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DANIEL VANHOVE : LA FRANCE A TROUVE SON NOUVEAU DREYFUS, IL S’APPELLE « MOHAMED »

La France a trouvé son nouveau Dreyfus, il s’appelle ‘Mohammed’

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Le tapage et la surenchère médiatiques habituels suscités par l’assassinat du professeur Paty par un jeune tchétchène est révélateur de plusieurs choses qu’il faut rappeler :

1. l’esprit colonial – et donc raciste (n’ayons pas peur des mots) – d’une majorité des intervenants, tant au niveau politico-médiatique qu’au niveau de la population, est aussi affligeant qu’instructif ;

2. la dérive vers une fascisation de l’appareil d’Etat français se confirme par la prise de décisions toujours plus liberticides, répondant en cela à la demande d’une part de la population toutes tendances confondues ;

3. en-dehors de ce qui est publié sur lui, d’où sort ce jeune Tchétchène ? Qui est-ilvraiment ? ‘Décapiter’ un individu n’est pas simple, comment y parvenir sans entraînement ? Est-il un électron libre ou finira-t-on par apprendre qu’il était en lien avec quelque réseau comme celui des armes utilisées par A. Coulibaly lors de la fusillade à l’Hyper Cacher qui lui ont été délivrées par Cl. Hermant, ex-membre de la sécurité du FN, et ‘indic’ des douanes et de la gendarmerie ? Et, comme d’autres avant lui, que savait-il de gênant pour qu’il soit tué et non blessé – comme cela est pratiqué dans d’autres pays – afin de pouvoir mener une enquête avec le principal intéressé ?

https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/10/02/au-proces-des-attentats-de-janvier-2015-l-indic-les-armes-et-le-chainon-manquant_6054462_3224.html)

Loin de plumes anonymes, petit relevé – très incomplet – de ce florilège nauséabond de la part de personnes en vue :

 « Ils décapitent nos professeurs, nous on va enseigner l’arabe », écrit R. Ménard, maire de Béziers, ancien responsable de ‘Reporters Sans Frontières’, qui organise dans sa commune des campagnes publicitaires ignobles avec l’argent du contribuable, et dont le racisme cache mal de piètres notions de géographie : en Tchétchénie on ne parle pas arabe !

 « Les femmes musulmanes qui portent le voile portent en réalité une arme sur la tête, il faut donc leur retirer le port d’arme ! », déclare l’aspirant ‘Reichführer’ Eric Ciotti, sur la chaîne Cnews où E. Zemmour condamné à plusieurs reprises pour propos racistes gardait son rond de serviette et où l’infatué G.W. Goldnadel appelle à la ‘vengeance’ sans aucune réaction de la part de la chaîne… ni du CSA ;

 « Quand mon pays est attaqué, je suis là ! », annonce l’inénarrable M. Valls sur BFMtv… mais de quel pays parle-t-il, ce camé-léon qui tend la sébile pour se trouver une planque tant en Espagne qu’en France et bouffe à tous les râteliers !?

 « Il faut immédiatement reproduire massivement toutes les caricatures de Charlie, les placarder sur tous nos murs pour faire taire les assassins. Ils peuvent tuer une personne, ils ne nous tueront pas tous », assène P. Bruckner, sioniste bien à l’abri du pays dans lequel il pérore, mais que tous ceux qui sont la cible des guerres de nos Etats – comme en Palestine – ne peuvent hélas reprendre en chœur, dès lors qu’eux, on les tue TOUS avec notre technologie mortifère et nos ventes d’armes aux pires régimes !

 « Suite au drame des Yvelines, et pour maintenir la paix civile en France, Macron doit consulter les Français par référendum sur la politique migratoire qu’ils veulent », ose Fr. Asselineau qui réagit comme le troupeau en profitant de la sidération de la population. Politique de bas étage, comme les autres, finalement !

– « Moi, je pense qu’il y a un problème avec la communauté tchétchène en France », lâchera J-L. Mélenchon avant de rétropédaler, sauf que la sentence est lâchée, trahissant de la sorte le même fond de pensée que les autres.

 « ’Aux armes citoyens… ils viennent jusque dans vos bras égorger vos fils et vos compagnes’… non, ce n’est plus virtuel, hélas ! Samuel Paty décapité. Colère. Réveillons-nous ! C’est presque trop tard. Stop à l’angélisme !! 100% des 267 victimes en France sont dues aux islamistes !! », tweete M. Habib, député, dont la déclaration est une incitation à la violence punissable par la loi… Mais, parlerait-il de ce qui se fait tous les jours en Palestine occupée et qu’il soutient au nom de son appartenance à la criminelle idéologie sioniste ?

– Je passe sur les ‘idiots utiles’ (Barbier, Pécresse, Bertrand, Lévy, Cazeveuve, Le Pen, Fillon, Val, Castex et autres hyènes attirées par l’odeur du sang pour nous livrer leur mantra fourre-tout d’‘islamo-gauchisme’ aussi vide de sens que ce qui leur reste d’un cerveau putréfié par le sionisme) pour reprendre le clou de l’affaire, signé par l’inculte Ministre de l’Intérieur : « Je vais proposer la dissolution du CCIF et de BarakaCity, des associations ennemies de la République. Il faut arrêter d’être naïfs et voir la vérité en face : il n’y a aucun accommodement possible avec l’islamisme radical. Tout compromis est une compromission ». Sauf que ce faisant, ce responsable politique semble passer outre les procédures démocratiques qui nécessitent au minimum un débat avant toute prise de décision dans ce qui prend l’allure d’une grave dérive autoritaire, s’ajoutant à toutes celles prises dans le cadre de la crise sanitaire.

Laissé en roue libre par ses supérieurs, il lui a fallu ajouter le lendemain sur un plateau : « Moi ça m’a toujours choqué de rentrer dans un hypermarché et de voir un rayon de telle cuisine communautaire »… Pas difficile de deviner de quelle cuisine il parle. Question subsidiaire : comment fait-il quand il a envie d’une pizza, d’un riz cantonnais, d’un couscous ou d’une paella ?…

Les amalgames sont à leur comble. Et comme figurait sur un panonceau : ‘Moquez les juifs, vous serez accusé d’antisémitisme ; moquez les femmes, vous serez accusé de sexisme ; moquez les musulmans, vous serez protégé par la Liberté  d’expression !’ 

Si les gouvernements successifs de la France avaient réellement le souci de protéger leurs concitoyens de l’islamisme, ils ne vendraient pas des armes aux régimes pourris que l’on sait, ni n’armeraient et ne financeraient les groupes djihadistes divers selon les terrains d’opérations.

Et je m’associe avec Mona Cholet quand elle souligne via Twitter : « Tous ces gens qui n’existent médiatiquement ou politiquement que grâce à la haine, au sang et au meurtre, qui s’y épanouissent, et qui voudraient nous faire croire qu’ils sont la solution face au terrorisme, alors qu’ils accélèrent seulement notre course vers l’enfer. »

Mais, relevons le défi de ce minable Ministre, et regardons donc la ‘vérité en face’, analysons le fond de ce qui est annoncé comme combat, ramené selon l’habituelle rengaine à la sacro-sainte ‘liberté d’expression’ reprise en chœur par les bien-pensants de tous bords en hymne à un professeur dont on peut se demander s’il n’y a pas d’autre approche possible pour aborder un tel sujet avec des enfants. Le pays est tombé si bas que cette ‘liberté d’expression’ en est réduite à des caricatures d’une publication d’un goût plus que douteux. La ‘liberté d’expression’ à la française y est résumée à de piètres dessins, qui eussent été classés ‘pornos’ s’il c’était agit de photos, représentant – désolé pour la vulgarité – des trous de culs, des couilles, des bites, des vagins, et j’en passe… qui n’ont pour autre objectif que de choquer, d’insulter, d’humilier certains compatriotes. Voilà ce que sont devenues les ‘Lumières’ dont la France se gargarise tant, et qu’elle voudrait désormais imposer comme étendard. Il y a vraiment de quoi être fiers !

Et quand on lit que ce genre de torchon devrait être placardé partout et proposé aux collégiens âgés pour certains de 12 ans ‘dès la rentrée’, on peut se poser de sérieuses questions sur ce qui anime l’esprit de tous ceux qui pensent ainsi – y compris au Ministère de l’Education nationale – sauf à rappeler le nombre incroyable d’abus sexuels sur mineurs (dont certains protagonistes sont régulièrement invités dans les médias) et aussi que le Ministre en cause fait l’objet de deux enquêtes pour viols – accusé dans la foulée de ‘trafic d’influence’ et de ‘conflit d’intérêts’. Et qu’on ne peut oublier les frasques des Mitterand, Chirac, Sarkozy, Hollande et plus récemment, de celle qui est devenue la 1è Dame de France après avoir initié une relation avec un mineur devenu Président de l’Etat. Sans passer sous silence le projet de loi que certains élus ressortent régulièrement pour abaisser la majorité sexuelle des jeunes… afin de pouvoir sans doute s’adonner à leurs fantasmes sans risque de poursuites ! D’un coup, on perçoit mieux l’image de cette France que d’aucuns veulent imposer à ceux qui à juste titre y résistent, et ne veulent pas que leurs enfants y adhèrent.

Suite aux attentats de 2015, dans la ‘Charte de la Laïcité à l’Ecole’ publiée avec tout le decorum que l’État y a mis, est stipulé en son point 3 : « La laïcité permet la libre expression de ses convictions, dans le respect de celles d’autrui et dans les limites de l’ordre public ». Force est de constater qu’on en est loin.  https://www.education.gouv.fr/bo/13/Hebdo33/MENE1322761C.htm

En réalité, les projets de ce cercle politico-médiatique pervers sont de plus en plus clairs : distraire tous les frustrés – et ils semblent être nombreux sous la ceinture  – de la Nation qui ainsi peuvent se lâcher dans une parole désormais ‘décomplexée’. En vérité, la France ne défend pas la ‘liberté d’expression’ d’ailleurs régulièrement censurée quand elle ne convient pas au gotha, elle promeut le droit à la pornographie dès le plus jeune âge, nuance ! 

Pendant ce temps, le gouvernement peut poursuivre ses plans sordides de privatisations généralisées jetant de plus en plus de citoyens dans la précarité. La stratégie est toujours la même : distraire la plèbe qui survit dans des conditions de plus en plus dures de par les choix politiques désastreux de ces gouvernements soumis aux financiers, en lui jetant à la tête un bouc émissaire lui servant d’exutoire. En son temps, ce fut Dreyfus. Aujourd’hui, ce sont les ‘Mohammed’ !

Pour tenter d’élever le débat sur ce tragique évènement, lisez plutôt :  https://blogs.mediapart.fr/jamel-dean/blog/181020/qui-tue-samuel-paty 

Daniel Vanhove

23.10.20

NARCISSE MACRON : NOUS DENONCONS UNE RESTRICTION SANS PRECEDENT DE L’ACCES AUX ARCHIVES CONTEMPORAINES

Nous dénonçons une restriction sans précédent de l’accès aux archives contemporaines

 

Faut-il encore s’inquiéter de l’accessibilité au public des plans du débarquement du 6 juin 1944 soixante-quinze ans après la Seconde Guerre mondiale, lesquels portent un tampon « secret » ? Protéger des informations secrètes est essentiel. Qui en douterait ? A condition toutefois que ces informations soient réellement sensibles et qu’elles constituent toujours un secret défense. Quand il n’y a plus de secret, il ne devrait plus rien y avoir à protéger.

Pourtant le Service historique de la Défense annonce la nécessité d’une « déclassification » formelle de tous les documents portant les fameux tampons « secret » depuis 1940. Pièce par pièce. Cette mesure provoque déjà une paralysie du service. Elle entraine des délais de communication très longs, voire l’impossibilité d’accéder à des archives pourtant communicables de plein droit selon le Code du Patrimoine. En effet les archives dont la communication porte atteinte au secret de la défense nationale, aux intérêts fondamentaux de l'Etat dans la conduite de la politique extérieure, à la sûreté de l'Etat, à la sécurité publique doivent être accessibles à tous après une échéance cinquante ans.

Tout le paradoxe est là : des délais d’accessibilité existent pour ces documents et ces délais sont aujourd'hui largement échus pour la majeure partie des documents produits avant 1970. Mais on évoque une instruction générale interministérielle de 2011 pour justifier une nécessaire « déclassification » formelle des documents secrets avant toute communication aux lecteurs. Pourquoi cette soudaine volonté de déclassifier des documents considérés jusqu’à il y a peu comme accessibles à tous ? Pourquoi prendre le risque d’entraver gravement les recherches historiques ?

Au-delà du Service historique de la Défense, où la tâche est particulièrement titanesque compte tenu de la nature des archives qui y sont conservées, cette nouvelle mesure concerne toutes les archives publiques. Ce sont plusieurs centaines de milliers de documents et des dizaines de kilomètres linéaires de papiers qui doivent être regardés un à un au nom de cette application abusive, et partant dangereuse, du principe de protection du secret de la défense nationale exigée par le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale.

Une restriction sans précédent de l’accès aux archives contemporaines de la Nation sous le prétexte abusif de la nécessité de protection du secret de la défense est en cours.

Acteurs et actrices de la recherche en histoire, nous dénonçons la mise en œuvre de cette mesure sans qu’aient été expliquées et débattues publiquement ses motivations et ses modalités et, au-delà, sans qu’aient été mises en place les conditions techniques permettant de garantir dès à présent la continuité et la pérennité de l’accès aux archives publiques.

Depuis la Révolution française, la République garantit aux citoyens un accès aux papiers de l’Etat, accès qui est considéré comme une protection indispensable contre l’arbitraire et le code du patrimoine stipule que les archives publiques sont communicables de plein droit, sous réserve de délais de communicabilité pour certaines d’entre elles. Cette dérogation au principe d’une publicité universelle et immédiate de l’action publique vise autant à protéger la vie privée des individus qu’à garantir l’efficacité et la sûreté de l’Etat. Elle garantit à la fois la sécurité et la liberté des citoyens. Cet équilibre doit être assuré par une limitation dans le temps des restrictions de communicabilité.

Aujourd’hui, toute personne qui divulguerait des informations contenues dans des archives tamponnées « secret défense » sans déclassification préalable s’expose à des poursuites pénales pour compromission du secret de la défense nationale. Or certains de ces documents ont été massivement communiqués depuis des années voire des décennies. Les livres d’histoire sur la Seconde Guerre mondiale et les guerres de décolonisation les citent abondamment et les reproduisent parfois. En tirant le fil jusqu’à l’absurde, tous leurs auteurs s’exposent à des poursuites, de même que les responsables de fonds qui leur ont communiqué ces documents de toute bonne foi.

Quelles que soient les motivations à l’origine de ces nouvelles consignes, elles placent les archivistes dans une situation impossible. Elles menacent le patrimoine de la Nation. Des documents déjà anciens risquent d’être endommagés, peut-être irrémédiablement, par l’opération concrète de déclassification, que ce soit à cause du tampon, des encres ou de l’inscription.

Au-delà de la dimension patrimoniale, ces mesures portent un coup d’arrêt brutal à la recherche sur des sujets essentiels pour la connaissance historique et le débat public dans notre démocratie. Les archives ayant été à un moment de leur vie classifiées ne concernent pas que l’histoire militaire : elles permettent d’écrire l’histoire de la Nation. Dans les mois à venir, et si rien n’est fait pour débloquer la situation, il sera de facto impossible de travailler sur nombre de sujets portant sur l’histoire de France depuis 1940.

Pour faire face à la désorganisation, le ministère des Armées annonçait le 11 février dans la précipitation des « moyens supplémentaires ». Quand seront-ils déployés ? Comment ? Rien n’est dit à ce sujet. Le blocage est d’ores et déjà effectif : des recherches sont désormais en attente, faute d’accès aux sources. Force est de constater que certains travaux majeurs sur l’histoire de la France contemporaine publiés ces dernières années ne pourraient plus être écrits aujourd’hui par des historiens travaillant aux archives françaises. Faut-il en revenir à ce qui prévalait lorsque l’historien américain Robert Paxton, au début des années 1970, a dévoilé l’ampleur de la politique de collaboration menée par Vichy… à partir des archives allemandes, car les archives françaises étaient fermées ?

Depuis le grand discours de Jacques Chirac de 1995 sur la rafle du Vel d’Hiv, les présidents de la République affirment régulièrement la nécessité de faire toute la transparence sur le passé de la France, même le plus délicat, et de réconcilier les mémoires des Français. En janvier, le président Macron a exprimé son souhait que les archives de la guerre d’Algérie ne soient plus réservées aux seuls historiens afin qu’un « travail politique mémoriel » puisse être entrepris. Contre cette volonté d’ouverture et de transparence présidentielle affirmée depuis un quart de siècle par des gestes concrets (dérogations générales de 1998 et 2015 sur les fonds de la Seconde Guerre mondiale par exemple), cette pratique qui vise à contrôler voire à refermer des documents historiques déjà archivés apparait comme une régression majeure.

Au moment même où commencent les commémorations de l’année de Gaulle, dont celle 80e anniversaire de l’appel du 18 Juin, la fermeture de fait pour une durée indéterminée des archives classifiées postérieures à 1940 a de quoi surprendre. De la même manière, alors que le président s’apprête à rendre hommage à l’engagement militaire des harkis et tandis que se profilent les soixantièmes anniversaires du putsch d’avril 1961 et de la fin de la guerre d’Algérie, l’écriture de cette histoire pourtant essentielle à la compréhension des enjeux contemporains est largement compromise. Il est vain de prôner un quelconque devoir de mémoire si l’impératif d’histoire ne peut concrètement être rempli.

Rappelons-le : ces archives ont pour l’essentiel déjà été communiquées. Il n’y a donc plus de secret. Et s’il en reste, il est temps, 50 ans au moins après les faits, de lever le voile dans le cadre fixé par la loi. Par conséquent, nous demandons l’application du Code du Patrimoine et de la loi sur les archives de 2008, et donc l’accès immédiat et sans réserve à ces archives publiques à l’issue des délais légaux.

 

Cette tribune a initialement paru dans Le Monde du 14 février 2020 sous le titre « Nous dénonçons une restriction sans précédent de l’accès aux archives contemporaines de la nation ». En ligne : https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/02/13/nous-denoncons-une-restriction-sans-precedent-de-l-acces-aux-archives-contemporaines-de-la-nation_6029398_3232.html

 

Can the D-Day plans be disclosed?

Seventy-five years after the Second World War, should we still worry about public accessibility of plans for the June 6, 1944 landing, which bears the “secret” stamp? Protection of secret records is essential. Who could doubt it? Provided however the information is indeed sensitive, and still constitutes a defence secret. Where there are no more secrets, there is no reason to deny access.

However, the Service Historique de la défense recently announced the need for formal “declassification” of all documents bearing the famous “secret” stamps since 1940. One by one. This measure has already resulted in paralysis of the service. It is leading to steep delays, or even the impossibility of accessing archives which are already available in line with the Heritage Code. Under this code, even archives judged to undermine national defence or fundamental interests of state in the conduct of foreign policy must be made accessible to all after a period of 50 years. The paradox is thus: Periods of accessibility exist for archives, and these periods have – for most of the documents produced before 1970 – now largely expired. But we make mention of the general inter-ministerial instruction of 2011 on the need to justify “declassification” of formal secret documents before they can be accessed by readers. Why is there a sudden need to declassify documents which until recently were accessible to all? Why risk undermining the pursuit of historical research?

Beyond the Service Historique de la défense – where the task is particularly titanic given the nature of the archives preserved there, this new measure affects all public archives. Several hundreds of thousands of documents and tens of linear kilometres of paper materials must be considered one by one as a consequence of this abusive, and dangerous, application of the principle of protection of military secret required by the General Secretariat for Defence and National Security.

An unprecedented restriction on access to the Nation’s contemporary archives under the improper pretext of the “protection of national secrets” is now under way.

As practitioners of the historians’ craft, we denounce the implementation of this measure, which has been implemented without its motivations and methods having been clearly explained or publicly discussed and beyond this, without the technical conditions having been established to immediately guarantee continuity and sustainability of access to public archives.

Since the French Revolution, the Republic has guaranteed citizens access to State documents, access which is considered as an essential protection against arbitrariness. The Heritage Code itself stipulates public archives can be communicated on their own right, subject to delays. This special dispensation from the principle of universal and immediate access to information on public actions aims as much to protect the privacy of individuals as to guarantee the efficiency and security of the State. It guarantees both security and freedom for citizens. This balance is ensured by restrictions in terms of the time which must lapse before access to archival materials can be granted.

Today, anyone who discloses information contained in a “secret defence” stamped archive without prior declassification is liable to criminal prosecution for compromising national defence secrecy. However, some of these documents have been massively communicated for years or even decades. History books on the Second World War and wars of decolonization quote them abundantly and sometimes reproduce them in their entirety. By pulling the wire to the point of absurdity, all these authors are potentially liable to prosecution, as are those responsible for archival holdings who transmitted these documents in good faith.

Whatever motivation behind these new guidelines there are, the result is to place archivists in an impossible situation. They threaten the heritage of the Nation. Already old documents are at risk of damage, perhaps irreparably, by the actual declassification operation, whether due to stamp, inks or inscription.

Beyond the heritage dimension, these measures threaten to bring to an abrupt halt research on essential subjects of genuine historical interest and public debate in our democracy. Archives which have been classified at some point in their lives do not only concern military history; they allow the history of the Nation to be written and rewritten. In the coming months, if nothing is done to resolve the situation, it will be de facto impossible to work on a number of subjects relating to the history of France after 1940.

In response to the uproar which followed its announcement, the Ministry of Armed Forces hurriedly announced on February 11 “additional means”. When will they be implemented? How? Nothing is said about it. Barriers to historical research are already operative: And research has been halted due to lack of access to sources. What is clear is major works on contemporary French history published in recent years could today no longer be written by historians working in French archives. Are we going to back to the situation which prevailed in the early 1970s when American historian Robert Paxton revealed the extent of Vichy's collaboration from the German archives, because the French archives were then closed?

Since Jacques Chirac 1995 speech on the Vel d’Hiv roundup, the presidents of the Republic have regularly affirmed the necessity to ensure transparency of the French past - even the most sensitive parts – as part of efforts to write the public memory of the Republic. In January, President Macron expressed his wish that the Algerian war archives no longer be reserved only for historians so “political work of memory” can be undertaken. Against this desire for openness and presidential transparency affirmed for over a quarter of a century by concrete gestures (general derogations of 1998 and 2015 on the archival holdings of the Second World War for example), these new restrictions which aim to control or even close documents already archived comes into view as a major regression.

As the commemoration of the “Year of De Gaulle” begins, including the 80th anniversary of the June 18th appeal, the closure of the classified archives after 1940 for an indefinite period is puzzling. In the same way, while the president prepares to pay tribute to the military service of the harkis, and as the sixtieth anniversaries of the putsch of April 1961 and end of the Algerian war approaches, the writing of this history – essential to understanding contemporary issues – has been compromised. There is little point in advocating on the duty of memory if the work of historians cannot concretely be fulfilled.

It should be recalled, these archives have essentially already been opened for years.  There are no more secrets. And if there are any left, it is time, over 50 years after the events, to lift the veil within the framework enshrined by law.

We therefore request implementation of the Heritage Code and 2008 law on archive, and thus immediate and unreserved access to these public archives which have met the legal threshold for declassification.

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-nous-d%C3%A9non%C3%A7ons-une-restriction-sans-pr%C3%A9c%C3%A9dent-de-l-acc%C3%A8s-aux-archives-contemporaines?signed=true

 

 

MOUVEMENT POUR UN SOCIALISME DU 21ème SIECLE : SAMUEL PATY EST MORT. POUR CA ?

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Samuel Paty est mort . Pour ça ?

 

 

Publié le 20 octobre 2020

 

Il avait 47 ans, il s’appelait Samuel Paty, il était professeur d’histoire-géographie au collège de Conflans Sainte-Honorine, il avait une famille.
Cet homme est mort, mort d’avoir cru vivre dans un pays de liberté, un pays qui a érigé la laïcité en principe constitutionnel ( constitution du 27 Octobre 1946 article 1 : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale» , principe réaffirmé dans l’article1 de la Constitution de 1958). Cet homme est mort d’avoir cru la loi qui dit que : « la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes … »


Cet homme est mort d’avoir cru que son devoir d’enseignant de l’école publique lui enjoignait de proposer à ses élèves les outils de l’émancipation et de la liberté de pensée dans le respect des convictions de chacun.
 En agissant ainsi, il montrait sa foi en l’avenir et la force de son espérance en l’être humain.

Il a trouvé devant lui la barbarie primitive, infra humaine, de celui qui est passé des temps moyenâgeux aux technologies les plus modernes de communication sans transition civilisationnelle, la barbarie de celui à qui justement a manqué le rôle majeur qui était le sien.
 

  Il a fait l'objet de menaces de mort et une plainte a été déposée contre lui par un père d'élève. Il n'a pas été protégé et il n'a trouvé devant lui que la lâcheté de la machine officielle du monde de l’éducation et de nombre de ses acteurs, la médiocrité et la lâcheté du monde politique, les renoncements, les turpitudes, les abandons et les complaisances de tous ceux qui loin d’agir pour le bien commun, ne défendent que leurs intérêts et exerçant le pouvoir, revendiquent leur irresponsabilité.

L’émotion a déferlé sur la population, les manifestations, les recueillements, les fleurs. Les média ont déversé le flot ininterrompu d’une rhétorique martiale, de promesses gouvernementales déjà faites et jamais tenues qui nous ont amenés où nous sommes, à cette horreur originelle.



Le ministre de l’éducation nationale a prévu semble-t-il une minute de silence, lors de la rentrée des vacances dans tous les établissements scolaires. Une promesse qui n’engage guère et dont ne pourront se satisfaire les citoyens qui attendent un système éducatif digne d’un état civilisé.


Le MS21 ne peut s’en satisfaire

Nous ne nous tairons pas.


                                                                                                                                                 Autres textes du   MS21

                                                                                                             Affaire Mila : c'est ici

                                                                                                                                Lettre d'une adhérente : c'est ici

SYNDICAT CGT CULTURE VILLE DE PARIS : MEPRIS DES REGLES SANITAIRES A PARIS-MUSEES : DES VISITEURS CONFIRMENT

22 octobre 2020
L’heure de pointe (1925) par André Devambez : Musée Carnavalet

L’heure de pointe (1925) par André Devambez : Musée Carnavalet

« Nous avons été obligés de  faire la queue plus d'une heure à l'intérieur, collés les uns aux autres avant de pouvoir entrer dans l'exposition » ont-ils déclaré au journal Le Parisien

C’est peu dire que nos révélations faites la semaine dernière commencent à faire du bruit du côté de la direction de Paris-Musées, l’établissement public qui chapeaute les quatorze musées municipaux de la capitale (Petit Palais, Carnavalet, Musée d’Art Moderne…). Dans notre article, nous avions révélés comment la mairie de Paris s’affranchissait de toutes les règles sanitaires dans ses musées pour se faire un max de fric  avec pour conséquence des visiteurs qui étaient collé-serrés (lire ici).

Des informations désormais confirmées par le journal Le Parisien qui après notre article s’est rendu sur place et ses écrits ne sont guère flatteurs pour Paris-Musées et la direction du Petit Palais. Car oui, on fait la queue puis l’on s’entasse comme en témoignent  les visiteurs : « Comment se fait-il que mon mari et moi ayons dû patienter pendant 1h50 pour accéder à l'exposition sur la peinture danoise au Petit Palais alors que nous avions réservé un billet horodaté sur Internet puis ensuite obligés de faire la queue plus d’une heure à l’intérieur, collés les un autres  avant de pouvoir rentrer ? » s’agacent ils.

« Il devrait être possible d'évaluer le contingent de personnes admises selon les capacités du musée »  ajoute, cinglante, une autre. Une situation que l’on retrouvait d’ailleurs ces derniers temps dans d’autres musées comme Galliera, le MAM ou encore celui de La Vie Romantique. Nous donnions alors les explications suivantes: les visiteurs qui ont une carte d’abonnement annuel valable à n’importe quel moment, rentrait devant tout le monde mais surtout que Paris-Musées vendait plus de billets que le permettait la jauge officielle. Évidemment cette dernière, fixée à quatre carré par visiteurs par les autorités, explosait de partout comme le montrait si bien nos photos prises sur place.

Autre inconséquence de la direction de Paris-Musées : Le temps de visite estimé à une heure seulement pour blinder les ventes de tickets. Calcul malheureux reconnu benoitement par Christophe Leribault, le directeur du Petit Palais : « Nous avions mal paramétré le temps de visite, initialement évalué à une heure. Or, la durée de visite de l'expo généralement atteint une heure et demie. D'où la saturation » dit-il contrit au quotidien francilien. Il parait maintenant que, selon ses dires, l’erreur serait réparée en limitant finalement la jauge de l’exposition à deux cent personnes revenant ainsi au respect des consignes sanitaires. Et preuve que jusqu’alors elles étaient délibérément bafouées !

Mais, en fait, ce n’est pas tellement le risque de contamination des agents et des visiteurs qui inquiètent  nos pontes  mais plutôt comment faire pour casser les conditions de travail dans les musées ; Car pour le directeur du Petit Palais il faut mettre fin à  des usages scandaleux et de fustiger le fait que les musées doivent fermer leurs portes à 18h ! « Si nous avons un nombre d'agents suffisant, nous ouvrions jusqu'à 19 heures les samedi et dimanche, peut-être dès ce week-end », biche déjà le directeur du Petit Palais dans ses déclarations a la presse. Juste le temps pour les agents qui pour la plupart habitent en grande banlieue de rentrer chez eux pour échapper au couvre feux. En tous cas un projet qui synthétise bien là l’alliance du socialisme progressif et de la haute caste culturelle !

Mais rêvons un peu : peut être qu’un jour un ou une inspectrice du travail arrivera à conquérir l’Hôtel de Ville de Paris ? Ce n’est jamais arrivé, on le sait bien mais l’actualité politique est tellement riche en surprise que tout reste possible. Mais déjà la grogne monte fortement chez les agents. A tel point que même la très très modérée CFTC montre les dents au grand jour (voir ici).

 

 

 

        Moins disant social à Paris-Musée : l’alliance du socialisme progressif et de l'élite culturelle..

                            - Je  confirme que ce que j'ai autour du cou, c'est pas la médaille du travail !

http://daccgtculture.over-blog.com/2020/10/mepris-des-regles-sanitaires-a-paris-musees-des-visiteurs-temoignent.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

FRANCE : LE "PUTSCH MILITAIRE" EN COURS...

Coup d'Etat militaire signé Israël ou comment Israël exporte sa "guerre perdue" en territoire français

 
US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Le président français, Emmanuel Macron, en visite au mur de lamentation en Israël, en janvier 2020. ©AP

Depuis qu'en France, l'antisionisme est devenu antisémitisme, et que la Loi passée sous la présidence Macron traite les victimes des crimes commis par l'entité sioniste de « révisionnistes », plus rien n'étonne l'observateur pro-Résistance : que le défunt professeur Samuel Paty, endoctriné on ne sait par quelle officine, se dise un bon matin qu'il a la mission transcendantale d'éclaircir la conscience de « petits maghrébins » en plein cours d'histoire et de géographie, et ce, en les insultant en face, eux, leurs familles, leurs croyances et convictions, et qu'il le fasse sans que le recteur de l'école - lieu d'apprentissage du respect d'autrui et des religions - ne s'y oppose, est somme toute peu étonnant : la France s'est placée sous la tutelle du lobby pro-sioniste et son président a les yeux sans cesse tournés vers le CRIF, les Rothschild et compagnie

Ce qui est étonnant au contraire, c'est que le peuple français, par définition bien plus politisé que les autres nations d'Europe, se laisse si béatement emporter par cette affaire, sans y voir des signes trop manifestes d'une fabrique de guerre civil en cours.

Samuel Paty aura été le « fusible » de cette dangereuse guerre à venir dont l'objectif consiste à dévoyer des nations entières des vrais ennemis qui, retranchés au sein des appareils du pouvoir, poussent à diviser pour mieux régner, à pomper les richesses des nations et à les asservir. 

Sinon comment comprendre que le président Macron ait décidé moins d'une semaine après la mort de l’enseignant de la fermeture d'un centre proche de la Résistance palestinienne, Hamas, parmi des dizaines d'autres mosquées au nombre desquels ne figure curieusement aucune instance wahhabite, pourtant doctrine fondatrice de Daech.

C'est que Daech et son parrain saoudien et israélien font partie de ce vaste projet d'atomisation et de division des sociétés entières en Europe, projet qui est bien à l'oeuvre et depuis 16 ans en Irak et au Levant, a sans cessé achoppé sur la résistance de l'axe de la Résistance.

Alors que le président Macron tente d’attribuer le sauvage assassinat de Paty à Gaza, ses amis saoudiens roulent le tapis rouge à la liquidation de la cause palestinienne. Et il y a la France qui sur les pas de l'axe USA/Israël s'engage chaque jour un peu plus dans des guerres que les Français ignorent et qu'ils n'ont réellement aucun intérêt à mener : Syrie, Irak, Yémen, Méditerranée, Haut-Karabakh, pour ne citer que quelques-unes sans qu'aucune de ces aventures guerrières profitent de près ou de loin à la Marianne.

Bien au contraire, ces ukases venus de Washington et de Tel-Aviv coûtent trop chers, bien trop chers aux Français à qui dès 2016, Trump réclamait 2.2% de leur PIB. Quatre ans plus tard, les dépenses militaires des pays européens membres de OTAN sont en hausse de 4,3% !  

« En France, souligne le site militaire Opex360, la Loi de programmation militaire prévoit de porter les dépenses militaires à 41 milliards d’euros en 2022, puis à 44 milliards d’euros l’année suivante [une incertitude plane pour les deux dernières annuités]... Mais le fait que l’effort de la France en matière de défense ait été évalué à 2,11% du PIB [pensions comprises] ne veut pas dire que les forces françaises ont à leur disposition un budget à la hauteur des besoins nécessaires pour assurer leur remontée en puissance. »

Cela veut dire au clair que l'argent des taxes soutirés au peuple français qui a sur le dos une dette extérieure équivalent à 2.638,3 milliards d'euros - soit 114,1% du PIB - ne sert pas à équiper l'armée française, les fils de la nation, mais les aventures militaires sans lendemain dans lesquelles la France est entraînée sur ordre de l'axe USA/Israël.

Mercredi, les autorités du Hamas ont immédiatement réagi aux accusations d'Emmanuel Macron qui, trop emporté par l'amour de l'entité sioniste, est allé même jusqu'à accuser sans preuve le collectif Cheikh Yassine, assassiné en 2004 dans une attaque ciblée du régime terroriste d'Israël, d'implication dans l'assassinat de Paty.

« Le Hamas condamne les intrigues biaisées des médias français pour faire impliquer la Résistance palestinienne dans un conflit civil en France. Nous combattons uniquement le régime d’Israël pour obtenir la liberté et l'indépendance », a rétorqué le mouvement. 

Mais la liberté et l'indépendance ne semblent plus les principaux mots d'ordre à l'Elysée, le parcours de son chef éloignant de plus en plus la France de la ligne souveraine, et partant de la Résistance à l'Empire.

Il y a moins d'un mois, Macron traitait le Hezbollah, principale force de combat anti-Daech au Moyen-Orient, de « milice », lui reprochant de « se comporter en une armée pour combattre Israël ».

S'il est vrai que son coup de colère renvoyait en partie à l'échec de sa mission d'arracher une trêve dans la riposte promise par le Hezbollah à Israël, il n'en reste pas moins que c'est là, le fond d'une pensée hantée par le sionisme qui s'exprime. 

Mais en diabolisant une grande partie de la population française au nom de la lutte contre le supposé « séparatisme islamiste », en cherchant à instiller dans la conscience publique l'image « musulman = Daech », en ignorant volontiers les « séparatistes évangélistes ou sionistes » qui eux sont de vraies milices avec une organisation armées et financées depuis l'extérieur, le président Macron commet une fatale faute. Il signe la fin de la France comme État avant son départ définitif. Un scénario similaire est en cours aux États-Unis...

https://french.presstv.com/Detail/2020/10/21/636890/Israel-exporte-sa-guerre-perdue-en-territoire-francais-

 

DECLARATION DE L'ARAC APRES L'ACTE FASCISTE DU 16 OCTOBRE 2020

 

L’ARAC condamne fermement l’acte fanatique, fasciste, qui a conduit à la mort de Samuel Paty.

L’ARAC apporte sa solidarité, son soutien, à la famille, au corps enseignant. Cet évènement, cet acte de violence, nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire.

La France est un pays de libertés, le pays de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, n’en déplaise à tous ceux qui essayent de diviser, de communautariser notre société. Les valeurs républicaines portent l’émancipation de l’humanité.

La devise : « Liberté, Egalité, Fraternité », rappelle les principes et les valeurs fondatrices du pays, est devenue un symbole de la République, tout comme « Marianne », la Marseillaise et le drapeau tricolore.

La seule loi qui prévaut en France est la loi républicaine. Jamais une loi confessionnelle ne doit pouvoir s’imposer.

Nous appelons à avoir le courage de s’opposer à tous ceux qui veulent imposer un obscurantisme liberticide sur notre pays. Ne laissons pas gangréner la société française.

Il faut nommer les choses par leur nom.   Nommer le fascisme.   Ne faire aucun compromis. Fermer les yeux, c’est collaborer.

Avec les gouvernements successifs, la laïcité est sans cesse rognée, l’école publique est dévalorisée, nos valeurs républicaines mises à mal. Il y a eu trop de complaisance à l’égard de ceux, toutes religions confondues, qui remettent en cause les principes d’égalité, de liberté, de laïcité, qui fondent la Nation française.

En visant l’enseignant, les fascistes cherchent à casser la chaine de transmission des valeurs de la République, à détruire ce qui fait notre nation et à imposer une autre loi.

Dans ce rôle, les enseignants sont en première ligne, voilà pourquoi il faut les former, les considérer, les rémunérer et leur donner les moyens de jouer pleinement leur rôle d’éducateur, redonner du civisme aux nouvelles générations.

L’école est le creuset de la République, c’est un des piliers du projet émancipateur que porte la République Française. L’école, que ce soit à travers son cadre institutionnel ou les enseignants, ne doit en aucune manière céder aux pressions communautaristes qui, ici, voudraient changer le cours d’histoire, là, décider qui mange quoi et ailleurs réviser l’enseignement des sciences.

A l’ARAC, nous continuerons à prendre toute notre place dans le combat pour la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité. Tout comme elle poursuivra sa lutte pour que la France retrouve toute sa souveraineté économique et politique.

Le Secrétariat National

Villejuif, le 20 octobre 2020

source : courriel ARAC

POUR SORTIR DU PIEGE PRESIDENTIEL ET RECONSTRUIRE L’ESPOIR POPULAIRE, IL FAUT UNE CANDIDATURE COMMUNISTE EN 2022 !

Pour sortir du piège présidentiel et reconstruire l’espoir populaire, il faut une candidature communiste en 2022 !

, par  pam, popularité : 100%
   

Alors que la crise frappe durement le monde du travail, que la pauvreté explose, les médias entament la précampagne des futures présidentielles. Des candidats potentiels font semblant de ne pas se déclarer, les suppositions sur les intentions des uns et des autres se succèdent, et tout converge vers le même piège politicien devenu le coeur des présidentielles : Le Pen repoussoir pour imposer un vote qu’une majorité ne veut pas. On apprend que Macron parle à Sarkozy. Après avoir capté l’électorat de gauche en 2017, il pourrait cette fois capter celui de droite, ce qu’il a commencé aux européennes, mais qu’il n’a pas su traduire aux municipales.

Il s’agit bien sûr pour les élites et leurs médias d’interdire que la colère sociale conduise à une critique du système économique et de ses institutions pour se traduire en projet politique alternatif. C’est la question directement posée à toutes les forces "de gauche". Comment construire une alternative politique ? Comment se sortir de ce piège d’une fausse compétition Macron-Le Pen ? Comment reconstruire un espoir populaire d’autre chose, et plus qu’un espoir, une force ?

Les écologistes résument la question à pour ou contre l’écologie. Les socialistes sont émiettés et peu lisibles, entre élus associés à LREM ou derrière EELV. Les insoumis ont cru à la victoire décisive en 2017, mais leur mouvement "gazeux" n’a pas tenu le choc des batailles politiques. Les communistes avaient depuis 20 ans une stratégie d’union à tout prix, quitte à disparaitre derrière les autres, notamment aux présidentielles qu’ils n’ont pas affrontées depuis le terrible échec de Marie-Georges Buffet. La gauche apparaît ainsi incapable d’ouvrir une issue politique.

Pourtant, la crise sanitaire a accéléré la crise politique et sa manifestation la plus forte, le niveau d’abstention record aux dernières élections locales de 2020. C’est le défi le plus difficile de ces élections présidentielles ; pourquoi voter ? quelle utilité au vote pour le monde du travail, les quartiers populaires ? Laisser croire que l’élection permettra de "changer la vie", c’est mentir au peuple. Il ne le croira plus. Pourtant la présidentielle est le moment clé de la légitimité politique du pouvoir, du lien entre le peuple et la politique.

Comment faire des présidentielles, du vote populaire aux présidentielles, un acte qui porte la colère, les révoltes, l’exigence d’un autre système politique, d’une autre société ? Il faut évidemment autre chose que ce qui a raté depuis des décennies, il faut sortir à la fois du piège Macron-LePen, mais aussi du piège présidentiel lui-même qui conduit le peuple tous les 5 ans, à chercher une solution politique qu’il n’a pas construit lui-même.

A leur dernier congrès, les communistes, tirant les leçons des stratégies d’union à gauche, ont affirmé que Le Parti doit travailler à créer les conditions d’une candidature communiste à l’élection présidentielle de 2022. N’est-il pas temps de mettre en oeuvre cette orientation et d’affirmer que pour sortir du piège présidentiel, pour reconstruire un espoir populaire, il faut une candidature communiste en 2022 ?

Il faut alors affronter franchement des questions difficiles pour ne pas en rester à une candidature de principe ! Au contraire, une candidature communiste doit faire événement. Pour cela, elle ne peut pas être un simple outil électoral dans la logique présidentielle du 2ème tour. Elle doit sortir du piège présidentiel. Elle doit être l’outil de mobilisations populaires, de rencontres avec le monde du travail, de repolitisation des quartiers populaires comme des mouvements sociaux dans les entreprises. Cette candidature doit permettre de reconstruire un parti communiste de notre temps, capable d’affronter la crise d’un capitalisme mortifère, de recréer les conditions politiques de l’unité populaire, et donc du rassemblement et de l’union à gauche.

1/ Pourquoi voter aux élections présidentielles ?

Le niveau d’abstention record de 2020 n’est pas seulement un effet du coronavirus, mais illustre la rupture politique entre l’immense majorité des citoyens et le système politique qui a produit successivement Mitterrand pour changer la vie, Chirac contre la fracture sociale, Sarkozy pour gagner plus, Hollande contre la finance, Macron pour un nouveau monde. Dans les catégories populaires, personne ne croit plus que ce système politique serve l’intérêt général, les conditions de vie du plus grand nombre, la tranquillité et la sécurité publique, encore moins notre système de santé dont la crise sanitaire a éclairé l’affaiblissement organisé.

Pourtant, tout sera fait pour pousser des millions d’électeurs à croire une nouvelle fois à un vote providentiel, un nouveau discours pour "changer". Les communistes ne peuvent pas laisser croire que ce système présidentiel peut être l’outil du changement. Au contraire, il est temps de mener la bataille contre ce régime présidentiel dans l’élection présidentielle elle-même.

« Vous vous êtes fait avoir en 2007, en 2012, en 2017... Ça suffit ! »

Il faut sortir de cette présidentialisation qui vous donne l’illusion d’un choix tous les cinq ans pour imposer les mêmes politiques ensuite, toujours au profit des mêmes, les grands oligarchies qui dirigent l’économie, le système financier, comme les médias et les institutions.

Non, notre candidat communiste n’a pas de recette miracle pour transformer nos institutions. Ce n’est pas à vous de lui faire confiance ! C’est lui qui fait appel à vous pour sortir du piège présidentiel, pour mesurer votre force, votre détermination à bousculer ce système du bon coté, du coté de ceux qui travaillent, du coté populaire !

Non, notre candidat communiste n’est pas là pour jouer comme les autres au jeu de cette présidentielle qui efface toutes les autres élections. Il ne vous promet pas de "changer la vie" depuis l’Elysée ! Il n’est utile que pour organiser un mouvement politique qui conteste cette république des premiers de cordées, cette république des inégalités et des injustices. Il n’est utile que pour mettre au premier plan des propositions politiques fortes de rupture avec ce capitalisme prédateur que vous devrez vous-mêmes faire porter à l’assemblée nationale, que vous devrez vous-mêmes faire vivre dans nos entreprises et nos quartiers.

Nous n’appelons pas les millions d’abstentionnistes à voter pour "changer de président" qui pourrait "changer la vie" mais à s’organiser pour transformer la colère contre le système en action collective pour imposer une autre organisation de la société. Nous ne les appelons pas à voter pour se débarrasser du problème, mais pour initier un immense mouvement populaire de contestation du système, de construction d’une autre démocratie, de changement de société, un mouvement à la dimension des dates qui ont fait les conquêtes sociales françaises, le Front Populaire, le conseil national de la résistance, mai 68...

Il n’est pas de sauveur suprême ! Le vote communiste n’est pas un vote pour un homme providentiel, c’est un vote pour un projet de rupture, un vote pour un parti capable d’organiser le changement de société

2/ Peut-on faire autre chose que voter pour éviter le pire ?

Beaucoup de militants nous diront que c’est trop dur. Depuis des années, nous avons essayé de résister. Nous avons été des millions dans la rue contre la loi travail, contre la réforme des retraites, contre les casses de nos statuts à EDF, à la SNCF, dans la fonction publique. Et pourtant, toutes les réformes brutales contre nous ont été imposées. Et c’est finalement le coronavirus qui en a suspendu certaines.

De moins en moins d’électeurs croient qu’un candidat pourrait apporter quelques pansements sociaux pour "adoucir" la dureté du capitalisme. C’était la promesse de la social-démocratie et l’histoire en a montré l’impasse. La promesse d’accompagnement social du capitalisme, de contrepoids social s’est transformé en accompagnement politique de la violence du capitalisme.

Il faut se parler avec franchise. Nous connaissons ces difficultés. Les militants communistes qui se sont totalement investis dans toutes ces luttes sociales sont bien conscients du rapport de force défavorable depuis des années. Mais justement, pourquoi est-ce si difficile ? Les communistes ont des éléments de réponse et c’est un des enjeux du débat présidentiel.
- nous nous heurtons à un mur parce-que le capitalisme est en crise profonde, systémique, qu’il n’a plus de marges de manœuvres pour passer des compromis. La suraccumulation de capitaux cherchant leur rentabilité exacerbe les exigences des plus riches dans un monde à faible croissance qui ne peut plus les satisfaire. Les USA pensaient diriger le monde après la chute du mur, leur domination militaire est en échec sur le terrain, et il faut le pire des violences dont ce pays est capable pour déstabiliser ses opposants. Cette "superpuissance" a perdu la concurrence avec la Chine jusqu’à devoir organiser une guerre géopolitique déclarée sans autre justification que son propre intérêt, dans le retour à un nationalisme violent porteur de racisme et de guerres.
- nous nous heurtons aussi à un mur parce qu’aucun mouvement social n’est parvenu à créer un rassemblement majoritaire de notre peuple, à surmonter ses divisions géographiques, sociales, religieuses. Toutes nos luttes sont restées très loin des niveaux de mobilisation de 68, qui sont ceux où le pouvoir doit réellement négocier. Et ce niveau de mobilisation insuffisant est directement lié à l’absence d’espoir en une autre société, en un monde meilleur. Si nous n’avons pas d’autre choix que d’accepter la pauvreté, les inégalités, alors, à quoi sert de lutter ? Ce sera là aussi un des enjeux de la bataille de 2022. Les communistes ont un projet de société radicalement différente, ils doivent le faire connaitre et lui donner le seul nom qui oblige à en discuter franchement, le socialisme
- nous nous heurtons aussi à un mur parce-que notre peuple s’est fait piéger depuis longtemps dans une illusion électoraliste. Dès 1983, les mobilisations populaires pour "tenir le cap à gauche" ont été en échec, la majorité de notre peuple espérant que le changement viendrait d’en haut. Cette tendance s’est renforcée au fil des élections, les militants les plus déterminés étant affaiblis par les échecs. Elle est devenue déterminante dans le vote populaire pour Chirac, puis pour Sarkozy, puis pour Hollande, et même dans une moindre mesure pour Macron.

Ce sont ces questions que la bataille de 2022 doit commencer à inverser
- rien ne se fera sans un grand mouvement populaire du niveau de mai 68, et nous présentons un candidat pour porter cette exigence.
- rien ne se fera sans engager résolument la contestation du pouvoir capitaliste et sans construire une autre société, fondée sur une démocratie réelle, un pouvoir reposant d’abord sur ceux qui travaillent, notre candidat porte un projet qu’il faut nommer comme un socialisme à la française du XXIème siècle.

Rien ne se fera dans l’illusion électorale. L’élection n’est qu’un moment de la lutte, et ce n’est pas nécessairement le moment le plus déterminant. Le vote n’est pas l’aboutissement d’une campagne, il doit être le début d’une reconstruction, ce qui donne la force de transformer la campagne électorale en mouvement social, en mouvement révolutionnaire !

3/ Mais alors, pourquoi pas Mélenchon ?

Pour une part, Jean-Luc Mélenchon pouvait sembler correspondre à plusieurs critères, l’affirmation de la rupture, d’un président s’engageant à un processus constituant, un projet se présentant comme une autre société.

De plus, il est un excellent orateur, un tribun populaire capable de créer la mobilisation, un intellectuel avec une connaissance profonde de l’histoire de France, sans oublier un écrivain d’une qualité rare dans le monde politique [1]

Mais Jean-Luc Mélenchon s’est toujours contredit lui-même au coeur de son discours, appelant à la révolution citoyenne, mais jouant le jeu de la médiatisation présidentielle, appelant le peuple à s’organiser mais lui refusant la forme parti qui est justement la forme organisée de l’engagement politique, appelant à la révolution en refusant toute filiation avec l’histoire communiste !

Car il ne le cache pas, il est de la famille socialiste, une branche turbulente et qui s’est battu contre les courants droitiers qui auraient selon lui pousser Mitterrand à droite, mais qui reste du coté qui a refusé le choix communiste en 1920 ! Comme si Mitterrand n’avait pas toujours été le même, un président qui n’a jamais eu l’intention de sortir du capitalisme, de construire une autre société, un président qui dénonçait le "coup d’état permanent" de la 5eme république pour s’en servir jusqu’aux pires bassesses de la France Afrique, un président socialiste à l’opposé d’un Allende !

Jean-Luc Mélenchon est ainsi une impasse, une des plus terribles car il semble porter ce qui permettrait de sortir du piège présidentiel, alors même qu’il nous y enferme. Ses choix de médiatisation l’empêche de contribuer à l’unité populaire. Il est le candidat à gauche d’une famille socialiste qui ne peut plus ouvrir d’espoir populaire

4/ Mais à quoi sert de voter communiste sans aucune chance d’avoir un président communiste ?

Il est toujours difficile d’appeler à la mobilisation quand le rapport de forces n’est pas favorable. Il faut être sincère, on sait que la lutte peut mal finir, mais tous les militants connaissent cette maxime de Brecht « quand on lutte, on n’est pas sûr de gagner, mais si on ne lutte pas, on est sûr de perdre »

La bataille des présidentielles sera un moment politique majeur. Les bourgeoisies, y compris étrangères, y porteront la plus grande attention. Toutes les forces attachées au système dominant seront mobilisées pour veiller à ce que rien ne change pour elles. Donc, tout sera fait pour qu’une candidature communiste ne soit pas possible, pour qu’elle soit marginalisée dans la campagne et pour que son résultat final interdise tout espoir de renverser la tendance à l’effacement communiste.

Et alors ? Si nous voulons vraiment révolutionner notre pays, son système politique, si nous voulons vraiment changer de société, comment faire autrement que d’affronter ces immenses forces réactionnaires qui défendront leur domination par tous les moyens ?

A l’inverse, on ne se pose cette question du résultat que quand on espère encore d’un président qu’il puisse faire la révolution à lui tout seul, ou tant qu’on espère seulement qu’il sera plus gentil que le précédent, moins brutal contre nos droits, ou encore tant qu’on se fout du président pourvu qu’on sanctionne le sortant ! Dans tous ces cas de figures le vote communiste est inutile. Mais dans tous ces cas de figures, c’est le même système qui continue, et donc parce-qu’il ne peut plus accepter de compromis, la même violence contre le travail, contre l’immense majorité de notre peuple.

Autrement dit, il n’y a aucun vote utile pour avoir un "bon président". le seul événement qui viendrait mettre un grain de sable dans le système, ce serait justement qu’on vote non pas pour un président sauveur suprême, mais contre la présidentialisation, contre le système, pour un projet de changement de société, pour un parti proposant d’unir le peuple, de l’organiser pour ce changement de société.

Le vote communiste est le seul vote utile au monde du travail, aux quartiers populaires, le seul vote pour bouger le rapport de forces, pour faire grandir les luttes, pour s’organiser ! Il est utile au monde du travail parce-qu’il est le seul contribuant à la reconstruction d’un grand parti communiste !

5/ Mais alors, que devient la gauche ?

Mais de quoi parle-t-on quand on parle de la gauche ? Celle qui avait promis de changer la vie avec Mitterrand ? celle de Jospin qui a avoué ne pouvoir rien faire contre la fermeture de Vilvorde ? Celle de Hollande qui avait promis d’être le candidat contre la finance ? Qui peut croire que la "gauche" va faire reculer massivement le chômage, la précarité, la pauvreté, les inégalités, les violences, l’insécurité ?

La gauche a représenté politiquement au 20ème siècle une longue histoire de luttes, mais il faut reconnaître qu’elle est aujourd’hui d’abord une longue histoire de gouvernements impopulaires, de trahisons des promesses, de compromissions avec les puissances de l’argent !

Comment faire croire que la gauche peut avoir un sens aujourd’hui sans d’abord reconstruire la perspective révolutionnaire, donc le parti communiste ? La gauche du 19ème siècle a été confrontée à cette question dans les violences de la première guerre mondiale. Et c’est parce qu’une partie de la "gauche" s’était corrompue dans la guerre capitaliste qu’il a fallu faire un choix, celui du congrès de Tours, celui qui a fait naitre le mouvement communiste.

La situation actuelle est assez proche. La gauche s’est corrompue dans une mondialisation capitaliste contre les peuples, elle a accepté la dictature du capitalisme financier, elle a accepté l’aggravation des inégalités, elle a organisé la remise en cause des droits sociaux ! Les militants de 2020 sont finalement confrontés à un choix proche de celui de Tours, accepter le réformisme donc le capitalisme, ou choisir la voie difficile de la rupture avec le capitalisme, choisir la voie révolutionnaire du changement de société, celle d’un socialisme à la Française du XXIème siècle.

La gauche ne peut se reconstruire si ce choix communiste n’est pas revivifié, réactualisé dans la situation actuelle qui n’est plus celle de 1914. Malgré les défaites, le XXème siècle a fait progressé des alternatives au capitalisme, dans leur diversité, leurs difficultés et leurs contradictions. Nous ne sommes plus à l’ère du partage du monde entre les grandes bourgeoisies. Des peuples du Sud se sont levés, ils défendent leur souveraineté et imposent un monde multi-polaire.

La gauche ne retrouvera une légitimité populaire qu’avec un parti communiste qui reconstruise la légitimité politique du monde du travail à tenir tête au capital, à lui contester son hégémonie sur la société.

6/ Quelques éléments de programme

Ce choix stratégique d’une candidature communiste ne peut être présenté aux citoyens de manière théorique, comme une décision d’histoire. Il doit être incarné dans des propositions politiques sur tout ce qui préoccupe les Français, l’emploi, la sécurité, la souveraineté, des propositions qui sortent du ronron médiatique bienpensant. Quelques exemples :

- Eradiquer le chômage en organisant l’action publique pour l’emploi
C’est l’enjeu décisif, sans lequel aucune discussion sur la solidarité, l’insécurité ou la souveraineté ne peut avoir de sens. Oui ou non, sommes-nous capables d’organiser l’action publique pour éradiquer rapidement le chômage ?

Ce ne sont pas les idées communistes qui manquent. La proposition de sécurité-emploi-formation portée par la commission économique met le maintien du salaire entre emploi et formation au coeur d’un nouveau statut du travailleur, et le débat public sur les investissements au coeur d’un nouveau modèle économique où la puissance publique oriente les capitaux vers la création d’emploi pour des productions utiles. La proposition de cotisation économique de Bernard Friot propose une approche parallèle sur le moyen de mobiliser les richesses du travail directement par une cotisation sans passer par le système financier. Il y a parfois des querelles d’écoles entre ces propositions. Elles sont inutiles quand l’urgence est d’affirmer des objectifs politiques concrets que porterait un candidat communiste : Par exemple,
- Un million de salariés en formation longue avec salaire pour accompagner les transformations technologiques,
- Intégration de tous les demandeurs d’emploi dans une entreprise de rattachement, à charge pour l’entreprise de chercher la valorisation de leurs compétences, pole emploi devenant un service public de l’emploi et de la formation.
- Organisation de conférences régionales pour l’emploi avec élection d’un délégué dans chaque bassin d’emploi ou grande entreprise, avec le pilotage des pôles de compétitivité et des financements de la BPI
- Organisation par bassin d’emploi de commission de transparence de l’usage des fonds publics et des investissements

On doit affirmer l’éradication du chômage dans un délai court, qu’il faudrait définir pour en faire un objectif politique majeur de la campagne.

Construire la tranquillité publique en affirmant les droits et les devoirs de tous !
C’est le deuxième défi pour un projet communiste. Comment organiser la solidarité dans la société si la peur de l’autre se répand, si la concurrence de tous contre tous est la règle de vie de milliers de familles, notamment dans les quartiers populaires, si les réseaux mafieux de l’économie parallèle semblent tout puissant ?

De fait, les trafics sont une forme primitive, violente du capitalisme, et une des manières dont il s’impose dans les couches populaires, développant les mythes de l’argent facile, de la richesse.

La réponse policière actuelle montre son impasse, condamnant toujours plus de trafiquants sans jamais réduire l’impact du trafic sur les quartiers. Il faut affirmer résolument quatre exigences liées
- une action résolue de santé publique pour faire reculer les consommations de stupéfiants, pour faire reculer toutes les addictions
- une action internationale déterminée contre les trafics, y compris en rétablissant les contrôles aux frontières nécessaires, en condamnant les régimes qui développent l’économie de la drogue, le plus souvent avec le soutien de l’armée US.
- une action résolue contre les réseaux de trafics, en organisant pour tous les jeunes pris par les trafics, une issue de rééducation par un métier, pour ne laisser personne dans la violence de la rue.
- une politique de la ville avec des moyens décuplés de travail social dans les cités, avec la présence massive des services publics, de véritables moyens des bailleurs pour le quotidien et la proximité

Recréer les conditions d’une politique souveraine de la France

Personne ne croira possible de changer de politique en France si on n’explique pas comment c’est possible dans le monde dominé par des institutions capitalistes, par les multinationales.

Personne ne croira possible de changer de politique en France sans dire comment on peut décider de ne pas appliquer les directives européennes qui sont contradictoires avec les nouvelles politiques publiques que nous voulons conduire.

Sur ces questions, le 38eme congrès n ’est pas allé au bout de la réflexion. Un candidat communiste porte un programme pour qu’il soit compris du plus grand nombre, notamment dans le monde du travail et les quartiers populaires. Le monde du travail connait bien la mondialisation, par la concurrence économique qui conditionne ’emploi, mais aussi par l’immigration qui a créé des liens nombreux dans notre peuple avec de nombreux pays du monde. On ne peut penser au changement politique en France sans décrire le changement politique dans le monde. Et tout le monde connait les termes du débat, rester dans une alliance occidentale contre les pays du Sud ? ou rompre avec l’OTAN et engager un partenariat gagnant-gagnant avec les pays du Sud, en premier lieu avec la Chine ?

C’est un chantier politique essentiel à ouvrir, mais on peut être sûr d’une chose. Personne ne nous croira sur une autre politique économique si on ne répond pas à des questions claires. Pouvons-nous dire "non" à la commission européenne ? Pouvons-nous dire "non" à l’OTAN ? Pouvons-nous répondre à l’agressivité US dans la défense de nos technologies, de nos entreprises, de nos coopérations internationales ?

Conclusion : Retour sur le 38ème congrès

Le texte du 38ème congrès est à la fois clair en affirmant qu’il faut « créer les conditions d’une candidature communiste à l’élection présidentielle de 2022 » et insuffisamment précis justement sur les conditions qu’il faut créer...

5.4 Une union populaire et politique agissante

Au regard des défis contemporains et de l’état des forces de gauche, c’est sur une nouvelle méthode, tirant les leçons du passé, qu’il entend dorénavant conduire son action pour l’union : travailler au rassemblement le plus large de toutes les couches salariales et populaires, développer la conscience des contenus et conditions des changements nécessaires, appeler en permanence à l’intervention populaire, mener une bataille de tous les instants sur les contenus, prendre des initiatives autonomes du PCF politisant les luttes, avec la constante ouverture au débat d’idées, et dans le même temps formuler une proposition stratégique à toute la gauche.

Le débat doit s’ouvrir rapidement pour que les communistes travaillent à créer les conditions de cette candidature, et pour cela, il faut qu’ils affrontent la question décisive de l’abstention et de l’utilité du vote dans une telle élection. Ce sera un des enjeux du prochain congrès, mais le débat doit s’ouvrir sans attente. Le bilan de la longue période électorale de 2020 peut justement nous aider à préciser ces conditions, autour de quelques idées fortes
- Un candidat communiste doit porter l’ambition de construire une autre démocratie, une autre république, il doit porter la colère des abstentionnistes contre un système institutionnel dépassé
- Un candidat communiste doit porter des propositions politiques fortes de rupture sur l’emploi, la sécurité, la souveraineté
- Un candidat communiste doit incarner l’espoir d’un changement de société, et pour le porter, il a besoin de lui donner son nom, le socialisme à la française du XXème siècle ».
- Un candidat communiste doit relever le défi de refuser le piège de la présidentialisation et construire les raisons d’un vote qui ne soit pas une délégation de pouvoir, qui sorte du jeu présidentiel et engage la reconstruction du parti communiste du XXIème siècle esquissé par le 38ème congrès.

GUILLAUME BOREL : SAMUEL PATY A-T-IL ETE LACHE PAR SA HIERARCHIE AVANT D'ETRE DECAPITE?

Samuel Paty a t-il été lâché par sa hiérarchie avant d’être décapité?

Mondialisation.ca, 19 octobre 2020
Région : L'Europe

 

 

La mort atroce de Samuel Paty, décapité pour avoir montré des caricatures du prophète Mahomet dans un cours traitant de la liberté d’expression, a suscité l’indignation générale et une vive émotion dans le corps enseignant.

Le ministre de l’éducation  nationale Jean-Michel Blanquer a ainsi rapidement communiqué, d’abord dans les médias, puis dans un courrier spécifiquement adressé aux enseignants. Dans ce dernier, il les assure notamment de tout son soutien et « du soutien de l’institution scolaire ». Mais était-ce vraiment le cas pour Samuel Paty ?

Le cours sur la liberté d’expression dispensé par cet enseignant d’Histoire-Géographie s’est déroulé le 05 octobre. A cette occasion, il a montré des caricatures de Mahomet issues de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo à sa classe, en ayant auparavant invité les élèves de confession musulmane à sortir s’ils le souhaitaient pour ne pas être choqués.

Dés le lendemain, une mère d’élève contacte la principale et affirme que sa fille a été victime de discrimination, elle aurait été « mise à l’écart » par l’enseignant car musulmane. La cheffe d’établissement a alors demandé à Samuel Paty de rencontrer la maman et de s’excuser « s’il avait été maladroit », ce qu’il fit.

La cheffe d’établissement a ensuite reçu un père de famille, Brahim Chnina (dont on apprendra plus tard que la fille n’avait pas assisté au cours…), et le prédicateur Abdelhakim Sefrioui, fiché S et actuellement en garde à vue.

A l’issue de son entretien avec la principale,  Abdelhakim Sefrioui tire la conclusion que le professeur va être sanctionné par sa hiérarchie, comme il l’affirme dans une vidéo  publiée sur les réseaux sociaux : « l’inspection académique a contacté le parent d’élève et lui a exprimé son étonnement de savoir que ça s’est passé comme ça dans le cours de ce voyou, et qu’ils allaient sévir, qu’ils allaient s’activer vraiment dans ce sens-là, et qu’ils allaient envoyer des inspecteurs voir ce voyou.»

Selon une note des Renseignements Territoriaux diffusée par Le Point et Libération, la principale a effectivement alerté sa hiérarchie et sollicité l’intervention d’un inspecteur de la cellule « Laïcité et valeurs de la République ». Ce dernier est intervenu le 09 octobre afin, selon la note des Renseignements Territoriaux, « d’accompagner la principale lors d’un entretien avec le professeur pour notamment lui rappeler les règles de laïcité et de neutralité».

Enfin, le 12 octobre, Samuel Paty est convoqué au commissariat de Conflans-Sainte-Honorine car  la veille, Brahim Chnina avait porté plainte contre lui pour « diffusion d’images pornographiques ». 

L’enseignant a alors déposé plainte pour « diffamation publique », et donné une version écrite de son cours aux policiers. Le même jour, Brahim Chnina met en ligne une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle il fait témoigner sa fille, il donne également le nom et l’adresse de l’enseignant.

Pourtant, selon la note des Renseignements Territoriaux en date du 12 octobre, la situation était alors « apaisée ». 

C’est probablement selon cette même logique interprétative que le ministre Blanquer conclura que la hiérarchie et l’institution scolaire avaient toujours « soutenu » Samuel Paty, soutien tellement évident qu’il a amené Abdelhakim Sefrioui à penser que l’enseignant était sur le point d’être sanctionné. Dans l’Education Nationale, la parole d’un parent d’élève a en effet souvent plus d’importance que celle d’un professeur et le soutien à Samuel Paty semble bien n’avoir été que contraint : des discours de circonstance et une gerbe de fleurs. Auparavant, il semble avoir été bien seul…

Guillaume Borel

La source originale de cet article est Mondialisation.ca
Copyright © Guillaume Borel, Mondialisation.ca, 2020
 
https://www.mondialisation.ca/la-mort-atroce-de-samuel-paty/5650326
 

 

LA CGT POLICE : LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ

 

LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ

PUBLICATIONS / RETRAITÉS  20 OCT 2020  CGTPOLICE

L’horrible assassinat de Samuel Paty nous rappelle l’ampleur et la difficulté de la mission qui incombe aux enseignants de nos jours. En apprenant aux élèves à débattre, à ne pas prendre pour argent comptant tous les discours ou écrits idéologiques, aux images et à accepter la contradiction pour se forger leurs propres opinions, ils sont dans leur rôle de promoteurs des valeurs de la République. Samuel Paty, pour qui la foi est une possibilité à défendre et non une obligation à imposer, voulait faire saisir le sens et la pertinence de la loi républicaine qui garantit à chacun la liberté de conscience, celle de croire ou de ne pas croire. Il voulait faire comprendre que la foi ne peut avoir la prétention de museler la liberté de penser. Le savoir en est le gage et le moyen ; il se heurte à l’obscurantisme, au sectarisme, voies du barbarisme. Ce n’est pas pour rien que le fanatisme, le despotisme s’en prennent en priorité à l’éducation, à la culture, aux loisirs. Depuis des millénaires on a brulé des livres et des gens au nom de la religion ou d’une idéologie, éliminé des intellectuels, des journalistes.  

Dans notre République toutes les religions sont égales et il ne faudrait pas que cette abomination entraîne la mise au ban des musulmans. C’est avec eux et non contre eux qu’il faut réagir. Je les invite à se manifester, à exprimer leur opinion.

Le métier d’enseignant est le plus beau qui soit ; un professeur façonne les esprits, les ouvre sur les autres, sur le monde qu’ils auront à affronter, qui en donne les outils pour y trouver sa place, pour le changer peut-être. Ne disait-on pas autrefois qu’étudier, c’était faire ses « humanités » ?      

Hommage soit rendu à Samuel PATY, et soutien à ses proches, à ses collègues, à ses élèves.

Annie Jouan,

Secrétaire Générale UFR Police.

https://www.franceinter.fr/emissions/le-billet-de-sophia-aram/le-billet-de-sophia-aram-19-octobre-2020


 

GUERRES : POUR PLAIRE A TRUMP, MACRON RUINE LA FRANCE!

Guerre: combien coûte le militarisme de la Macronie? 

Pour plaire aux USA, la France se ruine!

En 2019, les surcoûts liés aux opérations extérieures [OPEX] et aux missions intérieures [MISSINT] ont atteint 1,4 milliard d’euros, alors que 950 millions avaient été prévus pour les financer. Si la Loi de programmation militaire [LPM] 2019-25 prévoit le recours à la solidarité interministérielle pour financer la différence, la solution retenue a consisté à redéployer des crédits qui n’avaient pas été consommés par le ministère de la Défense, notamment ceux du Titre 2 [ressources humaines, ndlr].

Pour cette année, l’enveloppe des surcoûts OPEX et MISSINT a été portée à 1,1 milliard d’euros, un montant auquel il faut ajouter 100 millions pour la masse salariale des missions intérieures. Ce qui fait, au total, 1,2 milliards d’euros de « ressources pré-identifiées ».

Cela étant, avec notamment les renforts envoyés au Sahel [Barkhane], la poursuite de l’engagement au Levant [Chammal], la mission Lynx et la protection de l’espace aérien des pays baltes dans le cadre de l’OTAN, l’intervention à Beyrouth [opération Amitié], la mission de surveillance près du détroit d’Hormuz [Agenor], la participation – ponctuelle – à l’opération navale européenne Irini, la présence au sein de la FINUL [Daman] et le lancement de la mission Résilience, il est à craindre que cette somme soit encore insuffisante, ce qui poserait à nouveau – et pour la énième fois – le débat de la prise en charge de ces surcoûts à l’occasion du traditionnel projet de loi de finances rectificative [PLFR] . D’où les questions posées par les parlementaires sur la fin de gestion pour l’exercice en cours à Florence Parly, la ministre des Armées.

Source: Opex

https://french.presstv.com/Detail/2020/10/19/636733/Malgr%C3%A9-Trump,-l'%C3%A9conomie-nationale-iranienne%C2%A0prosp%C3%A8re-!%22