Il ne correspond pas à la fable de « l’ordre libéral » que nos dirigeants se racontent et nous racontent. Il ne correspond pas à nos évaluations flatteuses de notre rôle de bienfaiteurs dans le monde, mais c’est une partie importante de l’histoire de notre politique étrangère que nous ne pouvons pas nous permettre d’oublier. Lorsque des hommes politiques et des experts menacent allègrement aujourd’hui d’une nouvelle Guerre froide contre la Chine, nous devons comprendre les destructions que cela entraînerait pour des personnes innocentes dans de nombreux autres pays. Nous ne devons pas commettre de nouveau des erreurs aussi coûteuses en vies humaines.

L’Indonésie était considérée comme un pays crucial dans les années 1960, car c’était l’un des principaux pays non alignés, avec le plus grand parti communiste en dehors de l’URSS et de la Chine. Les responsables américains y voyaient un « atout » bien plus précieux que le Sud-Vietnam, et en 1965-66, elle a été violemment annexée à l’orbite américaine à travers des massacres. L’armée indonésienne, sous la direction de Suharto et de ses auxiliaires, a perpétré des meurtres de masse contre des communistes et des personnes présumées communistes, et elle a assassiné jusqu’à un million d’innocents sans autre raison que leur affiliation politique présumée.

Ces meurtres de masse et leurs conséquences pour le reste du monde font l’objet d’un ouvrage exceptionnel de Vincent Bevins, The Jakarta Method (La méthode Jakarta). Bevins est un correspondant international qui a travaillé d’abord au Brésil, puis en Indonésie. Pendant son séjour dans ce pays, il a commencé à enquêter sur l’histoire du massacre de 1965-66, qui est toujours officiellement nié par le gouvernement. En fouillant les histoires des survivants et en suivant les conséquences de l’ « Operation Annihilation » (le nom interne de l’armée de la campagne d’extermination), il a trouvé des liens entre ce qui s’était passé en Indonésie au milieu des années 60 et les campagnes brutales menées en Amérique latine par les dictatures alignées sur les États-Unis dans les décennies qui ont suivi. Dans ces autres pays, « Jakarta » est devenu un mot-code pour désigner les massacres d’ennemis des fanatiques anticommunistes, et le meurtre de masse perpétré en Indonésie a été présenté comme un modèle à suivre.

Non seulement le gouvernement américain était au courant du massacre en Indonésie, mais il l’avait activement encouragé et avait fourni aux tueurs des listes de noms. Bevins écrit :

Mais après sept ans d’étroite coopération avec Washington, l’armée était déjà bien équipée. Vous n’avez pas non plus besoin d’un armement avancé pour arrêter des civils qui n’opposent presque aucune résistance. Mais ce dont les responsables de l’ambassade des USA et de la CIA avaient décidé que l’armée avait vraiment besoin était d’informations. En collaboration avec les analystes de la CIA, le responsable politique de l’ambassade, Robert Martens préparait des listes avec les noms de milliers de communistes et de présumés communistes, et les remettaient à l’armée, afin que ces personnes puissent être assassinées et « radiées » de la liste. »

Un autre million de personnes ont été rassemblées dans des camps de concentration, où elles ont été soumises à la famine, au travail forcé, à de la torture et à de la rééducation idéologique. Ce fut une « victoire » ignoble dont personne ne voulait se souvenir.

Bevins raconte cette histoire de manière objective et dépassionnée, et il tisse soigneusement les histoires des survivants qu’il a rencontrés au cours de son enquête. Il nous emmène sur les sites des massacres de Bali, où se trouvent aujourd’hui des hôtels touristiques. Il nous présente des Indonésiens qui ont perdu leur famille et leurs amis dans ces massacres, et il montre comment les survivants sont toujours ostracisés et considérés avec suspicion, toutes ces décennies plus tard. L’une des survivantes qu’il a rencontrées, une femme âgée nommée Magdalena, vit aujourd’hui dans la pauvreté après sa libération de prison. Il raconte qu’elle a été « marquée à vie » à cause de son passé, et qu’elle n’a aucun lien avec sa famille, car tous ces liens ont été coupés après qu’elle ait été accusée d’être communiste. Comme le note Bevins, cette « situation est extrêmement fréquente chez les survivants de la violence et de la répression de 1965 ». En plus de ceux qui ont été tués dans les massacres, il y a des dizaines de millions de victimes et de parents de victimes encore en vie aujourd’hui.

Il retrace également l’utilisation des tactiques employées contre des innocents Indonésiens au Brésil, au Chili, en Argentine et ailleurs en Amérique latine, et nous rappelle que les habitants de ces pays vivent toujours dans l’ombre des dictatures soutenues par les États-Unis qui étaient au pouvoir dans les années 1970 et 1980. La dictature brésilienne qui s’était emparée du pouvoir avant la prise de pouvoir de Suharto a ensuite cherché à imiter ce qui s’était passé en Indonésie. Le gouvernement chilien de Pinochet l’a fait, bien qu’à plus petite échelle, et la « sale guerre » en Argentine a suivi. La piste se poursuit en Amérique centrale jusqu’à la fin de la Guerre froide. Beaucoup d’éléments individuels de l’histoire de Bevins sont peut-être connus, mais il a établi entre eux des liens que la plupart des Américains ne connaissent pas.

Alors qu’il essaie de donner un sens aux horribles événements qu’il a décrits dans le livre, Bevins nous offre cette sinistre mais juste conclusion :

Si l’on considère les choses sous cet angle, les grands perdants du XXe siècle ont été ceux qui croyaient trop sincèrement en l’existence d’un ordre international libéral, ceux qui faisaient trop confiance à la démocratie, ou trop à ce que les États-Unis disaient soutenir, plutôt qu’à ce qu’ils soutenaient réellement – à ce que les pays riches disaient, plutôt qu’à ce qu’ils faisaient. Ce groupe a été anéanti. »

Lorsqu’il a parlé à Winarso, le chef du Sekretariat Bersama ’65, l’organisation qui défend les intérêts des survivants du massacre, Bevins lui a demandé qui avait gagné la Guerre froide. Winarso lui répondit que les États-Unis avaient gagné. Lorsqu’il lui a ensuite demandé comment, Winarso a répondu simplement : « Vous nous avez tués ».

De plus, ces gens ont été tués pour rien.

On ne soulignera jamais assez que les victimes en Indonésie et dans les autres pays dont Bevins parle étaient des innocents. Elles ont été tuées en masse uniquement parce qu’elles avaient ou étaient censées avoir certaines convictions politiques. Bevins écrit : « Ils ont été condamnés à l’anéantissement, et presque tous ceux qui les entouraient ont été condamnés à une vie entière de culpabilité, de traumatisme, et à se faire dire qu’ils avaient impardonnablement péché à cause de leur association avec les espoirs les plus sincères de la politique de gauche ». Ils n’avaient rien fait de mal. Ils ont eu l’horrible malchance d’être pris au milieu d’une rivalité internationale pour le pouvoir et l’influence qui n’avait rien à voir avec eux, et ils ont été écrasés parce qu’il était avantageux pour notre gouvernement et ses pays-clients qu’ils soient écrasés.

Il y a quelques mois, Hal Brands [de Bloomberg, NdT] a écrit un article dans lequel il suggérait que les États-Unis pourraient soutenir des changements de régime secrets dans le cadre d’une rivalité avec la Chine. D’un côté, il citait la conquête de Suharto en Indonésie comme un exemple de réussite « rentable », et de l’autre, il en reconnaissait le coût humain effroyable, qui se mesure en centaines de milliers de vies. Voici comment il a décrit la complicité des États-Unis dans les massacres : « Le soutien de la CIA a aidé l’armée indonésienne à consolider son pouvoir après qu’elle ait renversé un Sukarno de plus en plus anti-américain en 1965, évitant ainsi la perspective de voir le plus important pays d’Asie du Sud-Est devenir hostile aux USA ». Il reconnaît que cela a impliqué les États-Unis dans une « violence horrible », mais il reste très vague sur ce que les États-Unis ont fait là-bas. Si l’Indonésie est considérée comme une « victoire » pour les partisans des changements de régime, alors l’idée de promouvoir des changement de régime est absolument honteuse et ne devrait plus jamais avoir droit de cité.

Si une stratégie repose sur des politiques qui conduisent au meurtre gratuit de tant de personnes innocentes, il est temps de la rejeter et d’en trouver une autre. Soutenir un changement de régime dans un autre pays est souvent présenté comme une solution rapide à un problème que les États-Unis ont dans le monde, mais la plupart du temps, cela finit par échouer. Même lorsque les changements de régime « fonctionnent » à court terme, ils infligent un terrible tribut aux habitants du pays visé. Les États-Unis feraient bien de rejeter tout changement de régime, secret ou non, et de respecter la souveraineté et l’indépendance des autres États. Les États-Unis devraient également éviter une nouvelle Guerre froide avec une grande puissance rivale qui conduirait à des crimes aussi monstrueux que le massacre en Indonésie.

Daniel Larison

 

Article original en anglais :

The Jakarta Method: How the U.S. Used Mass Murder to Beat Communism

The American Conservative 5 août 2020

Traduction et note d’introduction Corinne Autey-Roussel pour Entelekheia
Photo : Soldats indonésiens arrêtant des villageois lors de la purge des communistes en 1965-66 / Vannessa Hearman.

Daniel Larison est rédacteur en chef de TAC. Il a été publié dans le New York Times Book Review, Dallas Morning News, World Politics Review, Politico Magazine, Orthodox Life, Front Porch Republic, The American Scene et Culture11, et a été chroniqueur pour The Week. Il est titulaire d’un doctorat en histoire de l’université de Chicago.

La source originale de cet article est The American Conservative

Copyright © Daniel LarisonThe American Conservative, 2020

https://www.mondialisation.ca/la-methode-jakarta-comment-les-usa-ont-utilise-le-meurtre-de-masse-pour-vaincre-le-communisme/5648212


 

JAPON : LES IRRADIES DE LA "PLUIE NOIRE" RADIOACTIVE D'HIROSHMA EN 1945 ENFIN RECONNUS COMME VICTIMES

Japon: les irradiés de la «pluie noire» d'Hiroshima en 1945 enfin reconnus comme victimes

Publié le : Modifié le : 

Hiroshima le 6 août 1945 après l'explosion de la bombe nucléaire américaine

Hiroshima le 6 août 1945 après l'explosion de la bombe nucléaire américaine AFP

Texte par :RFISuivre

2 mn

Un tribunal d'Hiroshima élargit la définition des survivants de la bombe atomique pour y inclure des personnes atteintes de ce qu'on a appelé la « pluie noire » radioactive qui avait suivi, le 6 août 1945, le bombardement nucléaire américain sur la ville, suivi trois jours plus tard, de celui de Nagasaki. Soixante quinze ans après la fin de la Deuxième guerre mondiale, le tribunal d'Hiroshima décide que 84 victimes de la « pluie noire » dont la moyenne d'age est  de plus de 80 ans, peuvent enfin bénéficier des prestations médicales accordées aux survivants du bombardement.

 

avec notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles

Gonichi KIMURA, Motifs de kimono incrustés par brûlure dans la peau Premier hôpital militaire d’Hiroshima, vers le 15 août 1945, photographie Hiroshima, Mémorial de la Paix d’Hiroshima.

Gonichi KIMURA, Motifs de kimono incrustés par brûlure dans la peau Premier hôpital militaire d’Hiroshima, vers le 15 août 1945, photographie Hiroshima, Mémorial de la Paix d’Hiroshima. Photograph by Gonichi Kimura, Courtesy Hiroshima Peace Memorial

Jusqu'en 1957, les atomisés d'Hiroshima ne bénéficient d'aucune assistance spéciale. Le gouvernement japon crée alors un système d'allocations et de soins gratuits en fonction de la proximité de la déflagration. Dans un rayon de 2 à 3 km, pas au-delà. Pour réduire les coûts de traitement des atomisés - des hibakusha- qui meurent à petit feu de cancers dus aux radiations. Les victimes de la « pluie noire » radioactive ne sont pas reconnues comme des survivants du bombardement.

► À lire aussi : 70 ans après, le Japon toujours hanté par le feu nucléaire d'Hiroshima

Soixante quinze ans plus tard, le juge du tribunal de district d'Hiroshima, Yoshiyuki Takashima déclare donc qu'elles aussi souffrent de maladies liées à la bombe. Et remplissent les conditions juridiques exigees des hibakusha. A ce jour, le gouvernement japonais reconnaît 136 682 personnes en tant qu'hibakusha en comptant ceux de Nagasaki.

Après la guerre, le Japon fait de ses atomisés des êtres déshumanisés,
rejetés par les entreprises. A l'époque, on craint que l'irradiation soit contagieuse. De nombreux atomisés ne s'enregistrent pas par peur des discriminations dont ils sont victimes.

► À écouter aussi : le témoignage de deux hibakusha d'Hiroshima, Fréquence Asie du 4 août 2018

Fillette de 11 ans qui avait perdu ses cheveux plus d'une semaine après l'explosion d'Hiroshima. Elle se trouvait dans une maison en bois à 2 km de l'hypocentre.

Fillette de 11 ans qui avait perdu ses cheveux plus d'une semaine après l'explosion d'Hiroshima. Elle se trouvait dans une maison en bois à 2 km de l'hypocentre. PD-USGOV

https://www.rfi.fr/fr/asie-pacifique/20200730-japon-irradi%C3%A9s-1945-victimes-pluie-noire-enfin-reconnus?xtor=EPR-300-[Quotidienne_monde]-20200730-[contenu]-1141106044976


 

JAPON : APRES UNE POUSSÉE DE COVID-19, DEUX BASES MILITAIRES US SE CONFINENT A OKINAWA. LA PRESENCE DE TROUPES US EST TRÈS CONTESTÉE DANS CETTE ÎLE

Coronavirus: deux bases militaires américaines se confinent au Japon

Coronavirus: deux bases militaires américaines se confinent au Japon

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Par AlAhed avec AFP

Deux bases militaires américaines à Okinawa (sud du Japon) se sont confinées après une poussée des cas de coronavirus en leur sein, qui a provoqué des remous dans cette île où la présence de troupes américaines est très contestée.

Le porte-parole du gouvernement japonais, Yoshihide Suga, a déclaré lundi que 62 cas de Covid-19 avaient été détectés ces derniers jours au sein des forces américaines stationnées à Okinawa.

La plupart de ces cas ont été recensés dans la base aérienne du corps des Marines de Futenma ainsi que dans une autre base américaine de l'île subtropicale, Camp Hansen, a ajouté Yoshihide Suga.

Restrictions jusqu'à nouvel ordre

L'administration du corps des Marines dans le Pacifique a réagi en décidant de suspendre quasiment toutes les sorties, selon des directives publiées sur son compte Facebook.

Ces restrictions imposées «jusqu'à nouvel ordre» s'appliquent à tous les Marines ainsi qu'aux civils travaillant sur place et à leurs familles, est-il précisé.

Un responsable de la préfecture d'Okinawa a confirmé à l'AFP que ces restrictions s'appliquaient seulement dans les bases de Futenma et de Camp Hansen.

Les effectifs de ces deux bases n'étaient pas divulgués pour «raisons de sécurité», a ajouté ce responsable, tandis que les autorités militaires américaines n'étaient pas joignables dans l'immédiat.

Tensions avec les élus locaux

L'annonce de ces foyers d'infection a ravivé les tensions avec les élus locaux d'Okinawa, alors que de nombreux insulaires contestent la forte présence militaire américaine locale.

Occupé par les Etats-Unis après la Seconde Guerre mondiale puis rétrocédé à Tokyo en 1972, l'archipel d'Okinawa héberge une grande partie des quelque 50.000 militaires américains présents au Japon, alors qu'il représente moins de 1% de la superficie totale du pays.

Le gouverneur de la région, Denny Tamaki, s'est dit samedi «choqué» par le nombre de cas de coronavirus dans les bases américaines de l'île.

«Je ne peux pas m'empêcher d'avoir de sérieux doutes» quand à l'efficacité de leurs mesures de prévention contre le risque d'infections, a déclaré Denny Tamaki à la presse.

La préfecture d'Okinawa a demandé au gouvernement central japonais ainsi qu'aux autorités militaires américaines de transmettre plus rapidement leurs informations sur ces foyers infectieux.

La région a aussi demandé à ce que les militaires américains et leurs familles arrivant à Okinawa observent désormais une quarantaine dans le périmètre des bases, et non plus dans des hôtels à l'extérieur de celles-ci.

https://www.french.alahednews.com.lb/35877/341


 

APRES UN VOYAGE DE 19 JOURS, 11920 KM A TRAVERS 7 PAYS, ARRIVÉE D'UN TRAIN DE FRET CHINOIS CHARGE DE MATERIEL DE PROTECTION CONTRE LE COVID-19

 

Arrivée à Paris d'un train de fret chinois chargé de matérial de protection contre le COVID-19 (REPORTAGE)

 
French.xinhuanet.com | Publié le 2020-06-24 à 01:35
 

PARIS, 23 juin (Xinhua) -- Après un voyage de 19 jours, un train de fret Chine-Europe, rempli de masques et d'autre matériel médical, est arrivé mardi matin à Paris en France.

Parti le 4 juin de Nanchang, dans la province chinois du Jiangxi (est), ce train a déchargé mardi ses marchandises à Valenton, dans le sud-est de Paris, après un voyage de 11.920 km à travers sept pays. C'est le premier train de fret spécial Chine-France chargé du matérail de protection contre le COVID-19. Il a apporté du matériel médical dont la France, en crise sanitaire, a besoin d'urgence, tels que de 20 millions de masques chirurgicaux, des gants, des sacs hydrosolubles, des distributeurs de gel sans contact, ainsi que d'équipements pour le personnel hospitalier.

Lyazid Benhami, vice-président de l'Association des Amitiés Franco-Chinoises de Paris, a déclaré à Xinhua que cette opération du premier train sanitaire en provenance de la Chine vers la France "prouve que les relations franco-chinoises sont plus solides que jamais, que désormais la logistique a rejoint la coopération scientifique franco-chinoise dans la lutte contre le COVID 19".

"En cette période de crise sanitaire, nous sommes heureux de constater que le volume important convoyé, dont 20 millions de masques chirurgicaux et des équipements de protection, soit à la hauteur de la demande et des besoins des consommateurs et du marché", a-t-il ajouté.

En outre, M. Benhami a qualifié les trains de fret Chine-Europe d'"opportunité" pour les échanges franco-chinois. "L'adage du gagant-gagnant est bien réel pour tous, dont l'environnement, les entreprises et les consommateurs", a-t-il indiqué.

À l'origine de ce projet de fret ferroviaire Chine-France se trouve la coopération entre le Groupe chinois Cosco Shipping, et Forwardis, une filiale de SNCF Logistics, ainsi que BIFP, distributeur de la marque Hygial.

Le directeur international du Transport ferroviaire de marchandises de SNCF, Nicholas Giraud, a déclaré que la solution ferroviaire s'est révélée la plus efficace en termes de coûts et de capacité d'emport.

"Avec l'équivalent de six avions cargos dans un seul train,le coût du transport ferroviaire est 30 fois moins cher que celui du transport aérien. Et en termes environnementaux, l'empreinte carbone du train est 15 fois inférieure à celle de l'avion. Par rapport au maritime, la durée du voyage en train est approximativement deux fois inférieure", a-t-il précisé.

Xavier Wanderpepen, responsable des activités de transport ferroviaire de fret entre la Chine et l'Europe à Forwardis, a révélé qu'outre les masques spéciaux, les gants médicaux et les combinaisons de protections, ce train a transporté aussi des distributeurs de gel hydroalcooliques qui seraient installés dans toutes les écoles de la région parisienne pour la rentrée de septembre.

Accueillir l'arrivée du train, "c'est un peu pour nous comme la Tour Eiffel accueille et salue le Palais impérial de Pékin!", a-t-il commenté.

"Grâce à ce train, nous souhaitons proposer aux entreprises françaises et chinoise des solutions en train occasionnels. Nous souhaitons travailler avec la Chine sur le développement des wagons de fret avec des essieux à écartements variables capables de s'adapter aux écartements en Europe occidentale, en Russie et en Chine. Dans quelques années, nous pourrons relier la Chine et l'Europe en dix jours", a-t-il prévu.

Lancé en 2011, les services de transport ferroviaire Chine-Europe sont considérés comme une partie importante de l'initiative "la Ceinture et la Route" pour stimuler le commerce entre la Chine et les pays participant au programme. Malgré la pandémie de coronavirus, les services se sont maintenus comme un moyen de transport fiable.

De janvier à mai de cette année, le nombre de trains de fret Chine-Europe a augmenté de 28% et le volume de marchandises expédiées était en hausse de 32% en glissement annuel, alors qu'un total de 12.524 tonnes de matériel de protection contre l'épidémie ont été expédiées.

http://french.xinhuanet.com/2020-06/24/c_139162017.htm


 

INDONÉSIE : REPRESSION POLICIÈRE CONTRE LES PAYSANS MÉCONTENTS DU VOL DES TERRES PAR UNE FILIALE DE MICHELIN

Indonésie : Répression policière contre les paysans mécontents de l’accaparement des terres par une filiale de Michelin

 15 JUIN 2020  ASIE DU SUD EST ET DE L'ESTCAMPAGNE INTERNATIONALE POUR LA RÉFORME AGRAIRECAPITALISME INTERNATIONAL ET LIBRE ÉCHANGESOUVERAINETÉ ALIMENTAIRETERRE, EAU ET TERRITOIRES

Les paysans du district de Tebo, dans la province indonésienne de Jambi, qui résistent depuis longtemps aux tentatives d’accaparement des terres par les grandes entreprises de plantation de la région, ont été choqués lorsque la police a arrêté Junawal, un leader et organisateur paysan local, le 26 mai 2020.

Junawal

M. Junawal est le président de l’unité Tebo du Serikat Petani Indonesia (SPI – Union des Paysans Indonésiens) et dirigeait la résistance locale contre le PT Lestari Asri Jaya (PT LAJ) – une filiale de Royal Lestari Utama (RLU).

RLU est une entreprise commune entre PT Barito Pasifik et la géante multinationale française de la fabrication de pneus Michelin. Par l’intermédiaire de ses filiales, RLU gère plus de 88 000 hectares de terres de plantation à Jambi et à Kalimantan Est.

Depuis sa création, PT- LAJ a été sous les feux de la rampe pour toutes les mauvaises raisons. Les paysans affirment qu’au nom des “plantations de caoutchouc naturel”, ce qui se passe en fait est un accaparement de terres par des entreprises à grande échelle, avec le soutien d’institutions internationales. Par exemple, ce conflit dans le district de Tebo trouve son origine dans le Tropical Landscapes Finance Facility (TLFF), un partenariat entre l’ONU Environnement, le Centre mondial d’agroforesterie, ADM Capital et BNP Paribas. Dans le cadre d’une obligation de durabilité de 95 millions de dollars, ce partenariat finance une plantation durable de caoutchouc naturel sur des terres fortement dégradées dans deux provinces d’Indonésie, dont l’une dans la province de Jambi.

La Via Campesina dénonce depuis longtemps ces tentatives de “green-washing”, qui sapent toujours l’agriculture paysanne et les véritables solutions au changement climatique. Ces tentatives permettent en effet de faire de bonnes affaires pour les entreprises du secteur du carbone, les ONG internationales de conservation, les consultants et les pays industrialisés.

Le 10 juin, des milliers de paysans du SPI ont organisé une manifestation pacifique devant le quartier général de la police de Tebo pour demander la libération immédiate de M. Junawal.

“Cette zone couvre des villages entretenus par des familles paysannes organisées sous l’étendard du SPI, et nous avions fait des pas importants vers la souveraineté alimentaire de la région. Junawal essayait seulement de protéger son village et leur mode de vie, et il n’y a aucune raison qu’il soit en prison pour cela”, a déclaré M. Sarwadi, qui coordonne l’unité régionale Jambi du SPI.

Le programme de réforme agraire – une initiative de politique publique du gouvernement Jokowi (le président de la République d’Indonésie) qui a fait couler beaucoup d’encre – garantit aux familles paysannes le droit et la propriété de leurs terres et leur donne le contrôle total du système de production alimentaire local. Il est né après des années de lutte menée par des syndicats de paysans comme le SPI. Ce programme aborde diverses questions agraires, notamment la distribution de certificats fonciers et de parcelles de terres forestières.

À Tebo, cependant, les habitants racontent une histoire différente. De grandes entreprises de plantation ont assiégé la région pour y établir des plantations de bois, et les familles paysannes accusent ces entreprises d’expulsions forcées permettant le défrichement à grande échelle.

“Tout en soutenant pleinement le programme de réforme agraire du gouvernement, les paysans organisés dans le cadre du SPI ont travaillé dur pour assurer la souveraineté alimentaire de notre pays. Ce faisant, nous avons construit des écoles, des marchés locaux, des coopératives dirigées par des paysans, des centres culturels et religieux dans tout le pays, y compris ici dans le district de Tebo. Pourtant, pour faire plaisir à quelques grandes entreprises de plantation, notre peuple est criminalisé ? Sur quelle base ?”, a demandé furieusement un paysan qui fait partie de la direction centrale de l’Union.

La répression a galvanisé les membres du SPI dans tout le pays.

“Notre frère Junawal est accusé d’avoir brûlé cinq unités d’équipement lourd appartenant au PT LAJ le 14 mai 2019. Le fait est que Junawal s’est levé contre l’accaparement de terres, l’expulsion des paysans de leurs jardins et leurs villages de réforme agraire dirigés par M. Jokowi, tous ces actes ayant été perpétrés impunément par le PT LAJ”, a déclaré Sarwadi.

Junawal et les paysans du SPI de Tebo Regency défendent leurs droits fonciers garantis par la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP). Défendre nos droits est devenu un crime”, a ajouté un Sarwadi.

Pour plus d’informations sur ce conflit, veuillez consulter le site spi.or.id, disponible uniquement en Bahasa Indonesia.

Article connexe :
https://spi.or.id/spi-jambi-hentikan-penggusuran-dan-kriminalisasi-petani-spi-tebo-oleh-pt-laj/


 

JAPON : LA PLUS GRANDE BASE MILITAIRE US VISÉE?

Japon : forte explosion dans la plus grande base aérienne US, Kadena, dans le Pacifique

Tue Jun 23, 2020 10:18AM

La base aérienne de Kadena à Okinawa/Pinterest

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La base aérienne de Kadena à Okinawa/Pinterest

Une forte explosion s'est produite dans la plus grande base américaine dans le Pacifique, située juste en face de la mer de Chine orientale et alors que la Corée du Nord,  intriguée ces derniers jours par des "actes de provocation US"  vient de déployer ses troupes sur la frontière sud et de menacer les bases US dans la région. Kadena, située sur l'île d'Okinawa, abrite quelque 20 000 marines américains et leurs familles. La 18ème unité de l'US Air Force, 353ème division des forces spéciales US, 733ème division des escadrons mobiles US, 82ème division des escadrons de reconnaissance de l'Armée US, 390ème escadron d'Intelligence, sont stationnées à Kadena. 

Le Japon ne veut plus de radars Aegis américains

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Le Japon arrête le déploiement du système de défense antimissile américain Aegis Ashore.

Selon des médias japonais, citant des sources américaines, une puissante explosion s'est fait retenir sur la base, laissant au moins 8 blessés, tous des militaires et endommageant trois avions militaires, des blindés US. Ceci étant, les sources américaines sont les moins fiables dans cette histoire dans la mesure où les habitants de l'île réclament depuis très longtemps le départ des Américains et que Tokyo n'a accepté qu'au bout des lèvres les frais draconiens imposés par les Américains dans le cadre d'une prolongation récente de la présence militaire US au Japon. Les sources affirment en outre que l'explosion "serait due à une détonation spontanée dans un réservoir chargé de produits chimiques", ce qui aggrave encore le cas avec le risque de fuite de matière toxique à Okinawa.

Pacifique occidental: un F-18 s'écrase!

Pacifique occidental: un F-18 s'écrase!

Un F/A-18F Super Hornet de la Marine US, déployé sur le porte-avions de classe Nimitz Theodore Roosevelt, s’est écrasé dans la mer des Philippines.

Des images diffusées à la télévision japonaise ont montré d'épais panaches gris de fumée sortant du bâtiment. La presse japonaise a affirmé qu’environ 45 personnes ont été intoxiquées par l'exposition à la fumée ou au chlore gazeux de l’incendie. Plus de la moitié des quelque 50 000 soldats américains au Japon sont stationnés à Okinawa dans le cadre d'un pacte de sécurité bilatéral. De nombreux habitants d'Okinawa se plaignent depuis longtemps des risques environnementaux, du bruit et de la criminalité liés à la base.

L'impact environnemental de ce qui se passe dans les bases américaines est une préoccupation majeure à Okinawa. En avril, plus de 140 tonnes de mousses anti-incendie soupçonnées de contenir des substances cancérigènes se sont échappées de la Marine Corps Air Station Futenma (MCAS Futenma). Mais ceci n'est que le côté japonais de cet "incident", du jamais vu depuis que les troupes américaines occupent le Japon sous prétexte à avoir à assurer la sécurité de l'île face à la Chine ou encore à la Corée du Nord. L'explosion intervient alors que les États-Unis ont procédé à une vaste manœuvre en mer de Chine et qu'ils ont tout fait pour couper le dialogue entre les deux Corée, poussant Pyongyang à déployer ses troupes sur ses frontières avec le Sud et à laisser entendre que des "tirs de missiles" contre les bases US  dans la région "ne seraient plus inimaginables". 

Kim prêt à tester ses missiles intercontinentaux

Kim prêt à tester ses missiles intercontinentaux

Pyongyang a averti Washington qu’une nouvelle guerre dans la péninsule coréenne pourrait détruire les États-Unis.

http://french.presstv.com/Detail/2020/06/23/628075/base-us-explosion-japon-okinawa


 

LE PEUPLE JAPONAIS NE VEUT PLUS DES RADARS AEGIS AMÉRICAINS

Le Japon ne veut plus de radars Aegis américains

 Depuis 1 jour  16 juin 2020

Des Japonais contre la présence des bases US dans leur pays

Des Japonais contre la présence des bases US dans leur pays
Des Japonais contre la présence des bases US dans leur pays

 Asie et Afrique - Japon

 

Le ministre japonais de la Défense, Taro Kono, a annoncé ce lundi 15 juin que Tokyo avait suspendu son projet de déployer deux stations radars de défense aérienne Aegis Ashore de fabrication américaine conçues pour détecter et contrer les missiles balistiques nord-coréens.

Selon Reuters, Kono a déclaré aux journalistes que le Japon arrêtait le déploiement en raison de problèmes techniques et des coûts élevés.

Les habitants locaux avaient auparavant exprimé leur protestation contre les deux sites radar proposés par la compagnie américaine Lockheed Martin, l’un dans la préfecture du nord d’Akita et l’autre dans la préfecture de Yamaguchi au sud du Japon.

« J’ai pris la décision vendredi de suspendre le processus … Pour le moment, le Japon continuera de contrer (la menace) avec des navires équipés d’Aegis », a déclaré le ministre japonais de la Défense.

La Corée du Nord a fait part récemment de plusieurs tests de missiles balistiques ; le Japon prétend que ces missiles sont destinés à infiltrer le bouclier anti-missile Aegis.

Selon les documents du ministère de la Défense japonais, les deux systèmes Aegis Ashore prévus coûteraient environ 439 milliards de yens (4,1 milliards de dollars) pour leur fonctionnement et leur maintenance au cours des 30 prochaines années, ajoute Reuters.

L’information tombe alors que le Premier ministre japonais Shinzo Abe a évoqué vendredi la nécessité du déplacement dans les plus brefs délais de la base américaine de Futenma (base appelée Marine Corps Air Station), sur l’île d’Okinawa.

http://french.almanar.com.lb/1787216


 

LE POUVOIR INDONÉSIEN ET L’ATHÉISME

INTERNATIONAL COMMUNISTES Publié le 03/06/2020 par PCF
Le pouvoir indonésien et l'athéisme
Le 26 mai dernier, une quarantaine de personnes ont participé par visioconférence à l’initiative organisée par l’association Solidarité Indonésie avec les Cahiers de l'Histoire et le département international du PCF à l’occasion du 100e anniversaire du Parti communiste indonésien (PKI). Une brochure avec l’ensemble des interventions sera publiée ultérieurement.

Retrouvez, ci-dessous, l'intervention de Pascal Lederer, chercheur physicien, sur l’athéisme et le PKI.
 

Le pouvoir indonésien et l'athéisme
L'opinion française n'est pas très bien informée sur l'Indonésie. Parmi nos compatriotes qui ont entendu parler de la dictature de Suharto, arrivé au pouvoir grâce à un coup d'État accompagné du massacre des progressistes et communistes, règne de façon massive l'idée que la démocratie a été rétablie en 1998, avec l'organisation d'élections libres, puis l'accès au pouvoir de personnalités de gauche comme Abdurrahman Wahid (Gus Dur) puis Megawati Sukarnoputri.

Élément central de la Constitution indonésienne depuis son indépendance proclamée par Sukarno en 1945, le Pancasila (les Cinq principes) est la base d'un compromis entre les nationalistes et les islamistes, compromis qui garantit l'unité du peuple indonésien. Ces cinq principes sont:

La croyance en un Dieu unique.PKI100ans.jpg
Une humanité juste et civilisée.
L'unité de l’Indonésie.
Une démocratie guidée par la sagesse à travers la délibération et la représentation.
La justice sociale pour tout le peuple indonésien.
L'interprétation du Pancasila fait l'objet depuis l'origine de luttes idéologiques. Pour le Parti communiste indonésien (PKI), qui a adopté le Pancasila dès le début, ses principes garantissent la liberté de conscience. Jamais le PKI n'a considéré que la croyance en un Dieu, quel qu'il soit, était un obstacle à l'établissement d'une société libérée des dominations coloniales, impérialistes et du pouvoir des propriétaires des grands moyens de production et d'échange.

Pendant l'Ordre Nouveau, après 1965 sous la dictature de Suharto, l'interprétation donnée au Pancasila était celle de l'interdiction de l'athéisme.

Il y a encore quelques années, la carte d'identité indonésienne devait mentionner la religion de sa ou de son titulaire.

Le thème de l'athéisme continue aujourd'hui d'être une arme idéologique et politique contre les droits politiques des citoyennes et citoyens indonésiens. Le PKI, accusé d'athéisme, n'est toujours pas autorisé légalement, les victimes du politicide de 1965 n'ont toujours pas reçu de compensation de l'État pour les souffrances infligées depuis l'instauration de la dictature. Certes, Gus Dura a eu quelques paroles de regret, a permis aux rescapés communistes et à leur famille persécutée de participer aux élections; mais de droit à l'organisation d'un parti politique qui se réfèrerait au marxisme, point.

Le PKI, comme le PCF, considère que si le marxisme est un corpus théorique et philosophique pour comprendre et analyser rationnellement les évolutions du monde, et agir sur lui, la religion relève d'une autre catégorie de pensée. La liberté de conscience religieuse, comme celle de ne pas croire, fait partie, pour les communistes, des droits imprescriptibles qui doivent régir une société humaine démocratique.

100ansPKI.jpgLes forces réactionnaires indonésiennes entretiennent sciemment la confusion entre une position philosophique, le matérialisme, qui considère que l'être précède la pensée, et une position politique, qu'il attribue indûment au PKI, qui nierait aux citoyens le droit de croire et pratiquer leur religion. Or la philosophie marxiste n'est pas un athéisme, c'est un matérialisme radical, ce qui est tout autre chose. Le marxisme ne se confond nullement avec le dessein «d'abolir la foi». Le matérialisme marxiste n'est pas contre la foi, il est ailleurs. Un croyant membre du parti communiste à part entière peut parfaitement partager une conception matérialiste du monde et donner à sa vie le «surcroît de sens» de sa foi. Rien dans l'histoire du PKI ne légitime la propagande réactionnaire selon laquelle ce parti interdirait la foi et sa libre pratique. De hauts dirigeants communistes indonésiens étaient «hadj», et animaient aussi des organisations religieuses comme «Nurul Islam» ou «Sarekat Islam» du temps de Sukarno. Ils ont été déportés dans les camps de l'Ordre Nouveau».

Le PKI considère que l'intolérance religieuse fait l'affaire des forces d'oppression sociale, en divisant, dans le peuple, ceux qui croient au ciel et ceux qui n'y croient pas: ils pourraient s'unir pour faire progresser la démocratie, viser à épanouir chaque personnalité humaine, et affaiblir ou renverser le pouvoir du grand capital.

Pour le PKI, l'État doit garantir le droit de chaque citoyenne et chaque citoyen de pratiquer la religion de son choix, ou de ne pas croire en Dieu.

L'athéisme, attribué à tort au PKI, est une arme de l'oligarchie indonésienne contre lui. L'interdiction du PKI et la répression contre le PKI perdurent, en particulier au nom de la lutte contre l'athéisme.

L'Indonésie doit reconnaître, dans la pratique, la liberté de conscience. Elle doit reconnaître et réparer les crimes commis contre le PKI et les démocrates indonésiens, notamment au nom de la lutte contre l'athéisme. Elle doit reconnaître la liberté d'organisation politique pleine et entière, en finir avec l'interdiction du PKI.

La démocratie indonésienne restera une démocratie fondamentalement limitée tant que la liberté d'organisation politique pleine et entière ne sera pas reconnue, tant que ne sera pas levée l'interdiction du PKI.

Pascal LEDERER

source :  https://www.pcf.fr/le_pouvoir_indonesien_et_l_atheisme


 

LA PANDEMIE MENACE DE JETER DANS LA PAUVRETE JUSQU'A 86 MILLIONS D’ENFANTS SUPPLÉMENTAIRES EN AFRIQUE ET EN ASIE D’ICI LA FIN DE L’ANNEE

Pandémie: jusqu’à 86 millions d’enfants supplémentaires menacés par la pauvreté (étude)

 Depuis 9 heures  28 mai 2020

Des enfants yéménites

Des enfants yéménites
Des enfants yéménites

 Asie et Afrique

 

Rédaction du site

Les conséquences économiques de la pandémie de Covid-19 pourraient pousser jusqu’à 86 millions d’enfants supplémentaires dans la pauvreté d’ici la fin de l’année, selon une étude conjointe de l’ONG Save the Children et de l’agence onusienne Unicef.

Au total, ce serait ainsi 672 millions d’enfants touchés par la pauvreté, soit une augmentation de 15% par rapport à l’année précédente, précisent les deux organisations dans un communiqué mercredi 27 mai.

Près des deux tiers de ces enfants vivent en Afrique sub-saharienne et en Asie du sud.

L’augmentation du nombre d’enfants touchés par la pauvreté à cause de la pandémie se réaliserait surtout en Europe et en Asie centrale, selon l’étude qui s’appuie sur des projections de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international et des données démographiques dans une centaine de pays.

« L’ampleur des difficultés financières auxquelles sont confrontées les familles menace les progrès obtenus depuis des années dans la réduction de la pauvreté des enfants et de les priver de services essentiels », estime Henrietta Fore, directrice de l’Unicef, citée dans le communiqué.

Avec une action immédiate et efficace, « nous pouvons contenir la menace de la pandémie pesant sur les pays les plus pauvres et certains des enfants les plus vulnérables », juge de son côté Inger Ashing, patronne de Save the Children.

Ils sont « très vulnérables à des périodes de faim même courtes et à la malnutrition qui peuvent les affecter durant toute leur vie », avertit-elle dans le communiqué.

Les deux organisations demandent notamment aux gouvernements d’étendre rapidement leurs systèmes de couverture sociale et l’alimentation dispensée dans les écoles pour limiter les effets de la pandémie.

 

Source: Avec AFP

http://french.almanar.com.lb/1767020


 

JAPON : VERS UN NOUVEAU FUKUSHIMA? UN SÉISME DE MAGNITUDE 9,0 SERAIT IMMINENT

 

 Échelle de magnitude de Richter

Vers un deuxième Fukushima? Un séisme de magnitude 9,0 serait «imminent»

© AFP 2020 Richter magnitude scale

INTERNATIONAL

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Le nord du Japon pourrait être secoué par un puissant séisme de magnitude 9,0 capable de provoquer un tsunami dévastateur avec des vagues culminant à 30 mètres, soit presque aussi hautes que celles qui ont frappé la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi en 2011, relate le Japan times.

Les préfectures japonaises d’Hokkaido et Iwate, situées dans la partie nord du pays, sont menacées par un tremblement de terre de magnitude 9,0 qui, selon le pire scénario, est «imminent», écrit le Japan times.

 

Mammoth Lakes

© CC0 / IOLIYARNIK

La Californie centrale secouée par un séisme de magnitude 5,2

 

Ces pronostics ont été présentés mardi 28 avril lors d’une réunion gouvernementale. Les experts pensent que l’épicentre du futur séisme se trouvera dans la zone où se rencontrent les fosses du Japon et des Kouriles.

Ils ajoutent que le séisme pourrait provoquer un tsunami avec des vagues de 30 mètres de haut. L’analyse des sédiments montre qu’au cours des 6.000 dernières années, des vagues géantes ont déjà inondé à plusieurs reprises les territoires côtiers de sept préfectures du pays.

Un Fukushima bis?

Compte tenu du fait que le 11 mars 2011 le tremblement de terre de magnitude 9,0, qui s’est accompagné d’un tsunami avec des vagues atteignant 30 mètres, a fait plus de 18.500 morts et disparus, un tsunami comparable aurait de nouveau des conséquences terribles sur le pays.

 

Un séisme (image d'illustration)

© AFP 2020 TED ALJIBE

Un séisme de magnitude 4,6 secoue le nord de l'Italie et se fait ressentir en France

 

«Un tremblement de terre de cette catégorie serait difficile à gérer en développant une infrastructure lourde [les digues côtières, ndlr]. Pour sauver des vies, la politique de base serait l’évacuation», explique Kenji Satake, sismologue de l’Université de Tokyo.

Le 11 mars 2011, un gigantesque tsunami a frappé la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, rompant son alimentation électrique de secours et son système de refroidissement après quoi la fonte du combustible dans trois réacteurs a entraîné la contamination de vastes territoires aux alentours du site. Quelque 470.000 personnes ont été évacuées de leur domicile au cours des premiers jours. La centrale a été définitivement fermée fin 2013, mais la décontamination se poursuit toujours aujourd’hui.

https://fr.sputniknews.com/international/202004291043680142-vers-un-deuxieme-fukushima-un-seisme-de-magnitude-90-serait-imminent/