REGION LATINO-AMERICAINE : NE LES LAISSONS PAS FAIRE DE NOUS DES COLONIES DOCILES

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  • Le 28/09/2020
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Ne les laissons pas faire de nous des colonies dociles

Ce qui s'est passé contre Evo Morales et Rafael Correa confirme la judiciarisation menée par la droite, l'OEA et le gouvernement des États-Unis contre tous les leaders populaires de la région latino-américaine

Auteur:  | internet@granma.cu

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Photo: TELESUR

À force de répétition, la question peut sembler être « un de plus » et ensuite « laisser courir les nouvelles ». Mais l'Histoire nous rappelle que quelque chose de similaire s'est produit au Brésil, avec Lula d'abord, et Dilma ensuite. Et aussi contre Cristina Fernandez, en Argentine, et auparavant au Paraguay, contre Fernando Lugo. C'est maintenant au tour de l'Équatorien Rafael Correa et du Bolivien Evo Morales.

Le premier cas est le maillon nécessaire pour que le gouvernement actuel poursuive l'involution de l'Équateur. Le brillant économiste de la nation andine, qui sous sa présidence avait fait de son pays le « véritable centre du monde » et dirigé l'Union des nations sud-américaines (Unasur), a été victime de l’appareil de la judiciarisation, avec un schéma similaire aux « affaires » précédentes.

Il s’agit du leader qui a défendu l'Amazonie et dénoncé la pollution causée par les compagnies pétrolières étrangères qui nuisent à l'environnement et exploitent illégalement des lieux considérés comme patrimoine des communautés indigènes. Du dirigeant qui avait placé les prestations sociales, les services de santé, l'éducation et le travail au centre du programme de son gouvernement et avait obtenu de grands succès.

Là encore, la machine médiatique s'est mise en branle : des accusations de corruption, basées sur des faits non prouvés, des motifs inventés, voire des suppositions qui, parce qu’infondées, ne sauraient être utilisées conformément à ce qui est établi par les lois et autres mécanismes qui constituent la jurisprudence d'un pays.

Dans cette opération, un élément essentiel du compromis est représenté par les monopoles médiatiques, qui à plusieurs reprises ont voulu rendre la vie impossible à Correa et sont même allés jusqu’à cautionner des tentatives putschistes.

L'autre pilier, en toute logique, est la création « juridique » de personnages, également dévoués à l'oligarchie équatorienne, et enfin, un scénario préparé par un président qui a su manipuler comme des marionnettes les différents éléments qui l'accompagnent dans son plan pour saper et inverser tous les progrès accomplis pendant les années par le gouvernement de Rafael Correa.

L'Équateur, tel un arbre, voit ses fruits arrachés : les programmes de santé gratuits et inclusifs ont été démantelés, y compris la présence solidaire de milliers de médecins cubains. La nationalisation des ressources du pays a maintenant cédé la place à une privatisation avec des composantes monopolistiques étrangères.

L'unité latino-américaine a été amputée par le retrait du gouvernement équatorien de l'Unasur, de l'ALBA et d'autres mécanismes de concertation et de défense de la souveraineté des pays et de la région dans son ensemble.

Il en va de même dans le cas d'Evo Morales. Un coup d'État militaire avec un élément de base - le Secrétaire général de l'Organisation des États américains (OEA), Luis Almagro – s’est produit en plein milieu d'une élection qui avait été boycottée. Ils ont utilisé des commandements militaires qui, une heure auparavant, s'étaient déclarés fidèles à leur président, puis ont déclenché une répression populaire violente en mobilisant tous les moyens.

Le coup d'État a été suivi d’une persécution politique contre Morales et ses partisans du Mouvement vers le socialisme (MAS), alors qu'un personnage sans aucun charisme ni aucune expérience politique, et éthiquement médiocre, comme la présidente de facto Jeanine Añez, procédait au démantèlement d'un système politique et social modèle considéré comme celui ayant connu les plus grandes avancées économiques en Amérique du Sud au cours de la dernière décennie.

Mais c’était sans tenir compte de l'une des principales forces politiques du pays : le MAS, qui est toujours bien présent et est suffisamment fort pour se regrouper et recomposer sa stratégie en vue des élections du 18 octobre.

C'est peut-être pour cette raison qu’après l’annonce que l’instance électorale avait invalidé la candidature d’Evo Morales au poste de sénateur de la région de Cochabamba, Añez, dans son acharnement à s’accrocher à la tête de l'État après les élections, avait réagi sur Twitter en affirmant qu'elle avait réussi à freiner le MAS.

Dans ce contexte, il convient de souligner le commentaire de l'ancien président équatorien Rafael Correa, sur son compte Twitter : « Ils ne comprennent pas qu’ils ne font qu’accroître notre soutien ». Il faisait précisément référence à la judiciarisation imposée par la droite, l'OEA et le gouvernement des États-Unis contre tous les dirigeants populaires de la région latino-américaine.

Il appartient donc aux peuples et à ceux qui accomplissent ou ont accompli la grande tâche de construire la véritable patrie de s'unir aujourd'hui plus que jamais pour empêcher une nouvelle Doctrine Monroe de nous ramener à l'état de colonies dociles.

http://fr.granma.cu/mundo/2020-09-25/ne-les-laissons-pas-faire-de-nous-des-colonies-dociles


 

 

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