FETE DE L’ARMÉE LIBANAISE : LE PRESIDENT AOUN AFFIRME QUE "LA REDDITION EST INTERDITE"

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  • Le 01/08/2020
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Fête de l’Armée: «La reddition est interdite !», affirme Aoun

Fête de l’Armée: «La reddition est interdite !», affirme Aoun

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Par AlAhed avec OLJ

«Les mesures de réformes ont commencé à être mises en œuvre pour connaître la réalité de la situation de l'argent public afin de faire la lumière sur la corruption», a déclaré le chef de l'Etat Michel Aoun, lors d'un discours aux Libanais et aux élèves officiers.

Le président libanais, Michel Aoun, a rendu samedi hommage à l'armée à l'occasion du 75e anniversaire de la troupe, dans un discours aux Libanais et aux élèves officiers, affirmant que face aux crises qui secouent le Liban, «la reddition est interdite».

Cette année, et en raison de la propagation du coronavirus, les célébrations de la fête de l'Armée ont été annulées et la cérémonie de remise des épées aux élèves officiers n'a pas eu lieu non plus.

«Il était prévu que cette Académie nous réunisse à nouveau et que se dresse fièrement devant nous la fleur de notre jeunesse, attendant avec impatience de prêter le fameux serment qui stipule de préserver le drapeau de notre pays et de défendre la patrie. Malheureusement, les conditions de quarantaine imposées par l'épidémie du Covid-19 ont empêché cette célébration», a regretté le chef de l'Etat dans son message aux Libanais.

S'adressant ensuite aux officiers diplômés, le chef de l'Etat a dit : «Vous avez choisi pour votre session le nom de jubilé de diamant afin de marquer le soixante-quinzième anniversaire de notre armée. Après que vos collègues aient choisi l'année dernière de célébrer le 75e anniversaire de l'indépendance du Liban. Oui, notre indépendance et notre armée ont vu le jour ensemble, avec un léger décalage dans le temps. Ensemble, elles ont vécu les bonheurs et les difficultés que le pays a connues. Et pendant toutes ces années, l’armée n’a eu de cesse de préserver cette indépendance qui nous est si chère».

«Seul espoir»

Le président Aoun a ensuite effectué un survol historique de la troupe depuis sa création, affirmant qu'elle reste «le seul espoir des Libanais». «Soixante-quinze années sont passées au cours desquelles notre armée a remporté des victoires glorieuses et étonnantes malgré ses capacités limitées, a souligné le chef de l'Etat. Elle a également traversé des périodes difficiles, visée par les guerres des autres sur notre terre, démantelée par des batailles internes, affaiblie par les milices exerçant contre elle diverses sortes de chantage… Malgré tout cela, sa loyauté envers la patrie a toujours été la plus forte et c’est elle le ciment qui a permis la réunification. Sa moralité fut le bouclier qui l’a protégée de toute dérive. Ces dures expériences nous ont appris que l'armée est le cœur de la nation et rien ne reste en vie quand le cœur cesse de battre. Par conséquent, l’armée est restée le seul espoir des Libanais et la forteresse sécurisante, quelle que soit la difficulté traversée.

Cinq «ennemis»

Dressant un tableau des défis actuels auxquels fait face le Liban qui traverse la pire crise économique de son histoire moderne, Michel Aoun a parlé de cinq «ennemis». «Le Liban mène aujourd’hui une guerre d'un tout autre genre, et elle est sans doute encore plus difficile car elle affecte le pain quotidien de chaque Libanais, menace ses économies, son avenir et celui de ses enfants, a-t-il déclaré. La situation économique et financière met la pression sur tout un chacun et n’épargne personne. Quant aux ennemis du Liban dans cette guerre, ils sont bien nombreux ! Le premier d’entre eux est la corruption qui fait rage dans les institutions et dans les esprits. Cette corruption résiste farouchement, mais les étapes vers son éradication progressent lentement mais sûrement ! Le deuxième ennemi est toute personne qui manipule les moyens de subsistance des citoyens pour accumuler les profits. Le troisième ennemi est celui qui a contribué et contribue à dévaloriser notre monnaie nationale pour accumuler encore plus d'argent. Le quatrième ennemi est celui qui lance des rumeurs pour semer le désespoir et faire régner l'esprit de capitulation. Sans oublier tous ceux qui parcourent le monde, dénigrant le pays et ses habitants et incitant les uns et les autres à refuser toute aide au Liban. J’ajoute à tout cela un ennemi caché sous la forme d'un virus qui a attaqué toute l'humanité et continue toujours, laissant derrière lui des morts par centaines de milliers et frappant l'économie mondiale. Le Liban a eu sa part de victimes, notre crise économique s'est aggravée… et aujourd'hui le voilà qui empêche notre rencontre», a-t-il affirmé, en parlant de la pandémie du coronavrius. Pour le président Aoun, «la victoire dans cette guerre repose sur les épaules de nous tous, État et citoyens». «Le salut est possible si chacun joue son rôle au service du pays», a-t-il souligné. Il a ensuite affirmé une nouvelle fois que «les mesures de réforme ont commencé à être mises en œuvre pour connaître la réalité de la situation de l'argent public afin de faire la lumière sur la corruption, identifier les dossiers suspects en vue d'un traitement approprié et poursuivre les responsables». Le chef de l'Etat a relevé que ces mesures constituent «un prélude à la restauration de la confiance envers le Liban».

«Reddition interdite»

Le président a aussi abordé la question des violations israéliennes contre le Liban, alors que la tension était dangereusement montée lundi après des bombardements israéliens contre le Sud du pays. «Israël viole de façon croissante la résolution 1701 et ses attaques contre le Liban se poursuivent. Pour notre part, nous affirmons notre volonté d’appliquer cette résolution et de résoudre les questions litigieuses sous les auspices de l'ONU. Nous sommes également tenus de nous défendre, de protéger notre terre, nos eaux et notre souveraineté sans aucun compromis», a martelé le chef de l'Etat.

Concluant par un mot adressé aux Libanais, le président Aoun a rappelé son parcours militaire, ayant été à la tête de l'armée il y a plus de trente ans. «Je suis le fils de cette école militaire. Elle m’a appris que la reddition est interdite ! Elle m’a appris à percer les rochers pour ouvrir un chemin, a déclaré le président Aoun. Elle m’a appris à marcher entre les mines pour sauver un blessé. Le blessé aujourd'hui est la patrie et je vous promets de continuer à marcher parmi les mines et de persévérer à percer les rochers pour ouvrir la voie du salut. Une chose est sûre, la reddition n'a aucune place sur le chemin de ma vie».

«Soupape de sécurité»

Le Premier ministre, Hassane Diab, a lui aussi salué l'armée plus tôt en matinée, affirmant que celle-ci constitue la «soupape de sécurité de l'Etat». «Chaque fois que nous célébrons la fête de l'Armée, nous réalisons l'importance de cette institution, car son anniversaire consacre l'unité nationale dans tous ses aspects, et nous découvrons que les Libanais misent constamment sur leur armée et ce choix se renforce», a écrit le chef du gouvernement sur Twitter. «L'armée est corollaire de confiance immuable. Elle constitue la soupape de sécurité de l'Etat, de la société et du citoyen. Elle est également le rempart qui protège la paix civile et la stabilité sécuritaire. Chaque Libanais fidèle salue l'armée. Vive l'armée, vive le Liban», a conclu le Premier ministre.

https://www.french.alahednews.com.lb/36167/344


 

 

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