Billets de tourtaux-jacques

Dans RUSSIE

RUSSIE : ELECTIONS LEGISLATIVES – SEPTEMBRE 2021

Par Le 27/09/2021

26 Septembre 2021

Les élections législatives en Russie se sont déroulées sur trois jours, du 17 au 19 septembre. Elles renouvellent la composition de la chambre basse du Parlement, la Douma d’État, et ses 500 députés. Ces derniers sont élus selon un double mode de scrutin : une moitié des députés est élue à la proportionnelle sur liste nationale, avec un seuil d’entrée fixé à 5% ; l’autre moitié est élue sur scrutin uninominal par circonscription.

Ces élections législatives sont couplées avec une série de scrutins locaux : 12 gouverneurs de région, dont 9 au suffrage universel, et 39 parlements régionaux sont renouvelés. Les élections des gouverneurs confirment ceux qui ont été mis en place à titre provisoire suite à une série de destitutions au cours de l’année 2020 et 2021. Ils sont quasiment tous de Russie Unie. Le gouverneur KPRF (Parti Communiste de la Fédération de Russie) d’Oulianovsk a été nommé par le Kremlin à titre provisoire en avril 2021 et se voit confirmé par ces élections.

Contexte : le malaise politique et social en Russie
Les élections législatives sont organisées dans un contexte délicat pour le pouvoir en place, de plus en plus focalisé sur la question de la succession présidentielle et, d’une manière structurelle, sur les bases matérielles de sa propre survie. Il s’agit donc d’abord et avant tout pour lui d’éviter une nouvelle crise électorale similaire à celle qui avait suivi les élections de 2011.

Les enjeux de ces élections dépassent donc la question des pouvoirs limités de la Douma d’État, devant laquelle le gouvernement n’est pas responsable collectivement, et celle des résultats eux-mêmes car le fait que les partis favorables au régime gardent une large majorité ne faisait de doute pour personne. La moitié des députés élus par circonscription assure de toute manière un matelas confortable au régime. Il n’en demeure pas moins que ces élections sont importantes car les coordonnées de la politique russe sont en train d’évoluer.

1- Les aspects économiques et sociaux intérieurs prennent le pas, dans les préoccupations populaires, sur la politique extérieure. En d’autres termes, « l’effet Crimée », sur lequel le régime comptait pour recouvrer un soutien populaire après la crise de 2011-2012, s’épuise. Vladimir Poutine a d’ailleurs consacré aux questions de politique intérieure l’essentiel de son discours annuel devant les deux chambres du Parlement le 21 avril dernier, en passant très rapidement sur les enjeux internationaux. La réforme des retraites de 2018, promulguée juste après la présidentielle, comprend un report de l’âge de la retraite pour les femmes, de 55 ans à 60 ans, et pour les hommes, de 60 à 65 ans, alors que l’espérance de vie pour les hommes atteint péniblement 66 ans ! Cette réforme a provoqué un mouvement social inédit depuis les années 1990-1993. A cela s’ajoute la hausse des prix de première nécessité (jusqu’à 70%, pour le sucre ou l’huile) et la faiblesse du plan de relance de l’économie qui, selon l’orientation libérale et conservatrice du régime, repose sur les ménages.

2- Le régime est confronté, depuis longtemps, à une contradiction fondamentale : si la popularité personnelle de Vladimir Poutine demeure importante, le régime reste impopulaire. Cette impopularité recouvre les pouvoirs locaux et le gouvernement. La contradiction tient au tient qu’il est impossible de séparer le président du régime dont il procède, qu’il personnifie et dont il assure les arbitrages fondamentaux. Lors de ces élections de 2021, la question est celle du maintien ou du renouvellement partiel des outils parlementaires du régime, qui sont tous plus décrédibilisés les uns que les autres, et dont le Kremlin s’est depuis longtemps autonomisé. Vladimir Poutine ne s’est ainsi pas présenté sous l’étiquette du principal parti qui le soutient, Russie Unie, aux élections présidentielles de 2018 mais sous celle d’un vague « Front populaire » qui n’a duré que le temps de la campagne électorale. Mais ces outils politiques parlementaires impopulaires demeurent essentiels pour assurer une majorité parlementaire incontestable, assurer la répartition des rentes de pouvoir et pour réguler les conflits des barons locaux. Ces outils politiques sont le parti principal, Russie Unie, complétés par des partis satellites, le parti « libéral-démocrate » (LDPR) de Jirinovski, et le parti « Russie Juste » de Mironov, qui sont encore plus décrédibilisés que Russie Unie. Il est d’ailleurs possible que les « corrections » des résultats aient pour objectif de maintenir ces deux partis au-dessus du seuil des 5% et, partant, leur représentation parlementaire. Cette faiblesse de « l’opposition poutinienne », comme on la nomme en Russie, suscite pour ces élections l’apparition de nouveaux relais du pouvoir, à l’image du parti « Nouvelles Personnes », de l’homme d’affaires proche du Kremlin Alexeï Netchaïev.

3- L’expression de ce malaise politique et social s’est cristallisée autour de quatre évènements récents, chacun étant d’une nature très différente :Les résultats des élections locales en 2019 et 2020 montrent un effritement du soutien au pouvoir en place ainsi que de bons résultats locaux pour le KPRF, dans la dynamique du mouvement social contre la réforme des retraites.
Un nouveau premier ministre, Mikhail Michoustine, a été nommé en janvier 2020. Issu de l’administration des impôts, il n’a aucune expérience politique. Cette nomination accélère la transformation du gouvernement en instance administrative, en dehors de quelques ministères clés comme les Affaires Etrangères et la Défense. A ces exceptions près, les principaux dirigeants du pays sont désormais en dehors du gouvernement, soit dans les grandes entreprises publiques pétro-gazières, soit dans l’administration, soit au Conseil de sécurité.
Le référendum constitutionnel de juillet 2020 se solde par un soutien majoritaire du projet de Vladimir Poutine à 78%. Les modifications constitutionnelles accentuent l’aspect ultra-conservateur de la constitution (par l’interdiction du mariage homosexuel) et ouvrent un maximum de possibilités pour le pouvoir en place pour envisager son avenir constitutionnel, allant de la remise à zéro du décompte des mandats présidentiels au renforcement du rôle du Conseil de sécurité, totalement indépendant du Parlement et du gouvernement.
Les manifestations de l’hiver 2021, déclenchées par l’arrestation de Navalny, illustrent aussi un certain malaise qui peine à trouver les voies de son expression politique. Navalny lui-même représente peu de choses. Il véhicule incontestablement une idéologie d’extrême-droite, raciste et antisémite. Aucune action n’est possible avec lui. On ne saurait d’ailleurs réduire l’opposition à Navalny, dont la présence médiatique occulte la gauche et les mouvements sociaux. Les manifestations du début de 2021 expriment cependant une demande confuse de la part de la jeunesse urbaine qui n’a connu qu’un seul occupant au Kremlin. Ce dernier en a d’ailleurs tenu compte car le parti « Nouvelles Personnes » a l’ambition de canaliser la jeunesse urbaine.

Enseignements possibles
1- Les fraudes et les contraintes administratives ne sont un mystère pour personne. La commission électorale centrale elle-même a dû destituer un quart des présidents de bureaux de vote de certaines régions du pays : en république d’Adyguée, dans le kraï de Stravropol, ainsi que dans les oblasts de Briansk et de Kemerovo. Des cas de bourrages d’urnes ont été relevés officiellement dans huit régions. Des délégués de liste communistes se sont vus interdire l’accès aux traitements des résultats dans les commissions électorales locales. A Saint-Pétersbourg, des délégués de listes pro-Navalny ont été retenus par la police durant toute la soirée électorale. Surtout, les résultats du vote électronique à Moscou n’ont été publiés que dans l’après-midi du lundi 20 et montrent une victoire de Russie Unie y compris dans les circonscriptions où des députés d’opposition, communistes ou soutenus par le KPRF, avaient été élus à l’urne, ce qui a permis de faire basculer les résultats du scrutin. Le vote électronique a été dépourvu de tout contrôle citoyen et des votants s’en sont vus refuser l’accès sans motif. Une première manifestation, non autorisée, contre les conditions du vote électronique a été organisée à Moscou le soir du lundi 20 septembre.

2- Ces élections ne sont pas une défaite pour le Kremlin, mais elle exprime un malaise politique et social. Il apparaît à nouveau que Russie Unie est impopulaire, ce qui n’est pas une nouveauté. Cela peut même servir V. Poutine pour réfléchir à d’autres outils politiques dans la perspective de la présidentielle de 2024.

3- La principale expression du malaise social et politique est l’abstention, peu commentée au demeurant. Elle est structurelle et se fixe au même étiage depuis une décennie : un électeur et une électrice sur deux ne vont pas voter.

4- Le KPRF obtient incontestablement de bons résultats. Il arrive en tête dans plusieurs régions de l’est du pays, tel qu’en Yakoutie (35%), kraï de Khabarovsk (26,5%), république de Mari-El (36%). Il arrive également en tête dans plusieurs grandes villes : Vladivostok, Omsk et Novossibirsk, notamment. Certains observateurs évoquent la naissance d’une « ceinture rouge » à l’est. 6 candidats communistes ont obtenu la majorité des votes à l’urne dans les circonscriptions de Moscou, mais leur élection est invalidée suite à la publication, très tardive, des « résultats » du vote électronique. Les responsables du KPRF estiment que sans les fraudes diverses, celui-ci aurait obtenu environ 25% des voix. Le KPRF est donc l’expression parlementaire de l’opposition, en particulier sur les questions sociales. Ces résultats s’inscrivent dans la continuité des progrès enregistrés aux élections locales en 2019 et 2020. Il profite de l’importance recouvrée des questions sociales, notamment depuis le mouvement contre la réforme des retraites de 2018. Les députés du KPRF ont déposé en juillet 2021, quelques semaines avant les élections, une proposition de loi visant à abolir la réforme libérale des retraites de 2018. Il a également mis dans son orbite de petites organisations, tel que le « Front de gauche » de Sergueï Oudaltsov et d’Anastasia Oudaltsova. Cette dernière a d’ailleurs été élue députée à Moscou. Il a également soutenu des candidats indépendants, à l’exemple de Mikhail Lobanov, professeur à l’Université de Moscou et engagé dans les mouvements sociaux et citoyens. Le vote à l’urne dans sa circonscription de Moscou lui a donné une majorité, qui a été gommée par les résultats annoncés du vote électronique. Dans les grandes villes, notamment Moscou et Saint-Pétersbourg, il a également bénéficié de l’appel au « vote intelligent » de Navalny. Il faut aussi signaler que le KPRF dénonce le gouvernement avec force, mais ménage le chef de l’État. Il appelle donc le Kremlin à prendre acte des résultats des élections et à changer de politique. Des responsables du KPRF s’illustrent en outre régulièrement par des discours nationalistes et cléricaux sur l’identité de la Russie, avec par exemple en mai dernier la dénonciation de la politique « modérée » de Vladimir Poutine dans Ukraine et un appel à l’annexion du Donbass. Il est donc important de suivre comment le KPRF va donner suite à cette situation assez nouvelle dans les prochains mois

Vincent Boulet,
responsable des questions européennes

source : https://www.pcf.fr/note_russie_elections_legislatives_septembre_2021

Tag(s) : #Russie#Elections

L’EURASIE PREND FORME : COMMENT L’OCS VIENT DE BOULEVERSER L’ORDRE MONDIAL

Par Le 27/09/2021

L’Eurasie prend forme: Comment l’OCS vient de bouleverser l’ordre mondial

Par Pepe Escobar

Mondialisation.ca, 26 septembre 2021

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Sous le regard d’un Occident à la dérive, la réunion marquant le 20ème anniversaire de l’Organisation de Coopération de Shanghai s’est concentrée sur deux objectifs clés : la restructuration de l’Afghanistan et le lancement d’une intégration eurasiatique à part entière.

Les deux moments les plus marquants du sommet historique du 20ème anniversaire de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS), qui s’est tenu à Douchanbé, au Tadjikistan, ont été les discours d’ouverture prononcés par les dirigeants du partenariat stratégique entre la Russie et la Chine.

Xi Jinping : « Aujourd’hui, nous allons lancer les procédures pour admettre l’Iran comme membre à part entière de l’OCS ».

Vladimir Poutine : « Je tiens à souligner le protocole d’accord qui a été signé aujourd’hui entre le secrétariat de l’OCS et la Commission économique eurasiatique. Il est clairement conçu pour faire avancer l’idée russe d’établir un partenariat de la Grande Eurasie couvrant l’OCS, l’EAEU (Union économique eurasiatique), l’ANASE (Association des Nations de l’Asie du Sud-Est) et l’Initiative Ceinture et Route chinoise (BRI) ».

En bref, au cours du week-end, l’Iran a été consacré dans son rôle eurasiatique légitime et primordial, et toutes les voies d’intégration eurasiatique ont convergé vers un nouveau paradigme géopolitique – et géoéconomique – mondial, avec un boom sonore qui résonnera pour le reste du siècle.

C’est ce qui s’est produit immédiatement après l’ignominieuse retraite impériale de l’Alliance atlantique en Afghanistan. Au moment même où les Taliban prenaient le contrôle de Kaboul le 15 août, le redoutable Nikolai Patrushev, secrétaire du Conseil de Sécurité de la Russie, déclarait à son collègue iranien, l’amiral Ali Shamkhani, que « la République islamique allait devenir un membre à part entière de l’OCS ».

Douchanbé s’est révélé être l’ultime croisement diplomatique. Le président Xi a fermement rejeté tout « sermon condescendant » et a mis l’accent sur les voies de développement et les modèles de gouvernance compatibles avec les conditions nationales. Tout comme Poutine, il a souligné la complémentarité de la BRI et de l’EAEU, résumant en fait un véritable manifeste multilatéraliste pour le Sud global.

Dans le même ordre d’idées, le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokayev, a noté que l’OCS devait faire progresser « le développement d’une macroéconomie régionale ». Cela se reflète dans la volonté de l’OCS de commencer à utiliser les monnaies locales pour les échanges commerciaux, en évitant le dollar américain.

Source: The Cradle

Surveillez la quadrilatérale

Douchanbé n’était pas qu’un lit de roses. Le Tadjik Emomali Rahmon, musulman laïc convaincu et ancien membre du Parti communiste de l’URSS – au pouvoir depuis pas moins de 29 ans, réélu pour la 5ème fois en 2020 avec 90% des voix – a d’emblée dénoncé la « charia médiévale » des Taliban 2.0 et déclaré qu’ils avaient déjà « abandonné leur promesse de former un gouvernement inclusif ».

Rahmon, qui n’a jamais été surpris en train de sourire devant une caméra, était déjà au pouvoir lorsque les Taliban ont conquis Kaboul en 1996. Il ne pouvait que soutenir publiquement ses cousins tadjiks contre « l’expansion de l’idéologie extrémiste » en Afghanistan, ce qui inquiète en fait tous les États membres de l’OCS lorsqu’il s’agit de démanteler des organisations djihadistes douteuses du type État islamique au Khorassan.

L’essentiel de l’affaire à Douchanbé résidait dans les rencontres bilatérales – et dans une quadrilatérale.

Prenons l’exemple de la rencontre bilatérale entre le ministre indien des Affaires étrangères, S. Jaishankar, et le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi. Jaishankar a déclaré que la Chine ne devait pas considérer « ses relations avec l’Inde à travers le prisme d’un pays tiers » et a pris soin de souligner que l’Inde « ne souscrit à aucune théorie du choc des civilisations ».

Cette déclaration n’a pas été facile à faire accepter, étant donné que le premier sommet quadrilatéral en personne aura lieu cette semaine à Washington, DC, et qu’il sera accueilli par ce « pays tiers » qui est actuellement en mode « choc des civilisations » contre la Chine.

Le premier ministre pakistanais Imran Khan était en tournée bilatérale, rencontrant les présidents de l’Iran, de la Biélorussie, de l’Ouzbékistan et du Kazakhstan. La position officielle de la diplomatie pakistanaise est que l’Afghanistan ne doit pas être abandonné, mais engagé.

Cette position nuance ce que l’envoyé spécial du président russe pour les affaires de l’OCS, Bakhtiyer Khakimov, a expliqué au sujet de l’absence de Kaboul à la table de l’OCS : « À ce stade, tous les États membres ont compris qu’il n’y a aucune raison de lancer une invitation tant qu’il n’y a pas de gouvernement légitime et généralement reconnu en Afghanistan ».

Et cela, sans doute, nous mène à la réunion clé de l’OCS : une quadrilatérale avec les ministres des Affaires étrangères de la Russie, de la Chine, du Pakistan et de l’Iran.

Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Qureshi, a affirmé : « Nous surveillons si tous les groupes sont inclus dans le gouvernement ou non ». Le cœur du problème est que, dorénavant, Islamabad coordonne la stratégie de l’OCS sur l’Afghanistan, et servira d’intermédiaire dans les négociations entre les Taliban et les hauts dirigeants tadjiks, ouzbeks et hazaras. Cela ouvrira la voie à un gouvernement inclusif reconnu par les nations membres de l’OCS.

Le président iranien Ebrahim Raïssi a été chaleureusement accueilli par tous, surtout après son discours liminaire percutant, un classique de l’Axe de la Résistance. Sa rencontre bilatérale avec le président biélorusse Alexandre Loukachenko a tourné autour d’une discussion sur la « confrontation des sanctions ». Selon Loukachenko : « Si les sanctions ont fait du tort à la Biélorussie, à l’Iran et à d’autres pays, c’est uniquement parce que nous en sommes nous-mêmes responsables. Nous n’avons pas toujours été négociables, nous n’avons pas toujours trouvé la voie que nous devions suivre sous la pression des sanctions ».

Considérant que Téhéran est parfaitement informé du rôle d’Islamabad dans l’OCS en ce qui concerne l’Afghanistan, il ne sera pas nécessaire de déployer la brigade Fatemiyoun – officieusement connue sous le nom de Hezbollah afghan – pour défendre les Hazaras. Fatemiyoun a été formée en 2012 et a joué un rôle déterminant en Syrie dans la lutte contre Daech, notamment à Palmyre. Mais si l’EI-K ne disparaît pas, c’est une toute autre histoire.

L’avenir du port de Chabahar sera particulièrement important pour les membres de l’OCS que sont l’Iran et l’Inde. Il s’agit toujours de la crypto-Route de la Soie de l’Inde, qui vise à la relier à l’Afghanistan et à l’Asie centrale. Le succès géoéconomique de Chabahar dépend plus que jamais de la stabilité de l’Afghanistan, et c’est là que les intérêts de Téhéran convergent pleinement avec ceux de la Russie et de la Chine dans le cadre de l’OCS.

Ce que la déclaration de Douchanbé de l’OCS de 2021 a énoncé au sujet de l’Afghanistan est assez révélateur :

1. L’Afghanistan doit être un État indépendant, neutre, uni, démocratique et pacifique, libéré du terrorisme, de la guerre et de la drogue.

2. Il est essentiel d’avoir un gouvernement inclusif en Afghanistan, avec des représentants de tous les groupes ethniques, religieux et politiques de la société afghane.

3. Les États membres de l’OCS, soulignant l’importance des nombreuses années d’hospitalité et d’aide efficace fournies par les pays de la région et les pays voisins aux réfugiés afghans, considèrent qu’il est important que la communauté internationale s’efforce activement de faciliter leur retour digne, sûr et durable dans leur pays.

Même si cela peut sembler un rêve impossible, c’est le message unifié de la Russie, de la Chine, de l’Iran, de l’Inde, du Pakistan et des « stans » d’Asie centrale. On peut espérer que le premier ministre pakistanais Imran Khan est à la hauteur de la tâche et prêt pour son gros plan sur l’OCS.

Cette péninsule occidentale agitée

Les Nouvelles Routes de la Soie ont été officiellement lancées il y a huit ans par Xi Jinping, d’abord à Astana – aujourd’hui Nur-Sultan – puis à Jakarta.

C’est ainsi que je l’ai rapporté à l’époque.

L’annonce a eu lieu à proximité d’un sommet de l’OCS, qui se tenait alors à Bichkek. L’OCS, largement rejetée à Washington et à Bruxelles comme un simple forum de discussion, dépassait déjà son mandat initial de lutte contre les « trois forces du mal » – le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme – et englobait la politique et la géoéconomie.

En 2013, il y a eu une trilatérale Xi-Poutine-Rouhani. Pékin a exprimé son soutien total au programme nucléaire pacifique de l’Iran (rappelez-vous, c’était deux ans avant la signature du Plan d’Action global conjoint, également connu sous le nom de JCPOA).

Bien que de nombreux experts l’aient écarté à l’époque, il existait bel et bien un front commun Chine-Russie-Iran sur la Syrie (l’Axe de la Résistance en action). Le Xinjiang était présenté comme la plaque tournante du pont terrestre eurasiatique. Le Pipelineistan était au cœur de la stratégie chinoise – du pétrole du Kazakhstan au gaz du Turkménistan. Certains se souviennent peut-être même de l’époque où Hillary Clinton, en tant que secrétaire d’État, parlait avec lyrisme d’une nouvelle route de la soie propulsée par les États-Unis.

Maintenant, comparez cela au Manifeste sur le Multilatéralisme de Xi à Douchanbé huit ans plus tard, rappelant comment l’OCS « s’est avérée être un excellent exemple de multilatéralisme au XXIe siècle » et « a joué un rôle important dans le renforcement de la voix des pays en développement ».

On ne saurait trop insister sur l’importance stratégique de ce sommet de l’OCS qui se tient juste après le Forum économique oriental (FEE) de Vladivostok. Le FEE se concentre, bien sûr, sur l’Extrême-Orient russe – et fait essentiellement progresser l’interconnectivité entre la Russie et l’Asie. Il s’agit d’une plaque tournante absolument essentielle du Grand Partenariat eurasiatique de la Russie.

Une multitude d’accords se profilent à l’horizon, de l’Extrême-Orient à l’Arctique et au développement de la route maritime du Nord, en passant par les métaux précieux, l’énergie verte, la souveraineté numérique et les couloirs logistiques entre l’Asie et l’Europe via la Russie.

Comme l’a laissé entendre Poutine dans son discours d’ouverture, c’est là tout l’enjeu du partenariat pour la Grande Eurasie : l’Union économique eurasiatique (UEE), la BRI, l’initiative de l’Inde, l’ANASE et, désormais, l’OCS, se développant en un réseau harmonisé, géré de manière cruciale par des « centres de décision souverains ».

Ainsi, si la BRI propose une très taoïste « communauté d’avenir partagé pour le genre humain », le projet russe, conceptuellement, propose un dialogue des civilisations (déjà évoqué par les années Khatami en Iran) et des projets économico-politiques souverains. Ils sont, en effet, complémentaires.

Glenn Diesen, professeur à l’Université du sud-est de la Norvège et rédacteur en chef de la revue Russia in Global Affairs, fait partie des très rares universitaires de haut niveau qui analysent ce processus en profondeur. Son dernier livre raconte remarquablement toute l’histoire dans son titre : « L’Europe en tant que péninsule occidentale de la Grande Eurasie : les régions géoéconomiques dans un monde multipolaire ». Il n’est pas certain que les eurocrates de Bruxelles – esclaves de l’atlantisme et incapables de saisir le potentiel de la Grande Eurasie – finiront par exercer une véritable autonomie stratégique.

Diesen évoque en détail les parallèles entre les stratégies russe et chinoise. Il note comment la Chine « poursuit une initiative géoéconomique à trois piliers en développant un leadership technologique via son plan Chine 2025, de nouveaux couloirs de transport via son Initiative Ceinture et Route de plusieurs milliards de dollars, et en établissant de nouveaux instruments financiers tels que des banques, des systèmes de paiement et l’internationalisation du yuan. La Russie poursuit de la même manière la souveraineté technologique, dans la sphère numérique et au-delà, ainsi que de nouveaux couloirs de transport tels que la Route maritime du Nord à travers l’Arctique, et, principalement, de nouveaux instruments financiers ».

L’ensemble du Sud global, assommé par l’effondrement accéléré de l’Empire occidental et de son ordre unilatéral fondé sur des règles, semble désormais prêt à embrasser le nouveau sillon, pleinement affiché à Douchanbé : une Grande Eurasie multipolaire d’égaux souverains.

Pepe Escobar

Article original en anglais :

Eurasia Takes Shape: How the SCO Just Flipped the World Order

Cet article en anglais a été publié initialement par The Cradle.

Traduit par Réseau International

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Pepe Escobar, Mondialisation.ca, 2021

https://www.mondialisation.ca/leurasie-prend-forme-comment-locs-vient-de-bouleverser-lordre-mondial/5660622

Dans IRAN

UN PACTE MILITAIRE IRAN-ALGERIE ?

Par Le 26/09/2021

Le MAE algérien veut se rendre en Iran

Sunday, 26 September 2021 7:26 PM  [ Last Update: Sunday, 26 September 2021 7:27 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Les vedettes du CGRI transportent des drones lors d'une cérémonie dans la ville portuaire de Bandar Abbas, dans le sud de l'Iran, le 23 septembre 2020.©AFP

Le super diplomate algérien et ministre des A.E. Lamamra a retrouvé ce dimanche son homologue iranien, Amk Abdollahian à New York pour lui dire qu'il acceptait l'invitation iranienne à se rendre à Téhéran. S'il est vrai que la nouvelle diplomatie iranienne a fait de l'Afrique son épicentre la visite du MAE algérien en Iran en constitue de loin un moment très fort surtout que les deux pays se trouvent à un tournant : tandis qu'au Moyen Orient les USA et Israël enterrent, mort dans l'âme leur "Moyen Orient élargi " il le croit dans le même temp apte à l'extrapolation et à la reduplication presque à l'identique au Maghreb. Ce dimanche la première opération militaire conjuguée Qods-Cisjordanie avec en toile de fond d'échanges de tirs et embuscade a eu lieu avec en toile de fond le martyr de 4 combattants et autant sinon plus d'effectifs des forces spéciales sionistes qui faisaient pour la première fois face à une opération commando d'une si grande ampleur. C'est dire à quel point Israël encourt le risque d'une implosion et ce sans compter cet épée de Damoclès balistique que la Résistance tient pendu au dessus de sa tête.  Aussi doit-il anticiper cette inévitable disparition et se métastaser au-delà de cette terre de la Palestine qu'il vampirise depuis 70 ans. La normalisation de ses liens avec les pays du golfe Persique, son infiltration au sein de l'UA ou encore son accord d'Abraham avec Rabat sont donc moins une extension dans le sens belforien du terme qu'une tentative parasitaire de survie à la charge des pays hôtes. Sauf qu'Israël ne s'infiltre nulle part sans semer guerre, discorde, zizanie et le" Grand Maghreb" ne fait pas exception à la règle. Tout ce fait de la visite prochaine de Lamamra en Iran un événement non seulement pour l'Algérie et l'Iran dont le niveau des liens est loin d'être à la hauteur de leurs intérêts et causes communs mais aussi pour Israël dont le MAE, en visite à  Rabat, s'inquiétait de l'alliance Iran-Algérie qui fait obstacle à Israël. Mais de quoi à peur l'entité et son parrain américain ? 

Pas que des coopérations petro-gazières Algerie-Iran qui se poursuivent en coulisse Alger aidant depuis longtemps l'Iran à contourner les sanctions mais surtout de ce que ces coopérations prennent une dimension militaire et qui finissent par faire a Israël ce qui lui a été fait au Moyen Orient,  entre le Liban, la Syrie et Gaza à  savoir l'encerclement. A vrai dire l'idée d'une alliance militaire Iran-Algérie a ceci de terrifiant qu'elle renferme en elle l'idée anti-hégémonie anti-Empire et qu'une arrivée en Algérie ce concept n'aura plus aucun mal à aller au-delà au Sahel par exemple où des millions d'Africains attendent un petit déclic pour s'embraser contre les agressions et occupation coloniales. 

L'axe US/Israël cherche la guerre qui'il fait survivre et puisqu'il est en débandade au Moyen-Orient il se tourne vers le Maghreb. Et s'il s'y faisait surprendre? 

Après tout la doctrine de guerre asymétrique de la Résistance qui a littéralement mis au pas Israël et ses soutiens américains et otaniens en Méditerranée orientale n'a aucune de ne pas en faire autant en Méditerranée occidentale surtout que la il y a une puissante armée comme l'ANP prête à mutualiser ses efforts. 

Que proposerait le CGRI a l'Algérie par exemple maintenant que la France de Macron dépitée par l'axe US/GB en est  à vendre ses sous sous-marins nucléaire à Rabat en plus des dizaines de drones turcs et israéliens qui y débarquent ? 

Total en Irak, les USA ripostent!

Total en Irak, les USA ripostent!

La force navale du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a récemment pris livraison de 188 véhicules aériens sans pilote (drone) dont trois nouveaux types pouvant décoller des fameuses vedettes rapides iraniennes. 

Ababil 3 : pourquoi l'US Navy devra s'inquiéter...

Ababil 3 : pourquoi l'US Navy devra s'inquiéter...

Les drones Ababil-3 iraniens sont équipés des bombes à guidage.

Les bateaux d'attaque rapide du CGRI, auparavant équipés de missiles de croisière, ont été adaptés ainsi pour transporter les drones, qui ne nécessitent pas de piste pour décoller. Aussi une attaque anti navire ennemi impliquerait la tactique d'essaimage à double niveau, aérien grâce aux drones et naval à la faveur des vedettes rapides. 

Parmi ces drone kamikazes embarquables  il y a Ababil-2.

Le drone Ababil-2 de fabrication iranienne a une portée de 100 kilomètres, une endurance de vol de 75 à 120 minutes et une altitude de vol de 11000 kilomètres. La vitesse de l’engin s’estime également à 250 km/h.

Le CGRI a déployé 70 drones kamikazes Ababil-2 dans la marine de la force d'élite du pays, qui contrôle ses eaux territoriales dans le golfe Persique et la mer d'Oman et si Alger le souhaite il peut en faire autant en Méditerranée. 

Lire aussi:  "Les trois derniers drones iraniens sont tous les missiles de croisière"

Parmi des drones suicides embarquables il y a aussi le fameux  drone de combat Mohajer-6 qui peut répondre aux besoins des missions de longue endurance ; il a une flexibilité extrême sur le champ de bataille et des capacités de vol uniques ; il a la capacité d'effectuer des missions de surveillance, de reconnaissance et de combat dans un large rayon d'action et une envergure avec une grande précision. Il peut aider les forces armées iraniennes à frapper les terroristes avec ses bombes à guidage de précision Qaëm.

L'Iran saura couler un navire US?

L'Iran saura couler un navire US?

Un pacte militaire Iran-Algérie a tout pour rassurer Alger qui regarde d'un oeil inquiet l'émergence d'une première base de drone sioniste au Maroc. 

http://french.presstv.ir/Detail/2021/09/26/667296/Isra%C3%ABl---Un-pacte-militaire-Iran-Alg%C3%A9rie-

LES TALIBAN FONT SAIGNER LA CIA

Par Le 26/09/2021

Daech-K décapité en Afghanistan.... 1er opération pro-Résistance des taliban?

Sunday, 26 September 2021 3:00 PM  [ Last Update: Sunday, 26 September 2021 3:19 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Force "Rouge" des taliban inquiète la CIA(Twitter)

N'est-ce pas que les talibans donnent l'impression d'agir suivant un plan préétabli qui ne correspond pas forcémenta vec celui de la CIA qui comptait sur leur fuite précipité pour pousser le pays dans les affres de la guerre civile, et installer aux portes de l'Iran, ce "Daech-K", rien que pour déstabiliser les 1000 kms de frontières communes irano-afghanes? Puis cette histroire du pseudo "résistance de Panchir" qui a tout sauf de la Résistance et qui est mené par un élève des écoles US/OTAN, le dénommé Ahmad Massoud, d'origine tadjik certes mais qui se la coule douce avec les proches de Ghani dans leur asile tadjik tout en prêchant la lutte anti taliban et voir un régime décentralisé , façon de préparer le démembrement de l'Afghanistan, ce pays stratégique où l'Iran, la Russie et la Chine se croisent pour barrer la route à l'Empire? Le dernier coup anti US des talibans? 

 Cité par al-Mayadeen, les taliban ont annoncé samedi soir que le chef du groupe terroriste de Daech, Abou Omar Khorasani, avait été tué en Afghanistan. Un porte-parole des Taliban a déclaré mardi lors d'une conférence de presse que Daech n'était pas présent en Afghanistan comme en Syrie et en Irak, mais qu’un certain nombre de citoyens afghans auraient rejoint le groupuscule terroriste de Daech.

Lire : les fiefs de Daech tombent un à un entre les mains des taliban en Afghanistan 

Selon lui, des efforts ont été déployés pour empêcher les activités de Daech ; ce groupe n'a pas de soutien populaire et ne peut donc pas constituer une menace ou un danger. Il est à rappeler que Daech a revendiqué les récents attentats à la bombe contre les taliban à Jalalabad. Le site Internet Amaq affilié à Daech prétend qu'environ 35 membres des taliban ont été tués dans les attaques.

Aéroport de Kaboul frappé!

Aéroport de Kaboul frappé!

Après avoir annoncé sa présence en Afghanistan, Daech a choisi Nangarhar comme capitale. Dans le dernier cas, les forces aériennes de l’armée américaine ont mené une frappe aérienne à Nangarhar, affirmant avoir tué le cerveau d'un attentat suicide meurtrier de Daech à l'aéroport de Kaboul. L'attaque a eu lieu lors d'une évacuation de Kaboul dirigée par les États-Unis lors de laquelle 200 personnes, dont 13 soldats américains, ont été tuées.

L'élimination du pion de la CIA et chef de DAech-K a provoqué la colère du Pentagone : Le porte-parole du Pentagone, John Kirby, a prétendu lors d'une conférence de presse que l’armée de l’air américaine n'avait pas besoin de l'autorisation des taliban pour mener des attaques terroristes en Afghanistan.Interrogé par des journalistes si Washington reconnaît l'espace aérien de l'Afghanistan comme un espace aérien des taliban et qu’il a besoin de la coordination ou de l'aval desTalliban pour mener des frappes aériennes contre les terroristes en Afghanistan, il a répondu : « Actuellement, il n'est pas nécessaire que les Taliban nous l’autorisent ». Le porte-parole du Pentagone a déclaré: « Nous conservons toute l'autorité nécessaire pour mener des opérations antiterroristes dans cette région et nous sommes convaincus que nous serons en mesure de maintenir nos capacités à l'avenir. »

Et de préciser : « Sans commenter les détails et les règles des frappes aériennes, je dois dire qu'il n'est pas nécessaire de se coordonner avec les taliban à l’heure actuelle, et je n’imagine pas que nous ayons besoin de nous coordonner avec ce groupe à l’avenir pour mener les opérations antiterroristes dans la région », a déclaré Kirby. Interrogé sur une éventuelle destruction des drones américains par les Taliban, il a déclaré : « En général, je dis que dans toute opération, tous les facteurs sont pris en compte pour protéger nos forces, et ce principe ne changera pas en Afghanistan. »

Auparavant, la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a déclaré que les États-Unis ne faisaient pas confiance aux taliban et qu'ils n'étaient pas les amis des États-Unis.

«Terrifiante réalité, les USA se fichent d'Israël»

«Terrifiante réalité, les USA se fichent d'Israël»

 En réponse à ce défi inattendu et menaçant, les talibans ont mis en place une unité de forces spéciales chargée de maintenir la cohésion du commandement. Cette « unité rouge » se distinguait des autres par sa discipline et son entraînement militaires avancés. Or cette force rouge est rapidement devenue un élément essentiel de la lutte du groupe afghan pour contrer les menaces fomentées par Daech en Afghanistan. À l'été 2015, des images ont été publiées sur les réseaux sociaux montrant des membres de la Force rouge s'entraînant durement tout en portant des uniformes similaires à ceux des forces spéciales occidentales. L'Unité rouge se compose de plusieurs équipes de 300 à 350 personnes dont les membres sont sélectionnés par les commandants sur le terrain en fonction de leur discipline, de leur engagement et de leurs performances. Chaque équipe est responsable d'une province spécifique. En cas d'urgence, les équipes travaillent ensemble pour couvrir des zones de plusieurs provinces.

Les USA s'infiltrent en Asie centrale

Les USA s'infiltrent en Asie centrale

Cela ne plait évidemment pas à une Amérique qui s'est juré de détruire les armées nationales et d'en faire ses propres pantins. En plus des forces de Daech au Khorasan, ces équipes pourraient en effet combattre les troupes américaines. L'Unité rouge est l'une des forces d'élite des taliban, qui joue divers rôles dans le pays. L'un de ses groupes les plus importants, connus ces dernières semaines a été une force militaire d'élite appelée « Badri 313 » ; il s’agit d’un bataillon très régulier qui devrait remplacer l'armée soutenue par les États-Unis en tant que nouvelle armée islamique. Cette force porte le nom de la « Bataille de Badr », et il semble que la décapitation de Daech-K serait son oeuvre..

 http://french.presstv.ir/Detail/2021/09/26/667294/Les-Taliban-vise-les-USA-

 

Dans RUSSIE

LA RUSSIE APPELLE LES ETATS-UNIS A ETRE PLUS ACTIFS POUR LA RELANCE DE L’ACCORD NUCLEAIRE AVEC L’IRAN

Par Le 26/09/2021

La Russie appelle les Etats-Unis « à être plus actifs » pour relancer l’accord nucléaire avec l’Iran

 Depuis 12 heures  26 septembre 2021

Sergueï Lavrov

Sergueï Lavrov

 Amérique et Europe - Russie

 

Rédaction du site

Les Etats-Unis «devraient être plus actifs et résoudre toutes les questions relatives» à une relance de l’accord nucléaire avec l’Iran, a affirmé samedi 25 septembre le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

Lors d’une conférence de presse à l’ONU en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le ministre a espéré que les négociations à Vienne entre l’Iran, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, avec en arrière-plan les Etats-Unis, reprennent «aussitôt que possible», comme l’a souhaité Téhéran.

«L’Iran ne fait rien qui serait interdit» par le traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et son protocole additionnel, a aussi jugé Sergueï Lavrov, en critiquant les sanctions unilatérales prises contre l’Iran après le départ en 2018 des Etats-Unis de l’accord nucléaire de 2015.

S’il n’applique plus nombre d’engagements liés à l’accord nucléaire de 2015, c’est «simplement parce que les Etats-Unis en sont sortis», a-t-il noté, en soulignant que Washington avait imposé depuis 2018 des sanctions à l’Iran qui ne sont pas seulement liées à l’uranium enrichi mais visent aussi «tous ceux qui commercent légalement avec l’Iran».

Pour Lavrov, ces sanctions n’ont plus lieu d’être, et «devraient être levées dans le cadre de la restauration de l’accord nucléaire».

Tout au long de la semaine, les Etats-Unis et les Européens ont multiplié les entretiens sur le dossier iranien en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Ils ont exprimé leur frustration, mêlée d’agacement, face à l’Iran qui n’a offert aucune «indication claire», selon eux, sur ses intentions pour la reprise des négociations pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien.

Les discussions à Vienne pour relancer l’accord nucléaire, y faire revenir les Etats-Unis et obtenir dans le même temps une levée de sanctions américaines sont interrompues depuis l’élection en juin d’un nouveau président iranien.

 

Source: Avec AFP

https://french.almanar.com.lb/2156013

Dans BRESIL

L’ON DEMANDE AU BRESIL UN FRONT LARGE CONTRE BOLSONARO ET UNE PARTICIPATION DU PARTI DES TRAVAILLEURS (PT)

Par Le 26/09/2021

25 Septembre 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-09-24 18:25:55

      

Brasilia, 24 septembre (RHC) L’ancien président Fernando Henrique Cardoso a plaidé pour un large front d’opposition contre le président actuel Jair Bolsonaro et il a défendu la participation du Parti des travailleurs (PT) du Brésil.

Dans une interview publiée dans la version numérique du journal O Globo dont se font l’écho d’autres plateformes, Henrique Cardoso a soutenu que son parti de la Social-Démocratie Brésilienne (PSDB), dont il est l’un des fondateurs, participe aux manifestations contre Bolsonaro.

Il a précisé que peu importe qui convoque les manifestations contre le chef d’état d’extrême-droite, à condition qu’il y ait 'une convocation à laquelle on puisse adhérer' et que l’on projette quelque chose de bon.

Il a précisé qu’il ne discrimine pas le PT qui, selon lui, n’est pas et n’a jamais été intrinsèquement opposé à la démocratie.

'Le gouvernement du PT donnait souvent le l’impression de l’être. Mais il n’y a pas de véritable sentiment du PT d’être contre la diversité des opinions', a précisé l’ancien président (1995-2003).

S’agissant d’une éventuelle lecture des actes antidémocratiques encouragés par Bolsonaro le 7 septembre, Jour de l’Indépendance, il a estimé qu’il n’y aurait guère de ravage putschiste dans le pays.

'Même si le président le voudrais, il est difficile de faire un coup au Brésil. Je ne connais pas Bolsonaro, je ne l’ai jamais vu de ma vie, et je ne veux pas le voir, mais je pense qu’il a une mentalité simpliste. Même si vous avez cette idée, vous ne réussirez pas', a-t-il déclaré.

Au cours de l’entretien, Henrique Cardoso, 90 ans, a justifié son soutien au gouverneur de Sao Paulo, Joao Doria, lors des préliminaires présidentielles du PSDB, en s’assurant qu’il soutiendra ceux qui sont le mieux à même de rallier l’opinion nationale.

Il a expliqué qu’il connaît mieux Doria et a une relation personnelle avec lui et l’a démontré : il est démocratique, bien que l’autre candidat, Eduardo Leite, gouverneur de Rio Grande do Sul, semble également avoir la capacité de gouverner, a-t-il ajouté.

'Celui qui veut imposer ses particularités n’y arrivera pas. Il n’aura pas de soutien. Il doit se déplacer parmi la diversité brésilienne. Celui qui en est capable aura mon vote', a-t-il souligné.

Selon une certaine littérature politique, le PSDB, fondé en 1988, a un alignement actuel entre le centre-droit et la droite qui, à l’époque, a soutenu les ex-présidents Itamar Franco et Michel Temer.

Il a attaqué les gouvernements du PT de Lula (Luiz Inácio da Silva) et de Dilma Rousseff, et il a participé activement au coup d’État parlementaire en 2016. Depuis ce mois, il apparaît dans l’opposition à l’administration de Bolsonaro.

 

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/271492-lon-demande-au-bresil-un-front-large-contre-bolsonaro-et-une-participation-du-pt

Tag(s) : #brésil#Lula

Dans VIETNAM

LE VIETNAM ET LA CHINE ACCORDENT LA PRIORITE A LA COOPERATION DANS LA LUTTE CONTRE LE COVID-19

Par Le 26/09/2021

25 Septembre 2021

Vendredi, 24 septembre 2021 à 17:50:45
 

Le Secrétaire général du Parti communiste vietnamien, Nguyên Phu Trong. Photo : VNA.
Nhân Dân en ligne – Le Secrétaire général du Parti communiste vietnamien (PCV), Nguyên Phu Trong, a exprimé le souhait que le Vietnam et la Chine continuent d’accorder une grande priorité à la coopération bilatérale dans la lutte contre le Covid-19 et dans la relance économique après la pandémie.

Ce vendredi, le dirigeant vietnamien s’est entretenu par téléphone avec le Secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC) et Président de Chine, Xi Jinping, sur le renforcement des relations bilatérales.

Lors de l’entretien, le Secrétaire général Nguyên Phu Trong a félicité le peuple chinois pour ses réalisations importantes obtenues ces 100 dernières années et a pris en haute considération le succès de la Chine dans le contrôle du Covid-19 et le développement socio-économique.

Il s’est déclaré convaincu que le peuple chinois, sous la direction du PCC dont le noyau est le Secrétaire général Xi Jinping, atteindrait l’objectif de faire de la Chine un pays socialiste moderne, prospère, puissant, démocratique, hautement civilisé, harmonieux et beau.

Malgré les impacts de la pandémie de Covid-19, les relations bilatérales maintiennent toujours leur élan de développement. Nguyên Phu Trong a remercié la Chine d’avoir soutenu le Vietnam dans sa lutte contre la pandémie, en exprimant le souhait que le Vietnam et la Chine continuent d’accorder une grande priorité à la coopération bilatérale dans la lutte contre le Covid-19 et dans la relance économique après la pandémie.

Le Vietnam accorde une grande importance à ses relations de voisinage, d’amitié et de partenariat stratégique intégral avec la Chine et espère intensifier la coopération bilatérale dans tous les domaines, de sorte qu’elle devienne une force motrice du développement des deux pays, a-t-il souligné.

Le Secrétaire général Nguyên Phu Trong a demandé aux deux parties de mettre en œuvre efficacement les accords bilatéraux dont ceux sur le libre-échange et l’économie frontalière. Plaidant pour un commerce bilatéral plus équilibré, le dirigeant vietnamien a suggéré que la Chine accélère la procédure de délivrance des licences d’importation en faveur de certains produits agricoles phares du Vietnam.

Il a dit espérer que les deux parties travailleront au règlement des questions en suspens et à la consolidation des échanges populaires à tous les niveaux.

Nguyên Phu Trong a insisté sur l’importance de resserrer la coopération bilatérale dans la gestion et la protection de la frontière, ainsi que d’appliquer de manière efficace les documents juridiques sur la frontière terrestre signés par les deux pays afin d’édifier une frontière de paix, de stabilité et de développement.

Les deux parties devraient améliorer leur coopération maritime, régler de manière appropriée les questions en mer et de se coordonner avec les pays de l’ASEAN pour parvenir à l’élaboration d’un code de conduite en Mer Orientale conformément au droit international dont la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982, a-t-il noté.

Pour sa part, le Secrétaire général et Président chinois, Xi Jinping, a exprimé sa conviction que le Vietnam accomplirait avec succès les tâches définies lors du XIIIe Congrès national du Parti. Il a fait part de son soutien aux efforts du Vietnam pour mettre en œuvre le socialisme adapté aux conditions du pays ainsi que pour contenir la pandémie et relancer l’économie.

Il a affirmé la considération que la Chine porte à ses relations avec le Vietnam et son souhait d’œuvrer, de concert avec le Parti, l’État et le peuple vietnamiens, pour fortifier le partenariat stratégique intégral entre les deux pays.

Le dirigeant chinois s’est également déclaré favorable au renforcement des échanges de haut niveau, au développement substantiel de la coopération dans tous les domaines, à l’intensification du soutien mutuel au sein des forums multilatéraux et au règlement raisonnable des questions en mer.

NDEL

source : https://fr.nhandan.vn/politique/item/6681571-le-vietnam-et-la-chine-accorde-la-priorite-a-la-cooperation-dans-la-lutte-contre-le-covid-19.html

Tag(s) : #vietnam#Chine

Dans IRAN

PREMIER CONTRAT IRAN/VENEZUELA SANS DOLLAR

Par Le 25/09/2021

L'Iran et le Venezuela signent un accord pétrolier

Saturday, 25 September 2021 7:18 PM  [ Last Update: Saturday, 25 September 2021 7:18 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Le pétrolier iranien en route vers le Venezuela. (Archives)

Un important accord d'échange de pétrole a été signé entre l'Iran et le Venezuela, malgré les lourdes sanctions américaines contre le secteur pétrolier des deux pays.

En vertu de l'accord, le Venezuela échangera son pétrole lourd contre du condensat de gaz iranien pour être utilisé pour améliorer la qualité de son pétrole brut bitumineux. Les premiers envois liés à ce contrat seront expédiés cette semaine.

Selon des sources bien informées, alors que le pays sud-américain cherche à augmenter ses exportations de pétrole face aux sanctions américaines, le récent accord entre la compagnie pétrolière vénézuélienne PDVSA et la Société nationale iranienne du pétrole (SNIP).

Selon une source, l’accord est initialement prévu pour six mois, mais pourrait être prolongé.

Lire aussi : 1ère "bombe" iranienne au Venezuela?

À Washington, une source proche du dossier a déclaré que l'accord entre le Venezuela et l'Iran était surveillé de près par des responsables de l’administration américaine qui le considèrent comme une possible violation des sanctions et veulent savoir jusqu'où les deux pays iront dans la pratique.

La compagnie pétrolière vénézuélienne a augmenté les swaps de pétrole pour minimiser ses paiements en espèces, le département du Trésor américain ayant interdit à la société d'utiliser des dollars américains en 2019.

«L'Iran impose sa volonté aux USA»

«L'Iran impose sa volonté aux USA»

Le commandant en chef du CGRI a déclaré que le déplacement des navires iraniens dans les eaux libres jusqu’au Venezuela mettait en évidence la puissance de l’Iran.

http://french.presstv.ir/Detail/2021/09/25/667262/Iran-Venezuela-petrole-contrat

Dans Bolivie

BOLIVIE : EVO MORALES DENONCE LE LIEN ENTRE LES MERCENAIRES DE DROITE POUR RENVERSER LES GOUVERNEMENTS

Par Le 25/09/2021

24 Septembre 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-09-23 15:56:15

      

La Paz, 23 septembre (RHC) L’ancien président bolivien Evo Morales a dénoncé aujourd’hui l’alliance qui existe entre la droite internationale et des éléments mercenaires pour renverser des gouvernements, dont ceux de son pays et d’Haïti.

Sur son compte Twitter, Morales a cité le cas d’Arcángel Pretel, également connu sous le nom de Gabriel Pérez, ancien membre du FBI des États-Unis, qui aurait participé au magnicide de Jovenel Moïse, en Haïti, mais il était également en Bolivie en 2020 où il a rencontré des fonctionnaires du Ministère de la Défense de facto avant les élections présidentielles.

'Alors que certains médias, pas tous, nient le coup d’État et défendent les putschistes, la presse révèle de nouvelles données qui confirment des liens de la droite bolivienne avec des mercenaires internationaux impliqués dans l’assassinat du président Moïse', a déclaré le leader indigène.

Morales a souligné que cette nouvelle révélation démontre une fois de plus la conspiration de la droite et de l’Organisation des États américains contre la démocratie bolivienne, puisque pour le coup d’État perpétré en novembre 2019, les gouvernements de l’Équateur et de l’Argentine, soumis aux États-Unis, ont envoyé des armes et des moyens  répressifs aux putschistes.

Il a ajouté que plus tard, pour éviter la victoire du peuple bolivien, qui a retrouvé la démocratie avec le vote en faveur de Luis Arce, l’ancien ministre de la Défense, Fernando López, aujourd’hui en fuite, avait préparé un deuxième coup d’État avec Pretel et d’autres mercenaires.

Le dirigeant du Mouvement pour le socialisme en Bolivie a résumé le désastre économique, politique et social engendré par la gestion du gouvernement de facto, associé à la gestion désastreuse de la pandémie de Covid-19, qui a provoqué un recul d’au moins 10 ans dans son pays, selon les données de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes.

 

Source Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/271365-evo-morales-a-denonce-le-lien-entre-les-mercenaires-de-droite-pour-renverser-les-gouvernements

Tag(s) : #Evo#Bolivie

LA CONSOLIDATION EURASIATIQUE MET FIN AU MOMENT UNIPOLAIRE DES ETATS-UNIS ET ANNONCE LE DEBUT D’UN NOUVEL ORDRE GEOPOLITIQUE ET GEOECONOMIQUE

Par Le 25/09/2021

La consolidation eurasiatique met fin au moment unipolaire des États-Unis

Le sommet du 20ème anniversaire de l’OCS a annoncé le début d’un nouvel ordre géopolitique et géoéconomique.

Par Pepe Escobar

Mondialisation.ca, 25 septembre 2021

Asia Times

Région : 

Analyses: 

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Le sommet du 20ème anniversaire de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS), qui s’est tenu à Douchanbé, au Tadjikistan, a consacré rien de moins qu’un nouveau paradigme géopolitique.

L’Iran, désormais membre à part entière de l’OCS, a retrouvé son rôle eurasiatique traditionnellement prépondérant, à la suite du récent accord de commerce et de développement de 400 milliards de dollars conclu avec la Chine. L’Afghanistan a été le sujet principal, tous les acteurs s’accordant sur la voie à suivre, comme le précise la déclaration de Douchanbé. Et toutes les voies d’intégration eurasiatiques convergent désormais, à l’unisson, vers le nouveau paradigme géopolitique – et géoéconomique.

Appelez cela une dynamique de développement multipolaire en synergie avec l’Initiative Ceinture et Route chinoise.

La déclaration de Douchanbé était assez explicite sur ce que visent les acteurs eurasiatiques : « un ordre mondial plus représentatif, démocratique, juste et multipolaire fondé sur les principes universellement reconnus du droit international, la diversité culturelle et civilisationnelle, la coopération mutuellement bénéfique et égale des États sous le rôle central de coordination de l’ONU ».

Malgré les immenses défis inhérents au puzzle afghan, des signes d’espoir sont apparus mardi (21 septembre), lorsque l’ancien président afghan Hamid Karzai et l’envoyé de la paix Abdullah Abdullah ont rencontré à Kaboul l’envoyé présidentiel russe Zamir Kabulov, l’envoyé spécial chinois Yue Xiaoyong et l’envoyé spécial pakistanais Mohammad Sadiq Khan.

Cette troïka – Russie, Chine, Pakistan – est à l’avant-garde de la diplomatie. L’OCS est parvenue à un consensus selon lequel Islamabad coordonnera avec les Taliban la formation d’un gouvernement inclusif comprenant des Tadjiks, des Ouzbeks et des Hazaras.

La conséquence la plus flagrante et la plus immédiate de l’intégration de l’Iran par l’OCS, mais aussi de la prise du taureau afghan par les cornes, pleinement soutenue par les « stans » d’Asie centrale, est que l’Empire du Chaos a été complètement marginalisé.

Le président russe Vladimir Poutine participe à une réunion du Conseil des chefs d’État de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) qui se tient à Douchanbé, par vidéoconférence, à la résidence d’État de Novo-Ogaryovo, dans les environs de Moscou, en Russie.

De l’Asie du Sud-Ouest à l’Asie centrale, une véritable réinitialisation a pour protagonistes l’OCS, l’Union économique eurasiatique, la BRI et le partenariat stratégique Russie-Chine. L’Iran et l’Afghanistan – les chaînons manquants jusqu’à présent, pour différentes raisons – sont désormais pleinement intégrés à l’échiquier.

Dans l’une de mes fréquentes conversations avec Alastair Crooke, un éminent analyste politique, il évoquait une fois de plus « Le Léopard » de Giuseppe Tomasi di Lampedusa : Il faut que tout change pour que rien ne change.

En l’occurrence, l’hégémonie impériale, telle qu’interprétée par Washington : « Dans sa confrontation croissante avec la Chine, un Washington impitoyable a démontré que ce qui compte pour lui désormais n’est pas l’Europe mais la région indo-pacifique ». C’est le terrain privilégié de la guerre froide 2.0.

La position de repli des États-Unis – qui ne disposent que d’un faible potentiel pour contenir la Chine après avoir été pratiquement expulsés du heartland de l’Eurasie – devait être un jeu de puissance maritime classique : « l’Indo-Pacifique libre et ouvert », avec le Quad et l’AUKUS, le tout présenté comme un « effort » visant à préserver la suprématie américaine déclinante.

Le contraste frappant entre le mouvement d’intégration continentale de l’OCS et le pari « nous vivons tous dans un sous-marin australien » (mes excuses à Lennon-McCartney) parle de lui-même. Un mélange toxique d’orgueil démesuré et de désespoir est dans l’air, sans même un soupçon de pathos pour atténuer la chute.

Le président iranien Ebrahim Raïssi participe au sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) à Douchanbé, au Tadjikistan, le 17 septembre 2021.

Le Sud global n’est pas impressionné. S’adressant au forum de Douchanbé, le président russe Vladimir Poutine a fait remarquer que le portefeuille des nations qui frappent à la porte de l’OCS est énorme.

L’Égypte, le Qatar et l’Arabie Saoudite sont désormais des partenaires de dialogue de l’OCS, au même titre que l’Afghanistan et la Turquie. Il est fort possible qu’ils soient rejoints l’année prochaine par le Liban, la Syrie, l’Irak, la Serbie et des dizaines d’autres pays.

Et cela ne s’arrête pas à l’Eurasie. Dans son discours très opportun devant la CELAC, le président chinois Xi Jinping a invité pas moins de 33 nations d’Amérique latine à faire partie des Nouvelles Routes de la Soie Eurasie-Afrique-Amérique.

Souvenez-vous des Scythes

L’Iran, protagoniste de l’OCS et centre des Nouvelles Routes de la Soie, a retrouvé son rôle historique légitime. Au milieu du premier millénaire avant notre ère, les Iraniens du nord régnaient sur le cœur des steppes de l’Eurasie centrale. À cette époque, les Scythes avaient migré dans la steppe occidentale, tandis que d’autres Iraniens des steppes avaient fait des incursions jusqu’en Chine.

Les Scythes – un peuple du nord (ou de « l’est ») de l’Iran – n’étaient pas nécessairement de féroces guerriers. C’est un stéréotype grossier. Très peu d’Occidentaux savent que les Scythes ont développé un système commercial sophistiqué, décrit entre autres par Hérodote, qui reliait la Grèce, la Perse et la Chine.

Et pourquoi cela ? Parce que le commerce était un moyen essentiel pour soutenir leur infrastructure sociopolitique. Hérodote s’en est rendu compte parce qu’il a visité la ville d’Olbia et d’autres endroits en Scythie.

Les Scythes étaient appelés Sakas par les Perses – et cela nous mène à un autre territoire fascinant : les Sakas pourraient avoir été l’un des principaux ancêtres des Pachtounes en Afghanistan.

Qu’y a-t-il dans un nom – Scythe ? Eh bien, une multitude de choses. La forme grecque Scytha signifie « archer » en Iran du Nord. C’était donc la dénomination de tous les peuples iraniens du nord vivant entre la Grèce à l’ouest et la Chine à l’est.

Carte de la Scythie : Wikipedia

Imaginez maintenant qu’un réseau commercial international très actif se développe à travers le cœur de l’Eurasie centrale, sous l’impulsion des Scythes, des Sogdiens et même des Xiongnu – qui n’ont cessé de se battre contre les Chinois, comme l’indiquent les premières sources historiques grecques et chinoises.

Ces Eurasiens centraux commerçaient avec tous les peuples vivant à leurs frontières : Européens, Asiatiques du Sud-Ouest, Asiatiques du Sud et Asiatiques de l’Est. Ils étaient les précurseurs des multiples Anciennes Routes de la Soie.

Les Sogdiens ont succédé aux Scythes ; la Sogdiane était un État gréco-bactrien indépendant au IIIe siècle avant J.-C. – englobant des régions du nord de l’Afghanistan – avant d’être conquise par des nomades venus de l’est qui ont fini par établir l’empire Kushan, qui s’est rapidement étendu au sud de l’Inde.

Zoroastre est né en Sogdiane ; le zoroastrisme a été énorme en Asie centrale pendant des siècles. Les Kushans, pour leur part, ont adopté le bouddhisme : c’est ainsi que le bouddhisme a fini par arriver en Chine.

Au premier siècle de notre ère, tous ces empires d’Asie centrale étaient liés – par un commerce à longue distance – à l’Iran, à l’Inde et à la Chine. C’est la base historique des multiples et Anciennes Routes de la Soie, qui ont relié la Chine à l’Occident pendant plusieurs siècles, jusqu’à ce que l’ère des découvertes configure la fatidique domination du commerce maritime occidental.

Plus qu’une série de phénomènes historiques liés entre eux, la « Route de la Soie » est une métaphore de la connectivité interculturelle. C’est ce qui est au cœur du concept chinois des Nouvelles Routes de la Soie. Et les gens ordinaires de l’intérieur du pays le ressentent parce que c’est imprimé dans l’inconscient collectif en Iran, en Chine et dans tous les « stans » d’Asie centrale.

La revanche du heartland

Glenn Diesen, professeur à l’Université du sud-est de la Norvège et rédacteur en chef de la revue Russia in Global Affairs, fait partie des très rares universitaires de haut niveau qui analysent en profondeur le processus d’intégration de l’Eurasie.

Son dernier livre résume pratiquement toute l’histoire dans son titre : « L’Europe en tant que péninsule occidentale de la Grande Eurasie : les régions géoéconomiques dans un monde multipolaire ».

Diesen montre, en détail, comment une « région de la Grande Eurasie, qui intègre l’Asie et l’Europe, est actuellement négociée et organisée avec, au centre, un partenariat sino-russe. Les instruments géoéconomiques de pouvoir de l’Eurasie forment progressivement les bases d’une super-région avec de nouvelles industries stratégiques, des corridors de transport et des instruments financiers. Sur le continent eurasiatique, des États aussi différents que la Corée du Sud, l’Inde, le Kazakhstan et l’Iran proposent tous divers formats d’intégration de l’Eurasie ».

Le partenariat pour la Grande Eurasie est au centre de la politique étrangère russe au moins depuis le forum de Saint-Pétersbourg en 2016. Diesen note dûment que, « si Pékin et Moscou partagent l’ambition de construire une région eurasienne plus vaste, leurs formats diffèrent. Le dénominateur commun des deux formats est la nécessité d’un partenariat sino-russe pour intégrer l’Eurasie ». C’est ce qui a été dit très clairement lors du sommet de l’OCS.

Il n’est pas étonnant que ce processus irrite énormément l’Empire, car la Grande Eurasie, dirigée par la Russie et la Chine, est une attaque mortelle contre l’architecture géoéconomique de l’atlantisme. Et cela nous amène au débat de nid-de-vipères autour du concept européen « d’autonomie stratégique » par rapport aux États-Unis ; ce serait essentiel pour établir une véritable souveraineté européenne – et, à terme, une intégration plus étroite au sein de l’Eurasie.

Glenn Diesen. Photo: we.hse.ru

La souveraineté européenne est tout simplement inexistante lorsque sa politique étrangère se résume à la soumission à l’OTAN dominatrice. Le retrait humiliant et unilatéral d’Afghanistan, couplé à l’AUKUS exclusivement anglo-saxon, a illustré de manière flagrante que l’Empire se fiche éperdument de ses vassaux européens.

Tout au long du livre, Diesen montre, en détail, comment le concept d’Eurasie unifiant l’Europe et l’Asie « a été à travers l’histoire une alternative à la domination des puissances maritimes dans l’économie mondiale centrée sur l’océan », et comment « les stratégies britanniques et américaines ont été profondément influencées » par le fantôme d’une Eurasie émergente, « une menace directe pour leur position avantageuse dans l’ordre mondial océanique ».

Aujourd’hui, le facteur crucial semble être la fragmentation de l’atlantisme. Diesen identifie trois niveaux : le découplage de facto de l’Europe et des États-Unis, favorisé par l’ascension de la Chine ; les divisions internes ahurissantes de l’UE, renforcées par l’univers parallèle habité par les eurocrates de Bruxelles ; enfin, et surtout, la « polarisation au sein des États occidentaux » causée par les excès du néolibéralisme.

Juste au moment où nous pensons en être sortis, Mackinder et Spykman nous y ramènent. C’est toujours la même histoire : l’obsession anglo-américaine d’empêcher la montée d’un « concurrent pair » (Brzezinski) en Eurasie, ou d’une alliance (Russie-Allemagne à l’époque de Mackinder, aujourd’hui le partenariat stratégique Russie-Chine) capable, comme le dit Diesen, « d’arracher le contrôle géoéconomique aux puissances océaniques ».

Autant les stratèges impériaux restent otages de Spykman – qui a décrété que les États-Unis devaient contrôler la périphérie maritime de l’Eurasie – autant ce n’est certainement pas l’AUKUS/Quad qui va y parvenir.

Très peu de gens, à l’Est comme à l’Ouest, se souviennent peut-être que Washington avait développé son propre concept de Route de la Soie pendant les années Bill Clinton – plus tard coopté par Dick Cheney avec une tournure Pipelineistan, pour ensuite revenir à Hillary Clinton qui a annoncé son propre rêve de Route de la Soie en Inde en 2011.

Diesen nous rappelle qu’Hillary ressemblait remarquablement à un proto-Xi : « Travaillons ensemble pour créer une nouvelle route de la soie. Pas une simple voie de circulation comme son homonyme, mais une toile et un réseau international de connexions économiques et de transit. Cela signifie construire davantage de lignes ferroviaires, d’autoroutes, d’infrastructures énergétiques, comme le pipeline proposé qui partirait du Turkménistan, traverserait l’Afghanistan, le Pakistan et l’Inde ».

Hillary se fait le Pipelineistan ! Finalement, elle ne l’a pas fait. La réalité veut que la Russie relie ses régions d’Europe et du Pacifique, tandis que la Chine relie sa côte orientale développée au Xinjiang, et que toutes deux relient l’Asie centrale. Diesen l’interprète comme la Russie « achevant sa conversion historique d’un empire européen/slave à un État civilisationnel eurasien ».

En fin de compte, nous en revenons donc aux… Scythes. Le concept néo-eurasien dominant fait revivre la mobilité des civilisations nomades – via des infrastructures de transport de pointe – pour tout relier entre l’Europe et l’Asie.

On pourrait appeler cela la Revanche du « Heartland » : ce sont les puissances qui construisent cette nouvelle Eurasie interconnectée. Dites adieu à l’éphémère moment unipolaire des États-Unis de l’après-Guerre froide.

Pepe Escobar

 

Article original en anglais : Eurasian consolidation ends the US unipolar moment, Asia Times, le 22 septembre 2021.

Traduit par Réseau International

La source originale de cet article est Asia Times

Copyright © Pepe EscobarAsia Times, 2021

https://www.mondialisation.ca/la-consolidation-eurasiatique-met-fin-au-moment-unipolaire-des-etats-unis/5660580

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