TRUMP NOMME SON GENDRE MILLIARDAIRE A LA MAISON-BLANCHE

Donald Trump nomme son riche gendre à la Maison-Blanche

Donald Trump nomme son riche gendre à la Maison-Blanche

Jared Kushner, à New York, en novembre. (Carolyn Kaster/AP/SIPA)

Le président-élu américain officialise la nomination de son gendre Jared Kushner comme haut conseiller à la Maison-Blanche.

L'Obs

"Les yeux et les oreilles de Donald Trump." Le directeur de communication du nouveau président américain-élu a résumé au mieux le rôle-clé de Jared Kushner. Ce millionnaire de 36 ans, époux d'Ivanka Trump (et donc gendre de Donald), aura été l'une des éminences grises de la campagne du républicain. Il s'en voit aujourd'hui récompensé.

Donald Trump a officialisé, lundi 9 janvier au soir, la nomination de Jared Kushner comme haut conseiller à la Maison-Blanche.

Celui qui n'avait aucune expérience politique avant la campagne de son beau-père est le benjamin de la liste des personnes nommées par Donald Trump pour l'aider à diriger les Etats-Unis. De quoi alimenter de forts soupçons de népotisme et de conflits d'intérêts, tant son influence économique est grande.

10 choses à savoir sur Jared Kushner, le gendre de Trump

Un conflit d'intérêts flagrant ?

Petit-fils d'un rescapé polonais de la Shoah, Jared Kushner a fait fructifier la fortune de son père Charles dans l'immobilier. Il a aussi acquis le "New York Observer" en 2006, pour la somme de 10 millions de dollars. C'est un proche du magnat des médias Rupert Murdoch.

Malgré son inexpérience, Jared Kushner a su gagner la confiance de son beau-père, au point de lui écrire plusieurs discours, de faire écarter le premier directeur de campagne, de l'encourager à opter pour Mike Pence comme colistier, de pousser la création d'un site de financement et d'analyse des données, etc.

"Jared Kushner a été un atout formidable et un conseiller de confiance pendant toute la campagne et la période de transition et je suis fier de l'avoir dans un rôle-clé de mon administration", a déclaré Donald Trump, dans le communiqué de nomination du jeune homme.

Toutefois, cette nomination du très riche président de l'entreprise immobilière Kushner Companies alimente déjà les critiques sur la brochette des très fortunés conseillers qui entourent le prochain président, élu en partie sur la promesse de se faire le porte-parole des perdants de la mondialisation. La fortune de la famille Kushner est ainsi estimée par "Forbes" à "au moins" 1,7 milliard d'euros.

L'avocate de Jared Kushner réfute toutefois tout conflit d'intérêts, indiquant qu'il "quittera ses fonctions" à Kushner Companies, procédera à des "désinvestissements substantiels" et restera à l'écart des questions ayant "un effet direct et prévisible" sur ses intérêts financiers. Le tout en "renonçant à tout salaire" pour la durée de ce poste, selon le "Daily Mail", essentiellement afin de ne pas tomber sous le coup de la loi.

Donald Trump, Ivanka Trump et Jared Kushner, lors d'un meeting en janvier 2016 (John Minchillo/AP/Sipa)
Donald Trump, Ivanka Trump et Jared Kushner (John Minchillo/AP/Sipa)

Un népotisme décomplexé ?

Au-delà des intérêts financiers, la Constitution américaine interdit aux responsables des agences fédérales d'engager des membres de leur famille afin d'éviter toute forme de népotisme. Un point rejeté par les avocats de Jared Kushner, qui font valoir que la Maison-Blanche n'est pas une "agence", et qu'il n'occupera pas un poste actif dans le gouvernement.

Nommé haut conseiller et non ministre, Jared Kushner ne sera ainsi pas auditionné pour confirmation par le Congrès. En effet, à partir de ce mardi, les membres de la future administration Trump devront obtenir le feu vert des congressistes, et notamment des sénateurs. Lundi, Donald Trump s'est montré confiant dans le fait que tous les membres choisis pour son cabinet seront confirmés à leur poste par le Sénat :

"Je pense qu'ils passeront tous."

Parmi les premiers à être entendus figurent Jeff Sessions, un républicain ultra-conservateur que Donald Trump veut nommer ministre de la Justice, ou encore l'ancien général John Kelly qui devrait diriger le département à la Sécurité intérieure. Rex Tillerson, le futur secrétaire d'Etat sera lui auditionné à partir de mercredi.

"Celui qui fera la paix entre Israël et les Palestiniens"

Quant au rôle précis de Jared Kushner, Donald Trump indiquait récemment qu'il pourrait l'aider à "être celui qui fera la paix entre Israël et les Palestiniens". Son gendre s'est particulièrement investi sur cette question, dès la campagne, en élaborant un discours prononcé devant le lobby pro-israélien AIPAC. Devant un auditoire sceptique quant à sa volonté de protéger Israël, Donald Trump avait utilisé un téléprompteur pour la première fois.

Et lorsque Donald Trump a été soupçonné d'antisémitisme à l'été 2016, après avoir tweeté une image d'Hillary Clinton sur fond de billets de banque accompagnée d'une étoile de David, Jared Kushner est encore monté au créneau. Dans une tribune publiée dans le "New York Observer" - le journal qu'il détient - il jure que son beau-père n'est "ni antisémite, ni raciste", invoquant même sa famille rescapée de l'Holocauste.

Depuis l'élection, l'homme qui murmure à l'oreille de Trump est devenu incontournable sur de nombreux dossiers : l'équipe de transition a ainsi demandé à l'administration Obama de passer par lui pour toute question de politique étrangère qui mériterait l'attention du nouveau président, selon les médias américains.

Jared Kushner devra ainsi œuvrer "en étroite collaboration" avec le très controversé Steve Bannon, conseiller en stratégie et figure de "l'Alt-right" proche des nationalistes, et de Reince Priebus, secrétaire général de la Maison-Blanche. Selon certains commentateurs, il pourrait même être au-dessus de Bannon et Priebus : tout président a "une ou deux personnes auxquelles il fait intuitivement et structurellement confiance. Jared pourrait bien être cette personne", confiait ainsi récemment l'ex-secrétaire d'Etat Henry Kissinger, qui connaît bien Trump, au magazine "Forbes".

Jared Kushner et Donald Trump lors d'un meeting en juin 2016 (Mary Altaffer/AP/Sipa)
Jared Kushner et Donald Trump lors d'un meeting en juin 2016 (Mary Altaffer/AP/Sipa)

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/l-amerique-selon-trump/20170110.OBS3605/donald-trump-nomme-son-riche-genre-a-la-maison-blanche.html


 

 

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