COREE DU NORD (RPDC)

KIM A ROYALEMENT EU L’AMÉRIQUE !

La Corée du Nord, une puissance émergente dans la Péninsule?

Sat Jan 25, 2020 1:13PM

Le Leader nord-coréen, Kim Jong-un, lors d'une parade militaire. (Archives)

Le Leader nord-coréen, Kim Jong-un, lors d'une parade militaire. (Archives)

La Corée du Nord nomme un ancien officier de l’armée en tant que nouveau ministre des Affaires étrangères en signe de position dure avec les États-Unis. Un général à la tête de la diplomatie ? Pour les experts, le temps de quiétude vient de toucher à sa fin pour les États-Unis qui devront compter avec un Pyongyang pesant de tout son poids sur l’échiquier de la péninsule. 

La Corée du Nord a nommé ce vendredi un ancien officier de l’armée peu expérimenté en politique étrangère comme diplomate de haut rang, dans une indication possible qu’elle adoptera une ligne plus dure avec Washington dans les négociations nucléaires au point mort.

PressTV-La Corée du Nord met en garde les USA

PressTV-La Corée du Nord met en garde les USA

Une haute autorité du ministère nord-coréen des Affaires étrangères a exhorté Washington à agir avant que la fenêtre d’amélioration des relations ne se referme.

Le nouveau titre de Ri Son Gwon en tant que ministre des Affaires étrangères a été révélé vendredi dans une dépêche de l’Agence centrale coréenne de presse qui a indiqué qu’il avait assisté à une réception pour des diplomates étrangers à Pyongyang la veille. Cité par l’agence de presse officielle de la Corée du Nord, les médias d’Asie de l’Est, y compris l’agence de presse sud-coréenne Yonhap, ont rapporté qu’un responsable militaire, chef de file des projets de construction avait été nommé en tant que nouveau ministre de la Défense du pays. Kim Jong-gwan, a été remplacé No Kwang-chol, ancien ministre de la Défense. Est-ce un signe à l’adresse des USA ? Sans doute. 

En fait, les relations américano-nord-coréennes connaissent en ce moment l’une des périodes les plus sensibles au cours des dernières décennies. Selon des experts, la Corée du Nord est sur le point de devenir un « pôle » en matière de sécurité en l’Asie de l’Est, étant capable de « définir » les équations et l’ordre de sécurité de la région aux côtés des acteurs tels que la Chine, le Japon et la Corée du Sud. Et cela, soulignent les experts américains, échappe désormais aux USA. 

Lire plus: Kim Jong-un appelle les pilotes à être prêts pour la guerre

« En mettant à profit la soif de Trump de pouvoir compter à son actif une “victoire historique” (le dégel avec Pyongyang) la Corée du Nord a réussi en effet à normaliser avec son voisin du sud. Le refus nord-coréen de jouer le jeu suivant les règles américaines a fait le reste : en 2019, les responsables nord-coréens sont arrivés à cette conclusion que la diplomatie ne fonctionne plus avec les États-Unis et que Washington qui refuse obstinément de lever les sanctions malgré les accords passés, ne comprend que le seul langage des la force. Ce fut là le début des tests balistiques impressionnants de Pyongyang. Le dernier de ces missiles est, selon les responsables nord-coréens, capable de combler la distance de sa capacité militaire avec les États-Unis, estime Ami Abol Fath, expert des questions asiatiques. 

La Corée du Nord accuse les États-Unis ne pas vouloir adopter une politique “normale”. Le cas iranien est bien illustratif pou la Corée du Nord : Après leur retrait de l’accord de Vienne signé avec l’Iran, les Américains ont montré, aux yeux de Pyongyang que la signature d’un accord ne signifie pas nécessairement qu’on devrait s’y engager. D’autres désengagements leur ont donné raison : le retrait des États-Unis de l’accord de partenariat transpacifique, de celui de Paris entre autres. 

Bombardiers: Kim frappera les Gi's?

Bombardiers : Kim frappera les Gi’s ?

Le leader nord-coréen a appelé les pilotes du pays à combattre l’ennemi “jusqu’aux dents”.

Et l’expert d’ajouter : » Les États-Unis mènent simultanément une politique de pression et de négociations. Or ceci ne fonctionne pas avec les Nord-Coréens. La liste des sanctions US s’allonge et réduit chaque jour un peu plus des relations américano-nord-coréennes. La Korea Namgang Trading Corporation, deux sociétés nord-coréennes ont récemment fait l’objet des sanctions des États-Unis. À mesure que ces pressions s’amplifient, l’intransigeance gagne en force en Corée du Nord. Vu la cascade des tests balistiques, il faut bien reconnaître que Washington a totalement dans ce dossier : Premièrement, il est impossible de restaurer et de réinstaurer la confiance entre les deux pays. Deuxièmement, la méfiance croissante entre les deux pays a mis en doute considérablement la Corée du Nord pour renoncer à ses capacités stratégiques en matière nucléaire et de missiles. Troisièmement, la politique américaine entre lentement dans la période électorale ce qui génère une paralysie du côté de la riposte US. Avec tout ceci, la Corée du Nord a toutes les chances de s’imposer comme une puissance émergente et c’est ce qui est en train de se faire, a estimé l’expert.  

Lire aussi: Essais balistiques nord-coréens: Trump et Bolton se contredisent

http://french.presstv.com/Detail/2020/01/25/617040/Core--les-USA-mis--mat-par-Pyongyang


 

CORÉE DU NORD : KIM ANNONCE LA FIN DU MORATOIRE SUR LES ESSAIS NUCLÉAIRES

La Corée du Nord annonce la fin du moratoire sur les essais nucléaires

Kim Jong Un a annoncé ce 31 décembre 2019 une "nouvelle arme stratégique" et promis une action "sidérante" contre les États-Unis.

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  • Le HuffPost avec AFP

Kim Jong Un, ici sur une photo non datée mais publiée par l'agence nord-coréenne...

KCNA KCNA / REUTERS

Kim Jong Un, ici sur une photo non datée mais publiée par l'agence nord-coréenne KCNA le 30 décembre, a annoncé la fin du moratoire sur les essais nucléaires.

CORÉE DU NORD - Le leader nord-coréen Kim Jong Un a annoncé la fin du moratoire sur les essais nucléaires et sur les essais de missiles balistiques intercontinentaux et promis une action “sidérante” contre les États-Unis, a rapporté ce mercredi 1er janvier l’agence d’État nord-coréenne KCNA.

“Nous n’avons aucune raison de continuer à être liés unilatéralement par cet engagement”, a indiqué KCNA, rapportant des propos de Kim Jong Un aux dignitaires de son parti au pouvoir. “Le monde va découvrir dans un proche avenir une nouvelle arme stratégique que détient la Corée du Nord”.

L’impasse depuis le sommet d’Hanoï

Kim Jong Un avait déclaré en 2018 que la Corée du Nord n’avait plus besoin d’essais nucléaires et d’essais de missiles balistiques intercontinentaux.

Dans les années précédentes, la Corée du Nord avait effectué six essais nucléaires et avait lancé des missiles capables d’atteindre l’intégralité du territoire continental des États-Unis.

Les déclarations de Kim Jong Un rapportées mercredi semblent infirmer la diplomatie nucléaire des deux dernières années, le président américain Donald Trump évoquant régulièrement la “promesse” que lui aurait faite le leader nord-coréen. Mais les pourparlers entre les deux capitales semblent dans une impasse depuis l’échec d’un sommet Kim-Trump à Hanoï en février.

“Faire payer le prix de la douleur subie”

Devant le comité central de son Parti des travailleurs, Kim Jong Un a indiqué clairement que la Corée du Nord était prête à continuer à vivre sous un régime de sanctions internationales pour préserver sa capacité nucléaire. “Les États-Unis formulent des exigences contraires aux intérêts fondamentaux de notre État et adoptent un comportement de voyou”, a-t-il dit, cité par KCNA.

Washington a “conduit des dizaines d’exercices militaires conjoints (avec la Corée du Sud) que le président (Donald Trump) avait personnellement promis d’arrêter”, a envoyé au Sud de l’équipement militaire de haute technologie et a renforcé les sanctions contre le Nord, a ajouté le leader nord-coréen.

“Nous ne vendrons jamais notre dignité”, a-t-il assuré, promettant une action “sidérante pour faire payer (aux États-Unis) le prix de la douleur subie par notre peuple”.

Trump maintient sa confiance en Kim

Le président américain Donald Trump a répondu mardi, avant de participer aux festivités du Nouvel An dans sa résidence de vacances en Floride, qu’il continuait à croire en la volonté du leader nord-coréen de dénucléariser son pays. “Nous avons bien signé un contrat qui parle de dénucléarisation. C’était la phrase numéro un, cela a été fait à Singapour. Je pense que c’est un homme de parole”, a-t-il déclaré aux journalistes.

Donald J. Trump@realDonaldTrump

 

 

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“J’ai vu ces informations. Nous aurons besoin de savoir ce qu’a précisément dit le président Kim dans ces remarques”, a dit de son côté le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans une interview mardi soir à la chaîne CBS.

“Nous voulons continuer à laisser ouverte la possibilité que le dirigeant de la Corée du Nord fasse le choix qui est le meilleur, à la fois pour lui-même et pour son peuple”, a précisé Mike Pompeo, assurant que les États-Unis “veulent la paix, pas l’affrontement”. “Si le président Kim a renié ses engagements pris auprès du président Trump, c’est profondément décevant”, a-t-il ajouté.

CBS Evening News@CBSEveningNews

 

CBS NEWS EXCLUSIVE: "This is state-sponsored terror," Sec. of State Mike Pompeo tells @MajorCBS of the Tuesday attack on the U.S. Embassy in Baghdad. "This is Iranian-backed terrorism that took place and threatened American interests." https://cbsn.ws/2F8P12f 

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“Un jeu géopolitique dangereux”

La réunion plénière du comité central du Parti des travailleurs et l’annonce de l’agence de presse officielle interviennent avant le discours de Nouvel An de Kim Jong Un, moment clé du calendrier politique de la Corée du Nord. Ce sera la huitième fois que Kim Jong Un se livre à cet exercice, une tradition inaugurée par son grand-père Kim Il Sung, abandonnée par son père et qu’il a réactivée.

Depuis des mois, Pyongyang réclame un assouplissement des sanctions internationales qui lui sont imposées en raison de ses programmes d’armement nucléaire et de missiles balistiques, alors que l’administration du président américain Donald Trump estime que la Corée du Nord doit faire davantage de gestes concrets avant d’obtenir cet assouplissement.

Kim Jong Un parie que la menace d’une nouvelle démonstration de sa capacité à frapper le territoire américain avec une arme nucléaire poussera l’Amérique à faire davantage de concessionsHarry Kazianis, chercheur au Center for the National Interest

 

Pour Harry Kazianis, chercheur au Center for the National Interest, un institut qui a son siège à Washington, “Kim Jong Un joue un jeu géopolitique dangereux”. “La Corée du Nord a pour ainsi dire placé un ICBM (missile balistique intercontinental, ndlr) sur la tempe de Donald Trump dans l’espoir d’obtenir les deux concessions auxquelles elle tient le plus: un assouplissement des sanctions et une garantie de sécurité”, a estimé Harry Kazianis.

“Il parie que la menace d’une nouvelle démonstration de sa capacité à frapper le territoire américain avec une arme nucléaire poussera l’Amérique à faire davantage de concessions”, a expliqué le chercheur. Mais selon lui il est peu probable que cette stratégie soit efficace, car il est vraisemblable que Washington répliquera avec “plus de sanctions, une présence renforcée en Asie de l’Est et plus de menaces du genre ‘feu et fureur’ sur le compte Twitter de Donald Trump”.

En 2017, à une époque de très forte tension entre Pyongyang et Washington, Donald Trump avait menacé de déchaîner “le feu et la fureur” sur la Corée du Nord.

https://www.huffingtonpost.fr/entry/coree-du-nord-fin-moratoire-essais-nucleaires_fr_5e0be4d1e4b0843d360cbec0


 

POURQUOI TANT DE FAUSSES INFORMATIONS CIRCULENT-ELLES CONTRE LA COREE DU NORD ?

Pourquoi tant de fausses informations circulent-elles sur la Corée du Nord ?

 

TOUTE L'INFO SUR

À LA LOUPE

SANS FILTRE - Depuis de nombreuses années, les rumeurs les plus folles courent sur la Corée du Nord et se retrouvent parfois relayées dans de grands médias. Comment expliquer ce phénomène ? Pourquoi ne mettons nous jamais en doute les nombreux on-dits ? À La Loupe a questionné deux spécialistes du pays pour tâcher de comprendre.

 - Claire Cambier

Kim Jong-Un a ordonné que son oncle soit dévoré par une meute de chiens affamés. L'ex-compagne du dictateur a été exécutée pour avoir dévoilé une sextape. En Corée du Nord, il n'y a qu'une dizaine de coupes de cheveux autorisées. Le ministre de la défense a été tué par un tir de missile aérien pour s'être assoupi durant des célébrations militaires... Ces informations vous disent sûrement quelque chose. Vous les avez partagées sur les réseaux sociaux, lues dans un média, vous vous en êtes étonnés à la machine à café. Il est vrai que chaque nouvelle du "pays du secret" est croustillante à souhait, on s'en délecte comme d'un bon feuilleton. Pourtant, on découvre bien souvent par la suite que peu d'éléments sont véridiques.

 

Cette frénésie pour les rumeurs sur la Corée du Nord, Juliette Morillot, co-auteur de La Corée du Nord en 100 questions (Ed. Tallandier), y est souvent confrontée. Jusque sur les plateaux télé. "Cela commence à changer mais bien souvent, quand je suis invitée dans une émission, on me questionne sur tout ce qui est anecdotique, comme la coiffure de Kim Jong Un. Bon, Donald Trump aussi a une coiffure de dingue. On en oublie presque que le pays possède l'arme nucléaire !"

"Ce que les gens veulent entendre"

Cette spécialiste de la Corée du Nord et du Sud nous livre quelques exemples de fausses rumeurs. Les supposées dix coiffures réglementaires ? En réalité, cette affirmation se base sur une affiche de salon de coiffure répertoriant plusieurs coupes, explique-t-elle. "En Occident, on a aussi un catalogue chez le coiffeur avec des exemples de coupe, cela ne veut pas dire que l'on est obligé d'en choisir une." Toutefois, "c'est vrai, on ne peut pas tout faire." Vous ne verrez ainsi jamais un Nord-coréen avec des dreadlocks, mais que "la frange soit plus haute ou plus basse" que le modèle reste possible, tout comme choisir de se boucler les cheveux. 

 

La fameuse sextape de la chanteuse Hyon Song-wol, l'ancienne compagne du dictateur ? "Ce n'est pas du tout dans le style de la Corée du Nord et surtout d'un point de vue technique, ce n'est pas possible. Comment voulez-vous diffuser une sextape quand vous n'avez pas de connexion à Internet", ou de manière très limitée ? Mais "c'est ce que les gens veulent entendre, plus c'est spectaculaire, mieux c'est", analyse simplement Juliette Morillot.

 

En clair, la Corée du Nord est l'objet de tous les fantasmes et nous croyons aux plus folles rumeurs, parce que nous le voulons bien. "Certains spécialistes de la Corée du Nord qui s'expriment ne parlent pas coréen et n'ont jamais été sur place, regrette l'historienne. C'est pourtant la base du journalisme, obtenir l'information à la source, recouper les données. Mais quand je contredis une information en livrant une analyse historique et parce que je suis allée sur le terrain, les journalistes que j'ai en face de moi sont suspicieux. Quand on explique le pays, on est toujours soupçonné de le défendre." 

 

Un aspect que dénonce également Patrick Maurus, professeur mérite à l'Institut national des langues et civilisations orientales, qui partage son temps entre la France et la Corée du Nord, où il enseigne et organise des séjours touristiques. "En France, on part du constat qu'on ne peut pas se rendre en Corée du Nord et que même si on y va - ce qui est déjà contradictoire -, on ne peut rien voir. Donc si la Corée du Nord dit que c'est vrai, c'est forcément faux."

 

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La Corée du Nord, un enjeu régional

Finalement, on a le sentiment que le pays est tellement fermé que l'on peut dire ce que l'on veut. Certes, ce n'est pas le seul pays de la planète dans ce cas mais "avec quelle dictature voulez vous comparer ? questionne ainsi Juliette Morillot. Cuba ? Aujourd'hui, le régime de ce pays est plus ouvert. Et c'est une île, il n'y a personne autour. Ce ne sont pas les mêmes enjeux. Le Kazakhstan ? Tout le monde s'en moque. A l'inverse, la Corée du Nord a une position stratégique. C'est une des dernières balafres de la Guerre froide dans le monde." Sa situation en fait une cible.

 

Qui a donc intérêt à stigmatiser à outrance les dirigeants nord-coréens ? Jusque récemment, la Corée du Sud. Avant l'arrivée au pouvoir de Moon Jae-in, l'actuel président démocrate favorable à l'instauration d'une paix durable, le pays était aux mains des conservateurs. "Plus la Corée du Nord était menaçante, terrifiante, plus cela justifiait la présence d'une ligne conservatrice dure", estime l'auteur de Le monde selon Kim Jong Un (Ed. Robert Laffont). 

 

Certaines fausses informations sont ainsi diffusées dans le Joson Ilbo, un des principaux quotidiens de Corée du Sud, ouvertement traditionnel et conservateur. "Les journalistes qui y travaillent ont été biberonnés à l'idée que le nord-coréen est un diable rouge et leurs articles manquent souvent d'objectivité", indique-t-elle. Un simple exemple : "quand certains officiels n'apparaissent plus dans les médias nord-coréens, on estime qu'ils ont été exécutés." Début juin, le Joson Olbo parlait ainsi d'une grande purge : "Kim Hyok Chol a été exécuté en mars à l'aéroport de Mirim avec quatre hauts responsables du ministère des Affaires étrangères après une enquête", pouvait-on lire dans le journal. "Tout est précisé, même l'aéroport, alors que c'est invérifiable. Et puis quelque temps plus tard, les gens ressuscitent". Bien souvent, ces disparus ont été "mis au placard", dans des fermes collectives à la campagne ou dans des "camps de rééducation". 

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Les transfuges, réfugiés en Corée du Sud, ont également alimenté de fausses rumeurs, ajoute-t-elle. "On déroulait le tapis rouge aux officiels et aux patrons mais les paysans et les ouvriers n'avaient pas grand chose de sensationnel à raconter". Certains faits ont de fait été romancés ou tout du moins exagérés. Shin Dong-hyuk, "le rescapé du Camp 14", a ainsi reconnu qu'il avait dramatisé son témoignage. "Il y a pourtant suffisamment de choses terribles sur la Corée du Nord", souligne Juliette Morillot. "La plupart des témoignages sont également rémunérés. C'est scandaleux, quand vous payez 1.000 euros, le réfugié a tendance à en rajouter". Elle nous assure y avoir été confrontée : "une femme battue, c'était tel prix, un enfant, le double".

 

Certaines rumeurs proviennent aussi du Japon, fervent opposant de la Chine et de son allié et voisin, la Corée du Nord. D'autres des Etats-Unis : "il faut savoir qu'un soldat américain sur trois est basé en extrême-Orient, 25.000 sont postés en Corée du Sud". Les enjeux régionaux sont un poids non négligeable. L'historienne résume la situation par un proverbe coréen : "quand les baleines se battent, les crevettes ont le dos rompu". Une citation qu'avancera également Patrick Maurus pour analyser la situation. 

Ouverture du pays et regain d'intérêt

Pourtant les choses changent peu à peu. Le pays s'ouvre et a entamé des négociations avec les Etats-Unis et la Corée du Sud. Depuis le réchauffement diplomatique entre les deux Corées, on observe presque "une propagande pro-main tendue" en Corée du Sud, souligne Juliette Morillot. "D'un coup, Kim Jong Un n'est plus décrit comme un dictateur, on parle de 'dirigeant'. Il existe des émoticônes à son effigie, des jeux à découper. Pour aboutir à la paix, il n'est en tout cas plus question de sortir des témoignages dramatiques." 

 

L'ouverture a également permis un accroissement des visites dans le pays, de touristes tout comme de journalistes occidentaux. La Corée du Nord fait toutefois montre d'une certaine hypocrisie. Les médias doivent normalement passer par l'agence de presse officielle, chargée de la propagande, pour s'y rendre. Les journalistes sont alors chapeautés et ont peu de marge de manœuvre. Patrick Maurus nous explique que d'autres solutions existent. Il organise, depuis une dizaine d'années, des séjours en Corée du Nord, officiellement pour "des études culturelles", officieusement, il s'agit de touristes et de journalistes désireux de voir le pays de manière plus libre. Une astuce qui n'échappe pas au gouvernement, qui ferme les yeux. 

 

Plus étonnant, la popularité de la K-Pop, cette musique venue de Corée, a lancé un regain d’intérêt pour la région. De plus en plus de personnes apprennent le Coréen, s'intéressent à l'histoire des deux pays. Pour Juliette Morillot, qui s'y rend "depuis les années 80", tous ces aspects conduisent à une meilleure connaissance du pays et de son fonctionnement.

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Claire Cambier

Mis à jour : Créé : 

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