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M.K. BHADRAKUMAR : ANATOMIE DE LA TENTATIVE DE COUP D’ÉTAT EN BIÉLORUSSIE

Anatomie de la tentative de coup d’État en Biélorussie

Par M. K. Bhadrakumar

Mondialisation.ca, 01 septembre 2020

Indian Punchline 30 août 2020

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Le Président russe Vladimir Poutine a révélé dans une interview télévisée le 27 août que les Américains, entre autres, avaient alimenté les troubles en Biélorussie. Il a expliqué que la présence controversée de 33 ressortissants russes (avec un passé militaire) à Minsk à l’approche de l’élection présidentielle en Biélorussie le 8 août, qui a brièvement créé un malentendu entre Minsk et Moscou, était en fait une opération conjointe des services de renseignement ukrainiens et américains.

Les ressortissants russes ont apparemment reçu des offres d’emploi et ont été « simplement attirés là-bas (Minsk), traînés à travers la frontière … de facto, ils ont été amenés avec de faux documents ». De toute évidence, la Russie est en possession de renseignements précis.

Poutine s’est exprimé alors même que le Secrétaire d’État adjoint américain Stephen Biegun concluait ses entretiens avec de hauts fonctionnaires russes à Moscou mercredi. Selon un rapport de VOA, les consultations de Biegun « ont marqué une intensification des efforts américains pour trouver une solution pacifique en Biélorussie ». Le rapport note qu’en se rendant à Moscou, Biegun a « signalé que Washington n’était pas prêt à accepter les efforts de Loukachenko, le Président de la Biélorussie, pour faire de l’impasse électorale une confrontation Est-Ouest qui pourrait déclencher une implication directe de la Russie ».

En d’autres termes, Biegun était en mission de « contrôle des dégâts ». Cela peut être considéré comme un aveu de défaite dans le projet de changement de régime soutenu par les États-Unis en Biélorussie. Il est concevable que les responsables russes aient partagé avec Biegun leurs renseignements concernant l’implication de la CIA. Par la suite, des lectures identiques et précises ont été publiés par les parties russe et américaine sans divulguer aucun détail.

La CIA va donc réduire ses opérations en Biélorussie, du moins pour le moment. Un commentaire intitulé « What’s Next for the Peaceful Uprising in Biélorussie ? » de l’Institut Américain pour la Paix voit « la possibilité d’apporter des changements » en Biélorussie, mais conclut en disant : « Bien qu’il n’y ait aucune garantie de succès, il y a des raisons d’espérer. Au minimum, les Biélorusses ont acquis un nouveau sens de la dignité et une nouvelle croyance dans le pouvoir de l’action collective non violente ».

Cette opération semble avoir été bien planifiée. Sous la houlette de journalistes, les services secrets occidentaux ont déployé des dizaines d’agents spéciaux en Biélorussie. Loukachenko a ordonné leur expulsion. Les « reporters » d’Associated Press, de Radio Liberty et de la BBC ont vu leur accréditation annulée. Un « photo-journaliste » suédois, vraisemblablement un agent des services de renseignement, a été arrêté et libéré sur intervention personnelle de l’Ambassadeur de Suède en Biélorussie et a pris l’avion pour quitter Minsk.

D’après la réaction pro forma de l’Union Européenne jusqu’à présent, Bruxelles a une idée juste de ce qui s’est réellement passé – qu’il y a eu une opération américaine avec la participation active de la Pologne et de la Lituanie (tous deux pays de l’UE) et de l’Ukraine. Il n’est pas surprenant que les déclarations de l’OTAN aient été plutôt agressives. L’OTAN a également commencé des exercices aériens en Pologne et en Lituanie, coïncidant avec les troubles en Biélorussie.

Cependant, les grandes puissances européennes – Allemagne, France, Italie – ne voulaient pas s’empêtrer. Leurs principaux dirigeants ont téléphoné à Poutine pour apaiser les tensions. L’UE a d’abord proposé l’OSCE comme médiateur, mais Moscou a senti que cela pourrait conduire à une entrée clandestine des services de renseignement américains. L’OSCE est dirigée par les puissances de l’OTAN et est sous la coupe des Américains.

L’élément décisif a été l’avertissement sévère du Kremlin selon lequel si l’opération occidentale se poursuivait, la Russie n’aurait d’autre choix que d’intervenir. L’avertissement a été donné au niveau de Poutine, en précisant très clairement que la Russie n’acceptera pas un changement de régime à Minsk pour détourner la Biélorussie dans le camp américain. Moscou a fait valoir ses intérêts particuliers en Biélorussie au regard du droit international. Dans son interview télévisée de jeudi, Poutine a déclaré avec insistance :

« En effet, le Traité de l’Union… et le Traité de Sécurité Collective (OTSC) comportent des articles qui stipulent que tous les États membres de ces organisations, notamment l’État de l’Union, qui ne comprend que deux États – la Russie et la Biélorussie – sont tenus de s’entraider pour protéger leur souveraineté, leurs frontières extérieures et leur stabilité… À cet égard, nous avons certaines obligations envers la Biélorussie, et c’est ainsi que M. Loukachenko a formulé sa question. Il a dit qu’il aimerait que nous lui apportions notre aide si cela s’avérait nécessaire. J’ai répondu que la Russie respecterait toutes ses obligations.

M. Loukachenko m’a demandé de créer un groupe de réserve de personnel chargé de l’application de la loi, ce que j’ai fait. Mais nous avons également convenu que ce groupe ne serait pas utilisé à moins que la situation ne devienne incontrôlable… nous sommes arrivés à la conclusion que maintenant ce n’est pas nécessaire, et j’espère qu’il ne sera jamais nécessaire d’utiliser cette réserve, c’est pourquoi nous ne l’utilisons pas ».

Poutine a clairement indiqué que Moscou est aux côtés de Loukachenko.

Les événements en Biélorussie constituent un moment décisif. La Russie ne permettra pas une autre révolution de couleur de type ukrainien dans le « proche voisinage », visant à l’encercler avec des gouvernements hostiles. Mais l’intervention de Moscou, si tant est qu’elle ait lieu, sera conforme au droit international et découlera d’une invitation du pays concerné.

En d’autres termes, la Russie considère qu’il est de la prérogative des pays de l’OTSC de gérer leurs affaires intérieures sans ingérence extérieure illégale. Cela étant dit, Moscou a invoqué la doctrine de sécurité collective de l’OTSC. Cela crée un précédent. L’OTSC comprend l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, la Russie et le Tadjikistan. Un projet de changement de régime parrainé par la CIA dans l’un de ces pays peut se retrouver dans la ligne de mire de l’OTSC. Étant donné que l’OTSC est de facto dirigée depuis Moscou, tout autre projet de changement de régime en Asie Centrale ou dans le Caucase déclenchera des contre-mesures russes.

Plus important encore, Moscou ne sera pas prescriptif. Poutine a soutenu la proposition de Loukachenko de rédiger une nouvelle constitution et d’organiser de nouvelles élections présidentielles et parlementaires, mais la transition doit être légale et ordonnée. Cette approche russe est déjà évidente au Kirghizstan (2005), au Turkménistan (2006) et en Ouzbékistan (2016). Même dans le cas de la Géorgie (2003) et de l’Ukraine (2004 et 2014), la Russie ne s’est pas opposée aux transitions, mais l’Occident les a transformées en contestations géopolitiques pour installer des régimes anti-russes.

Il faut cependant ajouter une mise en garde. Poutine a également souligné que la Biélorussie est un cas très particulier. Il a déclaré, en faisant clairement référence aux États-Unis, que « certaines forces aimeraient voir quelque chose de différent se produire là-bas (Biélorussie) ». Elles voudraient influencer ces processus et apporter les solutions qui conviendraient à leurs intérêts politiques ». La Russie ne peut pas se permettre de voir de tels desseins malveillants réussir en Biélorussie.

Selon les mots de Poutine, « Cette nation est très proche de nous (la Fédération de Russie) et peut-être la plus proche, tant en termes de proximité ethnique, de langue, de culture, de spiritualité que d’autres aspects. Nous avons des dizaines ou probablement des centaines de milliers, voire des millions, de liens familiaux directs avec la Biélorussie ». De plus, la Russie s’approvisionne en Biélorussie pour près de 90% de ses importations de produits agricoles.

M.K. Bhadrakumar

 

Article original en anglais : Anatomy of coup attempt in Belarus, Indian Punchline, le 30 août 2020

Traduit par Réseau International

La source originale de cet article est Indian Punchline

Copyright © M. K. BhadrakumarIndian Punchline, 2020

https://www.mondialisation.ca/anatomie-de-la-tentative-de-coup-detat-en-bielorussie/5648875


 

SELON LOUKACHENKO, L'OCCIDENT SE SERT DE LA BIÉLORUSSIE COMME TREMPLEIN CONTRE LA RUSSIE

L’Occident se sert de la Biélorussie comme «tremplin» contre Moscou, selon Loukachenko

L’Occident se sert de la Biélorussie comme «tremplin» contre Moscou, selon Loukachenko

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Par AlAhed avec AFP

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a accusé vendredi 28 août les Occidentaux de vouloir le renverser dans le but d'atteindre et d'affaiblir la Russie.

Pour l'Occident, «la Biélorussie, c'est juste un tremplin vers la Russie, comme toujours», a-t-il dit selon l'agence de presse d'Etat Belta.

«Contrairement à Hitler qui avait envoyé son armée sur Moscou, eux cherchent à casser le pouvoir en place, le remplacer par un nouveau qui demandera une aide militaire à un autre pays et déploiera des troupes», a-t-il ajouté.

Poutine prêt à intervenir

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé la veille être prêt à dépêcher des hommes en Biélorussie si les protestations contre la réélection d'Alexandre Loukachenko le 9 août devaient dégénérer.

Ce dernier a ainsi juré vendredi de prendre des sanctions contre la Pologne et la Lituanie qui ont exprimé leur soutien aux protestataires en accusant le pouvoir de fraudes électorales et de violences policières à l'égard des manifestants.

Des dizaines de milliers de Biélorusses sont sortis dans les rues dénoncer ces trois dernières semaines la réélection qu'ils jugent «frauduleuse» d’Alexandre Loukachenko, estimant que sa concurrente, Svetlana Tikhanovskaïa, désormais réfugiée en Lituanie, avait gagné.

https://french.alahednews.com.lb/36537/321


 

SELON LOUKACHENKO, L'OTAN A TRANSFÉRÉ A LA FRONTIÈRE DE LA BIÉLORUSSIE 18 CHASSEURS AMÉRICAINS F-16

Alexandre Loukachenko le 16 août 2020

L’Otan a transféré à la frontière de la Biélorussie 18 chasseurs américains F-16, selon Loukachenko

© Sputnik / Viktor Tolochko.

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L’Occident fait peser une menace militaire réelle sur la Biélorussie, a affirmé le Président du pays Alexandre Loukachenko en constatant que l’Otan avait transféré aux frontières de son pays 18 chasseurs américains et en ajoutant qu’il supposait «le pire».

Le Président biélorusse Alexandre Loukachenko a déclaré qu’une menace militaire émanant de l’Occident pesait réellement sur le pays, selon l’agence BelTA. Il a précisé que l’Otan avait transféré 18 chasseurs américains F-16 aux frontières de la Biélorussie et avait entamé des exercices.

«Si je vous parle de ces chenilles de chars en Pologne et en Lituanie, c’est que nous ne sommes pas idiots. S’ils étaient à côté de Berlin ces F-16 américains, ils auraient pu y rester. Non, ils les ont transférés ici, à 15 ou 20 minutes de vols de notre territoire. Pour moi, en tant que commandant en chef, cela pose des questions. 18 avions. Personne ne sait ce qui est accroché sous leurs ailes. Peut-être une arme nucléaire. Moi, je suppose le pire. Par conséquent, je devais réagir», a-t-il souligné.

Alexandre Loukachenko a ajouté que, sur fond de dangers extérieurs, il était contraint de faire appel à la réserve militaire.

«Pourquoi c’est précisément à ce moment qu’ils ont commencé à déployer des unités de l’Otan à nos frontières?», a lancé Alexandre Loukachenko. «Ils organisent des exercices tout près de la frontière. Que dois-je faire? Moi aussi j’ai déployé des unités à la frontière et mis en état d’alerte la moitié de l’armée. Or, cela revient cher.»

Alexandre Loukachenko a déclaré que s’il y avait le «moindre geste» à la frontière occidentale de l’Union de la Russie et de la Biélorussie, Minsk et Moscou engageraient le groupe conjoint des forces armées.

À l’issue d’une réunion du Conseil de sécurité biélorusse, le Président avait chargé le ministère de la Défense de suivre de près le mouvement des troupes de l'Otan en Pologne et en Lituanie et de «ne pas hésiter» à déployer ses unités en directions de leurs déplacements. Le ministère biélorusse de la Défense a entamé ce 28 août des exercices tactiques non loin de la frontière lituanienne.

Situation en Biélorussie

 

 

Conseil européen à Bruxelles, le 20 juillet 2020

© AP PHOTO / JOHN THYS

Ingérences de l’UE en Biélorussie: «un jeu de faux-cul extraordinaire!» selon Thierry Mariani

Vladimir Poutine avait pour sa part évoqué, dans un entretien du 27 août, les engagements de la Russie à l’égard de son voisin en indiquant qu’une réserve de police avait été formée à la demande d’Alexandre Loukachenko, mais qu’elle ne serait dépêchée dans le pays que si la situation devenait hors de contrôle.

 

Une vague de manifestations déferle sur le pays depuis l’annonce des résultats de la présidentielle du 9 août qui, selon la Commission électorale centrale, a été remportée par Alexandre Loukachenko avec 80,1% des voix. Les forces de l’ordre ont réprimé les actions durant les premiers jours avec des lacrymogènes, canons à eau et balles en caoutchouc. Les données officielles font état de quelque 6.700 interpellations, de plusieurs centaines de blessés, ainsi que de trois morts.

Des actions de soutien au Président se sont également tenues à travers le pays.

https://fr.sputniknews.com/international/202008281044333653-lotan-a-transfere-a-la-frontiere-de-la-bielorussie-18-chasseurs-americains-f-16-selon-loukachenko/


 

DECLARATION DU PARTI COMMUNISTE ALLEMAND : NE TOUCHEZ PAS A LA BIÉLORUSSIE !

Déclaration du Comité central du Parti communiste allemand : Ne touchez pas à la Biélorussie !
 20 août 2020
8/21/20 15H17
Ne touchez pas à la Biélorussie !

 

Le 9 août, des élections ont eu lieu en République de Biélorussie, remportées par le président de longue date Alexandre Loukachenko, selon la commission électorale. L'opposition avait déjà annoncé avant les élections qu'elle ne reconnaîtrait pas un tel résultat, et a déclaré sa candidate Svetlana Tikhanovskaya gagnante. Depuis lors, il y a eu des protestations, dont certaines violentes, avec au moins un mort parmi les manifestants, des blessés des deux côtés, ainsi que des arrestations. Des grèves ont également eu lieu dans plusieurs usines.

 

Sans aucune preuve, les États-Unis et l'UE n'ont pas reconnu les résultats des élections et soutiennent l'opposition. Cela vaut également pour le gouvernement allemand et tous les partis au Bundestag. Des sanctions ont été exigées immédiatement.

 

Cela a été précédé par des années de campagne menée par les États-Unis, l'OTAN et l'UE contre la Biélorussie. Les raisons en sont évidentes. S'il était possible de déstabiliser la Biélorussie et de la faire entrer dans la sphère d'influence de l'OTAN, cette alliance de guerre se serait beaucoup rapprochée de son objectif d'encercler complètement la Fédération de Russie. En outre, le Belarus est la seule ancienne république soviétique dans laquelle une grande partie de la production est restée entre les mains de l'État et les acquis sociaux ont été préservés, du moins en partie.

 

L'opposition soutenue par l'Occident, dirigée par Tikhanovskaya, demande en revanche la privatisation d'une grande partie des entreprises d'État, qui doivent être reprises par des investisseurs étrangers. La terre doit être transformée en marchandise, le logement privatisé, les normes du marché et les normes de l'UE adoptées. Des coupes et des privatisations dans le secteur de la santé sont prévues, et la liste des traitements gratuits doit être fortement réduite. Les demandes habituelles du FMI sont prévues avant même d'être introduites.

 

Tout cela peut être lu dans les publications de l'opposition. Il y a la menace d'un scénario comme 2013/14 en Ukraine, avec toutes les conséquences sociales, politiques et économiques qui auraient pu y être observées. Cela inclut également le nationalisme - les drapeaux blanc-rouge-blanc des manifestants en Biélorussie étaient les couleurs des collaborateurs de la Wehrmacht fasciste de 1943 à 1945.

 

Bien sûr, de nombreux citoyens du Belarus qui veulent agir contre les problèmes et les griefs dans le pays participent aux manifestations. Beaucoup d'entre eux ne sont probablement pas intéressés par le programme de l'opposition décrit ci-dessus. Ils ne veulent pas d'une deuxième Maidan ou d'une extension de l'influence de l'OTAN et de l'UE pour inclure le Belarus. Personne ne s'intéressera à eux si l'opposition soutenue par l'impérialisme réussit sa stratégie.

 

L'ingérence dans les affaires intérieures de la République du Bélarus et l'encerclement agressif de la Fédération de Russie augmentent considérablement le danger de guerre. Nous disons : "Ne touchez pas à la Biélorussie !

 

Nous exigeons du gouvernement fédéral :

- La reconnaissance de la souveraineté de la République de Biélorussie !

- Plus aucune ingérence dans les affaires intérieures de la République de Biélorussie !

- Pas de sanctions et pas de guerre hybride contre la Biélorussie - le peuple biélorusse doit pouvoir décider de sa propre voie !

source :  http://www.solidnet.org/article/German-CP-Statement-of-the-Central-Committee-of-the-German-Communist-Party-August-20-2020/


 

LA DENONCIATION DE L’ANTICOMMUNISME DE LA GRANDE EUROPE GERMANO-IMPÉRIALISTE DE BRUXELLES

http://comaguer.over-blog.com

Bulletin n° 409 – 13 Aout 2020

 

Obstination de la propagande occidentale

A l’automne 2019 le Parlement européen, récemment élu, a voté à une large majorité une résolution visant à minimiser le rôle décisif de l’URSS dans l’écrasement du régime nazi et à mettre sur le même pied le vainqueur socialiste et le vaincu fasciste avec la fausse équivalence fabriquée dans les officines occidentales de la guerre froide STALINE = HITLER.

Comme si cet affrontement à la vie à la mort qui a fait plus de 30 millions de morts pouvait être comparé à un face à face armé entre deux brutes dans la poussière de la rue principale d’un village d’un certain Ouest lointain. Cette imagerie infantilisante, ce mensonge écrit et diffusé par le pays qui a tiré tous les marrons du feu de cette guerre affreuse sont en service depuis des décennies.

Le texte qui suit publié par le parti communiste bolchevique de toute l’Union Soviétique  (PCbtus) créé en 1991 après la dissolution de l’URSS et diffusé en France par le bimestriel « Nouvelles d’URSS » aujourd’hui disparu montre que, dix ans avant la résolution du Parlement Européen, deux instances européennes : l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE)  et l’Assemblée permanente du Conseil de l’Europe (APCE) avaient tenu le même langage falsificateur. Heureusement la Russie n’a pas obéi à l’injonction occidentale et n’a pas renoncé aux manifestations à la gloire du passé soviétique.

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 Extrait de «Nouvelles d 'U. R. S. S. (n° 99, septembre-octobre 2009)

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La dénonciation de l 'anticommunisme de Ia Grande Europe germano—impérialiste de Bruxelles Vous ne ferez pas disparaitre l' idéologie communiste, Messieurs Ies impérialistes !

DÉCLARATION DU SECRÉTARIAT DU C.C. DU P.C.B. A PROPOS DE L ‘ADOPTION, PAR L'ASSEMBLÉE PARLEMENTAIRE DE L'O.S.C.E., D'UNE RÉSOLUTION QUI A MIS SUR UN MEME PIED LE STALINISME ET LE NAZISME

I 'Assemblée parlementaire de I 'Organisation pour Ia sécurité et Ia coopération en Europe (O.S.C.E. a adopté Ia résolution «Réunification de I' Europe divisée: défense des droits de I' homme et des libertés civiques dans Ia région de l'O.S.C.E. au XXIe siècle». Cette «résolution» «condamne» Ies «crimes du stalinisme» en mettant sur un rnême pied Ie «stalinisme» et Ie nazisme et exige de Ia Russie (membre de 1' O.S.C.E.) qu'elle renonce aux manifestations à Ia gloire du passé soviétique (souligné par Comaguer) et «s'affranchisse des structures» qui «enjolivent cette histoire». Cette «résolution» «appelle instamment Ies États membres de l'O.S.C.E. ouvrir, leurs archives historiques et politiques», encourager et soutenir I ‘activité des O.N.G. qui réalisent un travail civilisateur de recherche scientifique sur Ies crimes des régimes totalitaires» et beaucoup d’autres choses encore dans le même esprit. (Il s’agit naturellement de la Russie plus spécialement, et non pas des États européens. Nous considérons tout cela comme une incitation à une nouvelle «réécriture» et à la falsification de l’histoire de l’U.R.S.S.)

Cette «résolution», comme cela y est mentionné, a été adoptée en appui à l’«initiative» de l’Union européenne de «déclarer le 23 août …… c’est—à—dire le jour de la signature il y a 70 ans du pacte Molotov Ribbentrop —— journée européenne commune du souvenir des victimes du stalinisme et du nazisme au nom de la conservation du souvenir des victimes des déportations et exécutions massives».

Tout en mettant sur un même pied, dans un esprit de propagande goebbelsienne, le «stalinisme» et le nazisme, ce qui est politiquement d’une ignorance crasse et d’une profonde absence de logique, les auteurs de cette «résolution» n’ont pas soufflé mot, on ne sait pourquoi, de la nécessité de lutter contre le nationalisme extrémiste juif, ce nazisme moderne, ou sionisme, qui a présent n’a pas renoncé à ses prétentions a la domination mondiale et qui, en sa qualité d’idéologie d’État des États—Unis d’Amérique (É.-U.A.) et d’Israël, commet des horreurs au Proche—Orient, exterminant physiquement la population arabe. En ce qui concerne les É.-U.A, les faits de génocide commis par cet empire du mal dans de nombreuses régions du monde sont plus que suffisants. Tout en mettant en relief dans cette «résolution» le «caractère unique de l’Holocauste» comme étant le plus important les auteurs de cette «résolution» ont oublié de dire, on ne sait pourquoi, que c’est précisément le «totalitarisme stalinien» qui a sauvé les Juifs de l’extermination totale par les hitlériens, ayant payé pour cela des millions de vies de Soviétiques sur les fronts de la Seconde Guerre mondiale et a l’arrière.

L’Europe occidentale a également oublié que c’est précisément l’Angleterre, la France et les É.—U.A. qui ont élevé la bête nazie, qui l’ont lancée vers l’Est, qui ont fait avorter la création du système européen de résistance collective à Hitler. Les monopoles et les banques industriels de ces pays ont pris une part directe au financement et à la renaissance des forces armées du Reich fasciste; ils ont permis à Hitler, sans qu’il ait à tirer un seul coup de feu, d’accomplir l’Anschluss de l’Autriche (mars 1938); le 29 septembre 1938, les dirigeants de la Grande-Bretagne et de la France : Chamberlain et Daladier (avec l’appui du président des É.—U.A. Roosevelt) ont, avec Hitler et Mussolini, manigancé l’Accord perfide de Munich qui a offert la Tchécoslovaquie en sacrifice aux rapaces fascistes.

Ce sont précisément les impérialistes de ces pays qui, haïssant le pays du socialisme et après s’être entendus avec les nazis hitlériens, sont les coupables du déclenchement de la sanglante boucherie mondiale. Quant à l’Union soviétique, «régime totalitaire» que l’Europe «condamne» à présent avec tant de hargne, c’est elle qui, sous la direction de J. V. Staline, a écrasé les hitlériens, sacrifiant en cela 25 millions de ses vies (comparez aux 6 millions de l’holocauste) pour sauver les peuples d’Europe de leur réduction à l’état d’esclaves du fascisme et, pour nombre de nations, de leur extermination.

Il vaut la peine de rappeler à l’Europe, qui a perdu la mémoire, que l’Union soviétique staliniste a été créatrice de la Coalition antihitlérienne et fondatrice du Tribunal militaire international de Nuremberg dont le verdict a condamné les crimes du nazisme, ainsi que désigné les auteurs de ces crimes. Quant à la «résolution» de l’O.S.C.E., au fond elle réhabilite le nazisme. , cette «résolution» de l’O.S.C.E. a été adoptée grâce a la passe que lui ont faite les néo—nazis des pays de la Baltiques et de Slovénie qui vivent en toute liberté et en parfaite intelligence dans l’Europe «libre». L’Europe occidentale, qui «condamne» le nazisme avec tant de hargne, ne voit, lui crevant les yeux, ni les marches provocatrices des SS lituaniens, estoniens et lettons des commandos de représailles hitlériens qui défilent dans les capitales de ces États; ni l’héroïsation des criminels nazis au niveau de héros d’État; ni l’élévation de l’idéologie nazie au rang d’idéologie d’État comme cela  a lieu en Ukraine et dans les pays de la Baltique; ni les «non citoyens» d’expression russe qui sont privés non seulement de leurs droits politiques, mais également des droits les plus élémentaires de l’homme et sont le tiers de la population des pays de la Baltique; ni les destructions barbares, par les nazis des pays de la Baltique, de monuments honorant la mémoire des combattants soviétiques qui ont donné leur vie pour libérer ces pays du nazisme, etc., et de nombreux autres actes de renaissance du nazisme dans les pays de la Baltique et, de plus, en Europe même. La croisade anticommuniste-de l’«Europe réunifiée» se renforce partout dans les conditions de la crise mondiale qui s’approfondit toujours plus, rapprochant le krach du système impérialiste. Au début de 2006, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (A.P.C.E.) a adapté la «résolution» 1481 «De la nécessité de la condamnation, par la communauté internationale, des crimes des régimes communistes totalitaires». Les impérialistes sentent bien que l’explosion sociale approche et tentent de la retarder par tous les moyens, dont ceux de la calomnie des dirigeants communistes, de l’idéologie communiste elle—même et de la période soviétique de l’histoire. Une campagne déchaînée est en cours pour imposer à la société un anticommunisme militant. Tous les États impérialistes renforcent leurs structures de représailles pour lutter contre leurs propres peuples. Mais, en dépit de la puissante propagande anticommuniste, l’intérêt de la société pour «Le Capital» de K. Marx s’est accru en Occident. Les idéologues impérialistes sont inquiets de la croissance du prestige d’I. V. Staline, malgré le puissant dénigrement de son activité et des remarquables réalisations du peuple soviétique. L’O.S.C.E., l’A.P.C.E. et les autres organisations européennes internationales analogues, qui adoptent, avec une persévérance maniaque, toutes sortes de résolutions anticommunistes «terribles», se sont transformées aujourd’hui en un instrument de pression politique sur la Russie dans les intérêts de l’impérialisme américain et européen, exigeant d’elle qu’elle «se repente» pour ses «crimes» imaginaires. Ces organisations, et de plus grassement financées par la Russie (!), se sont depuis déjà longtemps écartées des buts pour lesquels elles avaient été créées. La Russie n’a a se repentir de rien et il serait temps pour elle de sortir de ces organisations devenues odieuses, laissant l’Europe «libre» nettoyer elle—même les écuries d’Augias de son nazisme et de son totalitarisme dans sa propre maison…A l’honneur de la Grèce, son représentant de concert avec la Fédération de Russie, ont condamné la «résolution» adoptée par l’O.S.C.E., tandis que le représentant de la France l’a assimilé à une «chasse aux sorcières», bien qu’il ait voté «pour». A Moscou, cette «résolution» a été appelée «nouvelle démarche politique contre la Russie» au seuil de l’anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale. Le Vice dirigeant du Comité de la Douma d’État pour les affaires internationales A. Kozlovski, qui était à la tête de la délégation de la Russie à la session de l’Assemblée parlementaire de l’O.S.C.E., a déclaré que la mise sur un même pied du régime nazi et de l’Union soviétique staliniste, «qui a apporté une contribution décisive à l’écrasement du fascisme, constitué un outrage à l’histoire» («Vesti,Ru»), «Ceux qui mettent à un même niveau le nazisme et le stalinisme ont oublié que c’est précisément l’Union soviétique staliniste... qui a apporté la plus grande contribution à la cause de la libération de l’Europe du fascisme». Le député a également fait remarquer que «la résolution adoptée conduit cette affaire au schisme».

Toutes les résolutions et déclarations de l’A.P.C.E., de l’O.S.C.E. et autres organisations de haine qui sont en contradiction avec la marche de l’histoire, avec les faits historiques, et qui servent idéologiquement la classe du capital en train de quitter la scène mondiale, ne sont pas en mesure d’arrêter la marche inexorable de l’histoire vers le communisme. L’humanité balaiera l’impérialisme de la voie de son développement et créera la civilisation communiste qui en finira pour toujours avec les guerres, l’exploitation et l’oppression et permettra son libre développement a chaque peuple, à chaque personnalité humaine.

N. A. Andréyévâ,

Secrétaire générale du C.C du P.C.B.tUS

LÉNINGRAD, le 6 juillet 2009.


 

LE PORTUGAL COMMÉMORE LES 46 ANS DE LA REVOLUTION DES OEILLETS

 

Lisbonne, 26 avril (Prensa Latina) Par un acte solennel à l’Assemblée de la République, le Portugal a célébré hier le 46e anniversaire de la Révolution des œillets, qui a mis fin à près d’un demi-siècle de dictature.

 Le président Marcelo Rebelo de Sousa était présent, mais moins de 100 personnes ont pu y assister en raison des mesures prises pour éviter la propagation du Covid-19.

Cependant, malgré les contraintes de la pandémie, le pays a commémoré les événements de 1974, lorsqu´un soulèvement sans précédent s’est produit, organisé par des officiers mécontents et soutenu par des milliers de citoyens exploités par la dictature fasciste d’António de Oliveira Salazar et son successeur Marcelo Caetano.

À cette époque, cette nation se trouvait au bord d’un abîme en raison des politiques défendues pendant l’État dénommé Novo par Salazar, qui en 1926 avait été nommé titulaire des Finances et à partir de 1932 était premier ministre.

Sa longue période à la tête du pays a été marquée par l’autoritarisme, la répression et l’assassinat des opposants à son administration, l’interdiction du syndicalisme, du militantisme dans les formations d’opposition et la violation des libertés fondamentales.

Dès son arrivée au pouvoir, il a défendu un régime totalitaire, qui entretenait des liens avec l’Allemagne nazie et le franquisme, mais flirtait aussi avec les États-Unis et leurs alliés et a rejoint l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en 1949.

Malgré le rejet de la population portugaise et de la communauté internationale, il a insisté sur le maintien du colonialisme et a opté pour la guerre comme moyen de mettre fin aux mouvements indépendantistes dans des pays comme la Guinée-Bissau, l’Angola et le Mozambique. Handicapé par des problèmes de santé, Salazar est remplacé par Marcelo Caetano qui prend le pouvoir en 1968.

Après 48 ans de dictature, prévalaient au Portugal l’inégalité sociale, la pauvreté et le mécontentement face aux guerres sur le continent africain.

Dans ce contexte, le 25 avril 1974, des officiers portugais regroupés au sein du Mouvement des forces armées ont décidé de mettre fin à l’État Novo et ont pris les principales rues et institutions du pays.

Malgré la demande faite aux citoyens de rester chez eux, des milliers d’entre eux ont soutenu le soulèvement militaire et le coup d’État s’est transformé en révolution.

Durant les actions de ce jour-là, la jeune Celeste Caeiro offrit des œillets qu’elle avait avec elle à plusieurs officiers, qui les placèrent dans leurs fusils.

Le geste a été répété par de nombreuses personnes et est devenu le symbole des intentions de paix de la mobilisation qui a mis fin à la dictature et à la guerre coloniale en Afrique, a restauré la démocratie au Portugal et a donné lieu à un important processus de transformation sociale.

Malgré sa courte durée et les crises qui ont suivi, la Révolution des œillets est considérée comme un exemple de patriotisme et un exemple de ce que les peuples peuvent accomplir lorsqu’ils luttent.

peo/jcm/gaz

source :  http://frances.prensa-latina.cu/index.php?option=com_content&view=article&id=884020:commemoration-au-portugal-des-46-ans-de-la-revolution-des-oeillets&opcion=pl-ver-noticia&catid=185&Itemid=101


 

MANLIO DINUCCI : LE DOCTEUR FOLAMOUR VEILLE SUR NOTRE SANTE

Le Docteur Folamour veille sur notre santé

L’Art de la guerre

Par Manlio Dinucci

Mondialisation.ca, 25 mars 2020

ilmanifesto.it

Région : 

Thème: 

Analyses: 

Face au Coronavirus -déclare l’US European Command (Commandement Européen des États-Unis)- “notre première préoccupation est de protéger la santé de nos forces et de nos Alliés”. Il annonce ainsi avoir redimensionné en nombre de soldats l’exercice Defender Europe 20 (Défenseur de l’Europe 2020). Mais celui-ci continue. 

Le 16 mars, le Commandement précise que “depuis janvier l’US Army a déployé à partir des États-Unis en Europe 6.000 soldats”, avec 12.000 pièces d’équipement (allant des armements personnels aux chars d’assaut), et qu’a été “complété le mouvement de soldats et équipements depuis divers ports jusqu’aux aires d’entraînement en Allemagne et Pologne”. En plus de ceux-ci, “9.000 soldats USA basés en Europe” participent aussi à l’exercice.

Le but déclaré des USA est de “déployer une force crédible de combat en Europe en appui à l’OTAN”, évidemment contre l’ “agression russe”. Le but réel – écrivions-nous il y a deux mois et demi sur il Manifesto (le seul journal qui à ce moment-là donnait l’information du Defender Europe 20)- est de semer une tension et de nourrir l’idée de l’ennemi.

Le scénario déclaré de l’exercice ne pourrait jamais se vérifier, notamment parce qu’un affrontement armé entre OTAN et Russie serait inévitablement nucléaire. C’est là le vrai scénario auquel s’entraînent les forces USA en Europe. Ce que confirme le général Tod D. Wolters, chef du Commandement Europe des États-Unis et, comme tel, Commandant Suprême Allié en Europe. Dans une audition au Sénat des États-Unis, le 25 février 2020, il déclare que “les forces nucléaires, suprême garantie de la sécurité des Alliés, soutiennent toute opération militaire USA en Europe”. Cela signifie que le Defender Europe 20 est un exercice non seulement de forces conventionnelles (non-nucléaires), mais de forces nucléaires. 

Le 18 mars a été communiqué que deux bombardiers B-2 Spirit d’attaque nucléaire, faisant partie de la task force arrivée des USA le 9 mars, ont décollé de Fairford en Angleterre pour s’entraîner au-dessus de l’Islande et de l’Atlantique-Nord avec trois chasseurs F-35 norvégiens. Ces deux types d’avion sont préparés pour l’utilisation des nouvelles bombes nucléaires B61-12, que les USA vont déployer sous peu en Italie et autres pays européens à la place des actuelles B-61. 

Le rôle des forces nucléaires USA en Europe est clarifié par Wolters dans son audition au Sénat. Quand le sénateur Fischer lui demande ce qu’il pense de la non-première-utilisation des armes nucléaires, le général répond : “Sénateur, je soutiens une politique flexible de la première utilisation.” Celui qui a entre les mains les armes nucléaires USA/OTAN en Europe déclare ainsi officiellement soutenir, sur la base d’un critère “flexible”, leur première utilisation pour le first strike, l’attaque nucléaire par surprise.

Face à une déclaration d’une telle gravité, qui pousse les généraux russes à mettre le doigt sur la gâchette nucléaire, silence complet des gouvernements, des parlements et des grands médias européens. Dans la même audition le général Wolters affirme que “depuis 2015 l’Alliance a mis surtout l’accent sur le rôle des capacités nucléaires” et que “le Commandement Européen des États-Unis soutient pleinement les recommandations, contenues dans la Nuclear Posture Review 2018, de déployer le missile balistique à faible puissance W76-2”. La tête nucléaire à faible puissance W76-2, déjà installée sur des missiles lancés depuis un sous-marin (annonce faite par le Pentagone le 4 février), peut être installée aussi sur des missiles balistiques avec base à terre au bord du territoire ennemi. Elle est particulièrement dangereuse. “Des armes nucléaires de puissance mineure -préviennent aussi des experts étasuniens notoires- augmentent la tentation de les utiliser en premier, et peuvent amener les commandants à faire pression pour que, dans une attaque, on utilise la bombe nucléaire, sachant que la retombée radioactive serait limitée”. Ce serait au contraire comme jeter une allumette en feu dans une poudrière.

Manlio Dinucci

Article original en anglais :

Alla nostra salute ci pensa il dottor Stranamore

Édition de mardi 24 mars 2020 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/alla-nostra-salute-ci-pensa-il-dottor-stranamore/ 

Traduit par Marie-Ange Patrizio

 

Extrait du film de Stanley Kubrick « Docteur Folamour « (1964) :

 

La source originale de cet article est ilmanifesto.it

Copyright © Manlio Dinucciilmanifesto.it, 2020

https://www.mondialisation.ca/le-docteur-folamour-veille-sur-notre-sante/5643304


 

UN "GENOCIDE" US EN EUROPE LATINE ?

Covid-19 : l'aide chinoise destinée à l'Italie bloquée, la France connaîtra le même sort?

Sun Mar 22, 2020 12:16PM

  1. Chargement des cinq cent mille kits de tests, Base militaire américaine d'Aviano (Italie), mars 2020. / Sipa

Chargement des cinq cent mille kits de tests, Base militaire américaine d'Aviano (Italie), mars 2020. / Sipa

Une très grave fissure dans l'édifice de l'aveugle confiance centenaire que l'Europe a placée depuis la Seconde Guerre en Amérique. La Covid-19 que pour un nombre croissant d'observateurs et d'analystes est une arme biologique, "crève" le cœur "latin" de l'Europe, l'Italie, et les Etats-Unis participent au massacre! Que les Américains inoculent le virus en Italien pour se venger des Italiens d'avoir eu  "l'outrecuidance " de s'ouvrir à "la Route de la Soie" est une chose, mais qu'ils bloquent comme ils le font pour les Iraniens, l'acheminement des aides et des médicaments à leur encontre, c'en est une autre. Cela s'appelle en langage clair, le "génocide".

Italie : le F-35 américain tue!

Italie : le F-35 américain tue!

Le F-35 est réputé pour ses failles systémiques et son incapacités à mener des combats. Or les Américains les utilisent autrement que sur un champ de bataille et contre les "alliés".

Au quatrième mois de l'épidémie dans le monde, l'Italie compte un tiers des personnes décédés des suites du coronavirus, soit 4.800 personnes jusqu'au 21 mars. Quelques 54.000 sont testés positifs. C'est largement plus qu'en Iran qui compte 21.000 contaminations et près de 1.600 décès. Pour les adeptes de la thèse d'une troisième guerre qui serait en train de se dérouler sous une forme parfaitement inouïe, le concepteur "américain" de l'arme dite Covid-19 auraient cherché à faire de l'Iran son épicentre au Moyen-Orient, et de l'Italie, son foyer en Europe. Mais vu les chiffres, il n'a pas été tendre avec l'allié italien puisque son degré de mortalité est nettement supérieur. Sa cruauté va encore plus loin. 

Selon les sources d'information, la République Tchèque aurait pris la décision, sous pression US? de retourner vers l’envoyeur un lot de 101 600 masques médicaux offert par la Chine à l’Italie. Prague rejoint ainsi la liste des pays européens qui ont répondu aux pressions de Washington pour entraver l’aide chinoise partout où elle est possible. Cet état devra donner à réfléchir aux Européens qui ont vu depuis 7 décennies en Amérique, Un "dieu incarné". Un premier impact de cette violente rupture de part et d'autre de l’Atlantique s'est fait ressentir il y a deux jours quand la France a ramé à contre courant des Américains en libérant un ingénieur iranien que la justice française avait décidé d'extrader aux Etats-Unis. Ce dimanche, un convoi d'aide médicale des Médecins sans frontières est arrivé à Téhéran en provenance de Bordeaux. Un hôpital de campagne composé de 50 lits et accompagné d'une délégation de 9 médecins et logisticiens est donc à Téhéran pour aider à contrer l'épidémie.  

Iran: la France défie les USA?

Iran: la France défie les USA?

Emmanuel Macron a annoncé la libération d’un ressortissant français, détenu en Iran.

 En Europe, les gens devront finir par se demander à quoi bon cette foutue Amérique qui n'aide ses alliés ni en temps de guerre ni en temps de paix. Ils devront se demander surtout si oui ou non le temps d'un réellement changement est arrivé. Certes ce n'est pas sans intérêt que la Chine et la Russie volent au secours de l'Europe mais elles pourraient ne pas le faire. Pékin a déclaré vouloir aider 82 pays à affronter la pandémie du Covid-19 tout comme la Russie dont l'armée a mobilisé plusieurs avions remplis d'aide pour venir en aide des Italiens."Dans tout ceci il y a des messages politiques : on croit comprendre que la France a totalement perdu la confiance en Amérique en se tournant timidement vers l'Iran, que la Chine veut faire comprendre que son partenariat avec l'Italie ne se réduit pas à la location de ses ports et que la Russie cherche à souligner que son armée n'a aucune raison de guerroyer l'Europe... Bref que l'Empire US a assez vécu, tournons la page, note un analyste. 

USA: l’arme US réprime

USA: l’arme US réprime

L’armée américaine est prête à réprimer les protestations civiques éventuelles dans le contexte de la crise sanitaire liée au coronavirus.

http://french.presstv.com/Detail/2020/03/22/621365/Coronavirus-la-Russie-au-chevet-de-lItalie


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MANLIO DINUCCI : "DANS L'EUROPE DU VIRUS ARRIVENT LES BOMBARDIERS USA D'ATTAQUE NUCLÉAIRE"

Dans l’Europe du virus arrivent les bombardiers USA d’attaque nucléaire

L'Art de la guerre

Par Manlio Dinucci

Mondialisation.ca, 17 mars 2020

Région : 

Thème: 

Analyses: 

À cause du Coronavirus les American Airlines et autres compagnies aériennes étasuniennes ont supprimé de nombreux vols pour l’Europe. Mais il y a une “compagnie” étasunienne qui, au contraire, les a augmentés : l’US Air Force. 

Ces jours-ci elle a “déployé en Europe une task force de bombardiers furtifs (stealth) B-2 Spirit”. L’annonce vient du US European Command de Stuttgart, le Commandement Européen des États-Unis. Il est sous les ordres d’un général, actuellement Tod D. Wolters de la US Air Force, qui est en même temps à la tête des forces OTAN en tant que Commandant Suprême Allié en Europe. L’US European Command précise que la task force, composée d’un nombre non précisé de bombardiers provenants de la base Whiteman au Missouri, “est arrivée le 9 mars à Lajes Field dans les Açorres, au Portugal”.

Le bombardier stratégique B-2 Spirit, l’avion le plus cher du monde dont le coût dépasse les deux milliards de dollars, est l’avion USA le plus avancé d’attaque nucléaire. Chaque engin peut transporter 16 bombes thermonucléaires B-61 ou B-83, avec une puissance maximale totale équivalente à plus de 1.200 bombes d’Hiroshima. Du fait de sa conformation, de son revêtement et de ses contremesures électroniques, le B-2 Spirit est difficilement repérable par les radars (et de ce fait dit “avion invisible”).

Même s’il a déjà été utilisé en guerre, par exemple contre la Libye en 2011, avec des bombes non-nucléaires de grande puissance à guidage satellite (il peut en transporter 80), il est projeté pour pénétrer à travers les défenses ennemies  et effectuer une attaque nucléaire de surprise. Ces bombardiers, précise l’US European Command, “opèreront depuis diverses installations militaires dans l’aire de responsabilité du Commandement Européen des États-Unis”. Cette aire comprend toute la région européenne et toute la Russie (partie asiatique incluse). Ceci signifie que les plus avancés bombardiers USA d’attaque nucléaire opèreront, depuis des bases en Europe, aux abord de la Russie. Si l’on inverse le scénario, c’est comme si les plus avancés bombardiers russes d’attaque nucléaire opéraient depuis des bases à Cuba aux abords des États-Unis.

L’objectif poursuivi par Washington est évident : accroître la tension avec la Russie en utilisant l’Europe comme première ligne de la confrontation. Cela permet à Washington de renforcer son leadership sur les alliés européens et d’orienter la politique étrangère et militaire de l’Union Européenne, dans laquelle 22 des 27 membres appartiennent à l’OTAN sous commandement USA.

Cette stratégie est facilitée par la crise provoquée par le Coronavirus. Aujourd’hui plus que jamais, dans une Europe en grande partie paralysée par le virus, les USA peuvent faire ce qu’ils veulent. Comme le confirme le fait qu’ils y transfèrent leurs bombardiers les plus avancés pour l’attaque nucléaire avec le consensus de tous les gouvernements et parlements européens et de l’Union européenne même, dans le silence complice de tous les grands médias européens. Même silence tombé sur le Defender Europe 20, le plus grand déploiement de forces USA en Europe depuis la fin de la Guerre Froide, dont les médias ont parlé seulement quand l’US European Command a communiqué que, à cause du Coronavirus, il réduira les soldats USA participants à l’exercice de 30.000 à un nombre non précisé, conservant en tous cas “nos objectifs de plus haute priorité”.

Dans le cadre d’un véritable psy-op (opération psychologique militaire) divers organes d’”information”, y compris en Italie, ont attaqué “les canulars sur l’exercice Defender Europe” (La Repubblica, 13 mars), et, à travers les réseaux sociaux, s’est répandu le bruit que l’exercice a pratiquement été supprimé. Nouvelle tranquillisante, renforcée par l’assurance, donnée par l’US European Command, que, “notre principale préoccupation est de protéger la santé de nos forces et celle de nos alliés”. Justement en remplaçant en Europe un nombre non précisé de soldats étasuniens par un nombre non précisé de bombardiers USA d’attaque nucléaire, chacun d’une puissance destructrice équivalente à plus de 1.200 bombes d’Hiroshima.

Manlio Dinucci

 

Article original en italien :

Nell’Europa del virus arrivano i bombardieri USA da attacco nucleare

Édition de mardi 17 mars 2020 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/nelleuropa-del-virus-i-bombardieri-usa-da-attacco-nucleare/ 

Traduit par Marie-Ange Patrizio

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Manlio Dinucci, Mondialisation.ca, 2020

https://www.mondialisation.ca/dans-leurope-du-virus-arrivent-les-bombardiers-usa-dattaque-nucleaire/5642891


 

DÉCLARATION DU PARTI COMMUNISTE IRLANDAIS - LE VISAGE CHANGEANT DE L'IRLANDE ET LA CONSCIENCE DE CLASSE GRANDISSANTE

DÉCLARATION DU PARTI COMMUNISTE IRLANDAIS - LE VISAGE CHANGEANT DE L'IRLANDE ET LA CONSCIENCE DE CLASSE GRANDISSANTE

 Solidarité Internationale PCF IrlandeNon à l'UE du CapitalUnion Européenne 0

17 FÉVR. 2020

Déclaration du Parti Communiste Irlandais - Le visage changeant de l'Irlande et la conscience de classe grandissante

Déclaration du Parti Communiste Irlandais

le 12 février 2020

Les résultats des élections générales pour le 33e Dáil [ndlr: ces élections ont eu lieu le 8 février 2020] ont confirmé les frustrations croissantes au sein de la classe ouvrière et le besoin de politiques sociales et économiques alternatives. Ceci est le reflet d'une  conscience de classe grandissante, qui doit être nourrie et développée davantage.

Le déclin des deux principaux partis de l'establishment, le Fianna Fáil et le Fine Gael, qui ont dominé la vie politique nationale pendant plus de huit décennies, a fait l'effet d'une bombe. Ils ont été défaits par la présentation d'un programme économique et sociale alternatif [le Sinn Féin].

Ce résultat électoral exprime le rejet de l'austérité imposée par l'UE et des politiques qui donnent la priorité aux besoins du capital, des riches et des puissants, au détriment des travailleurs - des politiques promues par tous les partis de l'establishment, y compris le Parti travailliste et les médias. Ce résultat fait également suite aux nombreuses mobilisations massives sur l'eau, le logement, la santé, l'abrogation du 8e amendement de la constitution [empêchant alors l'avortement en Irlande] et l'égalité face au mariage [légalisation du mariage homosexuel].

L'élection n'a fait que confirmer que le logement, la santé, les retraites et les crèches restaient des questions centrales et de grande importance pour la classe ouvrière.

Les décennies d'austérité de la troïka européenne ont pesé lourdement sur les conditions de vie des travailleurs, du fait des coupes sauvages dans les dépenses de santé et de logement - dans les dépenses sociales en général - et du fait des conditions de travail de plus en plus difficiles.

Les travailleurs ont porté un coup politique important aux partis de l'establishment et ont clairement fait savoir qu'ils voulaient une véritable transformation, qu'ils exigeaint des changements sociaux et économiques correspondant à leur intérêts, comme à celui de leur famille et de leur communauté. Ils demandent la mise en œuvre de politiques économiques structurelles transformant leurs conditions matérielles réelles, qu'ils vivent au quotidien, et non pas de simples communiqués de presse.

La classe ouvrière est en colère contre la précarité de ses conditions de vie et la multiplication de pratiques d'emploi précaires de la part des employeurs, grands ou petits, aboutissant à faire la queue pour recevoir des soins médicaux urgents ou à s'allonger sur des chariots dans les couloirs des hôpitaux, quand ceux qui peuvent se permettre des soins de santé privés sautent la queue.

Le fait que le Sinn Féin ait peut-être temporairement remporté la majorité du vote populaire et ait fait reculer les deux principaux partis de l'establishment à la deuxième et troisième position est un pas en avant important qui devrait être salué par toutes les forces progressistes de gauche. Mais son rôle dans l'exécutif du Nord [Irlande du Nord] et sa responsabilité dans l'imposition de politiques sociales et économiques promues par l'État britannique, qui ont entraîné de grandes souffrances pour la classe ouvrière nord-irlandaise (au moins aussi dures que celles imposées par les partis de l'establishment dans l'État du Sud), ne présagent rien de bon pour la transformation radicale du système actuel, pourtant politiquement et moralement en faillite.

Au cours des huit dernières décennies, les deux principaux partis d'establishment ont obtenu plus de 80 % des voix ; aujourd'hui, ils peinent à rassembler 40 % des voix à eux deux. Il est clair que la classe ouvrière a utilisé les élections pour maximiser la voix de gauche au Dáil; ce qui est une autre indication de la conscience de classe grandissante.

Les formations politiques "Solidarité" et "People Before Profit" doivent le retour de leurs députés, dans une large mesure, à l'excédent massif et aux transferts de voix de la part du Sinn Féin. Le sectarisme et l'opportunisme politiques de ces groupes leur a été fatal et a joué un rôle important dans le déclin de leurs votes au premier tour.

Un autre facteur ayant poussé les gens à s'éloigner des partis de l'establishment et à espérer une réponse sérieuse de la part d'un gouvernement de gauche fut la prise de conscience à propos de la crise environnementale et la certitude que le gouvernement ne remettrait jamais en cause des intérêts économiques et politiques puissants et bien établis. Cela s'est traduit par un soutien accru au parti des Verts.

Le Sinn Féin a réussi à capter cette colère en se présentant comme le parti capable d'apporter des améliorations importantes et réelles dont notre peuple a si désespérément besoin, dans des domaines tels que le logement, la santé et les droits des travailleurs - et ce malgré les médias de l'establishment et leurs attaques concentrées sur toute politique économique alternative possible. Les partis politiques et les médias de l'establishment poursuivent ainsi leurs tentatives de banaliser ou de diaboliser les aspirations démocratiques nationales, y compris celle de la réunification de l'Irlande.

Le résultat de ces élections peut porter au plus haut niveau de l'agenda politique la question centrale de savoir qui détient le contrôle du pouvoir politique et économique en Irlande.

Au cours des prochains mois, les membres et les partisans du Sinn Féin, et la classe ouvrière dans son ensemble, assisterons aux tentatives l'establishment visant à intégrer le Sinn Féin au système, pour qu'il se rende responsable et agisse dans "l'intérêt national", et pour qu'il fasse son devoir envers ceux qui détiennent la richesse et le pouvoir économique.

Nous avons vu ce qui arrive aux partis de gauche et aux partis radicaux lorsqu'ils entrent dans des gouvernements de coalition avec des partis de l'establishment. Cela ne peut que revitaliser les partis de l'establishment et démoraliser les travailleurs, en semant la confusion et le défaitisme.

Le Fianna Fáil et le Fine Gael pourraient bien tenter de sauver leur pouvoir et leur influence politique en déclin par une forme quelconque de coalition. C'est à la gauche au sein du Dáil, et au Sinn Féin en tant que sa plus grande composante, de mobiliser la classe ouvrière pour faire en sorte que se réalise l'alternative d'un gouvernement de gauche progressiste tant espérée par la classe ouvrière.

Au cours des prochaines semaines, nous assisterons à la série des négociations et petits accords en coulisses pour déterminer la combinaison de partis qui formera le prochain gouvernement. L'opportunisme du parti travailliste, des sociaux-démocrates et des Verts les rendra très disposés à former ou soutenir un gouvernement avec le Fianna Fáil.

Bien que nous, communistes irlandais, nous nous félicitons de ces avancées progressistes, nous savons par l'histoire des luttes de classes et à la bataille pour l'indépendance et la souveraineté nationales, la facilité avec laquelle les revendications et l'énergie des travailleurs ont pu être étouffé dans le passé, en maintenant la croyance que le système électoral, seul, peut apporter un changement réel ou durable.

Les travailleurs ne peuvent pas se permettre de rester les bras croisés et de laisser leur avenir se décider par des accords conclus en coulisses. Nous savons des récentes luttes comment l'énergie et les revendications a propos de l'eau ont été marginalisées et enterrées dans les couloirs sombres du Dáil [de la dernière représentation nationale]. Les gens n'ont pas été vaincu dans les rues mais ont perdu leur autorité au profit de ces institutions qui contrôlent nos vies - institutions sur lesquelles nous n'avons que très peu de contrôle.

Quel que soit le contrôle limité que les travailleurs irlandais exercent sur le Dáil Éireann [Parlement], nous n'en avons aucun sur les institutions de l'Union européenne. Tout gouvernement progressiste sera confronté à l'opposition de ces puissantes forces économiques et politiques, auquel seule la mobilisation populaire peut résister.

Les nouvelles conditions créées par le résultat des élections doivent être utilisées comme une opportunité pour renforcer les luttes populaires sur toute une série de questions. Le moment est clairement propice pour un syndicalisme de lutte des classes, plus combattant et militant.

Toutes les forces de gauche et progressistes doivent se mobiliser pour garantir que les changements sociaux et économiques promis se concrétisent ; or la seule garantie pour que cela se produise est la lutte du peuple elle-même. L'enjeu est maintenant de savoir si les aspirations et la demande de changement réel peuvent se traduire en changements et progrès structurels à long terme.

L'élection a clairement montré que notre peuple souhaitait une transformation démocratique de notre société, une société dans laquelle le peuple était souverain, et non une société dans laquelle le bien commun est sacrifié pour répondre aux besoins et aux intérêts de la propriété privée et des intérêts particuliers. Le peuple veut clairement un changement démocratique qui transforme les structures de pouvoir à tous les niveaux, une transformation démocratique qui permette la participation et la contribution des travailleurs à toutes les décisions, à tous les niveaux de la vie économique et politique.

Nous savons que l'adoption des changements sociaux, économiques et politiques nécessaires nécessite une classe ouvrière mobilisée, la construction et le renforcement de sa capacité d'organisation comme de sa conscience de classe idéologique. Si la classe ouvrière veut faire avancer et garantir ses propres intérêts, elle doit développer la clarté et la force politiques nécessaires pour défier et repousser les intérêts impérialistes représentés par l'Union européenne, les États-Unis et la Grande-Bretagne, et par leurs alliés assujettis au sein de la classe capitaliste irlandaise.

Dans la période immédiate, les travailleurs doivent présenter leurs revendications, telle que:
- l'abrogation de toutes les lois anti-travailleurs, y compris la loi sur les relations industrielles (1990)
- des garanties législatives et constitutionnelles pour donner aux travailleurs le droit à la négociation collective
- un éventail complet et exhaustif de politiques visant à protéger et à faire progresser les droits des travailleurs
- une disposition constitutionnelle relative à la propriété du peuple sur l'eau et sur toutes les ressources naturelles
- l'adoption d'une stratégie de logement qui modifie les règles de propriété, notamment en transformant le parc de logements vacants en un parc de propriété public
- un investissement massif dans un programme de logement public et universel
- la fin du système de santé à deux vitesses en interdisant au secteur privé d'utiliser le système de santé public
- la mise en place d'un système de transport public gratuit et élargi à tout le pays
- le rejet de l'odieuse dette bancaire de l'UE imposée à notre peuple
- l'adoption d'une stratégie progressiste pour parvenir à l'unité nationale
- la fin de l'utilisation de l'aéroport de Shannon comme instrument de guerre au profit des États-Unis et de l'OTAN
- l'entérinement de la neutralité dans la Constitution de l'Irlande
- le retrait de l'Irlande du PESCO [la collaboration militaire Européenne] et de tous les engagements militaires avec l'UE
- la construction d'une stratégie économique alternative afin de briser le pouvoir des sociétés transnationales.

http://solidarite-internationale-pcf.fr/2020/02/declaration-du-parti-communiste-irlandais-le-visage-changeant-de-l-irlande-et-la-conscience-de-classe-grandissante.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail