LE SOCIALISME COMME CONDITION POUR PLUS DE DROITS A CUBA

tourtaux-jacques Par Le 13/11/2021 0

Dans CUBA

12 Novembre 2021

La contre-révolution a véhiculé l'idée que les femmes à Cuba sont totalement impuissantes face à un scénario de violence incontrôlée et d'impunité, afin de semer les graines de l'opinion selon laquelle nous assistons à l'échec du socialisme cubain et à un État en faillite

Auteur:  | internet@granma.cu

12 novembre 2021 11:11:58

Photo : Œuvre de Flora Fong

Deux jours à peine après que la télévision cubaine a présenté de nombreuses preuves sur les liens entre les organisateurs de la marche du 15 novembre et des groupes terroristes, des personnalités de la mafia anticubaine de Miami et des organisations liées à la CIA, dissipant ainsi le moindre doute sur le caractère illégal de cet appel, ils ont annoncé sur leur plateforme Telegram un dialogue sur la violence sexiste à Cuba. Ce qui n'est nullement une coïncidence.
La violence de genre a été l'un des sujets les plus manipulés pour influencer l'opinion publique à l'intérieur et à l'extérieur de l'île. La contre-révolution a utilisé cette question pour semer les graines de l'opinion selon lesquelles nous assistons à l'échec du socialisme cubain et à un État en faillite. Ils ont véhiculé l'idée que les femmes cubaines sont totalement impuissantes face à un scénario de violence incontrôlée et d'impunité.
Ils tentent ainsi de toucher certains secteurs de la population cubaine qui peuvent évidemment s'identifier à une question aussi sensible et, dans le même temps, ils essaient d'attirer l'attention de l'opinion publique internationale sur un sujet très important à l'ordre du jour du débat public, induisant des préjugés sur notre réalité.
Ils essaient d'établir une analogie avec la situation de violence à laquelle sont confrontées les femmes dans d'autres régions. Ils analysent les chiffres des crimes contre les femmes à Cuba de manière décontextualisée. Ils hyperbolisent certains événements, tout en ignorant tout le travail qui réalisé. Ils font du sensationnel dans les cas de violence et n'envisagent pas une approche historique et systémique, relativisant les réalisations du socialisme cubain en termes d'égalité, de droits et de garanties de sécurité pour les femmes. En ce sens, plutôt qu'une position critique, il s'agit d'une propagande politique contre le système au moyen de la rhétorique libérale.
L'un des objectifs de l'assimilation de la situation des femmes cubaines à celle d'autres pays sans tenir compte de notre contexte et de nos conditions socio-historiques est d'inciter à copier ou à importer des modèles de lutte étrangers, qui prennent souvent la forme de manifestations contre l'État et les institutions en vigueur.
Il faut tenir compte du fait que dans de nombreuses régions du monde, des femmes disparaissent ou sont assassinées, non seulement en raison de la terrible situation dans laquelle elles se trouvent entre les mains d'un agresseur, mais aussi dans le cadre de phénomènes comme les réseaux de la traite des êtres humains, les déplacements forcés au milieu de conflits avec les transnationales pour le territoire, d’actions paramilitaires, du crime organisé ou des crimes d'État.
Les femmes sont également exploitées dans des conditions de travail très précaires, parfois en quasi-esclavage, sans droit effectif à la santé ou à l'éducation pour elles-mêmes ou leurs enfants. D'autres descendent dans la rue pour réclamer des droits dont nous jouissons à Cuba depuis des décennies, comme le droit à l'avortement, par exemple.
Dans cette tentative d'importer des formes de lutte, ils ont tenté sans succès d'inciter à la réalisation d'une grève des femmes à Cuba. Nous devons tenir compte du fait que nous sommes à quelques mois d'une nouvelle Journée du 8 mars et dans un scénario où la possibilité d'un 15n tel qu'ils l'ont rêvé s'éloigne. Ont-ils un 8m en tête ?
L'absence d'une loi complète contre la violence à l'égard des femmes est l'une des questions les plus vivement critiquées dans le cas de Cuba. Il est typique des féminismes libéraux d'ignorer les problèmes systémiques sous-jacents et de se concentrer sur la défense de certains recours juridiques ou de certaines actions palliatives, qui sont importants mais ne représentent pas tout. Cependant, même en l'absence d'une loi intégrale contre la violence, l'idée d'une grève des femmes à Cuba le 8 mars était extrêmement malvenue à un moment où le Programme national pour la promotion des femmes était approuvé par décret présidentiel.
Le programme, coordonné par la Fédération des femmes cubaines, est né d'un solide exercice d'autocritique de la situation du pays en matière d'égalité des genres, prenant comme point de référence les expériences d'autres pays et la tradition de travail de nombreuses dirigeantes, chercheuses et universitaires. En raison de ces conditions, le problème de la violence fondée sur le genre est abordé de manière complexe et intégrale, comme l'expression de la volonté de l'État lui-même, qui est accusé de laisser les femmes sans protection.
Nous devons examiner notre réalité avec un œil critique, en plaçant au centre de notre attention la lutte contre toute forme structurelle d'inégalité ou de violence susceptible de se reproduire dans notre société. Nous devons approfondir nos discussions sur les politiques sociales afin de soutenir les groupes vulnérables dans le contexte de changement que nous traversons. Chaque vie de femme perdue, en raison de la persistance du patriarcat dans l'imaginaire collectif, doit compter. Les femmes ont le droit de vivre une vie exempte de tout type de violence, mais nous ne devons pas accepter que, sous la façade d'une prétendue « société civile » qui ignore plus de 86 % de la population cubaine, une question aussi sensible soit manipulée dans le cadre d'un agenda d'ingérence.
Les féministes des forums Soros sont-elles préoccupées par la violence de genre à Cuba ? celles qui publient avec des salaires de la NED et d'autres organisations de façade de la CIA, responsables de tant de morts de femmes dans le monde, celles qui rejoignent des plateformes alliées à l'agenda US d'ingérence dans nos affaires intérieures pour changer le destin de la nation vers le néolibéralisme, ce qui apportera des conditions inimaginables de violence structurelle pour la majorité de nos femmes, sont-elles concernées par ce phénomène ?
Nous avons besoin d'une critique militante et engagée capable d’aborder les contradictions de la société cubaine de manière systémique, en tenant compte de ses conditions socio-historiques et qui serve à renforcer les principales ressources dont disposent les femmes cubaines pour radicaliser leur lutte pour l'égalité et contre toutes les formes de violence, dans cette période complexe que nous vivons : nos organisations et institutions.
Entre-temps, ils parlent de démocratie, mais dans leurs réseaux sociaux, ils attaquent verbalement et violemment ceux qui pensent différemment, y compris les femmes. Ils parlent de la violence de genre pour critiquer le socialisme cubain, mais ils reçoivent le soutien de terroristes qui commettent des crimes violents contre des hommes et des femmes, et ils le font d'ailleurs pour imposer le rétablissement du capitalisme patriarcal, principale cause des violences les plus graves commises contre les femmes dans le monde. Et c'est vers cet avenir, rempli de la pire misogynie imaginable, qu'ils veulent nous conduire. Mais une fois encore, ils sont voués à l'échec.

 

source : https://fr.granma.cu/cuba/2021-11-12/le-socialisme-comme-condition-pour-plus-de-droits-a-cuba

Tag(s) : #Cuba#SSocialisme

 
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