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LE VENEZUELA REFUSE LA NOUVELLE AGRESSION DU PRESIDENT COLOMBIEN

Par Le 31/07/2021

30 Juillet 2021

Caracas, 30 juillet (Prensa Latina) Le président de l'Association des Colombiens au Venezuela Juan Carlos Tanus a nié vendredi les affirmations du président Ivan Duque selon lesquelles l'État bolivarien était appelé un parrain du terrorisme. 

Duque joue à dissimuler la situation interne de la Colombie, où se développe une politique de violence contre la population civile, liée à l'assassinat systématique de militants des droits de l'Homme et à des exécutions extrajudiciaires, a dit Taus à Prensa Latina.

Le représentant de l'importante communauté de Colombiens vivant en territoire vénézuélien - dont beaucoup ont été déplacés pendant des décennies par le conflit interne, le trafic de drogue et le paramilitarisme - a remis en question la légitimité de la prétendue guerre antiterroriste promue par les États-Unis menée en fonction de leurs intérêts.

Cette semaine, le ministre des affaires étrangères Jorge Arreaza a mis en doute le cynisme de la demande faite par le leader néo-granadien à Washington d'inclure le Venezuela dans sa liste fallacieuse de pays parrainant le terrorisme.

“Iván Duque, ne soyez pas si cynique. Vous êtes à la tête d'un narco-gouvernement qui exporte de la drogue et de la violence. Une fabrique de terroristes au pouvoir qui a liquidé l'option de la paix interne et envoie des mercenaires pour générer de la violence et assassiner des présidents dans la région", a écrit Arreaza sur la plateforme communicative.

À cet égard, Tanus a affirmé que l'administration Duque cherchait à détourner l'attention internationale du rôle de la Colombie en tant qu'"exportateur" de la terreur paramilitaire, une situation attestée par la participation d'anciens militaires de ce pays au récent assassinat du président haïtien Jovenel Moïse.

“Cette expression cherche à couvrir les massacres, la persécution des acteurs sociaux qui réclament une solution différente des balles assassines du gouvernement colombien", a rajouté l'activiste.

Selon les preuves fournies par l'exécutif bolivarien, y compris les témoignages de mercenaires capturés, la Colombie a prêté son territoire pour la planification de la décevante opération Gideon, visant à réaliser un assassinat et un coup d'État au Venezuela.

jcc/oda/wup/cvl

source:http://frances.prensa-latina.cu/index.php?option=com_content&view=article&id=886845:le-venezuela-refuse-la-nouvelle-agression-du-president-colombien&opcion=pl-ver-noticia&catid=99&Itemid=101

Tag(s) : #Venezuela

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COLOMBIE : LE DRAME DES DEPLACEMENTS FORCES

Par Le 22/07/2021

21 Juillet 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-07-21 11:09:47

      

Par : Maria Josefina Arce

 

Les déplacements forcés continuent d’être une constante en Colombie, sans qu’il y ait de réponse effective du gouvernement que préside Ivan Duque. Des dizaines de milliers de personnes ont quitté leurs foyers en raison de l’escalade de la violence provoquée par les groupes armés irréguliers qui se disputent le contrôle des territoires.

Le Bureau du Défenseur du peuple a signalé que ce problème s’était aggravé au cours du premier semestre de cette année, par rapport à 2020, en raison des menaces, des homicides, du recrutement forcé et de la présence d’explosifs.

Plus de 44 000 Colombiens, soit environ 15 300 familles, ont été contraints de quitter leurs logements dans les premiers mois de 2021.

Cela suppose, a souligné le Bureau du Défenseur du peuple, une augmentation de 256 % par rapport aux données recueillies au cours de la même période l’année dernière.

Au cours des six premiers mois de cette année, 102 déplacements massifs ont été enregistrés, ce qui représente une augmentation notable par rapport à l’année précédente, où ils étaient au nombre de 51.

Parmi les départements les plus touchés, on trouve encore Nariño, Valle del Cauca, Chocó et Antioquia, tandis que les communautés indigènes, celles d’ascendance africaine et des paysans pauvres sont les plus touchées par cette situation, étant situées dans des zones plus vulnérables où l’État n’est jamais arrivé.

Ce sont des régions dans lesquelles les politiques sociales et de sécurité ne garantissent pas la protection et le respect des droits de l’homme de ces citoyens, qui voient leurs possibilités d’accès aux biens et services de base se compliquer davantage; au milieu par ailleurs de l’urgence sanitaire à cause du COVID 19.

Le dernier rapport de l’Agence de l’ONU pour les réfugiés révèle l’ampleur du problème. La Colombie occupe la première place mondiale parmi les habitants expulsés de leur lieu de résidence.

Selon l’Unité pour les victimes, citée par l’agence de presse Prensa Latina, de 1985 à 2020, plus de huit millions de Colombiens ont été contraints de quitter leurs foyers à cause des violences.

D’innombrables personnalités et associations des droits de l’homme ont attiré  l’attention des autorités sur ce drame. L’ancienne législatrice Piedad Córdoba a affirmé que ce sont des Colombiens et des Colombiennes censés être protégés par la Constitution, ils ont le droit d’être protégés, mais, a-t-elle souligné, ils sont seuls.

Le Consultant pour les droits de l’homme et les déplacements en Colombie a souligné l’importance de prendre en compte chaque aspect du problème, car il faut tenir compte de l’augmentation du nombre de massacres et d’assassinats de dirigeants sociaux, avec une forte influence sur ceux qui quittent leurs maisons.

La Colombie est marquée par le drame du déplacement forcé engendré par la vague de violence qui persiste et semble n’avoir pas de fin dans la nation sud-américaine, et dont la société réclame la paix.

source : https://www.radiohc.cu/fr/especiales/comentarios/264559-le-drame-des-deplacements-forces-en-colombie

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COLOMBIE : UN 52ème MASSACRE DEPUIS LE DEBUT DE L’ANNEE

Par Le 15/07/2021

15 Juillet 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-07-14 08:45:24

      

Bogota, 14 juillet (RHC) L’Institut de Hautes Études pour le Développement et la Paix, INDEPAZ, a dénoncé un massacre dans la municipalité d’Alcalá, située dans le département colombien du Valle del Cauca dans le sud-ouest.

Selon Indepaz, des hommes armés ont attaqué un groupe de personnes dans une zone connue sous le nom de Piedras de Moler, tuant trois personnes, dont un mineur d’à peine six ans, "Les deux autres hommes ont été identifiés comme Wilmar Antonio Mejia Morales et Wilder Salazar Nieto", ajoutent-ils.

"La mère du mineur assassiné, l’oncle et deux autres personnes ont été blessés, et ont donc été transportés à l’hôpital San Juan de Dios, près du lieu", détaille le rapport d’Indepaz.

L’Institut signale qu’au cours des dernières semaines, des affrontements armés ont éclaté à Alcalá et à Cartago entre bandes en raison de différends territoriaux, les Autodédenses Gaitanistas de Colombie (AGC), la bande de Los Flacos, étant présentes dans les zones, Les Cofla et l’Armée de libération nationale (ELN).

Outre la crise sanitaire provoquée par la pandémie de Covid-19, les Colombiens continuent à être victimes de la violence. Indepaz signale que 52 massacres ont été perpétrés au cours de l’année et 90 dirigeants sociaux ont été assassinés.

 (Telesur)

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/263807-un-autre-massacre-en-colombie-le-52e-de-lannee

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http://mouvementcommuniste.over-blog.com/2021/07/un-autre-massacre-en-colombie-le-52e-de-l-annee.html

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DES NOUVELLES DE LA COLOMBIE

Par Le 13/07/2021

12 Juillet 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-07-11 17:55:45

      

Par : Guillermo Alvarado

 

Sans aucun doute, la principale nouvelle reçue cette semaine depuis la Colombie, l’un des pays les plus violents du continent, concerne l’inculpation formelle de 10 militaires et d’un civil, présumés responsables de la mort de 120 personnes dans l’affaire dite "faux positifs".

La mesure a été prise par le tribunal de la Juridiction Spéciale pour la Paix, JEP, un organisme créé par les accords signés entre le gouvernement de l’ancien président Manuel Santos et les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie, pour mettre fin à près de six décennies de guerre.

L’entité a pour objectif de juger et de punir les responsables de crimes et de violations graves des droits de l’homme commis par les deux parties tout au long du conflit armé interne.

Il s’agit de la première fois que les détenus sont des membres de l’armée liés au scandale des faux positifs, une action qui a consisté à assassiner des jeunes pour ensuite les faire passer pour des guérilleros tombés au combat et obtenir des prix, promotions et autres privilèges.

Bien qu’il ne soit fait mention ici que de 120 des victimes de ce comportement répréhensible, en réalité, environ 6400 civils ont ainsi été tués entre 2002 et 2009.

On estime que 78 % des décès ont eu lieu sous l’ancien président Alvaro Uribe, qui a mis en place un système de reconnaissance des unités militaires qui s’étaient rendues coupables d’avoir causé des pertes à l’adversaire.

C’est ainsi que l’on a favorisé la pratique consistant à recruter des jeunes pour effectuer des travaux dans des lieux éloignés de leur domicile, qui sont ensuite exécutés et leurs corps vêtus d’uniformes semblables à ceux des rebelles.

Le scandale a éclaté en 2008 et, depuis lors, certains commandants de l’armée ont été déférés devant les tribunaux, qui ont traité l’affaire comme des "cas isolés", sans rapport les uns avec les autres.

Maintenant, cependant, la JEP a établi l’existence d’un modèle de macro-criminalité dans lequel pourraient être impliqués plus de mille militaires, qui ont répété ces actes dans au moins dix départements de la Colombie.

Malgré les preuves, Uribe a rejeté toute responsabilité et est en fait l’un des plus actifs opposants aux Accords de paix de 2016, en particulier à l’existence de la JEP.

Il s’agit d’une blessure ouverte dans la société colombienne, parmi les nombreuses blessures provoquées par plus d’un demi-siècle de guerre interne et de violence, impliquant une grande diversité d’acteurs, dont le crime organisé et les groupes armés irréguliers au service des propriétaires terriens.

Trop d’ingrédients pour trouver de vraies formules de réconciliation.

source : https://www.radiohc.cu/fr/especiales/comentarios/263517-des-nouvelles-de-la-colombie

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ASSASSINAT D’UN AUTRE DIRIGEANT PAYSAN COLOMBIEN

Par Le 06/07/2021

6 Juillet 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-07-05 17:44:01

 

 

 

Bogota, 5 juillet (RHC) L’Association Paysanne pour le Développement du Haut Sinú (Asodecas) a dénoncé l’assassinat d’un chef paysan dans le département de Córdoba, situé dans le nord de la Colombie.

Selon Asodecas, la victime s’appelait José Gregorio Luguez, l’incident a été enregistré dans une zone connue sous le nom de Loma Colorada, située dans le département de Palmira, "il était le père célibataire de trois mineurs, dont un handicapé physique", ajoutent-ils.

L’Association paysanne a également précisé que Gregorio Luguez faisait partie du Programme national de substitution volontaire des cultures illicites (PNIS)créé à la suite de la signature de l’Accord de paix en 2016 entre l’État colombien et les anciennes Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée du Peuple (FARC-AP).

"José Gregorio était affilié au Conseil d’administration de Vereda La Chica, qui est lui-même affilié à Asodecas. Nous demandons justice pour sa mort et solidarité pour ses enfants maintenant sans défense", a déclaré Asodecas.

Le génocide en Colombie ne cesse pas, l’Institut d’études pour le développement et la paix (Indepaz) rapporte qu’en seulement six mois de 2021, 84 leaders sociaux ont été assassinés et depuis la signature de l’Accord de paix en 2016, 1200 dirigeants ont été abattus.

Outre les assassinats systématiques, le pays sud-américain souffre également du phénomène des massacres. Au cours de cette année Indepaz en compte 47, qui ont pour épicentre les départements du Cauca et du Chocó.

(Telesur)

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/262911-un-autre-dirigeant-paysan-colombien-assassine

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ONU : DES ORGANISATIONS DE DROITS DE L’HOMME DENONCENT 327 DISPARITIONS EN COLOMBIE

Par Le 02/07/2021

2 Juillet 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-07-01 18:14:18

 

Bogota 1 juillet (RHC) Des organisations de défense des droits de l’Homme ont dénoncé de "graves violations" contre des manifestants en Colombie et elles ont demandé à l’ONU de condamner la "brutale répression" de la force publique.

Dans un communiqué adressé à l’Organisation des Nations Unies (ONU), les organisations colombiennes des droits de l’homme, soutenues par 300 autres organismes du monde entier, ont dénoncé les "tortures" et les "centaines de disparitions" parmi les manifestants qui, depuis plus de deux mois, protestent contre le gouvernement du président colombien, Iván Duque.

"Depuis le 28 avril et jusqu’au 28 juin, 83 homicides, 327 personnes disparues et des milliers d’arrestations arbitraires ont été signalés", lit-on dans le rapport, qui sera remis au Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, en Suisse, où l’organisme se réunira du 21 juin au 13 juillet.

Le document indique que 27 des personnes tuées étaient des "victimes" de l’escadron mobile antiémeute (Esmad) et que d’autres ont été tuées par des "civils armés non identifiés, qui agissent souvent avec la complicité d’agents des forces armées de l’État".

Le rapport précise également que "quelque 3 200 manifestants" ont été détenus "arbitrairement" sans garantie de leur droit à une procédure régulière, ce qui les a exposés à des "tortures et traitements cruels, inhumains et dégradants". "Un autre fait particulièrement préoccupant est la pratique de la disparition forcée [...] À ce jour, 327 personnes sont toujours portées disparues", indique-t-il.

La police antiémeute Esmad a une fois de plus réprimé des manifestants antigouvernementaux à Bogota, la capitale de la Colombie, ont dénoncé des groupes de défense des Droits de l’Homme.

Selon le texte, les violences contre les manifestants comprennent "des passages à tabac, des coups de poing avec des objets contondants, des décharges électriques, des menaces de disparition forcée, la nudité forcée et la violence sexuelle et sexiste, y compris le viol".

En outre, le rapport indique que les groupes autochtones et les minorités, les défenseurs des droits de l’homme, le personnel médical et les journalistes sont particulièrement visés.

L’explosion sociale dans le cadre de la grève nationale dure depuis deux mois en Colombie. Les Colombiens sont descendus dans les rues des principales villes, sous le mot d’ordre "Pour la vie, la paix, la démocratie et contre les politiques néolibérales du gouvernement d’Ivan Duque".

Les indignés ont exigé justice pour les assassinats, des centaines de disparus, des milliers de blessés et des dizaines de victime de lésions oculaires par la police et l’Esmad, qui ont violemment attaqué les manifestants.

L’organisation non gouvernementale de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) pour les Amériques a signalé ce même jour qu’elle avait reçu 81 plaintes "crédibles" faisant état de décès survenus dans le cadre de manifestations en Colombie.

Par ailleurs, la désapprobation du président Iván Duque est passée de 59 à 76 pour cent, depuis le début des mobilisations antigouvernementales en Colombie, a révélé aujourd’hui un sondage de la société Invamer.

Selon l’étude, seulement 23 % des Colombiens approuvent la gestion du présidente que la population tient pour responsable de la violence dans le contexte de la grève nationale.

Dans une autre section, le sondage a posé des questions sur la gestion des maires et leur acceptation par les citoyens, et dans ce sens Mme le Maire de Bogota, Claudia Lopez, a une acceptation de 47 pour cent, tandis que 50 pour cent désapprouve son travail.

D’un autre côté, 82 % des habitants de Bogotá pensent que la situation dans la capitale colombienne empire.

La grève nationale en Colombie a commencé le 28 avril dernier contre une réforme fiscale proposée par le gouvernement de Duque qui augmenterait les impôts et affecterait la classe moyenne et les plus pauvres.

Bien que la réforme fiscale présentée par l’exécutif ait été retirée deux jours après les mobilisations massives, la protestation sociale continue.

Dans ce scénario, la répression policière fait des dizaines de morts, des centaines de blessés et de disparus, des abus sexuels, des lésions oculaires, des tortures et des disparitions, selon des allégations d’organisations des droits de l’homme.

La communauté internationale exhorte le gouvernement à freiner l’action de la police, qui dispose de moyens militaires, par décret, et insiste sur le respect des droits de l’homme.

Source Hispan TV

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/262507-des-organisations-de-droits-de-lhomme-denoncent-a-lonu-327-disparitions-en-colombie

 

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COLOMBIE : LA MAJORITE DE LA POPULATION APPROUVE LA GREVE NATIONALE COMMENCEE LE 28 AVRIL

Par Le 11/06/2021

10 Juin 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-06-09 18:43:22

 

 

Bogotá, 10 juin (RHC) 75 pour cent des Colombiens estiment que le pays doit rester en grève, un mois après le début de cette mesure contre le gouvernement d’Ivan Duque, a révélé aujourd’hui une enquête de la société Mobimetrics.

Selon les recherches, dans toutes les régions, la réponse en faveur de la grève dépasse 70 pour cent, mais à Bogota et à Cundinamarca elle est de 78 pour cent.

Cependant, en ce qui concerne les résultats d’une quelconque négociation entre le Comité national de grève et le gouvernement, seulement 27 pour cent ont montré de l’optimisme, 58 pour cent des répondants ont exprimé peu d’optimisme et 15, rien.

En ce qui concerne les mobilisations, 85 pour cent ont indiqué que les protestations se poursuivent et que le pays sud-américain n’est toujours pas revenu à la normale, plongé dans une explosion sociale depuis le 28 avril dernier lorsque la grève a commencé contre les politiques économiques du gouvernement d’Ivan Duque.

Le sondage a inclus un échantillon de deux mille personnes de plus de 18 ans via des appareils mobiles et il a une marge d’erreur de cinq pour cent pour un niveau de confiance de 95 pour cent.

 

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/260203-la-majorite-de-la-population-colombienne-approuve-la-greve-nationale

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COLOMBIE : A CALI, LES FORCES DE REPRESSION TIRENT A BALLES REELLES ET TUENT 4 JEUNES GENS ET EN BLESSENT 20 AUTRES

Par Le 07/06/2021

7 Juin 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-06-06 17:31:29

 

 

Bogota, 7 juin (RHC) Le Réseau des Droits de l’Homme Francisco Javier Ocampo Cepeda a dénoncé qu’à la suite d’une opération des forces de sécurité colombiennes dans le sud-ouest de la ville de Cali, quatre jeunes ont été tués et 20 autres blessés.

L’opération conjointe entre la Police nationale, l’Escadron mobile antiémeute (Esmad), la Task Force Spéciale de Sécurité (GOES) et l’Armée, a eu lieu au point de résistance Passage du Commerce, dans le cadre des mobilisations de la Grève Nationale en cours depuis le 28 avril dernier.

Dans un communiqué, l’organisme humanitaire a précisé que le bilan était de "quatre jeunes tués par balle, plus de 20 blessés, un grièvement, et plus de quinze jeunes arbitrairement arrêtés.

De même, il y a eu des arrestations largement illégales avec l’usage excessif de la force, des traitements cruels et dégradants, trois perquisitions arbitraires, des journalistes agressés et menacés, des missions médicales attaquées, des disparitions forcées et le harcèlement permanent de la communauté «a-t-il souligné.

Le Réseau des Droits de l’Homme, après avoir donné des détails sur ces actions répressives, a mis en cause le gouvernement du président colombien Iván Duque "pour les violations systématiques des droits de l’homme dans la ville de Cali et dans toutes les régions du pays où la population exerce son droit légitime à la protestation sociale".

Dans la nuit de ce samedi, des dizaines de membres de la communauté de Cali ont effectué une veillée pour les jeunes assassinés.

L’une de ces veillées a eu lieu au col du commerce, appelé Paso del Aguante, qui a été attaqué par les forces de sécurité.

L’autre point où les gens ont placé des veillées était dans le secteur de Loma de la Cruz, où l’on a rendu hommage à feu Cristian Sánchez.

Des utilisateurs des réseaux sociaux ont dénoncé qu’à ce moment-là il y avait eu une intervention d’éléments de l’Esmad qui ont dispersé les participants à la veillée.

Source Telesur

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/259797-cali-les-forces-de-represssion-tuent-quatre-jeunes-et-blessent-20-autres

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COLOMBIE : LE PRESIDENT CITE A COMPARAITRE POUR ECLAIRCIR LE MOTIF DE LA MILITARISATION

Par Le 06/06/2021

6 Juin 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-06-04 17:07:29

Bogota, 5 juin (RHC) Le Tribunal administratif de Cundinamarca a ordonné aujourd’hui au président Iván Duque de s’expliquer sur le décret 575 de 2021, par lequel il a ordonné une assistance militaire à la police dans huit départements de Colombie.

Il a ordonné d’entendre le président afin qu’il 'fasse un rapport sur les raisons qui l’ont amené à déterminer s’il était nécessaire que les forces militaires apportent un appui temporaire au travail accompli par les membres de la Police nationale'.

Le 28 mai dernier, le gouvernement a promulgué le décret 575 de 2021, lorsque la grève a atteint son premier mois, après une escalade de la violence contre les participants aux manifestations antigouvernementales.

La Cour a également demandé à la police des informations sur les actions menées contre les mobilisations dans le contexte de la Grève Nationale.

Il a également appelé le Haut-Commissaire pour la paix à élaborer un rapport sur les négociations avec le Comité national de Grève pour résoudre la crise dans le pays.

En outre, le Bureau du Procureur, le Bureau du Procureur général et le Bureau du Défenseur du peuple ont été convoqués pour témoigner sur les enquêtes menées afin de faire la lumière sur les exactions et les abus commis par des agents en uniforme.

Il a également ordonné à la procureure Margarita Cabello, au procureur général, Francisco Barbosa, et au médiateur, Carlos Camargo, d’élaborer un rapport bref et détaillé sur les suites données aux dénonciations, aux plaintes et à d’autres situations particulières soulevées lors des différentes journées de protestation.

 

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/259677-le-president-de-la-colombie-est-cite-a-comparaitre-pour-eclaircir-le-motif-de-la-militarisation

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COLOMBIE : LE COMITE DE GREVE DEFIE DUQUE ET APPELLE A LA « PRISE DE BOGOTA »

Par Le 05/06/2021

4 Juin 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-06-03 15:28:43

      

Bogota 4 juin (RHC) La Centrale Unitaire des Travailleurs (CUT) de Colombie a annoncé une grande mobilisation pour la "prise de Bogota" contre les politiques néolibérales de Duque le 9 juin.

Dans des déclarations faites au quotidien El Tiempo, le procureur de la CUT, Fabio Arias, a évoqué les négociations du gouvernement du président colombien, Iván Duque, avec le Comité national de Grève (CNP), qui n’ont pas connu de plus grands progrès depuis le 13 mai.

Il a notamment souligné que le gouvernement cherche à "user" les forces en grève en retardant la signature des pré-accords, "nous savons avec une totale certitude que nous sommes en train de se moquer de nous", a-t-il souligné.

"Face au refus du Gouvernement de signer le pré-accord sur les garanties pour exercer la protestation sociale, conclu le 24 mai, et face au retard permanent pour le signer et installer des tables de négociation, on invite à la prise de Bogota", a souligné Arias.

Il a également affirmé qu’ils lanceraient un appel dans plusieurs villes pour se concentrer sur la capitale, car, selon Arias, face à la lenteur du Gouvernement, ce qui reste au Comité National de Grève est la « réactivation » des manifestations et le renforcement du mouvement avec d’autres secteurs sociaux du pays.

Des syndicats, des étudiants, des travailleurs et d’autres groupes sociaux sont descendus dans la rue, cherchant à faire pression sur le gouvernement d’extrême droite d’Ivan Duque afin de promouvoir des changements économiques et sociaux.

Les protestations que connaît la Colombie sont dues, entre autres, aux propositions fiscales avancées par l’exécutif de Duque. Pendant 37 jours consécutifs, les citoyens ont également élevé la voix contre la militarisation du pays et la main dure de la police antiémeute et des militaires.

Le Comité national de Grève et le Gouvernement ont déjà tenu 10 réunions pour trouver un accord sur les garanties de la protestation sociale. Toutefois, les progrès réalisés ne sont pas suffisants. Les représentants des mobilisations regrettent que Duque refuse de signer l’accord préalable consensuel.

 

Source Hispan TV

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/259546-le-comite-de-greve-defie-duque-et-appelle-a-la-prise-de-bogota

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COLOMBIE : UNE MISSION INTERNATIONALE CONFIRME LA VIOLATION DES DROITS DE L’HOMME

Par Le 05/06/2021

5 Juin 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-06-04 17:12:20

      

Bogotá, 5 juin (RHC) La Mission de solidarité internationale et des droits de l’homme qui est arrivée en Colombie le 25 mai a confirmé dans un rapport rendu public aujourd’hui l’excès de la force publique contre les mobilisations pacifiques.

Dans ses conclusions, le collectif avertit que l’État colombien doit faire l’objet d’une enquête parce qu’à travers ses forces de sécurité régulières et irrégulières, il aurait fait disparaître, assassiné, torturé, maltraité, persécuté, menacé et intimidé de vastes secteurs du peuple.

Le texte indique que la répression déchaînée a empêché, limité et conditionné la participation politique, le droit de réunion et le droit de manifester.

Elle estime que le gouvernement colombien  doit faire l’objet d’une enquête pour le déploiement militaire et policier contre la population civile et sans défense, pratiques qui s’inscrivent dans la logique de la guerre, en disposant à cet effet d’armes sophistiquées et meurtrières et de comportements brutaux et inhumains de la part de ses troupes.

'L’Etat colombien doit faire l’objet d’une enquête pour avoir identifié comme ennemi intérieur la majorité de son peuple', représenté par des jeunes de quartiers populaires, des étudiants, des femmes, des membres de la communauté LGTBIQ, des paysans, des ouvriers, des indigènes, des personnes d’ascendance africaine, entre autres -indique la note-.

Elle souligne que le peuple colombien a droit à l’ouverture de toutes les instances juridictionnelles, nationales et internationales pour obtenir la réparation intégrale, à travers la vérité et la justice.

La Mission internationale est arrivée en Colombie, convoquée par diverses organisations sociales, plates-formes des droits de l’homme, espaces syndicaux et ecclésiastiques, entre autres, dans le but de constater sur place la grave situation dénoncée.

Elle ajoute dans son rapport préliminaire sur les violations des droits de l’homme que, dans tout le pays, la majorité de la population est descendue dans les rues avec un slogan unifiant  « Faire la grève pour avancer ».

Non seulement les mesures antipopulaires accentuaient la crise, mais elles touchaient aussi les secteurs les plus frappés par la pandémie, a-souligné le rapport.

L’État colombien a réprimé la protestation sans discernement et brutalement avec un raisonnement instructif qui s’est néanmoins retourné contre lui, ajoute-t-il.

Non seulement le chômage s’accentuait, mais chaque jour les marches se nourrissaient de citoyens et de citoyennes désireux d’exprimer leur mécontentement et leur résistance.

'Le parcours que la Mission a fait, a permis de constater l’adhésion massive aux raisons qui ont motivé la protestation', a-t-il souligné.

 

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/259679-une-mission-internationale-confirme-la-violation-des-droits-de-lhomme-en-colombie

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POURQUOI "ISRAËL" AIDE LA COLOMBIE A REPRIMER LES MANIFESTANTS

Par Le 04/06/2021

Pourquoi Israël aide la Colombie à réprimer les manifestants

Par Alan MacLeod

Mondialisation.ca, 03 juin 2021

mintpressnews.com 28 mai 2021

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Des photos circulant sur les médias sociaux montrent les forces gouvernementales colombiennes utilisant des armes israéliennes contre les manifestants et des véhicules blindés Sand Cat de fabrication israélienne patrouillant dans les rues des villes colombiennes. Alan Macleod enquête sur les liens croissants entre ces alliés inattendus.

BOGOTA – Depuis plus un mois, une grève nationale paralyse la Colombie et fait l’objet d’une répression meurtrière de la part du gouvernement d’extrême droite d’Ivan Duque. Alors que les syndicats ont fermé les grandes villes, interrompant les transports en commun et bloquant l’économie du pays, les forces gouvernementales ont répondu par la violence. Selon les chiffres du gouvernement, au moins 44 personnes ont été tuées lors des manifestations qui ont débuté le 28 avril. En outre, 500 personnes ont été portées disparues, plus de 100 ont été atteints par des tirs à balles réelles et au moins 28 ont été blessées à l’œil par la police, par la célèbre brigade anti-émeute ESMAD ou par des organisations paramilitaires liées à l’État.

La répression de la dissidence est encouragée par le gouvernement israélien, qui doit lui-même faire face à une vaste révolte économique, militaire et sociale de sa population palestinienne captive. En dehors des États-Unis, Israël est le principal fournisseur d’armes de l’armée et des paramilitaires colombiens, et la police et l’armée colombiennes ont utilisé leur formation et leurs armes israéliennes contre leur propre révolte intérieure.

L’État a essentiellement déclaré la guerre aux citoyens, transformant les rues et les quartiers en champs de bataille pour tenter de faire passer les politiques néolibérales très controversées du président Duque, qui supprimeraient les soins de santé publics, privatiseraient les retraites, réduiraient le salaire minimum et prélèveraient une taxe de 19% sur les aliments de base, mesures que les critiques considèrent comme une attaque en règle contre la majorité de la classe ouvrière colombienne. Le président ne montre aucun signe de recul, bien que sa cote de popularité ait chuté à 18%, un niveau historiquement bas pour les chefs d’État colombiens.

Liens avec l’armée

Des photos circulant sur les médias sociaux montrent les forces gouvernementales utilisant des armes israéliennes contre les manifestants, tandis que des véhicules blindés Sand Cat de fabrication israélienne circulent dans les rues des principales villes de Colombie. Les fusils standard de toutes les branches de l’armée et de la police sont israéliens ; l’armée utilise le Galil d’IMI, les forces spéciales utilisent le Tavor d’IWI, tandis que l’armée de l’air, la marine et la police préfèrent l’Ace d’IWI.

Vous trouverez ci-dessous une image de la police colombienne utilisant le fusil d’assaut Tavor TAR-21 de fabrication israélienne dans les rues.

 

Duque a envoyé l’armée dans plusieurs des plus grandes villes de Colombie pour faire face à la grève nationale, une décision condamnée par les groupes de défense des droits de l’homme. Ces forces ont été formées aux « techniques de contre-terrorisme et de combat » par des attachés des Forces de Défense israéliennes (FDI) afin de partager leur expertise en matière d’écrasement de la résistance intérieure. Ainsi, tout Palestinien qui se rendrait en Colombie en ce moment pourrait ressentir un étrange sentiment de familiarité avec ce qui se passe.

« Les entrepreneurs militaires privés israéliens sont fortement impliqués avec l’armée colombienne en termes de formation militaire, de conduite d’opérations anti-insurrectionnelles, de collecte de renseignements, d’assassinats ciblés, d’interventions militaires transfrontalières dans des États comme le Venezuela, parallèlement à la guerre hybride en général, et plus encore. En tant que deuxième partenaire militaire le plus important après les États-Unis, Israël peut être considéré comme un soutien clé du terrorisme d’État colombien, qui a fait ses preuves », a déclaré Oliver Dodd à MintPress par téléphone depuis Bogota. Dodd est un chercheur à l’Université de Nottingham qui couvre la guerre civile colombienne.

 

En septembre 2020, alors que les paramilitaires de droite se livraient à de nombreux
massacres en Colombie, l’armée israélienne a donné une formation de plusieurs
jours aux forces spéciales de l’armée colombienne.
Ils ont même fabriqué ces affreux écussons pour commémorer leur alliance.

Des drones israéliens ont également été repérés dans le ciel colombien, le gouvernement les utilisant pour la surveillance et le renseignement militaire. AMnetpro SAS, une société créée par deux hommes d’affaires israéliens, fournit également aux forces colombiennes des systèmes de reconnaissance faciale et d’autres technologies de sécurité.

Le plus inquiétant est peut-être qu’Israël a également formé directement des groupes paramilitaires d’extrême droite responsables de la plupart des pires actes de terreur dans le pays au cours des cinquante dernières années. Carlos Castaño, commandant des AUC, peut-être le plus notoire et le plus impitoyable de tous, s’est rendu en Israël pour étudier et être formé par le tristement célèbre mercenaire israélien et ancien lieutenant-colonel des FDI Yair Klein, qui affirme avoir été invité en Colombie pour former la police nationale. Dodd a expliqué l’intérêt pour le gouvernement colombien d’utiliser le savoir-faire israélien :

« Les vétérans de Tsahal sont également très impliqués dans le conflit colombien. L’État colombien compte beaucoup sur ces mercenaires israéliens – appelés « contractants militaires privés » par les apologistes – dans le sens où ils sont recrutés pour importer leur vaste expertise en matière de contre-insurrection développée dans la lutte contre les Palestiniens. Le fait que ces mercenaires ne soient pas techniquement membres des forces armées colombiennes et ne portent pas les uniformes officiels de l’armée, leur permet de fournir à l’État un déni plausible pour les crimes d’agression contre le mouvement révolutionnaire et d’autres forces progressistes ».

Les mercenaires israéliens se sont tellement normalisés dans la société colombienne que, alors que le président Juan Manuel Santos apparait dans une publicité pour la société de mercenaires israélienne Global CST, il déclare : « Ce sont des gens qui ont beaucoup d’expérience. Ils nous ont aidés à mieux travailler », déclare-t-il.

 

Liens politiques

La Palestine a également des liens avec l’Amérique latine, et la communauté palestinienne s’y porte bien. Ces derniers temps, un certain nombre de Palestiniens ont accédé à de hautes fonctions dans la région, notamment Carlos Roberto Flores, président du Honduras de 1998 à 2002, Antonio Saca, président du Salvador de 2004 à 2009 et Yehude Simon, premier ministre du Pérou de 2008 à 2009.

Alors que le continent s’est déplacé vers la gauche dans les années 2000, presque toute la région a commencé à reconnaître la Palestine comme un État indépendant. Pendant des années, la Colombie a été le seul pays d’Amérique du Sud à résister, et elle l’a fait jusqu’en 2018.

Au même moment, le président Duque faisait clairement connaître sa position. L’année dernière, il s’est exprimé devant l’AIPAC, le groupe de pression pro-israélien le plus puissant d’Amérique, où il a annoncé que la Colombie ouvrirait un « bureau d’innovation » à Jérusalem occupée, à un pas de défier le droit international en y déplaçant l’Ambassade colombienne. Il a également dénoncé une supposée présence du Hezbollah au Venezuela voisin, désignant le groupe libanais et ennemi militaire d’Israël comme une organisation terroriste – un geste qui a probablement plus à voir avec le fait de se faire des amis qu’avec de véritables craintes en matière de sécurité.

Tout au long de ces derniers bombardements de Gaza, qui ont fait environ 250 morts, près de 2 000 blessés et des dizaines de milliers de personnes déplacées, le gouvernement colombien s’est tenu aux côtés de son allié, condamnant les tirs de roquettes sur Israël. « La Colombie exprime sa profonde préoccupation face aux actes terroristes et aux attaques contre Israël et exprime sa solidarité avec les victimes de ces actions », a-t-il écrit. Il n’y a eu aucune réprimande des missiles israéliens, bien plus meurtriers, qui frappent Gaza.

Un cycle de dépendance

L’alliance politique naissante a entraîné un approfondissement des liens économiques. En 2013, les deux nations ont signé un accord de libre-échange. « C’est un moment historique dans les relations entre l’État d’Israël et la République de Colombie », a annoncé le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. « Ces décisions créent une plateforme de coopération entre nous qui portera notre partenariat, notre amitié, notre fraternité… à de nouveaux niveaux politiques et économiques ».

Pour l’essentiel, les échanges commerciaux entre les deux États consistent en des armes et du savoir-faire israéliens envoyés en Colombie en échange de réserves minérales de la nation sud-américaine. En 2011, les armes de qualité militaire représentaient 49,6% de toutes les exportations israéliennes vers la Colombie. Le charbon représente environ 89% de ce qui revient dans l’autre sens. Le reste est principalement constitué de produits agricoles (café, fruits, sucre, etc.).

La richesse minérale de la Colombie n’est exploitable qu’après des décennies de pressions exercées par l’armée et les paramilitaires associés pour expulser les Noirs et les indigènes de leurs précieuses terres, afin de permettre l’installation de sociétés transnationales de l’agroalimentaire et de l’énergie. L’armement et les conseils techniques israéliens ont joué un rôle crucial à cet égard. En conséquence, Israël est en mesure de récolter une partie des bénéfices, en gardant les lumières allumées chez lui grâce au charbon colombien bon marché, dans un accord qui profite aux Israéliens et aux grandes entreprises, mais qui blesse les populations et contribue au nettoyage ethnique des deux côtés du monde.

« Des avant-postes clés de la puissance américaine »

La Colombie et Israël sont les alliés les plus favorisés des États-Unis dans leurs régions respectives. Israël reçoit chaque année des milliards de dollars d’aide militaire, des armes qu’il teste souvent sur des populations civiles palestiniennes et qui peuvent ensuite être vendues dans les foires aux armes du monde entier comme « testées au combat ».

De même, la Colombie reçoit gratuitement d’énormes quantités d’armes américaines (pour une valeur de plus de 461 millions de dollars en 2021), principalement sous le couvert de la guerre contre la drogue discréditée. Le Plan Colombie – la militarisation de la guerre contre la drogue en Amérique latine – est surtout associé à l’administration Bush. Cependant, le cerveau de l’opération était en fait Joe Biden. « C’est moi qui ai mis en place le Plan Colombie… en redressant ce gouvernement depuis longtemps », s’est-il vanté l’année dernière. Pendant son mandat, Joe Biden prévoitd’étendre sa politique de la Colombie à l’Amérique centrale.

Ni la répression la plus récente d’Israël ni celle de la Colombie n’ont suscité la censure de l’administration Biden, le président ayant immédiatement annoncé qu’ »Israël a le droit de se défendre », alors qu’il pilonnait des cibles civiles à Gaza. De même, il n’y a eu aucun mot officiel de Washington sur la répression meurtrière des manifestants par le gouvernement colombien. En effet, le secrétaire à la Défense Lloyd Austin a rencontré son homologue colombien Diego Molano en début de semaine, où il a « exprimé son engagement à renforcer nos relations en matière de défense », selon ses propres termes.

« Israël et la Colombie sont des avant-postes clés de l’empire américain et, en tant que tels, sont autorisés à terroriser les populations civiles au nom de la lutte contre le terrorisme », a déclaré Belén Fernández, une journaliste qui couvre de près les relations entre le Moyen-Orient et l’Amérique latine. « Les deux États sont fermement liés aux États-Unis et l’un à l’autre dans ce qui s’apparente à un ménage à trois militaro-économique fondé sur la perpétuation de l’insécurité, des déplacements forcés et de la tyrannie de droite », a-t-elle ajouté.

Shimon Peres, d’Israël, à gauche, et Juan Santos, de Colombie, sourient à des soldats israéliens lors d’une cérémonie à Jérusalem, le 10 juin 2013. Sebastian Scheiner | AP

MintPress s’est également entretenu avec Manuel Rozental, un médecin et militant de longue date vivant dans le Cauca, où la récente répression a été la plus extrême. Rozental a vu un certain nombre de parallèles entre Israël et la Colombie.

« En ce moment, il y a un soulèvement en Colombie de la part de personnes qui en ont assez d’un régime qui ne fait qu’exploiter et qui recourt à la violence et à la force. La même chose se passe à Gaza », a-t-il déclaré.

« Dans les deux cas, soit les États-Unis ne disent rien, soit ils présentent les deux parties comme faisant partie d’un processus de polarisation pour dissimuler le fait qu’il existe un seul régime illégitime qui réprime et opprime les gens. Aucune de ces violences en Colombie n’aurait lieu sans le soutien des États-Unis et de leurs intérêts commerciaux. Et c’est également le cas en Israël ».

Le rôle de la Colombie dans le système est nettement similaire à celui d’Israël : elle est le principal lieutenant des États-Unis dans la région, attaquant le Venezuela, la Bolivie ou n’importe lequel de ses autres voisins progressistes. C’est également le principal emplacement des bases militaires américaines dans la région. Pour Rozental, les parallèles entre la Colombie et la situation israélo-palestinienne sont « évidents » :

« Israël est le fer de lance des intérêts américains au Moyen-Orient en échange d’un financement massif du gouvernement pour le soutien d’un régime de plus en plus fasciste sous le contrôle de Benyamin Netanyahou en tant qu’homme fort, comme l'[ancien] président Uribe en Colombie. Ce modèle génère d’énormes sommes d’argent pour l’industrie militaire américaine et a transformé Israël à la fois en une superpuissance militaire et en un producteur et exportateur de sécurité de guerre dans tout le Moyen-Orient et le monde ».

Les manifestants dans les deux pays sont frappés par des gaz lacrymogènes qui proviennent du même fabricant d’armes basé en Pennsylvanie qui fournit les deux régimes. Les deux nations sont également disposées à faire le sale boulot que les États-Unis préféreraient ne pas être pris à faire. Israël, par exemple, est devenu le principal fournisseur d’armes de la dictature fasciste chilienne du général Pinochet après que la pression de l’opinion publique a contraint le gouvernement américain à suspendre son aide militaire. Il a également fourni environ 95% de toutes les armes à la junte militaire argentine pro-américaine lorsqu’elle était au pouvoir (1976-1983).

Entre-temps, la surveillance accrue de la formation par les États-Unis de dizaines de milliers de policiers et de militaires latino-américains aux tactiques de répression a rendu les États-Unis moins enclins à poursuivre cette pratique, d’autant plus que de nombreux diplômés de la tristement célèbre École des Amériques de Fort Benning, en Géorgie, ont été reconnus coupables de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Evan King, directeur du programme Colombie pour le Collectif de Solidarité Witness for Peace à Bogota, a déclaré à MintPress :

« La Colombie est l’Israël de l’Amérique du Sud car elle a commencé à exporter ces tactiques dans toute la région. Les États-Unis adorent cela, la délocalisation de l’endoctrinement des forces militaires à l’étranger. Ils n’ont pas besoin de le faire parce que les Colombiens le font maintenant. Vous voyez donc les forces colombiennes former la police hondurienne, salvadorienne ou mexicaine. Plus récemment, vous avez vu les forces spéciales colombiennes se rendre en Haïti pour former les forces de sécurité haïtiennes, qui abattent maintenant aussi des manifestants dans les rues ».

Des États colonisateurs

L’expression « l’Israël de l’Amérique latine » était à l’origine une épithète contre la Colombie de l’ancien président vénézuélien Hugo Chavez, soulignant comment la Colombie est un outil de l’impérialisme américain. Toutefois, l’ancien président colombien Santos s’est approprié cette expression comme un compliment, déclarant son peuple israélite honoraire et soulignant leurs similitudes.

Les deux États sont en effet beaucoup plus semblables que beaucoup ne le pensent. Ce sont tous deux des gouvernements hautement militarisés qui mènent des guerres apparemment sans fin contre leurs populations indigènes, tout en utilisant la rhétorique de la poursuite d’un « processus de paix » qui ne semble jamais apporter la paix.

De même, les deux gouvernements qualifient leurs opposants de « terroristes ». En Colombie, ce sont les syndicats, les groupes de guérilla de gauche et les dirigeants indigènes et sociaux ; en Israël, ce sont les médecins, les journalistes et la population palestinienne en général. Ainsi, toute personne se mettant en travers de leur chemin peut être désignée comme terroriste et devient donc une cible légitime.

Des manifestants empêchent l’entrée d’un chat de sable israélien, de la même variété que celui vendu à la Colombie, dans une foire aux armes au Royaume-Uni. Mark Kerrison | Alamy

« Le type de paix que le gouvernement israélien souhaiterait est une paix où ils pourraient faire ce qu’ils veulent avec la terre et ne jamais la rendre. Et il y a une approche similaire au conflit qui se poursuit ici [en Colombie]. Le gouvernement est favorable au processus de paix, mais principalement en tant qu’outil permettant d’ouvrir le pays aux investissements étrangers », a déclaré King, ajoutant : « C’est là que je pense que la Colombie et l’Union européenne ont un rôle à jouer :

« C’est là que je pense que la Colombie et Israël sont très similaires ; la contre-insurrection n’est plus une tactique ou une stratégie pour faire face à une menace, mais c’est une façon de gouverner et une raison d’être de l’État. L’État n’est plus là pour fournir des services sociaux ou garantir les droits des gens, mais pour se protéger contre un ennemi intérieur à tout moment et à tout prix ».

Le gouvernement colombien, sous la direction d’Alvaro Uribe, le mentor de Duque, a supervisé une longue série de meurtres et de massacres extrajudiciaires qui ont fait jusqu’à 10 000 morts. Surnommé le « scandale des faux positifs », les forces gouvernementales assassinaient qui elles voulaient, prétendant ensuite que leurs victimes étaient des membres d’organisations narcoterroristes. Cela permettait au gouvernement d’éliminer toute opposition à son égard et d’intimider d’autres adversaires potentiels pour qu’ils se taisent. C’est pourquoi il était particulièrement remarquable que, l’année dernière, le premier ministre Netanyahou applaudisse Duque en déclarant : « Ivan, votre leadership dans la lutte contre le terrorisme est un exemple pour le reste de l’Amérique latine ». Une semaine après le lancement des manifestations actuelles, le ministre colombien de la Défense, Diego Molano, a déclaré que le pays « fait face à la menace terroriste des organisations criminelles ».

Les deux gouvernements mènent également ce qui s’apparente à des projets de colonisation. En Colombie, c’est une élite résolument blanche qui tente de débarrasser les terres des agriculteurs indigènes et afro-colombiens pour faire place aux multinationales, tandis qu’en Israël, c’est la construction d’un État suprémaciste juif sur un État palestinien déjà existant. L’ampleur de la violence en Colombie est presque inconnue en Occident ; les Nations unies estiment qu’il y a actuellement 7,4 millions de Colombiens déplacés, un chiffre supérieur aux estimations les plus élevées concernant les réfugiés palestiniens.

« Le gouvernement central traite les indigènes et les Afro-Colombiens comme des citoyens de seconde zone. Ils ne leur donnent pas vraiment de droits. Ce n’est pas une chose formelle, mais si vous allez dans les villes à majorité noire comme la ville portuaire de Buenaventura, la différence est flagrante », a déclaré King. « La façon dont les gens vivent là-bas est, je suppose, plus proche des conditions de vie à Gaza que dans le reste de la Colombie. Il n’y a pas de régime d’apartheid formel, mais il est clair que tout l’enjeu est qu’ils quittent le territoire après des difficultés économiques et humanitaires si extrêmes qu’ils se contenteront de dépeupler le territoire eux-mêmes, sans aucun recours à la force ».

Israël en Amérique latine

Dans toute l’Amérique latine, Israël est une question partisane. Alors que les mouvements de gauche du continent ont offert leur soutien aux Palestiniens, considérant que leur lutte contre l’impérialisme est intimement liée à la leur, la droite a fait d’Israël sa cause.

En 2010, le président Chavez a offert son soutien total à l’indépendance palestinienne. « Du fond de mon âme, soyez maudit, État d’Israël ! Terroristes et assassins ! Vive le peuple palestinien », a-t-il déclaré. Quatre ans plus tard, à la suite d’une nouvelle attaque israélienne contre Gaza, le président bolivien Evo Morales a officiellement déclaré qu’Israël était un « État terroriste ».

Presque aussitôt après que Morales ait été renversé par un coup d’État soutenu par les États-Unis en 2019, le nouveau gouvernement d’extrême droite a rétabli les liens avec l’État du Moyen-Orient et a immédiatement invité des responsables de Tsahal dans le pays pour aider à gérer les manifestations nationales contre le coup d’État. « Nous les avons invités à nous aider. Ils ont l’habitude de traiter avec les terroristes. Ils savent comment les gérer », a déclaré le nouveau ministre de l’Intérieur, Arturo Murillo, à propos de ses invités. Le ministre des Affaires étrangères, Israël Katz, a exprimé sa satisfaction de voir qu’un nouveau « gouvernement ami » avait pris les rênes de la Bolivie. Au Venezuela, l’une des premières choses que Juan Guaidó a faites après s’être annoncé président du pays a été de révéler qu’il travaillait à la renormalisation des relations avec Israël.

Au Brésil, le président d’extrême droite Jair Bolsonaro semble presque obsédé par Israël, à tel point qu’on le voit rarement à un rassemblement sans de multiples drapeaux israéliens à proximité. Cet ancien officier de l’armée âgé de 66 ans a également ouvert un bureau commercial à Jérusalem et a laissé entendre que l’ambassade suivrait bientôt. D’autres États de droite, comme le Honduras, ont promis de faire de même. Les enfants de Bolsonaro se sont également laissés photographier portant des chemises des FDI et du Mossad. Netanyahou a exprimé sa reconnaissance, déclarant que son gouvernement n’avait « pas de meilleurs amis que le peuple et le gouvernement du Brésil ».

Les fils de Jair Bolsonaro photographiés portant des chemises à la gloire de l’armée israélienne.

La raison de la préoccupation pour Israël dans une grande partie de la région vient de la montée en puissance de l’église évangélique conservatrice. Comme l’a expliqué le journaliste et pasteur ordonné Chris Hedges à MintPress la semaine dernière, de nombreuses prophéties chrétiennes de droite sur la fin des temps prévoient le retour des juifs en Terre sainte et la destruction de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem. Ce n’est qu’alors que les justes monteront au ciel et que les damnés (dont les juifs et les autres non-croyants) seront jetés en enfer. Bolsonaro et d’autres leaders de la nouvelle droite tirent leur soutien le plus fidèle de ces groupes.

Israël contribue également à soutenir le président chilien Sebastian Piñera, en proie à des protestations nationales et à un mépris généralisé, comme il l’a fait avec Pinochet il y a 40 ans. Comme l’a fait remarquer Fernández, Israël a vendu des armes et des équipements anti-émeutes au Chili, et a formé son armée et sa police, un savoir-faire qui s’est sans doute avéré utile pour faire face à une révolte nationale.

Un avenir meilleur ?

Alors que la violence en Colombie et en Palestine a fait les gros titres, un certain espoir se profile à l’horizon pour ceux qui souffrent dans ces deux pays. Les sondages montrent que le gouvernement de Duque semble affaibli en tant que force politique et que l’ancien guérillero de gauche Gustavo Petro est de loin en avance sur ses concurrents pour l’élection présidentielle de l’année prochaine.

Petro a perdu en 2018, au milieu de menaces sur sa vie, d’achats et de truquages de votes généralisés, et d’une menace généralisée de paramilitaires d’extrême droite promettant de tuer quiconque oserait voter pour lui. Cependant, la gestion désastreuse de Duque du Covid-19 et sa poussée tous azimuts pour une thérapie de choc économique a aliéné une grande partie de sa base. Si Petro peut rester en vie jusqu’à l’année prochaine – ce qui n’est pas une tâche facile pour les politiciens colombiens progressistes – la victoire pourrait lui revenir.

Sur la Palestine aussi, l’humeur semble changer. Alors que le soutien inconditionnel à Israël était autrefois la norme, des politiciens de haut rang, des présentateurs de télévision par câble et des chroniqueurs ont dénoncé sans équivoque l’agression israélienne, et beaucoup se sont fait l’écho des organisations de défense des droits de l’homme en qualifiant l’État d’apartheid. Le mouvement Black Lives Matter a offert son soutien à la Palestine, de nombreux élus établissant ouvertement un lien entre la violence contre les Palestiniens et la violence contre les personnes de couleur aux États-Unis.

« Je me lève aujourd’hui en solidarité avec le peuple palestinien », a commencé le discours du représentant Cori Bush (D-MO) au Congrès au début du mois, une déclaration impensable il y a seulement quelques années. « Le matériel qu’ils ont utilisé pour nous brutaliser [à Ferguson] est le même que celui que nous envoyons à l’armée et à la police israéliennes pour terroriser les Palestiniens », a-t-elle ajouté. « Le nettoyage ethnique se poursuit maintenant », a déclaré Rashida Tlaib, membre du Congrès du Michigan, lors d’une manifestation devant le Département d’État. « Ce qu’ils font au peuple palestinien, c’est ce qu’ils continuent de faire à nos frères et sœurs noirs ici ; … tout est interconnecté ». Avec leur myriade de liens, nous devrions également considérer la violence contre les Colombiens et les Palestiniens comme interconnectée. Peut-être leur libération le sera-t-elle aussi.

Alan Macleod

 

Article original en anglais :Birds of a Fascist Feather: Why Israel Is Aiding Colombia’s Crackdown on Protestersmintpressnews.com, le 28 mai 2021.

Traduit par Réseau International

La source originale de cet article est mintpressnews.com

Copyright © Alan MacLeodmintpressnews.com, 2021

https://www.mondialisation.ca/pourquoi-israel-aide-la-colombie-a-reprimer-les-manifestants/5657158

Dans Colombie

COLOMBIE : LE GOUVERNEMENT FAIT LE CHOIX DE REPRIMER LES MANIFESTATIONS POPULAIRES

Par Le 02/06/2021

1 Juin 2021

 

Par Pierre Lebret et Mauricio Jaramillo Jassir *

Paris, 31 mai (Prensa Latina) La Colombie traverse actuellement des moments critiques et décisifs. Dans le monde entier, beaucoup s'interrogent sur les causes de ces manifestations sans précédent qui se tiennent depuis près d’un mois. Cette mobilisation populaire contre le gouvernement d'Ivan Duque, est aussi l’expression d’un cri de colère général contre l'establishment colombien, principal responsable de la perpétuité des inégalités sociales.

La terrible gestion de l'administration actuelle a fini par épuiser la patience de millions de personnes qui voient avec inquiétude la détérioration de la situation économique et la manière dont la démocratie s'affaiblit.

En février 2019, après 6 mois au pouvoir, le gouvernement d'Ivan Duque avait été averti de la situation critique des droits humains. Le rapport de la Haute-Commissaire aux droits de l'homme alertait clairement sur l'augmentation inquiétante des massacres, le meurtre sélectif et systématique de dirigeants sociaux et d’anciens combattants de l’ex guérilla des FARC-EP.

À ce moment-là, le gouvernement exprimait la position maintenue à ce jour: un déni catégorique des faits. Non seulement il s'est abstenu de reconnaître la gravité des actes commis, mais il a également qualifié le rapport de partial et a accusé le bureau des Nations Unies d'ingérence indue, une conduite digne des régimes autoritaires lorsque de graves violations des droits humains sont commises. 

Le président Duque a abandonné la tradition diplomatique des gouvernements précédents, d’idéologies distinctes, qui consistait à coopérer avec le système des Nations Unies pour la défense des droits de l'homme en Colombie. Actuellement, il existe 24 agences sur le territoire colombien. La réponse du Centre démocratique, le parti au pouvoir, par l'intermédiaire de son président du Congrès de l'époque, Ernesto Macías, a consisté à proposer l'expulsion de toutes ces organisations. Cette déclaration démontre la lecture que fait le parti au pouvoir des organisations onusiennes. 

En novembre 2019, la Colombie a été témoin de manifestations massives non seulement à Bogota mais dans plusieurs villes du pays. Cette mobilisation se hissait contre le modèle économique, contre une éventuelle réforme des retraites et pour exiger le respect des accords de La Havane signés en 2016 avec les FARC-EP, que le gouvernement a méprisé sans aucun scrupule se désengageant de leur responsabilité étatique. 

Ces manifestations étaient spontanées et n'obéissaient pas aux intérêts des partis politiques. Des milliers de personnes étaient descendus dans la rue, étudiants, jeunes, Afros, autochtones, hommes et femmes d'origines socio-économiques et ethniques distinctes, mais les autorités ont ignoré la mobilisation populaire. Avec la pandémie, le gouvernement a connu une période de trêve qui aurait pu être l’occasion de rétablir la confiance et d’initier un processus de dialogue pour avancer vers un nouveau pacte social, mais rien n’a été fait. 

Cette fois, l'indignation a été déclenchée par une réforme fiscale qui laissait le poids de la reprise économique de l’après pandémie sur la classe moyenne, sans concertation. Le retrait de ce projet de loi n'a pas calmé les esprits et les manifestations ont continué. Selon l’ONG Temblores, le bilan est tragique: 43 morts, plus de 1200 arrestations arbitraires et 855 victimes de violence physique. Le gouvernement a donc choisi la brutalité, la criminalisation des mouvements sociaux et pense rétablir l’ordre par la terreur. Dans ce contexte, les autorités colombiennes viennent de refuser l’accès sur le territoire aux délégués de la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme, un autre fait qui bafoue le droit international et isole encore un peu plus cette terre caribéenne, andine et d’Amazonie. 

Au lieu de convoquer un large dialogue social dans tous les territoires, le gouvernement s'est consacré à la gestion de la crise de Bogota, enfermé dans la Casa de Nariño (siège du gouvernement) où il a convoqué de manière sélective des dirigeants qui représentent des segments étroits. Mais jusqu'à présent, il n'y a même pas eu de dialogue public avec le principal opposant Gustavo Petro, arrivé en deuxième position lors des élections présidentielles de 2018.

La crise ne peut être surmontée sans la démonstration d’une volonté concrète et durable de dialogue de la part du gouvernement avec tous les secteurs de la société colombienne. Il est également impératif que le président ordonne l’arrêt immédiat de la répression et puisse présenter publiquement ses excuses suite aux violations des droits humains. La criminalisation des manifestants doit cesser dans ce pays qui reste l’un des plus inégalitaires au monde. De la même manière, la reprise de la mise en œuvre des accords de paix est essentielle pour la stabilité du pays. L’abandon des accords de La Havane explique en grande partie la résurgence des schémas de violence exprimés dans les massacres et les assassinats sélectifs. 

Rarement dans l'histoire récente de la Colombie un nouveau pacte social a été aussi urgent. Face à un gouvernement aux œillères épaisses, la communauté internationale doit être aux côtés de la société civile colombienne et agir en conséquence. Nous nous permettons de transformer cette phrase de Gabriel Garcia Marquez pour affirmer que le temps ne peut pas s’écouler sans faire de bruit.

* Pierre Lebret, politologue, expert de l’Amérique Latine ; Mauricio Jaramillo Jassir, Professeur à l’Université Del Rosario, Colombie

source:http://frances.prensa-latina.cu/index.php?option=com_content&view=article&id=886498:colombie-le-gouvernement-fait-le-choix-de-la-la-repression-contre-son-peuple&opcion=pl-ver-noticia&catid=19&Itemid=101

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Dans Colombie

DECLARATION (COLOMBIE) : LE SOULEVEMENT POPULAIRE EST EN TRAIN DE FAIRE TOMBER LE REGIME NEOLIBERAL ET MILITARISTE DE DUQUE

Par Le 31/05/2021

Déclaration (Colombie) : le soulèvement populaire est en train de faire tomber le régime néolibéral et militariste de Duque

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mardi 18 mai 2021, par Movimiento Ecosocialista de Colombia

 

Movimiento Ecosocialista (Colombia)

Ordre néolibéral

« Le néolibéralisme ne meurt pas sans tuer, mais plus il tue, plus il meurt. Ce qui se passe en Colombie n’est pas un problème colombien, c’est un problème qui est nôtre, celui des démocrates du monde. » Boaventura Dos Santos

Le 28 avril 2021 a marqué une nouvelle étape dans l’histoire de la mobilisation et de l’exercice de la protestation sociale en Colombie. La grève nationale appelée par les centrales syndicales a fini par devenir un grand soulèvement populaire. Ce même jour, les capitales des départements ont été le théâtre de mobilisations de travailleurs et travailleuses, de travailleurs informels, d’étudiant·e·s, d’organisations de quartier, de femmes, de communautés indigènes et afro ; une expression sociale diverse et plurielle d’un peuple désespéré, acculé par la mise en œuvre de décennies de politiques néolibérales et abandonné à son propre sort pendant la pandémie [qui est très présente]. Ce soulèvement populaire s’inscrit dans une ligne de continuité avec les mobilisations urbaines du 21 novembre 2019, mais, cette fois, des villes intermédiaires et des zones rurales s’y sont jointes. Des manifestations de rue ont eu lieu dans 600 municipalités et le nombre de manifestant·e·s a atteint environ cinq millions de personnes.

Cette protestation de masse a déjà obtenu des résultats. La chute de la réforme fiscale [qui frappait les « classes moyennes » et les pauvres par une hausse massive de la TVA sur les biens et services], le départ du ministre des finances Alberto Carrasquilla et de son équipe économique, la démission de la ministre des affaires Etrangères Claudia Blum, l’enlisement au Congrès des réformes de la santé, des retraites et du travail qui font partie du « Paquetazo » [du paquet de contre-réformes] du gouvernement d’Ivan Duque exigé par les agences de notation et le FMI.

Ces résultats ont été obtenus malgré le déploiement policier et militaire sans précédent dans le pays, déploiement décidé par le gouvernement contre la mobilisation sociale. Les 50 assassinats, 400 disparitions, des centaines de blessés et des dizaines de femmes abusées sexuellement – comme Alisson Meléndez, 17 ans, violée dans une Unité de Réponse Immédiate (URI) de la police à Popayán, ce qui a conduit à sa décision tragique de se suicider – ont été la conséquence du traitement de type guerre civile réservé à la protestation citoyenne par l’ESMAD (Escuadrón Móvil Antidisturbios), la police, l’armée et les civils armés. Dans le cas de Cali, la répression a inclus l’utilisation d’armes longues (fusils de guerre), de grenades et de gaz lacrymogènes projettés sur les manifestant·e·s et dans les quartiers ou sur les unités résidentielles voisinnes, et même le mitraillage depuis des hélicoptères militaires, comme ce fut le cas à Siloé [quartier paupérisé de Cali]. A la périphérie de Buga, sur la route panaméricaine, des unités militaires aéroportées ont également été utilisées et des quartiers sont toujours encerclés par l’ESMAD et attaqués au gaz lacrymogène et aux explosifs. A Popayán, la réponse militaire au soulèvement d’indignation populaire provoqué par les abus de la police a déjà coûté la vie à un étudiant, sans parler des disparus et des blessés. A Yumbo, quelque chose de similaire s’est produit.

Ces « théâtres d’opérations » militaires ont été personnellement et directement autorisés par le président Iván Duque, le commandant général des forces armées,

Eduardo Zapateiro, le directeur général de la police, Jorge Luis Vargas, auxquels il faut ajouter la responsabilité par omission des maires locaux qui leur ont remis le contrôle de « l’ordre public » dans les villes, sans même en discuter. Tous sont responsables de génocide, de terrorisme contre les peuples [indigènes] et doivent être jugés comme tels devant la Cour pénale internationale et les organes internationaux créés à cet effet.

Cette barbarie militariste confirme que nous assistons à l’effondrement du prétendu « Etat de droit » et confirme qu’il existe une séparation abyssale entre les institutions d’une démocratie représentative précaire et les demandes sociales de la majorité des Colombiens. L’application systématique et programmée du terrorisme d’Etat est également la preuve de la crise du capitalisme périphérique – conjointement à la pire crise économique de l’histoire du capitalisme – aggravée par la pandémie de Covid-19. Nous avons atteint la situation extrême d’impasse d’un État et de ses « élites », incapables de résoudre les besoins les plus élémentaires de la population, maintenant, à moyen et à long terme.

La flambée sociale a débordé les formes classiques de mobilisation populaire, a rendu possibles des expressions de solidarité – comme dans le cas de la présence de la « Minga » [action collective] indigène à Cali – et a fait des blocages des routes dans les villes et de leur défense (les barricades) les points clés d’une véritable grève nationale.

La « ligne de front », ceux qui ont animé les blocages, est composée de jeunes « marginalisés » par le néolibéralisme, privés d’accès à la santé, à l’éducation et au travail. Ils viennent protester par indignation, unis par le désespoir. Ils ne croient pas aux institutions conventionnelles, ni aux partis politiques, de gauche ou de droite. Ils s’organisent « d’en bas » dans des processus lents de coordination, compte tenu des exigences de la résistance de rue auto-convoquée. Ils rejettent le leadership personnalisé, proclament « l’horizontalité » dans la prise de décision. Ils ont acquis une grande légitimité sociale dans les quartiers où ils opèrent et facilitent la réalisation d’assemblées populaires. Ces blocages urbains, comme l’a déclaré publiquement l’archevêque de Cali, Darío Monsalve, « sont presque le seul moyen dont disposent les militants de la grève pour se faire entendre… ». Ils sont également apparus comme une réponse au siège des villes par les forces armées.

Le fait que depuis le début des journées de protestation – soit depuis plus de deux semaines – les blocages ont été utilisés par le gouvernement, les hommes d’affaires et les commerçants locaux en les présentant à la population étant comme les responsables de la pénurie de produits de première nécessité et de carburant. Et cela bien que des « couloirs humanitaires » aient été mis en place par les manifestants. Dès lors, un débat a été ouvert la discussion sur l’opportunité de maintenir les blocages. À cet égard, nous pensons que toute décision sur cette question doit être précédée de garanties de non-poursuite et de non-criminalisation pour tous ceux qui animent les blocages, garanties supervisées par des organisations de défense des droits de l’homme et, dans la mesure du possible, avec une surveillance internationale et des engagements explicites du gouvernement national et des dirigeants locaux concernant leurs revendications. Ce qui s’est passé à Cali, après l’échec de la table de négociation qui a été tentée avec la mairie, est contraire à ce dont nous avons besoin pour trouver des solutions à la situation actuelle. Les leaders de quartier qui ont participé à la réunion ont été repérés et sont actuellement détenus par la police à leur domicile afin d’être poursuivis.

En ce qui concerne la décision politique de mettre fin aux blocages, nous considérons qu’elle doit être prise par ceux qui les ont organisés comme une forme de résistance légitime, c’est-à-dire par les membres des « lignes de front » avec leur soutien logistique proche. Ceux qui ont mené les affrontements dans la rue et qui ont connu dans leurs rangs des morts, des blessés et des disparus sont ceux qui ont l’autorité morale pour prendre cette décision. Il en va de même pour les blocages de routes menés par les camionneurs et les paysans.

Les gigantesques marches auxquelles nous avons assisté à Ibagué, Neiva et Bogota ces derniers jours et les organisations sociales qui s’y sont jointes, comme les camionneurs de tout le pays et les cultivateurs de coca du sud-ouest, confirment que ce soulèvement populaire est en train de prendre de l’ampleur. C’est pourquoi nous considérons que le facteur décisif est l’ouverture d’alternatives politiques « venant d’en bas » à la crise du capitalisme périphérique du pays. Ce soulèvement populaire montre que l’auto-organisation et la démocratie directe qui s’expriment dans de multiples formes de résistance vont dans le sens de la consolidation d’une « institutionnalité parallèle » qui dépasse les limites étroites de la démocratie représentative. Ce soulèvement a dépassé la représentativité traditionnelle des organisations syndicales et du Comité national de grève, confirmant que leurs revendications étroites les laissent en dehors de celles du large spectre populaire. Le 1er mai l’a démontré de manière spectaculaire. Alors que dans les combats de rue, la brutalité policière a déjà provoqué des morts et des disparus, les centrales syndicales ont appelé à une célébration de la fête des travailleurs avec un « défilé virtuel ». La méfiance des leaders des quartiers et des dirigeants populaires à l’égard des négociations que le Comité de grève tente de développer découle de cette réalité.

Le soulèvement populaire démontre également l’incapacité d’un Congrès et de partis politiques piégés par la corruption et les engagements envers les intérêts des grands capitalistes, ainsi que celle d’organes de contrôle et de hauts tribunaux qui ont joué le rôle de complices de la barbarie militariste à laquelle nous assistons actuellement. Pour cette raison, il a ouvert une crise institutionnelle qui pourrait aboutir à la démission du président Ivan Duque. Le développement des événements et les rapports de forces qui s’établiront dans un avenir immédiat détermineront s’il est possible de réaliser cette possibilité qui implique un certain coup porté au régime politique néolibéral et militariste.

Nous sommes d’accord sur le fait qu’il est nécessaire d’avancer désormais cette revendication, comme le proposent avec de plus en plus de force les organisations politiques et sociales. Ignorer cette possibilité en argumentant [comme l’a fait l’ancien maire de Bogota et sénateur Gustavo Petro] qu’elle produirait un « vide institutionnel » et que dans cette conjoncture nous ferions face à l’arrivée au Palais de Nariño du vice-président ou du président du Congrès – qui sont supposément pires que Duque – ou qu’une fois la démission de Duque concrétisée, la voie du coup d’Etat militaire serait ouverte – raisons pour lesquelles il faut « défendre Duque de l’uribisme » [Alvaro Uribe] qui l’a mis au pouvoir ­–, non seulement exempte ce gouvernement de responsabilités politiques, mais il l’exempte aussi de responsabilités face à l’assassinat collectif contre le peuple sans défense, en tant que chef des forces armées. Mais cette position part également du critère erroné que l’approfondissement de la crise institutionnelle qui ouvrirait le renversement populaire d’un gouvernement réactionnaire comme celui de Duque, chose sans précédent dans l’histoire du pays, ne pourrait être résolu que dans le cadre de cette même institutionnalité qui s’effondre actuellement.

Au contraire, nous considérons qu’un triomphe populaire de cette ampleur ouvrirait de grandes possibilités pour l’action politique autonome de la population et serait la voie pour la convocation d’une Assemblée constituante et populaire. Ce serait le meilleur moyen d’isoler et de vaincre la réaction politique et les putschistes, à un moment où la solidarité populaire est immense à l’échelle internationale.

Les leaders sociaux et populaires ont également mis l’accent sur les revendications économiques et sociales suivantes que nous appuyons et qui peuvent constituer une plateforme minimale et urgente face à l’appauvrissement auquel sont soumis des millions de Colombiens à cause des politiques néolibérales que continue d’imposer le gouvernement Duque :

• Poursuite légale et sanction des responsables des meurtres et des disparitions qui ont eu lieu pendant la militarisation de la protestation sociale. Punir les responsables de viols de femmes. Démanteler l’ESMAD et transformer la police en un organe civil relevant du ministère de l’Intérieur. Arrêtez les assassinats et les massacres de leaders sociaux. Promouvoir un accord humanitaire dès à présent avec tous les groupes armés afin de trouver une solution au conflit qui devrait se conclure par des tables de négociations différenciées selon les caractéristiques de chaque groupe.

• Revenu de base d’urgence pour le secteur informel et les chômeurs. Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de suspendre le paiement de la dette publique qui représente actuellement 63% du produit intérieur brut et de réaliser une réforme fiscale démocratique et redistributive qui instaure un impôt sur la fortune des riches et des super riches, non déductible de l’impôt sur le revenu ; un impôt sur les dividendes des entreprises et les héritages, ainsi que l’élimination des exonérations fiscales pour les grandes entreprises et le secteur financier.

• Le respect des accords de paix, notamment en ce qui concerne la substitution volontaire des cultures [en remplacement de la culture de la coca] et la mise en œuvre de projets collectifs qui améliorent le niveau de vie des communautés paysannes et ethniques, sur la base de la souveraineté alimentaire.

• Programme de création d’emplois pour les jeunes, extension de la couverture et du financement des frais de scolarité des étudiants dans les universités publiques.

Dehors le gouvernement génocidaire d’Iván Duque ! Pour une sortie alternative de la crise actuelle… Assemblée constituante et populaire !

Movimiento Ecosocialista, 18 mai 2021

P.-S.

• Publié par Correspondencia de Prensa ; traduction rédaction A l’Encontre le 20 mai 2021 :
http://alencontre.org/ameriques/amelat/colombie/colombie-le-soulevement-populaire-est-en-train-de-faire-tomber-le-regime-neoliberal-et-militariste-de-duque.html

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http://europe-solidaire.org/spip.php?article58360

Dans Colombie

VICTOIRE DU PEUPLE COLOMBIEN

Par Le 28/05/2021

27 Mai 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-05-25 08:53:23

      


 

Par Guillermo Alvarado

La population colombienne qui fait des manifestations massives dans tout le pays, a remporté cette semaine une victoire de plus avec ses mobilisations, lorsqu’une commission mixte du Senat et de la Chambre de Députés a archivé une initiative polémique de réforme du système de la santé.

Les protestations ont commencé cela fait 24 jours et au début elles avaient pour but d’obtenir l’abrogation  d’une initiative du président du pays, Iván Duque, qui prétendait introduire des changements dans le système fiscal et qui obligerait les classes moyennes et basses à payer plus d’impôts et accorderaient des privilèges fiscaux aux plus riches.

Au lieu de négocier, le pouvoir exécutif a lancé contre la population l’armée, la police et l’effrayant Escadron Mobile anti-émeute, ESMAD, qui ont provoqué plusieurs morts, des blessés, des arrestations arbitraires et des agressions sexuelles, ce qui a radicalisé le mouvement.

Finalement le président a dû retirer le projet fiscal, mais ça n’a pas calmé la colère contre les brutalités policières et l’impunité des forces de l’ordre.

À un moment aussi difficile, le président a eu l’idée folle d’ordonner l’utilisation maximale des forces de l’ordre pour dégager des voies de communication bloquées par les manifestants.

C’est en plein milieu de cette situation tendue que Duque a reçu un nouveau revers lorsque par 27 voix pour, et à peine 5 contre, la reforme de santé a été rejetée, une reforme remise en cause non seulement par les citoyens mais aussi par les médecins du secteur de la santé.

L’initiative avait pour objectif de privatiser l’assistance médicale de la population sous prétexte que secteur privé est mieux préparé pour répondre à l’actuelle urgence sanitaire et à d’autres similaires à l’avenir.

Le nouveau système serait formé par des Entreprises Promotrices de la Santé, EPS, qui sont déjà créés et qui gèreraient les ressources de l’État, mais qui feraient payer leurs services.

L’idée était de préserver celles plus importantes en capacité et d’éliminer les moins développées, pour créer après des entreprises mixtes avec des hôpitaux publics gérés par les municipalités ou les gouvernements locaux, et elles seraient absorbées petit à petit jusqu’à leur privatisation totale.

Des représentants de plusieurs communautés, ainsi que quelques membres de l’organe législatif ont signalé que la santé ne peut être vue comme une affaire, mais comme un droit humain universel et gratuit.

Il s’agit donc, d’une nouvelle victoire du peuple colombien, qui constate comment l’unité et la ferme décision peuvent renverser des politiques néolibérales qui nuisent à leurs intérêts et à leur avenir.

source : https://www.radiohc.cu/fr/especiales/comentarios/258454-victoire-colombienne

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Dans Colombie

COLOMBIE : GUERRE TOTALE CONTRE LE MOUVEMENT SOCIAL

Par Le 26/05/2021

 

Guerre totale contre le mouvement social

 

26 Mai 2021

   

Voilà plusieurs semaines que des manifestations importantes ont éclaté en Colombie. Elles sont sévèrement réprimées et on compte des dizaines de morts. Difficile de comprendre ce qui s’y passe. Si ces affrontements avaient le Venezuela pour théâtre, ils feraient chaque jour la une des médias occidentaux. Mais pour la Colombie, la couverture est différente. Un exemple de plus à ajouter à la liste de la fabrique du consentement dressée par Herman et Chomsky. En attendant, heureusement il y a Lemoine pour nous aider à comprendre les enjeux de ces manifestations colombiennes. (IGA)

Si un peuple sort pour manifester au milieu d’une pandémie, c’est parce que le gouvernement est plus dangereux que le virus. » Sous cette forme ou sous une autre, ce slogan figurait sur d’innombrables pancartes, panneaux et banderoles quand, le 28 avril, dans les rues de Bogotá, Cali, Medellín, Pereira, Manizales, Neiva ou Pasto, des flots de manifestants ont commencé à se déverser. Une indignation majuscule portait les participants : trois jours auparavant, le gouvernement avait annoncé sa nouvelle… « Loi de solidarité durable » (ou « soutenable », selon les traductions). C’était la meilleure, celle-là ! Préparée par le ministre des Finances, un néolibéral orthodoxe, Alberto Carrasquilla, cette réforme fiscale entendait recouvrer 6,3 milliards de dollars afin de réduire un déficit fiscal que la catastrophe sanitaire a considérablement aggravé. Soit. Mais en tapant essentiellement sur les classes moyennes et les milieux populaires. Coup pas trop élégant, on en conviendra. Surtout quand, au milieu des cris d’alarme des hôpitaux débordés, le pays subissait la troisième vague de la pandémie.

« Solidaire », une loi faisant passer la TVA (IVA en espagnol) de 5 % à 19 % sur des produits comme l’essence ou, depuis les aliments jusqu’aux vêtements, les biens de première nécessité ? « Soutenable » l’augmentation de la taxe sur les services publics, dont l’eau, le gaz ou l’électricité ? Acceptable un impôt sur les retraites ou l’élargissement de la base imposable en direction des moins fortunés ? Très difficile à avaler quand, au même moment, la Direction nationale des statistiques (DANE) publie ses derniers chiffres : de 35,7 % en 2019, le taux de pauvreté est passé à 46,1 % en 2020 [1]. A peine moins – 42 % – si l’on intègre dans les calculs les maigres – et provisoires – programmes d’assistance mis en place pour atténuer les effets du Covid-19 [2].
Trois millions six cent mille nouveaux pauvres (pour arriver à un total de 21 millions, dont 7,5 millions en extrême pauvreté) … Et il faudrait subir encore plus ? La Colombie se révolte.
La fièvre est le symptôme, pas la cause de la maladie.

Le Comité national de grève (Comité de Paro  ; CNP) rassemble les principales centrales syndicales et divers mouvements sociaux [3]. Il appelle à la mobilisation. Malgré les ravages de la pandémie (plus de 80 000 morts), l’appel est massivement suivi. Aux travailleurs et salariés, syndiqués ou non, se joignent les étudiants, des pans entiers de la classe moyenne, les organisations paysannes, la « minga » [4] indigène et, surtout, les jeunes précarisés des quartiers populaires, nouvelle génération « sans futur », qui se réveille comme un volcan. D’impressionnantes colonnes de protestataires s’ébranlent pacifiquement.
Vingt-quatre heures ne se sont pas écoulées que le procureur général de la Nation Francisco Barbosa donne le ton de ce que va être la réaction gouvernementale en annonçant l’arrestation de plusieurs membres de « cellules subversives » dédiées au « terrorisme urbain ». Le lendemain, alors que la rue bouillonne de colère, l’ex-président Álvaro Uribe se manifeste une première fois, dans le registre qu’on lui connaît : « Soutenons le droit des soldats et des policiers à utiliser leurs armes pour défendre leur intégrité et pour défendre les personnes et les biens contre l’action criminelle du terrorisme et du vandalisme », ordonne-t-il sur les réseaux asociaux. Petit doigt sur la couture du pantalon, Iván Duque, celui que nombre de Colombiens ont surnommé « le sous-président », obéit à son mentor. Dès le 1er mai, il annonce le déploiement l’armée dans les rues « pour protéger la population ».

Alvaro Uribe : « Renforcer les Forces armées, affaiblies car comparées aux terroristes par La Havane et la JEP » ; « Reconnaître » : terrorisme plus grand que ce qu’on imaginait » ; « Accélérer le social » ; Résister à la Révolution Moléculaire Dissipée ».

Les premières victimes tombent, bien mal protégées. Portés par la rage et l’indignation, plus spontanés, plus émotionnels, les jeunes débordent le Comité de grève et se projettent en « première ligne » du mouvement. Si les manifestations demeurent pacifiques, conjuguant les marches, rassemblements, carnavals, sit-in et orchestres de rue, se greffent sur elles, très classiquement, des groupes de « casseurs » – irresponsables et/ou infiltrés. Bien que marginaux par rapport à l’ampleur du soulèvement, destruction de biens publics et privés, de bus, de gares, attaques et incendies de postes de police – les Centres d’attention immédiate – font le lait des médias. Dans un formidable déploiement, policiers et membres du très redouté Escadron mobile antiémeutes (ESAMD) jouent de la matraque, de la « lacrymo », de la munitions paralysante, du gaz irritant, du canon à eau et… de l’arme à feu. Commandant en chef de l’armée, le général Eduardo Zapateiro déploie ses troupes et se rend à Cali, troisième ville du pays, devenue l’épicentre de la rébellion, pour y diriger personnellement les opérations.

Zapateiro ? Un chef militaire bien « à la colombienne ». En février, des mères de victimes des « faux positifs » – ces pauvres hères assassinés par des militaires, puis, pour « faire du chiffre » et obtenir des récompenses, affublés d’uniformes de guérilleros – se sont insurgées. Elles exigeaient de la Juridiction spéciale pour la paix (JEP) que ne soient pas uniquement jugés les soldats, mais aussi leurs officiers supérieurs ainsi que les responsables gouvernementaux. En guise de réponse, le général Zapateiro a décoché un Tweet venimeux : « Nous sommes des soldats de l’armée et nous ne nous laisserons pas vaincre par les vipères et pervers qui veulent nous attaquer, nous montrer du doigt et nous affaiblir. Officiers, sous-officiers et soldats, nous ne nous rendrons pas, nous ne faiblirons pas, toujours forts, la tête haute. Dieu est avec nous [5]. »

Dieu ? On l’ignore. Mais l’ex-président Uribe, oui, assurément. Réapparaissant le 3 mai, celui-ci a fait l’événement en évoquant une mystérieuse « révolution moléculaire dissipée » (RMD) pour stigmatiser les manifestants. Cette théorie fumeuse a été importée en Colombie par un certain Alexis López, chilien néonazi et nostalgique d’Augusto Pinochet. Officiellement invité à plusieurs reprises par l’Université militaire Nouvelle Grenade (UMNG), établissement public d’éducation supérieure chargé à Bogotá de la formation des sous-officiers, officiers et policiers, il y a donné plusieurs conférences, dont une intervention intitulée « Violence dans la protestation sociale : loi et ordre entre l’épée et la légitimité », le 23 juillet 2020. D’après López, les grandes organisations dirigeant la révolution ayant disparu, tout comme « le communisme », ce sont désormais des forces occultes qui, à travers des entités autonomes, mènent « une guerre civile permanente » contre l’Etat – à l’image des soulèvements de 2019 en Colombie, en Equateur et au Chili (ou le pouvoir s’est vu « tragiquement imposer par le terrorisme » l’organisation d’une Convention constituante), ou même à travers « Black Lives Matter » aux Etats-Unis. Par conséquent, les manifestants et membres des mouvements populaires, c’est-à-dire les civils – rebaptisés « molécules » – doivent être considérés comme des « cibles militaires » [6].

Alexis Lopez : « Aujourd’hui j’ai eu l’honneur de recevoir la médaille du groupe des Ingénieurs militaires de Colombie, des mains du général (en retraite) et ex-chef d’état-major conjoint, Juan Carlos Salazar Salazar ».

Un retour assumé à l’ « ennemi interne » cher à la Doctrine de sécurité nationale imposée dans toute l’Amérique latine, via les dictatures, pendant les années de Guerre froide, par les Etats-Unis. Un concept appliqué au pied de la lettre par les forces de sécurité colombiennes. Deux semaines après le début de la contestation, on déplorait déjà 963 détentions arbitraires, 800 blessés (dont 28 éborgnés) et 47 morts (dont un capitaine de police).

Pourtant, malmené par la pression sociale, le président Duque a retiré la réforme des finances contestée dès le 2 mai (version officielle : en réalité, c’est le Congrès qui a traîné des pieds au moment de l’examiner). Géniteur du projet, le ministre Carasquilla a démissionné. La contestation ne s’en est pas moins poursuivie. Elle s’est même amplifiée. Indignation devant les violences policières. Exaspération portée à son paroxysme. Car, en fait, la fameuse réforme n’a été que le détonateur d’une situation qui ne demandait qu’à exploser. Et qui n’a rien d’une nouveauté.

A partir du 21 novembre 2019 – au moment où se révoltaient d’autres victimes du néolibéralisme, du Chili à l’Equateur en passant par Haïti – des protestations massives ont déjà secoué la Colombie. Convoquées à l‘origine par les centrales ouvrières (CUT, CGT, CTC), elles contestaient la politique économique, la privatisation des caisses de retraite, les réformes affectant le monde du travail, le sabotage des Accords de paix signés en 2016 par l’Etat avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), les assassinats de dirigeants sociaux. Elles reçurent le renfort d’un mouvement étudiant qui réclamait davantage de ressources pour l’éducation supérieure. Et qui, en l’absence d’une direction politique claire et définie, le mouvement ayant pris de l’ampleur de façon très spontanée, devint le fer de lance des affrontements avec l’ESMAD et les policiers. Les jeunes, déjà, symboles d’un changement générationnel.
Alors que plus d’un million de personnes se mobilisaient dans les principales villes du pays, le pouvoir, comme à son habitude, choisit la confrontation. Il décréta un couvre-feu à Bogotá, militarisa le pays et octroya des facultés extraordinaires aux autorités locales pour « rétablir l’ordre ». On eut à déplorer trois morts, 250 blessés et des centaines d’arrestation.
Conséquence de ce mouvement considéré comme « historique », le Comité de Paro s’organisa. Fin 2019, il remit au pouvoir une série de revendications. Qui demeurèrent lettre morte. Plus que les vacances de fin d’année, la propagation du Covid-19 interrompit les mobilisations – le pays entamant un confinement général de cinq mois à partir du 25 mars 2020.

La trêve fut on ne peut plus brève. Malgré la pandémie, quinze organisations indigènes, paysannes et afro-colombiennes relancèrent la contestation sociale au mois d’octobre 2020. Surgies des entrailles du Département du Cauca, région du sud-ouest du pays très affectée par les près de 60 ans de conflit armé, huit mille membres de la « Minga » entassés dans des cars et « chivas » multicolores [7], parcoururent les 450 kilomètres les séparant de Bogotá. Ils souhaitaient rencontrer le président Duque pour lui présenter leur demande d’un pays « plus démocratique, pacifique et égalitaire ». C’était beaucoup attendre d’un chef d’Etat élu sous les couleurs du Centre démocratique, le parti d’Uribe, féroce allié des « terratenientes » (les grands propriétaires terriens) et du secteur privé. Duque refusa de les recevoir. Ils ne purent donc lui rappeler que, dans les populations indigènes, le taux de pauvreté atteint 63 %.
En revanche, partout où ils passèrent, puis sur la symbolique place Bolivar, à Bogotá, les étudiants, les jeunes et le mouvement social réservèrent un accueil triomphal aux consignes et au courage de la « Minga ». Et, sous la cendre, le feu continua à couver.

Ce sont ces braises qui embrasent à nouveau la Colombie, la réforme des finances (et les projets gouvernementaux touchant aux retraites et à la santé) ne faisant que s’ajouter aux raisons de l’exaspération exprimées en 2019.

Entre 2012 et 2016, tandis que les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), la plus ancienne et importante guérilla du pays, négociait avec le gouvernement du président Juan Manuel Santos, les Colombiens ont « fait un rêve merveilleux ». Le retour de la paix. D’une « paix avec justice sociale » ajoutaient même les pans situés sur le flanc gauche de la société. Le 26 septembre 2016, à Cartagena, Santos et Rodrigo Londoño Echeverri (alias Timoleón Jiménez ou « Timochenko »), numéro un des FARC, ont signé l’Accord tant attendu. Pas une simple démobilisation des rebelles. En 297 pages, l’accord contenait six points principaux : réforme rurale intégrale ; participation politique ; fin du conflit ; solution au problème des drogues illicites ; réparations aux victimes ; mise en œuvre, vérification et approbation. Sur cette cet engagement solennel de l’Etat, 13 511 guérilleros ont déposé les armes, ôté leurs bottes noires et quitté leur treillis.
Depuis, cinq années ont passé. Le constat est implacable, la frustration terrible : emmenée par Uribe et son Centre démocratique, l’extrême droite a exercé une énorme pression pour torpiller les accords. Un travail de sape que Duque a parachevé. Il n’existe toujours ni paix ni justice sociale en Colombie.

A la place de la paix, un massacre quotidien, au compte-gouttes, passant inaperçu au niveau international, mais sanglant : 904 dirigeants sociaux et 276 ex-combattants des FARC revenus à la vie civile ont été assassinés depuis le 1er novembre 2016, d’après la Juridiction spéciale pour la paix (JEP).
Créée dans le cadre des Accords, cette même JEP a subi les assauts de ceux qui ne veulent en aucun cas qu’éclate la vérité historique. Les guérilleros, paramilitaires et membres des forces de sécurité ne sont pas les seuls à avoir exercé la violence au cours de la guerre. Censée entendre tous les acteurs impliqués dans le confit – combattants de tous ordres, hommes d’affaires liés au financement du paramilitarisme, acteurs engagés de la société dite « civile », fonctionnaires, cols blancs donneurs d’ordres, etc. – pour établir leurs responsabilités et éventuellement les juger, la JEP a vu ses prérogatives rognées par la Cour constitutionnelle, le 13 juillet 2018, après un long passage par le Congrès. Alors que les ex-guérilleros respectent leurs engagements, comparaissent et assument leurs responsabilités, la JEP n’a plus la possibilité de convoquer des civils, seule une comparution « volontaire » de ces derniers étant désormais autorisée. Une loi du silence encore trop limitée ! Fin 2020, le Centre démocratique a présenté des propositions visant à abroger définitivement la juridiction et à transférer ses fonctions à la justice ordinaire – qu’il contrôle beaucoup mieux.

Réforme rurale intégrale ? Trois millions d’hectares de terre devaient être attribués à près de 14 millions de paysans qui en sont dépourvus. Dans le même temps, 7 millions d’hectares de petites et moyennes propriétés devaient se voir régularisés. Farce absolue. Fin 2020, le premier hectare remis gratuitement aux paysans sans terre n’avait pas encore été enregistré [8]. Selon l’Agence nationale des terres (ANT), seuls 10 554 hectares avaient été régularisés à la fin février 2020 sur l’objectif de 7 millions d’hectares annoncé [9]. Une poignée de « terratenientes » continuent à posséder plus de 40 millions d’hectares sur lesquels ils pratiquent l’élevage extensif du bétail ou exploitent le palmier à huile, la canne à sucre et autres cultures industrielles.

Pendant des décennies (pour ne pas dire des siècles), les élites rurales, « terratenientes » et « gamonales » [10] ont contrôlé de manière hégémonique les pouvoirs locaux et nationaux. En 2011, un rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) indiquait à cet égard : « La surreprésentation des propriétaires fonciers (notamment dans les départements les plus arriérés) et la sous-représentation des groupes sociaux non propriétaires de biens (classes subordonnées) empêchent les demandes et les aspirations des habitants ruraux les plus vulnérables d’être canalisées par le système politique et d’être prises en compte par ceux qui ont le pouvoir de décider des dépenses et des politiques publiques. »
Partant de ce constat, seize Circonscriptions spéciales pour la paix ont été créées (point 2.3.6 de l’Accord de 2016) pour réparer ce déséquilibre dans la représentation des communautés agraires. L’Etat s’engage alors à garantir une meilleure intégration des 167 « municipios » présents dans ces territoires du Chocó, du Cauca, de Nariño, du Catatumbo, du Guaviare et de l’Urabá, les plus affectés par la violence et l’abandon de l’Etat, en leur octroyant d’office, pour une période de deux législatures, seize sièges au Congrès.
 Intolérable pour toutes sortes de gens importants ! Il leur suffit de demander une chose pour l’obtenir. En 2017, leurs représentants au Congrès trucident la loi qui devait donner vie aux seize Circonscriptions. Le 8 avril 2021 encore, vingt jours avant le début de l’explosion sociale, la procureure générale Margarita Cabello Blanco demandait à la Cour constitutionnelle – devant qui un recours a été déposé – de ne pas relancer les « sièges de la paix » – représentation politique octroyés fort justement aux victimes du conflit armé.

Depuis les années 1990 et l’ouverture du marché national à la production agricole de pays comme le Brésil, le Chili, la Chine ou le Canada, les ananas, le café, le yucca, le maïs, les haricots, les pommes de terre produits en Colombie ont commencé à être payés en dessous de leurs coûts de production et de commercialisation. Pour survivre, des dizaines de milliers de familles, accrochées à leurs maigres parcelles, cultivent la coca. L’activité attire aussi des journaliers qui, auparavant, cueillaient le café, le coton et vendaient leur force de travail dans l’agriculture traditionnelle.
Coca = cocaïne. Dieu sait combien la « coke » a permis de financer de condominiums à Cali, Medellin ou Bogotá. Mais le mafieux, c’est le paysan. A l’initiative des négociateurs des FARC, l’Accord de 2016 a promu un traitement prioritaire et bienveillant à l’égard du maillon le plus faible de la chaîne du narcotrafic en établissant un Programme national intégral de substitution des cultures d’usage illicite (PNIS). Les « campesinos », est-il alors prévu, doivent y participer sur une base volontaire et définir les cultures qu’ils envisagent de développer en fonction des sols et du climat. Ils recevront la première année un million de pesos par mois (environ 340 dollars) pour préparer la terre à accueillir des plantations légales ou travailler à des œuvres communautaires. Ils pourront également percevoir une prime unique de 800 000 à 9 millions de pesos (entre 272 et 3 000 dollars) pour financer des projets autonomes de sécurité alimentaire.

Le « campesino » colombien n’a rien d’un gangster. S’il peut sortir de l’illégalité, qui lui fait courir des risques insensés, il le fait. Dans son Rapport de gestion du PNIS du 31 décembre 2020, le Bureau consultatif pour la stabilisation et la consolidation (dépendant de la Présidence de la République et chargé de suivre la mise en œuvre des Accords de paix) a indiqué que 215 244 familles vivant dans 99 « municipios » de 14 Départements du pays ont signé des accords collectifs de substitution volontaire de cultures illicites. Seulement, il y a un hic… De ce total, seules 99 907 familles (de 56 municipalités), soit moins de la moitié, ont été intégrées au PNIS par la signature définitive d’accords de substitution individuels. Les autres – 116 147 familles – sont demeurées sur le bord du chemin [11]. Peu armées pour créer des « start-up » dans leurs précaireshabitations de « barenque » (mélange de boue et de bouse de vache pressé entre des bambous), elles n’ont eu d’autre choix que de continuer à dépendre de la feuille de coca et de la « pasta » [12] (ou de la marijuana, ou du pavot).
Comme toujours (et sous la pression de Donald Trump lorsque celui-ci occupait la Maison Blanche), Duque entend tuer le malade plutôt que la maladie. A la substitution volontaire, il préfère l’éradication forcée mise en œuvre manuellement par le biais de groupes mobiles d’éradication (GME) accompagnés de militaires ou de policiers. Le mode opératoire étrangle les communautés rurales, qui crèvent la bouche ouverte ou se révoltent et sont réprimées. Il expose aussi les « éradicateurs », des journaliers aussi pauvres que ceux dont ils détruisent les plantations, aux attaques et assassinats commis par les « sicarios », quand ils ne perdent pas une jambe après avoir sauté sur une mine posée par les « narcos » [13].

Dans leur espoir absurde de réduire la production de drogue sans procéder à des réformes sociales, les gouvernements colombiens successifs ont utilisé toute une gamme de produits chimiques comme le Paraquat et le Triclopyr, ou d’autres, infiniment plus nocifs, et dans ce cas illégalement : l’Imazapyr, l’Hexaxinona, le Tebuthiron. Déversé depuis le ciel à partir de 1986, le glyphosate a pris le relais. C’est le fameux RoundUp de la firme Monsanto. En 2015, le gouvernement de Juan Manuel Santos en a suspendu les épandages. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) venait de déterminer que le glyphosate est « probablement cancérigène pour les êtres humains ». Le 12 avril dernier, le ministre de la Défense Diego Molano a signé un décret en vue de reprendre les pulvérisations aériennes. Outre les effets sanitaires directs sur les humains, on en connaît les conséquences : le glyphosate tue toutes les plantes qu’il contamine… Il suffit d’une petite brise pour qu’il soit dispersé bien au-delà des champs de coca, sur les cultures vivrières des environs [14].
Poussés par la misère, les paysans continueront à abattre des pans de forêt pour replanter la coca un peu plus loin.

Spectaculaires résultats : de 48 000 hectares en 2013, les cultures de coca sont passées à 169 000 ha en 2018 (et même à 212 000 ha fin 2019 si l’on en croit le Bureau de la politique nationale pour le contrôle des drogues [ONDCP] [15] américain) ! Et ce, alors que les FARC longtemps accusées d’être les principales responsables de ce fléau, ont déposé les armes en 2016.

Les « narcos », eux, se portent bien. Le pouvoir et ses médias ne les nomment plus « paramilitaires ». Après la supposée démobilisation en 2006 de treize mille hommes des Autodéfenses unies de Colombie (AUC), responsables, avec d’autres organisations supplétives de l’armée, de près 80 % des crimes commis contre les civils depuis le début des années 1980, la création de concepts tels que Bandes criminelles émergentes (BACRIM) et Groupes armés organisés (GAO) a permis de les transformer en acteurs censément dépourvus de liens avec les forces obscures du pouvoir [16].
Autodéfenses gaitanistes de Colombie (AGC, également connues sous le nom de Clan del Golfo, Los Urabeños, Clan Úsuga), Los Caparrapos, Los Rastrojos (grands amis du président autoproclamé vénézuélien Juan Guaido) [17], Los Paisas, La Empresa se sont abattus sur les territoires autrefois occupés par les FARC, contrées dont l’Etat n’a fait aucun effort véritable pour reprendre le contrôle. Quand on parle de carence de l’Etat, on ne se réfère pas uniquement à l’absence de la Force publique, mais de l’Etat dans son intégralité : éducation, système judiciaire et de santé, voierie, communications, crédits pour l’agriculture, etc.
 
Toutes ces structures criminelles – auxquelles il convient d’ajouter quelques groupes résiduels des FARC, qui ne se sont pas démobilisés – sont directement impliquées dans la production et le transport de la cocaïne. Mais pas uniquement. Elles agissent dans le champ politique. En octobre 2017, les AGC publiaient un pamphlet intitulé « Plan pistolet contre l’Union patriotique » dans lequel elles menaçaient de mort Jahel Quiroga et Pablo Arenales, respectivement directrice et membre de l’ONG progressiste de droits humains Reiniciar [18]. Depuis, et pour ne citer qu’elles, les AGC ont été l’une des principales responsables de l’augmentation des assassinats sélectifs de dirigeants communautaires et sociaux, de militants politiques de gauche et de déplacements forcés de population. En 2020, d’après le très officiel Défenseur du peuple, 28 509 personnes ont été victimes de ces déplacements forcés dans les Départements du Cauca, de Putumayo, du Choco, de Cordoba, du Bolivar et du Nord Santander ; 15 000 autres ont subi le même sort, précise l’Institut d’Etudes pour la paix (Indepaz), pendant les trois premiers mois de 2021.
 
S’ajoute à ce désastre la putréfaction à la tête du pouvoir. Álvaro Uribe (le chef à peine caché derrière le trône) : assigné à résidence, accusé (entre autres affaires) de fraude procédurale et corruption – pour avoir soudoyé des témoins afin de faire condamner son ennemi juré, le sénateur de gauche Iván Cepeda –, il démissionne de son poste de sénateur en août 2020. Il évite ainsi la Cour suprême de justice, seule habilitée à juger les élus et, libéré, voit son affaire passer entre les mains de la justice ordinaire, aux ordres du Procureur général Francisco Barbosa, ami proche et ex-collaborateur… d’Iván Duque. Bonne pioche ! Le parquet a annoncé le 5 mars 2021 son intention de demander au juge de prononcer un non-lieu. «  Merci à Dieu pour cette avancée positive. Merci à tous pour vos prières et solidarité  », a réagi Uribe sur Twitter.

Duque (le Président) : embourbé dans le scandale dit de la « Ñeñepolítique ». L’écoute téléphonique d’un narcotrafiquant suspecté d’homicide, José Guillermo Hernández, dit « el Ñeñe Hernández », débouche sur une découverte inattendue : « sur ordre d’Álvaro Uribe », il a « acheté des votes » et aidé à organiser une fraude électorale, sur la côte caraïbe et dans la Guajira, pour favoriser en 2018 l’élection de l’actuel chef de l’Etat. Informé de ces révélations, le Procureur général de l’époque, Néstor Humberto Martínez, un autre « grand ami » du Centre démocratique, s’empressa de les enterrer et de n’en rien révéler [19].

Marta Lucía Ramírez (la vice-présidente) : obligée d’avouer en juin 2020 qu’elle a payé 150 000 dollars de caution en juillet 1997 pour faire sortir de prison son frère Bernardo, accusé de narcotrafic aux Etats-Unis. Finalement condamné à quatre ans et six mois, Bernardo Ramírez Blanco a purgé sa peine et payé sa dette à la société. Toutefois, jamais les électeurs n’ont été informés de ce détail de la vie d’une femme politique qui, ministre de la défense d’Uribe entre 2002 et 2003, puis « numéro deux » de la République actuellement, s’acharne sur les paysans producteurs de coca ou traite le président vénézuélien Nicolás Maduro de « narcotrafiquant ». Lorsque la « minga » indigène a planté ses modestes tentes de plastique noir à Cali pour appuyer l’actuel soulèvement, Ramírez n’a pas hésité a insinuer : « On me dit que le maintien de la minga coûte environ 1 milliard de pesos [225 000 euros] par jour. Qui est derrière ce financement ? Quelle activité est aussi lucrative pour être aussi dépensière ? »

 

Le pilote Samuel David Niño Cataño et Álvaro Uribe.

Samuel David Niño Cataño : pilote, il se tue le 3 décembre 2019 en s’écrasant dans la région du Petén, au nord du Guatemala, à proximité de la frontière mexicaine, au manche de son bimoteur chargé de 500 kilos de cocaïne destinés au cartel de Sinaloa. Cataño avait été en 2018 le pilote des célèbres duettistes Uribe (lors de sa campagne pour le Sénat) et Duque (candidat à la présidence). « On a dit qu’il était le pilote officiel et qu’il travaille pour moi, réagira ce dernier, après son élection et la mort de Cataño. Non, il n’était pas le pilote officiel et ne travaillait pas pour moi [20]. » Dont acte. Mais, tout de même… Par le plus grand des hasards, lors de la très officielle et huppée cérémonie d’investiture de Duque comme chef de l’Etat, le 7 août 2018, Niño Cataño figurait parmi les invités – de même que José Guillermo Hernández, « el Ñeñe » (assassiné au Brésil depuis).

Dernier haut le cœur (avant les prochains ?) : pendant longtemps, les organisations de défense des droits humains ont estimé que le phénomène dit des « faux positifs » avait provoqué la mort d’environ 3 000 personnes. Le 18 février 2021, la JEP a rendu public l’état de ses dernières investigations : entre 2002 et 2008, sous la présidence d’Uribe (et avec comme ministre de la Défense le futur prix Nobel de la paix Juan Manuel Santos), ce sont 6 402 Colombiens qui ont été assassinés de sang froid par l’armée, dans 29 des 32 Départements du pays.

Un écœurement massif. Une indignation énorme, depuis trop longtemps contenue. Les Colombiens décents crèvent l’abcès. Avant 2016, quiconque manifestait se voyait accusé de sympathie pour la lutte armée. Depuis la démobilisation des FARC – et même si l’Armée de libération nationale (ELN) poursuit le combat dans la clandestinité –, les revendications explosent plus librement, dans toutes leurs diversités. A tel point que, si c’est le Comité de Paro qui lance les consignes, ce n’est pas forcément à lui que répond la rue. Les jeunes s’émancipent, s’autogèrent et souvent mènent la danse.

 

José Guillermo Hernández, dit « el Ñeñe Hernández », avec Iván Duque.

Aux mobilisations massives, hétérogènes et souvent spontanées, répondent les anathèmes jetés par des illuminés médiévaux : il s’agit « d’un plan macabre de la gauche radicale et criminelle financée par le narcotrafic pour déstabiliser la démocratie », ose le Centre démocratique. A Bogotá, les forces de l’ordre vont jusqu’à agresser la veillée d’une foule rassemblée en hommage à des victimes. A Cali, le 5 mai, les policiers agressent et tirent à balles réelles sur un groupe de défenseurs des droits humains accompagnés de fonctionnaires de l’ONU. « Historiquement, témoigne depuis Medellin l’universitaire Luis Ramírez, la répression s’exerçait sur les groupes les plus marginaux : les populations paysannes, indigènes et rurales éloignées. Le reste de la société colombienne n’était pas directement concerné et ne voyait pas trop ce qui se passait. Maintenant, cette répression se généralise dans tout le pays. Alors qu’on prétend habituellement qu’elle s’exerce sur tout ce qui respire “la gauche”, c’est sur les multiples secteurs d’exercice de la citoyenneté libre et active qu’elle s’abat [21]. »

Très vite, le 5 mai, on parle de 87 « disparus ». Réelle inquiétude. Quatre jours plus tard, le nombre des personnes dont les proches se déclarent sans nouvelles s’élève à 548. Frayeur justifiée dans un pays où l’on estime à au moins 80 582 (d’après le Centre national de la mémoire historique) ou même 84 330 (selon le Parquet général) le nombre des disparitions forcées durant les quarante dernières années de conflit. Comparaison n’est pas raison. Les absences inexpliquées des derniers jours se rattachent – tout du moins doit-on l’espérer – au phénomène des détentions arbitraires (666, des jeunes en majorité, au 12 mai). En cause, la Loi de transfert pour protection. Datant de 2016, celle-ci permet l’interpellation par la police de toute personne dépourvue « de défense ou [victime] d’altération grave de l’état de conscience due à des problèmes mentaux, ou sous l’influence de boissons alcoolisées ou de substances psychoactives ou toxiques », le transfert étant le seul moyen disponible pour protéger son intégrité ou celle des tiers, mais, surtout, et infiniment plus fréquemment, lorsque un individu « est impliqué dans une querelle ou fait preuve d’un comportement agressif ou imprudent, effectue des activités dangereuses ou à risque qui mettent en danger sa vie ou son intégrité ou celles de tiers (…)  ». La police expédie alors le détenu dans un Centre de transfert pour protection – façon poétique de ne pas employer l’appellation centre de détention.

 

José Guillermo Hernández, dit « el Ñeñe Hernández », avec son « grand ami » le général Adolfo Hernández (accusé par des organisations sociales d’être responsable d’au moins 39 cas de faux positifs).

« Or, dénonce depuis Medellin Vanessa Vasco, de la Corporation Juridique Liberté, la police, de façon délibérée, injustifiée, capture des gens qui sont en train de manifester ou même simplement de marcher ; elle enregistre leur nom de façon erronée, ce qui empêche les organismes de défense des droits humains de savoir qui est là, d’informer les familles. Les détenus sont frappés et maintenus pour un temps indéterminé, de trois ou quatre jours, hors de toute protection de la loi [22]. » Le 16 mai, alors que se multipliaient les cris d’alarme et les dénonciations, les Bureaux du Procureur et du Défenseur du peuple ont fait savoir que 227 personnes ont été retrouvées et qu’ils en recherchaient 168 autres. En ce qui les concerne, le jeune Brahian Gabriel Rojas López, qu’on avait aperçu le 28 avril dans le « municipio » La Virginia (Risaralda), pendant une intervention de l’ESMAD, et un autre homme non encore identifié, ont été retrouvés, morts, flottant dans le courant du fleuve Cauca.
Au terme de la grève nationale de 2019, diverses organisations sociales ont entrepris une procédure destinée à protéger les droits des manifestants. Dans sa sentence STC-7641-2020 du 22 septembre 2020, la Cour suprême de justice a satisfait à leur demande en ordonnant au président de la République de convoquer une Table de travail destinée à revoir les directives sur l’usage de la force par les 140 000 intégrants des forces de l’ordre. Le pouvoir a fait la sourde oreille. Expédier les auteurs de « bavures », sévices ou assassinats devant les tribunaux ordinaires plutôt que devant les Cours militaires ne l’intéresse pas. Oter au ministère de la Défense son contrôle sur la Police nationale pour placer celle-ci sous l’autorité du ministère de l’Intérieur, comme dans tous les pays civilisés, ne lui traverse pas plus l’esprit. « La situation du narcotrafic et des groupes hors-la-loi ne le permet pas en ce moment », s’est contenté de réagir récemment le chef de la Police nationale, le général Jorge Luis Vargas [23]. C’est donc avec la férocité habituelle que le gouvernement lance ses forces de répression à la rencontre des protestataires. Elles ont même perfectionné leurs méthodes – en mode plus dangereux. Inconnu ailleurs en Amérique latine, est apparu un blindé léger équipé de lanceurs – Venom – projetant en même temps, à la manière d’un Katioucha (dit « orgue de Staline ») [24], jusqu’à 150 mètres de distance, une volée de projectiles générant un flash lumineux et sonore, paralysant, et des cartouches génératrices de nuages de gaz lacrymogènes et de fumée. Des tirs qui, illégalement effectués à l’horizontale, se révèlent particulièrement redoutables pour les manifestants.

 

Blindé léger « Venom », équipé de lanceurs, des forces de répression colombiennes

Troisième ville de Colombie avec 2,2 millions d’habitants, Cali est devenue la capitale de la rébellion. Stratégiquement située à proximité des Départements du Chocó, du Cauca et de Nariño, à moins de trois heures de route de la côte Pacifique et de son important port de Buenaventura, toutes zones particulièrement affectées par le conflit armé, Cali a servi de réceptacle à des dizaines de milliers de réfugiés internes, paysans misérables déplacés par la violence. Sans parler d’une faune interlope d’aventuriers, « paracos », « narcos » etmembres de « pandillas » [25].
Dès le deuxième jour des manifestations, le maire « écolo » Iván Ospina (Parti Alliance Verte) a livré la ville en demandant au gouvernement une assistance militaire. Ce renoncement à une gestion locale de la situation a provoqué un très fort rejet de la population et interrompu les possibilités de dialogue avec les manifestants.
Défiant le pouvoir et les 3 500 militaires envoyés en renfort, ouvriers, travailleurs informels, femmes et étudiants défilent à n’en plus finir. Ils ont aussi organisé vingt-et-un « points de résistance ». « Des jeunes, y compris des adolescents, certains plus organisés que d’autres, très hétérogènes, sont présents en permanence sur ces points de “bloqueo” »,décrit Irene Velez-Torres, anthropologue de l’Université d’El Valle, le 12 mai [26]. Le plus fameux de ces points, la rotonde Puerto Rellena, rebaptisée Port Résistance, à l’est de la ville, jouxte la périphérie d’Aguablanca, agglomération populeuse à mauvaise réputation car occupée, depuis les années 1980, par les flots de déplacés. Pas de quoi rendre les forces de l’ordre particulièrement bienveillantes…

« Affrontement hier [11 mai] entre police et jeunes dans les secteurs Siloé et Pont du Commerce, commente John J, artiste de rap (Fondation HipHop Peña) et enseignant. La police a répondu par des tirs [27]. » Sur la cinquantaine de morts déplorés dans l’ensemble du pays (à l’heure de boucler cet article), trente-cinq ont été tués à Cali. Que le pouvoir tente d’étouffer et réduire au silence. « La nuit, sur les “points de résistance”, les coupures d’électricité laissent des quartiers entiers dans l’obscurité et sans Internet, raconte Irene Velez-Torres. Dans certaines zones, pour certaines personnes, les communications en direct à travers Facebook sont limitées ; des courriers électroniques, que nous avons envoyés, ne sont jamais arrivés. Il semble qu’à partir de certains mots clés, ils sont interceptés et éliminés. »
 
Accourue en renfort le 5 mai avec sa « garde indigène », une sorte de police communautaire non armée, les trois mille hommes et femmes de la « minga » sont restés une semaine en ville avant de devoir se replier sur leurs territoires ancestraux du Cauca. Précairement installés sur le campus de l’Université del Valle, ils exerçaient une présence permanente sur les « points de résistance » pour y protéger « les jeunes » – souvent attaqués la nuit.
 Le 5 mai, néanmoins, ce sont des membres de la « minga » qui ont subi une agression particulièrement violente. Au sud de Cali, dans le quartier chic de Cañasgordas, des civils vêtus de blanc, protégés par des policiers, ont ouvert le feu sur plusieurs « chivas » qui se rendaient à l’Université del Valle pour y participer à une réunion avec des porte-paroles du Comité de grève afin d’établir un agenda de négociation avec le gouvernement. L’attaque a fait douze blessés, dont quatre dans un état grave. Explicitement et plus ou moins élégamment, les autorités locales, départementales et nationales ont demandé aux Indigènes de « retourner dans leurs montagnes ». Le 12 mai, au terme d’une Assemblée permanente et après avoir pris congés des « points de résistance », ceux-ci sont de fait repartis en caravane vers le Cauca, non sans avoir précisé : « Nous continuerons à participer à la grève nationale depuis nos territoires ancestraux. » Archevêque de Cali, Mgr Darío Monsalve leur a demandé pardon au nom de la ville pour ce qu’ils ont subi. D’autres s’inquiètent ouvertement : « Leur départ laisse les jeunes très vulnérables sur les points de concentration. »

Que ce soit à Cali ou ailleurs, les barrages sur les routes, les barricades citadines, l’entrave aux déplacements, la paralysie des transports, des services et de l’activité économique, les difficultés d’approvisionnement provoquent le mécontentement de secteurs de la société, qui s’estiment lésés. Et qui, parfois, réagissent avec véhémence. Toutefois, ces réactions émotionnelles et spontanées ne peuvent occulter le développement de pratiques infiniment plus inquiétantes.
La première alerte a émané précisément de Cali, le 6 mai. Surgis d’un camion banalisé, un groupe de policiers en civil pourchasse des manifestants et tirent à balle réelle. Au vu de vidéos filmées par les protestataires, la Police devra admettre que le véhicule lui appartient effectivement (tout en trouvant une explication des plus « vaseuse » sur les agissements de ses fonctionnaires).
Dans toute la Colombie, se déplaçant souvent dans des véhicules haut de gamme, des civils menacent ou répriment les protestataires. Et parfois ouvrent le feu. Et parfois tuent. Ce qui arrive à Pereira, dans l’ouest du pays, où deux jeunes hommes qui organisent un sit-in pacifique sont gravement blessés par un groupe d’hommes non identifiés, tandis qu’un troisième, Lucas Villa, ne survit pas. Fait divers malheureux dû à une poignée d’irresponsables ? Quelques jours auparavant, le 2 mai, le maire Carlos Maya, s’était fendu d’une déclaration très remarquée : « Nous allons convoquer toutes les corporations de la ville ainsi que les membres de la sécurité privée pour faire un front commun avec la police et l’armée afin de rétablir l’ordre dans la sécurité publique. La ville de Pereira ne s’arrête pas et ne s’arrêtera pas et nous ne la laisserons pas entre les mains des violents. » Des pratiques qui renvoient à de funestes antécédents : la création des Coopératives de sécurité (Convivir en milieu rural), particulièrement promues par le gouverneur du Département d’Antioquia, Álvaro Uribe, dans les années 1980. Il ne fallut pas très longtemps pour qu’elles révèlent leur véritable nature en rejoignant les paramilitaires des AUC.

Un compte Twitter appelé « Brigade anticommuniste », révèle le Collectif d’avocats José Alvear Restrepo, « stigmatise la Minga indigène en signalant qu’elle a des liens avec des groupes armés illégaux »  ; on y trouve des messages tels que « Minga = FARC »  ; un appel y a été lancé aux habitants de Cali « pour qu’ils envoient l’emplacement exact des manifestants et utilisent des armes pour les attaquer [28]  ».
Dans le « municipio » de Jamundi (Valle del Cauca), le jeune membre de la garde indigène Geovanny Cabezas Cruz (18 ans) sera assassiné le 15 mai de plusieurs balles dans le dos par deux inconnus. D’après les témoignages recueillis par Indepaz, des escouades paramilitaires des AGC arpentent la zone et, les jours précédents, des menaces avaient été proférées contre les dirigeants indigènes s’étant déplacés avec la « Minga » à Cali.
Toujours dans cette ville, divulgue le 9 mai « Noticias Uno », diffusé sur la chaîne de télévision payante CableNoticias, un groupe organisé, « Cali Fuerte » (Cali forte), planifie sur WhatsApp des stratégies pour démanteler les points de blocage. Les échanges ont lieu en termes ordinaires – « Je sais que, nous allons avoir en abondance du renseignement, parce que (…) nous pouvons arriver à quelque chose de bon pour la ville » –, mais aussi en usant, pour certains des intervenants, d’un vocabulaire spécialisé, codé, très « policier ».
Après que, la nuit du 16 mai, des affrontements aient fait deux morts et trente-quatre blessés dans le quartier La Estancia de Yundo, la gouverneure du Valle del Cauca, Clara Luz Roldán, a exprimé son indignation pour avoir vu, sur une vidéo, aux côtés des militaires, des civils n’appartenant en aucun cas aux forces de l’ordre, armés et cagoulés.

L’enchaînement de ces divers événements ramène immanquablement au paramilitarisme et à l’Etat – responsable de ce qu’il laisse faire, mais aussi de ce qu’il fait. Car les traces de liaisons aussi dangereuses que troubles ne manquent pas. Ainsi des Águilas Negras (Aigles noirs). Après les Autodéfenses gaitanistes de Colombie, il s’agit de l’organisation responsable du plus grand nombre de menaces de mort et d’avertissements ciblés proférées, sur l’ensemble du territoire national, contre les dirigeants communautaires, politiques et sociaux. Curieusement, on ne lui connaît aucun leader, on ignore totalement ses structures et son fonctionnement, on n’a jamais repéré aucun supposé campement. Pour se livrer à son œuvre mortifère, elle a une stupéfiante capacité d’identifier ses cibles, leurs localisations, adresses mail et numéros de téléphone. Du travail « de police » ou de « service de renseignements ». Qui exerce une incontestable fonction de discipline et de contrôle social en terrorisant les secteurs opposés tant au gouvernement qu’aux pouvoirs locaux.

« L’épidémie qui devrait nous préoccuper est l’épidémie communiste. Sauvons la Colombie. » Le message n’a rien de clandestin. Il figure sur un énorme panneau d’affichage, dans le secteur de Las Palmas, l’un des plus fréquentés de la ville de Medellín. Les médias du « système » chantent à l’unisson. Si les élus ne parviennent pas à persuader les manifestants d’abandonner les barrages, « le gouvernement a l’obligation de recourir aux outils que la Constitution lui accorde pour garantir la prévalence de l’intérêt général », prévient le quotidien El Tiempo. Hebdomadaire, Semana révèle « en exclusivité » (15 mai) « le plan violent des dissidences des FARC et des milices urbaines de l’ELN pour assiéger la capitale [Cali] du Valle del Cauca. Les enregistrements et les informations des services de renseignement prouvent qu’il y avait une intention criminelle au milieu de la grève. Qui est derrière tout cela ? »

Les Etats-Unis se disent « très préoccupés » par la situation. L’Union européenne est elle aussi « très préoccupée ». L’Organisation des Etats américains (OEA) a mis beaucoup de temps à se préoccuper, mais elle s’est finalement déclarée « très préoccupée ». Il faut préciser qu’avant d’être « très préoccupé », son secrétaire général Luis Almagro était « très occupé ». Le 5 mai, en Floride, il recevait les clés de la ville de North Miami Beach, des mains du maire Anthony DeFilippo. Un hommage rendu à « son incessant travail pour la justice dans la région » et à sa lutte « pour la liberté et la démocratie ».

 

« Venezuela : Explosion sociale » ; « Colombie, sous la menace »

Fort heureusement, Almagro a participé ensuite à Miami au forum « Défense de la Démocratie dans les Amériques », organisé (forcément !) par l’Institut interaméricain pour la démocratie, au cours duquel, dans une de ses dernières envolées avant de déposer le bilan, le président équatorien Lenín Moreno a exprimé avec une rare véhémence « une demande unanime »  : que le président vénézuélien Nicolás Maduro retire « ses mains sanglantes et corrompues de la démocratie et la stabilité du peuple colombien ». D’où la préoccupation (presque) soudaine d’Almagro. Le 10 mai, tout en condamnant « les cas de torture et d’assassinats commis par les forces de l’ordre », il a précisé que « le droit à la protestation ne peut être un prétexte pour violer les droits fondamentaux de la population » et a stigmatisé « ceux qui ont transformé les manifestations en vandalisme et ont confondu le vandalisme avec des actions de nature terroriste contre les institutions et les autorités de l’Etat ». C’était bien le moins. La Colombie n’est tout de même pas le Venezuela ou la Bolivie, où tout est permis à l’opposition !

L’inquiétude n’en demeure pas moins réelle. Même Uribe, à l’origine, avait senti le danger et s’était prononcé contre cette réforme fiscale arrivant au plus mauvais moment. Dirigeants de Cambio radical (Changement radical) et du Parti libéral, les dirigeants de droite Germán Vargas Lleras et César Gaviria avaient ordonné à leurs troupes de ne pas voter le texte. Pour Gaviria, ex-président (1990-1994), cette réforme était « la pire chose qui puisse arriver à la classe moyenne » : elle allait « achever le pays et l’économie [29]  ». Les centristes et les Verts – Sergio Fajardo, Jorge Robledo, Juan Manuel Galán, Humberto de la Calle, etc. – ont exprimé le même rejet. Sans être plus entendus. Et ce qui devait arriver est arrivé. La droite perd le contrôle de la situation.
 Panique à bord. Ministre des Affaires étrangères, Claudia Blum démissionne (elle sera remplacée par Marta Lucía Ramírez). « Chaque déclaration du ministre de la Défense sur la grève est un permis de tuer », dénonce Gaviria. « La solution à la grève se trouve dans les Accords de paix et dans des objectifs de développement soutenable », renchérit l’ex-président Santos. C’est que tous les yeux sont désormais tournés vers l’élection présidentielle de 2022. Signe des temps, même les Etats-Unis, plutôt que prononcer leur habituel soutien inconditionnel, ont exhorté les forces de l’ordre colombiennes à faire preuve d’un « maximum de retenue » pour éviter de nouveaux décès. Et ne pas entacher davantage l’image des gouvernants.
Au-delà de cette tentative pour « limiter les dégâts », beaucoup subodorent que cette révolte d’ampleur exceptionnelle marque sans doute, ou peut-être, le crépuscule de l’Uribisme et de son entourage mafieux. Chacun fait un pas de côté. Une droite plus présentable, décente, intelligente, civilisée, serait la bienvenue. Pas trop indépendante tout de même – Washington a besoin d’alliés obéissants aux directives (n’oublions pas le contexte régional et surtout le Venezuela).
Seulement, l’aiguille de la boussole ne tourne pas dans le bon sens. Alors qu’« on » la voudrait fixée sur la droite classique, au pire le centre droit, elle s’incline clairement en direction… du centre-gauche.

Le second tour de la présidentielle, le 17 juin 2018, opposait Duque au candidat de la Colombie humaine, Gustavo Petro. Une première évolution dans un pays habitué à des duels entre candidats de droite ou opposant la droite à l’extrême droite. Confronté à la « maquinaría » (appareil) et aux partis traditionnels, victime d’une campagne de la peur faisant de lui un proche d’« ex-terroristes » [30] et un représentant du « castro-chavisme », victime d’une trahison des pseudo « centristes – De la Calle, Fajardo, Robledo – ayant appelé à voter « blanc », Petro fut finalement battu (41,8 % des voix contre 54 % à Duque) [31]. Toutefois, il était arrivé en tête dans la capitale Bogotá et dans les départements Atlántico, Nariño, Cauca, Chocó, Vaupés, Sucre, Putumayo et Valle, tout en faisant de son mouvement la seconde force politique du pays. La Colombie n’était pas encore prête pour le changement. Elle vient de faire un grand pas dans cette direction. Et l’ombre du Chili plane désormais sur elle, tout un chacun en est conscient.
Lors de l’élection de la Convention constituante, le gouvernement de Sebastián Piñera (37 sièges sur 155) et les partis traditionnels viennent d’y subir une défaite cinglante, historique, le 16 mai dernier. A l’origine de ce séisme, l’apparition d’une nouvelle génération politique née de l’explosion sociale de 2019, elle aussi férocement réprimée (27 morts, 22 000 arrestations, 3 649 blessés).

Tout plutôt qu’un gouvernement réformiste. Tout plutôt que le « Petro-madurisme »  ! L’Uribisme n’entend pas lâcher le pouvoir aussi facilement. Il a peur. Il joue son va-tout. Il a en face de lui un Comité national de grève qui exige des garanties pour le libre exercice de la protestation, la fin des violences, une réforme de la police. Malgré la répression, la pression paye. Le pouvoir lâche du lest : après le retrait de la réforme fiscale, celle de la santé a également disparu de l’agenda (rejetée par le Congrès) ; le gouvernement approuve une subvention de 25 % du salaire minimum pour tout employeur embauchant un jeune ; il annonce la gratuité des frais d’inscription dans l’enseignement public supérieur pour les étudiants des strates 1,2 et 3 (les couches les plus modestes) ; enfin, le 22 mai, la Cour constitutionnelle rétablit les 16 Juridictions spéciales pour la paix (qui disposeront de sièges à partir des prochaines élections législatives) ! Ce pour la carotte. Mais le bâton n’est pas loin. On ne voit même que lui. Le 17 mai, alors que le pays espérait des avancées en matière de négociations, Duque a coupé court et ordonné « l’augmentation de toutes les capacités opérationnelles des forces de l’ordre sur le terrain (…) ».

A bout de trois semaines de soulèvement, on déplore déjà une cinquantaine de morts et 1 600 blessés. Portées par le refus de la pauvreté, de la corruption, de l’insécurité, des inégalités dans l’accès aux études et à la santé, les manifestations massives continuent à se succéder. A chaque jour son tragique, son sordide, son poignant. Popayán : le 13 mai, la très jeune Alison Meléndez est interceptée et détenue par des agents de l’ESMAD. Le lendemain, libérée, bouleversée, elle dénonce avoir subi des violences sexuelles, puis se suicide. L’indignation est telle que des manifestants attaquent et incendient l’Unité de réaction immédiate (URI) où ont eu lieu les sévices. Huit quartiers se soulèvent. A 22 ans, Sebastián Quintero Múnera meurt à son tour, atteint au cou par une grenade assourdissante…

Le pouvoir avait-il pressenti une telle résistance ? Le 6 mai, le sénateur Wilson Arias (Pôle démocratique alternatif) a dénoncé la commande par l’Etat, de 130 000 grenades, 60 000 balles de marquage pour lanceurs de balles de défense (LBD), 4 734 boucliers anti-émeute, 107 lanceurs de gaz, etc., destinés à l’ESMAD, pour plus de 3 643 451 dollars (14 milliards de pesos). A Cali, John J réfléchit à haute voix : « Nous qui sommes des dirigeants communautaires, on connaît les jeunes, on sait pourquoi ils sont dans la rue. On s’inquiète de savoir s’il y aura une sortie négociée, concertée, au moins avec les autorités locales, parce qu’avec le gouvernement ça va être difficile… Qu’est-ce qui va leur arriver à ces jeunes ? On connaît l’histoire de notre pays ! »

 

Source: Mémoire des luttes

Photo:  Flickr CC

 

Notes:

[1] https://www.dane.gov.co/index.php/estadisticas-por-tema/pobreza-y-condiciones-de-vida/pobreza-monetaria

[2] Le gouvernement revendique la mise en place d’un programme de soutien à l’emploi formel bénéficiant à environ 3,5 millions de travailleurs ; le remboursement de la TVA pour près de 2 millions de ménages vulnérables ; le renforcement du Fonds de solidarité éducative (700 000 étudiants).

[3] Le CNP regroupe 26 organisations nationales, 29 comités départementaux et plus de 300 comités municipaux.

[4] C’est ainsi que les indigènes appellent leurs rassemblements et actions collectives.

[5]https://www.semana.com/nacion/articulo/no-nos-dejaremos-vencer-por-viboras-venenosas-comandante-del-ejercito-en-polemica-por-informe-de-la-jep-sobre-falsos-positivos/202143/

[6] Pour ajouter à son délire, López se réfère aux… philosophes français post-structuralistes Félix Guattari (qui a publié en 1977 La révolution moléculaire), Jacques Derrida, Gilles Deleuze et au très oriental Jeu de GO !

[7] Véhicules collectifs ouverts à tous les vents et souvent vétustes, typiques des régions montagneuses de Colombie.

[8] https://viacampesina.org/es/colombia-reforma-rural-integral-solo-se-ha-completado-el-4/

[9] Senadores y representantes – Informe multipartidista (2020) « ¿En qué va la paz a 2 años del gobierno Duque ? », Bogotá, 18 de agosto 2020.

[10] Propriétaire terrien qui a du pouvoir politique.

[11] http://ilsa.org.co/efectos-de-la-reanudacion-de-la-aspersion-aerea-sobre-la-legitimidad-del-programa-nacional-de-sustitucion-de-cultivos-ilicitos-pnis-en-colombia/

[12] La « pasta » ou pâte base : stade intermédiaire entre la feuille de coca et la cocaïne pure, obtenu avec des moyens souvent rudimentaires sur le lieu de production.

[13] Entre 2009 et 2018, 126 « éradicateurs » des GME et membres de la Force publique ont été tués et 664 blessés – la majorité par amputation (Fundacion Ideas por la Paz, Bogotá, 29 mai 2020).

[14] Lire Maurice Lemoine, « Cultures illicites, narcotrafic et guerre en Colombie », Le Monde diplomatique, Paris, janvier 2001.

[15] Pour une production potentielle de 951 tonnes de cocaïne.

[16] Les paramilitaires trouvent leur origine dans des groupes civils « d’autodéfense » légalement crées par l’armée colombienne, conseillée par le Commandement sud de l’Armée des Etats-Unis (Southern Command), dans les années 1970 et 1980, pour lui venir en aide pendant les opérations anti-insurrectionnelles.

[17] « Venezuela : aux « sources » de la désinformation », 7 octobre 2019 – https://www.medelu.org/Venezuela-aux-sources-de-la-desinformation

[18] L’Union patriotique (UP) est un parti politique issu d’un « processus de paix » mené en 1984 sous la présidence du conservateur Belisario Betancur et composé de guérilleros démobilisés, du Parti communiste et de membres de la société civile. Entre 3 000 et 5 000 de ses membres ont été assassinés, torturés et victimes de disparition, essentiellement par les paramilitaires.

[19] Lite « La Colombie aux temps du choléra » – https://www.medelu.org/La-Colombie-aux-temps-du-cholera

[20] https://www.lavozdeyopal.co/el-piloto-desaparecido-en-guatemala-no-trabajaba-para-mi-presidente-duque/

[21] Témoignage recueilli le 12 mai lors d’un Webinaire « Que se passe-t-il en Colombie ? » organisé à l’initiative de France Amérique latine 33 (Bordeaux), Les 2 Rives et le collectif ALBA-TCP France.

[22]  Idem.

[23] https://www.nytimes.com/es/2021/05/12/espanol/protestas-colombia-policia.html

[24] Lance-roquettes multiple soviétique de la Seconde Guerre mondiale.

[25]  « Pandilla »  : bande ; « paraco »  : paramilitaire.

[26] Ibid, « Que se passe-t-il en Colombie ? »

[27]  Ibid.

[28] https://www.colectivodeabogados.org/10861-2/

[29] El Espectador, Bogotá, 21 avril 2021.

[30] Actuellement sénateur, maire de Bogotá de 2012 à 2015, Petro a été, à partir de 1977, membre de la guérilla du Mouvement 19 Avril (M-19), dissoute en 1990.

[31] Lire : « Qui a trahi le camp de la paix en Colombie ? » – https://www.medelu.org/Qui-a-trahi-le-camp-de-la-paix-en

https://www.investigaction.net/fr/guerre-totale-contre-le-mouvement-social/

Dans Colombie

COLOMBIE : LE COMITE NATIONAL DE GREVE ANNONCE LA POURSUITE DES MOBILISATIONS

Par Le 24/05/2021

24 Mai 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-05-22 09:23:19

      

Bogota, 22 mai (RHC) Les membres du Comité National de Grève de Colombie, ont déclaré que les mobilisations se poursuivront parce qu’il n’y a pas encore d’accord avec le gouvernement d’Iván Duque alors que le pays est le théâtre, depuis 24 jours de manifestations pacifiques contre le modèle néolibéral, qui ont été sévèrement réprimées par les forces de sécurité.

Le président de la Centrale Unitaire des Travailleurs (CUT), Francisco Maltés, a déclaré aux médias locaux qu’ils continueront à dialoguer avec l’exécutif national mais qu’ils n’abandonneront pas les grèves et les blocages.

Peu avant d’entrer dans la réunion prévue ce vendredi avec les délégués du gouvernement pour le dialogue, le dirigeant syndical a déclaré qu’il y a "quelques points de convergence (...) et nous verrons si nous pouvons les développer aujourd’hui".

Dans le même temps, il a annoncé qu’ils se mobiliseraient prochainement pour soutenir "la motion de censure au ministre de la Défense, Diego Molano" et d’autres manifestations se dérouleront le 26 et le 28, jour du début des manifestations, a rappelé Maltais.

Il a souligné qu’ils ne tomberont plus "dans le piège de la capitulation et de la désobéissance aux engagements, comme ils l’ont fait l’année dernière, lorsque le gouvernement national nous a fait nous asseoir à la table de négociations pendant un mois sans rien définir", a-t-il souligné.

Pour sa part, le président de la Confédération générale du travail (CGT), Percy Oyola, a affirmé que, dans le cadre de la négociation, ils ont demandé l’intervention des maires et des gouverneurs pour résoudre les problèmes dans les régions, car il est important de tenir compte de ces communautés, a-t-il relevé.

Il a plaidé pour que le dialogue comporte une composante territoriale et pour que ces dirigeants locaux "s’organisent et aient leurs porte-parole pour venir dialoguer directement avec le gouvernement", a-t-il déclaré.

Selon les médias locaux, les membres du Comité National de Grève ont  entamé la cinquième réunion à Bogota, capitale, avec des tables techniques qui feront place à une rencontre conjointe.

À l’issue de sa réunion de jeudi avec les délégués de l’exécutif national, les membres du Comité National de Grève ont mis l’accent sur le fait que le Gouvernement n’a pas encore condamné le recours à la violence contre les manifestants ni accepté l’exigence de fournir des garanties pour exercer pacifiquement le droit de protestation.

En accord avec les membres du CNG, la réticence du gouvernement à accepter ces revendications est devenue un mur pour installer une table de négociation, d’où l’intention de la réunion de ce vendredi d’insister sur ces points, à la lumière de nombreux incidents de répression depuis le début de la grève nationale, qui ont augmenté après le début des rapprochements.

Les organisations membres du Comité demandent également une révision de la politique interne de respect des droits de l’homme au sein de l’armée et de la police.

 

Source Telesur

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/258178-le-comite-national-de-greve-annonce-la-poursuite-des-mobilisations-en-colombie

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Dans Colombie

LE PRESIDENT DUQUE ORDONNE LE DEPLOIEMENT DE MILITAIRES POUR REPRIMER LES LEGITIMES MANIFESTATIONS DU PEUPLE COLOMBIEN

Par Le 21/05/2021

20 Mai 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-05-19 08:56:39

      

Bogota, 19 mai (RHC) Le président colombien, Iván Duque, a ordonné à la Force publique de descendre dans les rues avec sa "capacité maximale" pour contenir les protestations antigouvernementales.

En Colombie, les protestations se poursuivent depuis le 28 avril dernier pour exiger des réformes fondamentales et la fin de la violence promue par l’État, qui a fait une cinquantaine de morts et 600 blessés du fait des brutalités policières.

Dans l’intervalle, le dirigeant colombien a qualifié lundi d'"illégaux" les barrages routiers qui se produisent dans différentes parties du pays dans le cadre des manifestations antigouvernementales et il a déclaré que son gouvernement avancerait sur tout le territoire jusqu’à ce que la situation redevienne normale.

"Nous avons donné pour instructions à tous les niveaux de la force publique de déployer dans les territoires de Colombie, avec les maires et les gouverneurs, leur capacité opérationnelle maximale, afin que, dans le respect de la proportionnalité et dans le strict respect des droits de l’homme et de leur protection, tous les Colombiens puissent recouvrer leur mobilité", a déclaré Duque dans un message télévisé.

Bien que les dernières protestations de la Colombie aient été brutalement réprimées par les forces colombiennes, le président Duque a fait valoir que dans le pays "il n’y a pas de dictatures ni d’oppression".

Il a également décrit les manifestations pacifiques comme des actes de sabotage, affirmant que "derrière ces blocages, il y a un intérêt criminel de saboter l’économie et le développement des populations", ceci malgré les appels lancés par les secteurs populaires à l’exécutif pour un dialogue au niveau national.

Les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux révèlent la dure répression policière et militaire contre les manifestations anti-Duque dans diverses places de Colombie.

Les manifestations en Colombie ont commencé par le rejet de l’établissement au Congrès d’une polémique réforme fiscale impulsée par le Gouvernement qui, sous la pression des mobilisations, a dû la retirer le 2 mai.

Duque a fait cette annonce après que le Comité National de Grève a appelé tous les citoyens à accompagner une grande mobilisation pacifique pour ce mercredi 19 mai.

Entre-temps, la population lance une alerte contre une possible recrudescence de la répression policière. A son tour, le sénateur Armando Benedetti a averti ce mardi sur le réseau social Twitter que "Nous ne sommes pas en guerre, c’est une grève, c’est une protestation ! Débloquer des voies avec la force publique sans avoir donné un minimum de dialogue apportera plus de violence".

 

Source Hispan TV

source:https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/257781-duke-ordonne-le-deploiement-maximum-de-militaires-pour-reprimer-les-manifestations?fbclid=IwAR3D_zTgI8l3CoBWCP-_0PNmUF_C2MODQ00YcKPS0PH2A_JN89_d7FbKZYM

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COLOMBIE : ASSASSINAT DE JESUS SANTRICH, COMMANDANT ET MEMBRE DE LA DIRECTION DES FORCES ARMEES REVOLUTIONNAIRES DE COLOMBIE (FARC-EP)

Par Le 20/05/2021

19 Mai 2021

Mercredi 19 mai 2021
¡Hasta la victoria siempre, Jesús Santrich!


Les Forces armées révolutionnaires de Colombie - Armée populaire (FARC-EP), aujourd'hui connues sous le nom de "Segunda Marquetalia", ont signalé hier l'assassinat de Jesús Santrich, lors d'une opération de l'armée colombienne au Venezuela. 
Santrich voyageait dans un camion au Venezuela lorsque celui-ci a été attaqué par des commandos colombiens. "Le camion transportant le commandant (Santrich) a été attaqué à coups de fusil et de grenades", indique le communiqué de Segunda Marquetalia, ajoutant que les commandos colombiens sont partis en hélicoptère après l'attaque.


La déclaration ajoute que Jesús Santrich "rêvait de la Nouvelle Colombie en pleine paix, avec la justice sociale, la démocratie et une vie digne pour son peuple" et qu'"il est parti pour l'éternité avec toutes ses lumières allumées, avec la vision géopolitique de Bolívar et Manuel rêvant de la victoire de l'unité, de la fraternité et de la solidarité des peuples du continent".

Segunda Marquetalia souligne que "la nouvelle de la mort de Santrich ne sauvera pas l'arrogant tyran Iván Duque de la colère populaire déchaînée" et appelle le peuple colombien "à continuer de lutter dans les rues jusqu'à ce que nous ayons un nouveau gouvernement du peuple et pour le peuple, plus humain, qui pense à la dignité du peuple et pas seulement à augmenter les privilèges des oligarchies, un gouvernement sans corruption ni voleurs d'État".

Commandant de grade, membre de la direction des FARC-EP, Jesús Santrich est né le 31 juillet 1967. Il avait participé en tant que délégué des FARC au processus de paix colombien à La Havane. 


La déclaration complète de Segunda Marquetalia est la suivante :

Nous informons la Colombie et le monde, avec la douleur au cœur, de la triste nouvelle de la mort du commandant Jesús Santrich, membre de la direction des FARC-EP, Segunda Marquetalia, dans une embuscade menée par des commandos de l'armée colombienne le 17 mai.

Cela s'est produit dans la Serranía del Perijá, une zone frontalière binationale, entre El Chalet et le village de Los Laureles, à l'intérieur du territoire vénézuélien. Les commandos colombiens sont entrés dans la zone sur ordre direct du président Iván Duque. La camionnette dans laquelle se trouvait le commandant a été attaquée par des tirs de fusils et des explosions de grenades. Une fois le crime consommé, les assassins lui ont coupé l'auriculaire de la main gauche. Quelques minutes plus tard, près de l'endroit, les commandos ont été rapidement extraits dans un hélicoptère jaune à destination de la Colombie.

A sa famille, nos plus sincères condoléances. Nous les accompagnons dans leur infinie désolation et dans la tristesse qui accable leur âme. Santrich est tombé libre ; libre comme il voulait l'être. Rêve libre de la Nouvelle Colombie en pleine paix, avec justice sociale, démocratie et une vie digne pour son peuple, pour les pauvres de la terre, les exclus et les discriminés, et la population sans défense brutalement attaquée ces jours-ci par l'armée et la police dans les rues sur ordre de la tyrannie monstrueuse de Duque et Álvaro Uribe. Santrich est parti pour l'éternité avec toutes ses lumières allumées, avec la vision géopolitique de Bolívar et de Manuel rêvant de la victoire de l'unité, de la fraternité et de la solidarité des peuples du continent.

La nouvelle de la mort de Santrich ne sauvera pas le tyran arrogant Ivan Duque de la colère populaire déchaînée. Au peuple colombien mobilisé depuis 20 jours en protestation permanente contre le mauvais gouvernement, nous demandons, en hommage à Santrich, de ne pas se relâcher dans sa juste lutte et de se lancer de toutes ses forces pour vaincre ce régime maudit qui nous écrase jusqu'à l'âme. Nous lui demandons de continuer à lutter dans les rues jusqu'à ce que nous ayons un nouveau gouvernement du peuple et pour le peuple, plus humain, qui pense à la dignité du peuple et pas seulement à augmenter les privilèges des oligarchies, un gouvernement sans corrompus ni voleurs de l'État, comme le voulait le commandant déchu dans la lutte.

Des acclamations pour ceux qui sont partis, mais qui sont toujours avec nous, comme Jesús Santrich, l'homme qui a constamment lutté pour une paix pour la Colombie sans trahison et sans perfidie.

Peuple colombien, pour la victoire, CHARGEONS !

FARC-EP
Segunda Marquetalia
Le 18 mai 2021.

source : https://www.idcommunism.com/2021/05/hasta-la-victoria-siempre-jesus-santrich.html#more

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Dans Colombie

COLOMBIE : UN JEUNE ETUDIANT SYMBOLE DE LA GREVE CONTRE LE GOUVERNEMENT MEURT DE 8 BALLES RECUES LE 5 MAI DERNIER

Par Le 13/05/2021

12 Mai 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-05-12 09:17:39

      

Bogota, 12 mai (RHC) Le jeune étudiant Lucas Villa, symbole de la grève nationale contre le gouvernement colombien, est décédé hier dans la nation sud-américaine à la suite de huit impacts de balles qui lui ont été infligés le 5 mai dernier dans la ville occidentale de Pereira.

La victime de la répression policière a reçu des soins intensifs à l’hôpital local de San Jorge, où il a été signalé dans un état neurologique grave, situation suivie de près par le peuple colombien.

Depuis lors, il est devenu une autre image d’agressions meurtrières subies par les protestants pacifiques lors des mobilisations qui ont commencé le 28 avril dernier contre l’administration d’Ivan Duque et ses mesures néolibérales.

Parmi les centaines de compatriotes qui ont déversé leurs sentiments sur les réseaux sociaux, beaucoup ont dédié à Villa des hommages avec des caricatures, des vidéos, des photos, des slogans et la promesse que sa mort ne sera pas en vain.

L’ONG Fondation internationale pour les droits de l’homme a condamné dans un tweet : "le président Ivan Duque affirme qu’il «fera peser tout le poids de la loi sur les responsables» de l’assassinat du jeune homme. Eh bien, M. le Président, démissionnez et rendez-vous à la justice, parce que les responsables sont vous et l’ancien Président Alvaro Uribe".

La Centrale Unitaire des Travailleurs a déclaré que la grève nationale se poursuivait et elle a appelé à continuer les mobilisations et à accroître la protestation pacifique dans le strict respect des normes de biosécurité pour la pandémie de la Covid-19.

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/256992-colombie-un-jeune-symbole-de-la-greve-contre-le-gouvernement-meurt-de-huit-balles

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Dans Colombie

REBELLION EN COLOMBIE

Par Le 12/05/2021

11 Mai 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-05-11 09:43:39

      

Par Guillermo Alvarado

L’indignation augmente en Colombie et partout dans le monde en raison de la répression militaire et policière brutales contre la population civile, seule réponse qu’a trouvé le gouvernement d’Ivan Duque pour essayer de contenir la colère des milliers de personnes, qui demandent, dans les rues de ce pays,  un changement radical. D’après ce que montrent les images et les rapports sur les victimes, au cours des derniers jours, il existe un scénario de guerre où l’une des parties, les forces armées, la police et l’Escadron Mobile Anti-émeute (ESMAD), décharge sa puissance de feu sur des civiles non armés.

Selon un rapport fait samedi dernier par l’Institut pour le Développement et la Paix, INDEPAZ, durant les 10 premières journées de manifestations il y a eu 47 personnes assassinées, 963 détenus de façon arbitraire, 12 cas d’agressions sexuelles, 28 avec des lésions oculaires et 548 disparitions.

Comme on peut le voir, le bilan correspond à un conflit armé interne, où les agents de l’État tirent sur la population avec la totale complicité des plus hautes autorités.

Des organisations politiques et humanitaires, des gouvernements, des personnalités et le pape François ont exprimé leur inquiétude face à cette escalade de violence gouvernementale contre un peuple qui réclame son droit à vivre d’une façon digne.

Pour sa part, l’Organisation des États Américains, dont le chef de file Luis Almagro, semble faire une sieste prolongée, garde silence.

Tel que l’on connait bien, la Colombie est un territoire occupé par le Pentagone qui a installé sur place au moins sept bases militaires déclarées et un nombre indéterminé de soldats, sous prétexte de combattre le trafic de drogues et le terrorisme.

Jusqu’ à présent, tel que l’a rappelé l’écrivain Hernando Calvo Ospina, le pays sud-américain se maintient comme le principal producteur de cocaïne et les Etats-Unis comme le premier consommateur. 95% de l’argent de cette affaire illicite est blanchi dans les banques des États-Unis.

C’est peut-être à cause de cela qu’on a donné des ordres à Almagro de faire comme les fameux singes savants : ne pas écouter, ne pas regarder, ne pas parler.

Mais rien de tout cela n’arrêtera la rébellion dans la patrie de Jorge Eliécer Gaitán, dont l’assassinat le 9 avril 1948 a déclenché le plus grand éclatement social jamais vu dans cette nation.

Mais aujourd’hui ce n’est pas qu’à Bogota, parce que la flamme s’est étendue sur d’autres villes dont Cali, où l’ESMAD et l’armée ont perpétré un carnage et ils ont même tiré sur des médecins qui assistaient les blessés.

Duque fait le compte à rebours et il commence à ressentir la solitude qui accompagne les tyrans, quand ils ouvrent le feu sur leur propre peuple.

source : https://www.radiohc.cu/fr/especiales/comentarios/256876-rebellion-en-colombie

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Dans Colombie

COLOMBIE : LE GOUVERNEMENT REFUSE D’ECOUTER LE PEUPLE EN LUTTES ET DE S’ENGAGER A METTRE FIN A LA BARBARIE

Par Le 12/05/2021

11 Mai 2021

Le gouvernement refuse d'écouter et ne s'engage pas à mettre fin à cette barbarie.
COMITÉ NATIONAL DE GRÈVE 11 MAI 2021 VU : 1110


Plusieurs des secteurs sociaux qui composent le Comité National de la Grève (CNP) ont rencontré cet après-midi pendant quatre heures le Président de la République lors d'une réunion exploratoire au cours de laquelle aucun accord n'a été trouvé (1).

Le gouvernement insiste sur l'échec de la " conversation nationale " avec laquelle il a éludé la négociation de la grève nationale organisée à partir du 21 novembre 2019. Le gouvernement se trompe à nouveau avec sa stratégie d'usure et d'embolie, cela ne résoudra pas la Grève Nationale.

Lors de cette réunion, nous avons exprimé clairement et ad nauseam, la demande d'arrêter la violence étatique et para-étatique contre ceux d'entre nous qui manifestent depuis le 28 avril dernier, de démilitariser la protestation et de fournir des garanties pour l'exercer sans risque de perdre la vie, l'intégrité physique ou la liberté. Et sur cette demande, le président, en tant que commandant général des forces armées, ne s'est pas engagé à arrêter la barbarie dont le monde entier est témoin.

Nous lui avons suggéré que toute négociation possible exigeait l'arrêt de la violence contre les personnes qui manifestent leur mécontentement, et qu'il fallait prendre des mesures urgentes et particulières à Cali, en démilitarisant, en arrêtant les civils armés et en ouvrant un large espace de négociation avec tous les secteurs mobilisés dans cette ville. En réponse, le président ne s'est engagé à rien d'autre qu'à déclarer qu'il était dans la ville tôt ce matin pour discuter avec les autorités civiles et militaires.

Nous apprécions et remercions la présence et l'accompagnement de Carlos Ruíz Massieu, chef de la Mission de vérification des Nations Unies, de Julieth Rivero, chef en Colombie du Bureau du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, et de Monseigneur Héctor Fabio Henao de la Conférence épiscopale.

Nous voulons réitérer que nous sommes prêts à négocier, à condition que la violence contre les jeunes et les citoyens qui manifestent cesse, et qu'un processus de négociation des demandes présentées par le Comité national de grève et avec d'autres secteurs mobilisés soit établi.

La grève nationale continue, et c'est pourquoi nous appelons à ce que mercredi prochain, le 12 mai, la manifestation pacifique s'intensifie, avec un respect strict des normes de biosécurité, en continuant avec les couloirs humanitaires, parce que la grève s'occupe de la population, et en solidarité avec les victimes de la violence policière et avec les citoyens actifs dans la protestation à Cali, pour que le gouvernement écoute la clameur du peuple colombien, modifie sa position et arrête la barbarie, afin d'écouter et de négocier avec tous les secteurs sociaux et les citoyens qui se mobilisent.

Pour ce jeudi 13 mai, nous appelons à une assemblée populaire et à une réunion nationale avec la présence du Comité National de la Grève dans la ville de Cali avec toutes les expressions de la citoyenneté qui participent à cette Grève Nationale.

STOP À L'AVANCÉE - VIVE LA GRÈVE NATIONALE !

Comité national de grève CNP

Note

(1) Les demandes et les critères que nous avons présentés au Président de la République ont été inclus dans une communication qui peut être trouvée au lien suivant : https://cut.org.co/comunicado-del-comite-nacional-de-paro-lo-que-vamos-a-decir-al-presidente-de-la-republica/.

Bogotá, 10 mai 2021

source : https://www.pacocol.org/index.php/noticias/nacional/15010-gobierno-se-niega-a-escuchar-y-no-se-compromete-a-parar-la-barbarie

Tag(s) : #colombie#Pacocol

Dans Colombie

SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE COLOMBIEN! HALTE A LA REPRESSION MEURTRIERE ET AUX VIOLENCES!

Par Le 08/05/2021

Solidarité avec le peuple colombien ! Halte à la répression meurtrière et aux violences !

Publié le par anonyme

Depuis le 28 avril, la société civile colombienne dans sa grande diversité a appelé la population à manifester son refus de la réforme fiscale proposée par le Président Ivan Duque. Cette réforme injuste qui épargne les plus riches et vise à faire payer la crise économique aux plus modestes, s’est heurtée dans tout le pays à une vague de protestation d’une ampleur telle que le projet présidentiel a été retiré et que le ministre des finances a démissionné.

 

Au-delà du rejet de la réforme fiscale, la mobilisation du peuple colombien exprime une opposition plus générale à la politique gouvernementale qui accroît les inégalités et se caractérise par la violence et la corruption. Les manifestants s’opposent également au projet de réforme de la santé ainsi qu’à la remise en cause des accords de paix de 2016 qui ont mis fin à la guérilla,

 

Le président et le gouvernement colombiens ont décidé de répondre à ce large mouvement social par la répression et la terreur policière. Selon les ONG locales et les représentants de l’ONU, on compte entre le 27 avril et le 5 mai 37 victimes d'homicides commis par la police, 222 blessés victimes de violences policières,1708 cas de brutalités policières, 831 arrestations et 10 victimes d'agressions sexuelles par la force publique.Le Haut-Commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, Marta Hurtado, déclare dans un communiqué : "Nous sommes profondément alarmés par les développements dans la ville de Cali, en Colombie, où la police a ouvert le feu sur des manifestants qui protestaient contre les réformes fiscales, tuant et blessant plusieurs personnes".

 

Le Mouvement de la Paix dénonce et condamne cette répression policière meurtrière qui frappe des manifestants pacifiques exprimant leurs revendications. Il exprime sa solidarité au peuple colombien en lutte pour ses droits et sa dignité et rappelle que le rassemblement pacifique est un droit humain fondamental, reconnu par le droit international.

 

Le Mouvement de la Paix demande instamment au gouvernement français de faire entendre la voix de la France en condamnant fermement cette violation des droits de l’homme et en saisissant l’Union Européenne afin de prendre les sanctions nécessaires envers les responsables.

 

A Paris, le vendredi 7 mai 2021

 

Le Secrétariat National du Mouvement de la Paix

Dans Colombie

LE PEUPLE COLOMBIEN EXIGE LE RESPECT DU DROIT DE PROTESTER DES ORGANISATIONS COLOMBIENNES

Par Le 08/05/2021

8 Mai 2021

 

6 MAI 2021  AMÉRIQUE DU SUD, DROITS DES PAYSANS ET DES PAYSANNES, FEMMES, PROCESSUS DE PAIX EN COLOMBIE

Communiqué de l’articulation des femmes de la CLOC-Via campesina
(Managua, le 4 mai 2021) L’Articulation des femmes de la Coordination latino-américaine d’organisations paysannes CLOC-LVC, en tant qu’instance continentale de femmes paysannes, autochtones et noires, devant la RÉPRESSION contre le peuple colombien et considérant les efforts de ce peuple frère pour réaliser la paix, et avec la légitimité de sa mobilisation pour revendiquer ses droits, nous exigeons que le gouvernement cesse la répression exercée à l’aide de ses organes d’exécution que sont la police et l’armée.

En pleine crise sanitaire, les journées de contestation en Colombie ont laissé des centaines de blessés, plus de 726 détentions arbitraires, plus de 27 personnes tuées et six cas de viol, ce qui aggrave la situation de ce peuple qui crie pour sa liberté et exige le respect des droits humains de chaque citoyen et citoyenne.


Le conflit armé que la Colombie a vécu pendant plus de quarante ans a approfondi la pauvreté et la migration de sa population. Depuis de nombreuses années, les dirigeantes et dirigeants des organisations sociales font l’objet de menaces, de persécution et d’assassinats. On observe dans ces journées de contestation la réalité crue que le peuple vit au quotidien.

Nous exigeons le respect du droit de protester des organisations colombiennes; Nous appelons les organisations internationales de droits de l’homme à prendre les mesures pertinentes contre la violence brutale exercée par le gouvernement.

Nous demandons que cesse la violence sexuelle contre les femmes dans le contexte des manifestations.

Nous exigeons que cesse la répression contre les organisations sociales.

Nous lançons un appel urgent à la solidarité internationale et à la condamnation de toute forme de violence contre un peuple qui cherche à améliorer ses conditions de vie.

Mondialisons la lutte.

Mondialisons l’espoir.

source : https://viacampesina.org/fr/nous-exigeons-le-respect-du-droit-de-protester-des-organisations-colombiennes/

Tag(s) : #colombie#ViaCampesina

 

Dans Colombie

COLOMBIE : MISE EN GARDE CONTRE LA CRIMINALISATION DES MANIFESTATIONS

Par Le 06/05/2021

6 Mai 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-05-06 09:20:42

 

 

Bogota, 6 mai (RHC) L’ancien président colombien Ernesto Samper (1994-1998) a mis en garde contre la stratégie de criminalisation de la grève nationale que vit dans le pays, afin de justifier le recours à la force par les policiers et les militaires.

Dans son profil sur Twitter, l’ancien président a averti que la droite politique veut transformer la protestation en 'menace terroriste, des manifestants en cibles militaires et la force publique (...) en acteurs de guerre civile'.

Samper s’est référé aux recommandations faites par l’ancien président colombien Álvaro Uribe (2002-2010) pour faire face aux signes de mécontentement social, qu’il a qualifiés de révolution moléculaire dissipée.

Le terme appartient au chercheur chilien Alexis Lopez et se réfère à de petites actions de résistance en augmentation en nombre et en intensité et qui se terminent par de grandes révolutions.

Selon Uribe sur son compte Twitter, il est nécessaire de résister à la 'révolution moléculaire dissipée', pour cela il a conseillé de renforcer le rôle des forces armées et de reconnaître le terrorisme, –a-t-il dit se référant aux manifestations, comme un phénomène plus important que prévu.

Pour sa part, Samper rappelle que la militarisation, la criminalisation de la protestation sociale ou la stigmatisation des personnes comme terroristes ne sont pas des solutions à la crise que vit la Colombie.

En revanche, il a appelé au dialogue avec les partis d’opposition, les mouvements sociaux et à la réponse tolérante de la force publique aux manifestations.

Les actions répressives violentes ont suscité l’inquiétude d’instances internationales telles que l’Organisation des Nations Unies qui, la veille, a condamné ce comportement des agents en uniforme et a appelé les autorités du pays à respecter la protection des droits de l’homme, en particulier le droit à la vie et à la sécurité de la personne.

 

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/256418-mise-en-garde-contre-la-criminalisation-des-manifestations-en-colombie

Tag(s) : #colombie

Dans Colombie

COLOMBIE : SOLIDARITE AVEC LA MOBILISATION POPULAIRE. HALTE A LA REPRESSION !

Par Le 05/05/2021

4 Mai 2021

 

publié le 04/05/2021
Colombie : solidarité avec la mobilisation populaire, halte à la répression !
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Le peuple colombien s’est soulevé. Depuis le 28 avril, dans toutes les régions du pays, tant dans les grandes villes que dans les zones rurales, travailleurs, étudiants, organisations des peuples autochtones ont organisé des manifestations et rassemblements massifs pour revendiquer le retrait du projet de réforme fiscale du gouvernement du président Iván Duque.

Une réforme dont l’objectif était de faire payer aux ménages modestes la crise économique et la mauvaise gestion du pays, tout en épargnant les privilèges des plus riches. Mais si la réforme a été le détonateur, la force de la mobilisation populaire exprime le profond rejet de toute une politique fondée sur l’accroissement des inégalités, la violence et la corruption.

Par leur détermination, les Colombiennes et Colombiens ont contraint le président Duque à retirer sa réforme et conduit à la démission le ministre des Finances, Alberto Carrasquilla. Des premières victoires et conquises de haute lutte, face à un gouvernement aux abois, qui a décidé d’utiliser la répression et la terreur pour maintenir sa domination.

La répression policière est brutale et l’armée a été déployée dans les rues des grandes villes du pays. Selon les informations du Défenseur du peuple en date du 3 mai, 18 civils ont été assassinés depuis le début de la mobilisation, dont 11 dans la seule ville de Cali. Selon la campagne « Défendre la liberté », 305 personnes ont été blessées par la police et 988 arrêtées. Des défenseurs des droits humains sont également pris pour cible, y compris des représentants de l’ONU.

Face à cette grave situation, le Parti communiste français (PCF) exprime son entière solidarité avec la lutte exemplaire du peuple colombien et dénonce avec force la répression meurtrière déchaînée contre les manifestants.

La France et l’Union européenne ne peuvent demeurer silencieuses. Elles doivent cesser de soutenir le gouvernement d’extrême droite, héritier direct de la « guerre sale » contre les mouvements populaires et démocratiques. Un gouvernement responsable des morts des derniers jours, mais aussi de l’assassinat de centaines de leaders sociaux et de signataires des Accords de paix depuis sa prise de fonctions. Une condamnation ferme des violations des droits humains est nécessaire, ainsi que l’activation sans délai de la clause de suspension de l’accord de libre-échange avec la Colombie.

Parti communiste français,
Paris, 4 mai 2021

source : https://www.pcf.fr/colombie_solidarite_avec_la_mobilisation_populaire_halte_la_repression?fbclid=IwAR29xHE6m6wpaiasSEwfYVfOYTikrXnRJXjE-lAoadxeEBAW8SX7BErkFSM

Tag(s) : #PCF#colombie

Dans Colombie

POUR LE DROIT A LA PROTESTATION SOCIALE EN COLOMBIE : ARRETEZ LES MASSACRES !

Par Le 04/05/2021

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4 Mai 2021

 

Publié le : 04.05.2021
Le peuple colombien a décidé, de manière spontanée et très utile, de prolonger la grève civique du 28 avril, en protestation prolongée contre la réforme fiscale et la réforme de la santé, contre d'autres mesures antisociales et contre l'impunité garantie par les autorités colombiennes à ceux qui assassinent les leaders sociaux et les signataires de la paix. Désormais, les chauffeurs routiers ont également rejoint le mouvement.

A la manifestation pacifique et massive, le président Ivan Duque répond par une répression maximale, digne d'un régime fasciste. On dénombre des dizaines de morts dans le pays, la violence de l'État étant particulièrement forte à Cali. Ce samedi 1er mai après-midi, le président a décrété la militarisation des villes, obéissant ainsi à l'ancien président Uribe qui avait invité les militaires et les policiers à utiliser leurs armes de guerre contre les manifestants. Dans la nuit de dimanche à lundi, à Cali, l'armée a attaqué la population civile avec des armes lourdes et des hélicoptères de combat.

Le Parti de la Gauche Européenne demande au gouvernement colombien de cesser immédiatement la militarisation du pays, l'utilisation d'armes à feu contre la population civile, de respecter le droit à la protestation sociale, de libérer tous les prisonniers politiques, d'enquêter et de punir les auteurs des meurtres de manifestants pacifiques, et de se conformer à ses obligations en vertu des accords de paix.

Le Parti de la Gauche Européenne demande à la Commission européenne, au Conseil des ministres et aux pays membres de l'Union européenne de cesser de soutenir le gouvernement colombien, le plus répressif, meurtrier et antisocial de toute la région, et de condamner clairement l'assassinat de leaders sociaux et de signataires de l'accord de paix, ainsi que le non-respect des accords de paix par le gouvernement.

Le Parti de la gauche européenne demande à la Commission européenne d'activer la clause démocratique et des droits de l'homme de l'accord de libre-échange UE-Colombie, en suspendant partiellement ou totalement son application provisoire jusqu'à ce qu'il soit mis fin à l'impunité dont bénéficient les assassins. Elle appelle également les parlements d'Europe qui ne l'ont pas fait à ne pas ratifier cet accord de libre-échange tant que ces meurtres resteront impunis.

Parti de la gauche européenne

Bruxelles, 3 mai 2021
source : https://www.european-left.org/protesta-colombia-que-cesen-las-masacres/

Tag(s) : #PGE#colombie

Dans Colombie

COLOMBIE : ASSASSINAT DE 41 INDIENS DU PEUPLE AWA CES 12 DERNIERS MOIS

Par Le 25/04/2021

25 Avril 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-04-24 09:26:38

      

Bogotá, 24 avril (RHC) Des défenseurs des droits humains en Colombie ont dénoncé  les assassinats de 41 indiens du peuple Awá dans le département de Nariño au cours des 12 derniers mois.

Le groupe d’avocats a diffusé sur Twitter un communiqué publié par l’Unité autochtone du peuple Awá dans lequel ils rejettent l’augmentation de la violence contre leurs communautés et la situation des véritables camps de guerre que sont les territoires dans lesquels elles vivent.

D’après le texte, les actes de victimisation commis sur ce territoire se sont intensifiés au cours des derniers mois, avec des massacres, des déplacements, des confinements, des assassinats, des disparitions forcées, des tortures, des menaces à l’encontre de dirigeants et des attentats aux explosifs.

Les Awas dénoncent le fait que ces attaques ont fait des morts, tandis que les affrontements entre groupes armés légaux et illégaux affectent également leurs communautés.

Dans le communiqué, ils ont demandé au Bureau du Procureur général de la nation d’enquêter, d’agir rapidement et de trouver les coupables de tous les faits qui se produisent constamment, afin qu’ils ne restent pas impunis.

Ils ont demandé au Bureau du Défenseur du peuple d’élaborer des rapports et de donner suite aux alertes précoces concernant la crise humanitaire que vivent les Awá.

Ils ont également demandé un accompagnement permanent pour la prise en charge des victimes, et la dénonciation de cette crise humanitaire par les organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme et autres.

Enfin, ils ont appelé à la solidarité du peuple colombien qui veut vivre en paix sur le territoire.

 

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/255160-assassinat-de-41-indiens-awa-de-colombie

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Dans Colombie

CINQ LEADERS SOCIAUX ET EX-MEMBRES DES FARC TUES CHAQUE SEMAINE EN COLOMBIE

Par Le 07/04/2021

6 Avril 2021

 

Bogota, 6 avril (RHC) Cinq dirigeants sociaux ou anciens membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont été assassinés chaque semaine du 1er novembre 2016 au 30 juin 2020, a indiqué un rapport publié ce lundi.

Au cours de cette période, 944 assassinats de personnes liées à ces secteurs (également défenseurs des droits de l’homme) ont été identifiés, précisent dans le texte la Fondation Forjando Futuros, la Commission Inter-ecclésiale de Justice et Paix, le programme Nous sommes des Défenseurs, l’Institut d’études pour le développement et la paix et la Commission colombienne de juristes.

Il existe trois modèles liés aux crimes : systématisation, stigmatisation et impunité, ont exposé les Organisations non gouvernementales, tout en résumant les 66 condamnations prononcées contre les responsables, soit seulement 7 % du total des affaires enregistrées. Elles ont critiqué le travail du Bureau du Procureur.

Le nombre total de décès a été localisé dans 29 des 32 départements du pays, mais la situation la plus complexe est enregistrée à Cauca, Antioquia, Nariño, Valle et Norte de Santander, avec 568 assassinats de dirigeants sociaux et d’anciens guérilleros, c’est-à-dire, 60% des cas  s’y concentrent, ont-elles averti.

Ces assassinats touchent des groupes ayant des caractéristiques similaires, visent certains secteurs de direction ou de défense des droits de l’homme, ou d’anciens guérilleros, et se concentrent dans certaines zones, note le document.

L’enquête indique que dans 80 % des communautés touchées, il y a eu des cultures de coca après 2016, et presque toutes ont des taux d’homicide supérieurs à 10 pour 100 000 habitants.

D’autres organisations, comme l’Organisation des Nations Unies, ont par le passé mis en garde contre le fait que le Gouvernement d’Ivan Duque n’avait pas réagi à ce fléau et ont appelé à une plus grande attention institutionnelle à l’égard des ex-guérilleros et des conditions de sécurité en général.

 

Source Prensa Latina

Édité par Reynaldo Henquen

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/253103-cinq-leaders-sociaux-et-ex-membres-des-farc-tues-chaque-semaine-en-colombie

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Dans Colombie

COLOMBIE : DENONCIATION DE LA SITUATION HUMANITAIRE DES COMMUNAUTES AUTOCHTONES

Par Le 20/03/2021

20 Mars 2021

 

Bogotá, 19 mars (RHC) La Conférence épiscopale de Colombie a dénoncé aujourd’hui la situation humanitaire complexe dans les communautés indigènes à cause des actions de groupes irréguliers dans la municipalité de Murindó, au nord-est du département d’Antioquia.

Lors d’une conférence de presse, l’institution de l’Église catholique a exposé les conclusions d’une enquête menée sur ce territoire par des membres des diocèses de Quibdó et Apartadó, du Conseil Supérieur de Murindó et de la Coordination régionale du Pacifique, entre autres.

Les groupes militaires et paramilitaires ont commis de graves violations du droit international dans leur différend sur cette zone considérée comme un corridor stratégique, a-t-elle souligné.

En raison de l’affrontement et de la présence de ces groupes armés, les communautés autochtones ont été victimes de déplacements forcés, d’enfermements, de menaces contre les dirigeants et les communautés, de recrutement de mineurs et de perte de l’autonomie de leur territoire, a-t-il précisé.

De même, des femmes et des enfants de la communauté de Turriquitadó Alto ont été contraints de se déplacer après l’installation, en  leur présence, de mines antipersonnel devant l’école et dans les maisons, ont révélé les délégations.

Près de 140 autochtones ont quitté leurs territoires à la suite de ces événements; cependant, des familles sont confinées et mises au secret parce qu’elles n’ont pas pu se déplacer, ont-ils ajouté.

La communauté de l’île vit dans une situation de confinement angoissante en raison des mines antipersonnel posées par les groupes militaires et paramilitaires, dont a été victime un enfant de 12 ans le 28 février dernier, ont-ils dit.

La Conférence épiscopale exige l’intervention du gouvernement du président Ivan Duque dans cette région pour garantir les droits sociaux, le déminage territorial, l’aide humanitaire urgente et la protection collective des communautés indigènes.

À son tour, il réclame la séparation totale des membres de la force publique des acteurs armés illégaux afin de renforcer la tâche de protection des habitants.

Le déplacement forcé interne en Colombie a doublé en janvier et février 2021 par rapport à la même période de l’année précédente, a averti mardi dernier le Médiateur, Carlos Camargo.

 

Source Prensa Latina

Édité par Reynaldo Henquen

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/251224-colombie-denonciation-de-la-situation-humanitaire-des-communautes-autochtones

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NOUVEAU MASSACRE EN COLOMBIE

Par Le 20/02/2021

19 Février 2021

Bogota, 18 février (RHC) La police colombienne a fait état d’un nouveau massacre qui a coûté la vie à cinq personnes dans la municipalité des Andes, dans le département d’Antioquia.

Selon les autorités, des hommes cagoulés armés sont entrés dans un champ de cueilleurs de café et ils ont fait sortir six travailleurs par la force, en ont tué cinq et ont gravement blessé le sixième.

Les corps des victimes portent des traces de torture et les policiers pensent que les crimes sont liés à des différends territoriaux entre groupes armés impliqués dans la production et le trafic de drogues.

Selon les médias locaux, la bande de Los Guadalupe, connue pour ses activités de trafic de drogue, d’extorsion et d’homicide, opère dans la région et pourrait, selon les autorités, être alliée à une autre bande connue sous le nom de La Terraza.

On pense en outre que l’organisation paramilitaire bien connue, le clan du Golfe, a des intérêts dans la région, ce qui fait de la sécurité une question complexe à régler dans le département qui connaît le plus grand nombre d’actes de violence de ce type depuis le début de cette année.

Selon l’Institut d’études pour le développement et la paix (Indepaz), en un peu plus d’un mois et demi, la Colombie a enregistré 12 massacres et 46 décès, tous dans des zones rurales du pays. (Source:PL)

Édité par Reynaldo Henquen

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/248093-nouveau-massacre-en-colombie

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COLOMBIE : JULIAN CONRADO, 1er ANCIEN GUERILLERO DES FARC DEVENU MAIRE

Par Le 30/12/2020

29 Décembre 2020

Ainsi va le mandat de Julián Conrado, premier ancien guérillero des FARC à devenir maire élu
Près d'un an après avoir pris ses fonctions de maire de Turbaco, dans le département de Bolivar, Guillermo Torres, alias "Julián Conrado", a parlé des défis de la réincorporation qu'il a dû relever en tant que premier ancien combattant de la guérilla à obtenir un poste de maire après la signature de l'accord de paix.
27 décembre 2020


Julián Conrado, maire de Turbaco. Photo : Mission de l'ONU en Colombie.
Guillermo Torres, alias "Julián Conrado", s'est présenté aux élections de 2019 en tant que maire et gouverneur, où il a obtenu 50,7 % des voix. Il est ainsi devenu le premier ancien guérillero à obtenir un siège de maire après la signature de l'accord de paix. Bien qu'il se soit présenté avec l'appui de la coalition Colombia Humana-Union Patriotica, Torres prétend se sentir responsable du succès de la réincorporation politique. C'est pourquoi il concentre ses efforts sur la gestion transparente des ressources et la lutte contre la corruption.

Conrado, dans un entretien avec la mission de vérification des Nations unies en Colombie, a déclaré qu'il était né à Turbaco en 1954. Sa mère était blanchisseuse et son père était chauffeur de bus. Il a appris à jouer de la guitare dès son enfance et a ensuite composé plus de 100 chansons, dont deux ont été enregistrées en 1976. Il rejoint la guérilla en 1984 et devient le chanteur officiel des Farc-EP. Il a été présumé mort dans les bombardements  causant la mort de Raul Reyes, et a été emprisonné au Venezuela, mais il n'a pas donné de détails sur les circonstances de sa disparition.


Il a assuré que l'accord de paix a été l'une des meilleures opportunités que le pays ait eues, et grâce à lui, il a pu démontrer qu'un ancien combattant, "une personne qui était dans l'insurrection", peut administrer un peuple avec honnêteté et transparence pour être un exemple dans toute la Colombie. Il a également déclaré qu'il n'avait jamais pensé à devenir maire de sa ville, mais qu'il avait toujours voulu faire de la politique, "parce qu'on fait de la politique dès la naissance, il est impossible pour l'être humain de vivre en dehors de la politique", a-t-il répété. Il a également déclaré que le mot "réincorporation" n'est pas exact, car il n'a jamais été en dehors de la société, mais il accepte le terme en raison de ses actions passées en dehors de la loi.


Julián Conrado, maire de Turbaco. Photo : Mission de l'ONU en Colombie.
En ce qui concerne son travail de fonctionnaire, il a déclaré qu'il était difficile de gouverner, car les gens se sont habitués au fait que la politique consiste à "donner des emplois et des contrats". Comme il n'a pas cédé aux pressions, il a déclaré qu'il a été catalogué comme corrompu. Malgré cela, il a dit : "Je dors paisiblement", car il a tenu sa parole. Il a également assuré qu'il est prêt à mourir pour la paix, dans le contexte national qui compte déjà plus de 200 ex-combattants assassinés, car il continuera sur la voie de la légalité. "Je l'ai dit : personne ne me fait sortir du chemin de la paix", a-t-il dit. Il a également déclaré qu'il voulait être un exemple de réincorporation afin que d'autres combattants démobilisés suivent son chemin.

Malgré le fait que, durant sa campagne, les opposants ont prétendu que Cordado n'avait aucune expérience pour gouverner, il a fait remarquer à la mission de l'ONU que la chose la plus importante, au-delà des titres professionnels, est l'honnêteté et la fiabilité. Ainsi, il a soutenu que, pour administrer les ressources économiques, il est nécessaire que celui qui assume cette tâche soit honnête. En outre, Conrado a obtenu il y a quelques mois son diplôme de fin d'études secondaires, en même temps que sa femme. Il a déclaré que cette action est un encouragement pour ses camarades de classe à prendre également la décision d'étudier.

Conrado a déclaré que les anciens combattants sont stigmatisés en raison de leur passé d'insurgés, mais c'est le défi à relever, car il faut se débarrasser de la croyance selon laquelle "nous sommes de différents côtés". Pour le maire de Turbaco, la guerre que le pays a vécue n'a pas fait de morts d'un côté ou de l'autre, "cette guerre en Colombie a fait des morts du même côté, nous sommes tous du même côté. La guerre, poursuit-il, est une guerre entre frères, fils de gens humbles.

source:https://www.infobae.com/america/colombia/2020/12/27/asi-va-el-mandato-de-julian-conrado-el-primer-exguerrillero-de-las-farc-en-convertirse-en-alcalde-electo/?outputType=amp-type

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Dans Colombie

COLOMBIE : LA COUR SUPREME COLOMBIENNE ORDONNE L'ARRESTATION DE L'EX-PRESIDENT ALVARO URIBE

Par Le 06/08/2020

 

Bogotá, 5 août (RHC)- La Cour suprême colombienne a ordonné l'arrestation de l'ex-président colombien et actuel sénateur Alvaro Uribe, encore très influent dans son pays, pour une affaire de manipulation de témoins contre un opposant de gauche. Ce dernier a annoncé ce mardi sur Twitter que la justice avait ordonné son arrestation.

«La privation de ma liberté me cause une profonde tristesse pour mon épouse, pour ma famille et pour les Colombiens qui croient encore que j'ai fait quelque chose de bien pour la patrie», a twitté l'ancien chef de l'Etat (2002-2010), un représentant de la droite dure.

Bien que la Cour ne se soit pas publiquement prononcée sur son inédite décision contre un ex-président colombien, les médias locaux indiquaient qu'il ne serait pas transféré en prison, mais assigné à résidence. Alvaro Uribe, 68 ans, chef du Centre démocratique (CD, au pouvoir), vit à Rio Negro, près de Medellin (nord-ouest). Cette décision inattendue contre le parrain politique de l'actuel président Ivan Duque, au pouvoir depuis deux ans, a été prise durant une audience tenue à huis clos et visant à définir sa situation.

La Cour suprême, seule instance habilitée à juger les parlementaires, décidera plus avant de la tenue ou non d'un procès. Alvaro Uribe, entendu le 9 octobre 2019 par les magistrats, fait l'objet d'une enquête pour manipulation de témoins en sa qualité de sénateur, affaire qui pourrait lui valoir jusqu'à huit ans de prison pour subornation et fraude procédurale. L'ex-président, qui bénéficie encore d'un certain soutien populaire pour sa politique de main de fer contre les guérillas de gauche, avait porté plainte en 2012 contre le sénateur Ivan Cepeda pour un complot présumé en s'appuyant sur de faux témoins. Il affirme que son principal opposant politique, lui-même témoin dans l'affaire, a demandé à d'anciens paramilitaires de l'accuser d'être impliqué dans des activités criminelles de milices d'extrême droite armés contre les rebelles. Toutefois, la Cour n'a pas engagé de poursuites contre Ivan Cepeda, mais a décidé en 2018 d'ouvrir une enquête contre Alvaro Uribe pour la même raison: manipulation de témoins contre un opposant.

Outre cette affaire, il est visé par d'autres enquêtes pour des crimes présumés liés au long et complexe conflit armé, qui mine la Colombie depuis près de six décennies. En juin, la Cour suprême a ainsi annoncé l'ouverture d'une enquête pour une affaire d'écoutes illégales menées par des militaires en 2019, visant quelque 130 journalistes, hommes politiques, militaires en retraite et syndicalistes. Mais Alvaro Uribe a toujours clamé son innocence et son parti mène une intense campagne médiatique pour défendre l'«honneur» de son chef.

José Miguel Vivanco, directeur exécutif de la division Amériques de l'organisation Human Rights Watch (HRW), l'ont saluée. «Je félicite la Cour suprême d'agir de manière responsable en ordonnant l'assignation à résidence d'Uribe. La Cour démontre que tous - jusqu'aux plus puissants - sont égaux devant la loi. Il faut respecter l'indépendance judiciaire», a-t-il tweeté. Cette décision vient grossir les rangs d'anciens dirigeants latino-américains populaires devant rendre des comptes à la justice, tels Lula au Brésil, Cristina Kirchner en Argentine, Rafael Correa en Equateur, Alberto Fujimori au Pérou ou Ricardo Martinelli au Panama.

Edité par Reynaldo Henquen
source :  http://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/230678-colombie--la-justice-ordonne-l'arrestation-de-l'ex-president-uribe


 

Dans Colombie

COLOMBIE : FACE A LA FRAUDE ÉLECTORALE, L’APPEL A LA DÉSOBÉISSANCE CIVILE LANCE PAR UN SÉNATEUR GAGNE DES ADEPTES DANS LE PAYS

Par Le 09/07/2020

Bogota, 8 juillet (Prensa Latina) L’appel à la désobéissance civile lancé par le sénateur Gustavo Petro face à la fraude électorale présumée qui a conduit Iván Duque à la présidence de la Colombie gagne des adeptes aujourd’hui dans ce pays.

Petro, du mouvement Colombia Humana, a lancé cet appel suite aux révélations d´enregistrements audio dans le cadre de l´affaire dénommée Ñeñepolítica, qui mettent en garde contre une probable complicité du gouvernement actuel avec des trafiquants de drogue et au moins un homme d’affaires étranger dans l’achat de votes.

Le député Petro, rival de Duque lors des élections du dimanche 27 mai 2018, affirme que la désobéissance civile est la forme la plus élevée d’action et de conscience sociale d’un peuple face à des gouvernements tyranniques ou illégitimes.

Il considère que l’administration de Duque est illégitime parce qu´ 'il s’est fait élire avec le vote acheté par l’argent du trafic de drogue'.

Il note que, selon les arrêts du Conseil d’État, en Colombie, il suffit qu’un seul vote ait été frauduleux pour annuler une élection.

'Nous sommes ici devant la présence de centaines de milliers de votes achetés, et les auteurs sont les narcotrafiquants amis du président, sans compter les amis narcotrafiquants de la vice-présidente', a-t-il souligné dans un article publié dans El Espectador.

Il met en garde contre le fait que si la société ne réagit pas, un gouvernement illégitime entachera toute la structure institutionnelle et conduira la société aux abîmes, à la mort et à la désintégration sociale et nationale.

La sénatrice Victoria Sandino pour la Force Alternative Révolutionnaire du Commun a soutenu la convocation de Petro.

Elle a assuré que cela fait longtemps que « les Colombiens, nous avons besoin d’une désobéissance civile organisée et sérieuse qui retire du pouvoir les familles de toujours et qui résolve toutes les violations des droits de l’Homme vécues quotidiennement ».

« Nous ne pouvons pas nous taire devant ceux qui déforment la volonté populaire. Ces mafias nous demandent alors avec un cynisme total, par leurs médias, de cesser la haine, de ne pas polariser, de rester silencieux. Si nous n’obéissons pas, comme des agneaux soumis, ils nous stigmatisent et nous crucifient devant leurs clientèles manipulées », a pour sa part manifesté l’écrivain, scénariste et politicien Gustavo Bolivar.

Il a souligné sur son compte Twitter qu’il s’agit d’un vol inacceptable et inadmissible.

Petro a souligné que l’émancipation est le contraire de l’esclavage. Elle implique une libération républicaine, une rupture avec l’état de servitude auquel conduit le vote acheté et avec le contrôle violent des mafias de la corruption et du narcotrafic.

peo/mgt/otf

 

source : http://frances.prensa-latina.cu/index.php?option=com_content&view=article&id=884437:lappel-a-la-desobeissance-civile-gagne-des-adeptes-en-colombie&opcion=pl-ver-noticia&catid=29&Itemid=101


 

Dans Colombie

LES LEADERS INDIGÈNES, CIBLES DE LA VIOLENCE EN COLOMBIE

Par Le 12/06/2020

Bogota, 11 juin (Prensa Latina) Un total de 269 leaders indigènes ont été assassinés en Colombie depuis 2016 à ce jour, dont 242 après la signature de l’Accord de Paix et 167 sous la présidence d’Iván Duque, a révélé aujourd’hui une étude.

Selon l´enquête de l’Institut d’études pour le développement et la paix (Indepaz), le département qui compte le plus de leaders indigènes ou de défenseurs des droits de l’Homme assassinés est le Cauca, dont le nombre s’élève à 94, dont 28 depuis le début de l’année.

Selon l’étude, cela répond au fait que le Cauca est un département où historiquement des conflits territoriaux ont surgi avec des secteurs privés légaux et illégaux de l’exploitation minière, des usines sucrières, des monocultures pour l’éthanol (ananas), de l´exploitation forestière, de l´élevage extensif.

En outre, le Cauca est un territoire de passage et un couloir stratégique pour le trafic de pâte base de cocaïne et de marijuana et que l´on y note la présence de structures criminelles et mafieuses, précise l’enquête.

Face au conflit armé et à ses diverses manifestations, différents peuples indigènes ont affirmé leur autonomie et leur détermination à rester sur leurs territoires comme condition essentielle pour assurer leur survie, souligne l´Indepaz.

À cet égard, les communautés ont rejeté toutes les manifestations du conflit armé et ont adopté une position de résistance pacifique, ajoute l´entité.

Les peuples indigènes réclament également le droit à l’autodétermination, exprimé par la reconnaissance et le respect de leurs plans de vie et la mise en œuvre de leurs projets d’ethnodéveloppement, explique l´institut.

Ils œuvrent en ce sens à la réalisation de projets sur leurs territoires avec des ressources nationales et internationales, ainsi qu’au renforcement des autorités traditionnelles et légitimes et au plein exercice de la juridiction spéciale indigène, ajoute l’étude intitulée Leaders indigènes assassinés.

De même, ces peuples exigent le respect de leurs droits fondamentaux en tant que victimes du conflit armé et à la vérité, la justice, à la réparation intégrale et à la non-répétition des conflits, conformément aux normes nationales et internationales.

L’État et la société en général ne peuvent ignorer la situation extrêmement grave des droits de l’Homme à laquelle sont confrontés les peuples indigènes en Colombie, ce qui exige des efforts concertés pour assurer leur survie en tant que groupes distincts de protection spéciale, souligne l´Indepaz.

Pour leur part, les entreprises nationales et internationales et la coopération internationale doivent appliquer strictement les instruments relatifs au respect et à la reconnaissance des droits de l’Homme et à la responsabilité sociale des entreprises, ajoute l´Institut.

peo/jcm/otf

source :

http://frances.prensa-latina.cu/index.php?option=com_content&view=article&id=884302:leaders-indigenes-la-cible-de-la-violence-en-colombie&opcion=pl-ver-noticia&catid=59&Itemid=101


 

Dans Colombie

COLOMBIE : DENONCIATION DES MENACES CONTRE LES DIRIGEANTS INDIGÈNES

Par Le 04/06/2020

Dénonciation des menaces contre les dirigeants indigènes en Colombie
04:51:59 pm 

Bogotá, 3 juin (RHC) L'Organisation nationale indigène de Colombie (ONIC) a dénoncé, ce mercredi, de nouvelles menaces de mort proférées par des individus lourdement armés contre la dirigeante indigène, Aida Quilcué Vivas, et d'autres dirigeants des différents resguardos.

Selon la déclaration de l'ONIC, cinq individus portant des uniformes appartenant aux forces armées colombiennes ont soumis de force deux membres de la communauté indigène, les obligeant à remettre des informations sur les dirigeants de la réserve Pickwe Tha Fixw, située dans le département du Cauca.

Selon les informations, les hommes ont demandé des détails spécifiquement à la conseillère indigène de l'ONIC, Aida Quilcué, ainsi qu'à l'autorité d'origine, Omaira Quilcué et Ermirson Huetia.

La conseillère indigène a déclaré que la réserve de Pikwe Tha Fiw avait été soumise à une violence constante, qui s'est intensifiée cette année. À cet égard, le gouvernement du président Ivan Duque n'a pas renforcé les mesures de sécurité pour protéger la vie des membres des communautés indigènes du sud-ouest de la Colombie.

En février, le groupe paramilitaire Aguilas Negras a envoyé une menace contre Aida Quilcué Vivas, ainsi que le sénateur Feliciano Valencia, divers dirigeants syndicaux et des leaders de l'opposition colombienne.

Pendant ce temps, l'ONIC a appelé le gouvernement colombien et les organisations nationales et internationales de défense des droits de l'homme à sauvegarder la vie et l'intégrité des communautés indigènes face aux menaces et aux meurtres constants de membres des peuples indigènes. (Source : Telesur)

Publié sous la direction de María Candela

source :  http://www.radiohc.cu/noticias/internacionales/224633-denuncian-amenazas-contra-lideres-indigenas-en-colombia


 

Dans Colombie

L'ONU CONDAMNE LES ASSASSINATS D'ANCIENS GUERILLEROS DES FORCES ARMÉES RÉVOLUTIONNAIRES DE COLOMBIE-ARMÉE DU PEUPLE (FARC-EP)

Par Le 25/02/2020

Bogota, 25 février (RHC).-  Dans un contexte de violence persistante en Colombie, la Mission de vérification de l’ONU dans ce pays a condamné samedi les meurtres d’anciens guérilleros des ex-Forces Armées Révolutionnaires de Colombie-Armée du Peuple (FARC-EP) en cours de réintégration dans la vie civile.
Je condamne les meurtres de ceux qui ont déposé les armes. La mort de trois ex-combattants au cours des derniers jours est un appel urgent à des mesures de sécurité renforcées, a déclaré Carlos Ruiz Massieu, chef de la Mission de l´ONU dans ce pays.

Il a également noté que 14 ex-combattants avaient été tués depuis début 2020.

Esder Pineda, dans la municipalité d´Algecira, et Winston Moreno et Kevin Cuesta, dans la municipalité de Quibdó. Trois jeunes hommes du parti FARC (Force Alternative Révolutionnaire du Commun, issu de l´ancienne guérilla) qui ont déposé les armes ont été tués hier, a de son côté déclaré la Commission de la Vérité.

Pourquoi tuer ceux qui veulent la paix ? Pourquoi les forces de sécurité de l’État ne prennent-elles pas particulièrement soin de ceux qui ont fait confiance aux institutions et qui ont pris le risque d’œuvrer pour la réconciliation? Allons-nous répéter la terrible vérité du génocide de l’Union Patriotique (parti politique) ?, a demandé Francisco De Roux, président de cette Commission.

Il a en outre appelé les institutions de l’État, la société et surtout les jeunes à mettre fin à ces assassinats contre la paix avant que l’avalanche de mort ne devienne 'naturelle' et incontrôlable.

Que la communauté internationale se rende compte que le gouvernement ne fait rien pour empêcher ce génocide en cours contre les signataires de la paix. Arrêtons le bain de sang en Colombie, a pour sa part réagi le parti FARC.

Ces derniers jours, cette formation politique a exprimé sa préoccupation face à l’absence de garanties de sécurité, qui se traduit par la poursuite systématique de l’assassinat de leaders sociaux et d’anciens guérilleros des ex-FARC-EP.

Plus de trois ans après la signature de l’Accord de Paix (négocié à La Havane, Cuba) entre l’État et l’ex-guérilla des FARC-EP, la FARC a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre de manière globale ce qui avait été convenu, précisant que plus de 180 assassinats d´anciens combattants avaient depuis lors été perpétrés.

Avec Prensa Latina

Edité par Francisco Rodríguez Aranega

source : http://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/215304-l%E2%80%99onu-condamne-les-assassinats-d%E2%80%99anciens-guerilleros-en-colombie

 

Dans Colombie

COLOMBIE : D'EX-CHEFS DES FARC REPRENNENT LES ARMES. LE PRESIDENT-DICTATEUR ANNONCE UNE OFFENSIVE

Par Le 31/08/2019

Colombie : d’ex-chefs Farc reprennent les armes, le président annonce une offensive

A LA UNE POLITIQUE INTERNATIONAL

 

Publié le . Mis à jour  par SudOuest.fr avec AFP.

Colombie : d’ex-chefs Farc reprennent les armes, le président annonce une offensive

Dans une vidéo, Ivan Marquez annonce "la poursuite des opérations de guérilla en réponse à la trahison par l'État des accords de paix de la Havane". 

- AFP

Dénonçant une "trahison des accords de paix", les Farc ont annoncé un retour à la guérilla. Le président Duque a immédiatement répondu en créant une unité spéciale.

D’ex-chefs de la guérilla des Farc, qui se sont marginalisés du processus de paix en Colombie, ont réapparu jeudi en treillis et munis de fusils pour annoncer la reprise de la lutte armée, dénonçant "la trahison" par l’État du pacte de 2016.

"Nous annonçons au monde qu’a commencé le deuxième Marquetalia (berceau de la rébellion marxiste en 1964, ndlr) au nom du droit universel des peuples à se lever en armes face à l’oppression", affirme l’ex-numéro deux des Farc, Ivan Marquez, dans une vidéo de 32 minutes diffusée sur YouTube.

"Trahison par l’État des accords de paix"

Le président Ivan Duque, qui a tenté de modifier l’accord de paix selon lui trop laxiste envers les anciens guérilleros, a réagi en annonçant une offensive. "J’ai ordonné la création d’une unité spéciale afin de poursuivre ces criminels avec des capacités renforcées de renseignement, d’enquête et de mobilité sur tout le territoire colombien", a-t-il déclaré, du palais présidentiel Casa Nariño à Bogota.

Dans la vidéo, Ivan Marquez apparaît avec d’autres anciens chefs rebelles, également retournés à la clandestinité, dont son bras droit Jesus Santrich. Ils sont entourés de 17 hommes et femmes équipés de fusils, devant le sigle Farc-EP (Forces armées révolutionnaires de Colombie – Armée du peuple).

Il y annonce "la poursuite des opérations de guérilla en réponse à la trahison par l’État des accords de paix de la Havane" qui ont permis le désarmement de quelque 7 000 combattants des Farc, transformées depuis en partie politique sous le nom de Force alternative révolutionnaire commune. 

Augmentation des troupes de la guérilla

Ivan Marquez était le chef de la délégation des rebelles aux négociations de paix menées pendant quatre ans à Cuba avec le gouvernement du président centriste de Juan Manuel Santos (2010–2018). 

L’Armée de libération nationale (ELN), la dernière guérilla active en Colombie, s’est renforcée ces dernières années, passant de 1 800 à environ 2 300 combattants, selon les autorités. 

Des pourparlers de paix, entamés en 2017, ont été enterrés par le gouvernement actuel, à la suite notamment d’un attentat contre l’école de police de Bogota revendiqué par l’ELN et qui a fait 22 morts en janvier dernier.

https://www.sudouest.fr/2019/08/29/colombie-d-ex-chefs-farc-reprennent-les-armes-le-president-annonce-une-offensive-6498380-4803.php