FRANCE : LES SOIGNANTS EN COLÈRE DE NOUVEAU DANS LA RUE. INDECENT, AUCUNE LEÇON N'A ÉTÉ TIRÉE

Le personnel soignant se mobilise pour une nouvelle manifestation à Paris, le 30 juin 2020

Colère des soignants: «C’est indécent, aucune leçon n’a été tirée»

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Loin d’avoir convaincu les personnels hospitaliers avec ses propositions de revalorisation salariale, le gouvernement reste sous le feu des critiques. Ce 30 juin, les syndicats de soignants se mobilisent, à nouveau, pour faire entendre leur déception.

Un mois après son lancement, le «Ségur de la santé» touche à sa fin. Pourtant, les mobilisations sont loin d’être terminées. Ce 30 juin, le personnel hospitalier est à nouveau descendu dans la rue pour crier son mécontentement, après les propositions salariales d’Olivier Véran, ministre de la Santé.  

Lors d’une réunion avec les syndicats, mercredi 24 juin, le ministre a communiqué le chiffre de six milliards d’euros «pour les hôpitaux, les établissements médico-sociaux [publics, ndlr] et les établissements privés», indique l’AFP. Ce montant inclut une augmentation générale des salaires des agents de la fonction publique hospitalière (hôpitaux, Ehpad…), une refonte des primes, ainsi que des hausses ciblées sur certaines professions, qui pourraient être étendues aux établissements privés, ont précisé à l’AFP trois autres sources présentes.

 

L'action de l'Attac devant le ministère de la Santé à Paris

© SPUTNIK .

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6 milliards d’euros pour l’hôpital

En outre, à l’issue d’une rencontre avec les représentants des personnels médicaux le 29 juin, le gouvernement a proposé une rallonge de 300 millions d’euros afin de réaliser des hausses de salaire, ainsi que des revalorisations de plusieurs primes des quelque 100.000 médecins hospitaliers. Des propositions insuffisantes pour les syndicats:

«On n’arrivera pas pour l’instant à ce que l’on veut. L’État ne nous a pas donné ce que l’on voulait ou très peu», déplore un syndicaliste de la CGT au micro de Sputnik.

​Chez ce syndicaliste, l’amertume est palpable, car les personnels soignants avaient placé beaucoup d’espoir dans le «Ségur de la santé», qui doit se clore vendredi 3 juillet.

«L’éléphant va accoucher d’une souris», ironise-t-il.

Pour cette infirmière anesthésiste au Samu 78 à Versailles, la déception est également de mise:

«C’est indécent, il y a à peine un mois, on était des héros, et là on est revenu à l’état “anormal”. Je pensais qu’il allait tirer des leçons, mais aucune leçon n’a été tirée.»

​Signe de l’incompréhension entre le gouvernement et le monde hospitalier: les primes «Covid». La CFDT Santé-Sociaux a annoncé lundi 29 juin avoir saisi le Conseil d’État pour contester les conditions d’attribution des primes de 500 à 1.500 euros versées aux personnels des hôpitaux et des Ehpad.

Le personnel soignant dans la rue

© SPUTNIK . BRUNO MARTY

Le personnel soignant dans la rue

Haro sur les primes «Covid»

Et pour cause, l’organisation syndicale dénonce des «ruptures d’égalité» entre salariés. En effet, la prime atteint 1.500 euros pour les personnels ayant travaillé dans les 40 départements les plus touchés par l’épidémie ou des établissements et services ayant accueilli des malades du Covid-19.

«L’hôpital n’est pas une marchandise»

Le syndicaliste rappelle qu’ils ont «beaucoup été sollicité ces derniers mois et effectivement l’hôpital public est malade, il est mal. La crise du Covid-19 n’a fait qu’épuiser les personnels». Il remet également en cause un management placé sous le signe de la «rationalisation» et de la «diminution des coûts». Une approche qui entraîne un manque de moyens et de personnels.

 

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Infirmière interpellée: «notre gouvernement et nos institutions encouragent cette violence»

«L’hôpital ce n’est pas ça, ce n’est pas une marchandise. Les patients sont des usagers et pas des clients», fustige-t-il.

Un travail en flux tendu qui peut aboutir à des «burnout»? En témoignerait la manifestation du 16 mars où une infirmière a jeté des projectiles sur les forces de l’ordre avant de se faire brutalement interpeler. Elle avait expliqué le geste par son état de colère. «À force d’être méprisés par le pouvoir, les gens arrivent à des extrêmes», se désole le syndicaliste.

https://fr.sputniknews.com/france/202006301044035958-colere-des-soignants-cest-indecent-aucune-lecon-na-ete-tiree/

 

 

Déçus par l'offre "ridicule" d'Olivier Véran, les médecins hospitaliers retournent dans la rue

 

 

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SANTÉ - Les syndicats de médecins hospitaliers ont rejeté l'enveloppe de 300 millions d'euros de revalorisation des salaires des médecins hospitaliers. Annoncée par Olivier Veran ce lundi, cette mesure est largement inférieure aux 7 milliards d'euros revendiqués par les partenaires sociaux, qui ont appelé à manifester ce mardi.

 - Mélanie Faure

Le personnel hospitalier de retour dans la rue ce mardi, afin de demander une augmentation des moyens au sein de l'hôpital. Le ministre de la santé avait proposé lundi 29 juin aux syndicats une enveloppe de 300 millions d'euros pour revaloriser les salaires des médecins hospitaliers. Annoncée par le ministre dans le cadre du "Ségur de la santé", lancé fin mai, elle se révèle être nettement en-deçà des sept milliards revendiqués par les syndicats. Elle est loin également de la somme proposée aux personnels non médicaux, qui se sont vu promettre six milliards d'euros. Ces derniers sont toutefois beaucoup plus nombreux, à savoir 1,2 million de salariés dans la fonction publique hospitalière, contre moins de 100.000 pour les praticiens hospitaliers. 

Selon des sources concordantes, les 300 millions proposés par Olivier Véran comprendraient des hausses de salaires ciblées sur le début et la fin de carrière des praticiens hospitaliers, ainsi qu'une revalorisation de plusieurs primes (engagement de service public exclusif, garde des weekends et jours fériés).

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Le gouvernement promet la revalorisation des salaires des soignants

 

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Le temps de travail additionnel (heures supplémentaires des praticiens hospitaliers) serait lui aussi revalorisé. Pour réduire la place de l'intérim, une prime territoriale renforcée serait enfin accordée aux praticiens faisant des remplacements dans un même groupement hospitalier. Ces mesures ne concernent pas les internes et les étudiants en médecine, dont la situation sera traitée à part, ont précisé ces sources.

Des manifestations dans toute la France

A l'issue de la réunion, plusieurs syndicats de médecins hospitaliers ont fait part de leur déception, jugeant l'enveloppe promise par le ministre "très insuffisante" et "ridicule par rapport aux besoins". Et ont donc appelé à un mouvement de grève. De Lorient à Nancy, de Toulon à Mont-de-Marsan, des dizaines de rassemblements sont prévus, le plus souvent devant l'hôpital local ou l'agence régionale de santé (ARS). A Paris, le cortège s'élancera à 14h de l'ancien hôpital militaire du  Val-de-Grâce, dans le Ve arrondissement, en direction du ministère de la Santé.

L'objectif affiché est de "peser sur les décisions politiques", a prévenu Mireille Stivala lors d'une conférence de presse, lundi 29 juin. La secrétaire générale de la CGT-Santé assure être prête à "continuer de se mobiliser tant qu"on n'aura pas réussi à faire plier le gouvernement" sur (leurs) revendications""On veut la création de 100.000 postes pour les hôpitaux publics et une revalorisation immédiate de 300 euros nets par mois pour tous", résume pour LCI Olivier Youinou, anesthésiste à Créteil.

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"On nous a annoncé ça comme une grande avancée sociale. Mais nous, on est stupéfaits : ce n'est pas une douche froide, c'est une douche glaciale", a réagi Jean-François Cibien, vice-président d'Action praticiens hôpital (APH). "L'hôpital public a un gros problème d'attractivité et n'arrive pas à  retenir les jeunes. Si on ne fait rien, le taux de fuite va devenir énorme, et on n'y arrivera pas", a-t-il prévenu.

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Pour un autre responsable syndical, le montant proposé est "nul" au regard des "100.000 médecins, pharmaciens, odontologistes" concernés. "C'est inadmissible", s'emporte un troisième, qui compte sur une "prochaine réunion jeudi matin" avec le ministre pour corriger le tir. "D'ici là on appelle tous à la grève pour [mardi]", ajoute-t-il, en référence à la journée d'action nationale organisée par la plupart des syndicats (CGT, FO, SUD, Unsa) et collectifs hospitaliers (Inter-Hôpitaux, Inter-Urgences, Inter-Blocs). Ces organisations réclament une augmentation générale de 300 euros net mensuels pour tous les soignants.

Mélanie Faure

Mis à jour : Créé : 

https://www.lci.fr/social/decus-par-l-offre-ridicule-d-olivier-veran-les-medecins-hospitaliers-retournent-dans-la-rue-2157981.html

 


 

 

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