LETTRE OUVERTE D’UN MEDECIN DE REIMS VERBALISE PAR LA POLICE PENDANT UNE INTERVENTION RUE DES… BONS MALADES

tourtaux-jacques Par Le 18/12/2020 0

Dans FRANCE

La lettre ouverte d’un médecin de Reims «soigné» par la police pendant une intervention

Mis en ligne le 17/12/2020 à 21:08 

Guillaume Levy

Covid-19 Aisne Marne Ardennes

 

Reims (Marne)

Verbalisé rue des… Bons-Malades, malgré son caducée, pendant une visite à une patiente âgée et handicapée, un généraliste partage son agacement dans un courrier sarcastique.

Ironie de l’histoire, la verbalisation a eu lieu rue des Bons-Malades.

Ironie de l’histoire, la verbalisation a eu lieu rue des Bons-Malades. - G.L

Le médecin généraliste Prosper Kadiyogo, qui exerce boulevard Foch, sur les Hautes Promenades, est en colère. Il a rédigé une « lettre ouverte » à l’adresse de l’agent qui l’a verbalisé, mercredi matin, alors qu’il intervenait rue des Bons-Malades, près de la clinique des Bleuets, au domicile d’une personne « handicapée, âgée et fragile ». « Des personnes qu’on nous invite à visiter autant que possible afin de les protéger », complète-t-il.

 

Le docteur explique que «nous soignants, avons besoin parfois de stationner au plus près de notre lieu d’intervention».

Le docteur explique que «nous soignants, avons besoin parfois de stationner au plus près de notre lieu d’intervention». - Archives

 

“En pleine crise sanitaire, alors qu’on fait tout pour protéger les gens, est-ce qu’on ne peut pas espérer un peu de jugeote ?”

Conduisant sa voiture professionnelle, avec caducée sur le pare-brise, il n’a pas trouvé de place proche du domicile de la patiente, et s’est stationné le long du trottoir, « à la limite d’interdiction de stationnement ». L’intervention à domicile a duré « un quart d’heure ». Il confie qu’il ne contestera pas l’amende infligée (il ignore le montant, un simple papillon coloré a été placé sous ses essuie-glaces), et il la paiera. « Ce n’est pas une question d’argent, c’est une question de principe. En pleine crise sanitaire, alors qu’on fait tout pour protéger les gens, est-ce qu’on ne peut pas espérer un peu de jugeote et de bienveillance de la part des agents ? »

Le Dr Kadiyogo aurait pu en rester là, mais ce PV l’agace au point d’avoir écrit un courrier à la mairie (voir ci-dessous). « Merci Monsieur ou Madame l’agent », démarre-t-il, ironisant sur l’idée que les médecins feraient en ce moment du « tourisme ».

 

 

Plus sérieusement, il indique qu’au moment de la verbalisation, il venait de travailler « 35 heures » en deux jours, « simplement pour essayer de garantir la bonne santé de certains de nous, dans les conditions sanitaires actuelles que vous connaissez sûrement »…

 

“Laissez-nous travailler”

Le généraliste explique que « nous soignants, avons besoin parfois de stationner au plus près de notre lieu d’intervention (notre véhicule étant notre outil de travail, où nous pouvons avoir du matériel) ». Aussi demande-t-il de « nous laisser travailler avec sérénité car c’est déjà assez compliqué comme cela ».

« Au-delà du sentiment qui m’envahit depuis 24 heures, je tâcherai de continuer à exercer ma tâche auprès de mes semblables, dont vous faites partie ne l’oubliez pas », conclut le docteur.

 Guillaume Lévy

https://www.lunion.fr/id216599/article/2020-12-17/la-lettre-ouverte-dun-medecin-de-reims-soigne-par-la-police-pendant-une

 

 
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