TURQUIE

LA TURQUIE REJETTE LA PROPOSITION US DE RACHETER SES S-400 RUSSES

Ankara

Ankara s’exprime sur la proposition US de racheter les S-400 russes livrés à la Turquie

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INTERNATIONAL

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En réaction à l’amendement proposé pour le budget militaire des États-Unis de racheter les S-400 russes livrés à la Turquie, le porte-parole du Parti turc de la justice et du développement, Omer Celik, a qualifié son pays d’«acheteur final» et a mis en valeur l’impossibilité d’une telle revente du point de vue juridique.

L’absence de base légale pour revendre aux États-Unis les systèmes de défense antiaérienne russes S-400 livrés à la Turquie a été pointée du doigt par Omer Celik, le porte-parole du Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir).  

 

 

Des systèmes antiaériens russes à la base de Hmeimim, en Syrie

© SPUTNIK . DMITRI VINOGRADOV

«C’est absolument irréaliste»: et si les USA rachetaient les S-400 russes à la Turquie?

Réagissant à l’amendement pour le budget militaire américain présenté par le sénateur John Thune visant à améliorer les relations entre les deux pays, il a rappelé que la Turquie avait initialement souhaité acheter des systèmes de missiles Patriot. Comme Washington n’a pas répondu, Ankara a décidé d’acheter des armements russes.

 

Le porte-parole a tracé un parallèle avec la participation turque au programme de développement des avions de combat américains. La Turquie se voit comme un acheteur final:

«Quand un pays achète des avions de combat F-16, il ne les revend pas. Il n’y a pas non plus de fondement juridique pour la revente des S-400».

Selon lui, la mise en place des sanctions contre la Turquie est incorrecte. «Nous espérons que Washington apprécie notre souhait émis envers ses systèmes Patriot pour qu’ils fassent l’objet d’une discussion», a conclu Omer Celik.

Pierre d’achoppement

En avril dernier, le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu, a déclaré que la décision d’acheter des systèmes russes avait résulté de l’échec des négociations avec les États-Unis, lesquelles avaient duré 10 ans.

 

 

S-400 Triumph

© SPUTNIK . GRIGORY SYSOEV

Turquie sur l’achat de S-400 russes: «Nous ne réagirons pas aux menaces» américaines

L’amendement prévoyant le rachat des S-400 russes auprès de la Turquie a été proposé pour le budget 2020-2021 de la Défense des États-Unis. La proposition figure parmi les 500 autres amendements, tous soumis au vote.

Les relations entre Washington et Ankara se sont détériorées en raison de l’achat des systèmes de défense antiaérienne S-400 russes. Après avoir refusé de renoncer à leur livraison en 2019, la Turquie a été suspendue du programme américain sur les avions de combat F-35.

https://fr.sputniknews.com/international/202007011044038252-ankara-sexprime-sur-la-proposition-us-de-racheter-les-s-400-russes-livres-a-la-turquie/


 

TURQUIE : LE NOUVEL ETAT VOYOU

ÉDITORIAL D'ÉRIC DENÉCÉ N°53 / JUIN 2020

TURQUIE : LE NOUVEL ETAT VOYOU

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Au cours des dernières décennies, la Turquie, pays au riche héritage historique, a connu un développement économique et démographique remarquable, qui en font aujourd’hui un Etat de 82 millions d’habitants et une vraie puissance industrielle et financière, au carrefour de l’Europe et de l’Orient. De plus, depuis la dislocation de l’URSS, Ankara a pu renouer avec les peuples d’Asie centrale avec lesquels la Turquie partage un fonds culturel commun et y a développé son influence politique, économique et culturelle. A partir de 2011, en raison de la guerre en Syrie et en Irak, la Turquie a fait face à un afflux d’environ 3,6 millions de réfugiés sur son sol. Cela a représenté une charge financière de près de 25 milliards de dollars pour Ankara, dont la moitié seulement a été couverte par des aides internationales (ONU, Union européenne, etc.).

Toutefois, parallèlement à sa réussite économique, au développement de son rayonnement régional et à son action humanitaire, l’Etat turc, sous l’impulsion de Recep Tayyip Erdogan, a connu d’autres transformations beaucoup moins positives : celle d’un pays en voie d’occidentalisation avancée en un Etat islamique, prosélyte et interventionniste ; et celle d’un pays membre de l’OTAN, candidat à l’Union européenne en un Etat arrogant, agressif, bafouant le droit international et persistant à nier ses responsabilités historiques quant au génocide arménien.

Trois domaines permettent d’observer ces évolutions révélant une véritable dérive autocratique et impérialiste d’Ankara : sa situation interne, sa politique extérieure et l’instrumentalisation de sa diaspora.

 

UN ETAT AUTORITAIRE EN VOIE D’ISLAMISATION

 

Depuis la désignation d’Erdogan à la Primature (2003), et plus encore depuis son accession à la présidence (2014), la Turquie se caractérise par un recul démocratique constant, observable à travers un autoritarisme et une islamisation de plus en plus marqués.

Contrairement aux apparences et aux discours de ses dirigeants, la Turquie n’est plus une démocratie mais un régime autoritaire. Depuis une dizaine d’années au moins, les élections relèvent plus du plébiscite que d’un suffrage démocratique en raison des manipulations du scrutin et des pressions exercées sur l’opposition par le régime. L’AKP[1], le parti présidentiel, recourt aux méthodes développées par les Frères musulmans : les classes populaires sont particulièrement choyées et encadrées par un système politico-religieux très efficace qui les accompagne aux urnes en leur indiquant le « bon » vote. Parallèlement, tout est fait pour réduire l’opposition au silence. Elle est l’objet d’une véritable persécution : arrestations et détentions arbitraires, interdiction de certains partis politiques et associations, contrôle des médias, etc. L’Etat de droit n’est plus en vigueur en Turquie et la justice est totalement aux ordres du pouvoir.

Surtout, Erdogan a saisi le prétexte de la – très trouble – tentative de coup d’Etat militaire raté contre lui (juillet 2016) pour faire incarcérer des milliers de personnes critiquant ou s’opposant à sa politique : militaires, fonctionnaires – notamment juges et policiers -, enseignants, intellectuels, journalistes, hommes politiques, représentants et élus kurdes, etc.

Par ailleurs, depuis juillet 2015, le président turc fait preuve d’une totale intransigeance sur la question kurde et a mis un terme au processus de paix qu’il avait initié avec le PKK, ce qui a entraîné une reprise du conflit armé avec le mouvement séparatiste kurde, provoquant une situation de guerre civile dans le sud-est anatolien.

L’autoritarisme prononcé du régime est clairement perceptible au regard des effectifs des forces de sécurité et des milices créées par le pouvoir, qui comptent aujourd’hui plus de 530 000 membres (policiers, gendarmes, bekçi, policiers municipaux, agents de sécurité privé et gardes de village) pour une population de 82 millions d’habitants[2].

Parallèlement à sa dérive autoritaire, la Turquie connait depuis vingt ans une réislamisation prononcée. Il convient de rappeler que Recep Tayyip Erdogan est un Frère musulman convaincu et militant et qu’il fut un temps membre du Bureau international de la Confrérie, l’une de ses instances dirigeantes.

Depuis son accession au poste de Premier ministre, Erdogan et son parti, l’AKP, n’ont cessé d’œuvrer à une réislamisation de la Turquie et à effacer toutes les traces de l’héritage de la Turquie laïque instaurée par Mustapha Kemal. Afin de rétablir un pouvoir religieux dans le pays, Erdogan s’en est d’abord pris à l’armée, gardienne de la laïcité. Il est parvenu à casser son influence avec l’aide du mouvement Gülen, via des accusations montées de toutes pièces (pseudo-complot Ergenekon, 2011).

La volonté d’Erdogan d’effacer toute trace de l’héritage kémaliste est particulièrement forte et demeure peu perçue en Occident. Mustapha Kémal est le père de la Turquie moderne qu’il a fait entrer de plain-pied dans le XXe siècle par une révolution sociale et culturelle sans précédent. Il a aboli le califat et inscrit la laïcité dans la Constitution, supprimé l’islam en tant que religion officielle, aboli les instances chariatiques et donné le droit de vote aux femmes. « L’imprégnation islamique rendait impossible à ses yeux, la renaissance du pays[3] ».

Les propos d’Atatürk que Benoist-Méchin rapporte dans la biographie qu’il lui a consacrée sont édifiants. Pour Mustapha Kemal, l’islam était « une greffe étrangère grâce à laquelle le clergé arabe vaincu par les guerriers turcs avait remis sournoisement la main sur l’âme de ses vainqueurs[4] ». Lorsqu’on lui objectait que le coran était la révélation de Dieu et qu’il devrait y puiser ses inspirations politiques, il fulminait de rage : « L’homme politique qui a besoin du secours de la religion pour gouverner n’est qu’un lâche (…). Or jamais un lâche ne devrait être investi des fonctions de chef de l’Etat ! [5] ».

Afin de mettre un terme à l’influence islamique dans le pays, Mustapha Kemal commença par faire changer les formules de politesse. « La façon de recevoir et de rendre les saluts fut réglementée. Le « salaam » fut interdit. La poignée de main remplaça par décret la salutation traditionnelle qui consistait à porter les doigts successivement à son front à ses lèvres et à son cœur. Puis le Ghazi défendit de lire de la littérature arabe et de déclamer des poésies arabes en privé ou en public. Il interdit également la musique et les danses « de style oriental ». Le port du burnous et de la gandourah fut puni de prison. Enfin, le port du fez fut interdit à son tour[6] ». De telles décisions seraient, à notre époque, immédiatement taxées d’islamophobie et attaquées en justice…

On comprend aisément que pour Erdogan l’islamiste, adepte de la Confrérie extrémiste des Frères musulmans, l’héritage laïque de Mustapha Kemal doive être à tout prix détruit et effacé. Suite à la réislamisation de la Turquie qu’il est parvenu à imposer depuis deux décennies, on observe dans le pays l’imposition de nouvelles règles de vie et une politique discriminatoire à l’encontre des chrétiens et des Kurdes

Plus largement, le Frère musulman Erdogan souhaite revitaliser le monde islamique dont il se présente comme le défenseur. En effet, il ne cesse d’œuvrer, depuis plus d’une décennie, à la diffusion de la version archaïque et sectaire de l’islam sunnite auquel il adhère, partout dans le monde arabe.

Depuis les “printemps arabes” de 2011, Istanbul a accueilli d’importantes communautés musulmanes ayant fui leur pays. Plusieurs centaines de milliers de Syriens, d’Irakiens, de Yéménites, de Libyens, d’Égyptiens, de Libanais et de Magrébins sont aujourd’hui présents dans la ville. La Turquie leur offre la possibilité de s’engager dans un militantisme politique « frériste » en direction de leur pays d’origine. Le pays est ainsi devenu un foyer de prosélytisme et de subversion au service de la Confrérie et Istanbul est devenu un refuge pour les Frères musulmans. L’État turc les soutient et les aide à s’organiser. Des dizaines de chaînes de télévision  pour la plupart affiliées à la Confrérie  attestent de ce soutien étatique. C’est dans la ville turque que se prennent les décisions importantes du mouvement et que la branche yéménite des Frères musulmans a récemment élu son nouveau chef.

 

UNE POLITIQUE EXTÉRIEURE AGRESSIVE ET EXPANSIONNISTE

 

Parallèlement à cette réislamisation galopante, Erdogan a également relancé le nationalisme turc afin de rétablir l’influence de son pays en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, sur des terres qui furent jadis des dépendances de l’Empire ottoman. C’est cette combinaison d’islamisme prosélyte, de nationalisme affirmé et d’interventionnisme militaire qui conduit dorénavant à parler de « néo-ottomanisme ». En effet, le président turc est obsédé par son rêve du rétablissement de l’Empire ottoman et du califat islamique

Ainsi, Erdogan a profité de l’effacement de la présence soviétique au Proche-Orient à partir de la seconde moitié des années 1990, puis des « révolutions arabes » et des guerres en Syrie et en Libye pour étendre son influence régionale, profitant, en toute duplicité, de son appartenance à l’OTAN.

Dans le cadre du conflit syrien, la Turquie a apporté son soutien officiel et officieux aux groupes djihadistes liés à Daech[7] et Al-Qaeda contre le régime de Damas. Il est vrai que cette stratégie s’inscrivait dans le cadre d’une politique préconisée par l’OTAN, même si Ankara est allé bien au-delà de celle-ci.

Puis, afin de « sécuriser » sa frontière – mais surtout pour lutter contre les Kurdes syriens – l’armée turque est entrée en Syrie en toute illégalité en août 2016[8], sans que l’ONU, l’OTAN ou l’Union européenne ne protestent. Ankara a récidivé en janvier 2018 afin de prendre le contrôle du canton d’Afrin[9], puis début octobre 2019, s’attirant cette fois les critiques de la communauté internationale. Mi-2020, la Turquie occupe toujours une partie du territoire syrien, en toute illégalité[10].

Début 2020, à l’occasion de l’offensive de l’armée syrienne contre les djihadistes retranchés dans la région d’Idlib, le président turc a exclu de faire « le moindre pas en arrière » face au régime de Bachar al-Assad dans le nord-ouest de la Syrie. Il a sommé, en février 2020, le régime de se retirer de certaines zones d’Idlib, où des postes d’observation turcs étaient encerclés par les forces de Damas. Les protestations de la Turquie contre l’offensive de l’armée syrienne révèlent sa connivence avec les groupes terroristes. En cette occasion, l’armée turque est venue à leur secours, leur fournissant des armes lourdes et un appui-feu, avant de finalement envahir la zone d’Idlib et de participer aux combats, au mépris de la législation internationale et des accords de Sotchi.

Pourtant, les accords de Sotchi prévoyaient de faire de la région d’Idlib une « zone de désescalade ». La Turquie avait pris trois engagements : dissocier les rebelles « modérés » des terroristes d’Al-Qaïda et de Daesh ; retirer les armes lourdes de la zone ; et rouvrir à la circulation les autoroutes M4 et M5 de manière à permettre un retour à une vie plus normale de la population civile syrienne. Aucun de ces trois engagements n’a été tenu par Ankara.

De plus, dans le cadre de ce conflit syrien, la Turquie exerce un scandaleux chantage aux migrants sur l’Union européenne, la menaçant d’ouvrir ses frontières et de laisser se déverser en Europe des centaines de milliers de migrants. Ankara exige de l’UE qu’elle contribue davantage au coût généré par la présence de ces populations sur son territoire et surtout, qu’elle l’appuie ou s’abstienne de critiquer sa politique étrangère agressive au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. C’est ainsi qu’à plusieurs reprises depuis 2013, des milliers de migrants clandestins dont une grande partie originaire du Maghreb, d’Afrique subsaharienne ou d’Afghanistan  ont été poussés vers la frontière grecque dans l’intention de provoquer une nouvelle submersion migratoire en Europe.

L’interventionnisme turc s’étend également à l’Afrique du Nord. Après avoir soutenu les Frères musulmans et Mohamed Morsi en Egypte (2012-2013)  notamment par des livraisons d’armes effectuées par son service de renseignement, le MiT , Ankara s’attache désormais à renforcer sa présence en Libye où il a pris le parti du Government of National Accord (GNA) de Fayez el-Sarraj. Celui-ci est officiellement reconnu par l’ONU et soutenu par l’OTAN qui cherche à contrer l’engagement de Moscou au profit du maréchal Khalifa Haftar, lequel a pourtant nettoyé la Cyrénaïque des groupes terroristes. La Turquie apporte un soutien militaire significatif au GNA  drones, avions, missiles, blindés  en dépit de l’embargo décrété par l’ONU qu’elle viole allègrement, contribuant directement à l’escalade militaire actuelle. Pire, Ankara recrute des djihadistes opérant en Syrie pour les expédier sur le front libyen, nouvelle preuve de sa connivence avec le terrorisme islamiste. La situation locale a ainsi évolué « d’une guerre de milices à une guerre de semi-intensité où chacun amène ses soutiens équipés de moyens de lourds : défense sol-air, blindés, drones, avions capables de conduire des actions de ciblage », a déclaré le chef d’état-major de l’Armée de Terre, le général Thierry Burkhard, lors de sa dernière audition devant la commission de la Défense de l’Assemblée nationale[11].

L’aggravation de la crise libyenne  dont l’OTAN est largement responsable en raison de son intervention inconsidérée de 2011  est particulièrement préoccupante et représente une menace pour la sécurité de l’Europe, mais pourrait aussi déboucher sur un affrontement russo-turc. Néanmoins, par aveuglement antirusse, l’OTAN a fait le – mauvais – choix de soutenir un régime qui fait la part belle aux islamistes et est lié aux Frères musulmans.

Il convient de rappeler les liens étroits qui unissent la Turquie et le Qatar, émirat islamiste principal soutien des Frères musulmans. Afin de protéger le petit Etat du Golfe, victime de la vindicte de ses voisins saoudiens et émiratis pour son soutien à la confrérie islamiste, Ankara y a installé une base militaire et coopère avec les services qataris dans leurs opérations extérieures. Partout où la Turquie est présente à l’étranger, le Qatar n’est pas loin, assurant souvent les financements dont Ankara est dépourvu. Par ailleurs, Doha investit massivement dans l’économie turque, notamment dans l’industrie de défense, l’aidant à se développer.

La politique expansionniste d’Ankara se manifeste également en Méditerranée orientale, à travers ses tentatives d’extension de son domaine maritime. Il convient de rappeler que la Turquie occupe de manière totalement illégale une partie de l’île de Chypre suite à son invasion de l’été 1974. Par ailleurs, Ankara n’a jamais signé la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (1982). Deux bons exemples de l’absence de respect des lois internationales par les autorités turques.

Depuis 2018, le gouvernement turc a décidé de lancer de nouvelles explorations maritimes dans les eaux grecques et, surtout, chypriotes. Le 9 février 2018, un navire turc a empêché un navire de forage de la compagnie italienne ENI d’explorer l’un des gisements lui ayant été attribué par Nicosie, au motif que cette zone appartient à la partie turque de Chypre. Début 2019, les gouvernements chypriote, égyptien, grec, israélien, italien, jordanien et palestinien ont mis sur pied un « Forum du gaz en Méditerranée orientale » (EMFG) afin de coopérer pour l’exploitation du gaz dans la région. Ankara a refusé d’y adhérer et d’en respecter la charte fondée sur le droit international. En juillet 2019, face à cette situation, l’Union européenne a apporté son soutien à la Grèce et à Chypre face à la Turquie et a condamné les actions turques en Méditerranée orientale. Néanmoins, en janvier 2020, Ankara a lancé ses premières explorations dans les eaux territoriales de la République de Chypre[12].

En conséquence, les tensions entre la Grèce et la Turquie en mer Egée demeurent particulièrement aigües ; les incidents sont assez fréquents : tentatives d’éperonnage des garde-côtes turcs à l’encontre de navires de pêches grecs ; échanges de coups de feu ; occupation illégales d’îlots, etc. Ankara attise délibérément les tensions avec la Grèce, son ennemi héréditaire. En janvier 2020, la Turquie a exigé d’Athènes qu’elle démilitarise seize îles de la mer Egée. Puis, en mai 2020, les forces d’Ankara ont occupé militairement une petite bande de terre dans le nord-est de la Grèce, sans que l’Union européenne ne réagisse. A travers cette nouvelle provocation, Ankara entend remettre en question toutes les frontières avec son voisin, fixées par le Traité de Lausanne de 1923.

 

L’INSTRUMENTALISATION DE LA DIASPORA TURQUE

 

Le nouveau nationalisme turc encouragé par Erdogan s’observe également à travers l’instrumentalisation de la diaspora, notamment en France, mais également en Belgique, en Allemagne et aux Pays-Bas.

S’il est légitime pour une communauté étrangère de rester attachée à son pays d’origine, l’affirmation d’un fort sentiment national et identitaire en terre étrangère n’est pas sans poser problème, surtout quand il se traduit par une défiance vis-à-vis des autorités du pays d’accueil.

Ainsi, en France, le sociologue Jérome Fourquet[13] observe le très faible degré d’ouverture démographique du groupe turc dans lequel l’endogamie demeure puissante. De toutes les communautés étrangères présentes sur notre sol, c’est dans celle-ci que l’entre-soi atteint la plus forte proportion. « Bien qu’étant historiquement laïque, la Turquie a intégré de longue date son clergé dans l’appareil d’État, les imams étant des fonctionnaires rémunérés par l’État turc. Cette règle, qui s’applique également en France, a contribué au fait que les communautés turques disséminées sur le territoire national se dotent quasi systématiquement de leur propre mosquée, alors que les musulmans issus d’autres origines partagent souvent le même lieu de culte. (…) Les médias turcs (télévision et presse écrite), qui sont fréquemment consultés par la diaspora, maintiennent également le lien avec la mère-patrie et contribuent à cultiver un entre-soi national qui peut parfois virer au syndrome obsidional ». « La communauté turque vivant en France est également encadrée politiquement par des organisations dépendant du pouvoir d’Ankara. Ainsi, aux dernières élections législatives de juin 2017, le Parti Égalité et Justice, émanation de l’AKP, (…) présenta pas moins de 68 candidats en France [14]». Selon le chercheur Stéphane de Tapia, « la communauté turque aurait développé un habitus lui permettant de se constituer en îlot autonome dans l’archipel français »[15].

Ce phénomène s’observe particulièrement à travers les Enseignements de langue et de culture d’origine (ELCO), créés dans les années 1970 pour permettre aux enfants des travailleurs immigrés de garder le lien avec le pays de leurs parents, dans la perspective d’un retour. Ces ELCO ont été récemment remis en cause par Emmanuel Macron, car derrière eux, c’est l’ingérence de la Turquie qu’ont observé les autorités françaises. Elles soupçonnent Ankara d’utiliser ces cours  dispensés en dehors du temps scolaire par des professeurs sélectionnés et rémunérés par les autorités du pays d’origine  pour diffuser l’idéologie islamo-conservatrice de l’AKP. En effet, depuis une quinzaine d’années, les enseignants envoyés par Ankara sont de plus en plus pieux et rétrogrades. Or, si l’Etat français prend en charge l’organisation et la logistique des ELCO, il ne gère pas le contenu des cours et ses inspecteurs ne peuvent pas faire grand-chose pour contrôler les 180 professeurs envoyés par l’Etat turc, car aucun d’eux ne parle le turc et que les enseignants ne parlent que très rarement français. Ces derniers professent donc ce que bon leur semble et le programme est conçu directement à Ankara

 

*

 

La Turquie d’Erdogan conduit, depuis deux décennies une politique intérieure et extérieure qui s’éloigne de plus en plus des valeurs démocratiques et de tolérance religieuse de l’Europe et de ses intérêts internationaux : instauration d’un régime autoritaire et policier, soutien et diffusion de l’islam radical des Frères musulmans, interventions militaires contribuant à l’aggravation des tensions régionales, non-respect du droit international, instrumentalisation de sa diaspora, etc. Au demeurant, la Turquie persiste dans son refus de reconnaitre le génocide arménien de 1915, en dépit des preuves historiques accablantes à son encontre.

Nous sommes ainsi en présence d’un régime agressif, nostalgique de son passé impérial, qui profite, à l’exemple de l’Allemagne de 1938, de la passivité de ses adversaires – qui sont paradoxalement en partie aussi ses alliés dans le cadre de l’OTAN – pour avancer ses pions en totale contravention avec le droit international et les dispositions de règlements pacifique des différends.

Heureusement, la Turquie n’a pas été accueillie au sein de l’Union européenne. Toutefois, elle est toujours membre de l’OTAN, ce qui illustre les contradictions internes de l’Alliance atlantique et son inutilité devenue flagrante dans le monde d’après-Guerre froide. Collaborant tantôt avec Washington, tantôt avec Moscou, la seule politique que suit Ankara est celle du néo-ottomanisme d’Erdogan.

Non seulement la Turquie islamiste et néo-ottomane est un véritable Etat voyou, mais elle est probablement aussi l’un de nos prochains ennemis, en Europe ou en Afrique. En raison de la politique agressive et expansionniste d’Ankara en Méditerranée et en Libye, nous ne pouvons écarter l’hypothèse que nos forces armées soit confrontées à terme à l’interventionnisme turc dans le cadre de nos opérations extérieures.

 

 

 

 


[1] Parti de la justice et du développement. Il s’agit d’un parti islamo-conservateur majoritaire depuis 2002.

[2] A titre de comparaison, en France, les effectifs des forces de sécurité intérieures sont de 250 000 gendarmes et policiers pour une population de 67 millions d’habitants, et ce chiffre est l’un des plus élevés d’Europe.

[3] Benoist-Méchin, Mustapha Kemal ou la mort d’un empire, Albin Michel, Paris, 1954, p. 351.

[4] Ibid., p. 352.

[5] Ibid. A noter toutefois également que Mustapha Kemal, au nom de la race turque, a « nettoyé » le pays de ses minorités chrétiennes (grecques, assyriennes, arméniennes) et interdit aux Kurdes de parler leur langue.

[6] Ibid., p. 416.

[7] Il faudra les attentats de janvier 2015, qui causèrent la mort de 230 personnes, pour voir la position turque s’infléchir quelque peu.

[8] L’Opération Bouclier de l’Euphrate a permis à Ankara d’occuper une bande d’une quarantaine de kilomètres de profondeur dans le nord de la Syrie.

[9] Opération Branche d’olivier dans le Rojava (Kurdistan syrien).

[10] Opération Printemps de la paix déclenchée à l’est de l’Euphrate.

[11] http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/comptes-rendus/cion_def/l15cion_def1920047_compte-rendu%20 (6 mai 2020).

[12] Face à l’attitude hostile du président turc, l’Elysée a assuré, en janvier dernier, la Grèce de son soutien et de l’envoi de bâtiments de la Marine nationale en Méditerranée orientale. Mais paradoxalement, nos autorités ont présenté les condoléances de la France pour les soldats turcs tués sur le territoire syrien …

[13] Jérôme Fourquet, L’Archipel français. Naissance d’une nation multiple et divisée, Seuil, Paris 2019.

[14] Ibid, pp. 172-173.

[15] Ibid.

https://cf2r.org/editorial/turquie-le-nouvel-etat-voyou/


 

TURQUIE : INACCEPTABLES DESTITUTIONS ET ARRESTATIONS DE 45 MAIRES KURDES REMPLACES PAR DES ADMINISTRATEURS ISSUS DE L'AKP, LE PARTI PRÉSIDENTIEL

 

Les co-maires de nombreuses villes, dont ceux de Siirt, Kurtulan, Idgir et Baykan, ont été destitués par le ministre de l'Intérieur et remplacés par des administrateurs issus de l'AKP, le parti présidentiel. Au total, 45 maires sur 65 sont aujourd'hui destitués dont 21 incarcérés. A cela, il faut ajouter les parlementaires emprisonnés dont le député Selahattin Demirtas.


Fragilisé par sa défaite retentissante aux municipales dans les grandes villes et une crise économique sans précédent accentuée par la pandémie de Covid-19, R.T. Erdogan n'en poursuit pas moins ses purges et le démantèlement du système municipal kurde. Celui-ci constitue le laboratoire du projet politique kurde au service des habitants. Il impulse des politiques publiques en faveur de la jeunesse, de la culture, de l'environnement, de l'égalité femmes/hommes... véritable alternative à la corruption généralisée, au népotisme et à la prédation capitaliste conduite depuis Ankara par les islamo-conservateurs.


Avec cette violence, R.T. Erdogan tente d'anéantir l'espace politique kurde où la signification des élections est d'emblée entachée de nullité. Un régime qui s'affranchit de la légitimité des urnes bascule inéluctablement dans la dictature.
Le Parti communiste français (PCF) exprime sa totale solidarité avec les maires et les militants du HDP incarcérés. Il est aux côtés des peuples de Turquie qui se tiennent debout face à la dictature. Il appelle le gouvernement de la France et les pays de l'Union européenne, prompts à dénoncer sélectivement des atteintes à la démocratie, à condamner ce nouveau coup de force et à mettre un terme aux complicités avec cette tyrannie.

source : https://www.pcf.fr/actualite_turquie_inacceptables_destitutions_et_arrestations_des_maires_kurdes


 

LE PARTI COMMUNISTE DE TURQUIE (TKP) : LE SOCIALISME EST IMPÉRATIF POUR NOTRE SANTE !

TKP: LE SOCIALISME EST IMPÉRATIF POUR NOTRE SANTÉ!

 Solidarité Internationale PCF TurquieTKPCorona-virus 0

19 MARS 2020

TKP: Le socialisme est impératif pour notre santé!TKP: Le socialisme est impératif pour notre santé!

Le ministre turc de la Santé, Fahrettin Koca, a annoncé lundi soir que le nombre de cas confirmés de coronavirus en Turquie était passé à 47 en six jours après le premier cas confirmé.

Soulignant l’incapacité du monde capitaliste à trouver des solutions à la pandémie, le Parti communiste de Turquie a publié une déclaration en 12 points concernant l’épidémie mondiale de coronavirus, montrant comment le socialisme fournirait des pratiques favorables aux populations. La déclaration vise à comparer la façon dont le socialisme réagirait à une telle pandémie avec la situation incompétente des États aujourd'hui.

La déclaration complète est la suivante:

"Le monde capitaliste et la Turquie glissent dans un chaos désespéré contre la nouvelle épidémie de coronavirus. Nous ne sommes pas condamnés à cette situation. Dans la Turquie socialiste, l'épidémie serait facilement maîtrisée et empêchée de se transformer en désastre social pour les travailleurs.

Mais comment? De cette façon;

1. Tous les hôpitaux et institutions privés seraient nationalisés.

Aujourd'hui, l'État fonctionne avec une la moitié des forces disponibles car la plupart des établissements médicaux sont privés. Même les hôpitaux publics ont été restructurés pour des profits orientés vers le marché. La première tâche consisterait à les nationaliser et à les réorganiser sur la base de principes favorables au peuple pour servir à la lutte contre l'épidémie.

2. Les banques, les installations industrielles et le secteur des services seraient également nationalisés.

Ces pratiques de nationalisation renforceraient largement le pouvoir de l'État dans la lutte contre l'épidémie. Aujourd'hui, le gouvernement capitaliste est en train de couper les dépenses publiques pour transférer les ressources à la crise des patrons. Dans les circonstances actuelles, cependant, toutes les ressources auraient dû être utilisées pour développer et protéger la santé publique.

3. Les pratiques de nationalisation permettraient une planification centrale.

La planification centrale signifie la volonté politique des travailleurs. C'est le seul moyen de faire face à un problème social de manière rationnelle en utilisant tous les moyens disponibles. En plus de la production, les villes, les espaces publics et les transports seraient à l'agenda de la planification.

4. Des instituts seraient créés immédiatement pour la vaccination, le traitement et les critères de diagnostic contre le coronavirus.

La Turquie ne peut ni produire de vaccins ni de médicaments pour le traitement. Il est douteux de savoir dans quelle mesure les critères de diagnostic fonctionnent correctement et, jusqu'à présent, il n'a pas été possible d'obtenir des informations fiables. L'une des premières affaires de la Turquie socialiste serait de rassembler les scientifiques pour se concentrer sur cette tâche dans des instituts où des développements rapides seraient fournis.

5. Les services de santé seraient entièrement gratuits.

Tout le monde aurait des services de santé gratuits. Chacun serait inconditionnellement soumis à la sécurité sociale. Des masques et des désinfectants contre l'épidémie seront fournis gratuitement. L'accès aux services de santé serait assuré non seulement dans les établissements médicaux mais aussi dans les quartiers, les écoles et les lieux de travail.

6. La religion et les affaires d'État seront séparées.

Dans la Turquie socialiste, la Direction des affaires religieuses (Diyanet) n'aurait aucun effet sur les processus décisionnels. Les personnes revenant du pèlerinage de la Omra seraient mises en quarantaine sainement, les étudiants ne seraient pas évacués de leurs dortoirs à minuit.

7. L'application de la quarantaine ne serait pas arbitraire mais une tâche sociale obligatoire.

La mise en œuvre de la quarantaine, la méthode la plus efficace contre l'épidémie, ne serait pas arbitraire pour la population, ce serait une pratique obligatoire et précise en tant que tâche sociale.

8. Les médias seraient réorganisés de manière à diffuser les vérités au public.

Les médias ne seraient pas une trompette du pouvoir au pouvoir, ils seraient réorganisés pour permettre au peuple d'accéder à de vraies informations. Par conséquent, les gens pouvaient accéder à des informations fiables sur la prévalence de l'épidémie.

9. Le pillage des marchés et le stockage ne seraient pas autorisés.

Les gens ont vidé les étagères pour stocker de la nourriture et du matériel de santé car ils ne font pas confiance à l'État contre l'épidémie. Dans la Turquie socialiste, cependant, les parts de chacun seraient garanties et livrées même dans des conditions difficiles. Le stockage ne serait pas autorisé.

10. Les crises économiques n'émergeraient pas.

Il n'y aurait pas de faillite car les entreprises nationalisées ne rechercheraient pas de profit. Il n'y aurait pas de licenciements en raison de faillites et de l'avidité des patrons pour le profit.

11. L'égoïsme serait condamné, l'esprit de partage et de solidarité prévaudrait.

Les personnes conscientes de la société socialiste se soucieraient initialement des individus ayant besoin de protection et se mobiliseraient entièrement pour répondre à leurs besoins dans de tels états d'urgence. Les mesures l'emporteraient rapidement dans la société consciente et l'éclipse actuelle de raison ne serait pas vécue.

12. Une société socialiste serait porteuse d'espoir.

Il serait possible de parler d'une société confiante et froide d'esprit qui fait confiance à la science et à l'avenir contre de tels défis au lieu d'un état mental de panique, d'impuissance et de désespoir dirigé par le coronavirus.

Encore une fois, nous pouvons voir l'importance de tous ces faits en ces jours de flambée actuelle. Nous croyons que l'humanité triomphera de nos jours. L'humanité se démarquera avec et seulement avec ces valeurs.

Le Parti communiste de Turquie appelle à un tel ordre social."

http://solidarite-internationale-pcf.fr/2020/03/tkp-le-socialisme-est-imperatif-pour-notre-sante.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail


 

ERDOGAN A PROPOSE A POUTINE D'EXPLOITER DES CHAMPS PÉTROLIFÈRES EN SYRIE

Erdogan dit avoir proposé à Poutine d’exploiter des champs pétrolifères en Syrie

 Depuis 6 heures  10 mars 2020

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 Monde islamique - Moyent-Orient - Syrie - Turquie

 

Rédaction du site

Évoquant sa rencontre avec Vladimir Poutine, le Président turc a déclaré avoir proposé à son homologue russe d’exploiter en commun des gisements pétrolifères syriens dans les régions de Deir Ezzor et Qamichli.

«J’ai proposé à Vladimir Poutine de contribuer, financièrement parlant, à la restauration de la Syrie en y exploitant du pétrole [à Deir Ezzor et Qamichli, ndlr], quant à nous, nous sommes prêts à nous engager dans des travaux contractuels dans cette affaire », cité par le quotidien turc Sabah.

Le Président turc a également admis qu’Ankara pourrait faire une proposition similaire à Washington.
«Si des mesures sont prises dans ce sens, je peux faire une proposition pertinente à Donald Trump. Grâce à cela, nous aurons l’occasion d’aider à reconstruire et à rebâtir la Syrie, au lieu de permettre aux terroristes d’utiliser ces ressources», a-t-il ajouté.

Selon Recep Tayyip Erdogan, le pétrole que les terroristes exploitent n’est pas de bonne qualité alors que, s’il est raffiné comme il faut, il pourrait servir à la reconstruction de la Syrie.

Moscou a toujours affiché des positions de soutien ferme à la souveraineté de la Syrie, critiquant ouvertement la décision américaine d’occuper les zones pétrolifères syriennes à l’est de l’Euphrate en vue de les exploiter à l’insu du gouvernement syrien.

Source: Avec Sputnik

http://french.almanar.com.lb/1672871


 

LE PRESIDENT TURC ERDOGAN ORDONNE AUX GARDE-COTES D’EMPÊCHER LES MIGRANTS DE TRAVERSER LA MER ÉGÉE

Erdogan ordonne aux garde-côtes de stopper les migrants en mer Egée

 Depuis 8 heures  7 mars 2020

Erdogan ordonne aux garde-côtes de stopper les migrants en mer Egée

Erdogan ordonne aux garde-côtes de stopper les migrants en mer Egée
Erdogan ordonne aux garde-côtes de stopper les migrants en mer Egée

 Monde islamique - Turquie

 

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a donné l’ordre aux garde-côtes d’empêcher les migrants de traverser la mer Egée, a annoncé le service des garde-côtes sur Twitter.

« Sur ordre du président (…) aucune autorisation ne sera donnée aux migrants de traverser la mer Egée en raison des dangers que cela comporte », a twitté ce service.

« L’approche consistant à ne pas intervenir pour empêcher les migrants de quitter la Turquie reste valable, sauf pour ce qui concerne les départs par la mer, en raison des dangers », a-t-il ajouté.

Le service des garde-côtes a déclaré avoir sauvé jeudi 97 migrants en danger, accusant les  Grecs d’avoir « dégonflé leurs trois bateaux et les avoir laissé dériver, à moitié en train de couler ».

Ankara et Athènes échangent continuellement des accusations concernant les migrants, les Turcs parlant de la brutalité des Grecs à l’encontre des migrants, les Grecs accusant la Turquie de les pousser et même de les aider à l’émigration vers la Grèce.

Des milliers de migrants tentent de passer la frontière terrestre entre la Turquie et la Grèce depuis que le président turc a annoncé le 29 février qu’il cessait de respecter l’accord de 2016 qui prévoyait que les migrants restent en Turquie, en échange d’une aide financière européenne à la Turquie.

Officiellement, Ankara proteste contre l’insuffisance de cette aide pour faire face au coût des quatre millions de migrants et de réfugiés, principalement Syriens, qu’elle accueille depuis des années.

Les Européens, qui avaient proposé un milliard d’euros supplémentaire d’aide qu’Ankara a refusé, y voient un chantage politique pour obtenir un soutien occidental aux opérations militaires turques en Syrie.

Source: Avec AFP

http://french.almanar.com.lb/1669417


 

BAGARRE GÉNÉRALE AU PARLEMENT TURC ENTRE PRO ERDOGAN ET OPPOSANTS A L'ENVOI DE SOLDATS TURCS FAIRE LA GUERRE EN SYRIE OU LEUR PRESENCE EST ILLÉGITIME

Bagarre générale au parlement turc à cause de l’opération militaire en Syrie – vidéo

 Depuis 4 heures  5 mars 2020

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 Monde islamique - Turquie

 

Une séance houleuse au parlement turc sur l’implication militaire de la Turquie dans le nord-ouest de la Syrie s’est soldée le 4 mars par une bagarre entre les élus de partis opposés.

Une vidéo enregistrée lors de la séance montre des dizaines de législateurs du parti du Président Erdogan et du principal parti d’opposition en pleine altercation, certains d’entre eux en venant jusqu’aux mains avant que d’autres n’essaient de s’interposer.

Plusieurs personnes se sont retrouvées par terre, rapporte la télévision turque Habertürk. La séance a dû être interrompue.
Des insultes réciproques

L’affrontement commence lorsqu’Engin Ozkoc, du Parti républicain du peuple (opposition), prend la parole. Lors d’une conférence de presse tenue peu avant, M.Ozkoc a qualifié M. Erdogan d’«indigne, ignoble, bas et perfide».

Il a également accusé le Président d’avoir envoyé des Turcs à la guerre tandis que la progéniture d’Erdogan a évité le service militaire, précise Associated Press.

Précédemment, à l’occasion d’un discours prononcé devant des membres de son parti, Recep Tayyip Erdogan avait lui-même accusé l’opposition d’être «indigne, ignoble, bas et perfide» pour avoir remis en question l’implication militaire de la Turquie dans le gouvernorat d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie.

La Turquie à Idleb

Les tensions sont vives après la mort de plus de 50 soldats turcs dans le gouvernorat syrien d’Idleb au cours du mois dernier, dont 33 ont été tués lors d’une attaque menée contre les positions des terroristes le 27 février.

Les djihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham (anciennement connu sous le nom de Front al-Nosra) ont alors lancé une attaque contre les positions des forces gouvernementales syriennes. Damas a riposté, tuant 36 soldats turcs qui, comme l’a précisé la Défense russe, n’auraient pas dû s’y trouver. La Russie a pris des mesures pour instaurer un cessez-le-feu côté syrien et a assuré l’évacuation des morts et des blessés.

Source: Sputnik

http://french.almanar.com.lb/1666491


 

LE "PEARL HARBOR" TURC TOURNE COURT !

Idlib: la DCA syro-russe abattra les F-16 turcs dans le ciel turc!

Mon Mar 2, 2020 7:17AM

TOS-1 flamethrower. (Illustraion)

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TOS-1 flamethrower. (Illustraion)

Ce fut à l'israélienne : deux F-16C des forces aériennes turques ont abattu à quelques heurs d'intervalle et à partir du ciel du sud de la Turquie deux Su-24 MK2 de l'armée de l'air syrienne au -dessus de la zone libérée du sud d'Idlib, confirmant l'hypothèse de ceux des analystes qui soupçonnent Erdogan d'avoir à Idlib pour seule mission celle de retarder la libération de Deir ez-Zor sur la rive est de l'Euphrate, encore occupé par les USA et Israël.

Des sources militaires affirment d'ailleurs qu'un brouillage électromagnétique très intense est à signaler entre la Turquie et la Syrie, signe qu'au contraire du récit médiatique en cours, ni Israël ni non plus l'armada otano-américaine en pleine activité dans l'est de la Méditerranée ne sont resté les bras croisés et qu'ils apportent à Erdogan de l'assistance mais seulement du mieux qu'ils peuvent. Quelques heures avant cette deuxième folie, Erdogan en avait commise une première : s'en prendre directement au QG du commandement militaire iranien au sud d'Idlib, y provoquant la mort, selon un dernier bilan du Hezbollah, de 9 combattants de la Résistance. 

Idlib: l’ultimatum du CGRI au Sultan!

Idlib: l’ultimatum du CGRI au Sultan!

Force Qods à la Turquie : "les militaires turcs sont à notre portée, cessez de jouer avec le feu"

Dans son ultimatum la Force Qods du CGRI a très clairement mis en garde le "Sultan" de revenir sur terre et de ne pas mettre à l'épreuve les puissances balistiques iraniennes puisqu'après tout, vouloir servir Israël sur le sol syrien, quitte à  s'obstiner dans une insane erreur qui est celle d'occuper les terres des autres à coup de baïonnette, est un dangereux tournant que ni l'Iran ni la Russie en dépit de leur partenariat économique avec Ankara ne toléreront guère. 

Dimanche dans la soirée, le ministère russe de la Défense a emboîté le pas au CGRI. Il a déclaré qu’après l’annonce de la fermeture de l’espace aérien d’Idlib par le gouvernement syrien, Moscou "ne pourrait plus garantir la sécurité des avions turcs dans le ciel du nord de la Syrie". Cela veut dire que désormais en plus des drones d'attaque Anka S turcs dont 6 ont été intercepté et abattus dimanche soir au dessus de Saraqib et ce, sous le feu particulièrement intense de la DCA syrienne, les hélicoptères et les avions de combat de la Turquie y passeront aussi, puisque les amis US/OTAN d'Erdogan l'ont poussé vers le précipice sans lui fournir ni des Patriot ni des missiles de longue portée. Cela veut dire aussi que les appareils turcs seront visés dans le ciel turc! C'est largement préventif, quand on sait que dans son extrême folie, Erdogan pourrait même être tentée d'envoyer ses F-16 kamikaze s'abattre sur les positions syriennes, russes et de la Résistance.

Erdogan fera la peau de l'armée turque?!

Erdogan fera la peau de l'armée turque?!

L'armée turque sera-t-elle sacrifiée sur l'autel des intérêts de l'OTAN et des USA?

Le site militaire Avia.pro commente ce tournant: "les chasseurs F-16 turcs n'ont pas de missiles à longue portée et que par conséquent, ils peuvent être facilement détruits par les systèmes de défense aérienne syriens. Jusqu'ici, la DCA syrienne a évité de s'en prendre à l'aviation turque au-dessus du territoire turc, ce qui n'est de vigueur puis le ciel du nord est "zone militaire fermée" et que l'espace aérien turc est parfaitement à la porté des S-200 syriens". Ainsi l'idée d'un Pearl Harbor à la Turque pour briser la puissante DCA syrienne qui couvre le sud turc et le nord irakien est tuée dans l'oeuf.

Pour le reste, SANA rapporte l'arrivée d'un méga convoi militaire syrien dans la nuit de dimanche à lundi à l'est et au sud d'Idlib, convoi visiblement chargé de ce qu'ont déchargé récemment deux navires de guerre russe à Tartous : de nouvelles pièces de la DCA. SANA dit : "ce sont des armements modernes et en conformité avec les évolutions en cours sur le front d'Idlib. L'armée syrienne cherche à changer rapidement et de façon irréversible la donne en sa faveur et ce, après que sa DCA soit entrée pleinement en fonction. C'est une phase destinée à contrer la chasse turque (otano-américaine aussi, NDLR). 

Selon un certain nombre de sources d’informations russes, ces derniers jours, la Russie a transféré plusieurs systèmes de lance-flammes lourds en Syrie qui capables de provoquer la destruction à grande échelle d’effectifs, de véhicules blindés et de fortifications sur de vastes zones.

Avia.pro affirme que jusqu'à 10 systèmes TOS-1A (système de lance-roquettes multiple lourd) ont été transférés en Syrie, la superficie totale couverte par une salve de roquettes pouvant atteindre les 40 kilomètres. Ce système, surnommé la «machine à grésiller» militaire, devrait sérieusement surprendre les troupes turques et otaniennes.

Un petit aperçu en a été donné dimanche à travers une frappe par le biais de missiles tactiques Toshka et visant un gros convoi d'armes turc, composé de 30 à 40 véhicules. Sur la vidéo les hélicoptères turcs évacuent des morts et des blessés, une cinquantaine en tout. 

Last Defender@LastDef

 

Turkish helicopters moving in to evacuate the dead and injured

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"Et encore  l'armée syrienne s'est gardé d'abattre des hélicoptères militaires turcs en pleine opération d'évacuation! Elle aurait pu le faire puisque la zone est militairement fermée", constate une source militaire.

http://french.presstv.com/Detail/2020/03/02/619937/Idlib-Syrie-Russie-Turquie


 

LIBYE : LA TURQUIE A SAIGNE

Les USA veulent débarquer en Libye

Sun Feb 23, 2020 6:17PM

Des soldats turcs. (Photo d'archives)

Des soldats turcs. (Photo d'archives)

Seize militaires de l’armée turque ont été tués jusqu’ici par les forces armées libyennes, a déclaré un haut commandant de l’Armée nationale libyenne (ANL).

Cité par l’édition arabophone de Russia Today, Khaled al-Mahjoub a menacé le président turc, Recep Tayyip Erdogan, de tuer un nombre plus élevé de ses militaires.

Samedi 22 février, Recep Tayyip Erdogan a déclaré que la Turquie combattait l’ANL, dirigée par le maréchal Haftar, en Libye. Il a reconnu qu’un certain nombre de soldats turcs avaient été tués dans ce pays.

Libye: un navire turc frappé

Libye: un navire turc frappé

Une frégate turque transportant de l’armement a été la cible d’une attaque ce mardi dans le port de Tripoli en Libye.

Par ailleurs, Fathi Bashagha, ministre de l’Intérieur du gouvernement d’union nationale (GNA), a déclaré qu’il n’existait aucun obstacle pour l’implantation d’une base militaire américaine en Libye.

Cité par Bloomberg, Fathi Bashagha a souligné que les Russes étaient présents en Libye pour assurer leurs propres intérêts dans ce pays ainsi qu’en Afrique et non pas pour prêter main-forte à Khalifa Haftar.

D’autre part, le GNA a suspendu, mardi dernier, sa participation aux négociations militaires de Genève, suite à l’attaque des miliciens de Haftar contre le port commercial de Tripoli. 

http://french.presstv.com/Detail/2020/02/23/619356/Libye-GNA-ANL-Haftar-Russie-Etats-Unis-Turquie


ERDOGAN ANNONCE LA MORT DE SOLDATS TURCS EN LIBYE

Tripoli

Erdogan annonce la mort de militaires turcs en Libye

© AFP 2019 MAHMUD TURKIA

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Le Président turc a fait état de pertes dans les rangs de ses militaires déployés en Libye, évoquant également de nombreuses victimes au sein de l'armée de Haftar auxquel ils s’opposent.

Recep Tayyip Erdogan a annoncé samedi 22 février la mort de «plusieurs» militaires turcs en Libye, se gardant pour autant de préciser leur nombre, relate l'agence de presse officielle turque Anadolu.

 

Ville de Tobrouk, Libye

© CC0 / MAHER27777

La Turquie a transféré en Libye des «milliers de mercenaires», dénonce un ministre d’Haftar - exclusif

En janvier, la Turquie a commencé à déployer ses troupes en Libye pour soutenir le gouvernement de Tripoli face aux forces de l'homme fort de l'Est libyen Khalifa Haftar.

 

«Plusieurs de nos héros sont tombés en Libye, mais les pertes dans les rangs de Haftar ont atteint près d'une centaine de mercenaires», a déclaré Erdogan s'exprimant à Izmir samedi 22 février.

La chaîne Sky News Arabia qui cite des sources au sein de l’armée de Haftar évoque pour sa part 16 morts parmi les militaires turcs et plus de 100 parmi les mercenaires pro-Ankara dépêchés depuis la Syrie. Ils auraient été tués dans des combats dans les environs de Tripoli.

La Libye dans le chaos

La Libye a basculé dans le chaos après la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

La confrontation oppose deux blocs principaux: le gouvernement d'entente nationale, reconnu par l'Onu, dirigé par Fayez el-Sarraj, et l'Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar, qui a lancé ses forces sur Tripoli au printemps dernier.

Lors de leur première réunion début février, les belligérants libyens ont admis la nécessité de transformer la trêve en un cessez-le-feu permanent sans toutefois parvenir à un accord. Pour l'Onu, l'obtention d'un tel cessez-le-feu n'est toutefois pas une «précondition» au lancement du dialogue politique interlibyen le 26 février à Genève.

https://fr.sputniknews.com/international/202002231043115373-erdogan-annonce-la-mort-de-militaires-turcs-en-libye/