COVID-19 : A REIMS, UNE PLAQUE EN HOMMAGE AUX SOIGNANTS DÉVOILÉE DEVANT LE MONUMENT DÉDIE AUX INFIRMIÈRES CIVILES

Coronavirus : à Reims, une plaque en hommage aux soignants, dévoilée devant le monument dédié aux infirmières

Ce lundi 13 juillet, une plaque en hommage aux soignants mobilisés pendant la crise sanitaire du Covid-19 a été dévoilée. Elle est située au pied du monument historique dédié aux infirmières mortes pendant la Seconde Guerre mondiale. 

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© Matthieu Mercier - France Télévisions

Marne Reims

À la veille du 14 juillet, la Ville de Reims a voulu marquer cette date par un geste à haute valeur symbolique. Lundi 13 juillet à 19 h, une plaque en hommage aux soignants a été dévoilée, pour honorer celles et ceux qui ont combattu le Covid-19 en blouse blanche. Une cérémonie militaire a précédé le dévoilement de la plaque. Deux chiens ont ainsi été récompensés dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et contre l'orpaillage.
 

Lors de la cérémonie, deux chiens du régiment cynophile de Suippes ont été récompensés • © Matthieu Mercier


Pour l'occasion, le rond-point a été neutralisé : aucune voiture ne peut entrer sans invitation et la cérémonie se fait sans public.


"Un hommage à la hauteur de votre dévouement"


Lors de cette cérémonie, le maire (LR) de Reims était présent. Arnaud Robinet a fait part de son "émotion" dans ce "contexte inédit". Une crise sanitaire pendant laquelle les soignants ont été "en première ligne pour sauver la vie de nos concitoyens", a-t-il précisé. "Chaque jour, chers soignants, vous sauvez des vies parfois au péril des vôtres et vous avez su faire preuve d'une mobilisation exemplaire au moment le plus dur de cette pandémie, a-t-il déclaré. Vous combattez ce virus avec une détermination à toute épreuve pour le bien de tous. Je tiens, au nom de la Ville de Reims, à vous en remercier symboliquement."
 

La plaque rend hommage aux soignants qui étaient en première ligne pendant cette crise du coronavirus • © Matthieu Mercier - France Télévisions


Une plaque a ainsi été dévoilée au pied du monument qui se tient place Aristide-Briand. "Le choix du lieu a été déterminé pour vous rendre un hommage à la hauteur de votre dévouement." Car ce monument est "le seul de France à la gloire des infirmières civiles." Un édifice unique dans l'Hexagone qui permet "d'appuyer le témoignage de notre reconnaissance pour votre engagement sans faille", a déclaré Arnaud Robinet.

Érigé en 1924, à Reims, ce monument "à la gloire des infirmières françaises et alliées victimes de leur dévouement", rend hommage aux infirmières tombées sous les feux de l’ennemi entre 1914 et 1918. Il s’impose du haut de ses cinq mètres, place Aristide-Briand à Reims, qu’on appelait autrefois le square de l’esplanade Cérès, à la croisée du boulevard Lundy, du boulevard de la Paix, de l'avenue Jean-Jaurès et de la rue Cérès. Une œuvre de l’architecte Charles Girault et du sculpteur Denys Puech.
 

"Ne pas reprendre la vie d'avant"


Une cérémonie forte en émotion, mais pendant laquelle le coronavirus était au centre des discours. Alors que certains craignent une seconde vague, le sous-préfet de Reims Jacques Lucbéreilh, lui aussi présent, a tenu à rappeler la nécessité de continuer à adopter les gestes barrière. "Acceptons la contrainte de ne pas reprendre immédiatement la vie d'avant pour éviter une nouvelle propagation du virus."

Après avoir énuméré les différents corps de métiers ayant contribué à cette lutte au plus fort de l'épidémie, Jacques Lucbéreilh a insisité : "Nous le devons en respect à tous les soignants qui se sont battus pour nous et ont payé lourdement le prix. Il nous appartient de ne pas les mettre à nouveau en danger."

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/marne/reims/coronavirus-reims-plaque-hommage-aux-soignants-devoilee-devant-monument-dedie-aux-infirmieres-1853274.html

 

Pourquoi Reims est-elle la seule ville à avoir érigé un monument à la gloire des infirmières

A Reims un monument unique en France, a été érigé en 1924, place Aristide Briand, en hommage aux infirmières de la Première Guerre mondiale. En voici son histoire. 
 

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Le monument dédié aux infirmières à Reims. Place Aristide Briand.

Le monument dédié aux infirmières à Reims. Place Aristide Briand. • © FTV

Marne Reims Champagne-Ardenne

C’est vrai qu’il suscite un intérêt particulier en ce moment, ce monument dédié aux infirmières de la Grande Guerre. Les personnels soignants se mobilisent et se battent jours et nuits pour soigner les malades du covid-19 en ce printemps 2020, un combat qui fait écho aux guerres du passé.

Erigé en 1924, à Reims, le monument "à la gloire des infirmières françaises et alliées victimes de leur dévouement", rend hommage aux infirmières tombées sous les feux de l’ennemi entre 1914 et 1918. Il s’impose du haut de ses cinq mètres, place Aristide Briand à Reims qu’on appelait autrefois le square de l’esplanade Cérès, à la croisée du boulevard Lundy, du boulevard de la Paix, de l'avenue Jean-Jaurès et de la rue Cérès. Une œuvre de l’architecte Charles Girault et du sculpteur Denys Puech.


 


Pourquoi la ville de Reims a-t-elle été choisie pour ériger ce monument unique en France ?

François Cochet, un historien rémois, nous raconte l'histoire de ce monument. "La ville de Reims a été choisie, car c’est elle en France qui a payé le plus lourd tribut à la première guerre mondiale avec près de 800 victimes civiles tuées suite aux bombardements incessants de l’ennemi allemand. Pendant quatre ans, la ville est bombardée 1.100 jours consécutifs. Ce monument dédié aux infirmières est sans doute unique en France. Il rend hommage aux infirmières civiles de la Grande Guerre (1914-1918) et non pas aux infirmiers militaires composés exclusivement d’hommes".
 
"Ce monument n’est pas non plus dédié aux infirmières religieuses pour bien marquer la distance entre le pouvoir politique et l’église catholique suite à la loi de séparation de 1905 qui instaure la laïcité. Et cette guerre suscita de nombreuses vocations d’infirmières. En particulier dans les milieux bourgeois où il était de bon ton de faire une bonne œuvre. Des femmes au premier plan, beaucoup de métiers se sont féminisés à ce moment-là, mais également après la guerre, comme dans le milieu enseignant, les services postaux ou les métiers du secrétariat"
 

Une plaque en hommage aux infirmières et brancardiers victimes de leur devoir. • © FTV


Par qui est venue l’idée de ce monument ?

"Justement par une féministe ! Juliette Lambert épouse Adam, écrivaine, amie de George Sand et surnommée « la grand-mère de la patrie ». A la fin de la guerre 14-18, elle lance une souscription internationale pour l’édification d’un monument à la mémoire de ces femmes infirmières dont les noms ne figurent jamais sur les monuments aux morts. Le président Raymond Poincaré, comme les maréchaux Foch et Joffre, qui font partie du comité d’honneur, lui apportent leur soutien. De nombreux pays étrangers aident au financement"

L’inauguration se déroule le 11 novembre 1924 en présence d’autorités civiles, militaires et religieuses de Reims. Juliette Adam, alors âgée de 88 ans, fait lire son discours en s’excusant de son grand âge, dont voici un extrait : "Toutes ces nobles femmes ont donné aux combattants le secours immédiat et l’espoir d’une courte ou lente guérison".

Toutes les infirmières ont laissé dans le cœur de ceux qui ont survécu à l’horrible hécatombe, le noble sentiment de la reconnaissance. 
- Juliette Adam, à l'origine du monument à Reims
 

La stèle représente deux infirmières avec un soldat blessé. • © FTV


Un nouveau monument pour les personnels de santé à Reims ?

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale une plaque commémorative a été rajoutée sur le monument. En hommage aux infirmières et brancardiers victimes de leur devoir sous le bombardement allié américain du 30 mai 1944 qui a fait 52 morts  à Reims. Un bombardement "stratégique" sur la gare de Reims à la veille de la débâcle allemande mais qui s’est transformé en horreur.

Après le confinement liée à la pandémie de covid19, peut-on imaginer  d’y ajouter une plaque, voire d’édifier pourquoi pas un nouveau monument à la gloire de nos personnels soignants ? François Cochet nous répond : "Pourquoi pas ? Tout monument est forcément daté, nous ne sommes pas dans le même type de guerre, mais on peut le rhabiller, le reconsidérer pour en faire un point d’ancrage en l’honneur des personnels soignants qui sont au front.  Ce lieu qui a le mérite d’exister, peut devenir un symbole fort à l’issue du confinement et faire rayonner un peu plus la ville de Reims." 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/marne/reims/coronavirus-monument-erige-gloire-infirmieres-victimes-leur-devouement-reims-1812550.html

 

 

 

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