MALTRAITER LA RUSSIE QUAND ON EN A BESOIN N'EST PAS UNE BONNE IDEE

tourtaux-jacques Par Le 08/02/2021 0

Dans RUSSIE

Maltraiter la Russie quand on en a besoin n’est pas une bonne idée

Par Moon of Alabama
Arrêt sur info — 07 février 2021

 

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Que vaut la diplomatie idéologique agressive de l’UE – et de la France en particulier – face  à une Russie forte et au pragmatisme de sa diplomatie incarnée par Serguei Lavrov ?

Que penser des représentants européens qui, en violation de leur statut de diplomates, participent activement à des manifestations anti-Poutine à Saint-Pétersbourg et Moscou ?

Sur fond de crise sanitaire, le vaccin Spoutnik V russe arrive à point nommé, obligeant, on l’espère, les dirigeants occidentaux à mettre leur arrogance de côté. [Silvia Cattori]

 

Sergueï Lavrov

 

Par Moon of Alabama

Paru le 5 février 2021

 

La Russie a récemment déclaré qu’elle prendrait une position plus ferme contre les sanctions et les absurdités concernant Navalny que l’Occident lui inflige. Aujourd’hui, le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, s’est rendu à Moscou. Il s’est entretenu avec le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Un vrai guignol :

Josep Borrell a déclaré qu’il avait fait part du mécontentement de l’UE concernant l’emprisonnement de Navalny. « J’ai fait part au ministre Lavrov de notre profonde inquiétude et réitéré notre appel pour sa libération et le lancement d’une enquête impartiale sur son empoisonnement », a-t-il déclaré.

Mais ses remarques ont été reboutées par la réprimande vigoureuse de Lavrov, dans laquelle il réitérait ses doutes envers la conclusion de l’Occident qui prétend que Navalny a été empoisonné avec un agent neurotoxique de qualité militaire – une conclusion que la chancelière allemande Angela Merkel a personnellement annoncée à Berlin, où Navalny a été soigné. Des laboratoires en France et en Suède, ainsi que l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, ont confirmé les conclusions allemandes.

Dans l’ensemble, ce fut une performance désastreuse pour Borrell, qui a reconnu que l’UE n’avait pris aucune mesure pour imposer de nouvelles sanctions à la Russie pour l’affaire Navalny. Borrell, ancien ministre espagnol des affaires étrangères, est ensuite resté silencieux et à moitié souriant alors que Lavrov lançait le dernier mot pour clamer que l’UE n’était pas « fiable » et pour dire qu’il espérait que les chefs d’État et de gouvernement de l’UE utiliseraient la discussion prévue autour de la Russie lors du sommet du Conseil européen de mars pour adopter une nouvelle attitude.

« Nous commençons à nous habituer au fait que l’Union européenne essaie d’imposer des restrictions unilatérales, des restrictions illégitimes et nous partons du principe, à ce stade, que l’Union européenne est un partenaire peu fiable », a déclaré M. Lavrov. « J’espère que la discussion stratégique qui aura lieu prochainement se concentrera sur les intérêts clés de l’Union européenne et que ces discussions contribueront à rendre nos contacts plus constructifs ».

Pour en rajouter à la visite troublée de M. Borrell, la Russie a expulsé trois diplomates européens – un allemand, un polonais et un suèdois – pour avoir participé aux manifestations de soutien à Navalny, a déclaré un diplomate de l’UE.

Le journaliste de Politico qui a écrit cela a esquivé l’objectif de cette visite.

Borrell ne pouvait pas dire grand-chose pour défendre sa position car c’est l’Europe qui a besoin de la Russie. L’UE, sous l’incompétente direction d’Ursula von der Leyen, a raté son achat en commun de vaccins contre lq Covid-19. Van der Leyen en a acheté trop peu, trop tard. Elle a réagi avec panique et a failli déclencher une guerre commerciale à ce sujet :

« L’achat en commun de vaccins par l’UE avait été convenu par les États membres en juin de l’année dernière, mais la couverture médiatique en Allemagne y était devenue hostile depuis fin décembre. Les critiques étaient vives contre la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.

La Commission s’est mise en mode « combat » et s’est lancée dans une dispute publique avec AstraZeneca, qui a duré toute la semaine dernière. Cependant, dès vendredi, la question des vaccins a pris une tournure explosive, lorsque la Commission a déclenché l’article 16 du protocole sur l’Irlande du Nord.

En l’espace de quelques heures, la commission s’est retrouvée sur une trajectoire de collision avec le gouvernement irlandais. Les Unionistes, qui avaient déjà demandé que l’article 16 soit invoqué, sont indignés. Les partisans du Brexit se réjouissent que la vraie nature de l’UE ait été mise à nu, et même les partisans purs et durs du projet européen se grattent la tête.

Depuis vendredi, la Commission tente d’expliquer ce qui s’est passé. Toutefois, il semble qu’une bonne dose de bonne volonté ait été dilapidée à un moment où Mme von der Leyen cherche désespérément à stabiliser la politique de l’UE en matière de vaccins. Et au sein de la Commission, on se renvoie les reproches les uns contre les autres. »

Mme von der Leyen a personnellement foiré l’achat des vaccins. Elle doit se procurer des centaines de millions de doses de vaccin et elle en a besoin rapidement. Sinon, elle a peu de chances de conserver son emploi.

Pendant ce temps, la Russie mettait au point un excellent vaccin :

« Dès le 21eme jour après la première dose de vaccin (au jour de la deuxième dose), 16 (0-1%) des 14 964 participants du groupe vacciné et 62 (1-3%) des 4902 du groupe placebo avaient attrapé lq COVID-19 ; l’efficacité du vaccin est de 91,6% (95% CI 85-6-95-2). »

L’utilisation du vaccin russe Spoutnik V n’est toujours pas approuvée dans l’UE, mais cela ne saurait tarder. Il pourrait être produit relativement rapidement si la Russie accordait des licences aux entreprises de l’UE. Van der Leyen a envoyé Borrell à Moscou pour le négocier et ainsi sauver ses fesses.

Lavrov a bien sûr saisi l’occasion de donner à l’UE un coup de pied au cul bien mérité.

C’est pourquoi Borrell ne pouvait pas dire grand-chose pour le contredire. Il a ensuite publié une déclaration plutôt bancale qui condamnait l’expulsion des diplomates mais n’annonçait aucune contre-mesure.

Les États-Unis devraient s’attendre à un traitement tout aussi ferme de la part de la Russie.

Hier, le président Joe Biden a prononcé un discours agressif (et stupide) au Département d’État, dans lequel il a également maltraité la Russie :

« J’ai clairement dit au président Poutine, d’une manière très différente de mon prédécesseur, que l’époque où les États-Unis pliaient face aux actions agressives de la Russie – qui interfère dans nos élections, lance des cyberattaques, empoisonne ses citoyens – était révolue. Nous n’hésiterons pas à en augmenter les coûts pour la Russie et à défendre nos intérêts vitaux et notre peuple. Et nous serons plus efficaces dans nos relations avec la Russie si nous travaillons en coalition et en coordination avec d’autres partenaires partageant les mêmes idées. »

Trump n’a pas « plié » face à la Russie, mais a constamment mené des actions très agressives à son encontre. La Russie ne s’est pas immiscée dans les élections américaines, elle n’a pas lancé de cyber-attaques et n’a pas empoisonné ses citoyens. Faire de telles affirmations erronées n’aidera pas à obtenir l’aide de la Russie quand celle-ci sera nécessaire.

Il sera impossible pour Biden de résoudre les problèmes en Afghanistan, en Iran, au Yémen, en Syrie et ailleurs sans la coopération de la Russie. Et il ne suffira plus de dire « s’il vous plaît » pour obtenir cette coopération.

Biden a ajouté cette absurdité :

« L’emprisonnement d’Alexei Navalny pour des raisons politiques et les efforts de la Russie pour supprimer la liberté d’expression et de manifestation pacifique sont un sujet de profonde préoccupation pour nous et la communauté internationale.

Navalny, comme tous les citoyens russes, doit bénéficier des droits que lui confère la constitution russe. Il a été pris pour cible pour avoir dénoncé la corruption. Il devrait être libéré immédiatement et sans condition.»

Navalny est en prison parce qu’il a constamment violé, depuis avril 2020, les conditions de sa probation. L’affaire remonte au procès qu’une société privée, le distributeur exclusif d’Yves Rocher en Russie, avait intenté contre lui il y a dix ans. A l’époque, Navalny et son frère dirigeaient une entreprise de transport qui a escroqué la société de plusieurs centaines de milliers de dollars. Dans une autre affaire, Navalny a escroqué une société publique d’exploitation forestière pour laquelle il travaillait en faisant passer ses achats par une société qu’il possédait. Plusieurs tribunaux de commerce l’ont déclaré coupable, lui et son frère. Ce gars n’est qu’un escroc qui doit purger sa peine.

Quant à la manière dont la Russie traite les « manifestations pacifiques », jetez un coup d’œil ici.

La première réaction du ministère russe des Affaires étrangères à l’exposé de Biden montre qu’il est bien conscient de ce que l’« Occident » tente réellement de faire.

« La Russie en RSA  @EmbassyofRussia 9:42 UTC – Feb 5, 2021

#Zakharova : Nous avons pris note des commentaires occidentaux sur la situation sociale et politique en Russie. C’est une tentative de contenir notre pays, d’interférer dans ses affaires intérieures. La Russie n’est pas la seule sur laquelle l’Occident a des vues : elle se préoccupe de tous ceux qui peuvent lui faire concurrence. »

La Russie veillera à ce que ces plans se soldent par un échec.

Biden devrait cesser de s’en prendre à la Russie et au président Poutine. Il ne peut que perdre en cherchant l’affrontement. Le taux d’approbation de Biden n’est que de 61 %. Poutine a obtenu une note de 64 %. Est-il temps de déclarer un vainqueur ?

Moon of Alabama

Source : Sakerfrancophone.fr

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