CUBA : REVOLUTION, LA PLUS BELLE OEUVRE DE RAUL

tourtaux-jacques Par Le 12/06/2021 0

Dans CUBA

10 Juin 2021

Granma publie des extraits de la présentation du livre Revolucion, la obra mas hermosa (Révolution, l’œuvre la plus belle), qui a eu lieu le 2 juin au salon de réception du Palais de la Révolution, en présence du Premier Secrétaire du Parti et président de la République, Miguel Diaz-Canel, ainsi que des plus hauts dirigeants du pays

Auteur: Abel Prieto | informacion@granmai.cu

9 juin 2021 08:06:22


Photo: Studios Revolution
Ce livre si précieux, si important et si transcendant que nous présentons aujourd'hui a été compilé et édité avec un soin particulier par le Bureau des affaires historiques de la Présidence de la République et constitue le premier titre de sa maison d'édition Ediciones Celia, qui rend hommage à cette figure d’une si grande importance dans notre processus révolutionnaire, dans la guerre et dans la paix, et qui a tant œuvré notamment pour la préservation de son histoire. Il s’agit d’une très belle édition que nous présentons à la veille de l'anniversaire de son auteur, le général d'armée Raul Castro Ruz, et c'est un cadeau à Raul en ce jour de sa naissance. C'est aussi, sans aucun doute, un grand cadeau pour le peuple cubain.

Je dois dire que Revolucion, la obra mas hermosa devait être préfacée par notre inoubliable Eusebio Leal, qui entretenait une amitié très étroite avec Raul, qu'il appelait, comme nous nous en souvenons tous, « le général président ». Eusebio était malade, et sa maladie, qui n’a cessé de s’aggraver, ne lui a pas permis de préfacer cet ouvrage.

Conçu en deux volumes, avec un design et une finition de la plus grande qualité et un index analytique minutieux et très utile, ce titre rassemble des discours, des allocutions, des interviews et des déclarations du général d'armée, entre le 14 juin 2006 et le 1er mai 2019. À l'exception du premier texte, tous les autres sont postérieurs à la « Proclamation du commandant en chef au peuple cubain » du 31 juillet 2006, dans laquelle Fidel expliquait que, pour des raisons de santé, il devait abandonner temporairement ses responsabilités à la tête du Parti, de l'État et du gouvernement et qu’il les déléguait à Raul. Le 18 février 2008, fut rendu public le « Message du commandant en chef », dans lequel il informait qu'il se retirait définitivement de toutes ses fonctions pour poursuivre la lutte en tant que « soldat des idées ».

Le 24 février 2008, l'Assemblée nationale élisait Raul président du Conseil d'État et du Conseil des ministres. Plus tard, en avril 2011, le 6e Congrès du Parti l’élisait comme Premier Secrétaire.

Ces pages couvrent plus d'une décennie au cours de laquelle se sont produits des événements transcendants pour la nation, tels que le débat et l'approbation des Orientations de la Politique économique et sociale du Parti et de la Révolution ; le retour des Cinq Héros, enfin tous revenus dans leur patrie, comme Fidel l'avait promis ; le rétablissement des relations diplomatiques avec les États-Unis à la suite de pourparlers au cours desquels Cuba ne fit aucune concession ; le départ physique du Commandant en chef, ses honneurs funèbres et les adieux massifs, douloureux et engagés de son peuple, ainsi que le très large débat populaire et l'approbation ultérieure de la nouvelle Constitution par référendum.

Ce livre nous révèle le fil ininterrompu qui unit sans aucune fissure la pensée de Fidel à celle de Raul : l'identification absolue des deux frères en termes d'idéaux, de valeurs, de principes – fruit d'avoir partagé, ensemble, tous les défis et les risques qu’impliquait le fait de faire face et de vaincre la tyrannie de Batista et l'exploit de faire « une révolution socialiste à la barbe des États-Unis ». 

Ce fut une sage décision pour les éditeurs de démarrer le premier volume de Revolucion, la obra mas hermosa, par le discours prononcé à l'occasion du 45e anniversaire de l'Armée occidentale. Raul explique dans ce discours comment, à partir de la croisade contre le terrorisme lancée par Bush en 2003 et du danger réel d'une agression, il avait été décidé « d'augmenter tout ce que nous faisions pour renforcer la défense » et comment, après la réussite de l'exercice Bastion 2004, il avait été possible d’effectuer « un saut qualitatif considérable dans la capacité défensive du pays ».

Désormais, ajoute Raul, l'ennemi « prépare ses coups pour nous affaiblir idéologiquement (...) en se projetant dans l'avenir, dans un scénario qu'il considère plus favorable à ses objectifs ». Et il fait ensuite référence à la soi-disant « transition vers le capitalisme » qu'ils ont conçue pour Cuba, «  en pariant sur la fin de la Révolution lorsque sa direction historique aura disparu ».  Les Yankees savent « que la confiance particulière que le peuple place dans le leader fondateur d'une Révolution ne se transmet pas, comme s'il s'agissait d'un héritage, à ceux qui occuperont les principaux postes de direction du pays dans l’avenir ».

C'est pourquoi, déclare Raul : « je répète ce que j'ai affirmé maintes fois : le Commandant en chef de la Révolution cubaine est unique, et seul le Parti communiste, en tant qu'institution qui rassemble l'avant-garde révolutionnaire et garantie sûre de l'unité des Cubains en toutes circonstances, peut être le digne héritier de la confiance placée par le peuple dans son leader. C'est pour cela que nous travaillons et il en sera ainsi... »

Mais, comme nous le savons tous, Fidel s'est retiré pour des raisons de santé, il a démissionné de ses fonctions et Raul l'a remplacé comme Premier vice-président du Conseil d'État et du Conseil des ministres et Deuxième Secrétaire du Comité central du Parti, et en outre, en raison de ses mérites extraordinaires, de ses capacités amplement démontrées, parce qu'il avait toujours été aux côtés de Fidel dans toutes les batailles, comme le second incontesté de la Révolution. Le fait est que Raul a dirigé le pays d'une main ferme et s'est lancé de nouveaux défis, et le peuple a réagi, comme Raul lui-même le dit dans plusieurs interventions réunies dans ces pages, avec une grande confiance dans la Révolution, avec une grande confiance en lui-même.

Les Yankees croyaient en la théorie selon laquelle lorsque le « caudillo », comme le désignait la presse réactionnaire, tomberait malade ou disparaîtrait, tout s'effondrerait à Cuba. Ils inventent des stéréotypes, des caricatures et des fables et finissent par y croire. Fidel n'était pas un « caudillo », évidemment, c’était un guide, un visionnaire, un fondateur, avec des racines très profondes, des racines précieuses, et il avait créé, avec Raul et d'autres fondateurs, avec le Parti, avec le peuple, une institutionnalité révolutionnaire qui n'allait pas s'effondrer.

C'est quelque chose qui n'était pas dans les calculs de l'Empire. Ils n'avaient pas prévu que Fidel pourrait se retirer, et que le pays conserverait toute sa normalité, que Raul assumerait ses fonctions et entreprendrait un ensemble de transformations audacieuses pour perfectionner notre socialisme, avec le soutien écrasant du peuple, sans que la moindre fissure n’apparaisse à Cuba dans l'unité des révolutionnaires. Cela a pris de court les politiciens yankees, leurs têtes pesantes, leurs services de renseignement, les prophètes soi-disant spécialisés dans notre pays et son destin. Tout comme ils ont été surpris par le fait que Raul ait laissé ses fonctions, des années plus tard, entre les mains d'un dirigeant beaucoup plus jeune, le camarade Diaz-Canel, et que ce processus, défini par Raul comme « un transfert progressif et ordonné aux nouvelles générations des principales responsabilités de la direction de la nation » ait lieu.

Revolucion, la obra mas hermosa nous permet de mieux connaître la facette de Raul en tant qu'homme d'État, en tant que défenseur des pauvres de la terre, des enfants sans protection, des immigrés traqués par le racisme et le néofascisme, des analphabètes, des chômeurs, en tant que défenseur de la paix, du multilatéralisme, d'un nouvel ordre économique international, du droit de chaque peuple à choisir le système politique qui lui convient, de la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres États, d'une conception intégrale et globale des droits de l'Homme, des principes fondateurs des Nations unies, qui ont été trahis sans aucune pudeur par l'impérialisme yankee et ses alliés.

Dans tous les forums auxquels il participe, Raul introduit le thème de la paix et de la résolution des conflits par des voies pacifiques. Il fait constamment référence à la croissance absurde et dangereuse de l'industrie de l'armement, avec des fonds qui pourraient être utilisés dans l'aide au développement et dans la lutte contre le changement climatique.

Rappelons que l'un des projets auxquels Raul a consacré le plus de temps et d'efforts a été la gestation patiente et laborieuse de la celac, une organisation de nations inspirée des rêves de Bolivar et de Marti, qui rassemble Notre Amérique et les Caraïbes sans la présence des anciennes ou des nouvelles métropoles. En outre, la celac a émis, comme nous le savons, la Proclamation historique de l'Amérique latine et des Caraïbes comme Zone de paix.

Certes, la vocation pacifiste de Raul ne contredit pas la priorité qu'il a accordée à la doctrine de la Guerre de tout le peuple sur le plan national. Pour lui, notre préparation permanente, incessante et consciente à la défense est le seul moyen de préserver la paix.

L’activité internationale de Raul nous permet de constater sa capacité à traiter des questions délicates et complexes et à établir des rapprochements et des consensus entre les représentants de gouvernements très différents, toujours sur la base de l'éthique et des principes. L'un de ses efforts les plus intenses a été de tenter de rassembler les peuples du Sud, de les rapprocher, toujours sur la base de l’éthique et des principes.

Les peuples du Sud ont eu en Raul un porte-parole passionné et lucide. Un porte-parole loyal, qui plaide à tout moment pour un monde plus juste et meilleur, débarrassé des vestiges du colonialisme et de la géopolitique du pillage.

Sur la question de l'environnement, Raul maintient une position d'alerte et de dénonciation persistante contre les sociétés transnationales et les pays industrialisés, les plus grands prédateurs de la planète. Il critique également la volonté politique insuffisante des puissances et le manque d'engagements concrets durant les rencontres sur cette question qui ne saurait être reportée. Dans le même temps, Raul attire l'attention sur les effets dévastateurs du changement climatique sur les petits États insulaires et demande un traitement différencié pour eux.

Pour en revenir à la dimension internationale de son travail, nous devons rappeler que Raul a toujours des mots d'encouragement et d'amitié envers le peuple haïtien qui souffre. Il nous rappelle continuellement la dette de l'Occident envers cette nation, et comment Cuba ne l'a jamais laissé et ne le laissera jamais seule. Il reproche durement la « charité » entre guillemets : la « charité » théâtrale, destinée aux caméras de télévision, de certaines puissances envers Haïti. De même, il dédie des mots de solidarité au continent africain, au peuple palestinien, au peuple sahraoui, à Porto Rico, aux causes justes que la presse hégémonique ne reflète jamais avec véracité.

Il faut souligner que pendant l'ère Obama et ses changements de politique envers Cuba (alors que son offensive contre le Venezuela s'intensifiait), la voix de notre pays, et en particulier celle de Raul, s'est élevée à toutes les tribunes pour exprimer sa solidarité envers la patrie de Bolivar et de Chavez et envers toutes les victimes de l'ingérence et des jeux sales des États-Unis et de leurs alliés.


Photo: Studios Revolution
À l'Assemblée générale, qui célébrait le 70e anniversaire de l'onu en septembre 2015, Raul concluait son discours par ces mots :

« La communauté internationale pourra toujours compter sur la voix sincère de Cuba face à l'injustice, l'inégalité, le sous-développement, la discrimination et la manipulation et pour l'établissement d'un ordre international plus juste et plus équitable, au centre duquel seront véritablement placés l'être humain, sa dignité et son bien-être. »

Revolucion, la obra mas hermosa nous permet d'identifier les noyaux essentiels de la pensée et de l'action de Raul, tant dans sa projection internationale, comme nous l'avons déjà vu, que dans ce qui correspond à la raison d'être de notre Parti, les méthodes et les styles de travail qui doivent caractériser un dirigeant cubain d'aujourd'hui et de demain, au sein du Parti, du gouvernement, des organisations de masses, les résultats de son évaluation critique permanente et très aiguë de l’œuvre révolutionnaire, sa vision très large, très complète, très profonde et cohérente des défis qui se présentent à nous, son optimisme à l'épreuve de toute contingence et sa foi en la victoire. Ce livre illustre à travers de nombreux exemples sa facette en tant que leader d'exception, qui défend cette « Révolution des humbles, par les humbles et pour les humbles » contre les agressions ouvertes ou insidieuses de l'Empire et de ses mercenaires et la défend aussi, sans relâche, par ses actes et sa parole tranchante, contre toutes les pesanteurs, notamment contre celles représentées par ces dirigeants et ces fonctionnaires à la « mentalité obsolète », de privilégiés, de sectaires, de corrompus et de magouilleurs, et de ceux qui se montrent insensibles aux besoins et aux demandes du peuple.

Les évaluations de Raul sur la politique des cadres et sur les caractéristiques qui doivent distinguer un de nos leaders et les insuffisances qui peuvent le disqualifier sont très utiles tant sur le plan conceptuel que pratique. Il établit comme règle le fait qu'il doit avoir travaillé à la base et exercé la profession qu'il a étudiée. Il souligne que, bien que nous ayons fait des progrès, la promotion des femmes, des Noirs et des mulâtres reste limitée. Il insiste sur le fait qu'il s'agit d'une question de la plus haute importance, qui ne doit pas être laissée à la spontanéité.

Sa façon de parler au peuple cubain, transparente, directe, franche, strictement ajustée à la vérité, inconciliable par essence avec toute ombre de démagogie, se manifeste très fréquemment dans ce livre.

Il alerte, avec beaucoup de réalisme :

...à mesure que la mise en œuvre du nouveau modèle avancera, un scénario différent se présentera pour le Parti, caractérisé par l'hétérogénéité croissante des secteurs et des groupes de notre société, qui trouve son origine dans la différenciation de leurs revenus. Tout cela impose le défi de préserver et de renforcer l'unité nationale dans des circonstances différentes de celles auxquelles nous nous sommes habitués lors des étapes précédentes. »

Ayant à l'esprit cette mission essentielle, il souligne que « dans le Parti, le "mandonismo" (abus de pouvoir) doit définitivement prendre fin ; sa force est morale, et non juridique, c'est pourquoi il est nécessaire d'avoir une morale pour diriger le Parti et de porter cet esprit à la masse des militants ».

Très souvent Raul réfléchit dans ces pages sur la façon dont le leader doit se comporter dans toutes les instances. Il répète qu'il doit être en permanence « l’oreille collée au sol », à l’écoute des gens, attentif aux opinions. Il insiste beaucoup sur la nécessité de consolider chaque étape de la mise à jour du modèle économique. Nous devons détecter les distorsions, les déviations, afin de les rectifier immédiatement, à temps, et ne jamais permettre que ces distorsions deviennent quelque chose que tout le monde accepte, car, souligne-t-il, les rectifier devient alors un problème politique.

L'une des préoccupations fondamentales de Raul est d'éradiquer l'improvisation et d'implanter parmi nous ce concept de Marti : « gouverner, c'est prévoir. » C'est pourquoi il souligne dans le Rapport central au 7e Congrès du Parti : « La question est d'avoir une méthode, un chemin, un projet pour que les choses ne nous surprennent jamais et évoluent naturellement. »

Une autre de ses préoccupations est liée au renforcement des institutions, à tous points de vue : juridique, idéologique, moral, en matière d'efficience et de service au peuple, en matière de légitimité. À cette fin, le contrôle et le suivi systématique des accords issus des Congrès du Parti, des plenums du Comité central, de l'Assemblée du Pouvoir populaire et des différentes instances politiques et gouvernementales se révèlent indispensables. C'est pourquoi il critique avec une telle sévérité la tendance à remiser dans un tiroir les accords et les documents et, tout simplement, les oublier.

Il critique également l'improvisation et le recours aux « campagnes », pleines d'agitation bruyante et éphémère, qui sont en réalité inefficaces pour l'exécution et le suivi de certaines tâches.

Raul nous rappelle constamment les avertissements que  Fidel nous adressait à l’amphithéâtre de l'Université de La Havane, le 17 novembre 2005, sur l'urgence de stopper la corruption pour sauver la Révolution, et il va plus loin en caractérisant la régression dans notre pays des « valeurs morales et civiques, comme l'honnêteté, la décence, la pudeur, la correction, l’intégrité et la sensibilité face aux problèmes des autres ».

Pour Raul, il existe deux pratiques qui nous empêcheraient de commettre des erreurs au moment d'élaborer des stratégies : premièrement, la discussion rigoureuse et claire, « dans les différents organes collégiaux dont nous disposons, tant au sein du Parti, de l'État que du gouvernement, afin que les principales décisions soient toujours le résultat d'une analyse collective, ce qui n'exclut pas les désaccords honnêtes ou les opinions différentes » (t2, 333) ; deuxièmement, la consultation du peuple.

Selon Raul, tout ce qui nous écarte, par médiocrité, par esprit défensif et bureaucratique, de l'essentiel, du noyau de la vérité, nuit à la Révolution, nous détourne, crée une atmosphère trouble où il est difficile de reconnaître les erreurs et de les rectifier. C'est pourquoi il a invité le Conseil des ministres à assister à la pièce Abracadabra du groupe de théâtre enfantin La Colmenita et nous y sommes allés, guidé par les enfants acteurs, à la recherche de l'essence des choses – et il y fait référence à plusieurs reprises.

Ces tendances qui révèlent la superficialité, la légèreté et les faiblesses éthiques peuvent contaminer y compris une tâche aussi vitale que le travail idéologique. Raul nous laisse dans ces pages des évaluations fondamentales sur les défis auxquels nous sommes confrontés dans ce domaine et les antidotes auxquels nous devons avoir recours avec une vue d’ensemble :

« En même temps que nous sauvegardons dans le peuple la mémoire historique de la nation et que nous perfectionnons le travail idéologique différencié, en mettant un accent particulier sur la jeunesse et les enfants, nous devons renforcer parmi nous la culture anticapitaliste et anti-impérialiste, en combattant avec arguments, conviction et fermeté les prétentions d’établir des modèles d'idéologie petite-bourgeoise caractérisés par l'individualisme, l'égoïsme, le désir de profit, la banalité et l'exacerbation du consumérisme.// Le meilleur antidote aux politiques de subversion consiste à travailler avec intégrité et sans improvisation ; à bien faire les choses ; à améliorer la qualité des services à la population ; à ne pas laisser les problèmes s'accumuler ; à renforcer la connaissance de l'histoire, de l'identité nationale et de la culture cubaines ; à exalter la fierté d'être Cubain et à diffuser dans le pays une atmosphère de légalité, de défense du patrimoine public et de respect de la dignité des personnes, des valeurs et de la discipline sociale. »(t2, 313)

Ces deux volumes contiennent un ensemble important d'idées à la profondeur conceptuelle, de fondements moraux et de projection en termes pratiques qui nous offrent un guide d'actualité palpitante pour aujourd'hui et pour l'avenir. Nous y trouvons nombre de leçons pour tous les révolutionnaires et en particulier pour les dirigeants, jeunes et moins jeunes. Revolucion, la obra mas hermosa, aux Éditions Celia a apporté une contribution difficilement calculable à la préparation de notre peuple aux batailles présentes et futures.

L'avant-dernier texte inclus dans Revolucion, la obra más hermosa est le discours de Raul devant l'Assemblée nationale, à l'occasion de la proclamation de la Constitution de la République (rappelons que Raul a présidé la Commission créée par l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire pour rédiger l'avant-projet et introduire ensuite, avant le référendum, les nombreuses et précieuses modifications issues de la consultation populaire). Il est daté du 10 avril 2019.

« Le ton du gouvernement des États-Unis à l’encontre de Cuba est de plus en plus menaçant (souligne Raul), en même temps que des mesures progressives sont prises pour détériorer les relations bilatérales // Cuba est accusée de tous les maux, à travers des mensonges dans le style de la propagande hitlérienne. Nous n'abandonnerons jamais le devoir d'agir en solidarité avec le Venezuela. Nous ne renoncerons à aucun de nos principes et nous rejetterons vigoureusement toute forme de chantage. (...) // Nous avons fait savoir à l'administration étasunienne, avec la plus grande clarté, fermeté et sérénité (...), que Cuba ne craint pas les menaces et que notre vocation pour la paix et la compréhension s'accompagne de la détermination inébranlable de défendre le droit souverain des Cubains de décider de l'avenir de la nation, sans ingérence étrangère. »

Et Raul achève son intervention par ces mots :

« En 60 ans, face aux agressions et aux menaces, nous, les Cubains, avons démontré une volonté de fer pour résister et surmonter les circonstances les plus difficiles. Malgré son immense puissance, l'impérialisme n'a pas la capacité de briser la dignité d'un peuple uni, fier de son histoire et de la liberté conquise au prix de tant de sacrifices. Cuba a déjà démontré qu’il a été possible, qu’il est possible et qu’il sera possible de se battre et de remporter la victoire. Il n'y a pas d'autre alternative. » (t2, 525)

C'est avec cet appel au combat, face à un Empire dans sa version la plus agressive et fascisante, que se clôt le deuxième volume de Revolucion, l’œuvre la plus belle. Même si nous connaissons un grand nombre de ces discours, leur lecture compilée dans ces volumes, dans l'ordre chronologique, a été une expérience incomparable, enrichissante et très intense. Aucun Cubain révolutionnaire, aucun Cubain digne, ne devrait renoncer à vivre cette expérience et à s'en nourrir.

Je terminerai en remerciant les camarades Alvariño et Suarez, la camarade Belkys Duménigo et le reste de l'équipe des Éditions Celia pour ce livre si riche en idées et en esprit révolutionnaire. Un ouvrage qui nous permet de nous rapprocher de la personnalité de Raul, de sa pensée, de sa cohérence et de sa sagesse d'une manière renouvelée et passionnante.
Permettez-moi de vous remercier, cher Raul, pour tant d'enseignements.

Toutes mes félicitations.

source : http://fr.granma.cu/cuba/2021-06-09/revolution-la-plus-belle-oeuvre-de-raul

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