SAYED NASRALLAH, SECRETAIRE GENERAL DU HEZBOLLAH LIBANAIS : MBS A PROPOSE A TRUMP MON ASSASSINAT

tourtaux-jacques Par Le 28/12/2020 0

Dans LIBAN

S.Nasrallah: Les missiles de précision du Hezbollah ont doublé. MBS a proposé à Trump mon assassinat. Soleimani derrière le Kornet à Gaza

 Depuis 13 heures  28 décembre 2020

Sayed Hassan Nasrallah

Sayed Hassan Nasrallah

 Liban - Moyent-Orient - Spécial notre site

 

 

 

 

Rédaction du site

Le secrétaire général du Hezbollah a écarté, dimanche 27 décembre, l’éventualité d’une agression israélienne contre la région. « Lorsque vous entendez le vacarme médiatique israélien, sachez qu’il n’y aura pas d’actions effectives », a affirmé Sayed Hassan Nasrallah lors d’une interview de quatre heures accordée à la chaîne libanaise AlMayadeen. Et de révéler: « le nombre de missiles de précision de la résistance a doublé de ce qu’on possédait depuis un an ».

Il a également écarté le scénario catastrophe selon lequel le président Donald Trump, « un fou furieux », puisse lancer une offensive contre la région aux derniers jours de son mandat, soulignant que « l’axe de la résistance devrait par contre rester prudent tout au long de ces deux semaines».

S’agissant de l’assassinat du chef de la force al-Qods le général Qassem Soleimani, et du numéro deux du Hachd Chaabi Abou Mahdi Mohandes, Sayed Nasrallah a affirmé que les USA, ‘Israël’ et l’Arabie saoudite sont des associés dans ce crime.

Il a également accusé l’Arabie saoudite d’avoir incité à son assassinat depuis le début de la guerre saoudienne contre le Yémen. Le numéro un du Hezbollah a dans ce contexte révélé avoir reçu des informations et appris que le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane (MBS) avait proposé cette question lors de sa première visite aux États-Unis après l’élection de Trump, et ce dernier a approuvé l’attribution de cette opération à ‘Israël’.

Interrogé sur le soutien à la résistance palestinienne, Sayed Nasrallah a dévoilé que c’est Soleimani qui est derrière l’acheminement des missiles antichar Kornet à la bande de Gaza. Et d’ajouter : « le président Assad avait accepté de faire parvenir les Kornet qu’il avait achetés des Russes au Hamas et au Jihad islamique dans la bande de Gaza ».

Et puis, concernant les accords de normalisation entre ‘Israël’ et certains pays arabes, le numéro un du Hezbollah a affirmé qu’il n’avait pas été surpris. « Ces régimes entretenaient depuis longtemps des liens secrets avec ‘Israël’. Mais ce qui diffère aujourd’hui c’est que les masques sont tombés ».

Voici les principaux points de son interview :

Le secrétaire général du Hezbollah a félicité tous les chrétiens et les musulmans pour la naissance du Christ (S) et présenté ses condoléances et félicitations aux familles des deux commandants martyrs le général Qassem Soleimani et Abou Mahdi Mohandes à l’approche du premier anniversaire de leur assassinat.

Pas d’informations sur une offensive militaire

Sayed Nasrallah, a nié avoir des données sur l’intention israélienne ou américaine d’effectuer une offensive contre notre région avant la fin de la présidence de Trump, qualifiant ce dernier de «fou furieux».

« Ce n’est pas quelque chose qui concerne uniquement l’Iran, le Liban ou la Palestine, mais même les dirigeants républicains et démocrates s’inquiètent de ce qu’il pourrait faire », a-t-il souligné, affirmant que « l’axe de la résistance devrait être prudent tout au long de ces deux semaines pour qu’il ne se laisse pas entraîner dans une confrontation non calculée… ».

« La visite du chef d’état-major américain Mark Milley en Israël vise à dissiper les inquiétudes israéliennes à l’approche de l’investiture de Biden qui aurait une approche différente de Trump sur la question palestinienne ».

« Le discours sur le retour de l’administration Biden à l’accord nucléaire avec l’Iran inquiète aussi l’entité sioniste ».

« Lorsque vous entendez le vacarme médiatique israélien, sachez qu’il n’y aura pas d’actions effectives. Mais cela ne signifie pas que nous ne prenons pas de précautions car nous sommes déjà prudents et attentifs ».

« Pour être précis, il n’y a pas d’information sur une offensive militaire américaine ou israélienne contre la région. Tout ce qui a été dit sur ce sujet s’inscrit dans le cadre d’analyses cohérentes. Mais, il n’y a pas des données précises sur ce qui va se passer dans la période à venir ».

« Ce qui a été propagé sur une descente israélienne dans la région de Jiyeh (une plage libanaise au sud de Beyrouth) n’est pas vrai selon nos informations… Toutes les actions qui se déroulent aux frontières avec le Liban confirment la préoccupation et la vigilance des Israéliens qui se tiennent sur une seule jambe ».

MBS incite à l’assassinat de Sayed Nasrallah

« Les commandants du Hezbollah sont visés non seulement des Israéliens, mais des Américains et des Saoudiens aussi.  Il s’agit d’un objectif israelo-americano-saoudien commun ».

« Nous détenons des données selon lesquels l’Arabie incite à mon assassinat depuis longtemps, au moins depuis la guerre contre le Yémen (mars 2015). Le prince héritier Mohammad ben Salmane (MBS) a proposé de financer mon assassinat lors de sa première visite aux États-Unis après l’élection de Trump, et ce dernier a approuvé l’attribution de cette opération à ‘Israël’. L’Arabie agit avec rancune et sans raison, surtout durant ces dernières années ».

Nous sommes une seule personne

Les USA, Israël et l’Arabie saoudite sont des associés dans l’assassinat des deux commandants Soleimani et Mohandes. Leur assassinat était une opération à découvert contrairement à l’assassinat des deux martyrs Moghniyeh et Fakhrizadeh.

«Le martyr Soleimani avait un charisme et une grande capacité d’influence sur ceux qui l’ont connus et une personnalité humaine distinguée. Il était à la fois un homme de stratégie, de planification, et un homme de terrain et de tactique.

«Dans la dernière période avant son assassinat, son rôle et son mouvement ont été beaucoup mis en évidence dans les médias occidentaux. Ils le font généralement avant l’assassinat de quiconque pour montrer à leur peuple l’importance de l’homme ciblé. J’étais très préoccupé et je l’ai averti à plusieurs reprises. Il me manque énormément, je sentais que nous sommes une seule personne ».

« Quant au martyr Abou Mahdi al-Mohandes, il était un grand leader et une figure similaire au martyr Soleimani. Il a été un partenaire clé dans la réalisation des deux victoires sur l’occupation américaine et Daesh en Irak. Et il a été l’un des chefs de file de l’axe de la résistance ».

Soleimani et le transfert du Kornet à Gaza

Le martyr Soleimani entretenait des relations avec toutes les factions palestiniennes, les islamiques et les nationalistes. Il n’y avait pas de lignes rouges dans son soutien logistique aux factions de résistance palestiniennes.

Le martyr Soleimani et son équipe n’ont jamais manqué de fournir toute l’aide nécessaire à la Palestine, à tous les niveaux.

C’est d’ailleurs Soleimani qui est derrière l’acheminement des missiles antichar Kornet à la bande de Gaza.

C’est à partir de ces missiles fournis par la Syrie que nous avons détruit les chars israéliens dans les vallées d’AlHoujer et Khyam (sud Liban), lors de la guerre 2006.

Hajj Qassem a alors exigé que ces missiles -achetés par la Syrie des Russes- soient envoyés au Hamas et au Jihad islamique dans la bande de Gaza. J’ai proposé la question au président Assad et il a immédiatement approuvé.

Durant la crise syrienne, le président Assad était compréhensif quant à notre relation avec le Hamas…La relation entre le Hezbollah et le Hamas reposait sur la légitimité de la résistance et de la cause palestinienne malgré les divergences entre Damas et le Hamas.

Les masques sont tombés

Sur la question de la normalisation des régimes arabes avec l’entité sioniste, Sayed Nasrallah a dit: «Je n’ai pas été surpris par la traitrise des régimes arabes, car la plupart de ces régimes avaient l’habitude de ne vendre que des mots aux Palestiniens.

Nous percevons les accords de normalisation à partir de l’angle que le marché de l’hypocrisie a touché à sa fin. Les masques sont tombés. Et la vérité de ces régimes a éclaté au grand jour.

L’Iran n’est qu’un argument pour les régimes arabes qui ont signé des accords de normalisation, vu que la question palestinienne constitue un fardeau pour eux, et rien ne justifie pour quiconque d’abandonner la Palestine.

La capacité de l’axe de résistance est beaucoup plus grande qu’elle ne l’était il y a des années, mais ce qui compte c’est la volonté.

Le peuple palestinien n’a pas été influencé par les traités de normalisation car ils sont toujours fermes et inébranlables. Je salue les manœuvres conjointes entre les factions de la résistance à Gaza.

Les Palestiniens des territoires occupés en 1948 sont nos frères et notre peuple. Ils figurent parmi les peuples les plus désireux de libérer la Palestine de la mer au fleuve. Et dans toute guerre future, les esprits et les cœurs des Palestiniens de 1948 seront avec nous parce qu’ils parient sur tout espoir de libération de la Palestine.

Un rétablissement des liens entre Damas et le Hamas

J’ai rencontré le chef du bureau politique du Hamas, Ismail Haniyeh, a plusieurs reprises lors de sa récente visite au Liban. J’ai discuté avec le frère Haniyeh de plusieurs questions régionales, y compris de la Syrie. Les relations entre le Hamas et la Syrie doivent être rétablies et il y a une atmosphère positive, même si cela prendra du temps.

Je pense que le Hamas va reprendre ses relations avec Damas selon les impératifs de la logique. Nous avons parlé avec M. Haniyeh sur la nécessité que le Hamas aide à redresser les tendances dans la région.

En tant qu’islamiste, je trouve la position du Parti de la justice et du développement au Maroc plus douloureuse et plus dangereuse de la normalisation conclue par les régimes.

Soleimani et la résistance contre l’occupation US en Irak

Les relations du martyr Soleimani avec l’autorité religieuse en Irak étaient bonnes, en particulier dans les dossiers principaux.

La majorité écrasante des opérations militaires contre l’occupation américaine en Irak ont été menées par les factions de la résistance. La résistance armée a débuté par des groupes de jeunes qui menaient des opérations contre les forces américaines en Irak sans couverture politique.

Les chaînes satellitaires arabes refusaient de diffuser les vidéos des opérations menées par la résistance irakienne contre l’occupation américaine.

On imposait une grande censure médiatique sur les opérations de la résistance irakienne contre l’occupation américaine, qui jouissait d’un un réel soutien de la Force Qods et principalement de Hajj Qassem Soleimani.

Par contre des 4800 opérations suicides ont été menées par Al-Qaïda contre les Irakiens.

Les opérations de la résistance exerçaient des pressions sur l’occupation. Raison pour laquelle, l’armée américaine a menacé le martyr Soleimani et la Force Qods de bombarder leurs positions en Iran si leur soutien à la résistance se poursuivait.

A deux mois de leur retrait de l’Irak en 2011, les Américains ont supplié Qassem Soleimani pour qu’il dise aux groupes de la résistance irakienne de baisser l’intensité de leurs opérations pour qu’ils ne se retirent pas sous le feu.

Trump maintient les forces américaines en Irak et en Syrie afin de piller les richesses et le pétrole de ces deux pays.

Nous avons remporté d’énormes victoires et avorté de grands projets, et c’est sur cette voie que Soleimani et Mohandes sont tombés en martyre.

L’ambassade américaine aurait dirigé l’Irak, s’il n’y avait pas eu de résistance irakienne.

L’axe de la résistance a remporté de très grandes victoires, faute de quoi Daesh aurait contrôlé la région.

Tous ceux qui sont derrière l’assassinat de Soleimani devraient être punis

L’axe de résistance est plus fort que jamais et sans aucune exagération. Il a absorbé le coup du martyre de Hajj Qassem Soleimani, bien qu’il soit très dur.

La frappe d’Ain al-Assad constitue une gifle historique et stratégique. L’équation face aux Américains ne réside pas dans la mort de personnes.

Washington pensait qu’en assassinant nos dirigeants, cela mettrait fin à l’axe de la résistance, alors qu’en réalité cet axe ne repose pas sur des individus. Des millions de personnes sont sorties dans les rues après ce crime et crié : nous sommes tous la résistance… nous sommes tous Qassem Soleimani.

Je rappelle le discours de l’imam Khamenei dans lequel il a affirmé que quiconque a ordonné et mis en œuvre l’assassinat de ces deux martyrs devrait être personnellement puni où qu’il se trouve.

Tous ceux qui ont participé à ce crime constituent une cible pour tout être humain qui sent qu’il a le devoir d’accomplir cette riposte, en particulier notre peuple en Irak, car Hajj Qassem était leur invité et il a été assassiné sur leur sol.

La riposte à l’assassinat des deux martyrs Soleimani et Mohandes est une question de temps et leur sang ne restera pas sans vengeance.

Soleimani et la guerre 2006

Pendant la guerre 2006, le martyr Soleimani n’a quitté la banlieue sud du Liban que pour 48 heures afin de présenter un compte rendu sur la situation.

Toutes les frappes aériennes israéliennes pendant la guerre de juillet 2006 n’ont pas pu arrêter le soutien logistique de la résistance. Le martyr Soleimani a joué un rôle et s’est chargé du suivi du projet de logement des déplacés juste après la fin de cette guerre.

Par contre, certaines personnalités politiques au Liban œuvraient à laisser les déplacés dans la rue pendant la plus longue période.

Concernant sa connaissance du commandant de la Force Qods, Ismail Qaani, Sayed Nasrallah a déclaré qu’elles remontaient à longtemps, vu que M.Qaani occupait le poste d’adjoint de Hajj Qassem.

Le processus que le martyr Soleimani a frayé se poursuit avec le général de brigade Qaani.

La guerre mondiale contre la Syrie

Au lendemain du renversement de l’ancien président Hosni Moubarak, Hajj Qassem est venue dans la banlieue sud de Beyrouth et a exprimé son malaise en nous disant que les Américains profiteront du «printemps arabe» pour changer certains régimes et renverser les gouvernements qui soutiennent la résistance spécifiquement en Syrie.

Nous avons pris ses paroles en considération et avons prévenu le président syrien qui a choisi de répondre aux revendications de tout mouvement de protestations. Cependant, les groupes d’opposition financés par les Occidentaux et les Orientaux ont refusé toute solution politique et ont commencé à recourir à la force.

Il y avait une décision internationale et régionale pour faire éclater la guerre en Syrie, afin d’empêcher toute solution politique à la crise.

Nous n’exagérons pas quand nous disons que c’était une guerre mondiale contre la Syrie.

Le but du changement de régime en Syrie est de créer un régime fragile qui conclut un compromis avec Israël et se plie à la politique de Washington.

Nous n’avions que deux options, soit la capitulation et la chute de la région, soit la résistance et la fermeté. Nous avons alors opté pour le choix de la résistance.

L’avantage de la Syrie réside dans l’indépendance de sa décision, le courage de ses dirigeants et le refus de toute soumission aux ennemis ou aux alliés

La guerre contre la Syrie n’était pas seulement due à sa position en faveur de la cause palestinienne mais aussi pour l’occuper et piller son pétrole et son gaz.

La décision du président Assad, de faire face à ces plans et de ne jamais quitter la Syrie, a encouragé ses alliés à le soutenir.

Soleimani rencontre Poutine à Moscou

Cinq ans après la crise en Syrie, Hajj Qassem s’est rendu à Moscou et avait rencontré le président Poutine pendant deux heures. Il a joué un rôle majeur pour le convaincre d’intervenir militairement en Syrie.

Au cours de cet entretien, Poutine s’est dit convaincu de la faisabilité d’entrer en Syrie, après l’exposé présenté par Soleimani sur la situation en Syrie.

Le président Poutine et le monde sont conscients que Moscou a repris son rôle sur la scène mondiale via la porte syrienne. L’intervention militaire russe en Syrie a été très efficace.

Les missiles de précision du Hezbollah ont doublé

Le Hezbollah jouit d’une force, d’un moral et d’une volonté très importante. Nous continuons à tenir notre promesse de répondre au meurtre de l’ennemi israélien, qui a assassiné le membre du Hezbollah, Ali Mohsen, en Syrie.

La grande mobilisation menée par la résistance s’est faite à tous les niveaux et au vu des Israéliens.

Le survol des drones israéliens dans l’espace aérien libanais connaît une grande confusion par crainte d’une réponse de la résistance. On ne voit plus les survols des drones à basse altitude, dans certaines régions comme la Békaa.

Dans d’autres régions, les drones sont escortés par des avions de guerre israéliens.

Les Israéliens savent que nous avons tiré l’arme appropriée contre ses drones sans que cela ne soit rendu public.

Le nombre des missiles de précision dont dispose la résistance a doublé par rapport à l’année dernière. Ces missiles sont capables d’atteindre avec précision n’importe quelle cible dans toute la Palestine occupée.

C’est Israël qui est préoccupé et non pas la résistance, surtout à l’approche du départ de Trump et la possibilité que Washington revienne à l’accord nucléaire conclu avec l’Iran.

La résistance aujourd’hui est dans sa meilleure position. Nous faisons confiance dans l’avenir et de notre victoire prochaine.

Israël doit s’inquiéter de la résistance à tous les niveaux terrestres, maritimes et aériennes.

Les négociations sur la démarcation des frontières maritimes sous l’administration américaine actuelle n’atteindront nulle part. Notre droit d’empêcher tout pillage israélien dans nos eaux est naturel et notre capacité à le faire est indiscutable.

https://french.almanar.com.lb/1973182

 
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