EUROPE

EUROPE

PIÉGÉE ENTRE LES «MEULES » DU SYSTÈME D’EXPLOITATION: LA BIÉLORUSSIE, TÉMOIN DES INTERVENTIONS IMPÉRIALISTES

PIÉGÉE ENTRE LES «MEULES » DU SYSTÈME D’EXPLOITATION: LA BIÉLORUSSIE, TÉMOIN DES INTERVENTIONS IMPÉRIALISTES

 Solidarité Internationale PCF BiélorussieRussie et ex-URSSNon à l'UE du CapitalEtatsUnisChine Aucun commentaire

01 OCT. 2020

Piégée entre les «meules » du système d’exploitation: la Biélorussie, témoin des interventions impérialistes

Le 10 août, au lendemain de l'élection présidentielle biélorusse, un pétrolier a accosté dans le port de la ville lituanienne de Klaipėda avec 76 000 tonnes de pétrole brut américain, commandé par le "dernier dictateur d'Europe" comme les média occidentaux appellent le président biélorusse Alexandre Loukachenko

C'était la deuxième cargaison américaine reçue par la Biélorussie. Au début de l'été, 77 000 tonnes ont été reçues par voie ferroviaire et maritime. La Biélorussie envisageait également de recevoir du pétrole américain ou saoudien via des ports polonais, tout cela ayant pour but d'accroitre son «indépendance» à l'égard du pétrole russe. Cet envoi de cargaison fut défini lors de la visite en février dernier du secrétaire d'État américain, M. Pompeo. Bien sûr, après les évènements qui ont suivi l'élection présidentielle, tous ces plans sont restés en suspens, n’est-ce pas?

Regardons alors quelques données par rapport à la Biélorussie

Sur la Biélorussie

Ce pays compte environ 10 millions d'habitants. Il dispose de frontières à l'ouest avec trois pays de l'UE (Lituanie, Lettonie, Pologne), au sud avec l'Ukraine et à l'est avec la Russie. Il est considéré comme le plus grand État clos d'Europe, c'est-à-dire non entouré par la mer.

La Biélorussie est née de la dissolution de l'Union Soviétique et a «hérité» d'infrastructures développées pour la production agricole et industrielle. Elle entretient des relations politico-économiques et militaires très étroites avec la Russie. Elle a conclu un accord avec cette dernière pour la création d'un État unique, cependant ce processus n’a pas avancé. Elle participe à des associations régionales, où la Russie joue un rôle de «locomotive», comme l'Union économique eurasienne (EEU) ou l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC).

Suite à une proposition de Loukachenko approuvée par référendum en 1996, la journée consacrant « l'Indépendance » nationale a été déplacé du 27 juillet (jour de sa sortie de l'URSS) au 3 juillet, jour où l'Armée rouge a libéré la capitale Minsk pendant la Seconde Guerre mondiale (03/07/1944), au cours de laquelle la Biélorussie a perdu 1/3 de sa population.

Les relations avec la Russie et la Chine

La Biélorussie est fortement dépendante des sources d'énergie russes et joue un rôle important dans l'exportation des hydrocarbures russes vers l'Europe. Elle a «hérité» de l'URSS d'une part important des oléoducs et  gazoducs à partir desquels 50% du pétrole et 30% du gaz russe est exporté chaque année vers l'Europe.

Dans le même temps, la Biélorussie tire des revenus importants du traitement du pétrole brut russe, car elle dispose de grandes raffineries produisant de l'essence et du diesel qu'elle revend aux pays européens; elle garantit ainsi jusqu'à 25% des recettes budgétaires de l'État (8 milliards d'euros par an). Par ailleurs, la Biélorusse a reçu un certain nombre d'aides financières et de prêts de la Russie (représentant 40% de la dette extérieure du pays) et de la Chine (26%). La Russie et la Chine sont les premier et deuxième importateur de produits biélorusses (produits laitiers, tracteurs, bus, etc.). Enfin, ses investissment directs à l'étranger en 2019 proviennent majoritairement de la Russie (44,2%), mais aussi de la Grande-Bretagne (19,7%) et de Chypre (6,6%); toutefois, il s'agit là de deux pays où le capital russe circule abondamment.

La Chine considère la Biélorussie comme le "dernier arrêt" sur la "Route de la Soie" avant l'Union Européenne. Ces dernières années, elle a fait de nombreux et a financé l'économie bélarussienne au profit de ses propres monopoles.

Les relations entre la Biélorussie et la Russie au cours des 26 dernières années, avec Loukachenko à la présidence du pays, ont constamment oscillé entre le froid et le chaud. D'une part, la Biélorussie est devenue le plus proche « allié » de la Russie. D’autre part, les deux pays n'ont eu de cesse de batailler sur des questions commerciales, qu'il s'agisse du prix de transit des hydrocarbures russes, du prix auxquel la Biélorussie achète les hydrocarbures russes, ou des importations de produits laitiers biélorusses en Russie (les médias russes jugent que l'État biélorusse subventionne la production de ces produits beaucoup plus que ne le fait l'État russe, source de concurrence déloyale). De leur côté, les médias biélorusses pro-gouvernementaux pestent contre les aspirations du capital russe à s'emparer des secteurs de l'économie du pays qui n'ont pas encore été privatisés.

Plusieurs fois, Loukachenko a saboté les plans de la Russie qui visait à approfondir l'unification capitaliste des pays de l'Union économique eurasienne (UEE), comme par exemple au sujet d'une monnaie commune. Lors du dernier sommet de l'EOE (mai 2020), la Biélorussie et l'Arménie ont bloqué la proposition de la Russie d'un "développement stratégique jusqu'en 2025", soulignant la priorité d'imposer un tarif commun pour les hydrocarbures dans tous les territoires de l'OEE.

Loukachenko n'a pas non plus soutenu la Russie dans ses plans géo-stratégiques, tels que l'intégration de la Crimée dans la Fédération de Russie ou l'opération militaire en Ossétie du Sud ou en Syrie.

Au cours des années, la Russie a pris conscience de l’importance de son alliance stratégique avec la Biélorussie, véritable obstacle à l'encerclement du territoire russe par l’OTAN, mais aussi «terre amicale» la plus occidentale par laquelle la Russie peut rejoindre son enclave de Kaliningrad et assurer la sécruité de l'acheminement de ses hydrocarbures vers l’Europe. Si la Russie comprend l'effort de la bourgeoisie biélorusse et de ses dirigeants pour négocier de meilleures conditions dans le processus d'unification capitaliste en cours dans les territoires de l'ex-URSS, elle considère que ses marges de manœuvres sont très limitées. Il y a eu des moments où la Russie a semblé perdre son sang-froid dans ce «marchandage», comme au cours de l'été 2002, lorsque Poutine a proposé la dissolution de la Biélorussie en 7 régions et leur intégration dans la Fédération de Russie.

Les plans de l'impérialisme euro-atlantique

Le capital occidental (européen et américain) nourri des aspirations depuis plusieurs années mais, sous la présidence de Loukachenko, a plus de difficultés que les capitaux russes et chinois à pénétrer dans le pays.

L'UE et les États-Unis considèrent depuis des années la Biélorussie comme un "fruit défendu". Ainsi, ils ont fait pression sur Loukachenko pour qu'il "ouvre" son pays à l'Occident, pour qu'il procède à des "réformes" politiques et économiques. Ils poussent depuis des décennies, en usant parfois de la "carotte" (cf. le "Partenariat oriental de l'UE") mais surtout du "bâton", finançant et entraînant des forces de l'opposition, imposant des sanctions aux dirigeants biélorusses, développant et renforçant les forces de l'OTAN à ses frontières. Ces efforts n'ont toujours pas donné lieu à de résultats tangible; dans les rapports récents de l'UE, on ne s'attendait à aucun changement politique immédiat dans ce pays.

Alors que la crise s'intensifiait dans tout le monde capitaliste, les États-Unis ont tenté d’exploiter les tensions dans les relations russo-biélorusses. A l'image de ce que la Russie a entrepris avec la Turquie, en profitant de la rupture de ses relations avec les États-Unis.

En février 2020, le secrétaire d'État américain M. Pompeo s'est rendu en Biélorussie, déclarant que les États-Unis pouvaient répondre à 100% des besoins énergétiques de la Biélorussie en hydrocarbures. Loukachenko a alors déclaré que son pays réduirait ses importations d'hydrocarbures russes à hauteur de 30-40% de ses besoins, et achèterait du pétrole américain et saoudien. La visite de Pompeo s'est suivie d'un assouplissement mais d'aucune levée des sanctions que les États-Unis continuent d'imposer à ce pays. Pour la Biélorussie, l’importance de cette visite était davantage politique qu'économique, utilisant son rapprochement avec les États-Unis pour faire pression sur la Russie.

La politique de Loukachenko et le mouvement communiste

Il y a 26 ans, le mouvement communiste en Biélorussie s'est déclaré favorable à Loukachenko. Il a salué son refus d’engager le pays sur la voie de l'OTAN et de l'UE come son rejet des «instructions» du FMI pour mettre en oeuvre des réformes rapides. Il s'est félicité des déclarations pro-soviétiques du Président tout en se montrant critique à l’égard de sa volonté de renforcer ses pouvoirs au détriment du Parlement et d'exercer un mode de gouvernement autoritaire, pratiquant le culte de la personnalité.

En 1996, il y a eu une scission au sein du Parti des communistes de Biélorussie, dont certains ont rejoint l'opposition, tandis que le Parti Communiste de Biélorussie (résultant de la scission) a continué de soutenir Loukachenko. Le Parti des communistes de Biélorussie est devenu un parti social-démocrate, changeant son nom pour le « Parti de la gauche biélorusse » et a rejoint le « Parti de Gauche Européen ». De son côté, le Parti communiste de Biélorussie participe aux Rencontres Internationales des PC et à l'Union des PC-PCUS, soutient toujours Loukachenko et compte 11 députés sur 110; certains de ses cadres, comme son ancien premier secrétaire Karpenko, aujourd'hui ministre de l'Éducation, ont même pris des positions gouvernementales. D'autres partis de l'ex-URSS, comme le Parti communiste de la Fédération de Russie, l'Union des PC-PCUS, adoptent une telle position basée sur l'ancienne stratégie du Mouvement communiste international des « degrés » de participation « aux gouvernements de centre-gauche » au sein du système capitaliste, en défendant un secteur étatique fort capable de « contrôler » et « réguler » le marché.

Bien sûr, la réalité du capitalisme en Biélorussie, où une grande partie de l'économie reste entre les mains de l'État, est indéniable. Les acquis datant de la période de l'URSS, et peut-être à un rythme plus lent que dans d'autres pays, diminuent ou disparaissent peu à peu. La Biélorussie a ainsi décidé de relèver l’âge du départ à la retraite, ou de commercialiser des besoins sociaux comme la santé et l'éducation. Des milliers de personnes sont désormais obligées de chercher du travail en Russie, en Pologne, en Lituanie, en République tchèque, etc. Les chiffres officiels montrent qu'environ 60% des travailleurs sont dans des entreprises non publiques, un pourcentage plus élevé en Russie. Par rapport à il y a 20 ans, la montée du secteur privé est frappante comme l'augmentation des inégalités sociales dans le pays. En 2020, des dizaines d'entreprises figurent sur la liste des privatisations futures.

Il existe d'autres forces communistes plus petites dans le pays, comme le Parti communiste ouvrier de Biélorussie, affilié au Parti communiste ouvrier de Russie. Ce parti a une position de "soutien critique" de Loukachenko. Il n'est pas reconnu par les autorités comme un parti politique à part entère et ne peut donc pas participer aux élections. Toutefois, il a essuyé la même répression de l'État bourgeois que toutes les luttes ouvrières.

Les élections présidentielles de 2020. Contexte et résultats

Pendant la période pré-électorale, les autorités bélarusses, pour divers prétextes, ont interdit plusieurs candidats présidentiels de se présenter aux élections présidentielles.

Ainsi, Viktor Babariko, banquier et président de la BelGazprombank, détenue à 49% par la société russe Gazprom et à 49% par la banque russe Gazprombank, a été exclu du procesus électoral. Suite au rejet de sa candidature, il a été emprisonné par les autorités bélarusses pour implication dans un scandale financier.

De la même manière, Valery Tsepkalo, entrepreneur, ancien ambassadeur de Biélorussie aux États-Unis et ancien vice-ministre aux affaires étrangères, n'a pas pu se présenter aux élections. Il a trouvé refuge en Russie, d'où il a continué ses accusations contre Loukachenko.

À quelques jours de l'élection présidentielle, 32 citoyens russes ont été arrêtés par les autorités biélorusses, des «touristes de guerre» comme on surnomme ces mercenaires d'une armée privée. Les autorités biélorusses les ont directement accusés de "terrorisme" et d'entreprise de "déstabilisation", demandant des explications à la Russie, car on sait que les différentes "armées privées" apparues en Russie (ainsi qu'aux États-Unis) sont liées de façon complexe aux structures étatiques formelles. Loukachenko a ainsi accusé l'oligarchie russe et les forces politiques néolibérales de Russie de tenter de le renverser.

Les élections ont finalement eu lieu. Selon les données officielles, plus de 84% des électeurs inscrits ont pris part au vote, et Alexander Loukachenko, président du pays depuis 1994, fut réelu avec 80,1% des voix.

Sa principale rivale, Svetlana Tikhanovskaya, l'épouse de Sergei Tikhanovsky, également exclu des élections, a enregistré 10,1% mais conteste les résultats donnés par la commission électorale. Elle s'estime gagnante sur la base du décompte effectué par les représentants de l'opposition. Le couple d'entrepreneurs Tikhanovskaya-Tikhanovsky a un «agenda» clairement plus pro-occidental que les autres candidats exclus, favorables à une «coopération internationale avec toutes les parties». Tous, cependant, réclament l'extension des privatisations. Finalement, Tikhanovskaya s'est enfui en Lituanie, où elle a mis en place un "Conseil de coordination" réclamant à Loukachenko de lui remettre le pouvoir.

Evènements post-électoraux

Après l'annonce de la réélection d'Al. Loukachenko, des manifestations ont éclaté pendant plusieurs jours dans le centre de Minsk et dans d'autres villes, avec des drapeaux nationalistes et des slogans anti-gouvernementaux tels que "Allez-vous-en!" Il y a eu des affrontements entre les manifestants et la police, une répression intense (avec utilisation de grenades, de balles en plastique, etc.) qui a conduit à l'arrestation de 6 à 7 000 manifestants et à la mort de deux personnes. Dans le même temps, dans plusieurs grandes entreprises du pays, les forces de l'opposition ont organisé des grèves massives.

Les autorités ont dénoncé l'implication de quelques pays de l'UE dans le soutien des forces de l'opposition, principalement des États baltes (en particulier la Lituanie) et de la Pologne, et les violations flagrantes des droits et des libertés démocratiques (comme la persécution des communistes). Le 13 aôut 2020, les ambassadeurs de l'UE et des États-Unis ont déposé des fleurs à l'endroit où un manifestant antigouvernemental a été tué.

Jusqu'à présent, seules la Russie, la Chine, le Kazakhstan, l'Ouzbékistan, la Moldovie, l'Azerbaïdjan, le Tadjikistan, le Kirghizistan, la Syrie, le Venezuela, le Nicaragua, le Vietnam, la Turquie et l'Arménie (par son Premier ministre et non par son président) ont reconnu la victoire d'Al. Lukachenko. L'UE ne reconnaît pas le résultat et est allée dans la direction opposée, en imposant des sanctions, tout comme les États-Unis, mais s'est faite plus discrète qu'à l'accoutumée.

Il est à noter que les forces soutenant Loukachenko ont également organisé des rassemblements avec des drapeaux d'État et le slogan «Nous ne laisserons pas le pays se désintégrer». Loukachenko a prononcé un discours lors d’un de ces rassemblements et est allé (en hélicoptère) rencontrer les grévistes d'une grande entreprise à Minsk. Il a assuré aux travailleurs qu'ils ne perderaient pas leur emploi et que le "pays ne sera pas dissous» mais qu'ils devaient se tenir «à l'écart de la politique». Bien sûr, cela a provoqué le courroux de certains grévistes.

Dans le même temps, Loukachenko, après l'aggravation de la situation politique, a fait diverses déclarations «pro-russes» et a déclaré être en contact permanent avec Vladimir Poutine et que les forces de l'OSCE pourraient intervenir en Biélorussie, si les vélléités d’intervention de l’Occident devaient s'intensifier. Enfin, il a laissé une "fenêtre" ouverte à de nouvelles élections après l'approbation de la nouvelle Constitution du pays par référendum.

Le président biélorusse a mobilisé les forces militaires du pays à l'ouest, invoquant le renforcement des forces de l'OTAN, et a semblé déterminé à poursuivre ceux qui avaient rejoint le "Conseil de coordination" de Tikhanovskaya exigeant la "reddition du pouvoir".

Les choses se sont accélérées depuis [mi-aout 2020]. Le prisonnier V. Babariko a envoyée une lettre à Poutine. Le "Conseil de coordination" a promis qu'il n'avait pas l'intention de perturber les relations avec la Russie. Enfin, l'ancien président de la Pologne, A. Kwaśniewski, qui a joué un "rôle spécial" dans le renversement en Ukraine, a averti l'UE que "toute tentative visant à renverser Loukachenko pourrait se solder, de manière inattendue, par l'avènement au pouvoir d'un dirigeant pro-russe en Biélorussie".

Quelques conclusions utiles

La Biélorussie a été au centre des manoeuvres impérialistes des États-Unis, de l'UE et de l'OTAN. Leur objectif était de "resserrer" encore plus l’étau autour de la Russie, pour que les forces euro-atlantiques s'accaparent des «piliers» économiques et géopolitiques dans le cadre de la rivalité féroce avec les autres forces impérialistes, comme la Russie et la Chine.

Comme elle l'a fait en Ukraine, la triplette USA-UE-OTAN a soutenu et financé des mouvements politiques parmi les plus réactionnaires et nationalistes de Biélorussie. Ces mouvements se sont renforcées, comme la classe bourgeoise, que Loukachenko a paradoxalement "élevé".

Les problèmes sociaux et les impasses du développement capitaliste en Biélorussie au cours des 26 années constituaient une "matière inflammable". Le cynisme et la répression avec lesquels l'élite politique dominante a cherché à contrôler les élections bourgeoises et son résultat n'a fait qu'allumer la mèche pour rendre la situation explosive.

Les dirigeants biélorusses sont désormais «coincés» et sur le point de s’écraser après avoir chercher à exploiter des oppositions intra-impérialistes de forces plus fortes.

Dans ces circonstances, la solidarité avec les communistes et les travailleurs de Biélorussie a une importance particulière, qui peuvent et doivent organiser leur lutte de manière indépendante et en fonction de leurs propres intérêts, afin de repousser les interventions étrangères, revendiquer la satisfaction des besoins populaires modernes et ouvrir la voie au socialisme, qui est la seule alternative viable aux impasses du mode de développement capitaliste.

Eliasios Vagenas

Publié le 22/08/2020 dans "Rizospastis" (journal du KKE)

MR pour Solidarité Internationale PCF

http://solidarite-internationale-pcf.fr/2020/10/piegee-entre-les-meules-du-systeme-d-exploitation-la-bielorussie-temoin-des-interventions-imperialistes.html

BELGIQUE : LA DICTATURE SANITAIRE S'INSTALLE AVEC VIOLENCE

Belgique, la dictature sanitaire s’installe, et elle est violente

Par Philippe Huysmans

Mondialisation.ca, 22 décembre 2020

Le Vilain Petit Canard 21 décembre 2020

Région : 

Thème: 

Analyses: 

 8   0  0 

 

  8

Dans cet article, je vais évoquer un fait-divers récent, qui s’est passé vendredi 18 décembre dans une habitation de Lasnes (Waterloo), au cours duquel des policiers étaient intervenus, vraisemblablement sur dénonciation, pour mettre fin à un rassemblement illégal, selon la formule consacrée.  En pratique, les ados de la famille avaient invités trois amis à eux, aussi ados, à la maison.  Des criminels endurcis, quoi.

Il se trouve que l’événement a été filmé en quasi-totalité, en partie par la mère des ados en question, et en partie par une amie de la famille.  Les images sont révoltantes, pareille violence est intolérable dans un état de droit.  Vous trouverez ici le témoignage de cette dame, qui s’appelle Valérie Grosjean.  Et la vidéo, si vous ne l’avez pas encore vue circuler sur les réseaux sociaux, vous pouvez la regarder ici.  Âmes sensibles, s’abstenir.

Et devinez quoi?  Les policiers accusent les membres de cette famille de les avoir attaqués : rébellion en bande, dis-donc.  Pas un ne porte évidemment la moindre trace de coup, par contre Mme Grojean s’est fait casser le nez, une dent, souffre probablement de lésions cérébrales et s’est évanouie à deux reprises du fait de l’étranglement qui lui était fait.  En termes crus, elle s’est fait littéralement casser la gueule.

La scène ayant été filmée et les violences ayant été observées par des témoins, gageons que l’enquête risque bien vite de conclure à une violence policière injustifiée, à moins que les magistrats n’écartent tous les faits accablant les policiers pour ne garder que leur version des faits sur base de leur seul témoignage.  Au point où l’on en est, plus rien ne m’étonnerait vraiment.

Mais le plus inquiétant ici, c’est la dérive totalitaire qui précède le fait-divers, c’est pratiquement sans précédent dans l’histoire de notre pays, et si l’on ne s’y oppose pas très vite, c’est la porte ouverte à des dérives bien plus graves encore.

Au commencement était la Constitution…

Art. 15 : Le domicile est inviolable; aucune visite domiciliaire ne peut avoir lieu que dans les cas prévus par la loi et dans la forme qu’elle prescrit1.

Quels sont ces cas prévus par la loi?

Il convient de faire ici le distinguo selon que la qualification des faits sera administrative ou pénale, puis nous évoquerons les exceptions (flagrant délit).

Il va sans dire que pour des faits graves relevant de la qualification pénale, c’est le juge d’instruction qui est habilité à rédiger un mandat de perquisition qui permettra aux forces de l’ordre d’investir un domicile privé à la recherche de personnes ou de preuves.

D’une manière générale, pour tous les faits dont la qualification sera administrative, les forces de l’ordre ne peuvent investir un domicile privé que sur base de l’accord écrit de la personne qui y réside.

Toutefois il existe deux exceptions à cette dernière règle :

Si la vie d’une personne à l’intérieur de ce domicile est manifestement en danger imminent

En cas de flagrant-délit

Dans le cas qui nous occupe, aucune de ces deux exceptions ne peut être retenue, rappelons que la police est intervenue sur dénonciation (suspicion, donc), et puis contrevenir aux arrêtés ministériels corona, notamment en invitant des gens à son domicile ne constitue pas des faits constitutifs d’une qualification pénale, mais seulement passibles d’une amende administrative.

On voit ici clairement qu’il s’agit d’un détournement de procédure, un abus de pouvoir, et c’est gravissime.

Comment les autorités (et les médias) justifient l’injustifiable

Les médias et les autorités n’ont pas traîné pour tenter de créer de toutes pièces une justification, même si à l’analyse, elle ne tient pas cinq secondes.

Infractions aux règles Covid : à quelles conditions les policiers peuvent-ils pénétrer dans votre habitation ?

(…) Lorsque l’infraction est constatée en flagrant délit. Cette troisième exception pourrait bien être la plus courante. Elle concerne les personnes qui sont en train d’enfreindre les règles ou qui viennent de les enfreindre quelques minutes plus tôt. « Dans ce cadre-là, la circulaire prévoit qu’en cas de flagrant délit la police ne pourra pénétrer sur les lieux que si elle a l’accord préalable du procureur du roi », a précisé Ignacio de la Serna. Entendez par là que cette condition est adjointe d’une seconde condition : un accord du procureur afin de garantir la « proportionnalité » de la visite domiciliaire sur base d’indices sérieux. Dans le cas de l’intervention à Waterloo, cet accord avait par exemple été donné.  Source : RTBF

Sauf que dans ce cas, il n’y avait pas de flagrant-délit mais seulement la suspicion d’une infraction ne donnant lieu qu’à une qualification administrative.  On ne voit pas trop ce que l’autorisation du Procureur du Roi vient faire là-dedans, il ne peut aller au-delà du prescrit légal.

Voyez un peu, nous en serions arrivés, sans même changer une virgule à la loi ou à la constitution, partant d’une situation dans laquelle le domicile était inviolable à une situation dans laquelle désormais, les forces de l’ordre pourraient rentrer chez vous sans votre permission à toute heure du jour ou de la nuit.

Vous le voyez, le loup?  Si l’on permet ça, vous pouvez oublier vos droits constitutionnels, puisqu’ils ne peuvent plus désormais être opposés à la toute puissance du pouvoir exécutif et judiciaire2.

Que vaut la constitution si ce sont les personnes en charge de la faire respecter qui la bafouent pour remplacer notre État de droit par une dictature?

Constitution de la Belgique, sur le site du Sénat.

je ne puis que vous conseiller l’excellente tribune publiée par deux avocates, Nathalie Colette-Basecqz et Elise Delhaise, dans le journal Le Soir intitulée «Bulles sociales et Covid-19: un réveillon qui fait du bruit».

Philippe Huysmans

La source originale de cet article est Le Vilain Petit Canard

Copyright © Philippe HuysmansLe Vilain Petit Canard, 2020

https://www.mondialisation.ca/belgique-la-dictature-sanitaire-sinstalle-et-elle-est-violente/5652245

LES BOMBES NUCLEAIRES US B61-12 PROLIFERENT DANGEREUSEMENT EN EUROPE

E-Press du 3 décembre 2020

Thursday, 03 December 2020 3:00 PM  [ Last Update: Thursday, 03 December 2020 3:00 PM ]

 30 

La B61-12 inerte a frappé le sol du désert dans la zone désignée de la cible environ 42 secondes après son lancement, ont indiqué les laboratoires Sandia, laboratoires nationaux du département de l’Energie. Ce sont ces laboratoires qui sont responsables de la production de la bombe B61-12.

Au sommaire :

1- Israël cède à la panique 

Pour David Menashri, professeur émérite à l'Université de Tel-Aviv (TAU) et directeur fondateur du Centre des études iraniennes, l'assassinat de commandants et de scientifiques iraniens ne peut que « diriger toute la région droit vers la crise et le danger ». 

L’universitaire israélien qui s’exprimait lors d’une table ronde sur la télévision anglophone chinoise CGTN, consacrée aux dernières évolutions au Moyen-Orient, a évoqué l'assassinat du très haut général Qassem Soleimani, commandant de la Force Qods (Force extérieure iranienne), et de Mohsen Fakhrizadeh, savant nucléaire iranien. « Depuis le retrait du président américain Donald Trump de l'accord nucléaire iranien, signé en 2015, la situation dans la région reste tendue », a-t-il indiqué. 

Rappelant que les assassinats sont le fruit amer de la politique de la terreur et ne font qu'exacerber la situation, il a déclaré : « Il revient à l'Iran et aux États-Unis de chercher à réduire les tensions et la victoire de Joe Biden à l'élection présidentielle est porteur de cette opportunité. »

« Ceux qui commettent de tels assassinats veulent resserrer l’étau sur l’Iran et le garder dans l’impasse. Ils veulent faire pression sur l'Iran et déstabiliser toute la région », a prévenu David Menashri.

Source : IRNA

2- Nouveau bardage des intérêts français ?

Les possibles coupures de courant d’énergie sont la conséquence du fait que nous avons pris la décision de délaisser le secteur nucléaire, analyse Jean-Louis Butré.

Selon le membre du groupe d’experts « Énergie et Vérité », l'éolien et les énergies renouvelables sont bien moins fiables en comparaison.

De renégociations en reculades avec la commission européenne, la France a bradé son industrie électrique à l’Allemagne. Elle pouvait se battre avec son industrie nucléaire, elle s’est placée sur le terrain des Energies Renouvelables (EnR) intermittentes et surtout celui de l’éolien dont elle ne possède aucun atout industriel.

En faisant ce choix elle s’est mise en position de faiblesse devant des adversaires. Comme disait Churchill après Munich : « Vous avez eu à choisir entre la guerre et le déshonneur. Vous avez choisi le déshonneur, vous aurez la guerre. » La déclaration de Bruxelles d’un nouveau plan éolien offshore gigantesque conduit indirectement à la mise à mort de l’industrie nucléaire de la France. Il a été écrit par les industriels de la filière mondiale des Energies Renouvelables pour servir leurs intérêts. Ils dirigent la commission européenne depuis des années. Ils s’appuient sur les partis verts principalement allemands.

Depuis la décision de Merkel d’arrêter le nucléaire dans ce pays, suivi la semaine dernière par celle la Belgique, ils ont pris les commandes du pouvoir dans le domaine de l’électricité. Le plan éolien offshore européen balaie indirectement l’industrie nucléaire de la France empêtrée depuis des années dans des difficultés techniques et politiques ingérables et dont le déclin jour après jours se confirme, Gooltech est toujours à l’arrêt et Flamanville en perdition... Les 56 réacteurs nucléaires français seront fermés les uns après les autres à partir de 40 ans. Fessenheim a acté cette décision et la Programmation Pluriannuelle de l’Energie signée en catimini par Mme Elisabeth Borne ancienne Ministre de l’environnement, l’a « gravé dans le marbre ».

Source : Le Figaro

3- La Chine met en garde l'OTAN

La Chine a expliqué être prête à engager un dialogue avec l'OTAN. De son côté, l'organisation militaire voit Pékin comme l'ennemi public numéro 2 : cette hostilité est en partie liée aux enjeux de l'exploitation de matières premières sur le globe.

Comme le rapporte Reuters, Pékin a fait savoir le 1er décembre sa volonté d'établir un dialogue avec l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN). Lors d'un point presse effectué le jour-même, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a ainsi dit espérer que l'OTAN adopte la bonne attitude envers son pays.

Elle a également ajouté que la Chine était disposée à mener un dialogue et une coopération avec l'OTAN sur la base du respect mutuel et de l'égalité.

Pékin est « le deuxième pire ennemi de l'Alliance après la Russie ». Toutefois, la déclaration de Hua Chunying intervient dans la foulée de la publication par l'OTAN d'un rapport, destiné à consolider l'organisation militaire atlantiste, selon laquelle la Chine va devenir dans la prochaine décennie « le deuxième pire ennemi de l'Alliance après la Russie », ainsi que l'explique l'agence TASS.

Source : RT

4- MQ-9 US en Ukraine 

Selon les médias russes, l'US Army envisage de déployer des drones MQ-9 Reaper en Ukraine. Ils y sont envoyés afin de mesurer l’efficacité des systèmes de défense aérienne ukrainiens, mais les experts russes y voient une menace plutôt grave pour le Donbass.

Avia-pro explique que le drone américain MQ-9 Reaper participera pour la première fois à des exercices en Ukraine. Ils se dérouleront dans une zone sous commandement US et, pour la première fois, des spécialistes de la défense aérienne de l’USAF en Europe y participeront. 

L'objectif de ces exercices est un échange d’expériences en matière de l'organisation de la défense aérienne.

Selon le commandement de l'armée de l'air des forces armées ukrainiennes sur sa page Facebook, lors de ces exercices, les drones d'attaque américains tenteront de neutraliser la DCA ukrainienne. 

En outre, les unités anti-aériennes ukrainiennes procéderont à des exercices tels que la détection pratique, le ciblage et la destruction simulée du drone américain MQ-9 Reaper.

Ce serait plutôt peine perdue du côté des USA, estiment les observateurs, car il n'y a pas vraiment besoin de tels tests - le Yémen, l'Iran, la Libye et la Russie ont déjà prouvé que même les anciens systèmes de défense aérienne soviétiques peuvent neutraliser les drones américains. 

Source : Avia.pro

5- Les bombes nucléaires B61-12 profilèrent en Europe

Une vidéo publiée le 23 novembre par les Sandia National Laboratories, montre un chasseur USA F-35A qui, volant à vitesse supersonique à 3 000 mètres d’altitude, lance une bombe nucléaire B61-12.

La bombe ne tombe pas verticalement mais plane, jusqu'à ce que dans le kit de queue (Tail Kit Assembly ou TKA en anglais, NDT) des fusées s'allument qui lui impriment un mouvement rotatoire et la B61-12 (guidée par un système satellite) se dirige sur l'objectif qu'elle frappe 42 secondes après le lancement. Tout ceci se déroule en Europe.

Pierre Dortiguer nous donne des éclaircissements. 

https://french.presstv.com/Detail/2020/12/03/639913/Les-B61-12--jonchent-l-Europe

 

L’UNION EUROPEENNE ET L’ONU VOLENT AU SECOURS D’ « ISRAËL »

Le trio européen appelle l’Iran à la retenue

Saturday, 28 November 2020 6:46 PM  [ Last Update: Saturday, 28 November 2020 6:46 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Le 27 novembre 2020, un scientifique du nucléaire iranien, Mohsen Fakhrizadeh, a été tué en martyre près de Téhéran, dans une série d'attaques violentes. (Photo à titre d’illustration)

En réaction à l’assassinat du scientifique iranien du nucléaire et de la défense, Mohsen Fakhrizadeh, le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères a appelé toutes les parties concernées à s’abstenir de toute action qui pourrait aggraver les tensions et la situation en général dans la région.

C’est sans mentionner de pays en particulier que le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a appelé toutes les parties à renoncer à toute démarche qui pourrait conduire à l’escalade des tensions.

De même les Nations unies ont appelé, vendredi 27 novembre, par la voix de Farhan Haq, porte-parole du secrétaire général de l’ONU, les parties concernées à faire preuve de retenue et à ne pas prendre de mesures irréfléchies face à l’assassinat du scientifique iranien de haut rang. 

Lire aussi : « Le lâche assassinat porte la signature d’Israël »

La

 

Le « Soleimani » du nucléaire iranien a été assassiné

L’Union européenne a qualifié ce samedi 28 novembre, l’acte terroriste de l’assassinat du scientifique du nucléaire iranien, Mohsen Fakhrizadeh de criminel et de violation du principe du respect des droits de l’homme.

« En publiant un communiqué, le porte-parole de l’UE a condamné aujourd’hui l’assassinat de Fakhrizadeh, » rapporte le réseau d’information de l’UE.

« Le 27 novembre 2020, un responsable du gouvernement iranien et plusieurs civils ont été tués à Absard dans une série d’attaques violentes », indique le communiqué concernant l’attaque terroriste d’hier à Damavand poursuivant qu’il s’agissait d’un acte criminel et contraire au principe de respect des droits de l’homme que défend l’Union européenne.

Le porte-parole de l’UE a également appelé toutes les parties à la retenue, déclarant : « Dans cette situation instable, il est plus important que jamais que toutes les parties restent calmes et exercent une retenue maximale afin d’éviter toute tension, ce qui ne profite à personne. »

Lire aussi : Scientifique iranien assassiné : Moscou réagit

Réagissant à l’assassinat de Mohsen Fakhrizadeh, Agnès Callamard, rapporteuse spéciale des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, a tweeté : « un meurtre ciblé transfrontalier en dehors des conflits armés viole le droit international des droits de l’homme et la Charte des Nations unies. »

Israël: le faux-pas de trop?

Israël : le faux-pas de trop ?

Réagissant au lâche assassinat de Fakhrizadeh, le commandant en chef des forces armées iraniennes, l’Ayatollah Khamenei a déclaré dans un message clair : “L’éminent savant du nucléaire et de la défense du pays, Mohsen Fakhrizadeh, a été tué en martyr par des mercenaires à la solde des criminels qui tuent sans pitié. Ce fut une personnalité scientifique hors pair qui a sacrifié sa vie pour le progrès de la nation, progrès durable. Sa mort en martyr est bien la récompense qu’il méritait auprès du Tout-Puissant. J’appelle par conséquent tous les responsables du pays à entreprendre de toute urgence deux mesures importantes : d’abord, punir irréversiblement les auteurs et les commanditaires de ce crime abject et ensuite, poursuivre les travaux scientifiques et techniques qu’a entamés le martyr Fakhrizadeh et qu’il a menés d’une main de maître. La mort en martyr est une bénédiction qui mérite d’être félicitée. Je présente toutefois mes sincères condoléances à la famille du martyr ainsi qu’à la communauté scientifique du pays, à ses collègues et ses élèves. Et que Dieu lui accorde la place qu’il mérite.”

Une riposte anti-Israël dans 72 heures?

Une riposte anti-Israël dans 72 heures?

https://french.presstv.com/Detail/2020/11/28/639553/Iran--l-Europe-vole-au-secours-d-Israel

 

HÔPITAUX EN ALLEMAGNE : TRIMER COMME AUTREFOIS ! LA BASSE-SAXE CONTRAINT LES PERSONNELS DE SANTÉ AUX SERVICES EN 12 HEURES !

HÔPITAUX EN ALLEMAGNE : TRIMER COMME AUTREFOIS ! LA BASSE-SAXE CONTRAINT LES PERSONNELS DE SANTÉ AUX SERVICES EN 12 HEURES !

 Solidarité Internationale PCF Allemagne, Corona-virus 0

15 NOV. 2020

Un comble dans de nombreux pays : Le Covid sert aux autorités à dégrader encore davantage la réponse aux besoins sanitaires et les conditions de travail des personnels de santé. En France, le « Ségur de la santé » a notamment servi à appliquer un règlement de l’UE abaissant de 12 à 11 heures la durée de repos obligatoire quotidien. Cette disposition lève une entrave à la généralisation du travail en 12 heures, épuisant sur le moment, usant au fil des ans. Les régions allemandes suivent la même méthode. Exemple en Basse-Saxe. Article paru dans le quotidien socialiste allemand « Junge Welt ». Traduction MlN pour « Solidarité Internationale PCF – vivelepcf – Cahiers communistes ».

Privatisation, austérité, « optimisation » radicale des coûts : les personnels de santé des cliniques et des maisons de retraite font les frais de décennies de politique de dégradation de l’offre de santé avec des conditions de travail de plus en plus mauvaises. Cette situation critique, causée par ces choix politiques, menace de se transformer en désastre sanitaire avec le coronavirus. Le ministère des affaires sociales de Basse-Saxe répond au problème par une attaque sur le droit du travail. Par une disposition générale, le ministère revient une deuxième fois temporairement sur un acquis durement gagné, la journée de 8 heures pour les soignants. Il fait des services en 12 heures la norme. La Chambre des personnels de santé [Pflegekammer] sonne l’alarme.

Normalement, en ce qui concerne les professions de santé, le temps de travail maximal légal est établi à 8 heures par jour et 48 heures par semaine. Uniquement à titre exceptionnel la durée de travail journalière peut être portée provisoirement à 10 heures. Pour la première fois dans l’histoire, au moins jusqu’au 31 mai 2021, la Basse-Saxe déroge : il est possible désormais de faire trimer les personnels de santé jusqu’à 12 heures par jour et 60 heures par semaine.

Le décret ne prévoit ni repos compensatoires, ni prime pour le travail supplémentaire, comme l’a fait constater la présidente de la Chambre des professions de santé de Basse-Saxe, Nadya Klarmann, lundi 2 novembre. Ne serait envisagée qu’une journée de repos, dans des cycles de 8 semaines, pour les dimanches et les jours fériés travaillés. Pour Mme Klarmann, la région n’a rien fait « pendant des mois » pour préparer les institutions sanitaires à affronter les suites prévisibles de la pandémie. Encore une fois, on demande aux salariés des secteurs concernés de prendre sur leur propre santé pour « sauver la situation ». Le gouvernement régional n’a rien entendu.

Pour Mme Klarmann, cette disposition n’est pas acceptable. « Déjà, dans les conditions actuelles, avec tout l’équipement spécial de protection, le travail en 8 heures est extrêmement pénible ». En procédant de cette façon, on ne va pas gagner de nouvelles ressources humaines, au contraire : les soignants vont encore davantage être poussés à quitter leur profession. Mme Klarmann demande de la Région de Basse-Saxe de « revenir immédiatement sur son décret ». Pour elle, le système de santé ne va pas craquer par manque de lits ou d’appareils de réanimation mais parce que les professionnels sont poussés à bout comme jamais.

La fédération de Basse-Saxe du parti « Die Linke » a également fortement réagi. Son président, Lars Leopold a dénoncé, dans une intervention du 3 novembre, la remise en cause du droit du travail par le gouvernement régional sans tenir compte de l’assemblée et des intéressés. La députée Pia Zimmermann a également déclaré : ceux qui subissent sont les salariés, les patients et les habitants. Le manque de personnel de santé est connu depuis longtemps. La réponse doit être tout autre. On devrait créer « des incitations pour ramener les quelque 400000 personnels de santé, formés, nationalement, qui se sont détournés de leur profession à cause des mauvaises conditions de travail et de rémunération ».

Susan Bonath

Le 4 novembre 2020,

http://solidarite-internationale-pcf.fr/2020/11/hopitaux-en-allemagne-trimer-comme-autrefois-la-basse-saxe-contraint-les-personnels-de-sante-aux-services-en-12-heures.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

 

COVID-19 : PLUS DE 300 000 MORTS EN EUROPE OU LE RECONFINEMENT S'ETEND

Covid-19: Plus de 300.000 morts en Europe où le reconfinement s’étend

Covid-19: Plus de 300.000 morts en Europe où le reconfinement s’étend

 

 

folder_openEurope access_timedepuis 4 heures
starAJOUTER AUX FAVORIS

 

Par AlAhed avec AFP

Sur le continent européen, la pandémie de coronavirus a désormais provoqué la mort de 300 000 personnes et infecté plus de 12 millions d'individus. Ces chiffres font de l'Europe la seconde zone la plus endeuillée du monde, après l'Amérique latine et les Caraïbes (408 841 décès). En raison de la seconde vague épidémique galopante, plusieurs pays d'Europe se sont déjà reconfinés, à l'instar de la France, l'Irlande ou du Royaume-Uni. Mais ce confinement s'étend désormais un peu plus pour comprendre la Grèce et certaines régions d'Italie.

À partir de samedi, les Grecs devront montrer patte blanche pour quitter leur domicile : pour chaque sortie, il faudra indiquer par SMS le motif et l'horaire, et attendre le feu vert des autorités, également par SMS.

Plus de 1,2 million de morts dans le monde

Le confinement, qui devrait durer trois semaines – peut-être davantage –, épargnera supermarchés, épiceries, stations-service, pressings et animaleries. Mais, comme en France, les librairies devront, à leur grand dam, tirer le rideau. Le coronavirus a fait 702 morts au total dans le pays, mais c'est surtout le nombre de malades hospitalisés en soins intensifs qui fait planer le risque d'une saturation des hôpitaux.

Depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre, le Covid-19 a fait au moins 1 235 148 morts dans le monde et a officiellement infecté plus de 48,7 millions de personnes, selon un comptage réalisé vendredi par l'Agence France-Presse à partir de sources officielles. Pour la première fois, le cap des 600 000 nouveaux cas vient même d'être franchi.

16 millions d'Italiens reconfinés

Face à cette deuxième vague, un couvre-feu national de 22 heures à 5 heures va entrer en vigueur vendredi en Italie jusqu'au 3 décembre. Comme en Grèce, les lycées passent à l'enseignement à distance, et les musées sont fermés, de même que les centres commerciaux durant le week-end. De nouvelles «zones rouges» – Lombardie, Piémont, Val d'Aoste et Calabre – ont été déclarées «à haut risque» et 16 millions d'Italiens renouent avec le confinement, plus léger cependant qu'au printemps dernier.

Dans la cité lombarde de Bergame, un cortège disparate de plusieurs centaines de personnes, restaurateurs, commerçants, militants d'extrême droite, a manifesté contre cette mesure au cri de «Liberté» et à coups de fumigènes dans la nuit devant la maison du maire. «Il y a plus de lassitude et de méfiance» par rapport au confinement de mars, a constaté l'édile, Giorgio Gori, sur Facebook.

Un tour de vis pas toujours bien accepté

En Norvège, pourtant un des pays d'Europe les moins touchés par la pandémie, les autorités serrent aussi la vis. À Oslo, bars et restaurants ne pourront plus servir d'alcool à partir de lundi et salles de gym, cinémas, théâtres et piscines devront fermer leurs portes. L'enseignement à distance va s'étendre dans les lycées de la ville et d'autres régions. De Londres à Ljubljana, ces nouvelles mesures génèrent des protestations, parfois émaillées de violences. Dans la capitale slovène, une manifestation contre le confinement de plusieurs centaines de personnes a dégénéré en violents affrontements jeudi soir.

En France, reconfinée depuis le 30 octobre, le nombre de nouveaux cas de Covid-19 a franchi le cap des 60 000 au cours des 24 dernières heures et le bilan total des décès depuis le début de l'épidémie s'approche des 40 000, a fait savoir vendredi Santé publique France. Plus de 400 commerces d'Annecy, dans l'est du pays, ont apposé sur leur vitrine une affichette «À vendre» avec le numéro non pas d'une agence immobilière mais du palais présidentiel de l'Élysée. La Chine bloque désormais l'arrivée des voyageurs étrangers en provenance de France et d'une dizaine d'autres nations très touchées par le Covid-19 afin d'éviter toute résurgence de l'épidémie sur son sol.

Un programme de dépistage massif au Royaume-Uni

L'Angleterre est elle aussi confinée depuis jeudi : les commerces non essentiels ont dû fermer et les restaurants, pubs et cafés ne peuvent proposer que des livraisons ou ventes à emporter. Les écoles, elles, restent ouvertes. À Liverpool, les autorités ont lancé vendredi un programme de dépistage massif, voyant dans cet essai pilote une porte de sortie possible au confinement. «Faites-le pour vous-même, votre famille, vos collègues et votre ville», a encouragé le très populaire entraîneur du club de football Jürgen Klopp.

La compagnie britannique à bas coût easyJet va réduire encore ses capacités de vols pour les trois derniers mois de l'année, à « 20 % au plus» de ce qu'elle prévoyait initialement pour cette période. Sa concurrente Ryanair ne cesse, elle aussi, de revoir à la baisse ses capacités de vols pour les mois à venir.

Le Danemark se défend de semer la panique après la découverte d’une mutation du coronavirus chez les visons

Le Danemark s’est défendu vendredi de semer la panique après la découverte d’une mutation problématique du coronavirus provenant des visons, qui pourrait, selon lui, menacer l’efficacité d’un futur vaccin humain et l’amène à abattre tous ces mammifères et fermer une partie du pays. «Nous prenons les mesures nécessaires et appropriées» face à un développement «inquiétant», a déclaré le ministre des affaires étrangères, Jeppe Kofod, lors d’une conférence de presse destinée aux médias étrangers.

Le Danemark avait suscité l’inquiétude mercredi en annonçant l’abattage massif de tous les visons du royaume – soit 15 à 17 millions de têtes – après la découverte d’une mutation transmissible à l’homme déjà décelée chez douze personnes. Onze cas ont été identifiés dans la seule région du Jutland du Nord, où ont depuis été imposées des restrictions drastiques par rapport aux standards scandinaves: dans sept municipalités, les 280 000 habitants sont sommés de ne pas sortir de leur commune et les transports en commun sont mis à l’arrêt, quand les bars et restaurants ferment.

https://french.alahednews.com.lb/37411/321

 

ZONE EURO : CONFIRMATION D'UNE PROFONDE RECESSION. PAS DE RETOUR RAPIDE A LA NORMALE

Zone euro: profonde récession confirmée, pas de retour rapide à la normale

Zone euro: profonde récession confirmée, pas de retour rapide à la normale

 

 

folder_openEurope access_timedepuis 2 heures
starAJOUTER AUX FAVORIS

 

Par AlAhed avec AFP

Une économie en profonde récession, un rebond moins fort que prévu et des dettes qui s'envolent: l'épidémie de coronavirus s'avère désastreuse pour la zone euro, selon un bilan établi jeudi par la Commission européenne, qui n'entrevoit pas de retour rapide à la normale.

Dans ses dernières prévisions économiques, l'exécutif européen anticipe une chute de 7,8% du produit intérieur brut (PIB) de la zone en 2020.

Cette récession est un peu moins grave que les -8,7% anticipés cet été, mais le rebond espéré l'an prochain (+4,2%) devrait aussi être beaucoup moins fort que le chiffre de 6,1% initialement prévu.

En cause: la «seconde vague de la pandémie» de coronavirus, qui «anéantit nos espoirs d'un rebond rapide», a expliqué Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission.

La Commission européenne anticipe pour l'instant que l'économie «reviendra à peine au niveau pré-pandémique en 2022». Mais elle souligne que le «degré élevé d'incertitude» qui pèse encore sur l'économie fait courir «des risques de détérioration» de ses perspectives et elle penche plutôt pour un retour à la normale en 2023.

Parmi ces incertitudes, l'état des futures relations commerciales de l'UE avec le Royaume-Uni, au moment où Londres et Bruxelles peinent à négocier un accord qui entrerait en vigueur l'an prochain. Cela «pèse clairement» sur les perspectives économiques de l'UE, a estimé Valdis Dombrovskis.

Dans ses prévisions, la Commission part d'ailleurs du principe que les négociateurs ne parviendront pas à s'entendre sur un traité de libre-échange.

Si l'ensemble des 19 pays de la zone euro entrent en récession cette année, trois souffrent particulièrement: l'Espagne (-12,4%), l'Italie (-9,9%) et la France (-9,4%).

L'Allemagne, première économie de la région, parvient elle à limiter l'ampleur de la chute, avec un PIB en recul de 5,6% en 2020.

Ces difficultés économiques ont conduit les Etats membres à dépenser sans compter dans l'espoir de relancer leurs économies, ce qui a un impact sur les déficits publics, qui devraient largement se creuser, au-delà même de 10% en 2020 pour la France, l'Italie, l'Espagne et la Belgique.

Conséquence évidente, la dette des Etats membres devrait s'envoler en 2020: elle dépassera 100% du PIB dans l'ensemble de la zone euro.

Les niveaux seront particulièrement élevés en Grèce (207,1% en 2020) et en Italie (159,6%). La dette française devrait quant à elle atteindre 115,9% du PIB en 2020 et continuer à progresser en 2021 et 2022.

https://french.alahednews.com.lb/37391/321

 

M.K. BHADRAKUMAR : ANATOMIE DE LA TENTATIVE DE COUP D’ÉTAT EN BIÉLORUSSIE

Anatomie de la tentative de coup d’État en Biélorussie

Par M. K. Bhadrakumar

Mondialisation.ca, 01 septembre 2020

Indian Punchline 30 août 2020

Région : 

Thème: 

Le Président russe Vladimir Poutine a révélé dans une interview télévisée le 27 août que les Américains, entre autres, avaient alimenté les troubles en Biélorussie. Il a expliqué que la présence controversée de 33 ressortissants russes (avec un passé militaire) à Minsk à l’approche de l’élection présidentielle en Biélorussie le 8 août, qui a brièvement créé un malentendu entre Minsk et Moscou, était en fait une opération conjointe des services de renseignement ukrainiens et américains.

Les ressortissants russes ont apparemment reçu des offres d’emploi et ont été « simplement attirés là-bas (Minsk), traînés à travers la frontière … de facto, ils ont été amenés avec de faux documents ». De toute évidence, la Russie est en possession de renseignements précis.

Poutine s’est exprimé alors même que le Secrétaire d’État adjoint américain Stephen Biegun concluait ses entretiens avec de hauts fonctionnaires russes à Moscou mercredi. Selon un rapport de VOA, les consultations de Biegun « ont marqué une intensification des efforts américains pour trouver une solution pacifique en Biélorussie ». Le rapport note qu’en se rendant à Moscou, Biegun a « signalé que Washington n’était pas prêt à accepter les efforts de Loukachenko, le Président de la Biélorussie, pour faire de l’impasse électorale une confrontation Est-Ouest qui pourrait déclencher une implication directe de la Russie ».

En d’autres termes, Biegun était en mission de « contrôle des dégâts ». Cela peut être considéré comme un aveu de défaite dans le projet de changement de régime soutenu par les États-Unis en Biélorussie. Il est concevable que les responsables russes aient partagé avec Biegun leurs renseignements concernant l’implication de la CIA. Par la suite, des lectures identiques et précises ont été publiés par les parties russe et américaine sans divulguer aucun détail.

La CIA va donc réduire ses opérations en Biélorussie, du moins pour le moment. Un commentaire intitulé « What’s Next for the Peaceful Uprising in Biélorussie ? » de l’Institut Américain pour la Paix voit « la possibilité d’apporter des changements » en Biélorussie, mais conclut en disant : « Bien qu’il n’y ait aucune garantie de succès, il y a des raisons d’espérer. Au minimum, les Biélorusses ont acquis un nouveau sens de la dignité et une nouvelle croyance dans le pouvoir de l’action collective non violente ».

Cette opération semble avoir été bien planifiée. Sous la houlette de journalistes, les services secrets occidentaux ont déployé des dizaines d’agents spéciaux en Biélorussie. Loukachenko a ordonné leur expulsion. Les « reporters » d’Associated Press, de Radio Liberty et de la BBC ont vu leur accréditation annulée. Un « photo-journaliste » suédois, vraisemblablement un agent des services de renseignement, a été arrêté et libéré sur intervention personnelle de l’Ambassadeur de Suède en Biélorussie et a pris l’avion pour quitter Minsk.

D’après la réaction pro forma de l’Union Européenne jusqu’à présent, Bruxelles a une idée juste de ce qui s’est réellement passé – qu’il y a eu une opération américaine avec la participation active de la Pologne et de la Lituanie (tous deux pays de l’UE) et de l’Ukraine. Il n’est pas surprenant que les déclarations de l’OTAN aient été plutôt agressives. L’OTAN a également commencé des exercices aériens en Pologne et en Lituanie, coïncidant avec les troubles en Biélorussie.

Cependant, les grandes puissances européennes – Allemagne, France, Italie – ne voulaient pas s’empêtrer. Leurs principaux dirigeants ont téléphoné à Poutine pour apaiser les tensions. L’UE a d’abord proposé l’OSCE comme médiateur, mais Moscou a senti que cela pourrait conduire à une entrée clandestine des services de renseignement américains. L’OSCE est dirigée par les puissances de l’OTAN et est sous la coupe des Américains.

L’élément décisif a été l’avertissement sévère du Kremlin selon lequel si l’opération occidentale se poursuivait, la Russie n’aurait d’autre choix que d’intervenir. L’avertissement a été donné au niveau de Poutine, en précisant très clairement que la Russie n’acceptera pas un changement de régime à Minsk pour détourner la Biélorussie dans le camp américain. Moscou a fait valoir ses intérêts particuliers en Biélorussie au regard du droit international. Dans son interview télévisée de jeudi, Poutine a déclaré avec insistance :

« En effet, le Traité de l’Union… et le Traité de Sécurité Collective (OTSC) comportent des articles qui stipulent que tous les États membres de ces organisations, notamment l’État de l’Union, qui ne comprend que deux États – la Russie et la Biélorussie – sont tenus de s’entraider pour protéger leur souveraineté, leurs frontières extérieures et leur stabilité… À cet égard, nous avons certaines obligations envers la Biélorussie, et c’est ainsi que M. Loukachenko a formulé sa question. Il a dit qu’il aimerait que nous lui apportions notre aide si cela s’avérait nécessaire. J’ai répondu que la Russie respecterait toutes ses obligations.

M. Loukachenko m’a demandé de créer un groupe de réserve de personnel chargé de l’application de la loi, ce que j’ai fait. Mais nous avons également convenu que ce groupe ne serait pas utilisé à moins que la situation ne devienne incontrôlable… nous sommes arrivés à la conclusion que maintenant ce n’est pas nécessaire, et j’espère qu’il ne sera jamais nécessaire d’utiliser cette réserve, c’est pourquoi nous ne l’utilisons pas ».

Poutine a clairement indiqué que Moscou est aux côtés de Loukachenko.

Les événements en Biélorussie constituent un moment décisif. La Russie ne permettra pas une autre révolution de couleur de type ukrainien dans le « proche voisinage », visant à l’encercler avec des gouvernements hostiles. Mais l’intervention de Moscou, si tant est qu’elle ait lieu, sera conforme au droit international et découlera d’une invitation du pays concerné.

En d’autres termes, la Russie considère qu’il est de la prérogative des pays de l’OTSC de gérer leurs affaires intérieures sans ingérence extérieure illégale. Cela étant dit, Moscou a invoqué la doctrine de sécurité collective de l’OTSC. Cela crée un précédent. L’OTSC comprend l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, la Russie et le Tadjikistan. Un projet de changement de régime parrainé par la CIA dans l’un de ces pays peut se retrouver dans la ligne de mire de l’OTSC. Étant donné que l’OTSC est de facto dirigée depuis Moscou, tout autre projet de changement de régime en Asie Centrale ou dans le Caucase déclenchera des contre-mesures russes.

Plus important encore, Moscou ne sera pas prescriptif. Poutine a soutenu la proposition de Loukachenko de rédiger une nouvelle constitution et d’organiser de nouvelles élections présidentielles et parlementaires, mais la transition doit être légale et ordonnée. Cette approche russe est déjà évidente au Kirghizstan (2005), au Turkménistan (2006) et en Ouzbékistan (2016). Même dans le cas de la Géorgie (2003) et de l’Ukraine (2004 et 2014), la Russie ne s’est pas opposée aux transitions, mais l’Occident les a transformées en contestations géopolitiques pour installer des régimes anti-russes.

Il faut cependant ajouter une mise en garde. Poutine a également souligné que la Biélorussie est un cas très particulier. Il a déclaré, en faisant clairement référence aux États-Unis, que « certaines forces aimeraient voir quelque chose de différent se produire là-bas (Biélorussie) ». Elles voudraient influencer ces processus et apporter les solutions qui conviendraient à leurs intérêts politiques ». La Russie ne peut pas se permettre de voir de tels desseins malveillants réussir en Biélorussie.

Selon les mots de Poutine, « Cette nation est très proche de nous (la Fédération de Russie) et peut-être la plus proche, tant en termes de proximité ethnique, de langue, de culture, de spiritualité que d’autres aspects. Nous avons des dizaines ou probablement des centaines de milliers, voire des millions, de liens familiaux directs avec la Biélorussie ». De plus, la Russie s’approvisionne en Biélorussie pour près de 90% de ses importations de produits agricoles.

M.K. Bhadrakumar

 

Article original en anglais : Anatomy of coup attempt in Belarus, Indian Punchline, le 30 août 2020

Traduit par Réseau International

La source originale de cet article est Indian Punchline

Copyright © M. K. BhadrakumarIndian Punchline, 2020

https://www.mondialisation.ca/anatomie-de-la-tentative-de-coup-detat-en-bielorussie/5648875


 

SELON LOUKACHENKO, L'OCCIDENT SE SERT DE LA BIÉLORUSSIE COMME TREMPLEIN CONTRE LA RUSSIE

L’Occident se sert de la Biélorussie comme «tremplin» contre Moscou, selon Loukachenko

L’Occident se sert de la Biélorussie comme «tremplin» contre Moscou, selon Loukachenko

folder_openEurope access_timedepuis 2 heures

starAJOUTER AUX FAVORIS

 

Par AlAhed avec AFP

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a accusé vendredi 28 août les Occidentaux de vouloir le renverser dans le but d'atteindre et d'affaiblir la Russie.

Pour l'Occident, «la Biélorussie, c'est juste un tremplin vers la Russie, comme toujours», a-t-il dit selon l'agence de presse d'Etat Belta.

«Contrairement à Hitler qui avait envoyé son armée sur Moscou, eux cherchent à casser le pouvoir en place, le remplacer par un nouveau qui demandera une aide militaire à un autre pays et déploiera des troupes», a-t-il ajouté.

Poutine prêt à intervenir

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé la veille être prêt à dépêcher des hommes en Biélorussie si les protestations contre la réélection d'Alexandre Loukachenko le 9 août devaient dégénérer.

Ce dernier a ainsi juré vendredi de prendre des sanctions contre la Pologne et la Lituanie qui ont exprimé leur soutien aux protestataires en accusant le pouvoir de fraudes électorales et de violences policières à l'égard des manifestants.

Des dizaines de milliers de Biélorusses sont sortis dans les rues dénoncer ces trois dernières semaines la réélection qu'ils jugent «frauduleuse» d’Alexandre Loukachenko, estimant que sa concurrente, Svetlana Tikhanovskaïa, désormais réfugiée en Lituanie, avait gagné.

https://french.alahednews.com.lb/36537/321


 

SELON LOUKACHENKO, L'OTAN A TRANSFÉRÉ A LA FRONTIÈRE DE LA BIÉLORUSSIE 18 CHASSEURS AMÉRICAINS F-16

Alexandre Loukachenko le 16 août 2020

L’Otan a transféré à la frontière de la Biélorussie 18 chasseurs américains F-16, selon Loukachenko

© Sputnik / Viktor Tolochko.

INTERNATIONAL

URL courte

26957

S'abonner

L’Occident fait peser une menace militaire réelle sur la Biélorussie, a affirmé le Président du pays Alexandre Loukachenko en constatant que l’Otan avait transféré aux frontières de son pays 18 chasseurs américains et en ajoutant qu’il supposait «le pire».

Le Président biélorusse Alexandre Loukachenko a déclaré qu’une menace militaire émanant de l’Occident pesait réellement sur le pays, selon l’agence BelTA. Il a précisé que l’Otan avait transféré 18 chasseurs américains F-16 aux frontières de la Biélorussie et avait entamé des exercices.

«Si je vous parle de ces chenilles de chars en Pologne et en Lituanie, c’est que nous ne sommes pas idiots. S’ils étaient à côté de Berlin ces F-16 américains, ils auraient pu y rester. Non, ils les ont transférés ici, à 15 ou 20 minutes de vols de notre territoire. Pour moi, en tant que commandant en chef, cela pose des questions. 18 avions. Personne ne sait ce qui est accroché sous leurs ailes. Peut-être une arme nucléaire. Moi, je suppose le pire. Par conséquent, je devais réagir», a-t-il souligné.

Alexandre Loukachenko a ajouté que, sur fond de dangers extérieurs, il était contraint de faire appel à la réserve militaire.

«Pourquoi c’est précisément à ce moment qu’ils ont commencé à déployer des unités de l’Otan à nos frontières?», a lancé Alexandre Loukachenko. «Ils organisent des exercices tout près de la frontière. Que dois-je faire? Moi aussi j’ai déployé des unités à la frontière et mis en état d’alerte la moitié de l’armée. Or, cela revient cher.»

Alexandre Loukachenko a déclaré que s’il y avait le «moindre geste» à la frontière occidentale de l’Union de la Russie et de la Biélorussie, Minsk et Moscou engageraient le groupe conjoint des forces armées.

À l’issue d’une réunion du Conseil de sécurité biélorusse, le Président avait chargé le ministère de la Défense de suivre de près le mouvement des troupes de l'Otan en Pologne et en Lituanie et de «ne pas hésiter» à déployer ses unités en directions de leurs déplacements. Le ministère biélorusse de la Défense a entamé ce 28 août des exercices tactiques non loin de la frontière lituanienne.

Situation en Biélorussie

 

 

Conseil européen à Bruxelles, le 20 juillet 2020

© AP PHOTO / JOHN THYS

Ingérences de l’UE en Biélorussie: «un jeu de faux-cul extraordinaire!» selon Thierry Mariani

Vladimir Poutine avait pour sa part évoqué, dans un entretien du 27 août, les engagements de la Russie à l’égard de son voisin en indiquant qu’une réserve de police avait été formée à la demande d’Alexandre Loukachenko, mais qu’elle ne serait dépêchée dans le pays que si la situation devenait hors de contrôle.

 

Une vague de manifestations déferle sur le pays depuis l’annonce des résultats de la présidentielle du 9 août qui, selon la Commission électorale centrale, a été remportée par Alexandre Loukachenko avec 80,1% des voix. Les forces de l’ordre ont réprimé les actions durant les premiers jours avec des lacrymogènes, canons à eau et balles en caoutchouc. Les données officielles font état de quelque 6.700 interpellations, de plusieurs centaines de blessés, ainsi que de trois morts.

Des actions de soutien au Président se sont également tenues à travers le pays.

https://fr.sputniknews.com/international/202008281044333653-lotan-a-transfere-a-la-frontiere-de-la-bielorussie-18-chasseurs-americains-f-16-selon-loukachenko/