GRECE

LE PARTI COMMUNISTE DE GRECE (KKE) CONDAMNE L'INTERVENTION ÉTRANGÈRE EN BIÉLORUSSIE

 

Mardi 18 août 2020
Le KKE condamne l'intervention étrangère en Biélorussie, appelle le peuple à organiser sa propre lutte

Dans une déclaration publiée le lundi 17 août, le Bureau de presse du Comité central du Parti communiste de Grèce (KKE) condamne l'intervention étrangère dans les affaires intérieures du Belarus et appelle le peuple travailleur à organiser sa propre lutte indépendante contre la barbarie capitaliste.

La déclaration, qui a été publiée sur le portail 902, se lit comme suit

"Les développements en Biélorussie sont liés à l'intervention de l'UE, de l'OTAN et des États-Unis, étant le résultat de la concurrence féroce entre ces puissances et la Russie pour le contrôle des marchés, des matières premières et des réseaux de transport du pays, ainsi que pour les prises de position géopolitiques en Europe de l'Est et dans la région plus large de l'Eurasie.

"Il est ridicule et en même temps provocateur que des pays comme la Pologne et les États baltes, où des violations flagrantes des droits et libertés démocratiques ont lieu (comme les procès contre les journaux d'opposition, l'emprisonnement de communistes, la restriction et l'interdiction des partis communistes, etc. 

La déclaration du KKE souligne également :

"Bien sûr, la solution pour le peuple biélorusse n'est pas la préservation de l'actuel régime bourgeois qui est conforme au marché et à la barbarie capitaliste, pris au piège des " rouages " des compétitions intra-impérialistes, comme l'a montré la récente visite de Pompeo dans le pays. Les travailleurs ne doivent pas non plus se soumettre à des appels, comme celui exprimé par l'actuel président, à "se tenir à l'écart de la politique". Le peuple est appelé à faire exactement le contraire". 

"Le KKE, condamnant les interventions étrangères dans les affaires intérieures du Belarus, exprime sa solidarité avec les communistes et les travailleurs du Belarus", ainsi que la conviction que le peuple "peut et doit organiser sa propre lutte indépendante basée sur ses intérêts, pour repousser les interventions étrangères, pour exiger la satisfaction de ses besoins populaires contemporains, pour formuler la voie vers le socialisme, qui est la seule solution alternative aux impasses du mode de développement capitaliste". 

source :  https://www.idcommunism.com/2020/08/kke-condemns-foreign-intervention-in-belarus-calls-people-to-organize-their-own-struggle.html


 

DÉCLARATION DU BUREAU POLITIQUE DU CC DU KKE (PARTI COMMUNISTE GREC) SUR L'ÉVOLUTION DE LA SITUATION DES RÉFUGIÉS ET DES MESURES DU GOUVERNEMENT

KKE - DÉCLARATION DU BUREAU POLITIQUE DU CC DU KKE SUR L'ÉVOLUTION DE LA SITUTATION DES RÉFUGIÉS ET DES MESURES DU GOUVERNEMENT

 Solidarité Internationale PCF Grèce et ChypreKKE 0

09 MARS 2020

KKE - Déclaration du bureau politique du CC du KKE sur l'évolution de la situtation des réfugiés et des mesures du gouvernement

Les derniers évènements, notamment l'emprisonnement de milliers de réfugiés et de migrants dans les îles de la mer Égée et à la frontière gréco-turque à Evros, confirment une fois de plus que la politique de l'UE et de l'OTAN que les gouvernements grecs ont suivi jusqu'alors, et à laquelle ils adhèrent avec ferveur aujourd'hui, est responsable de la dissolution des pays et du déracinement des peuples, d'une part, et de l'emprisonnement des peuples déracinés dans les îles et aux frontières, d'autre part. Cette politique a permis à Erdogan de tenter d'imposer ses propres objectifs, utilisant à son profit la situation dramatique des réfugiés.

Si cette politique n'est pas contestée, ni même le règlement de Dublin et l'accord entre l'UE et la Turquie, alors aucune mesure d'exception, aucune déclaration hypocrite des responsables européens jouant la compassion ou la sympathie, et aucune missive gouvernementale sur la solidarité supposée de l'UE, ne pourront faire face à l'exacerbation du problème.

Ce qui va se passer est que le nombre de morts va augmenter, parmi lesquels des jeunes enfants, puisque les réfugiés et les immigrants chercheront des moyens d'évasion toujours plus dangereux et seront la proie de trafiquants mais aussi de gouvernements, comme celui d'Erdogan qui les exploite à ses propres fins géopolitiques pour faire chanter l'UE - l'OTAN - les États-Unis et soutenir son invasion de la Syrie.

Lors de la réunion spéciale des ambassadeurs de l'OTAN, dans laquelle la Turquie a demandé l'aide de l'OTAN pour maintenir son occupation et annexer les territoires syriens qu'elle a envahis illégalement, la réaction supposée du gouvernement grec n'a été que de soulever la question du respect - par la Turquie - de l'accord UE-Turquie sur les réfugiés. Si c'est le cas, c'est très dangereux car cela revient à tolérer les agressions de la bourgeoisie turque au détriment des droits souverains d'autres pays et des accords qui déterminent les frontières, comme l'accord de Lausanne. Les conséquences de tout cela sont payées par les peuples.

Au lieu de faire preuve de fermeté à l'égard des réfugiés et des insulaires démunis, le gouvernement ND devrait faire preuve de fermeté à l'égard de l'UE et l'OTAN, qui considèrent l'invasion d'Idlib par la Turquie comme "juste", fournissant ainsi à Erdogan un alibi pour exploiter les réfugiés et les migrants au profit des ambitions de la classe dirigeante turque. Ainsi nous demandons au gouvernement ND de se retirer du règlement de Dublin, qu'il exige l'annulation de la déclaration commune UE-Turquie (qui réduit la Grèce à un entrepôt d'âmes), et que les réfugiés puissent se rendre dans leur pays de destination.

A Evros et en mer Egée, les ennemis du peuple grec ne sont pas les victimes de la barbarie capitaliste, ceux qui sont déracinés par les guerres et les interventions lancées par les Etats-Unis, l'OTAN et l'UE, avec le soutien de tous les gouvernements grecs, dans l'intérêt du capital grec. L'ennemi est la politique qui soutient les guerres impérialistes, accroissant les vagues de réfugiés, et transforme la Grèce en un État prisonnier pour protéger la "forteresse" Union Européenne.

La surveillance nécessaire de la frontière à Evros ne doit pas servir à légitimer les voix et les actions - ouvertes et cachées - de l'extrême droite, incités à cela par l'emploi d'épithètes racistes par les ministres, de telle sorte que les véritables responsables de cette politique restent camouflés. Les voix réactionnaires et xénophobes qui cherchent à retourner le peuple grec contre les victimes, les réfugiés et les migrants, finissent par devenir le meilleur allié de ceux qui créent et entretiennent le problème. Ils deviennent ainsi le meilleur allié du gouvernement Erdogan, qui tente d'utiliser ces personnes démunies à ses propres fins.

 À cet égard, nous nous opposons aux mesures annoncées par le gouvernement ND , que nous considérons comme une impasse. En particulier, la demande d'application de l'article 78 (3) du "traité de Lisbonne" pour l'implication des gardes-frontières européens (Frontex), c'est-à-dire des équipes militaires étrangères d'intervention rapide pour garder la frontière grecque, évolue dans une direction qui nous semble dangereuse. Cela  compliquera la situation. Après tout, l'implication de l'OTAN et du Frontex en mer Égée n'a apporté aucune solution véritable jusqu'à présent. L'inverse est vrai.

SYRIZA et les autres parties n'ont pas dit un mot sur le règlement de Dublin ni sur l'accord UE-Turquie qui transforment les îles, le pays, en un centre d'enfermement à ciel ouvert.

Nous appelons le peuple grec, en particulier les habitants des îles et des régions frontalières, à organiser leur lutte en se concentrant sur les responsables et les causes à l'origine du problème. A se distancier autant du nationalisme réactionnaire et de la répression, que du cosmopolitisme dangereux véhiculée par la théorie des "frontières ouvertes". A être solidaire et à forger une alliance dans leurs luttes contre les gouvernements bourgeois et leurs partenaires impérialistes.

Ce qu'il nous faut maintenant, c'est:

- Abolir le règlement de Dublin et la déclaration commune UE-Turquie, qui se sont révélés inefficaces et inactifs de toute façon.

- Fermer tous les centres d'enfermement à risque des îles de la mer Égée et ne pas en créer de nouveaux, ni fermés ni ouverts

- Libérer immédiatement les réfugiés des îles et mettre en place des procédures accélérées pour qu'ils puissent se rendre dans leur pays de destination.

- L'UE et les Nations unies doivent organiser dès à présent des procédures d'asile en Turquie, à la frontière avec la Grèce et à la frontière avec la Syrie, et diriger le mouvement des réfugiés vers leur pays de destination. Cette mesure peut se faire dans le respect du droit des réfugiés à la protection en vertu des conventions internationales.

- La fin de toute participation, soutien et implication dans les actions et opérations de l'OTAN, des États-Unis et de l'UE, dans la région du Moyen-Orient, qui conduisent à soutenir l'invasion de la Syrie par la Turquie, les interventions en Libye, la perpétuation de la guerre et des catastrophes.

http://solidarite-internationale-pcf.fr/2020/03/kke-declaration-du-bureau-politique-du-cc-du-kke-sur-l-evolution-de-la-situtation-des-refugies-et-des-mesures-du-gouvernement.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail


 

MANLIO DINUCCI : GRECE, BRADERIE DE BASES MILITAIRES AUX ETATS-UNIS

L’art de la guerre

 

Grèce, braderie de bases militaires aux États-Unis

 

Manlio Dinucci

 

 

Le Parlement grec a ratifié l’ ”Accord de coopération pour la défense réciproque”, qui concède aux États-Unis l’usage de toutes les bases militaires grecques. Elle serviront aux forces armées USA non seulement pour stocker des armements, s’approvisionner et s’entraîner, mais aussi pour des opérations de “réponse à l’urgence”, c’est-à-dire pour des missions d’attaque.
  Particulièrement importante la base de Larissa, où l’US Air Force a déjà stocké des drones MQ-9 Reaper et celle de Stefanovikio, où l’US Army a déjà déployé des hélicoptères Apache et Black Hawk.
  L’Accord a été défini par le ministre grec de la Défense, Nikos Panagiotopoulos, comme “avantageux pour nos intérêts nationaux, parce qu’il accroît l’importance de la Grèce dans la planification USA”. Importance que la Grèce a depuis longtemps : il suffit de se rappeler du sanglant coup d’état des colonels, organisé en 1967 dans le cadre de l’opération Stay-Behind dirigée par la Cia, auquel succéda en Italie la période des massacres commencée avec celle de Piazza Fontana en 1969.

  Lors de cette même année s’installa en Grèce, à Souda Bay dans l’île de Crète, un Détachement naval USA provenant de la base de Sigonella en Sicile, sous les ordres du Commandement USA de Naples. Aujourd’hui Souda Bay est une des plus importantes bases aéronavales USA/OTAN en Méditerranée, employée dans les guerres au Moyen-Orient et Afrique du Nord. À Souda Bay le Pentagone investira 6 nouveaux millions d’euros, qui s’ajouteront aux 12 qu’il investira à Larissa, annonce Panagiotopoulos, en le présentant comme une grande affaire pour la Grèce.
  Le premier ministre Kyriakos Mitsotakis précise cependant qu’Athènes a déjà signé avec le Pentagone un accord pour la potentialisation de sa flotte de F-16, qui coûtera à la Grèce 1,5 milliards de dollars, et qu’elle est intéressée aussi par l’achat aux USA de drones et chasseurs F-35.

   La Grèce se distingue en outre pour être dans l’OTAN, après la Bulgarie, l’allié européen qui consacre depuis longtemps à la dépense militaire le plus haut pourcentage du PIB (2,3%). 

   L’Accord garantit aussi aux États-Unis “l’usage illimité du port d’Alexandroupoli”. Celui-ci est situé sur la Mer Égée au bord du Détroit des Dardanelles qui, reliant en territoire turc la Méditerranée et la Mer Noire, constitue une fondamentale voie de transit maritime surtout pour la Russie. De plus la Thrace Orientale limitrophe (la petite partie européenne de la Turquie) est le point où arrive de Russie, à travers la Mer Noire, le gazoduc TurkStream.
   L’”investissement stratégique”, que Washington est déjà en train d’effectuer dans les infrastructures portuaires, vise à faire d’Alexandroupoli une des plus importantes bases militaires USA dans la région, en mesure de bloquer l’accès des navires russes à la Méditerranée et, en même temps, de contrecarrer la Chine qui souhaite faire du Pirée une importante escale de la Nouvelle Route de la Soie.

   “Nous sommes en train de travailler avec d’autres partenaires démocratiques dans la région pour repousser des acteurs maléfiques comme la Russie et la Chine, avant tout la Russie qui utilise l’énergie comme instrument de son influence maléfique”, déclare l’ambassadeur USA à Athènes Geoffrey Pyatt, en soulignant qu’ ”Alexandroupoli a un rôle crucial pour la sécurité énergétique et la stabilité de l’Europe”. 

  C’est dans ce cadre que s’insère l’”Accord de coopération pour la défense réciproque” avec les USA, que le Parlement grec a ratifié avec 175 voix pour, du centre-droit au gouvernement (Nouvelle Démocratie et autres) et 33 contre (Parti Communiste et autres), tandis que 80 ont déclaré “présent” selon la formule du Congrès USA, équivalent à l’abstention, en usage au Parlement grec. C’est Syriza qui s’est abstenu, la “Coalition de la Gauche Radicale” conduite par Alex Tsipras. D’abord parti de gouvernement, maintenant dans l’opposition, dans un pays qui, après avoir été obligé de brader sa propre économie, maintenant brade non seulement ses bases militaires mais le peu qui lui reste de sa souveraineté.

 

Édition de mardi 11 février 2020 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/grecia-svendita-di-basi-militari-agli-stati-uniti/