LE PARTENARIAT SINO-IRANIEN, UN GRAND DEFI POUR LES USA.

Pourquoi le pari de "contrer" l'Iran via un accord nucléaire bis est déjà perdu

Wednesday, 28 April 2021 1:24 PM  [ Last Update: Wednesday, 28 April 2021 1:52 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Partenariat sino-iranien, un grand défi pour les USA.

La conclusion de l’accord de partenariat sino-iranien est un grand défi lancé aux États-Unis, soit dans sa rivalité stratégique avec l’Iran soit dans sa rivalité économique avec la Chine.

Le Middle East Institute, un groupe de réflexion basé à Washington, vient de publier un article sur les défis pour les États-Unis avec la signature du « Partenariat stratégique global » par la République islamique d’Iran et la Chine.

Selon l’analyste du Middle East Institute, la conclusion de l’accord de partenariat sino-iranien est un grand défi lancé aux États-Unis, soit dans sa rivalité stratégique avec l’Iran soit dans sa rivalité économique avec la Chine.

Cependant, l’auteur suggère que le développement de la coopération entre l’Iran et la Chine pourrait avoir quelques bénéfices aussi pour la partie américaine et occidentale, en ouvrant l’économie iranienne sur le marché.

Selon l’auteur, l’annonce du « Partenariat stratégique global », un accord économique et de développement de 25 ans entre la Chine et l’Iran, a immédiatement intensifié les débats sur la concurrence géostratégique sino-américaine. Néanmoins, il estime qu’un examen plus approfondi de ses implications suggère qu’il pourrait être utile pour atteindre certains objectifs américains avec l'Iran, en particulier la modernisation du système politique iranien.

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L’analyste ajoute que de nombreux politiciens iraniens ont rapidement décrit le document du partenariat sino-iranien comme un avertissement aux États-Unis, tandis que des analystes américains l’ont également décrit comme un moyen pour la Chine de renforcer son influence dans la région du Moyen-Orient. Pour les médias des pays arabes du sud du golfe Persique, il s’agissait du plus nouveau signe du désengagement de l’Amérique dans la région. Cependant, l’auteur croit que les observateurs ont très peu parlé de l’impact potentiel du " Partenariat stratégique global » sur la dynamique interne en Iran.

L’accord, surnommé « l’accord du quart de siècle », n’est pas nouveau, car l’idée en avait été proposée pour la première fois par le président chinois Xi Jinping lors de sa visite en Iran en 2016. De plus, dès sa première proposition, cet accord a fait face à l’opposition continue de certains courants en Iran.

En particulier, il y a eu beaucoup de débats sur les parties non divulguées de l’accord qui, selon certaines sources, porteraient sur l’utilisation possible par la Chine des installations militaires iraniennes et une future coopération militaire avec l'Iran, surtout dans les îles iraniennes du golfe Persique, ainsi que les investissements chinois dans les infrastructures de transport de l'Iran, y compris ses installations portuaires. En effet, l’analyste de « Middle East Institute » suggère que le fait que le gouvernement iranien n’ait pas divulgué le texte intégral de l’accord attirait la curiosité à l’extérieur de l'Iran et une certaine résistance à l’intérieur.

L’auteur de l’article ajoute qu’un examen du « Partenariat stratégique global » du point de vue de la concurrence stratégique sino-américaine, pourrait jeter la lumière sur son rôle pour anéantir les impacts des sanctions maximales des États-Unis sur le commerce du pétrole ou les ventes d’armes à l’Iran.

En outre, l’analyste estime que la signature de cet accord insiste sur un point crucial : « la Chine tente de faire entrer l’Iran dans la famille à l’intérieur de l’Initiative de ‘la Ceinture et la Route’ et donc encourager un sentiment de normalisation entre l’Iran et les autres membres de projet dans la région pour faciliter la circulation des marchandises et les transactions financières », peut-on lire dans l’article de l’Institut du Moyen-Orient.

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L’analyste prétend : « On peut s’attendre à ce que le nouveau partenariat de l’Iran avec la Chine le reconnecte au système commercial mondial, ce qui contraindra l’Iran à adopter une approche plutôt axée sur le marché, comme la Chine l’a fait, et qui pourrait en fin de compte avoir un impact sur son discours révolutionnaire actuel. »

L’auteur de l’article ajoute que la réintégration économique de l’Iran à travers son implication dans l’initiative chinoise « La Ceinture et la Route » serait susceptible de créer une nouvelle dynamique sociale et économique en Iran pour recentrer ses intérêts économiques sur la prospérité et le développement, plutôt que sur le maintien de ses objectifs révolutionnaires.

L’auteur va plus loin jusqu’à prétendre qu’une telle réorientation pourrait également entraîner un changement des priorités politiques internes et externes.

L’analyste ajoute : « Il semble cependant plus probable que ce soit la modernisation économique qui nécessitera de nouveaux changements de politique et pourrait potentiellement rapprocher l'Iran des marchés mondiaux. Cela obligera probablement l'Iran à édulcorer son discours révolutionnaire idéologique et à introduire à la place un discours révolutionnaire économique. »

Un défi pour les États-Unis :

L’analyste estime que le « Partenariat stratégique global » pose un défi pour les États-Unis, quels que soient les aspects sécuritaires de l’accord entre l’Iran et la Chine.

La perspective de créer un lien commercial direct entre Téhéran et Pékin semble susceptible soit de forcer les États-Unis à augmenter l’intensité des sanctions à la fois contre l’Iran et la Chine, soit à inverser la tendance et à accélérer la levée de la « pression maximale » sur l'Iran plutôt que d’essayer d’accroître la pression sur la Chine pour qu’elle se conforme à la politique anti-iranienne de Washington.

L’assouplissement des sanctions contre l’Iran permettrait aux États-Unis de se réengager avec l’Iran au sujet de l’accord nucléaire et du Plan global d’action conjoint et empêcherait la Chine de devenir le seul partenaire commercial de l’Iran en permettant aux pays européens et autres d’acheter du pétrole iranien et de faire du commerce avec Téhéran.

L’auteur croit que cela pourrait accélérer la réintégration de l'Iran dans le système commercial mondial. En termes géostratégiques, les États-Unis pourraient finalement voir la libéralisation économique de l'Iran comme un intérêt partagé avec la Chine.

La présentation par la Chine de son plan en cinq points pour la sécurité au Moyen-Orient indique que son rapprochement avec l’Iran peut être plus global et peut-être essentiel pour l’intégration économique de l’Iran dans la région.

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Aussi vague et non spécifique que puisse paraître la nouvelle approche diplomatique chinoise au Moyen-Orient, elle pourrait offrir une nouvelle approche pour relever les défis de l’Iran, conclut l’auteur.

https://french.presstv.com/Detail/2021/04/28/651499/Partenariat-sino-iranien,-un-grand-d%C3%A9fi-pour-les-USA

 

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