LE COUP FINAL D’ALEP !

Alep ... le coup final

Les nouvelles provenant de la ville d’Alep se sont accélérées. Les derniers kilomètres carrés où se positionnaient les insurgés ont été libérés. La ville qui s’était fragmentée depuis 4 ans et 5 mois s’est réunifiée. Cette union géographique a garanti l'unité du territoire syrien face aux projets divisionnistes, les paris concernant le renversement de la capitale du nord ont échoué. Les lignes rouges dessinées par l’opposition se sont écroulées grâce aux victoires sur le terrain...et notamment le coup final d’Alep.

Alep ... le coup final.

Lundi 12 décembre est une date qui restera gravée dans l’histoire de la ville d’Alep. La tragédie du 19 Juillet 2012, où des milliers de mercenaires ont pris d'assaut les quartiers d’Alep est maintenant en souvenir lointain. Tous les projets dessinés pour cette ville soutenue par l'Atlantique et les pays du Golfe persique ont pris fin lundi soir. L’armée syrienne et ses alliés ont remporté le plus grand et le plus dur combat dans l'histoire de la guerre syrienne.

Depuis le mois du Ramadan il y a 4 ans, Alep a choisi de survivre. Les quartiers de l’ouest étaient assiégés. Six millions de citoyens s’étaient sauvés vers les provinces sûres, près d’un million était sous l’embargo. Les massacres ont fait des centaines de milliers de victimes. Les civils vivaient avec la mort quotidienne et le danger existentiel, sous la dominance des seigneurs de la guerre qui ont transformé une partie de cette ville en une caserne où toutes les aides militaires et financières, étaient déployées dans le but de renverser le pays à partir de cette ville stratégique. 53 mois se sont écoulés, cette ville fragmentée, était complètement ouverte du coté de la frontière turque, servant de chemin de ravitaillement vers Idlib et Hama. La deuxième capitale du pays a été témoin d’un massacre terrible contre l'armée syrienne, la police et les civils accusés d’être alliés au gouvernement légitime.

Alep se rappelle bien de l’embargo imposé sur ses quartiers occidentaux pendant des mois, puis l’ouverture de la route  Al-Safira-Khanasser-Athriya par l'armée et ses alliés, cette route a été mainte fois ouverte et puis refermée. A l'époque, les habitants d’Alep n’attendaient que l’arrivée des camions qui emportaient les munitions, le carburant, la nourriture et les médicaments pour alimenter le marché et les hôpitaux.

Il y a quelques semaines, la ville a vécu la grande bataille. L'armée et ses alliés ont empêché la chute de cette ville. Les alliés de Damas ne voulaient plus se contenter de freiner l’avancée des mercenaires. Cette fois, ils voulaient arracher «l'épine dorsale du Nord» malgré les nombreuses entraves internationales et les résolutions de l'ONU. Le 26 Octobre, ils ont commencé leur avancée à partir de la porte nord des quartiers Est, où la zone Hanano a été libérée suivie par l’effondrement des groupes takfiris et la libération du reste de la région. La partie nord a été reprise en 48 heures. En quelques jours, l’armée a mené des offensives lui permettant d’avancer de plus en plus, la dernière bataille s’est déroulée dans le quartier d’Al-Bustan.

Cependant, malgré la victoire d’Alep Damas et ses alliés ne sont pas satisfaits puisque l’organisation «Daech» a pris d’assaut la ville de Palmyre. La conquête de la «Perle du désert» ne vaut pas dans le calcul stratégique et politique l'importance de la victoire d'Alep, et sa chute ne conduit pas aux mêmes conséquences. Les groupes armés n’ont pas réussi cette fois à conduire l'Etat syrien à une nouvelle équation comme ce qui s’était passé après la chute de la province d'Idlib en Mars 2015 (sauf Kefarya et Fouaa).

D'abord la chute de Palmyre a pour but de réduire les effets de la victoire d'Alep, psychologiquement et moralement, et a montré que «Daech» est toujours en mesure d’agir, alors qu’il est censé «vivre ses derniers jours». Poussé par sa volonté de préserver son existence, et par le danger auquel il est confronté à Mossoul, Al-Bab et à Raqa, «Daech» a pris cette initiative. A ce stade cette organisation est en mesure d’éloigner le combat du nord de la Syrie, à partir de nouvelles circonstances créées par Washington pour lui permettre de protéger son arrière-plan. Il est devenu clair pour ce groupe terroriste que la bataille de Raqqa ne lui présente pas un vrai danger et que sa capitale est encore sous son contrôle, notamment que l’artillerie de la «coalition» s’éloigne de son atmosphère. «Daech» a pu circuler en toute sécurité et rassembler ses forces entre Deir al-Zor et Raqqa et s’est préparé à une attaque violente sur les montagnes et les champs de pétrole et de gaz entourant Palmyre, avant d'y entrer.

Les faveurs réciproques entre Washington et le dirigeant Abou Bakr al-Baghdadi ne sont pas récentes. L’administration américaine a ouvertement déclaré depuis la formation de l’alliance internationale: «Nous ne sommes pas intéressés à frapper des cibles de Daech dans les points de confrontation avec l'armée syrienne». La priorité claire de l'alliance est l'affaiblissement de l'armée syrienne et toutes les infrastructures de l’état syrien ainsi que ses capacités économiques et politiques. Washington, est prêt à tout pour atteindre ses objectifs.

Avec la chute rapide des factions, il est devenu évident que les groupes «modérées» ou «djihadistes» dérivés de «Jabhat-Alsham» et le «Front al-Nosra» et ses alliés ont perdu leur pari aux alentours de Damas, au sud de Darya et Khan Al-Cheikh, jusqu'à Deraa, ainsi que les multiples offensives contre Alep et Hama. Alors que la version irakienne de «Daech» est apparue plus efficace et peut jouer un rôle majeur en Syrie. Le terrorisme alimenté par les américains et les groupes takfiris affiliés au ministère de la Défense américain et à l'Agence centrale de renseignements américains alliés publiquement avec le «Front al-Nosra» plongent dans le coma aujourd'hui. Washington est intéressé à combler le vide des «terroristes» mais n’est pas intéressé à briser ces organisations au profit de Damas et ses alliés. D’où la disparition presque totale des avions de la coalition dans le ciel de Mossoul, au moment où tous les medias et les reportages mettent en évidence la situation à Raqqa.

À ce stade, l’utilité des terroristes ayant pris une «reconnaissance» de la «communauté internationale» n’est pas efficace, notamment pour recueillir un gain équivalent à la victoire d'Alep.

Pratiquement Palmyre est entre les mains de «Daech» à nouveau, mais le risque n’est pas similaire à celui de l'an dernier lorsque les terroristes menaçaient Hama et l’autoroute reliant la Syrie au Liban. Selon les informations, le «Front al-Nosra » se prépare à attaquer la route Khanasser pour couper la ligne de ravitaillement vers la ville d'Alep, ce scénario déjà répété, n'a réussi que quelques jours. Les réactions désespérées des groupes terroristes se répèteront, vu que tous les fronts sont ouverts et que la guerre se poursuit.

Alep a été libéré est cela aura des résultats politiques et militaires significatifs. A ce stade, la supériorité est pour le camp Damas et ses alliés. La guerre n’est pas finie mais après la victoire résonante d’Alep, une grande phase de la guerre a été dépassée... et demain de nouvelles batailles seront déclenchées.

Article paru dans le quotidien Al-Akhbar, traduit par l’équipe du site

17-12-2016 | 13:50

http://www.french.alahednews.com.lb/essaydetails.php?eid=21320&cid=359#.WFU1WfnhA2w


 

 

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