BULLETIN COMAGUER N°434 31 MAI 2021 - LES ETATS-UNIS AGRESSEUR PERMANENT!

tourtaux-jacques Par Le 04/06/2021 0

Dans USA

BULLETIN COMAGUER N°434

31 mai 2021

Les Etats-Unis, agresseur permanent !

“Les États-Unis sont un agresseur nucléaire en série dont le vernis de prétendue vertu n'est qu'un déguisement mince et de plus en plus transparent de leur faillite morale.”

Publié le 28 Mai 2021 par le site STRATEGIC CULTURE FOUNDATION (Traduction Comaguer)

Cet article récent a le mérite de rappeler que les gouvernements des Etats-Unis sont toujours dévorés depuis les 5 et 7 Aout 1945  ( Hiroshima et Nagasaki) par l’ambition de dominer le monde par la terreur nucléaire : “Celui qui s’oppose à nous peut être anéanti”.

Dans la situation politique mondiale actuelle Daniel Ellsberg est tout à fait dans le rôel de lanceur d’alerte qui l’a rendu célèbre et qui donne du poids à sa  récente prise de position, tellement de poids d’ailleurs qu’elle a été peu médiatisée. Mais il convient d’aller au delà de la simple denunciation.

Ce que l’article ne dit pas c’est que ce ne sont ni les lanceurs d’alerte ni les mouvements pacifistes aussi déterminés et respectables soient-ils qui ont dissuadé les Etats-Unis de réutiliser l’arme nucléaire après 1945.

Le seul obstacle c’est la volonté permanente et acharnée de l’URSS et de la Fédération russe qui lui a succédé de ne jamais baisser la garde et de toujours être dans la course ininterrompue à la modernisation de l’arme nucléaire et des different moyens (avions, missiles, sous-marins) de la transporter vers l’objectif ou aux divers instruments permettant de détruire ou de détourner les tirs adverses.

Les editions Delga viennent de publier fort à propos  sous le titre “Guerre nucléaire , le jour d’avant” une excellente synthèse de l’histoire de la guerre nucléaire qui n’a pas eu lieu mais dont les préparatifs n’ont jamais cessé, chaque avancée étasunienne entrainant une reaction de l’adversaire historique et les divers traités n’intervenant que lorsque les Etats-Unis constatant qu’ils n’avaient plus d’avance acceptaient de signer un traité qui marquaient une pause dans la course. Mais la dénonciation ou le gel des traités qui a toujours été le fait des Etats-Unis restaient toujours envisageables et ont été pratiquées.

Ce livre est l’oeuvre de l’essayiste italine Manlio Dinucci , grand connnaisseur des  politiques militaires mondiales qui publie chaque semaine sur ce sujet une tribune dans le quotidian italien Il Manifesto, tribunes traduites en français comme le livre lui-même par Marie-Ange Patrizio.

 Manlio Dinucci ex directeur executif pour l’Italie de International Physicians for the prevention of Nuclear War qui a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1985 est porte-parole du Comitato no Guerra no Nato . Il a reçu en 2019 le prix international pour analyse géostratégique du Club de periodistas de Mexico.

Dans son edition française l’ouvrage comporte une postface de Bernard Genet, porte parole du comité anti impérialiste COMAGUER qui s’étend sur les rapports particuliers et trés étroits de la République française avec l’arme atomique.

Le livre prend une actualité particulère depuis l’entrée en vigueur en Février 2021 du traité d’INTERDICTION DES ARMES NUCLEAIRES

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Les États-Unis sont un agresseur nucléaire en série dont le vernis de prétendue vertu n'est qu'un déguisement mince et de plus en plus transparent de leur faillite morale.

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Il y a plus de 60 ans, les chefs militaires américains étaient, plus qu'on ne le pensait jusqu’à present, sur le point de lancer des bombes atomiques sur la Chine à cause d'une crise relativement mineure avec le territoire renégat de Taïwan. Les nouvelles révélations à ce sujet proviennent du lanceur d’alerte vétéran Daniel Ellsberg, qui a travaillé comme stratège en armement nucléaire à la Rand Corporation et au Pentagone dans les années 1950 et 1960.

C'est à Ellsberg que l'on doit les célèbres "Pentagon Papers", qu'il a divulgués il y a 50 ans, exposant les mensonges officiels des États-Unis sur leur participation criminelle à la guerre du Viêt Nam dans les années 1960 et 1970.

Aujourd'hui âgé de 90 ans, Daniel Ellsberg a lâché une autre bombe médiatique selon laquelle le Pentagone était prêt à attaquer la Chine et ses principales villes avec des armes nucléaires en 1958. Les détails ont été publiés par le New York Times. Mais il est troublant de constater que ces révélations choquantes ont à peine provoqué une vague dans les médias américains. Aucun éditorial n'a condamné le plan, ce qui indique une complaisance de la part des médias américains, à la limite de l'acquiescement à une telle action criminelle. Cette complaisance est profondément alarmante étant donné les dangers actuels de guerre découlant des provocations de Washington envers la Chine et la Russie.

Il semble incroyable qu'un crime aussi monstrueux ait été envisagé en 1958 alors que le souvenir de l'horreur perpétrée à Hiroshima et Nagasaki, les villes japonaises rasées par deux bombes atomiques américaines en août 1945, causant la mort d'au moins 200 000 personnes, principalement des civils était encore frais dans les mémoires. Si les Américains avaient donné suite leur projet d'attaquer la Chine 13 ans plus tard, le nombre de morts se serait élevé à plusieurs millions.

Ellsberg, qui pourrait être poursuivi en vertu de la loi américaine sur l'espionnage, à l'instar des dénonciateurs contemporains Edward Snowden et Julian Assange, a déclaré qu'il était motivé pour faire ses dernières révélations en raison du risque imminent de guerre résultant de l'escalade des tensions entre la Chine et les États-Unis au sujet de Taïwan et d'autres questions. Six décennies plus tard, il est remarquable de constater que les mêmes tensions existent. Cela s'explique par le fait que Washington continue de s'immiscer dans les affaires souveraines internes de la Chine, faisant de Taïwan un pion dans son jeu impérialiste. Ce sont les États-Unis qui attisent l'hostilité en remettant en cause  la  politique d'une seule Chine qui, jusqu'à présent, a reconnu nominalement la revendication territoriale de Pékin sur Taïwan.

En 1958, avant l'adoption en 1979 de la politique d'une seule Chine, les États-Unis ont pris le parti de Taïwan dans la guerre civile entre les communistes et les nationalistes dirigés par Tchang Kaï-chek, dont les forces se sont réfugiées sur l'île après leur défaite sur le continent en 1949. Plutôt que d'accepter l'issue de la guerre civile, les États-Unis ont continué à soutenir Tchang et son régime du Kuomintang. Taïwan est devenue un territoire insulaire renégat qui a existé en grande partie grâce au soutien militaire américain. Cela fait partie de l'"ambiguïté stratégique" adoptée par Washington, même si , depuis 1979, les États-Unis reconnaissent officiellement l'autorité de Pékin sur Taïwan. "Duplicité stratégique" serait un terme plus exact.

Les administrations américaines successives, sous Obama, Trump et maintenant Biden, ont pris des mesures importantes pour saper la politique d'une seule Chine et pour montrer un soutien croissant à la déclaration d'indépendance potentielle de Taïwan. Si une telle démarche devait avoir lieu, la Chine a juré d'utiliser la force militaire pour affirmer son contrôle sur le territoire. Cela entraînerait sans aucun doute une guerre avec les États-Unis. Les chefs du Pentagone ont déjà déclaré ces derniers mois qu'une guerre pourrait survenir dans les cinq ans. Et au vu de la manière dont les relations se détériorent rapidement entre Washington et Pékin - la dernière provocation en date étant l'insinuation par Biden cette semaine que la pandémie de Covid-19 pourrait provenir d'un laboratoire chinois de virologie à Wuhan - il n'est pas difficile d'envisager comment les tensions pourraient dégénérer en une véritable guerre.

La préoccupation d'Ellsberg est que la volonté de Washington d'utiliser des armes nucléaires en 1958 contre la Chine est toujours présente aujourd'hui. Cela devrait être une préoccupation pour le monde entier. Contrairement à 1958, la Chine est aujourd'hui une formidable puissance nucléaire et il ne fait aucun doute qu'elle riposterait, ce qui entraînerait une conflagration nucléaire. Néanmoins, certains planificateurs américains se bercent de l'illusion qu'ils peuvent sortir gagnants d'une attaque préventive. Les Etats-Unis sont les seuls parmi les grandes puissances nucléaires à ne pas avoir renoncé explicitement à une politique de première frappe.

Ce qui laisse également perplexe, c'est que les États-Unis sont le seul pays à avoir utilisé des armes nucléaires de destruction massive en temps de guerre et qu'ils continuent pourtant à justifier officiellement ce crime flagrant comme un moyen nécessaire pour mettre fin à la guerre du Pacifique contre le Japon. Le sentiment de droit et d'impunité est consternant.

En outre, la volonté d'utiliser des armes nucléaires contre la Chine en 1958 n'est pas la seule fois où un plan aussi abominable a été élaboré. Il y a eu plusieurs occasions, notamment :

- En 1949, Washington a formulé l'opération Dropshot qui prévoyait de larguer 300 armes atomiques sur 100 villes et villages de l'Union soviétique. Cette opération a été rationalisée comme une réponse au cas où l'Union soviétique étendrait son allégeance aux nations d'Europe occidentale et d'Asie.

- En 1950 et 1953, les administrations de Harry Truman et Ike Eisenhower ont menacé de l'utilisation d'armes nucléaires contre la Chine en raison du soutien de cette dernière à la Corée du Nord dans la guerre civile contre la Corée du Sud soutenue par les Américains.

- En 1961, les chefs d'état-major interarmées des États-Unis ont préconisé une attaque nucléaire préventive contre l'Union soviétique, mais le président John F. Kennedy, que l'idée répugnait s’y est opposé. Kennedy a ensuite mis en œuvre un traité historique de contrôle des armements avec le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev, qui, selon de nombreux chercheurs, a conduit à son assassinat par la CIA en 1963.

La propension des États-Unis à utiliser des armes nucléaires peut être considérée comme une forme de chantage et de terrorisme d'État contre le reste du monde. Ils ont utilisé ces armes sans s'excuser, ils ont explicitement menacé d'utiliser ces armes à plusieurs reprises, et ils continuent de menacer tacitement d'utiliser ces armes au moment de leur choix. En bref, c'est du terrorisme d'État.

Le fait que la Chine ou la Russie puissent riposter avec une force dévastatrice donne sans doute à réfléchir aux dirigeants américains. Mais ce qui est répréhensible et tout à fait criminel, c'est l'imprudence avec laquelle les dirigeants américains continuent à pousser la dynamique de la guerre malgré leurs sermons moralisateurs sur le maintien de "l'ordre international fondé sur des règles".

Cette semaine, l'administration Biden a annoncé qu'elle ne rejoignait pas le traité "Ciel ouvert", dont l'administration précédente de Trump s'était retirée. C'est au moins le troisième traité de contrôle des armements que les États-Unis abandonnent unilatéralement - l'ABM, l'INF et maintenant l'OST *. Une fois encore, les États-Unis compromettent gravement la sécurité mondiale en se fondant sur des revendications provocatrices et sans fondement à l'encontre de la Russie et de la Chine.

Lorsque Biden rencontrera le président Poutine le mois prochain à Genève, les médias américains disent que le premier va soulever plusieurs problemes (Ndt : les fameux “droits de l’homme” sujet sur lequel les Etats-Unis sont aveugles sur leurs propres violations) avec le leader russe. Ces reportages prétentieux impliquent un sens de l'autorité morale tout à fait déplacé. En fait Poutine posera à la partie américaine des problems beaucoup plus authentiques et urgents au sujet de son assaut contre la sécurité mondiale.

  • Notes du traducteur:
    • Le traite ABM signé à Moscou par les Etats-Unis et l’URSS le 26 Mai  1972 concernait  les missiles antibalistiques.0Il a été dénoncé par GW Bush le 13 Juin 2002
    • L’INF ( en français FNI)) traité sur les forces nucleaires de portée intermédiaire a été signé le 8 décembre 1987 à Washington par Reagan et Gorbatchev; Les Etats-Unis sont sortis du traité le 01.02.3019
    • L’OST ‘en français Traité Ciel ouvert signé en 1992 est entré en vigueur le 01.01.2002. le 21 mai 2020 Les Etats-Unis ont annoné leur retrait qui est devenu effectif six mois plus tard
 
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