INDE

INDE : LARGE VICTOIRE DES COMMUNISTES DANS L’ETAT DU KERALA

4 Mai 2021

David Gauvin / 3 mai 2021
La semaine dernière ont eu lieu 5 élections régionales en Inde. Le BJP avait fait le pari de gagner ces 5 scrutins. Au vu des résultats il a perdu son pari, sur fond d’incapacité à gérer la crise sanitaire à l’échelle du Pays. Mais un résultat doit nous poser question, le Kérala a reconduit largement la coalition au pouvoir dirigée par les communistes. Le peuple du Kérala a même chassé totalement le BJP du parlement en renforçant la majorité construite autour des partis communistes.

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Il est un Etat en Inde ou le parti communiste a pu mener sa politique. Le Kerala est “l’un des rares endroits sur terre où un communiste peut encore rêver”, a déclaré la Washington post, l’un des plus prestigieux journal d’Amérique dans un article de première page. L’article du Washington Post, intitulé « Un succès communiste », comprenait les nouvelles américaines en colonnes latérales étroites sur la page principale.

Le Kerala est un des petits Etats situé dans le sud de l’Inde, une région tropicale et côtière du pays. C’est la plus développée par rapport au niveau de vie (l’espérance de vie, le salaire, l’habitation, l’alimentation, le niveau de pauvreté et le niveau d’alphabétisation). Une de ses particularités est qu’elle est un des trois Etats en Inde où les communistes ont dirigé le gouvernement. Les autres Etats sont le Bengale Occidental et le Tripura. Le Kerala a été le premier Etat au monde à avoir démocratiquement élu les communistes au pouvoir. Ce moment historique s’est passé en 1957.

Au Kerala, comme ailleurs, le parti communiste est devenu puissant grâce à son soutien aux paysans. Les gens de la basse caste ont ainsi trouvé un moyen d’échapper au système des castes qui existe en Inde. Le parti communiste a utilisé le soutien pour monter l’escalier du pouvoir politique. Mais il a su s’adapter avec son temps sans oublier son objectif historique. Il a su aussi promouvoir des nouvelles générations sans renier la politique menée. Il n’est qu’à voir l’élection de Arya Rajendra âgée de 21 ans à la tête d’une municipalité d’un million d’habitant. Mais surtout au Kerala, le parti s’est occupé de l’essentiel, l’éducation et la santé. 95% de la population du Kerala est alphabétiséz, et le système de santé public et gratuit est l’un des plus développé du pays.

Quand les communistes conduisent les affaires dans le respect des valeurs et la volonté de faire progresser le peuple, le peuple le suit. Les communistes du Kerala peuvent montrer au monde l’exemple d’une société communiste démocratique qui ne s’occupe que des intérêts supérieurs du peuple.

 

David Gauvin

source : https://www.temoignages.re/politique/edito/large-victoire-des-communistes-au-kerala,101192

INDE : UNE MAREE HUMAINE DE PLUS D'UN MILLION DE PERSONNES A PARTICIPE A UN RASSEMBLEMENT DU PARTI COMMUNISTE (MARXISTE) ET SES ALLIES A KOLKATA

28 Février 2021

Dimanche 28 février 2021
Inde : Plus d'un million de personnes ont participé à un rassemblement du parti communiste (marxiste) et de ses alliés à Kolkata


Une marée de personnes s'est rassemblée dans la ville de Kolkata plus tôt dans la journée lors d'un rassemblement massif organisé par le Parti communiste indien (marxiste) et les forces alliées de gauche. Le rassemblement, l'un des plus grands rassemblements politiques de ces dernières années, s'est tenu au terrain de parade de la brigade de Kolkata, qui est le plus grand terrain découvert de la ville. 
Ce grand rassemblement a lieu juste avant le scrutin de l'assemblée du Bengale occidental, envoyant un message fort au BJP (Bharatiya Janata Party) et au TMC (All India Trinamool Congress), tous deux au pouvoir.  


"Le TMC doit être détrôné pour arrêter le poids du BJP au Bengale", a souligné dans son discours le secrétaire général du parti communiste (marxiste) Sitaram Yechury. "Nous nous battrons pour garantir l'égalité des droits entre les hommes et les femmes de toutes les couches de la société et contre les attaques contre l'expression pluraliste" a déclaré Surjya Kanta Mishra, secrétaire du CPI(M) pour le Bengale occidental.


Comme le Parti communiste (marxiste) l'a mentionné dans son compte Facebook, "selon une estimation prudente, environ 10 lakh (1 million) de personnes de tous horizons sont venues aujourd'hui au terrain de parade de la brigade à Kolkata. Pour mettre fin à la corruption, à la privatisation et au système éducatif, pour restaurer les droits démocratiques du peuple, pour garantir des élections libres et équitables, et bien d'autres choses encore, des gens de tous âges sont venus et ont enregistré leur présence dans ce qui était l'un des plus grands rassemblements politiques pacifiques du monde". 

source : https://www.idcommunism.com/2021/02/india-more-than-million-people-attended-a-rally-of-communist-party-marxist-and-.html

Tag(s) : #Inde#Communiste

LES LECONS DE LA LUTTE DES AGRICULTEURS INDIENS

Les leçons de la lutte des agriculteurs indiens

Par Sushovan Dhar

Mondialisation.ca, 13 février 2021

CADTM 3 février 2021

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Jamais un ‘Jour de la République’ n’avait connu autant de revendications publiques. Des centaines de milliers de paysans qui voulaient avoir leur mot à dire sur la Res Publica se sont spontanément retrouvés à manifester dans les rues de Delhi. Parmi toutes les excuses boiteuses destinées à arrêter la marche des paysans, il y en avait une qui ne manquait pas d’ironie. Que cette manifestation serait une « conspiration » visant à diffamer l’Inde aux yeux du monde en faisant un défilé de tracteurs dans la capitale le jour de la République. Les paysans en lutte ont prouvé, au contraire, qu’ils portaient haut la bannière de la « plus grande démocratie du monde » alors que le régime actuel est déterminé à piétiner et à supprimer toutes les valeurs démocratiques qui subsistent dans le pays.

Il est intéressant de noter que six jours plus tôt, le 20 janvier, le gouvernement de l’Union avait proposé de suspendre les trois lois agricoles contestées pendant un an et demi et de mettre en place un comité conjoint pour examiner la législation lors du dixième cycle de négociations avec les syndicats d’agriculteurs. Cependant, le principal syndicat des agriculteurs, Samjukta Kisan Morcha, a rejeté l’offre dès le lendemain et a résolument engagé la mouvement à se poursuivre jusqu’à l’abrogation complète des trois lois qui s’en prennent aux fermiers. L’AIKSCC était également déterminée à organiser le défilé des tracteurs prévu ce 26 janvier.

Il y a quelques jours, la Cour suprême avait exprimé son intention de suspendre l’application des lois agricoles controversées tout en proposant de former un comité indépendant présidé par un ancien président de la Cour suprême pour « résoudre à l’amiable » l’impasse entre les agriculteurs et le gouvernement. Bien sûr, de sérieuses questions se posaient quant à l’« indépendance » de la commission ; néanmoins, les premiers signes de concession étaient évidents.

Le gouvernement est contraint à faire marche arrière

Étant donné l’attitude belligérante et antagoniste du gouvernement actuel, surtout depuis sa réélection en 2019, l’annonce du ministre de l’agriculture de l’Inde, Narendra Singh Tomar, a pu sembler un peu inhabituelle mais pas entièrement surprenante. Le gouvernement avait espéré que cette annonce obligerait les syndicats, déterminés à organiser un rassemblement de tracteurs le jour de la République, à remettre en cause leur agitation de plusieurs mois et à mettre fin docilement à leur blocus de la capitale nationale. Diverses mesures avaient été tentées auparavant, y compris des menaces et des intimidations, pour dissuader les agriculteurs, mais en vain. Dans une tentative de discréditer l’agitation, une partie de la classe dirigeante a lancé des accusations d’infiltration d’éléments séparatistes sikhs dans le mouvement. Ce coup bas s’est retourné contre eux et les ministres du gouvernement chargés des négociations avec les syndicats d’agriculteurs n’ont eu d’autre choix que de nier les allégations.

La mobilisation continue des syndicats, l’imminence des manifestations du Jour de la République et le refus de la Cour suprême de l’interdire ont été les raisons qui ont conduit à une formule de compromis. Il s’agit d’un effort désespéré pour contenir avec plus de vigueur cette agitation croissante, qui peut potentiellement s’étendre à d’autres parties du pays. L’organisation mère de la coalition fasciste, à savoir le RSS, était également nerveuse quant à la poursuite indéfinie de cette opposition bien organisée. Suresh « Bhaiyaji » Joshi, le numéro deux du Sangh Pariwar, a exprimé ses craintes quant à la stabilité du gouvernement face à un défi aussi déterminé, dans une interview à l’Indian Express.

Peut-on parler de percée partielle ? Y a-t-il des raisons de se réjouir ? Bien sûr qu’il y en a. S’il est important de ne pas se laisser emporter par l’euphorie, il y a suffisamment de raisons d’avoir confiance en cette action collective qui a fait reculer le gouvernement. Le mérite en revient certainement à des millions de paysans indiens qui se sont battus sans relâche, le dos au mur. La paysannerie se bat clairement pour le contrôle de son propre destin (vies et moyens d’existence) contre le contrôle de l’agriculture par de grandes entreprises soutenu par ce gouvernement. Ni la profonde crise agricole qui a englouti le pays au cours des trois dernières décennies et qui a poussé plus de 300 000 agriculteurs à se suicider en raison d’un grave endettement, ni la détresse rurale chronique qui oblige des milliers de personnes à quitter leurs villages pour migrer vers les centres urbains à la recherche d’un avenir incertain ne peuvent être surmontées aussi facilement. Il nous faut certainement livrer une bataille politique plus importante pour y parvenir, mais la lutte actuelle ouvre une sérieuse voie dans cette direction. Elle a donné de l’espoir à des millions de personnes qui veulent combattre ce régime fasciste et retrouver l’âme démocratique de la nation.

Les récentes lois sur l’agriculture et les nouveaux codes du travail sont des tentatives de poursuivre un degré de réforme sans précédent qui donne à la grande bourgeoisie les coudées franches pour diriger l’économie. Il ne fait aucun doute qu’elle leur apporte un soutien total. Alors que les codes du travail sont une tentative de flexibiliser l’emploi en donnant aux patrons le droit d’embaucher et de licencier leurs employés et d’éliminer les garanties légales minimales pour les travailleurs, les nouvelles lois peuvent être considérées comme une réponse de la droite à la crise agraire. Elles sont habilement soutenues par les médias et un groupe d’économistes de cour tentent d’infléchir l’opinion publique en leur faveur. Ils vont jusqu’à présenter ces lois comme une véritable révolution dans le secteur agricole indien. Heureusement, les agriculteurs, eux, sont sourds à ces conseils éclairés.

La force et le prestige de ce mouvement de protestation viennent du courage et de l’ingéniosité tactique d’un mouvement qui a une réelle base économique. Cela vient confirmer le fait que le programme néolibéral, intériorisé par tous les partis politiques en Inde, y compris des sections de la gauche dominante, continue à faire l’objet d’une résistance de la part de la base. La résistance dont font preuve les paysans, principalement du Pendjab et de l’Haryana, et leurs organisations, est exemplaire et, franchement, bien plus radicale que la politique des partis de gauche existants.

La crise de la gauche

La crise de la gauche explique en partie la relative inertie des syndicats et du mouvement ouvrier en général à exprimer leur plein soutien aux manifestations actuelles. Il y a eu de petites tentatives des travailleurs pour se joindre aux agriculteurs dans leurs protestations et il est à craindre qu’ils ratent une occasion en or de lancer des offensives similaires, dans leur propre intérêt, juste quand le fer est encore chaud.

Malheureusement, les principaux syndicats du pays sont contrôlés par un parti politique ou un autre. En l’absence d’une véritable organisation indépendante, ces syndicats, au lieu d’agir comme d’authentiques expressions de la classe ouvrière, fonctionnent comme des courroies de transmission pour leurs « organisations mères ». Peut-être ce syndicalisme de parti explique-t-il la faible réaction de la classe ouvrière au mouvement paysan actuel. Peut-on inverser la situation ? Difficile, mais pas impossible ! Cela vaut-il la peine d’essayer ? Oui, nous n’avons pas le choix ! Sans l’auto-organisation des classes, trop de concessions ont déjà été faites, comme en témoignent le scénario actuel et notre héritage historique.

Ce mouvement est très important pour la gauche. Si toute tentative de l’interpréter comme un soulèvement paysan pour s’emparer du pouvoir d’État serait absurde, il ne s’agit pas non plus d’un simple « mouvement de riches paysans », comme le prétendent certains secteurs de la gauche ou, plus précisément, certains partisans de la Révolution Socialiste étape par étape. Les agriculteurs se battent pour leur survie immédiate et à long terme. Il serait criminel pour la gauche de sombrer dans un profond sectarisme et de gâcher cette occasion de former une forte opposition au régime Hindutva en restant dans des cocons idéologiques élimés. Nous devons saisir l’occasion et faire tout notre possible pour transformer ces protestations en luttes populaires plus larges contre le régime fasciste et lui donner un caractère anticapitaliste. L’élan actuel peut être renforcé en incluant les demandes des différentes catégories de travailleurs. Les demandes de création d’emplois, de sécurité et de souveraineté alimentaire, entre autres, serviraient à renforcer l’attrait et la force de ce mouvement parmi les masses dans différentes régions. Lutter pour ces revendications aiderait non seulement le mouvement à gagner le soutien des travailleurs, mais aussi à pousser les représentants des secteurs paysans riches à la marge. Il est urgent de construire une solidarité avec les luttes de la classe ouvrière qui se manifestent ailleurs.

Post-scriptum

La lutte actuelle nous aide également à éclairer une autre question importante : les forces fascistes peuvent-elles être vaincues en formant des coalitions électorales ou vaut-il mieux les confronter à de puissantes mobilisations de masse venant d’en bas ? Si nous n’excluons pas complètement les gains électoraux possibles, nous devons analyser avec soin l’évolution des élections indiennes et la trajectoire de la droite. Sangh Parivar et d’autres forces Hindutva ont maintenu une orientation d’extrême droite constante depuis les années 1950 sans être freinés par des défaites électorales ou des alliances de forces « laïques ». Il suffit de se rappeler l’optimisme d’une section libérale lorsque l’extrême droite s’est alliée au Janata Party pour former le gouvernement en 1977. Avec Vajpayee comme ministre des affaires étrangères dans le cabinet de Morarji Desai, beaucoup croyaient que le projet Hindutva serait contenu, apprivoisé et civilisé. L’histoire a démenti un tel optimisme. Aucune défaite électorale ne suffit à marginaliser ce programme d’extrême droite et toute véritable bataille contre le projet Hindutva doit le reconnaître. Un projet politique à long terme pour y faire face doit être basé sur la lutte des classes. Et la recherche du moindre mal, c’est-à-dire d’alliés bourgeois relativement « inoffensifs », sera un obstacle sérieux aux possibilités de soulèvement de classe et de mouvements de masse.

La lutte des agriculteurs et son avancée partielle nous ont montré la voie. Des mouvements forts venant de la base peuvent potentiellement être plus utiles pour affronter le poids de l’Hindutva que des alliances électorales mal ficelées. Quel sera le sort de ce mouvement paysan dans six mois ? Nous ne le savons pas, mais il est bon de rappeler l’ancien proverbe chinois : « un voyage de mille kilomètres doit commencer par un premier pas ».

Sushovan Dhar


Traduit par Christine Pagnoulle

 

Sushovan Dhar CADTM Inde

La source originale de cet article est CADTM

Copyright © Sushovan DharCADTM, 2021

https://www.mondialisation.ca/les-lecons-de-la-lutte-des-agriculteurs-indiens/5653607

INDE : DES CENTAINES DE MILLIERS DE PAYSANS REVOLTES CERNENT NEW DELHI, LA CAPITALE

En Inde, des centaines de milliers de paysans révoltés cernent New Delhi

 

28 Jan 2021

   

Après deux mois de manifestation contre la libéralisation du secteur agricole, les paysans ont obtenu son gel par la Cour suprême Indienne. Insuffisant pour les fermiers, qui exigent le retrait pur et simple de trois lois concernées. Massés autour de la capitale avec une logistique impressionnante, les manifestants n’entendent pas faire machine arrière.

 

Les réformes sont mises en pause mais le mouvement, lui, ne connaît pas la trêve. Après deux mois à manifester aux portes de Delhi contre la libéralisation du secteur agricole, les agriculteurs ont obtenu une mince victoire. La Cour suprême a ordonné mardi 12 janvier la suspension des trois lois agricoles, appelées Farm Bills, à l’origine de la crise. Auparavant, de nombreux rounds de négociation entre les fermiers et le gouvernement avaient échoué, au point que la plus haute institution du pays a été forcée d’intervenir. 

Car la demande des agriculteurs s’écrit en trois mots : « retrait des lois », ce à quoi le gouvernement de Narendra Modi se refuse. Pour cette raison, ils sont désormais des centaines de milliers à camper le long des autoroutes qui mènent à la capitale, dont l’accès est bloqué. Et la décision de la Cour suprême a peu de chances de calmer l’afflux aux portes de New Delhi. « Nous nous félicitons de la suspension des lois, mais ce que nous voulons, c’est une abrogation complète », dit un manifestant.

 

Des manifestants brandissent des pancartes en langue Punjabi.

Les organisations paysannes flairent le piège : faire mine de reculer pour mieux passer. « Cela va permettre de dénoncer nos manifestations, a ainsi réagi le compte twitter du mouvement, baptisé Kisan Ekta Morcha. Les porte-paroles du BJP vont pouvoir demander “pourquoi les agriculteurs protestent-ils alors que les lois ont été suspendues ?” » Le comité de quatre membres, désigné par la Cour suprême pour faciliter le dialogue, prend d’ailleurs déjà l’eau. Icône de la lutte paysanne, Bhupinder Singh Mann en a démissionné jeudi 14 janvier, invoquant « les appréhensions des syndicats agricoles et du public en général ». 

Plus qu’à une manifestation, c’est désormais à une Zad titanesque que le mouvement ressemble. À ceci près qu’il ne s’agit pas de défendre des terres contre le béton, mais la survie des petits paysans à travers les prix minimums d’achat des denrées menacés par ces réformes, notamment le blé et le riz. Une fois passés les barrages de police lourdement armés, c’est dans une ambiance de festival que l’on est plongé à la frontière de Singhu, qui sépare New Delhi de l’Haryana. Reconnaissables à leur longue barbe et à leurs turbans, les paysans sikhs de cet État ainsi que du Pendjab mènent joyeusement la contestation. 

 

Distribution gratuite de nourriture dans l’une des cantines communautaires.

En remontant l’autoroute, on réalise que les agriculteurs ont mis en place un véritable siège. Partout, on distribue gratuitement de la nourriture. « Chaque fermier arrive avec des réserves de plusieurs mois, explique un cuistot volontaire. D’autres envoient des céréales depuis leurs exploitations. » La pratique s’ancre dans la tradition sikhe des « langar » : des cuisines communautaires, gratuites et ouvertes à toutes les religions. On tombe sur des scènes de meeting, des dortoirs, des dispensaires médicaux, des laveries et même des librairies ou ateliers de peinture.

Des hébergements solidaires contre le froid

En cet hiver, les températures approchent de zéro autour de la capitale. Des dizaines de fermiers sont déjà morts de froid. Dans un centre commercial abandonné, une équipe a installé des tentes à perte de vue. « Nous hébergeons en priorité les femmes et les personnes âgées », explique un responsable. Surender Kumar, pharmacien à Delhi, a rejoint le mouvement par solidarité : « Si le monde agricole est livré au secteur privé, les prix vont augmenter. Ces gens se battent donc pour tous les Indiens. Nous distribuons du paracétamol ou de l’amoxicilline gratuitement à partir de nos stocks. » Un manifestant est même venu de Londres pour camper avec sa communauté Sikh. 

 

Ce centre commercial abandonné a été transformé en refuge.

Dans les États voisins, voilà cinq mois que les manifestations ont commencé. Au Pendjab, un fermier de soixante-cinq ans s’est récemment donné la mort. Dans l’Haryana, la police a fait usage du canon à eau pour repousser des manifestants du Parti du Congrès, principal parti d’opposition à Narendra Modi. En dépit de la décision de la Cour Suprême, Rahul Gandhi, la figure du Parti du Congrès, a d’ailleurs manifesté dans la capitale vendredi 15. « Le Congrès ne cédera pas tant que ces lois ne seront pas abrogées. Ces lois ne visent pas à aider les agriculteurs, mais à les achever. »

D’autres États comme le Rajasthan, l’Uttar Pradesh ou le Maharashtra ont récemment rejoint la lutte. Dans les quasi-villes autonomes qui poussent aux frontières de Delhi, les participants, toujours plus nombreux, sont résolus à tenir des mois, voire jusqu’à la mort. Alité dans un dortoir, l’un d’eux témoigne. « Mon grand-père est mort après soixante-quatorze jours de grève de la faim. Aujourd’hui, le gouvernement de Narendra Modi veut nous enterrer. Alors depuis dix jours, j’ai moi aussi cessé de m’alimenter et de boire. »

 

La police bloque l’entrée des manifestants dans la capitale.

Prochaine étape : le 26 janvier, jour de la fête nationale, dite Republic Day. À 83 ans, le célèbre activiste Anna Hazare a annoncé qu’il y entamerait lui aussi « sa dernière grève de la faim ». Certains manifestants ont menacé de marcher sur la capitale. Des intentions que les syndicats agricoles se sont empressés de réfuter. Certains craignent en effet que d’éventuelles violences puissent profiter au BJP, le parti de Narendra Modi, qui affirme que les fermiers sont manipulés par l’opposition et qu’ils sont violents. À quelques jours de la grande parade, la tension est à son comble.

 

Source: Reporterre

 

NDLR: Le 26 janviers, les paysans ont été autorisés à manifester à New Delhi, mais des confrontations ont rapidement éclaté avec les forces de l’ordre. La mobilisation ne faiblit pas. S’appuyant sur un large soutien populaire, les paysans reclamment toujours le retrait des Farm Bills. (IGA)

https://www.investigaction.net/fr/en-inde-des-centaines-de-milliers-de-paysans-revoltes-cernent-new-delhi/

INDE : LES PAYSAN-NE-S DU MONDE ENTIER S’UNISSENT. CE 26 JANVIER, ALLUMEZ UNE BOUGIE EN SOLIDARITE AVEC LES PAYSAN-NE-S DE L’INDE

25 Janvier 2021

20 janvier 2021 Solidarité internationale

Depuis plus de 50 jours maintenant, les paysan⋅ne⋅s et les travailleurs indiens organisent des manifestations massives dans la capitale nationale du pays, New Delhi. Ils sont aussi présent⋅e⋅s à plusieurs frontières interétatiques et centres de district, exhortant leur gouvernement national à revenir sur trois législations controversées qui sont censées industrialiser le paysage agricole indien.

Selon les paysan⋅ne⋅s, ces trois législations, appliquées simultanément, démantèleront le système de marchés publics du pays, feront baisser les prix des produits agricoles, encourageront la monoculture à grande échelle par le biais de l’agriculture contractuelle et permettront également aux entreprises privées de s’approvisionner et de spéculer sur les légumineuses et les céréales essentielles, ce qui fera augmenter les prix des denrées alimentaires. Dans un pays où près de 700 millions de personnes vivent de l’agriculture et des activités connexes, ces “réformes” ne sont que des nouvelles dévastatrices. Les manifestations qui ont lieu à New Delhi, dans d’autres capitales d’État et aux frontières interétatiques prouvent que les gens sont en colère contre cette mesure, qui ne profitera peut-être qu’à une poignée de sociétés privées de l’agroalimentaire dans le pays.

La Via Campesina, en tant que mouvement mondial de paysan⋅ne⋅s et de petits producteurs d’aliments dans 81 pays, est très animée par cette lutte menée par les mouvements paysans en Inde. Au nom de tous ses membres, La Via Campesina exprime sa solidarité à l’Union Bhartiya Kisan, à Karnataka Rajya Raitha Sangha, à Tamilaga Vivasayigal Sangham et à plusieurs autres organisations et mouvements qui sont le fer de lance de cette protestation dans différentes régions du pays.

En décembre, plusieurs membres de notre mouvement avaient envoyé des messages de solidarité et de soutien à leurs homologues indiens, faisant écho à leurs demandes et citant des exemples négatifs dans leurs propres pays où la privatisation a conduit à la dépossession et au déplacement de la paysannerie. Cet acte de solidarité mondiale doit se poursuivre. Il sera important que les mouvements paysans du monde entier se fassent l’écho des luttes de nos sœurs et frères en Inde qui, malgré le mauvais temps et un gouvernement indifférent, ont gardé le moral et refusent de bouger.

Selon le syndicat Bhartiya Kisan, plus de 70 paysans protestataires ont d’ores et déjà perdu leur vie, dans le froid mordant et les pluies de New Delhi. La Via Campesina reconnait et honore ces martyres, qui ont donné leur vie pour la cause paysanne. Chaque paysan⋅ne, travailleur de la terre, membre d’une communauté autochtone n’importe où dans le monde se sent désormais profondément en lien avec cette lutte courageuse menée par les paysan⋅ne⋅s indien⋅ne⋅s.

L’Inde célèbre sa journée de la République le 26 janvier. Pour augmenter la pression sur le gouvernement, les mouvements de protestation vont organiser un grand “défilé de tracteurs” dans la capitale nationale ce jour-là.

L’un des moyens pour tous les membres de LVC de soutenir les mouvements en Inde et de concrétiser notre solidarité mondiale consiste à organiser une mobilisation symbolique en allumant une bougie, le 26 janvier 2021.

Où que vous soyez, quel que soit le coin du monde où vous vous trouvez, si vous vous joignez à ce simple acte de solidarité, la lumière de la fraternité atteindra notre peuple en Inde et lui donnera la force et le courage de continuer jusqu’à sa victoire. Les luttes de tous les paysan⋅ne⋅s sont les mêmes partout.

Nous recherchons la dignité, l’autonomie et le contrôle de la production alimentaire, une production qui respecte la souveraineté alimentaire de nos territoires et reste en harmonie avec la nature. Que ce soit un moment de plus pour mondialiser nos luttes et mondialiser notre espoir d’un avenir collectif sûr !

Postez vos images et vos messages avec le hashtag #ShineOnIndiaFarmers sur les médias sociaux. Faites entendre au monde entier le cri de rage des paysan⋅ne⋅s et des travailleurs.

source:https://viacampesina.org/fr/les-paysan%e2%8b%85ne%e2%8b%85s-du-monde-entier-sunissent-ce-26-janvier-allumez-une-bougie-en-solidarite-avec-les-paysan%e2%8b%85ne%e2%8b%85s-de-linde/

Tag(s) : #Inde#ViaCampesina

 

INDE : MANIFESTATIONS MASSIVES DES PAYSANS SOUTENUS PAR DES MESSAGES DE SOLIDARITE DE PAYSANS DU MONDE ENTIER

19 Janvier 2021

 

18 JANVIER 2021  ASIE DU SUD, MULTINATIONALES ET AGRIBUSINESS

Bravant les intempéries et un gouvernement apathique, les paysans indiens continuent de camper dans la capitale nationale pour exiger que le gouvernement central revienne sur les trois projets de loi controversés ayant été adoptés à la fin de l’année dernière. Le sixième cycle de négociations, qui s’est tenu le 4 janvier, n’a pas non plus permis de faire de progrès significatifs, le gouvernement national refusant d’abroger les trois lois. Un autre cycle de pourparlers aura lieu le 8 janvier.

S’adressant hier à une chaîne d’information, Yudhvir Singh, du Bhartiya Kisan Union, a réitéré ce qui suit « Le gouvernement pense que les paysans qui protestent vont bientôt se disperser en raison du froid mordant et des pluies à Delhi. Ils ont tort. Nous sommes des paysans et nous sommes souvent confrontés à ce type de conditions climatiques dans nos champs. Ces rudes conditions ne nous dissuaderont donc pas et nous ne partirons pas tant que les trois lois ne seront pas abrogées. Dans le monde entier des paysans protestent – pas seulement l’UP, l’Haryana, le Pendjab et le Rajasthan. Les paysans du Tamil Nadu, du Maharashtra, du Gujarat, du Chattisgarh, du Jharkhand, du MP, etc. campent tous à leurs frontières d’État… Nous sommes près de 500 organisations de tout le pays dans cette manifestation. » ~ Yudhvir Singh. Le BKU après la réunion du 4 janvier n’a pas réussi à faire progresser le dossier.


Pendant ce temps, des agriculteurs, des paysans et des militants en Corée, en Indonésie, au Canada, au Brésil, au Kenya, au Népal, au Bangladesh, au Sri Lanka, aux États-Unis, au Pakistan et au Portugal ont envoyé leurs messages de solidarité aux paysans manifestant en Inde.

Faisant écho aux préoccupations et aux sentiments des paysans indiens, la

Confederação Nacional da Agricultura (CNA) portugaise, a déclaré que « ces réformes, qui libéralisent les prix et mettent fin aux marchés réglementés par le gouvernement, mettent les paysans dans une situation de grande vulnérabilité devant les multinationales et les grandes entreprises agroalimentaires. La CNA ne pouvait rester indifférente et a lancé un appel à la représentation diplomatique de l’Inde au Portugal, exhortant le gouvernement indien à faire marche arrière dans l’introduction de ces réformes, défendant ainsi les paysans et les droits humains de leur population à une alimentation adéquate »

La Ligue paysanne coréenne, l’un des plus grands syndicats paysans de Corée du Sud, a envoyé un message vidéo de leurs dirigeants apportant leur soutien au Karnataka Rajya Raitha Sangha en Inde et espère que le gouvernement annulera bientôt les trois lois.


La Korean Women Peasant Association (Association Coréenne de paysannes) et l’Indonesian Peasants Union Syndicat paysans d’Indonésie) ont également envoyé des messages de solidarité.

 
Dans une déclaration envoyée aux organisations paysannes indiennes, le Mouvement des

Sans-terre – MST du Brésil a soutenu « les demandes des paysans indiens auprès du gouvernement pour modifier cette législation et pour qu’il introduise une loi garantissant un prix minimum de soutien pour leurs produits, de sorte qu’en aucun cas les paysans ne soient obligés de vendre leurs produits à perte ».

Le Syndicat national des agriculteurs du Canada (NFU) a également cité ses propres expériences défavorables quant aux réformes ayant favorisé les entreprises agroalimentaires.

« Au Canada, nous reconnaissons que la lutte des paysans indiens ressemble à notre propre lutte. Nous les soutenons dans leur droit de manifester et dans leur appel à une politique agricole qui soutienne les millions de paysans cultivant de la nourriture en Inde », a déclaré Katie Ward, présidente du NFU. Alors que la diminution des revenus agricoles nets atteint un niveau de crise pour les agriculteurs du monde entier et également du Canada, les agriculteurs canadiens comprennent la nécessité d’une réglementation gouvernementale qui fonctionne pour les agriculteurs plutôt que pour ceux qui obtiennent des profits aux dépens des agriculteurs. « Nous avons connu le démantèlement d’institutions vitales pour le pouvoir de négociation et, par extension, l’abaissement des revenus des agriculteurs canadiens », a déclaré Stewart Wells, vice-président du NFU, « par exemple la perte du système de commercialisation à guichet unique pour les porcs dans les années 1990 et, plus récemment, la destruction de la Commission canadienne du blé, entre autres. »

Kevin Arseneau, paysan et homme politique, Membre de l’Assemblée nationale du New-Brunswick, Canada, a également exprimé sa solidarité.


La All Nepal Peasants Federation (Fédération paysanne du Népal) et le Pakistan Kissan Rabita Committee (Comité pakistanais de paysans) ont également envoyé des messages de solidarité.

Dans un article pour The Hindu, Hashmim Bin Rashid et Ahilan Kadirgamar ont écrit :

« Ceux qui connaissent l’attaque systématique contre l’agriculture en Asie du Sud lors des dernières décennies ne seront pas surpris par les manifestations paysannes en cours en Inde. Cela s’est passé au Pakistan, où les paysans qui protestaient pour obtenir des prix de soutien ont été battus et arrêtés à Lahore il y a tout juste un mois, ou au Sri Lanka, où les pénuries d’engrais importés et la baisse des subventions ont provoqué le tollé des paysans. Au milieu d’une longue crise économique rurale latente, exacerbée par la pandémie du COVID-19, les efforts déployés par les gouvernements sud-asiatiques pour développer la « corporatisation » et la déréglementation, comme voie à suivre pour l’agriculture, ont irrité les paysans qui souffrent depuis longtemps.


Le CETIM, centre de recherche et de publication basé en Suisse travaillant en étroite collaboration sur les questions agraires et les droits des paysans, a exprimé sa solidarité avec la lutte des travailleurs et des paysans indiens pour la dignité, la justice sociale et le respect des droits fondamentaux des peuples. « Le gouvernement indien doit respecter ses engagements internationaux en matière de droits humains, en particulier le Pacte international pour les droits économiques, sociaux et culturels et la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans », a-t-il déclaré.

Dans une déclaration de soutien accordée aux paysans indiens, GRAIN, organisme de recherche qui s’efforce d’aider les petits agriculteurs à mettre en place des systèmes alimentaires contrôlés par la communauté et fondés sur la biodiversité, a souligné qu’ils « doivent rester libre de décider ce qu’ils veulent cultiver et comment, tout en ayant l’assurance légale d’avoir des prix justes et rémunérateurs pour leurs produits garantis par le gouvernement. La manifestation des paysans en Inde est un exemple vivant de souveraineté alimentaire où les paysans se battent pour leur liberté, leur droit de continuer à cultiver, leur capacité à cultiver leurs terres sans être poussés à être liés par des contrats et leur droit d’obtenir un prix équitable garanti pour leurs produits. »

source : https://viacampesina.org/fr/manifestations-de-paysans-en-inde-des-paysans-du-monde-entier-envoient-leurs-messages-de-solidarite-et-de-soutien/

Tag(s) : #Inde#ViaCampesina

ARYA RAJENDRAN, 21 ANS, LA PLUS JEUNE MAIRE ELUE DE L’INDE, EST COMMUNISTE

28 Décembre 2020

Vendredi 25 décembre 2020
Arya Rajendran : La plus jeune maire élue de l'Inde est communiste


Arya Rajendran, 21 ans, membre du Parti communiste indien (marxiste), a été élu maire de Thiruvananthapuram, la capitale du Kerala.

Arya, étudiante en deuxième année de mathématiques, est sur le point de devenir la plus jeune personne à occuper un poste de maire dans le pays, a rapporté l'Hindustan Times. Elle est actuellement présidente de Balasangam, une organisation de jeunes affiliée au CPI(M). 
 
"Je suis entrée en politique à un jeune âge. Si le parti me demande d'assumer un rôle, je serai la plus heureuse de l'accepter", a déclaré Mme Rajendran, soulignant qu'elle a été fortement influencée par le ministre principal du Kerala, Pinarayi Vijayan, et la ministre de la santé de l'État, K K Shailaja.

Lors des récentes élections locales qui se sont tenues au Kerala, le Front démocratique de gauche, dirigé par le Parti communiste, a remporté la Thiruvananthapuram Corporation pour la deuxième fois consécutive. Elle a raflé 51 des 100 circonscriptions de la ville. Les résultats de l'élection ont été proclamés le 16 décembre. 

source : https://www.idcommunism.com/2020/12/arya-rajendran-indias-youngest-mayor-is-a-communist.html

Tag(s) : #Inde#Communiste#Kerala

LA PLUS GRANDE GREVE AU MONDE : 200 MILLIONS DE TRAVAILLEURS PARALYSENT L’INDE

La plus grande grève au monde: 200 millions de travailleurs paralysent l’Inde

La grève générale a été appelée contre les mesures d’austérité et de confinement et les attaques contre les droits du travail promues par le gouvernement de Narendra Modi (Inde).

Par Diego Sacchi

Mondialisation.ca, 07 décembre 2020

EFE/EPA/RAJAT GUPTA

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Jeudi, le 26 novembre 2020 , quelque 200 millions de travailleurs ont participé à une grève générale en Inde, à l’appel de dix centrales syndicales, contre les politiques du gouvernement de Narendra Modi, le Premier ministre du pays. Le train de réformes comprend de nouvelles lois sur le travail, une plus grande flexibilisation (des réglementations plus souples) sur les régulations en matière de santé et de sécurité sur le lieu de travail et dans le secteur agricole, ainsi que des privatisations du secteur public.

Le gouvernement a approuvé quatre codes du travail qui remplacent les lois protégeant les travailleurs. Ces réglementations permettent aux employeurs et aux gouvernements d’augmenter la charge de travail, de contraindre encore davantage l’obtention de salaires équitables, de licencier facilement les travailleurs, de réduire la couverture d’assurance maladie et de rendre plus difficile la création de syndicats.

En coordination avec les syndicats, une plateforme de plus de 300 organisations d’agriculteurs a appelé à une manifestation pour ce vendredi 27 novembre.  Les travailleurs des principaux secteurs industriels tels que la production d’acier, de charbon, les télécommunications, l’ingénierie, les transports, les ports et docks, les banques et transporteurs de fond se sont joints à la grève, tandis que dans plusieurs États (l’Inde est une république fédérale composée de vingt-huit États et huit territoires de l’Union), une grève rurale est en préparation.

Les réformes proposées par le gouvernement contre les droits des travailleurs s’inscrivent dans le contexte des effets de la « pandémie » et du confinement de coronavirus sur le pays. Le gouvernement de Modi répond à la pandémie  en imposant le confinement, et en donnant la priorité aux profits des grandes entreprises et en protégeant la fortune des milliardaires plutôt que la vie et les moyens de subsistance des travailleurs.

L’Inde compte plus de 9,2 millions de personnes infectées par le COVID-19, le deuxième plus grand nombre au monde et près de 135 000 décès,  (pour une population de  1 300 000 000 d’individus. NDLR) selon les données officielles. La pandémie s’est étendue aux grandes villes comme Delhi, Mumbai et d’autres centres urbains, ainsi qu’aux zones rurales où les soins de santé publique sont rares ou inexistants.

Conséquence du confinement, des millions de personnes ont perdu leurs revenus, et ce dans un pays où, avant la pandémie-confinement,  50% des enfants étaient en malnutrition. L’économie indienne a connu une chute de 23,9 % de son produit intérieur brut (PIB) au cours du trimestre d’avril-juin, alors qu’elle devrait baisser au total d’environ 10 % au cours de l’exercice 2020-2021. Dans ce contexte, des dizaines de millions de personnes ont perdu leur emploi de façon permanente, (à cause du confinement meurtrier. NDLR)  ou ont vu leurs heures de travail réduites. Selon un rapport du FMI publié en octobre, d’ici la fin de 2020, 40 millions d’Indiens supplémentaires se retrouveront dans une « pauvreté extrême », définie comme le fait de survivre avec 1,60€ ou moins par jour.

Les salariés de l’industrie, les employés du secteur des services et du public exigent une augmentation du salaire minimum, la fin du travail précaire, le contrôle des prix des produits de première nécessité et la fin de la politique gouvernementale de privatisation du secteur public.  Les revendications incluent 10 kilos de nourriture pour les familles dans le besoin, la fourniture d’une aide d’urgence aux secteurs les plus démunis de la population, effectuer un paiement unique de 7 500 roupies (environ 85 euros), le renforcement du système de distribution publique, le retrait des nouveaux codes du travail et des trois lois agricoles qui ouvrent les portes à l’agrobusiness, ainsi que l’abandon de la nouvelle politique d’éducation.

En outre, les travailleurs revendiquent l’allocation de 5% du PIB à l’éducation, aux soins de santé pour tous et de 6% du PIB pour la santé. Les agriculteurs réclament depuis des années de meilleurs prix pour leurs produits, que l’exécutif annonce des prix minimaux de soutien sur la base de la recommandation faite il y a 16 ans par la Commission nationale des agriculteurs, et l’élimination de la dette des travailleurs ruraux.

Les directions syndicales ont appelé à la grève pour désamorcer le mécontentement de millions d’indiens contre le gouvernement, mais pour l’instant elles ne donnent pas de réelle continuité aux protestations.

Le profil nationaliste et de droite du gouvernement a répondu à la pandémie en intensifiant son discours contre les minorités religieuses, comme les musulmans, et en cherchant à attaquer les droits de millions de personnes avec des lois qui aboutiraient à une plus grande flexibilité du travail au profit des seuls milliardaires locaux et des entreprises étrangères et nationales.

La rhétorique nationaliste de Modi s’est également intensifiée, en particulier contre la Chine, en plus d’approfondir la coopération stratégique et militaire avec les États-Unis en essayant de tirer profit du différend entre Washington et Pékin.

Diego Sacchi

Une vidéo de grèves antérieures en Inde :

 

Texte original sur EFE/EPA/RAJAT GUPTA.

Traduction Flo Balletti : https://les7duquebec.net/

La source originale de cet article est EFE/EPA/RAJAT GUPTA

Copyright © Diego SacchiEFE/EPA/RAJAT GUPTA, 2020

https://www.mondialisation.ca/la-plus-grande-greve-au-monde-200-millions-de-travailleurs-paralysent-linde/5651803

 

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Quand Alger déjoue le complot d'isolement!

Sunday, 06 December 2020 7:22 PM  [ Last Update: Sunday, 06 December 2020 7:25 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

L'Algérie, 5e pays dépensier en armement au monde. @Algérie-1

Alors que la France, le Maroc, la Jordanie en collusion avec l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Bahreïn, tentent d’isoler l’Algérie, celle-ci ne reste pas les bras croisés et sa politique de contre attaque énerve jusqu’au trône saoudien qui ne pardonne à Alger son antisionisme, son indépendance et sa liberté d’action surtout que face à la menace militaire croissante, l’armée algérienne travaille a sa fulgurante modernisation.

Un média saoudien évoque un projet anti-algérien du gouvernement français en collusion avec le Maroc, la Jordanie ainsi que les petits émirats du golfe Persique : isoler l’Algérie et l’empêcher de jouer son rôle-clé dans les crises régionales dans les régions stratégiques du Sahel et du Sahara occidental. Or Alger n’est pas du reste. Il se réorganise élargissant le cercle de ses alliances avec des géants africains comme le Nigeria ou l’Afrique du Sud. 

Algérie-Résistance, alliance inévitable

Algérie-Résistance, alliance inévitable

Contre attaque anti US ?

On se rappelle comment les USA ont usé de tout leur poids pour bloquer la désignation de l’ex-ministre algérien des A.E pour empêcher le règlement pacifique de la crise libyenne et avoir leur guerre. Or cet obstructionnisme a poussé Alger à réviser ses relations diplomatiques avec les pays africains et à élargir ses relations politiques et économiques avec les pays africains. L’un de ces pays est le Nigeria avec lequel l’Algérie a l’intention de mettre en application trois projets gigantesques : « la transsaharienne qui doit relier Alger à Lagos, le gazoduc Nigal qui doit servir à transporter le gaz naturel jusqu’en Europe via l’Algérie et le projet de liaison de fibre optique commencé en 2010 ». En outre, Alger a récemment exprimé son intérêt à la coopération avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Pour rappel, le ministre algérien des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a rencontré le président de la CEDEAO, Jean-Claude Kassal Brou, à Abuja, le 26 novembre, les deux parties ont négocié des voies susceptibles de promouvoir la coopération entre l’Algérie et l’Organisation ouest-africaine sur les plans, politique et sécuritaire, surtout dans le Sahel.

La crise au Sahara aura été le dernier acte du scénario de l’axe USA/Israël montée de toute pièce contre Alger avec la complicité du Maroc de l’Arabie saoudite, des EAU, de-Bahreïn et de la Jordanie. Mais là encore Alger semble avoir sa carte gagnante via une Mauritanie qui s’est alignée sur le Front Polisario au grand dam des intérêts de l’Empire. 

Axe US/OTAN/Israël pourra-t-il frapper aisément l'Algérie?

Axe US/OTAN/Israël pourra-t-il frapper aisément l’Algérie ?

L’Algérie confirme le déploiement de missiles balistiques hypersoniques Iskander.

Et tout ceci sur fond d’une révolution militaire ! 

« Ces quinze dernières années, l’armée algérienne a multiplié les acquisitions militaires en y consacrant en moyenne un budget de 2,3 milliards d’euros par an. Avions, missiles, blindés, sous-marins…, la qualité et la modernité de ces équipements font aujourd’hui de l’Algérie une puissance régionale dotée d’une force de frappe considérable.

Menace Israël/Émirats: la riposte algérienne?

Menace Israël/Émirats : la riposte algérienne ?

Normalisation : pour quelle raison Abou Dhabi, a-t-il recouru au langage de menaces vis-à-vis d’Alger ?

 L’Algérie a consacré 10 milliards d’euros par an au ministère de la Défense, et un tiers de son budget de défense à l’achat d’armements de pointe et de formation des militaires. Puis, the last but not the least: l’armée algérienne pourra sortir de ses frontières pour participer à des opérations militaires soit “Un message clair destiné aux voisins marocain et libyen ainsi qu’aux groupes terroristes qui opèrent au Sahel. L’Algérie est-elle prête à se montrer bien offensive face aux puissances qui se démènent pour l’isoler, mais sans grand succès ? 

Libye: Alger-Moscou coordonnent

Libye: Alger-Moscou coordonnent

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LES COMMUNISTES INDIENS CONDAMNENT L'ALLIANCE MILITAIRE AMERICANO-INDIENNE

 

Vendredi 30 octobre 2020
Les communistes indiens condamnent l'alliance militaire américano-indienne


Dans un communiqué de presse conjoint publié le 28 octobre, le Parti communiste de l'Inde et le Parti communiste de l'Inde (marxiste) soulignent ce qui suit :
"La réunion 2+2 des ministres indiens et américains de la défense et des affaires étrangères, qui s'est tenue à Delhi le 27 octobre, a abouti à la signature de l'accord de base d'échange et de coopération (BECA) sur la coopération géospatiale. 

Avec cet accord, tous les accords dits fondamentaux pour une alliance militaire avec les États-Unis ont été complétés. Cet accord fait également suite à l'exercice naval conjoint "Malabar" entre les quatre partenaires de la Quad, dont la tenue a été annoncée pour le mois de novembre.  

Ces mesures sont justifiées par les tensions récentes avec la Chine sur le LAC au Ladakh.  Mais ces accords étaient en cours d'élaboration bien avant l'impasse actuelle.  L'accord sur les échanges logistiques, l'accord sur la sécurité des communications et la modernisation du forum quadrilatéral ont tous été conclus au cours des dernières années. 
Ces accords lient les forces armées indiennes à l'armée américaine et à ses conceptions stratégiques.  L'imbrication des systèmes de communication et des systèmes électroniques va nuire à l'intégrité et à l'indépendance de la prise de décision de la structure de défense indienne.  Ces accords nous rendront dépendants de l'armement américain dont la technologie et les systèmes seront contrôlés par les États-Unis. 

L'alliance militaire émergente avec les États-Unis aura des conséquences à long terme sur la politique étrangère indépendante et l'autonomie stratégique de l'Inde.  Elle n'est pas conforme aux intérêts nationaux.  Le gouvernement central devrait continuer à négocier avec la Chine au plus haut niveau politique et diplomatique pour résoudre la question des frontières ; cela n'exige pas que l'Inde se subordonne à la stratégie géopolitique américaine en Asie".

Signé par D. Raja, secrétaire général du PCI et Sitaram Yechury, secrétaire général du PCI(M). 
source : https://www.idcommunism.com/2020/10/indian-communists-condemn-us-india-.html