Colombie

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ASSASSINAT D’UN AUTRE DIRIGEANT PAYSAN COLOMBIEN

Par Le 06/07/2021

6 Juillet 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-07-05 17:44:01

 

 

 

Bogota, 5 juillet (RHC) L’Association Paysanne pour le Développement du Haut Sinú (Asodecas) a dénoncé l’assassinat d’un chef paysan dans le département de Córdoba, situé dans le nord de la Colombie.

Selon Asodecas, la victime s’appelait José Gregorio Luguez, l’incident a été enregistré dans une zone connue sous le nom de Loma Colorada, située dans le département de Palmira, "il était le père célibataire de trois mineurs, dont un handicapé physique", ajoutent-ils.

L’Association paysanne a également précisé que Gregorio Luguez faisait partie du Programme national de substitution volontaire des cultures illicites (PNIS)créé à la suite de la signature de l’Accord de paix en 2016 entre l’État colombien et les anciennes Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée du Peuple (FARC-AP).

"José Gregorio était affilié au Conseil d’administration de Vereda La Chica, qui est lui-même affilié à Asodecas. Nous demandons justice pour sa mort et solidarité pour ses enfants maintenant sans défense", a déclaré Asodecas.

Le génocide en Colombie ne cesse pas, l’Institut d’études pour le développement et la paix (Indepaz) rapporte qu’en seulement six mois de 2021, 84 leaders sociaux ont été assassinés et depuis la signature de l’Accord de paix en 2016, 1200 dirigeants ont été abattus.

Outre les assassinats systématiques, le pays sud-américain souffre également du phénomène des massacres. Au cours de cette année Indepaz en compte 47, qui ont pour épicentre les départements du Cauca et du Chocó.

(Telesur)

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/262911-un-autre-dirigeant-paysan-colombien-assassine

Tag(s) : #colombie

 

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ONU : DES ORGANISATIONS DE DROITS DE L’HOMME DENONCENT 327 DISPARITIONS EN COLOMBIE

Par Le 02/07/2021

2 Juillet 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-07-01 18:14:18

 

Bogota 1 juillet (RHC) Des organisations de défense des droits de l’Homme ont dénoncé de "graves violations" contre des manifestants en Colombie et elles ont demandé à l’ONU de condamner la "brutale répression" de la force publique.

Dans un communiqué adressé à l’Organisation des Nations Unies (ONU), les organisations colombiennes des droits de l’homme, soutenues par 300 autres organismes du monde entier, ont dénoncé les "tortures" et les "centaines de disparitions" parmi les manifestants qui, depuis plus de deux mois, protestent contre le gouvernement du président colombien, Iván Duque.

"Depuis le 28 avril et jusqu’au 28 juin, 83 homicides, 327 personnes disparues et des milliers d’arrestations arbitraires ont été signalés", lit-on dans le rapport, qui sera remis au Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, en Suisse, où l’organisme se réunira du 21 juin au 13 juillet.

Le document indique que 27 des personnes tuées étaient des "victimes" de l’escadron mobile antiémeute (Esmad) et que d’autres ont été tuées par des "civils armés non identifiés, qui agissent souvent avec la complicité d’agents des forces armées de l’État".

Le rapport précise également que "quelque 3 200 manifestants" ont été détenus "arbitrairement" sans garantie de leur droit à une procédure régulière, ce qui les a exposés à des "tortures et traitements cruels, inhumains et dégradants". "Un autre fait particulièrement préoccupant est la pratique de la disparition forcée [...] À ce jour, 327 personnes sont toujours portées disparues", indique-t-il.

La police antiémeute Esmad a une fois de plus réprimé des manifestants antigouvernementaux à Bogota, la capitale de la Colombie, ont dénoncé des groupes de défense des Droits de l’Homme.

Selon le texte, les violences contre les manifestants comprennent "des passages à tabac, des coups de poing avec des objets contondants, des décharges électriques, des menaces de disparition forcée, la nudité forcée et la violence sexuelle et sexiste, y compris le viol".

En outre, le rapport indique que les groupes autochtones et les minorités, les défenseurs des droits de l’homme, le personnel médical et les journalistes sont particulièrement visés.

L’explosion sociale dans le cadre de la grève nationale dure depuis deux mois en Colombie. Les Colombiens sont descendus dans les rues des principales villes, sous le mot d’ordre "Pour la vie, la paix, la démocratie et contre les politiques néolibérales du gouvernement d’Ivan Duque".

Les indignés ont exigé justice pour les assassinats, des centaines de disparus, des milliers de blessés et des dizaines de victime de lésions oculaires par la police et l’Esmad, qui ont violemment attaqué les manifestants.

L’organisation non gouvernementale de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) pour les Amériques a signalé ce même jour qu’elle avait reçu 81 plaintes "crédibles" faisant état de décès survenus dans le cadre de manifestations en Colombie.

Par ailleurs, la désapprobation du président Iván Duque est passée de 59 à 76 pour cent, depuis le début des mobilisations antigouvernementales en Colombie, a révélé aujourd’hui un sondage de la société Invamer.

Selon l’étude, seulement 23 % des Colombiens approuvent la gestion du présidente que la population tient pour responsable de la violence dans le contexte de la grève nationale.

Dans une autre section, le sondage a posé des questions sur la gestion des maires et leur acceptation par les citoyens, et dans ce sens Mme le Maire de Bogota, Claudia Lopez, a une acceptation de 47 pour cent, tandis que 50 pour cent désapprouve son travail.

D’un autre côté, 82 % des habitants de Bogotá pensent que la situation dans la capitale colombienne empire.

La grève nationale en Colombie a commencé le 28 avril dernier contre une réforme fiscale proposée par le gouvernement de Duque qui augmenterait les impôts et affecterait la classe moyenne et les plus pauvres.

Bien que la réforme fiscale présentée par l’exécutif ait été retirée deux jours après les mobilisations massives, la protestation sociale continue.

Dans ce scénario, la répression policière fait des dizaines de morts, des centaines de blessés et de disparus, des abus sexuels, des lésions oculaires, des tortures et des disparitions, selon des allégations d’organisations des droits de l’homme.

La communauté internationale exhorte le gouvernement à freiner l’action de la police, qui dispose de moyens militaires, par décret, et insiste sur le respect des droits de l’homme.

Source Hispan TV

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/262507-des-organisations-de-droits-de-lhomme-denoncent-a-lonu-327-disparitions-en-colombie

 

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LE PARTI COMMUNISTE COLOMBIEN SOULIGNE LA VICTOIRE ELECTORALE DU PEUPLE

Par Le 25/06/2022

25 Juin 2022

Le Parti communiste colombien souligne la victoire électorale du peuple

Bogotá, 22 juin (Prensa Latina) Le Parti communiste colombien a affirmé aujourd'hui que la victoire populaire du 19 juin marque un saut qualitatif sur le chemin de la paix démocratique et d'une nouvelle Colombie.
22 juin 2022
CDT20:14 (GMT) -0400
Dans un communiqué, il a souligné que le peuple colombien a vaincu politiquement et électoralement la guérilla d'extrême droite et les paramilitaires représentés dans le gouvernement d'Iván Duque et ses candidatures présidentielles ratées.

"Le triomphe incontestable de Gustavo Petro et de Francia Márquez couronne avec succès un processus de convergences représenté par le Pacte historique et le Front large qui ont maintenant pour tâche de former le gouvernement des changements politiques et sociaux, en avançant dans la démocratisation de l'État et dans la construction d'une culture politique démocratique", a-t-il souligné.

Il a assuré que la décision des forces révolutionnaires de s'orienter vers une solution politique exprimée dans l'accord de paix final entre les FARC-EP et l'État colombien, un processus en cours de développement qui doit tendre vers une paix globale, sont des composantes de ce moment historique.

L'immense accumulation de résistance à la violence de l'État, les grèves civiques, les grèves de travailleurs, les mouvements universitaires, féministes, indigènes, paysans, noirs et populaires confrontés aux politiques néolibérales de privatisation, au paramilitarisme et à la répression, a trouvé son expression maximale dans la rébellion populaire de 2021, a-t-il souligné.

"Les jeunes, les femmes, les habitants des quartiers populaires, les enseignants, l'intelligentsia, les artistes conscients constituent le substrat social ferme et combatif qui s'exprime dans la ligne unie du Pacte historique", a-t-il souligné.

Ce projet démocratique de société, d'économie et de paix a maintenant pour tâche de sortir le peuple des pires effets de la crise du capitalisme, des politiques néolibérales, de la faim et du chômage aggravés par la pandémie, de la guerre structurelle continue et de la corruption qui s'empare de l'État, a-t-il souligné.

Elle devra le faire avec la vigilance populaire, face aux menaces et aux obstacles de la droite, du militarisme et des intérêts ambitieux du grand capital transnational et de ses acolytes du Conseil national des syndicats et du groupe d'entreprises d'Antioquia, a-t-il averti.

La sortie démocratique de la crise passe par la prise en compte des besoins urgents de la majorité de la population, c'est pourquoi l'Accord national doit intégrer le mouvement social exprimé dans les forces démocratiques du Pacte historique, les syndicats et d'autres secteurs, a-t-il expliqué.

La réactivation économique, la réforme fiscale progressive, le statut du travail, les mesures de réforme agraire, la politique de la jeunesse, les réformes de la santé et le renforcement d'une éducation publique universelle, scientifique, laïque, non sexiste et émancipatrice, tout cela appelle un lien inclusif.

En outre, selon l'organisation, il est nécessaire de mettre l'accent sur l'égalité des sexes et les droits de l'homme, la présence de la sphère populaire dans les rues et la formulation d'un plan de développement national qui avance dans la recherche de solutions.

/otf

source : https://www.prensa-latina.cu/2022/06/22/partido-comunista-colombiano-destaca-triunfo-electoral-del-pueblo

Tag(s) : #Communiste#Colombie#PACOCOL

Dans Colombie

COLOMBIE : FETE DE LA VIE

Par Le 22/06/2022

22 Juin 2022

Édité par Reynaldo Henquen
2022-06-20 18:08:47

 


 

Auteur : Guillermo Alvarado

La Colombie, le pays dont Gabriel García Márquez disait qu'il avait un pied dans les Caraïbes et l'autre dans les Andes, a franchi le seuil d'un nouveau monde ce dimanche lorsqu'elle a élu sans opposition le premier gouvernement progressiste de son histoire, dirigé par Gustavo Petro et Francia Márquez.

Le rêve de Jorge Eliécer Gaitán, Jaime Pardo Leal, Luis Carlos Galán, Bernardo Jaramillo, Carlos Pizarro et des milliers, des dizaines, des centaines de milliers de personnes qui ont perdu leurs vies songeant qu'un tel jour arrive à la nation sud-américaine, est finalement est devenu réalité.

Selon les chiffres officiels, Petro et sa colistière ont obtenu 50,5 % des voix, soutenus par le Pacte historique, une coalition de forces progressistes, de gauche, de défense des droits de l'homme et de l'environnement.

Le millionnaire Rodolfo Hernández, soutenu par  les partis politiques traditionnels, s'est retrouvé avec 47,3 points et a dû accepter sa défaite dimanche après-midi.

Dès que le résultat a été connu, Petro a déclaré sur les médias sociaux : "Aujourd'hui est un jour de fête pour le peuple, qu'il célèbre la première victoire populaire".

De nombreuses vidéos ont montré comment les places des villes, grandes et petites, se remplissaient de foules de Colombiens heureux que la paix et la vie soient enfin à portée de main.

Comme l'a dit la vice-présidente élue Francia Márquez quelques jours auparavant, et je le répète avec grand plaisir, l'enjeu de ces élections est la dignité, les droits de l'homme des classes moyennes et inférieures de la société, l'institutionnalité et la démocratie, en d'autres termes, la vie.

Bien sûr, l'enthousiasme ne permet pas d'oublier toutes les difficultés qui viendront après, et peut-être même avant, le 7 août lorsque Iván Duque remettra le pouvoir aux nouvelles autorités.

Il est impossible qu'au cours du prochain mandat tous les problèmes soient résolus. Les  blessures ouvertes depuis des décennies ne seront pas peut-être guéries, mais il s’agit des  premiers pas vers l'avenir, vers la réconciliation nationale, cette réconciliation qui ne se traduit  pas par des papiers signés mais par des actions concrètes.

À ceux qui cherchent à entraver le programme de Gustavo Petro, il convient de rappeler la "Prière pour la paix", formulée par Gaitán peu avant son assassinat et s'adressant au gouvernement répressif de Mariano Ospina :

"Nous, Monsieur le Président, nous ne sommes pas des lâches : nous sommes les descendants des braves qui ont anéanti les tyrannies sur ce sol sacré. Mais nous sommes capables, M. le Président, de sacrifier nos vies pour sauver la tranquillité, la paix et la liberté de la Colombie....".

source : https://www.radiohc.cu/fr/especiales/comentarios/291224-fete-de-la-vie

Tag(s) : #Colombie

Dans Colombie

COLOMBIE : PLUSIEURS GOUVERNEMENTS ET DIRIGEANTS D'ORGANISATIONS DU MONDE ENTIER FELICITENT GUSTAVO PETRO POUR SA VICTOIRE ELECTORALE

Par Le 21/06/2022

21 Juin 2022

Édité par Reynaldo Henquen
2022-06-20 01:47:27

      

"Que tant de souffrances s’apaisent dans la joie qui inonde aujourd’hui le cœur de la patrie", a dit Petro après en avoir connu les résultats. | Photo : EFE

Bogotá, 20 juin (RHC) Plusieurs gouvernements, dirigeants, organisations et dirigeants du monde ont transmis ce dimanche leurs félicitations au président élu de Colombie, Gustavo Petro, après avoir remporté le second tour du scrutin, selon les résultats du Bureau national de l’état civil.

Avec 99,99 pour cent des bureaux informés, le candidat pour le Pacte historique, Petro, a obtenu 50,44 pour cent des voix, pour un total de 11.281.002, tandis que le candidat pour la Ligue des dirigeants anticorruption, Rodolfo Hernandez, a enregistré 47,31 pour cent, représentant 10580399 suffrages.

Une fois les résultats connus, Petro a publié un message sur le réseau social Twitter pour remercier le soutien reçu. " Que l’on fête la première victoire populaire. Que tant de souffrances s’apaisent dans la joie qui inonde aujourd’hui le cœur de la patrie", a-t-il dit.

Pour sa part, l’actuel président colombien Iván Duque a utilisé le même réseau social pour informer que "j’ai appelé Gustavo Petro pour le féliciter en tant que président élu des Colombiens. Nous avons convenu de nous réunir dans les prochains jours pour entamer une transition harmonieuse, institutionnelle et transparente".

Pour sa part, la chef de l’État du Honduras, Xiomara Castro, a adressé ses félicitations au peuple colombien pour la décision prise lors des élections.

A Buenos Aires, le président argentin Alberto Fernandez a également adressé ses félicitations à Petro et à sa compagne de formule pour la vice-présidence de la République,  Francia Marquez.

"Sa victoire valide la démocratie et assure la voie vers une Amérique latine intégrée, en ce temps qui exige la plus grande solidarité entre les peuples frères", a-t-il écrit sur le réseau social Twitter.

À son tour, l’ancien président bolivien et leader du Mouvement vers le socialisme - Instrument politique pour la souveraineté des peuples (MAS-IPSP), Evo Morales, a déclaré que ce qui s’est passé en Colombie "est la victoire de la paix, de la vérité et de la dignité".

De son côté le chef d’état du Pérou, Pedro Castillo, a déclaré qu’il s’était entretenu avec son homologue élu pour le féliciter d’un "triomphe démocratique historique en Colombie".

"Nous sommes unis par un sentiment commun qui cherche des améliorations collectives, sociales et d’intégration régionale pour nos peuples", a-t-il précisé.

Aux messages de félicitations s’est joint celui du président du Chili, Gabriel Boric, qui a indiqué qu’il avait parlé au téléphone avec Petro et Marquez.

De même, le chef d’état équatorien Guillermo Lasso a indiqué qu’il s’était entretenu avec Petro pour le féliciter et "j’ai réaffirmé la volonté de notre gouvernement de renforcer l’amitié et la coopération, en donnant la priorité au développement et à l’intégration de nos peuples".

Le secrétaire exécutif de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique - Traité de commerce des peuples (ALBA-TCP), Sacha Llorenti, a, quant à lui, déclaré qu’avec la victoire de Gustavo Petro et de Francia Márquez "les vents qui soufflent sur Notre Amérique nous remplissent d’espoir et d’illusion".

Pour sa part, le secrétaire d’État américain (Antony Blinken) a félicité le peuple colombien pour avoir exercé son droit de vote et réaffirmé la force de sa démocratie".

"Nous espérons poursuivre notre partenariat solide avec le président élu Gustavo Petro et construire un hémisphère plus démocratique et plus équitable", a-t-il déclaré sur le réseau social Twitter.

À Bogotá, le  président sortant de la Colombie, Ernesto Samper, a également félicité le nouveau président de son pays. " Aujourd’hui, la nouvelle Colombie a gagné, celle qui est devenue visible avec La Paix et attend maintenant la justice sociale", a-t-il souligné.

À Brasilia, le leader du Parti des Travailleurs (PT) et pré-candidat présidentiel du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, a indiqué sur son compte sur le réseau social Twitter qu’il a félicité Petro, Márquez et tout le peuple de Colombie pour la victoire électorale.

"Je souhaite plein succès à Petro dans son gouvernement. Sa victoire renforce la démocratie et les forces progressistes en Amérique latine", a-t-il déclaré.

L’ancienne présidente du Brésil, Dilma Rousseff, a également qualifié la victoire de Petro y de Márquez de "victoire historique" pour la Colombie.

"C’est une grande victoire pour le peuple colombien courageux et c’est aussi un encouragement et un espoir renouvelé pour toutes les nations latino-américaines qui luttent pour la démocratie et contre le néolibéralisme", a-t-elle souligné.

Par ailleurs, l’ancien dirigeant équatorien Rafael Correa a déclaré que la région était en fête pour la victoire de Petro.

Pour sa part,  le professeur argentin et prix Nobel de la paix, Adolfo Pérez Esquivel, a assuré qu’avec le triomphe de Petro "le projet d’unité de l’Amérique latine avance sous les drapeaux de l’égalité des droits, de la souveraineté et de l’avenir".

L’ancien président du Honduras, Manuel Zelaya, a déclaré, quant à lui,  qu’après la victoire de Petro, "l’Amérique latine applaudit et félicite le peuple colombien pour cette élection réussie d’un leader progressiste".

En outre, l’ancien président paraguayen Fernando Lugo a déclaré : "Aujourd’hui, ils ont remporté un triomphe historique, qui est une victoire pour toute notre Amérique latine. La joie du peuple colombien est aussi la nôtre"

Après les résultats prélimaires, le candidat Hernandez a diffusé une vidéo dans laquelle il a reconnu la victoire de Petro au second tour présidentiel. (Source Telesur)

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/291155-gustavo-petro-felicite-pour-sa-victoire-electorale-en-colombie

Tag(s) : #Petro#Colombie

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CUBA FELICITE LA COLOMBIE POUR SA VICTOIRE ELECTORALE

Par Le 20/06/2022

20 Juin 2022

Des données préliminaires publiées par le Registre national de ce pays d’Amérique du Sud ont désigné Gustavo Petro et Francia Márquez, représentants du parti Pacte historique, comme vainqueurs.

Auteur:  | informacion@granma.cu

20 juin 2022 09:06:26

Les informations préliminaires sur les élections en Colombie confirment la victoire de Gustavo Petro et Francia Marquez. Photo: El Espectador

« Je tiens à exprimer mes félicitations les plus fraternelles à Gustavo Petro pour son élection à la présidence de la Colombie lors d'une victoire populaire historique », a posté sur son compte Twitter le Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et président de la République, Miguel Diaz-Canel Bermudez, qui a fait part de sa volonté d'aller de l'avant dans le développement des relations bilatérales.
Le jour du scrutin, le peuple colombien a célébré les résultats des élections générales de dimanche dernier, puisque, après plus de 200 ans, les forces politiques de gauche ont remporté la victoire.
Les données préliminaires publiées par le Registre national de ce pays d'Amérique du Sud ont désigné Gustavo Petro et Francia Marquez, représentants du parti du Pacte historique, comme vainqueurs, bien qu'il y ait eu plus de 200 plaintes d'irrégularités pour leur enlever leurs votes, a rapporté l’agence Prensa Latina.
Au moment de mettre sous presse, l'organisme électoral a indiqué qu'avec 99,25 % des tableaux dépouillés, le binôme du Pacte historique Petro-Francia avait obtenu 50,47 % des voix, tandis que celui formé par Rodolfo Hernandez et Marelen Castillo, pour la Ligue des dirigeants anti-corruption, avait décroché 47,27 %.
Le pré-comptage a un caractère informatif et n'a pas de valeur juridique contraignante. Les résultats officiels doivent être communiqués par le Conseil national électoral dans les prochains jours, a précisé Prensa Latina.
Sur son compte Twitter, Gustavo Petro a écrit : « Aujourd'hui est un jour de fête pour le peuple. Laissons-les célébrer la première victoire populaire. Que tant de souffrances soient amorties par la joie qui inonde aujourd'hui le cœur de la patrie. »

source : https://fr.granma.cu/mundo/2022-06-20/cuba-felicite-la-colombie-pour-sa-victoire-electorale

Tag(s) : #Cuba#Colombie

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GUSTAVO PETRO, PREMIER PRESIDENT DE GAUCHE EN COLOMBIE

Par Le 20/06/2022

20 Juin 2022

Édité par Reynaldo Henquen
2022-06-19 18:52:58

      

Bogotá, 19 jun (RHC) Gustavo Petro, le candidat du Pacte Historique, devient aujourd’hui le premier président des forces alternatives et de gauche en Colombie en triomphant dans le vote de ce dimanche.

Selon les données du Registre national, Petro et Francia Marquez, sa compagne de formule, ils gouverneront le pays après un triomphe qualifié historique dans cette nation sud-américaine présidée pendant plus de 200 ans par des secteurs de droite.

Avec 89,35 pour cent des bureaux informés, Petro a obtenu 10 millions 75,836 voix pour 50,88 pour cent des votes valides.

Hernandez a atteint 46,85 pour cent des suffrages exprimés lors de ces élections.

Gustavo Petro, né le 19 avril 1960 à Ciénaga de Oro, est un politicien et un combattant reconnu qui a milité dans le Mouvement du 19 avril (M-19) une guérilla urbaine qui a participé au conflit armé interne entre 1974 et 1990, date à laquelle elle a été démobilisée dans le cadre d’un processus de paix qui a marqué l’histoire de la Colombie.

Il est ensuite devenu l’Alliance démocratique M-19 (AD M-19), la deuxième force politique de l’Assemblée constituante de 1991, et a été élu membre de la Chambre des représentants aux élections de la même année.

Il est économiste diplômé de l’Université Externado de Colombie, avec une spécialisation en Administration Publique et aussi en Environnement et Développement Démographique; maîtrise en Économie et doctorat en Nouvelles Tendances en Administration des Entreprises.

Il a été conseiller municipal de Zipaquirá; représentant à la Chambre du Congrès pour Cundinamarca, également pour Bogota; maire de Bogota et actuellement sénateur.

 

Source Russia Today

 

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/291144-gustavo-petro-premier-president-de-gauche-en-colombie

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AMERIQUE LATINE EN RESISTANCE : LA COLOMBIE A LA CROISEE DES CHEMINS

Par Le 18/06/2022

Amérique Latine en Résistance: La Colombie à la croisée des chemins

 

18 Juin 2022

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Éditorial / Enfin à gauche ?

 

Le nom du futur président de la Colombie sera connu lors du second tour des élections prévu pour le 19 juin, les deux candidats retenus lors du premier tour étant le gauchiste Gustavo Petro et le « populiste » Rodolfo Hernández. Le 29 mai, Petro avait obtenu 8 527 768 voix, soit 40,32 %, mais pas assez pour remporter la présidence dès le premier tour, principal objectif de sa coalition Pacte Historique (Pacto Histórico).

Petro a souligné que sa victoire constitue une défaite de l’Uribisme[1] en général et du projet politique du président Iván Duque en particulier. Iván Duque qui d’ailleurs n’a pas réussi à positionner son candidat (Fico Gutiérrez) au second tour tout en promettant « un vrai changement » face aux éléments de langage dont use Rodolfo Hernandez sur TikTok.

En effet, depuis 2002, c’est la première fois qu’un candidat de l’Uribisme n’atteint pas le second tour présidentiel. Mais qui est donc Hernandez ?

Il s’agit d’un ingénieur de 77 ans, ancien maire de Bucaramanga, cinquième ville du pays, qui s’est présenté comme candidat indépendant pour la Ligue des Gouverneurs Anticorruption (Liga de Gobernantes Anticorrupción), mouvement qu’il a lui-même créé. Il a surpris tout le monde en remportant 5,9 millions de voix (28,20%) et semble convaincu de ses possibilités d’accéder à la présidence.

C’est un homme riche, sa fortune ayant été amassée il y a longtemps dans le monde de la construction, ce qui lui a permis d’entrer en politique à travers un mouvement indépendant sans avoir besoin de l’appui des clans politiques qui cooptent tout et sans attendre de recevoir la bénédiction d’un ex-président.

Depuis qu’il a lancé sa campagne présidentielle, il en a surpris plus d’un par sa grande maîtrise des réseaux sociaux, notamment Tiktok. Les analystes ont invoqué des similitudes avec des candidats « outsiders » tels que Trump, Bolsonaro ou Bukele.

Alors que Petro montait sur les tribunes, remplissait toutes les places de Colombie et ouvrait partout des QG de campagne, Hernández a réussi à occuper la deuxième place presque sans avoir quitté sa maison : il n’a fait aucune apparition publique, il ne se présentait pas aux débats présidentiels, il n’a pas non plus de siège ni de directeur de campagne. D’ailleurs, il a passé une bonne partie de son temps, avant le second tour décisif… à Miami.

Sans surprise, les Uribistes voteront massivement pour Hernández lors du second tour. Le candidat des secteurs conservateurs traditionnels, Fico Gutiérrez, a souligné que Petro serait « un danger pour la démocratie ».

Les premiers sondages réalisés après le premier tour ont favorisé Hernández, mais au fil des jours, la marge s’est évaporée. Les études les plus récentes placent les deux candidats à égalité technique, avec des avantages minimes pour l’un comme pour l’autre. Les derniers jours de campagne seront décisifs.

Á ce stade, Hernández et Petro ne vont plus « voler » beaucoup de voix au camp adverse, mais il y a une grande partie de l’électorat (46%) qui s’est abstenue au premier tour. Bien que ce nombre ne devrait pas beaucoup changer, les sondages montrent un pourcentage important de personnes encore indécises. La campagne du second tour a été quelque peu « inconfortable » pour les deux adversaires. Si Hernández se présente comme un « candidat anti-système », ces références deviennent moins évidentes après avoir reçu le soutien des partisans de l’Uribisme, courant qui a effectivement représenté « le système » au cours des 20 dernières années.

La campagne est également devenue moins évidente pour Petro. Le candidat de gauche était fin prêt pour vaincre le candidat de l’Uribisme, mais ce dernier a été eliminé dès le premier tour.

Avec un message de changement qui devient moins évident face à un opposant (qui se déclare) « outsider », l’ex-guérillero n’a pas cédé à la tentation d’aller chercher des votes vers le centre. L’élection brésilienne de 2018 constitue un parallèle intéressant dans la mesure où la campagne de Haddad a renoncé à son identité et à sa proximité avec Lula optant pour une « défense de la démocratie » très peu inspirante contre Bolsonaro.

Au lieu de cela, Petro et sa candidate à la vice-présidence Francia Márquez ont concentré leurs activités et leur message sur les bases du projet politique du Pacte Historique; de meilleures conditions de vie pour la population active et les retraités, le soutien à l’agriculture, la défense de l’environnement et surtout l’arrêt des violences.

La propagande dans les médias colombiens et internationaux est une preuve suffisante de la menace posée par le duo Petro-Márquez. Il ne fait aucun doute qu’une victoire de la gauche porterait un sérieux coup à l’hégémonie américaine dans l’hémisphère. Tous les regards sont tournés vers la Colombie.

[1] En référence à l’ancien président colombien Álvaro Uribe Vélez

https://www.investigaction.net/fr/amerique-latine-en-resistance-la-colombie-a-la-croisee-des-chemins/

Dans Colombie

UNE LUTTE ACHARNEE POUR LE SECOND TOUR DES PRESIDENTIELLES

Par Le 13/06/2022

13 Juin 2022

Édité par Reynaldo Henquen
2022-06-09 18:27:42

 

 

 

Auteur : Guillermo Alvarado

Il reste peu de jours avant le second tour des élections présidentielles en Colombie. Ces élections pourraient entraîner un changement radical du modèle de gestion gouvernementale après plusieurs décennies de domination par les forces politiques conservatrices, néolibérales et d'exclusion.

Pour la première fois dans l'histoire de ce pays, un candidat progressiste, Gustavo Petro, pourrait remporter la Casa de Nariño, siège de l’Éxécutif, de la coalition Pacto Histórico (Pacte Historique), qui rassemble des groupes sociaux, de gauche, environnementaux et de défense des droits de l'homme.

Au premier tour, il n'a pas atteint la moitié plus une des voix, ce qui aurait été une victoire idéale, et maintenant Petro devra affronter Rodolfo Hernández, candidat de l'indéfinissable Ligue des gouvernants anti-corruption.

Bien qu'il se décrive lui-même comme un "hors contexte", Hernández n'est en aucun cas un arriviste politique. Il a été Maire de l'importante ville de Bucaramanga, où ses résultats n'ont pas été très encourageants sur les questions de développement, pas plus que dans la lutte contre la pauvreté et l'exclusion.

Rodolfo Hernández n'est pas non plus aussi indépendant qu'il le prétend, car des groupes de droite le soutiennent et, après être passé au second tour, il s'est félicité du soutien des partis traditionnels, dont le Centre démocratique (Centro Democrático) d'Álvaro Uribe, ancien président, au passé et au présent trouble.

Il a déjà déclaré qu'il ne participerait à aucun type de débat public et sa campagne se déroule davantage à travers les réseaux sociaux, avec les pour et les contre qu’imposent ces technologies.

En ce qui concerne les sondages sur les intentions de vote, pour le moment, ils ne montrent pas de tendance claire et favorisent indistinctement l'un ou l'autre candidat.

Le sondage le plus récent, celui du Centro Nacional de Consultoría (Centre National de Consultation), donne à Petro 44,9 % des voix, contre 41 % pour Hernández.

D'autres sondages, comme ceux des sociétés Guarumo et EcoAnalítica Medición y Conceptos Económicos, placent Hernández devant Petro, bien qu'avec une différence inférieure à la marge d'erreur, ce qui constitue une égalité technique.

Comme on le sait, les sondages donnent une sorte d'instantané de l'état de l'opinion donné de la population. Ils dépendent fortement de la sélection des secteurs de la population pour déterminer le résultat et dépendent des variations, notamment dans la manière dont ils sont menés et la formulation des questions.

Il ne faut pas non plus oublier que la campagne se déroule dans un environnement marqué par la violence, la répression policière et les attaques contre les leaders sociaux, ce qui contraint de nombreuses personnes à s'abstenir de participer.

Il s'agira d'une période intense, où la droite a seulement changé de représentant mais pas de méthode, et le défi sera de mobiliser les indécis et de faire en sorte que l'optimisme et l'espoir l'emportent sur la peur.   

source :https://www.radiohc.cu/fr/especiales/comentarios/290251-une-lutte-acharnee

 

 

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COLOMBIE : UN AUTRE DIRIGEANT COLOMBIEN ASSASSINE, LE 87e DEPUIS LE DEBUT DE L'ANNEE

Par Le 13/06/2022

12 Juin 2022

Un autre dirigeant syndical colombien assassiné, le 87e depuis le début de l'année
Édité par Martha Ríos
2022-06-12 11:27:50
      

Photo prise de @fecode

La Havane, Jun 12 (RHC) L'enseignant et dirigeant syndical Julio César Ojeda a rejoint la longue liste des personnes assassinées en Colombie, confirmant l'augmentation de la violence dans la nation sud-américaine.

Le meurtre du membre du Sindicato Único de Trabajadores de la Educación del Valle (Sutev) a eu lieu vendredi après-midi dans une zone rurale de la municipalité de Restrepo, dans le département du Valle del Cauca.

Selon les informations de la police, Julio César Ojeda et son compagnon José Isaac Gaviria Prado ont été interceptés par deux assassins, qui leur ont tiré dessus dans le village de San Salvador.

Le porte-parole de Sutev, Fernando Jaramillo, a condamné le meurtre des enseignants et a ajouté que Julio César Ojeda était reconnu dans la municipalité comme un leader et qu'il était responsable du Secrétariat des droits de l'homme de la ville de Valle del Cauca.

Selon le bilan de l'Institut d'études pour le développement et la paix (Indepaz), au moins 87 dirigeants et défenseurs des droits humains ont été tués en 2022 en Colombie, et plus de 1 313 depuis la signature de l'accord de paix en 2016. (Source : TeleSur)

 

source : https://www.radiohc.cu/noticias/internacionales/290477-asesinan-a-otro-lider-sindical-colombiano-el-numero-87-en-lo-que-va-de-ano

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COLOMBIE: UN JUGE ORDONNE CINQ JOURS D’ASSIGNATION A RESIDENCE POUR LE PRESIDENT IVAN DUQUE

Par Le 06/06/2022

6 Juin 2022

Édité par Reynaldo Henquen
2022-06-04 20:21:05

      

La Paz, 4 juin (RHC) La Haute Cour d’Ibagué, ville intermédiaire colombienne, a ordonné l’assignation à résidence durant cinq jours du président colombien Iván Duque pour ne pas s’être conformé à une décision de la Cour suprême de 2020 sur un problème environnemental, ainsi qu’une amende équivalant à 15 salaires minimaux mensuels. Cela, dit la décision, "à moins que l’on démontre l’application de l’ordre tenu pour non exécuté". Jusqu’à présent, la présidence n’a fait aucune déclaration à ce sujet. La Cour a également envoyé une copie de cette décision à la Chambre des représentants qui, conformément à la Constitution, est le seul organe compétent pour juger les chefs d’État.

Dans son arrêt de novembre 2020, la Cour suprême de justice a déclaré qu’une région montagneuse de l’ouest de la Colombie connue sous le nom de Parque de Los Nevados est "sujet de droits à la vie, à la santé et à un environnement sain, dont la représentation légale est assurée par le Président". Il ordonnait au chef de l’État et aux autres entités administratives de coordonner l’élaboration d’un plan de reconstitution et de conservation de cette zone dans un délai d’un an.

L’arrêt ordonnait également au président Duque de désigner un groupe des Forces Militaires ou de la Police pour "accompagner de manière continue et permanente les travaux de conservation", notamment dans la zone du parc naturel qui se trouve dans le département du Tolima, parce que le Bureau du Défenseur du peuple a mis en garde depuis 2019 contre le conflit armé dans la région. "Les factions dissidentes des FARC-EP ou ELN", indique l’alerte du Bureau du Défenseur du peuple de 2019, cherchent à "reprendre le contrôle territorial des couloirs qui ont historiquement relié l’Est à l’Ouest du pays".

Des hommes armés étaient allés jusqu’à menacer les communautés paysannes  et les responsables du Parc Naturel Los Nevados. En novembre 2019, le leader environnemental Carlos Aldario Arenas, connu dans la région pour défendre la Route du Condor, un couloir écologique pour l’emblématique oiseau des Andes, y a été assassiné.

"La Cour a établi que le Président de la République a l’ordre exprès de constituer un groupe de force publique spécial pour la garde du Parc Naturel National Los Nevados parce qu’il existe d’innombrables faits de trouble de l’ordre public, trafic de flore et de faune dans une zone protégée. Cet ordre n’a pas été respecté dans son intégralité", a déclaré à Radio Caracol, en mai de cette année, Juan Felipe Rodriguez, l’avocat de l’environnement qui a poussé la décision de la Cour suprême de justice en 2020, et aussi l’arrêt qui dit maintenant que le président n’a pas respecté la protection de Los Nevados.

En vertu de la juridiction du président, l’ordonnance du tribunal d’Ibagué peut difficilement le placer en résidence surveillée, et la présidence peut encore faire appel de la décision. Mais le cas inédit d’assignation à résidence ouvre un chapitre de plus des querelles judiciaires qui se déroulent dans les hautes cours de Colombie pour défendre l’environnement. Après que la Cour Constitutionnelle ait statué, en 2018, sur l’invalidité des consultations populaires - initiatives citoyennes de participation populaire pour voter contre ou pour un projet extractif, la protection de l’environnement est devenue une discussion presque exclusivement juridique.

 

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/289756-un-juge-ordonne-cinq-jours-dassignation-a-residence-pour-le-president-de-la-colombie

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GUSTAVO PETRO RECONNAIT LA PLACE DES FEMMES EN COLOMBIE

Par Le 06/06/2022

6 Juin 2022

Édité par Reynaldo Henquen
2022-06-03 14:23:46

      

La Habana, 3 juin (RHC) Le candidat présidentiel du Pacte historique, Gustavo Petro, a ratifié la reconnaissance des droits des femmes dans la société colombienne. Il considère les femmes comme les protagonistes du changement.

Lors du débat féministe, organisé par plus de 30 organisations de femmes, comme Artemisas, et de personnes LGBTIQ+, tant Petro que son adversaire Rodolfo Hernández, le candidat de la Ligue des dirigeants anti-corruption, devraient répondre à des questions sur leurs programme politique en matière de genre et d'identités diverses.

Cependant, Rodolfo Hernández, qui s'est distingué par de nombreuses expressions misogynes, n'a pas assisté à la réunion prévue.

L'un des sujets à aborder était lié à l'accord de paix, signé en 2016 entre le gouvernement de Juan Manuel Santos et les anciennes Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée du peuple.

"L'accord de paix de mon gouvernement est respecté, nous devons retrouver la parole de l'État, le non-respect de l'État est en soi un générateur de violence", a déclaré Petro.

Il a souligné qu'il se conformera également aux mesures axées sur l'égalité des sexes contenues dans ce pacte historique, et qu'il s'efforcera également de parvenir à un accord avec l'Armée de Libération Nationale.

Evoquant la paix totale dans le pays, il a déclaré que s'il remporte les élections le 19, son gouvernement cherchera à démanteler les gangs multi-criminels.

Des questions telles que l'avortement, l'économie des femmes, la migration, les relations internationales, entre autres, ont été analysées au cours du débat. Le candidat de Pacte historique a assuré que sa colistière Francia Márquez serait non seulement vice-présidente de la Colombie, mais aussi Ministre de l'égalité, un nouveau portefeuille qui sera créé par son gouvernement.

"Si nous définissons notre projet politique sans utiliser le mot changement, je peux dire que nous nous engageons à : la justice sociale, la transition vers des économies propres, la lutte pour l'égalité, la réduction de la faim et de la pauvreté, le renversement de la corruption", a souligné Petro. Le candidat à la présidence a remporté le premier tour des élections dimanche dernier et s'est hissé au second tour grâce à un vote historique pour un candidat présidentiel considéré de gauche.

 

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/289658-gustavo-petro-ratifie-la-reconnaissance-des-femmes-en-colombie

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COLOMBIE : LE BINOME DE GAUCHE PETRO-MARQUEZ REMPORTE LE 1er TOUR DE LA PRESIDENTIELLE AVEC 40,33% CONTRE 28,14% FACE A RODOLFO HERNANDEZ

Par Le 31/05/2022

30 Mai 2022

Édité par Francisco Rodríguez Aranega
2022-05-29 22:52:07

      

Photo: Prensa Latina

La Havane, 29 mai, (RHC).- Le binôme du Pacte historique, Gustavo Petro-Francia Marquez, a largement remporté ce dimanche le premier tour des présidentielles en Colombie.

Au second tour, le 19 juin, Gustavo Petro affrontera Rodolfo Hernandez, un candidat indépendant, tenant compte des résultats préliminaires publiés dans la soirée.

Suite au dépouillement de plus de 97% des bulletins, le Registre national, chargé de l’organisation du scrutin, a fait savoir que Gustavo Petro avait remporté 40,33% des voix contre 28,14% Rodolfo Hernandez.

La loi électorale établit en effet un second tour si aucun des candidats ne remporte 50% plus une des voix.

«L'heure est à la confiance, à la coexistence et à la volonté de changement», avait déclaré Gustavo Petro avant de voter en famille à Bogota.

A Bogota, Prensa Latina a remarqué une présence assez nombreuse d’électeurs devant les bureaux de vote.

Sources : AFP et Prensa Latine

 

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/289187-le-binome-de-gauche-petro-marquez-remporte-le-premier-tour-des-presidentielles-en-colombie

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DES ELECTIONS HISTORIQUES VONT DEFINIR LA PRESIDENCE DE LA COLOMBIE

Par Le 29/05/2022

29 Mai 2022

Des élections historiques vont définir la présidence de la Colombie

Bogotá, 29 mai (Prensa Latina) Un peu plus de 39 millions de personnes peuvent exercer leur droit de vote aujourd'hui lors des élections présidentielles en Colombie, considérées comme cruciales en Amérique latine.
29 mai 2022
CDT06:57 (GMT) -0400
Auteur : Odalys Troya
Pour la première fois, les forces alternatives, progressistes et de gauche, réunies au sein du Pacte historique, ont une chance réelle de remporter la présidence du pays.

Dans une interview accordée à Prensa Latina, le politologue et professeur d'université Andrés Alejandro Guerrero a affirmé que l'histoire a commencé à changer avant ces élections présidentielles dans la nation sud-américaine "grâce à la victoire retentissante des mouvements progressistes lors des récentes élections du Congrès bicaméral".

"Lors des élections législatives du 13 mars, les citoyens libres ont bouleversé la composition politique du Sénat et de la Chambre en obtenant une victoire sans précédent et en devenant la première force, représentée par le Pacte historique avec 20 sénateurs et 34 représentants à la Chambre", a-t-il déclaré.

Il a rappelé que ce scénario a révélé des failles et des manipulations dans le décompte des voix par des jurés qui ont tenté de retirer près de 700 000 voix aux forces politiques alternatives.

Des indices sérieux de fraude ont entaché le Registre national, Alexander Vega, qui est favorable au gouvernement d'Iván Duque et qui fait actuellement l'objet d'une enquête du Bureau du Procureur général, qui déterminera sa permanence à ce poste, a-t-il ajouté.

Face à ces faits, il a souligné que des milliers de volontaires, de témoins et de citoyens ont l'intention de surveiller les élections, mais cette tentative démocratique se heurte aux actions répressives du gouvernement, qui a refusé l'entrée aux missions et observateurs internationaux indépendants "pour des raisons de sécurité nationale", comme dans les cas de l'Argentin Alejandro Rusconi, de l'Américain Teri Mattson et du Français Paul-Emile Dupret.

Depuis lundi dernier, le vote a commencé à l'étranger dans les consulats et les ambassades, ce qui a permis de dégager certaines tendances en raison de l'afflux important d'électeurs en faveur des candidats les plus reconnus, avec des taux de participation jamais atteints auparavant, a souligné Mme Guerrero.

"Ce scénario électoral pour la présidence présente trois candidats forts dans la compétition politique dans les sondages, mais dans le contexte probable d'un second tour, ils auront besoin de votes importants de la part des autres candidats restés en arrière pour définir l'élection en leur faveur", a-t-il souligné.

Cette situation exigera les meilleures compétences de négociation parmi les différentes forces en présence lors des élections d'aujourd'hui, a-t-il déclaré.

Ce processus et la dispute pour le sort du pays semblent être entre les mains de Gustavo Petro, de Pacto Histórico ; Rodolfo Hernández, du mouvement citoyen Liga Anticorrupción ; et Federico Gutiérrez, de Equipo por Colombia, un mouvement citoyen soutenu par les exacaldes, le gouvernement actuel, les hommes d'affaires et 45 des 54 clans politiques impliqués dans des crimes graves qui constituent les élites traditionnelles du pouvoir.

"C'est une course serrée, enveloppée dans une campagne sale où les réseaux ont joué un rôle important et où, semble-t-il, la polarisation qui existait déjà en raison du radicalisme de certains partisans a été renforcée", a-t-il décrit.

Pour certains, un second tour est certain, cependant, si le candidat Gustavo Petro parvient à mobiliser les gens de manière émotionnelle et massive ces derniers jours, en les amenant à influencer leurs cercles proches pour qu'ils votent, il obtiendra une victoire au premier tour, a déclaré l'analyste.

De cette manière, il changera l'histoire de la Colombie en devenant le premier président de centre-gauche, a déclaré M. Guerrero.

Selon lui, un second tour est un scénario très complexe pour Gustavo Petro, car sa victoire dépendra du renforcement rapide des liens avec des propositions similaires et du fait que la troisième force opte pour son alliance et les accords programmatiques qu'ils parviennent à établir.

Le candidat qui passe aussi, sûrement Federico Gutiérrez, recueillera tous les votes de l'establishment, de la machinerie, des anti-Petro, plus ceux négociés avec la troisième force, ce qui laissera à Hernández le pouvoir de décider dans une large mesure qui aura la présidence, a-t-il dit.

M. Petro doit captiver le vote des indécis, principalement celui des jeunes, qui, par le passé, ont été électoralement apathiques et sont restés sur la touche.

"Mais, poussé par les protestations du soulèvement social que l'on commémore à ces dates, plus le besoin profond d'opportunités, peut-être pourra-t-il le voir comme le leader capable de matérialiser un projet où ils sont importants et jouent en sa faveur pour définir l'élection", a-t-il souligné.

mem/otf


source : https://www.prensa-latina.cu/2022/05/29/historicas-elecciones-definiran-presidencia-de-colombia

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EN COLOMBIE, « C’EST MAINTENANT OU JAMAIS », PAR MAURICE LEMOINE

Par Le 27/05/2022

EN COLOMBIE, « C’EST MAINTENANT OU JAMAIS », PAR MAURICE LEMOINE

Publié par Venezuela infos dans ColombieCrime de guerre/crime contre l’humanitéCritique populairedéstabilisation et violences de la droiteEtats-Unis26 mai 2022

Jeudi 26 mai 2022 par Maurice Lemoine, journaliste, spécialiste de l’Amérique Latine, auteur de nombreux ouvrages, ex-rédacteur en chef du Monde Diplomatique

 

 

Juste quelques vibrations d’air surchauffé, pas le moindre souffle de vent. L’ATR 72-600 d’Avianca vient d’atterrir. Le taxi s’éloigne de l’aéroport. Le conducteur bougonne. Une manifestation « d’on ne sait trop qui » l’oblige à modifier son itinéraire pour gagner le centre de Barrancabermeja. Bavard, le conducteur, il a mille choses à raconter. Il répond sans réticences à toutes les questions. Et justement, en voici une. Un peu délicate, pas vrai ? Comme si de rien n’était, le conducteur répond : « A Barrancabermeja, on vote Petro ! »

Incroyable. Prodigieux. Ahurissant…

N’oublions pas qu’on est à « Barranca » (comme on appelle la ville en abrégé) ! Un port fluvial et centre pétrolier stratégique, doté de la première raffinerie du pays, mais aussi et surtout une ville longtemps livrée à la vindicte des tueurs paramilitaires (alors qu’y stationnaient cinq mille hommes des bataillons 45 et Nueva Granada, des Forces spéciales et de la police). Au cœur du Magdalena Medio (huit départements le long du fleuve Magdalena). Lui aussi sous la coupe des grands propriétaires, des militaires, des « narcos » et des « paracos ». Déchainés contre les militants et sympathisants de gauche, les syndicalistes, les paysans, accusés de connivence avec les guérillas. Une permanence de la violence – un paroxysme terrifiant. Un long cortège de morts, de torturés et de disparus. De messages téléphoniques aux militants : « Si vous ne quittez pas la ville, votre fille va souffrir, on va la brûler vive, on va éparpiller ses doigts dans toute la maison », « Vends ta terre ou c’est ta veuve qui le fera ». Une angoisse constante obligeant chacun à raser les murs. A regarder autour de lui avant de parler. A peser ses mots. A se méfier des inconnus. Et là… Dans un sourire capté par le rétroviseur, le chauffeur de taxi répond à un étranger qu’il voit pour la première fois de sa vie : « A Barranca, on vote Petro ! »

Oui, Gustavo Petro : le candidat de gauche, en tête de tous les sondages à quelques semaines de l’élection présidentielle.

Incroyable. Prodigieux. Ahurissant…

Quelque chose a changé en Colombie.

Barrancabermeja.

 

En bien ? Au-delà des apparences, pas complètement. Depuis 2018 et l’élection du président de droite extrême Iván Duque (Centre démocratique), on pourrait même prétendre que la situation s’est aggravée. Le pays vit une triple crise, humanitaire, politique et sociale. « Une criminalité croissante, une réduction des libertés, une absence de garanties pour les dirigeants sociaux », résume Yvan Madero dans les locaux de la Corporation régionale pour la défense des droits humains (Credhos), à Barrancabermeja. Sur le dernier point, les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre le 1er janvier et le 5 avril 2022, 75 de ces dirigeants sociaux ont été assassinés. Presque 1 400 (quasiment un par jour, pour faire un chiffre rond) d’après l’Institut d’études pour le développement et la paix (Indepaz), depuis la signature des Accords de paix entre l’Etat et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en 2016. Trois cent vingt des ex-guérilleros revenus à la vie civile ayant pour leur part été tués (sans parler des 27 portés « disparu »).

Là se trouve le cœur du problème auquel est confrontée la Colombie : aucune volonté politique du pouvoir n’accompagne cette période de transition dans la construction de la paix. Au contraire : dès son arrivée à la présidence, Duque a annoncé sa volonté de « mettre en pièces » les historiques accords signés à La Havane par son prédécesseur Juan Manuel Santos et entérinés à Bogotá le 24 novembre 2016. Avec l’aide de la Cour constitutionnelle, de la Cour suprême de justice et la majorité de droite du Congrès, il a partiellement réussi.

« Municipio » Yondo, « vereda » Caño Blanco [1]. Le soleil assomme la mauvaise route qui serpente entre collines verdoyantes et « haciendas ». A une soixantaine de kilomètres de « Barranca » et à l’initiative de l’Association paysanne de la Vallée du fleuve Cimitarra (ACVC), plusieurs Conseils d’action communale se réunissent sous un petit hangar ouvert à toutes les absences de vent. L’ACVC : une longue histoire. Née en 1996, elle a remis l’an passé à la Commission de la vérité un rapport détaillant comment, entre 1990 et 2010, le mouvement paysan du Magdalena Medio a subi une persécution systématique visant à désarticuler son tissu social et à exterminer ses dirigeants [2]. En 2003, le frère de l’actuelle présidente Irene Ramírez a été assassiné. En 2007, les six dirigeants de l’ACVC se sont retrouvés en prison. Quinze années plus tard, Irene Ramírez se bat toujours en première ligne. « Notre lutte, c’est de promouvoir les accords de paix en nous réunissant pour faire connaître aux autorités municipales la réalité du paysan, nous a-t-elle expliqué en préalable au déplacement. Dans ce sens, on organise un noyau dur de “juntas” [Conseils d’action communale], espace dans lesquels nous avons une pleine légitimité ».

Irene Ramírez, présidente de l’ACVC.

 

La paysannerie a de fait eu un rôle primordial dans l’obtention de la négociation entreprise en octobre 2012 entre les FARC et le gouvernement. Elle payait le plus lourd du prix d’un interminable conflit dépourvu de sortie militaire. En mai 2013, c’est sous sa pression que les belligérants ont signé à La Havane le premier point d’une réforme rurale intégrale – stigmatisée dès l’origine par les secteurs dominants. Au cours d’un soulèvement marqué en août 2013 par de nombreux barrages routiers et de violentes manifestations, les paysans ne questionnèrent pas seulement la répartition des terres et les traités de libre commerce, mais revendiquèrent la dignité de la vie dans les campagnes – infrastructures, accès à l’éducation et à la santé –, le respect de leur environnement et, de manière générale, une place dans la société. Les engagements pris dans un plan d’aide spécial décrété par le président Santos ne furent pas tenus. En conséquence, lors d’un Sommet agraire de 5 000 personnes inauguré en mars 2014 par le maire de Bogotá Gustavo Petro, les revendications de souveraineté alimentaire, de défense des territoires et de « paix avec justice sociale » précédèrent un nouveau mouvement national qui bloqua pendant onze jours la « Panamericana », un important axe routier nord-sud qui traverse le continent sud-américain. « C’est sur la promesse de continuer les négociations avec le monde rural et, sur un autre plan, avec les FARC, que Santos a été réélu en 2014, précise Irene Ramirez. Les paysans ont eu du mal à voter pour lui, car il a été un protagoniste des faux positifs [3], mais c’est un effort qu’ils ont fait. »

Caño Blanco. Une certaine déception marque le début de la réunion. Les dirigeants de l’ACVC avaient prévu davantage d’assistance à cette assemblée. On doit y échanger sur les problèmes de sécurité de la zone, les modalités de la lutte contre les violences faites aux femmes et la prochaine élection présidentielle. « En sabotant les accords de paix, commente en grimaçant Any Martínez, le gouvernement ruine ce qui a été construit dans les espaces de participation communautaires. La seule chose qui a été accomplie est le désarmement des FARC. Le reste ? Rien ! D’où une certaine démobilisation des paysans. » Le constat concerne l’ensemble du pays. A titre d’exemple, le dernier rapport de la Mission de vérification des Nations unies souligne que, en ce qui concerne le premier point de l’Accord, à savoir la réforme rurale intégrale, 473 464 hectares ont été remis aux paysans, ce qui ne représente que 16 % des surfaces initialement envisagées.

« On survit, vous dit l’un, à Caño Blanco. Les coûts de production sont supérieurs au prix de vente de nos marchandises. » Une autre hausse les épaules, désabusée : « Il se perd beaucoup du peu qu’on cultive, comme le yucca, à cause du mauvais état des chemins. » Guérillera des FARC démobilisée, parfaitement à l’aise au milieu de l’assemblée, Alicia de Jesús Apriles assiste à toutes les réunions de son Conseil communal et de l’ACVC. Etonnant ? « On avait une base sociale, sourit-elle en évoquant l’ex-opposition armée, on était déjà intégrés dans les communautés, on faisait des “asados” [4] avec elles, on partageait régulièrement le café, on discutait. » Alicia habite un proche Espace territorial de formation et de réincorporation (ECTR) où ses « camaradas » tentent de vivre de la culture du yucca, de la banane et du cacao. « Pour nous, la vie est plus dure maintenant que quand nous étions dans la lutte armée », constate-t-elle, un léger réseau de rides se creusant sur son front.

L’ACVC à Caño Blanco. Une part importante de l’activité de l’association est dirigée vers les droits des femmes.

 

Colonne vertébrale de (l’alors) ambitieux accord de paix, le Programme national intégral de substitution (PNIS) devait permettre de remplacer la coca – matière première de la malédiction appelée cocaïne – par des cultures légales. Pour les premiers intéressés, l’opportunité de sortir d’une illégalité qui leur a toujours fait courir des risques insensés. « Avec la paysannerie organisée, on a fait partie du processus de construction du PNIS », rappelle Any Martínez en évoquant le rôle de l’ACVC. Propositions de projets productifs, élaboration de plans, pédagogie dans les territoires… Résultat : « Le gouvernement de Duque n’ayant pas respecté les engagements pris avec les producteurs, la crise économique et sociale, déjà terrible, s’est aggravée. »

Entre 2017 et 2020, l’assignation de ressources au PNIS a présenté une diminution du 81 % [5]. En mai 2021, ce recul, les éradications forcées et les violentes agressions policières et militaires ont conduit des centaines de paysans à protester. Surgissant du Meta, du Caquetá, du Cauca et d’autres départements, ils ont rejoint les autres protagonistes de l’énorme explosion sociale qui a mis la Colombie cul par-dessus tête cette année-là [6].

Ce naufrage du PNIS a néanmoins d’autres conséquences. « Nous avons poussé les paysans à éradiquer volontairement la coca, précise Lucy Córdoba, travailleuse sociale au sein de l’ACVC. Après l’avoir fait, manuellement, de leur plein gré, ils se retrouvent dans une situation catastrophique. Ils nous reprochent aujourd’hui de les avoir poussés dans cette direction. Derrière la stratégie du pouvoir, il y a une intentionnalité : rompre le tissu social. » Mais il y a plus…

« Campesinos », ils binent, sarclent et récoltent dans des champs étriqués. Aucune garantie sur le prix des denrées alimentaires produites. Une charge de 150 kilos de yucca rapporte 100 000 ou 120 000 pesos (250 ou 260 euros). Demain, elle en vaudra peut-être moins. Il faut la vendre en ville, la transporter en camion sur des chemins de charretier. Un simple kilo de coca ramène 3,5 millions de pesos (875 euros). Une pleine journée de travail pour récolter le yucca : 30 000 pesos (7,50 euros). Une demi-journée de « raspachine », le journalier qui gratte les tiges des cocaïers pour en ôter les feuilles : 150 000 pesos (38 euros).Les comptes sont vite faits.

Ici, on appelle ça « le marché noir » ou « le micro-trafic », c’est selon. Dans le « municipio » de Yondo, il y avait peu de coca – 50 ou 60 hectares – au moment des accords de paix. La situation évolue, et pas dans la bonne direction. A Cantagallo, à San Pablo, au nord de Barrancabermeja, sur le fleuve Magdalena, les surfaces plantées ont augmenté de 100 à 200 hectares depuis un an. « Beaucoup de paysans n’ont pas d’autre alternative, constate Mario Martínez, qui vit à Cantagallo. Celui qui a un hectare ou deux de coca ne devient pas riche et ne se transforme pas en narco, mais il résout les problèmes de sa petite économie familiale. » Nul besoin, pour être payé, d’attendre que la marchandise soit transportée et vendue, comme l’exigent le maïs ou le yucca : culture illicite, la coca est achetée sur place et payée comptant par les intermédiaires des « narcos ».

Feuilles de coca après la récolte.

 

« Quel est le principal bénéficiaire de la non mise en œuvre des accords de paix », interroge Any Martínez ? Sûrement pas le pays. Jouissant de bonnes terres, le Magdalena Medio pourrait produire du riz, du maïs, du haricot. Depuis des années, cette production agricole disparaît, remplacée par la coca. Le pays importe plus qu’il n’exporte – à l’exception de la cocaïne (3 % du PIB). Longtemps accusées d’être un groupe « narcoterroriste », les FARC ont déposé les armes. Les institutions devaient arriver dans les zones abandonnées par cette guérilla. Cela ne s’est pas produit. « L’Etat, sursaute Abelardo Sánchez, du Credhos, à « Barranca » ? Zéro ! Double zéro ! » Que ce soit en matière de sécurité, de santé, d’éducation ou de tout autre service public, il n’en existe effectivement aucune trace dans le Magdalena Medio, le Putumayo, le Catatumbo, le sud de Córdoba ou de Bolivar, sur toute la côte pacifique, dans le Choco…

La nature a horreur du vide. La dynamique de la guerre a changé. Les groupes générateurs de violence se sont renforcés. En tête d’affiche, les paramilitaires de toutes sortes, avec, en vaisseau amiral, les Autodéfenses gaitanistes de Colombie (AGC). Mais aussi, dissidences des FARC, séparés de l’organisation depuis la signature d’accords qu’elles ont d’emblée rejetés. Certains fronts de l’Armée de libération nationale (ELN), en proie à une profonde crise interne. Réduits de l’Armée populaire de libération (EPL) [7]. Groupuscules divers et mafieux, qui n’avaient jamais été présents sur le territoire. La dynamique des acteurs a changé, les colonnes vertébrales politiques se diluent. Indépendamment des discours, le contrôle de l’économie illégale – coca et activités minières – est devenu le cœur et la seule justification de l’activité.

La pratique nous est racontée par l’un de nos interlocuteurs. Le paysan est approché par des membres des groupes armés. Le naufrage du PNIS, auquel il a cru, l’a entraîné dans la noyade. « On te prête 5 millions de pesos [1 250 euros] pour que tu re-sèmes de la coca. » Quoi qu’il arrive, la somme (parfois très supérieure) devra être remboursée dans les deux ans. Asphyxié par les difficultés du moment, le paysan reconnaissant accepte, sans se rendre compte du danger. « Du coup, tout le monde est enchaîné à la coca ! » Avec impossibilité d’en sortir. Qui ne rembourse pas prend une balle dans la tête, cadeau de deux « sicarios » en moto. Quiconque entend cultiver autre chose est menacé, forcé à se soumettre. Entre le 24 novembre 2016 et le 30 juin 2021, 75 dirigeants promoteurs de la substitution des cultures illégales ont été assassinés [8].

Si l’on prend le Magdalena Medio, exemple facilement transposable à d’autres parties du pays, les FARC y existaient depuis un demi siècle. « Hormis les paramilitaires d’extrême droite, pour nous l’ennemi absolu, c’était le seul groupe qui exerçait un réel contrôle sur cette région, vous explique-t-on à « Barranca ». Ses méthodes pouvaient être parfois musclées. Mais, d’une façon ou d’une autre, en tant que paysans, nous y avions des interlocuteurs, certains même d’entre nous sympathisaient politiquement, on pouvait discuter… » Autres temps, autres mœurs. Bien que revendiquant le label « FARC », les dissidences ne dialoguent pas, imposent sans distinction leurs lois et leurs « vacunas » (impôts). Les paramilitaires tuent des paysans en les accusant de produire de la coca pour l’ELN. Les chefs de cette dernière procèdent de la même façon. Cette guerre de tous contre tous se transforme en mêlée. « N’importe lequel d’entre nous peut se retrouver dans cette situation, sans même savoir qui est qui. »

Santé, habitat, éducation, formations, possibilités professionnelles ? « Nada » ! Les jeunes ont très peu de chances d’échapper à cet univers désenchanté. Pain béni pour l’exécution des basses œuvres. « Sans exception aucune, tous les acteurs hors-la-loi les approchent et leur offrent un million de pesos [250 euros], une moto et une arme pour se joindre à eux. » Les gamins « se font un film », décrit l’enseignante Laicy Suárez. Ils plongent. Ils touchent 1,5 millions de pesos (375 euros) tous les mois. En boivent une partie. Se mettent à consommer eux-mêmes la cocaïne, « dans une région où c’était impensable auparavant ». Surveillent, menacent, forcent à partir ou assassinent sur ordre les dirigeants, porte-paroles et militants locaux.

« J’ai pensé me déplacer, soupire une paysanne rencontrée à Yondo. Abandonner ce que j’ai, parce que je ne peux pas l’emporter. Mais, récupérer l’argent serait impossible. Cette terre a un prix et je ne l’obtiendrai jamais. » Avec une ironie un peu amère, elle ajoute : « Des gens opportunistes, qui ont de l’argent, attendent que des personnes comme moi leur en fassent cadeau… »

La force publique ? Le 22 mai, alertée en urgence, l’ACVC devra envoyer une « mission de vérification communautaire » dans les « veredas » Tamar Bajo et Puerto Nuevo Ité du « municipio » Remedios, situé dans la Zone de réserve paysanne de la vallée du fleuve Cimitarra [9].La veille, alors que se déroulait un affrontement entre des unités de l’armée et un ennemi indéterminé, des hélicoptères ont balayé de rafales de mitrailleuses les humbles « caserios » [10]. Surgissant au milieu des habitations, dépourvus d’insignes et d’identification, les militaires se sont présentés comme « un groupe armé », semant la panique dans la communauté. Coups de crosse, horions, fouille brutale des logis, sans mandat de perquisition, les soldats ont menacé plusieurs hommes de les abattre, les traitant de « fils de putes de guérilleros ». Pour faire bonne mesure, ils ont volé argent et téléphones portables dans les maisons [11].

« En tant qu’organisation paysanne, concluait quelques jours plus tôt Any Martínez, dans les locaux de l’ACVC, on ne sait plus de qui on doit se protéger. Nous nous trouvons au cœur de la cible. Indépendamment des différents groupes armés, dont nous rejetons les méthodes, le pouvoir veut en terminer avec tant d’années d’organisation en faveur de la paix, et donc avec nous. »

Sur le fleuve Magdalena.

 

Gros caillou dans le soulier du pouvoir : créée par les Accords, la Juridiction spéciale pour la paix (JEP). Un mécanisme qui, reconnaissant la centralité des victimes, limite les peines encourues par tous les acteurs du conflit armé en échange de la vérité, de la reconnaissance des responsabilités et de la réparation [12]. Guérilleros, membres des forces de sécurité, mais aussi agents de l’Etat et civils appartenant aux mondes économique ou politique devaient être appelés à comparaître. Malgré l’ombre de la mort et la persécution politique, Comunes – le parti fondé par les combattants des FARC démobilisés – respecte sa parole et se soumet aux exigences qu’il a signées, assumant les erreurs, exactions ou crimes commis dans le cadre du très long et très brutal conflit armé. Par leurs révélations, les ex-guérilleros se livrent à la vindicte des médias dominants – qui les crucifient systématiquement en décontextualisant allégrement les faits. Porté sur les fonds baptismaux et dirigé en sous-main par l’ex-président Álvaro Uribe, lié depuis des décennies au paramilitarisme, le pouvoir, lui, tourne le dos à ses engagements. Dès 2017, la Cour constitutionnelle a établi que la comparution des « tiers » – ce que d’autres appelleraient les membres de la « société civile » – ne se ferait que sur une base volontaire. En conséquence, la justice transitionnelle a perdu le pouvoir de les poursuivre, même si elle dispose de preuves de leur participation directe ou indirecte (en particulier par le financement) à des crimes liés au conflit.

Soupir de soulagement au sein de la classe dominante et des secteurs qui se sont toujours nourris de la violence. Et vigilance extrême pour limiter les confidences par trop compromettantes. Dernier exemple en date, mais ô combien significatif, l’ « affaire Otoniel ».

Dirigeant numéro un des Autodéfenses gaitanistes de Colombie (AGC), « Otoniel » s’appelle en réalité David Antonio Úsuga. Guérillero de l’EPL démobilisé en 1991, il rejoint sans états d’âme les paramilitaires d’extrême droite. Avec l’aide d’un des leaders des Autodéfenses unies de Colombie (AUC), Daniel Rendón Herrera, alias « Don Mario », il crée le groupe armé illégal Los Urabeños qui, après la capture de « Don Mario » en 2009, devient le Clan Úsuga, avant de changer une nouvelle fois d’appellation pour devenir Clan du Golfe, puis les AGC. En 2020, la structure criminelle compte plus de 3 000 membres, répartis dans 211 « municipios » des territoires du Bajo Atrato, du Choco et du Magdalena Medio, pour ne citer qu’eux.

Le 23 octobre 2021, « Otoniel » est capturé – ou se rend volontairement, comme il le prétend – dans le village de Pítica de Turbo, dans la région d’Urabá (Antioquia). Outre le narcotrafic, des dizaines de déplacements forcés, de « disparitions » et d’homicides de leaders sociaux lui sont attribués. Deux mois plus tard, il témoigne pour la première fois devant la Juridiction spéciale pour la paix (JEP). Créant l’émoi, il y exprime sa volonté de dire la vérité et de révéler les relations entre le narcotrafic, la politique, les affaires, la justice et les forces de sécurité. D’emblée, il affirme avoir travaillé avec l‘armée et met en cause l’ex-commandant en chef de cette dernière, le général Leonardo Barrero.

Chance : depuis 2018, les Etats-Unis ont mis 5 millions de dollars sur la tête d’« Otoniel » et réclament son extradition. C’est comme allumer la lumière pour approfondir les ténèbres. La justice de ce pays ne se préoccupe que des crimes liés au narcotrafic. En aucun cas elle n’oblige un individu extradé à évoquer d’autres questions spécifiques à la Colombie, quand bien même il s’agirait de crimes contre l’Humanité. En décembre 2021, les représentants des victimes colombiennes d’« Otoniel » envoient une lettre au président Joe Biden. Ils lui demandent de suspendre l’extradition afin de sauvegarder leurs droits « à la vérité, à la justice, à la réparation et à la non-répétition ». C’est que, la machine à gommer les crimes est déjà en action. Le 17 février précédent, l’audience tenue par la Commission de la vérité pour entendre le « narco », au siège de la Direction d’investigation criminelle et Interpol (Dijín), a été brusquement interrompue par des membres des forces de sécurité, obligeant le commissaire Alejandro Valencia Villa, l’enquêteur de la Commission et un avocat de la défense à quitter la cellule où se déroulait l’audience. Quelques jours plus tard, des enregistrements numériques contenant les premiers témoignages du baron de la drogue devant la Commission de la vérité disparaissent mystérieusement. En dénonçant le vol, l’instance indépendante réclame de pouvoir poursuivre son travail « sans intimidations ».

Peine perdue. Début mars, les policiers qui l’escortent refusent une première fois de quitter les locaux où « Otoniel » doit être auditionné par la JEP. Le 22, une nouvelle audience au cours de laquelle il va témoigner sur la situation de violence en Urabá est suspendue : des membres de la Dijin refusent de quitter la salle de l’audition. Pourtant, une décision de justice oblige les membres de la police nationale à ne pas rester sur le site. « Comment un témoin va-t-il parler de personnels en uniforme impliqués dans des exécutions extrajudiciaires s’il y a des membres des forces de sécurité dans la salle d’audience », s’interroge un avocat des victimes [13] ? « C’est clair, a déjà protesté le sénateur du Pôle démocratique alternatif (PDA) Iván Cepeda : Ceux qui ont été ses partenaires et qui jouissent aujourd’hui de l’impunité veulent à tout prix faire taire alias « Otoniel ». »

Malgré ce sabotage et l’inertie totale du chef de l’Etat, les magistrats de la JEP et des membres de la Commission de la vérité réussiront, le 23 mars 2022, à interroger l’ex-chef paramilitaire sur son implication dans des crimes contre l’humanité dans le département de Casanare. Lors de l’audience, celui-ci réitère ses accusations contre l’ex-général Leonardo Barrero – connu au sein des « paracos » sous le pseudonyme d’ « El Padrino » (« Le Parrain ») –, évoque le nom d’un autre ex-commandant en chef, le général Mario Montoya, d’après lui « au courant de la pratique des “faux positifs” dans le département du Meta », affirme que l’armée continue à collaborer avec les paramilitaires dans certaines régions du pays et fournit une liste de soixante-trois personnes ayant eu des liens avec les AUC et les groupes dissidents formés après leur démobilisation en 2005 [14]. Cette liste est transmise au bureau du procureur général et à la Cour suprême de justice afin qu’elles enquêtent sur ces accusations. Parmi les mis en cause figurent des membres des forces de sécurité, d’anciens fonctionnaires de l’Etat et des hommes politiques tels que l’ancien gouverneur d’Antioquia Luis Pérez, candidat indépendant à la présidentielle de 2022 ; les anciens sénateurs Miltón Rodríguez Sarmiento et Carlos Cárdenas Ortíz ; l’ex-directeur du Département administratif de sécurité (DAS) Jorge Noguera (qui purge déjà vingt-cinq ans de prison pour association de malfaiteurs et homicide) [15] ; l’ancien ministre de l’Intérieur et de la Justice Sabas Pretelt (condamné à six ans et huit mois d’incarcération en avril 2015 pour achat de votes et corruption)…

Il devenait urgent d’agir. Malgré la clameur de milliers de proches des victimes et du Pacte historique (l’opposition de gauche), la Chambre pénale de la Cour suprême de justice a entériné début avril 2022 la demande d’extradition des Etats-Unis. Menotté, portant un casque et vêtu d’un gilet pare-balles, escorté de policiers lourdement armés et même d’un convoi de véhicules blindés, « le plus grand narcotrafiquant du pays » s’est envolé pour New York le 4 mai. D’autres « capos », livrés par Uribe aux Etats-Unis, pour les mêmes raisons, ont certes collaboré à distance avec la justice colombienne depuis leur prison de New York ou de Floride, à l’image du plus redoutable d’entre eux, Salvatore Mancuso [16]. Mais, d’autres, comme Rodrigo Tovar Pupo, alias « Jorge 40 » et Daniel Rendón Herrera, alias « Don Mario », ont refusé de parler et de fournir une once de vérité sur leurs complices et sur les exactions auxquelles ils ont ensemble été mêlés. On ignore pour l’heure quelle sera l’attitude d’« Otoniel ». Pariant sur l’avenir, Duque n’en a pas moins « remercié » la Cour suprême, le Conseil d’Etat – ainsi que la JEP ! – « pour avoir évité les manipulations intentionnelles de ce criminel pour tenter d’éviter cette extradition ».

Premier coup de semonce pour l’« uribisme » en 2018 : candidat de la coalition Colombie humaine, Gustavo Petro se qualifie pour le second tour de l’élection présidentielle avec 25,1 % des suffrages. Si, le 17 juin, Duque l’emporte finalement avec 54 % des voix contre 41,8 % à son adversaire, il n’en demeure pas moins que jamais un candidat de gauche n’a obtenu un tel résultat. Arrivé en tête dans la capitale Bogotá et dans plusieurs départements – Atlántico, Nariño, Cauca, Chocó, Vaupés, Sucre, Putumayo et Valle –, Petro a fait de son mouvement la seconde force politique du pays. Bilan d’autant plus remarquable que, pour l’emporter, Duque a bénéficié, sur ordre d’Álvaro Uribe, d’achats de votes organisés par les familles Char et Gerlein – puissantes « camarillas » politiques de la région de la Caraïbe – en lien avec un « narco » notoire, José Guillermo Hernández Aponte, dit « Ñeñe ». Officiellement invité, ce dernier assistera à l’investiture du nouveau chef de l’Etat, le 7 août 2018, à une place privilégiée [17]. Pas de quoi fouetter un média. Nul ne cherche de poux dans la tête de Duque. Le « méchant absolu », dans la région, nul n’en ignore, s’appelle Nicolás Maduro.

En interne, Duque fait du Uribe ; à l’international il se marie avec Donald Trump. Torpillage des accords de paix, rupture des négociations entreprises à La Havane avec l’ELN, agression permanente du Venezuela, usurpation par l’exécutif des autres pouvoirs étatiques, politique antisociale (aggravée par les effets de la pandémie) : 21 millions de pauvres, dont 7,5 millions en extrême pauvreté… Le pays se révolte le 28 avril 2021. Une nouvelle génération entre en « première ligne » – rejetons de la classe moyenne, étudiants, jeunes précarisés des milieux populaires. La répression s’abat, démesurée : 84 morts, 1 790 blessés (dont 103 victimes d’un traumatisme oculaire) [18]. A balles réelles, des paramilitaires en civil assistent les brutes en uniforme des Escadrons anti-émeutes (ESMAD). Estomaquées, les villes découvrent les méthodes historiquement utilisées dans les zones rurales – « el campo ». L’épisode laisse des traces. Il y a désormais un avant et un après. Le crépuscule de l’« uribisme » et du néolibéralisme armé vient de commencer.

« Si tu lèves la tête, on t’assassine » (Bogotá).

A quelques encablures de l’élection présidentielle du 29 mai 2022, sur la base de multiples sondages, le sénateur Gustavo Petro, candidat du Pacte historique, est donné largement en tête. Tant en interne, chez les Colombiens progressistes ou même simplement « civilisés », qu’à l’international, de nombreuses voix augurent d’une « nouvelle victoire de la gauche » – après le Pérou (Pedro Castillo), le Chili (Gabriel Boric) et le Honduras (Xiomara Castro), avant le Brésil (Luiz Inacio « Lula » da Silva) dans quelques mois. La perspective d’un renouveau dans une Colombie d’aujourd’hui 50 millions d’habitants, gouvernée par la droite depuis la nuit des temps.

Pour autant, et sans vouloir doucher l’enthousiasme de qui que ce soit, on attirera ici l’attention sur le parcours d’obstacles qui demeure à franchir pour qu’une telle prophétie puisse se réaliser. « On ne fait pas la fête avant le mariage », nous a déclaré à cet égard Germán Navas, lucide conseiller juridique de la campagne de Petro, lorsqu’il nous a reçu à Bogotá.

Certes remportées par le Pacte historique, les récentes élections législatives donnent effectivement à penser…

Doivent être élus ce 13 mars 2022 : 107 sénateurs, 167 représentants (Sénat et Chambre formant le Congrès). Le même jour, lors de primaires, le corps électoral doit également désigner les candidats à la présidence des trois grands blocs qui proposent des listes au Congrès : le Pacte historique (gauche), la Coalition de l’Espérance (centre), Equipe pour la Colombie (droite).

Jadis militant de la guérilla du M-19 qui, en échange de sa démobilisation en 1990, obtiendra la création d’une Assemblée constituante pour doter (en 1991) le pays d’une nouvelle constitution, Petro a mené une longue carrière politique, élu au Congrès depuis la fin des années 1990, maire de Bogotá entre 2012 et 2015. Le Pacte historique regroupe son parti, Colombie humaine, le Pôle démocratique alternatif (PDA ; centre gauche), l’Union patriotique (UP ; gauche ; exterminée dans les années 1980), le Parti communiste (PCC), des formations amérindiennes et afro-colombiennes, des mouvements de femmes et autres organisations de la « société civile ». Son programme décline tous les ingrédients d’une politique sociale-démocrate (ce qui, en Colombie, s’apparente à une révolution) : revenu de base, réforme de la santé, de l’éducation et de la protection de l’environnement, redistribution de la propriété agricole, réforme fiscale structurelle, respect total et relance des accords de paix. Sur une telle perspective, et fort de sa trajectoire, Petro a réussi à articuler diverses forces sociales et politiques qui, séparément et isolées, ne seraient pas en mesure d’affronter la caste dominante. Au terme du scrutin, il s’impose sans surprise (plus de 80 % des suffrages) pour porter les couleurs de cette famille politique le 29 mai.

Le centre – Coalition pour l’Espérance – se caractérise d’emblée par son hétérogénéité, les égos de ses dirigeants et ses conflits internes. S’y disputent le leadership Sergio Fajardo (ex-maire de Medellín, puis gouverneur d’Antioquia), Alejandro Gaviria (ex-ministre et intellectuel respecté de l’élite libérale de Bogotá), Jorge Robledo (dissident du PDA, ennemi intime de Petro) et Juan Manuel Galán, fils du leader du Nouveau libéralisme Luis Carlos Galán, assassiné le 18 août 1989 par des tueurs des cartels de la drogue. Dirigeante du micro-parti Oxygène vert, récemment ressuscité, l’ex-prisonnière des FARC Ingrid Betancourt rejoint un temps la coalition avant d’y « mettre le bazar » et de s’en retirer, accusant ses brefs amis de magouilles politiciennes. Tout en prônant quelques mesures positives – le contrôle des prix des médicaments, l’interdiction de l’utilisation du glyphosate et des épandages aériens contre la coca ou respect des accords de paix signés avec les FARC –, ces centristes assumés négligent quelque peu l’urgence sociale, « rejettent les extrêmes » et se concentrent sur le sociétal cher aux classes moyennes – euthanasie, avortement, etc. Au terme de la primaire, Fajardo s’impose à ses concurrents.

Droite ou extrême droite ? Equipe Colombie ne peut renier sa filiation abruptement néolibérale. La plupart de ses protagonistes sont liés aux gouvernements Uribe et Duque ainsi qu’aux politiques socialement dévastatrices qui ont été mises en œuvre. S’y retrouvent la droite dure, dont le Parti conservateur, Changement radical et La U, qui fut le parti de l’ex-président Santos. S’y distinguent Federico « Fico » Gutiérrez (ex-maire de Medellín, membre de l’Opus Dei), Alejandro Char (figure notable de mafia caribéenne), David Barguil (grand propriétaire lié au paramilitarisme) Dilian Toro (ex-gouverneure de Cali), Juan Carlos Echeverry (ex ministre des Finances sous la présidence de Santos), Enrique Peñalosa (deux fois maire de Bogotá). Ne manque dans le tableau que le Parti libéral de l’ex-président et ex-secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA) César Gaviria. Et, d’où la question ouvrant ce paragraphe, le Centre démocratique, parti d’Uribe et Duque, qui annonce vouloir jouer seul sa partition avec Oscar Iván Zuluaga comme candidat. Il n’en demeure pas moins que l’aspirant à la présidence émergeant de la consultation, « Fico » Gutiérrez, est considéré proche de l’ « uribisme ». Ce que l’avenir confirmera.

Un premier constat s’impose alors : lors de ces primaires, Petro a rassemblé 4 475 000 voix ; Gutiérrez, 2 152 670 voix (deux fois moins) ; Fajardo, 721 521 voix (six fois moins). Un rapport de forces significatif dans la perspective de la présidentielle. Cerise sur l’« empanada » [19] : lors de la primaire du Pacte historique qui l’opposait à Petro, la militante sociale afro-colombienne Francia Márquez a recueilli 783 000 voix, ce qui la place globalement en troisième position des postulants à la présidence, derrière Petro et Gutiérrez, mais devant le centriste Fajardo et tous les autres pré-candidats.

Pour les législatives et la présidentielle, « votez Petro » (Arauca).

 

Spécificité colombienne : après l’enregistrement des listes de candidats aux législatives, la Fondation pour la paix et la réconciliation (Pares) a présenté un rapport intitulé « Les héritiers et héritières de toutes les formes de corruption » dans lequel elle a révélé qu’au moins 108 de ces candidats – 50 au Sénat, 58 à la Chambre des représentants – faisaient l’objet d’enquêtes judiciaires, disciplinaires ou fiscales pour des actes présumés de corruption ou de liens avec des groupes armés illégaux. « Bien que ce pourcentage semble très faible par rapport au nombre total de candidats, les candidats mentionnés sont les plus susceptibles d’être élus », précisait le texte [20].

Au jour dit, 54,5% des personnes disposant du droit de vote s’abstiennent (plus qu’au Venezuela où la droite non démocratique promeut le boycott des scrutins !). Les résultats tombent. Au Sénat, avec 14,52 % des suffrages, le Pacte historique arrive en tête et obtient 16 sièges, faisant jeu égal avec le Parti conservateur et précédant le Parti libéral (15). Jusque-là hégémonique, la droite dure – Centre démocratique, Changement radical et Parti de la U – perd 16 sièges et 1 700 000 voix.

A la Chambre des représentants, la coalition dirigée par Petro obtient 25 sièges, en seconde position derrière le Parti libéral (32), mais au coude-à-coude avec les conservateurs. L’« uribisme » s’effondre en abandonnant 41 sièges (Centre démocratique, 17 ; Changement radical, 14 ; La U, 10). Avec deux représentants, les centristes de la Coalition pour l’Espérance subissent une véritable Bérézina.

Les premiers commentaires enthousiastes fleurissent : «  Le Pacte historique a obtenu les meilleurs résultats du progressisme dans l’histoire de la République ». Ce qui est vrai. Mais encore incomplet… Car, nous l’avons déjà noté, la Colombie demeure la Colombie.

« Ici, l’imagination dépasse tout. Ce qui ne peut se passer nulle part ailleurs se passe ici ! » Conseiller juridique de la campagne présidentielle de Petro, Germán Vargas, représentant de la circonscription de Bogotá à la Chambre, pour le compte du Pôle démocratique, raconte avec le recul l’épisode en souriant. « On s’en est rendu compte le jour même, alors que les élections se terminaient : curieusement, il y avait des endroits ou aucun vote n‘apparaissait en faveur du Pacte historique. C’était absolument impossible ! » Chaque bureau de vote comporte plusieurs tables de vote. Alors que, dans l’ensemble du pays, le Pacte réalise un score historique, dans 29 000 de ces tables, soit 25 % du total, il n’obtient aucune voix. « Dans les villes, dans les campagnes, nos militants et assesseurs se sont répandus partout, comme des langoustes. Ils ont commencé à faire un recomptage et se sont rendus compte qu’il avait de grossières altérations. » Plus de 500 000 voix manquent à l’appel, Petro et son parti ont disparu ! Juristes et avocats montent au créneau. Bien que minimisé par les médias, le scandale éclate. Dirigée par Alexander Vega, la Registraduría (organisme chargé de la logistique des élections) affirme que cette anomalie est liée à la conception d’un imprimé – le formulaire E-14 – et aux « erreurs » commises par les jurys électoraux. Vargas en sursaute encore : « 29 000 tables ! Cela a été fait de façon réitérée, il n’y a pas d’erreurs, c’est intentionnel, l’exemple qu’a donné la Registraduría est honteux. »

La clameur oblige les autorités à réagir. Le Pacte historique récupère finalement 600 000 voix, ce qui lui octroie quatre sénateurs supplémentaires [21]. Dont l’historique pilier de l’Union patriotique (UP) Jahel Quiroga.

Germán Vargas.

Dirigeante de l’association Reiniciar, Quiroga se bat depuis des décennies pour faire reconnaître la responsabilité de l’Etat dans le massacre des militants de l’UP par les paramilitaires, la police politique (DAS) et l’armée, dans les années 1980 [22]. Le 4 mars dernier, la JEP a rendu public les derniers chiffres établis par le juge Gustavo Salazar : 8 300 victimes dont 5 733 assassinés ou disparus. Parmi ces derniers figurent les candidats à la présidence Jaime Pardo Leal et Bernardo Jaramillo, tués respectivement en 1987 et 1990. En octobre 2017, Quiroga a elle-même été menacée de mort dans un pamphlet intitulé « Plan pistolet contre l’Union patriotique » diffusé par les AGC. Longtemps éliminée de la scène politique « faute de combattants », l’UP n’a récupéré son statut légal, grâce à un arrêt du Conseil d’Etat, qu’en 2013.

Bien que surprise par cette élection obtenue lors des « prolongations », Quiroga se réjouit : « C’est une grande satisfaction que de voir l’UP au Sénat, les victimes le prennent ainsi. » Et elle raconte la suite de l’histoire : « Après qu’on ait récupéré les voix qui nous avaient été soustraites avec une mauvaise intention, Uribe, qui sait qu’il a perdu, a protesté, exprimé des doutes sur le processus électoral et réclamé de nouvelles élections ! Comme on dit en Colombie, c’est une « “payasada” – une pitrerie. Heureusement, tous les partis ont été contre, sauf Ingrid Betancourt. Même les libéraux et les conservateurs ont fait le pari de sauver la démocratie. »

Jahel Quiroga.


Une démocratie qui prend eau de toutes parts. Pour la première fois, ce 13 mars, des représentants des victimes du conflit devaient être élus dans seize « circonscriptions spéciales temporaires pour la paix », promises par les accords de La Havane. Une telle élection destinée à donner une représentation aux régions et communautés historiquement les plus frappées par le conflit aurait dû prendre effet en 2018. Par son action au Congrès, l’« uribisme » a réussi à empêcher cette avancée jusqu’à ce que, en août 2020, la Cour constitutionnelle n’ordonne enfin de respecter les engagements pris en 2016 par l’Etat. Les populations ciblées ont été identifiées sur la base de quatre critères : nombre élevé de victimes, fort taux de pauvreté, faiblesse des institutions de l’Etat et présence d’une économie illicite, telle que la culture de coca. La règle : seules les victimes enregistrées peuvent concourir pour ces sièges et les partis politiques ordinaires en sont exclus. Dans ce contexte, 403 personnes se sont présentées pour ces 16 sièges qui, à la Chambre des représentants, seront en place pour deux mandats. Avec, au final… une déception à la hauteur des espoirs entrevus.
« Jamais les ressources prévues ne sont arrivées pour que nous puissions travailler », nous a relaté Irene Ramírez à Barrancabermeja. Que ce soit le long du fleuve Magdalena, dans le Cauca, le Putumayo ou dans le Choco, difficile pour des habitants qui peinent déjà à débourser 16 000 pesos pour parcourir quelques dizaines de kilomètres dans une embarcation ou un car déglingué, de payer 7 000 000 de pesos (1 750 euros) au bureau de la Registraduria pour enregistrer une candidature. Dans ces zones rurales, avec les distances, les mauvais chemins, l’absence d’inscription sur les listes électorales, beaucoup ne voient pas l’utilité d’envoyer à Bogotá un « politique » impuissant à changer le désastre quotidien. Seuls 42,8 % des électeurs autorisés à voter dans ce cadre ont exercé leur droit. Par ailleurs, dans la majorité des cas se répètent les phénomènes déjà connus. Si dans les villes et les métropoles, le progressisme progresse (comme il se doit !), le « campo » demeure soumis aux structures politiques traditionnelles, au clientélisme, aux relations de voisinage – « Je connais Fulano qui connaît Fulano [23] »… Même en milieu urbain, comme à « Barranca », les habitants peuvent très bien choisir Petro pour la présidentielle, mais voter à droite aux élections locales, là où se concentre le pouvoir qui régit leur vie quotidienne.
Pour en revenir à nos seize sièges de victimes, tous attribués en milieu rural, il a fallu aussi compter sur les acteurs armés. « Dans le Magdalena Medio, les paramilitaires ont mis des candidats. L’ELN en a eu aussi. “Votez pour untel” : ils ont fait pression sur les habitants. »

C’est ainsi que, dans la circonscription numéro 12, qui couvre treize « municipios » du Cesar, de La Guajira et du Magdalena, Jorge Rodrigo Tovar, dit « Yoyo », fils du redoutable chef paramilitaire « Jorge 40 », a été « élu » en représentation des victimes. Lorsque, après sa démobilisation, « Jorge 40 » a été soumis au procès dit « Justice et Paix » imaginé par Uribe pour sortir du champ médiatique des criminels devenus trop voyants, il a avoué environ 600 crimes. Puis a été extradé pour « trafic de drogue, en mai 2008, aux Etats-Unis. En 2020, son fils « Yoyo » a été nommé par Duque, au sein du ministère de l’Intérieur, au poste de Coordinateur des victimes du conflit armé. La promotion a déclenché des hurlements : Tovar défend publiquement son père, qu’il considère comme un « prisonnier politique aux Etats-Unis » et un « héros ».
Quelques semaines avant les élections de mars dernier, certains des candidats de la douzième circonscription ont dénoncé l’existence de zones qui leur étaient fermées pour faire campagne, seul le fils de « Jorge 40 » pouvant y accéder. Le 11 mars, dix-huit de ces candidats ont renoncé, estimant insuffisantes les garanties leur permettant de se présenter. Et « Yoyo » a été démocratiquement élu.
Ailleurs, des candidats qui se prétendaient apolitiques ont été promus par des partis. « Ici, rappelle Irene Ramírez, nous avions un candidat, Francisco González. Il a été battu. Le vainqueur, on ne le connaît pas. Il est de Santa Rosa del Sur. Ce qu’on comprend, c’est qu’il disposait de ressources économiques. Les conditions n’ont pas été égales. On n’a pas grand-chose à dire de plus. » Ah, si… « Les principaux vainqueurs, dans ces juridictions, n’ont pas défendu les accords de paix ; ils les ont même attaqués. C’est une réalité. A l’exception de trois ou quatre sièges, le mouvement social a perdu. »

Foin de ces détails, passés inaperçus. Pour la première fois dans l’histoire de la Colombie, notent nombre d’observateurs, les secteurs alternatifs sont la première force au Congrès. De bon augure pour la présidentielle. Soit. Mais, tout de même. La prudence s’impose. Il ne s’agit pas ici de désespérer les Billancourt colombiens, mais de conserver un regard lucide sur la suite possible des événements.
Vingt sénateurs, d’accord, mais sur… 108. Vingt-cinq représentants sur… 188. Le Pacte historique pourra bien sûr compter sur quelques alliés. Les dix représentants et sénateurs des ex-FARC, en vertu des sièges qui leur ont été accordés d’office par les Accords pour les périodes législatives 2018-2022 et 2022-2026. Les vainqueurs des deux circonscriptions spéciales indigènes, qui lui sont acquis. Une poignée de représentants des victimes, comme nous venons de le voir. Et puis ? A la Chambre des représentants la majorité absolue s’établit à 95 sièges ; au Sénat, à 54. Le Pacte historique en est très loin. Même si Petro gagne la présidentielle, les droites conserveront largement le contrôle du Congrès. C’est tout sauf une partie de plaisir qui se profile à l’horizon.

L’étoile d’Álvaro Uribe s’éteint peu à peu. Les poursuites judiciaires le cernent. Pour des accusations de corruption et de subornation de témoins, il risque jusqu’à 12 ans de prison. Enfoncé dans les profondeurs des sondages, son homme lige, Oscar Iván Zuluaga, en a rapidement pris acte et, renonçant à sa candidature, a rallié « Fico » Gutiérrez. Lequel a évité de s’en féliciter trop ouvertement. Il a besoin des voix, mais ne souhaite pas avoir, ce qui serait contre-productif, Uribe à ses côtés sur la photo. D’où un discours tiré au cordeau : « Il y a deux modèles de pays. Je veux un pays qui progresse, pas un pays brisé, dans la misère. Et toi, Petro, tu es Chávez et Maduro. Moi, je ne suis ni Uribe ni Duque. Je suis Fico et je vais être le président des gens. » Belle tentative. Personne n’est dupe. Malgré l’appui de Changement radical, du parti de la U et du Parti conservateur, Gutiérrez ne décolle pas dans les enquêtes d’opinion.

Panique à bord. Une partie de la droite semble tentée de changer son fusil d’épaule. Dans un possible deuxième tour, un candidat jusque-là considéré secondaire, apparait susceptible de rassembler plus facilement les forces conservatrices : Rodolfo Hernández. Riche homme d’affaires, ex-maire de Bucaramanga (500 000 habitants), l’homme a un côté excentrique, voire grossier, et joue à merveille des réseaux sociaux sur lesquels il se positionne dans le registre anti-establishment et anti-corruption [24]. Si l’on considère les sondages (à croire avec modération), Hernández, que rallient en panique de nombreux transfuges de la coalition Centre Espérance, monte en puissance et « pourrait » menacer « Fico ».

Au centre, en effet, un poids écrasant s’abat sur les épaules de Fajardo. Il a beau hausser la voix, ses discours ne portent pas. Son projet politique se résume en quelques mots : « Les changements doivent être modérés », « nous ne pouvons pas sauter dans le vide », « Petro est un populiste et un démagogue ». Fajardo traîne pas mal de casseroles, au demeurant : accusé par la Cour suprême de graves irrégularités dans la gestion de contrats durant son mandat de gouverneur de Medellín, il devrait comparaître en justice courant 2022. Lors de la présidentielle de 2018, ratant de peu le second tour, devancé de 250 000 voix par Petro, Fajardo a appelé à voter « blanc », favorisant ouvertement la victoire de l’extrême droite en la personne de Duque (53 % des voix).En 2021 enfin, s’il a critiqué vertement la brutalité excessive de la répression, il s’est maintenu prudemment à l’écart du mouvement. Interrogé à ce sujet, il s’est contenté de répondre : « Nous (la Coalition de l’espérance) ne sommes pas allés dans les cortèges parce on ne devrait pas y trouver de politiciens ; nous devons interpréter et comprendre qu’il y a un mécontentement face à la politique du pays, mais participer est usurper l’espace d’autres personnes. » Sans faire directement référence à Petro, vu à Bogotá au milieu des protestataires (sans en faire des kilos et en rejetant la violence), il souligna que la présence de politiciens dans les manifestations lui semblait « irresponsable [25] ». Les rebelles d’alors, et en particulier la jeunesse, lui passent la facture aujourd’hui.

Restent, le vent en poupe, Petro et le Pacte historique. De très nombreux Colombiens veulent un changement. Petro sait qu’il lui faut élargir sa base dans l’espoir de gagner au premier tour (hypothèse idéale, mais, sauf grande surprise, assez improbable) ou, dans des conditions plus difficiles, tous ses adversaires faisant bloc, au second. La rumeur a longtemps couru d’une alliance avec le Parti libéral, dépourvu de candidat, à qui serait offerte la vice-présidence. A cet effet, Petro a rencontré le chef de cette formation, César Gaviria. « On veut les ministères de l’Economie et de la Défense », a exigé celui-ci. « Ah oui, les armes et le fric ! », s’est esclaffé Petro. Devant tant d’arrogance, la négociation en est restée la. Fidèle à sa véritable nature, Gaviria a donc annoncé illico qu’il rejoignait Gutiérrez (en 2018, au second tour, il a appuyé Duque). Prenant la décision qui lui fera peut-être gagner l’élection, Petro a du coup choisi pour vice-présidente Francia Márquez, la dirigeante éco-féministe noire qui, par sa spectaculaire irruption lors des primaires, a étonné la Colombie. « En terme électoral, c’est un bon choix, analyse David Moreno, conseiller de la sénatrice Sandra Ramírez (Comunes)  ; au lieu d’offrir cet espace à la droite, Petro fait le pari d’une femme qui impacte fortement l’opinion publique par ses origines et ses prises de positions radicales. » De fait, là où l’hypothèse Gaviria suscitait de vives réticences au sein du Pacte historique, « Francia » provoque l’enthousiasme dans les milieux populaires. « Petro et elle, c’est la formule parfaite pour tout ce dont nous avons besoin, aussi bien dans notre région que dans toute la Colombie », pouvons-nous entendre à Yondo et, sous d’autres formes, mais dans le même esprit, à Bogotá ou dans le département d’Arauca.

L’ACVC à Caño Blanco : les difficultés quotidiennes et l’âpreté de la lutte n’empêchent pas la bonne humeur.

La tension marque la fin de campagne. La droite se sait le dos au mur. Les signes de raidissement et de nervosité se multiplient. Le 10 mai, provoquant la stupeur, la procureure générale Margarita Cabello (ex-ministre de la Justice de Duque) suspend de ses fonctions, par un communiqué envoyé aux médias, sans comparution ni droit à la défense, le maire indépendant de Medellín, Daniel Quintero. Il lui est reproché une brève déclaration supposée « appuyer » la candidature de Petro. La Constitution colombienne interdit (assez curieusement) aux fonctionnaires publics et aux élus de s’ingérer dans la vie politique. En fait, il semble que tout le monde ne soit pas au courant. Duque lui-même multiplie les déclarations contre le leader du Pacte historique. Par ses insultes et ses menaces, le commandant en chef de l’armée, le général Enrique Zapateiro, ne se prive pas de faire la même chose, violant autrement plus sérieusement les articles 127 et 219 de la Constitution. La procureure générale ne semble pas le remarquer. Plutôt que de nommer pour l’intérim à Medellín un proche du maire défenestré, Duque a désigné à sa place Juan Camilo Restrepo Gómez, un fonctionnaire de son gouvernement. Difficile de ne pas faire le rapprochement avec la destitution par le procureur d’extrême droite Alejandro Ordoñez, pour, « erreurs administratives », le 9 décembre 2013, de Gustavo Petro, alors maire de Bogotá. Ce dernier se vit infliger une interdiction d’exercer toute fonction publique pendant une durée de quinze ans. Il lui fallut attendre le 23 avril 2014 pour que la justice mette un terme à cette tentative d’évincement de la vie politique et le rétablisse dans ses fonctions.

Les plus de 500 000 voix égarées des législatives ont laissé des traces. « On demande que soit suspendu le “registrador” [directeur de la « Registraduria »], nous déclarait Germán Vargas le 22 avril dernier. Des actions juridiques sont en cours pour le séparer de la fonction, car il ne jouit d’aucune crédibilité. » Nulle réaction des autorités compétentes, justifiant une autre affirmation de Vargas : « La concentration du pouvoir est totale. La Fiscalía, la Controlaría, la Registraduría, la Procuraduría, la Defensoría sont entre les mains du gouvernement » [26]. Silence total, donc, jusqu’au 17 mai, quand le conservateur Juan Diego Gómez, président du Sénat, demande qu’Alexander Vega soit destitué de sa fonction pour avoir altéré les résultats des législatives en faveur… du Pacte historique ! Dès le lendemain, le Ministère public ouvre une enquête préliminaire contre Vega. A onze jours de la présidentielle, que celui-ci est censé organiser ! L’annonce provoque l’effroi – peut-être même un début de paranoïa (qui s’apparente souvent à de la clairvoyance en Colombie). Petro monte au créneau : « J’appelle toutes les campagnes concurrentes, celle de Sergio Fajardo, celle de Rodolfo Hernández, à être vigilantes et à se réunir lundi parce que, mardi 24, ils ont l’intention de porter un coup aux élections du 29 mai. Ils prévoient de les suspendre et de suspendre les organes qui régissent le processus électoral en Colombie. » En d’autres termes, un coup d’Etat.
Le pouvoir s’insurge, multiplie les démentis. Les élections auront bien lieu, et dans des conditions exemplaires. A condition, bien sûr, de ne pas se montrer trop regardant.

A cinq jours du premier tour – cinq jours ! –, le directeur du Conseil national électoral (CNE), Luis Guillermo Pérez, informe que, par manque de temps et de prestataire, il n’a pas été possible de procéder à l’audit international du software du logiciel qui sera utilisé pour le décompte du scrutin. Il y avait bien une offre de l’entreprise Datasys, « mais il y a une série d’exigences légales et ils ne les ont pas respectées ». Bien entendu, précisent les autorités, un tel audit aurait permis la tranquillité d’esprit, mais « la transparence de l’élection n’est pas en danger », assurée qu’elle sera « par les témoins électoraux et les autres entités territoriales ». Tout va bien, fermez le ban (qu’on imagine la même situation au Venezuela !).

Puisqu’on parle du Venezuela… Habituellement plus prolixes, les Etats-Unis se montrent particulièrement discrets. Washington se contente de ligoter le prochain gouvernement. Après avoir fait de la Colombie un « partenaire global » de l’Organisation de l’Atlantique nord (OTAN) [27], le président Joe Biden a désigné le 24 mai la Colombie comme « principal allié des Etats-Unis non membre de l’OTAN ». Les deux formulations peuvent sembler contradictoires, elles ne le sont pas : tout en permettant une interopérabilité poussée des armées, le statut de « partenaire global » n’accorde pas les garanties de sécurité dont bénéficient les membres à part entière du bloc militaire. En tout cas, avec un tel blindage, bon courage à qui vaudrait remettre en cause la permanence des sept bases militaires utilisées par les Etats-Unis en Colombie. Pour bien marquer son appartenance au « camp du bien », Bogotá vient d’annoncer l’envoi d’une escouade de ses militaires en Ukraine. De son côté, l’ambassadeur de Washington en Colombie, Philippe Goldberg (expulsé de Bolivie par Evo Morales en septembre 2008 pour son ingérence dans la vie politique du pays) a enfin réussi à se faire remarquer : le 15 mai, s’attirant une réaction vigoureuse de Francia Márquez, il affirmé détenir des informations « sur un éventuel financement et une intervention éventuelle des gouvernements de la Russie et du Venezuela dans les élections en Colombie ».

La campagne se termine. Insultes, calomnies. Francia Márquez reçoit des menaces de mort. Après avoir suspendu quelques jours sa campagne, Petro ne s’exprime plus en public que derrière une haie de boucliers blindés. Le Pacte historique l’emportera le 29, c’est certain. Si un deuxième tour s’avère nécessaire, la victoire sera plus incertaine. Classes supérieure et même moyenne, « les gens » protègent leurs biens, leurs intérêts économiques. La droite pilonne : « Si Petro gagne, il y aura des expropriations, des spoliations. » « Si Petro l’emporte, la Colombie deviendra un nouveau Venezuela. » Chez les centristes, les dirigeants qui ne gagnent pas se vendent assez facilement. « Ils se disent du centre, maugrée Germán Vargas, mais basculent là où il y a des prébendes. » Nul ne sait de quel côté leurs électeurs tomberont. En toute hypothèse, ils se diviseront. Après la décision de Gaviria de soutenir Gutiérrez, le Parti libéral s’est cassé – une partie de la base soutient Petro. Une victoire au second tour n’est donc nullement impossible, compte tenu de la dynamique et des attentes du moment.

1er mai à Bogotá : la base du Parti libéral avec Petro.

Restera dans ce cas pour le Pacte historique à gérer la victoire et à gouverner. Sur l’enthousiasme manifesté par ceux et celles qui souhaitent le changement flotte une crainte perceptible. La tâche sera ardue. A commencer par la gestion des Forces armées. Sous la férule d’Uribe et de Duque, celles-ci ont été politisées comme jamais. Sombre bilan. En février, le général Jorge Hernando Herrera Díaz, commandant de la septième division, a été destitué, pour ses liens avérés avec les narco-paramilitaires « Los Pocillos ». Cinq autres généraux et colonels ont été condamnés. Les 26 et 27 avril, lors d’une audience historique, dix militaires à la retraite, dont un général et quatre colonels, ainsi qu’un civil, ont reconnu leur responsabilité dans l’assassinat de pauvres hères qu’ils faisaient passer pour des guérilleros morts au combat – les « faux positifs » (6 402 en tout, d’après la JEP). Déjà sur la défensive, montrés du doigt, nombre d’officiers supérieurs vivront mal de ne plus être protégés par un pouvoir passablement complice et, qui plus est, d’avoir comme commandant en chef un… ex-guérillero. Uribe a ses fanatiques dans l’institution. Petro envisage une réforme de la doctrine militaire – doctrine de la « sécurité nationale » et de l’ « ennemi interne » toujours en vigueur dans le pays. « Certes, la Constitution colombienne dit que les Forces armées sont soumises au pouvoir civil, rit David Moreno, mais le pouvoir civil auquel elles se soumettent est celui des Etats-Unis ! »

Militaire ou civil, l’« uribisme » a beaucoup à perdre. Il ne va pas partir sans résister. Dans le Magdalena Medio, dans le Cauca, sur les terres particulièrement violentes de l’Arauca [sujet d’un prochain article], en gros dans le « campo », les militants et sympathisants de gauche souhaitent la victoire et se battent pour l‘obtenir, mais tous expriment la même idée : « Si Petro gagne, préparons-nous au pire, l’extrême droite va se déchainer. » A cet égard, un fait récent a commotionné les campagnes. Le 5 mai, suite à l’extradition de leur chef « Otoniel », les paramilitaires des AGC se sont déchainés. Pendant quatre jours, un « paro armado » (par la menace, confinement et arrêt des activités) a paralysé une centaine de « municipios », dans dix départements – Antioquia, Bolivar, Magdalena et Magdalena Medio, Sucre, Santander, Córdoba, Choco, etc. –, imposé d’une poigne de fer et avec une violence extrême aux populations. Six morts, près de deux cents véhicules détruits (la plupart brûlés) ont payé leur non respect des consignes. La Police nationale a annoncé avoir détenu 92 personnes à cette occasion. Toutefois, il n’échappé à personne que les AGC ont désormais la capacité de contrôler de vastes zones du pays et que la police et l’armée, si promptes à réprimer les manifestations populaires, n’a en réalité déployé aucune opération d’envergure pour affronter ces hordes de « paracos ». De quoi, à juste titre, inquiéter les communautés.

Soleny Torres, ex-guérillera des FARC dans l’Espace territorial de formation et réinsertion (ETCR) de Poblado Villapaz (département d’Arauca) : « Le destin de la Colombie ne peut pas être la guerre ».

Paradoxe… En ville, c’est une autre partie de la population qui a peur, celle qui a voté Duque en 2018 parce qu’une arrivée de Petro la terrorisait : « Si la gauche gagne, elle va vouloir se venger ! »
A en croire la tonalité générale et le discours des intéressés, il n’en est rien. Même les ex-guérilleros rencontrés à Bogotá, dans le Magdalena Medio et en Arauca se battent essentiellement et avant tout pour une mise en œuvre intégrale des accords de paix. Et partout, dans les quartiers aux murs proprets, à la frange des villes, dans les baraques de planches vermoulues et les cabanes en papier goudronné, dans la lumière qui escalade les collines, dans les Andes et au bord de la Caraïbe, dans l’ensemble du pays, flottent un espoir, une mélopée, une consigne : « Pour que la Colombie change, c’est maintenant ou jamais. »

Photos : Maurice Lemoine

[1] « Municipio »  : municipalité, parfois très étendue en milieu rural. « Vereda »  : subdivision rurale du « municipio », comprenant parfois un centre micro-urbain (entre 50 et 1000 habitants) établi le long d’une voie de communication secondaire.

[2] « Nos quisieron acabar », Barrancabermeja, avril 2021.

[3] Sous la présidence d’Álvaro Uribe, dont Juan Manuel Santos était ministre de la Défense, meurtres de civils par des membres des Forces armées, dans le but de les faire passer pour des guérilleros morts au combat.

[4] Viandes grillées au feu de bois.

[5https://viacampesina.org/fr/colombie-peu-de-progres-quant-a-limplementation-de-laccord-de-paix/

[6] Lire « Guerre totale contre le mouvement social » (22 mai 2021) – https://www.medelu.org/Guerre-totale-contre-le-mouvement-social

[7] Fondée en 1967 par une scission maoïste du Parti communiste colombien (PCC), l’EPL s’est en grande partie démobilisée en 1991.

[8] Corporación Viso Mutop, Asociación Minga, Programa Somos Defensores, « La Sustitución Voluntaria Siembra Paz », avril 2021.

[9] Les Zones de réserve paysanne (ZRP) trouvent leurs origines dans la loi 160 de 1994, qui vise officiellement l’aménagement du territoire via la réglementation des zones agricoles. Ce sont des espaces gérés en majorité par des paysans qui décident de la gestion de la terre et d’un plan de développement durable associé à celle-ci.

[10] Hameaux.

[11https://prensarural.org/spip/spip.php?article28050

[12] L’accord a instauré la mise en place d’un système intégral de justice et de réparation, composé de trois instances : la Commission de la Vérité, chargée de faire la lumière sur les crimes commis et les dynamiques profondes du conflit ; la Juridiction spéciale pour la paix, responsable d’enquêter et de sanctionner les responsables ; l’Unité de recherche des personnes disparues, chargée d’enquêter et de retrouver les corps des plus de 80 000 victimes de disparitions forcées.

[13https://www.elespectador.com/judicial/de-nuevo-la-dijin-impide-que-otoniel-hable-ante-la-jep/

[14] La justice colombienne évalue à environ 150 000 morts l’action des AUC et des groupes paramilitaires qui les ont précédés.

[15] Noguera a également été condamné à 6 ans de prison en 2017 pour avoir utilisé le DAS afin de persécuter des journalistes, des dirigeants syndicaux, des politiciens et des magistrats opposés à Álvaro Uribe.

[16] Agé de 58 ans, Salvatore Mancuso était l’un des principaux chefs des paramilitaires des Autodéfenses unies de Colombie (AUC). Officiellement démobilisée en 2006 sous la présidence d’Álvaro Uribe, il a été extradé vers les Etats-Unis par ce dernier pour éviter les révélations compromettantes sur la classe politique en général et son entourage en particulier. Condamné à 15 ans et huit mois de prison, peine ensuite réduite pour « bonne conduite », Mancuso a théoriquement fini de purger sa peine en avril 2020, mais il demeure incarcéré.

[17] Lire « La Colombie au temps du choléra » (24 mars 2020) – https://www.medelu.org/La-Colombie-aux-temps-du-cholera

[18] Lui aussi durement réprimé, un premier mouvement social, en 2019, s’était soldé par 27 morts, 3 649 blessés, 22 000 arrestations.

[19] Petit chausson farci de viande, de poisson, d’œuf, de pomme de terre ou d’autres ingrédients.

[20https://www.reporterosasociados.com.co/2021/12/cerca-de-100-candidatos-al-congreso-son-investigados-por-la-justicia/

[21] Ce qui en fait perdre un au Parti conservateur, un à l’Alliance verte et deux au Centre démocratique.

[22] De sensibilité communiste, l’UP est née lors d’une tentative de processus de paix entre les FARC et le président Belisario Betancur (1982-86).

[23] Fulano : Untel, Machin.

[24] Tout en dirigeant sa Ligue des gouvernants anticorruption, Hernandez est poursuivi pour un cas de… corruption. Lorsqu’il était maire de Bucaramanga, il aurait signé un contrat favorisant une firme, Vitalogic, liée à son fils.

[25https://www.infobae.com/america/colombia/2021/05/22/sergio-fajardo-explica-por-que-no-ha-estado-en-las-marchas-y-habla-de-su-posicion-en-las-encuestas/

[26] Fiscalía  : parquet général ; Controlaría  : contrôle comptable de l’ensemble du fonctionnement financier de l’Etat et des collectivités territoriales ; Registraduría  : distinct du Conseil national électoral (CNE), organisme chargé de la logistique des élections ; Procuraduría  : organisme chargé de surveiller le comportement de l’administration et des fonctionnaires ; Defensoría  :bureau du défenseur des droits humains.

[27] Lire « OTAN, suspends ton vol » (14 mars 2022) – https://www.medelu.org/OTAN-suspends-ton-vol

Source : https://www.medelu.org/En-Colombie-c-est-maintenant-ou-jamais

https://venezuelainfos.wordpress.com/2022/05/26/en-colombie-cest-maintenant-ou-jamais-par-maurice-lemoine/

 

Dans Colombie

L'AVENIR DE LA COLOMBIE COMMENCE A SE DEFINIR APRES LE VOTE DES COLOMBIENS A L'ETRANGER

Par Le 24/05/2022

23 Mai 2022

 

Bogota, 23 mai (Prensa Latina) L'avenir de la Colombie commence à se définir après le vote des Colombiens vivant à l'étranger qui, lors des élections législatives du 13 mars dernier, ont opté pour le Pacte historique.

En somme, 39 972 764 Colombiens peuvent aller voter dans 67 bureaux consulaires et 1 343 bureaux de vote pour choisir le nouveau président du pays.

Le vote se poursuivra jusqu'à dimanche, date à laquelle les élections auront lieu dans le pays. Le sénateur de Colombia Humana et leader du Pacte historique, Gustavo Petro, figure comme le favori.

Les élections présidentielles colombiennes se déroulent dans un contexte marqué par les mobilisations anti-gouvernementales de 2021, menées par des millions de Colombiens, y compris ceux issus des secteurs de la classe moyenne.

Ce sursaut social, considéré comme le plus important de ces 70 dernières années, s'est produit en pleine pandémie de Covid-19, une situation qui a entraîné des pénuries, des souffrances dues à la perte de vies humaines et à l'enfermement.

Pour faire face aux manifestants, les autorités du pays ont eu recours à la répression, faisant une centaine de morts, de blessés, de tortures, de disparitions, de blessures aux yeux et d'agressions sexuelles, des faits documentés par des organisations de défense des droits de l'homme comme l'Institut d’études pour le développent et la paix, entre autres.

À ce panorama s'ajoutent les massacres, les assassinats de leaders sociaux et d'ex-guérilleros réinsérés dans la vie civile, mettant en péril la mise en pratique de l'accord de paix.

Dans des déclarations à Prensa Latina, le sénateur Iván Cepeda du Polo Democrático Alternativo (Pôle démocratique alternatif),  réélu pour le Pacte historique, a affirmé qu'il s'attendait à "un triomphe retentissant".

"Nous devons amener les gens aux urnes dimanche prochain tôt le matin et contrôler les scrutins, surveiller chaque vote pour que nous puissions triompher au premier tour", a déclaré l'éminent politicien colombien.

À propos de ce processus, Alirio Uribe, représentant élu à la Chambre des députés de Bogotá également pour le Pacte historique, une coalition composée des secteurs sociaux et politiques les plus divers, a exprimé son optimisme et en même temps son inquiétude.

"Tout indique que nous pouvons gagner au premier tour, nous ne sommes qu'à quelques points d'avoir la moitié plus un des voix. A Bogotá, nous avons 55% des voix, donc tout est prêt pour le 29".

Toutefois, il a déclaré sa crainte par rapport à la plausible victoire au premier tour : "les Uribistas (partisans de l'ancien président Álvaro Uribe) disent soudainement que nous avons fraudé et c'est pourquoi nous demandons la prise de décision".

Lors de la grande cérémonie de clôture de la campagne qui s'est tenue dimanche soir sur la Plaza de Bolivar de cette capitale, des dizaines de personnes se sont approchées de Prensa Latina pour adresser leur ravissement, sûrs qu'un changement en Colombie allait être exprimé dans les urnes dimanche prochain.

Ils ont dit qu'ils en avaient assez de la mort et de l'insécurité, de la misère, de la faim et de la malnutrition, comme c'est le cas des centaines d'enfants à La Guajira.

Six candidats restent dans la course électorale et Petro consolide sa position de vainqueur de ce processus moyennant une large avance sur ses plus proches rivaux, selon les sondages.

En ce sens, les secteurs alternatifs, de gauche et progressistes en général sont à un pas de gouverner ce pays d'Amérique du Sud pour la première fois.

Selon le recensement électoral, 39 millions 2 239 Colombiens peuvent voter dans les 12 263 bureaux de vote installés dans tout le pays, dont 5 174 dans les zones urbaines et 7 89 dans les zones rurales.

Lors des élections prévues dimanche prochain, les électeurs choisiront le président et le vice-président du pays pour la période 2022-2026.

Le ticket gagnant doit obtenir la moitié plus un du total des votes valides, sinon un second tour sera organisé le 19 juin entre les deux candidats ayant obtenu le plus grand nombre de voix. Le vainqueur de ces élections décisives gouvernera pour une période de quatre ans sans droit de réélection.

jcc/mv/otf

source:https://frances.prensa-latina.cu/index.php?option=com_content&view=article&id=889243:lavenir-de-la-colombie-a-quelques-pas-detre-defini&opcion=pl-ver-noticia&catid=99&Itemid=101

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Dans Colombie

COLOMBIE : GUSTAVO PETRO MAINTIENT SON AVANCE SUR LES AUTRES CANDIDATS A L’ELECTION PRESIDENTIELLE

Par Le 23/05/2022

22 Mai 2022

Gustavo Petro maintient son avance sur les autres candidats à l'élection présidentielle en Colombie.
Édité par Lorena Viñas Rodríguez
2022-05-22 09:25:29

      

Le candidat à la présidence de la Colombie pour la coalition du Pacte historique, Gustavo Petro.

Bogota, 22 mai (RHC) Le candidat présidentiel colombien de la coalition du Pacte historique, Gustavo Petro, maintient son avance sur les autres candidats à un peu plus d'une semaine des élections, selon un sondage du Centre stratégique de géopolitique d'Amérique latine.

Selon l'étude, M. Petro recueille 48 % des intentions de vote, et lorsqu'on lui demande qui, selon les gens, sera le prochain président, 53,2 % répondent qu'il sera le candidat des forces alternatives, progressistes et de gauche en Colombie.

Les groupes en lice dans cette course électorale organisent des événements de clôture de campagne ce week-end, avant les élections du 29 mai.

Le Pacte historique se réunira aujourd'hui sur la Plaza de Bolívar, au centre de Bogota, où l'on s'attend à une forte participation, comme c'est le cas pour tous les événements de sa campagne (Source : Radio Reloj).

source : https://www.radiohc.cu/noticias/internacionales/288514-gustavo-petro-mantiene-ventaja-frente-al-resto-de-los-aspirantes-a-la-presidencia-de-colombia

Tag(s) : #Petro#Colombie#Elections

Dans Colombie

ELECTIONS PRESIDENTIELLES DU 29 MAI EN COLOMBIE : ANGELA DAVIS ET DILMA ROUSSEFF SOUTIENNENT FRANCIA MARQUEZ

Par Le 22/05/2022

22 Mai 2022

Angela Davis et Dilma Rousseff soutiennent Francia Márquez en Colombie

Bogotá, 22 mai (Prensa Latina) La légendaire militante américaine Angela Davis et l'ancienne présidente brésilienne Dilma Rousseff ont exprimé leur soutien à Francia Márquez, colistière du candidat présidentiel Gustavo Petro, le favori pour remporter les élections en Colombie.
22 mai 2022
CDT00:55 (GMT) -0400
https://www.facebook.com/odalys.troya/videos/5404047442948263

Lors d'une cérémonie de clôture de la campagne, deux vidéos ont été projetées dans lesquelles de célèbres femmes défenseurs des droits humains ont exprimé leur soutien à Francia à l'approche des élections du dimanche 29.

" Francia Márquez a été à l'avant-garde des luttes environnementales, des luttes contre le racisme et la misogynie, des luttes contre la pauvreté (...). Ainsi, au nom de tous ceux d'entre nous qui, ici en Amérique du Nord, défendent la paix, la justice et la liberté, je vous adresse un salut chaleureux France, ma sœur, mon amie", a-t-elle déclaré.

"D'ici, nous vous félicitons pour tous vos succès phénoménaux du passé et pour les nombreuses victoires à venir", a souligné Agela Davis.

L'ancienne présidente Dilma Rousseff a également exprimé son soutien à Francia Márquez "la première femme afro qui accompagnera Gustavo Petro pour gouverner pour et par les femmes, pour les mères chefs de famille, pour les défenseurs de l'environnement, pour toute la Colombie qui "vivra savoureusement les quatre prochaines années".

Ce samedi, des milliers de personnes ont accompagné Francia lors d'une cérémonie de clôture de la campagne dans le Parque de los Periodistas de la capitale.

Au milieu de son discours, la police, des agents de l'Unité de protection nationale et la garde rapprochée de la candidate à la vice-présidence l'ont fait descendre de l'estrade et l'ont entourée de boucliers de protection parce qu'ils pointaient sur elle une lumière laser depuis un bâtiment voisin.

"Ils ne passeront pas, nous allons libérer notre peuple", a crié Francia alors qu'ils la protégeaient et la faisaient sortir de la scène.

Le ticket du Pacte historique de Gustavo Petro et Francia Márquez est le favori pour remporter les élections en Colombie le dimanche 29, selon tous les sondages.

Tous deux ont fait l'objet de menaces contre leur vie plus d'une fois pendant ce processus électoral, et dans le cas de Francia, en plus d'actions racistes, sexistes et dégradantes.

"Pendant la commémoration du #DiaDeLaAfrocolombianidad, ils ont voulu m'intimider en pointant un laser sur moi depuis un bâtiment voisin. ils ne nous feront pas taire ! Notre combat est et a toujours été contre tous les types de violence qui cherchent à semer la peur. La paix vaincra !" a-t-il déclaré sur son compte Twitter après l'incident survenu lors de la cérémonie de clôture de la campagne.


mem/otf

 

source : https://www.prensa-latina.cu/2022/05/22/angela-davis-y-dilma-rousseff-apoyan-a-francia-marquez-de-colombia

Tag(s) : #Colombie#Rousseff#AngelaDavis

Dans Colombie

COLOMBIE : 3 QUESTIONS A CAMILA ANDREA GALINDO SUR LES PRESIDENTIELLES DU 29 MAI PROCHAIN

Par Le 16/05/2022

3 questions à Camila Andrea Galindo sur les élections en Colombie

 

16 Mai 2022

  

A quelques jours des élections présidentielles prévues le 29 mai, la tension est palpable en Colombie où la gauche a rarement été si proche de l’emporter. Les sympathisants de Gustavo Petro, le candidat de la gauche, sont partagés entre l’enthousiasme et la peur alors que leur candidat est menacé de mort. Face à une possible victoire de la gauche, la droite le plus féroce d’Amérique Latine ne ménage pas ses efforts pour empêcher toute dynamique populaire et sociale.

Daniel Mendoza Leal, avocat et journaliste réfugié en France, appelle la France à protéger le candidat à la présidence Gustavo Petro. La Colombie est-elle vraiment sous la menace d’un coup d’État ?

Je crois que nous sommes sous la menace d’un coup d’État, qui s’est aggravée ces dernières semaines, et qui est devenue évidente dans le contexte de la grève armée des Autodefensas Gaitanistas de Colombia et du Clan del Golfo. Il est nécessaire de démontrer que ces groupes armés répondent à la logique des groupes paramilitaires, et que leur persistance et leur renforcement dans les territoires est une conséquence du non-respect de l’Accord de Paix. Dans le scénario de la grève armée, on peut entrevoir la collusion entre les forces de sécurité et ces groupes paramilitaires, ainsi que la stratégie dite du « coup d’état sec », qui consiste en l’absence totale de réponse des forces militaires face aux actions de ces groupes. De même, on craint une attaque violente contre Gustavo Petro, ainsi qu’une tentative de fraude électorale par la manipulation des résultats dans les urnes, comme cela a été le cas lors des dernières élections législatives.

 Dans le même temps, un tribunal de Bogota a acté  fin avril le jugement de l’ancien président et chef du parti au pouvoir Álvaro Uribe, pour accusations de corruption et de subornation de témoins. Y a-t-il une réelle chance qu’il soit jugé, étant donné le pouvoir qu’il a gardé?

En effet, l’ancien président Uribe s’est distingué par l’influence qu’il exerce. Il a également organisé une cooptation des organes de justice et de contrôle par le parti au pouvoir, qui est le parti dirigé par l’ancien président Uribe. Malgré tout je crois que les Colombiens ont encore confiance dans le fait qu’il sera jugé dans le cadre d’un processus qui, bien qu’il y ait eu des tentatives de le paralyser et même de l’abandonner, sera maintenu.

 

Quelle est la situation concernant les accords de paix ? Il semble que la droite tente de pourrir la situation d’une manière démesurée. Quels sont les intérêts étrangers dans le pourrissement de cette situation ?

Le gouvernement d’Iván Duque et son parti au pouvoir ont mis en œuvre une stratégie consistant à simuler la mise en œuvre de l’accord de paix face à la coopération internationale et aux pays garants de l’accord. Les progrès dans la mise en œuvre de l’accord sont minimes, et le gouvernement a même utilisé des ressources destinées à l’accord de paix pour aggraver le conflit, comme il l’a fait avec les soi-disant « zones d’avenir » qui font partie de son plan gouvernemental de « paix dans la légalité », qui n’est rien d’autre que la militarisation accrue des territoires et la persécution militaire du mouvement social. C’est précisément dans plusieurs de ces « zones d’avenir » où la présence militaire a été renforcée que les cas d’assassinats de dirigeants et de défenseurs des droits de l’homme, ainsi que les massacres, se sont multipliés. De même, les derniers mois de ce scénario électoral ont vu une recrudescence de la violence, encore plus importante que celle vécue pendant le mandat de l’actuel gouvernement.

https://www.investigaction.net/fr/3-questions-a-camila-andrea-galindo-sur-les-elections-en-colombie/

Dans Colombie

UN VENT DE CHANGEMENT EN COLOMBIE

Par Le 09/05/2022

8 Mai 2022

 

6 MAI 2022  PROCESSUS DE PAIX EN COLOMBIESOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE

Les élections du Congrès et le référendum présidentiel du 13 mars ont donné la victoire à la coalition de centre-gauche Pacto Histórico, qui a obtenu le plus grand nombre de voix pour les chambres haute et basse du corps législatif. Pour la première fois dans l’histoire de la Colombie, les secteurs alternatifs sont la première force au Congrès.

Ces élections avaient pour but d’élire le Congrès pour le mandat 2022-2026 et d’organiser les consultations qui définiront les candidats à la présidence des trois coalitions concurrentes. La journée n’a pas été exempte de difficultés, telles que des défaillances dans le site web du bureau national de l’état civil, des accusations de possible corruption électorale dans 8 départements du pays et des actions de groupes armés illégaux visant à limiter le droit de vote dans les régions de Catatumbo et des Caraïbes.

Le taux d’abstention des électeurs est resté dans la moyenne historique, qui fluctue entre 50 et 60 %. Dans le cas de ces élections législatives, seulement 45% des personnes ayant le droit de vote ont exercé leur droit. Malgré le maintien du taux d’abstention, les résultats du dépouillement du scrutin indiquent un nouveau moment politique dans le pays.

L’uribisme, au pouvoir depuis 20 ans, est en crise. Son parti politique, le Centre démocratique, a subi un effondrement au Congrès, perdant cinq sièges au Sénat et 17 à la Chambre des représentants. Des facteurs tels que le discrédit des forces de sécurité, les 73% de désapprobation du gouvernement Duque et la perte de la figure d’Álvaro Uribe, désormais plongé dans des procédures judiciaires, ont contribué au déclin de l’uribisme.

Dans le même temps, les secteurs alternatifs progressent dans les arènes de représentation. Le Pacte historique de convergence s’est positionné comme la première force politique au Congrès, remportant 31 sièges à la Chambre des représentants et 20 au Sénat. Cette victoire a été possible grâce au contrôle du dépouillement des votes par des milliers de bénévoles, tâche dont dépendait la reconnaissance de près de 400 000 votes non enregistrés en faveur du parti.

Les résultats de ces élections sont révélateurs d’un changement culturel en Colombie. Francia Márquez, une femme noire militant pour l’environnement, a obtenu le deuxième plus grand nombre de voix lors des consultations présidentielles (après Gustavo Petro), battant les candidats des partis traditionnels soutenus par des machines politiques. Il convient également de noter que le Congrès élu compte la plus forte proportion de femmes de l’histoire (30 %) et que, pour la première fois, une femme palenquera[1] a obtenu un siège à l’assemblée législative.

Pour la première fois dans l’histoire du pays, la course présidentielle a des chances d’être remportée par un candidat ayant des sympathies pour la gauche. Le favori des sondages est Gustavo Petro, avec 37 % des voix, soit douze points d’avance sur le deuxième candidat le plus probable, Federico Gutiérrez, de la coalition de droite “Equipo por Colombia”.

Le premier tour des élections présidentielles aura lieu le 29 mai. Pour être élu président, un candidat doit obtenir la moitié plus un du total des voix ; si aucun candidat n’atteint cette majorité, un second tour sera organisé entre les deux candidats ayant obtenu le plus grand nombre de voix le 19 juin. Aujourd’hui, les forces progressistes resserrent les rangs dans la campagne de Gustavo Petro pour remporter la présidence au premier tour, autrement il sera difficile de battre la droite en bloc au second tour.

[1]Les communautés palenqueras sont les descendants de personnes réduites en esclavage qui, depuis le 15e siècle, se sont rebellées et ont fondé des territoires qu’elles ont appelés palenques, où elles s’organisent pour vivre de manière indépendante.

Texte : Cloc Colombia
Photo : Gustavo Petro et Francia Márquez par @ecoaneko

source : https://viacampesina.org/fr/elections-2022-un-vent-de-changement-en-colombie/

Tag(s) : #Colombie#Elections#ViaCampesina

Dans Colombie

LES MENACES SUR PETRO, RIEN DE NOUVEAU DANS L'HISTOIRE DE LA COLOMBIE

Par Le 05/05/2022

5 Mai 2022

Mercredi 4 mai 2022
Les menaces sur Petro, rien de nouveau dans l'histoire de la Colombie


Bogotá - Plusieurs politiciens ayant une chance de devenir président de la Colombie ont été assassinés au fil des ans, et maintenant le candidat du Pacte historique, Gustavo Petro, est la cible de menaces.

La mort de Jorge Eliecer Gaitán, Luis Carlos Galán, Álvaro Gómez Hurtado, Bernardo Jaramillo Ossa, Jaime Pardo Leal et Carlos Pizarro Leongómez, aux mains des mafias liées au trafic de drogue, des paramilitaires et des alliances de secteurs politiques et de fonctionnaires de l'État, révèle une histoire sanglante de la politique colombienne.

M. Petro devait visiter plusieurs départements de l'Eje Cafetero ce mardi et mercredi dans le cadre de sa campagne électorale, mais il a annulé sa visite après avoir reçu des menaces du groupe criminel La Cordillera.

"Selon le travail effectué par l'équipe de sécurité, qui a reçu des informations de première main de sources dans la région, le groupe criminel 'La Cordillera' planifie un attentat contre la vie de Petro", a déclaré un communiqué publié par son bureau.

Il a souligné qu'il s'agit d'une organisation paramilitaire dédiée au trafic de drogue et à l'assassinat à gage qui a atteint un contrôle étendu sur les autorités civiles régionales et les politiciens de l'Eje Cafetero, certaines forces de police et l'armée, puisque certains de ses membres participent à cette organisation criminelle.

Le communiqué souligne que ces informations ont été vérifiées par l'équipe d'analyse et d'investigation de la campagne "Petro Presidente", qui a eu accès à des sources très crédibles et à certains membres des forces de police.

Ce dernier a déclaré qu'un membre de la Direction des enquêtes judiciaires qui avait participé à l'assassinat du leader de la jeunesse Lucas Villa faisait également partie du plan criminel.

Selon les enquêtes, La Cordillera est un groupe armé illégal à l'origine de la mort de Lucas Villa, un jeune militant tué de cinq balles en 2021 dans le cadre des manifestations antigouvernementales de la Grève nationale.

Ce groupe armé illégal est né après la démobilisation du Bloc Bolivar Central des Forces unies d'autodéfense de Colombie, une organisation paramilitaire, terroriste, narcotrafiquante et contre-insurrectionnelle d'extrême droite qui a participé au conflit armé interne dans ce pays.

Carlos Mario Jiménez, alias Macaco, a été le fondateur de La Cordillera. Depuis sa capture puis son extradition en 2008 aux États-Unis, plusieurs dirigeants se sont disputés le commandement de cette structure.

Le journal El Colombiano rapporte que La Cordillera est particulièrement active dans les départements de Risaralda, Caldas et Quindío, et les autorités ont détecté leurs actions dans les zones côtières, comme Bolívar, pour envoyer des substances illicites aux États-Unis et dans d'autres pays.

Il ajoute qu'en principe, La Cordillera se consacre à l'extorsion, au trafic de drogue et aux assassinats. Dans certains cas, lorsque le Clan du Golfe a besoin de mener une opération dans l'Eje Cafetero, il engage ce groupe pour étendre ses tentacules à cette partie du pays.

Cependant, malgré ces précédents, certaines autorités ont rejeté la dénonciation publique du bureau de Petro, ce qui a conduit le sénateur Polo Democrático Iván Cepeda à déclarer que la direction de la police "se contente d'une déclaration bureaucratique et omissive".

De son côté, Wilson Arias, un député également issu de l'opposition Polo Democrático a souligné via son compte Twitter que six candidats à la présidence ont été assassinés dans le pays, dont cinq de gauche.

"A ceux qui pensent que c'est un mensonge, une bêtise, une stratégie de campagne, de dénoncer le projet d'assassinat de @petrogustavo, nous leur rappelons que six ont été assassinés dans le pays. Pour ne pas la répéter, n'ignorons pas notre histoire", a-t-il souligné.

Le candidat du Pacte historique, une coalition de forces alternatives, progressistes et de gauche, arrive en tête des préférences de l'électorat en vue de l'élection présidentielle du 29 mai, selon tous les sondages appliqués à ce stade de la campagne.

Source : Prensa Latina

source : https://partido-comunista-colombiano.blogspot.com/2022/05/amenazas-petro-nada-nuevo-en-la.html

Tag(s) : #Petro#Colombie

Dans Colombie

COLOMBIE : MENACES DE MORT CONTRE GUSTAVO PETRO. LE CANDIDAT DU PACTE HISTORIQUE SUSPEND UNE TOURNEE ELECTORALE CE MERCREDI

Par Le 04/05/2022

4 Mai 2022

Édité par Francisco Rodríguez Aranega
2022-05-03 17:39:01

      

Gustavo Petro, candidat de la gauche, dépasse de loin, ses adversaires politiques dans les intentions de vote.

La Havane, 3 mai, (RHC).- Le candidat du Pacte Historique à la présidence de la Colombie, Gustavo Petro, a annoncé la suspension d’une tournée dans le centre-ouest du pays ce mercredi et jeudi.

L’équipe de campagne du candidat de la gauche, largement en tête des intentions de vote, a signalé dans un communiqué avoir reçu des informations de première main sur la préparation d’un attentat contre lui par l’organisation paramilitaire La Cordillera.

La police colombienne n’a jusqu’à présent fait aucun commentaire sur ces affirmations.

Les sondages donnent Gustavo Petro pour l’instant largement gagnant, même en cas de second tour le 19 juin. Il deviendrait ainsi le premier président de gauche dans un pays historiquement dirigé par la droite.

Sources: Prensa Latina et AFP

 

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/293707-menace-de-mort-gustavo-petro-suspend-une-tournee-electorale-ce-mercredi

Tag(s) : #colombie#Petro#Elections

Dans Colombie

EN COLOMBIE, LE PACTE HISTORIQUE, UNE COALITION QUI S'ADDITIONNE

Par Le 03/05/2022

2 Mai 2022

Une coalition qui s'additionne

Bogotá, 1er mai (Prensa Latina) Le Pacte historique, une coalition de forces alternatives, progressistes et de gauche en Colombie, continue de gagner des partisans dans la quête du changement dans cette nation sud-américaine, à moins d'un mois des élections présidentielles du 29 mai.
1er mai 2022
CDT01:40 (GMT) -0400
Son ticket, composé de Gustavo Petro et Francia Márquez, est le favori des prochaines élections, selon tous les sondages, et son avance ne cesse de croître.

Le Centro Estratégico Latinoamericano de Geopolítica (Celag) a récemment révélé que M. Petro est en tête des sondages avec 43 % et devance de 21 points Federico Gutiérrez de l'Equipo por Colombia (droite), avec 22 % des voix.

Il est suivi de près par Rodolfo Hernández de la LIGA de Gobernantes Anticorrupción (12 %) et Sergio Fajardo du Centro Esperanza (9 %).

Les autres candidats ont obtenu des valeurs inférieures à deux pour cent, selon l'étude de Celag.

C'est la proposition de gouvernement du Pacto Histórico, la clarté du message et l'espoir de changement, selon de nombreux participants qui assistent aux événements massifs de la campagne, qui attirent l'électorat.

En plus de cette forme traditionnelle de campagne, Petro a inclus une initiative par laquelle il écoute les préoccupations et les principaux problèmes de la population afin de continuer à construire collectivement sa plate-forme de programme.

Son programme prévoit de relancer la production du pays, de garantir les services de base à la population qui a actuellement du mal à y accéder en raison des coûts élevés, et de fournir aux enfants et aux jeunes une éducation de qualité et accessible.

M. Petro souligne l'urgence d'utiliser la terre pour produire des aliments, et la révolution de l'agriculture nationale qu'il propose doit avoir un axe humain fondamental dans les mains des femmes rurales.

En outre, il insiste sur le problème de l'utilisation et de la propriété des terres, l'un des éléments fondamentaux qui ont généré et maintiennent les conflits internes dans le pays, un point inclus dans l'accord de paix de 2016.

(Tiré d'Orbe)

source : https://www.prensa-latina.cu/2022/05/01/una-coalicion-que-suma

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Dans Colombie

EN TETE DE LA PRESIDENTIELLE, GUSTAVO PETRO CREUSE L'ECART AVEC SES ADVERSAIRES DE DROITE

Par Le 30/04/2022

30 Avril 2022

Édité par Francisco Rodríguez Aranega
2022-04-29 23:29:06

      

Gustavo Petro s’attache à expliquer chaque détail de sa plateforme programmatique, qui présente des particularités pour chaque région, selon qu'elle est agricole, indigène ou portuaire.

La Havane, 29 avril, (RHC)- Un mois avant les élections présidentielles en Colombie, Gustavo Petro, candidat de la coalition Pacte historique, en tête des intentions de vote, creuse l’écart avec ses principaux adversaires.

Pour presque tous les sondages, le candidat du Pacte historique augmente son avantage sur Federico Gutierrez  de l’Equipe pour la Colombie, parti de droite, sur Rodolfo Hernandez, de la Ligue des dirigeants anti-corruption et sur Sergio Fajardo, du Centre de l’espoir.

Mais sans se fier aux résultats des sondages, le leader du Pacte historique, une coalition de forces alternatives, progressistes et de gauche en Colombie, poursuit sa campagne électorale dans toute la Colombie.

Il s’attache à expliquer chaque détail de sa plateforme programmatique, qui présente des particularités pour chaque région, selon qu'elle est agricole, indigène ou portuaire.

En plus des tournées et des manifestations de masse dans les départements, les communes, les communautés, les villages, les places et les parcs, Gustavo Petro rencontre les représentants de la population dans son nouvel espace «Petro vous écoute» pour entendre leurs principaux problèmes et leurs propositions de solutions et pour continuer à construire collectivement son programme de gouvernement.

Source: Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/293380-gustavo-petro-en-tete-de-la-course-electorale-creuse-lecart-avec-ses-principaux-adversaires

Tag(s) : #colombie#Petro#Elections

Dans Colombie

COLOMBIE : UN ARRET EN JUSTICE OUVRE LA VOIE A DES POURSUITES CONTRE L'EX-PRESIDENT ALVARO URIBE

Par Le 29/04/2022

29 Avril 2022

Édité par Francisco Rodríguez Aranega
2022-04-28 17:53:28

 

Alvaro Uribe est accusé d'avoir acheté de faux témoins contre le député Ivan Cepeda, entre autres. Photo: EFE

La Havane, 28 avril, (RHC)- Un tribunal à Bogotá a décidé ce mercredi que l’ancien président colombien de droite, Alvaro Uribe, doit être jugé pour des accusations de corruption et de subornation de témoins.

La juge Carmen Ortiz a rejeté la demande du procureur de classer l'affaire impliquant l'ancien président et sénateur.

«Il est clair pour le bureau qu'il existe une hypothèse possible sur la matérialité de la corruption dans la procédure pénale d'Uribe», a déclaré Carmen Ortiz lors d'une audience à Bogota.

En 2021, le procureur Gabriel Jaimes a demandé de classer l’affaire, arguant qu'il n'y avait pas d'éléments permettant d'inculper l'ancien président.

Cependant, après une audience de plus de neuf heures, la juge a déclaré que l'accusation n'avait pas réussi à prouver son affirmation selon laquelle il n'y avait pas de crime, et elle a critiqué le fait que le procureur n'ait pas appelé davantage de témoins qui auraient pu apporter plus de preuves. À cet égard, elle a admis que des doutes persistent et doivent être clarifiés.

La décision de la juge peut faire l'objet d'un recours devant la chambre pénale du tribunal de grande instance de Bogotá, qui évaluera la mesure et pourra rendre un jugement définitif.

Dans l'affaire contre l'ancien président, qui dure depuis au moins quatre ans, on cherche à savoir si Alvaro Uribe, par l'intermédiaire de son ancien avocat Diego Cadena, a soudoyé plusieurs témoins pour qu'ils témoignent en sa faveur, après que la Cour suprême de justice a rejeté la plainte déposée par l'ancien président contre le sénateur Iván Cepeda et engagé une procédure pour une éventuelle subornation de témoins.

Source: TeleSur

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/293251-un-arret-en-justice-ouvre-la-voie-a-des-poursuites-contre-lex-president-colombien-alvaro-uribe

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Dans Colombie

AMÉRIQUE DU SUD, PROCESSUS DE PAIX EN COLOMBIE, SOLIDARITÉ INTERNATIONALE

Par Le 28/04/2022

27 Avril 2022

 

 26 AVRIL 2022  AMÉRIQUE DU SUDPROCESSUS DE PAIX EN COLOMBIESOLIDARITÉ INTERNATIONALE

La Via Campesina partage ce bulletin sur la Colombie, afin de diffuser des informations sur l’aggravation de la crise humanitaire dans le pays, les cas de corruption dans les programmes de développement territoriaux (PDET), la persécution du mouvement social, la criminalisation des enfants des campagnes et des pauvres. Le génocide du mouvement social colombien se poursuit : deux leaders historiques, Teófilo Acuña et Jorge Tafur, membres de la Coordination nationale agraire CNA, ont été assassinés fin février, menant déjà à 33 le nombre de meurtres de leaders sociaux·ales rien que sur 2022.

Ces deux premiers mois de l’année ont été marqués par une aggravation de la violence, ce qui est courant en Colombie en période pré-électorale, surtout lorsque le mouvement progressiste a une réelle chance d’arriver au pouvoir. Les attentes sont élevées pour les élections du Congrès (13 mars) et les élections présidentielles (29 mai), qui pourraient représenter un changement par rapport au maintien de la guerre incarnée par les élites qui ont historiquement gouverné le pays. Autre fait marquant de ces élections : c’est la première fois que les territoires les plus touchés par le conflit seront directement représentés au Congrès par le biais des circonscriptions spéciales de transition appelées « sièges de la paix », comme prévu par l’Accord de paix.

Les agressions dont sont victimes aujourd’hui les dirigeant·es et les organisations sociales sont encouragées par des ordres locaux qui craignent de perdre le contrôle territorial. Les propriétaires terriens et l’uribisme sont mis en échec par à l’avancée des groupements alternatifs réunis au sein du Pacte historique. La possibilité de fraude électorale suscite de vives inquiétudes ; en fait, des milliers de personnes se sont volontairement inscrites comme témoins électoraux pour surveiller le jour du scrutin.

Les organisations sociales et populaires poursuivent leur travail de défense de la vie, de la terre et des territoires. Les accords humanitaires sont promus dans différentes régions du pays comme un mécanisme d’atténuation des violations des droits humains produites dans le cadre du conflit armé et dans la perspective stratégique de promouvoir le dialogue de l’État avec les acteurs armés illégaux. Nous appelons tous les secteurs démocratiques à soutenir ces propositions et à exiger que l’État colombien entame un dialogue avec les groupes armés et trouve une solution politique au conflit.

La recherche de la paix revêt une importance renouvelée dans la période de turbulence que nous vivons. Arrêter la guerre en Colombie, en Ukraine, en Palestine et dans d’autres parties du monde est notre engagement. Face à l’avancée de la guerre, l’unité et la solidarité entre les peuples.

source : https://viacampesina.org/fr/nous-luttons-pour-la-paix-en-colombie-et-dans-le-monde/

 

Tag(s) : #colombie#ViaCampesina

Dans Colombie

DES MILITAIRES COLOMBIENS A LA RETRAITE AVOUENT AVOIR COMMIS DES MASSACRES DE CIVILS

Par Le 27/04/2022

27 Avril 2022

Édité par Francisco Rodríguez Aranega
2022-04-27 00:41:14

Photo tirée de TeleSur

La Havane, 26 avril, (RHC)- Une dizaine de militaires colombiens à la retraite ont avoué ce mardi leur responsabilité dans des massacres de civils.

Au cours d’une audience historique organisée par la JEP, la Juridiction spéciale pour la paix, dans la région d’Ocaña, les militaires à la retraite ont reconnu devant des proches des victimes, leur responsabilité dans l’exécution de plus de cent civils en 2007 et 2008 en Colombie, présentés fallacieusement par l’armée comme des guérilleros tués au combat.

Un général, quatre colonels, cinq militaires, tous retraités, et un civil ont reconnu leur participation dans les enlèvements et meurtres de sang-froid de 120 jeunes dans la ville d’Ocaña (100 000 habitants) pour les présenter ensuite comme des membres des guérillas d’extrême gauche opérant dans la zone.  

Cette audience publique est considérée comme une étape majeure dans la mise en lumière par la Juridiction spéciale pour la Paix  du plus grand scandale de l’histoire récente de l’armée colombienne, connu sous le nom de « faux positifs ».

 « Nous avons assassiné des personnes innocentes […] Je veux le souligner: ceux que nous avons assassinés étaient de simples paysans », a-t-il reconnu, évoquant « la pression du haut commandement» et ses «exigences de résultat» a déclaré l’ex-caporal Nestor Gutierrez, le premier à s’exprimer.

Autre mis en cause, le colonel Rubén Castro a reconnu l’existence d’une «bande criminelle» parmi ses hommes «créée dans le seul but d’augmenter» les pertes. Il a demandé pardon pour avoir exigé l’assassinat de «bonnes personnes».

Les accusés ont tour à tour précisé les circonstances dans lesquelles ils ont assassiné ces hommes, pour la plupart âgés de 25 à 35 ans, des paysans séquestrés ou des jeunes trompés par des promesses de travail.

Ils étaient ensuite exécutés dans une ferme voisine de la caserne d’Ocaña ou alentour. Une pratique motivée par une «politique institutionnelle de l’armée consistant à comptabiliser les corps» pour gonfler ses résultats dans la lutte contre les guérillas, a fustigé la juge Catalina Diaz qui préside l’audience.

Sources: TeleSur et AFP

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/293054-des-militaires-colombiens-a-la-retraite-avouent-devant-la-jep-avoir-commis-des-massacres-de-civils

Tag(s) : #colombie

Dans Colombie

LA FEDERATION SYNDICALE MONDIALE (FSM) COLOMBIE SOUTIENT LA PARTICIPATION DU CUTV AU DIALOGUE A CARACAS

Par Le 24/04/2022

24 Avril 2022

La FSM Colombie soutient la participation de CUTV au dialogue syndical à Caracas
23 avril, 2022
Tribune populaire

Le Secrétariat de la Fédération syndicale mondiale en Colombie (FSM Colombie) a demandé à l'Organisation internationale du travail (OIT) de permettre la participation de la Central Unitaria de Trabajadores de Venezuela (CUTV) au dialogue syndical que cet organisme promeut avec le gouvernement de Nicolás Maduro à Caracas.

Une réunion de l'OIT avec des représentants du gouvernement national et des organisations de travailleurs se tiendra dans la capitale vénézuélienne le lundi 24 avril. Cependant, la CUTV a été exclue de la réunion.

Nous reproduisons ci-dessous le communiqué de la FSM Colombie :

Bogota, Colombie, 23 avril 2022
Mesdames et Messieurs Organisation internationale du travail, OIT
A l'attention de : Dr. María Helena André

Directeur du Bureau des activités pour les travailleurs (ACTRAV)
Objet : Soutien à la demande de la CUTV de participer au Forum tripartite de Caracas du 24 au 28 avril 2022.

Salutations :
Nous vous écrivons, représentants de l'OIT, en invoquant les principes et les normes de l'Organisation Internationale du Travail, pour soutenir la demande de la Central Untaría de Trabajadores de Venezuela -CUTV- dans le sens qu'elle soit autorisée à participer au FORUM TRIPARTITE, programmé avec la coordination d'ACTRAV, événement qui aura lieu à Caracas du 24 au 28 avril de cette année.

Pour le Secrétariat national de la FSM Colombie, il est de justice élémentaire que toutes les organisations syndicales légalement constituées, légitimées par leurs bases, disposent d'un espace d'expression dans les manifestations où les problèmes des travailleurs sont discutés et décidés démocratiquement ; bien sûr, afin de leur trouver une solution. A notre avis, ce serait une contradiction avec les postulats de l'OIT et un mauvais précédent que d'exclure la CUTV d'un Forum Tripartite que cette Centrale Syndicale représentative considère de grande importance pour pouvoir exprimer ses points de vue sur les problèmes de travail de son pays.

Nous vous remercions par avance de l'attention que vous porterez à cette lettre et espérons que vous accéderez à la demande soumise par la CUTV à votre bureau (ou à votre poste) en date du 18 avril 2022.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

Omar Romero

Président

Secrétariat national

FSM COLOMBIE

source : https://prensapcv.wordpress.com/2022/04/23/la-fsm-colombia-apoya-participacion-de-la-cutv-en-dialogo-sindical-en-caracas/

Tag(s) : #CUTV#Venezuela#colombie#FSM#syndicat

Dans Colombie

COLOMBIE : GUSTAVO PETRO NETTEMENT EN TETE DES PREFERENCES ELECTORALES

Par Le 22/04/2022

21 Avril 2022

Gustavo Petro en tête des préférences électorales en Colombie

Bogotá, 21 avr. (Prensa Latina) Le Centre latino-américain stratégique de géopolitique (Celag) a révélé aujourd'hui que le candidat présidentiel du Pacte historique, Gustavo Petro, est en tête des sondages avec 43 % des voix aux élections de mai en Colombie.

21 avril 2022
CDT11:25 (GMT) -0400
Selon le nouveau sondage Celag réalisé en Colombie, le 40e sondage d'opinion en Amérique latine au cours des quatre dernières années et le huitième dans ce pays, M. Petro a 21 points d'avance sur Federico Gutiérrez d'Equipo por Colombia (à droite), qui obtient 22 % des voix.

Il est suivi de près par Rodolfo Hernández de la LIGA de Gobernantes Anticorrupción (12 %) et Sergio Fajardo du Centro Esperanza (9 %).

Les autres prétendants se situent à moins de deux pour cent, selon le sondage publié jeudi.

Il souligne que la projection des votes valides place Gustavo Petro à deux points seulement des 50 % nécessaires pour être proclamé président au premier tour.

Dans un scénario hypothétique de second tour, Petro l'emporterait de près de 20 points sur Gutiérrez.

Le Pacto Histórico est une coalition de forces alternatives, progressistes et de gauche en Colombie dont le programme de gouvernement est construit sur les propositions et les besoins exprimés par la population colombienne.

Dans un résumé, Celag souligne que ce nouveau sondage détecte une nette détérioration de l'image de l'uribisme et de ses principaux référents.

Elle ajoute que le président actuel, Iván Duque, a une image négative de 83 %.

À la question de savoir quel devrait être le rôle d'Álvaro Uribe dans les années à venir, 41 % des personnes interrogées pensent qu'il devrait prendre sa retraite, 30 % qu'il devrait aller en prison et seulement 14 % qu'il devrait continuer à faire de la politique.

Dans un autre domaine, l'enquête montre que la confiance du public dans l'autorité électorale a été sévèrement affectée après les dernières élections législatives.

À cet égard, trois quarts des personnes interrogées estiment qu'il existe une possibilité de fraude électorale le 29 mai.

L'image positive du Bureau de l'état civil national est également très faible, avec seulement 33 %.

L'étude a été réalisée entre le 1er et le 19 avril 2022, par le biais de 3 64 entretiens en face à face dans les ménages des 25 départements les plus peuplés du pays, dans les localités urbaines et rurales, en contrôlant le sexe, l'âge et les strates socio-économiques.

mem/otf
source : https://www.prensa-latina.cu/2022/04/21/gustavo-petro-encabeza-preferencia-electoral-en-colombia

Tag(s) : #Petro#colombie#Elections

Dans Colombie

COLOMBIE : QUATRE JEUNES TUES DANS UN NOUVEAU MASSACRE

Par Le 19/04/2022

19 Avril 2022

Édité par Francisco Rodríguez Aranega
2022-04-18 18:08:35

 


 

Les victimes ont été interceptées alors qu'elles circulaient dans une camionnette, puis assassinées et leurs corps abandonnés dans la zone. Photo: El Periodico virtual

La Havane, 18 avril, (RHC) Quatre autres personnes ont été tuées dans un massacre en Colombie.

L’Institut d’études sur le développement et la paix, INDEPAZ, a précisé ce lundi que ce nouveau massacre a été perpétré dans le village de La Bermeja, municipalité de Balboa, dans le département colombien du Cauca.

Il s'agit du 32ème massacre figurant dans les statistiques de l’observatoire des droits de l’Homme et des conflits d’INDEPAZ, cette année.

Les victimes, 4 jeunes dont les corps n’avaient pas encore été identifiés, ont été interceptées alors qu'elles circulaient dans une camionnette, puis assassinées et leurs corps abandonnés dans la zone, ligotés et présentant des blessures par balle.

INDEPAZ a fait savoir que le bureau du médiateur a émis un avertissement précoce pour les municipalités d'Argelia, Balboa et El Tambo, dans lequel il mentionne l'occurrence de confrontations armées dans les zones habitées qui génèrent un sentiment d'anxiété constant parmi la population civile.

L'escalade des actions militaires entreprises par les acteurs armés illégaux est motivée par des intérêts à dominer ce point géographique qui forme un corridor stratégique vers le Pacifique, a-t-il ajouté.

Source: Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/292285-quatre-jeunes-tues-dans-un-nouveau-massacre-en-colombie

Tag(s) : #colombie

Dans Colombie

COLOMBIE : 51 LEADERS SOCIAUX TUES EN 2022

Par Le 10/04/2022

9 Avril 2022

Édité par Francisco Rodríguez Aranega
2022-04-08 10:32:08

      

Image: Radio Nacional, tirée de TeleSur

La Havane, 8 avril, (RHC)- INDEPAZ, l’Institut d’études pour le développement de la paix en Colombie a dénoncé ce vendredi l’assassinat d’un dirigeant paysan dans le département de Valle del Cauca.

Luis Alfredo Castaño, 69 ans, a été abattu par balles à Toro, une localité rurale du Valle del Cauca.  

Au moment de son assassinat, le leader paysan était un représentant du Comité municipal des producteurs de café de Toro et présidait l'Association des marchés paysans de Toro.

Les autorités policières ont affirmé ignorer l’identité des agresseurs et les mobiles du meurtre.

INDEPAZ recense ainsi 51 assassinats de leaders sociaux en Colombie.

Source: TeleSur

 

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/291425-51-leaders-sociaux-tues-en-colombie-en-2022

Tag(s) : #colombie

Dans Colombie

COLOMBIE : LE PACTE HISTORIQUE PEAUFINE SA CAMPAGNE POUR LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES

Par Le 08/04/2022

7 Avril 2022

Édité par Francisco Rodríguez Aranega
2022-04-06 23:42:11

      

Photo: Prensa Latina

La Havane, 6 avril, (RHC)- Le candidat présidentiel du Pacte historique, Gustavo Petro, a annoncé ce mercredi qu'Alfonso Prada était son nouveau chef de débat, en vue des élections du 29 mai en Colombie.

Il a expliqué qu’Alfonso Prada aura pour objectif de renforcer les propositions, de coordonner la préparation du candidat et d'articuler l'argumentation de la campagne lors du débat présidentiel. «Ce chef de débat a également à voir avec le dialogue avec les autres forces sociales et politiques du pays, pour régler, proposer et construire des majorités nationales qui se renforcent, le moment de la victoire approche», a signalé Gustavo Petro.

Alfonso Prada a pour sa part exprimé qu'il se consacrera 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 à transmettre que le projet de vie, de paix et de justice sociale que Gustavo Petro et Francia Márquez, sa colistière, représentent, est celui auquel la majorité des Colombiens s'identifient.

Il a également souligné que «ce que Gustavo et son équipe ont fait est la preuve que le pays comprend que l'un de ces deux modèles est celui qui mène à une paix totale, à une lutte réelle et sincère contre la pauvreté et à un développement économique accompagné de justice sociale».

Source : Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/291284-le-pacte-historique-peaufine-sa-campagne-pour-les-elections-en-colombie

Tag(s) : #colombie#Elections

Dans Colombie

COLOMBIE : LE « PACTE HISTORIQUE » RENFORCE SES ALLIANCES EN VUE DES PRESIDENTIELLES

Par Le 01/04/2022

31 Mars 2022

Édité par Francisco Rodríguez Aranega
2022-03-31 10:47:59

      

Image: Prensa Latina

La Havane, 31 mars (RHC)- «Pacte historique », coalition qui rassemble des organisations alternatives, progressistes et de gauche en Colombie, renforce ses alliances en vue des présidentielles du 29 mai.

Le mouvement Fuerza Ciudadana, Force Citoyenne, a officiellement exprimé son soutien au Pacte historique.

La coalition dont le candidat à la présidence, Gustavo Petro, est en tête des intentions de vote, explore toutes les possibilités à la recherche de soutien.

Force Citoyenne a fait connaître sa décision de soutenir Gustavo Petro et sa compagne de formule Francia Marquez afin de faire de la Colombie «une puissance mondiale de la vie», comme l'indique le slogan de campagne du Pacte historique.

Le parti Comunes, issu de l’ancienne organisation de guérilla, FARC, a également appelé au vote pour le Pacte historique «en faveur de la paix en Colombie.

Par ailleurs, Roy Barreras, responsable de négociations au sein du Pacte historique, a annoncé que la communication était rétablie avec le Parti Libéral pour la révision « des points programmatiques compatibles».

La loi électorale colombienne accorde la victoire en premier tour au candidat ayant obtenu la moitié plus un des voix validées.

Autrement, les deux candidats les plus votés, devront aller au second tour prévu cette fois-ci le 19 juin 2022.

Source: Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/290695-le-pacte-historique-renforce-ses-alliances-en-vue-des-presidentielles-en-colombie

Tag(s) : #colombie#Elections

Dans Colombie

COLOMBIE : LA CANDIDATE DU PACTE HISTORIQUE A LA VICE-PRESIDENCE DU PAYS EST MENACEE DE MORT

Par Le 29/03/2022

28 Mars 2022

Édité par Reynaldo Henquen
2022-03-28 10:32:30

 


 

 

Bogotá, 28 mars (RHC) La candidate à la vice-présidence de la Colombie pour la coalition de gauche Pacte Historique, Francia Márquez, a dénoncé dimanche avoir été victime de menaces de mort et a demandé au gouvernement de garantir sa sécurité et celle de sa famille.

Dans une série de messages postés sur son compte Twitter officiel, la militante environnementale a déclaré : "Les calomnies, les manifestations racistes ne suffisent pas, mais en moins d’un mois, j’ai reçu deux menaces de mort avec d’autres leaders sociaux".

Dans son tweet, Marquez a publié des photos de pamphlets de la structure criminelle autoproclamée Aigles Noirs, dans lesquels ils profèrent des menaces contre elle et d’autres dirigeants politiques et sociaux.

"Monsieur le Président Ivan Duque, je vous demande de garantir mon intégrité physique, celle de ma famille et des dirigeants mentionnés ici", a poursuivi la dirigeante politique.

Elle a également demandé au Bureau du Procureur général colombien d’enquêter sur les faits dénoncés. "J’espère que cette fois-ci, l’impunité ne triomphera pas", a-t-elle déclaré.

Elle a également indiqué qu’elle avait rencontré un certain nombre de difficultés dans le fonctionnement de son système de protection, sans toutefois entrer dans les détails.

Marquez et Gustavo Petro, le candidat à la présidence de la Colombie pour le Pacte Historique, ont inscrit vendredi dernier devant le Registre National leur formule pour les élections du 29 mai prochain.

Selon des sondages récents, Petro et Marquez sont les favoris pour remporter le premier tour de l’élection présidentielle.

 

Source Telesur

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/290381-la-candidate-du-pacte-historique-a-la-vice-presidence-de-la-colombie-est-menacee-de-mort

Tag(s) : #colombie#élections

Dans Colombie

COLOMBIE : LE PACTE HISTORIQUE A INSCRIT SES CANDIDATS A LA PRESIDENCE

Par Le 27/03/2022

27 Mars 2022

Édité par Reynaldo Henquen
2022-03-25 17:10:53

      

Bogotá, 25 mars (RHC) Gustavo Petro, candidat pour le Pacte historique à la présidence de la Colombie, et Francia Márquez, formule vice-présidentielle, ont inscrit aujourd’hui leur candidature pour la direction d’État au Registre national de l’état civil.

Petro et Marquez étaient accompagnés par des centaines de sympathisants, de membres de la famille et d’élus de cette coalition de gauche au Congrès de la République.

« La tâche ne fait que commencer. Nous voulons célébrer le 29 mai la présence de notre président Gustavo Petro Urrego.

Et bien sûr, pour la première fois, nous aurons une femme qui représente les régions, les territoires, les voix historiquement exclues et opprimées. Cette tâche ne sera pas facile, mais elle ne sera pas non plus impossible», a déclaré Francia Marquez.

Le président du Pacte a déclaré que c’était le premier jour d’une campagne qui promet de changer l’histoire de la Colombie.

« Nous ne sommes pas ici pour maintenir les choses en l’état », a souligné le chef de cette coalition qui rassemble les forces alternatives, progressistes et de gauche en Colombie.

Au cours de l’événement, Francia a remis à Petro une plume faite en  guadua (une plante de la famille du bambou) pour signer l’inscription de la candidature, comme acte symbolique représentant l’engagement de la campagne présidentielle et un éventuel gouvernement avec les communautés les plus exclues du pays pour écrire la nouvelle histoire de la Colombie.

«Au nom des victimes, des enfants, des jeunes, des leaders sociaux, des travailleurs et travailleuses, des femmes dans leur diversité, de la population Lgbtiq+, des peuples d’ascendance africaine,  nous livrons cette plume, pour qu’ensemble, a-t-elle signalé, nous écrivions une nouvelle histoire de la Colombie », a déclaré la candidate à la vice-présidence.

Petro a annoncé qu’au cas où accéderait à la Casa de Nariño (siège de l’exécutif), la prise de possession sera signée avec cette même plume.

« Cette plume en guadua, symbole du savoir, symbole indubitable de la vie, de la connaissance de la paix, de la distance entre un fusil et une plume, est le symbole du changement en Colombie.

À la suite de cet acte, Petro et Francia ont entamé la campagne présidentielle vers le premier tour, où l’on espère obtenir les votes nécessaires pour une élection décisive afin qu’un second tour ne soit pas nécessaire, selon ses partisans.

L’élection aura lieu le 29 mai prochain et le président et le vice-président du pays seront élus pour la période 2022-2026.

La formule gagnante doit obtenir la moitié plus un du total des suffrages valides, dans le cas contraire, un second tour aura lieu le 19 juin 2022 entre les deux candidats ayant obtenu le plus grand nombre de voix et celui qui remportera la victoire gouvernera pour une période de quatre ans sans droit de réélection.

 

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/290199-le-pacte-historique-a-inscrit-des-candidats-a-la-presidence-en-colombie

Tag(s) : #colombie#élections#Petro

Dans Colombie

COLOMBIE : LES COMMUNAUTES AUTOCHTONES SOUTIENNENT FRANCIA MARQUEZ

Par Le 26/03/2022

26 Mars 2022

Édité par Reynaldo Henquen
2022-03-25 10:45:18

      

Bogotá, 25 mars (RHC) Le Mouvement Alternatif Indigène et Social (MAIS) et le Conseil Régional Indigène du Cauca (CRIC) ont salué aujourd’hui la décision du Pacte Historique de choisir Francia Márquez comme candidate à la vice-présidence de la Colombie.

Ils ont exprimé leur soutien et leur accompagnement à la formule présidentielle conduite par Gustavo Petro en vue des élections du 29 mai prochain et ont invité les Colombiens à appuyer cette décision.

Hier, Petro, le leader de cette coalition, a souligné que la désignation de  Francia Marquez comme candidate à la vice-présidence est une décision collective et multicolore et a souligné qu’elle représente la Colombie exclue, asservie, oubliée.

Pour sa part,  Francia Marquez a salué les peuples en résistance, indigènes et, paysans,  la communauté LGTBIQ+, les femmes, les travailleurs, la classe moyenne, toutes les expressions religieuses et spirituelles, la jeunesse, entre autres qui sont les protagonistes du début du changement en Colombie.

« Nous voulons que la joie, la paix, la dignité, la justice sociale fleurissent » et ce travail exige l’effort de tous pour remporter la victoire aux élections du 29 mai prochain, a-t-elle souligné.

Dans la consultation interne des coalitions pour choisir les candidats à la présidence tenue dans le cadre des élections législatives, Marquez a été la troisième avec le plus grand nombre de voix (785 mille 215) avec lesquels elle a avantagé le vainqueur de la coalition Centro Esperanza, Sergio Fajardo.

« Les résultats du dimanche (13 mars) reflètent le changement que veulent les gens. Nous nous sommes rencontrés depuis les expériences que nous avons vécues. La tâche est toujours en cours, nous voulons que le Pacte Historique soit le gouvernement qui garantisse les droits des Colombiens », a souligné la candidate à la vice-présidence après avoir pris connaissance des résultats du décompte des voix.

Source Prensa latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/290162-les-communautes-autochtones-de-colombie-soutiennent-france-marquez

Tag(s) : #colombie#Elections

Dans Colombie

LES MANŒUVRES DE LA DROITE EN COLOMBIE

Par Le 24/03/2022

24 Mars 2022

Édité par Reynaldo Henquen
2022-03-23 16:05:20

      

Auteur : María Josefina Arce

Une semaine après leur tenue, les élections législatives sont toujours au centre de l'attention en Colombie. Des allégations de vol de voix au Pacte Historique, coalition électorale rassemblant les forces de gauche, des déclarations inquiétantes de l'ancien président Álvaro Uribe et des sièges au Sénat occupés par des auteurs du conflit armé et des partis traditionnels ont façonné le panorama de la nation sud-américaine ces derniers jours.

Le Pacte Historique avait dénoncé le fait qu'il s'était vu voler des centaines de milliers de voix, qui auraient valu un plus grand nombre de sièges au Congrès à cette coalition de gauche.

Dans plus de 29 000 bureaux de vote, aucune voix  n’a été enregistrée pour le Pacte Historique. Cette manouvre  était clairement préméditée, car d’après les sondages, les représentants de cette coalition se sont avérés favoris dans les intentions de vote.

Au final, le Pacte Historique a réussi à récupérer  quelque 500 000 voix augmentant ainsi, comme prévu, sa présence au sein de l'organe législatif, comme en témoigne le décompte officiel du Sénat publié à la fin de la semaine dernière.

Un résultat qui n'a pas plu à la droite, qui a immédiatement intensifié ses attaques. Les déclarations d'Uribe sont inquiétantes face à la progression de la coalition des forces alternatives, progressistes et de gauche et à la défaite de son parti au pouvoir, le Centre Démocratique, lors des élections du 13 mars.

L'ancien président, fondateur du Centre Démocratique, a déclaré que les résultats étaient inacceptables et a qualifié d'illégitime le nouveau Congrès bicaméral, qui, selon lui, ne sera pas reconnu par les citoyens. Ces déclarations ont été interprétées par beaucoup comme un appel à un coup d'État.

Il a également tenté de susciter un état d'esprit contre le Pacte Historique, en le liant, sans aucune preuve, au trafic de drogue.

Les élections du 13 ont été  également  marquées par le manque de garanties pour ceux qui ont accédé aux 16 sièges de la paix au Sénat. Cela était prévu dans l'accord de paix signé à La Havane en 2016 entre le gouvernement du président de l'époque, Juan Manuel Santos, et l'ancienne guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée du peuple.

En fait, ces sièges sont destinés aux victimes du conflit armé, mais il y a des plaintes concernant  plusieurs aspirants accédant à ces sièges, placés par les partis traditionnels

Selon certaines informations, le fils d'un paramilitaire bien connu, qui représentera désormais paradoxalement les victimes de la Sierra Nevada de Santa Marta et de la Serranía del Perijá, dans le nord de la Colombie, a également réussi à entrer au Congrès.

La droite prépare le terrain, elle ne reconnaît pas le vote de sanction des citoyens, fatigués de       l’accentuation des inégalités et de la violence qui connait le pays, avec de nouvelles victimes et un grand nombre de personnes déplacées de leurs maisons, étant donné le manque de volonté du gouvernement du président Iván Duque d'appliquer l'accord de paix.

La sonnette d'alarme retentit en Colombie, car l'oligarchie ne baisse pas les bras, surtout lorsque le favori pour les élections générales du 29 mai est Gustavo Petro, candidat du Pacte Historique, précisément le grand vainqueur des élections législatives.

source : https://www.radiohc.cu/fr/especiales/comentarios/289995-les-manoeuvres-de-la-droite-en-colombie

Tag(s) : #colombie#Elections

Dans Colombie

COLOMBIE : UN POSSIBLE RECOMPTAGE DES VOIX SUSCITE MEFIANCE ET POLEMIQUE

Par Le 23/03/2022

23 Mars 2022

Édité par Reynaldo Henquen
2022-03-22 16:38:33

      

Bogotá, 22 mars (RHC) Au milieu d’une journée fériée en Colombie, l’annonce  de la demande du Registre National pour que le Conseil National Électoral (CNE) autorise le recomptage des votes suscite une grande polémique et inquiétude.

« Ce que fait le conservateur (Alexander Vega) aujourd’hui, c’est de la fraude. La chaîne de garde des votes s’est terminée samedi. À cette heure, ils pourraient remplir les poches de votes », a souligné le chef du Pacte historique et candidat présidentiel, Gustavo Petro.

«Ils désobéissent à la décision de cinq mille juges. Nous sommes face à un véritable coup d’État déclenché par (Alvaro) Uribe », a-t-il ajouté par le biais de son compte Twitter.

Il a averti qu’il suspendrait sa présence aux débats électoraux jusqu’à ce que la transparence du vote soit garantie.

«Nous agirons avec la plus grande prudence et nous demandons aux observateurs internationaux d’agir rapidement. Actuellement, il n’y a pas de chaîne de garde transparente sur les votes déjà scrutés», a souligné Petro.

De même, Martha Peralta Epieyú, présidente du Mouvement alternatif indigène et social (MAIS), a noté que la chaîne de garde des votes par des témoins et des jurés de vote a été perdue, ce qui pourrait entraîner des modifications.

Il a précisé que ce ne seront plus des juges de la République qui compteront les votes mais des fonctionnaires du Registre, en outre les bulletins sont détenus par le CNE dont à majorité uribiste et qu’il n’y a donc pas de garanties de chaîne de garde transparente «Il s’agit d’un coup de plus porté aux institutions de ce pays.»

De son côté, Luis Fernando Velasco, du Parti Libéral, a déclaré que la décision de recomptage des votes sans consensus de tous les partis politiques en échange d’une amélioration du climat de confiance dans la transparence électorale, ne ferait que renforcer les doutes sur ces résultats.

Des secteurs sociaux progressistes assurent qu’il n’y a pas de fondement juridique ou factuel pour le recomptage, au-delà de la demande quasi obligatoire d’Uribe, fondateur du parti Centre Démocratique.

« Ce qui se passe maintenant, c’est la répétition de la fraude qu’ils vont essayer de faire à Gustavo Petro lors des élections présidentielles », a déclaré Colombia Humana, à travers son profil Twitter.

 

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/289887-un-possible-recomptage-des-voix-suscite-la-mefiance-et-la-polemique-en-colombie

 

Tag(s) : #colombie#Elections

Dans Colombie

LE PARTI COMMUNISTE COLOMBIEN CHERCHE A CONSOLIDER LE TRIOMPHE DE LA GAUCHE

Par Le 19/03/2022

18 Mars 2022

Les communistes colombiens cherchent à consolider le triomphe de la gauche

Bogotá, 18 mars (Prensa Latina) Le Parti communiste colombien, suite aux résultats des élections législatives et en vue des élections présidentielles du 29 mai, a énoncé aujourd'hui une série de tâches visant à consolider l'avancée de la gauche.

18 mars 2022
CDT11:26 (GMT) -0400
Dans le contexte de la "dernière ligne droite de l'actuelle conjoncture politique électorale et de définition historique", il a souligné que le premier objectif politique est de garantir l'élection de Gustavo Petro au premier tour.

À cette fin, il invite la base militante à promouvoir et à positionner le programme d'action et de lutte du Pacte historique, ainsi que la diffusion des grandes lignes des politiques publiques à contenu social d'un gouvernement démocratique.

Il propose également de promouvoir le bilan politique des résultats électoraux et la projection des principales initiatives avec toutes les forces politiques du Pacte historique et les secteurs du mouvement social dans chaque municipalité et département de Colombie.

Il considère qu'il est nécessaire d'avancer dans la formation de comités unitaires de campagne électorale pour promouvoir les principales tâches de mobilisation sociale pour le changement.

Il appelle également à promouvoir l'initiative consistant à effectuer un million de visites de porte à porte pour captiver et engager les secteurs qui n'ont pas voté le 13 mars.

Le Parti communiste colombien demande instamment de stimuler avec des groupes de jeunes volontaires les expériences réussies de "distribution de tracts, de peintures murales et de rassemblements éclairs du programme du Pacte historique".

De même, il considère qu'il est important d'encourager la participation de nouveaux témoins électoraux pour surveiller et contrôler les élections lors du premier tour de l'élection présidentielle du 29 mai.

Entre autres initiatives, il considère qu'il est fondamental de faire croître et de renforcer le Parti dans le feu de la lutte électorale et d'élargir l'influence du travail des masses en positionnant ses principales définitions politiques.

Aujourd'hui, vendredi, cette force politique tiendra une session plénière virtuelle de son Comité central élargi "pour avancer dans l'équilibre politique de la campagne électorale".

Il a souligné que bien que la gauche et le progressisme en Colombie, par le biais du Pacte historique, aient obtenu un nombre sans précédent de voix pour les deux chambres du Congrès lors des élections de dimanche dernier, ils ne sont toujours pas majoritaires.

Il est donc urgent d'avancer dans la configuration des accords politiques qui permettent d'améliorer la corrélation des forces, et dans le débat sur la définition de la formule de vice-présidence, il est nécessaire que ce soit une décision de toutes les forces politiques qui composent le Pacte historique, a-t-il dit.

De cette façon, a-t-il souligné, "avancer dans la formulation d'une large politique d'alliances et de coalitions avec les secteurs politiques et sociaux, sur la base d'identités et d'engagements programmatiques qui permettent d'atteindre de nouvelles majorités vers la conquête de la Présidence de la République dirigée par Gustavo Petro".

mem/otf

source : https://www.prensa-latina.cu/2022/03/18/comunistas-colombianos-buscan-afianzar-triunfo-de-la-izquierda

Tag(s) : #colombie#Pacocol#Communiste

Dans Colombie

COLOMBIE : LE PACTE HISTORIQUE DENONCE LA FRAUDE DANS LE COMPTAGE DES VOTES

Par Le 17/03/2022

16 Mars 2022

Édité par Reynaldo Henquen
2022-03-16 10:39:15

      

Bogotá, 16 mars (RHC) Le Pacte Historique, coalition de gauche de la Colombie qui a remporté les élections législatives de dimanche dernier à dénoncé le fait qu’il y a eu fraude dans le comptage des voix.

Selon les rapports des témoins électoraux du Pacte historique, parmi les faits précis, 1079 bureaux n’ont pas été informés par le Registre; 29 425 bureaux de vote n’ont pas enregistré de vote pour le Pacte historique; 801 bureaux non enregistrés auprès de l’Autorité électorale officielle ont été trouvés dans les consulats et 23 072 bureaux de double comptage, entre autres.

Gustavo Petro, leader et candidat à la présidence du Pacte historique, a lui aussi déclaré que son organisation dénoncerait devant des organismes nationaux et internationaux les événements de dimanche.

Selon les conseillers en matière électorale du Pacte historique, ces faits expliquent la différence entre les 4,5 millions de voix que Petro a obtenues lors de la consultation interne et les 2,3 millions de voix lors du vote pour les candidats du Pacte historique au Sénat.

Le Pacte historique souligne, à cet égard, que les 29 425 bureaux de vote qui n’ont pas enregistré de voix représentent plus de 25 pour cent du vote, "quelque chose d’impossible à croire", ont déclaré la coalition des partis et des organisations de gauche.

Cette situation confirme les graves allégations formulées à l’égard des affaires présentées à l’étranger, qui font état de retards dans la communication des données, de problèmes dans les différents consulats et du mauvais fonctionnement du site du Registre; surtout le jour des élections et aussi les échecs dans l’inscription des bulletins, raison pour laquelle certaines personnes n’ont pas pu voter.

La journée de dimanche a permis non seulement la formation du nouveau Congrès colombien, mais aussi la définition des candidats présidentiels en vue des élections de mai prochain.

 

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/289352-le-pacte-historique-denonce-la-fraude-dans-le-comptage-des-votes-en-colombie

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Dans Colombie

COLOMBIE : UN ANCIEN GUERILLERO ET UN LEADER SOCIAL ASSASSINES

Par Le 16/03/2022

16 Mars 2022

Édité par Reynaldo Henquen
2022-03-15 17:30:59


 

 

Bogotá, 15 mars (RHC) Un leader social et un ancien guérillero sont les deux nouvelles victimes de la violence en Colombie, selon une confirmation aujourd’hui de l’Institut d’études pour le développement et la paix (Indepaz).

Il s’agit de l’ex-combattant Jhon Kennedy Vargas, 37 ans, tué par balle dans le quartier Los Pinos de la municipalité de Pitalito dans le département de Huila.

Selon l’Observatoire des droits de l’homme et des conflits d’Indepaz, il est le neuvième ancien guérillero en cours de réintégration abattu cette année, et le 308e depuis la signature de l’Accord de paix en 2016.

Le membre du Conseil Politique National et sénateur de la République pour le Parti Commun, Pablo Catatumbo, a condamné le crime et a indiqué qu’à ce stade, demander au président du pays, Iván Duque, la mise en œuvre de la paix "est du temps perdu".

« Nous espérons seulement que le gouvernement et le nouveau Congrès assureront la mise en œuvre de l’Accord dans son intégralité », a-t-il souligné.

Indepaz a expliqué que Miller Correa, un dirigeant et conseiller reconnu de l’Association des Conseils Indiens du Nord du Cauca, avait également été assassiné ces dernières heures et qu’il était également secrétaire du gouvernement et conseiller municipal de la municipalité de Toribío.

Le dirigeant social se trouverait en réunion et, alors qu’il se rendait dans la municipalité de Santander de Quilichao, il aurait été enlevé par des hommes armés inconnus, puis assassiné et son corps retrouvé par la suite.

Depuis janvier de cette année, 40 dirigeants sociaux ont été assassinés et 1.326 depuis la signature de l’Accord de paix.

 

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/289288-un-ancien-guerillero-et-un-leader-social-assassines-en-colombie

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COLOMBIE : LA GAUCHE EN TETE DES RESULTATS PRELIMINAIRES DES ELECTIONS AU CONGRES

Par Le 14/03/2022

14 Mars 2022

Édité par Reynaldo Henquen
2022-03-14 10:12:08


 

 

Bogotá, 14 mars (RHC) Les résultats officiels préliminaires annoncés à Bogota révèlent que le Pacte historique de gauche (PH) a obtenu la majorité des voix lors des élections tenues ce dimanche pour renouveler le Congrès de la République de Colombie.

Le Registre national, qui organise les élections dans le pays d’Amérique du Sud, a indiqué dans son 54e bulletin publié ce lundi matin qu’après le dépouillement des voix dans 99,13 % des bureaux de vote, le Pacte Historique de Gauche obtient  2 299 581 votes valides (14,16 %).

Il est suivi du Parti Conservateur Colombien avec 2 204 869 suffrages (13,58%), du Parti Libéral Colombien avec 2067989 suffrages (12,73%), et de la coalition Alliance Verte et Centre Espoir avec 1 953 640 de voix (12,03%)parmi les groupes politiques les plus importants.

À la Chambre des Représentants, le Pacte Historique est également en tête du décompte officiel préliminaire après avoir reçu ce dimanche 2 545 494 de voix, soit 15,62 % des suffrages comptabilisés, selon le décompte de 99,15 % des bureaux installés.

Le sénateur Gustavo Petro, qui sera le candidat du Pacte Historique de Gauche, aux élections présidentielles du 29 mai prochain, a déclaré hier soir que sur la base de ces résultats, son organisation comptera 17 sénateurs et 25 représentants.

Près de 39 000 000 de citoyens ont été convoqués la veille pour renouveler les chambres législatives. Le Congrès colombien est composé du Sénat, qui compte 108 sièges, et de la Chambre des représentants, qui compte 188 sièges. (Source : Telesur)

source :https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/289128-colombie-la-gauche-en-tete-des-resultats-preliminaires-des-elections-au-congres

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COLOMBIE : DES POLICIERS ET MILITAIRES INCENDIENT LES MAISONS DE PAYSANS ET INDIENS AU CAQUETA

Par Le 07/03/2022

7 Mars 2022

Édité par Francisco Rodríguez Aranega
2022-03-07 00:28:19

 

Image: Prensa Latina

La Havane, 6 mars, (RHC)- Plusieurs voix ont dénoncé ce dimanche l'incendie par la police et l'armée colombiennes de maisons de paysans et d'indiens  à El Triunfo, un village du Caquetá, et à La Esperanza, San Vicente del Caguán.

Selon les allégations, l'acte a eu lieu dans le cadre de l'opération Artemisa, une campagne de lutte contre la déforestation, ont-ils dit.

Reinaldo Quebrada, représentant légal de la communauté indienne La Esperanza, a déclaré que la nuit dernière, des membres de l'armée et de la police ont brûlé et fait exploser des charges explosives dans deux maisons des territoires susmentionnés.

Il a ajouté qu'à ce jour, cinq personnes de La Esperanza sont portées disparues, raison pour laquelle elles ont demandé aux autorités compétentes d'essayer de les localiser.

Parmi les plaignants figurent également les sénateurs Feliciano Valencia, du Mouvement alternatif indien et social et Julián Gallo, du Parti Comuns.

Source: Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/288334-des-policiers-et-militaires-colombiens-mettent-le-feu-a-des-maisons-de-paysans-et-indiens-au-caqueta

 

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LE PARTI COMMUNISTE COLOMBIEN DEMANDE LA FIN DE LA CAMPAGNE ANTI-COMMUNISTE

Par Le 23/02/2022

23 Février 2022

Le parti communiste colombien demande la fin de la campagne anti communiste
Bogotá, Feb 22 (Prensa Latina) Le Parti communiste colombien a envoyé aujourd'hui une lettre au président Iván Duque, dans laquelle il exprime son rejet de la campagne électorale du parti au pouvoir, le Centre démocratique, avec des messages tels que "pour un pays libéré du communisme".
 

    22 février 2022
    CST22:30 (GMT) -0500

Ce slogan était affiché sur un panneau d'affichage du parti à l'approche des élections législatives et présidentielles de cette année.

"Au milieu de la tension de la compétition électorale actuelle, avec un faible niveau de garanties, au milieu des menaces de mort au nom d'appareils fantômes qui font allusion en termes violents à des objectifs similaires à ceux de votre parti, une telle atmosphère de stigmatisation et de croisade suscite l'indignation et une juste préoccupation", a-t-il souligné.

Il a souligné que le parti au pouvoir, en prenant le contrôle du ministère public et des organisations de défense des citoyens, fait revivre le concept de libération du pays du "communisme", avec lequel il a légitimé les abus, la violation des droits de l'homme et l'extermination des opposants politiques et sociaux.

Il a rappelé qu'en décembre dernier, le Conseil national électoral a rétabli le statut juridique du Parti communiste colombien, qui lui avait été retiré pendant deux décennies, sans tenir compte des dénonciations répétées des politiques d'élimination physique, des attaques contre son siège, du harcèlement de son hebdomadaire Voz, de l'espionnage et du profilage illégal.

"La campagne anticommuniste anachronique et perverse n'est rien d'autre qu'une agression, une revictimisation qui confirme la certitude que le climat de haine et de désignation de coupables a des objectifs politiques clairs consistant à entraver les processus d'unité et de convergence des forces alternatives", a-t-il souligné.

Il a ajouté que ces forces cherchent une issue démocratique à la crise nationale aggravée par la pandémie et par les politiques de son gouvernement", a-t-il souligné.

Le Parti communiste colombien, avec d'autres forces, partis et personnalités démocratiques, fait partie du Pacte historique qui vise un changement politique et social par la voie électorale, afin d'éviter un retour à la guerre, de surmonter ses causes profondes, de rétablir le respect des accords de paix de l'État, d'abolir les privilèges et de vaincre la corruption, a-t-il souligné.

"Dans ces conditions, il est ouvertement contradictoire avec la démocratie de rechercher la faveur populaire en excluant les communistes et autres compatriotes de gauche de la vie publique du pays", a-t-il déclaré.

Il a exigé toutes les garanties constitutionnelles pour le libre exercice des activités du Parti, ainsi que celles des organisations sociales, culturelles, artistiques et politiques liées à l'opposition et à l'alternative démocratique au système existant.

"Nous attendons du gouvernement qu'il prenne toutes les mesures pour mettre fin à l'incitation à la haine, à la stigmatisation pour des raisons idéologiques et à la publicité insidieuse qui stimule la violence anticommuniste", a-t-il souligné.

msm/otf


source : https://www.prensa-latina.cu/2022/02/22/partido-comunista-colombiano-exige-frenar-campana-en-su-contra

Tag(s) : #Pacocol#colombie#Communiste

Dans Colombie

COLOMBIE : GUSTAVO PETRO, CANDIDAT A LA PRESIDENTIELLE QUALIFIE LE PRESIDENT DUQUE DE VIRUS

Par Le 23/02/2022

23 Février 2022

Édité par Reynaldo Henquen
2022-02-22 11:57:10

 

 

Bogotá, 22 février (RHC) Gustavo Petro, le pré-candidat à la présidence de la Colombie, a qualifié l’actuel président Ivan Duque de virus, tandis que la guérilla ALN, Armée de Libération Nationale a décrété une grève armée contre le chef d’état.

En Colombie, le gouvernement impopulaire du président Iván Duque continue d’être critiqué pour sa gestion. Gustavo Petro, le candidat de gauche préféré pour les élections de mai, a critiqué la gestion du président de la pandémie de COVID-19, qui accable le pays.

Le candidat à la présidence du Pacte historique a imputé au gouvernement l’augmentation de la famine, du chômage et de la corruption. Par ailleurs, les politiques de Duque ont menacé la paix et aggravé le conflit armé. La guérilla ELN a annoncé une grève armée de 72 heures à partir du 23 février dans tout le pays.

En réponse à ce communiqué, le ministre de la Défense a assuré que les forces armées sont prêtes à faire face au groupe insurgé.

La nouvelle situation sécuritaire coïncide avec l’effondrement de Duque dans les sondages. Seuls 20 % des Colombiens le soutiennent. L’ultraconservateur, qui représente l’urbinisme, terminera en août son mandat de quatre ans, marqué par la répression policière des manifestations, la violation des droits humains et l’assassinat des dirigeants sociaux et des signataires de l’accord de paix de 2016.

Source Hispan TV

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/287050-gustavo-petro-qualifie-le-president-duque-de-virus

 

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COLOMBIE : L'ONU APPELLE A PROTEGER LES CIVILS DE LA VIOLENCE

Par Le 10/02/2022

10 Février 2022

Édité par Reynaldo Henquen
2022-02-09 23:11:58

 

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Bogota, 9 février (RHC) Juliette de Rivero, représentante de la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme en Colombie, a appelé aujourd’hui à respecter la population et à la protéger de la violence en se référant à des attaques contre les autochtones.

Elle a également déclaré que l’organisme international suivait l’alerte concernant la situation des peuples autochtones nasa de Ríonegro, dans le département de Huila.

Le Conseil régional indigène de Huila (Crihu) a dénoncé l’attaque à l’explosif contre une maison d’accueil dans la Vereda San Miguel de la municipalité d’Íquira, dans ce département.

Elle a expliqué en détail que l’explosif qui aurait été lancé par des groupes illégaux avait touché une maison et qu’il qui avait fait un blessé.

Suite à cet incident, la communauté du Resguardo Indigène a lancé un appel à l’aide aux organisations de défense des droits de l’homme du pays et au gouvernement national, pour assurer la tranquillité et la vie de la population touchée par les violents affrontements entre groupes armés dans la zone, à la limite des départements de Huila et Cauca, un couloir stratégique pour le trafic de substances hallucinogènes.

Ils ont également signalé que des attaques avaient eu lieu depuis hier et que plusieurs maisons avaient été détruites par des « tatucos » (cylindres piégés artisanaux).

Les communautés autochtones sont en alerte maximale face à ce fait de violence qui affecte l’harmonie des territoires ancestraux, -ils averti.

 

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/285648-lonu-appelle-a-proteger-les-civils-de-la-violence-en-colombie

 

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Dans Colombie

COLOMBIE : GUSTAVO PETRO EN TETE DES INTENTIONS DE VOTE POUR LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES

Par Le 08/02/2022

8 Février 2022

Lundi 7 février 2022
Gustavo Petro reste en tête des intentions de vote pour les élections présidentielles


C'est ce que révèle la dernière enquête réalisée par le Centro Nacional de Consultoría (CNC) pour le magazine Semana, qui a mesuré les intentions de vote des Colombiens pour les élections présidentielles de cette anné
e.


Selon l'étude, M. Petro reste en tête avec 27 % des intentions de vote des Colombiens, tandis que M. Rodolfo Hernández est en deuxième position avec 14 % des personnes interrogées.

Toutefois, la surprise des sondages est venue de la candidate du parti Oxygène vert, Ingrid Betancourt, qui s'est hissée à la troisième place avec 7 %, après l'énorme controverse qui l'a amenée à démissionner de la coalition du Centre de l'espoir.

Dans cette ligne d'idées, Betancourt a pris la troisième place à son ancien partenaire, Sergio Fajardo, qui apparaît dans le sondage avec 6%, tandis qu'en cinquième position se trouve l'ancien maire de Barranquilla, Alex Char avec 5%.

Avec ces données, on peut dire que la tendance à la croissance des intentions de vote pour les candidats Gustavo Petro et Rodolfo Hernández se poursuit.

Dans le cas du leader de Colombia Humana, il a obtenu 17% en septembre et depuis lors, il n'a cessé d'augmenter : 20% en octobre, 25% en décembre et 27% en janvier. Tandis que Hernández est passé de 5 % en septembre et octobre à 11 % en décembre et 14 % en janvier.

Et maintenant, dans un second tour, qui serait le gagnant ? Selon le sondage du Centro Nacional de Consultoría (CNC), Gustavo Petro battrait tous ses concurrents dans n'importe quel scénario.

Source : La Regional

source : https://partido-comunista-colombiano.blogspot.com/2022/02/gustavo-petro-sigue-liderando-la.html#more

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Dans Colombie

UN NOUVEAU SCANDALE DE CORRUPTION EBRANLE LA COLOMBIE

Par Le 23/01/2022

21 Janvier 2022

Édité par Reynaldo Henquen
2022-01-20 18:55:28

      

Bogotá, 20 janvier (RHC) Un nouveau scandale de corruption ébranle aujourd’hui la Colombie après les révélations de l’ancien gouverneur de Córdoba, Benito Osorio, devant la justice transitionnelle qui lient José Felix Lafaurie à un groupe paramilitaire.

Lafaurie, président de la Fédération colombienne des éleveurs (Fedegan), très proche du Centre démocratique officiel et de l’ancien président Álvaro Uribe, s’est réuni au moins deux fois, en 2005, avec le chef paramilitaire Salvatore Mancuso pour financer la campagne de Mario Iguaran en vue de son élection comme procureur général de la nation.

La nouvelle diffusée par Radio Caracol, indique qu’en échange de ce soutien, Iguaran (procureur général entre 2005 et 2009) a nommé à un poste élevé de l’organe d’enquête l’épouse de Lafaurie, l’actuelle sénatrice María Fernanda Cabal qui aspirait à la présidence du pays.

Benito Osorio, ancien directeur du Fonds d’élevage de Cordoba, a été nommé gouverneur chargé de Cordoba le 28 décembre 2007 par le président de l’époque, Uribe, poste qui n’a duré que 15 jours à la suite de dénonciations publiques sur  ses liens avec les paramilitaires.

En 2015, un juge l’a condamné à 19 ans pour «les délits de destruction et d’appropriation de biens protégés; déportation, expulsion, transfert ou déplacement forcé de population civile; blanchiment d’argent aggravé; testament et entente en vue de commettre un délit».

En 2017, devant la Juridiction Spéciale pour la Paix (JEP), il a rapporté la responsabilité du Fonds des Éleveurs de Cordoba et Funpazcor, ONG créée par les frères Castaño, dans le déplacement forcé des communautés de la région de Tulapas et Urabá, et de la participation des membres de la force publique et de la police nationale aux activités paramilitaires.

 

SEPARADOR

La JEP, née après l’Accord de paix, a accordé à Osorio la liberté provisoire, conditionnelle et anticipée après avoir évalué ses contributions sur les liens des hommes politiques et des hommes d’affaires avec la structure paramilitaire Autodefenses Unies de Colombie (AUC).

Osorio «a révélé les noms de personnes, de fonctionnaires et d’autorités publiques qui ont facilité, parrainé ou participé aux actes de spoliation dans la région de Tulapas».

Il a également livré «plusieurs documents qui faisaient partie de son dossier personnel, et un disque dur qui, selon lui, contient des informations pertinentes" de ce qu’il a dit. Au total, il a mis à la disposition de l’organisme de justice transitionnelle 3500 archives», a déclaré la JEP.

Selon le quotidien Criterio, cette mesure permettrait de clarifier davantage les liens entre les syndicats économiques d’Urabá et de Córdoba, l’État colombien avec les paramilitaires, les déplacements forcés et l’accaparement des terres.

Leon Valencia, directeur de la Fondation Paix & Réconciliation, a souligné que «Il y a de nombreuses années, nous avons enquêté sur la relation entre les paramilitaires, les hommes politiques et les hommes d’affaires, nous avons montré les liens de José Félix Lafaurie avec les AUC, ce que confirme maintenant Benito Osorio devant la JEP. Espérons maintenant que les autorités judiciaires procèdent à la mise en conformité», a-t-il souligné.

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/283523-un-nouveau-scandale-de-corruption-remue-la-politique-en-colombie

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COLOMBIE : CONFIRMATION DES ASSASSINATS DE 145 LEADERS SOCIAUX

Par Le 19/01/2022

19 Janvier 2022

Édité par Reynaldo Henquen
2022-01-18 10:47:45

      

Bogota, 18 janvier (RHC) En 2021, 145 leaders sociaux et défenseur-ses des droits humains ont été assassinés en Colombie, a confirmé aujourd’hui le Défenseur du Peuple,  Carlos Camargo.

Bien que ce chiffre soit inférieur de 20 % aux 182 cas de 2020, il reste préoccupant, a souligné Camargo.

Il a expliqué que les départements les plus touchés sont Antioquia avec 24 homicides, Cauca avec 22, Valle Del Cauca avec 19, Chocó avec 10, Nariño, le Nord de Santander et Putumayo, avec chacun 70% des assassinats de leaders sociaux et de défenseurs des droits humains l’année dernière.

Dans la vallée du Cauca, le chiffre a augmenté de 47 pour cent, passant de 10 à 19 homicides entre 2020 et 2021, comme dans le département d’Antioquia où l’augmentation a été de 12 pour cent, passant de 21 homicides en 2020 à 24 cas en 2021, a-t-il souligné.

Parmi les assassinats commis l’année dernière contre des leaders sociaux et des défenseur-ses des droits humains, 120 ont été commis contre des hommes et 25 contre des femmes.

35 responsables communautaires, 32 dirigeants autochtones, les dirigeants communautaires,18 dirigeants paysans et agraires, 16 dirigeants syndicaux et les fonctionnaires ont été  assassinés.

 «Nous déplorons profondément chaque cas, l’impact qu’il a sur les communautés. Nous désapprouvons ces faits, qui sont la conséquences principalement des agissements criminels des groupes armés illégaux», a déclaré Camargo.

La semaine dernière, le Bureau des Nations Unies pour les droits humains en Colombie a révélé qu’au moins 78 défenseurs des droits humains ont été assassinés dans le pays sud-américain en 2021.

Il a précisé dans le rapport que, du 1 janvier au 31 décembre 2021, 202 plaintes ont été déposées pour meurtre de défenseurs des droits de l’homme, dont 78 ont été vérifiées, 39 sont en cours de vérification et 85  sont non concluantes.

Cependant, il a précisé que le nombre d’assassinats de défenseur-ses des droits humains ne représente pas la totalité des assassinats en Colombie, mais les cas qu’il a reçus et vérifiés.

Dans le même temps, l’Institut d’études pour le développement et la paix a indiqué que 152 leaders sociaux, défenseurs des droits de l’homme, avaient été tués dans ce pays l’année dernière.

En 2021, au moins quatre leaders sociaux ont été tués dans ce pays, dont la dirigeante et militante du droit à la terre Luz Marina Arteaga.

 

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/283184-les-assassinats-de-145-leaders-sociaux-confirmes-en-colombie-en-2021

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Dans Colombie

COLOMBIE : DEUX MINEURS ASSASSINES PAR DES GROUPES ARMES

Par Le 17/01/2022

16 Janvier 2022

Édité par Reynaldo Henquen
2022-01-16 12:58:44

      

Bogotá, 16 janvier (RHC) Le défenseur des droits humains Luis Ernesto Olave a dénoncé aujourd’hui le meurtre d’une mineure par les Autodéfenses  Gaitanistas de Colombie dans la Commune de Dipurdú, dans le département colombien du Chocó.

Le porte-parole du Mouvement pour la vie a également précisé que ce groupe irrégulier avait fait irruption dans la ville et qu’il avait abattu une mineure.

Il a affirmé qu’ils étaient entrées par la force dans des maisons, rassemblé la communauté et la détenaient en confinement, ce qui fait craindre un nouveau massacre.

D’après les informations reçues, Breiner David Cucuñame López, un garçon de 14 ans membre de la Garde Indigène Étudiant, dans la commune Las Delicias, département du Cauca, aurait également été assassiné par des structures irrégulières.

Le garde indigène Guillermo Chicame Ipia a également été tué, a dénoncé l’Association des Communautés Indiennes du Nord du Cauca qui a attribué les assassinats au soi-disant Commandement Coordinateur de l’Occident.

Le collectif a averti que le territoire de Las Delicias, dans la municipalité de Buenos Aires, vit une situation complexe depuis quatre ans après les retards et le manque de financement pour l’application de l’Accord de paix par le gouvernement national.

Face à cette situation, des groupes criminels ont commencé à se manifester et les cultures de coca ont augmenté en parallèle.

En conséquence, nous avons une communauté soumise par la force à la volonté des groupes armés qui se disputent le contrôle de territoires, à l’augmentation du recrutement forcé, des assassinats, des combats, des harcèlements,  des menaces, des intimidations et des attentats, a-t-il souligné.

«Nous tenons également le gouvernement national pour responsable de la position délibérée de ne pas intervenir dans ces conflits, de ne pas respecter systématiquement les accords de paix et les forces militaires pour leur corruption, en vendant des armes à ces groupes (...) et en prélevant des taxes illégales sur le transit de drogues, créant ainsi les conditions pour que le conflit se poursuive», a-t-il souligné.

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/282976-deux-mineurs-assassines-par-des-groupes-armes-en-colombie

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Dans Colombie

DES CUBAINS RESIDANT EN COLOMBIE EXIGENT LA FERMETURE DE LA BASE NAVALE AMERICAINE DE GUANTANAMO

Par Le 16/01/2022

16 Janvier 2022

Édité par Reynaldo Henquen
2022-01-15 00:27:19

      

Bogota, 15 janvier (RHC) L’Association des Cubains résidant en Colombie a exigé du gouvernement des États-Unis la fermeture de la base navale de Guantanamo, la restitution de son territoire à l’île caribéenne et la levée du blocus économique, financier et commercial.

Par un communiqué, l’organisation a souligné que cette enclave a été créée en 1903 et qu’elle est maintenue malgré son origine illégale et contre la volonté du peuple héroïque cubain.

Pour le collectif, cette action, ainsi que la levée du blocus économique, commercial et financier inhumain, impitoyable et génocidaire imposé par la Maison Blanche à Cuba (aggravé malgré la pandémie) serait un pas important vers le respect des droits de l’homme et la normalisation des relations entre les deux nations.

«Nous considérons que la base de Guantanamo est illégale, car les États-Unis l’ont imposée sous la contrainte, la menace et sans bonne foi, à la suite de l’occupation militaire américaine de Cuba au début du XXe siècle, après que Washington est intervenu de manière sale et opportuniste dans la guerre de libération contre l’Espagne et a fait obstacle à l’indépendance cubaine», a-t-il souligné.

L’Association a assuré que la prison située dans cette installation militaire avait été créée en 2002 par le président George Walker Bush pour détenir des terroristes présumés, après les attentats du 11 septembre 2011.

«Depuis sa création, il a fait l’objet d’enquêtes et de plaintes répétées concernant des traitements inhumains infligés à des détenus», a-t-il averti.

Il a rappelé que bien avant d’arriver à la Maison-Blanche, le président Joe Biden a déclaré lors de la Conférence de Munich sur la sécurité (Allemagne) que cette prison serait fermée, mais, malheureusement, cela ne s’est pas produit jusqu’à présent.

Alors que 20 ans se sont écoulés depuis l’arrivée des premiers prisonniers à la base navale de Guantanamo, territoire cubain illégalement occupé par les États-Unis, des experts de l’ONU ont critiqué lundi les arrestations arbitraires sans procès, la torture perpétrée dans cette enclave militaire et l’impunité des responsables de ces abus.

«Guantanamo est un site de notoriété sans précédent, défini par le recours systématique à la torture et à d’autres traitements cruels, inhumains ou dégradants contre des centaines d’hommes qui y sont emmenés et privés de leurs droits les plus fondamentaux», ont-ils dénoncé.

Ils ont souligné que les limbes juridiques de la base navale mettent en évidence les failles du système judiciaire des États-Unis dans la protection des droits de l’homme et la défense de l’État de droit.

Source Prensa Latina

 

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/nacionales/282895-des-cubains-residant-en-colombie-exigent-la-fermeture-de-la-base-navale-americaine-a-guantanam

Dans Colombie

COLOMBIE : L'ONU INDIQUE QUE 78 DEFENSEURS DES DROITS DE L'HOMME ONT ETE ASSASSINES EN 2021

Par Le 15/01/2022

13 Janvier 2022

Édité par Reynaldo Henquen
2022-01-13 12:06:55

      

Nations Unies, 13 janvier (RHC) Le Bureau des Nations Unies pour les Droits de l’Homme en Colombie a révélé mercredi qu’au moins 78 défenseurs des droits de l’homme ont été assassinés dans le pays sud-américain en 2021.

Selon le bureau de l’ONU en Colombie du 1 janvier au 31 décembre 2021,202 des dénonciations d’assassinats de défenseurs ont été rapportés. Sur ce nombre, 78 ont été vérifiées, 39 sont en cours de vérification et 85 ne sont pas concluantes, a indiqué l’organisation internationale.

L’organisme a précisé que le nombre d’assassinats de défenseur-ses des droits humains  ne représente pas la totalité des meurtres en Colombie mais les cas qui ont été reçus et vérifiés.

Se référant à ces informations, le Bureau des Nations Unies a indiqué que huit des victimes étaient des femmes, dont cinq autochtones. Sur les 70 hommes, six appartenaient à la communauté afro et six étaient autochtones.

Selon le rapport de l’organisme, le plus grand nombre d’homicides contre des défenseurs s’est produit dans le département de Valle del Cauca, où 31personnes ont été tuées, dont cinq dans la capitale Cali.

Pendant ce temps, dans le Cauca, onze personnes ont été abattues, dont trois dans la localité d’Argelia, constamment assiégée par des groupes armés illégaux.

Le Bureau des Nations Unies pour les Droits de l’Homme a documenté que six défenseurs ont été assassinés à Antioquia, alors que 10 à Chocó et à Cundinamarca, 5 chacun.

Dans le département de Norte de Santander, frontalier avec le Venezuela, quatre autres défenseurs ont été assassinés.

L’organisme a indiqué que sur les 39 crimes qui sont encore en cours de vérification, la plupart ont été commis dans le Cauca (8), Nariño (6), Antioquia (5), Putumayo et Bolívar (4) et Valle del Cauca (3).

L’ONU a également alerté que la population enfantine en Colombie est la principale victime du conflit social et armé dans le pays, bien que le nombre de crimes contre les enfants ait diminué depuis la signature des Accords de paix.

Selon le rapport publié par l’Agence, au moins 220 mineurs ont été recrutés par des groupes armés irréguliers entre juillet 2019 et juin de l’année dernière.

À cet égard, les organisations de la société civile colombienne ont demandé instamment que les pourparlers de paix entre le gouvernement colombien et l’Armée de libération nationale soient approfondis, en vue de mettre un terme aux crimes violents, dont le recrutement d’enfants et d’adolescents.

 

Source Hispan TV

 

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/282698-lonu-indique-que-78-activistes-des-droits-de-lhomme-ont-ete-assassines-en-colombie-en-2021

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Dans Colombie

COLOMBIE : LA MARCHA PATRIOTICA DENONCE LES MENACES ET L'ENLEVEMENT DE CERTAINS DE SES MEMBRES

Par Le 14/01/2022

14 Janvier 2022

La Marcha Patriotica de Colombie dénonce les menaces et l'enlèvement de ses membres.

Bogotá, 13 janvier (Prensa Latina) La Commission des droits humains et de la solidarité du mouvement politique et social de gauche colombien Marcha Patriótica a dénoncé aujourd'hui le harcèlement, les menaces et l'enlèvement de plusieurs de ses membres.

13 janvier 2022
CST11:35 (GMT) -0500
Dans un communiqué adressé aux organisations sociales, communautaires, politiques et de défense des droits de l'homme, nationales et internationales, ainsi qu'aux institutions publiques et privées, cet organisme a informé que Johan Smith Segura, Miguel Ángel Páez et Angie Daniela Segura ont été victimes des crimes énumérés ci-dessus.

Tous appartiennent aux processus de base de Marcha Patriótica dans la ville de Ciudad Bolívar, dans la capitale, et sont des parents directs de Luceris Segura, conseillère municipale de ce district, et de Bertilda Salas, candidate à la Chambre des représentants pour le parti Comunes, toutes deux membres de ce groupe.

Selon le communiqué, ils ont été approchés et intimidés avec des armes à feu par un homme et une femme, qui les ont retenus contre leur gré pendant environ une heure.

"Ces personnes se sont identifiées comme des Aigles noirs et avaient des radios et des écouteurs", explique la Commission dans le texte.

Elle ajoute que les victimes ont été interrogées sur la vie de leur famille, constamment menacées, emmenées dans un autre parc et forcées de débloquer leur téléphone portable.

En ce sens, Marcha Patriótica a dénoncé ces actes "qui menacent et attentent à la vie, à l'intégrité et à la liberté" de ses membres.

Elle a exigé "l'accompagnement par le ministère public, le gouvernement local et de district" de ses camarades et l'adoption de mesures et d'actions urgentes visant à protéger leurs droits fondamentaux.

Dans le même temps, il a tenu les autorités locales et nationales responsables de ces événements, par action ou par omission, notamment le maire de Ciudad Bolívar, Horacio Guerreo, le maire de Bogota, Claudia López, le commandant de la police métropolitaine, Eliécer Camacho Jiménez, et le gouvernement national dirigé par le président Iván Duque.

gaz/otf

source : https://www.prensa-latina.cu/2022/01/13/marcha-patriotica-de-colombia-denuncia-amenza-y-secuestro-de-miembros

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COLOMBIE : UN NOUVEAU MASSACRE FAIT TROIS AUTRES MORTS ET DEUX BLESSES

Par Le 29/12/2021

28 Décembre 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-12-28 11:42:17

      

Madrid, 28 décembre (RHC) Au moins trois personnes ont été tuées et deux autres blessées dans un nouveau massacre enregistré en Colombie, cette fois-ci dans la municipalité de Sácama, dans le département de Casanare.

L’Institut d’études pour le développement et la Paix (Indepaz) a rapporté par le biais de son compte sur le réseau social Twitter, que les faits ont eu lieu dimanche, vers 20 heures, dans la Sabana Larga, lorsqu’un groupe d’hommes a attaqué une famille.

Le Clan du Golfe, le Front 28 des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et l’Armée de libération nationale (ELN) opèrent dans la région.

Il s’agit du massacre numéro 93 de l’année en Colombie. Dans son rapport annuel, publié lundi, Indepaz a indiqué que les 92 massacres enregistrés à ce jour ont fait 326 victimes dans 70 municipalités de 20 départements du pays latino-américain. Au total, 168 dirigeants sociaux et 48 signataires de l’accord de paix ont été assassinés en 2021.

 (Europa Press)

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/281140-un-nouveau-massacre-en-colombie-fait-trois-autres-morts

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Dans Colombie

COLOMBIE : DENONCIATION DU 92ème MASSACRE DE 2021

Par Le 27/12/2021

27 Décembre 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-12-26 15:44:30

      

Bogotá, 26 décembre (RHC) L’Institut D’Études pour le Développement et la Paix (Indepaz) a dénoncé la perpétration d’un nouveau massacre en Colombie, cette fois-ci ce fait aberrant s’est produit dans le département de Norte de Santander.

Selon Indepaz, le massacre a eu lieu dans le village d’Arangazo, situé dans la municipalité d’Ábrego, "trois personnes ont été tuées dans la nuit au milieu d’une rixe, quatre autres ont été blessées", précise-t-il.

"Les victimes ont été identifiées comme Geovanni León Durán, 24 ans, Leonel Trigos Ortíz, 34 ans, et Elio Durán, 30 ans, qui appartiennent à la même famille", rapporte Indepaz.

Le Bureau du Défenseur du peuple avait lancé une alerte concernant la présence de groupes armés irréguliers qui, outre le fait qu’ils se disputent des territoires, se livrent au micro recensement, au recrutement de mineurs et à d’autres comportements répréhensibles.

Le génocide en Colombie ne cesse pas, le pays sud-américain enregistre cette année 92 massacres perpétrés et 168 dirigeants sociaux assassinés. Parallèlement, depuis la signature de l’Accord de paix en 2016, 1 283 dirigeants ont été assassinés.

Source Telesur

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/280956-le-92e-massacre-de-2021-est-denonce-en-colombie

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COLOMBIE : DEUX AUTRES LEADERS SOCIAUX ASSASSINES DANS LE DEPARTEMENT DE CHOCO.

Par Le 13/12/2021

11 Décembre 2021

Édité par Francisco Rodríguez Aranega
2021-12-11 08:24:20

      

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Bogota, 11 déc. (RHC)- INDEPAZ, l’Institut colombien des Études pour le Développement et la Paix a dénoncé ce vendredi le meurtre de deux leaders communautaires dans le département de Chocó, dans le nord-ouest de la Colombie.

Il s’agit de Fredy Pestana, président du Conseil communautaire du bassin fluvial et de la zone côtière d'Acandí, qui avait dirigé le processus de restitution de terres dans sa région.

Le bureau du Défenseur du Peuple a récemment dénoncé «les graves lacunes en matière de sécurité dont souffrent les populations dans le Chocó en particulier, les communautés indigènes et afro-descendantes ».

Le deuxième cas est celui de la dirigeante Juana Panesso, assassinée le 24 novembre, trois jours après avoir été retenue par un groupe d'hommes armés qui l'ont emmenée de son domicile.

Juana Panesso «était une leader Jaibaná ou médecin traditionnel de la communauté indigène d'Antumiadó, dans la municipalité de Lloró».

Avec ces deux cas, selon les registres d'Indepaz, le nombre de dirigeants assassinés cette année s'élève à 164, tandis que le nombre de morts depuis la signature des accords de paix à La Havane, en 2016, s'élève à 1 278.

Source: TeleSur

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/279532-2-autres-leaders-sociaux-assassines-a-choco-en-colombie

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COLOMBIE : DES ORGANISATIONS INDIENNES CONFIRMENT LE CARACTERE PACIFIQUE DE LA MARCHE VERS CALI

Par Le 10/12/2021

10 Décembre 2021

Bogota, 9 décembre (RHC) La Marche indigène de la Vallée du Cauca, en Colombie, continue son parcours à caractère pacifique vers la ville de Cali, avec des revendications envers le gouvernement d’Iván Duque consistant, pour l’essentiel, dans la protection de la vie de ses communautés autochtones.

Le membre de la Commission Politique du Conseil Régional Indigène du Cauca, Dario Tote, a confirmé au cours de la journée précédente que, contrairement à ce qui est propagé par les médias de droite, il n’y aura ni blocages de rues ni de routes, ni de destruction, car les autochtones sont, a-t-il dit, des bâtisseurs de paix.

L’arrivée de la Marche est prévue pour vendredi prochain à l’occasion de la Journée des droits de l’homme, ce qui a suscité différentes réactions parce que certains secteurs, poussés par la droite, se sont opposés à la présence de ces populations autochtones.

D’après Tote, dans le Cauca, une série d’atteintes à la vie se produisent dans la vie, raison qui pousse les indigènes à se mobiliser, pour faire connaître au monde la situation qui prévaut dans leur département.

"Avec le principe du respect d’autrui et bien sûr comme le veut la citoyenneté et conformément à notre engagement, c’est une marche pacifique en défense des droits de l’homme", a déclaré le représentant autochtone.

Tote a également mentionné que ce qui a été dit à son arrivée est un mensonge : "Nous allons transmettre un message au monde, au pays, à ce que le monde nous écoute, pourquoi tant de massacres dans le Cauca", a expliqué l’indigène Dario Tote.

 

Source Hispan TV

Édité par Reynaldo Henquen

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/279383-colombie-des-organisations-indiennes-confirment-le-caractere-pacifique-de-la-marche-vers-cali

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COLOMBIE : APPEL A LA PROTECTION DES FEMMES LEADERS SOCIAUX

Par Le 30/11/2021

29 Novembre 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-11-29 13:21:20

      

Bogota, 29 novembre (RHC) Le sénateur Feliciano Valencia, du Mouvement Alternatif Indigène et Social a appelé aujourd’hui à garantir la protection des femmes leaders sociaux en Colombie.

En septembre dernier, l’Institut d’études pour le développement et la paix (Indepaz) a révélé dans son rapport sur le genre que, sous le gouvernement d’Ivan Duque, 123 femmes dirigeantes et défenseuses des droits humains ont été assassinées dans ce pays.

Indepaz détaille également dans le texte que, depuis la signature de l’Accord de paix en 2016 jusqu’au 30 août de cette année, 174 Colombiennes qui luttent pour la défense des communautés, des territoires et de l’environnement ont été assassinées.

Il précise en outre que du 1 janvier au 9 de ce mois en Colombie, 19 dirigeantes sociales ont été assassinées, indique Indepaz dans son registre de cas de ce type.

L’appel répété du député Valencia a lieu dans le contexte de la Journée internationale des défenseurs et des défenseuses des droits humains et de ceux qui œuvrent pour la protection des femmes.

Cette date est consacrée à la reconnaissance des femmes qui, individuellement ou collectivement, s’emploient à réaliser les aspects contenus dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et dans les diverses normes qui la développent.

Elle a été déclarée lors de la première Consultation internationale des femmes défenseuses des droits de l’homme qui s’est tenue à Colombo (Sri Lanka) en 2005 et qui a lieu chaque année depuis le 29 novembre 2006.

La première résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies sur les femmes défenseurs des droits de l’homme a été adoptée le 18 décembre 2013 et elle est connue sous le nom de «résolution sur les femmes défenseurs des droits de l’homme».

 

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/278537-colombie-appel-a-la-protection-des-femmes-leaders-sociaux

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Dans Colombie

COLOMBIE : REMEMORATION DE L'EXPLOSION SOCIALE DE 2019

Par Le 23/11/2021

23 Novembre 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-11-21 18:23:54

      

Bogota, 21 novembre (RHC) Les Colombiens commémorent aujourd’hui le début, il y a deux ans, de l’explosion sociale contre le train de mesures économiques appelé "paquetazo" du gouvernement d’Iván Duque et pour exiger le respect intégral des Accords de paix.

«Aujourd’hui, nous fêtons le deuxième anniversaire du dernier grand bouleversement social. Cela fait deux ans, jour pour jour, il y a deux ans, nous avons perdu la peur et rempli les rues d’une rage digne. La force publique a utilisé ses armes contre ceux qui exerçaient leur droit légitime à la protestation sociale, pour lesquels nous continuons à exiger justice », a déclaré la conseillère municipale de Bogota Heidy Sánchez.

Le 21N, comme on l’appelle ces journées de manifestations de masse, ont commencé par l’appel à une grève nationale contre l’ensemble des initiatives gouvernementales tendant à approfondir le néolibéralisme.

Les revendications initiales demandaient le retrait du projet de loi sur la réforme fiscale en cours d'analyse au Congrès, l’abrogation immédiate du décret portant création de la Holding financière, l’abrogation de la circulaire sur la stabilité de l’emploi renforcée, entre autres.

Dès le premier jour, la mobilisation a généré la présence de multiples secteurs sociaux avec une grande diversité de revendications, qui ne sont pas toutes couvertes par les pétitions proposées dans l’appel.

À cet égard, le cahier de revendications que le Comité national de grève a présenté au président Duque le 26 novembre, après plusieurs jours de mobilisation massive, comportait des exigences supplémentaires telles que l’élimination de l’escadron mobile antiémeute (Esmad), épuration de la police, et définition des politiques environnementales.

Il faut également que le Congrès examine immédiatement le projet de loi anticorruption, et que les accords signés avec les étudiants, les autochtones, les paysans, les enseignants et d’autres secteurs sociaux soient immédiatement appliqués

Cette explosion, bien qu’elle ait commencé à Bogota, la capitale, a eu des dimensions régionales et sectorielles, de sorte que divers peuples originaires se sont joints à la grève, convoqués par l’Organisation Nationale Indigène de Colombie, ou par leurs propres autorités tout au long du pays.

Leurs principales revendications ont été l’arrêt des assassinats d’autochtones, le respect des accords avec les communautés et du chapitre ethnique de l’Accord de paix.

Ils ont également dénoncé le déplacement de certaines communautés autochtones, ont exigé la protection de l’eau et de la biodiversité, dénonçant ainsi l’atteinte porté à leurs territoires par le modèle de développement basé sur l’extraction minière et sur la coupe d’arbres à bois.

Le peuple afro-colombien a également mené de grandes mobilisations dans plusieurs villes qui ont exigé le respect des accords des communautés civiques de Buenaventura et de Quibdó tout en dénonçant l’assassinat de dirigeants politiques et sociaux.

Les violences policières contre les manifestations ont fait plusieurs morts, dont Dilan Cruz, lycéen de 18 ans, frappé à la tête par une balle tirée par l’Esmad.

 

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/277719-lexplosion-sociale-de-2019-est-rememoree-en-colombie

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COLOMBIE : 86ème MASSACRE DE MILITANTS CETTE ANNEE. TROIS HOMMES ET UNE FEMME ASSASSINES

Par Le 12/11/2021

11 Novembre 2021

Édité par Francisco Rodríguez Aranega
2021-11-10 15:27:48

      

Selon INDEPAZ, il s’agit du 86ème massacre perpétré en Colombie, cette année..

Bogota, 10 nov. (RHC)- L’institut colombien des études pour le développement de la paix, INDEPAZ, a confirmé à Bogota l’assassinat de trois hommes et une femme dans le département de Guaviare.

Selon cette organisation de défense des droits de l’homme, il s’agit du 86ème massacre perpétré en Colombie, cette année.

Au moment où INDEPAZ a dénoncé le massacre, les corps des victimes n’avaient pas encore été identifiés.

Une alerte précoce du Bureau de la Défense du Peuple signalait que les groupes armés irréguliers se sont beaucoup étendus dans cette zone rurale, ce qui se traduit par la croissance des restrictions de mobilité de la population, des déplacements forcés, des menaces, des extorsions et des disparitions.

Source: Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/276732-un-nouveau-massacre-en-colombie-fait-quatre-victimes

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COLOMBIE : DENONCIATION DE GRAVES VIOLATIONS DES DROITS DE L'HOMME DES PEUPLES AUTOCHTONES

Par Le 23/10/2021

23 Octobre 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-10-21 19:36:25

     

 

Bogota, 21 octobre (RHC) Des organisations indigènes de Colombie ont dénoncé aujourd’hui de graves violations des droits humains des peuples ancestraux dans cette nation sud-américaine.

Lors d’une conférence de presse, l’Organisation nationale autochtone de Colombie et la Commission des droits de l’homme des peuples autochtones ont présenté un rapport dans lequel elles dénoncent les dangers qui menacent ces populations abandonnées à leur sort par l’État.

Elles ont appelé l’attention sur les multiples intérêts qui confluent sur les territoires des quatre villages de la Sierra Nevada de Santa Marta et sur les risques encourus par ceux qui vivent en Amazonie et dans les zones frontalières.

Ils ont souligné en particulier la situation du peuple autochtone Wayuu, dans le département de la Guajira, qui a toujours été totalement abandonné par l’État.

Ils ont précisé que les Wayuu enregistrent le taux de mortalité infantile le plus élevé en Colombie avec 60,4 décès pour 1000, indice qui continue d’augmenter avec la malnutrition des enfants.

Ils ont souligné que devant tant d’indolence de l’État, sept jeunes de ce département se trouvent sur la place de Bolivar, dans cette capitale, depuis plus de 20 jours en grève de la faim.

Dans le rapport présenté ce jeudi, ils ont énuméré des éléments qui constituent les contenus principaux d’une situation structurelle d’atteinte aux droits humains fondamentaux et territoriaux de ces communautés.

Ils ont noté entre autres le renforcement des acteurs armés illégaux, la recrudescence des affrontements armés autour et à l’intérieur des territoires autochtones, l’augmentation de l’exploitation minière-énergétique qui entraîne la dégradation du territoire et des différentes formes de vie.

Ils ont également énuméré les stratégies de fractionnement du Gouvernement vers l’intérieur de certains peuples autochtones qui portent atteinte aux principes d’autonomie et d’auto-administration.             

Elles ont souligné que, face à la crise humanitaire, la Commission des droits de l’homme des peuples autochtones insiste sur la nécessité de rendre effectifs les cadres de dialogue de gouvernement à gouvernement et les accords conclus dans le cadre de l’exercice du droit fondamental à la consultation préalable, libre et éclairée réalisée pour le Plan national de développement.

Toutefois, le Gouvernement national ne respecte pas ses obligations constitutionnelles, ont-ils averti.

Ils ont exigé de l’administration d’Ivan Duque, du ministère de l’Intérieur, des forces armées et des groupes en marge de la loi, le respect de la vie, des dynamiques d’organisation, les formes d’autonomie des peuples autochtones et la sauvegarde des territoires ancestraux contre les intérêts exploiteurs.

Entre autres exigences, ils ont demandé l’application des accords du Plan national de développement, des dispositions du chapitre ethnique de l’Accord de paix et l’arrêt de l’extermination physique et culturelle, à laquelle sont soumis les peuples autochtones du territoire.

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/274603-denonciation-de-graves-violations-des-droits-de-lhomme-des-peuples-autochtones-en-colombie

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MARCHE EN COLOMBIE POUR LA PAIX ET CONTRE LA CORRUPTION

Par Le 28/09/2021

28 Septembre 2021

Marche en Colombie pour la paix et contre la corruption
Bogota, 28 sept (Prensa Latina) Le Comité national de la grève en Colombie mènera une nouvelle marche aujourd'hui sous le slogan Pour la paix, la vie, la démocratie, contre le forfait de Duque (président Iván Duque) et la corruption.

Le président de la Central Unitaria de Trabajadores et porte-parole du Comité, Francisco Maltés, a souligné qu'avec cette journée nationale de protestation, ils veulent attirer l'attention du Congrès de la République afin d'initier le traitement et la discussion des 10 projets de loi présentés le 27 juillet.

Une grève nationale a débuté le 28 avril de cette année en Colombie contre les mesures néolibérales du gouvernement d'Iván Duque, considérée comme la plus grande explosion sociale de ces 70 dernières années.

Le Comité national de grève, principal organisateur de ces protestations, a annoncé mardi 15 juin la suspension temporaire des mobilisations après près de 50 jours, sans pour autant impliquer la fin des manifestations.

Le collectif a pris cette décision face à la militarisation des rues, à la violence policière contre les manifestations pacifiques et au refus du gouvernement de signer un pré-accord pour garantir la protestation sociale.

Il a annoncé ce jour-là qu'il soumettrait un ensemble de projets de lois au Congrès en juillet.

Quelque 87 civils ont été tués dans le cadre de manifestations sociales en Colombie, a confirmé l'organisation Campaña Defender la Libertad un Asunto de Todas.

ga/otf

source : https://www.prensa-latina.cu/index.php?o=rn&id=478377&SEO=marcharan-en-colombia-por-la-paz-y-contra-la-corrupcion

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COLOMBIE : L’ANCIENNE SENATRICE PIEDAD CORDOBA ANNONCE SON ADHESION AU PACTE HISTORIQUE

Par Le 22/09/2021

21 Septembre 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-09-20 17:21:18

      

Bogota, 20 septembre (RHC) L’ancienne sénatrice Piedad Córdoba a annoncé aujourd’hui que le mouvement Poder Ciudadano (Pouvoir Citoyen en français) adhère au Pacte historique, coalition politique et électorale composée de partis et de mouvements sociaux progressistes de Colombie.

Sur son compte Twitter, la célèbre gestionnaire de paix a expliqué qu’au cours de ces derniers mois, elle a eu de nombreuses conversations qui ont abouti à des consensus et des engagements qui permettent de s’unir pour construire une nouvelle Colombie.

Ce groupe social et politique à tendance avant-gardiste et dirigé par Piedad Córdoba rendra officielle jeudi son adhésion au Pacte historique, qui a été rendu public le 11 février dernier.

Parmi les adhérents de l’organisation figurent des politiciens comme Gustavo Petro, Alexander Lopez, Iván Cepeda, María José Pizarro, Roy Barreras, Clara Lopez, Aída Avella, Armando Benedetti, Jorge Rojas Rodriguez, Iván Jairt Guarín Muñoz, Martha Peralta, entre autres.

Cette coalition cherche à obtenir une majorité au Congrès de la République aux élections du 13 mars 2022, avec un total de 55 sénateurs et 86 représentants à la Chambre.

Dans le cadre de sa mission, elle tente de présenter au pays une proposition alternative de pouvoir, qui sera construite par les bases sociales qui l’accompagnent.

Elle tente également de remporter la présidence au premier tour des élections du 29 mai 2022 ou au second,  prévu pour le 19 juin.

Pour le moment, le pré-candidat présidentiel Gustavo Petro reste favori pour devenir le candidat à la lutte électorale, selon divers sondages d’opinion.

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/270929-piedad-cordoba-annonce-son-adhesion-au-pacte-historique-en-colombie

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COLOMBIE : LA MAJORITE DE LA POPULATION APPROUVE LA GREVE NATIONALE COMMENCEE LE 28 AVRIL

Par Le 11/06/2021

10 Juin 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-06-09 18:43:22

 

 

Bogotá, 10 juin (RHC) 75 pour cent des Colombiens estiment que le pays doit rester en grève, un mois après le début de cette mesure contre le gouvernement d’Ivan Duque, a révélé aujourd’hui une enquête de la société Mobimetrics.

Selon les recherches, dans toutes les régions, la réponse en faveur de la grève dépasse 70 pour cent, mais à Bogota et à Cundinamarca elle est de 78 pour cent.

Cependant, en ce qui concerne les résultats d’une quelconque négociation entre le Comité national de grève et le gouvernement, seulement 27 pour cent ont montré de l’optimisme, 58 pour cent des répondants ont exprimé peu d’optimisme et 15, rien.

En ce qui concerne les mobilisations, 85 pour cent ont indiqué que les protestations se poursuivent et que le pays sud-américain n’est toujours pas revenu à la normale, plongé dans une explosion sociale depuis le 28 avril dernier lorsque la grève a commencé contre les politiques économiques du gouvernement d’Ivan Duque.

Le sondage a inclus un échantillon de deux mille personnes de plus de 18 ans via des appareils mobiles et il a une marge d’erreur de cinq pour cent pour un niveau de confiance de 95 pour cent.

 

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/260203-la-majorite-de-la-population-colombienne-approuve-la-greve-nationale

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COLOMBIE : A CALI, LES FORCES DE REPRESSION TIRENT A BALLES REELLES ET TUENT 4 JEUNES GENS ET EN BLESSENT 20 AUTRES

Par Le 07/06/2021

7 Juin 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-06-06 17:31:29

 

 

Bogota, 7 juin (RHC) Le Réseau des Droits de l’Homme Francisco Javier Ocampo Cepeda a dénoncé qu’à la suite d’une opération des forces de sécurité colombiennes dans le sud-ouest de la ville de Cali, quatre jeunes ont été tués et 20 autres blessés.

L’opération conjointe entre la Police nationale, l’Escadron mobile antiémeute (Esmad), la Task Force Spéciale de Sécurité (GOES) et l’Armée, a eu lieu au point de résistance Passage du Commerce, dans le cadre des mobilisations de la Grève Nationale en cours depuis le 28 avril dernier.

Dans un communiqué, l’organisme humanitaire a précisé que le bilan était de "quatre jeunes tués par balle, plus de 20 blessés, un grièvement, et plus de quinze jeunes arbitrairement arrêtés.

De même, il y a eu des arrestations largement illégales avec l’usage excessif de la force, des traitements cruels et dégradants, trois perquisitions arbitraires, des journalistes agressés et menacés, des missions médicales attaquées, des disparitions forcées et le harcèlement permanent de la communauté «a-t-il souligné.

Le Réseau des Droits de l’Homme, après avoir donné des détails sur ces actions répressives, a mis en cause le gouvernement du président colombien Iván Duque "pour les violations systématiques des droits de l’homme dans la ville de Cali et dans toutes les régions du pays où la population exerce son droit légitime à la protestation sociale".

Dans la nuit de ce samedi, des dizaines de membres de la communauté de Cali ont effectué une veillée pour les jeunes assassinés.

L’une de ces veillées a eu lieu au col du commerce, appelé Paso del Aguante, qui a été attaqué par les forces de sécurité.

L’autre point où les gens ont placé des veillées était dans le secteur de Loma de la Cruz, où l’on a rendu hommage à feu Cristian Sánchez.

Des utilisateurs des réseaux sociaux ont dénoncé qu’à ce moment-là il y avait eu une intervention d’éléments de l’Esmad qui ont dispersé les participants à la veillée.

Source Telesur

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/259797-cali-les-forces-de-represssion-tuent-quatre-jeunes-et-blessent-20-autres

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COLOMBIE : LE PRESIDENT CITE A COMPARAITRE POUR ECLAIRCIR LE MOTIF DE LA MILITARISATION

Par Le 06/06/2021

6 Juin 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-06-04 17:07:29

Bogota, 5 juin (RHC) Le Tribunal administratif de Cundinamarca a ordonné aujourd’hui au président Iván Duque de s’expliquer sur le décret 575 de 2021, par lequel il a ordonné une assistance militaire à la police dans huit départements de Colombie.

Il a ordonné d’entendre le président afin qu’il 'fasse un rapport sur les raisons qui l’ont amené à déterminer s’il était nécessaire que les forces militaires apportent un appui temporaire au travail accompli par les membres de la Police nationale'.

Le 28 mai dernier, le gouvernement a promulgué le décret 575 de 2021, lorsque la grève a atteint son premier mois, après une escalade de la violence contre les participants aux manifestations antigouvernementales.

La Cour a également demandé à la police des informations sur les actions menées contre les mobilisations dans le contexte de la Grève Nationale.

Il a également appelé le Haut-Commissaire pour la paix à élaborer un rapport sur les négociations avec le Comité national de Grève pour résoudre la crise dans le pays.

En outre, le Bureau du Procureur, le Bureau du Procureur général et le Bureau du Défenseur du peuple ont été convoqués pour témoigner sur les enquêtes menées afin de faire la lumière sur les exactions et les abus commis par des agents en uniforme.

Il a également ordonné à la procureure Margarita Cabello, au procureur général, Francisco Barbosa, et au médiateur, Carlos Camargo, d’élaborer un rapport bref et détaillé sur les suites données aux dénonciations, aux plaintes et à d’autres situations particulières soulevées lors des différentes journées de protestation.

 

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/259677-le-president-de-la-colombie-est-cite-a-comparaitre-pour-eclaircir-le-motif-de-la-militarisation

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COLOMBIE : LE COMITE DE GREVE DEFIE DUQUE ET APPELLE A LA « PRISE DE BOGOTA »

Par Le 05/06/2021

4 Juin 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-06-03 15:28:43

      

Bogota 4 juin (RHC) La Centrale Unitaire des Travailleurs (CUT) de Colombie a annoncé une grande mobilisation pour la "prise de Bogota" contre les politiques néolibérales de Duque le 9 juin.

Dans des déclarations faites au quotidien El Tiempo, le procureur de la CUT, Fabio Arias, a évoqué les négociations du gouvernement du président colombien, Iván Duque, avec le Comité national de Grève (CNP), qui n’ont pas connu de plus grands progrès depuis le 13 mai.

Il a notamment souligné que le gouvernement cherche à "user" les forces en grève en retardant la signature des pré-accords, "nous savons avec une totale certitude que nous sommes en train de se moquer de nous", a-t-il souligné.

"Face au refus du Gouvernement de signer le pré-accord sur les garanties pour exercer la protestation sociale, conclu le 24 mai, et face au retard permanent pour le signer et installer des tables de négociation, on invite à la prise de Bogota", a souligné Arias.

Il a également affirmé qu’ils lanceraient un appel dans plusieurs villes pour se concentrer sur la capitale, car, selon Arias, face à la lenteur du Gouvernement, ce qui reste au Comité National de Grève est la « réactivation » des manifestations et le renforcement du mouvement avec d’autres secteurs sociaux du pays.

Des syndicats, des étudiants, des travailleurs et d’autres groupes sociaux sont descendus dans la rue, cherchant à faire pression sur le gouvernement d’extrême droite d’Ivan Duque afin de promouvoir des changements économiques et sociaux.

Les protestations que connaît la Colombie sont dues, entre autres, aux propositions fiscales avancées par l’exécutif de Duque. Pendant 37 jours consécutifs, les citoyens ont également élevé la voix contre la militarisation du pays et la main dure de la police antiémeute et des militaires.

Le Comité national de Grève et le Gouvernement ont déjà tenu 10 réunions pour trouver un accord sur les garanties de la protestation sociale. Toutefois, les progrès réalisés ne sont pas suffisants. Les représentants des mobilisations regrettent que Duque refuse de signer l’accord préalable consensuel.

 

Source Hispan TV

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/259546-le-comite-de-greve-defie-duque-et-appelle-a-la-prise-de-bogota

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COLOMBIE : UNE MISSION INTERNATIONALE CONFIRME LA VIOLATION DES DROITS DE L’HOMME

Par Le 05/06/2021

5 Juin 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-06-04 17:12:20

      

Bogotá, 5 juin (RHC) La Mission de solidarité internationale et des droits de l’homme qui est arrivée en Colombie le 25 mai a confirmé dans un rapport rendu public aujourd’hui l’excès de la force publique contre les mobilisations pacifiques.

Dans ses conclusions, le collectif avertit que l’État colombien doit faire l’objet d’une enquête parce qu’à travers ses forces de sécurité régulières et irrégulières, il aurait fait disparaître, assassiné, torturé, maltraité, persécuté, menacé et intimidé de vastes secteurs du peuple.

Le texte indique que la répression déchaînée a empêché, limité et conditionné la participation politique, le droit de réunion et le droit de manifester.

Elle estime que le gouvernement colombien  doit faire l’objet d’une enquête pour le déploiement militaire et policier contre la population civile et sans défense, pratiques qui s’inscrivent dans la logique de la guerre, en disposant à cet effet d’armes sophistiquées et meurtrières et de comportements brutaux et inhumains de la part de ses troupes.

'L’Etat colombien doit faire l’objet d’une enquête pour avoir identifié comme ennemi intérieur la majorité de son peuple', représenté par des jeunes de quartiers populaires, des étudiants, des femmes, des membres de la communauté LGTBIQ, des paysans, des ouvriers, des indigènes, des personnes d’ascendance africaine, entre autres -indique la note-.

Elle souligne que le peuple colombien a droit à l’ouverture de toutes les instances juridictionnelles, nationales et internationales pour obtenir la réparation intégrale, à travers la vérité et la justice.

La Mission internationale est arrivée en Colombie, convoquée par diverses organisations sociales, plates-formes des droits de l’homme, espaces syndicaux et ecclésiastiques, entre autres, dans le but de constater sur place la grave situation dénoncée.

Elle ajoute dans son rapport préliminaire sur les violations des droits de l’homme que, dans tout le pays, la majorité de la population est descendue dans les rues avec un slogan unifiant  « Faire la grève pour avancer ».

Non seulement les mesures antipopulaires accentuaient la crise, mais elles touchaient aussi les secteurs les plus frappés par la pandémie, a-souligné le rapport.

L’État colombien a réprimé la protestation sans discernement et brutalement avec un raisonnement instructif qui s’est néanmoins retourné contre lui, ajoute-t-il.

Non seulement le chômage s’accentuait, mais chaque jour les marches se nourrissaient de citoyens et de citoyennes désireux d’exprimer leur mécontentement et leur résistance.

'Le parcours que la Mission a fait, a permis de constater l’adhésion massive aux raisons qui ont motivé la protestation', a-t-il souligné.

 

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/259679-une-mission-internationale-confirme-la-violation-des-droits-de-lhomme-en-colombie

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POURQUOI "ISRAËL" AIDE LA COLOMBIE A REPRIMER LES MANIFESTANTS

Par Le 04/06/2021

Pourquoi Israël aide la Colombie à réprimer les manifestants

Par Alan MacLeod

Mondialisation.ca, 03 juin 2021

mintpressnews.com 28 mai 2021

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Des photos circulant sur les médias sociaux montrent les forces gouvernementales colombiennes utilisant des armes israéliennes contre les manifestants et des véhicules blindés Sand Cat de fabrication israélienne patrouillant dans les rues des villes colombiennes. Alan Macleod enquête sur les liens croissants entre ces alliés inattendus.

BOGOTA – Depuis plus un mois, une grève nationale paralyse la Colombie et fait l’objet d’une répression meurtrière de la part du gouvernement d’extrême droite d’Ivan Duque. Alors que les syndicats ont fermé les grandes villes, interrompant les transports en commun et bloquant l’économie du pays, les forces gouvernementales ont répondu par la violence. Selon les chiffres du gouvernement, au moins 44 personnes ont été tuées lors des manifestations qui ont débuté le 28 avril. En outre, 500 personnes ont été portées disparues, plus de 100 ont été atteints par des tirs à balles réelles et au moins 28 ont été blessées à l’œil par la police, par la célèbre brigade anti-émeute ESMAD ou par des organisations paramilitaires liées à l’État.

La répression de la dissidence est encouragée par le gouvernement israélien, qui doit lui-même faire face à une vaste révolte économique, militaire et sociale de sa population palestinienne captive. En dehors des États-Unis, Israël est le principal fournisseur d’armes de l’armée et des paramilitaires colombiens, et la police et l’armée colombiennes ont utilisé leur formation et leurs armes israéliennes contre leur propre révolte intérieure.

L’État a essentiellement déclaré la guerre aux citoyens, transformant les rues et les quartiers en champs de bataille pour tenter de faire passer les politiques néolibérales très controversées du président Duque, qui supprimeraient les soins de santé publics, privatiseraient les retraites, réduiraient le salaire minimum et prélèveraient une taxe de 19% sur les aliments de base, mesures que les critiques considèrent comme une attaque en règle contre la majorité de la classe ouvrière colombienne. Le président ne montre aucun signe de recul, bien que sa cote de popularité ait chuté à 18%, un niveau historiquement bas pour les chefs d’État colombiens.

Liens avec l’armée

Des photos circulant sur les médias sociaux montrent les forces gouvernementales utilisant des armes israéliennes contre les manifestants, tandis que des véhicules blindés Sand Cat de fabrication israélienne circulent dans les rues des principales villes de Colombie. Les fusils standard de toutes les branches de l’armée et de la police sont israéliens ; l’armée utilise le Galil d’IMI, les forces spéciales utilisent le Tavor d’IWI, tandis que l’armée de l’air, la marine et la police préfèrent l’Ace d’IWI.

Vous trouverez ci-dessous une image de la police colombienne utilisant le fusil d’assaut Tavor TAR-21 de fabrication israélienne dans les rues.

 

Duque a envoyé l’armée dans plusieurs des plus grandes villes de Colombie pour faire face à la grève nationale, une décision condamnée par les groupes de défense des droits de l’homme. Ces forces ont été formées aux « techniques de contre-terrorisme et de combat » par des attachés des Forces de Défense israéliennes (FDI) afin de partager leur expertise en matière d’écrasement de la résistance intérieure. Ainsi, tout Palestinien qui se rendrait en Colombie en ce moment pourrait ressentir un étrange sentiment de familiarité avec ce qui se passe.

« Les entrepreneurs militaires privés israéliens sont fortement impliqués avec l’armée colombienne en termes de formation militaire, de conduite d’opérations anti-insurrectionnelles, de collecte de renseignements, d’assassinats ciblés, d’interventions militaires transfrontalières dans des États comme le Venezuela, parallèlement à la guerre hybride en général, et plus encore. En tant que deuxième partenaire militaire le plus important après les États-Unis, Israël peut être considéré comme un soutien clé du terrorisme d’État colombien, qui a fait ses preuves », a déclaré Oliver Dodd à MintPress par téléphone depuis Bogota. Dodd est un chercheur à l’Université de Nottingham qui couvre la guerre civile colombienne.

 

En septembre 2020, alors que les paramilitaires de droite se livraient à de nombreux
massacres en Colombie, l’armée israélienne a donné une formation de plusieurs
jours aux forces spéciales de l’armée colombienne.
Ils ont même fabriqué ces affreux écussons pour commémorer leur alliance.

Des drones israéliens ont également été repérés dans le ciel colombien, le gouvernement les utilisant pour la surveillance et le renseignement militaire. AMnetpro SAS, une société créée par deux hommes d’affaires israéliens, fournit également aux forces colombiennes des systèmes de reconnaissance faciale et d’autres technologies de sécurité.

Le plus inquiétant est peut-être qu’Israël a également formé directement des groupes paramilitaires d’extrême droite responsables de la plupart des pires actes de terreur dans le pays au cours des cinquante dernières années. Carlos Castaño, commandant des AUC, peut-être le plus notoire et le plus impitoyable de tous, s’est rendu en Israël pour étudier et être formé par le tristement célèbre mercenaire israélien et ancien lieutenant-colonel des FDI Yair Klein, qui affirme avoir été invité en Colombie pour former la police nationale. Dodd a expliqué l’intérêt pour le gouvernement colombien d’utiliser le savoir-faire israélien :

« Les vétérans de Tsahal sont également très impliqués dans le conflit colombien. L’État colombien compte beaucoup sur ces mercenaires israéliens – appelés « contractants militaires privés » par les apologistes – dans le sens où ils sont recrutés pour importer leur vaste expertise en matière de contre-insurrection développée dans la lutte contre les Palestiniens. Le fait que ces mercenaires ne soient pas techniquement membres des forces armées colombiennes et ne portent pas les uniformes officiels de l’armée, leur permet de fournir à l’État un déni plausible pour les crimes d’agression contre le mouvement révolutionnaire et d’autres forces progressistes ».

Les mercenaires israéliens se sont tellement normalisés dans la société colombienne que, alors que le président Juan Manuel Santos apparait dans une publicité pour la société de mercenaires israélienne Global CST, il déclare : « Ce sont des gens qui ont beaucoup d’expérience. Ils nous ont aidés à mieux travailler », déclare-t-il.

 

Liens politiques

La Palestine a également des liens avec l’Amérique latine, et la communauté palestinienne s’y porte bien. Ces derniers temps, un certain nombre de Palestiniens ont accédé à de hautes fonctions dans la région, notamment Carlos Roberto Flores, président du Honduras de 1998 à 2002, Antonio Saca, président du Salvador de 2004 à 2009 et Yehude Simon, premier ministre du Pérou de 2008 à 2009.

Alors que le continent s’est déplacé vers la gauche dans les années 2000, presque toute la région a commencé à reconnaître la Palestine comme un État indépendant. Pendant des années, la Colombie a été le seul pays d’Amérique du Sud à résister, et elle l’a fait jusqu’en 2018.

Au même moment, le président Duque faisait clairement connaître sa position. L’année dernière, il s’est exprimé devant l’AIPAC, le groupe de pression pro-israélien le plus puissant d’Amérique, où il a annoncé que la Colombie ouvrirait un « bureau d’innovation » à Jérusalem occupée, à un pas de défier le droit international en y déplaçant l’Ambassade colombienne. Il a également dénoncé une supposée présence du Hezbollah au Venezuela voisin, désignant le groupe libanais et ennemi militaire d’Israël comme une organisation terroriste – un geste qui a probablement plus à voir avec le fait de se faire des amis qu’avec de véritables craintes en matière de sécurité.

Tout au long de ces derniers bombardements de Gaza, qui ont fait environ 250 morts, près de 2 000 blessés et des dizaines de milliers de personnes déplacées, le gouvernement colombien s’est tenu aux côtés de son allié, condamnant les tirs de roquettes sur Israël. « La Colombie exprime sa profonde préoccupation face aux actes terroristes et aux attaques contre Israël et exprime sa solidarité avec les victimes de ces actions », a-t-il écrit. Il n’y a eu aucune réprimande des missiles israéliens, bien plus meurtriers, qui frappent Gaza.

Un cycle de dépendance

L’alliance politique naissante a entraîné un approfondissement des liens économiques. En 2013, les deux nations ont signé un accord de libre-échange. « C’est un moment historique dans les relations entre l’État d’Israël et la République de Colombie », a annoncé le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. « Ces décisions créent une plateforme de coopération entre nous qui portera notre partenariat, notre amitié, notre fraternité… à de nouveaux niveaux politiques et économiques ».

Pour l’essentiel, les échanges commerciaux entre les deux États consistent en des armes et du savoir-faire israéliens envoyés en Colombie en échange de réserves minérales de la nation sud-américaine. En 2011, les armes de qualité militaire représentaient 49,6% de toutes les exportations israéliennes vers la Colombie. Le charbon représente environ 89% de ce qui revient dans l’autre sens. Le reste est principalement constitué de produits agricoles (café, fruits, sucre, etc.).

La richesse minérale de la Colombie n’est exploitable qu’après des décennies de pressions exercées par l’armée et les paramilitaires associés pour expulser les Noirs et les indigènes de leurs précieuses terres, afin de permettre l’installation de sociétés transnationales de l’agroalimentaire et de l’énergie. L’armement et les conseils techniques israéliens ont joué un rôle crucial à cet égard. En conséquence, Israël est en mesure de récolter une partie des bénéfices, en gardant les lumières allumées chez lui grâce au charbon colombien bon marché, dans un accord qui profite aux Israéliens et aux grandes entreprises, mais qui blesse les populations et contribue au nettoyage ethnique des deux côtés du monde.

« Des avant-postes clés de la puissance américaine »

La Colombie et Israël sont les alliés les plus favorisés des États-Unis dans leurs régions respectives. Israël reçoit chaque année des milliards de dollars d’aide militaire, des armes qu’il teste souvent sur des populations civiles palestiniennes et qui peuvent ensuite être vendues dans les foires aux armes du monde entier comme « testées au combat ».

De même, la Colombie reçoit gratuitement d’énormes quantités d’armes américaines (pour une valeur de plus de 461 millions de dollars en 2021), principalement sous le couvert de la guerre contre la drogue discréditée. Le Plan Colombie – la militarisation de la guerre contre la drogue en Amérique latine – est surtout associé à l’administration Bush. Cependant, le cerveau de l’opération était en fait Joe Biden. « C’est moi qui ai mis en place le Plan Colombie… en redressant ce gouvernement depuis longtemps », s’est-il vanté l’année dernière. Pendant son mandat, Joe Biden prévoitd’étendre sa politique de la Colombie à l’Amérique centrale.

Ni la répression la plus récente d’Israël ni celle de la Colombie n’ont suscité la censure de l’administration Biden, le président ayant immédiatement annoncé qu’ »Israël a le droit de se défendre », alors qu’il pilonnait des cibles civiles à Gaza. De même, il n’y a eu aucun mot officiel de Washington sur la répression meurtrière des manifestants par le gouvernement colombien. En effet, le secrétaire à la Défense Lloyd Austin a rencontré son homologue colombien Diego Molano en début de semaine, où il a « exprimé son engagement à renforcer nos relations en matière de défense », selon ses propres termes.

« Israël et la Colombie sont des avant-postes clés de l’empire américain et, en tant que tels, sont autorisés à terroriser les populations civiles au nom de la lutte contre le terrorisme », a déclaré Belén Fernández, une journaliste qui couvre de près les relations entre le Moyen-Orient et l’Amérique latine. « Les deux États sont fermement liés aux États-Unis et l’un à l’autre dans ce qui s’apparente à un ménage à trois militaro-économique fondé sur la perpétuation de l’insécurité, des déplacements forcés et de la tyrannie de droite », a-t-elle ajouté.

Shimon Peres, d’Israël, à gauche, et Juan Santos, de Colombie, sourient à des soldats israéliens lors d’une cérémonie à Jérusalem, le 10 juin 2013. Sebastian Scheiner | AP

MintPress s’est également entretenu avec Manuel Rozental, un médecin et militant de longue date vivant dans le Cauca, où la récente répression a été la plus extrême. Rozental a vu un certain nombre de parallèles entre Israël et la Colombie.

« En ce moment, il y a un soulèvement en Colombie de la part de personnes qui en ont assez d’un régime qui ne fait qu’exploiter et qui recourt à la violence et à la force. La même chose se passe à Gaza », a-t-il déclaré.

« Dans les deux cas, soit les États-Unis ne disent rien, soit ils présentent les deux parties comme faisant partie d’un processus de polarisation pour dissimuler le fait qu’il existe un seul régime illégitime qui réprime et opprime les gens. Aucune de ces violences en Colombie n’aurait lieu sans le soutien des États-Unis et de leurs intérêts commerciaux. Et c’est également le cas en Israël ».

Le rôle de la Colombie dans le système est nettement similaire à celui d’Israël : elle est le principal lieutenant des États-Unis dans la région, attaquant le Venezuela, la Bolivie ou n’importe lequel de ses autres voisins progressistes. C’est également le principal emplacement des bases militaires américaines dans la région. Pour Rozental, les parallèles entre la Colombie et la situation israélo-palestinienne sont « évidents » :

« Israël est le fer de lance des intérêts américains au Moyen-Orient en échange d’un financement massif du gouvernement pour le soutien d’un régime de plus en plus fasciste sous le contrôle de Benyamin Netanyahou en tant qu’homme fort, comme l'[ancien] président Uribe en Colombie. Ce modèle génère d’énormes sommes d’argent pour l’industrie militaire américaine et a transformé Israël à la fois en une superpuissance militaire et en un producteur et exportateur de sécurité de guerre dans tout le Moyen-Orient et le monde ».

Les manifestants dans les deux pays sont frappés par des gaz lacrymogènes qui proviennent du même fabricant d’armes basé en Pennsylvanie qui fournit les deux régimes. Les deux nations sont également disposées à faire le sale boulot que les États-Unis préféreraient ne pas être pris à faire. Israël, par exemple, est devenu le principal fournisseur d’armes de la dictature fasciste chilienne du général Pinochet après que la pression de l’opinion publique a contraint le gouvernement américain à suspendre son aide militaire. Il a également fourni environ 95% de toutes les armes à la junte militaire argentine pro-américaine lorsqu’elle était au pouvoir (1976-1983).

Entre-temps, la surveillance accrue de la formation par les États-Unis de dizaines de milliers de policiers et de militaires latino-américains aux tactiques de répression a rendu les États-Unis moins enclins à poursuivre cette pratique, d’autant plus que de nombreux diplômés de la tristement célèbre École des Amériques de Fort Benning, en Géorgie, ont été reconnus coupables de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Evan King, directeur du programme Colombie pour le Collectif de Solidarité Witness for Peace à Bogota, a déclaré à MintPress :

« La Colombie est l’Israël de l’Amérique du Sud car elle a commencé à exporter ces tactiques dans toute la région. Les États-Unis adorent cela, la délocalisation de l’endoctrinement des forces militaires à l’étranger. Ils n’ont pas besoin de le faire parce que les Colombiens le font maintenant. Vous voyez donc les forces colombiennes former la police hondurienne, salvadorienne ou mexicaine. Plus récemment, vous avez vu les forces spéciales colombiennes se rendre en Haïti pour former les forces de sécurité haïtiennes, qui abattent maintenant aussi des manifestants dans les rues ».

Des États colonisateurs

L’expression « l’Israël de l’Amérique latine » était à l’origine une épithète contre la Colombie de l’ancien président vénézuélien Hugo Chavez, soulignant comment la Colombie est un outil de l’impérialisme américain. Toutefois, l’ancien président colombien Santos s’est approprié cette expression comme un compliment, déclarant son peuple israélite honoraire et soulignant leurs similitudes.

Les deux États sont en effet beaucoup plus semblables que beaucoup ne le pensent. Ce sont tous deux des gouvernements hautement militarisés qui mènent des guerres apparemment sans fin contre leurs populations indigènes, tout en utilisant la rhétorique de la poursuite d’un « processus de paix » qui ne semble jamais apporter la paix.

De même, les deux gouvernements qualifient leurs opposants de « terroristes ». En Colombie, ce sont les syndicats, les groupes de guérilla de gauche et les dirigeants indigènes et sociaux ; en Israël, ce sont les médecins, les journalistes et la population palestinienne en général. Ainsi, toute personne se mettant en travers de leur chemin peut être désignée comme terroriste et devient donc une cible légitime.

Des manifestants empêchent l’entrée d’un chat de sable israélien, de la même variété que celui vendu à la Colombie, dans une foire aux armes au Royaume-Uni. Mark Kerrison | Alamy

« Le type de paix que le gouvernement israélien souhaiterait est une paix où ils pourraient faire ce qu’ils veulent avec la terre et ne jamais la rendre. Et il y a une approche similaire au conflit qui se poursuit ici [en Colombie]. Le gouvernement est favorable au processus de paix, mais principalement en tant qu’outil permettant d’ouvrir le pays aux investissements étrangers », a déclaré King, ajoutant : « C’est là que je pense que la Colombie et l’Union européenne ont un rôle à jouer :

« C’est là que je pense que la Colombie et Israël sont très similaires ; la contre-insurrection n’est plus une tactique ou une stratégie pour faire face à une menace, mais c’est une façon de gouverner et une raison d’être de l’État. L’État n’est plus là pour fournir des services sociaux ou garantir les droits des gens, mais pour se protéger contre un ennemi intérieur à tout moment et à tout prix ».

Le gouvernement colombien, sous la direction d’Alvaro Uribe, le mentor de Duque, a supervisé une longue série de meurtres et de massacres extrajudiciaires qui ont fait jusqu’à 10 000 morts. Surnommé le « scandale des faux positifs », les forces gouvernementales assassinaient qui elles voulaient, prétendant ensuite que leurs victimes étaient des membres d’organisations narcoterroristes. Cela permettait au gouvernement d’éliminer toute opposition à son égard et d’intimider d’autres adversaires potentiels pour qu’ils se taisent. C’est pourquoi il était particulièrement remarquable que, l’année dernière, le premier ministre Netanyahou applaudisse Duque en déclarant : « Ivan, votre leadership dans la lutte contre le terrorisme est un exemple pour le reste de l’Amérique latine ». Une semaine après le lancement des manifestations actuelles, le ministre colombien de la Défense, Diego Molano, a déclaré que le pays « fait face à la menace terroriste des organisations criminelles ».

Les deux gouvernements mènent également ce qui s’apparente à des projets de colonisation. En Colombie, c’est une élite résolument blanche qui tente de débarrasser les terres des agriculteurs indigènes et afro-colombiens pour faire place aux multinationales, tandis qu’en Israël, c’est la construction d’un État suprémaciste juif sur un État palestinien déjà existant. L’ampleur de la violence en Colombie est presque inconnue en Occident ; les Nations unies estiment qu’il y a actuellement 7,4 millions de Colombiens déplacés, un chiffre supérieur aux estimations les plus élevées concernant les réfugiés palestiniens.

« Le gouvernement central traite les indigènes et les Afro-Colombiens comme des citoyens de seconde zone. Ils ne leur donnent pas vraiment de droits. Ce n’est pas une chose formelle, mais si vous allez dans les villes à majorité noire comme la ville portuaire de Buenaventura, la différence est flagrante », a déclaré King. « La façon dont les gens vivent là-bas est, je suppose, plus proche des conditions de vie à Gaza que dans le reste de la Colombie. Il n’y a pas de régime d’apartheid formel, mais il est clair que tout l’enjeu est qu’ils quittent le territoire après des difficultés économiques et humanitaires si extrêmes qu’ils se contenteront de dépeupler le territoire eux-mêmes, sans aucun recours à la force ».

Israël en Amérique latine

Dans toute l’Amérique latine, Israël est une question partisane. Alors que les mouvements de gauche du continent ont offert leur soutien aux Palestiniens, considérant que leur lutte contre l’impérialisme est intimement liée à la leur, la droite a fait d’Israël sa cause.

En 2010, le président Chavez a offert son soutien total à l’indépendance palestinienne. « Du fond de mon âme, soyez maudit, État d’Israël ! Terroristes et assassins ! Vive le peuple palestinien », a-t-il déclaré. Quatre ans plus tard, à la suite d’une nouvelle attaque israélienne contre Gaza, le président bolivien Evo Morales a officiellement déclaré qu’Israël était un « État terroriste ».

Presque aussitôt après que Morales ait été renversé par un coup d’État soutenu par les États-Unis en 2019, le nouveau gouvernement d’extrême droite a rétabli les liens avec l’État du Moyen-Orient et a immédiatement invité des responsables de Tsahal dans le pays pour aider à gérer les manifestations nationales contre le coup d’État. « Nous les avons invités à nous aider. Ils ont l’habitude de traiter avec les terroristes. Ils savent comment les gérer », a déclaré le nouveau ministre de l’Intérieur, Arturo Murillo, à propos de ses invités. Le ministre des Affaires étrangères, Israël Katz, a exprimé sa satisfaction de voir qu’un nouveau « gouvernement ami » avait pris les rênes de la Bolivie. Au Venezuela, l’une des premières choses que Juan Guaidó a faites après s’être annoncé président du pays a été de révéler qu’il travaillait à la renormalisation des relations avec Israël.

Au Brésil, le président d’extrême droite Jair Bolsonaro semble presque obsédé par Israël, à tel point qu’on le voit rarement à un rassemblement sans de multiples drapeaux israéliens à proximité. Cet ancien officier de l’armée âgé de 66 ans a également ouvert un bureau commercial à Jérusalem et a laissé entendre que l’ambassade suivrait bientôt. D’autres États de droite, comme le Honduras, ont promis de faire de même. Les enfants de Bolsonaro se sont également laissés photographier portant des chemises des FDI et du Mossad. Netanyahou a exprimé sa reconnaissance, déclarant que son gouvernement n’avait « pas de meilleurs amis que le peuple et le gouvernement du Brésil ».

Les fils de Jair Bolsonaro photographiés portant des chemises à la gloire de l’armée israélienne.

La raison de la préoccupation pour Israël dans une grande partie de la région vient de la montée en puissance de l’église évangélique conservatrice. Comme l’a expliqué le journaliste et pasteur ordonné Chris Hedges à MintPress la semaine dernière, de nombreuses prophéties chrétiennes de droite sur la fin des temps prévoient le retour des juifs en Terre sainte et la destruction de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem. Ce n’est qu’alors que les justes monteront au ciel et que les damnés (dont les juifs et les autres non-croyants) seront jetés en enfer. Bolsonaro et d’autres leaders de la nouvelle droite tirent leur soutien le plus fidèle de ces groupes.

Israël contribue également à soutenir le président chilien Sebastian Piñera, en proie à des protestations nationales et à un mépris généralisé, comme il l’a fait avec Pinochet il y a 40 ans. Comme l’a fait remarquer Fernández, Israël a vendu des armes et des équipements anti-émeutes au Chili, et a formé son armée et sa police, un savoir-faire qui s’est sans doute avéré utile pour faire face à une révolte nationale.

Un avenir meilleur ?

Alors que la violence en Colombie et en Palestine a fait les gros titres, un certain espoir se profile à l’horizon pour ceux qui souffrent dans ces deux pays. Les sondages montrent que le gouvernement de Duque semble affaibli en tant que force politique et que l’ancien guérillero de gauche Gustavo Petro est de loin en avance sur ses concurrents pour l’élection présidentielle de l’année prochaine.

Petro a perdu en 2018, au milieu de menaces sur sa vie, d’achats et de truquages de votes généralisés, et d’une menace généralisée de paramilitaires d’extrême droite promettant de tuer quiconque oserait voter pour lui. Cependant, la gestion désastreuse de Duque du Covid-19 et sa poussée tous azimuts pour une thérapie de choc économique a aliéné une grande partie de sa base. Si Petro peut rester en vie jusqu’à l’année prochaine – ce qui n’est pas une tâche facile pour les politiciens colombiens progressistes – la victoire pourrait lui revenir.

Sur la Palestine aussi, l’humeur semble changer. Alors que le soutien inconditionnel à Israël était autrefois la norme, des politiciens de haut rang, des présentateurs de télévision par câble et des chroniqueurs ont dénoncé sans équivoque l’agression israélienne, et beaucoup se sont fait l’écho des organisations de défense des droits de l’homme en qualifiant l’État d’apartheid. Le mouvement Black Lives Matter a offert son soutien à la Palestine, de nombreux élus établissant ouvertement un lien entre la violence contre les Palestiniens et la violence contre les personnes de couleur aux États-Unis.

« Je me lève aujourd’hui en solidarité avec le peuple palestinien », a commencé le discours du représentant Cori Bush (D-MO) au Congrès au début du mois, une déclaration impensable il y a seulement quelques années. « Le matériel qu’ils ont utilisé pour nous brutaliser [à Ferguson] est le même que celui que nous envoyons à l’armée et à la police israéliennes pour terroriser les Palestiniens », a-t-elle ajouté. « Le nettoyage ethnique se poursuit maintenant », a déclaré Rashida Tlaib, membre du Congrès du Michigan, lors d’une manifestation devant le Département d’État. « Ce qu’ils font au peuple palestinien, c’est ce qu’ils continuent de faire à nos frères et sœurs noirs ici ; … tout est interconnecté ». Avec leur myriade de liens, nous devrions également considérer la violence contre les Colombiens et les Palestiniens comme interconnectée. Peut-être leur libération le sera-t-elle aussi.

Alan Macleod

 

Article original en anglais :Birds of a Fascist Feather: Why Israel Is Aiding Colombia’s Crackdown on Protestersmintpressnews.com, le 28 mai 2021.

Traduit par Réseau International

La source originale de cet article est mintpressnews.com

Copyright © Alan MacLeodmintpressnews.com, 2021

https://www.mondialisation.ca/pourquoi-israel-aide-la-colombie-a-reprimer-les-manifestants/5657158

Dans Colombie

COLOMBIE : LE GOUVERNEMENT FAIT LE CHOIX DE REPRIMER LES MANIFESTATIONS POPULAIRES

Par Le 02/06/2021

1 Juin 2021

 

Par Pierre Lebret et Mauricio Jaramillo Jassir *

Paris, 31 mai (Prensa Latina) La Colombie traverse actuellement des moments critiques et décisifs. Dans le monde entier, beaucoup s'interrogent sur les causes de ces manifestations sans précédent qui se tiennent depuis près d’un mois. Cette mobilisation populaire contre le gouvernement d'Ivan Duque, est aussi l’expression d’un cri de colère général contre l'establishment colombien, principal responsable de la perpétuité des inégalités sociales.

La terrible gestion de l'administration actuelle a fini par épuiser la patience de millions de personnes qui voient avec inquiétude la détérioration de la situation économique et la manière dont la démocratie s'affaiblit.

En février 2019, après 6 mois au pouvoir, le gouvernement d'Ivan Duque avait été averti de la situation critique des droits humains. Le rapport de la Haute-Commissaire aux droits de l'homme alertait clairement sur l'augmentation inquiétante des massacres, le meurtre sélectif et systématique de dirigeants sociaux et d’anciens combattants de l’ex guérilla des FARC-EP.

À ce moment-là, le gouvernement exprimait la position maintenue à ce jour: un déni catégorique des faits. Non seulement il s'est abstenu de reconnaître la gravité des actes commis, mais il a également qualifié le rapport de partial et a accusé le bureau des Nations Unies d'ingérence indue, une conduite digne des régimes autoritaires lorsque de graves violations des droits humains sont commises. 

Le président Duque a abandonné la tradition diplomatique des gouvernements précédents, d’idéologies distinctes, qui consistait à coopérer avec le système des Nations Unies pour la défense des droits de l'homme en Colombie. Actuellement, il existe 24 agences sur le territoire colombien. La réponse du Centre démocratique, le parti au pouvoir, par l'intermédiaire de son président du Congrès de l'époque, Ernesto Macías, a consisté à proposer l'expulsion de toutes ces organisations. Cette déclaration démontre la lecture que fait le parti au pouvoir des organisations onusiennes. 

En novembre 2019, la Colombie a été témoin de manifestations massives non seulement à Bogota mais dans plusieurs villes du pays. Cette mobilisation se hissait contre le modèle économique, contre une éventuelle réforme des retraites et pour exiger le respect des accords de La Havane signés en 2016 avec les FARC-EP, que le gouvernement a méprisé sans aucun scrupule se désengageant de leur responsabilité étatique. 

Ces manifestations étaient spontanées et n'obéissaient pas aux intérêts des partis politiques. Des milliers de personnes étaient descendus dans la rue, étudiants, jeunes, Afros, autochtones, hommes et femmes d'origines socio-économiques et ethniques distinctes, mais les autorités ont ignoré la mobilisation populaire. Avec la pandémie, le gouvernement a connu une période de trêve qui aurait pu être l’occasion de rétablir la confiance et d’initier un processus de dialogue pour avancer vers un nouveau pacte social, mais rien n’a été fait. 

Cette fois, l'indignation a été déclenchée par une réforme fiscale qui laissait le poids de la reprise économique de l’après pandémie sur la classe moyenne, sans concertation. Le retrait de ce projet de loi n'a pas calmé les esprits et les manifestations ont continué. Selon l’ONG Temblores, le bilan est tragique: 43 morts, plus de 1200 arrestations arbitraires et 855 victimes de violence physique. Le gouvernement a donc choisi la brutalité, la criminalisation des mouvements sociaux et pense rétablir l’ordre par la terreur. Dans ce contexte, les autorités colombiennes viennent de refuser l’accès sur le territoire aux délégués de la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme, un autre fait qui bafoue le droit international et isole encore un peu plus cette terre caribéenne, andine et d’Amazonie. 

Au lieu de convoquer un large dialogue social dans tous les territoires, le gouvernement s'est consacré à la gestion de la crise de Bogota, enfermé dans la Casa de Nariño (siège du gouvernement) où il a convoqué de manière sélective des dirigeants qui représentent des segments étroits. Mais jusqu'à présent, il n'y a même pas eu de dialogue public avec le principal opposant Gustavo Petro, arrivé en deuxième position lors des élections présidentielles de 2018.

La crise ne peut être surmontée sans la démonstration d’une volonté concrète et durable de dialogue de la part du gouvernement avec tous les secteurs de la société colombienne. Il est également impératif que le président ordonne l’arrêt immédiat de la répression et puisse présenter publiquement ses excuses suite aux violations des droits humains. La criminalisation des manifestants doit cesser dans ce pays qui reste l’un des plus inégalitaires au monde. De la même manière, la reprise de la mise en œuvre des accords de paix est essentielle pour la stabilité du pays. L’abandon des accords de La Havane explique en grande partie la résurgence des schémas de violence exprimés dans les massacres et les assassinats sélectifs. 

Rarement dans l'histoire récente de la Colombie un nouveau pacte social a été aussi urgent. Face à un gouvernement aux œillères épaisses, la communauté internationale doit être aux côtés de la société civile colombienne et agir en conséquence. Nous nous permettons de transformer cette phrase de Gabriel Garcia Marquez pour affirmer que le temps ne peut pas s’écouler sans faire de bruit.

* Pierre Lebret, politologue, expert de l’Amérique Latine ; Mauricio Jaramillo Jassir, Professeur à l’Université Del Rosario, Colombie

source:http://frances.prensa-latina.cu/index.php?option=com_content&view=article&id=886498:colombie-le-gouvernement-fait-le-choix-de-la-la-repression-contre-son-peuple&opcion=pl-ver-noticia&catid=19&Itemid=101

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Dans Colombie

DECLARATION (COLOMBIE) : LE SOULEVEMENT POPULAIRE EST EN TRAIN DE FAIRE TOMBER LE REGIME NEOLIBERAL ET MILITARISTE DE DUQUE

Par Le 31/05/2021

Déclaration (Colombie) : le soulèvement populaire est en train de faire tomber le régime néolibéral et militariste de Duque

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mardi 18 mai 2021, par Movimiento Ecosocialista de Colombia

 

Movimiento Ecosocialista (Colombia)

Ordre néolibéral

« Le néolibéralisme ne meurt pas sans tuer, mais plus il tue, plus il meurt. Ce qui se passe en Colombie n’est pas un problème colombien, c’est un problème qui est nôtre, celui des démocrates du monde. » Boaventura Dos Santos

Le 28 avril 2021 a marqué une nouvelle étape dans l’histoire de la mobilisation et de l’exercice de la protestation sociale en Colombie. La grève nationale appelée par les centrales syndicales a fini par devenir un grand soulèvement populaire. Ce même jour, les capitales des départements ont été le théâtre de mobilisations de travailleurs et travailleuses, de travailleurs informels, d’étudiant·e·s, d’organisations de quartier, de femmes, de communautés indigènes et afro ; une expression sociale diverse et plurielle d’un peuple désespéré, acculé par la mise en œuvre de décennies de politiques néolibérales et abandonné à son propre sort pendant la pandémie [qui est très présente]. Ce soulèvement populaire s’inscrit dans une ligne de continuité avec les mobilisations urbaines du 21 novembre 2019, mais, cette fois, des villes intermédiaires et des zones rurales s’y sont jointes. Des manifestations de rue ont eu lieu dans 600 municipalités et le nombre de manifestant·e·s a atteint environ cinq millions de personnes.

Cette protestation de masse a déjà obtenu des résultats. La chute de la réforme fiscale [qui frappait les « classes moyennes » et les pauvres par une hausse massive de la TVA sur les biens et services], le départ du ministre des finances Alberto Carrasquilla et de son équipe économique, la démission de la ministre des affaires Etrangères Claudia Blum, l’enlisement au Congrès des réformes de la santé, des retraites et du travail qui font partie du « Paquetazo » [du paquet de contre-réformes] du gouvernement d’Ivan Duque exigé par les agences de notation et le FMI.

Ces résultats ont été obtenus malgré le déploiement policier et militaire sans précédent dans le pays, déploiement décidé par le gouvernement contre la mobilisation sociale. Les 50 assassinats, 400 disparitions, des centaines de blessés et des dizaines de femmes abusées sexuellement – comme Alisson Meléndez, 17 ans, violée dans une Unité de Réponse Immédiate (URI) de la police à Popayán, ce qui a conduit à sa décision tragique de se suicider – ont été la conséquence du traitement de type guerre civile réservé à la protestation citoyenne par l’ESMAD (Escuadrón Móvil Antidisturbios), la police, l’armée et les civils armés. Dans le cas de Cali, la répression a inclus l’utilisation d’armes longues (fusils de guerre), de grenades et de gaz lacrymogènes projettés sur les manifestant·e·s et dans les quartiers ou sur les unités résidentielles voisinnes, et même le mitraillage depuis des hélicoptères militaires, comme ce fut le cas à Siloé [quartier paupérisé de Cali]. A la périphérie de Buga, sur la route panaméricaine, des unités militaires aéroportées ont également été utilisées et des quartiers sont toujours encerclés par l’ESMAD et attaqués au gaz lacrymogène et aux explosifs. A Popayán, la réponse militaire au soulèvement d’indignation populaire provoqué par les abus de la police a déjà coûté la vie à un étudiant, sans parler des disparus et des blessés. A Yumbo, quelque chose de similaire s’est produit.

Ces « théâtres d’opérations » militaires ont été personnellement et directement autorisés par le président Iván Duque, le commandant général des forces armées,

Eduardo Zapateiro, le directeur général de la police, Jorge Luis Vargas, auxquels il faut ajouter la responsabilité par omission des maires locaux qui leur ont remis le contrôle de « l’ordre public » dans les villes, sans même en discuter. Tous sont responsables de génocide, de terrorisme contre les peuples [indigènes] et doivent être jugés comme tels devant la Cour pénale internationale et les organes internationaux créés à cet effet.

Cette barbarie militariste confirme que nous assistons à l’effondrement du prétendu « Etat de droit » et confirme qu’il existe une séparation abyssale entre les institutions d’une démocratie représentative précaire et les demandes sociales de la majorité des Colombiens. L’application systématique et programmée du terrorisme d’Etat est également la preuve de la crise du capitalisme périphérique – conjointement à la pire crise économique de l’histoire du capitalisme – aggravée par la pandémie de Covid-19. Nous avons atteint la situation extrême d’impasse d’un État et de ses « élites », incapables de résoudre les besoins les plus élémentaires de la population, maintenant, à moyen et à long terme.

La flambée sociale a débordé les formes classiques de mobilisation populaire, a rendu possibles des expressions de solidarité – comme dans le cas de la présence de la « Minga » [action collective] indigène à Cali – et a fait des blocages des routes dans les villes et de leur défense (les barricades) les points clés d’une véritable grève nationale.

La « ligne de front », ceux qui ont animé les blocages, est composée de jeunes « marginalisés » par le néolibéralisme, privés d’accès à la santé, à l’éducation et au travail. Ils viennent protester par indignation, unis par le désespoir. Ils ne croient pas aux institutions conventionnelles, ni aux partis politiques, de gauche ou de droite. Ils s’organisent « d’en bas » dans des processus lents de coordination, compte tenu des exigences de la résistance de rue auto-convoquée. Ils rejettent le leadership personnalisé, proclament « l’horizontalité » dans la prise de décision. Ils ont acquis une grande légitimité sociale dans les quartiers où ils opèrent et facilitent la réalisation d’assemblées populaires. Ces blocages urbains, comme l’a déclaré publiquement l’archevêque de Cali, Darío Monsalve, « sont presque le seul moyen dont disposent les militants de la grève pour se faire entendre… ». Ils sont également apparus comme une réponse au siège des villes par les forces armées.

Le fait que depuis le début des journées de protestation – soit depuis plus de deux semaines – les blocages ont été utilisés par le gouvernement, les hommes d’affaires et les commerçants locaux en les présentant à la population étant comme les responsables de la pénurie de produits de première nécessité et de carburant. Et cela bien que des « couloirs humanitaires » aient été mis en place par les manifestants. Dès lors, un débat a été ouvert la discussion sur l’opportunité de maintenir les blocages. À cet égard, nous pensons que toute décision sur cette question doit être précédée de garanties de non-poursuite et de non-criminalisation pour tous ceux qui animent les blocages, garanties supervisées par des organisations de défense des droits de l’homme et, dans la mesure du possible, avec une surveillance internationale et des engagements explicites du gouvernement national et des dirigeants locaux concernant leurs revendications. Ce qui s’est passé à Cali, après l’échec de la table de négociation qui a été tentée avec la mairie, est contraire à ce dont nous avons besoin pour trouver des solutions à la situation actuelle. Les leaders de quartier qui ont participé à la réunion ont été repérés et sont actuellement détenus par la police à leur domicile afin d’être poursuivis.

En ce qui concerne la décision politique de mettre fin aux blocages, nous considérons qu’elle doit être prise par ceux qui les ont organisés comme une forme de résistance légitime, c’est-à-dire par les membres des « lignes de front » avec leur soutien logistique proche. Ceux qui ont mené les affrontements dans la rue et qui ont connu dans leurs rangs des morts, des blessés et des disparus sont ceux qui ont l’autorité morale pour prendre cette décision. Il en va de même pour les blocages de routes menés par les camionneurs et les paysans.

Les gigantesques marches auxquelles nous avons assisté à Ibagué, Neiva et Bogota ces derniers jours et les organisations sociales qui s’y sont jointes, comme les camionneurs de tout le pays et les cultivateurs de coca du sud-ouest, confirment que ce soulèvement populaire est en train de prendre de l’ampleur. C’est pourquoi nous considérons que le facteur décisif est l’ouverture d’alternatives politiques « venant d’en bas » à la crise du capitalisme périphérique du pays. Ce soulèvement populaire montre que l’auto-organisation et la démocratie directe qui s’expriment dans de multiples formes de résistance vont dans le sens de la consolidation d’une « institutionnalité parallèle » qui dépasse les limites étroites de la démocratie représentative. Ce soulèvement a dépassé la représentativité traditionnelle des organisations syndicales et du Comité national de grève, confirmant que leurs revendications étroites les laissent en dehors de celles du large spectre populaire. Le 1er mai l’a démontré de manière spectaculaire. Alors que dans les combats de rue, la brutalité policière a déjà provoqué des morts et des disparus, les centrales syndicales ont appelé à une célébration de la fête des travailleurs avec un « défilé virtuel ». La méfiance des leaders des quartiers et des dirigeants populaires à l’égard des négociations que le Comité de grève tente de développer découle de cette réalité.

Le soulèvement populaire démontre également l’incapacité d’un Congrès et de partis politiques piégés par la corruption et les engagements envers les intérêts des grands capitalistes, ainsi que celle d’organes de contrôle et de hauts tribunaux qui ont joué le rôle de complices de la barbarie militariste à laquelle nous assistons actuellement. Pour cette raison, il a ouvert une crise institutionnelle qui pourrait aboutir à la démission du président Ivan Duque. Le développement des événements et les rapports de forces qui s’établiront dans un avenir immédiat détermineront s’il est possible de réaliser cette possibilité qui implique un certain coup porté au régime politique néolibéral et militariste.

Nous sommes d’accord sur le fait qu’il est nécessaire d’avancer désormais cette revendication, comme le proposent avec de plus en plus de force les organisations politiques et sociales. Ignorer cette possibilité en argumentant [comme l’a fait l’ancien maire de Bogota et sénateur Gustavo Petro] qu’elle produirait un « vide institutionnel » et que dans cette conjoncture nous ferions face à l’arrivée au Palais de Nariño du vice-président ou du président du Congrès – qui sont supposément pires que Duque – ou qu’une fois la démission de Duque concrétisée, la voie du coup d’Etat militaire serait ouverte – raisons pour lesquelles il faut « défendre Duque de l’uribisme » [Alvaro Uribe] qui l’a mis au pouvoir ­–, non seulement exempte ce gouvernement de responsabilités politiques, mais il l’exempte aussi de responsabilités face à l’assassinat collectif contre le peuple sans défense, en tant que chef des forces armées. Mais cette position part également du critère erroné que l’approfondissement de la crise institutionnelle qui ouvrirait le renversement populaire d’un gouvernement réactionnaire comme celui de Duque, chose sans précédent dans l’histoire du pays, ne pourrait être résolu que dans le cadre de cette même institutionnalité qui s’effondre actuellement.

Au contraire, nous considérons qu’un triomphe populaire de cette ampleur ouvrirait de grandes possibilités pour l’action politique autonome de la population et serait la voie pour la convocation d’une Assemblée constituante et populaire. Ce serait le meilleur moyen d’isoler et de vaincre la réaction politique et les putschistes, à un moment où la solidarité populaire est immense à l’échelle internationale.

Les leaders sociaux et populaires ont également mis l’accent sur les revendications économiques et sociales suivantes que nous appuyons et qui peuvent constituer une plateforme minimale et urgente face à l’appauvrissement auquel sont soumis des millions de Colombiens à cause des politiques néolibérales que continue d’imposer le gouvernement Duque :

• Poursuite légale et sanction des responsables des meurtres et des disparitions qui ont eu lieu pendant la militarisation de la protestation sociale. Punir les responsables de viols de femmes. Démanteler l’ESMAD et transformer la police en un organe civil relevant du ministère de l’Intérieur. Arrêtez les assassinats et les massacres de leaders sociaux. Promouvoir un accord humanitaire dès à présent avec tous les groupes armés afin de trouver une solution au conflit qui devrait se conclure par des tables de négociations différenciées selon les caractéristiques de chaque groupe.

• Revenu de base d’urgence pour le secteur informel et les chômeurs. Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de suspendre le paiement de la dette publique qui représente actuellement 63% du produit intérieur brut et de réaliser une réforme fiscale démocratique et redistributive qui instaure un impôt sur la fortune des riches et des super riches, non déductible de l’impôt sur le revenu ; un impôt sur les dividendes des entreprises et les héritages, ainsi que l’élimination des exonérations fiscales pour les grandes entreprises et le secteur financier.

• Le respect des accords de paix, notamment en ce qui concerne la substitution volontaire des cultures [en remplacement de la culture de la coca] et la mise en œuvre de projets collectifs qui améliorent le niveau de vie des communautés paysannes et ethniques, sur la base de la souveraineté alimentaire.

• Programme de création d’emplois pour les jeunes, extension de la couverture et du financement des frais de scolarité des étudiants dans les universités publiques.

Dehors le gouvernement génocidaire d’Iván Duque ! Pour une sortie alternative de la crise actuelle… Assemblée constituante et populaire !

Movimiento Ecosocialista, 18 mai 2021

P.-S.

• Publié par Correspondencia de Prensa ; traduction rédaction A l’Encontre le 20 mai 2021 :
http://alencontre.org/ameriques/amelat/colombie/colombie-le-soulevement-populaire-est-en-train-de-faire-tomber-le-regime-neoliberal-et-militariste-de-duque.html

Copyright

http://europe-solidaire.org/spip.php?article58360

Dans Colombie

VICTOIRE DU PEUPLE COLOMBIEN

Par Le 28/05/2021

27 Mai 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-05-25 08:53:23

      


 

Par Guillermo Alvarado

La population colombienne qui fait des manifestations massives dans tout le pays, a remporté cette semaine une victoire de plus avec ses mobilisations, lorsqu’une commission mixte du Senat et de la Chambre de Députés a archivé une initiative polémique de réforme du système de la santé.

Les protestations ont commencé cela fait 24 jours et au début elles avaient pour but d’obtenir l’abrogation  d’une initiative du président du pays, Iván Duque, qui prétendait introduire des changements dans le système fiscal et qui obligerait les classes moyennes et basses à payer plus d’impôts et accorderaient des privilèges fiscaux aux plus riches.

Au lieu de négocier, le pouvoir exécutif a lancé contre la population l’armée, la police et l’effrayant Escadron Mobile anti-émeute, ESMAD, qui ont provoqué plusieurs morts, des blessés, des arrestations arbitraires et des agressions sexuelles, ce qui a radicalisé le mouvement.

Finalement le président a dû retirer le projet fiscal, mais ça n’a pas calmé la colère contre les brutalités policières et l’impunité des forces de l’ordre.

À un moment aussi difficile, le président a eu l’idée folle d’ordonner l’utilisation maximale des forces de l’ordre pour dégager des voies de communication bloquées par les manifestants.

C’est en plein milieu de cette situation tendue que Duque a reçu un nouveau revers lorsque par 27 voix pour, et à peine 5 contre, la reforme de santé a été rejetée, une reforme remise en cause non seulement par les citoyens mais aussi par les médecins du secteur de la santé.

L’initiative avait pour objectif de privatiser l’assistance médicale de la population sous prétexte que secteur privé est mieux préparé pour répondre à l’actuelle urgence sanitaire et à d’autres similaires à l’avenir.

Le nouveau système serait formé par des Entreprises Promotrices de la Santé, EPS, qui sont déjà créés et qui gèreraient les ressources de l’État, mais qui feraient payer leurs services.

L’idée était de préserver celles plus importantes en capacité et d’éliminer les moins développées, pour créer après des entreprises mixtes avec des hôpitaux publics gérés par les municipalités ou les gouvernements locaux, et elles seraient absorbées petit à petit jusqu’à leur privatisation totale.

Des représentants de plusieurs communautés, ainsi que quelques membres de l’organe législatif ont signalé que la santé ne peut être vue comme une affaire, mais comme un droit humain universel et gratuit.

Il s’agit donc, d’une nouvelle victoire du peuple colombien, qui constate comment l’unité et la ferme décision peuvent renverser des politiques néolibérales qui nuisent à leurs intérêts et à leur avenir.

source : https://www.radiohc.cu/fr/especiales/comentarios/258454-victoire-colombienne

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COLOMBIE : GUERRE TOTALE CONTRE LE MOUVEMENT SOCIAL

Par Le 26/05/2021

 

Guerre totale contre le mouvement social

 

26 Mai 2021

   

Voilà plusieurs semaines que des manifestations importantes ont éclaté en Colombie. Elles sont sévèrement réprimées et on compte des dizaines de morts. Difficile de comprendre ce qui s’y passe. Si ces affrontements avaient le Venezuela pour théâtre, ils feraient chaque jour la une des médias occidentaux. Mais pour la Colombie, la couverture est différente. Un exemple de plus à ajouter à la liste de la fabrique du consentement dressée par Herman et Chomsky. En attendant, heureusement il y a Lemoine pour nous aider à comprendre les enjeux de ces manifestations colombiennes. (IGA)

Si un peuple sort pour manifester au milieu d’une pandémie, c’est parce que le gouvernement est plus dangereux que le virus. » Sous cette forme ou sous une autre, ce slogan figurait sur d’innombrables pancartes, panneaux et banderoles quand, le 28 avril, dans les rues de Bogotá, Cali, Medellín, Pereira, Manizales, Neiva ou Pasto, des flots de manifestants ont commencé à se déverser. Une indignation majuscule portait les participants : trois jours auparavant, le gouvernement avait annoncé sa nouvelle… « Loi de solidarité durable » (ou « soutenable », selon les traductions). C’était la meilleure, celle-là ! Préparée par le ministre des Finances, un néolibéral orthodoxe, Alberto Carrasquilla, cette réforme fiscale entendait recouvrer 6,3 milliards de dollars afin de réduire un déficit fiscal que la catastrophe sanitaire a considérablement aggravé. Soit. Mais en tapant essentiellement sur les classes moyennes et les milieux populaires. Coup pas trop élégant, on en conviendra. Surtout quand, au milieu des cris d’alarme des hôpitaux débordés, le pays subissait la troisième vague de la pandémie.

« Solidaire », une loi faisant passer la TVA (IVA en espagnol) de 5 % à 19 % sur des produits comme l’essence ou, depuis les aliments jusqu’aux vêtements, les biens de première nécessité ? « Soutenable » l’augmentation de la taxe sur les services publics, dont l’eau, le gaz ou l’électricité ? Acceptable un impôt sur les retraites ou l’élargissement de la base imposable en direction des moins fortunés ? Très difficile à avaler quand, au même moment, la Direction nationale des statistiques (DANE) publie ses derniers chiffres : de 35,7 % en 2019, le taux de pauvreté est passé à 46,1 % en 2020 [1]. A peine moins – 42 % – si l’on intègre dans les calculs les maigres – et provisoires – programmes d’assistance mis en place pour atténuer les effets du Covid-19 [2].
Trois millions six cent mille nouveaux pauvres (pour arriver à un total de 21 millions, dont 7,5 millions en extrême pauvreté) … Et il faudrait subir encore plus ? La Colombie se révolte.
La fièvre est le symptôme, pas la cause de la maladie.

Le Comité national de grève (Comité de Paro  ; CNP) rassemble les principales centrales syndicales et divers mouvements sociaux [3]. Il appelle à la mobilisation. Malgré les ravages de la pandémie (plus de 80 000 morts), l’appel est massivement suivi. Aux travailleurs et salariés, syndiqués ou non, se joignent les étudiants, des pans entiers de la classe moyenne, les organisations paysannes, la « minga » [4] indigène et, surtout, les jeunes précarisés des quartiers populaires, nouvelle génération « sans futur », qui se réveille comme un volcan. D’impressionnantes colonnes de protestataires s’ébranlent pacifiquement.
Vingt-quatre heures ne se sont pas écoulées que le procureur général de la Nation Francisco Barbosa donne le ton de ce que va être la réaction gouvernementale en annonçant l’arrestation de plusieurs membres de « cellules subversives » dédiées au « terrorisme urbain ». Le lendemain, alors que la rue bouillonne de colère, l’ex-président Álvaro Uribe se manifeste une première fois, dans le registre qu’on lui connaît : « Soutenons le droit des soldats et des policiers à utiliser leurs armes pour défendre leur intégrité et pour défendre les personnes et les biens contre l’action criminelle du terrorisme et du vandalisme », ordonne-t-il sur les réseaux asociaux. Petit doigt sur la couture du pantalon, Iván Duque, celui que nombre de Colombiens ont surnommé « le sous-président », obéit à son mentor. Dès le 1er mai, il annonce le déploiement l’armée dans les rues « pour protéger la population ».

Alvaro Uribe : « Renforcer les Forces armées, affaiblies car comparées aux terroristes par La Havane et la JEP » ; « Reconnaître » : terrorisme plus grand que ce qu’on imaginait » ; « Accélérer le social » ; Résister à la Révolution Moléculaire Dissipée ».

Les premières victimes tombent, bien mal protégées. Portés par la rage et l’indignation, plus spontanés, plus émotionnels, les jeunes débordent le Comité de grève et se projettent en « première ligne » du mouvement. Si les manifestations demeurent pacifiques, conjuguant les marches, rassemblements, carnavals, sit-in et orchestres de rue, se greffent sur elles, très classiquement, des groupes de « casseurs » – irresponsables et/ou infiltrés. Bien que marginaux par rapport à l’ampleur du soulèvement, destruction de biens publics et privés, de bus, de gares, attaques et incendies de postes de police – les Centres d’attention immédiate – font le lait des médias. Dans un formidable déploiement, policiers et membres du très redouté Escadron mobile antiémeutes (ESAMD) jouent de la matraque, de la « lacrymo », de la munitions paralysante, du gaz irritant, du canon à eau et… de l’arme à feu. Commandant en chef de l’armée, le général Eduardo Zapateiro déploie ses troupes et se rend à Cali, troisième ville du pays, devenue l’épicentre de la rébellion, pour y diriger personnellement les opérations.

Zapateiro ? Un chef militaire bien « à la colombienne ». En février, des mères de victimes des « faux positifs » – ces pauvres hères assassinés par des militaires, puis, pour « faire du chiffre » et obtenir des récompenses, affublés d’uniformes de guérilleros – se sont insurgées. Elles exigeaient de la Juridiction spéciale pour la paix (JEP) que ne soient pas uniquement jugés les soldats, mais aussi leurs officiers supérieurs ainsi que les responsables gouvernementaux. En guise de réponse, le général Zapateiro a décoché un Tweet venimeux : « Nous sommes des soldats de l’armée et nous ne nous laisserons pas vaincre par les vipères et pervers qui veulent nous attaquer, nous montrer du doigt et nous affaiblir. Officiers, sous-officiers et soldats, nous ne nous rendrons pas, nous ne faiblirons pas, toujours forts, la tête haute. Dieu est avec nous [5]. »

Dieu ? On l’ignore. Mais l’ex-président Uribe, oui, assurément. Réapparaissant le 3 mai, celui-ci a fait l’événement en évoquant une mystérieuse « révolution moléculaire dissipée » (RMD) pour stigmatiser les manifestants. Cette théorie fumeuse a été importée en Colombie par un certain Alexis López, chilien néonazi et nostalgique d’Augusto Pinochet. Officiellement invité à plusieurs reprises par l’Université militaire Nouvelle Grenade (UMNG), établissement public d’éducation supérieure chargé à Bogotá de la formation des sous-officiers, officiers et policiers, il y a donné plusieurs conférences, dont une intervention intitulée « Violence dans la protestation sociale : loi et ordre entre l’épée et la légitimité », le 23 juillet 2020. D’après López, les grandes organisations dirigeant la révolution ayant disparu, tout comme « le communisme », ce sont désormais des forces occultes qui, à travers des entités autonomes, mènent « une guerre civile permanente » contre l’Etat – à l’image des soulèvements de 2019 en Colombie, en Equateur et au Chili (ou le pouvoir s’est vu « tragiquement imposer par le terrorisme » l’organisation d’une Convention constituante), ou même à travers « Black Lives Matter » aux Etats-Unis. Par conséquent, les manifestants et membres des mouvements populaires, c’est-à-dire les civils – rebaptisés « molécules » – doivent être considérés comme des « cibles militaires » [6].

Alexis Lopez : « Aujourd’hui j’ai eu l’honneur de recevoir la médaille du groupe des Ingénieurs militaires de Colombie, des mains du général (en retraite) et ex-chef d’état-major conjoint, Juan Carlos Salazar Salazar ».

Un retour assumé à l’ « ennemi interne » cher à la Doctrine de sécurité nationale imposée dans toute l’Amérique latine, via les dictatures, pendant les années de Guerre froide, par les Etats-Unis. Un concept appliqué au pied de la lettre par les forces de sécurité colombiennes. Deux semaines après le début de la contestation, on déplorait déjà 963 détentions arbitraires, 800 blessés (dont 28 éborgnés) et 47 morts (dont un capitaine de police).

Pourtant, malmené par la pression sociale, le président Duque a retiré la réforme des finances contestée dès le 2 mai (version officielle : en réalité, c’est le Congrès qui a traîné des pieds au moment de l’examiner). Géniteur du projet, le ministre Carasquilla a démissionné. La contestation ne s’en est pas moins poursuivie. Elle s’est même amplifiée. Indignation devant les violences policières. Exaspération portée à son paroxysme. Car, en fait, la fameuse réforme n’a été que le détonateur d’une situation qui ne demandait qu’à exploser. Et qui n’a rien d’une nouveauté.

A partir du 21 novembre 2019 – au moment où se révoltaient d’autres victimes du néolibéralisme, du Chili à l’Equateur en passant par Haïti – des protestations massives ont déjà secoué la Colombie. Convoquées à l‘origine par les centrales ouvrières (CUT, CGT, CTC), elles contestaient la politique économique, la privatisation des caisses de retraite, les réformes affectant le monde du travail, le sabotage des Accords de paix signés en 2016 par l’Etat avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), les assassinats de dirigeants sociaux. Elles reçurent le renfort d’un mouvement étudiant qui réclamait davantage de ressources pour l’éducation supérieure. Et qui, en l’absence d’une direction politique claire et définie, le mouvement ayant pris de l’ampleur de façon très spontanée, devint le fer de lance des affrontements avec l’ESMAD et les policiers. Les jeunes, déjà, symboles d’un changement générationnel.
Alors que plus d’un million de personnes se mobilisaient dans les principales villes du pays, le pouvoir, comme à son habitude, choisit la confrontation. Il décréta un couvre-feu à Bogotá, militarisa le pays et octroya des facultés extraordinaires aux autorités locales pour « rétablir l’ordre ». On eut à déplorer trois morts, 250 blessés et des centaines d’arrestation.
Conséquence de ce mouvement considéré comme « historique », le Comité de Paro s’organisa. Fin 2019, il remit au pouvoir une série de revendications. Qui demeurèrent lettre morte. Plus que les vacances de fin d’année, la propagation du Covid-19 interrompit les mobilisations – le pays entamant un confinement général de cinq mois à partir du 25 mars 2020.

La trêve fut on ne peut plus brève. Malgré la pandémie, quinze organisations indigènes, paysannes et afro-colombiennes relancèrent la contestation sociale au mois d’octobre 2020. Surgies des entrailles du Département du Cauca, région du sud-ouest du pays très affectée par les près de 60 ans de conflit armé, huit mille membres de la « Minga » entassés dans des cars et « chivas » multicolores [7], parcoururent les 450 kilomètres les séparant de Bogotá. Ils souhaitaient rencontrer le président Duque pour lui présenter leur demande d’un pays « plus démocratique, pacifique et égalitaire ». C’était beaucoup attendre d’un chef d’Etat élu sous les couleurs du Centre démocratique, le parti d’Uribe, féroce allié des « terratenientes » (les grands propriétaires terriens) et du secteur privé. Duque refusa de les recevoir. Ils ne purent donc lui rappeler que, dans les populations indigènes, le taux de pauvreté atteint 63 %.
En revanche, partout où ils passèrent, puis sur la symbolique place Bolivar, à Bogotá, les étudiants, les jeunes et le mouvement social réservèrent un accueil triomphal aux consignes et au courage de la « Minga ». Et, sous la cendre, le feu continua à couver.

Ce sont ces braises qui embrasent à nouveau la Colombie, la réforme des finances (et les projets gouvernementaux touchant aux retraites et à la santé) ne faisant que s’ajouter aux raisons de l’exaspération exprimées en 2019.

Entre 2012 et 2016, tandis que les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), la plus ancienne et importante guérilla du pays, négociait avec le gouvernement du président Juan Manuel Santos, les Colombiens ont « fait un rêve merveilleux ». Le retour de la paix. D’une « paix avec justice sociale » ajoutaient même les pans situés sur le flanc gauche de la société. Le 26 septembre 2016, à Cartagena, Santos et Rodrigo Londoño Echeverri (alias Timoleón Jiménez ou « Timochenko »), numéro un des FARC, ont signé l’Accord tant attendu. Pas une simple démobilisation des rebelles. En 297 pages, l’accord contenait six points principaux : réforme rurale intégrale ; participation politique ; fin du conflit ; solution au problème des drogues illicites ; réparations aux victimes ; mise en œuvre, vérification et approbation. Sur cette cet engagement solennel de l’Etat, 13 511 guérilleros ont déposé les armes, ôté leurs bottes noires et quitté leur treillis.
Depuis, cinq années ont passé. Le constat est implacable, la frustration terrible : emmenée par Uribe et son Centre démocratique, l’extrême droite a exercé une énorme pression pour torpiller les accords. Un travail de sape que Duque a parachevé. Il n’existe toujours ni paix ni justice sociale en Colombie.

A la place de la paix, un massacre quotidien, au compte-gouttes, passant inaperçu au niveau international, mais sanglant : 904 dirigeants sociaux et 276 ex-combattants des FARC revenus à la vie civile ont été assassinés depuis le 1er novembre 2016, d’après la Juridiction spéciale pour la paix (JEP).
Créée dans le cadre des Accords, cette même JEP a subi les assauts de ceux qui ne veulent en aucun cas qu’éclate la vérité historique. Les guérilleros, paramilitaires et membres des forces de sécurité ne sont pas les seuls à avoir exercé la violence au cours de la guerre. Censée entendre tous les acteurs impliqués dans le confit – combattants de tous ordres, hommes d’affaires liés au financement du paramilitarisme, acteurs engagés de la société dite « civile », fonctionnaires, cols blancs donneurs d’ordres, etc. – pour établir leurs responsabilités et éventuellement les juger, la JEP a vu ses prérogatives rognées par la Cour constitutionnelle, le 13 juillet 2018, après un long passage par le Congrès. Alors que les ex-guérilleros respectent leurs engagements, comparaissent et assument leurs responsabilités, la JEP n’a plus la possibilité de convoquer des civils, seule une comparution « volontaire » de ces derniers étant désormais autorisée. Une loi du silence encore trop limitée ! Fin 2020, le Centre démocratique a présenté des propositions visant à abroger définitivement la juridiction et à transférer ses fonctions à la justice ordinaire – qu’il contrôle beaucoup mieux.

Réforme rurale intégrale ? Trois millions d’hectares de terre devaient être attribués à près de 14 millions de paysans qui en sont dépourvus. Dans le même temps, 7 millions d’hectares de petites et moyennes propriétés devaient se voir régularisés. Farce absolue. Fin 2020, le premier hectare remis gratuitement aux paysans sans terre n’avait pas encore été enregistré [8]. Selon l’Agence nationale des terres (ANT), seuls 10 554 hectares avaient été régularisés à la fin février 2020 sur l’objectif de 7 millions d’hectares annoncé [9]. Une poignée de « terratenientes » continuent à posséder plus de 40 millions d’hectares sur lesquels ils pratiquent l’élevage extensif du bétail ou exploitent le palmier à huile, la canne à sucre et autres cultures industrielles.

Pendant des décennies (pour ne pas dire des siècles), les élites rurales, « terratenientes » et « gamonales » [10] ont contrôlé de manière hégémonique les pouvoirs locaux et nationaux. En 2011, un rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) indiquait à cet égard : « La surreprésentation des propriétaires fonciers (notamment dans les départements les plus arriérés) et la sous-représentation des groupes sociaux non propriétaires de biens (classes subordonnées) empêchent les demandes et les aspirations des habitants ruraux les plus vulnérables d’être canalisées par le système politique et d’être prises en compte par ceux qui ont le pouvoir de décider des dépenses et des politiques publiques. »
Partant de ce constat, seize Circonscriptions spéciales pour la paix ont été créées (point 2.3.6 de l’Accord de 2016) pour réparer ce déséquilibre dans la représentation des communautés agraires. L’Etat s’engage alors à garantir une meilleure intégration des 167 « municipios » présents dans ces territoires du Chocó, du Cauca, de Nariño, du Catatumbo, du Guaviare et de l’Urabá, les plus affectés par la violence et l’abandon de l’Etat, en leur octroyant d’office, pour une période de deux législatures, seize sièges au Congrès.
 Intolérable pour toutes sortes de gens importants ! Il leur suffit de demander une chose pour l’obtenir. En 2017, leurs représentants au Congrès trucident la loi qui devait donner vie aux seize Circonscriptions. Le 8 avril 2021 encore, vingt jours avant le début de l’explosion sociale, la procureure générale Margarita Cabello Blanco demandait à la Cour constitutionnelle – devant qui un recours a été déposé – de ne pas relancer les « sièges de la paix » – représentation politique octroyés fort justement aux victimes du conflit armé.

Depuis les années 1990 et l’ouverture du marché national à la production agricole de pays comme le Brésil, le Chili, la Chine ou le Canada, les ananas, le café, le yucca, le maïs, les haricots, les pommes de terre produits en Colombie ont commencé à être payés en dessous de leurs coûts de production et de commercialisation. Pour survivre, des dizaines de milliers de familles, accrochées à leurs maigres parcelles, cultivent la coca. L’activité attire aussi des journaliers qui, auparavant, cueillaient le café, le coton et vendaient leur force de travail dans l’agriculture traditionnelle.
Coca = cocaïne. Dieu sait combien la « coke » a permis de financer de condominiums à Cali, Medellin ou Bogotá. Mais le mafieux, c’est le paysan. A l’initiative des négociateurs des FARC, l’Accord de 2016 a promu un traitement prioritaire et bienveillant à l’égard du maillon le plus faible de la chaîne du narcotrafic en établissant un Programme national intégral de substitution des cultures d’usage illicite (PNIS). Les « campesinos », est-il alors prévu, doivent y participer sur une base volontaire et définir les cultures qu’ils envisagent de développer en fonction des sols et du climat. Ils recevront la première année un million de pesos par mois (environ 340 dollars) pour préparer la terre à accueillir des plantations légales ou travailler à des œuvres communautaires. Ils pourront également percevoir une prime unique de 800 000 à 9 millions de pesos (entre 272 et 3 000 dollars) pour financer des projets autonomes de sécurité alimentaire.

Le « campesino » colombien n’a rien d’un gangster. S’il peut sortir de l’illégalité, qui lui fait courir des risques insensés, il le fait. Dans son Rapport de gestion du PNIS du 31 décembre 2020, le Bureau consultatif pour la stabilisation et la consolidation (dépendant de la Présidence de la République et chargé de suivre la mise en œuvre des Accords de paix) a indiqué que 215 244 familles vivant dans 99 « municipios » de 14 Départements du pays ont signé des accords collectifs de substitution volontaire de cultures illicites. Seulement, il y a un hic… De ce total, seules 99 907 familles (de 56 municipalités), soit moins de la moitié, ont été intégrées au PNIS par la signature définitive d’accords de substitution individuels. Les autres – 116 147 familles – sont demeurées sur le bord du chemin [11]. Peu armées pour créer des « start-up » dans leurs précaireshabitations de « barenque » (mélange de boue et de bouse de vache pressé entre des bambous), elles n’ont eu d’autre choix que de continuer à dépendre de la feuille de coca et de la « pasta » [12] (ou de la marijuana, ou du pavot).
Comme toujours (et sous la pression de Donald Trump lorsque celui-ci occupait la Maison Blanche), Duque entend tuer le malade plutôt que la maladie. A la substitution volontaire, il préfère l’éradication forcée mise en œuvre manuellement par le biais de groupes mobiles d’éradication (GME) accompagnés de militaires ou de policiers. Le mode opératoire étrangle les communautés rurales, qui crèvent la bouche ouverte ou se révoltent et sont réprimées. Il expose aussi les « éradicateurs », des journaliers aussi pauvres que ceux dont ils détruisent les plantations, aux attaques et assassinats commis par les « sicarios », quand ils ne perdent pas une jambe après avoir sauté sur une mine posée par les « narcos » [13].

Dans leur espoir absurde de réduire la production de drogue sans procéder à des réformes sociales, les gouvernements colombiens successifs ont utilisé toute une gamme de produits chimiques comme le Paraquat et le Triclopyr, ou d’autres, infiniment plus nocifs, et dans ce cas illégalement : l’Imazapyr, l’Hexaxinona, le Tebuthiron. Déversé depuis le ciel à partir de 1986, le glyphosate a pris le relais. C’est le fameux RoundUp de la firme Monsanto. En 2015, le gouvernement de Juan Manuel Santos en a suspendu les épandages. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) venait de déterminer que le glyphosate est « probablement cancérigène pour les êtres humains ». Le 12 avril dernier, le ministre de la Défense Diego Molano a signé un décret en vue de reprendre les pulvérisations aériennes. Outre les effets sanitaires directs sur les humains, on en connaît les conséquences : le glyphosate tue toutes les plantes qu’il contamine… Il suffit d’une petite brise pour qu’il soit dispersé bien au-delà des champs de coca, sur les cultures vivrières des environs [14].
Poussés par la misère, les paysans continueront à abattre des pans de forêt pour replanter la coca un peu plus loin.

Spectaculaires résultats : de 48 000 hectares en 2013, les cultures de coca sont passées à 169 000 ha en 2018 (et même à 212 000 ha fin 2019 si l’on en croit le Bureau de la politique nationale pour le contrôle des drogues [ONDCP] [15] américain) ! Et ce, alors que les FARC longtemps accusées d’être les principales responsables de ce fléau, ont déposé les armes en 2016.

Les « narcos », eux, se portent bien. Le pouvoir et ses médias ne les nomment plus « paramilitaires ». Après la supposée démobilisation en 2006 de treize mille hommes des Autodéfenses unies de Colombie (AUC), responsables, avec d’autres organisations supplétives de l’armée, de près 80 % des crimes commis contre les civils depuis le début des années 1980, la création de concepts tels que Bandes criminelles émergentes (BACRIM) et Groupes armés organisés (GAO) a permis de les transformer en acteurs censément dépourvus de liens avec les forces obscures du pouvoir [16].
Autodéfenses gaitanistes de Colombie (AGC, également connues sous le nom de Clan del Golfo, Los Urabeños, Clan Úsuga), Los Caparrapos, Los Rastrojos (grands amis du président autoproclamé vénézuélien Juan Guaido) [17], Los Paisas, La Empresa se sont abattus sur les territoires autrefois occupés par les FARC, contrées dont l’Etat n’a fait aucun effort véritable pour reprendre le contrôle. Quand on parle de carence de l’Etat, on ne se réfère pas uniquement à l’absence de la Force publique, mais de l’Etat dans son intégralité : éducation, système judiciaire et de santé, voierie, communications, crédits pour l’agriculture, etc.
 
Toutes ces structures criminelles – auxquelles il convient d’ajouter quelques groupes résiduels des FARC, qui ne se sont pas démobilisés – sont directement impliquées dans la production et le transport de la cocaïne. Mais pas uniquement. Elles agissent dans le champ politique. En octobre 2017, les AGC publiaient un pamphlet intitulé « Plan pistolet contre l’Union patriotique » dans lequel elles menaçaient de mort Jahel Quiroga et Pablo Arenales, respectivement directrice et membre de l’ONG progressiste de droits humains Reiniciar [18]. Depuis, et pour ne citer qu’elles, les AGC ont été l’une des principales responsables de l’augmentation des assassinats sélectifs de dirigeants communautaires et sociaux, de militants politiques de gauche et de déplacements forcés de population. En 2020, d’après le très officiel Défenseur du peuple, 28 509 personnes ont été victimes de ces déplacements forcés dans les Départements du Cauca, de Putumayo, du Choco, de Cordoba, du Bolivar et du Nord Santander ; 15 000 autres ont subi le même sort, précise l’Institut d’Etudes pour la paix (Indepaz), pendant les trois premiers mois de 2021.
 
S’ajoute à ce désastre la putréfaction à la tête du pouvoir. Álvaro Uribe (le chef à peine caché derrière le trône) : assigné à résidence, accusé (entre autres affaires) de fraude procédurale et corruption – pour avoir soudoyé des témoins afin de faire condamner son ennemi juré, le sénateur de gauche Iván Cepeda –, il démissionne de son poste de sénateur en août 2020. Il évite ainsi la Cour suprême de justice, seule habilitée à juger les élus et, libéré, voit son affaire passer entre les mains de la justice ordinaire, aux ordres du Procureur général Francisco Barbosa, ami proche et ex-collaborateur… d’Iván Duque. Bonne pioche ! Le parquet a annoncé le 5 mars 2021 son intention de demander au juge de prononcer un non-lieu. «  Merci à Dieu pour cette avancée positive. Merci à tous pour vos prières et solidarité  », a réagi Uribe sur Twitter.

Duque (le Président) : embourbé dans le scandale dit de la « Ñeñepolítique ». L’écoute téléphonique d’un narcotrafiquant suspecté d’homicide, José Guillermo Hernández, dit « el Ñeñe Hernández », débouche sur une découverte inattendue : « sur ordre d’Álvaro Uribe », il a « acheté des votes » et aidé à organiser une fraude électorale, sur la côte caraïbe et dans la Guajira, pour favoriser en 2018 l’élection de l’actuel chef de l’Etat. Informé de ces révélations, le Procureur général de l’époque, Néstor Humberto Martínez, un autre « grand ami » du Centre démocratique, s’empressa de les enterrer et de n’en rien révéler [19].

Marta Lucía Ramírez (la vice-présidente) : obligée d’avouer en juin 2020 qu’elle a payé 150 000 dollars de caution en juillet 1997 pour faire sortir de prison son frère Bernardo, accusé de narcotrafic aux Etats-Unis. Finalement condamné à quatre ans et six mois, Bernardo Ramírez Blanco a purgé sa peine et payé sa dette à la société. Toutefois, jamais les électeurs n’ont été informés de ce détail de la vie d’une femme politique qui, ministre de la défense d’Uribe entre 2002 et 2003, puis « numéro deux » de la République actuellement, s’acharne sur les paysans producteurs de coca ou traite le président vénézuélien Nicolás Maduro de « narcotrafiquant ». Lorsque la « minga » indigène a planté ses modestes tentes de plastique noir à Cali pour appuyer l’actuel soulèvement, Ramírez n’a pas hésité a insinuer : « On me dit que le maintien de la minga coûte environ 1 milliard de pesos [225 000 euros] par jour. Qui est derrière ce financement ? Quelle activité est aussi lucrative pour être aussi dépensière ? »

 

Le pilote Samuel David Niño Cataño et Álvaro Uribe.

Samuel David Niño Cataño : pilote, il se tue le 3 décembre 2019 en s’écrasant dans la région du Petén, au nord du Guatemala, à proximité de la frontière mexicaine, au manche de son bimoteur chargé de 500 kilos de cocaïne destinés au cartel de Sinaloa. Cataño avait été en 2018 le pilote des célèbres duettistes Uribe (lors de sa campagne pour le Sénat) et Duque (candidat à la présidence). « On a dit qu’il était le pilote officiel et qu’il travaille pour moi, réagira ce dernier, après son élection et la mort de Cataño. Non, il n’était pas le pilote officiel et ne travaillait pas pour moi [20]. » Dont acte. Mais, tout de même… Par le plus grand des hasards, lors de la très officielle et huppée cérémonie d’investiture de Duque comme chef de l’Etat, le 7 août 2018, Niño Cataño figurait parmi les invités – de même que José Guillermo Hernández, « el Ñeñe » (assassiné au Brésil depuis).

Dernier haut le cœur (avant les prochains ?) : pendant longtemps, les organisations de défense des droits humains ont estimé que le phénomène dit des « faux positifs » avait provoqué la mort d’environ 3 000 personnes. Le 18 février 2021, la JEP a rendu public l’état de ses dernières investigations : entre 2002 et 2008, sous la présidence d’Uribe (et avec comme ministre de la Défense le futur prix Nobel de la paix Juan Manuel Santos), ce sont 6 402 Colombiens qui ont été assassinés de sang froid par l’armée, dans 29 des 32 Départements du pays.

Un écœurement massif. Une indignation énorme, depuis trop longtemps contenue. Les Colombiens décents crèvent l’abcès. Avant 2016, quiconque manifestait se voyait accusé de sympathie pour la lutte armée. Depuis la démobilisation des FARC – et même si l’Armée de libération nationale (ELN) poursuit le combat dans la clandestinité –, les revendications explosent plus librement, dans toutes leurs diversités. A tel point que, si c’est le Comité de Paro qui lance les consignes, ce n’est pas forcément à lui que répond la rue. Les jeunes s’émancipent, s’autogèrent et souvent mènent la danse.

 

José Guillermo Hernández, dit « el Ñeñe Hernández », avec Iván Duque.

Aux mobilisations massives, hétérogènes et souvent spontanées, répondent les anathèmes jetés par des illuminés médiévaux : il s’agit « d’un plan macabre de la gauche radicale et criminelle financée par le narcotrafic pour déstabiliser la démocratie », ose le Centre démocratique. A Bogotá, les forces de l’ordre vont jusqu’à agresser la veillée d’une foule rassemblée en hommage à des victimes. A Cali, le 5 mai, les policiers agressent et tirent à balles réelles sur un groupe de défenseurs des droits humains accompagnés de fonctionnaires de l’ONU. « Historiquement, témoigne depuis Medellin l’universitaire Luis Ramírez, la répression s’exerçait sur les groupes les plus marginaux : les populations paysannes, indigènes et rurales éloignées. Le reste de la société colombienne n’était pas directement concerné et ne voyait pas trop ce qui se passait. Maintenant, cette répression se généralise dans tout le pays. Alors qu’on prétend habituellement qu’elle s’exerce sur tout ce qui respire “la gauche”, c’est sur les multiples secteurs d’exercice de la citoyenneté libre et active qu’elle s’abat [21]. »

Très vite, le 5 mai, on parle de 87 « disparus ». Réelle inquiétude. Quatre jours plus tard, le nombre des personnes dont les proches se déclarent sans nouvelles s’élève à 548. Frayeur justifiée dans un pays où l’on estime à au moins 80 582 (d’après le Centre national de la mémoire historique) ou même 84 330 (selon le Parquet général) le nombre des disparitions forcées durant les quarante dernières années de conflit. Comparaison n’est pas raison. Les absences inexpliquées des derniers jours se rattachent – tout du moins doit-on l’espérer – au phénomène des détentions arbitraires (666, des jeunes en majorité, au 12 mai). En cause, la Loi de transfert pour protection. Datant de 2016, celle-ci permet l’interpellation par la police de toute personne dépourvue « de défense ou [victime] d’altération grave de l’état de conscience due à des problèmes mentaux, ou sous l’influence de boissons alcoolisées ou de substances psychoactives ou toxiques », le transfert étant le seul moyen disponible pour protéger son intégrité ou celle des tiers, mais, surtout, et infiniment plus fréquemment, lorsque un individu « est impliqué dans une querelle ou fait preuve d’un comportement agressif ou imprudent, effectue des activités dangereuses ou à risque qui mettent en danger sa vie ou son intégrité ou celles de tiers (…)  ». La police expédie alors le détenu dans un Centre de transfert pour protection – façon poétique de ne pas employer l’appellation centre de détention.

 

José Guillermo Hernández, dit « el Ñeñe Hernández », avec son « grand ami » le général Adolfo Hernández (accusé par des organisations sociales d’être responsable d’au moins 39 cas de faux positifs).

« Or, dénonce depuis Medellin Vanessa Vasco, de la Corporation Juridique Liberté, la police, de façon délibérée, injustifiée, capture des gens qui sont en train de manifester ou même simplement de marcher ; elle enregistre leur nom de façon erronée, ce qui empêche les organismes de défense des droits humains de savoir qui est là, d’informer les familles. Les détenus sont frappés et maintenus pour un temps indéterminé, de trois ou quatre jours, hors de toute protection de la loi [22]. » Le 16 mai, alors que se multipliaient les cris d’alarme et les dénonciations, les Bureaux du Procureur et du Défenseur du peuple ont fait savoir que 227 personnes ont été retrouvées et qu’ils en recherchaient 168 autres. En ce qui les concerne, le jeune Brahian Gabriel Rojas López, qu’on avait aperçu le 28 avril dans le « municipio » La Virginia (Risaralda), pendant une intervention de l’ESMAD, et un autre homme non encore identifié, ont été retrouvés, morts, flottant dans le courant du fleuve Cauca.
Au terme de la grève nationale de 2019, diverses organisations sociales ont entrepris une procédure destinée à protéger les droits des manifestants. Dans sa sentence STC-7641-2020 du 22 septembre 2020, la Cour suprême de justice a satisfait à leur demande en ordonnant au président de la République de convoquer une Table de travail destinée à revoir les directives sur l’usage de la force par les 140 000 intégrants des forces de l’ordre. Le pouvoir a fait la sourde oreille. Expédier les auteurs de « bavures », sévices ou assassinats devant les tribunaux ordinaires plutôt que devant les Cours militaires ne l’intéresse pas. Oter au ministère de la Défense son contrôle sur la Police nationale pour placer celle-ci sous l’autorité du ministère de l’Intérieur, comme dans tous les pays civilisés, ne lui traverse pas plus l’esprit. « La situation du narcotrafic et des groupes hors-la-loi ne le permet pas en ce moment », s’est contenté de réagir récemment le chef de la Police nationale, le général Jorge Luis Vargas [23]. C’est donc avec la férocité habituelle que le gouvernement lance ses forces de répression à la rencontre des protestataires. Elles ont même perfectionné leurs méthodes – en mode plus dangereux. Inconnu ailleurs en Amérique latine, est apparu un blindé léger équipé de lanceurs – Venom – projetant en même temps, à la manière d’un Katioucha (dit « orgue de Staline ») [24], jusqu’à 150 mètres de distance, une volée de projectiles générant un flash lumineux et sonore, paralysant, et des cartouches génératrices de nuages de gaz lacrymogènes et de fumée. Des tirs qui, illégalement effectués à l’horizontale, se révèlent particulièrement redoutables pour les manifestants.

 

Blindé léger « Venom », équipé de lanceurs, des forces de répression colombiennes

Troisième ville de Colombie avec 2,2 millions d’habitants, Cali est devenue la capitale de la rébellion. Stratégiquement située à proximité des Départements du Chocó, du Cauca et de Nariño, à moins de trois heures de route de la côte Pacifique et de son important port de Buenaventura, toutes zones particulièrement affectées par le conflit armé, Cali a servi de réceptacle à des dizaines de milliers de réfugiés internes, paysans misérables déplacés par la violence. Sans parler d’une faune interlope d’aventuriers, « paracos », « narcos » etmembres de « pandillas » [25].
Dès le deuxième jour des manifestations, le maire « écolo » Iván Ospina (Parti Alliance Verte) a livré la ville en demandant au gouvernement une assistance militaire. Ce renoncement à une gestion locale de la situation a provoqué un très fort rejet de la population et interrompu les possibilités de dialogue avec les manifestants.
Défiant le pouvoir et les 3 500 militaires envoyés en renfort, ouvriers, travailleurs informels, femmes et étudiants défilent à n’en plus finir. Ils ont aussi organisé vingt-et-un « points de résistance ». « Des jeunes, y compris des adolescents, certains plus organisés que d’autres, très hétérogènes, sont présents en permanence sur ces points de “bloqueo” »,décrit Irene Velez-Torres, anthropologue de l’Université d’El Valle, le 12 mai [26]. Le plus fameux de ces points, la rotonde Puerto Rellena, rebaptisée Port Résistance, à l’est de la ville, jouxte la périphérie d’Aguablanca, agglomération populeuse à mauvaise réputation car occupée, depuis les années 1980, par les flots de déplacés. Pas de quoi rendre les forces de l’ordre particulièrement bienveillantes…

« Affrontement hier [11 mai] entre police et jeunes dans les secteurs Siloé et Pont du Commerce, commente John J, artiste de rap (Fondation HipHop Peña) et enseignant. La police a répondu par des tirs [27]. » Sur la cinquantaine de morts déplorés dans l’ensemble du pays (à l’heure de boucler cet article), trente-cinq ont été tués à Cali. Que le pouvoir tente d’étouffer et réduire au silence. « La nuit, sur les “points de résistance”, les coupures d’électricité laissent des quartiers entiers dans l’obscurité et sans Internet, raconte Irene Velez-Torres. Dans certaines zones, pour certaines personnes, les communications en direct à travers Facebook sont limitées ; des courriers électroniques, que nous avons envoyés, ne sont jamais arrivés. Il semble qu’à partir de certains mots clés, ils sont interceptés et éliminés. »
 
Accourue en renfort le 5 mai avec sa « garde indigène », une sorte de police communautaire non armée, les trois mille hommes et femmes de la « minga » sont restés une semaine en ville avant de devoir se replier sur leurs territoires ancestraux du Cauca. Précairement installés sur le campus de l’Université del Valle, ils exerçaient une présence permanente sur les « points de résistance » pour y protéger « les jeunes » – souvent attaqués la nuit.
 Le 5 mai, néanmoins, ce sont des membres de la « minga » qui ont subi une agression particulièrement violente. Au sud de Cali, dans le quartier chic de Cañasgordas, des civils vêtus de blanc, protégés par des policiers, ont ouvert le feu sur plusieurs « chivas » qui se rendaient à l’Université del Valle pour y participer à une réunion avec des porte-paroles du Comité de grève afin d’établir un agenda de négociation avec le gouvernement. L’attaque a fait douze blessés, dont quatre dans un état grave. Explicitement et plus ou moins élégamment, les autorités locales, départementales et nationales ont demandé aux Indigènes de « retourner dans leurs montagnes ». Le 12 mai, au terme d’une Assemblée permanente et après avoir pris congés des « points de résistance », ceux-ci sont de fait repartis en caravane vers le Cauca, non sans avoir précisé : « Nous continuerons à participer à la grève nationale depuis nos territoires ancestraux. » Archevêque de Cali, Mgr Darío Monsalve leur a demandé pardon au nom de la ville pour ce qu’ils ont subi. D’autres s’inquiètent ouvertement : « Leur départ laisse les jeunes très vulnérables sur les points de concentration. »

Que ce soit à Cali ou ailleurs, les barrages sur les routes, les barricades citadines, l’entrave aux déplacements, la paralysie des transports, des services et de l’activité économique, les difficultés d’approvisionnement provoquent le mécontentement de secteurs de la société, qui s’estiment lésés. Et qui, parfois, réagissent avec véhémence. Toutefois, ces réactions émotionnelles et spontanées ne peuvent occulter le développement de pratiques infiniment plus inquiétantes.
La première alerte a émané précisément de Cali, le 6 mai. Surgis d’un camion banalisé, un groupe de policiers en civil pourchasse des manifestants et tirent à balle réelle. Au vu de vidéos filmées par les protestataires, la Police devra admettre que le véhicule lui appartient effectivement (tout en trouvant une explication des plus « vaseuse » sur les agissements de ses fonctionnaires).
Dans toute la Colombie, se déplaçant souvent dans des véhicules haut de gamme, des civils menacent ou répriment les protestataires. Et parfois ouvrent le feu. Et parfois tuent. Ce qui arrive à Pereira, dans l’ouest du pays, où deux jeunes hommes qui organisent un sit-in pacifique sont gravement blessés par un groupe d’hommes non identifiés, tandis qu’un troisième, Lucas Villa, ne survit pas. Fait divers malheureux dû à une poignée d’irresponsables ? Quelques jours auparavant, le 2 mai, le maire Carlos Maya, s’était fendu d’une déclaration très remarquée : « Nous allons convoquer toutes les corporations de la ville ainsi que les membres de la sécurité privée pour faire un front commun avec la police et l’armée afin de rétablir l’ordre dans la sécurité publique. La ville de Pereira ne s’arrête pas et ne s’arrêtera pas et nous ne la laisserons pas entre les mains des violents. » Des pratiques qui renvoient à de funestes antécédents : la création des Coopératives de sécurité (Convivir en milieu rural), particulièrement promues par le gouverneur du Département d’Antioquia, Álvaro Uribe, dans les années 1980. Il ne fallut pas très longtemps pour qu’elles révèlent leur véritable nature en rejoignant les paramilitaires des AUC.

Un compte Twitter appelé « Brigade anticommuniste », révèle le Collectif d’avocats José Alvear Restrepo, « stigmatise la Minga indigène en signalant qu’elle a des liens avec des groupes armés illégaux »  ; on y trouve des messages tels que « Minga = FARC »  ; un appel y a été lancé aux habitants de Cali « pour qu’ils envoient l’emplacement exact des manifestants et utilisent des armes pour les attaquer [28]  ».
Dans le « municipio » de Jamundi (Valle del Cauca), le jeune membre de la garde indigène Geovanny Cabezas Cruz (18 ans) sera assassiné le 15 mai de plusieurs balles dans le dos par deux inconnus. D’après les témoignages recueillis par Indepaz, des escouades paramilitaires des AGC arpentent la zone et, les jours précédents, des menaces avaient été proférées contre les dirigeants indigènes s’étant déplacés avec la « Minga » à Cali.
Toujours dans cette ville, divulgue le 9 mai « Noticias Uno », diffusé sur la chaîne de télévision payante CableNoticias, un groupe organisé, « Cali Fuerte » (Cali forte), planifie sur WhatsApp des stratégies pour démanteler les points de blocage. Les échanges ont lieu en termes ordinaires – « Je sais que, nous allons avoir en abondance du renseignement, parce que (…) nous pouvons arriver à quelque chose de bon pour la ville » –, mais aussi en usant, pour certains des intervenants, d’un vocabulaire spécialisé, codé, très « policier ».
Après que, la nuit du 16 mai, des affrontements aient fait deux morts et trente-quatre blessés dans le quartier La Estancia de Yundo, la gouverneure du Valle del Cauca, Clara Luz Roldán, a exprimé son indignation pour avoir vu, sur une vidéo, aux côtés des militaires, des civils n’appartenant en aucun cas aux forces de l’ordre, armés et cagoulés.

L’enchaînement de ces divers événements ramène immanquablement au paramilitarisme et à l’Etat – responsable de ce qu’il laisse faire, mais aussi de ce qu’il fait. Car les traces de liaisons aussi dangereuses que troubles ne manquent pas. Ainsi des Águilas Negras (Aigles noirs). Après les Autodéfenses gaitanistes de Colombie, il s’agit de l’organisation responsable du plus grand nombre de menaces de mort et d’avertissements ciblés proférées, sur l’ensemble du territoire national, contre les dirigeants communautaires, politiques et sociaux. Curieusement, on ne lui connaît aucun leader, on ignore totalement ses structures et son fonctionnement, on n’a jamais repéré aucun supposé campement. Pour se livrer à son œuvre mortifère, elle a une stupéfiante capacité d’identifier ses cibles, leurs localisations, adresses mail et numéros de téléphone. Du travail « de police » ou de « service de renseignements ». Qui exerce une incontestable fonction de discipline et de contrôle social en terrorisant les secteurs opposés tant au gouvernement qu’aux pouvoirs locaux.

« L’épidémie qui devrait nous préoccuper est l’épidémie communiste. Sauvons la Colombie. » Le message n’a rien de clandestin. Il figure sur un énorme panneau d’affichage, dans le secteur de Las Palmas, l’un des plus fréquentés de la ville de Medellín. Les médias du « système » chantent à l’unisson. Si les élus ne parviennent pas à persuader les manifestants d’abandonner les barrages, « le gouvernement a l’obligation de recourir aux outils que la Constitution lui accorde pour garantir la prévalence de l’intérêt général », prévient le quotidien El Tiempo. Hebdomadaire, Semana révèle « en exclusivité » (15 mai) « le plan violent des dissidences des FARC et des milices urbaines de l’ELN pour assiéger la capitale [Cali] du Valle del Cauca. Les enregistrements et les informations des services de renseignement prouvent qu’il y avait une intention criminelle au milieu de la grève. Qui est derrière tout cela ? »

Les Etats-Unis se disent « très préoccupés » par la situation. L’Union européenne est elle aussi « très préoccupée ». L’Organisation des Etats américains (OEA) a mis beaucoup de temps à se préoccuper, mais elle s’est finalement déclarée « très préoccupée ». Il faut préciser qu’avant d’être « très préoccupé », son secrétaire général Luis Almagro était « très occupé ». Le 5 mai, en Floride, il recevait les clés de la ville de North Miami Beach, des mains du maire Anthony DeFilippo. Un hommage rendu à « son incessant travail pour la justice dans la région » et à sa lutte « pour la liberté et la démocratie ».

 

« Venezuela : Explosion sociale » ; « Colombie, sous la menace »

Fort heureusement, Almagro a participé ensuite à Miami au forum « Défense de la Démocratie dans les Amériques », organisé (forcément !) par l’Institut interaméricain pour la démocratie, au cours duquel, dans une de ses dernières envolées avant de déposer le bilan, le président équatorien Lenín Moreno a exprimé avec une rare véhémence « une demande unanime »  : que le président vénézuélien Nicolás Maduro retire « ses mains sanglantes et corrompues de la démocratie et la stabilité du peuple colombien ». D’où la préoccupation (presque) soudaine d’Almagro. Le 10 mai, tout en condamnant « les cas de torture et d’assassinats commis par les forces de l’ordre », il a précisé que « le droit à la protestation ne peut être un prétexte pour violer les droits fondamentaux de la population » et a stigmatisé « ceux qui ont transformé les manifestations en vandalisme et ont confondu le vandalisme avec des actions de nature terroriste contre les institutions et les autorités de l’Etat ». C’était bien le moins. La Colombie n’est tout de même pas le Venezuela ou la Bolivie, où tout est permis à l’opposition !

L’inquiétude n’en demeure pas moins réelle. Même Uribe, à l’origine, avait senti le danger et s’était prononcé contre cette réforme fiscale arrivant au plus mauvais moment. Dirigeants de Cambio radical (Changement radical) et du Parti libéral, les dirigeants de droite Germán Vargas Lleras et César Gaviria avaient ordonné à leurs troupes de ne pas voter le texte. Pour Gaviria, ex-président (1990-1994), cette réforme était « la pire chose qui puisse arriver à la classe moyenne » : elle allait « achever le pays et l’économie [29]  ». Les centristes et les Verts – Sergio Fajardo, Jorge Robledo, Juan Manuel Galán, Humberto de la Calle, etc. – ont exprimé le même rejet. Sans être plus entendus. Et ce qui devait arriver est arrivé. La droite perd le contrôle de la situation.
 Panique à bord. Ministre des Affaires étrangères, Claudia Blum démissionne (elle sera remplacée par Marta Lucía Ramírez). « Chaque déclaration du ministre de la Défense sur la grève est un permis de tuer », dénonce Gaviria. « La solution à la grève se trouve dans les Accords de paix et dans des objectifs de développement soutenable », renchérit l’ex-président Santos. C’est que tous les yeux sont désormais tournés vers l’élection présidentielle de 2022. Signe des temps, même les Etats-Unis, plutôt que prononcer leur habituel soutien inconditionnel, ont exhorté les forces de l’ordre colombiennes à faire preuve d’un « maximum de retenue » pour éviter de nouveaux décès. Et ne pas entacher davantage l’image des gouvernants.
Au-delà de cette tentative pour « limiter les dégâts », beaucoup subodorent que cette révolte d’ampleur exceptionnelle marque sans doute, ou peut-être, le crépuscule de l’Uribisme et de son entourage mafieux. Chacun fait un pas de côté. Une droite plus présentable, décente, intelligente, civilisée, serait la bienvenue. Pas trop indépendante tout de même – Washington a besoin d’alliés obéissants aux directives (n’oublions pas le contexte régional et surtout le Venezuela).
Seulement, l’aiguille de la boussole ne tourne pas dans le bon sens. Alors qu’« on » la voudrait fixée sur la droite classique, au pire le centre droit, elle s’incline clairement en direction… du centre-gauche.

Le second tour de la présidentielle, le 17 juin 2018, opposait Duque au candidat de la Colombie humaine, Gustavo Petro. Une première évolution dans un pays habitué à des duels entre candidats de droite ou opposant la droite à l’extrême droite. Confronté à la « maquinaría » (appareil) et aux partis traditionnels, victime d’une campagne de la peur faisant de lui un proche d’« ex-terroristes » [30] et un représentant du « castro-chavisme », victime d’une trahison des pseudo « centristes – De la Calle, Fajardo, Robledo – ayant appelé à voter « blanc », Petro fut finalement battu (41,8 % des voix contre 54 % à Duque) [31]. Toutefois, il était arrivé en tête dans la capitale Bogotá et dans les départements Atlántico, Nariño, Cauca, Chocó, Vaupés, Sucre, Putumayo et Valle, tout en faisant de son mouvement la seconde force politique du pays. La Colombie n’était pas encore prête pour le changement. Elle vient de faire un grand pas dans cette direction. Et l’ombre du Chili plane désormais sur elle, tout un chacun en est conscient.
Lors de l’élection de la Convention constituante, le gouvernement de Sebastián Piñera (37 sièges sur 155) et les partis traditionnels viennent d’y subir une défaite cinglante, historique, le 16 mai dernier. A l’origine de ce séisme, l’apparition d’une nouvelle génération politique née de l’explosion sociale de 2019, elle aussi férocement réprimée (27 morts, 22 000 arrestations, 3 649 blessés).

Tout plutôt qu’un gouvernement réformiste. Tout plutôt que le « Petro-madurisme »  ! L’Uribisme n’entend pas lâcher le pouvoir aussi facilement. Il a peur. Il joue son va-tout. Il a en face de lui un Comité national de grève qui exige des garanties pour le libre exercice de la protestation, la fin des violences, une réforme de la police. Malgré la répression, la pression paye. Le pouvoir lâche du lest : après le retrait de la réforme fiscale, celle de la santé a également disparu de l’agenda (rejetée par le Congrès) ; le gouvernement approuve une subvention de 25 % du salaire minimum pour tout employeur embauchant un jeune ; il annonce la gratuité des frais d’inscription dans l’enseignement public supérieur pour les étudiants des strates 1,2 et 3 (les couches les plus modestes) ; enfin, le 22 mai, la Cour constitutionnelle rétablit les 16 Juridictions spéciales pour la paix (qui disposeront de sièges à partir des prochaines élections législatives) ! Ce pour la carotte. Mais le bâton n’est pas loin. On ne voit même que lui. Le 17 mai, alors que le pays espérait des avancées en matière de négociations, Duque a coupé court et ordonné « l’augmentation de toutes les capacités opérationnelles des forces de l’ordre sur le terrain (…) ».

A bout de trois semaines de soulèvement, on déplore déjà une cinquantaine de morts et 1 600 blessés. Portées par le refus de la pauvreté, de la corruption, de l’insécurité, des inégalités dans l’accès aux études et à la santé, les manifestations massives continuent à se succéder. A chaque jour son tragique, son sordide, son poignant. Popayán : le 13 mai, la très jeune Alison Meléndez est interceptée et détenue par des agents de l’ESMAD. Le lendemain, libérée, bouleversée, elle dénonce avoir subi des violences sexuelles, puis se suicide. L’indignation est telle que des manifestants attaquent et incendient l’Unité de réaction immédiate (URI) où ont eu lieu les sévices. Huit quartiers se soulèvent. A 22 ans, Sebastián Quintero Múnera meurt à son tour, atteint au cou par une grenade assourdissante…

Le pouvoir avait-il pressenti une telle résistance ? Le 6 mai, le sénateur Wilson Arias (Pôle démocratique alternatif) a dénoncé la commande par l’Etat, de 130 000 grenades, 60 000 balles de marquage pour lanceurs de balles de défense (LBD), 4 734 boucliers anti-émeute, 107 lanceurs de gaz, etc., destinés à l’ESMAD, pour plus de 3 643 451 dollars (14 milliards de pesos). A Cali, John J réfléchit à haute voix : « Nous qui sommes des dirigeants communautaires, on connaît les jeunes, on sait pourquoi ils sont dans la rue. On s’inquiète de savoir s’il y aura une sortie négociée, concertée, au moins avec les autorités locales, parce qu’avec le gouvernement ça va être difficile… Qu’est-ce qui va leur arriver à ces jeunes ? On connaît l’histoire de notre pays ! »

 

Source: Mémoire des luttes

Photo:  Flickr CC

 

Notes:

[1] https://www.dane.gov.co/index.php/estadisticas-por-tema/pobreza-y-condiciones-de-vida/pobreza-monetaria

[2] Le gouvernement revendique la mise en place d’un programme de soutien à l’emploi formel bénéficiant à environ 3,5 millions de travailleurs ; le remboursement de la TVA pour près de 2 millions de ménages vulnérables ; le renforcement du Fonds de solidarité éducative (700 000 étudiants).

[3] Le CNP regroupe 26 organisations nationales, 29 comités départementaux et plus de 300 comités municipaux.

[4] C’est ainsi que les indigènes appellent leurs rassemblements et actions collectives.

[5]https://www.semana.com/nacion/articulo/no-nos-dejaremos-vencer-por-viboras-venenosas-comandante-del-ejercito-en-polemica-por-informe-de-la-jep-sobre-falsos-positivos/202143/

[6] Pour ajouter à son délire, López se réfère aux… philosophes français post-structuralistes Félix Guattari (qui a publié en 1977 La révolution moléculaire), Jacques Derrida, Gilles Deleuze et au très oriental Jeu de GO !

[7] Véhicules collectifs ouverts à tous les vents et souvent vétustes, typiques des régions montagneuses de Colombie.

[8] https://viacampesina.org/es/colombia-reforma-rural-integral-solo-se-ha-completado-el-4/

[9] Senadores y representantes – Informe multipartidista (2020) « ¿En qué va la paz a 2 años del gobierno Duque ? », Bogotá, 18 de agosto 2020.

[10] Propriétaire terrien qui a du pouvoir politique.

[11] http://ilsa.org.co/efectos-de-la-reanudacion-de-la-aspersion-aerea-sobre-la-legitimidad-del-programa-nacional-de-sustitucion-de-cultivos-ilicitos-pnis-en-colombia/

[12] La « pasta » ou pâte base : stade intermédiaire entre la feuille de coca et la cocaïne pure, obtenu avec des moyens souvent rudimentaires sur le lieu de production.

[13] Entre 2009 et 2018, 126 « éradicateurs » des GME et membres de la Force publique ont été tués et 664 blessés – la majorité par amputation (Fundacion Ideas por la Paz, Bogotá, 29 mai 2020).

[14] Lire Maurice Lemoine, « Cultures illicites, narcotrafic et guerre en Colombie », Le Monde diplomatique, Paris, janvier 2001.

[15] Pour une production potentielle de 951 tonnes de cocaïne.

[16] Les paramilitaires trouvent leur origine dans des groupes civils « d’autodéfense » légalement crées par l’armée colombienne, conseillée par le Commandement sud de l’Armée des Etats-Unis (Southern Command), dans les années 1970 et 1980, pour lui venir en aide pendant les opérations anti-insurrectionnelles.

[17] « Venezuela : aux « sources » de la désinformation », 7 octobre 2019 – https://www.medelu.org/Venezuela-aux-sources-de-la-desinformation

[18] L’Union patriotique (UP) est un parti politique issu d’un « processus de paix » mené en 1984 sous la présidence du conservateur Belisario Betancur et composé de guérilleros démobilisés, du Parti communiste et de membres de la société civile. Entre 3 000 et 5 000 de ses membres ont été assassinés, torturés et victimes de disparition, essentiellement par les paramilitaires.

[19] Lite « La Colombie aux temps du choléra » – https://www.medelu.org/La-Colombie-aux-temps-du-cholera

[20] https://www.lavozdeyopal.co/el-piloto-desaparecido-en-guatemala-no-trabajaba-para-mi-presidente-duque/

[21] Témoignage recueilli le 12 mai lors d’un Webinaire « Que se passe-t-il en Colombie ? » organisé à l’initiative de France Amérique latine 33 (Bordeaux), Les 2 Rives et le collectif ALBA-TCP France.

[22]  Idem.

[23] https://www.nytimes.com/es/2021/05/12/espanol/protestas-colombia-policia.html

[24] Lance-roquettes multiple soviétique de la Seconde Guerre mondiale.

[25]  « Pandilla »  : bande ; « paraco »  : paramilitaire.

[26] Ibid, « Que se passe-t-il en Colombie ? »

[27]  Ibid.

[28] https://www.colectivodeabogados.org/10861-2/

[29] El Espectador, Bogotá, 21 avril 2021.

[30] Actuellement sénateur, maire de Bogotá de 2012 à 2015, Petro a été, à partir de 1977, membre de la guérilla du Mouvement 19 Avril (M-19), dissoute en 1990.

[31] Lire : « Qui a trahi le camp de la paix en Colombie ? » – https://www.medelu.org/Qui-a-trahi-le-camp-de-la-paix-en

https://www.investigaction.net/fr/guerre-totale-contre-le-mouvement-social/

Dans Colombie

COLOMBIE : LE COMITE NATIONAL DE GREVE ANNONCE LA POURSUITE DES MOBILISATIONS

Par Le 24/05/2021

24 Mai 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-05-22 09:23:19

      

Bogota, 22 mai (RHC) Les membres du Comité National de Grève de Colombie, ont déclaré que les mobilisations se poursuivront parce qu’il n’y a pas encore d’accord avec le gouvernement d’Iván Duque alors que le pays est le théâtre, depuis 24 jours de manifestations pacifiques contre le modèle néolibéral, qui ont été sévèrement réprimées par les forces de sécurité.

Le président de la Centrale Unitaire des Travailleurs (CUT), Francisco Maltés, a déclaré aux médias locaux qu’ils continueront à dialoguer avec l’exécutif national mais qu’ils n’abandonneront pas les grèves et les blocages.

Peu avant d’entrer dans la réunion prévue ce vendredi avec les délégués du gouvernement pour le dialogue, le dirigeant syndical a déclaré qu’il y a "quelques points de convergence (...) et nous verrons si nous pouvons les développer aujourd’hui".

Dans le même temps, il a annoncé qu’ils se mobiliseraient prochainement pour soutenir "la motion de censure au ministre de la Défense, Diego Molano" et d’autres manifestations se dérouleront le 26 et le 28, jour du début des manifestations, a rappelé Maltais.

Il a souligné qu’ils ne tomberont plus "dans le piège de la capitulation et de la désobéissance aux engagements, comme ils l’ont fait l’année dernière, lorsque le gouvernement national nous a fait nous asseoir à la table de négociations pendant un mois sans rien définir", a-t-il souligné.

Pour sa part, le président de la Confédération générale du travail (CGT), Percy Oyola, a affirmé que, dans le cadre de la négociation, ils ont demandé l’intervention des maires et des gouverneurs pour résoudre les problèmes dans les régions, car il est important de tenir compte de ces communautés, a-t-il relevé.

Il a plaidé pour que le dialogue comporte une composante territoriale et pour que ces dirigeants locaux "s’organisent et aient leurs porte-parole pour venir dialoguer directement avec le gouvernement", a-t-il déclaré.

Selon les médias locaux, les membres du Comité National de Grève ont  entamé la cinquième réunion à Bogota, capitale, avec des tables techniques qui feront place à une rencontre conjointe.

À l’issue de sa réunion de jeudi avec les délégués de l’exécutif national, les membres du Comité National de Grève ont mis l’accent sur le fait que le Gouvernement n’a pas encore condamné le recours à la violence contre les manifestants ni accepté l’exigence de fournir des garanties pour exercer pacifiquement le droit de protestation.

En accord avec les membres du CNG, la réticence du gouvernement à accepter ces revendications est devenue un mur pour installer une table de négociation, d’où l’intention de la réunion de ce vendredi d’insister sur ces points, à la lumière de nombreux incidents de répression depuis le début de la grève nationale, qui ont augmenté après le début des rapprochements.

Les organisations membres du Comité demandent également une révision de la politique interne de respect des droits de l’homme au sein de l’armée et de la police.

 

Source Telesur

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/258178-le-comite-national-de-greve-annonce-la-poursuite-des-mobilisations-en-colombie

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Dans Colombie

LE PRESIDENT DUQUE ORDONNE LE DEPLOIEMENT DE MILITAIRES POUR REPRIMER LES LEGITIMES MANIFESTATIONS DU PEUPLE COLOMBIEN

Par Le 21/05/2021

20 Mai 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-05-19 08:56:39

      

Bogota, 19 mai (RHC) Le président colombien, Iván Duque, a ordonné à la Force publique de descendre dans les rues avec sa "capacité maximale" pour contenir les protestations antigouvernementales.

En Colombie, les protestations se poursuivent depuis le 28 avril dernier pour exiger des réformes fondamentales et la fin de la violence promue par l’État, qui a fait une cinquantaine de morts et 600 blessés du fait des brutalités policières.

Dans l’intervalle, le dirigeant colombien a qualifié lundi d'"illégaux" les barrages routiers qui se produisent dans différentes parties du pays dans le cadre des manifestations antigouvernementales et il a déclaré que son gouvernement avancerait sur tout le territoire jusqu’à ce que la situation redevienne normale.

"Nous avons donné pour instructions à tous les niveaux de la force publique de déployer dans les territoires de Colombie, avec les maires et les gouverneurs, leur capacité opérationnelle maximale, afin que, dans le respect de la proportionnalité et dans le strict respect des droits de l’homme et de leur protection, tous les Colombiens puissent recouvrer leur mobilité", a déclaré Duque dans un message télévisé.

Bien que les dernières protestations de la Colombie aient été brutalement réprimées par les forces colombiennes, le président Duque a fait valoir que dans le pays "il n’y a pas de dictatures ni d’oppression".

Il a également décrit les manifestations pacifiques comme des actes de sabotage, affirmant que "derrière ces blocages, il y a un intérêt criminel de saboter l’économie et le développement des populations", ceci malgré les appels lancés par les secteurs populaires à l’exécutif pour un dialogue au niveau national.

Les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux révèlent la dure répression policière et militaire contre les manifestations anti-Duque dans diverses places de Colombie.

Les manifestations en Colombie ont commencé par le rejet de l’établissement au Congrès d’une polémique réforme fiscale impulsée par le Gouvernement qui, sous la pression des mobilisations, a dû la retirer le 2 mai.

Duque a fait cette annonce après que le Comité National de Grève a appelé tous les citoyens à accompagner une grande mobilisation pacifique pour ce mercredi 19 mai.

Entre-temps, la population lance une alerte contre une possible recrudescence de la répression policière. A son tour, le sénateur Armando Benedetti a averti ce mardi sur le réseau social Twitter que "Nous ne sommes pas en guerre, c’est une grève, c’est une protestation ! Débloquer des voies avec la force publique sans avoir donné un minimum de dialogue apportera plus de violence".

 

Source Hispan TV

source:https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/257781-duke-ordonne-le-deploiement-maximum-de-militaires-pour-reprimer-les-manifestations?fbclid=IwAR3D_zTgI8l3CoBWCP-_0PNmUF_C2MODQ00YcKPS0PH2A_JN89_d7FbKZYM

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Dans Colombie

COLOMBIE : ASSASSINAT DE JESUS SANTRICH, COMMANDANT ET MEMBRE DE LA DIRECTION DES FORCES ARMEES REVOLUTIONNAIRES DE COLOMBIE (FARC-EP)

Par Le 20/05/2021

19 Mai 2021

Mercredi 19 mai 2021
¡Hasta la victoria siempre, Jesús Santrich!


Les Forces armées révolutionnaires de Colombie - Armée populaire (FARC-EP), aujourd'hui connues sous le nom de "Segunda Marquetalia", ont signalé hier l'assassinat de Jesús Santrich, lors d'une opération de l'armée colombienne au Venezuela. 
Santrich voyageait dans un camion au Venezuela lorsque celui-ci a été attaqué par des commandos colombiens. "Le camion transportant le commandant (Santrich) a été attaqué à coups de fusil et de grenades", indique le communiqué de Segunda Marquetalia, ajoutant que les commandos colombiens sont partis en hélicoptère après l'attaque.


La déclaration ajoute que Jesús Santrich "rêvait de la Nouvelle Colombie en pleine paix, avec la justice sociale, la démocratie et une vie digne pour son peuple" et qu'"il est parti pour l'éternité avec toutes ses lumières allumées, avec la vision géopolitique de Bolívar et Manuel rêvant de la victoire de l'unité, de la fraternité et de la solidarité des peuples du continent".

Segunda Marquetalia souligne que "la nouvelle de la mort de Santrich ne sauvera pas l'arrogant tyran Iván Duque de la colère populaire déchaînée" et appelle le peuple colombien "à continuer de lutter dans les rues jusqu'à ce que nous ayons un nouveau gouvernement du peuple et pour le peuple, plus humain, qui pense à la dignité du peuple et pas seulement à augmenter les privilèges des oligarchies, un gouvernement sans corruption ni voleurs d'État".

Commandant de grade, membre de la direction des FARC-EP, Jesús Santrich est né le 31 juillet 1967. Il avait participé en tant que délégué des FARC au processus de paix colombien à La Havane. 


La déclaration complète de Segunda Marquetalia est la suivante :

Nous informons la Colombie et le monde, avec la douleur au cœur, de la triste nouvelle de la mort du commandant Jesús Santrich, membre de la direction des FARC-EP, Segunda Marquetalia, dans une embuscade menée par des commandos de l'armée colombienne le 17 mai.

Cela s'est produit dans la Serranía del Perijá, une zone frontalière binationale, entre El Chalet et le village de Los Laureles, à l'intérieur du territoire vénézuélien. Les commandos colombiens sont entrés dans la zone sur ordre direct du président Iván Duque. La camionnette dans laquelle se trouvait le commandant a été attaquée par des tirs de fusils et des explosions de grenades. Une fois le crime consommé, les assassins lui ont coupé l'auriculaire de la main gauche. Quelques minutes plus tard, près de l'endroit, les commandos ont été rapidement extraits dans un hélicoptère jaune à destination de la Colombie.

A sa famille, nos plus sincères condoléances. Nous les accompagnons dans leur infinie désolation et dans la tristesse qui accable leur âme. Santrich est tombé libre ; libre comme il voulait l'être. Rêve libre de la Nouvelle Colombie en pleine paix, avec justice sociale, démocratie et une vie digne pour son peuple, pour les pauvres de la terre, les exclus et les discriminés, et la population sans défense brutalement attaquée ces jours-ci par l'armée et la police dans les rues sur ordre de la tyrannie monstrueuse de Duque et Álvaro Uribe. Santrich est parti pour l'éternité avec toutes ses lumières allumées, avec la vision géopolitique de Bolívar et de Manuel rêvant de la victoire de l'unité, de la fraternité et de la solidarité des peuples du continent.

La nouvelle de la mort de Santrich ne sauvera pas le tyran arrogant Ivan Duque de la colère populaire déchaînée. Au peuple colombien mobilisé depuis 20 jours en protestation permanente contre le mauvais gouvernement, nous demandons, en hommage à Santrich, de ne pas se relâcher dans sa juste lutte et de se lancer de toutes ses forces pour vaincre ce régime maudit qui nous écrase jusqu'à l'âme. Nous lui demandons de continuer à lutter dans les rues jusqu'à ce que nous ayons un nouveau gouvernement du peuple et pour le peuple, plus humain, qui pense à la dignité du peuple et pas seulement à augmenter les privilèges des oligarchies, un gouvernement sans corrompus ni voleurs de l'État, comme le voulait le commandant déchu dans la lutte.

Des acclamations pour ceux qui sont partis, mais qui sont toujours avec nous, comme Jesús Santrich, l'homme qui a constamment lutté pour une paix pour la Colombie sans trahison et sans perfidie.

Peuple colombien, pour la victoire, CHARGEONS !

FARC-EP
Segunda Marquetalia
Le 18 mai 2021.

source : https://www.idcommunism.com/2021/05/hasta-la-victoria-siempre-jesus-santrich.html#more

Tag(s) : #Santrich#FARC#colombie

Dans Colombie

COLOMBIE : UN JEUNE ETUDIANT SYMBOLE DE LA GREVE CONTRE LE GOUVERNEMENT MEURT DE 8 BALLES RECUES LE 5 MAI DERNIER

Par Le 13/05/2021

12 Mai 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-05-12 09:17:39

      

Bogota, 12 mai (RHC) Le jeune étudiant Lucas Villa, symbole de la grève nationale contre le gouvernement colombien, est décédé hier dans la nation sud-américaine à la suite de huit impacts de balles qui lui ont été infligés le 5 mai dernier dans la ville occidentale de Pereira.

La victime de la répression policière a reçu des soins intensifs à l’hôpital local de San Jorge, où il a été signalé dans un état neurologique grave, situation suivie de près par le peuple colombien.

Depuis lors, il est devenu une autre image d’agressions meurtrières subies par les protestants pacifiques lors des mobilisations qui ont commencé le 28 avril dernier contre l’administration d’Ivan Duque et ses mesures néolibérales.

Parmi les centaines de compatriotes qui ont déversé leurs sentiments sur les réseaux sociaux, beaucoup ont dédié à Villa des hommages avec des caricatures, des vidéos, des photos, des slogans et la promesse que sa mort ne sera pas en vain.

L’ONG Fondation internationale pour les droits de l’homme a condamné dans un tweet : "le président Ivan Duque affirme qu’il «fera peser tout le poids de la loi sur les responsables» de l’assassinat du jeune homme. Eh bien, M. le Président, démissionnez et rendez-vous à la justice, parce que les responsables sont vous et l’ancien Président Alvaro Uribe".

La Centrale Unitaire des Travailleurs a déclaré que la grève nationale se poursuivait et elle a appelé à continuer les mobilisations et à accroître la protestation pacifique dans le strict respect des normes de biosécurité pour la pandémie de la Covid-19.

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/256992-colombie-un-jeune-symbole-de-la-greve-contre-le-gouvernement-meurt-de-huit-balles

Tag(s) : #colombie

Dans Colombie

REBELLION EN COLOMBIE

Par Le 12/05/2021

11 Mai 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-05-11 09:43:39

      

Par Guillermo Alvarado

L’indignation augmente en Colombie et partout dans le monde en raison de la répression militaire et policière brutales contre la population civile, seule réponse qu’a trouvé le gouvernement d’Ivan Duque pour essayer de contenir la colère des milliers de personnes, qui demandent, dans les rues de ce pays,  un changement radical. D’après ce que montrent les images et les rapports sur les victimes, au cours des derniers jours, il existe un scénario de guerre où l’une des parties, les forces armées, la police et l’Escadron Mobile Anti-émeute (ESMAD), décharge sa puissance de feu sur des civiles non armés.

Selon un rapport fait samedi dernier par l’Institut pour le Développement et la Paix, INDEPAZ, durant les 10 premières journées de manifestations il y a eu 47 personnes assassinées, 963 détenus de façon arbitraire, 12 cas d’agressions sexuelles, 28 avec des lésions oculaires et 548 disparitions.

Comme on peut le voir, le bilan correspond à un conflit armé interne, où les agents de l’État tirent sur la population avec la totale complicité des plus hautes autorités.

Des organisations politiques et humanitaires, des gouvernements, des personnalités et le pape François ont exprimé leur inquiétude face à cette escalade de violence gouvernementale contre un peuple qui réclame son droit à vivre d’une façon digne.

Pour sa part, l’Organisation des États Américains, dont le chef de file Luis Almagro, semble faire une sieste prolongée, garde silence.

Tel que l’on connait bien, la Colombie est un territoire occupé par le Pentagone qui a installé sur place au moins sept bases militaires déclarées et un nombre indéterminé de soldats, sous prétexte de combattre le trafic de drogues et le terrorisme.

Jusqu’ à présent, tel que l’a rappelé l’écrivain Hernando Calvo Ospina, le pays sud-américain se maintient comme le principal producteur de cocaïne et les Etats-Unis comme le premier consommateur. 95% de l’argent de cette affaire illicite est blanchi dans les banques des États-Unis.

C’est peut-être à cause de cela qu’on a donné des ordres à Almagro de faire comme les fameux singes savants : ne pas écouter, ne pas regarder, ne pas parler.

Mais rien de tout cela n’arrêtera la rébellion dans la patrie de Jorge Eliécer Gaitán, dont l’assassinat le 9 avril 1948 a déclenché le plus grand éclatement social jamais vu dans cette nation.

Mais aujourd’hui ce n’est pas qu’à Bogota, parce que la flamme s’est étendue sur d’autres villes dont Cali, où l’ESMAD et l’armée ont perpétré un carnage et ils ont même tiré sur des médecins qui assistaient les blessés.

Duque fait le compte à rebours et il commence à ressentir la solitude qui accompagne les tyrans, quand ils ouvrent le feu sur leur propre peuple.

source : https://www.radiohc.cu/fr/especiales/comentarios/256876-rebellion-en-colombie

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Dans Colombie

COLOMBIE : LE GOUVERNEMENT REFUSE D’ECOUTER LE PEUPLE EN LUTTES ET DE S’ENGAGER A METTRE FIN A LA BARBARIE

Par Le 12/05/2021

11 Mai 2021

Le gouvernement refuse d'écouter et ne s'engage pas à mettre fin à cette barbarie.
COMITÉ NATIONAL DE GRÈVE 11 MAI 2021 VU : 1110


Plusieurs des secteurs sociaux qui composent le Comité National de la Grève (CNP) ont rencontré cet après-midi pendant quatre heures le Président de la République lors d'une réunion exploratoire au cours de laquelle aucun accord n'a été trouvé (1).

Le gouvernement insiste sur l'échec de la " conversation nationale " avec laquelle il a éludé la négociation de la grève nationale organisée à partir du 21 novembre 2019. Le gouvernement se trompe à nouveau avec sa stratégie d'usure et d'embolie, cela ne résoudra pas la Grève Nationale.

Lors de cette réunion, nous avons exprimé clairement et ad nauseam, la demande d'arrêter la violence étatique et para-étatique contre ceux d'entre nous qui manifestent depuis le 28 avril dernier, de démilitariser la protestation et de fournir des garanties pour l'exercer sans risque de perdre la vie, l'intégrité physique ou la liberté. Et sur cette demande, le président, en tant que commandant général des forces armées, ne s'est pas engagé à arrêter la barbarie dont le monde entier est témoin.

Nous lui avons suggéré que toute négociation possible exigeait l'arrêt de la violence contre les personnes qui manifestent leur mécontentement, et qu'il fallait prendre des mesures urgentes et particulières à Cali, en démilitarisant, en arrêtant les civils armés et en ouvrant un large espace de négociation avec tous les secteurs mobilisés dans cette ville. En réponse, le président ne s'est engagé à rien d'autre qu'à déclarer qu'il était dans la ville tôt ce matin pour discuter avec les autorités civiles et militaires.

Nous apprécions et remercions la présence et l'accompagnement de Carlos Ruíz Massieu, chef de la Mission de vérification des Nations Unies, de Julieth Rivero, chef en Colombie du Bureau du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, et de Monseigneur Héctor Fabio Henao de la Conférence épiscopale.

Nous voulons réitérer que nous sommes prêts à négocier, à condition que la violence contre les jeunes et les citoyens qui manifestent cesse, et qu'un processus de négociation des demandes présentées par le Comité national de grève et avec d'autres secteurs mobilisés soit établi.

La grève nationale continue, et c'est pourquoi nous appelons à ce que mercredi prochain, le 12 mai, la manifestation pacifique s'intensifie, avec un respect strict des normes de biosécurité, en continuant avec les couloirs humanitaires, parce que la grève s'occupe de la population, et en solidarité avec les victimes de la violence policière et avec les citoyens actifs dans la protestation à Cali, pour que le gouvernement écoute la clameur du peuple colombien, modifie sa position et arrête la barbarie, afin d'écouter et de négocier avec tous les secteurs sociaux et les citoyens qui se mobilisent.

Pour ce jeudi 13 mai, nous appelons à une assemblée populaire et à une réunion nationale avec la présence du Comité National de la Grève dans la ville de Cali avec toutes les expressions de la citoyenneté qui participent à cette Grève Nationale.

STOP À L'AVANCÉE - VIVE LA GRÈVE NATIONALE !

Comité national de grève CNP

Note

(1) Les demandes et les critères que nous avons présentés au Président de la République ont été inclus dans une communication qui peut être trouvée au lien suivant : https://cut.org.co/comunicado-del-comite-nacional-de-paro-lo-que-vamos-a-decir-al-presidente-de-la-republica/.

Bogotá, 10 mai 2021

source : https://www.pacocol.org/index.php/noticias/nacional/15010-gobierno-se-niega-a-escuchar-y-no-se-compromete-a-parar-la-barbarie

Tag(s) : #colombie#Pacocol

Dans Colombie

SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE COLOMBIEN! HALTE A LA REPRESSION MEURTRIERE ET AUX VIOLENCES!

Par Le 08/05/2021

Solidarité avec le peuple colombien ! Halte à la répression meurtrière et aux violences !

Publié le par anonyme

Depuis le 28 avril, la société civile colombienne dans sa grande diversité a appelé la population à manifester son refus de la réforme fiscale proposée par le Président Ivan Duque. Cette réforme injuste qui épargne les plus riches et vise à faire payer la crise économique aux plus modestes, s’est heurtée dans tout le pays à une vague de protestation d’une ampleur telle que le projet présidentiel a été retiré et que le ministre des finances a démissionné.

 

Au-delà du rejet de la réforme fiscale, la mobilisation du peuple colombien exprime une opposition plus générale à la politique gouvernementale qui accroît les inégalités et se caractérise par la violence et la corruption. Les manifestants s’opposent également au projet de réforme de la santé ainsi qu’à la remise en cause des accords de paix de 2016 qui ont mis fin à la guérilla,

 

Le président et le gouvernement colombiens ont décidé de répondre à ce large mouvement social par la répression et la terreur policière. Selon les ONG locales et les représentants de l’ONU, on compte entre le 27 avril et le 5 mai 37 victimes d'homicides commis par la police, 222 blessés victimes de violences policières,1708 cas de brutalités policières, 831 arrestations et 10 victimes d'agressions sexuelles par la force publique.Le Haut-Commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, Marta Hurtado, déclare dans un communiqué : "Nous sommes profondément alarmés par les développements dans la ville de Cali, en Colombie, où la police a ouvert le feu sur des manifestants qui protestaient contre les réformes fiscales, tuant et blessant plusieurs personnes".

 

Le Mouvement de la Paix dénonce et condamne cette répression policière meurtrière qui frappe des manifestants pacifiques exprimant leurs revendications. Il exprime sa solidarité au peuple colombien en lutte pour ses droits et sa dignité et rappelle que le rassemblement pacifique est un droit humain fondamental, reconnu par le droit international.

 

Le Mouvement de la Paix demande instamment au gouvernement français de faire entendre la voix de la France en condamnant fermement cette violation des droits de l’homme et en saisissant l’Union Européenne afin de prendre les sanctions nécessaires envers les responsables.

 

A Paris, le vendredi 7 mai 2021

 

Le Secrétariat National du Mouvement de la Paix

Dans Colombie

LE PEUPLE COLOMBIEN EXIGE LE RESPECT DU DROIT DE PROTESTER DES ORGANISATIONS COLOMBIENNES

Par Le 08/05/2021

8 Mai 2021

 

6 MAI 2021  AMÉRIQUE DU SUD, DROITS DES PAYSANS ET DES PAYSANNES, FEMMES, PROCESSUS DE PAIX EN COLOMBIE

Communiqué de l’articulation des femmes de la CLOC-Via campesina
(Managua, le 4 mai 2021) L’Articulation des femmes de la Coordination latino-américaine d’organisations paysannes CLOC-LVC, en tant qu’instance continentale de femmes paysannes, autochtones et noires, devant la RÉPRESSION contre le peuple colombien et considérant les efforts de ce peuple frère pour réaliser la paix, et avec la légitimité de sa mobilisation pour revendiquer ses droits, nous exigeons que le gouvernement cesse la répression exercée à l’aide de ses organes d’exécution que sont la police et l’armée.

En pleine crise sanitaire, les journées de contestation en Colombie ont laissé des centaines de blessés, plus de 726 détentions arbitraires, plus de 27 personnes tuées et six cas de viol, ce qui aggrave la situation de ce peuple qui crie pour sa liberté et exige le respect des droits humains de chaque citoyen et citoyenne.


Le conflit armé que la Colombie a vécu pendant plus de quarante ans a approfondi la pauvreté et la migration de sa population. Depuis de nombreuses années, les dirigeantes et dirigeants des organisations sociales font l’objet de menaces, de persécution et d’assassinats. On observe dans ces journées de contestation la réalité crue que le peuple vit au quotidien.

Nous exigeons le respect du droit de protester des organisations colombiennes; Nous appelons les organisations internationales de droits de l’homme à prendre les mesures pertinentes contre la violence brutale exercée par le gouvernement.

Nous demandons que cesse la violence sexuelle contre les femmes dans le contexte des manifestations.

Nous exigeons que cesse la répression contre les organisations sociales.

Nous lançons un appel urgent à la solidarité internationale et à la condamnation de toute forme de violence contre un peuple qui cherche à améliorer ses conditions de vie.

Mondialisons la lutte.

Mondialisons l’espoir.

source : https://viacampesina.org/fr/nous-exigeons-le-respect-du-droit-de-protester-des-organisations-colombiennes/

Tag(s) : #colombie#ViaCampesina

 

Dans Colombie

COLOMBIE : MISE EN GARDE CONTRE LA CRIMINALISATION DES MANIFESTATIONS

Par Le 06/05/2021

6 Mai 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-05-06 09:20:42

 

 

Bogota, 6 mai (RHC) L’ancien président colombien Ernesto Samper (1994-1998) a mis en garde contre la stratégie de criminalisation de la grève nationale que vit dans le pays, afin de justifier le recours à la force par les policiers et les militaires.

Dans son profil sur Twitter, l’ancien président a averti que la droite politique veut transformer la protestation en 'menace terroriste, des manifestants en cibles militaires et la force publique (...) en acteurs de guerre civile'.

Samper s’est référé aux recommandations faites par l’ancien président colombien Álvaro Uribe (2002-2010) pour faire face aux signes de mécontentement social, qu’il a qualifiés de révolution moléculaire dissipée.

Le terme appartient au chercheur chilien Alexis Lopez et se réfère à de petites actions de résistance en augmentation en nombre et en intensité et qui se terminent par de grandes révolutions.

Selon Uribe sur son compte Twitter, il est nécessaire de résister à la 'révolution moléculaire dissipée', pour cela il a conseillé de renforcer le rôle des forces armées et de reconnaître le terrorisme, –a-t-il dit se référant aux manifestations, comme un phénomène plus important que prévu.

Pour sa part, Samper rappelle que la militarisation, la criminalisation de la protestation sociale ou la stigmatisation des personnes comme terroristes ne sont pas des solutions à la crise que vit la Colombie.

En revanche, il a appelé au dialogue avec les partis d’opposition, les mouvements sociaux et à la réponse tolérante de la force publique aux manifestations.

Les actions répressives violentes ont suscité l’inquiétude d’instances internationales telles que l’Organisation des Nations Unies qui, la veille, a condamné ce comportement des agents en uniforme et a appelé les autorités du pays à respecter la protection des droits de l’homme, en particulier le droit à la vie et à la sécurité de la personne.

 

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/256418-mise-en-garde-contre-la-criminalisation-des-manifestations-en-colombie

Tag(s) : #colombie

Dans Colombie

COLOMBIE : SOLIDARITE AVEC LA MOBILISATION POPULAIRE. HALTE A LA REPRESSION !

Par Le 05/05/2021

4 Mai 2021

 

publié le 04/05/2021
Colombie : solidarité avec la mobilisation populaire, halte à la répression !
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Le peuple colombien s’est soulevé. Depuis le 28 avril, dans toutes les régions du pays, tant dans les grandes villes que dans les zones rurales, travailleurs, étudiants, organisations des peuples autochtones ont organisé des manifestations et rassemblements massifs pour revendiquer le retrait du projet de réforme fiscale du gouvernement du président Iván Duque.

Une réforme dont l’objectif était de faire payer aux ménages modestes la crise économique et la mauvaise gestion du pays, tout en épargnant les privilèges des plus riches. Mais si la réforme a été le détonateur, la force de la mobilisation populaire exprime le profond rejet de toute une politique fondée sur l’accroissement des inégalités, la violence et la corruption.

Par leur détermination, les Colombiennes et Colombiens ont contraint le président Duque à retirer sa réforme et conduit à la démission le ministre des Finances, Alberto Carrasquilla. Des premières victoires et conquises de haute lutte, face à un gouvernement aux abois, qui a décidé d’utiliser la répression et la terreur pour maintenir sa domination.

La répression policière est brutale et l’armée a été déployée dans les rues des grandes villes du pays. Selon les informations du Défenseur du peuple en date du 3 mai, 18 civils ont été assassinés depuis le début de la mobilisation, dont 11 dans la seule ville de Cali. Selon la campagne « Défendre la liberté », 305 personnes ont été blessées par la police et 988 arrêtées. Des défenseurs des droits humains sont également pris pour cible, y compris des représentants de l’ONU.

Face à cette grave situation, le Parti communiste français (PCF) exprime son entière solidarité avec la lutte exemplaire du peuple colombien et dénonce avec force la répression meurtrière déchaînée contre les manifestants.

La France et l’Union européenne ne peuvent demeurer silencieuses. Elles doivent cesser de soutenir le gouvernement d’extrême droite, héritier direct de la « guerre sale » contre les mouvements populaires et démocratiques. Un gouvernement responsable des morts des derniers jours, mais aussi de l’assassinat de centaines de leaders sociaux et de signataires des Accords de paix depuis sa prise de fonctions. Une condamnation ferme des violations des droits humains est nécessaire, ainsi que l’activation sans délai de la clause de suspension de l’accord de libre-échange avec la Colombie.

Parti communiste français,
Paris, 4 mai 2021

source : https://www.pcf.fr/colombie_solidarite_avec_la_mobilisation_populaire_halte_la_repression?fbclid=IwAR29xHE6m6wpaiasSEwfYVfOYTikrXnRJXjE-lAoadxeEBAW8SX7BErkFSM

Tag(s) : #PCF#colombie

Dans Colombie

POUR LE DROIT A LA PROTESTATION SOCIALE EN COLOMBIE : ARRETEZ LES MASSACRES !

Par Le 04/05/2021

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4 Mai 2021

 

Publié le : 04.05.2021
Le peuple colombien a décidé, de manière spontanée et très utile, de prolonger la grève civique du 28 avril, en protestation prolongée contre la réforme fiscale et la réforme de la santé, contre d'autres mesures antisociales et contre l'impunité garantie par les autorités colombiennes à ceux qui assassinent les leaders sociaux et les signataires de la paix. Désormais, les chauffeurs routiers ont également rejoint le mouvement.

A la manifestation pacifique et massive, le président Ivan Duque répond par une répression maximale, digne d'un régime fasciste. On dénombre des dizaines de morts dans le pays, la violence de l'État étant particulièrement forte à Cali. Ce samedi 1er mai après-midi, le président a décrété la militarisation des villes, obéissant ainsi à l'ancien président Uribe qui avait invité les militaires et les policiers à utiliser leurs armes de guerre contre les manifestants. Dans la nuit de dimanche à lundi, à Cali, l'armée a attaqué la population civile avec des armes lourdes et des hélicoptères de combat.

Le Parti de la Gauche Européenne demande au gouvernement colombien de cesser immédiatement la militarisation du pays, l'utilisation d'armes à feu contre la population civile, de respecter le droit à la protestation sociale, de libérer tous les prisonniers politiques, d'enquêter et de punir les auteurs des meurtres de manifestants pacifiques, et de se conformer à ses obligations en vertu des accords de paix.

Le Parti de la Gauche Européenne demande à la Commission européenne, au Conseil des ministres et aux pays membres de l'Union européenne de cesser de soutenir le gouvernement colombien, le plus répressif, meurtrier et antisocial de toute la région, et de condamner clairement l'assassinat de leaders sociaux et de signataires de l'accord de paix, ainsi que le non-respect des accords de paix par le gouvernement.

Le Parti de la gauche européenne demande à la Commission européenne d'activer la clause démocratique et des droits de l'homme de l'accord de libre-échange UE-Colombie, en suspendant partiellement ou totalement son application provisoire jusqu'à ce qu'il soit mis fin à l'impunité dont bénéficient les assassins. Elle appelle également les parlements d'Europe qui ne l'ont pas fait à ne pas ratifier cet accord de libre-échange tant que ces meurtres resteront impunis.

Parti de la gauche européenne

Bruxelles, 3 mai 2021
source : https://www.european-left.org/protesta-colombia-que-cesen-las-masacres/

Tag(s) : #PGE#colombie

Dans Colombie

COLOMBIE : ASSASSINAT DE 41 INDIENS DU PEUPLE AWA CES 12 DERNIERS MOIS

Par Le 25/04/2021

25 Avril 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-04-24 09:26:38

      

Bogotá, 24 avril (RHC) Des défenseurs des droits humains en Colombie ont dénoncé  les assassinats de 41 indiens du peuple Awá dans le département de Nariño au cours des 12 derniers mois.

Le groupe d’avocats a diffusé sur Twitter un communiqué publié par l’Unité autochtone du peuple Awá dans lequel ils rejettent l’augmentation de la violence contre leurs communautés et la situation des véritables camps de guerre que sont les territoires dans lesquels elles vivent.

D’après le texte, les actes de victimisation commis sur ce territoire se sont intensifiés au cours des derniers mois, avec des massacres, des déplacements, des confinements, des assassinats, des disparitions forcées, des tortures, des menaces à l’encontre de dirigeants et des attentats aux explosifs.

Les Awas dénoncent le fait que ces attaques ont fait des morts, tandis que les affrontements entre groupes armés légaux et illégaux affectent également leurs communautés.

Dans le communiqué, ils ont demandé au Bureau du Procureur général de la nation d’enquêter, d’agir rapidement et de trouver les coupables de tous les faits qui se produisent constamment, afin qu’ils ne restent pas impunis.

Ils ont demandé au Bureau du Défenseur du peuple d’élaborer des rapports et de donner suite aux alertes précoces concernant la crise humanitaire que vivent les Awá.

Ils ont également demandé un accompagnement permanent pour la prise en charge des victimes, et la dénonciation de cette crise humanitaire par les organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme et autres.

Enfin, ils ont appelé à la solidarité du peuple colombien qui veut vivre en paix sur le territoire.

 

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/255160-assassinat-de-41-indiens-awa-de-colombie

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Dans Colombie

CINQ LEADERS SOCIAUX ET EX-MEMBRES DES FARC TUES CHAQUE SEMAINE EN COLOMBIE

Par Le 07/04/2021

6 Avril 2021

 

Bogota, 6 avril (RHC) Cinq dirigeants sociaux ou anciens membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont été assassinés chaque semaine du 1er novembre 2016 au 30 juin 2020, a indiqué un rapport publié ce lundi.

Au cours de cette période, 944 assassinats de personnes liées à ces secteurs (également défenseurs des droits de l’homme) ont été identifiés, précisent dans le texte la Fondation Forjando Futuros, la Commission Inter-ecclésiale de Justice et Paix, le programme Nous sommes des Défenseurs, l’Institut d’études pour le développement et la paix et la Commission colombienne de juristes.

Il existe trois modèles liés aux crimes : systématisation, stigmatisation et impunité, ont exposé les Organisations non gouvernementales, tout en résumant les 66 condamnations prononcées contre les responsables, soit seulement 7 % du total des affaires enregistrées. Elles ont critiqué le travail du Bureau du Procureur.

Le nombre total de décès a été localisé dans 29 des 32 départements du pays, mais la situation la plus complexe est enregistrée à Cauca, Antioquia, Nariño, Valle et Norte de Santander, avec 568 assassinats de dirigeants sociaux et d’anciens guérilleros, c’est-à-dire, 60% des cas  s’y concentrent, ont-elles averti.

Ces assassinats touchent des groupes ayant des caractéristiques similaires, visent certains secteurs de direction ou de défense des droits de l’homme, ou d’anciens guérilleros, et se concentrent dans certaines zones, note le document.

L’enquête indique que dans 80 % des communautés touchées, il y a eu des cultures de coca après 2016, et presque toutes ont des taux d’homicide supérieurs à 10 pour 100 000 habitants.

D’autres organisations, comme l’Organisation des Nations Unies, ont par le passé mis en garde contre le fait que le Gouvernement d’Ivan Duque n’avait pas réagi à ce fléau et ont appelé à une plus grande attention institutionnelle à l’égard des ex-guérilleros et des conditions de sécurité en général.

 

Source Prensa Latina

Édité par Reynaldo Henquen

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/253103-cinq-leaders-sociaux-et-ex-membres-des-farc-tues-chaque-semaine-en-colombie

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Dans Colombie

COLOMBIE : DENONCIATION DE LA SITUATION HUMANITAIRE DES COMMUNAUTES AUTOCHTONES

Par Le 20/03/2021

20 Mars 2021

 

Bogotá, 19 mars (RHC) La Conférence épiscopale de Colombie a dénoncé aujourd’hui la situation humanitaire complexe dans les communautés indigènes à cause des actions de groupes irréguliers dans la municipalité de Murindó, au nord-est du département d’Antioquia.

Lors d’une conférence de presse, l’institution de l’Église catholique a exposé les conclusions d’une enquête menée sur ce territoire par des membres des diocèses de Quibdó et Apartadó, du Conseil Supérieur de Murindó et de la Coordination régionale du Pacifique, entre autres.

Les groupes militaires et paramilitaires ont commis de graves violations du droit international dans leur différend sur cette zone considérée comme un corridor stratégique, a-t-elle souligné.

En raison de l’affrontement et de la présence de ces groupes armés, les communautés autochtones ont été victimes de déplacements forcés, d’enfermements, de menaces contre les dirigeants et les communautés, de recrutement de mineurs et de perte de l’autonomie de leur territoire, a-t-il précisé.

De même, des femmes et des enfants de la communauté de Turriquitadó Alto ont été contraints de se déplacer après l’installation, en  leur présence, de mines antipersonnel devant l’école et dans les maisons, ont révélé les délégations.

Près de 140 autochtones ont quitté leurs territoires à la suite de ces événements; cependant, des familles sont confinées et mises au secret parce qu’elles n’ont pas pu se déplacer, ont-ils ajouté.

La communauté de l’île vit dans une situation de confinement angoissante en raison des mines antipersonnel posées par les groupes militaires et paramilitaires, dont a été victime un enfant de 12 ans le 28 février dernier, ont-ils dit.

La Conférence épiscopale exige l’intervention du gouvernement du président Ivan Duque dans cette région pour garantir les droits sociaux, le déminage territorial, l’aide humanitaire urgente et la protection collective des communautés indigènes.

À son tour, il réclame la séparation totale des membres de la force publique des acteurs armés illégaux afin de renforcer la tâche de protection des habitants.

Le déplacement forcé interne en Colombie a doublé en janvier et février 2021 par rapport à la même période de l’année précédente, a averti mardi dernier le Médiateur, Carlos Camargo.

 

Source Prensa Latina

Édité par Reynaldo Henquen

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/251224-colombie-denonciation-de-la-situation-humanitaire-des-communautes-autochtones

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Dans Colombie

NOUVEAU MASSACRE EN COLOMBIE

Par Le 20/02/2021

19 Février 2021

Bogota, 18 février (RHC) La police colombienne a fait état d’un nouveau massacre qui a coûté la vie à cinq personnes dans la municipalité des Andes, dans le département d’Antioquia.

Selon les autorités, des hommes cagoulés armés sont entrés dans un champ de cueilleurs de café et ils ont fait sortir six travailleurs par la force, en ont tué cinq et ont gravement blessé le sixième.

Les corps des victimes portent des traces de torture et les policiers pensent que les crimes sont liés à des différends territoriaux entre groupes armés impliqués dans la production et le trafic de drogues.

Selon les médias locaux, la bande de Los Guadalupe, connue pour ses activités de trafic de drogue, d’extorsion et d’homicide, opère dans la région et pourrait, selon les autorités, être alliée à une autre bande connue sous le nom de La Terraza.

On pense en outre que l’organisation paramilitaire bien connue, le clan du Golfe, a des intérêts dans la région, ce qui fait de la sécurité une question complexe à régler dans le département qui connaît le plus grand nombre d’actes de violence de ce type depuis le début de cette année.

Selon l’Institut d’études pour le développement et la paix (Indepaz), en un peu plus d’un mois et demi, la Colombie a enregistré 12 massacres et 46 décès, tous dans des zones rurales du pays. (Source:PL)

Édité par Reynaldo Henquen

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/248093-nouveau-massacre-en-colombie

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Dans Colombie

COLOMBIE : JULIAN CONRADO, 1er ANCIEN GUERILLERO DES FARC DEVENU MAIRE

Par Le 30/12/2020

29 Décembre 2020

Ainsi va le mandat de Julián Conrado, premier ancien guérillero des FARC à devenir maire élu
Près d'un an après avoir pris ses fonctions de maire de Turbaco, dans le département de Bolivar, Guillermo Torres, alias "Julián Conrado", a parlé des défis de la réincorporation qu'il a dû relever en tant que premier ancien combattant de la guérilla à obtenir un poste de maire après la signature de l'accord de paix.
27 décembre 2020


Julián Conrado, maire de Turbaco. Photo : Mission de l'ONU en Colombie.
Guillermo Torres, alias "Julián Conrado", s'est présenté aux élections de 2019 en tant que maire et gouverneur, où il a obtenu 50,7 % des voix. Il est ainsi devenu le premier ancien guérillero à obtenir un siège de maire après la signature de l'accord de paix. Bien qu'il se soit présenté avec l'appui de la coalition Colombia Humana-Union Patriotica, Torres prétend se sentir responsable du succès de la réincorporation politique. C'est pourquoi il concentre ses efforts sur la gestion transparente des ressources et la lutte contre la corruption.

Conrado, dans un entretien avec la mission de vérification des Nations unies en Colombie, a déclaré qu'il était né à Turbaco en 1954. Sa mère était blanchisseuse et son père était chauffeur de bus. Il a appris à jouer de la guitare dès son enfance et a ensuite composé plus de 100 chansons, dont deux ont été enregistrées en 1976. Il rejoint la guérilla en 1984 et devient le chanteur officiel des Farc-EP. Il a été présumé mort dans les bombardements  causant la mort de Raul Reyes, et a été emprisonné au Venezuela, mais il n'a pas donné de détails sur les circonstances de sa disparition.


Il a assuré que l'accord de paix a été l'une des meilleures opportunités que le pays ait eues, et grâce à lui, il a pu démontrer qu'un ancien combattant, "une personne qui était dans l'insurrection", peut administrer un peuple avec honnêteté et transparence pour être un exemple dans toute la Colombie. Il a également déclaré qu'il n'avait jamais pensé à devenir maire de sa ville, mais qu'il avait toujours voulu faire de la politique, "parce qu'on fait de la politique dès la naissance, il est impossible pour l'être humain de vivre en dehors de la politique", a-t-il répété. Il a également déclaré que le mot "réincorporation" n'est pas exact, car il n'a jamais été en dehors de la société, mais il accepte le terme en raison de ses actions passées en dehors de la loi.


Julián Conrado, maire de Turbaco. Photo : Mission de l'ONU en Colombie.
En ce qui concerne son travail de fonctionnaire, il a déclaré qu'il était difficile de gouverner, car les gens se sont habitués au fait que la politique consiste à "donner des emplois et des contrats". Comme il n'a pas cédé aux pressions, il a déclaré qu'il a été catalogué comme corrompu. Malgré cela, il a dit : "Je dors paisiblement", car il a tenu sa parole. Il a également assuré qu'il est prêt à mourir pour la paix, dans le contexte national qui compte déjà plus de 200 ex-combattants assassinés, car il continuera sur la voie de la légalité. "Je l'ai dit : personne ne me fait sortir du chemin de la paix", a-t-il dit. Il a également déclaré qu'il voulait être un exemple de réincorporation afin que d'autres combattants démobilisés suivent son chemin.

Malgré le fait que, durant sa campagne, les opposants ont prétendu que Cordado n'avait aucune expérience pour gouverner, il a fait remarquer à la mission de l'ONU que la chose la plus importante, au-delà des titres professionnels, est l'honnêteté et la fiabilité. Ainsi, il a soutenu que, pour administrer les ressources économiques, il est nécessaire que celui qui assume cette tâche soit honnête. En outre, Conrado a obtenu il y a quelques mois son diplôme de fin d'études secondaires, en même temps que sa femme. Il a déclaré que cette action est un encouragement pour ses camarades de classe à prendre également la décision d'étudier.

Conrado a déclaré que les anciens combattants sont stigmatisés en raison de leur passé d'insurgés, mais c'est le défi à relever, car il faut se débarrasser de la croyance selon laquelle "nous sommes de différents côtés". Pour le maire de Turbaco, la guerre que le pays a vécue n'a pas fait de morts d'un côté ou de l'autre, "cette guerre en Colombie a fait des morts du même côté, nous sommes tous du même côté. La guerre, poursuit-il, est une guerre entre frères, fils de gens humbles.

source:https://www.infobae.com/america/colombia/2020/12/27/asi-va-el-mandato-de-julian-conrado-el-primer-exguerrillero-de-las-farc-en-convertirse-en-alcalde-electo/?outputType=amp-type

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Dans Colombie

COLOMBIE : LA COUR SUPREME COLOMBIENNE ORDONNE L'ARRESTATION DE L'EX-PRESIDENT ALVARO URIBE

Par Le 06/08/2020

 

Bogotá, 5 août (RHC)- La Cour suprême colombienne a ordonné l'arrestation de l'ex-président colombien et actuel sénateur Alvaro Uribe, encore très influent dans son pays, pour une affaire de manipulation de témoins contre un opposant de gauche. Ce dernier a annoncé ce mardi sur Twitter que la justice avait ordonné son arrestation.

«La privation de ma liberté me cause une profonde tristesse pour mon épouse, pour ma famille et pour les Colombiens qui croient encore que j'ai fait quelque chose de bien pour la patrie», a twitté l'ancien chef de l'Etat (2002-2010), un représentant de la droite dure.

Bien que la Cour ne se soit pas publiquement prononcée sur son inédite décision contre un ex-président colombien, les médias locaux indiquaient qu'il ne serait pas transféré en prison, mais assigné à résidence. Alvaro Uribe, 68 ans, chef du Centre démocratique (CD, au pouvoir), vit à Rio Negro, près de Medellin (nord-ouest). Cette décision inattendue contre le parrain politique de l'actuel président Ivan Duque, au pouvoir depuis deux ans, a été prise durant une audience tenue à huis clos et visant à définir sa situation.

La Cour suprême, seule instance habilitée à juger les parlementaires, décidera plus avant de la tenue ou non d'un procès. Alvaro Uribe, entendu le 9 octobre 2019 par les magistrats, fait l'objet d'une enquête pour manipulation de témoins en sa qualité de sénateur, affaire qui pourrait lui valoir jusqu'à huit ans de prison pour subornation et fraude procédurale. L'ex-président, qui bénéficie encore d'un certain soutien populaire pour sa politique de main de fer contre les guérillas de gauche, avait porté plainte en 2012 contre le sénateur Ivan Cepeda pour un complot présumé en s'appuyant sur de faux témoins. Il affirme que son principal opposant politique, lui-même témoin dans l'affaire, a demandé à d'anciens paramilitaires de l'accuser d'être impliqué dans des activités criminelles de milices d'extrême droite armés contre les rebelles. Toutefois, la Cour n'a pas engagé de poursuites contre Ivan Cepeda, mais a décidé en 2018 d'ouvrir une enquête contre Alvaro Uribe pour la même raison: manipulation de témoins contre un opposant.

Outre cette affaire, il est visé par d'autres enquêtes pour des crimes présumés liés au long et complexe conflit armé, qui mine la Colombie depuis près de six décennies. En juin, la Cour suprême a ainsi annoncé l'ouverture d'une enquête pour une affaire d'écoutes illégales menées par des militaires en 2019, visant quelque 130 journalistes, hommes politiques, militaires en retraite et syndicalistes. Mais Alvaro Uribe a toujours clamé son innocence et son parti mène une intense campagne médiatique pour défendre l'«honneur» de son chef.

José Miguel Vivanco, directeur exécutif de la division Amériques de l'organisation Human Rights Watch (HRW), l'ont saluée. «Je félicite la Cour suprême d'agir de manière responsable en ordonnant l'assignation à résidence d'Uribe. La Cour démontre que tous - jusqu'aux plus puissants - sont égaux devant la loi. Il faut respecter l'indépendance judiciaire», a-t-il tweeté. Cette décision vient grossir les rangs d'anciens dirigeants latino-américains populaires devant rendre des comptes à la justice, tels Lula au Brésil, Cristina Kirchner en Argentine, Rafael Correa en Equateur, Alberto Fujimori au Pérou ou Ricardo Martinelli au Panama.

Edité par Reynaldo Henquen
source :  http://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/230678-colombie--la-justice-ordonne-l'arrestation-de-l'ex-president-uribe


 

Dans Colombie

COLOMBIE : FACE A LA FRAUDE ÉLECTORALE, L’APPEL A LA DÉSOBÉISSANCE CIVILE LANCE PAR UN SÉNATEUR GAGNE DES ADEPTES DANS LE PAYS

Par Le 09/07/2020

Bogota, 8 juillet (Prensa Latina) L’appel à la désobéissance civile lancé par le sénateur Gustavo Petro face à la fraude électorale présumée qui a conduit Iván Duque à la présidence de la Colombie gagne des adeptes aujourd’hui dans ce pays.

Petro, du mouvement Colombia Humana, a lancé cet appel suite aux révélations d´enregistrements audio dans le cadre de l´affaire dénommée Ñeñepolítica, qui mettent en garde contre une probable complicité du gouvernement actuel avec des trafiquants de drogue et au moins un homme d’affaires étranger dans l’achat de votes.

Le député Petro, rival de Duque lors des élections du dimanche 27 mai 2018, affirme que la désobéissance civile est la forme la plus élevée d’action et de conscience sociale d’un peuple face à des gouvernements tyranniques ou illégitimes.

Il considère que l’administration de Duque est illégitime parce qu´ 'il s’est fait élire avec le vote acheté par l’argent du trafic de drogue'.

Il note que, selon les arrêts du Conseil d’État, en Colombie, il suffit qu’un seul vote ait été frauduleux pour annuler une élection.

'Nous sommes ici devant la présence de centaines de milliers de votes achetés, et les auteurs sont les narcotrafiquants amis du président, sans compter les amis narcotrafiquants de la vice-présidente', a-t-il souligné dans un article publié dans El Espectador.

Il met en garde contre le fait que si la société ne réagit pas, un gouvernement illégitime entachera toute la structure institutionnelle et conduira la société aux abîmes, à la mort et à la désintégration sociale et nationale.

La sénatrice Victoria Sandino pour la Force Alternative Révolutionnaire du Commun a soutenu la convocation de Petro.

Elle a assuré que cela fait longtemps que « les Colombiens, nous avons besoin d’une désobéissance civile organisée et sérieuse qui retire du pouvoir les familles de toujours et qui résolve toutes les violations des droits de l’Homme vécues quotidiennement ».

« Nous ne pouvons pas nous taire devant ceux qui déforment la volonté populaire. Ces mafias nous demandent alors avec un cynisme total, par leurs médias, de cesser la haine, de ne pas polariser, de rester silencieux. Si nous n’obéissons pas, comme des agneaux soumis, ils nous stigmatisent et nous crucifient devant leurs clientèles manipulées », a pour sa part manifesté l’écrivain, scénariste et politicien Gustavo Bolivar.

Il a souligné sur son compte Twitter qu’il s’agit d’un vol inacceptable et inadmissible.

Petro a souligné que l’émancipation est le contraire de l’esclavage. Elle implique une libération républicaine, une rupture avec l’état de servitude auquel conduit le vote acheté et avec le contrôle violent des mafias de la corruption et du narcotrafic.

peo/mgt/otf

 

source : http://frances.prensa-latina.cu/index.php?option=com_content&view=article&id=884437:lappel-a-la-desobeissance-civile-gagne-des-adeptes-en-colombie&opcion=pl-ver-noticia&catid=29&Itemid=101


 

Dans Colombie

LES LEADERS INDIGÈNES, CIBLES DE LA VIOLENCE EN COLOMBIE

Par Le 12/06/2020

Bogota, 11 juin (Prensa Latina) Un total de 269 leaders indigènes ont été assassinés en Colombie depuis 2016 à ce jour, dont 242 après la signature de l’Accord de Paix et 167 sous la présidence d’Iván Duque, a révélé aujourd’hui une étude.

Selon l´enquête de l’Institut d’études pour le développement et la paix (Indepaz), le département qui compte le plus de leaders indigènes ou de défenseurs des droits de l’Homme assassinés est le Cauca, dont le nombre s’élève à 94, dont 28 depuis le début de l’année.

Selon l’étude, cela répond au fait que le Cauca est un département où historiquement des conflits territoriaux ont surgi avec des secteurs privés légaux et illégaux de l’exploitation minière, des usines sucrières, des monocultures pour l’éthanol (ananas), de l´exploitation forestière, de l´élevage extensif.

En outre, le Cauca est un territoire de passage et un couloir stratégique pour le trafic de pâte base de cocaïne et de marijuana et que l´on y note la présence de structures criminelles et mafieuses, précise l’enquête.

Face au conflit armé et à ses diverses manifestations, différents peuples indigènes ont affirmé leur autonomie et leur détermination à rester sur leurs territoires comme condition essentielle pour assurer leur survie, souligne l´Indepaz.

À cet égard, les communautés ont rejeté toutes les manifestations du conflit armé et ont adopté une position de résistance pacifique, ajoute l´entité.

Les peuples indigènes réclament également le droit à l’autodétermination, exprimé par la reconnaissance et le respect de leurs plans de vie et la mise en œuvre de leurs projets d’ethnodéveloppement, explique l´institut.

Ils œuvrent en ce sens à la réalisation de projets sur leurs territoires avec des ressources nationales et internationales, ainsi qu’au renforcement des autorités traditionnelles et légitimes et au plein exercice de la juridiction spéciale indigène, ajoute l’étude intitulée Leaders indigènes assassinés.

De même, ces peuples exigent le respect de leurs droits fondamentaux en tant que victimes du conflit armé et à la vérité, la justice, à la réparation intégrale et à la non-répétition des conflits, conformément aux normes nationales et internationales.

L’État et la société en général ne peuvent ignorer la situation extrêmement grave des droits de l’Homme à laquelle sont confrontés les peuples indigènes en Colombie, ce qui exige des efforts concertés pour assurer leur survie en tant que groupes distincts de protection spéciale, souligne l´Indepaz.

Pour leur part, les entreprises nationales et internationales et la coopération internationale doivent appliquer strictement les instruments relatifs au respect et à la reconnaissance des droits de l’Homme et à la responsabilité sociale des entreprises, ajoute l´Institut.

peo/jcm/otf

source :

http://frances.prensa-latina.cu/index.php?option=com_content&view=article&id=884302:leaders-indigenes-la-cible-de-la-violence-en-colombie&opcion=pl-ver-noticia&catid=59&Itemid=101


 

Dans Colombie

COLOMBIE : DENONCIATION DES MENACES CONTRE LES DIRIGEANTS INDIGÈNES

Par Le 04/06/2020

Dénonciation des menaces contre les dirigeants indigènes en Colombie
04:51:59 pm 

Bogotá, 3 juin (RHC) L'Organisation nationale indigène de Colombie (ONIC) a dénoncé, ce mercredi, de nouvelles menaces de mort proférées par des individus lourdement armés contre la dirigeante indigène, Aida Quilcué Vivas, et d'autres dirigeants des différents resguardos.

Selon la déclaration de l'ONIC, cinq individus portant des uniformes appartenant aux forces armées colombiennes ont soumis de force deux membres de la communauté indigène, les obligeant à remettre des informations sur les dirigeants de la réserve Pickwe Tha Fixw, située dans le département du Cauca.

Selon les informations, les hommes ont demandé des détails spécifiquement à la conseillère indigène de l'ONIC, Aida Quilcué, ainsi qu'à l'autorité d'origine, Omaira Quilcué et Ermirson Huetia.

La conseillère indigène a déclaré que la réserve de Pikwe Tha Fiw avait été soumise à une violence constante, qui s'est intensifiée cette année. À cet égard, le gouvernement du président Ivan Duque n'a pas renforcé les mesures de sécurité pour protéger la vie des membres des communautés indigènes du sud-ouest de la Colombie.

En février, le groupe paramilitaire Aguilas Negras a envoyé une menace contre Aida Quilcué Vivas, ainsi que le sénateur Feliciano Valencia, divers dirigeants syndicaux et des leaders de l'opposition colombienne.

Pendant ce temps, l'ONIC a appelé le gouvernement colombien et les organisations nationales et internationales de défense des droits de l'homme à sauvegarder la vie et l'intégrité des communautés indigènes face aux menaces et aux meurtres constants de membres des peuples indigènes. (Source : Telesur)

Publié sous la direction de María Candela

source :  http://www.radiohc.cu/noticias/internacionales/224633-denuncian-amenazas-contra-lideres-indigenas-en-colombia


 

Dans Colombie

L'ONU CONDAMNE LES ASSASSINATS D'ANCIENS GUERILLEROS DES FORCES ARMÉES RÉVOLUTIONNAIRES DE COLOMBIE-ARMÉE DU PEUPLE (FARC-EP)

Par Le 25/02/2020

Bogota, 25 février (RHC).-  Dans un contexte de violence persistante en Colombie, la Mission de vérification de l’ONU dans ce pays a condamné samedi les meurtres d’anciens guérilleros des ex-Forces Armées Révolutionnaires de Colombie-Armée du Peuple (FARC-EP) en cours de réintégration dans la vie civile.
Je condamne les meurtres de ceux qui ont déposé les armes. La mort de trois ex-combattants au cours des derniers jours est un appel urgent à des mesures de sécurité renforcées, a déclaré Carlos Ruiz Massieu, chef de la Mission de l´ONU dans ce pays.

Il a également noté que 14 ex-combattants avaient été tués depuis début 2020.

Esder Pineda, dans la municipalité d´Algecira, et Winston Moreno et Kevin Cuesta, dans la municipalité de Quibdó. Trois jeunes hommes du parti FARC (Force Alternative Révolutionnaire du Commun, issu de l´ancienne guérilla) qui ont déposé les armes ont été tués hier, a de son côté déclaré la Commission de la Vérité.

Pourquoi tuer ceux qui veulent la paix ? Pourquoi les forces de sécurité de l’État ne prennent-elles pas particulièrement soin de ceux qui ont fait confiance aux institutions et qui ont pris le risque d’œuvrer pour la réconciliation? Allons-nous répéter la terrible vérité du génocide de l’Union Patriotique (parti politique) ?, a demandé Francisco De Roux, président de cette Commission.

Il a en outre appelé les institutions de l’État, la société et surtout les jeunes à mettre fin à ces assassinats contre la paix avant que l’avalanche de mort ne devienne 'naturelle' et incontrôlable.

Que la communauté internationale se rende compte que le gouvernement ne fait rien pour empêcher ce génocide en cours contre les signataires de la paix. Arrêtons le bain de sang en Colombie, a pour sa part réagi le parti FARC.

Ces derniers jours, cette formation politique a exprimé sa préoccupation face à l’absence de garanties de sécurité, qui se traduit par la poursuite systématique de l’assassinat de leaders sociaux et d’anciens guérilleros des ex-FARC-EP.

Plus de trois ans après la signature de l’Accord de Paix (négocié à La Havane, Cuba) entre l’État et l’ex-guérilla des FARC-EP, la FARC a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre de manière globale ce qui avait été convenu, précisant que plus de 180 assassinats d´anciens combattants avaient depuis lors été perpétrés.

Avec Prensa Latina

Edité par Francisco Rodríguez Aranega

source : http://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/215304-l%E2%80%99onu-condamne-les-assassinats-d%E2%80%99anciens-guerilleros-en-colombie

 

Dans Colombie

COLOMBIE : D'EX-CHEFS DES FARC REPRENNENT LES ARMES. LE PRESIDENT-DICTATEUR ANNONCE UNE OFFENSIVE

Par Le 31/08/2019

Colombie : d’ex-chefs Farc reprennent les armes, le président annonce une offensive

A LA UNE POLITIQUE INTERNATIONAL

 

Publié le . Mis à jour  par SudOuest.fr avec AFP.

Colombie : d’ex-chefs Farc reprennent les armes, le président annonce une offensive

Dans une vidéo, Ivan Marquez annonce "la poursuite des opérations de guérilla en réponse à la trahison par l'État des accords de paix de la Havane". 

- AFP

Dénonçant une "trahison des accords de paix", les Farc ont annoncé un retour à la guérilla. Le président Duque a immédiatement répondu en créant une unité spéciale.

D’ex-chefs de la guérilla des Farc, qui se sont marginalisés du processus de paix en Colombie, ont réapparu jeudi en treillis et munis de fusils pour annoncer la reprise de la lutte armée, dénonçant "la trahison" par l’État du pacte de 2016.

"Nous annonçons au monde qu’a commencé le deuxième Marquetalia (berceau de la rébellion marxiste en 1964, ndlr) au nom du droit universel des peuples à se lever en armes face à l’oppression", affirme l’ex-numéro deux des Farc, Ivan Marquez, dans une vidéo de 32 minutes diffusée sur YouTube.

"Trahison par l’État des accords de paix"

Le président Ivan Duque, qui a tenté de modifier l’accord de paix selon lui trop laxiste envers les anciens guérilleros, a réagi en annonçant une offensive. "J’ai ordonné la création d’une unité spéciale afin de poursuivre ces criminels avec des capacités renforcées de renseignement, d’enquête et de mobilité sur tout le territoire colombien", a-t-il déclaré, du palais présidentiel Casa Nariño à Bogota.

Dans la vidéo, Ivan Marquez apparaît avec d’autres anciens chefs rebelles, également retournés à la clandestinité, dont son bras droit Jesus Santrich. Ils sont entourés de 17 hommes et femmes équipés de fusils, devant le sigle Farc-EP (Forces armées révolutionnaires de Colombie – Armée du peuple).

Il y annonce "la poursuite des opérations de guérilla en réponse à la trahison par l’État des accords de paix de la Havane" qui ont permis le désarmement de quelque 7 000 combattants des Farc, transformées depuis en partie politique sous le nom de Force alternative révolutionnaire commune. 

Augmentation des troupes de la guérilla

Ivan Marquez était le chef de la délégation des rebelles aux négociations de paix menées pendant quatre ans à Cuba avec le gouvernement du président centriste de Juan Manuel Santos (2010–2018). 

L’Armée de libération nationale (ELN), la dernière guérilla active en Colombie, s’est renforcée ces dernières années, passant de 1 800 à environ 2 300 combattants, selon les autorités. 

Des pourparlers de paix, entamés en 2017, ont été enterrés par le gouvernement actuel, à la suite notamment d’un attentat contre l’école de police de Bogota revendiqué par l’ELN et qui a fait 22 morts en janvier dernier.

https://www.sudouest.fr/2019/08/29/colombie-d-ex-chefs-farc-reprennent-les-armes-le-president-annonce-une-offensive-6498380-4803.php