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ANCIEN SOUS-PRÉFET , CHARGE DU MAINTIEN DE L’ORDRE, LAURENT BIGOT, DEVENU GILET JAUNE : «DÉSORMAIS, J’AI PEUR DE LA POLICE»

Une manifestation contre les violences policières à Paris

Ancien sous-préfet, chargé du maintien de l’ordre: «désormais, j’ai peur de la police»

© Sputnik . Julien Mattia

INTERVIEWS

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Tandis que le déconfinement se met en place en France, le débat sur les violences policières a repris de plus belle, entre tensions dans les banlieues et contestation sociale. Ancien sous-préfet chargé du maintien de l’ordre, Laurent Bigot, devenu Gilet jaune, insiste sur les responsabilités de la classe politique. Entretien.

Alors qu’Éric Ciotti et d’autres députés LR ont déposé cette semaine un projet de loi interdisant la diffusion d’images de policiers, le parquet de Rennes a annoncé le 28 mai l’ouverture de deux nouvelles informations judiciaires dans l’enquête sur l’opération policière controversée qui a conduit à la mort de Steve Maia Caniço, le 21 juin 2019, à Nantes.

Dans un contexte de violences urbaines dans les banlieues depuis plusieurs semaines, Sputnik a interrogé Laurent Bigot, ancien sous-préfet et diplomate, désormais engagé aux côtés des Gilets jaunes. N’estimant pas avoir changé de camp, il déplore le changement de doctrine du maintien de l’ordre.

Sputnik France: Que pensez-vous de la proposition de loi d’Éric Ciotti visant à interdire la diffusion d’images des forces de l’ordre?

Laurent Bigot: «Plutôt que de regarder le problème, on casse le thermomètre. En quoi la diffusion de la diffusion de vidéos d’agents de la police nationale, de douaniers, leur porte-t-elle préjudice? En revanche, ces vidéos ont bien souvent permis de révéler ce que les autres médias ne révèlent pas, c’est-à-dire des comportements qui ne sont pas acceptables de la part les forces de l’ordre dans un État de droit. Je ne comprends pas la motivation d’Éric Ciotti.»

Sputnik France: La chanteuse Camélia Jordana a déclaré le 23 mai sur France 2 qu’«il y a des milliers de personnes qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic», estimant que de nombreuses personnes «se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau». Qu’en pensez-vous?

Laurent Bigot: «Je pense que cette prise de parole a été très courageuse de la part de Camélia Jordana, parce qu’elle va lui valoir de nombreux ennuis dans le monde du show-business. Elle n’a pas parlé en tant qu’artiste, elle a parlé en tant que citoyenne. À ce titre-là, elle a toute légitimité d’interpeller un ministre, d’interpeller l’État sur le fonctionnement de la police nationale.»

Sputnik France: Les manifestations de Gilets jaunes ont souvent été marquées par des accusations de violences policières. Comment vous situez-vous dans ce débat?

Laurent Bigot:«J’ai été victime à plusieurs reprises des violences policières pour la simple raison que je filmais. En juin 2019, à Bordeaux, un fonctionnaire de la BAC [Brigade Anti-Criminalité, ndlr] m’a donné un grand coup de matraque sur la main en m’intimant l’ordre d’arrêter de filmer, ensuite il m’a mis un coup de poing au visage et il a subtilisé mon téléphone pendant une dizaine de minutes.

Comme je suis allé le réclamer auprès du commissaire sur le terrain, qui au début d’ailleurs ne m’a pas écouté, je suis allé ensuite récupérer mon téléphone. J’ai pu identifier le fonctionnaire de la BAC, certes cagoulé, mais je l’avais reconnu physiquement. En récupérant mon téléphone, il m’a en plus menacé, en disant “on a aspiré tout ce qu’il y avait dedans, s’il y a quoi que ce soit, tu es mort”. Lors d’autres occasions, j’ai pris deux coups de matraque, je ne faisais que filmer, la CDI [compagnie départementale d’intervention, ndlr] avançait, un fonctionnaire de la CDI m’a donné deux coups de matraque et il m’a dit: “trou du cul, va bosser”.»

Sputnik France: Vous avez donc participé sur Twitter au hashtag #Moiaussijaipeurdevantlapolice. Pourquoi?

Laurent Bigot: «Je suis blanc, je suis CSP +, j’ai peur dans les manifestations, j’ai été témoin et j’ai subi des violences policières. Désormais, j’ai peur de la police. Lorsque j’étais sous-préfet en Dordogne, Corse et Martinique, j'étais directeur de cabinet du préfet. Dans l’ordre préfectoral, le directeur de cabinet du préfet est celui qui a la délégation du préfet pour gérer les services de police et de gendarmerie dans le département.

J’ai donc travaillé aux côtés des policiers et des gendarmes. Je connais les deux côtés. À cette époque, j’ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec la police. Quand je vois ce que la police est devenue, je me dis qu’il y a un problème. Le débat mérite d’être posé. Cela éviterait d’ailleurs que toute l’institution soit malheureusement salie par le comportement d’une minorité de plus en plus importante.»

Sputnik France: La doctrine du maintien de l’ordre en France a-t-elle changé?

Laurent Bigot:«Elle a changé. A l’époque où j’étais directeur de cabinet de préfet, chargé du maintien de l’ordre, les policiers expérimentés m’ont expliqué les règles de l’ordre public: “il y a deux règles essentielles sur lesquelles on ne transige jamais. C’est toujours de faire baisser la tension et jamais de nasse, toujours offrir une porte de sortie aux manifestants”. Aujourd’hui, les deux consignes, c’est le contact –donc ne pas faire baisser la tension, mais au contraire l’augmenter– et des nasses à répétition.

Ce que me disaient ces policiers, c’était surtout de ne jamais faire de nasse, parce que ça provoque chez les manifestants des comportements complètement irrationnels et qu’on n’a aucun intérêt à ça. Qu’est-ce qui a changé pour qu’on inverse à ce point la doctrine? Sous le prétexte d’éviter de la casse matérielle –ce qui d’ailleurs ne fonctionne pas – le bilan humain est effarant, avec 27 personnes éborgnées, cinq mains arrachées, des milliers de blessés.

Quelles sont les infractions qui justifient de mutiler les gens? Aujourd’hui en France, les sanctions prévues dans le Code pénal sont des peines de prison ou des amendes. Ce n’est pas des châtiments corporels. Or la doctrine du maintien de l’ordre actuelle débouche sur des châtiments corporels, car de fait, elle octroie le droit aux policiers et aux gendarmes de désigner les coupables et de les châtier corporellement en les éborgnant, en leur arrachant les mains et en les blessant gravement à coups de matraque.»

Sputnik France: Pourquoi défilez-vous au côté des Gilets jaunes? Vous êtes donc passé de diplomate et de sous-préfet à Gilet jaune, avez-vous le sentiment d’avoir changé «de camp», comme dirait le préfet Didier Lallement?

Laurent Bigot: «Non, ce sont les mêmes valeurs qui m’animent, le désir de justice, le désir de protéger les uns et les autres, l’intérêt général, le droit fondamental de manifester et d’exprimer des opinions tout aussi dissidentes qu’elles puissent être du pouvoir. Si des personnes commettent des infractions dans une manifestation, les policiers sont chargés d’utiliser la force strictement nécessaire pour les interpeller afin de les déférer devant la justice. Je rappelle que les policiers et les gendarmes n’ont pas le pouvoir de sanctionner les gens.

 

 

Une voiture de police (image d'illustration)

© CC0 / FSHH

Un homme menotté frappé et jeté au sol lors d’une interpellation à Neuilly-sur-Marne – vidéo

Or aujourd’hui, ils les visent avec des LBD, ils les éborgnent et ils s’en vont. Cette nouvelle doctrine ne sert même pas à interpeller et à déférer des gens devant la justice, elle sert seulement à les châtier. Elle place dans les mains des policiers et des gendarmes le droit de châtier, de décider qui est coupable et qui ne l’est pas sur le champ de bataille.»

 

Sputnik France: Les manifestations de Gilets jaunes vont-elles bientôt reprendre?

Laurent Bigot: «Je n’en sais rien. Je constate seulement qu’il y a une dérive de l’ordre public qui s’est concrétisée pendant le confinement. A nouveau, nous avons assisté à de nombreuses vidéos de contrôles qui dégénéraient, de témoignages qui ont fait part de leur incompréhension face à l’attitude des forces de l’ordre. Ce n’est pas la majorité, mais les comportements arbitraires des forces de l’ordre, c'est déjà trop.

Cela interroge sur l’encadrement des forces de l’ordre. Quels sont les ordres qu’on leur donne? Comment se fait-il que des dérives soient possibles? Et surtout, comment se fait-il qu’il n’y ait pas de sanctions derrière? Si des comportements similaires se répètent, c’est qu’il n’y a pas de sanction. C’est assez inquiétant qu’on ne rétablisse pas l’ordre au sein des forces de l’ordre.»

Sputnik France: Une note confidentielle du renseignement territorial datant du 6 mai s’inquiète d’une éventuelle radicalisation de la contestation sociale. Croyez-vous à cette radicalisation?

Laurent Bigot:«Elle est tellement confidentielle que toute la presse mainstream s’en est fait l’écho. À qui profite le crime? L’opinion publique est préparée pour d’éventuelles manifestations qui seraient le fait de radicaux, ce qui justifierait la répression. S’il y a de la contestation sociale, aussi radicale soit-elle, si elle est sociale, en quoi la réponse policière est-elle appropriée? Si elle est sociale, la réponse doit être politique. Or que fait le pouvoir? Il envoie la police. Pour préparer l’opinion à ça, il fait fuiter des notes en affirmant qu’il y a une radicalisation, que ce sont les extrêmes en tout genre, droite, gauche, écologistes, en somme, les dangereux.

Quels que soient les comportements très condamnables de fonctionnaires de police et de gendarmes, il existe aussi une réalité. Le système dans lequel évoluent les forces de l’ordre est totalement toxique, c’est-à-dire qu’il y a une incohérence totale entre les discours politiques, les ordres qu’ils reçoivent, les moyens qu’ils ont pour exécuter leurs missions et cela provoque des comportements de fonctionnaires totalement désabusés.

Que fait un fonctionnaire quand il est désabusé, quand il comprend qu’on lui demande de régler des problèmes qui ne relèvent pas de lui? Parce que son quotidien est premièrement au contact de la misère humaine. Quand on leur demande de régler par du maintien de l’ordre des problèmes politiques et sociaux, beaucoup de fonctionnaires de police et de gendarmerie comprennent que ce n’est pas leur rôle. Parce que les politiques se défaussent, on leur demande de régler des problèmes qu’ils ne peuvent pas régler.

 

 

Voiture de police

© CC0 / PAUL TOWNLEY

Violemment interpellé en Seine-Saint-Denis, un adolescent de 14 ans risque de perdre un œil

Cet environnement toxique fait que vous avez des fonctionnaires de police et des gendarmes totalement désabusés. Quand vous êtes désabusé, vous perdez votre discernement, vous faites des amalgames ce qui peut ensuite expliquer certains comportements, mais pas tous. Il est aussi vrai que les forces de l’ordre ne peuvent plus exercer leur métier correctement et cela, c’est la faute du pouvoir politique.

 

Donc aujourd’hui, que se passe-t-il? Les policiers et les gendarmes s’en prennent aux manifestants, les manifestants qui s’en prennent aux policiers et aux gendarmes alors que le responsable, la classe politique, personne ne s’en prend à lui.»

https://fr.sputniknews.com/interviews/202005291043864521-ancien-sous-prefet-charge-du-maintien-de-lordre-desormais-jai-peur-de-la-police-/?utm_source=push&utm_medium=browser_notification&utm_campaign=sputnik_fr


 

LE PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS SOUTIENT LE PRIX NOBEL DE LA PAIX POUR LES MÉDECINS CUBAINS

 

Paris, 30 mai (Prensa Latina) Le Parti communiste français (PCF) a apporté aujourd'hui son soutien à la plateforme qui promeut l'attribution du prix Nobel de la paix aux brigades médicales cubaines présentes dans le monde entier dans la lutte contre le Covid-19.

L'organisation politique soutient ainsi l'initiative lancée fin avril en France, qui regroupe déjà plus de 60 groupes et réseaux de différents secteurs de la société, également d'Espagne, d'Italie, du Royaume-Uni, d'Allemagne, d'Irlande, de Belgique, de Suisse, de Grèce, de Hongrie, de Tunisie, du Honduras et de Cuba.

Dans de récentes déclarations à Prensa Latina, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a réitéré la condamnation des communistes français au blocus imposé par les Etats-Unis sur l'île depuis 60 ans.

M. Roussel a souligné la résistance des Cubains et leur solidarité au moment où la communauté internationale est confrontée au fléau de Covid-19.

Selon le député à l'Assemblée nationale, représentant le département du Nord, la plus grande des Antilles mérite d'être reconnue pour l'incroyable générosité dont elle fait preuve à travers la planète avec son aide médicale, malgré les difficultés économiques causées par le blocus de Washington.

Des milliers de professionnels de la santé de l'île ont soutenu, dans des dizaines de pays sur plusieurs continents, dont l'Europe, les efforts des autorités nationales et locales pour arrêter la propagation et l'impact du coronavirus SRAS-CoV-2, responsable de plus de 360 000 décès dans le monde.

Dans ce contexte, les associations Cuba Linda et France Cuba ont activé la plateforme pour plaider en faveur de l'attribution du prix Nobel de la paix au Contingent international Henry Reeve de médecins spécialisés dans les situations de catastrophe et les épidémies graves, créé en 2005.

L'appel soutenu par des organisations et des personnalités a pour composantes une pétition sur le portail MesOpinions.com, avec 850 signatures à ce jour, et un groupe sur Facebook, avec 2 130 membres.

Les brigades médicales  Henry Reeve cubain ont sauvé des millions de vies au cours des 15 dernières années dans des régions d'Afrique, d'Amérique latine, des Caraïbes et d'Asie frappées par des tremblements de terre, des ouragans, des inondations et des épidémies. Cette histoire de solidarité et d'altruisme s'est enrichie ces derniers mois dans les pays qui luttent contre le Covid-19.

Dans son appel, la plateforme a déclaré que cette aide ne peut plus être cachée par les grands médias, car "malgré le tristement célèbre blocus imposé par les États-Unis, qui dure depuis plus de 50 ans, Cuba envoie par solidarité son armée de blouses blanches sur toute la planète pour faire face à la pandémie".

mem/wmr

source :  https://www.prensa-latina.cu/index.php?o=rn&id=370120&SEO=partido-comunista-frances-apoya-nobel-de-paz-para-medicos-de-cuba


 

SELON UN SONDAGE, LES FRANÇAIS FONT DAVANTAGE CONFIANCE AU PROFESSEUR DIDIER RAOULT QU'A OLIVIER VERAN, MINISTRE DE LA SANTE

French professor Didier Raoult, biologist and professor of microbiology, specialized in infectious diseases and director of IHU Mediterranee Infection Institute poses in his office on 26 February 26, 2020 in Marseille. - The Mediterranee infection Institute in Marseille based in La Timone Hospital is at the forefront of the prevention against coronavirus in France. (Photo by GERARD JULIEN / AFP)

Les Français font davantage confiance à Didier Raoult qu’à Olivier Véran, selon un sondage

© AFP 2020 GERARD JULIEN

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D’après un sondage YouGov pour le magazine Capital, les Français font davantage confiance au professeur marseillais Didier Raoult qu'au ministre de la Santé quant à l’amélioration de la crise sanitaire liée au coronavirus dans l’Hexagone.

Les Français accordent plus de confiance à Didier Raoult qu’au ministre de la Santé pour améliorer la situation sanitaire dans l’Hexagone, selon les résultats d’un sondage exclusif réalisé par YouGov pour le magazine Capital.

 

 

Hydroxychloroquine

© AP PHOTO / JOHN LOCHER

Nouveau camouflet pour Raoult: l'hydroxychloroquine n'est plus autorisée pour traiter le Covid-19 en France

Alors que le gouvernement a décidé d'interdire en France l'hydroxychloroquine, défendue par Didier Raoult pour traiter le coronavirus, 30% des Français font plus confiance au professeur qu'à Olivier Véran face à l’épidémie de Covid-19. 20% des sondés prennent pour leur part le parti du ministre de la Santé.

 

15% ont préféré répondre qu’ils ne savaient pas qui choisir entre les deux hommes. Plus d’un sondé sur trois ne fait confiance ni à Olivier Véran, ni à Didier Raoult.  

Le sud-est pour le professeur  

D’après le sondage, M.Raoult a enregistré son plus haut niveau de popularité dans le sud-est de la France: 37% des personnes interrogées lui font confiance. Mais seulement 23% des sondés de la région Île-de-France lui accordent du crédit, ce qui est à égalité avec le ministre de la Santé.

Quant aux catégories d’âge, les personnes de 55 ans et plus sont 36% à faire davantage confiance à Didier Raoult qu’à Olivier Véran, qui est «choisit» par 19% d’eux. Inversement, 28% des jeunes de 18-24 ans prennent le parti du ministre, tandis que 18% font confiance au professeur.

Cette enquête a été réalisée du 27 au 28 mai sur 1.016 Français de 18 ans et plus.

https://fr.sputniknews.com/france/202005301043869509-les-francais-font-davantage-confiance-a-didier-raoult-qua-olivier-veran-selon-un-sondage/


 

FRANCE : EXTENSION DES VIOLENCES URBAINES : LE GOUVERNEMENT MINIMISE, MAIS TOUS LES JOURS DES ÉVÉNEMENTS GRAVES ONT LIEU»

Situation à Argenteuil après la mort d'un jeune dans un crash de moto le 17 mai 2020

Les violences urbaines s'étendent, et avec elles les territoires perdus de la République?

© Sputnik .

POINTS DE VUE

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Un palier dans la violence a-t-il été franchi dans les zones sensibles avec la crise du Covid-19? Pour l’ancien préfet Michel Aubouin, c’est plutôt leur propagation qui devrait inquiéter, car de nouveaux quartiers ont en effet été touchés par les émeutes. Les «zones de non-droit» semblent s’étendre. Entretien choc.

Dans les zones sensibles, les tensions s’accumulent. Le 27 mai, un policier municipal retrouvait dans son gilet pare-balles, au niveau de l’abdomen, une ogive de 9 mm, après une confrontation avec cinquante individus à Noisy-le-Sec (93). Le 28 mai, un homme menotté était jeté au sol et frappé par des fonctionnaires de police à Neuilly-sur-Marne (93). L'IGPN a été saisie. Des faits qui s’ajoutent aux rodéos sauvages et aux scènes de guérilla urbaine de ces dernières semaines.

​ «Les phénomènes de violence urbaine, qui sont très limités, très contenus, qui ne concernent qu’une minorité de personnes, sont traités avec fermeté», déclarait pourtant Laurent Nuñez à l’Assemblée nationale le 19 mai. À l’en croire, force serait donc restée à la Loi: «je veux battre en brèche l’idée qu’il y aurait un embrasement des quartiers.» Vraiment?

«Le gouvernement minimise, mais tous les jours des événements graves ont lieu», constate l’ancien préfet Michel Aubouin, qui n’est plus tenu par son devoir de réserve, au micro de Sputnik:

«À la vérité, il y a un décalage de plus en grand entre la parole du ministre de l’Intérieur et l’action de la police sur le terrain: l’un déclare “je contrôle tout”, mais c’est le terrain qui fait la jauge.»

Auteur de l’essai 40 ans dans les cités (Éd. Presses de la cité, 2019), l’ancien haut fonctionnaire a vu la dégringolade de quartiers entiers sur près d’un demi-siècle. Sans surprise, lui qui a longuement travaillé sur les zones criminogènes avait prévu les violences des dernières semaines: «le confinement allait provoquer des tensions graves, chaque contrôle de circulation donnant le sentiment d’une répression

Dépassés par les événements?

Bien sûr, la tension actuelle reste en deçà de la situation de 2005, qu’il a connue en première ligne, alors qu’il était en poste à la préfecture de l’Essonne: «il y a malheureusement eu des décès pendant une intervention de police cette année-là», rappelle-t-il avant d’ajouter: «mais on n’est pas passé loin de l’explosion

 

 

Christophe Castaner

© AP PHOTO / CHRISTOPHE ENA

Christophe Castaner au pays des rodéos sauvages: pourra-t-il y mettre fin?

Une chance que la pandémie ralentisse en cette fin de mai: «si le confinement avait mordu sur l’été, les choses auraient pu s’accentuer.» Ainsi, est-il probable que les tensions dans les zones sensibles aient servi d’argument à l’exécutif pour hâter le déconfinement. Pour autant, la situation n’est pas réglée: «cette année, les jeunes vont rester dans les quartiers.» Les vacances «au bled» sont en effet à écarter: «les communes s’en inquiètent beaucoup», nous souffle notre interlocuteur, qui conseille encore de nombreux maires. Ainsi faut-il s’attendre à un autre rituel des quartiers dans les prochaines semaines: aux rodéos et confrontations avec la police s’ajouteront les canalisations brisées et les piscines dans les rues pendant les vagues de chaleur.

 

Le territoire est un enjeu

C’est d’ailleurs ce genre de signaux faibles que notre interlocuteur semble le plus remarquer. À Grigny (91), les jeunes du quartier de la Grande Borne ont invité ceux des Tarterêts de Corbeil-Essonne, pour un match de football réunissant entre 300 et 500 personnes sur des terrains municipaux. Aubouin n’a aucun doute: «même si cela prête à sourire, cela révèle l’incapacité absolue des institutions à contrôler quoi que ce soit dans ces quartiers», souligne-t-il, évoquant le cortège de plusieurs dizaines de voitures d’une cité à l’autre, «que personne n’a repéré.» L'évidence s'impose: l'information échappe à la police à mesure qu’elle perd du terrain.

Car ces loisirs ne reflètent pas seulement «un besoin ludique»: ils sont aussi, selon Michel Aubouin, «l’affirmation d’un territoire.» On dit souvent ces zones «perdues pour la République». Mais une chose est sûre: leurs nouveaux propriétaires entendent bien le rester.

Inexorablement, la contagion s’étend

«La tension est perceptible partout», constate-t-il: «elle arrive dans des communes jusque-là totalement épargnées par ces phénomènes, de nouveaux quartiers sont entrés dans la violence: Meudon (92), Suresnes (92) ou Rueil-Malmaison (78)...» et même Versailles (78), peut-on ajouter.

Des tensions sporadiques dans ces communes, bien sûr, mais à n'en pas douter des signaux faibles. Pourquoi une telle propagation? Du fait d’une émulation entre délinquants de cités via les réseaux sociaux? De la propagation d’une sous-culture traversée par la «haine antiflic»? Sans doute. Mais Michel Aubouin y voit surtout une dynamique profonde:

«C’est la logique des logements sociaux», dit-il avant de préciser: «des familles entières partent des grandes cités pour s’installer dans de nouvelles et plus petites cités.»

Et parmi les centaines de familles, quelques rejetons violents. Mais il en suffit de quelques-uns pour faire basculer un quartier jusque-là préservé. En effet, selon des documents internes à la police que Sputnik a pu consulter, les échauffourées de Meudon ou de Versailles ne comptaient pas plus d’une quinzaine de jeunes mineurs.

Un drame inexorable: «la contagion prend petit à petit», résume Michel Aubouin.

«Le cœur du problème, c’est la gestion du parc HLM», poursuit l’ancien haut fonctionnaire. Au titre de la mixité sociale ou du desserrement, mais surtout de la Loi Borloo de 2003, les déplacements de population s’opèrent, imperceptibles, mais bien réels. Il n’existe en effet aucun moyen de filtrer les familles: toutes ont le droit de rester dans le parc HLM, géré par le contingent préfectoral.

Les victimes ne sont pas celles que l'on croit

Le territoire des délinquants augmente en conséquence. Et Michel Aubouin de rapporter un «cas récent»: celui d’un trafiquant de drogue, tout juste sorti de prison, qui a demandé une maison HLM pour sa famille nombreuse et l’a obtenue: «ça arrange tout le monde…», souffle notre interlocuteur avant d’ajouter:

«On est dans la société du pardon en permanence. On a du mal à comprendre que certaines personnes n’ont pas des comportements habituels et que seule la sanction peut fonctionner.»

Briser cette dynamique invisible exigerait une décision politique et administrative forte: «clairement, la seule façon serait de renvoyer le locataire du secteur public». Un choix politiquement incorrect à l’heure actuelle: «ce serait un scandale», admet Michel Aubouin, avant de souligner l’injustice de la situation: «mais ceux qui n’ont pas de logement, comment font-ils?»

 

 

la garde des Sceaux Nicole Belloubet

© AP PHOTO / CHRISTOPHE ENA

Les libérations anticipées de détenus se poursuivent malgré le déconfinement: le Covid-19, un prétexte?

Achetant la paix sociale, l’État et les communes ont-ils oublié les plus faibles? «Une vieille dame ne peut sortir de chez elle qu’une demi-heure par jour, quand la cage d’escalier n’est pas occupée par les dealers… quand vous dépassez cette borne-là, vous ne devriez pas avoir le droit de rester dans le logement public», tranche l’ancien préfet. Ce sont ces oubliés des zones sensibles qui voudraient revoir la police.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/202005301043869442-les-violences-urbaines-setendent-et-avec-elles-les-territoires-perdus-de-la-republique/



 

PARIS : MOBILISATION NON AUTORISÉE DE CENTAINES DE MANIFESTANTS PRO-MIGRANTS

https://fr.sputniknews.com/france/202005301043870018-mobilisation-non-autorisee-de-manifestants-pro-migrants-a-paris/

 

Des manifestants proréfugiés organisent une marche non autorisée à Paris

Mobilisation non autorisée de manifestants pro-migrants à Paris - vidéo

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Des dizaines de personnes tiennent le 30 mai un rassemblement non autorisé au centre de Paris pour manifester un soutien aux réfugiés et appeler à régulariser les sans-papiers.

Interdite par la préfecture en vue de prévenir la propagation du coronavirus, une mobilisation de manifestants pro-migrants se tient tout de même ce 30 mai à Paris. À en juger par des images diffusées depuis les lieux, elle a réuni plusieurs dizaines de personnes. Pratiquement toutes portent des masques. D’ailleurs, la Marche des solidarités avait prévenu que le rassemblement se tiendrait «dans le respect strict des mesures sanitaires».

https://fr.sputniknews.com/france/202005301043870018-mobilisation-non-autorisee-de-manifestants-pro-migrants-a-paris/

 


 

15ème ANNIVERSAIRE DU REFERENDUM VICTORIEUX OU NOUS FUMES 54,68% DES FRANÇAIS-ES QUI ONT DIT NON A L'EUROPE

15è anniversaire du référendum sur le TCE: respecter le choix des français-es !

 

5-6 minutes


Publié le 29/05/2020 par PCF

Ce 27 mai, nous avons commémoré la Journée nationale de la Résistance à l'occupation hitlérienne et au régime de Vichy.

Aujourd'hui, nous célébrons le 15eme anniversaire du référendum du 29 mai 2005, lors duquel 54,68 % des électrices et des électeurs ont rejeté le traité qui prétendait graver dans le marbre la perte de souveraineté de la France et la mise sous tutelle de l'Europe par les marchés financiers.

Une large majorité de forces et de personnalités de gauche s’étaient mobilisées en faveur de cette victoire. Le NON du peuple français a d’ailleurs ouvert la voie quelques jours plus tard à celui des Pays-Bas puis à la décision de 7 autres pays de ne pas tenir de référendum. Le NON du peuple français a stoppé le processus de ratification. Il a eu un impact pour tous les peuples européens et a permis le rejet global du TCE.

La colère fut d’autant plus forte pour les Français, quand, en 2007, Nicolas Sarkozy et la majorité de droite firent voter le Traité par le Parlement, vote contre lequel seuls les groupes des Député-e-s et Sénatrices et Sénateurs communistes s’opposèrent.

Du 27 mai 1943 au 29 mai 2005, les circonstances ont profondément changé. Mais, de l'une à l'autre de ces dates, la France du travail et de la création n'a eu de cesse d'affirmer son attachement aux principes fondateurs de sa République. À une indépendance et à une souveraineté qui expriment tout simplement la volonté d’un peuple de rester maître de ses choix politiques et budgétaires et qui rejette aussi toute volonté de repli nationaliste ou de domination d'autres peuples.

Avec d’autres, le PCF a mené cette campagne en exprimant cette indépendance, tout en montrant son attachement aux valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité qui forment l'héritage de la Révolution française.

Il a exprimé ces choix en faveur d’une République laïque qui combat le racisme au quotidien et entend donner toutes ses chances au vivre-ensemble, par-delà l'origine et la religion de chacun et chacune.

Il a défendu une Europe de la coopération solidaire des peuples et des nations, qui est la condition même d'un progrès social partagé.

La crise dans laquelle notre pays se trouve plongé, comme la planète entière, rend cet héritage plus actuel que jamais. Ne permettons pas au président de la République et à son gouvernement, qui n'entendent que les exigences du patronat et de la finance, de brader encore plus l’indépendance de notre pays en laissant les marchés financiers, la Commission européenne et la BCE dicter leurs lois et leurs règles. Nous voulons retrouver le droit de financer notre industrie et ses emplois, de soutenir nos services publics et d’en créer de nouveaux.

C'est par le rassemblement de ses forces vives, celles de ses travailleurs et de ses travailleuses, de sa jeunesse, que le peuple de France a su écrire les plus belles pages de son histoire. Aujourd'hui, c'est par sa résistance et ses luttes qu'il interdira aux puissances d'argent de lui faire payer la crise en cours. C'est en construisant, à travers ses mobilisations, une nouvelle union populaire qu'il rouvrira au pays le chemin de nouveaux « Jours heureux ». C'est par son engagement aux côtés des peuples voisins qu'il saura porter l'exigence d'une autre construction européenne, affranchie de la domination du capital et refondée sur les principes de solidarité et de respect de la souveraineté de chacun.

Nous voulons que la France agisse pour une autre Europe avec d’autres critères d’utilisation des richesses en Europe. Les gouvernements ont bafoué le non des Français. Aujourd’hui, avec le plan de la Commission européenne inspirée par Macron et Merkel on recommence les mêmes erreurs : servir la finance au lieu de changer de cap en France et en Europe.

Il y a urgence. Les dirigeants européens se sont en effet révélés incapables de répondre aux attentes sanitaires et sociales des populations face à l'épidémie du Covid-19. Nous poursuivrons donc ce combat entamé en 1992 lors du référendum sur le Traité de Maastricht et amplifié en 2005 avec la victoire du NON au TCE. Les traités européens doivent être abrogés. Car nous ne voulons pas que le peuple paye la crise à travers la dette contractée auprès des marchés financiers.

source : https://www.pcf.fr/actualite_15_anniversaire_du_r_f_rendum_sur_le_tce_respecter_le_choix_des_fran_ais_es?recruiter_id=257833


 

LES MASQUES DE MONARC 1er

Les masques de Monarc 1er

 

 

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Quand la barbarie s’exerce au Yémen, en Palestine, au Mali, au Tchad ou en Côte d’Ivoire grâce à l’armement et au support de la France, elle est occultée et tolérable. Lorsqu’elle se rapproche de l’épicentre et qu’elle montre son visage hideux sous la forme d’assassinats prémédités de personnes en état de faiblesse, le seuil de la tolérance se trouve soudain abaissé.


Déni cauteleux

Il faut l’entendre s’essayer à zézayer que des masques nous n’en manquions point. 

Monarc 1er n’a eu de cesse sur un mode dénégatoire de revenir sur la pénurie criante et attestée de matériel basique qui eût pu dispenser d’une mesure archaïque, le confinement. Lui et ses communicants qui pas plus tard qu’hier affirmaient la complexité technique de filtrer par une bavette les flux respiratoires entrant et sortant s’en viennent sans gêne aucune à pérorer que oui que non, le pays n’en a pas manqué.

L’arrogance des fondés de pouvoir de quelques ploutocrates se mesure à ce qu’ils ignorent que leur public ne leur est plus acquis. Il reste imprégné d’une gravure mentale indélébile, les appels désespérés du personnel hospitalier et de tous les travailleurs ‘indispensables’ invoquant leurs besoins insatisfaits en protection.

Le dol n’est pas seulement l’outrage fait à l’intelligence de ceux qui n’sont rien.

Il recouvre plus que des blessures et des préjudices moraux, il s’agit de crimes, d’homicides dont les irresponsables politiques, dédaigneux de mesures stratégiques préventives élémentaires face à des épidémies que les virologues s’intéressant aux récentes maladies virales passées de l’animal à l’homme ont prédites, se sont rendus coupables.

Ce n’est donc que rajouter à l’ignominie un peu de vilenie cauteleuse.

 

Prescrire par décret

Le décret 2020-360 daté du 28 mars par son article 12-3 autorise dans son chapitre II la délivrance de la spécialité Rivotril® injectable dans le cadre de COVID-19 pour la prise en charge palliative de dyspnée et de détresse respiratoire.

Cette double infamie est inscrite dans les archives de la République française, elle est une preuve à charge contre l’exécutif. L’invention d’une bureaucratie parasite par la monarchie absolutiste au service d’une bourgeoisie montante a cela de bon, la mémoire de la République est consignée en partie dans le Journal Officiel. En effet, celui-ci commet d’abord un abus de pouvoir en commettant des prescriptions médicales par décret, l’exercice illégal de la médecine est une infraction que l’on peut qualifier de vénielle. Mais il fait plus, il détourne l’usage d’un antiépileptique pour faciliter l’entrée de sujets en difficulté respiratoire dans un coma qui va entraîner la mort en inhibant les réflexes respiratoires.

Il s’agit bien là d’une incitation au meurtre adressée au corps médical auquel est recommandé de ne pas transférer les personnes âgées en milieu hospitalier car l’accès en réanimation leur est interdit. La limite d’âge de cette euthanasie imposée administrativement a été déterminée de façon variable selon les moments et les régions en fonction de l’engorgement des services de réanimation. Le personnel de services de réanimation et des SAMU témoigne. Les personnes âgées se sont vues refuser leur acheminement depuis leur domicile ou leur EHPAD. Les patients ont été triés en fonction de critère d’âges ou de facteurs de risques pour l’admission en unité de soins intensifs.

Cette situation résulte clairement de la restriction des budgets hospitaliers en raison de l’austérité budgétaire. Mais elle provient aussi d’une volonté déterminée d’abolir le service public et de lui substituer une offre de santé fournie par des prestataires privés liés aux banques et aux assurances.

 

Objectif, destruction

L’objectif national des dépenses de l’assurance maladie  est voté (ONDAM) chaque année à l’Assemblée nationale dans le cadre du vote de la loi du financement de la Sécurité Sociale depuis le plan Juppé de 1996. L’un des moyens pernicieux de réduire l’offre hospitalière a été de lui assigner un ‘sous-objectif’ en dessous de l’inflation entraînant un déficit cumulé de plusieurs milliards d’euros. Pour combler ces déficits, les comptables dressent des plans d’économie qui conduisent à des fermetures de lits et des suppressions de poste. Les restructurations passent par la réduction de la masse salariale qui représente 65% des dépenses des hôpitaux. Une surcharge de travail épuise le personnel soignant, les erreurs de soins se multiplient. Les événements indésirables liées aux soins connaissent une augmentation en lien avec cette amputation en moyens humains. Le grand projet de redressement de Marisol Touraine, c’est-à-dire la suppression de lits, avait particulièrement affecté l’Alsace (-14%), la Lorraine (-13%) et la Franche-Comté (-13%), soit la région du Grand-Est qui a été particulièrement frappée par l’épidémie. Le tri des patients y a été dramatique, il a choqué une équipe de médecins allemands spécialisés dans la médecine des catastrophes en visite à Strasbourg. L’installation d’un hôpital militaire de campagne a été une manœuvre de propagande, arrivé trop tard et insuffisant. C’est surtout là et en Ile de France que les équipes médicales ont dû faire le tri des patients à récuser et à laisser sans les soins nécessaires. C’est donc là qu’ont eu lieu des assassinats politiquement prémédités et où la sédation, l’entrée en sommeil profond, ne relevait pas du tout de soins palliatifs mais a été appliquée aux patients non soignables prioritairement.

Le programme de suppression se poursuit malgré la crise sanitaire. La direction de l’Agence régionale de santé estimait début avril que le plan d’économies pour le CHRU de Nancy prévoyant de supprimer 174 lits et 598 postes en cinq ans ne sera pas remis en cause. A Saint-Etienne, 300 soignants du CHU ont protesté lors d’un rassemblement et dénoncé des transferts de lits et des réorganisations qui impliquent moins de personnel décidés pendant la crise du COVID-19.

 

Le crime de la dette

Accorder des dotations insuffisantes aux établissements hospitaliers publics a encouragé leur endettement auprès d’institutions financières privées. Ce sont les fameux partenariats public-privé développés sous la houlette du gouvernement Raffarin avec François Fillion comme préposé aux Affaires sociales et la Santé. La Cour des Comptes s’est inquiétée dans son rapport public annuel de 2018 du type d’emprunts risqués auxquels ils ont souscrit sans contrôle des autorités de tutelle, laissés à la seule appréciation des directeurs administratifs. Le recours à ce type d’emprunt a prévalu également au sein des collectivités territoriales qui ont vu leurs charges financières s’alourdir considérablement au fil du temps, les fameux emprunts toxiques qui ont mis en quasi-faillite la banque Natixis.

Une étude destinée à évaluer les modalités de résorption de leur dette, 30 milliards en 2019, a été confiée à deux hauts fonctionnaires de la Caisse de Dépôts et de Consignations. Cette institution financière publique assure de nombreuses missions. Elle finance le logement social, ce qui fut sa principale activité au travers des livrets A, mais elle fonctionne également comme banque d’investissement pour les entreprises et d’aide au développement des territoires au travers de nombreuses filiales. La note rédigée à l’intention de l’exécutif est toute entière tournée vers la restructuration de la dette des établissements privés à but non lucratif qui ne représentent pourtant que 14% des lits d’hospitalisation en France, moins que les cliniques privées et que les établissements publics (61,6%). Elle préconise de privilégier des solutions ‘modernes’ à la crise de la santé par le développement de téléconsultations. Les plateformes qui assurent ce service sont privées, Axa en particulier intervient dans les fonds de ‘Mesdocteurs’. Le rapport médecin-patient se fait dans un colloque très singulier où le patient est assuré que ce qu’il confie sous le sceau du secret ne sera jamais divulgué. Ici,  les sociétés privées médiatrices disposeront de  données médicales, des DATA commercialisables. Les deux auteurs ont dressé un véritable plaidoyer pour favoriser toute solution alternative à l’hôpital public alors qu’ils avaient été consultés pour réduire la charge des dettes du secteur public.  Moult aberrations pavent leur note, en préconisant la facilitation de la création de centres de santé dans des zones réputées pour être des déserts médicaux, ils font mine d’en ignorer l’origine, le manque de médecins. En effet la pénurie en médecins est entretenue par un numérus clausus  dans la perspective de réduire l’offre et donc la consommation médicale, ce qui oblige par ailleurs l’Etat à importer des médecins étrangers tout faits, pillant les ressources des pays tiers qui les ont formés.

Sous ce fatras de gloubi-boulga gît plus d’un conflit d’intérêts. La filiale Icade santé de la Banque Publique d’Investissements détient avec son partenaire le Crédit Agricole un portefeuille de 135 établissements de santé privés valorisé à 5,5 milliards d’euros.

 

Travail de termites

Ainsi des personnes sont décédées de n’avoir pu être admises en soins intensifs. La responsabilité en incombe à l’orientation dite libérale où doit s’effacer le rôle de l’Etat dans le domaine de la santé en faveur de puissances financières. Les différents gouvernements qui se sont succédé depuis quinze ans sont responsables de cette pénurie de lits d’hospitalisation et  de place en réanimation, 69 000 ont été supprimés depuis 2005.

Après avoir nié la possibilité que l’épidémie ne parvienne en France – au-delà d’un délai raisonnable que l’on peut accorder en raison du biais cognitif  lié au souvenir de la fausse pandémie H1N1 en 2009- l’exécutif avec une mauvaise foi et un aplomb qui frise la schizophrénie a nié l’impératif de limiter l’épidémie par le plus simple des moyens et le moins coûteux, le port généralisé de masques respiratoires efficaces.

On sait maintenant que Santé Publique France avait alerté le Ministère de la santé dès 2018 du manque de masques dans la réserve stratégique et qu’au lieu du milliard qui était réservé jusqu’en 2013, il n’en restait plus que 100 millions de disponibles.

Au total (provisoire) de toutes les conditions qui ont conduit au confinement avec la perspective d’une chute du PIB de près de 7,5% pour 2020 et d’un nombre élevé de décès dus au CoVID-19, on retrouve un déficit organisé en personnel soignant, médecins et infirmiers, une destruction délibérée de l’hôpital public, une désindustrialisation encouragée avec dépendance vis-à-vis de pays tiers pour des besoins élémentaires comme les équipements de protection individuelle et les tests pour le diagnostic.

Les termites du néolibéralisme ont bien avancé en besogne.

La division internationale du travail et la maximalisation  du profit ont gouverné le façonnement de cette France qui comprend hagarde qu’elle se ‘tiers-mondise’. Elle s’est spécialisée dans la ‘monoculture’ du tourisme, du produit de luxe et de l’armement. L’exécutif n’assure plus qu’un minimum de fonctions régaliennes. Il veille à la collecte de l’impôt, principalement indirect. Le ministère des Finances se voit amputé de plus de 2200 postes en 2019, près de 38 000 depuis 2002. Certes un gain de productivité pourrait en être l’argument mais cette fonction pourrait tout aussi bien être externalisée comme sous l’Ancien Régime avec le système du fermage. L’armée a vu ses effectifs réduits de plus de 50 000 sur 250 000 depuis 2008 avec une forte déflation sur la catégorie des officiers et des sous-officiers c’est-à-dire des cadres formateurs. Les besoins en revanche sont de plus en plus importants. Les interventions en Afrique se multiplient au nom de la lutte contre des terroristes, figurés par des bandes de trafiquants en tous genre. Elles se font en réalité pour protéger les intérêts de quelques transnationales et pour servir de terrain d’expérimentation pour la vente d’armement fabriqué en France. La lubie récente de Monarc 1er d’offrir à l’Allemagne sa capacité nucléaire répond à un besoin de confier sa souveraineté à un nouveau seigneur, le détenteur du pouvoir financier au sein de l’Union européenne. La proposition d’une défense européenne est une voie pour renoncer à une défense autonome.

Ne reste plus à cet Etat que sa police, elle aussi malmenée par le manque de moyens humains et matériels. Epuisées par des heures supplémentaires et un encadrement et un cadre déplorables, au fil du temps, les forces de sécurité deviennent des forces de lutte anti-insurrectionnelle destinées  à  exécuter des tâches de pure répression avec des dérapages autorisés par la garantie d’une totale impunité. Les gilets Jaunes ont appris en quelques mois la nature profonde de l’Etat. C’est une dictature de la bourgeoisie qui se révèle sous son véritable aspect policier et judiciaire dès lors que le pouvoir de celle-ci est contesté.

 

Plaintes

Plus de soixante–dix plaintes ont été déposées près de la Cour de Justice de la République contre des membres du gouvernement pour mise en danger de la vie d’autrui et autres griefs relevant de l’incompétence des membres de l’exécutif au cours de la pandémie. Parmi ces plaintes, on trouvera la mise en accusation de ce gouvernement pour incitation au crime au travers de décret et de dispositifs qui ont interdit l’accès d’une catégorie de personnes aux soins que leur condition nécessitait.

Quand la barbarie s’exerce au Yémen, en Palestine, au Mali, au Tchad ou en Côte d’Ivoire grâce à l’armement et au support de la France, elle est occultée et tolérable. Lorsqu’elle se rapproche de l’épicentre et qu’elle montre son visage hideux sous la forme d’assassinats prémédités de personnes en état de faiblesse, le seuil de la tolérance se trouve soudain abaissé.

Le visage grimaçant de la démocratie ne permet plus les illusions sur les droitsdelhomme. La colère de ceux qui n’sont rien est palpable, l’exécutif semble la redouter. C’est pourquoi il a fait voter une « loi d’amnistie préventive », texte anticonstitutionnel, qui garantit l’impunité d’élus et de fonctionnaires pour des actes commis pendant l’état d’urgence sanitaire et qui ne découragera pas les demandeurs qui réclament justice. Ils ne renonceront pas à ce recours tout en émettant des réserves sur la manière dont la justice (aux ordres de l’exécutif) peut être rendue si toutefois leur plainte était estimée recevable.

L’invocation maladroite de l’antagonisme fondé par le sociologue Max Weber entre l’éthique de conviction qui viserait un idéal et une éthique de la responsabilité, plus réaliste n’absout pas l’exécutif. La doctrine wébérienne s’accommode en effet d’eugénisme et de ‘darwinisme social’. L’humanité s’est constituée au contraire autour d’un axe sans lequel elle s’effondre et laisse place à la barbarie, la protection du plus faible. L’éthique ne peut se contenter que l’on constate un réel contraignant à des choix qui vont à son encontre. Le déficit en respirateurs est une réalité qui aurait dû  être combattue sinon prévenue par des moyens à la portée de la septième puissance économique mondiale.

Maladresse également que ce mensonge grotesque sous la forme de dénégation puérile du chef de l’Etat concernant la pénurie des masques en début d’épidémie. Comme Sarkozy et Hollande, il sait que son mandat ne sera pas renouvelé et certains rats pris de panique quittent déjà le navire. La perte de la majorité absolue du parti composite LREM à l’Assemblée en témoigne.

D’ici là, ceux qui n’sont rien risquent de vouloir être tout.

 

 

Badia Benjelloun

23 mai 2020.

 

 

Notes:

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041763328&categorieLien=id

https://fr.sputniknews.com/france/202003271043410927-ils-ne-sont-plus-ventilesun-rapport-allemand-sindigne-de-la-situation-dans-les-hopitaux-alsaciens/

https://www.huffingtonpost.fr/entry/le-chru-de-nancy-denonce-les-suppressions-de-postes-prevues-apres-lepidemie_fr_5e89cfecc5b6cc1e47770e62?ncid=other_facebook_eucluwzme5k&utm_campaign=share_facebook&fbclid=IwAR0sTQPE6PHrhoGDFeAV8xbrkaT4wRF_Ydi14Zsj9xnP-wiME0Tf0gljO28

https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/la-colere-des-personnels-du-chu-de-saint-etienne-apres-des-restructurations-decidees-en-pleine-crise-1589470679?fbclid=IwAR04wJCCX1bL3_ELDw-gRm1uszYBlJmWcwTRsRZwCx-YL5s4l9DtdR89YxA

https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2018-01/10-dette-hopitaux-Tome-2.pdf

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/11/30/01011-2009

https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/politiques-economiques/economie-francaise/caisse-des-depots-et-consignations-cdc/

https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/politiques-economiques/economie-francaise/banque-publique-dinvestissement-bpi/

https://www.caissedesdepots.fr/modele-unique/nos-missions

https://fr.sputniknews.com/france/202004241043649166-le-ministere-de-la-sante-avait-ete-alerte-du-manque-de-masques-des-2018/

https://www.challenges.fr/economie/fonctionnaires-les-ministeres-les-plus-touches-en-2019_614895

http://www.opex360.com/2017/11/19/les-armees-risquent-davoir-de-gros-problemes-en-matiere-deffectifs/

https://www.ouest-france.fr/societe/police/manque-d-effectifs-commissariats-vetustes-gendarmes-et-policiers-reclament-des-actes-et-des-moyens-6439471

https://www.investigaction.net/fr/les-masques-de-monarc-1er/


 

DISCOURS DE FABIEN ROUSSEL, SECRÉTAIRE NATIONAL DU PCF JOURNÉE NATIONALE DE LA RESISTANCE 27 MAI 2020

Discours de Fabien Roussel Secrétaire national Journée nationale de la Résistance 27 mai 2020

 

8-10 minutes


focus Publié le 27/05/2020 par PCF

 

Journée nationale de la Résistance 27 mai 2020

 

C’est ici, depuis la Place du Colonel Fabien, siège du PCF, que j’ai choisi de célébrer cette journée nationale de la Résistance.

Dans ce lieu de lumière, bâti par Oscar Niemeyer il y a 40 ans tout juste, au cœur d’une place portant le nom d’un grand Résistant, Colonel Fabien, Pierre Georges de son vrai nom, ouvrier métallurgiste et militant communiste qui fut l’auteur du premier acte de résistance armée contre un militaire allemand en août 41 puis participa, avec le Colonel Rol-Tanguy et des milliers de Résistantes et de Résistants à la Libération de Paris.

Ce 27 mai, journée nationale de la Résistance, nous célébrons surtout la création du Conseil National de la Résistance.

C'était le 27 mai 1943, en pleine guerre : huit mouvements, six partis politiques et deux centrales syndicales, s'unissaient pour coordonner la lutte contre l'ennemi et préparer l’avenir en écrivant le programme des Jours Heureux.

Nous rendons hommage, ainsi, à toutes celles et ceux qui ont combattu et souvent perdu la vie durant cette guerre, la plus meurtrière du 20eme siècle : entre 50 et 70 millions de personnes sont mortes, soit plus de 2% de la population mondiale.

Le paroxysme de la barbarie est atteint quand tuer l'ennemi ne suffit plus. Il faut l'exterminer, le rayer de la carte, au nom d'une insupportable théorie de la race et de la préférence nationale. Dans les camps de la mort du régime nazi, l'horreur se répand sans limites, au service d'une obsession démente : l'anéantissement des juifs d'Europe.
La haine de l'autre, le refus de la différence nourrissent une bête immonde jamais rassasiée. Parce qu'ils sont juifs, tziganes, communistes, gaullistes, syndicalistes, socialistes, résistants, homosexuels ou handicapés, des hommes, des femmes, des enfants font figure de parasites à éliminer.

C'est face à cette idéologie délirante qu'une France résistante va se lever.
Une France courageuse et déterminée, qui dit « non » à l'envahisseur et « oui » à la Liberté.

Le 18 juin 1940, alors qu’une partie de notre pays est occupée par les Allemands, le Général de Gaulle lance depuis Londres son appel à la Résistance.

La veille, en France, à Draguignan, Charles Tillon, dirigeant du PCF, lançait lui aussi l’appel au « peuple des usines, des champs, des magasins, des bureaux, aux commerçants, artisans, intellectuels, aux soldats, aux marins, aux aviateurs encore sous les armes à s'unir dans l'action ».
Cette armée de l’ombre grandit, composée d’ouvriers, de mineurs, de fonctionnaires, d’enseignants, d’étudiants.

Ils sont gaullistes, militaires et hommes blessés de voir la nation abaissée, vendue aux ambitions d’idéologues lointains.

Ils sont hommes de foi, chrétiens, musulmans, juifs qui ne pouvaient supporter le traitement infligé à des êtres humains.

Ils sont communistes, antifascistes résolus qui avaient refusé le putsch de Franco ou la capitulation de Munich, déterminés à défendre la classe ouvrière et le bonheur commun.

Parmi eux, il y avait aussi des combattants d'origine étrangère, recrutés au sein des FTP MOI comme le poète arménien Missak Manouchian, prêts à sacrifier leur vie pour leur pays d'accueil, au nom d'un idéal partagé, celui de la liberté et de la République. Avec ses camarades, ils seront fusillés le 21 février 1944.

Ils sont l’orgueil de notre peuple qui ne plie pas devant l’abominable.

En ce 27 mai 2020, nous pensons à eux tous, d’où qu’ils viennent. La force de la nation, la liberté de la France de bâtir ses propres choix, l’indépendance nationale, s’est forgée dans ces combats.


Nous voulons aussi rappeler l'ambition portée par les membres du Conseil national de la Résistance : imaginer la France dans laquelle ils rêvaient de vivre, dans l'affirmation d'une République généreuse et solidaire, avec un programme ambitieux intitulé « Les jours Heureux ».

Deux ans après la première réunion du CNR, alors que le pays est encore en ruines, le défi est relevé.

Un gouvernement auquel participent des ministres gaullistes, communistes, de la SFIO, fait le choix de mettre en œuvre des avancées majeures, dans le sillage de celles menées, quelques années plus tôt, par le Front populaire :
- les femmes votent pour la première fois le 29 août 1945 ;
- la Sécurité sociale est inventée et mise en place, tout comme notre système de retraite par répartition ;
- le gouvernement nationalise les Houillères, Renault, les banques de dépôt et la Banque de France, l’électricité et le rail;
- le droit à l'éducation et à la culture pour tous est instauré.

Un tel programme, mis en place au sortir d'une déflagration aussi traumatisante, fait écho à notre propre défi, à l'heure où notre pays, mis brutalement à l'arrêt par la pandémie, affronte une crise d'une ampleur inédite.

Quel chemin choisir, quand cette pandémie pointe en même temps les faillites d’un système économique qui épuise les êtres humains comme nos ressources naturelles ?

Cette journée de la Résistance porte en elle un message tellement fort cette année.

Parce que des millions de salariés, d’hommes et de femmes continuent de risquer leur vie face à ce virus microscopique, choisissant de servir le pays, soigner, nourrir, transporter, enseigner malgré tous les risques.

Je tiens à saluer le courage et la détermination du monde du travail, de toutes celles et tous ceux qui font aujourd’hui encore, la force de la nation, la fierté de notre pays.
Et c’est un défi d’aussi grande importance que notre pays doit relever aujourd’hui, celui de permettre à chacune et à chacun de vivre dignement, de se sentir protégé, de croire dans l’avenir, pour lui comme pour ses enfants.

C’est pourquoi nous appelons à ne pas céder aux sirènes qui préparent déjà aux souffrances que notre peuple devrait endurer à cause de cette pandémie, comme si nous n'avions pas les moyens, les ressources, les richesses et l’énergie de promettre, à notre tour, des Jours Heureux.

Aujourd'hui comme hier, nous devons tenir bon, être ambitieux pour notre pays, refuser de croire que le chômage et la pauvreté devraient augmenter inexorablement alors que tant tant de besoins, tant de chantiers, tant d’emplois doivent être créés, pour nos services publics, pour notre système de santé, pour notre industrie, pour protéger la biodiversité et le climat.

Nous avons tant de richesses à mettre au service du développement humain et de la planète.

La nation française est forte de son histoire, de celle de 1789 qui abolit la monarchie à celle de 1943 qui restaure la République.

Inscrivons 2020 dans ce calendrier historique qui a bâti notre identité aux yeux du monde, car à chaque fois, à chacun de ces rendez vous, c’est le peuple de France qui a fait le choix de s’unir, de reprendre en main sa souveraineté, son économie, sa liberté.

Oui, le choix que nous appelons de nos vœux, ce n'est pas celui de la sueur et des larmes. C'est au contraire celui d’une France unie et déterminée à éradiquer la pauvreté, le chômage, à relever le défi du climat.

Qui peut dire que nous n’en n’avons pas les moyens et la force ?

Car les moyens et la force de relever ces défis, de garantir le droit au bonheur et une vie digne, c’est vous, c’est chacune et chacun d’entre vous, et toutes ces richesses que nous avons aujourd’hui.

Choisissons de les mettre au service d’une société nouvelle.

Alors oui, il est temps de nous unir, de nous rassembler, dans notre plus grande diversité, d’en appeler à toutes les force progressistes, celles du monde du travail et du mouvement social.

Le Parti Communiste Français, qui fête ses 100 ans cette année, souhaite partager toujours avec vous cet idéal de paix, de solidarité et de bonheur qui ne l’a jamais quitté dans son histoire. Hier comme aujourd’hui, nous serons toujours présents pour bâtir, avec d’autres, dans l’union la plus large des Françaises et des Français, une société qui place l’être humain et la planète au cœur de tous ses choix.

 

source : https://www.pcf.fr/discours_de_fabien_roussel_secr_taire_national_journ_e_nationale_de_la_r_sistance_27_mai_2020



 

COUR D’APPEL DE PARIS : PATRICK ET ISABELLE BALKANY CONDAMNES RESPECTIVEMENT A 5 ET 4 ANS DE PRISON FERME POUR BLANCHIMENT AGGRAVE DE FRAUDE FISCALE

Procès Balkany

Patrick Balkany condamné à 5 ans de prison en appel pour blanchiment aggravé

© AP Photo / Francois Mori

FRANCE

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Ce mercredi 26 mai, Isabelle et Patrick Balkany ont été condamnés par la cour d’appel de Paris pour blanchiment aggravé et prise illégale d’intérêt. Ils ont été soupçonnés d’avoir dissimulé 13 millions d’euros d’avoirs au fisc entre 2007 et 2014, notamment deux somptueuses villas.

Déjà condamnés pour fraude fiscale et déchus de leur mandat, Patrick et Isabelle Balkany, anciens édiles de Levallois-Perret, ont été de nouveau condamnés ce mercredi pour blanchiment aggravé et prise illégale d’intérêt.

 

Patrick et Isabelle Balkany

© AFP 2020 LIONEL BONAVENTURE

«Grain de riz, c'est un petit "boat people"»: Isabelle Balkany se défend de racisme

 

En rendant le verdict, la cour d'appel de Paris a évoqué des faits «commis de façon persistante», ainsi que «l’emploi de montages sophistiqués» , tout comme une fausse déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

L'époux Balkany a ainsi été condamné à cinq ans de prison en appel pour blanchiment et prise illégale d'intérêt, tandis que sa femme écope de quatre ans de prison pour blanchiment.

Le couple se voit aussi infliger dix ans d'inéligibilité et chacun des époux une amende de 100.000 euros. L'accusation a réclamé également la saisie de leurs biens, en particulier le luxueux moulin de Giverny (Eure) dont ils conservent l'usufruit.

Affaire Balkany

 

Patrick et Isabelle Balkany

© AFP 2020 LIONEL BONAVENTURE

«Grain de riz, c'est un petit "boat people"»: Isabelle Balkany se défend de racisme

Patrick Balkany, 71 ans, est incarcéré depuis le 13 septembre, lorsqu’il a été condamné à quatre ans de prison pour fraude fiscale. Un mois plus tard, il a été condamné à cinq ans de prison pour blanchiment aggravé avec un nouveau mandat de dépôt.

 

Son épouse, Isabelle Balkany, a écopé pour les mêmes faits de respectivement trois et quatre ans de prison, mais sans mandat de dépôt. Le couple a également été condamné à 10 ans d’inéligibilité.

En première instance, le 18 octobre dernier, Patrick Balkany avait été condamné à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt et à 10 ans d'inéligibilité, son épouse, à quatre ans de prison ferme sans mandat de dépôt et 10 ans d'inéligibilité .

https://fr.sputniknews.com/france/202005271043847042-patrick-balkany-condamne-a-5-ans-de-prison-en-appel-pour-blanchiment-aggrave/


 

BUZIN MAINTIENT SA CANDIDATURE A LA MAIRIE DE PARIS

Agnès Buzyn, le 16 février 2020

Agnès Buzyn réaffirme sa candidature à la mairie de Paris. Ira-t-elle au bout de la «mascarade»?

© AP Photo / Rafael Yaghobzadeh

FRANCE

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Dossier:

Élections municipales de 2020 en France (81)

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Après la parenthèse de l’épidémie de Covid-19, le cas Agnès Buzyn revient hanter le camp de la majorité: elle s’est réaffirmée, ce 26 mai, candidate à la mairie de Paris. Pourtant, la course municipale condense à elle seule toutes les contradictions de La République en marche et toutes les polémiques autour de la gestion de la crise sanitaire.

«Je suis bien candidate au 2e tour. Avec mon total engagement.»

C’est avec force, sinon avec conviction, qu’Agnès Buzyn a réaffirmé ce 26 mai, à ses colistiers, sa volonté de conduire la liste LREM aux municipales de Paris. Un ton qui tranche avec son silence gêné depuis l’interview accordée au Monde, le 17 mars dernier, dans laquelle elle expliquait:

«Quand j’ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous. Je suis partie en sachant que les élections n’auraient pas lieu.»

De fait, les larmes de la ministre lors de la passation de pouvoir le 17 février avec son successeur à la Santé, Olivier Véran, faisaient écho à celles que décrivaient ce même article du 17 mars, largement repris et dévastateur pour la crédibilité de la candidate, après l’épreuve du premier tour des municipales. «Elle pleure», constatait alors le quotidien du soir.

 

Agnès Buzyn

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Agnès Buzyn placée sous protection policière suite aux polémiques sur sa gestion de la crise

Et pourtant, le cauchemar continue pour l’ex-ministre, candidate à la mairie de Paris. L’équipe de campagne de l’ex-ministre de la Santé controversée retrouve le même champ de ruines qu’au lendemain d’un premier tour des municipales, maintenu le 15 mars dernier en dépit de la vague annoncée du coronavirus.

Mais Agnès Buzyn serre les dents. «J’ai mûrement réfléchi à la manière dont je pouvais mener cette campagne dans des circonstances exceptionnelles, politiques et personnelles. J’ai beaucoup travaillé sur le dispositif pour nous permettre d’y aller la tête haute, tenir, trouver les ressources en moi», a-t-elle encore déclaré. La candidate a en outre assuré qu’elle aurait «l’occasion de s’expliquer sur les attaques» contre elle après ses déclarations au Monde.

Signe du désarroi de LREM à Paris, coincé avec une candidate embarrassante dans un entre-deux tours à rallonge, une réunion de l’équipe devait avoir lieu ce 26 mai, avant d’être annulée. L’occasion pour l’ex-ministre de la Santé et hématologue de sortir de son silence et de tenter de relancer une campagne à vrai dire moribonde.

Plombée par ses confessions dans Le Monde

Selon plusieurs médias habilités à citer des bruits de couloirs sans donner leurs sources, Agnès Buzyn hésitait à se lancer dans un combat perdu d’avance. Les candidats marcheurs aux différentes mairies d’arrondissements parisiens auraient été prévenus tard la veille d’une annulation qui n’a même pas été accompagnée d’une explication. Elle sera remplacée au pied levé par une visioconférence durant laquelle l’ex-ministre a donc tenté de rassurer ses troupes.

«Agnès Buzyn est tiraillée entre l’orgueil et la volonté de jeter l’éponge. Elle est en train de se rendre compte que n’importe quelle personne sensée s’épargnerait ce supplice», explique-t-on à LREM, selon une source anonyme citée par Le Parisien.

 

Agnès Buzyn

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En pleine tourmente, Agnès Buzyn recasée chez Unicancer, fausse bonne idée?

Mais il n’est pas sûr qu’il s’agisse d’orgueil. Selon ses fameuses confessions, explosives et sidérantes, faites au quotidien Le Monde, Agnès Buzyn se vivrait plutôt comme une victime sacrificielle. Elle aurait été poussée malgré elle, selon certains médias, par Emmanuel Macron à monter au front en urgence, suite au désastre de Benjamin Griveaux et de ses messages pour le moins grivois.

Ses propos avaient provoqué un tollé quand elle avait qualifié dans les colonnes du quotidien vespéral le scrutin de «mascarade», face au «tsunami» de l’épidémie qui s’annonçait. Plus inquiétant pour l’exécutif, Agnès Buzyn avait aussi affirmé avoir alerté Emmanuel Macron sur le risque lié à l’épidémie du nouveau coronavirus dès le 11 janvier et plaidé en mars pour le report du scrutin.

«Depuis le début, je ne pensais qu’à une seule chose: au coronavirus. On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade. La dernière semaine a été un cauchemar. J’avais peur à chaque meeting.»

Aussi, les confidences d’Agnès Buzyn, gravées dans les mémoires, obèrent-elles sérieusement les chances de la candidate. De plus, médecin au parcours impressionnant, ex-belle fille de Simone Veil et épouse d’Yves Lévy, directeur de l’INSERM, elle n’était jamais passée jusque-là par la sanction du suffrage universel.

La peur du suffrage universel pour une ministre jamais élue

Un temps, elle avait été sollicitée pour prendre la tête de liste aux élections européennes de 2019. Mais Agnès Buzyn avait préféré se soustraire à une campagne qui s’annonçait sans doute «violente» comme le rappelait alors Le Figaro. Cette fois, en bon petit soldat, l’ex-ministre s’est mise dans une situation cornélienne. Doit-elle se résoudre, au mieux, à endosser le rôle d’une figurante dans la campagne municipale de Paris? Au pire, son retour sur le devant de la scène pourrait raviver la polémique sur son rôle, ou son silence solidaire du gouvernement, en amont de la crise sanitaire.

 

Edouard Philippe et Agnès Buzyn sur les bancs de l'Assemblée nationale.

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«On nous a menti depuis le début»: Agnès Buzyn, maillon faible?

«Il y a trois problèmes dans cette élection à Paris: LREM, Buzyn et Macron», assène une conseillère de Paris, en jugeant que le Président a désavoué le bilan de l’ancienne ministre via les annonces du «Ségur de la santé». Conséquence: les soutiens d’Agnès Buzyn se font hésitants et les militants sont en proie au doute. Une première réunion n’avait pas pu permettre de confirmer que la candidate allait repartir à l’assaut de la mairie de Paris.

«Agnès Buzyn a dit à tout le monde que chacun pouvait faire sa campagne dans son arrondissement et qu’elle comprenait si certains ne voulaient pas mettre sa photo sur les affiches», ont relaté plusieurs participants à cette réunion, cités par l’AFP.

À la fin, «je ne savais pas si elle était candidate», expliquait une participante désorientée. Seules les inébranlables voix de LREM semblent persister à soutenir l’ex-ministre de la Santé. «Il faut qu’on soutienne notre candidate, c’est une grande femme», a martelé le 24 mai Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics. «Elle a eu le courage de remplacer Benjamin Griveaux dans des circonstances difficiles», a-t-il encore avancé.

Pourtant confronté à de nouvelles défections de députés –signe d’une crise toujours plus ouverte dans la majorité présidentielle–, Stanislas Guerini, patron du groupe LREM à l’Assemblée nationale, est également venu au secours de la candidate. «Agnès Buzyn est déterminée et nous sommes déterminés à porter ensemble un projet pour Paris», a-t-il affirmé le 25 mai.

Pour autant, comment, dans ces conditions, envisager une campagne de second tour? D’autant que pendant le confinement, alors qu’Agnès Buzyn avait disparu de la circulation, ses deux rivales arrivées en tête au premier tour, Anne Hidalgo et Rachida Dati, ont occupé le terrain. La maire sortante de Paris a su montrer qu’elle était aux commandes, martelant notamment sa politique pro-vélos et anti-voitures. Et, au terme d’une campagne réussie, Rachida Dati, maire du VIIe arrondissement, s’est posée en opposante significative à la maire socialiste.

Dans un tel contexte, la question se pose: Agnès Buzyn va-t-elle tenir jusqu’au bout et endosser une défaite qui s’annonce cuisante?

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