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LA CRISE CORONA A DEVOILE LES AFFLIGEANTES TENDANCES INFANTILES DE LA DEMOCRATIE OCCIDENTALE

Par Le 12/08/2021

La crise Corona a dévoilé les affligeantes tendances infantiles de la démocratie occidentale

 

11 Août 2021

   

La politique de lutte contre la pandémie des gouvernements occidentaux a tout en commun avec un comportement enfantin : un penchant pour la gratification immédiate et une tendance à vouloir tout garder pour soi. Cela ne présage rien de bon pour la lutte contre le réchauffement de la planète ou contre la prochaine pandémie.

 

La recherche d’une gratification immédiate est généralement associée aux enfants. Ils ne peuvent penser à long terme et n’ont pas encore le contrôle de leurs impulsions. Il ne peut donc être question de postposer, ils veulent tout obtenir le plus rapidement possible.

La même tendance pénible est à l’œuvre dans la gestion de la crise du covid par les Occidentaux. Les mesures de sécurité ne sont jamais annulées assez vite. La fin de la pandémie est annoncée à tout bout de champ. Les assouplissements prématurés à l’automne et à Noël l’année dernière ont chaque fois entraîné une nouvelle vague, provoquant des dizaines de milliers de décès évitables.

L’explication réside peut-être dans le fait que nos démocraties sont fondées sur les succès électoraux. L’horizon d’un politicien, c’est le prochain scrutin et non pas un objectif à long terme. Ce même raisonnement à court terme se reflète d’ailleurs aussi dans l’absence de prévention de la crise actuelle de covid. Depuis l’apparition de deux autres coronavirus, le SRAS en 2002 et le MERS en 2012, les scientifiques ne cessent de nous mettre en garde contre une nouvelle pandémie (1) .

Un ensemble de mesures est nécessaire pour la prévenir (2). On estime que celles-ci coûteront environ 20 milliards de dollars, soit 800 fois moins que ce que la crise du covid nous a coûté jusqu’à présent. Sans parler de la tragédie humaine que représentent au moins 10 millions de morts supplémentaires à cause du COVID-19. Pourtant, les gouvernements ne font rien.

Une deuxième tendance que nous observons chez les enfants, c’est qu’ils veulent tout garder pour eux. Là aussi, la campagne mondiale de vaccination en est une illustration flagrante. Jusqu’à présent, 84 % des vaccins ont été administrés dans les pays riches. Les pays à faible revenu doivent se contenter de 0,3% des doses. Alors que les pays riches disposent d’un excédent combiné de 2,5 milliards de vaccins et prévoient des rappels, seule une personne sur dix dans les 70 pays les plus pauvres aura été vaccinée d’ici la fin 2021.

Le comportement thésaurisateur des pays occidentaux n’est pas seulement puéril, mais aussi très peu clairvoyant. Le virus ne connaît pas de frontières, l’immunité de groupe dans un seul pays est une illusion. Dans ce monde hautement connecté, la pandémie ne sera vaincue nulle part tant qu’elle ne le sera pas partout. Les experts avertissent : nous ne sommes qu’à quelques mutations près d’un virus résistant aux vaccins. Si cela devait arriver, nous serions de retour à la case départ. Comme le dit Edward Luce du Financial Times : « Le test pour l’Occident est de savoir s’il va agir sur base de la connaissance que ce virus ne connaît pas de frontières ».

Les tendances infantiles des démocraties occidentales ne sont pas de bon augure pour lutter contre le dérèglement climatique ou la prochaine pandémie. L’initiative World Weather Attribution (WWA), est une équipe d’experts de haut niveau qui étudie depuis 2015 les liens entre les émissions de gaz à effet de serre et les événements météorologiques extrêmes ayant un fort impact. Pouvez-vous imaginer que depuis des années cette initiative n’est pas financée ?

Combien d’inondations, d’incendies de forêt et de sécheresses dévastatrices faudra-t-il encore pour nous réveiller et entrer en action ? Idem pour la lutte contre les virus mortels. Nous en sommes à plus de 10 millions de décès dus au covid, mais il n’existe aucun plan pour prévenir de nouvelles pandémies.

Il semble que nos démocraties soient incapables de faire face aux grands défis de ce siècle. Notre système social doit être révisé en profondeur. Il est temps de le faire, car du temps, il n’en reste plus beaucoup.

 

 

Source d’inspiration : Covid has shown up western democracy’s childish tendencies

 

Source originale : De Wereld Morgen

 

Traduction du néerlandais : Anne Meert pour Investig’action

 

Notes :

(1) Collon M., Planète malade. Enquête, Investig’Action 2020, p. 16-21.

(2) Il s’agit d’un monitoring de la biodiversité des animaux sauvages, d’une cartographie des virus potentiellement dangereux chez ces animaux, d’une réduction du déboisement et de mettre un terme au trafic de la viande d’animaux sauvages, de systèmes d’échanges de données, etc.

https://www.investigaction.net/fr/la-crise-corona-a-devoile-les-affligeantes-tendances-infantiles-de-la-democratie-occidentale/

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FIN DE PARTIE

Par Le 12/08/2021

3 août 2021

Fin de Partie (The Monthly)

Scott Ludlam

Julian Assange, de WikiLeaks, se meurt lentement dans une prison britannique, tandis que les États-Unis poursuivent leur combat pour le faire mourir dans une des leurs - mais il y a de l’espoir.

"Le but est la justice, la méthode est la transparence. Il est important de ne pas confondre le but et la méthode."
Julian Assange

Une foule de journalistes et de manifestants munis de pancartes se presse devant le tribunal d’instance de Westminster. Il est un peu moins de 11 heures le matin du 4 janvier 2021 ; des masques faciaux contre un virus invisible, des blousons et des bonnets en laine contre le froid hivernal de Londres. L’accès à la salle d’audience a été fortement restreint, et pour ceux qui sont rassemblés ici, les seuls indices de ce qui s’est passé à l’intérieur proviennent de la poignée de journalistes qui regardent un lien vidéo et suivent les débats en direct. Et maintenant, le rebondissement.

"Oh Mon Dieu", tweete la journaliste australienne Mary Kostakidis. "Pas d’extradition."

Peu après, contre toute attente, Stella Moris émerge de la salle d’audience pour affronter la tempête médiatique avec un soupçon de sourire. "S’il vous plaît, soyez indulgents avec moi parce que j’ai dû réécrire mon discours", dit-elle au groupe de presse. Les avocats représentant son fiancé, l’éditeur australien Julian Assange, viennent de faire échouer une tentative d’extradition de ce dernier de la prison de Belmarsh, à Londres, vers les États-Unis, où il est accusé en vertu de la loi sur l’espionnage. Le ministère américain de la justice cherche à le faire emprisonner pendant 175 ans.

Le jugement choc fait la une des journaux télévisés dans le monde entier.

"J’avais espéré qu’aujourd’hui serait le jour où Julian rentrerait à la maison", dit Moris. "Aujourd’hui n’est pas ce jour. Mais ce jour viendra bientôt. Tant que Julian devra endurer la souffrance et l’isolement en tant que prisonnier non condamné dans la prison de Belmarsh, et tant que nos enfants continueront d’être privés de l’amour et de l’affection de leur père, nous ne pourrons pas célébrer. Nous fêterons le jour où il rentrera à la maison".

Le jugement ressemble a un coup de frein qui pourrait bien mettre un terme à ce marathon tortueux. "La victoire d’aujourd’hui est le premier pas vers la justice dans cette affaire", dit Moris.

Jennifer Robinson fait partie de l’équipe juridique d’Assange depuis les débuts enivrants de 2010, et pensait avoir tout vu. "Le jugement est la bonne issue, mais pour toutes les mauvaises raisons. C’est terrifiant, parce que [le magistrat] est d’accord avec les procureurs américains sur chaque point concernant la liberté d’expression et la capacité de poursuivre et d’extrader les journalistes", me dit-elle. "Cela signifie que n’importe quel gouvernement, partout dans le monde, peut chercher à poursuivre et à extrader un journaliste basé en Grande-Bretagne ou un citoyen britannique qui a publié la vérité."

Dans une étonnante capitulation devant les procureurs américains, le tribunal a convenu que, bien que la plupart des publications aient eu lieu alors qu’Assange se trouvait au Royaume-Uni et en Europe, "la faute dans cette affaire a été commise aux États-Unis parce que la publication des documents a causé un préjudice aux intérêts des États-Unis".

"S’asseoir dans la salle d’audience et écouter le juge accepter les motifs américains était difficile", me dit Moris des mois après s’être adressé à la presse à l’extérieur du tribunal. "Je m’étais préparé au pire, mais mon instinct me disait que les États-Unis ne pouvaient pas s’en sortir avec cette mascarade. Alors, quand la dernière partie du jugement a été lue, ce fut un incroyable soulagement. C’était la première fois qu’il y avait une rupture dans cette trajectoire qui s’était refermée sur lui depuis 10 ans."

Il s’agit d’un précédent choquant : le jugement a accepté les arguments des procureurs américains selon lesquels le journalisme de sécurité nationale peut être considéré comme une forme d’espionnage, quel que soit le lieu où il est pratiqué, ce qui expose d’autres éditeurs et journalistes à être accusés d’espionnage.

Cette conclusion effrayante comportait un piège : la magistrate a reconnu que le fait d’enterrer des personnes vivantes dans le système pénitentiaire américain pouvait les tuer. "Je suis convaincue que, dans ces conditions difficiles, la santé mentale de M. Assange se détériorerait et qu’il se suiciderait avec la détermination obstinée caractéristique de son autisme... Je conclus que l’état mental de M. Assange est tel qu’il serait préjudiciable de l’extrader vers les États-Unis d’Amérique."

Préjudiciable. Assurément, la nouvelle administration Biden reviendrait sur la décision de Trump d’engager des poursuites. Pour la première fois de mémoire récente, il y avait un espoir.

C’était en janvier 2010, et le soldat de première classe de l’armée américaine Chelsea Manning a écrit une brève note d’accompagnement initialement destinée au Washington Post. "Ces éléments ont déjà été épurés de toute information permettant d’identifier la source. Il s’agit de l’un des documents les plus importants de notre époque, qui dissipe le brouillard de la guerre et révèle la véritable nature de la guerre asymétrique du XXIe siècle. Passez une bonne journée."

Ni le Washington Post ni le New York Times n’étaient intéressés. Manning s’est tourné vers un contact dans un forum de discussion crypté. Bien que cela n’ait jamais été prouvé, des documents judiciaires allègueront plus tard qu’elle parlait à Julian Assange, de WikiLeaks.

À l’époque, trois innovations avaient déjà distingué WikiLeaks des autres éditeurs : l’utilisation de boîtes de dépôt cryptées pour protéger l’identité des sources, des partenariats avec des organisations médiatiques établies pour accroître l’audience et la protection institutionnelle, et une préférence pour la publication d’archives entières plutôt que pour la diffusion au compte-gouttes. "On ne peut pas publier un article sur la physique sans l’intégralité des données expérimentales et des résultats ; cela devrait être la norme dans le journalisme", affirmait Assange.

WikiLeaks publiait des informations confidentielles à grande échelle depuis 2006 : un rapide survol de la chronologie fait apparaître des données telles que "Le pillage du Kenya sous le président Moi" et "Les images de la catastrophe de 1995 au réacteur nucléaire japonais de Monju". Le véritable acte d’ouverture, celui qui le mettrait sous les projecteurs, est celui que le soldat Manning a fourni.

Une séquence de 2007 montre des hélicoptères Apache américains tirant au canon sur un groupe d’hommes au coin d’une rue de l’est de Bagdad. "Regardez ces salauds morts", glousse l’un des pilotes. Deux des bâtards morts se révéleront plus tard être le correspondant de guerre de Reuters Namir Noor-Eldeen et son assistant, Saeed Chmagh. Les hélicoptères poursuivent leur lente rotation autour du carnage poussiéreux, avec des bavardages et des échanges radio qui accompagnent le flux vidéo ininterrompu. Peu de temps après, ils détruisent une camionnette qui tentait d’évacuer les blessés. Lorsque les unités terrestres américaines arrivent, on apprend que les tirs de canon ont gravement blessé deux enfants qui se trouvaient dans la camionnette. "C’est de leur faute s’ils ont emmené leurs enfants au combat", plaisante l’un des membres de l’équipage de l’hélicoptère, tandis que les soldats, à des centaines de mètres en dessous, bouclent la zone et évacuent les enfants blessés vers un hôpital de campagne.

Un jour comme un autre dans le Bagdad occupé.

WikiLeaks a publié la vidéo en avril 2010 au National Press Club de Washington, DC, catapultant les horreurs de l’invasion de l’Irak à la une des journaux. Ils l’ont intitulé "Meurtre collatéral", un clin d’œil à la terminologie militaire anodine qui reclasse les êtres humains hurlant et saignant en "dommages collatéraux" : malheureux et regrettables, mais nécessaires et oubliables.

Tout comme les victimes de ces dommages collatéraux, les soldats américains qui passent en revue les morts et les mourants sont anonymes dans la vidéo, des pixels anonymes se frayant un chemin sur l’écran. L’un d’entre eux, le soldat Ethan McCord, a par la suite cosigné une lettre ouverte de réconciliation et de responsabilité adressée aux familles des morts et, plus largement, au peuple irakien : "... ce qui a été montré dans la vidéo de WikiLeaks ne fait que qu’effleurer les souffrances que nous avons causées... nous savons que les actes décrits dans cette vidéo sont des événements quotidiens de cette guerre : c’est la nature de la façon dont les guerres menées par les États-Unis sont conduites dans cette région".

Pour ceux d’entre nous qui sont confortablement installés loin du bruit des tirs, l’ampleur de ces événements quotidiens a commencé à apparaître deux mois plus tard lorsque WikiLeaks a publié 91 000 documents classifiés connus sous le nom de "Afghan War Diaries". Trois mois plus tard, 391 000 documents constituant les stupéfiants Journaux de guerre en Irak ont été publiés. Un mois plus tard, un quart de million de câbles diplomatiques provenant des services les plus reculés du département d’État américain sont mis en ligne : c’est le premier épisode du "Cablegate", une archive qui atteindra finalement près de trois millions de câbles. Avec des détails étonnants, le système nerveux central de la seule superpuissance mondiale était mis à nu.

"Ce qui rend les révélations de communications secrètes puissantes, c’est que nous n’étions pas censés les lire", écrit Assange. "Les câbles diplomatiques ne sont pas produits dans le but de manipuler le public, mais sont adressés à des membres du reste de l’appareil d’État américain, et sont donc relativement libres de l’influence déformante des relations publiques."

Désormais en partenariat avec le New York Times et le Washington Post, ainsi qu’avec Le Monde, le Guardian et bien d’autres, WikiLeaks a maintenu un rythme étonnant de révélations fracassantes. Assange a fait la couverture du magazine Time ; il est soudainement devenu l’une des personnes les plus reconnaissables au monde.

Comme des charges explosives déclenchées les unes après les autres, les révélations ont eu des effets profonds. La fiction selon laquelle l’occupation de l’Afghanistan se passait bien a définitivement volé en éclats : "La discussion est devenue : comment sortir de là ?" a déclaré Assange à un public de l’Opéra de Sydney par liaison vidéo en 2013. "C’est une débâcle, un bourbier - comment sortir ?". La discussion à partir de ce moment-là a vu un changement très important dans la perception de cette guerre."

Les négociations sur le maintien de l’immunité du personnel américain en Irak se déroulaient tandis que les médias couvraient un câble du département d’État détaillant une frappe aérienne américaine destinée à détruire les preuves du massacre d’une famille irakienne en 2006. "Le Premier ministre Maliki a spécifiquement cité ce document comme raison pour laquelle l’immunité ne pouvait plus être prolongée", a rappelé Assange à l’audience. "Le Cablegate a donc joué un rôle essentiel pour mettre fin à la guerre en Irak. Peut-être aurait-elle pris fin un peu plus tard, qui sait ? Mais cette année-là, le Cablegate y a mis fin".

En Tunisie, la vérité sur la collusion du régime avec le gouvernement américain a contribué à attiser un soulèvement qui s’est transformé en printemps arabe. Les détails des dispositions contenues dans les projets secrets du Partenariat Trans-Pacifique ont contribué à galvaniser l’opposition et à faire échouer l’accord. Les communautés de solidarité et de résistance, fortes de la vérité, se sont organisées en autodéfense collective.

On peut dire que la valeur pérenne de ces révélations ne tient pas aux aiguilles dans la botte de foin. La véritable valeur est qu’il existe enfin une cartographie de l’ensemble. "Ce n’est qu’en abordant ce corpus de manière holistique - au-delà de la documentation de chaque abus individuel, de chaque atrocité localisée - que le véritable coût humain de l’empire apparaît au grand jour", écrit Assange.

À l’exception de la classe politique américaine et de ses mandataires dociles à Canberra, personne ne doutait que ce reportage était dans l’intérêt du public. Fin 2011, lorsque la fondation australienne Walkley a ajouté un prix à la liste croissante des prix internationaux décernés à WikiLeaks, elle a noté "l’engagement courageux et controversé envers les meilleures traditions du journalisme : la justice par la transparence".

Assange s’est joint à la cérémonie des Walkleys par vidéoconférence depuis Londres et a adopté un ton sombre. "Nos vies ont été menacées, des tentatives ont été faites pour nous censurer, des banques ont tenté de couper notre source de revenus", a-t-il déclaré à l’assemblée. "Cette forme de censure a été privatisée. Des ennemis puissants tâtent le terrain pour voir jusqu’où ils peuvent aller, pour voir comment ils peuvent abuser du système qu’ils ont intégré pour empêcher tout contrôle". Son discours lors de cette lointaine soirée de remise de prix a pris par la suite une prescience lugubre. "Eh bien, la réponse est : ils peuvent s’en tirer à trop bon compte."

En décembre 2012, dans le quartier chic de Knightsbridge, à Londres, j’ai rejoint Julian Assange et une poignée de parents et d’amis à l’ambassade d’Équateur pour un étrange Noël en exil. J’avais rencontré Assange pour la première fois plus d’un an auparavant, dans les derniers mois d’escarmouches juridiques avant que le gouvernement de l’Équateur n’accepte que " les représailles du ou des pays qui ont produit l’information [...] peuvent mettre en danger [sa] sécurité, son intégrité, voire sa vie ". Une longue camionnette blanche remplie d’équipements de surveillance était garée dans la rue à l’extérieur ; j’ai été confronté au contact visuel avec des officiers en uniforme dans le bâtiment adjacent lorsque j’ai tiré les rideaux un instant. Être assis directement dans le champ de vision des agences de renseignement militaire les plus puissantes du monde était une expérience que je commençais à peine à comprendre : pour Assange, son équipe et le personnel de l’ambassade, c’était désormais leur quotidien.

À ce moment-là, nous avions passé un an à essayer d’arracher au gouvernement australien un soupçon d’intérêt en utilisant les divers outils qu’un député du Sénat peut utiliser. Travail médiatique, discours, motions, approches directes des ministres, longues séances nocturnes lors des audiences de la commission des prévisions budgétaires. Le premier ministre Julia Gillard a déclaré le site WikiLeaks "illégal" avant d’être contredit par la police fédérale australienne. Le procureur général Robert McClelland a lancé l’idée de révoquer le passeport d’Assange, jusqu’à ce que le ministre des Affaires étrangères Kevin Rudd écarte cette idée.

C’était un merdier incroyable.

Les messages subséquents du gouvernement ont rapidement tourné autour de deux lignes clés : "Nous sommes convaincus que M. Assange bénéficiera d’un traitement équitable dans toute procédure judiciaire", et "M. Assange reçoit une assistance consulaire, comme tout citoyen australien en a le droit". Assistance consulaire - comme s’il s’agissait d’un routard à Bali qui a perdu son passeport - et procédure régulière dans le cadre de l’irréprochable système juridique britannique. Les premiers ministres qui se sont succédé ont joué le jeu, au gré des gouvernements qui se sont succédé, pendant que les murs se refermaient lentement autour d’Assange.

"Si vous voulez dire la vérité aux gens, faites-les rire, sinon ils vous tueront", a conseillé un jour Oscar Wilde. Lors de ses apparitions publiques, Assange peut apparaître comme quelqu’un d’articulé et d’hyper-concentré, qui choisit ses mots avec grand soin, mais pas toujours comme quelqu’un qui vous ferait rire. Ce tempérament sérieux a été déformé par une série interminable de documentaires, de livres révélateurs et de reportages à sensation qui l’ont dépeint sous toutes les coutures, du cyber-savant impénétrable au méchant Bond high-tech. En personne, ce fut un soulagement de découvrir que Julian Assange était chaleureux, réfléchi et sacrément drôle.

Cela ne vaut la peine d’être mentionné que parce que depuis plus d’une décennie, Assange et son entourage ont été soumis à une campagne systématique de destruction de leur réputation. En 2011, WikiLeaks a reçu la fuite d’un dossier de présentation épouvantable portant les logos de Palantir Technologies, HBGary Federal et Berico Technologies. On y trouve le plan directeur : "Alimenter les conflits entre groupes rivaux. Désinformer. Créer des messages autour d’actions visant à saboter ou discréditer l’organisation adverse. Soumettre de faux documents et dénoncer l’erreur ... Campagne médiatique pour mettre en avant la nature radicale et imprudente des activités de WikiLeaks. Pression soutenue. Ne fait rien pour les fanatiques, mais crée de l’inquiétude et du doute chez les modérés."

Le sous-traitant en sécurité privée Stratfor a ajouté ce conseil - également divulgué par la suite - en 2012 : "Multipliez les pressions. Déplacez-le de pays en pays pour qu’il fasse face à diverses accusations pendant les 25 prochaines années."

Alors même que ces suggestions étaient faites, les allégations d’inconduite sexuelle en Suède ont été réactivées contre Assange, formant la base de neuf années d’"enquête préliminaire". Les retards de procédure surréalistes et les obstructions inexpliquées du Crown Prosecution Service britannique ont fini par être considérés comme une forme de "détention arbitraire" par le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire. Aucune accusation n’a jamais été portée.

Nils Melzer est le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture : c’est son travail de demander des comptes sur ce que l’humanité peut faire de pire. En mai 2019, il a rendu visite à Assange à la prison de Belmarsh, après l’extraction de l’Australien de l’ambassade, avec deux professionnels de la santé formés à l’évaluation des victimes de torture et de mauvais traitements. "En 20 ans de travail avec des victimes de la guerre, de la violence et de la persécution politique, a-t-il déclaré, je n’ai jamais vu un groupe d’États démocratiques se liguer pour isoler, diaboliser et maltraiter délibérément un seul individu pendant si longtemps et avec si peu de considération pour la dignité humaine et l’État de droit".

"Il était évident que la santé de M. Assange a été gravement affectée par l’environnement extrêmement hostile et arbitraire auquel il a été exposé pendant de nombreuses années", a conclu sans détour M. Melzer. "M. Assange a été délibérément exposé, pendant plusieurs années, à des formes progressivement graves de traitements ou de peines cruels, inhumains ou dégradants, dont les effets cumulatifs ne peuvent être décrits que comme une torture psychologique."

Amie de longue date d’Assange et militante australienne, Felicity Ruby a été désignée comme une cible de surveillance par le sous-traitant de la CIA UC Global, actuellement devant la justice espagnole pour avoir espionné Assange pendant ses longues années de limbes à l’ambassade. Elle se souvient lui avoir rendu visite en 2019 : "Le fait d’avoir été à l’intérieur du donjon de Belmarsh pendant moins de deux heures me hante encore aujourd’hui. Après des semaines d’attente pour être inscrite sur la liste, j’ai eu le privilège qu’on prenne deux fois mes empreintes digitales, qu’on me fouille la bouche et les oreilles avant de passer par des couloirs, des portes, des barbelés et des grillages, pour arriver enfin dans une pièce remplie de chaises en plastique - vertes pour les prisonniers, bleues pour les visiteurs. Belmarsh a été conçu pour infliger une privation sensorielle et des tourments et ça marche ; il dépérit dans cette cage infestée de COVID".

L’habile campagne visant à détourner l’attention du contenu des publications de WikiLeaks pour se concentrer sur le caractère des éditeurs a maintenant muté en quelque chose de vraiment menaçant.

Jennifer Robinson décrit comment le processus lui-même devient lentement la punition. "Si nous échouons dans notre lutte contre son extradition, il sera envoyé aux États-Unis où il y aura un procès pénal, des appels jusqu’à la Cour suprême, ce qui pourrait prendre encore 10 ans ou plus pour qu’on lui donne raison dans une affaire qui n’aurait jamais dû être engagée.

"Ils le punissent en le soumettant à ces processus, qui ont été intrinsèquement injustes et abusifs, et qu’ils ont fait traîner pendant des années et des années."

Le lanceur d’alerte de la National Security Agency américaine Edward Snowden abonde dans le même sens, mettant en garde contre le risque qu’Assange "reste indéfiniment en prison pendant que le [ministère de la Justice] dépose sans fin des appels sans fondement par dépit".

Stella Moris ne mâche pas ses mots lorsque je lui demande comment son partenaire tient le coup. "Il souffre", dit-elle. "C’est une lutte quotidienne, de se réveiller et de ne pas savoir quand et comment cela va se terminer. Julian est incroyablement fort et tire sa force du fait qu’il sait qu’il est du bon côté de l’histoire, qu’il est puni pour avoir fait ce qu’il fallait. C’est un battant, mais personne ne resterait insensible à ce resserrement progressif sur lui, qui tente de le briser à tous égards."

Cela fait maintenant 11 ans qu’Assange est sous une forme ou une autre en assignation à résidence, sous asile politique ou en prison. Les bracelets électroniques à la cheville et les longues camionnettes blanches ont cédé la place à l’isolement dans une prison de haute sécurité glaciale. "Je meurs lentement ici", a-t-il déclaré à son ami Vaughan Smith lors d’un rare appel téléphonique la veille de Noël 2020.

Le tribunal d’instance de Westminster est d’accord. Continuer sur cette voie oppressive risque de tuer Julian Assange.

Pourtant, quelques jours après son jugement, le même magistrat a refusé la libération sous caution pendant que les autorités américaines examinaient leurs possibilités d’appel, laissant Assange toujours enfermé dans une cellule.

"Procédure régulière", récitent les fonctionnaires australiens aux regards vides quand on les invite à commenter cet assassinat au ralenti. "Assistance consulaire."

Ce n’est pas pour rien que l’administration américaine précédente, dans laquelle Joe Biden était vice-président, n’a pas porté d’accusations. Matthew Miller, un responsable du ministère de la Justice de Barack Obama, a expliqué dans une interview de 2017 qu’ils appelaient cela le "problème du New York Times" : "Comment poursuivre Julian Assange pour avoir publié des informations classifiées et pas le New York Times ?".

En 2017, Jennifer Robinson était présente à l’ambassade d’Équateur à Londres lorsque le député républicain Dana Rohrabacher et l’associé de Donald Trump Charles Johnson sont arrivés pour faire une offre à Assange : donner la source des fuites de 2016 détaillant un processus de nomination compromis au sein du Comité national démocrate, en échange d’un "pardon, d’une assurance ou d’un engagement" pour mettre fin à l’enquête sur WikiLeaks.

"Ils ont dit que le président Trump était au courant et avait approuvé qu’ils viennent rencontrer M. Assange pour discuter d’une proposition", a témoigné Robinson lors des audiences d’extradition en 2020.

Assange a refusé de révéler sa source. Et pour l’administration Trump, le fait que le New York Times se retrouve comme un dommage collatéral dans une poursuite contre WikiLeaks ne semblait plus être un obstacle. Avec le feu vert d’un régime équatorien plus docile que celui qui lui avait offert refuge en 2012, la police métropolitaine a reçu son signal : après des semaines de rumeurs et de spéculations médiatiques, Assange a été arraché de l’ambassade et embarqué dans une camionnette, un exemplaire de History of the National Security State de Gore Vidal à la main.

Avec la révélation ultérieure des actes d’accusation relatifs aux fuites de Chelsea Manning, la guerre rhétorique du président Trump contre la presse s’est brusquement transformée en guerre juridique. "Obtenir et publier des informations que le gouvernement préférerait garder secrètes est vital pour le journalisme et la démocratie", écrivait Dean Baquet, rédacteur en chef exécutif du New York Times, en 2019. "Le nouvel acte d’accusation est une étape profondément troublante vers un contrôle accru du gouvernement sur ce que les Américains sont autorisés à savoir."

Avance rapide jusqu’en juin 2021 : dans un développement étonnant et peu rapporté, le témoin vedette du gouvernement américain fait soudainement effondrer le dossier de l’accusation. Sigurdur Thordarson, condamné pour pédophilie et détournement de fonds, avoue à un journal islandais que des éléments clés de son témoignage ont été inventés. L’argument central du gouvernement, à savoir qu’Assange a obtenu du matériel classifié en sollicitant et en conspirant pour commettre une intrusion dans un ordinateur, repose sur un témoignage que Thordarson admet maintenant être de la foutaise.

"C’est la fin de l’affaire contre Julian Assange", a tweeté Snowden.

"Suffisamment d’informations ont émergé pour montrer à quel point toute cette affaire est vide et politique", me dit Kristinn Hrafnsson. Ce journaliste d’investigation de la vieille école, qui s’est fait les dents dans le secteur de la presse écrite et audiovisuelle islandaise, a mis la main à la pâte avec WikiLeaks en 2010 pour aider à diriger la publication de "Collateral Murder". Depuis 2018, il est le rédacteur en chef de l’organisation. "La pression sur l’administration Biden pour qu’elle renverse l’héritage de Trump et abandonne l’affaire s’intensifie".

Trump et ses collaborateurs sont partis, mais le "problème du New York Times" n’est plus une hypothèse. Une alliance sans précédent de syndicats de médias, de défenseurs de la liberté de la presse et d’organisations mondiales de défense des droits de l’homme s’est désormais mobilisée pour exhorter Biden et son nouveau procureur général, Merrick Garland, à abandonner l’appel. En février 2021, une lettre ouverte adressée à la nouvelle administration a été signée par Amnesty International, Human Rights Watch, Reporters sans frontières, l’American Civil Liberties Union et une douzaine d’autres organisations de premier plan. "Nous partageons l’opinion selon laquelle l’inculpation de [Assange] par le gouvernement constitue une grave menace pour la liberté de la presse, tant aux États-Unis qu’à l’étranger", peut-on lire dans la lettre. "L’inculpation de M. Assange menace la liberté de la presse parce qu’une grande partie de la conduite décrite dans l’acte d’accusation est une conduite que les journalistes adoptent couramment."

Ici, en Australie, une alliance improbable exerce une pression croissante sur le gouvernement fédéral pour qu’il aille au-delà des promesses creuses de fournir une assistance consulaire. "L’affaire Assange a toujours été motivée par des raisons politiques, dans le but de restreindre la liberté d’expression, de criminaliser le journalisme et d’envoyer un message clair aux éventuels lanceurs d’alerte et éditeurs qu’ils seront eux aussi punis s’ils sortent du rang", a déclaré dans un communiqué le président fédéral de la Media, Entertainment and Arts Alliance, Marcus Strom. Assange est membre du syndicat des médias depuis 2007, mais la MEAA n’est pas une voix isolée au sein du mouvement syndical.

"Les accusations portées contre Assange sont entièrement liées à son travail, qui a mis en lumière de graves crimes de guerre commis par l’armée américaine en Irak", peut-on lire dans une résolution adoptée en mars 2021 par l’Australian Council of Trade Unions. "Continuer à le poursuivre pour ce travail constitue une attaque contre les journalistes, le journalisme et le droit du public de savoir. Nous demandons instamment au gouvernement australien de faire tout ce qui est en son pouvoir pour faire pression sur les autorités américaines afin qu’elles mettent fin à ses poursuites."

L’ACTU représente près de deux millions de travailleurs australiens à travers 36 syndicats affiliés. C’est une organisation qui se retrouve rarement sur la même longueur d’onde que le vice-premier ministre Barnaby Joyce. Néanmoins, nous y sommes. Au cours d’un débat télévisée en direct, Joyce a posé une question rhétorique : "Alors pourquoi exactement allez-vous extrader Julian Assange - un citoyen australien - aux États-Unis ? Pour les actions d’une tierce partie ... qui lui a donné des informations qu’il a ensuite publiées ? Ce n’est certainement pas différent des journaux qui ont ensuite publié ce qui se trouvait sur WikiLeaks. Peut-être qu’ils devraient tous aller aux États-Unis pour être jugés selon la loi américaine ? Je veux dire, où est-ce que cela s’arrête  ?"

Joyce est un membre de longue date du groupe parlementaire Bring Julian Assange Home, une alliance formelle de parlementaires multipartites coprésidée par un ancien lanceur d’alerte de l’Office of National Assessments, le député indépendant Andrew Wilkie. Au début de 2021, des représentants du groupe ont rencontré Michael Goldman, chargé d’affaires à l’ambassade des États-Unis à Canberra, pour faire pression. "La poursuite de M. Assange par les États-Unis n’est manifestement pas dans l’intérêt public et doit être abandonnée", a déclaré M. Wilkie après la réunion.

"Là où il y a du courage, il y a de l’espoir", a écrit en ligne le sénateur des Verts Peter Whish-Wilson. "Nous mettons sur pied une campagne pour ramener Assange à la maison." La campagne s’est enfin étendue au-delà du fougueux député ALP Julian Hill qui a donné le ton au Parlement : "Il a été enfermé et confiné pendant des années, risquant l’extradition vers les États-Unis et une condamnation à mort effective, sur la base d’accusations forgées de toutes pièces et motivées par des considérations politiques ... traité pire que les responsables des crimes de guerre des États-Unis en Irak et à Guantanamo Bay, que lui et WikiLeaks ont exposés."

Il semble que la direction de l’ALP [Parti Travailliste Australien - NdT] soit à l’écoute. "Trop, c’est trop", a déclaré le chef de l’opposition Anthony Albanese lors d’une réunion du groupe parlementaire en février 2021. Une résolution de la conférence nationale de l’ALP un mois plus tard a confirmé : "Les travaillistes pensent qu’il est temps de mettre un terme à cette affaire qui dure depuis longtemps contre Julian Assange."

Cette rare rupture dans le bipartisme est un signe parmi d’autres que les politiciens entendent enfin le message. Un étrange accord entre les Verts, les indépendants, les députés travaillistes et le vice-premier ministre des Nationals est maintenant sur la même longueur d’onde que les organisateurs de base, le mouvement syndical, Amnesty International et Human Rights Watch. Trop, c’est trop.

"Mon message aux autres journalistes", me dit Hrafnsson, "est que vous devez prendre note et agir, car il est dans votre intérêt de combattre cette affaire. Cela ne se limite pas aux intérêts de Julian Assange ou de WikiLeaks : cela aura un effet sur le travail des journalistes en général, partout dans le monde."

Des centaines d’actions populaires ont vu le jour dans le monde entier, l’ampleur de l’enjeu ayant frappé l’imagination du public. La tournée de conférences "Home Run for Julian" de 2021 a permis au père d’Assange, John Shipton, de rencontrer des foules curieuses dans des dizaines de villes de Victoria, de Nouvelle-Galles du Sud et du Queensland.

Pourtant, dix ans après la soirée des prix Walkley, l’horizon de la "justice par la transparence" s’est assombri. Les architectes de l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan - Bush, Blair et Howard - sont des hommes libres, célébrés comme des anciens hommes d’État sur fond de centaines de milliers de morts, hommes, femmes et enfants. La police fédérale australienne a fait une descente au siège de la chaîne ABC et au domicile d’Annika Smethurst, alors journaliste à la chaîne News Corp, recherchant les sources des articles sur les crimes de guerre en Afghanistan et étendant la surveillance militaire à chacun d’entre nous. Julian Assange a eu 50 ans en juillet ; pendant le temps que vous avez lu cet article, il a été isolé dans une prison de haute sécurité, empêtré dans de tortueux appels et contre-appels sans fin en vue.

"Le gouvernement australien détient la clé de la cellule de Julian", me dit Stella Moris lors d’un appel tard dans la nuit depuis Londres. "Si le gouvernement australien intervenait en faveur de Julian, cela prendrait fin. Elle peut être inversée par la pression populaire, et par la pression des collègues de Julian dans les médias, en attirant constamment l’attention sur le fait qu’un innocent est persécuté pour avoir dénoncé des crimes d’État."

"Savoir que vous êtes là à vous battre pour moi me permet de rester en vie dans cet isolement profond", a écrit Assange dans une lettre adressée à un sympathisant en 2019.

La transparence seule ne suffit pas pour rendre justice. Il faut aussi se battre.

Scott Ludlam
ambassadeur de l’ICAN et ancien sénateur des Verts australiens pour l’Australie occidentale.

Traduction "au cas où vous penseriez qu’on l’avait oublié" par Viktor Dedaj avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles

»» https://www.themonthly.com.au/issue/2021/august/1627740000/scott-ludla...

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LE MONDE RESTE DANS L’OMBRE DES ARMES NUCLEAIRES

Par Le 10/08/2021

10 Août 2021

Le monde reste dans l'ombre des armes nucléaires
Nations Unies, 9 août (Prensa Latina) Le monde est toujours dans l'ombre du nuage des bombes atomiques et seule l'élimination totale de ces armes peut empêcher de nouvelles souffrances, a souligné aujourd'hui le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres.

Par le biais de son compte Twitter officiel, il a noté que 76 ans après la destruction de Nagasaki par une frappe aérienne américaine, il est urgent d'éliminer complètement ces engins nucléaires et de prévenir le mal incalculable qu'ils peuvent causer.

Cuba plaide pour un traité d'interdiction des armes nucléaires

Entre-temps, au nom de M. Guterres, le Haut Représentant des Nations Unies pour les affaires de désarmement, Izumi Nakamitsu, a envoyé un message à la cérémonie commémorative au Mémorial de la paix de Nagasaki.

Les habitants de cette ville japonaise ont été capables de construire une métropole culturelle sur les cendres de la guerre nucléaire après la catastrophe, a-t-elle déclaré. Elle a souligné le rôle des survivants de la bombe atomique, connus sous le nom d'hibakusha, et a déclaré que leur courage face à cette immense tragédie est une lueur d'espoir.

Leurs efforts, a ajouté M. Nakamitsu, ont contribué à créer un puissant mouvement mondial contre les armes nucléaires, fondé sur la connaissance du fait qu'une seule explosion aveuglante peut produire des souffrances indicibles de génération en génération.

Le Haut Représentant a réaffirmé le soutien de l'ONU pour que les voix des hibakusha soient entendues par tous, en particulier les jeunes générations.

Aujourd'hui, a-t-elle averti, les perspectives d'utilisation d'engins nucléaires sont aussi dangereuses qu'à n'importe quel moment depuis l'apogée de la guerre froide.

Les pays sont en concurrence pour créer des armes plus puissantes et multiplier les scénarios potentiels d'utilisation, la rhétorique de la guerre s'intensifie et le dialogue est mis en sourdine, a-t-il déploré.

D'autre part, il a salué la réaffirmation par les États-Unis et la Russie qu'une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne devrait jamais être menée, ainsi que leur engagement à s'engager dans un dialogue sur le contrôle des armements.

Il a également félicité les parties au Traité sur l'interdiction des armes nucléaires pour l'entrée en vigueur de cet instrument.

Comme l'a rappelé M. Nakamitsu, l'ONU a été créée pour prévenir le fléau de la guerre et, dans la poursuite de cet objectif, il incombe à tous les États membres de chercher à abolir les armes les plus meurtrières jamais créées.

Le 9 août 1945, l'armée de l'air américaine a largué la bombe "Fat Man" sur Nagasaki, après qu'un autre bombardier ait largué "Little Boy" sur Hiroshima trois jours plus tôt, dévastant une zone de 13 kilomètres carrés.

Les deux attaques ont tué plus de 140 000 personnes, et au cours du même mois d'août, l'empereur japonais Hirohito a officialisé une annonce de reddition qui s'est concrétisée le 2 septembre 1945.

C'est le président des États-Unis de l'époque, Harry S. Truman, qui, dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), a autorisé les bombardements, arguant que le Japon avait refusé d'accepter la reddition proposée par les Alliés.

mgt/ifb

source : https://www.prensa-latina.cu/index.php?o=rn&id=468150&SEO=el-mundo-sigue-a-la-sombra-de-las-armas-nucleares

Tag(s) : #Hiroshima#Nagasaki

UNE FRAPPE NUCLEAIRE ANTI-CHINE ?

Par Le 09/08/2021

En médiatisant à satiété les silos à ICMB chinois, les USA préparent-ils une attaque préventive?

Monday, 09 August 2021 12:55 PM  [ Last Update: Monday, 09 August 2021 3:29 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Missiles balistiques intercontinentaux DF-5B. ©GT

La Chine met « les États-Unis à portée de main » avec ses bases de missiles nucléaires récemment révélées. Après tout pourquoi pas quand les USA usent et abusent de leur puissance nucléaire? Panique à bord et hystérie généralisée ce lundi avec cette nouvelle information qui fait la une des médias. " La Chine a construit des centaines de nouveaux silos d'armes nucléaires contenant des missiles capables de « cibler l'ensemble des États-Unis », ont révélé de nouvelles images satellites, un vaste réseau de bases pour abriter son arsenal nucléaire. Des images satellites ont capturé ce qui semble être un nouveau champ de silos en construction dans l'ouest de la Chine. Un expert en non-prolifération nucléaire a averti le média américain Fox News que ces nouvelles installations sont équipées d'armes nucléaires capables de cibler l'ensemble des États-Unis."

Lire aussi : Silos à missiles chinois anti-Russie ?!

« Selon les experts militaires en la matière, un deuxième champ de missiles, capable d'abriter des missiles nucléaires qui pourraient atteindre les États-Unis, vient d'être découvert en Chine. Pour la deuxième fois en deux mois, de nouvelles photos satellites montrent la Chine en train de construire plus d'une centaine de silos pour abriter des missiles nucléaires », a encore précisé le correspondant de Fox News rappelant qu’une fois terminée la construction de ces silos, la Chine en aurait plus de 200. C'est la moitié du nombre de silos terrestres que l'armée américaine possède dans l'ouest des États-Unis.

Guerre anti-US: Xi appelle Kim

Guerre anti-US: Xi appelle Kim

Xi a appelé au renforcement de la puissance militaire de la Chine et à l

Et d'ajouter : "Jeffrey Lewis, expert en non-prolifération nucléaire, a averti que les sites de lancement de missiles nouvellement découverts étaient capables de contrer les frappes nucléaires américaines. Il faut au moins deux ogives nucléaires pour détruire chaque silo de la Chine, silos qui sont maintenant de l'ordre de 230/40 », précise l’expert. Selon M. Lewis, les nouvelles bases chinoises pourront lancer plusieurs ogives nucléaires sur des cibles situées à plus de 9 000 milles. Malgré tous les agissements militaires des Américains et leurs alliés dans la mer de Chine méridionale, le ministre chinois de la Défense a annoncé mi-juin que son pays était prêt à renforcer et développer les relations avec les États-Unis dans le cadre du respect réciproque et régler ainsi les différends."

Lire aussi : Pékin dévoile la version chinoise d’un missile américain

Les silos à missiles sous terrain chinois, arme de dissuasion d'une Chine en ligne de mire, serviront-ils les USA de prétexte à lancer un missile nucléaire contre Pékin? 

USA : la Chine prépare la guerre

USA : la Chine prépare la guerre

Selon le tabloïd chinois, Global Times, Pékin doit augmenter sa puissance militaire pour contrer les menaces américaines.

L'article poursuit : " Le fait de disposer d'un nombre important de silos à missiles rend plus difficile pour un adversaire d'éliminer les armes nucléaires d'un pays avant qu'il n'ait la possibilité de les utiliser, et il n'est même pas nécessaire de tous les remplir de missiles. Jeffrey Lewis soupçonne la Chine d'employer une stratégie de "jeu du bonneteau", en ne plaçant des missiles que dans certains des silos. L'armée américaine a appliqué une stratégie similaire pendant la Guerre froide. "S'il y a des silos, vous devez les considérer comme étant pleins. C'est précisément la façon dont le jeu du bonneteau fonctionne. Vous ne savez pas, et vous devez le supposer", explique-t-il.

Pékin emboîte le pas au CGRI?

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Les capacités aérospatiales croissantes de l’Iran, y compris la conception et la fabrication de missiles balistiques et de drones ont semé la panique à la...

La stratégie du "jeu du bonneteau" est une approche raisonnable si la Chine souhaite conserver sa capacité de représailles tout en maintenant sa position de dissuasion minimale. Même des silos vides pourraient contribuer à dissuader un adversaire, étant donné le coût de la destruction des silos de missiles par rapport au coût de leur construction. "Ils peuvent construire des silos à un coût bien inférieur à celui du développement de missiles avec des ogives", affirme Jeffrey Lewis. Selon lui, la disposition des silos — qui sont suffisamment éloignés les uns des autres pour qu'une seule ogive ne puisse pas détruire plusieurs silos, mais suffisamment proches pour que les missiles puissent être déplacés entre les silos si besoin — suggère une stratégie de "jeu du bonneteau". Sauf qu'en cas de guerre les USA ne peuvent accepter aucun risque et qu'il faut détruire de façon préventive des silos vides ou pleins". 

http://french.presstv.ir/Detail/2021/08/09/664066/Nucleaire-Pekin-avertit-Washington

1000 PERSONNALITES DE PLUS DE 45 PAYS SIGNENT UNE DECLARATION SUR LE CRIME D’APARTHEID COMMIS PAR ISRAËL EN PALESTINE OCCUPEE.

Par Le 28/07/2021

1000 personnalités de plus de 45 pays signent une déclaration sur l’apartheid en Palestine

1000 personnalités de plus de 45 pays signent une déclaration sur l’apartheid en Palestine

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Par AlAhed avec sites web

Un collectif de plus de 1000 personnalités (universitaires, artistes et intellectuels) internationalement reconnues de plus de 45 pays a signé une déclaration sur le crime d’apartheid en Palestine occupée.

Les signataires de la déclaration ont exposé plusieurs faits, notamment la soumission par «Israël» du peuple palestinien à une catastrophe continue, connue sous le nom de Nakba, un processus qui a inclus des déplacements massifs, un nettoyage ethnique, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité depuis 73 ans, l’établissement d’un régime d’apartheid sur le territoire entier de la Palestine historique, dirigé contre l’ensemble du peuple palestinien, le caractère d’apartheid du régime actuel d’«Israël» confirmé et documenté de manière exhaustive par plusieurs ONG, dont Human Rights Watch.

Tenant compte de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, de la Convention internationale sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid, ils affirment leur rejet catégorique du régime d’apartheid mis en place sur le territoire de la Palestine historique et imposé au peuple palestinien dans son intégralité, y compris aux réfugiés et aux exilés où qu’ils puissent être dans le monde.

Ils exhortent leurs gouvernements à cesser immédiatement leur complicité avec l’entité sioniste.

Les universitaires, artistes et intellectuels appellent par ailleurs la Cour pénale internationale à «lancer une enquête formelle sur les dirigeants politiques israéliens et le personnel de sécurité coupables de perpétuer le crime d’apartheid», conclut le document.

https://french.alahednews.com.lb/40909/308

DES PARTIS POLITIQUES EXIGENT DES ETATS-UNIS DE FERMER LEURS LABORATOIRES DANGEREUX

Par Le 26/07/2021

26 Juillet 2021

Xinhua | 26.07.2021 14h07 

Au moins 32 partis politiques à travers le monde ont signé une pétition, appelant à la clôture des laboratoires biologiques militaires américains dans l'ensemble du monde par souci de biosécurité, a rapporté le média indépendant ukrainien Politnavigator.

La pétition contre la prolifération des armes biologiques a été initiée par une coalition de forces politiques, qui comprend le Mouvement socialiste du Kazakhstan, le Parti communiste uni de Géorgie, le Parti socialiste de Lettonie et le Parti communiste du Pakistan.

Alors que la lutte et la compétition internationales s'intensifient, "les armes biologiques accumulées peuvent être utilisées par l'armée américaine pour combattre ses opposants, ce qui déboucherait sur des conséquences catastrophiques", indique la pétition.

Des statistiques montrent que les Etats-Unis ont établi plus de 200 laboratoires biologiques dans 25 pays et régions étrangers, notamment en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie du Sud-Est et dans l'ancienne Union soviétique, dont 16 en Ukraine seule.

Selon Politnavigator, il y a des preuves montrant que des biologistes dans l'armée américaine travaillent au Kazakhstan à développer de nouvelles méthodes de propagation de souches virales infectieuses et mortelles à travers le bétail élevé en Asie centrale.

(Rédacteurs :实习生2, Yishuang Liu)

source : http://french.peopledaily.com.cn/International/n3/2021/0726/c31356-9876713.html

Tag(s) : #RIPCO#Solidnet

PEGASUS : CONTRE L’ESPIONNAGE GENERALISE, DEFENDRE LES LIBERTES INDIVIDUELLES ET COLLECTIVES

Par Le 22/07/2021

21 Juillet 2021

publié le 21/07/2021
Pegasus : Contre l’espionnage généralisé, défendre les libertés individuelles et collectives

Les révélations récentes sur le logiciel espion « Pegasus » de la société israélienne NSO-Group viennent confirmer les atteintes liberticides graves liées à l’usage des technologies de surveillance numérique.

Une enquête conduite conjointement par Amnesty International et un consortium de journalistes a montré que 50 000 personnes dont un millier de Français ont eu leur smartphone ciblé permettant un accès aux données et à des écoutes téléphoniques.

Actuellement, une soixantaine d’États ont acquis ce logiciel dont une kyrielle d’États autoritaires comme l’Inde, le Mexique, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, l’Azerbaïdjan, la Hongrie, la Turquie ou le Maroc. Cette frénésie de surveillance vise à réduire au silence les journalistes, à s’en prendre aux militants, à écraser les oppositions et à surveiller d’autres États. L’argument qui consiste à justifier l’usage de ces logiciels au nom de la lutte contre le terrorisme ou la criminalité organisée ne tient pas au regard des personnalités surveillées.

L’État d’Israël porte une lourde responsabilité dans ces violations de la vie privée, des libertés individuelles et collectives dans la mesure où le ministère de la Défense confère seul les licences d’exportation. A n’en pas douter, cette concession a été une arme dans les rapprochements récents entre Tel-Aviv, Riyad, Abou Dabi ou Rabat.

Cette enquête montre aussi que le Maroc, client de NSO Group depuis 2017, apparaît comme l’un des plus grands utilisateurs du logiciel. Sans surprise, les militants du Hirak dans le Rif ou les journalistes et historiens comme Omar Radi, Souleiman et Hajar Raissouni, Fouad Abdelmoumni ou Maati Monjib font depuis plusieurs années l’objet d’une surveillance constante. Il en va de même des principaux dirigeants du Front Polisario qui luttent contre l’occupation coloniale et en faveur de l’application des résolutions de l’ONU pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination.

Rabat met la même application à espionner des personnalités françaises. Des militaires, des dirigeants publics, des diplomates, des journalistes du Canard Enchaîné, de Médiapart, du Monde ou de L’Humanité. Notre amie et camarade, Rosa Moussaoui, journaliste à L’Humanité est particulièrement visée en raison de son travail d’investigation exemplaire aux côtés des défenseurs des droits humains du Maroc et du Sahara Occidental. La municipalité d’Ivry sur Seine, engagée dans de nombreuses actions de solidarité avec les enfants sahraouis est dans le collimateur comme Claude Mangin, épouse de Nâama Asfari arrêté en 2010 lors du soulèvement du camp de Gdeim Izik et condamné à 30 ans de réclusion.

Ces intimidations de la part du Maroc ne feront pas taire la solidarité des communistes avec le peuple sahraoui, les démocrates marocains et tous ceux qui en France se battent pour le respect des droits humains.

En revanche, tous ceux qui s’inquiètent des menaces qui pèsent sur nos libertés ne peuvent qu’être atterrés par le silence complice des gouvernements français et européens qui n’ignoraient rien de telles pratiques que Patrick Le Hyaric qualifie à juste raison de « banditisme d’État ». Cela appelle à des mobilisations. Le Conseil de l’Europe doit être saisi sur ces agissements délictueux et criminels tandis que les Nations Unies doivent adopter au plus vite une Convention internationale contre ces armes numériques.

Depuis plusieurs années, le Parti communiste français (PCF) s’indigne des complaisances de Paris avec l’État tortionnaire marocain. La présence d’Eric Dupond-Moretti au gouvernement comme ministre de la Justice mais aussi comme conseiller du roi Mohammed VI est un signal inquiétant. Face aux exactions de Rabat, la France et l’Union Européenne doivent suspendre leur accord d’association, exiger la libération des prisonniers politiques, lever les entraves à la mission de la MINURSO en matière de droits humains au Sahara Occidental et agir en faveur de l’organisation d’un référendum d’autodétermination.

Pascal Torre
responsable-adjoint du secteur international du PCF
chargé du Maghreb et du Moyen-Orient

source :: https://www.pcf.fr/pegasus_contre_l_espionnage_generalise_defendre_les_libertes_individuelles_et_collectives

Tag(s) : #PCF#Pegasus

LA GUERRE POUR LE CONTROLE DE NOS ESPRITS

Par Le 21/07/2021

La guerre pour le contrôle de nos esprits

Par Patrick Lawrence
Arrêt sur info — 20 juillet 2021

 

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Drapeau LGBT sur les amabassades USA en Uruguay et Equateur

Bien que l’auteur écrive sur les USA, sa description de la stratégie d’instrumentalisation des causes droits-de-l’hommistes à des fins de manipulation de l’opinion, de la censure des réseaux sociaux, de la chute de niveau de l’éducation, de la désinformation médiatique, etc, s’appliquent à la France à la virgule près. Et pour cause : pour reprendre la définition très juste qu’en a donné la journaliste Caitlin Johnstone, le mot «empire » qu’emploiera l’auteur ici ne se limite pas aux seuls USA, mais désigne une alliance d’intérêts supranationaux et de pays mondialistes (dont l’UE, donc la France), dont le centre névralgique se trouve, grosso modo, à Washington D.C. Nous en subissons l’influence tous les jours.

 

 

Par Patrick Lawrence
Paru le 13 juillet 2021 sur Consortium News sous le titre The War Against Us

 

 

La guerre du passé contre la population est de même nature que la guerre actuelle contre la population.

Comme certains lecteurs l’ont peut-être remarqué, Antony Blinken a fait en sorte que le Département d’Etat orne ses ambassades dans le monde entier de bannières « BLM » et du drapeau du mouvement d’identité sexuelle connu sous le nom de LGBTQI+.

Comme notre vertueux secrétaire d’État l’a expliqué en avril, lorsqu’il a autorisé ces publicités pour la conscience magnifiquement éveillée de l’Amérique, le fanion BLM, qui commémore le meurtre de George Floyd à Minneapolis l’année dernière et le fanion coloré du mouvement LGBTQI+ flotteront sur nos mâts de drapeau dans les capitales étrangères « pour la durée de la saison des fiertés 2021 ». C’est ainsi que notre diplomate en chef s’est exprimé en annonçant cette… cette politique, je suppose que nous devons l’appeler ainsi.

Prendre la cause de l’égalité des droits et la transformer en couverture d’une politique étrangère extrêmement agressive, cela donne un spectacle assez bizarre. Mais c’est aussi le cas de l’image d’Anthony Blinken survolant le monde juché sur les ailes d’un ange.

Dans le même ordre d’idées, il y a cette publicité de recrutement de la CIA rendue publique en mai dernier, la tristement célèbre « vidéo woke ». Il s’agit d’une vidéo absolument stupéfiante, comme semblent en convenir tous ceux qui lui ont consacré les 2 minutes 26 secondes nécessaires, dans laquelle une femme latina dit : « Je suis une femme de couleur, je suis fille d’immigrants, je comprends les questions politiques compliquées mais je peux chanter une chanson folklorique en espagnol, je souffre d’une forme d’anxiété à la mode. J’ai gagné ma place dans les rangs de la CIA » et je suis devenue une espionne : Voilà l’essentiel, aussi insidieux que désespérant.

« La communauté du renseignement », nous rappelle-t-on, est un employeur offrant l’égalité des chances. Cela n’est pas surprenant : Il est évident depuis longtemps qu’il n’y a tout simplement pas assez de diplômés de Yale pour mener à bien toutes les subversions, les coups d’État, le trafic de drogue, les assassinats et la corruption des médias que l’agence est chargée de mettre en œuvre [1] – tout cela pour défendre la démocratie, bien sûr.

Pendant ce temps, ceux d’entre nous qui avons conservé notre éthique continuons de défendre la thèse du coup monté dans l’affaire de l’attaque aux armes chimiques de Douma, en Syrie, il y a trois ans : les preuves de manigances et de la corruption qui sévit dans l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques sont claires.

Aaron Maté a couvert cette histoire depuis la parution de ses premiers reportages sur le sujet dans The Grayzone au début de l’année, et d’autres, dont votre serviteur, étaient sur le coup dès le moment où le faux drapeau a été hissé.

A noter : La presse grand public a scandaleusement occulté l’histoire de l’OIAC. Ce sont les médias indépendants, ou prétendument indépendants, qui salissent Maté et d’autres avec les accusations sans consistance habituelles – créature d’Assad, payé par les Russes, etc. Un commentateur particulièrement vulgaire qui se fait appeler Vaush sur Twitter – et qui se présente comme un « socialiste libertarien », c’est à noter – se met maintenant à comparer les « assadistes » comme Maté, dont les reportages ont été exemplaires, aux négationnistes de l’Holocauste. (Tweet : Lmao Les Assadistes sont littéralement au niveau du négationnisme de l’Holocauste avec leurs « arguments ». C’est triste !)

Dans la Silicon Valley, nous avons Reddit, l’une des plates-formes de réseaux sociaux les plus influentes actuellement en activité, qui censure des milliers d’utilisateurs dont les opinions ne sont pas conformes aux versions officielles des événements, et à l’idéologie officielle tout court. Cette censure est manifestement l’œuvre d’une certaine Jessica Ashooh, une trentenaire qui a quitté il y a cinq ans l’Atlantic Council – un think tank financé par l’OTAN et le gouvernement américain – pour occuper le poste de « directrice des politiques » [de modération].

Le parcours d’Ashooh, qui comprend un passage comme conseillère en propagande à Abou Dhabi, est fortement évocateur d’espionnage, ou au minimum d’une collaboration répréhensible avec des agences de renseignement.

Le New Yorker a publié un compte-rendu obséquieux du régime de censure d’Ashooh à son arrivée chez Reddit. Alan Macleod, un journaliste admirablement scrupuleux de MintPress News a fait la même chose, flagornerie en moins, dans un article franc et direct sur Ashooh publié il y a un mois.

Il existe de nombreux autres cas. Citons notamment la récente explication de Susan Wojcicki, PDG de YouTube, lors d’une interview au Forum économique mondial, sur les efforts consciencieux de la plateforme vidéo détenue par Google pour détourner les spectateurs des sites d’information alternatifs au profit de « sources responsables » – ceci dans l’intérêt de notre démocratie, comme de bien entendu.

La guerre contre nous tous

Plus tôt nous reconnaîtrons que ces événements et bien d’autres semblables sont les éléments disparates d’une guerre menée contre nous, mieux nous comprendrons l’air que nous respirons et l’eau dans laquelle nous nageons. Plus tôt nous replacerons ces événements dans leur contexte historique, plus facilement nous saisirons la gravité de notre situation. Étant donnée la vitesse inquiétante à laquelle cette guerre évolue dans la mauvaise direction, je considère que ces circonstances sont très proches de la catastrophe.

La gestion de la perception et le contrôle de l’information sont les fronts sur lesquels cette guerre est menée. Quels en sont les enjeux ? Quel est le prix à gagner ?

Pendant plus d’un siècle, la politique étrangère américaine a été l’apanage d’élites clairement définies : blanches, WASP, [2] typiquement issues de la Nouvelle-Angleterre.

La conduite de l’Amérique à l’étranger était leur domaine. Il n’était pas nécessaire de défendre cet arrangement car personne ne le contestait, à l’exception de la Ligue anti-impérialiste, au début du siècle dernier. Dans une série de livres publiés dans les années 1920, notamment The Phantom Public (Macmillan, 1927), Walter Lippmann [3] célébrait l’état d’ignorance que cela imposait au public:

« Le citoyen privé d’aujourd’hui en est venu à se sentir un peu comme un spectateur sourd au dernier rang… Les affaires publiques ne sont en rien ses affaires. Elles sont pour la plupart invisibles. Elles sont menées dans des centres éloignés, dans les coulisses, par des puissances anonymes. »

Lippmann écrivait sur la culture de l’ignorance au profit des élites, dont le droit absolu de gouverner sans que le public soit informé de leurs décisions, et sans qu’il puisse intervenir, était un thème récurrent dans ses nombreux ouvrages.

Pendant la guerre froide, avec l’émergence des départements d’information des nouveaux réseaux de télévision et, plus tard, des nouvelles technologies de communication, cette ignorance a nécessité un certain degré d’efforts pour être entretenue. C’est à cette époque que la culture elle-même a été mise au service de l’État. [4]

Nous en avons les résultats devant nous. Ils sont au nombre de deux.

Totalement oublieux

Premièrement, la mesure dans laquelle la plupart des Américains sont totalement inconscients de ce qui se passe dans le monde qui les entoure est tout à fait étonnante. Même le lecteur instruit et au-dessus de la moyenne du New York Times n’a généralement pas la moindre idée des vérités que Maté a couvertes dans ses reportages sur l’OIAC, ni du soutien du Pentagone et de la CIA aux djihadistes fanatiques qui cherchent à faire tomber le gouvernement (laïc) de Damas depuis dix ans, ni de l’immense fraude du Russiagate, ni d’innombrables autres sujets importants.

Si l’on lit l’article du New Yorker mentionné ci-dessus sur la censure chez Reddit, et qu’on poursuit sa lecture avec l’article d’Alan Macleod sur le même sujet dans MintPress, on voit la fabrication de l’ignorance se faire sous nos yeux avec une clarté aveuglante. C’est grâce à l’étendue de cette ignorance que les États-Unis sont passés d’une république à une puissance impériale en l’espace de sept décennies, alors même que prononcer le mot « empire » est considéré comme la preuve d’un esprit dérangé. [5] Qui ça, un empire ? Nous ?

Deuxièmement, notre ignorance prévalente est maintenant mise à défi – et là encore, les nouvelles technologies sont le véhicule par lequel ce défi est lancé. Et défier l’ignorance revient plus ou moins inévitablement à défier l’empire américain.

Notez bien : vos amis lecteurs du New York Times, tous ceux qui sont accros au langage puéril de NPR, à la sottise de MSNBC et au faux sérieux de CNN [6] continueront joyeusement à avancer dans l’obscurité, sans la moindre inquiétude parce qu’ils ne savent rien et qu’ils ne veulent pas être tirés de leur torpeur. Non, ce sont les producteurs et les consommateurs de médias indépendants qui préoccupent ces élites, alors qu’elles se défendent contre tout examen minutieux de la part d’une minorité de personnes qui ont compris la valeur de la pensée et de la lucidité.

La guerre hier et aujourd’hui

Les personnes d’un certain âge ne devraient pas avoir de mal à se souvenir des programmes du FBI [7] et des services de renseignements conçus pour infiltrer la gauche (telle qu’elle existait à l’époque), placer des agents provocateurs en son sein, cultiver la violence (tout comme la CIA l’a fait et le fait encore dans les pays qu’elle souhaite déstabiliser). Les banlieusards somnolents qui lavaient leur voiture le week-end n’inquiétaient personne, à l’époque de la Guerre froide. Ceux qui avaient les yeux ouverts inquiétaient.

C’était la nature de la guerre à l’époque et c’est la nature de la guerre aujourd’hui.

Il n’y a plus de gauche à notre époque – il n’y a que la « gauche ». Il est désormais de bon ton de s’identifier comme « gauchiste ». Gore Vidal a fait remarquer un jour : « Nous n’avons pas de politique en Amérique. Nous avons des élections ». Pour paraphraser l’expression, nous n’avons pas de gauche en Amérique. Nous avons des poseurs presque invariablement incultes et mal informés.

Étant donné à quel point ces gens sont perdus dans les bêtises « woke » et toutes les sornettes des politiques identitaires – une étape de plus dans l’ignorance – notre « gauche » est une cible facile pour ceux qui ont l’intention de la mener sur des voies de garage – et loin, très loin de toutes les questions liées au pouvoir.

Continue à faire flotter ces drapeaux, Anthony : bombarde les Syriens et sanctionne les Vénézuéliens au nom de BLM et des LGBT. Filme des gens pitoyables dans les couloirs de la CIA alors qu’ils débitent tous les éléments de langage identitaires à la mode, ce jargon sans signification. Fais en sorte que les experts poseurs et leur public – « Je suis progressiste », « Je suis de gauche », « Je suis socialiste », – soient inoffensifs et uniquement préoccupés par les distractions dont ils ont besoin pour combler le vide de leur vie.

Et calme tout le monde en leur disant que les protéger des impuretés de la liberté d’expression n’est pas de la censure, même si cela y ressemble.

C’est la guerre que certains Américains mènent contre la plupart des peuples au service d’un empire dont l’action doit être cachée, tant que cela est possible. Voila comment elle est menée. Comprendre cela est le premier pas pour sortir de notre obscurité.

Patrick Lawrence

Notes :

[1] On pourra rappeler que la CIA n’est autorisée à opérer qu’en dehors des USA. A l’intérieur du pays, c’est le FBI, avec certaines autres agences de renseignement (parmi les dix-huit que compte le pays), qui sont chargés du même type de travail. Lien en français.
[2] « WASP » est l’acronyme de « White Anglo-Saxon Protestant », soit les protestants blancs dits « anglo-saxons » qui représentaient l’élite économique américaine issue des premières colonies puritaines de la Nouvelle-Angleterre.
[3] Sur Walter Lippmann, voir notre article Une Brève histoire de la propagande
[4] Et l’Etat a été mis au service du secteur privé. Selon les mots du philosophe Jean-Claude Michéa, « Nous vivons dans la première société au monde dont tous les repères culturels dérivent de besoins du marché ».
[5] « Prononcer le mot « empire » est considéré comme la preuve d’un esprit dérangé »… et pourtant, le conseiller de George W. Bush Karl Rove avait écrit en 2002, « Nous sommes un empire maintenant, et lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalité. Et pendant que vous étudierez cette réalité – judicieusement, comme vous voudrez – nous agirons à nouveau, créant d’autres nouvelles réalités, que vous pourrez également étudier, et c’est ainsi que les choses se feront. Nous sommes les acteurs de l’histoire… et vous, vous tous, vous n’aurez plus qu’à étudier ce que nous faisons ». Personne, dans les médias, ne l’avait traité d’ « esprit dérangé » – alors que c’était de toute évidence le cas.
[6] « Ceux qui sont accros au langage puéril de NPR, à la sottise de MSNBC, etc ». Et bien sûr en France, aux médias correspondants.
[7] Pour les plus jeunes, les détails de l’opération du FBI dénommée COINTELPRO, tels qu’expliquée par la plate-forme grand public Wikipedia, devrait suffire à les édifier. Lien en français.

Traduction et notes Corinne Autey-Roussel
Source: http://www.entelekheia.fr/2021/07/19/la-guerre-pour-le-controle-de-nos-esprits/

DECLARATION DU CONSEIL MONDIAL DE LA PAIX SUR LES RECENTS EVENEMENTS DE PROTESTATION A CUBA

Par Le 18/07/2021

17 Juillet 2021

Déclaration du Conseil mondial de la paix sur les récents événements de protestation à Cuba
Lundi 12 juillet 2021

Déclarations
Le Conseil mondial de la paix (CMP) exprime sa profonde inquiétude face au récent plan impérialiste, bien orchestré et payé, visant à créer le chaos et le désordre à Cuba, en prenant pour prétexte les graves pénuries de produits importés et d'autres produits de première nécessité, ainsi que les coupures d'électricité, événements qui trouvent en grande partie leur origine dans les presque soixante (60) années de blocus criminel imposé par les États-Unis à Cuba. En particulier au cours de la dernière période et dans les conditions de la pandémie sanitaire mondiale, Cuba est empêché par des mesures et des sanctions nouvelles et supplémentaires d'acheter et d'importer des médicaments et des matières premières pour les médicaments, ainsi que des fournitures hospitalières techniques.
Tout en reconnaissant la souffrance du peuple cubain, le CMP souligne dans les termes les plus forts possibles son rejet de l'ingérence et des actions subversives visant à un "changement de régime" par des éléments payés et mercenaires comme nous l'avons vu dans d'autres parties du monde avec les "révolutions colorées". Le peuple cubain ne sait que trop bien que les impérialistes n'ont jamais cessé la guerre contre leur pays, quelles que soient les méthodes de rotation ou les changements de résidents de la Maison Blanche. Ces politiques criminelles et inhumaines sont soutenues par leurs alliés impérialistes de l'Union européenne et leurs agents à Cuba et en Floride, qui ont même demandé aujourd'hui une intervention ouverte sous prétexte humanitaire, comme cela a été le cas dans d'autres pays.
Nous dénonçons l'intérêt cynique des forces qui causent la souffrance par des sanctions politiques et économiques et le blocus d'abord et leur hypocrisie ensuite pour le "pauvre peuple cubain" à qui il faut apprendre "la démocratie et les droits de l'homme". Cuba en particulier a donné des leçons de solidarité et de dignité à de nombreuses reprises depuis le triomphe de la Révolution en 1959, mais cette dernière période, pendant la pandémie de Covid-19, l'île de la Révolution a une fois de plus défendu avec son aide internationaliste désintéressée les peuples dans le besoin tout en développant dans des conditions extrêmement difficiles ses propres vaccins très rapidement avec l'engagement d'aider aussi les peuples pauvres et opprimés du monde.
Nous exprimons notre indignation face aux plans impérialistes visant à générer des troubles sociaux et à les diriger contre le gouvernement cubain souverain. Les réalisations du Cuba socialiste sont un exemple et une source d'inspiration pour les peuples d'Amérique latine et du monde.

Le CMP est solidaire du peuple héroïque de Cuba et de sa Révolution !
Nous exigeons la levée immédiate du blocus et de toutes les sanctions contre Cuba !
La fin des provocations impérialistes !
Ne touchez pas à Cuba !

Secrétariat du CMP Athènes, 12 juillet 2021

source : http://www.wpc-in.org/statements/declaraci%C3%B3n-del-consejo-mundial-de-la-paz-sobre-los-recientes-eventos-de-protesta-en-cuba

Tag(s) : #CMP#Cuba

LA FAIM TUERA 11 PERSONNES PAR MINUTE EN 2021

Par Le 09/07/2021

La faim tuera 11 personnes par minute en 2021, selon Oxfam

La faim tuera 11 personnes par minute en 2021, selon Oxfam

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Par AlAhed avec AFP

La faim dans le monde s’est terriblement aggravée en 2020, pointe un rapport d’Oxfam publié vendredi 9 juillet. En cause, selon l’ONG, le «cocktail explosif des trois C», à savoir «les conflits, le Covid-19 et le changement climatique».

Ces différents facteurs ont engendré un nombre six fois plus important qu’en 2019 de personnes «dans des conditions proches de la famine», souligne l’association humanitaire: elles sont plus d’un demi-million dans le monde à être dans ce cas.

Et au total, 155 millions de personnes sont désormais en situation de crise alimentaire, c’est-à-dire exposées à des difficultés d’accès à la nourriture, selon ce rapport. C’est «l’équivalent de la population de la France, l’Allemagne et la Belgique réunies», et c’est 20 millions de plus qu’en 2019.

«Sans action immédiate», d’ici à la fin de l’année, onze personnes par minute pourraient mourir de faim, une cadence «supérieure au taux de mortalité actuel dû à la pandémie, qui est de sept personnes par minute», selon l’ONG.

Les conflits restent toutefois «la principale cause de la faim depuis la pandémie». Ainsi, au sein des 155 millions de personnes en situation de crise alimentaire, deux personnes sur trois vivent dans un pays en guerre ou en conflit.

Parmi les foyers de faim extrême identifiés, l’Afghanistan, le Yémen, la région sahélienne d’Afrique de l’Ouest, le Soudan du Sud et le Venezuela, notamment, ont vu leur situation s’aggraver encore en 2020.

«Le chômage de masse et la production alimentaire gravement perturbée ont entraîné une hausse de 40 % des prix alimentaires mondiaux, la plus forte hausse depuis plus de dix ans», rappelle Oxfam.

L’ONG demande notamment aux gouvernements de «financer intégralement l’appel humanitaire des Nations unies et soutenir un fonds mondial dédié à la protection sociale», ainsi que de «garantir un accès humanitaire dans les zones de conflit et ne plus utiliser la faim comme arme de guerre».

L’Agence des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation doit également publier lundi un rapport sur l’état de la sécurité alimentaire dans le monde.

https://french.alahednews.com.lb/40649/296

famine oxfam monde

L’APPARITION D’UNE INTELLIGENCE ARTIFICIELLE FORTE POURRAIT CAUSER LA FIN DE L’ESPECE HUMAINE

Par Le 08/07/2021

L’apparition d’une IA forte pourrait causer la fin de l’espèce humaine

Par Alexandre Lemoine

Mondialisation.ca, 07 juillet 2021

Observateur continental

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Il y a cent ans, en 1921, a vu le monde la pièce de théâtre de science-fiction de Karel Capek R.U.R., dont l’action se déroule dans une usine qui fabrique des robots. Il s’agissait de créatures artificielles ressemblant aux êtres humains. Les robots de Capek se révoltent, exterminent l’humanité et s’emparent de la planète. Aujourd’hui, certains se disent qu’une telle perspective n’est plus si fantastique que ça. Le problème de l’intelligence artificielle (IA) et le risque d’une révolte des machines sont largement évoqués. Et il est difficile à dire ce qui prendra le dessus, les « capacités inimaginables » ou les « grandes menaces ».

Comme l’affirme la chaîne américaine CNBC, aujourd’hui, la plupart des citoyens européens voudraient réduire leur nombre de parlementaires en les remplaçant par une IA « politiquement instruite » avec des connaissances politiques. Tels sont les résultats d’un sondage mené par le Centre pour la gouvernance du changement (Center for the Governance of Change, CGC) auprès de l’université IE de Madrid, qui a interrogé 2.769 personnes de 11 pays. Cependant, CNBC s’abstient de qualifier de tels sentiments de crise de la démocratie occidentale en tant que système.

Par ailleurs, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Allemagne 69%, 56% et 54% des personnes interrogées respectivement sont opposées à la substitution de l’homme par les machines. Les jeunes et les personnes âgées adoptent des positions différentes quant à l’IA. La plupart des personnes de moins de 44 ans font confiance à l’IA, alors que les individus de plus de 55 ans ne veulent pas avoir affaire à l’IA. Le problème reste discutable et il sort clairement du cadre technique et technologique en affectant directement la vie de gens.

Les résultats d’un autre sondage ont montré que 42% sur 30.890 personnes interrogées de 40 pays sont inquiètes par la surveillance d’informations personnelles à l’aide de l’IA. Un tiers des personnes interrogées est opposé au remplacement des médecins par l’IA, avec la plupart des récalcitrants en Allemagne (43%) et en Italie (41%). Dans plusieurs pays les gens craignent de perdre leur travail à cause des machines: 45% aux Philippines, 41% au Mexique, 40% en Chine et 37% en Malaisie. Ces peurs ne sont pas infondées. L’impression que d’ici dix ans les nouvelles technologies changeront sensiblement le marché du travail grandit.

Henry Kissinger a exprimé de sérieuses craintes concernant une éventuelle « révolte des machines », en soulignant que cette menace était d’une aussi grande ampleur que la menace de l’arme nucléaire. En se perfectionnant l’IA est capable d’interpréter à sa manière les relations avec les humains et tirer ses propres conclusions concernant le sort de l’humanité.

Le célèbre physicien théoricien Stephen Hawking a averti depuis longtemps que les efforts visant à créer des machines intelligentes pourraient menacer l’existence de l’humanité. « L’apparition d’une intelligence artificielle à part entière pourrait marquer la fin de la race humaine », indiquait-il.

L’économie numérique, la maison intelligente, les soldats robots, les gadgets entre les mains de tout le monde, etc. sont des prémisses d’un avenir sinistre. Les spécialistes du développement de l’IA affirment de plus en plus souvent que, même si cela ne se produira pas d’ici 20-30 ans, l’humanité assistera à l’apparition d’une IA plus intelligente que son créateur. Le dernier bastion de l’humanité tombera quand sera créée ce qu’on appelle l’intelligence artificielle forte ou générale, capable de gérer un éventail infiniment large de tâches intellectuelles et surtout de penser de manière autonome.

Il est impossible de prévoir la nature de toutes les menaces susceptibles de survenir à court terme. Et c’est pourquoi il est nécessaire de songer à les prévenir dès à présent. S’il n’est pas déjà trop tard.

Alexandre Lemoine

La source originale de cet article est Observateur continental

Copyright © Alexandre LemoineObservateur continental, 2021

https://www.mondialisation.ca/lapparition-dune-ia-forte-pourrait-causer-la-fin-de-lespece-humaine/5658033

PEPE ESCOBAR : LA LONGUE ET SINUEUSE ROUTE MULTIPOLAIRE

Par Le 08/07/2021

La longue et sinueuse route multipolaire

Lors du centenaire du Parti communiste, le dirigeant chinois évoque la menace d’une « grande muraille d’acier », que la Russie fortifierait en cas de conflit avec l’Occident.

Par Pepe Escobar

Mondialisation.ca, 07 juillet 2021

Asia Times

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Nous vivons une époque extraordinaire.

Le jour du 100ème anniversaire du Parti communiste chinois (PCC), le président Xi Jinping, sur la place Tiananmen, en grande pompe, a délivré un message géopolitique brutal :

Le peuple chinois ne permettra jamais aux forces étrangères de l’intimider, de l’opprimer ou de le subjuguer. Quiconque tentera de le faire se retrouvera sur une trajectoire de collision avec un grand mur d’acier forgé par plus de 1,4 milliard de Chinois.

J’ai proposé une version concise du miracle chinois moderne – qui n’a rien à voir avec une intervention divine, mais avec la « recherche de la vérité à partir des faits » (copyright Deng Xiaoping), inspirée par une solide tradition culturelle et historique.

La « grande muraille d’acier » évoquée par Xi imprègne désormais une « société modérément prospère » dynamique – un objectif atteint par le PCC à la veille de son centenaire. Sortir plus de 800 millions de personnes de la pauvreté est une première historique – à tous égards.

Comme dans tout ce qui concerne la Chine, le passé détermine l’avenir. Il s’agit du xiaokang, que l’on peut traduire librement par « société modérément prospère ».

Ce concept est apparu pour la première fois il y a pas moins de 2 500 ans, dans le classique Shijing (« Le livre de la poésie »). Le petit Timonier Deng, avec son œil d’aigle historique, l’a fait revivre en 1979, juste au début des réformes économiques « d’ouverture ».

Comparez maintenant la percée célébrée à Tiananmen – qui sera interprétée dans tout le Sud global comme la preuve du succès du modèle chinois de développement économique – avec les images qui circulent des Talibans chevauchant des chars T-55 capturés dans des villages pauvres du nord de l’Afghanistan.

L’histoire se répète : c’est quelque chose que j’ai vu de mes propres yeux il y a plus de vingt ans.

Les Talibans contrôlent aujourd’hui presque la même quantité de territoire afghan qu’ils contrôlaient juste avant le 11 septembre. Ils contrôlent la frontière avec le Tadjikistan et se rapprochent de la frontière avec l’Ouzbékistan.

Il y a exactement vingt ans, j’étais au cœur d’un autre voyage épique à travers Karachi, Peshawar, les zones tribales du Pakistan, le Tadjikistan et enfin la vallée du Panjshir, où j’ai interviewé le commandant Massoud, qui m’a dit que les Talibans contrôlaient alors 85% de l’Afghanistan.

Trois semaines plus tard, Massoud a été assassiné par un commando lié à Al-Qaida et déguisé en « journalistes » – deux jours avant le 11 septembre. L’empire – à l’apogée du moment unipolaire – s’est lancé dans les guerres éternelles à outrance, tandis que la Chine – et la Russie – s’efforçaient de consolider leur émergence, sur le plan géopolitique et géoéconomique.

Nous vivons aujourd’hui les conséquences de ces stratégies opposées.

Ce partenariat stratégique

Le président Poutine vient de passer trois heures et cinquante minutes à répondre en direct aux questions non présélectionnées des citoyens russes lors de sa session annuelle « Ligne directe ». L’idée que les « leaders » occidentaux du type Biden, BoJo, Merkel et Macron soient capables de gérer quelque chose d’un tant soit peu similaire, sans scénario, est risible.

Le point essentiel à retenir : Poutine a souligné que les élites américaines comprennent que le monde change, mais qu’elles veulent préserver leur position dominante. Il l’a illustré par la récente cabriole britannique en Crimée, tout droit sortie d’un sketch des Monty Python, une « provocation complexe » qui était en fait anglo-américaine : un avion de l’OTAN avait auparavant effectué un vol de reconnaissance. Poutine : « Il était évident que le destroyer est entré [dans les eaux de Crimée] en poursuivant des objectifs militaires ».

En début de semaine, Poutine et Xi ont tenu une vidéoconférence. L’un des points clés était assez important : la prolongation du traité Chine-Russie de bon voisinage et de coopération amicale, initialement signé il y a 20 ans.

Une disposition clé :

« Lorsque survient une situation dans laquelle l’une des parties contractantes estime […] qu’elle est confrontée à une menace d’agression, les parties contractantes organisent immédiatement des contacts et des consultations afin d’éliminer ces menaces ».

Ce traité est au cœur de ce qui est désormais officiellement décrit – par Moscou et Pékin – comme un « partenariat stratégique global de coordination pour une nouvelle ère ». Une définition aussi large est justifiée car il s’agit d’un partenariat complexe à plusieurs niveaux, et non d’une « alliance », conçu comme un contrepoids et une alternative viable à l’hégémonie et à l’unilatéralisme.

Un exemple concret est fourni par l’interpolation progressive de deux stratégies de commerce/développement, l’Initiative Ceinture et Route (BRI) et l’Union économique eurasiatique (UEE), dont Poutine et Xi ont à nouveau discuté, en relation avec l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS), qui a été fondée seulement trois mois avant le 11 septembre.

Il n’est donc pas étonnant que l’un des temps forts de la semaine à Pékin ait été les négociations commerciales entre la Chine et quatre « stans » d’Asie centrale, tous membres de l’OCS.

« Le « droit » et la « règle »

La feuille de route de la multipolarité a été esquissée dans un essai du ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov qui mérite un examen attentif.

Lavrov passe en revue les résultats des récents sommets du G7, de l’OTAN et des États-Unis et de l’UE avant le sommet Poutine-Biden à Genève :

« Ces réunions ont été soigneusement préparées d’une manière qui ne laisse aucun doute sur le fait que l’Occident voulait envoyer un message clair : il est uni comme jamais auparavant et fera ce qu’il croit être juste dans les affaires internationales, tout en forçant les autres, principalement la Russie et la Chine, à suivre son exemple. Les documents adoptés lors des sommets de Cornouailles et de Bruxelles ont cimenté le concept d’ordre mondial fondé sur des règles en tant que contrepoids aux principes universels du droit international dont la Charte des Nations unies est la source principale. Ce faisant, l’Occident s’abstient délibérément d’énoncer les règles qu’il prétend suivre, tout comme il s’abstient d’expliquer pourquoi elles sont nécessaires ».

En écartant la façon dont la Russie et la Chine ont été qualifiées de « puissances autoritaires » (ou « illibérales », selon le mantra favori de New York-Paris-Londres), Lavrov brise l’hypocrisie occidentale :

« Tout en proclamant le « droit » de s’immiscer dans les affaires intérieures des autres pays au nom de la promotion de la démocratie telle qu’il la conçoit, l’Occident perd instantanément tout intérêt lorsque nous évoquons la perspective de rendre les relations internationales plus démocratiques, notamment en renonçant à un comportement arrogant et en s’engageant à respecter les principes universellement reconnus du droit international plutôt que les ‘règles’ ».

Cela fournit à Lavrov une ouverture pour une analyse linguistique de « loi » et « règle » :

« En russe, les mots « loi » et « règle » partagent une même racine. Pour nous, une règle qui est authentique et juste est inséparable de la loi. Ce n’est pas le cas des langues occidentales. Par exemple, en anglais, les mots « law » et « rule » ne se ressemblent pas du tout. Vous voyez la différence ? « Rule » ne désigne pas tant la loi, au sens des lois généralement admises, que les décisions prises par celui qui règne ou gouverne. Il convient également de noter que le mot « règle » partage une seule et même racine avec le mot « règle », ce dernier signifiant notamment l’appareil courant servant à mesurer et à tracer des lignes droites. On peut en déduire qu’à travers son concept de « règles », l’Occident cherche à aligner tout le monde sur sa vision ou à appliquer le même critère à tout le monde, afin que tous se rangent dans une même file ».

En un mot : la voie de la multipolarité ne suivra pas les « ultimatums ». Le G20, où les BRICS sont représentés, est une « plateforme naturelle » pour des « accords mutuellement acceptés ». La Russie, pour sa part, est à l’origine d’un partenariat pour la grande Eurasie. Et un « ordre mondial polycentrique » implique la nécessaire réforme du Conseil de Sécurité de l’ONU, « en le renforçant avec des pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine ».

Les maîtres de l’unilatéralisme emprunteront-ils cette voie ? Il faudra leur passer sur le corps : après tout, la Russie et la Chine sont des « menaces existentielles ». D’où notre angoisse collective, spectateurs sous le volcan.

Pepe Escobar

Article original en anglais :

China: The Long and Winding Multipolar Road

Cet article en anglais a été publié initialement sur le site Asia Times.

Traduit par Réseau International

La source originale de cet article est Asia Times

Copyright © Pepe Escobar, Asia Times, 2021

https://www.mondialisation.ca/la-longue-et-sinueuse-route-multipolaire/5658021

L’ACTE D’ACCUSATION CONTRE ASSANGE REPOSE SUR LE FAUX TEMOIGNAGE D’UN SOCIOPATHE AVERE

Par Le 07/07/2021

L’acte d’accusation contre Assange repose sur le faux témoignage d’un sociopathe avéré

 

28 Juin 2021

   

C’est une bombe dans l’affaire Assange. Pour faire extrader le fondateur de Wikileaks, le gouvernement US l’a notamment accusé de piratage. Or, le témoin-clé de cette accusation vient de retourner sa veste dans un journal islandais. Pire, le témoin en question serait une taupe rémunérée du FBI qui avait été reconnu coupable d’abus sexuels sur mineurs et de détournement de fonds. Il admet maintenant avoir menti. Pour Edward Snowden, cette révélation marque la fin de l’affaire Assange. (IGA)

 

e journal islandais Stundin rapporte qu’un témoin clé dans les poursuites américaines contre Julian Assange a admis, dans une interview accordée au média, avoir menti dans des accusations critiques de l’acte d’accusation contre le fondateur de WikiLeaks.

« Un témoin majeur dans l’affaire du Département de la Justice des États-Unis contre Julian Assange a admis avoir falsifié des accusations clés dans l’acte d’accusation contre le fondateur de Wikileaks », rapporte Stundin. « Le témoin, qui a des antécédents documentés de sociopathie et a a été condamné à plusieurs reprises pour abus sexuels sur mineurs et fraude financière de grande envergure, a fait cet aveu dans une interview nouvellement publiée dans Stundin, où il a également avoué avoir poursuivi ses activités délictueuses en série, tout en travaillant avec le Département de la Justice et le FBI moyennant une promesse d’immunité contre des pours

(Tweet : BREAKING : Le témoin principal dans l’affaire américaine contre Julian Assange admet avoir fabriqué des preuves contre lui en échange d’un accord avec le FBI.)

Ce témoin majeur serait l’Islandais Sigurdur « Siggi » Thordarson, une taupe rémunérée du FBI qui, après une association éphémère avec WikiLeaks, a été reconnu coupable d’abus sexuels sur neuf garçons ainsi que de détournement de fonds, de fraude et de vol dans son pays. Un psychiatre appointé par le tribunal a établi un diagnostic de sociopathie.

« Le tribunal a estimé que Thordarson est, dans toutes les définitions du terme, un sociopathe souffrant d’un trouble sévère de la personnalité antisociale. Cependant, le tribunal a estimé qu’il connaissait la différence entre le bien et le mal, qu’il ne pouvait pas être considéré comme fou, et pouvait donc être jugé », avait rapporté Iceland Magazine en 2015, lors de l’affaire d’abus sexuel d’enfants de Thordarson.

Tout cela était de notoriété publique lorsque le gouvernement américain montait son dossier pour extrader Julian Assange vers l’Amérique et le juger en vertu du Patriot Act pour activité journalistique ayant révélé des crimes de guerre américains, un chef d’accusation pour lequel Assange est toujours enfermé à la prison de Belmarsh, en attendant que Washington fasse appel du refus de la demande d’extradition par un tribunal britannique. Et aujourd’hui, nous savons avec certitude que le personnage répugnant dont le témoignage a servi de base à une grande partie de ces poursuites mentait.

« Des responsables américains ont présenté une version actualisée d’un acte d’accusation à son encontre à un tribunal de première instance de Londres l’été dernier », indique Stundin. « La véracité des informations qu’il contient est maintenant directement contredite par le témoin principal, dont le témoignage fonde l’acte d’accusation. »

Ce que cela signifie, c’est que les États-Unis avaient décidé d’ajouter des accusations [de piratage] à leur précédent acte d’accusation, parce que l’inculpation d’un journaliste pour des pratiques journalistiques standard était trop faible en soi, [1] et maintenant cette décision s’est retournée contre eux.

Les auteurs de l’article expliquent que, contrairement aux affirmations de l’acte d’accusation, « Thordarson admet maintenant à Stundin qu’Assange ne lui a jamais demandé de pirater ou d’accéder à des enregistrements téléphoniques de députés » et « admet en outre que l’affirmation selon laquelle Assange lui aurait demandé d’accéder à des ordinateurs afin de trouver des enregistrements de ce type est fausse. »

(Tweet du rédacteur en chef de Wikileaks Kristinn Hrafnsson, « des ordinateurs pour obtenir des informations, notamment des enregistrements audio de conversations téléphoniques entre de hauts fonctionnaires, y compris des membres du Parlement, du gouvernement du « pays de l’OTAN 1″. »
Ceci est faux, dit Thordarson »)

Le témoignage de Thordarson avait été abondamment cité par la magistrate britannique Vanessa Baraitser, lorsqu’elle avait rendu sa décision sur la demande d’extradition qui fait actuellement l’objet d’un appel de la part des USA, et cela semble stupide maintenant que nous savons qu’il était faux. Son jugement reprenait l’affirmation de l’accusation selon laquelle Assange « a demandé à Teenager [code pour Thordarson] de pirater des ordinateurs pour obtenir des informations, y compris des enregistrements audio de conversations téléphoniques entre des fonctionnaires de haut rang, y compris des membres du Parlement », mais Thordarson s’est rétracté.

Alors que le jugement sur la demande d’extradition dit : « Il est allégué que M. Assange et Teenager ont échoué dans une tentative conjointe de décryptage d’un fichier volé dans une banque du ‘pays de l’OTAN 1’ [code pour l’Islande] », Thordarson a déclaré à Stundin que « en fait, cela fait référence à un événement très médiatisé au cours duquel un fichier crypté avait été divulgué à partir d’une banque islandaise. Il était censé contenir des informations sur des prêts non remboursés accordés par la banque islandaise Landsbanki », et que « rien n’étaye l’affirmation selon laquelle ce fichier a même été réellement ‘volé’, car il a été supposé avoir été révélé par des lanceurs d’alerte du personnel de la banque en faillite ».

Alors que le jugement réitère l’affirmation selon laquelle Assange « a utilisé l’accès non autorisé qui lui a été donné par une source, pour accéder à un site web gouvernemental du pays de l’OTAN 1 utilisé pour suivre les véhicules de police », Thordarson a déclaré à Stundin que « Assange n’a jamais demandé un tel accès. »

(Tweet de Snowden : « Cest la fin du dossier contre Assange » 
Réponse de Greenwald : « Comme il se devait »)

Ces révélations sont accablantes.

« C’est la fin du dossier contre Julian Assange », a tweeté le lanceur d’alerte de la NSA Edward Snowden, ajoutant : « Si Biden continue à réclamer l’extradition d’un éditeur sous le coup d’un acte d’accusation plombé de haut en bas par des faux témoignages rétractés par son propre témoin-vedette, les dommages causés à la réputation des États-Unis en matière de liberté de la presse dureraient une génération. C’est incontournable. »

« Il est maintenant l’heure d’ouvrir d’une enquête internationale sur la façon dont la Suède, le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Équateur et l’Australie ont géré l’affaire Julian Assange. Mon FOIA démontre que rien n’est normal dans cette affaire », a tweeté la journaliste d’investigation Stefania Maurizi. [2]

Que le gouvernement le plus puissant du monde, avec des ressources essentiellement illimitées, ait eu besoin de bâtir son dossier contre Assange sur le faux témoignage d’un sociopathe diagnostiqué et pédophile condamné en dit long. Cela montre à quel point leur dossier était faible contre un journaliste dont le seul « crime » est d’avoir dit la vérité sur les puissants.

Et ce, après que nous ayons appris qu’Assange et ses avocats ont été espionnés par la CIA, qu’il subit des tortures, que son emprisonnement de facto de sept ans, avant même son séjour de deux ans à Belmarsh était une détention arbitraire et injuste dès le départ, et que le prétexte pour le maintenir en détention était lui-même fallacieux.

C’est une farce. Le fait que cet homme soit derrière des barreaux est un scandale.

 

 

Source: Le blog de Caitlin Johnstone

Traduction Corinne Autey-Roussel pour Entelekheia
Photo : Le « témoin-clé » contre Assange, Thordarson

 

 

Notes de la traduction :

[1] « L’inculpation d’un journaliste pour des pratiques journalistiques standard était trop faible en soi ». Effectivement, surtout aux USA, où la loi est particulièrement claire à cet égard. Pour résumer le problème en un court extrait de l’article de Stundin, « Bien que le Département de la Justice ait dépensé des ressources extrêmes pour tenter de monter un dossier contre Julian Assange pendant la présidence Obama, il avait décidé de ne pas l’inculper. La principale préoccupation était ce que l’on appelait « le problème du New York Times », à savoir qu’il était si difficile de faire la différence entre les publications de WikiLeaks et les publications du New York Times sur le même sujet que s’en prendre à l’une des parties poserait de graves problèmes au regard du Premier amendement. »

On peut ajouter ici le texte du Premier amendement de la Constitution US en question : « Le Congrès ne fera aucune loi qui touche l’établissement ou interdise le libre exercice d’une religion, ni qui restreigne la liberté de parole ou de la presse, ou le droit qu’a le peuple de s’assembler paisiblement et d’adresser des pétitions au gouvernement pour le redressement de ses griefs. »

Pour le gouvernement des USA, la seule solution était donc d’accuser faussement Assange de délits sans rapport avec ses activités de journaliste.

[2] La loi dite « FOIA » (Freedom of information act) peut obliger le gouvernement des USA à déclassifier des dossiers secrets sur décision de justice. En 2020, Stefania Maurizi a ouvert une requête FOIA  sur l’affaire Julian Assange auprès d’un tribunal de Washington DC. Elle a été déboutée, mais a fait appel de la décision. L’affaire est toujours en cours.

https://www.investigaction.net/fr/lacte-daccusation-contre-assange-repose-sur-le-faux-temoignage-dun-sociopathe-avere/

MANLIO DINUCCI : DES MILLIARDS D'EUROS POUR "INNOVER" L'OTAN NUCLEAIRE

Par Le 27/10/2021

Des milliards d’euros pour “innover” l’OTAN nucléaire

L’art de la guerre

Par Manlio Dinucci

Mondialisation.ca, 26 octobre 2021

ilmanifesto.it

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“L’OTAN a fini au grenier”, écrivaient il y a un mois les commentateurs politiques de la presse écrite, après que la France avait rappelé son ambassadeur de Washington le 16 septembre. Paris protestait ainsi pour avoir été exclus du partenariat stratégico-militaire entre États-Unis, Grande-Bretagne et Australie, annoncé la veille, et avoir perdu un lucratif contrat pour la vente de sous-marins à l’Australie, qui devaient être remplacés par des sous-marins nucléaires fournis par USA et Grande-Bretagne. Mais une semaine après la retentissante rupture diplomatique, le général français Lavigne était placé à la tête du Commandement Allié de la Transformation, dont la quartier général est à Norfolk aux USA, et les présidents des deux pays, Biden et Macron, publiaient un Communiqué conjoint (version de l’Élysée) (version de la Maison Blanche).

Biden y affirmait “l’importance stratégique de l’engagement français et européen dans l’Indo-Pacifique” (la région qui dans la géopolitique de Washington s’étend de la côte occidentale des USA à celle de l’Inde). La raison était expliquée par le Comité militaire des chefs de la Défense des 30 pays de l’OTAN, réuni à Athènes :

“Alors que les actions agressives de Moscou menacent notre sécurité, l’ascension de la Chine est en train de déplacer l’équilibre de pouvoir, avec des conséquences pour notre sécurité, notre prospérité et notre style de vie”. Face à ces “menaces”, concluait-il, “nous avons besoin que l’Europe et l’Amérique du Nord soient forts, liés ensemble”. Comment doivent-ils être liés, Biden le réaffirme dans le communiqué conjoint avec Macron : “Les États-Unis reconnaissent également l’importance d’une défense européenne plus forte et plus capable, [qui contribue positivement à la sécurité globale et transatlantique et est] complémentaire à l’OTAN”. Donc une Europe militairement plus forte, mais comme complément de l’OTAN : alliance asymétrique, à laquelle appartiennent 21 des 27 pays de l’Union européenne, dans laquelle la charge de Commandant Suprême Allié en Europe revient toujours à un général des Etats-Unis, lesquels détiennent tous les autres commandements clé en Europe (comme le JFC-Naples avec quartier général à Lago Patria).

Sur ce fond s’est tenue, les 21-22 octobre au quartier général de l’OTAN à Bruxelles, la réunion des 30 ministres de la Défense (pour l’Italie Lorenzo Guerini, Pd). Elle a créé un “Fonds pour l’Innovation” avec une première allocation d’1 milliard d’euros, à la charge de 17 pays européens dont l’Italie, mais pas des Etats-Unis, pour le développement des technologies les plus avancées à usage guerrier. Elle a lancé la “Stratégie pour l’intelligence artificielle”, un programme encore plus coûteux pour que l’OTAN conserve l’avantage dans ce domaine qui “est en train de changer l’environnement mondial de la défense”, c’est-à-dire la façon de faire la guerre. Elle a décidé “l’amélioration de la rapidité et de l’efficience de notre dissuasion nucléaire”, c’est-à-dire le déploiement en Europe de nouvelles armes nucléaires, naturellement avec la motivation de se défendre de la “croissante menace de missiles de la Russie”.

À la veille de la réunion OTAN, le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a averti : “les États-Unis, avec le plein soutien des Alliés OTAN, ont intensifié le travail pour moderniser les armes nucléaires tactiques et leurs sites de stockage en Europe” et la Russie considère comme particulièrement préoccupant le fait que des “pilotes de pays OTAN non-nucléaires soient engagés dans des manoeuvres pour l’utilisation d’armes nucléaire tactiques”. Message dirigé en particulier vers l’Italie, où les USA se préparent à remplacer les bombes nucléaires B61 avec les nouvelles B61-12 et les pilotes italiens sont entraînés à leur utilisation même avec les F-35. “Nous considérons cela comme une violation directe du Traité de non-prolifération des armes nucléaires”, conclut Choïgou. Le message est adressé à l’Italie et aux autres membres européens de l’OTAN qui, bien qu’ayant ratifié le Traité de non-prolifération en tant que pays non-nucléaires, hébergent des armes nucléaires et s’entraînent à leur usage. La signification implicite du message est claire : la Russie considère ces pays comme une source de menace et est en train de prendre des contre-mesures. Le message a été comme d’habitude ignoré par notre gouvernement et parlement, et, évidemment, par les médias qui ont mis l’OTAN au grenier.

Manlio Dinucci

 

Article original en italien :

Miliardi di euro per «innovare» la Nato nucleare

Edition de mardi 26 octobre 2021 d’il manifesto

https://ilmanifesto.it/miliardi-di-euro-per-innovare-la-nato-nucleare/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

La source originale de cet article est ilmanifesto.it

Copyright © Manlio Dinucciilmanifesto.it, 2021

https://www.mondialisation.ca/des-milliards-deuros-pour-innover-lotan-nucleaire/5661717

COMMUNIQUE DE LA FEDERATION SYNDICALE MONDIALE (FSM) SUR LA JOURNEE INTERNATIONALE POUR L’ELIMINATION DE LA PAUVRETE, 17 OCTOBRE 2021

Par Le 18/10/2021

17 Octobre 2021

 

15 Oct 2021
« La pauvreté partout est un défi à la prospérité partout », soulignait la déclaration de Philadelphie de la FSM, l’Internationale syndicale de classe, qui a déclaré la guerre à la pauvreté.

– Près de la moitié de la richesse mondiale est concentrée dans les mains des 1% les plus riches de la population. La richesse des 1% les plus riches de la planète s’élève à 11 000 milliards de dollars, soit 65 fois la richesse totale de la moitié de la population mondiale.
– La moitié inférieure de la population mondiale possède autant que les 85 personnes les plus riches du monde.
– Sept personnes sur dix vivent dans des pays où les inégalités économiques ont augmenté au cours des trois dernières décennies.
– Aux États-Unis, les 1 % les plus riches ont représenté 95 % de la croissance post-crise financière depuis 2009, tandis que les 90 % les plus pauvres se sont encore appauvris.
– Les 1% les plus riches ont augmenté leur part de revenu dans 24 des 26 pays.
– Le nombre d’enfants mourant de malnutrition dépasse les 115 millions.

Ce sont là quelques-unes des conclusions révélées il y a quelques années. Les inégalités du système de développement capitaliste à travers le monde ont provoqué et multiplié le nombre de personnes pauvres et souffrant de souffrances indescriptibles.

Dans de nombreux pays, « ce sont les entreprises qui fixent les règles, et les gouvernements font office de (mauvais) arbitres, appliquant les règles fixées par le capitalisme autoritaire. Les entreprises, les multinationales et les gouvernements non élus détiennent le pouvoir.

Une enquête de l’OIT (Organisation internationale du travail) a révélé que la moitié des travailleurs dans le monde ne gagnent pas assez pour que leur famille et eux-mêmes puissent dépasser le seuil de pauvreté de 2 dollars par jour. Le résultat évident est que « l’avidité des riches est satisfaite et les besoins des pauvres ne sont pas satisfaits ». Le nombre croissant de « travailleurs pauvres » est inévitablement le résultat de la voie de développement capitaliste. La FSM s’élève contre son développement inégal.

Le populisme de droite du Covid -19 Panemia, et la montée de l’autoritarisme ont changé le monde pour le pire, des millions de personnes sont au chômage. Beaucoup sont confrontés à la malnutrition. Les pays et les jeunes chômeurs ont été touchés de manière disproportionnée. Une transformation sociale plus profonde nécessitera une organisation et une mobilisation. C’est l’appel que la FSM n’a cessé de lancer sur tous les continents.

Dans de nombreux pays, le soi-disant programme de lutte contre la pauvreté et les programmes de réduction de la pauvreté ne sont restés que sur le papier. Une protection sociale plus inclusive et un développement durable, une sécurité alimentaire et une sécurité des revenus adéquates et fondées sur les besoins sont nécessaires. Les besoins des personnes les plus vulnérables, les jeunes travailleurs, les migrants, les travailleurs du secteur informel, etc., doivent être défendus par des luttes de classe, déclare la FSM.

La crise climatique est une crise mondiale qui exacerbe les inégalités entre les pays et au sein des sociétés. Si nous ne faisons pas face à la crise climatique, la sécurité alimentaire, l’approvisionnement en eau et les moyens de subsistance de millions de travailleurs vulnérables seront affectés.

Il s’agit donc d’une question de justice sociale et d’organisation des travailleurs. Nous devons encourager l’action syndicale des travailleurs et, dans la mesure du possible, établir des alliances avec d’autres mouvements sociaux progressistes.

La main-d’œuvre migrante est une caractéristique du développement des économies capitalistes depuis de nombreuses années. Les régimes et pratiques des employeurs ont rendu les travailleurs migrants vulnérables. Les syndicats ont un rôle clé à jouer dans la protection de ces travailleurs. L’agenda de la FSM a toujours inclus la protection des travailleurs migrants.
Plus de 40 % des pays du monde ne sont pas pleinement démocratiques et contribuent à des économies substantielles et à l’injustice politique. Il est nécessaire de construire une solidarité internationale avec eux. Ils sont privés de la liberté d’association, du droit d’organisation et de négociation collective. Ce sont des voies qui mènent à une augmentation considérable de la pauvreté. Dans ces cas, le gouvernement n’est pas la solution à notre problème. Mais le gouvernement est le problème ; par conséquent, la mobilisation du peuple contre ces gouvernements rétrogrades est une tâche immense et inévitable. Nos organisations de classe doivent être à l’avant-garde des luttes.

La FSM poursuit sa guerre contre la pauvreté ; les besoins des pauvres et du prolétariat doivent être satisfaits de toute façon. La poursuite des luttes permet de changer les gouvernements dont les politiques perpétuent la pauvreté. Nous renouvelons notre appel à la classe ouvrière mondiale et aux masses laborieuses à s’unir en une seule force géante pour éliminer la pauvreté. Lutte, lutte continue et lutte militante pour éliminer la pauvreté et pour éliminer ces programmes des capitalistes et des gouvernements qui exploitent l’homme pour l’homme. Nous demandons instamment aux organisations internationales des Nations unies et de l’Organisation internationale du travail de s’efforcer d’éradiquer la pauvreté.

source : http://www.wftucentral.org/communique-de-la-fsm-sur-la-journee-internationale-pour-lelimination-de-la-pauvrete-17-octobre-2021/?lang=fr

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L'ACCORD "AUKUS" DÉVOILÉ : LE NUCLÉAIRE EST DE RETOUR !

Par Le 18/10/2021

 

L'ACCORD "AUKUS" DÉVOILÉ : LE NUCLÉAIRE EST DE RETOUR !

 Solidarité Internationale PCF Etats Unis-CanadaInde-Asie du sudImpérialismeAustralie 0

17 OCT. 2021

L'affaire des sous-marins australiens était sur toutes les ondes françaises le mois dernier. Pour les médias, la perte du "contrat du siècle" (d'un montant inédit de 56 milliards d'euros), prévoyant la livraison par Naval Group de 12 sous-marins à propulsion conventionnelle (c'est-à-dire non-nucléaire), était le signe de la perte d'influence géostratégique de la France et son incapacité à défendre ses intérêts face aux Etats-Unis. De fait, l'enjeu pour la France était également d'étendre son influence militaire dans la région indo-pacifique, où elle possède plusieurs territoires ultramarins (Polynésie, Nouvelle Calédonie, Mayotte, La Réunion, Wallis et Futuna, etc.).

La rupture unilatérale et soudaine de ce "contrat du siècle" a provoqué la colère de Jean-Yves Le Drian, qui a crié au scandale de la trahison américaine et n'a pas hésité à parler de "grave crise diplomatique" (sic). Il est vrai que pour le meilleur VRP de l'industrie d'armement française, et accessoirement ministre des Affaires étrangères depuis 2012, l'affaire des sous-marins australiens sonne comme un échec personnel (d'autant plus que les usines d'assemblement de Naval Group sont situées à Lorient).

En plus des difficultés liées au contrat (prix, retards de livraison, etc.), le gouvernement australien a justifié son choix en invoquant l'évolution de ses besoins et son désir de s'équiper de sous-marins à propulsion nucléaire. Ces sous-marins, technologiquement plus avancés, sont équipés d'un réacteur nucléaire embarqué capable de répondre à tous les besoins énergétiques à bord et permet une plus grande autonomie sous-marine (quand la propulsion conventionnelle contraint à revenir régulièrement à flots pour se recharger en essence/diesel). La France aurait pu répondre à cette évolution des besoins de l'Australie (et donc accepter de partager sa technologie en la matière), car elle construit également des sous-marins à propulsion nucléaire - ceux-ci constituent d'ailleurs l'essentiel de sa flotte. Mais à l'époque, l'Australie n'en voulait pas, notamment du fait de son opposition à la prolifération du nucléaire. La raison profonde de ce revirement soudain n'est donc ni une question de faisabilité ni une question d'argent.

Le fond de l'affaire est que l'Australie a accepté entre-temps de rentrer dans les plans belliqueux des Etats-Unis pour la région indo-pacifique. Avec l'Angleterre, l'Australie a en effet signé l'accord AUKUS (dont l'article ci-dessous révèle les détails) : un pacte d'alliance militaire qui vise à "promouvoir la paix et la stabilité" dans la région. En contrepartie de cet accord, l'Australie va pouvoir bénéficier de la technologie américaine en matière de sous-marins à propulsion nucléaire, une technologie que les Etats-Unis n'ont partagé qu'une seule fois depuis les années 1950 (c'était alors avec l'Angleterre).

Par l'accord AUKUS, les Etats-Unis encouragent la prolifération de l'arme nucléaire dans toute la région indo-pacifique. Une telle manoeuvre ne peut qu'exacerber des tensions existantes dans une région où plusieurs pays disposent déjà de l'arme nucléaire : Chine, Corée du Nord, Inde et Pakistan. La Russie, qui dispose de sous-marins nucléaires parmi les plus "dissuasifs" du monde, pourrait également entrer dans la danse par pure réaction au renforcement de la présence américaine. Enfin, l'accord AUKUS a toutes les chances de devenir à terme un nouvel OTAN, mais cette fois dirigé contre la Chine, en ralliant les autres alliés des Etats-Unis dans la région : Japon, Corée du Sud, Taiwan, Philippines, Vietnam, etc. La volonté d'Obama en 2011 de réorienter l'ensemble de la stratégie militaire américaine sur la zone Asie-Pacifique a fini par porter ses fruits : la région est maintenant sous haute tension.

L'ACCORD "AUKUS" DÉVOILÉ : LE NUCLÉAIRE EST DE RETOUR !

Article d'Anna Pha publié dans The Guardian (journal du Parti Communiste Australien) le 18 octobre 2021. Traduction MR pour Solidarité Internationale PCF.

Lorsque le président démocrate nouvellement élu, Joe Biden, a proclamé que « l'Amérique est de retour », ce que cela impliquait n'était pas forcément clair. Il est maintenant évident qu'il ne s'agissait pas d'emplois dans la "ceinture de rouille" [ndlr.: bassin industriel au nord-est des USA, en déclin depuis les années 1980] ni de reprise économique pour les travailleurs. Il s'agissait du retour des États-Unis sur la scène mondiale, prêt à endosser un rôle dangereux et belliciste.

Biden a repris à son compte la stratégie de « pivoter vers l'Asie » de Barack Obama dans le but de contenir la Chine, de renverser son gouvernement et de vaincre le socialisme. Les États-Unis, menacés par la croissance économique et le développement rapides de la Chine socialiste, ont été pris de court par la modernisation rapide de l'armée chinoise pour faire face à l'impérialisme américain. La Chine, autrefois passif sur la scène internationale, s'est récemment affirmée et a tracé une « ligne rouge », refusant de faire face à plus d'intimidation.

Les États-Unis ont réagi en se lançant dans une nouvelle guerre froide et une nouvelle course aux armements dans la région Asie-Pacifique. Ils ont intensifié leurs exercices militaires avec des partenaires stratégiques, mis l'accent sur le Dialogue Quadrilatéral de Sécurité (Quad) et ont choqué leurs partenaires historiques au sein de l'OTAN et toute la région Asie-Pacifique en formant son pacte d'alliance militaire (AUKUS).

AUKUS

L'accord AUKUS est un pacte d'alliance militaire entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie prévoyant que l'Australie accède à la technologie nucléaire (pour un usage militaire) et puisse construire au moins 8 sous-marins à propulsion nucléaire (ce qui implique d'annuler le contrat des 12 sous-marins conventionnels auprès du groupe français "Naval Group").

Mais il y a bien plus dans AUKUS que des sous-marins à propulsion nucléaire et la technologie nucléaire qui l'accompagne. Les États-Unis vont s'assurer une plus grande présence militaire en Australie, plus de bases militaires, le droit de stationner ses sous-marins nucléaires (contenant des armes nucléaires), pourront mener plus d'exercices militaires et intégrer davantage les forces australiennes dans et sous le commandement des États-Unis.

AUKUS comprend encore l'achat de missiles de croisière Tomahawk [pouvant être équipés d'ogives à tête nucléaire], de missiles air-sol de longue portée, de missiles anti-navire longue portée, de missiles téléguidés à frappe de précision et de développement de missiles hypersoniques en collaboration avec les USA. D'autres aspects incluent la collaboration sur les cyber-capacités militaires, l'intelligence artificielle, les technologies quantiques et sur les capacités sous-marines. Enfin, il complète l'alliance d'espionnage du renseignement Five Eyes comprenant les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande.

Pour Hugh White, ancien secrétaire adjoint à la stratégie et au renseignement au ministère de la Défense, qui a analysé l'accord AUKUS dans le Saturday Paper : « … cela renforce notre engagement auprès des États-Unis dans sa confrontation militaire avec la Chine, qui a peu de chances de succès et comporte des risques terrifiants. Si les sous-marins australiens étaient principalement destinés à défendre l'Australie et nos voisins les plus proches, alors il n'y a aucune raison d'envisager la propulsion nucléaire. [...] Si les États-Unis, par erreur de calcul ou de conception, se retrouvent en guerre avec la Chine, nous ne pouvons absolument pas supposer que nous la gagnerions. Cela devrait entrer dans nos calculs quant à savoir si nous nous engageons à combattre aux côtés de l'Amérique. »

QUAD

Juste une semaine après l'annonce de l'accord AUKUS, les dirigeants de l'Australie, de l'Inde, du Japon et des États-Unis se sont rencontrés physiquement et se sont présentés, pour la première fois, comme forces constituantes du « Quad » (Dialogue Quadrilatéral de Sécurité).

Ils ont publié un communiqué de la réunion qui, sans la nommer, fait clairement de la Chine la cible des objectifs militaires du Quad. Une grande partie du Communiqué signale une coopération pour gérer la crise climatique et lutter contre la pandémie, prévoyant le don de plus de 1,2 milliard de doses de vaccin. Mais le vrai sujet était l'engagement du Quad pour « un Indo-Pacifique libre et ouvert [...] veillant à ce que la région reste inclusive, ouverte et régie par des règles et des normes universelles ».

L'objectif est clairement de défier la Chine dans les mers de Chine orientale et méridionale, où les États-Unis, l'Australie et d'autres alliés continuent d'effectuer des survols et de stationner leurs sous-marins et leurs navires de guerre.

RÉPONSE RÉGIONALE

Les réponses ont été mitigées dans la région Asie-Pacifique à la suite de l'accord AUKUS et à de la réunion du Quad. Certains pays sont pris par des forces antagonistes : ils aimeraient pouvoir comptent sur la Chine pour le commerce et l'investissement tout en s'alignant politiquement et stratégiquement avec les États-Unis. Mais la majorité des pays refusent de choisir leur camp – la Chine ou les États-Unis. Ils ne veulent pas non plus voir se déclencher une course aux armements dans la région ni être impliqués dans des guerres par procuration pour les États-Unis. L'Indonésie et la Malaisie ont vivement réagi contre l'achat par l'Australie de sous-marins à propulsion nucléaire. Singapour, proche allié de l'Australie et membre des Five Eyes, a exprimé son inquiétude.

Tous craignent une course aux armements nucléaires. Les sous-marins sont considérés comme une première étape vers l'acquisition par l'Australie d'armes nucléaires. L'Australie a refusé d'adhérer au Traité sur la prolifération des armes nucléaires. L'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) devrait adopter une position lors de sa prochaine réunion en octobre. Ses membres comprennent l'Indonésie, Singapour, la Malaisie, les Philippines, la Thaïlande et le Vietnam. L'ASEAN se décrit comme une « zone de paix, de liberté et de neutralité », libre de toute ingérence de puissances extérieures. Ses membres ont signé le Traité sur la non-prolifération d'armes nucléaires en Asie du Sud-Est. Des pays comme l'Indonésie et la Malaisie tentent de suivre une voie médiane en gardant de bonnes relations avec les États-Unis et la Chine, tandis que les Philippines sont étroitement liées aux États-Unis. Reste à voir comment ces divergences se joueront lors de la prochaine réunion de l'ASEAN.

Le Japon est fortement allié militairement des États-Unis mais craint une guerre avec la Chine. Il montre ses différents avec la Chine en établissant des relations avec le parti au pouvoir à Taïwan, contribuant ainsi à saper l'idée d'"une seule Chine".

De son côté, l'Inde s'est récemment rapprochée des États-Unis et a été impliquée dans des exercices militaires conjoints, mais ce n'est pas un laquais des États-Unis même s'il adopte une position anti-chinoise. Le Premier ministre Narendra Modi voit l'Inde comme une future puissance concurrente de la Chine et des États-Unis.

AUKUS exposed: nuclear is back - CPA

When newly-elected Democrat President Joe Biden proclaimed that "America is back", it was not immediately clear just what that entailed. It is now evident that it was not about jobs in the rust belt

https://cpa.org.au/guardian/issue-1983/aukus-exposed-nuclear-is-back/

http://solidarite-internationale-pcf.fr/2021/10/l-accord-aukus-devoile-le-nucleaire-est-de-retour.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

 

LE MOUVEMENT DES PAYS NON ALIGNES, UNE VOIX QUE L'ON NE PEUT PAS IGNORER

Par Le 16/10/2021

15 Octobre 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-10-12 15:51:14

 

Auteur María Josefina Arce (RHC)

Le Sommet en commémoration du 60ème anniversaire de la création du Mouvement des pays non alignés se déroule actuellement à Belgrade, capitale de la Serbie. Il s’agit d’un mouvement essentiel dans un scénario international de plus en plus dangereux, où la paix et la stabilité sont en danger et où prédomine un ordre économique injuste.

Belgrade a été, est et restera toujours l’hôte fier pour chaque être humain qui porte la paix en lui-même, a souligné le président de la Serbie, Aleksandar Vucic.

Car c’est précisément dans cette ville, l’ancienne capitale de la République Socialiste de la Yougoslavie, où le Mouvement de pays non alignés a vu le jour il y a 60 ans. Ce mouvement a donné une voix au niveau international sur un pied d’égalité aux nations en voie de développement, victimes de plusieurs siècles de colonialisme.

À partir de ce moment-là, la voix des plus humbles, qui ont trouvé dans le Mouvement des pays non alignés un espace de concertation politique en faveur de leurs droits, est écoutée dans les différents forums internationaux.

Tout au long de six décennies, le Mouvement a contribué à la lutte contre le colonialisme, contre l’apartheid, et en faveur du désarmement nucléaire, de la paix et pour un nouvel ordre économique mondial.

Ce forum qui a connu des moments très difficiles après la disparition du camp socialiste dans les années 90 du siécle dernier, a démontré sa capacité à s’adapter, à se renouveler et à toujours représenter les intérêts des plus pauvres, ainsi qu’à œuvrer en fonction de réduire la pauvreté et promouvoir le développement économique et social.

En effet, à l’heure actuelle où le droit légitime au développement est encore plus limité dans certains pays dû à l’imposition de mesures coercitives unilatérales, le Mouvement des pays non alignés s’est maintenu aux côtés de ces peuples et a accompagné leur lutte pour mettre fin à ces pratiques contraires au droit international.

En outre, la solidarité et la coopération sont quelques-uns de ses principes qui se sont intensifiés au milieu du Covid-19 pour faire face à la pandémie. À cette fin, le Groupe de Travail du Mouvement non aligné a été créé pour développer une base de données des besoins et des exigences humanitaires et médicales des États membres.

Le Mouvement constitue un exemple de la dynamique participative et sans privilèges qui devrait prévaloir dans le monde. Chaque pays compte ; ses opinions sont valables, écoutées et respectées même si elles diffèrent des autres, ce qui garantit la participation de chaque état à la prise des décisions.

Dans un monde de plus en plus injuste et inégal, le Mouvement des pays non alignés est nécessaire, et il doit continuer sa lutte pour les droits des plus pauvres. C’est une voix que l’on ne peut ni ignorer ni faire taire.

source : https://www.radiohc.cu/fr/especiales/comentarios/273516-le-mouvement-des-pays-non-alignes-une-voix-que-lon-ne-peut-pas-ignorer

 

Tag(s) : #MNOAL

500 SALARIES DE GOOGLE ET AMAZON EXIGENT LA FIN DU SOUTIEN A L’ARMEE ISRAELIENNE ET L’ANNULATION DU CONTRAT NIMBUS

Par Le 13/10/2021

 

500 salariés de Google et Amazon réclament la fin du soutien à l’armée israélienne et l’annulation du contrat Nimbus

 Depuis 5 heures  13 octobre 2021

Environ 90 employés de Google et plus de 300 autres d’Amazon ont signé cette pétition

Environ 90 employés de Google et plus de 300 autres d’Amazon ont signé cette pétition

 Amérique et Europe - Article traduit - USA

 

Rédaction du site

Environ 500 employés de Google et d’Amazon ont signé, mardi 12 octobre, une pétition appelant les propriétaires des deux sociétés à cesser de fournir à Israël la technologie cloud, qui contribuerait à la poursuite et à la traque des Palestiniens pour les tuer.

Selon le journal britannique The Guardian, les salariés, travaillant dans ces grandes entreprises internationales, ont préféré garder l’anonymat par crainte de représailles.

Ils ont affirmé dans la pétition: « En tant qu’employés de Google et d’Amazon, d’origines culturelles et ethniques diverses, nous pensons que la technologie que nous mettons en place doit servir au développement de tous les gens, y compris tous les utilisateurs (…) ».

Et de souligner : « Nous sommes moralement obligés de dénoncer les violations de ces valeurs fondamentales. Raison pour laquelle nous exigeons de nos entreprises et de nos propriétaires de se retirer du projet ‘Nimbus’ et de rompre tout lien avec l’armée israélienne. Vu qu’environ 90 employés de Google et plus de 300 autres d’Amazon ont signé cette pétition ».

Ils ont qualifié « d’agressives les contrats conclus entre Google et Amazon d’une part et des organisations telles que le département américain de la Défense, les services de police d’État et autres. Ces contrats font partie d’un schéma inquiétant encourageant le militarisme, et le manque de transparence … »

« Ces entreprises continuent à suivre la même méthode, contraignant les employeurs à signer le contrat ‘Projet Nimbus’ pour vendre la technologie dangereuse à l’armée et au gouvernement israéliens, car il a été signé dans la même semaine au cours de laquelle l’armée a lancé sa dernière agression contre la bande de Gaza, à la mi-mai. Cette guerre a entraîné la mort de près de 250 personnes, dont plus de 60 enfants », ont-ils expliqué.

Et de noter : « Ce contrat incite l’armée israélienne à pratiquer la discrimination raciale et les déplacements forcés à l’encontre des Palestiniens. Le projet Nimbus est un contrat de 1,2 milliard de dollars, qui vise à fournir des services cloud à l’armée et au gouvernement israéliens, grâce auxquels il impose plus de contrôle sur toutes les données relatives aux Palestiniens de manière illégale et immorale, tout en contribuant à l’expansion de la construction des colonies sur les terres palestiniennes ».

« Raison pour laquelle il n’est pas possible de fermer les yeux, car les produits technologiques qui sont utilisés privent les Palestiniens de leurs droits fondamentaux, les forcer à quitter leurs maisons et aide Israël dans son agression contre la bande de Gaza. Ces actes ont même été criminalisés par la Cour pénale internationale, qui a réclamé des enquêtes sur des crimes de guerre », ont-ils fait savoir.

Ils ont en outre condamné la décision d’Amazon et de Google  de signer le contrat de projet Nimbus avec l’armée israélienne et son gouvernement, « leur demandant de l’annuler, et de ne pas penser à conclure des accords similaires qui nuisent aux utilisateurs », appelant « les travailleurs dans le domaine de la technologie et la communauté internationale à se joindre à eux pour construire un monde technologique qui favorise la sécurité et la dignité ».

Et de conclure: « Nous aspirons à un avenir dans lequel la technologie rapproche les gens et rend la vie meilleure pour construire un avenir meilleur. Google et Amazon doivent œuvrer pour mettre fin aux contrats avec n’importe quelle organisation militaire aux États-Unis ou à l’étranger, en raison du préjudice contribuant à cibler et à poursuivre les utilisateurs comme le fait Israël ».

https://french.almanar.com.lb/2166969

LA « GUERRE COGNITIVE » DES ARMEES DE L’OTAN EST LANCEE

Par Le 12/10/2021

La « guerre cognitive » des armées de l’OTAN est lancée

Par Ben Norton
Arrêt sur info — 12 octobre 2021

 

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«Au cours de mon travail de journaliste j’ai mené des recherches sur des sujets parfois vraiment déconcertants; mais celles que j’ai effectuées ici sont parmi les plus terrifiantes ». – Ben Norton

 

Les gouvernements occidentaux de l’alliance militaire de l’OTAN développent des tactiques de « guerre cognitive », se fondant sur de supposées menaces de la Chine et de la Russie.

Par Ben Norton
Paru le 8 octobre 2021 sur The Grayzone sous le titre Behind NATO’s ‘cognitive warfare’: ‘Battle for your brain’ waged by Western militaries

L‘OTAN développe de nouvelles formes de guerre pour mener une « bataille pour le cerveau », selon les termes de l’alliance militaire.

Le cartel militaire de l’OTAN dirigé par les États-Unis a testé de nouveaux modes de guerre hybride contre les adversaires qu’il s’invente, notamment la guerre économique, la cyberguerre, la guerre de l’information et la guerre psychologique.

Aujourd’hui, l’OTAN met au point un tout nouveau type de combat qu’elle a baptisé « guerre cognitive ». Décrite comme une « militarisation des sciences du cerveau », cette nouvelle méthode consiste à « pirater l’individu » en exploitant « les vulnérabilités du cerveau humain » afin de mettre en œuvre une « ingénierie sociale » plus sophistiquée.

Jusqu’à récemment, l’OTAN avait divisé la guerre en cinq domaines opérationnels différents : air, terre, mer, espace et cyberespace. Mais avec son développement de stratégies de guerre cognitive, l’alliance militaire discute d’un nouveau niveau, le sixième : le « domaine humain ».

Une étude réalisée en 2020 sous l’égide de l’OTAN sur cette nouvelle forme de guerre explique clairement : « Alors que les actions menées dans les cinq domaines sont exécutées pour engendrer un effet sur le domaine humain, l’objectif de la guerre cognitive est de faire de chacun une arme. »

« Le cerveau sera le champ de bataille du 21e siècle », souligne le rapport. « Les humains sont le domaine contesté » et « les conflits futurs se produiront probablement d’abord numériquement, puis physiquement, à proximité des centres de pouvoir politique et économique ».

Page de couverture de l’étude de 2020 sur la guerre cognitive parrainée par l’OTAN

Si l’étude parrainée par l’OTAN insiste sur le fait qu’une grande partie de ses recherches sur la guerre cognitive est conçue à des fins défensives, elle concède également que l’alliance militaire développe des tactiques offensives, déclarant : « L’humain représente très souvent la première des vulnérabilités, et il convient de le reconnaître afin de protéger le capital humain de l’OTAN, et aussi de tirer parti des vulnérabilités de nos adversaires. »

Dans une révélation glaçante, le rapport dit explicitement que « l’objectif de la guerre cognitive est de nuire aux sociétés, pas seulement aux militaires. »

Avec des populations civiles entières dans la ligne de mire de l’OTAN, le rapport souligne que les armées occidentales doivent travailler plus étroitement avec le monde universitaire, pour transformer les sciences sociales et humaines en armes, et aider l’alliance à développer ses capacités de guerre cognitive.

L’étude décrit ce phénomène comme « la militarisation des sciences du cerveau ». Mais il semble évident que le développement de la guerre cognitive par l’OTAN conduira à une militarisation de tous les aspects de la société et de la psychologie humaines, des relations sociales les plus intimes jusqu’à l’esprit de chacun soi-même.

Cette militarisation globale de la société est reflété par le ton paranoïaque du rapport parrainé par l’OTAN, qui met en garde contre « une cinquième colonne intégrée, où chacun, à son insu, se comporte selon les plans de l’un ou de l’autre de nos concurrents ». L’étude indique clairement que ces « concurrents » censés exploiter la conscience des dissidents occidentaux sont la Chine et la Russie.

En d’autres termes, ce document montre que les figures du cartel militaire de l’OTAN considèrent de plus en plus leur propre population nationale comme une menace, craignant que les civils ne soient de potentielles cellules dormantes chinoises ou russes, de redoutables « cinquièmes colonnes » qui remettent en cause la stabilité des « démocraties libérales occidentales ».

Le développement par l’OTAN de nouvelles formes de guerre hybride intervient à un moment où les campagnes militaires des États membres ciblent leurs populations nationales à un niveau sans précédent.

L’Ottawa Times a rapporté en septembre dernier que le Commandement des opérations conjointes de l’armée canadienne a profité de la pandémie de Covid-19 pour mener une guerre de l’information contre sa propre population, en testant des tactiques de propagande sur des civils canadiens.

Des rapports internes commandités par l’OTAN suggèrent que cette publication ne fait qu’effleurer la surface d’une vague de nouvelles techniques de guerre non conventionnelles employées dans le monde entier par les armées occidentales.

Le Canada accueille le « Défi innovation de l’OTAN » sur la guerre cognitive

Deux fois par an, l’OTAN organise un événement de type « pitch » qu’elle appelle « Défi innovation ». Ces campagnes, organisées alternativement au printemps et à l’automne par les États membres, font appel à des entreprises privées, des organisations et des chercheurs pour aider à développer de nouvelles tactiques et technologies pour l’alliance militaire.

Ces défis de type piscine à requins reflètent l’influence prédominante de l’idéologie néolibérale au sein de l’OTAN, puisque les participants mobilisent des acteurs du marché, des partenariats public-privé et la promesse de récompenses en espèces sonnantes et trébuchantes pour faire progresser le programme du complexe militaro-industriel.

Le Défi innovation de l’automne 2021 de l’OTAN est organisé par le Canada et s’intitule « La menace invisible : Outils pour contrer la guerre cognitive ».

« La guerre cognitive cherche à changer non seulement ce que les gens pensent, mais aussi la façon dont ils agissent », a écrit le gouvernement canadien dans sa déclaration officielle pour le défi. « Les attaques contre le domaine cognitif impliquent l’intégration de capacités de la cybernétique, de la désinformation/mésinformation, de la psychologie et de l’ingénierie sociale. »

Le communiqué de presse d’Ottawa poursuit : « La guerre cognitive positionne l’esprit comme un espace de combat et un domaine de conflits. Son objectif est de semer des dissonances cognitives, de susciter des récits contradictoires, de polariser l’opinion et de radicaliser les groupes. La guerre cognitive peut inciter les gens à agir d’une manière qui peut perturber ou fragmenter une société qui autrement, aurait été soudée.»

Des responsables militaires canadiens soutenus par l’OTAN discutent de guerre cognitive lors d’une table ronde

Un groupe de conseil appelé Association OTAN du Canada s’est mobilisé pour soutenir ce Défi innovation, travaillant en étroite collaboration avec des entrepreneurs du secteur de la défense pour inciter le secteur privé à investir dans de nouvelles recherches au service de l’OTAN – et de ses propres buts.

Bien que l’Association OTAN du Canada (acronyme anglais NAOC) soit techniquement une ONG indépendante, sa mission est de promouvoir l’OTAN, et l’organisation s’en vante sur son site Web : « La NAOC entretient des liens étroits avec le gouvernement du Canada, notamment avec Affaires mondiales Canada (ministère des affaires étrangères du Canada) et le Département de la Défense nationale. »

Dans le cadre de ses efforts de promotion de son Défi innovation, la NAOC a organisé une table ronde sur la guerre cognitive le 5 octobre.

Le chercheur qui a rédigé l’étude sur la guerre cognitive parrainée par l’OTAN en 2020, François du Cluzel, a participé à l’événement, aux côtés d’officiers militaires canadiens affiliés à l’OTAN.

Le panel du 5 octobre sur la guerre cognitive, organisé par l’Association OTAN du Canada

Le panel était supervisé par Robert Baines, président de l’Association OTAN du Canada. Elle était animée par Garrick Ngai, un responsable du marketing dans l’industrie de l’armement qui est conseiller auprès du ministère canadien de la Défense nationale et vice-président et directeur de la NAOC.

Baines a ouvert l’événement en indiquant que les participants discuteraient de « guerre cognitive, le nouveau domaine de compétition où des acteurs étatiques et non étatiques cherchent à influencer ce que les gens pensent et comment ils agissent ».

Le président de la NAOC s’est également réjoui des  » opportunités lucratives pour les entreprises canadiennes  » que promettait ce défi innovation de l’OTAN.

Un chercheur de l’OTAN décrit la guerre cognitive comme des « façons de nuire au cerveau » 

Le panel du 5 octobre a débuté par l’intervention de François du Cluzel, un ancien officier militaire français qui a contribué en 2013 à la création du NATO Innovation Hub (iHub, hub d’innovation de l’OTAN), qu’il dirige depuis cette date depuis sa base de Norfolk, en Virginie.

Bien que l’iHub insiste sur son site Web, pour des raisons juridiques, sur le fait que les « opinions exprimées sur cette plateforme ne constituent pas des points de vue de l’OTAN ou de toute autre organisation », l’organisation est parrainée par le Commandement allié Transformation (acronyme anglais ACT), qui est décrit comme « l’un des deux commandements stratégiques à la tête de la structure de commandement militaire de l’OTAN. »

Le hub d’innovation agit donc comme une sorte de centre de recherche ou de think tank interne de l’OTAN. Ses recherches ne relèvent pas nécessairement de la politique officielle de l’OTAN, mais elles sont directement soutenues et supervisées par l’OTAN.

En 2020, le Commandant suprême allié Transformation (SACT) de l’OTAN a chargé François du Cluzel, en tant que responsable de l’iHub, de mener une étude de six mois sur la guerre cognitive.

François du Cluzel a résumé ses recherches lors du panel d’octobre dernier. Il a commencé ses remarques en notant que la guerre cognitive « est actuellement l’un des sujets les plus brûlants pour l’OTAN » et « est devenue un terme récurrent dans la terminologie militaire au cours de ces dernières années. »

Bien que français François du Cluzel a souligné que la stratégie de guerre cognitive « est actuellement développée par mon commandement ici à Norfolk, aux États-Unis ».

Le responsable du Hub d’innovation de l’OTAN s’est exprimé à l’aide d’une présentation PowerPoint, et a commencé par une diapositive décrivant la guerre cognitive comme « une bataille pour le cerveau. »

« La guerre cognitive, Une bataille pour le cerveau »

« La guerre cognitive est un nouveau concept qui commence dans la sphère de l’information, c’est une sorte de guerre hybride », a déclaré François du Cluzel.

« Cela commence avec l’hyper-connectivité. Tout le monde a un téléphone portable », a-t-il poursuivi. « Cela commence par l’information car l’information est, si je puis dire, le carburant de la guerre cognitive. Mais cela va bien au-delà de la seule délivrance d’informations, qui est une opération en elle-même – la guerre de l’information est une autre opération en elle-même. »

La guerre cognitive se recoupe avec les entreprises de la Big Tech et de la surveillance de masse, car « il s’agit d’exploiter les mégadonnées », explique François du Cluzel: « Nous produisons des données partout où nous allons. Chaque minute, chaque seconde où nous allons en ligne. Et c’est extrêmement facile de tirer parti de ces données pour mieux vous connaître, et utiliser ces connaissances pour changer votre façon de penser. »

Naturellement, le chercheur de l’OTAN a affirmé que les « adversaires » étrangers sont des agresseurs employant des techniques de guerre cognitive. Mais dans le même temps, il a précisé que l’alliance militaire occidentale développe ses propres tactiques. François du Cluzel a défini la guerre cognitive comme « l’art d’utiliser des technologies pour modifier la cognition de cibles humaines ».

En partant du haut : « Information, hyperconnectivité, données, cyber, guerre hybride, NBIC, armes neurologiques, émergence de la guerre cognitive, confiance, prise de décision, cognition. Définition provisoire : l’art d’utiliser les technologies pour altérer la cognition de cibles humaines. »

Ces technologies, a-t-il noté, intègrent les domaines de la NBIC – nanotechnologie, biotechnologie, technologie de l’information et sciences cognitives. L’ensemble forme une sorte de cocktail très dangereux qui permet de manipuler davantage le cerveau », a-t-il déclaré.

François du Cluzel a poursuivi en expliquant que cette nouvelle méthode d’attaque non conventionnelle « va bien au-delà » de la guerre de l’information ou des opérations psychologiques (psyops).

« La guerre cognitive n’est pas seulement une lutte contre ce que nous pensons, mais c’est plutôt une lutte contre la façon dont nous pensons, si nous pouvons changer la façon dont les gens pensent », a-t-il déclaré. « C’est beaucoup plus puissant et cela va bien au-delà de la [guerre] de l’information et des opérations psychologiques ».

François du Cluzel poursuit : « Il est crucial de comprendre qu’il s’agit d’un jeu sur notre cognition, sur la façon dont notre cerveau traite l’information et la transforme en connaissance, plutôt qu’un jeu qui porte uniquement sur l’information ou sur les aspects psychologiques de notre cerveau. Ce n’est pas seulement une action contre ce que nous pensons, mais aussi une action contre la façon dont nous pensons, la façon dont nous traitons l’information et la transformons en connaissance. »

« En d’autres termes, la guerre cognitive n’est pas seulement un autre mot, un nouveau nom pour la guerre de l’information. C’est une guerre contre notre processeur individuel, notre cerveau ».

Le chercheur de l’OTAN a souligné que « cela est extrêmement important pour nous, les militaires », car « cela a le potentiel, en développant de nouvelles armes et de nouveaux moyens de nuire au cerveau, d’engager les neurosciences et la technologie dans de très nombreuses approches différentes pour influencer l’écologie humaine… car vous savez tous qu’il est très facile de transformer une technologie civile en technologie militaire. »

Cette diapo compare les psyops et la guerre cognitive, pour conclure que les psyops s’adressent à ce que nous pensons, alors que la guerre cognitive s’adresse à la façon dont nous pensons. 

Quant à savoir qui pourraient être les cibles de la guerre cognitive François du Cluzel a révélé que tout le monde est concerné.

« La guerre cognitive a une portée universelle, en commençant par l’individu jusqu’aux États et aux organisations multinationales », a-t-il déclaré. « Son champ d’action est global et vise à prendre le contrôle de l’être humain, civil comme militaire. »

Et le secteur privé a un intérêt financier à faire progresser la recherche sur la guerre cognitive, a-t-il noté : « Les investissements mondiaux massifs réalisés dans le domaine des neurosciences laissent penser que le domaine cognitif sera probablement l’un des champs de bataille de l’avenir. »

Le développement de la guerre cognitive transforme totalement le conflit militaire tel que nous le connaissons, a déclaré François du Cluzel ajoutant « une troisième dimension de combat majeure au champ de bataille moderne : à la dimension physique et informationnelle s’ajoute désormais une dimension cognitive ».

Cela « crée un nouvel espace de compétition au-delà de ce que l’on appelle les cinq domaines d’opérations – ou domaines terrestre, maritime, aérien, cybernétique et spatial. La guerre dans l’arène cognitive mobilise un éventail plus large d’espaces de combat que ne peuvent le faire les seules dimensions physique et informationnelle. »

En bref, les humains eux-mêmes sont le nouveau domaine de ce nouveau mode de guerre hybride, aux côtés de la terre, de la mer, de l’air, du cyberespace et de l’espace.

Conclusion : Le cerveau est attaqué. La technologie, l’hyperconnectivité et la profusion de données font de l’humain la principale vulnérabilité. Les NBIC et les technologies cognitives ouvrent la voie à des manipulations du cerveau plus poussées. « Nous » sommes le domaine contesté. Notre premier souci est de protéger notre processus de prises de décisions.

L’étude de l’OTAN sur la guerre cognitive met en garde contre une « cinquième colonne intégrée »

Une étude menée par François du Cluzel, responsable du Hub d’innovation de l’OTAN, de juin à novembre 2020, a été parrainée par le Commandement allié Transformation du cartel militaire, et publiée sous la forme d’un rapport de 45 pages en janvier 2021 (PDF).

Ce document glaçant montre comment la guerre contemporaine a atteint une sorte de stade dystopique, autrefois imaginable uniquement dans la science-fiction.

« La nature de la guerre a changé », souligne le rapport. « La majorité des conflits actuels restent en dessous du seuil de la définition traditionnellement acceptée de la guerre, mais de nouvelles formes de guerre sont apparues, comme la guerre cognitive (acronyme anglais CW), tandis que l’esprit humain est désormais considéré comme un nouveau front. »

Pour l’OTAN, la recherche sur la guerre cognitive n’est pas seulement défensive, elle est aussi très clairement offensive.

« Développer des capacités de nuire aux processus cognitifs des adversaires sera une nécessité », indique clairement le rapport de François du Cluzel, « En d’autres termes, l’OTAN devra obtenir la capacité de sauvegarder son processus de prise de décision et de perturber celui de l’adversaire. »

Et n’importe qui peut être la cible de ces opérations de guerre cognitive : « Tout utilisateur des technologies modernes de l’information est une cible potentielle. Elles visent l’ensemble du capital humain d’une nation », ajoute sinistrement le rapport.

« Outre l’exécution potentielle d’une guerre cognitive en complément d’un conflit militaire, elle peut également être menée seule, sans aucun lien avec un engagement des forces armées », poursuit l’étude. « De plus, la guerre cognitive est potentiellement sans fin puisqu’il ne peut y avoir de traité de paix ou de capitulation dans ce type de conflit. »

Tout comme ce nouveau mode de combat n’a pas de frontières géographiques, il n’a pas non plus de limite dans le temps : « Ce champ de bataille est mondial via l’internet. Sans début ni fin, cette conquête ne connaît aucun répit, rythmée par les notifications de nos smartphones, en tout lieu, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. »

L’étude parrainée par l’OTAN note que « certains pays de l’OTAN ont déjà reconnu que les techniques et technologies des neurosciences ont un fort potentiel d’utilisation opérationnelle dans diverses entreprises de sécurité, de défense et de renseignement. »

Elle parle de percées dans les « méthodes et technologies neuroscientifiques » (neuroS/T), et précise « l’utilisation des résultats et des produits de la recherche pour faciliter directement les performances des combattants, l’intégration d’interfaces homme-machine pour optimiser les capacités de combat des véhicules semi-autonomes (par exemple, les drones), et le développement d’armes biologiques et chimiques (c’est-à-dire les neuroarmes) ».

Le Pentagone fait partie des principales institutions qui font progresser ces recherches inédites, comme le souligne le rapport : « Bien qu’un certain nombre de nations aient poursuivi et poursuivent actuellement des travaux de recherche et de développement neuroscientifiques à des fins militaires, les efforts les plus proactifs à cet égard ont peut-être été menés par le Département de la défense des États-Unis, les travaux de recherche et de développement les plus notables et les plus avancés étant menés par la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) et l’Intelligence Advanced Research Projects Activity (IARPA). »

Selon l’étude, les utilisations militaires de la recherche en neurosciences et technologies de l’information comprennent la collecte de renseignements, la formation, « l’optimisation des performances et de la résilience du personnel de combat et de soutien militaire » et, bien sûr, « l’utilisation directe des neurosciences et neurotechnologies à des fins militaires ».

Cette militarisation des neurosciences et neurotechnologies peut être et sera fatale, a clairement indiqué l’étude parrainée par l’OTAN. La recherche peut « être utilisée pour atténuer l’agression et favoriser les cognitions et les émotions d’affiliation ou de passivité ; induire des morbidités, des handicaps ou de la souffrance ; et « neutraliser » des adversaires potentiels ou provoquer leur mortalité » – en d’autres termes, pour mutiler et tuer des gens.

Le rapport cite le général de division américain Robert H. Scales, qui résume la nouvelle philosophie de combat de l’OTAN : « La victoire se définira davantage par la conquête du terrain psycho-culturel que par celle du terrain géographique ».

Et tandis que l’OTAN développe des tactiques de guerre cognitive pour « s’emparer du psycho-culturel », elle s’arme aussi de plus en plus dans divers domaines scientifiques.

L’étude parle du « creuset des sciences des données et des sciences humaines », et souligne que « la combinaison des sciences sociales et de l’ingénierie des systèmes sera essentielle pour aider les analystes militaires à améliorer la production de renseignements. »

« Si la puissance cinétique ne permet pas de vaincre l’ennemi, la psychologie et les sciences comportementales et sociales connexes sont appelées à combler le vide. »

« L’exploitation des sciences sociales sera centrale dans l’élaboration du plan d’opérations du domaine humain », poursuit le rapport. « Il soutiendra les opérations de combat en fournissant des plans d’action potentiels pour l’ensemble de l’Environnement humain local, y compris les forces ennemies, mais aussi en déterminant les éléments humains clés tels que le centre de gravité cognitif, et la définition du comportement souhaité comme état final. »

Toutes les disciplines universitaires seront impliquées dans la guerre cognitive, et pas seulement les sciences dures. « Au sein de l’armée, les compétences en anthropologie, ethnographie, histoire, psychologie, entre autres, seront plus que jamais mobilisées pour coopérer avec l’armée », indique l’étude.

Le rapport s’achève sur une citation inquiétante : « Les progrès réalisés aujourd’hui dans les domaines des nanotechnologies, des biotechnologies, des technologies de l’information et des sciences cognitives (acronyme anglais NBIC), dopés par la marche apparemment imparable d’une troïka triomphante composée de l’intelligence artificielle, des Big Data et de la « dépendance au numérique » civilisationnelle, ont créé une perspective bien plus inquiétante : une cinquième colonne intégrée où chacun, à son insu, se comporte selon les plans de l’un de nos adversaires. »

« Le concept moderne de la guerre n’est pas une question d’armes mais d’influence », posait-il. « La victoire à long terme restera uniquement dépendante de la capacité à influencer, affecter, changer ou impacter le domaine cognitif. »

L’étude parrainée par l’OTAN se termine par un paragraphe de conclusion selon lequel, clairement, l’objectif ultime de l’alliance militaire occidentale n’est pas seulement le contrôle physique de la planète, mais aussi le contrôle de l’esprit des gens :

« La guerre cognitive pourrait bien être l’élément manquant qui permet de passer de la victoire militaire sur le champ de bataille à un succès politique durable. Le domaine humain pourrait bien être le domaine décisif dans lequel les opérations multi-domaines permettent d’obtenir l’effet souhaité par le commandant. Les cinq premiers domaines peuvent donner des victoires tactiques et opérationnelles ; seul le domaine humain peut donner la victoire finale et complète. »

Un officier canadien des opérations spéciales souligne l’importance de la guerre cognitive

Lorsque François du Cluzel, le chercheur de l’OTAN qui a mené l’étude sur la guerre cognitive, a conclu ses remarques dans le cadre du panel de l’Association canadienne de l’OTAN du 5 octobre, il a été suivi par Andy Bonvie, un commandant du Centre d’entraînement aux opérations spéciales du Canada.

Fort de plus de 30 ans d’expérience au sein des Forces armées canadiennes, Bonvie a expliqué comment les armées occidentales utilisent les recherches menées par François du Cluzel et d’autres, et incorporent de nouvelles techniques de guerre cognitive dans leurs activités de combat.

La guerre cognitive est un nouveau type de guerre hybride pour nous, a déclaré Bonvie. « Et cela signifie que nous devons examiner les seuils traditionnels de conflit et comment les choses qui sont faites se produisent sous ces seuils de conflit : les attaques cognitives, les formes non cinétiques et les menaces non militaires. Nous devons mieux comprendre ces attaques et adapter nos actions et notre formation en conséquence pour être en mesure d’opérer dans ces différents environnements. »

Bien qu’il ait présenté les actions de l’OTAN comme « défensives », affirmant que les « adversaires » utilisent des tactiques de guerre cognitive contre eux, Bonvie a été sans ambiguïté sur le fait que les armées occidentales développent elles-mêmes ces techniques, afin de conserver un « avantage tactique ».

« Nous ne pouvons pas perdre l’avantage tactique pour les troupes que nous plaçons à l’avant, car elles [ces techniques, NdT]  non seulement le plan tactique, mais aussi le plan stratégique », a-t-il déclaré.  » Certaines des différentes capacités dont nous disposons et dont nous bénéficions pourraient tout à coup être retournées contre nous. Nous devons donc mieux comprendre la rapidité avec laquelle nos adversaires s’adaptent, puis être en mesure de prédire où ils iront à l’avenir, afin de nous aider à maintenir l’avantage tactique de nos troupes. »

‘La guerre cognitive est la forme de manipulation la plus avancée à ce jour’

Marie-Pierre Raymond, lieutenant-colonel canadien retraitée qui occupe actuellement le poste de « scientifique de la défense et gestionnaire de portefeuille d’innovation » pour le programme Innovation pour l’excellence et la sécurité de la défense des Forces armées canadiennes, s’est également jointe au panel du 5 octobre.

« Il est loin, le temps où la guerre était menée pour acquérir plus de terres », a déclaré Raymond. « Maintenant, le nouvel objectif est de changer les idéologies des adversaires, ce qui fait du cerveau le centre de gravité de l’humain. Et cela fait de l’humain le domaine contesté, et l’esprit devient le champ de bataille. »

« Lorsque nous parlons de menaces hybrides, la guerre cognitive est la forme de manipulation la plus avancée observée à ce jour », a-t-elle ajouté, notant qu’elle vise à influencer la prise de décision des individus et « à influencer un groupe d’individus dans leur comportement, dans le but d’obtenir un avantage tactique ou stratégique. »

Raymond a noté que la guerre cognitive recoupe aussi fortement l’intelligence artificielle, les big data et les réseaux sociaux, et reflète « l’évolution rapide des neurosciences comme outil de guerre. »

Raymond aide à superviser le Défi innovation automne 2021 de l’OTAN pour le compte du Département de la défense nationale du Canada, qui a délégué les responsabilités de gestion au programme Innovation pour l’excellence et la sécurité en matière de défense (IDEaS) de l’armée, où elle travaille.

Dans un jargon très technique, Raymond a indiqué que le programme de guerre cognitive n’est pas seulement défensif, mais aussi offensif : « Ce défi appelle une solution qui soutiendra le domaine humain naissant de l’OTAN et lancera le développement d’un écosystème de la cognition au sein de l’alliance, et qui soutiendra le développement de nouvelles applications, de nouveaux systèmes, de nouveaux outils et de concepts menant à des actions concrètes dans le domaine cognitif. »

Elle a souligné que cela « nécessitera une coopération soutenue entre les alliés, les innovateurs et les chercheurs pour permettre à nos troupes de combattre et de gagner dans le domaine cognitif. C’est ce que nous espérons voir émerger de cet appel aux innovateurs et aux chercheurs ».

Pour susciter l’intérêt des entreprises pour le défi d’innovation de l’OTAN, Raymond a déclaré : « Les candidats bénéficieront d’une visibilité nationale et internationale et recevront des récompenses en espèces pour la meilleure solution. » Elle ajoute ensuite, de façon alléchante : « Les candidats pourraient également bénéficier de l’accès potentiel que cela leur donnera à un marché de 30 pays. »

Un officier militaire canadien appelle les entreprises à investir dans la recherche de l’OTAN sur la guerre cognitive

L’autre institution qui gère le Défi innovation de l’OTAN automne 2021 au nom du Département de la défense nationale du Canada est le Commandement des forces d’opérations spéciales (CANSOFCOM).

Un officier canadien qui travaille avec le COMFOSCAN, Shekhar Gothi, était le dernier panéliste de l’événement organisé par l’Association OTAN du Canada le 5 octobre. Gothi est l’officier en charge de l’ « innovation » du COMFOSCAN pour le sud de l’Ontario.

Il a conclu l’événement en lançant un appel à des investissements d’entreprises privées dans la recherche sur la guerre cognitive de l’OTAN.

Le Défi Innovation semestriel fait « partie du rythme de combat de l’OTAN », a déclaré Gothi avec enthousiasme.

Il a indiqué qu’au printemps 2021, le Portugal a accueilli un défi d’innovation de l’OTAN axé sur la guerre dans l’espace.

Au printemps 2020, les Pays-Bas ont accueilli un défi d’innovation de l’OTAN axé sur le Covid-19.

Gothi a rassuré les investisseurs en expliquant que l’OTAN fera tout pour défendre leurs résultats : « Je peux assurer à tous qu’avec le défi d’innovation de l’OTAN, tous les innovateurs conserveront le contrôle total de leur propriété intellectuelle. L’OTAN ne prendra donc pas le contrôle de cette propriété. Le Canada non plus. Les innovateurs conserveront le contrôle de leur propriété intellectuelle. »

Ce commentaire a constitué une conclusion appropriée au panel, en affirmant que l’OTAN et ses alliés du complexe militaro-industriel ne cherchent pas seulement à dominer le monde et les humains qui l’habitent à l’aide de techniques sinistres de guerre cognitive, mais aussi à s’assurer que les entreprises et leurs actionnaires continueront de faire des profits grâce à ces efforts impériaux.

Ben Norton

 

[NDT]. Au cours des années 1950 à 70, dans le cadre du projet de sinistre mémoire MK-Ultra, la CIA tentait de manipuler les cerveaux à travers tout un éventail de substances comme le LSD, d’électrochocs et d’autres méthodes toutes plus contestables les unes que les autres, pour des résultats à peu près nuls, sauf en termes des dégâts occasionnés chez leurs sujets d’expérimentations. Aujourd’hui, 32 ans après la clôture officielle de l’opération de la CIA, il semble que les décideurs américains n’aient mis un frein ni à leur consommation de science-fiction, ni à leur obsession de puissance illimitée, à ce détail près qu’aujourd’hui, c’est l’OTAN qui rêve toute éveillée à un contrôle total des esprits. Sans même parler de la paranoïa de leur vision, qui ne s’est guère améliorée depuis les grands jours des Dr Folamour de la Guerre froide, et de leur dédain total pour les populations, encore cette fois considérées comme de simples cobayes. Plus ça change…

Traduction  Corinne Autey-Roussel/Entelekheia

https://arretsurinfo.ch/la-guerre-cognitive-des-armees-de-lotan-est-lancee/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=la-guerre-cognitive-des-armees-de-lotan-est-lancee

AFRIQUE : QUI A ASSASSINE THOMAS SANKARA ?

Par Le 11/10/2021

Qui a assassiné Thomas Sankara ?

Par Bruno Jaffré
Arrêt sur info — 11 octobre 2021

 

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Thomas Sankara, président du Burkina Faso, a été assassiné le 15 octobre 1987. Le procès qui s’ouvre aujourd’hui à Ouagadougou lèvera-t-il enfin le voile sur les implications réelles de la France dans ce crime ? Assurément pas.[ASI]

 

Thomas Sankara et Mouammar el-Kadhafi, deux leaders africains assassinés à l’instigation de l’Etat français. 

Le procès tant attendu s’ouvre le 11 octobre, en l’absence de Blaise Compaoré. Dernière manœuvre pour le saboter, les avocats de de Blaise Compaoré viennent d’annoncer qu’ils le boycotteront alors qu’il s’annonçait exemplaire. Historique, il est le résultat d’un long combat pour la justice.

Par Bruno Jaffré

Paru le 10 octobre 2021 sur le blog de l’auteur sous le titre: Enfin le procès de l’assassinat de Sankara et de ses compagnons

La nouvelle était attendue depuis longtemps. C’est un communiqué laconique du procureur Militaire du Tribunal Militaire de Ouagadougou, daté du 17 août qui la confirme et « informe l’opinion internationale et internationale que le procès des personnes mises en accusation dans l’affaire de l’assassinat du Président Thomas Sankara et de ses douze compagnons s’ouvrira le lundi 11 octobre 2021 à partir de 9h00 ».

Procès historique

Le procès s’annonce historique. Thomas Sankara est depuis devenu le modèle de la jeunesse africaine à travers tout le contient et même au-delà. Intègre, résolu, sensible, intelligent, créatif, habité de la volonté ardente de sortir son peuple de la pauvreté, leader d’une révolution choisissant un modèle de développement autocentré libéré des diktats de la domination occidentale. Précurseur du combat pour la sauvegarde la planète comme de la libération de la femme en Afrique, et de bien d’autres, il rendait la fierté à tout un continent en dénonçant publiquement es agissements des puissances occidentales impérialistes, notamment la soumission des peuples par la dette créée artificiellement. Il tentait de repousser les limites du possible.

Depuis quelques temps, les médias qui se sont saisis de ce qu’on appelle aujourd’hui l’affaire Sankara, ont largement contribué à lui donner un écho particulier, revenant régulièrement sur les développements du dossier. Les proches de Blaise Compaoré relayés par les réseaux françafricains ont longtemps tenté de faire de l’affaire Sankara une question purement nationale. Certes la Révolution traversait une grave crise politique que Thomas Sankara tentait de dépasser par la discussion, alors que son ami Blaise Compaoré choisit alors de l’assassinat. Mais cette affaire est tout autant révélatrice des contradictions internationales de l’époque, des rivalités régionales que de la volonté des puissances occidentales et notamment La France de maintenir leur domination sur ses anciennes colonies.

Plusieurs organisations de la société civile ont demandé récemment que le procès soit retransmis en direct à la radio, comme c’était l’usage pour pour ceux des Tribunaux Populaires de la Révolution, mais le procureur a répondu par la négative. On espère cependant qu’il pourra être filmé et archivé et accessible aux historiens.

Les accusés

Le procès s’ouvrira en présence de douze accusés, selon les cas de complicité d’attentat à la sûreté de l’État, de complicité d’assassinat, de recel de cadavres ou de subornation de témoins, mais en l’absence de deux grands absents. Le chef du commando Hyacinthe Kafando, en fuite, et surtout de Blaise Compaoré, réfugié en Côte d’Ivoire où il a été exfiltré par les troupes français au lendemain de l’insurrection d’octobre 2014.

Le général Gilbert Diendéré, numéro 2 du régime de Blaise, déjà condamnée à 20 ans de prison pour sa tentative de putsch en septembre 2015, et Jean Pierre Palm, ancien chef d’État-major de la gendarmerie sont les principaux accusés. Les autres sont des militaires membres du commando ou cosignataires du frauduleux certificat de décès mentionnant « mort de mort naturel ». Cinq autres accusés sont décédés.

Gilbert Diendéré a déjà été condamné à 20 ans de prison pour avoir organisé un putsch durant la transition. Quant à Jean Pierre Palm, il a été plusieurs fois accusé de torture par ses victimes et n’a malheureusement jamais été poursuivi pour ces graves méfaits.

Un long combat pour la justice

Dix ans après, l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons, la famille Sankara, le 29 septembre 1997, une première plainte déposée (16 jours avant la date de prescription) avec constitution de partie civile pour assassinat du Président Thomas Sankara et pour faux et usage de faux. La plainte est soutenue par une quinzaine d’avocats regroupée d’un collectif international juridique et du CIJS (Comité international justice pour Sankara) mis en place à l’initiative du GRILA (Groupe d’information et de recherche pour la libération de l’Afrique) qui lance la Campagne international Justice pour Sankara.

En 2009, après l’échec des interventions du CIJS auprès du comité des droits de l’homme de l’ONU, le réseau international justice pour Sankara, justice pour l’Afrique lance une nouvelle campagne demandant alors l’ouverture d’une enquête internationale indépendante, et plus tard en France l’ouverture d’une enquête parlementaire pour enquêter sur l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons. Deux pétitions ont été lancées, dont une demandait l’ouverture du secret défense, recueillant des dizaines de milliers de signatures. De multiples réunions publiques, manifestations de rue, conférences de presse à Paris et à Ouagadougou, rencontres à l’Assemblée nationale avec des députés, ont été organisées. Dans la période récente le réseau a suscité plusieurs interventions de députés pour la fourniture du dernier lot de documents. Il n’a cessé de publier des communiqués de presse afin d’informer des évolutions du procès et d’exiger l’ouverture du secret défense.

Mais c’est l’intervention du peuple burkinabè qui fut déterminante, en chassant Blaise Compaoré à l’issue d’une magnifique insurrection populaire. Puis la société civile a joué un rôle déterminant lors de la mise en place de la Transition, fin 2014. Le gouvernement annonçait rapidement l’ouverture d’une enquête qui a mené à ce procès.

Il faut aussi souligner la ténacité des avocats qui ont dû affronter de multiples obstacles notamment lorsque Blaise Compaoré était au voir. Celle de la famille Sankara qui a subi de multiples pressions par le régime Compaoré qui a plusieurs fois tenté de régler le problème en tentant de donner de l’argent aux parents. Les familles des autres victimes restées longtemps oubliées, souvent démunies, ont commencé à se manifester après l’insurrection et seront représentés par des avocats lors du procès. La fille d’une des victimes a tenu a rappelé lors d’une interview que son père était aussi un héros de la Révolution (Voir https://www.thomassankara.net/personnes-assassinees-15-octobre-1987-fille-de-frederic-kiemde-parle/).

Un procès en l’absence de Blaise Compaoré

L’absence de Blaise Compaoré est une profonde déception. Elle viendra d’abord rappeler que cette absence est d’abord de la responsabilité des autorités françaises car ce sont les troupes française qui l’ont exfiltré du Burkina vers la Côte d’Ivoire. Un acte qui n’est rien d’autre qu’une prime à l’impunité dont on sait qu’elle est un des principaux obstacles au développement. Responsable de crimes économiques en instituant un système prédateur de son propre pays au profit de son clan. Mais c’est aussi un assassin à l’origine ou complice de plusieurs déstabilisations dans la région entraînant des guerres effroyables comme celle du Liberia et de la Sierra Leone puis celle de Côte d’Ivoire sans parler de ces liens avec Jonas Savimbi, allié à l’Afrique du Sud dans la guerre déchirant l’Angola, à qui il permettait de contourner l’embargo, tout en profitant des trafics de diamant.

Voilà le sinistre personnage qui a bénéficié de la protection de le France, qui en réalité rendant la monnaie un acteur lui ayant rendu de nombreux services.

Une fois réfugié en Côte d’Ivoire. Il a pris la nationalité ivoirienne. Une rumeur persistance a longtemps circulé selon laquelle il ne pouvait plus être extradé. Alors qu’il existe bien un traité entre le Burkina et la Côte d’Ivoire permettant l’extradition. Nous l’avons longtemps démenti sans être entendu mais une interview d’un avocat y a mis fin définitivement (https://www.rfi.fr/fr/podcasts/invit%C3%A9-afrique/20210426-assassinat-de-t-sankara-juridiquement-blaise-compaor%C3%A9-peut-%C3%AAtre-extrad%C3%A9-vers-le-burkina ).

Les proches de Blaise Compaoré ont redoublé de communication ces derniers temps. Ainsi avons-nous eu droit ensuite à une vidéo (voir https://www.youtube.com/watch?v=GGYqTJDPnxk) filmée pat l’un de ses proches dans laquelle il apparaît diminué lors de son anniversaire, semblant même ne pas avoir toute sa tête. « C’est pour qu’on ait pitié de lui » m’a commenté un ami au Burkina. Puis, tout récemment, une nouvelle rumeur faisait état de soins prodigués au Maroc alors qu’un visa lui aurait été refusé par la France. Nouveau démenti de ses proches qui l’ont affirmé en bonne santé accompagné de photos. Et alors que la date du procès de l’assassinat Thomas Sankara et de ses compagnons a été officiellement annoncé le 13 août, il écrivait une lettre de condoléances au Peuple Burkinabé le 27 août 2021, dans laquelle appelle à l’unité et à « taire nos querelles, nos incompréhensions et nos égos pour nous donner toutes les chances de préserver notre Patrie en très grand danger ».

Le procès de l’assassinat de Thomas Sankara et se des compagnons n’est qu’un parmi de nombreux autres crimes pour lesquels il devrait être jugé. Mais il bénéficie de trop de protection.

Les avocats de Blaise Compaoré décident de boycotter le procès

Les avocats de Blaise Compaoré viennent d’annoncer par un communiqué (Voir https://lefaso.net/spip.php?article108055 ) qu’ils n’assisteront pas au procès. Par ce geste ils tentent de dénaturer la qualité du procès.

Parmi les deux signataires du communiqué figure M. Pierre Olivier Sur, également avocat de François Compaoré, le petit frère de Blaise Compaoré, mis en examen pour l’assassinat de Norbert Zongo le 13 décembre 1998. Ils reprennent la même stratégie que celle employée pour éviter l’extradition de François Compaoré. Elle consiste à décrédibiliser la justice burkinabè dans son ensemble. Ils n’hésitent pas pour cela à avancer des mensonges éhontés[2]. M. Pierre Olivier Sur, connu pour tenter d’influencer l’opinion publique en maniant sans scrupule l’insulte et le mépris pour le peuple du Burkina Faso et ses institutions. Au cours d’une audience, il s’est permis par exemple de déclarer : « si François Compaoré est extradé il sera découpé en rondelles »[3]. Une déclaration raciste digne des plus sombres années du colonialisme !

Je ne suis pas un défenseur acharné de la justice burkinabè, dénonçant régulièrement ses insuffisances. Mais sur l’affaire Sankara, voir ci-dessous, la justice a fait son travail. M. Pierre Olivier Sur, fuit la confrontation judiciaire refusant de répondre devant la justice des multiples preuves accumulées contre leurs clients.

Il est à ranger dans la longue liste des avocats de la Françafrique, grassement payé par des dictateurs qui ont accumulé des richesses immenses en pillant les ressources de leur pays au détriment de leur peuple.

Mais ce n’est pas tout. Sur RFI, il déclare : « nous sommes prêts, moi le premier, à me rendre à Ouagadougou pour rencontrer le président de la République afin d’envisager la paix des braves pour préparer un retour du président Blaise Compaoré sur place et de sa famille afin de montrer une image forte d’unité nationale pour lutter contre le terrorisme et le risque de désintégration auquel nous assistons en ce moment. » (Voir https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211007-burkina-faso-l-ex-pr%C3%A9sident-compaor%C3%A9-ne-se-rendra-pas-au-proc%C3%A8s-de-l-assassinat-de-sankara). Après avoir affiché son mépris pour ce pays, ses institutions et son peuple, il veut maintenant s’immiscer dans la politique interne de ce pays. Il propose de rencontrer le Président Roch Marc Christian Kaboré, pourtant garant des institutions, pour une « paix des braves » afin d’organiser le retour de Blaise Compaoré dans son pays. Une manière d’effacer sa responsabilité dans l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons qui a mis fin au retour de la dignité et la fierté de tout un peuple qui demande justice aujourd’hui. Alors qu’il a déjà échappé à aux poursuites pour plus de 37 ans de crimes de sang et de crimes économique. Drôle de conception de la justice pour un avocat. Cette démarche n’est rien d’autre qu’une demande au Président burkinabè de s’immiscer dans les affaires judiciaires voire de s’opposer à une décision de justice. Lui qui ne cesse d’accuser le président français Emmanuel Macron d’être intervenu pour l’extradition de François Compaoré :

Malheureusement le résultat de ces manœuvres laissera le peuple burkinabè dans une très grande frustration de ne pas pouvoir suivre le procès tel qu’il l’avait tellement souhaité et attendu.

Un procès qui ne devrait pas interroger l’implication de la France, ni d’autres pays

Il semble bien que le juge militaire, François Yaméogo, nommé pour mener l’enquête en mars 2015, s’est lancé corps et âme dans une enquête approfondie. Avouons que nous avons été surpris lorsqu’il a demandé en mars 2016, l’ouverture du secret-défense à la France et lancé une commission rogatoire afin que des auditions aient lieu en France. La nouvelle n’a été rendue publique qu’en octobre de la même année. Il envoyait le signal qu’il ne se contenterait pas d’une enquête nationale mais qu’il souhaitait lancer des investigations sur l’éventualité d’un complot international. Il affirmait aussi sa totale indépendance, par rapport aux autorités politiques du pays comme des éventuelles pressions internationales.

Élu en mai 2017, le tout nouveau président français Emmanuel Macron veut afficher sa volonté de rompre avec les politiques africaines de ses prédécesseurs. Il choisit le Burkina pour effectuer sa première visite officielle sur le continent africain, pour son retour à la démocratie. En effet, le Burkina Faso, après l’insurrection populaire de novembre 2014 a mis en place une transition inclusive rassemblant les forces vives du pays, qui a préparé des élections dont le résultat n’a pas été contesté. Nous en avons déjà évoqué toutes les insuffisances lors des articles précédents de ce présent blog consacré essentiellement au Burkina.

Au cours de cette visite, en novembre 2017, le Président français promet devant un amphithéâtre d’étudiants, en présence du Président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, de déclassifier tous les documents sur l’assassinat de Thomas Sankara et de les fournir à la justice burkinabè.

Deux premiers lots d’archives françaises parviennent à la justice burkinabè en novembre 2018 et janvier 2019. Puis plus rien pendant près de trois ans. La population s’impatiente. Des organisations de la société civile interpellent le gouvernement. Le Réseau international Justice pour Sankara justice pour l’Afrique publie alors plusieurs communiqués, largement diffusés dans la presse burkinabè, demandant que le 3ème lot soit livré rapidement, s’interrogeant sur la sincérité de la France. C’est peu connu, mais la commission rogatoire est une disposition liant la France et le Burkina prévu dans les accords de coopération signés aux lendemains de l’indépendance.

C’est aux autorités du pays que les Burkinabè, engagés dans le combat pour la justice, notamment le Balai citoyen, s’adressaient pour se plaindre des lenteurs de la justice dans leur pays.

Pourtant la réalité des faits montrent que la lenteur ne vient pas, dans l’affaire Sankara, du Burkina. Loin de nous l’idée d’absoudre les autorités actuelles des insuffisances de la justice burkinabè, mais ce n’est pas notre propos ici. Nous en avons déjà parlé dans le présent blog. Pour l’affaire Sankara, elles ont laissé semble-t-il le juge mené son enquête. Avec des limites bien sûr. Le gouvernement burkinabè n’a pas semblé très combatif pour obtenir de la Côte d’Ivoire, pays ami, mais aussi soupçonné d’être impliqué l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons, l’extradition de Blaise Compaoré.

Les autorités politiques burkinabè ont sans doute aussi manifesté leur impatiente. La « réconciliation », annoncée depuis longtemps figurait en bonne place lors de la campagne électorale précédant le scrutin de novembre 2020 (voir ci-dessous). Elle ne peut avoir lieu sans un minimum de justice.

C’est dans ce contexte difficile que le juge François Yaméogo, décide en octobre 2020, de disjoindre la procédure concernant les éléments internationaux du dossier, qui reste donc ouverte afin que l’enquête continue. Cette décision permet d’aller au procès en clôturant officiellement l’instruction sur les éléments nationaux du dossier. Il transmet donc cette partie du dossier à la chambre de contrôle de l’instruction du Tribunal militaire de Ouagadougou, chargée de vérifier la procédure et la validité l’accusation.

Le délibéré est rendu le 13 avril 2021 et confirme l’accusation de 14 inculpés sur 25 dont 3 sont en fuite et 5 personnes impliquées sont décédées depuis. Ce délibéré marque aussi le feu vert pour organiser le procès.

Et quatre jours après, le 17 avril, est organisée une cérémonie de remise du 3ème lot de documents des archives françaises, de l’ambassadeur de France au ministre délégué chargé de l’intégration et des Burkinabè de l’extérieur en présence de la presse ! Près de trois ans après la remise du deuxième lot et 4 ans et demi après la promesse d’Emmanuel Macron.

Quel contraste avec les remises de deux premiers lots faites dans la plus grande confidentialité !

Et la disjonction étant opérée, les juges chargés du procès ne se sont probablement pas préparés à traiter du complot international. L’action de le France ne devrait donc pas être évoquée lors du procès. A moins que les avocats des parties civiles, qui selon nos informations étudient pourtant les documents fournis dans le troisième lot, décident Mais n’était-ce pas là l’objectif des autorités françaises ? Et si des avocats de la partie civile venaient à l’évoquer ils risquent fort de se voir opposer l’absence d’éléments dans le dossier.

Outre la France d’autres pays sont cités comme éventuellement plus ou moins impliqués dans un complot international, le Côte d’Ivoire, La Libye, le Togo et les États-Unis, mais aussi les compagnons de Charles Taylor à l’origine du conflit sanglant qui a ensanglanté le Liberia et la Sierra Leone à partie de 1989 jusqu’en 2002.

Un procès dans un contexte de crise politique et sécuritaire

Beaucoup de Burkinabè n’osent pas croire à la tenue du procès à la date annoncée. Ils ont tellement souhaité ce moment où l’on pourra enfin juger les responsables de l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons. Enterrer leur héros lors d’obsèques nationales. Lui rendre un nouvel hommage grandiose pour passer à une autre époque. Reconstruire l’avenir de leur pays meurtri.

Alors que la campagne électorale s’était déroulé sans incident, les attaques se multiplient plus meurtrières. Dans la nuit du 4 juin, 132 personnes sont assassinées froidement dans la ville de Solhan dans le sahel, proche d’un site d’orpaillage, pendant plusieurs heures, l’armée n’étant intervenue que 6 heures plus tard. Le ministre de la défense Chérif était venu quelques jours auparavant rassurer les populations affirmant que la région était sécurisée.

Ce nouveau massacre a constitué un électrochoc…. Le ministre de la défense et le ministre de l’intérieur et de la sécurité ont été limogés.

Le 18 août 2021, plusieurs centaines de terroristes attaquent un convoi mixte composé de militaires et de civile dans le nord tuant 84 personnes dont une quinzaine de membres de forces de défense et de sécurité. Plusieurs dizaine de terroristes auraient été neutralisés.

Quelques reportages de la presse burkinabé pointent l’insuffisance de l’armement et de la formation des VDP (Volontaires pour la défense de la patrie) qui payent un lourd tribut lors des combats. D’autres en avaient vanté les mérites. La presse burkinabè diversifiée continue à faire son travail, bien que certains aient été attaqués en justice.

Les nombre de déplacés internes est passé d’environ 1100000 à 1 423 378 selon les chiffres donnés par Mme Laurence Marie Ilboudo/ Marchall, ministre en charge de la femme, de la famille, de la solidarité nationale et de l’action humanitaire lors d’une conférence de presse le 13 septembre 2021 (voir https://www.infoh24.info/deplaces-internes-laurence-marshal-ilboudo-a-denoncer-les-abus-dont-les-femmes-sont-victime )

Des manifestations importantes se sont tenues dans plusieurs villes importantes dans les régions touchées par les attaques, organisées par des leaders locaux de la société civile. Suivies peu après par des manifestations organisées par l’opposition, début juillet rassemblant des milliers de personnes, dirigée maintenant par le CDP, le parti de Blaise Compaoré, pour protester contre l’aggravation la situation sécuritaire. Malgré différentes ripostes de l’armée burkinabè et des VDP les attaques ont continué causant de nombreuses victimes.

C’est dans ce contexte que le gouvernement s’est lancé dans une campagne pour la réconciliation.

Lors de la campagne électorale des élections présidentielles de novembre 2020) (voir https://blogs.mediapart.fr/bruno-jaffre/blog/301120/burkina-roch-marc-christian-kabore-lemporte-coup-k-o-mais-mal-elu), Roch Marc Christian Kaboré promettait dans le village natal de Blaise qu’il rentrerait au Burkina avant six mois.

Zéphirin Diabré, ancien leader de l’opposition a rejoint la majorité comme ministre d’État chargé de la réconciliation et de la cohésion sociale. Il est venu rencontrer Blaise Compaoré en Côte d’ivoire pour évoquer la réconciliation et son retour éventuel au pays. Mais rien n’a filtré sur la teneur de la discussion. La date du forum de la réconciliation nationale a été fixée du 17 au 23 janvier 2022. Difficile de savoir quelle sera le contenu effectif de cette réconciliation. Les discussions ont commencé entre le gouvernement et l’opposition dirigée par le CDP. Qui a commencé par demandé la suspension des procès. Car un autre procès doit s’ouvrir, celui des membres du dernier gouvernement de Blaise Compaoré, annoncé pour bientôt où devront être jugés ceux qui ont approuvé en conseil des ministres la suppression de l’article 37 qui aurait permis à Blaise Compaoré de se représenter en 2015… Ce qui a entraîné l’insurrection d’octobre 2014.

Le pays va-t-il dans ce lourd contexte passer cette période dans la sérénité ? Les Burkinabè veulent la paix. Beaucoup même la réconciliation, mais pas à n’importe quel prix. Elle ne pourra intervenir sans la justice.

Bruno Jaffré

Source: Bruno Jaffré

https://arretsurinfo.ch/qui-a-assassine-thomas-sankara/

LA SOUVERAINETE EN OPPOSITION FERME AU NEOCOLONIALISME

Par Le 09/10/2021

La souveraineté en opposition ferme au néocolonialisme

Par Mikhail Gamandiy-Egorov

Mondialisation.ca, 08 octobre 2021

Observateur continental

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Les valeurs souverainistes et pro-multipolaires prennent de plus en plus le dessus sur l’approche néocoloniale des nostalgiques de l’unipolarité. Ces processus s’accompagnent par ailleurs d’une solidarité de plus en plus accrue entre les souverainistes des différentes régions du monde, de l’Eurasie jusqu’en Afrique, en passant par les pays occidentaux.

Le cas du Mali est aujourd’hui fort révélateur de plusieurs orientations stratégiques pour l’avenir mondial. Un pays africain qui a pu placer autant d’attention internationale au cours des dernières semaines et des derniers mois n’a rien de surprenant pour nous car l’Afrique a indéniablement le potentiel pour devenir un bloc puissant dans le monde multipolaire actuel, mais constitue une source de grand mécontentement pour le monde de l’establishment occidental, longtemps habitué à mépriser le continent africain, tout en y possédant des intérêts largement stratégiques.

En effet, les autorités maliennes font jusqu’à maintenant preuve d’une approche plus que jamais forte, patriote, souveraine, le tout sur une base de valeurs réellement panafricaines. Pour preuves: le leadership du Mali n’a pas hésité, et ce à plusieurs reprises, à mettre les points sur les «i» face à un establishment élyséen qui s’enfonce, toujours un peu plus, dans son arrogance et une mentalité d’un autre âge. Dernier exemple en date: la convocation de l’ambassadeur français en poste à Bamako par le ministère malien des Affaires étrangères.

Si cette fermeté du leadership malien, ainsi que de la large partie de la population du pays, non seulement dans la défense de la souveraineté nationale, mais également dans le choix des partenaires extérieurs, qu’ils soient africains ou eurasiatiques, a acquis une grande vague de solidarité à divers endroits du continent africain, il faut reconnaitre que de nombreux souverainistes européens, y compris français, ont également fait preuve de bons sens, en affichant leur opposition au néocolonialisme occidental en Afrique, qu’il soit anglo-saxon ou hexagonal.

Cette réalité est à prendre en compte très sérieusement. Tout d’abord, il faut certainement remettre d’autres points sur les «i». Les sentiments anti-occidentaux en Afrique, aussi bien ceux visant le système communément appelé de la Françafrique que celui des anglo-saxons, ne sont pas destinés contre les populations des pays occidentaux liés à ces systèmes purement néocoloniaux. Bien au contraire.

Et le refus de l’establishment politico-médiatique concerné de s’adapter non seulement à l’ordre multipolaire international, mais également à un cadre respectueux de la souveraineté des nations non-occidentales, ne fait qu’accélérer un peu plus sa chute annoncée. Ce qui est intéressant également à observer: c’est l’alliance sur le sujet des forces libérales orientées sur Washington et de certains qui pourtant se revendiquent en être «opposés», mais qui partagent la même vision prédatrice et néocolonialiste vis-à-vis de l’Afrique. Souvent par intérêt, des fois par conviction, d’ordinaire les deux.

Le mépris même qu’affichent ces personnages à l’encontre des Africains, notamment vis-à-vis de la capacité africaine à faire soi-même des analyses géopolitiques, démontre à quel bas niveau ils se trouvent aujourd’hui. Et vraisemblablement aucun traitement ne saura être efficace dans le cas cité. D’ailleurs, aucun étonnement à avoir lorsque les libéraux confirmés et leurs collègues réactionnaires, tentent de faire le chantage par voie de visas. En oubliant évidemment de rappeler que ce système vicieux avait été justement mis en place d’eux-mêmes pour mieux justifier la domination politique, économique, militaire, sans oublier le pillage pur et simple des ressources naturelles des pays se trouvant sous leur diktat.

En d’autres termes – on pille, mais on laisse quand même quelques miettes à travers les «aides» humanitaires et les visas de travail en certain nombre. Pourtant, il est évident que vu le potentiel que possède l’Afrique, l’immigration peut facilement partir dans l’autre sens, à condition que la souveraineté nationale soit réelle. Pour preuves, les Portugais qui partent massivement travailler en Angola, ou les Espagnols en Guinée équatoriale. Il est tout aussi clair que les représentants politiques de l’Occident ne souhaitent pas que ces exemples deviennent massifs. D’où la ferme opposition des élites anglo-saxonnes, comme hexagonales, vis-à-vis de la pleine souveraineté des nations africaines.

De façon générale, l’establishment occidental ne peut aucunement prétendre à jouer au bon samaritain en matière d’immigration, sachant que si souvent cette même immigration est tout simplement le résultat de sa politique : destruction ou déstabilisation d’Etats souverains, contrôle de la politique monétaire des pays sous domination, présence militaire qui n’apporte pas la sécurité mais ne fait qu’empirer la situation.

Le fait que de nombreux souverainistes européens, et notamment français, l’aient compris – est très rassurant pour la suite. Cela démontre que dans le cadre de la multipolarité, une véritable solidarité internationale est possible, sans hypocrisie. De même qu’une coopération multilatérale.

Mikhail Gamandiy-Egorov

La source originale de cet article est Observateur continental

Copyright © Mikhail Gamandiy-EgorovObservateur continental, 2021

https://www.mondialisation.ca/la-souverainete-en-opposition-ferme-au-neocolonialisme/5661109

SYMPOSIUM INTERNATIONAL DE LA FEDERATION SYNDICALE MONDIALE (FSM) – LE MESSAGE DE LA VIE ET LUTTE D’ERNESTO « CHE » GUEVARA

Par Le 08/10/2021

7 Octobre 2021

05 Oct 2021
Cher(e)s collègues,

A l’occasion de l’achèvement des 54 ans de l’assassinat du grand leader révolutionnaire Argentin Ernesto « Che » Guevara, le 9 octobre 1967 en Bolivie, la FSM vous invite à un Symposium International sur le thème: Le message de la vie et lutte de Che Guevara qui aura lieu:

Samedi 9 octobre 2021, à 17h00 pm, heure grecque, via ZOOM.

La Fédération Syndicale Mondiale, ses membres et amis du monde entier, nous honorons le grand militant Che, qui a contribué de manière décisive par la lutte armée au succès de la révolution Cubaine et à la construction de l’État socialiste Cubain. A travers sa vie et sa lutte, à travers son action internationaliste, nous voulons tirer des conclusions sur les luttes actuelles et futures, sur la manière dont elles doivent être menées pour servir les intérêts de la classe ouvrière et des Peuples.

Dans les conditions actuelles de la nouvelle crise financière capitaliste, de la dégradation de la santé publique, de la détérioration des conditions de travail et de vie des travailleurs, de l’aiguisement des antagonismes impérialistes, la citation de Che: « Surtout, soyez toujours capables de ressentir au plus profond de votre cœur n’importe quelle injustice commise contre n’importe qui, où que ce soit dans le monde. C’est la plus belle qualité d’un révolutionnaire » ainsi que l’ensemble de son action éclairent le chemin de la lutte, de la solidarité et de l’internationalisme prolétarien.


Merci de confirmer votre participation en envoyant aux e-mails suivants:

info@wftucentral.org et/ou athens@wftucentral.org


Les langues du symposium seront : Espagnol, anglais, français et arabe.


Lien ΖΟΟΜ:

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source : http://www.wftucentral.org/symposium-international-de-la-fsm-le-message-de-la-vie-et-lutte-dernesto-che-guevara/?lang=fr

Tag(s) : #FSM#Guevara

PANDORA PAPERS REVELE QUE DE HAUTS DIRIGEANTS POLITIQUES DONT TROIS PRESIDENTS LATINO-AMERICAINS, ONT DES COMPTES DANS DES PARADIS FISCAUX

Par Le 05/10/2021

5 Octobre 2021

Édité par Reynaldo Henquen
2021-10-04 11:54:35

      

Caracas, 4 octobre (RHC) Le Consortium International des Journalistes d’Investigation a présenté une enquête appelée "Pandora Papers" qui révèle des informations sur des comptes dans des paradis fiscaux dans une revue de 11,9 millions de documents, qui implique de hauts dirigeants politiques, dont trois présidents latino-américains.

"Fondée sur la fuite des archives des paradis fiscaux les plus vastes de l’histoire, l’enquête révèle les transactions secrètes et les avoirs cachés de plus de 330 politiciens et hauts fonctionnaires de plus de 90 pays et territoires, dont 35 dirigeants de pays" précise le document rendu public.

Le document souligne qu’à l’intérieur des archives figurent "des ambassadeurs, des maires et des ministres, des conseillers présidentiels, des généraux et le gouverneur d’une banque centrale".

L’enquête a identifié 35 chefs et anciens chefs d’État : 14 en Amérique latine, notamment le Chilien Sebastián Piñera, le Dominicain Luis Abinader, l’Équatorien Guillermo Lasso, et plus de 330 hauts fonctionnaires et hommes politiques de 91 pays.

L’ancien ministre britannique Tony Blair, l’ancien directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn, le roi Abdullah II de Jordanie, le ministre de l’Économie du Brésil Paulo Guedes, les chanteurs Julio Iglesias et Shakira et l’entraîneur Pep Guardiola figurent parmi les personnes impliqués dans ce scandale.

Selon Pandora Papers, parmi les personnalités qui ont possédé des sociétés secrètes et des trusts figurent également les Premiers ministres de la Côte d’Ivoire et de la République tchèque, les présidents du Kenya et du Gabon et les anciens présidents du Salvador, du Panama, du Paraguay et du Honduras.

L’ICIJ a précisé que les Etats-Unis sont devenus une destination de plus en plus attrayante pour la richesse cachée, bien que ce pays et ses alliés occidentaux "condamnent les pays plus petits pour avoir permis le flux d’argent et d’avoirs liés à la corruption et au crime".

L’ancien président équatorien Rafael Correa a précisé depuis son compte Twitter qu’à partir de données comme celles-ci "nous verrons qui est qui en Équateur, en Amérique latine et dans le monde. Sans paradis fiscaux, il n’y aurait pas de corruption de haut vol", a-t-il affirmé.

(Telesur)

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/272521-pandora-papers-revele-que-de-hauts-dirigeants-politiques-dont-trois-presidents-latino-americains-ont-des-comptes-dans-des-paradis-fiscaux

Tag(s) : #PandoraPapers

 

3 OCTOBRE 2021 : JOURNEE D’ACTION INTERNATIONALE DE LA FSM POUR UNE VIE DIGNIFIEE POUR LES TRAVAILLEURS ET LES PEUPLES DU MONDE ENTIER !

Par Le 03/10/2021

2 Octobre 2021

08 Sep 2021
3 octobre 2021: Journée d’action internationale de la Fédération Syndicale Mondiale sous le slogan
VIE DIGNIFIÉE
pour les travailleurs et les Peuples du monde entier!


À l’occasion du 76e anniversaire de la fondation de la FSM, le 3 octobre 1945, pour une année de plus, nous honorons son histoire et son parcours militant en promouvant les revendications suivantes:

VIE DIGNIFIÉE signifie aujourd’hui

– Des soins de santé publics et gratuits pour tous

Comme l’a prouvé la pandémie, lorsque la santé et les soins de santé sont considérés comme un coût par les États et les gouvernements, ce sont les travailleurs qui subissent les conséquences tragiques de la dégradation de la santé publique. Dès le début de la pandémie, les membres de la FSM ont revendiqué de manière dynamique des soins de santé publics et gratuits, des vaccins sûrs et gratuits pour tous. Lors du récent Symposium de la FSM sur les vaccins et les médicaments, tous les syndicalistes qui y ont participé ont défendu haut et fort  que la santé, les médicaments et les vaccins ne peuvent être des marchandises, qu’ils doivent être des biens sociaux et, par conséquent, que les brevets sur les médicaments doivent être complètement abolis. Une résolution relevante avec la décision du Symposium a été envoyée à toutes les Organisations Internationales.

– Amélioration du niveau de vie des travailleurs et des retraités

 De nos jours, les énormes richesses produites suffisent à couvrir tous les besoins contemporains de tous les travailleurs et de tous les Peuples du monde. Cependant, les contradictions entre les travailleurs et les quelques puissants ont augmenté avec le déclenchement de la nouvelle crise économique capitaliste. Sous le prétexte de la pandémie, les gouvernements ont adopté de nouvelles mesures anti-ouvrières attaquant les salaires, les pensions, les conditions de travail des travailleurs. La pauvreté, l’extrême pauvreté et le chômage sont en hausse. Les prix élevés du carburant, du chauffage et des produits de base vont détériorer la situation de tous les travailleurs et de leurs familles. Nous exigeons l’amélioration immédiate du niveau de vie des travailleurs et des retraités par l’augmentation des salaires et des pensions, avec des Conventions collectives qui garantissent des conditions de travail dignifiées, avec une sécurité sociale pour tous.

– Libertés syndicales et démocratiques

Au cours de la dernière période, les libertés syndicales et les droits démocratiques ont été limités dans le monde entier, de sorte que les Peuples acceptent l’échec des États capitalistes à gérer la pandémie, qu’ils ne réagissent pas aux nouvelles mesures anti-populaires et qu’ils n’organisent pas leur lutte contre leurs problèmes aggravés. La répression contre les manifestations ouvrières et populaires en Amérique latine, en Europe, en Asie, etc.; le terrorisme, la violence des forces de répression sous prétexte de mesures pour confiner la pandémie; les nouvelles mesures pour limiter le droit de grève, pour surveiller et contrôler les syndicats; la persécution des syndicalistes; tout ce qui précède ne doit pas faire baisser le moral des travailleurs. Comme l’histoire l’a montré à plusieurs reprises, les travailleurs et les Peuples ont le pouvoir de renverser leurs oppresseurs, ce sont eux qui ont le dernier mot lorsqu’ils luttent et promeuvent leurs revendications de manière organisée et décisive.

– Élimination du racisme et des discriminations

La FSM appelle tous les travailleurs à lutter ensemble indépendamment de leur origine, nationalité, langue et religion pour leurs intérêts communs; à renforcer la lutte conjointe contre le racisme et la xénophobie, contre les interventions impérialistes qui créent des flux de réfugiés et de migrants, pour des conditions de vie dignifiées pour les réfugiés et les migrants, pour la fin des guerres impérialistes et de l’exploitation des travailleurs locaux et étrangers.

-Protection de l’environnement

La position du mouvement syndical de classe en faveur de mesures adéquates pour protéger l’environnement et les travailleurs contre les incendies, les inondations, les tremblements de terre, les ouragans, les sécheresses, etc. est ferme. L’absence de ces mesures est diachronique et responsable des grandes catastrophes environnementales et des victimes que les Peuples déplorent après chaque catastrophe naturelle ou événement climatique extrême. Le refus criminel d’allouer des fonds, des ressources humaines et des équipements aux mesures de protection et aux infrastructures appropriées est responsable des conséquences des catastrophes, et non pas le changement climatique. Les travailleurs doivent intensifier leur lutte pour des mesures immédiates de protection de l’environnement sur la base des besoins contemporains en utilisant les progrès et les avances de la science et de la technologie.

-Solidarité ouvrière

L’expression de la solidarité et de l’internationalisme ouvriers est une arme puissante des travailleurs et des peuples qui fait pression sur les ennemis de la classe ouvrière, cultive l’amitié et le soutien parmi les travailleurs et les rend plus forts dans leurs luttes. La FSM, avec la Campagne de Solidarité et de Soulagement au Peuple Palestinien, appelle tous les militants à démontrer concrètement leur soutien à nos frères et sœurs Palestiniens, qui ont récemment été frappés par de nouveaux raids israéliens.

– Tous les peuples ont le droit de décider eux-mêmes sur leur présent et leur avenir

Pours encore une année, de nouvelles interventions et plans impérialistes ont été lancés contre les Peuples de Palestine, Cuba, Afghanistan, dans l’intérêt des monopoles des États-Unis, de l’UE, et de leurs alliés. Nous exprimons de manière stable et ferme notre solidarité avec les Peuples qui souffrent des guerres et des interventions impérialistes dans le contexte des rivalités économiques et géostratégiques des États puissants; nous renforçons notre lutte pour la paix, pour le droit des Peuples à décider eux-mêmes sur leur présent et leur avenir sans interventions extérieures. Les Organisations Internationales doivent jouer leur rôle en mettant fin aux interventions et aux sanctions contre la Syrie, le Yémen, la Palestine, Cuba, le Venezuela et l’Afghanistan. Après la mise en place réussie de trois Conférences Internationales en solidarité avec les Peuples du Venezuela, de la Palestine et de Cuba, avec beaucoup d’autres événements et actions, la riche action internationaliste de la FSM, de ses membres et de ses amis, se poursuivra.

Cher(e)s collègues,

Nous vous invitons à honorer le 3 octobre 2021, de la manière qui vous conviendra le mieux. Transmettez aux travailleurs que L’ESPOIR se trouve à nos LUTTES.

Ainsi, avec internationalisme et esprit militant, préparons-nous tous ensemble pour le 18e Congrès Syndical Mondial.

 

LE SECRÉTARIAT

source:http://www.wftucentral.org/3-octobre-2021-journee-daction-internationale-de-la-federation-syndicale-mondiale-sous-le-slogan-vie-dignifiee-pour-les-travailleurs-et-les-peuples-du-monde-entier/?lang=fr

 

Tag(s) : #FSM

MANIFESTATIONS A BAHREIN CONTRE LA NOUVELLE "AMBASSADE ISRAELIENNE"

Par Le 02/10/2021

Manifestations à Bahreïn contre la nouvelle «ambassade israélienne»

Manifestations à Bahreïn contre la nouvelle «ambassade israélienne»

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starAJOUTER AUX FAVORIS

 

Par AlAhed avec AFP

Des manifestants ont protesté vendredi 1er octobre à Bahreïn contre l'ouverture d'une «ambassade israélienne», au lendemain de l'inauguration de la «représentation diplomatique» à Manama par le «ministre israélien des Affaires étrangères».

Brandissant des drapeaux bahreïnis et palestiniens, des manifestants ont scandé «Mort à Israël» et «Non à l'ambassade israélienne à Bahreïn».

La police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser des petits rassemblements à travers ce petit pays du Golfe.

Aucune arrestation n'a été rapportée.

Dans le cadre d'une visite inédite pour un «ministre israélien des Affaires étrangères», Yaïr Lapid a inauguré jeudi la première «ambassade d'Israël» à Bahreïn, un an après la signature sous l'égide de Washington d'un accord de normalisation des relations entre les deux parties.

Le 15 septembre 2020, les Émirats arabes unis et Bahreïn étaient devenus les premiers pays du Golfe à normaliser leurs relations avec «Israël». Le Maroc et le Soudan avaient ensuite fait de même.

Les Palestiniens avaient alors dénoncé un «coup de poignard dans le dos» et une trahison de la cause palestinienne.

Allié clé des États-Unis dans le Golfe, Bahreïn est dirigé par la dynastie Al Khalifa.

Le pays est en proie à des troubles sporadiques depuis 2011, date à laquelle les autorités ont réprimé des manifestations populaires exigeant des réformes politiques.

Tous les groupes d'opposition ont été interdits et dissous. Des centaines de personnes ont été emprisonnées et certaines déchues de leur citoyenneté.

https://french.alahednews.com.lb/41650/310

VERS UNE GUERRE NUCLEAIRE ANTI-CHINE !

Par Le 27/09/2021

AUKUS: que mijote le trio USA/GB/Australie à Taîwan?

Monday, 27 September 2021 2:38 PM  [ Last Update: Monday, 27 September 2021 2:38 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Le HMS Richmond, le navire de guerre britannique, traverse le détroit de Taïwan. (Photo via Twitter)

C'est extra, le couple "précision/furtivité" atteint le détroit de Taiwan. Alors même que les Etats-Unis ont littéralement nucléariser l'Australie quitte à déclencher une guerre nucléaire contre la Chine puisque jusqu’à présent et probablement encore aujourd’hui, les États-Unis considèrent que disposer de bâtiments à propulsion nucléaire ouvre la voie rapidement à la construction de bombes atomiques et c’est pourquoi ils n’ont offert de technologie de propulsion nucléaire qu’à leur allié britannique et que par conséquent —et quoi qu’en disent les Australiens— construire des sous-marins à propulsion nucléaire prépare l’entrée de l’Australie dans le club des puissances atomiques, Taiwan dit vouloir des armes " à longue portée et précise". Simultanément à cette annonce, une régate britannique est entrée dans les eaux du détroit de Taïwan. La Chine n'a donné encore qu’une réponse discrète mais les choses peuvent littéralement changer. 

Un navire de guerre britannique a traversé lundi 27 septembre le délicat détroit de Taïwan en route vers le Vietnam.L'annonce a été faite sur le compte Twitter du HMS Richmond, une frégate déployée avec le groupe d'attaque du porte-avions britannique HMS Queen Elizabeth.  Il s'agit, selon les médias locaux, du premier navire de guerre britannique à transiter par le détroit, dit aussi de Formose, qui sépare Taïwan de la Chine continentale. En 2019, un navire de surveillance de la marine britannique avait emprunté cette route.

Chine : la

La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, n'a pas offert la dure riposte habituelle qui suit les missions américaines dans le détroit, disant seulement qu'elle espérait que "les pays concernés pourront faire plus de choses qui soient propices à renforcer la confiance mutuelle entre les pays et à vraiment maintenir la paix et la stabilité régionales".

À Taipei, le ministre taïwanais de la Défense Chiu Kuo-cheng n'a pas fait de commentaire direct lorsqu'il a été interrogé sur le navire de guerre britannique, affirmant qu'il ne savait pas quelles missions les navires étrangers effectuaient dans le détroit de Taïwan. "Lorsqu'ils traverseront le détroit de Taiwan, l'armée de notre nation aura une compréhension de la situation, mais n'interviendra pas", a-t-il déclaré aux journalistes, ajoutant qu'ils surveillaient de près tous les mouvements près de Taiwan. Le HMS Richmond britannique avait été déployé en mer de Chine orientale pour participer aux opérations d'application des sanctions des Nations unies contre la Corée du Nord.

USA: marine chinoise mobilisée

USA: marine chinoise mobilisée

Le commandement de la zone d’opération Est de l’Armée populaire de libération a déclaré que l’armée chinoise est en état d’alerte élevée, qualifiant le mouvement d’un navire de guerre américain dans le détroit de Taïwan d’« intrusion ».

Et c'est dans ce contexte que le ministre taïwanais de la Défense Chiu Kuo-cheng a annoncé ce lundi que son pays "avait besoin d'armes précises à longue portée afin de dissuader correctement une Chine qui développe rapidement ses systèmes pour attaquer l'île". Taïwan a proposé ce mois-ci des dépenses de défense supplémentaires de près de 9 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années, y compris pour de nouveaux missiles, alors qu'il mettait en garde contre un besoin urgent de mettre à niveau les armes face à la Chine. Dans un rapport écrit au Parlement accompagnant la comparution de Chiu, le ministère a déclaré que des missiles à moyenne et longue portée étaient utilisés dans des exercices d'interception dans une installation d'essai clé sur la côte sud-est de Taïwan.

MI6 à l'assaut de l'Indo-Pacifique

MI6 à l'assaut de l'Indo-Pacifique

Londres « recrute activement » de nouveaux espions qui devront être « rapidement déployés » dans la région Asie-Pacifique.

Chiu a refusé de donner des détails aux journalistes sur la portée des missiles de Taïwan, ce que le gouvernement a toujours gardé secret. Interrogé sur ce que la Chine attaquerait en premier en cas de guerre, Chiu a répondu que ce seraient les capacités de commandement et de communication de Taïwan. Taïwan se plaint depuis des mois des activités militaires chinoises répétées à proximité, en particulier des jets de l'armée de l'air entrant dans la zone de défense aérienne de Taïwan.

Mais la dynamique guerrière s'est déclenchée depuis une semaine soit depuis la naissance du trio Australie/GB/USA. Le Pacte AUKUS semble être conçu pour venir en aide à Taïwan si la Chine tentait de la récupérer par la force. Tout au plus sait-on que l’AUKUS porte sur une coopération très large en matière d’armement. Il ne s’agit pas seulement de doter l’Australie de sous-marins à propulsion nucléaire, mais aussi de la doter de missiles Tomahawks et Hornet, et de la faire participer aux recherches en matière de missiles hypersoniques (capables de rivaliser avec les missiles nucléaires russes). Genre d'arme que veut désormais Taïwan

Australie: une base de drone anti-Chine!

Australie: une base de drone anti-Chine!

Boeing a annoncé son intention de lancer une ligne de production de drones militaires en Australie.

http://french.presstv.ir/Detail/2021/09/27/667359/Sa-Majeste-dans-le-d%C3%A9troit-de-Taiwan

L’EURASIE PREND FORME : COMMENT L’OCS VIENT DE BOULEVERSER L’ORDRE MONDIAL

Par Le 27/09/2021

L’Eurasie prend forme: Comment l’OCS vient de bouleverser l’ordre mondial

Par Pepe Escobar

Mondialisation.ca, 26 septembre 2021

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Sous le regard d’un Occident à la dérive, la réunion marquant le 20ème anniversaire de l’Organisation de Coopération de Shanghai s’est concentrée sur deux objectifs clés : la restructuration de l’Afghanistan et le lancement d’une intégration eurasiatique à part entière.

Les deux moments les plus marquants du sommet historique du 20ème anniversaire de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS), qui s’est tenu à Douchanbé, au Tadjikistan, ont été les discours d’ouverture prononcés par les dirigeants du partenariat stratégique entre la Russie et la Chine.

Xi Jinping : « Aujourd’hui, nous allons lancer les procédures pour admettre l’Iran comme membre à part entière de l’OCS ».

Vladimir Poutine : « Je tiens à souligner le protocole d’accord qui a été signé aujourd’hui entre le secrétariat de l’OCS et la Commission économique eurasiatique. Il est clairement conçu pour faire avancer l’idée russe d’établir un partenariat de la Grande Eurasie couvrant l’OCS, l’EAEU (Union économique eurasiatique), l’ANASE (Association des Nations de l’Asie du Sud-Est) et l’Initiative Ceinture et Route chinoise (BRI) ».

En bref, au cours du week-end, l’Iran a été consacré dans son rôle eurasiatique légitime et primordial, et toutes les voies d’intégration eurasiatique ont convergé vers un nouveau paradigme géopolitique – et géoéconomique – mondial, avec un boom sonore qui résonnera pour le reste du siècle.

C’est ce qui s’est produit immédiatement après l’ignominieuse retraite impériale de l’Alliance atlantique en Afghanistan. Au moment même où les Taliban prenaient le contrôle de Kaboul le 15 août, le redoutable Nikolai Patrushev, secrétaire du Conseil de Sécurité de la Russie, déclarait à son collègue iranien, l’amiral Ali Shamkhani, que « la République islamique allait devenir un membre à part entière de l’OCS ».

Douchanbé s’est révélé être l’ultime croisement diplomatique. Le président Xi a fermement rejeté tout « sermon condescendant » et a mis l’accent sur les voies de développement et les modèles de gouvernance compatibles avec les conditions nationales. Tout comme Poutine, il a souligné la complémentarité de la BRI et de l’EAEU, résumant en fait un véritable manifeste multilatéraliste pour le Sud global.

Dans le même ordre d’idées, le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokayev, a noté que l’OCS devait faire progresser « le développement d’une macroéconomie régionale ». Cela se reflète dans la volonté de l’OCS de commencer à utiliser les monnaies locales pour les échanges commerciaux, en évitant le dollar américain.

Source: The Cradle

Surveillez la quadrilatérale

Douchanbé n’était pas qu’un lit de roses. Le Tadjik Emomali Rahmon, musulman laïc convaincu et ancien membre du Parti communiste de l’URSS – au pouvoir depuis pas moins de 29 ans, réélu pour la 5ème fois en 2020 avec 90% des voix – a d’emblée dénoncé la « charia médiévale » des Taliban 2.0 et déclaré qu’ils avaient déjà « abandonné leur promesse de former un gouvernement inclusif ».

Rahmon, qui n’a jamais été surpris en train de sourire devant une caméra, était déjà au pouvoir lorsque les Taliban ont conquis Kaboul en 1996. Il ne pouvait que soutenir publiquement ses cousins tadjiks contre « l’expansion de l’idéologie extrémiste » en Afghanistan, ce qui inquiète en fait tous les États membres de l’OCS lorsqu’il s’agit de démanteler des organisations djihadistes douteuses du type État islamique au Khorassan.

L’essentiel de l’affaire à Douchanbé résidait dans les rencontres bilatérales – et dans une quadrilatérale.

Prenons l’exemple de la rencontre bilatérale entre le ministre indien des Affaires étrangères, S. Jaishankar, et le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi. Jaishankar a déclaré que la Chine ne devait pas considérer « ses relations avec l’Inde à travers le prisme d’un pays tiers » et a pris soin de souligner que l’Inde « ne souscrit à aucune théorie du choc des civilisations ».

Cette déclaration n’a pas été facile à faire accepter, étant donné que le premier sommet quadrilatéral en personne aura lieu cette semaine à Washington, DC, et qu’il sera accueilli par ce « pays tiers » qui est actuellement en mode « choc des civilisations » contre la Chine.

Le premier ministre pakistanais Imran Khan était en tournée bilatérale, rencontrant les présidents de l’Iran, de la Biélorussie, de l’Ouzbékistan et du Kazakhstan. La position officielle de la diplomatie pakistanaise est que l’Afghanistan ne doit pas être abandonné, mais engagé.

Cette position nuance ce que l’envoyé spécial du président russe pour les affaires de l’OCS, Bakhtiyer Khakimov, a expliqué au sujet de l’absence de Kaboul à la table de l’OCS : « À ce stade, tous les États membres ont compris qu’il n’y a aucune raison de lancer une invitation tant qu’il n’y a pas de gouvernement légitime et généralement reconnu en Afghanistan ».

Et cela, sans doute, nous mène à la réunion clé de l’OCS : une quadrilatérale avec les ministres des Affaires étrangères de la Russie, de la Chine, du Pakistan et de l’Iran.

Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Qureshi, a affirmé : « Nous surveillons si tous les groupes sont inclus dans le gouvernement ou non ». Le cœur du problème est que, dorénavant, Islamabad coordonne la stratégie de l’OCS sur l’Afghanistan, et servira d’intermédiaire dans les négociations entre les Taliban et les hauts dirigeants tadjiks, ouzbeks et hazaras. Cela ouvrira la voie à un gouvernement inclusif reconnu par les nations membres de l’OCS.

Le président iranien Ebrahim Raïssi a été chaleureusement accueilli par tous, surtout après son discours liminaire percutant, un classique de l’Axe de la Résistance. Sa rencontre bilatérale avec le président biélorusse Alexandre Loukachenko a tourné autour d’une discussion sur la « confrontation des sanctions ». Selon Loukachenko : « Si les sanctions ont fait du tort à la Biélorussie, à l’Iran et à d’autres pays, c’est uniquement parce que nous en sommes nous-mêmes responsables. Nous n’avons pas toujours été négociables, nous n’avons pas toujours trouvé la voie que nous devions suivre sous la pression des sanctions ».

Considérant que Téhéran est parfaitement informé du rôle d’Islamabad dans l’OCS en ce qui concerne l’Afghanistan, il ne sera pas nécessaire de déployer la brigade Fatemiyoun – officieusement connue sous le nom de Hezbollah afghan – pour défendre les Hazaras. Fatemiyoun a été formée en 2012 et a joué un rôle déterminant en Syrie dans la lutte contre Daech, notamment à Palmyre. Mais si l’EI-K ne disparaît pas, c’est une toute autre histoire.

L’avenir du port de Chabahar sera particulièrement important pour les membres de l’OCS que sont l’Iran et l’Inde. Il s’agit toujours de la crypto-Route de la Soie de l’Inde, qui vise à la relier à l’Afghanistan et à l’Asie centrale. Le succès géoéconomique de Chabahar dépend plus que jamais de la stabilité de l’Afghanistan, et c’est là que les intérêts de Téhéran convergent pleinement avec ceux de la Russie et de la Chine dans le cadre de l’OCS.

Ce que la déclaration de Douchanbé de l’OCS de 2021 a énoncé au sujet de l’Afghanistan est assez révélateur :

1. L’Afghanistan doit être un État indépendant, neutre, uni, démocratique et pacifique, libéré du terrorisme, de la guerre et de la drogue.

2. Il est essentiel d’avoir un gouvernement inclusif en Afghanistan, avec des représentants de tous les groupes ethniques, religieux et politiques de la société afghane.

3. Les États membres de l’OCS, soulignant l’importance des nombreuses années d’hospitalité et d’aide efficace fournies par les pays de la région et les pays voisins aux réfugiés afghans, considèrent qu’il est important que la communauté internationale s’efforce activement de faciliter leur retour digne, sûr et durable dans leur pays.

Même si cela peut sembler un rêve impossible, c’est le message unifié de la Russie, de la Chine, de l’Iran, de l’Inde, du Pakistan et des « stans » d’Asie centrale. On peut espérer que le premier ministre pakistanais Imran Khan est à la hauteur de la tâche et prêt pour son gros plan sur l’OCS.

Cette péninsule occidentale agitée

Les Nouvelles Routes de la Soie ont été officiellement lancées il y a huit ans par Xi Jinping, d’abord à Astana – aujourd’hui Nur-Sultan – puis à Jakarta.

C’est ainsi que je l’ai rapporté à l’époque.

L’annonce a eu lieu à proximité d’un sommet de l’OCS, qui se tenait alors à Bichkek. L’OCS, largement rejetée à Washington et à Bruxelles comme un simple forum de discussion, dépassait déjà son mandat initial de lutte contre les « trois forces du mal » – le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme – et englobait la politique et la géoéconomie.

En 2013, il y a eu une trilatérale Xi-Poutine-Rouhani. Pékin a exprimé son soutien total au programme nucléaire pacifique de l’Iran (rappelez-vous, c’était deux ans avant la signature du Plan d’Action global conjoint, également connu sous le nom de JCPOA).

Bien que de nombreux experts l’aient écarté à l’époque, il existait bel et bien un front commun Chine-Russie-Iran sur la Syrie (l’Axe de la Résistance en action). Le Xinjiang était présenté comme la plaque tournante du pont terrestre eurasiatique. Le Pipelineistan était au cœur de la stratégie chinoise – du pétrole du Kazakhstan au gaz du Turkménistan. Certains se souviennent peut-être même de l’époque où Hillary Clinton, en tant que secrétaire d’État, parlait avec lyrisme d’une nouvelle route de la soie propulsée par les États-Unis.

Maintenant, comparez cela au Manifeste sur le Multilatéralisme de Xi à Douchanbé huit ans plus tard, rappelant comment l’OCS « s’est avérée être un excellent exemple de multilatéralisme au XXIe siècle » et « a joué un rôle important dans le renforcement de la voix des pays en développement ».

On ne saurait trop insister sur l’importance stratégique de ce sommet de l’OCS qui se tient juste après le Forum économique oriental (FEE) de Vladivostok. Le FEE se concentre, bien sûr, sur l’Extrême-Orient russe – et fait essentiellement progresser l’interconnectivité entre la Russie et l’Asie. Il s’agit d’une plaque tournante absolument essentielle du Grand Partenariat eurasiatique de la Russie.

Une multitude d’accords se profilent à l’horizon, de l’Extrême-Orient à l’Arctique et au développement de la route maritime du Nord, en passant par les métaux précieux, l’énergie verte, la souveraineté numérique et les couloirs logistiques entre l’Asie et l’Europe via la Russie.

Comme l’a laissé entendre Poutine dans son discours d’ouverture, c’est là tout l’enjeu du partenariat pour la Grande Eurasie : l’Union économique eurasiatique (UEE), la BRI, l’initiative de l’Inde, l’ANASE et, désormais, l’OCS, se développant en un réseau harmonisé, géré de manière cruciale par des « centres de décision souverains ».

Ainsi, si la BRI propose une très taoïste « communauté d’avenir partagé pour le genre humain », le projet russe, conceptuellement, propose un dialogue des civilisations (déjà évoqué par les années Khatami en Iran) et des projets économico-politiques souverains. Ils sont, en effet, complémentaires.

Glenn Diesen, professeur à l’Université du sud-est de la Norvège et rédacteur en chef de la revue Russia in Global Affairs, fait partie des très rares universitaires de haut niveau qui analysent ce processus en profondeur. Son dernier livre raconte remarquablement toute l’histoire dans son titre : « L’Europe en tant que péninsule occidentale de la Grande Eurasie : les régions géoéconomiques dans un monde multipolaire ». Il n’est pas certain que les eurocrates de Bruxelles – esclaves de l’atlantisme et incapables de saisir le potentiel de la Grande Eurasie – finiront par exercer une véritable autonomie stratégique.

Diesen évoque en détail les parallèles entre les stratégies russe et chinoise. Il note comment la Chine « poursuit une initiative géoéconomique à trois piliers en développant un leadership technologique via son plan Chine 2025, de nouveaux couloirs de transport via son Initiative Ceinture et Route de plusieurs milliards de dollars, et en établissant de nouveaux instruments financiers tels que des banques, des systèmes de paiement et l’internationalisation du yuan. La Russie poursuit de la même manière la souveraineté technologique, dans la sphère numérique et au-delà, ainsi que de nouveaux couloirs de transport tels que la Route maritime du Nord à travers l’Arctique, et, principalement, de nouveaux instruments financiers ».

L’ensemble du Sud global, assommé par l’effondrement accéléré de l’Empire occidental et de son ordre unilatéral fondé sur des règles, semble désormais prêt à embrasser le nouveau sillon, pleinement affiché à Douchanbé : une Grande Eurasie multipolaire d’égaux souverains.

Pepe Escobar

Article original en anglais :

Eurasia Takes Shape: How the SCO Just Flipped the World Order

Cet article en anglais a été publié initialement par The Cradle.

Traduit par Réseau International

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Pepe Escobar, Mondialisation.ca, 2021

https://www.mondialisation.ca/leurasie-prend-forme-comment-locs-vient-de-bouleverser-lordre-mondial/5660622

LA CONSOLIDATION EURASIATIQUE MET FIN AU MOMENT UNIPOLAIRE DES ETATS-UNIS ET ANNONCE LE DEBUT D’UN NOUVEL ORDRE GEOPOLITIQUE ET GEOECONOMIQUE

Par Le 25/09/2021

La consolidation eurasiatique met fin au moment unipolaire des États-Unis

Le sommet du 20ème anniversaire de l’OCS a annoncé le début d’un nouvel ordre géopolitique et géoéconomique.

Par Pepe Escobar

Mondialisation.ca, 25 septembre 2021

Asia Times

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Le sommet du 20ème anniversaire de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS), qui s’est tenu à Douchanbé, au Tadjikistan, a consacré rien de moins qu’un nouveau paradigme géopolitique.

L’Iran, désormais membre à part entière de l’OCS, a retrouvé son rôle eurasiatique traditionnellement prépondérant, à la suite du récent accord de commerce et de développement de 400 milliards de dollars conclu avec la Chine. L’Afghanistan a été le sujet principal, tous les acteurs s’accordant sur la voie à suivre, comme le précise la déclaration de Douchanbé. Et toutes les voies d’intégration eurasiatiques convergent désormais, à l’unisson, vers le nouveau paradigme géopolitique – et géoéconomique.

Appelez cela une dynamique de développement multipolaire en synergie avec l’Initiative Ceinture et Route chinoise.

La déclaration de Douchanbé était assez explicite sur ce que visent les acteurs eurasiatiques : « un ordre mondial plus représentatif, démocratique, juste et multipolaire fondé sur les principes universellement reconnus du droit international, la diversité culturelle et civilisationnelle, la coopération mutuellement bénéfique et égale des États sous le rôle central de coordination de l’ONU ».

Malgré les immenses défis inhérents au puzzle afghan, des signes d’espoir sont apparus mardi (21 septembre), lorsque l’ancien président afghan Hamid Karzai et l’envoyé de la paix Abdullah Abdullah ont rencontré à Kaboul l’envoyé présidentiel russe Zamir Kabulov, l’envoyé spécial chinois Yue Xiaoyong et l’envoyé spécial pakistanais Mohammad Sadiq Khan.

Cette troïka – Russie, Chine, Pakistan – est à l’avant-garde de la diplomatie. L’OCS est parvenue à un consensus selon lequel Islamabad coordonnera avec les Taliban la formation d’un gouvernement inclusif comprenant des Tadjiks, des Ouzbeks et des Hazaras.

La conséquence la plus flagrante et la plus immédiate de l’intégration de l’Iran par l’OCS, mais aussi de la prise du taureau afghan par les cornes, pleinement soutenue par les « stans » d’Asie centrale, est que l’Empire du Chaos a été complètement marginalisé.

Le président russe Vladimir Poutine participe à une réunion du Conseil des chefs d’État de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) qui se tient à Douchanbé, par vidéoconférence, à la résidence d’État de Novo-Ogaryovo, dans les environs de Moscou, en Russie.

De l’Asie du Sud-Ouest à l’Asie centrale, une véritable réinitialisation a pour protagonistes l’OCS, l’Union économique eurasiatique, la BRI et le partenariat stratégique Russie-Chine. L’Iran et l’Afghanistan – les chaînons manquants jusqu’à présent, pour différentes raisons – sont désormais pleinement intégrés à l’échiquier.

Dans l’une de mes fréquentes conversations avec Alastair Crooke, un éminent analyste politique, il évoquait une fois de plus « Le Léopard » de Giuseppe Tomasi di Lampedusa : Il faut que tout change pour que rien ne change.

En l’occurrence, l’hégémonie impériale, telle qu’interprétée par Washington : « Dans sa confrontation croissante avec la Chine, un Washington impitoyable a démontré que ce qui compte pour lui désormais n’est pas l’Europe mais la région indo-pacifique ». C’est le terrain privilégié de la guerre froide 2.0.

La position de repli des États-Unis – qui ne disposent que d’un faible potentiel pour contenir la Chine après avoir été pratiquement expulsés du heartland de l’Eurasie – devait être un jeu de puissance maritime classique : « l’Indo-Pacifique libre et ouvert », avec le Quad et l’AUKUS, le tout présenté comme un « effort » visant à préserver la suprématie américaine déclinante.

Le contraste frappant entre le mouvement d’intégration continentale de l’OCS et le pari « nous vivons tous dans un sous-marin australien » (mes excuses à Lennon-McCartney) parle de lui-même. Un mélange toxique d’orgueil démesuré et de désespoir est dans l’air, sans même un soupçon de pathos pour atténuer la chute.

Le président iranien Ebrahim Raïssi participe au sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) à Douchanbé, au Tadjikistan, le 17 septembre 2021.

Le Sud global n’est pas impressionné. S’adressant au forum de Douchanbé, le président russe Vladimir Poutine a fait remarquer que le portefeuille des nations qui frappent à la porte de l’OCS est énorme.

L’Égypte, le Qatar et l’Arabie Saoudite sont désormais des partenaires de dialogue de l’OCS, au même titre que l’Afghanistan et la Turquie. Il est fort possible qu’ils soient rejoints l’année prochaine par le Liban, la Syrie, l’Irak, la Serbie et des dizaines d’autres pays.

Et cela ne s’arrête pas à l’Eurasie. Dans son discours très opportun devant la CELAC, le président chinois Xi Jinping a invité pas moins de 33 nations d’Amérique latine à faire partie des Nouvelles Routes de la Soie Eurasie-Afrique-Amérique.

Souvenez-vous des Scythes

L’Iran, protagoniste de l’OCS et centre des Nouvelles Routes de la Soie, a retrouvé son rôle historique légitime. Au milieu du premier millénaire avant notre ère, les Iraniens du nord régnaient sur le cœur des steppes de l’Eurasie centrale. À cette époque, les Scythes avaient migré dans la steppe occidentale, tandis que d’autres Iraniens des steppes avaient fait des incursions jusqu’en Chine.

Les Scythes – un peuple du nord (ou de « l’est ») de l’Iran – n’étaient pas nécessairement de féroces guerriers. C’est un stéréotype grossier. Très peu d’Occidentaux savent que les Scythes ont développé un système commercial sophistiqué, décrit entre autres par Hérodote, qui reliait la Grèce, la Perse et la Chine.

Et pourquoi cela ? Parce que le commerce était un moyen essentiel pour soutenir leur infrastructure sociopolitique. Hérodote s’en est rendu compte parce qu’il a visité la ville d’Olbia et d’autres endroits en Scythie.

Les Scythes étaient appelés Sakas par les Perses – et cela nous mène à un autre territoire fascinant : les Sakas pourraient avoir été l’un des principaux ancêtres des Pachtounes en Afghanistan.

Qu’y a-t-il dans un nom – Scythe ? Eh bien, une multitude de choses. La forme grecque Scytha signifie « archer » en Iran du Nord. C’était donc la dénomination de tous les peuples iraniens du nord vivant entre la Grèce à l’ouest et la Chine à l’est.

Carte de la Scythie : Wikipedia

Imaginez maintenant qu’un réseau commercial international très actif se développe à travers le cœur de l’Eurasie centrale, sous l’impulsion des Scythes, des Sogdiens et même des Xiongnu – qui n’ont cessé de se battre contre les Chinois, comme l’indiquent les premières sources historiques grecques et chinoises.

Ces Eurasiens centraux commerçaient avec tous les peuples vivant à leurs frontières : Européens, Asiatiques du Sud-Ouest, Asiatiques du Sud et Asiatiques de l’Est. Ils étaient les précurseurs des multiples Anciennes Routes de la Soie.

Les Sogdiens ont succédé aux Scythes ; la Sogdiane était un État gréco-bactrien indépendant au IIIe siècle avant J.-C. – englobant des régions du nord de l’Afghanistan – avant d’être conquise par des nomades venus de l’est qui ont fini par établir l’empire Kushan, qui s’est rapidement étendu au sud de l’Inde.

Zoroastre est né en Sogdiane ; le zoroastrisme a été énorme en Asie centrale pendant des siècles. Les Kushans, pour leur part, ont adopté le bouddhisme : c’est ainsi que le bouddhisme a fini par arriver en Chine.

Au premier siècle de notre ère, tous ces empires d’Asie centrale étaient liés – par un commerce à longue distance – à l’Iran, à l’Inde et à la Chine. C’est la base historique des multiples et Anciennes Routes de la Soie, qui ont relié la Chine à l’Occident pendant plusieurs siècles, jusqu’à ce que l’ère des découvertes configure la fatidique domination du commerce maritime occidental.

Plus qu’une série de phénomènes historiques liés entre eux, la « Route de la Soie » est une métaphore de la connectivité interculturelle. C’est ce qui est au cœur du concept chinois des Nouvelles Routes de la Soie. Et les gens ordinaires de l’intérieur du pays le ressentent parce que c’est imprimé dans l’inconscient collectif en Iran, en Chine et dans tous les « stans » d’Asie centrale.

La revanche du heartland

Glenn Diesen, professeur à l’Université du sud-est de la Norvège et rédacteur en chef de la revue Russia in Global Affairs, fait partie des très rares universitaires de haut niveau qui analysent en profondeur le processus d’intégration de l’Eurasie.

Son dernier livre résume pratiquement toute l’histoire dans son titre : « L’Europe en tant que péninsule occidentale de la Grande Eurasie : les régions géoéconomiques dans un monde multipolaire ».

Diesen montre, en détail, comment une « région de la Grande Eurasie, qui intègre l’Asie et l’Europe, est actuellement négociée et organisée avec, au centre, un partenariat sino-russe. Les instruments géoéconomiques de pouvoir de l’Eurasie forment progressivement les bases d’une super-région avec de nouvelles industries stratégiques, des corridors de transport et des instruments financiers. Sur le continent eurasiatique, des États aussi différents que la Corée du Sud, l’Inde, le Kazakhstan et l’Iran proposent tous divers formats d’intégration de l’Eurasie ».

Le partenariat pour la Grande Eurasie est au centre de la politique étrangère russe au moins depuis le forum de Saint-Pétersbourg en 2016. Diesen note dûment que, « si Pékin et Moscou partagent l’ambition de construire une région eurasienne plus vaste, leurs formats diffèrent. Le dénominateur commun des deux formats est la nécessité d’un partenariat sino-russe pour intégrer l’Eurasie ». C’est ce qui a été dit très clairement lors du sommet de l’OCS.

Il n’est pas étonnant que ce processus irrite énormément l’Empire, car la Grande Eurasie, dirigée par la Russie et la Chine, est une attaque mortelle contre l’architecture géoéconomique de l’atlantisme. Et cela nous amène au débat de nid-de-vipères autour du concept européen « d’autonomie stratégique » par rapport aux États-Unis ; ce serait essentiel pour établir une véritable souveraineté européenne – et, à terme, une intégration plus étroite au sein de l’Eurasie.

Glenn Diesen. Photo: we.hse.ru

La souveraineté européenne est tout simplement inexistante lorsque sa politique étrangère se résume à la soumission à l’OTAN dominatrice. Le retrait humiliant et unilatéral d’Afghanistan, couplé à l’AUKUS exclusivement anglo-saxon, a illustré de manière flagrante que l’Empire se fiche éperdument de ses vassaux européens.

Tout au long du livre, Diesen montre, en détail, comment le concept d’Eurasie unifiant l’Europe et l’Asie « a été à travers l’histoire une alternative à la domination des puissances maritimes dans l’économie mondiale centrée sur l’océan », et comment « les stratégies britanniques et américaines ont été profondément influencées » par le fantôme d’une Eurasie émergente, « une menace directe pour leur position avantageuse dans l’ordre mondial océanique ».

Aujourd’hui, le facteur crucial semble être la fragmentation de l’atlantisme. Diesen identifie trois niveaux : le découplage de facto de l’Europe et des États-Unis, favorisé par l’ascension de la Chine ; les divisions internes ahurissantes de l’UE, renforcées par l’univers parallèle habité par les eurocrates de Bruxelles ; enfin, et surtout, la « polarisation au sein des États occidentaux » causée par les excès du néolibéralisme.

Juste au moment où nous pensons en être sortis, Mackinder et Spykman nous y ramènent. C’est toujours la même histoire : l’obsession anglo-américaine d’empêcher la montée d’un « concurrent pair » (Brzezinski) en Eurasie, ou d’une alliance (Russie-Allemagne à l’époque de Mackinder, aujourd’hui le partenariat stratégique Russie-Chine) capable, comme le dit Diesen, « d’arracher le contrôle géoéconomique aux puissances océaniques ».

Autant les stratèges impériaux restent otages de Spykman – qui a décrété que les États-Unis devaient contrôler la périphérie maritime de l’Eurasie – autant ce n’est certainement pas l’AUKUS/Quad qui va y parvenir.

Très peu de gens, à l’Est comme à l’Ouest, se souviennent peut-être que Washington avait développé son propre concept de Route de la Soie pendant les années Bill Clinton – plus tard coopté par Dick Cheney avec une tournure Pipelineistan, pour ensuite revenir à Hillary Clinton qui a annoncé son propre rêve de Route de la Soie en Inde en 2011.

Diesen nous rappelle qu’Hillary ressemblait remarquablement à un proto-Xi : « Travaillons ensemble pour créer une nouvelle route de la soie. Pas une simple voie de circulation comme son homonyme, mais une toile et un réseau international de connexions économiques et de transit. Cela signifie construire davantage de lignes ferroviaires, d’autoroutes, d’infrastructures énergétiques, comme le pipeline proposé qui partirait du Turkménistan, traverserait l’Afghanistan, le Pakistan et l’Inde ».

Hillary se fait le Pipelineistan ! Finalement, elle ne l’a pas fait. La réalité veut que la Russie relie ses régions d’Europe et du Pacifique, tandis que la Chine relie sa côte orientale développée au Xinjiang, et que toutes deux relient l’Asie centrale. Diesen l’interprète comme la Russie « achevant sa conversion historique d’un empire européen/slave à un État civilisationnel eurasien ».

En fin de compte, nous en revenons donc aux… Scythes. Le concept néo-eurasien dominant fait revivre la mobilité des civilisations nomades – via des infrastructures de transport de pointe – pour tout relier entre l’Europe et l’Asie.

On pourrait appeler cela la Revanche du « Heartland » : ce sont les puissances qui construisent cette nouvelle Eurasie interconnectée. Dites adieu à l’éphémère moment unipolaire des États-Unis de l’après-Guerre froide.

Pepe Escobar

 

Article original en anglais : Eurasian consolidation ends the US unipolar moment, Asia Times, le 22 septembre 2021.

Traduit par Réseau International

La source originale de cet article est Asia Times

Copyright © Pepe EscobarAsia Times, 2021

https://www.mondialisation.ca/la-consolidation-eurasiatique-met-fin-au-moment-unipolaire-des-etats-unis/5660580

COMMENT LES SOUS-MARINS NUCLEAIRES POURRAIENT TORPILLER LE FRONT ANTI-CHINE

Par Le 24/09/2021

Comment les sous-marins nucléaires pourraient torpiller le front anti-Chine

 

23 Sep 2021

   

La France et l’Allemagne ne peuvent ignorer que s’agissant de l’Indo-Pacifique, Washington est prêt à dépenser plus de capital politique et à investir davantage dans ses liens de sécurité et de défense avec le Royaume-Uni et l’Australie avant de se tourner vers les puissances européennes.

 

Déjà pour l’Afghanistan, le président Biden n’avait même pas consulté les alliés européens en annonçant en avril le retrait des troupes. À présent, l’annonce de l’AUKUS ne peut que renforcer le point de vue français selon lequel l’UE a besoin de la capacité de défendre ses intérêts dans la région indopacifique. 

De même, l’AUKUS souligne que la position des États-Unis envers l’Australie au sein du QUAD[1] est très différente de celle qu’ils adoptent envers le Japon et l’Inde.

D’ailleurs, le haut fonctionnaire de Washington qui a briefé les médias sur l’accord avec l’Australie le 15 septembre était très clair lorsqu’on lui a demandé s’il était possible que les États-Unis étendent cette coopération à d’autres pays. Il a répondu :

« Je tiens à le souligner : nous considérons qu’il s’agit d’un engagement très rare entre l’Australie, la Grande-Bretagne et les États-Unis. Nous ne l’avons fait qu’une seule fois auparavant… C’était il y a presque 70 ans avec la Grande-Bretagne… Cette technologie est extrêmement sensible.  C’est, franchement, une exception dans notre politique à bien des égards.  Je ne pense pas que cela sera entrepris dans d’autres circonstances à l’avenir.  Nous considérons cela comme un cas unique. »

Bien entendu, ni le Japon ni l’Inde ne revêtent une importance géopolitique aussi impérieuse pour Washington que l’Australie, qui est le pivot de la stratégie indopacifique des États-Unis – avec l’océan Indien à l’ouest et l’océan Pacifique à l’est. C’est pourquoi Washington équipe l’Australie d’une flotte de sous-marins à propulsion nucléaire dernier cri pour patrouiller dans l’océan Indien comme dans l’océan Pacifique.

Bien que Washington et Delhi puissent avoir des intérêts communs, ils ont également des divergences significatives. L’Inde ne penchera pas complètement du côté US comme l’Australie le fait. Washington et New Delhi ont des besoins politiques différents à moyen et long terme. L’Inde aura aussi ses propres ambitions.

L’AUKUS sera certainement étudié avec attention à Tokyo et à Delhi, et il influencera leurs choix stratégiques. Beaucoup de choses restent encore dans l’ombre au sujet de ce « partenariat de sécurité trilatéral renforcé » entre trois « démocraties maritimes ». Y aura-t-il un traité directeur ?  

Il ne fait aucun doute que les États-Unis chercheront à construire une base plus solide et plus large pour leur stratégie indopacifique, l’AUKUS et le QUAD se complétant mutuellement. Toutefois, dans le cadre du QUAD, l’Australie se distingue désormais comme étant « plus égale » que le Japon et l’Inde au regard de la bonne volonté US de partager des technologies super sensibles.  Le Japon et l’Inde vont devoir digérer ce « coup psychologique ».

Le ministre des Affaires étrangères, S. Jaishankar, a téléphoné à son homologue français. Jaishankar a ensuite tweeté : « J’ai discuté des récents développements dans la région indopacifique et en Afghanistan avec mon ami le ministre des Affaires étrangères @JY_LeDrian, et j’attends avec impatience notre rencontre à New York. »

Il semblerait que la dimension industrielle britannique dans le projet de sous-marin ait déterminé le partenariat AUKUS. Curieusement, Dominic Rabb a été sommairement écarté du Foreign Office pour être nommé ministre de la Justice: lors du G7, il avait émis des réserves sur cet AUKUS qui ne manquerait pas de contrarier la Chine et la France.

Le Premier ministre Boris Johnson, dans ses déclarations du 15 septembre concernant l’AUKUS, a souligné à deux reprises, à l’intention de l’opinion nationale, que des intérêts commerciaux étaient impliqués. Comme il l’a dit, « les autres opportunités offertes par l’AUKUS [seront] la création de centaines d’emplois hautement qualifiés à travers le Royaume-Uni, y compris en Écosse, dans le nord de l’Angleterre et dans les Midlands, ce qui permettra au gouvernement de poursuivre son objectif de nivellement par le haut dans tout le pays ».

« Nous aurons une nouvelle opportunité de renforcer la place de la Grande-Bretagne à la pointe de la science et de la technologie, en renforçant notre expertise nationale… Maintenant, le Royaume-Uni va se lancer dans ce projet aux côtés de nos alliés, rendant le monde plus sûr et générant des emplois à travers notre Royaume-Uni. » 

Le Royaume-Uni ayant besoin de l’approbation de Washington pour transférer des éléments de la technologie du système à propulsion nucléaire, cela explique aussi pourquoi les discussions ont débouché sur une alliance tripartite.

Toutefois, la capacité de l’Australie à exploiter ces moyens de défense extrêmement coûteux et puissants sera toujours soumise au veto des États-Unis. Cela signifie que l’ensemble du programme conduira inévitablement à une intégration opérationnelle plus poussée avec les États-Unis. Il ne fait aucun doute que l’Australie cède une grande partie de sa souveraineté au passage.

Autrement dit, l’AUKUS est un coup de poker australien sur les politiques US. Que se passera-t-il si, dans trois ans, quelqu’un comme Donald Trump entre à la Maison-Blanche ? C’est une chose.

Mais plus important encore, comme l’a noté le professeur Hugh White, auteur australien chevronné et spécialiste de la Chine, l’AUKUS est « plein de risques », car il « change la façon dont l’Australie aborde la région. »

Il a déclaré : « Dans l’escalade de la rivalité entre les États-Unis et la Chine, nous nous rangeons du côté des États-Unis et nous parions qu’ils vont gagner. Mais le fait est que si nous nous projetons 10 ou 20 ans en avant, je ne pense pas que nous puissions supposer que les États-Unis vont réussir à repousser efficacement la Chine. »

 

Source originale: Indian Punchline (sous le titre Ruckus over AUKUS isn’t an edifying sight)

Traduit de l’anglais par Investig’Action

Note:

[1] Le QUAD, dialogue de sécurité quadrilatéral, regroupe les États-Unis, le Japon, l’Inde et l’Australie. Initié par Washington, il vise à créer un bloc antichinois en Asie.

https://www.investigaction.net/fr/comment-les-sous-marins-nucleaires-pourraient-torpiller-le-front-anti-chine/

AUSTRALIE : UNE BASE DE DRONES ANTI-CHINE !

Par Le 23/09/2021

Boeing envisage de construire un drone militaire en Australie

Thursday, 23 September 2021 6:55 PM  [ Last Update: Thursday, 23 September 2021 6:55 PM ]

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Un drone Loyal Wingman. ©Boeing

Alors que les réactions au récent accord militaire Washington-Londres avec Canberra se poursuivent, Boeing a annoncé son intention de lancer une ligne de production de drones militaires en Australie.

Cités par l’Associated Press, Boeing Aerospace Corp., basé à Chicago, a annoncé son intention de construire un nouveau type de drone militaire, affirmant la désignation de la ville australienne de Toowoomba dans l’Etat de Queensland comme destination finale pour l'assemblage de drones militaires américains Loyal Wingman.

Boeing a annoncé le choix de la ville pour produire des drones militaires, alors que le récent accord militaire américano-britannique avec l'Australie fait toujours la une des médias, et des responsables de divers pays ont commenté cet accord.

Washington et Londres devraient aider Canberra à construire et déployer un sous-marin nucléaire, selon une partie d'un accord conclu jeudi dernier lors de la réunion trilatérale du président américain Joe Biden avec les Premiers ministres britannique et australien Boris Johnson et Scott Morrison.

MI6 à l'assaut de l'Indo-Pacifique

MI6 à l'assaut de l'Indo-Pacifique

Londres « recrute activement » de nouveaux espions qui devront être « rapidement déployés » dans la région Asie-Pacifique.

L'accord tripartite a suscité de vives réactions et condamnations de la part de la Chine, provoquant également de vives critiques des responsables indonésiens, malaisiens et russes.

Scott Carpendale, PDG de Boeing Australia, affirme que la production de nouveaux avions, dotés de l'intelligence artificielle, sera planifiée prochainement et que des drones militaires doivent être construits dans les installations de l'aéroport de Wolkamp.

Boeing Australia développe six de ces avions en collaboration avec la Royal Australian Air Force. Selon l'AP, il s'agit du premier avion de chasse militaire conçu et fabriqué en Australie depuis un demi-siècle.

La nouvelle intervient sur fond de la trahison de la France par Washington au sujet des sous-marins nucléaires destinés à l’Australie qui signale un énorme changement géopolitique dans la stratégie américaine.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a qualifié la décision de l'Australie de coup de couteau dans le dos. Il a appelé les Européens à « réfléchir bien » aux alliances, et a dénoncé « l’unilatéralisme, l’ignorance, la cruauté et le manque de respect envers son partenaire » de l’administration du président américain Joe Biden.

Dans sa confrontation croissante avec la Chine, un Washington impitoyable a démontré que ce qui compte désormais pour lui, ce n’est pas l’Europe [ni même le Moyen-Orient], mais la région indopacifique. C’est là que la nouvelle guerre froide va être menée.

Sous-marins: la France quittera l'OTAN?

Sous-marins: la France quittera l'OTAN?

http://french.presstv.ir/Detail/2021/09/23/667133/Australie-USA-nouvel-accord-militaire

L'ESSOUFFLEMENT D'UNE PRETENDUE PUISSANCE

Par Le 23/09/2021

L’essoufflement d’une prétendue puissance

Par Maryse Laurence Lewis

Mondialisation.ca, 23 septembre 2021

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Malgré l’aménagement d’environ 800 bases militaires, grugeant insidieusement la Terre, à la manière des mines antipersonnel, les États-Unis ne s’avèrent plus une super-puissance, si on se réfère aux nombreuses défaites de son histoire militaire. Les Chinois qualifie ce géant de « tigre de papier ». En effet, de petits pays comme la Corée du Nord et le Viêt-Nam l’ont embourbé. Ses armées officielles ou de mercenaires furent expulsées de Syrie, déroutées d’Afghanistan… On évalue à huit milliards de dollars US le coût de ses défaites aux Moyen-Orient. Le budget militaire de ce pays s’élevait à 740 milliards de dollars en 2020 et atteindra 756 milliards en 2022. Un exploit facilité par la réduction des apports aux services sociaux, bien que ceux-ci soient payés par les taxes et impôts des citoyens. ¹

Le 11 septembre 2001, trois forteresses s’écroulèrent de manière ahurissante aux États-Unis. Deux en entier, l’autre perdant une aile. L’aigle à tête blanche ne planait plus aussi orgueilleusement. Trois jours plus tard, on demandait aux habitants de la planète d’observer une minute de silence, en communion avec les victimes des attentats exécutés à New York. J’ai entendu ce message et je compatis avec les employés qui se trouvaient en poste ce matin-là; avec les touristes qui ont été prisonniers des tours jumelles et des allées du Pentagone; avec les enfants qui ont vu ce drame, alors qu’ils croyaient vivre en un État privilégié; avec les pompiers, secouristes et policiers morts en service, sous les décombres. En tant que citoyenne d’un pays où l’on prétend accorder aux individus la liberté d’expression, je propose également d’observer une minute de silence. 

Une minute de silence… 

Pour la douzaine de millions d’autochtones, éliminés pendant la colonisation des États-Unis. Une minute pour les Mexicains contraints de guerroyer, lorsque les États-Unis décidèrent d’annexer de force une partie de leurs terres. Une minute pour les générations d’esclaves africains maintenus dans la peur, le boulet au pied, par un État qui prétendait s’ouvrir au monde et permettre la réalisation de tous les rêves. Et pour leurs descendants haïtiens, soumis aux intérêts de l’Oncle Sam dès 1915. Une minute pour les 230,000 civils calcinés par les bombes atomiques lancées par les États-Unis, sur Hiroshima et Nagasaki. Une autre pour les civils morts pendant la guerre de Corée, durant laquelle les anti-communistes se sont enlisés. Une minute pour les victimes de l’esclavage, suivi d’un régime d’apartheid, en Afrique du Sud, pendant lequel aucun comité de l’ONU ne parvint à imposer d’embargo. Son achèvement et la libération de l’avocat Mandela furent négociés, en partie, grâce à Fidel Castro qui retira ses troupes d’Angola. Ce révolutionnaire cubain que les États-Unis ont incité à se déclarer communiste et président à vie, suite à des menaces d’invasion, alors que son gouvernement ne cherchait qu’à nationaliser les entreprises et donner des terres aux paysans, spoliés par les intérêts étrangers et la mainmise de Batista. J’ajoute une minute pour la population du Viêt-Nam, assassinée, brûlée vive par le napalm fabriqué par l’ancêtre de la compagnie Monsanto. Une minute pour rappeler l’amitié du Président Reagan pour Ferdinand Marcos qui enfonça les Philippins dans la pauvreté, tout en proclamant la loi martiale jusqu’à sa prise absolue du pouvoir. ²

Une minute pour les Chiliens victimes de la répression militaire d’Augusto Pinochet, parvenu à renverser le gouvernement de Salvador Allende, grâce au soutien de la CIA. Une autre pour souligner que le gouvernement des États-Unis ne s’est pas empressé de sauver la population Haïtienne, sous le régime de papa Duvalier, et rappeler qu’on a permis à son fils de se réfugier en France, avec l’argent du peuple. Quoique la CIA ait contribué au renversement de Jacobo Arbenz, en 1954, lequel eut l’audace de procéder à une réforme agraire, en faveur des paysans, et déloger des multinationales qui mutaient son pays en « république de bananes », on n’intervint pas lors des dictatures suivantes. Une minute, donc, pour les 200,000 morts et 43,000 réfugiés Mayas et Métis, assassinés au Guatemala, par le régime xénophobe de Rios Montt. Une minute pour les victimes des Contras, entraînés par les États-Unis, en vue de renverser le gouvernement sandiniste opposé à la dictature de la famille Somoza, au Nicaragua. En 1980, on dilapida un million de dollars dans cette opération belliqueuse. ³

Déjà, en 1953, l’Iran à tendance laïque du Premier ministre Mossaddegh, déplaisait par ses réformes agraires, ses aides sociales et la nationalisation du pétrole. On mit fin à cette embellie politique en le remplaçant par le général Fazlollah Zahedi. La nappe pétrolière fut remise aux mains étrangères et le Shah Pahlavi put polir gentiment ses griffes. Après la nationalisation de l’Irak Petroleum Company, au détriment de l’Angleterre et des États-Unis, le gouvernement d’Ahmad Hasan Al-Bakr donnait-il trop de droits aux femmes, en prônant la laïcité? En 1979, on l’incita à démissionner pour le remplacer par Saddâm Hussein. J’ajoute donc une minute pour les innombrables civils iraniens, morts au cours des années de guerre entreprise contre eux, lorsque Saddâm Hussein bénéficiait des bonnes grâces des États-Unis, sous forme d’armements, entre 1980 et 1988, cette fois pour combattre un meneur des plus religieux… Trop sûr de lui, en 1990, il envahit le Koweït (une portion de l’ancien territoire irakien enlevé jadis par l’Angleterre). De protégé, Saddâm Hussein devient l’ennemi des États-Unis et des intérêts européens. On l’accusa de dissimuler des armes de destruction massive, alors que les Français et les États-uniens savaient très bien quelles armes il possédait, puisqu’ils les lui vendaient! Je sollicite donc une minute de silence tragique, pour les milliers d’enfants qui moururent en Irak, des suites de l’embargo imposé par les États-Unis sur ce pays. 4

Une minute pour rappeler l’envahissement de la Grenade, considérée trop socialiste par les États-Unis. Une minute pour dire que l’armée états-unienne eut l’occasion de tester de fines armes sur la population du Panama, lorsque leur ancien collaborateur, Noriega, prit trop d’indépendance et de pouvoir à son goût. Une minute pour rappeler que de haut gradés américains ont demandé qu’on taise l’annonce d’un génocide au Rwanda, pays pauvre habité par des Noirs, qui ne présentait aucun intérêt justifiant une intervention humaine. On cacha aussi la vente d’armes réalisée par Israël aux dirigeants du pays. Une minute pour rappeler que les États-Unis ont aidé le dictateur Suharto a prendre le pouvoir en Indonésie. Son invasion du Timor oriental fit périr 80,000 personnes, tandis que 300,000 autres perdaient leur gîte et plus de 100,000 citoyens moururent des suites du saccage de leur île. Une minute pour la population civile de l’ancienne République fédérale de Yougoslavie, en 1999, et du Kosovo, en 2008, qui souffrira pendant des générations des bombardements d’uranium appauvri lancé par la main généreuse des États-Unis, sous l’égide de l’OTAN, malgré les résolutions de l’ONU et l’interdiction fictive d’armes de destruction massive. Une minute pour les Russes qui goûtent maintenant au capitalisme. Une pour féliciter les États-uniens, défenseurs de la paix sur Terre, de parvenir à augmenter leur vente d’armes cette année 2001, se propulsant au rang de fournisseur de la moitié de tout l’arsenal vendu à travers le monde. 5

Je propose une minute intensive d’écoute de Baby Bush, déclarant vengeance et guerre, sous le conseil de son papa, dans une sainte église américaine. Une minute pour méditer sur le fait que les États-Unis arrachèrent 20 milliards de dollars, du fonds de réserve attribué aux services sociaux, pour les offrir à l’armée, tout en ne donnant pas un sou aux victimes des attentats. Écoutons aussi le maire de ce moment, à New-York, rappeler aux citoyens d’aider leur pays en consommant davantage. Cette contrée promouvant le libéralisme viola ses propres lois de marché, en subventionnant des compagnies aériennes. 

On me répondra que, en 2001, les victimes furent des civils. C’est vrai, comme ce fut le cas dans les pays envahis par les élus du Pentagone, pour des guerres « préventives » ou « humanitaires ». Certains êtres ne pleurent ou ne s’horrifient que lorsque les États-Unis ou l’Europe occidentale subissent un attentat. Lorsque la journaliste Lesley Stahl, à l’émission Sixty minutes, demanda son avis, en évoquant les 500,000 enfants morts des suites de l’embargo décrété contre l’Irak, la secrétaire d’État, Madeleine Albright répondit : « Nous pensons que le prix en vaut la peine ». 6

Il nous faudrait donc au moins une minute, pour applaudir tous les pays démocratiques du monde, qui dépensent des milliards de dollars par année pour la militarisation de la Terre, alors que l’UNICEF et OXFAM  assure qu’une trentaine de milliards suffirait à nourrir, éduquer et soigner tous les enfants de la planète pendant un an. Enfin… J’ajoute une minute suprême et capitale, pour rappeler à tous ceux qui doutent encore de l’inexistence de la démocratie, que ce sont les États-Unis qui ont entraîné et soutenu Oussama Ben Laden, afin qu’il mate les Talibans après les communistes, en Afghãnistãn. 7

Le 14 septembre, on a observé une minute de silence pour les victimes des attentats perpétrés contre les États-Unis. Cette minute émouvante fut plus totale qu’on ne se l’imagine, car en ce même jour, dans les journaux à grand tirage, on a aussi observé un silence absolu, en ce qui a trait aux Palestiniens qui se faisaient harceler sur leurs territoires occupés, alors que le 14 septembre 1993, on aurait pu mettre un terme définitif à ce conflit… 

En respectant cette minute de silence, nous avons rassuré les dirigeants de ce monde. Ils pourront veiller sur nous, en ayant la certitude que nous garderons encore longtemps le silence, puisque le Québec amendait la section 25 du code civil qui accordait le droit à la population de manifester son opinion sur la place publique, enfreignant du même coup l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Étant justes, nos dirigeants, eux aussi, garderont le silence, puisque la clause numéro 11 de l’ALENA permet aux multinationales de faire fi des mesures promulguées par les États qui se verront traînés en cour, dès que les lois qui protègent leurs citoyens et l’environnement seront jugées « entraves au libre commerce ». En définitive, je demande à tous les gens de bonne volonté d’observer une minute de silence… Pour la mort annoncée de la liberté d’expression, et toutes les victimes que feront les Guerres Saintes que les États-Unis livreront aux peuples du Mal qui s’opposeront dorénavant à sa présumée puissance, grâce à la loi 107-40 qui permet d’assaillir une nation entière, plutôt que son armée ou son gouvernement. 8

Que penser des menaces de représailles, déclarées par des élus qui ont formé, financé et armé des dizaines de dictateurs notoires, en instituant des Centres tels que la Red Stone School d’Alabama, l’École des Amériques? Qui pratiquent l’ingérence, décrètent des embargos, destituent des gouvernements démocratiquement élus. Qui détruisent des infrastructures vitales et installent des spires à leur service, abandonnant les centaines de milliers de victimes de leur intolérance. Un gouvernement qui refuse de signer tout accord visant la protection de l’environnement ou l’arrêt de production d’armes nucléaires. Des présidents qui s’arrogent le pouvoir de juger du bien et du mal sur la Terre entière. Hélas… Le seul fait que la Cour Internationale de Justice ne puisse officier qu’à la condition de ne jamais initier de procès contre les élus états-uniens prouve sa faiblesse et l’absence totale de démocratie en ce monde.

Maryse Laurence Lewis

 

 

Notes et références : 

(N.B. Que les citoyens des îles ou les nations non énumérées dans cet article aient l’indulgence de reconnaître qu’il est presque impossible de procéder à un relévé exhaustif des actions politiques états-uniennes.)

1. Budget des États-Unis en 2020

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1515233/budget-americain-2021-trump-defense-diminution-programmes-aide

Budget des États-Unis en 2021-22

https://www.latribune.fr/economie/international/etats-unis-avec-un-budget-de-6-000-milliards-pour-2022-biden-veut-reinventer-l-economie-americaine-885687.html

Coût des guerres : https://www.ledevoir.com/monde/629028/900-000-morts-et-10-000-milliards-le-cout-des-guerres-americaines-au-moyen-orient

2. Génocides : https://www.aa.com.tr/fr/monde/états-unis-une-histoire-à-l-enseigne-des-massacres-et-des-génocides/2261981

Mexique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_américano-mexicaine

Haïti : https://lactualite.com/monde/etats-unis/le-passe-trouble-americain-en-haïti/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_d’Haiti_par_les_États-Unis

Corée : https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Corée

Cuba : https://fr.wikipedia.org/wiki/Débarquement_de_la_baie_des_Cochons

Afrique : https://savoirs.rfi.fr/fr/comprendre-enrichir/histoire/cuba-fidel-castro-des-liens-etroits-avec-lafrique

Viêt-Nam : https://www.herodote.net/La_guerre_du_Vietnam-synthese-1750.php

3. Chili : https://www.ledevoir.com/monde/ameriques/124605/un-dictateur-mis-en-place-par-les-etats-unis

Guatemala : https://nsarchive2.gwu.edu/NSAEBB/NSAEBB4/index.html

Pour télécharger la version complète en espagnol ou en français de Nunca más, rédigé par Juan José Gerardi et son équipe. Deux jours après la publication, il fut assassiné. http://www.odhag.org.gt/publicaciones/remhi-guatemala-nunca-mas/

Nicaragua : https://fr.wikipedia.org/wiki/Contras

4. Iran : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mohammad_Mossadegh

Irak : https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d’Irak

5. Panama : https://fr.wikipedia.org/wiki/Manuel_Noriega

Rwanda : https://fr.wikipedia.org/wiki/Rôle_de_la_communauté_internationale_dans_le_génocide_des_Tutsi_au_Rwanda

Les identités lourdes à porter, de Jean-Marie Vianney Rurangwa, aux Éditions les impliqués, 2016. 

Suarto, Indonésie et Timor oriental : https://sites.cvm.qc.ca/encephi/Syllabus/Histoire/Passecompose/Timor.htm

Kosovo : https://www.liberation.fr/planete/2001/02/08/de-la-guerre-du-golfe-au-kosovo-la-triste-trace-de-l-uranium-appauvri_353822/

https://www.sortirdunucleaire.org/Serbie-les-consequences-des

6. Ben Laden : https://www.humanite.fr/02_05_2011-l’élève-exemplaire-de-la-cia-s’est-retourné-contre-son-maître-471333

Encore un siècle américain? Les États-Unis et le monde au XX1e siècle, de Nicholas Guyatt, traduit de l’anglais par Mariam Brûlon et Caroline Harvey, aux Éditions Enjeux Planète, 2002. 

p. 29 pour la citation de Madeleine Albright.

7. idem. p.19 « Quelques journaux américains firent savoir que ben Laden avait pris part au jihad en Afghãnistãn dans les années 1980 et que durant cette période les moudjahidin dépendaient  du soutien des États-Unis. Les fonds américains avaient servi à mettre au point les terrains d’entraînement et le réseau de galeries et abris souterrains ou ben Laden se cacherait maintenant. »

8. Déclaration des droits de la personne : https://www.un.org/fr/universal-declaration-human-rights/

Clause 11 ALENA : https://voir.ca/societe/2001/05/30/larticle-11-de-lalena-corporations-souveraines/

Loi 107-40 : https://www.mondialisation.ca/la-loi-qui-donne-au-president-usa-licence-de-tuer/5660235

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Maryse Laurence Lewis, Mondialisation.ca, 2021

LES COMMUNISTES AUSTRALIENS CONDAMNENT L'ACCORD AUKUS

Par Le 22/09/2021

21 Septembre 2021

Mercredi 22 septembre 2021
Les communistes australiens condamnent l'accord AUKUS


Dans une déclaration au sujet de l'Accord tripartite entre les gouvernements de l'Australie, des États-Unis et de la Grande-Bretagne (AUKUS), le Secrétariat du Comité central du Parti communiste d'Australie (CPA) souligne ce qui suit :
"Le Parti communiste d'Australie exhorte tous ses membres et sympathisants à s'opposer activement à la décision du gouvernement Morrison d'adhérer à l'accord AUKUS ; d'acheter des sous-marins à propulsion nucléaire ; d'acheter des missiles de croisière et d'autres armes offensives ; et que l'Australie accueille davantage de troupes, de navires de guerre, d'armes et d'avions américains". L'annonce a été faite lors de la 31e consultation ministérielle Australie-États-Unis à Washington. 


Le gouvernement australien a accepté il y a quelque temps de faire partie de l'AUKUS, un pacte de sécurité trilatéral entre l'Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis. L'AUKUS vise à lier encore plus étroitement l'Australie aux plans de guerre de l'impérialisme américain contre la République populaire de Chine (RPC), à faire supporter à l'Australie une part plus importante du fardeau financier et à consolider l'Australie en tant que rampe de lancement américaine pour la guerre. Dans ce processus, l'Australie se débarrasse des vestiges de souveraineté qui lui restent.
 
Le gouvernement australien a abandonné le mantra selon lequel nous n'avons pas à choisir entre Pékin et Washington. Désormais, nous nous rangeons du côté des États-Unis.
 
La déclaration AUSMIN ( Australia-United States Ministerial Consultations ) énumère des accords pour le déploiement d'avions américains de tous types en Australie, de navires américains de surface et sous-marins en Australie ; des exercices plus complexes et plus intégrés ; et le soutien à la lutte contre la guerre et aux opérations militaires combinées dans la région. L'accord couvre des domaines clés tels que l'intelligence artificielle, la cyberguerre, les systèmes sous-marins et les capacités de frappe à longue portée.
 
Ces mesures constituent un retour à l'époque de la guerre froide et entraîneront la même répression et les mêmes restrictions sur les syndicats et notre parti qu'à l'époque de Menzies. Elles entraînent une nouvelle perte dramatique de la souveraineté et de la liberté de choix de l'Australie et imposent un fardeau économique au peuple australien, tout en rendant l'Australie complice d'une dangereuse aggravation des tensions et des conflits régionaux.
 
La déclaration d'AUSMIN fait grand cas de ce qu'elle appelle l'ordre international fondé sur des règles. Nos amis cubains l'ont appelé à juste titre la loi de la jungle et c'est certainement un euphémisme pour l'empire américain.
 
Le paiement des sous-marins nucléaires et des autres engagements sera extraordinairement coûteux et signifiera que d'autres départements gouvernementaux seront mis à contribution pour les financer. Le bien-être, l'éducation, l'environnement et le budget de la santé, désormais important, en pâtiront. Les salaires des travailleurs, en particulier ceux des services publics comme les soins infirmiers et l'éducation, resteront à un niveau historiquement bas.
 
La classe ouvrière supportera le fardeau de toutes ces dépenses exorbitantes et de la posture du gouvernement Morrison qui manœuvre avant les élections fédérales pour essayer de prétendre qu'il protège le peuple australien alors qu'en réalité il fait le contraire.
 
Il faut résister aux efforts déployés par les libéraux et les employeurs pour persuader les travailleurs et les syndicats que le nouveau militarisme sera source d'emplois. Les membres et les partisans du parti doivent faire campagne pour un travail qui crée des avantages pour les peuples du monde, et non pour un travail qui produit des machines tueuses de personnes plus efficaces.
 
Si les dépenses militaires créent des emplois, elles n'en créent pas autant qu'un investissement comparable dans l'industrie productive. L'augmentation des dépenses de défense a pour effet de retirer des ressources à la création de la production et à la fourniture de services qui développent l'activité économique. Au contraire, elle engloutit des ressources dans la création d'outils qui détruisent davantage les ressources, tant humaines que matérielles.
 
Les sous-marins à propulsion nucléaire présentent un risque pour l'environnement et la population australienne, car ils peuvent subir des accidents au niveau des réacteurs et lors de collisions. La présence de ces navires dans nos capitales et nos ports constitue un danger clair et présent. Il y a déjà neuf réacteurs nucléaires au fond de la mer provenant de sous-marins nucléaires coulés.
 
Le gouvernement fédéral est déjà proche du puissant lobby nucléaire et l'introduction de sous-marins à propulsion nucléaire ouvre clairement la voie au développement d'une industrie nucléaire australienne et d'une capacité d'armement nucléaire.
 
Un porte-parole chinois a déclaré que l'accord "porte gravement atteinte à la paix et à la stabilité régionales et intensifie la course aux armements". L'ACP est solidaire de la RPC face à cette dernière provocation et menace pour sa souveraineté et sa survie.
 
Le CPA rappelle les mots de notre poète communiste de la classe ouvrière, Vic Williams :
 
Ceux qui ont tué des millions de personnes pourront-ils jamais se repentir ?
Prenez les armes des mains des tueurs, le butin des voleurs,
Pour que les licenciés, les expulsés, les prisonniers créent le monde de demain.
Tenez votre cap, mon Parti, notre monde prévaudra !
 
Parti communiste d'Australie
Secrétariat du Comité Central
19 septembre 2021.

source : https://www.idcommunism.com/2021/09/australian-communists-condemn-aukus-agreement.html

Tag(s) : #CPA#Australie#AUKUS

LE MONDE EST AU BORD DU GOUFFRE, AFFIRME LE SECRETAIRE GENERAL DE L’ONU

Par Le 22/09/2021

Le monde est au bord du gouffre, avertit le secrétaire général de l'ONU

French.xinhuanet.com | Publié le 2021-09-22 à 04:17


(Xinhua/Wang Ying)

NEW YORK (Nations Unies), 21 septembre (Xinhua) -- Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a averti mardi que le monde était au bord du gouffre, et se dirigeait dans la mauvaise direction.

"Je me présente devant vous pour tirer la sonnette d'alarme : le monde doit se réveiller. Nous sommes au bord du gouffre, et nous avançons dans la mauvaise direction", a-t-il déclaré à l'Assemblée générale juste avant l'ouverture du débat général.

"Notre monde n'a jamais été aussi menacé, ni aussi divisé. Nous sommes confrontés à la pire cascade de crises de notre vie", a-t-il indiqué dans son rapport à l'Assemblée générale.

La pandémie de COVID-19 a exacerbé des inégalités déjà criantes ; la crise climatique frappe la planète de plein fouet ; des bouleversements ont lieu de l'Afghanistan à l'Ethiopie en passant par le Yémen, nuisant gravement à la paix mondiale. Une vague de méfiance et de désinformation polarise les populations et paralyse les sociétés, tandis que les droits humains sont critiqués et que la science est attaquée. Les bouées de sauvetage économiques destinées aux plus vulnérables sont trop peu nombreuses, et arrivent trop tard, voire pas du tout. La solidarité a disparu, alors même que le monde en a plus besoin que jamais, a-t-il déclaré.

Les vaccins contre la COVID-19 ont été développés en un temps record, ce qui constitue une grande victoire de la science et de l'ingéniosité humaine. Mais cette victoire est rendue caduque par le manque de volonté politique, l'égoïsme et la méfiance ; la majorité de la population des pays riches a déjà été vaccinée, tandis que plus de 90 % des Africains attendent toujours leur première dose.

"C'est obscène. Nous avons réussi le test scientifique, mais nous obtenons un zéro en éthique", a affirmé M. Guterres.

La sonnette d'alarme climatique sonne elle aussi plus fort que jamais, a-t-il déclaré.

"Les climatologues nous disent qu'il n'est pas trop tard pour sauver l'objectif de l'Accord de Paris sur le climat, qui est de maintenir la hausse des températures à 1,5 degré. Mais la fenêtre d'opportunité se referme rapidement. Nous avons besoin de réduire nos émissions de 45 % d'ici à 2030 ; mais un récent rapport de l'ONU montre clairement que les engagements nationaux actuels en matière de climat conduiraient les émissions à augmenter de 16 % d'ici à 2030. Cela nous condamnerait à une augmentation infernale de température, qui serait d'au moins 2,7 degrés au-dessus des niveaux préindustriels. C'est une catastrophe", a-t-il déclaré.

La COVID-19 et la crise climatique ont mis en lumière la fragilité fondamentale de nos sociétés et de notre planète. "Et pourtant, face à ces défis épiques, nous voyons de l'hubris au lieu de voir de l'humilité. Au lieu d'emprunter la voie de la solidarité, nous courons tout droit à la destruction", a-t-il ajouté.

Une autre maladie se répand à toute vitesse dans le monde aujourd'hui : la maladie de la méfiance, a-t-il déclaré.

"Ceux que nous servons et que nous représentons sont en train de perdre confiance non seulement dans leurs gouvernements et leurs institutions, mais aussi dans les valeurs fondamentales qui animent le travail des Nations Unies depuis plus de 75 ans : la paix, les droits de l'homme, la dignité pour tous, l'égalité, la justice, la solidarité. Ces valeurs fondamentales sont attaquées comme jamais auparavant", a-t-il poursuivi.

"C'est le moment de vérité. Il est temps d'agir. Il est temps de restaurer la confiance. Il est temps de redonner espoir. Et je garde espoir : les problèmes que nous avons créés sont des problèmes que nous pouvons résoudre. L'humanité a montré qu'elle était capable de grandes choses quand nous travaillons ensemble. C'est la raison d'être des Nations Unies", a-t-il affirmé.

Il a cependant averti que le système multilatéral actuel restait trop limité en termes d'outils et de capacités par rapport à ce qui serait nécessaire pour assurer une gestion efficace des biens publics mondiaux.

"Nous devons renforcer la gouvernance mondiale. Nous devons nous concentrer sur l'avenir. Nous devons renouveler le contrat social. Nous devons faire en sorte que l'Organisation des Nations Unies soit prête pour la nouvelle ère", a-t-il indiqué. Fin

http://french.news.cn/2021-09/22/c_1310201271.htm

MANLIO DINUCCI : JOE BIDEN APPRENTI SORCIER NUCLEAIRE

Par Le 21/09/2021

L’Art de la guerre

Joe Biden apprenti-sorcier nucléaire

Manlio Dinucci

 

  Le président Biden a annoncé la naissance de l’Aukus, partenariat stratégico- militaire entre Etats-Unis, Grande-Bretagne et Australie, avec “l’impératif d’assurer la paix et la stabilité à long terme dans l’Indo-Pacifique”, la région qui dans la géo-politique de Washington s’étend de la côte occidentale des USA à celle de l’Inde. But de cette “mission stratégique” : “affronter ensemble les menaces du 21ème siècle comme nous avons fait au 20ème siècle”. Référence claire à la Chine et à la Russie. Pour “se défendre contre les menaces en rapide évolution”, l’Aukus lance un “projet clé”: Etats-Unis et Grande-Bretagne aideront l’Australie à acquérir “des sous-marins à propulsion nucléaire, armés conventionnellement”.

     

  La première réaction à l’annonce du projet de l’Aukus a été celle de la France : elle perd de cette façon un contrat de 90 milliards de dollars, stipulé avec l’Australie, pour la fourniture de 12 sous-marins d’attaque Barracuda à propulsion conventionnelle. Paris, accusant d’avoir été poignardé dans le dos, a rappelé ses ambassadeurs en poste aux USA et en Australie. Sur le contentieux entre Paris et Washington s’est focalisée l’attention politico-médiatique, laissant dans l’ombre les implications du projet Aukus.

 

  Avant toute chose il n’est pas crédible qu’Etats-Unis et Grande-Bretagne fournissent à l’Australie les technologies les plus avancées pour construire au moins 8 sous-marins nucléaires de dernière génération, avec un coût unitaire d’environ 10 milliards de dollars, pour les doter seulement d’armements conventionnels (non-nucléaires). C’est comme s’ils fournissaient à l’Australie des porte-avions dans l’impossibilité d’embarquer des avions. En réalité les sous-marins auront des tubes de lancement adaptés aussi bien à des missiles non-nucléaires qu’à des missiles nucléaires. Le Premier ministre Morrison a déjà annoncé que l’Australie obtiendra rapidement, via les USA, “une capacité d’attaque à longue portée” avec des missiles Tomahawk et des missiles hypersoniques, armables de têtes pouvant être conventionnelles ou nucléaires. 

 

   A coup sûr les sous-marins australiens seront en mesure de lancer aussi des missiles balistiques USA Trident D5, dont sont armés les sous-marins étasuniens et britanniques. Le Trident D5 a un portée de 12.000 km et peut transporter jusqu’à 14 têtes thermonucléaires indépendantes : W76 de 100 kilotonnes ou W88 de 475 kilotonnes. Le sous-marin d’attaque nucléaire Columbia, dont la construction a commencé en 2019, a 16 tubes de lancement pour les Trident D5, et a donc la capacité de lancer plus de 200 têtes nucléaires pouvant détruire tout autant d’objectifs (bases, ports, villes et autres).

 

   Ainsi, il apparaît clairement que Washington a écarté Paris de la fourniture des sous-marins à l’Australie non pas simplement dans un but économique (favoriser sa propre industrie de guerre), mais dans un but stratégique : passer à une nouvelle phase de l’escalade militaire contre la Chine et la Russie dans l’”Indo-Pacifique”, en gardant le commandement absolu de l’opération. Une fois effacée la fourniture des sous-marins français à propulsion conventionnelle, obsolètes pour cette stratégie, Washington a lancé ce que l’Ican-Australie dénonce comme “la nucléarisation croissante de la capacité militaire de l’Australie”. Une fois opérationnels, les sous-marins nucléaires australiens seront de fait insérés dans la chaîne de commandement USA, qui décidera de leur utilisation. Ces sous-marins, dont personne ne pourra contrôler l’armement réel, en s’approchant en profondeur et silencieusement des côtes de la Chine, et aussi de celles de la Russie, pourraient frapper en quelques minutes les principaux objectifs de ces pays avec une capacité destructrice équivalente à 20 mille bombes d’Hiroshima.
  
   On peut facilement prévoir quelle sera la première conséquence. La Chine, qui selon le Sipri possède 350 têtes nucléaires en regard des 5.550 des USA, accélèrera le développement quantitatif et qualitatif de ses propres forces nucléaires. Le potentiel économique et technologique qu’elle possède lui permet de se doter de forces nucléaires équivalentes à celles des USA et de la Russie. Le tout grâce à l’apprenti-sorcier Biden qui, tandis qu’il lance le “projet clé” des sous-marins nucléaires à l’Australie, exalte “le leadership de longue date des Etats-Unis dans la non-prolifération mondiale”.

 

Edition de mardi 21 septembre 2021 d’il manifesto

https://ilmanifesto.it/joe-biden-apprendista-stregone-nucleare/ 

Traduit de l’italien par M-A P

WASHINGTON : UN SOMMET GLOBAL POUR LE POUVOIR PAR LE VACCIN, LE POUVOIR PAR L’ALIGNEMENT, LE POUVOIR PAR LA SOUMISSION

Par Le 19/09/2021

Washington: un sommet global pour le pouvoir par le vaccin

Par Karine Bechet-Golovko

Mondialisation.ca, 17 septembre 2021

Russie politics 14 septembre 2021

Région : 

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Analyses: 

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Biden l’a annoncé, les Etats-Unis sont de retour et la crise du Covid est un instrument sur mesure pour ancrer en profondeur l’Atlantisme au coeur des mécanismes de pouvoir. Ainsi, sous la main de fer américaine, des dirigeants nationaux, des ONG, des « leader globaux de la santé » sont appelés à se réunir la semaine prochaine, sur invitation personnelle, afin de rien moins que de « mettre fin au Covid ». C’est-à-dire de ne pas échapper à la vaccination massive de la population mondiale. Le pouvoir par le vaccin, le pouvoir par l’alignement, le pouvoir par la soumission. Il a été promis d’inviter l’Inde et la Russie. Quelle chance …

Comme l’a annoncé il y a 5 jours le Whashington Post, Biden veut sauver le monde par la vaccination massive et totale de la population, le Covid doit être vaincu et c’est, soi-disant, le seul moyen.

Et les gentils avocats américains se battent pour que les autres pays puissent acheter les vaccins. Vraiment, quelle chance d’avoir des juristes aussi impliqués dans le bien des Etats-Unis, pardon, de l’humanité ! Je cite :

« Nous nous félicitons de faire le strict minimum et de faire plus que tout autre pays, mais ce n’est pas une bonne note », a déclaré Matthew Rose, responsable de la politique américaine au Health Global Access Project. « Si tout le monde échoue, alors nous échouons tous ensemble. Nous ne sommes que la tête des gens qui échouent. « 

Il faut donc bien un sommet global pour régler son compte au Covid … et asseoir une gouvernance vraiment globale, c’est-à-dire reconnaissant sans conteste les Etats-Unis comme unique centre décisionnel. Que tu as de grandes dents grand-mère ?! C’est pour mieux te convaincre mon enfant …. 

Extraits du Washington Post :

Les objectifs ont été partagés avec les dirigeants mondiaux de la santé avant un sommet virtuel que la Maison Blanche doit convoquer la semaine prochaine, positionnant l’événement comme une opportunité de fixer des objectifs mondiaux pour mettre fin à la pandémie. Les objectifs, qui s’appuient sur des objectifs similaires définis par l’Organisation mondiale de la santé et d’autres experts de la santé mondiale, comprennent la fourniture de milliards de dollars en tests, en oxygène et autres fournitures aux pays en développement, et la mise en place d’un système de financement pour payer la riposte sanitaire mondiale. d’ici l’année prochaine.

Donc avant de discuter avec les dirigeants politiques, le plan de discussion a été établi par les nouveaux centres de pouvoir que sont les instances non-nationales de santé. En effet, la santé de chacun passe par la « santé mondiale ». L’on y parle de milliards, cela permet d’oublier l’unité.

« Au cours du sommet, le président Biden appellera les chefs d’État, les chefs de gouvernement et les organisations internationales, les chefs d’entreprise, les organisations philanthropiques et les leaders non gouvernementaux à se réunir pour s’engager à mettre fin à la pandémie de COVID-19 », selon une copie de l’un d’eux. invitation examinée par The Post. « Les participants identifieront des actions concrètes et fixeront les objectifs ambitieux nécessaires pour atteindre cet objectif et préparer le monde aux futures menaces pour la sécurité sanitaire. »

Ainsi, la mise en place d’un système global, donc non-étatique (c’est-à-dire non national ce qui implique la perte de pouvoir des populations), doit être approuvé et ce au-delà du fameux Covid, qui ne peut être éternel. C’est d’ailleurs pour ça que ce sommet s’appelle « Global COVID-19 Summit : Ending the Pandemic and Building Back Better » (Sommet global COVID-19 : mettre fin à la pandémie et reconstruire en mieux). Il ne s’agit donc évidemment de revenir à ce qui était avant, tant d’efforts ne peuvent pas avoir été fait pour rien. Ce nouveau monde a du mal à prendre, il est massivement rejeté par les populations, les élites doivent être soudées – contre les peuples.

Pour cela, il faut prévoir un leader. Evidemment Biden est appelé – il ne se sacre pas lui-même, la comédie est jouée :

« Advocates, lawmakers and global health leaders have pressed Biden to take a larger role in the worldwide fight against the coronavirus »

Ou encore :

« Une partie manquante est le leadership et la responsabilité », a déclaré Udayakumar, qui avait pressé la Maison Blanche d’organiser le sommet. « Si la riposte mondiale au covid reste sans gouvernail et fragmentée, sans véritables leviers de responsabilisation, tous les engagements bien intentionnés dans le monde auront peu d’impact. »

Ô Biden, tant de forces en un seul homme ! Désolée, un moment intense d’émotion, je reprends mes esprits Papy …

Evidemment pour plus d’efficacité, What else?, les organisateurs voudraient que le programme COVAX ait le monopole de la diffusion des vaccins. Bon, certes, la Russie, par exemple, ne pourrait alors plus vendre son vaccin directement, mais c’est un détail et, qui oserait en douter, cela n’a rien à voir avec la discussion …

Il semblerait même que dans sa grandeur d’âme, Biden pense inviter la Russie à ce sommet, Ô combien virtuel – globalisation oblige. L’impératif sanitaire cache avec de grandes difficultés la volonté de maîtriser encore plus profondément les mécanismes de pouvoir. Qui peut-être contre la santé ? Qui oserait alors être contre le vaccin ? Chacun devant tremblez devant sa propre mort (qu’il conçoit beaucoup mieux que celle de l’humanité qu’il est en train justement ainsi de détruire), la soumission ne se discute pas, la gouvernance ne peut être nationale. Amen.

PS: Pour réfléchir sur l’impact de l’hystérie vaccinale, une vidéo intéressante concernant Israël

 

La source originale de cet article est Russie politics

Copyright © Karine Bechet-GolovkoRussie politics, 2021

https://www.mondialisation.ca/washington-un-sommet-global-pour-le-pouvoir-par-le-vaccin/5660357

VERS UNE PREMIERE ALLIANCE STRATEGIQUE ANTI-CHINE ?

Par Le 16/09/2021

Première alliance stratégique anti-Chine ?

Dans le dos de la France, les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni s’engagent dans un partenariat sécuritaire « historique » dans la zone indopacifique. Un pacte entre trois pur-sang alliés britanniques capables de gâcher les cinq années d’efforts de Pais pour conclure un énorme contrat naval avec Canberra, mais pas seulement. Encore un de ces coups bas américains contre la France ?

C’est comme si lorsque les alliés anglophones de l’OTAN se rencontraient, ils se racontaient des blagues sur les dernières bavures de la Macronie devenues anecdotiques en interne. « Les affaires, c’est les affaires », vous auraient dit les Rothschild !

Quand le gouvernement français comprendra-t-il enfin qu’il n’est pas toujours nécessaire de se plier en quatre pour trouver les faveurs d’un allié d’outre-Atlantique ? D’autant plus que le demi-frère américain, très à l’écoute du sionisme, convoite toujours l’héritage que les parents pauvres ont légué à leurs enfants.

Mais au lieu de se creuser la tête et de s’arracher le peu de cheveux qu’il lui reste, Macron devrait plutôt aller chercher les causes de ces gifles en faisant une rétrospective : Qui sème le vent, récolte la tempête. 

Comme Mahtama Gandi l’a dit, en répondant aux Indiens qui se plaignaient de l’oppression britannique - « Ici vous êtes opprimés, ailleurs, vous êtes oppresseurs » - la France de Macron devrait repasser en revue le massacre des enfants yéménites, syriens et palestiniens : l’industrie française de l’armement ne cesse de s’engraisser avec tout leur sang versé. Les ventes d’armes high-tech à des régimes tyranniques et corrompus, en échange de quelques valises de pétrodollars, ne valent plus d’être évoqués ici. 

Pour le reste, c’est du pseudo potin journalistique, car tout a été déjà dit, mais pour la forme, voici l’info telle qu’elle nous a été rapportée par les médias français avec les justifications qui vont toujours avec.

Dans le cadre d’un nouveau partenariat de sécurité et de défense, Washington et Londres vont aider l’Australie à se doter de sous-marins à propulsion nucléaire. Les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni lancent donc un partenariat sécuritaire « historique » dans la zone indopacifique. Un pacte qui détruit l’énorme contrat entre Canberra et Paris. La gifle est monumentale.

La France condamne une "décision regrettable". "La première grande initiative de (ce nouveau pacte appelé) AUKUS sera de livrer une flotte de sous-marins à propulsion nucléaire à l’Australie", a dit le Premier ministre australien Scott Morrison, apparaissant en visioconférence, ainsi que le Premier ministre britannique Boris Johnson, lors d’un événement présidé par Joe Biden à la Maison-Blanche.

"Le Royaume-Uni, l’Australie et les États-Unis vont être liés encore plus étroitement, ce qui reflète le degré de confiance entre nous et la profondeur de notre amitié", a déclaré Boris Johnson, qui engrange là un succès diplomatique certain dans sa stratégie pour éviter l’isolation internationale après le Brexit.

"Sur la base de notre histoire commune de démocraties maritimes, nous nous engageons dans une ambition commune pour soutenir l’Australie dans l’acquisition de sous-marins à propulsion nucléaire", selon un communiqué commun des trois partenaires, qui précise qu’il s’agit bien de propulsion, et non d’armement.

À la suite de cette annonce spectaculaire, qui voit les États-Unis partager une technologie particulièrement sensible, l’Australie a annulé une gigantesque commande de sous-marins conventionnels à la France.

Un accord-cadre conclu en 2016 par l’Australie de 90 milliards de dollars australiens (56 milliards d’euros) prévoyait la construction de 12 sous-marins à propulsion conventionnelle de classe Attack, conçus à partir des sous-marins nucléaires d’attaque français Barracuda. Le coût global du programme dont le français Naval Group a la charge, s’élève à 50 milliards de dollars australiens.

Depuis cinq ans, Naval Group est pleinement engagé auprès du gouvernement fédéral australien pour le développement d’une capacité sous-marine souveraine, autour d’un SPA (Strategic Partnering Agreement) mis en place après 18 mois de négociations entre Paris et Canberra. Le début d’une coopération, imaginait-on, d’un demi-siècle.

Un nouveau directeur pour le programme australien, Lilian Brayne, a pris ses fonctions à la fin du mois de mai. 500 personnes travaillent en France autour de ce contrat, essentiellement dans la partie conception.

Le patron de l’industriel français, Pierre-Eric Pommellet, s’est récemment rendu en Australie. Sur place, il s’est engagé à ce que 60 % de la valeur du programme revienne à l’Australie, une exigence de Canberra. Les deux parties ne sont pas parvenues à finaliser l’étape suivante du contrat, portant sur trois milliards de dollars, qui était prévue pour le début de l’année.

Surtout, le chantier de construction en Australie du Sud a démarré, Naval Group a sur place une équipe de plus de 300 salariés et vient d’annoncer près d’un milliard de dollars de contrats passés avec des sous-traitants australiens.

Baptisé AUKUS, ce nouveau pacte, qui va lier Washington, Londres et Canberra "pour des générations", verra en effet les États-Unis partager leur technologie de sous-marins à propulsion nucléaire avec l’Australie. Des équipes des trois pays devraient travailler pendant 18 mois pour identifier la meilleure approche.

Le Commonwealth d’Australie n’a pas souhaité engager la phase suivante du programme, ce qui est une grande déception pour Naval Group, qui proposait à l’Australie un sous-marin conventionnel de supériorité régionale avec des performances exceptionnelles.

Encore un coup que les États-Unis ont infligé à leur partenaire français simpliste, dont les effets néfastes ne seront subis en premier lieu que par les salariés de l’industrie navale française et leurs familles. 

Mais Biden et son administration cherchent toujours à maintenir la France sous le joug de l’ex Alliance atlantique. "La décision que nous avons prise de ne pas continuer avec les sous-marins de classe Attack et de prendre un autre chemin n’est pas un changement d’avis, c’est un changement de besoin", a déclaré Scott Morrison, qui a également annoncé l’achat de missiles américains Tomahawk.

http://french.presstv.ir/Detail/2021/09/16/666648/Premiere-alliance-strat%C3%A9gique-anti-Chine

MANLIO DINUCCI : LA GUERRE MONDIALE AU TERRORISME

Par Le 11/09/2021

 

La guerre mondiale au terrorisme

Par Manlio Dinucci

Mondialisation.ca, 10 septembre 2021

ilmanifesto.it

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Deux informations publiées ces jours ci par le Washington Post -“Les familles du 11 septembre disent que Biden n’est pas le bienvenu aux événements commémoratifs à moins qu’il ne fournisse les preuves détenues par le gouvernement” et “Biden signe un ordre exécutif qui réclame la révision, la dé-classification et l’ouverture de documents classifiés du 11-Septembre”- ouvrent de nouvelles profondes brèches dans la version officielle. Le fait que, à vingt années de distance, il y ait dans les armoires de Washington des documents secrets sur le 11-Septembre signifie que sa réelle dynamique est encore à examiner. 

Clair est par contre le processus que le 11-Septembre a mis en marche. Dans la décennie précédente, l’”empire du mal” soviétique étant venu à manquer, la stratégie USA s’était concentrée sur les “menaces régionales”, conduisant les deux premières guerres de l’après-guerre froide : celle du Golfe et celle contre la Yougoslavie. Leur objectif : renforcer la présence militaire et l’influence politique USA dans l’aire stratégique du Golfe et dans la région européenne, au moment où leurs bases étaient en train d’être retracées. Simultanément, les USA renforçaient l’OTAN en lui attribuant (avec le consensus des Alliés) le droit d’intervenir hors de son aire et en l’étendant à l’Est dans les pays de l’ex-Pacte de Varsovie.

Entretemps, cependant, l’économie étasunienne, tout en restant la première du monde, avait perdu du terrain en regard aussi de celle de l’Union européenne. Dans le monde arabe on voyait des signes croissants d’intolérance à l’égard de la présence et de l’influence étasuniennes, tandis qu’en Asie le rapprochement russo-chinois présageait la possibilité d’une coalition en mesure de défier la suprématie USA. Exactement dans ce moment critique, l’attaque du 11 septembre 2001 permettait aux États-Unis d’ouvrir une nouvelle phase stratégique, au motif officiel d’affronter la “menace mondiale du terrorisme”.

C’est une guerre de type nouveau, de caractère permanent, où il n’y a pas de frontières géographiques, menée contre un ennemi qui peut être identifié d’une fois sur l’autre non seulement en un terroriste, mais dans n’importe qui faisant obstacle aux intérêts étasuniens. L’image parfaite d’ennemi, interchangeable et durable. Le président Bush le définit comme “un ennemi obscur, qui se cache dans les coins sombres de la Terre”, d’où il émerge à l’improviste pour accomplir au grand jour des actions terrifiantes, avec un très fort impact émotif sur l’opinion publique.

Ainsi commence la “guerre mondiale au terrorisme” : en 2001 les États-Unis attaquent et occupent l’Afghanistan, avec la participation en 2003 de l’OTAN ; en 2003 ils attaquent et occupent l’Irak avec la participation d’alliés OTAN ; en 2011 ils attaquent avec l’OTAN l’Etat libyen, en le détruisant (comme ils avaient déjà fait avec la Yougoslavie) ; toujours en 2011 ils commencent la même opération en Syrie, bloquée quatre ans après par l’intervention russe en soutien à Damas ; en 2014, avec le putsch de Place Maïdan, ils ouvrent en Ukraine un autre conflit armé.

Dans la “guerre mondiale au terrorisme” les USA financent, arment et entraînent (avec l’aide en particulier de l’Arabie Saoudite et d’autres monarchies du Golfe) des mouvements terroristes islamistes, en y exploitant d’une fois sur l’autre les rivalités : en Afghanistan moudjahidines et talibans ; en Libye et en Syrie un ramassis armé de groupes jusque peu de temps avant taxés par Washington de terroristes, provenant d’Afghanistan, Bosnie, Tchétchénie et autres pays. En mai 2013, un mois après avoir fondé l’Isis, le “calife” Ibrahim al-Badri rencontre en Syrie le sénateur étasunien John McCain, chef de file des républicains chargé par le démocrate Obama d’exécuter des opérations secrètes pour le compte du gouvernement.

La guerre va être menée non seulement avec des forces aériennes, terrestres et navales mais, de plus en plus, avec des forces spéciales et des des drones-killer. Leur utilisation offre l’avantage de ne pas requérir l’approbation du Congrès et de rester secrète, ne suscitant pas de réactions dans l’opinion publique. Les commandos des opérations spéciales souvent ne portent pas l’uniforme mais se camouflent dans des vêtements locaux. Les assassinats et les tortures qu’ils accomplissent restent ainsi anonymes. La “Team Six”, élite des Navy Seals, est tellement secrète qu’officiellement on n’en admet même pas l’existence. Selon le récit officiel c’est cette unité qui en 2011 tue Oussama Ben Laden, dont le présumé cadavre va être enseveli en mer. Ou bien est mise en scène l’exécution d’un Ben Laden déjà mort ou capturé. 

Pour la “guerre non-conventionnelle”, le Commandement USA pour les opérations spéciales emploie de plus en plus aussi des compagnies de “contractors” (mercenaires). Dans l’aire du Commandement Central USA, comprenant le Moyen-Orient, les contractors du Pentagone sont plus de 150 mille. S’y ajoutent ceux employés par d’autres départements et par les armées alliées. Ils sont fournis par un oligopole de grandes compagnies, structurées comme de véritables multinationales.

Ainsi la guerre disparaît de plus en plus de nos yeux, en nous mettant dans la condition de celui qui chemine sur un terrain apparemment sûr, ne sachant pas que sous ses pieds agissent les forces qui peuvent provoquer un tremblement de terre catastrophique.

Manlio Dinucci

 

Photo en vedette : Memorial du 11-Septembre par Petr Kratochvil.

Article original en italien :

La «guerra globale al terrorismo»By Manlio Dinucci, September 10, 2021

Edition de vendredi 10 septembre 2021 d’il manifesto
https://ilmanifesto.it/la-guerra-globale-al-terrorismo/ 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

La source originale de cet article est ilmanifesto.it

Copyright © Manlio Dinucci, ilmanifesto.it, 2021

https://www.mondialisation.ca/la-guerre-mondiale-au-terrorisme/5660069

LE BILAN DES « GUERRES US CONTRE LE TERRORISME » A TRAVERS LE MONDE A FAIT PRES D’UN MILLION DE MORTS

Par Le 03/09/2021

La «guerre contre le terrorisme» menée par les États-Unis à travers le monde a fait près d’un million de morts

La «guerre contre le terrorisme» menée par les États-Unis à travers le monde a fait près d’un million de morts

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Par middleeasteye

La «guerre contre le terrorisme» menée par les États-Unis a fait près d’un million de morts dans le monde et coûté plus de 8 000 milliards de dollars depuis son lancement il y a près de vingt ans, selon un rapport du projet Costs of War de l’université Brown.

Ce rapport majeur, publié mercredi, examine le bilan des guerres menées par les États-Unis en Irak, en Syrie, en Afghanistan et dans d’autres régions où l’armée américaine est engagée dans des conflits qualifiés de «guerres éternelles».

«Il est essentiel que nous tenions dûment compte des conséquences vastes et variées des nombreuses guerres et opérations antiterroristes menées par les États-Unis depuis le 11 septembre, à un moment où nous prenons le temps de réfléchir à toutes les vies perdues», a déclaré Neta Crawford, codirectrice du projet, dans un communiqué accompagnant le rapport.

«Notre compte rendu va au-delà des chiffres du Pentagone, dans la mesure où les coûts liés à la réaction au 11 septembre se sont répercutés sur l’ensemble du budget.»

Le rapport estime que la «guerre contre le terrorisme», dont ce sera le vingtième anniversaire le 11 septembre, a tué directement 897 000 à 929 000 personnes – dont au moins 387 072 civils.

Neta Crawford a précisé qu’il s’agissait «probablement d’un sous-dénombrement important du véritable bilan humain de ces guerres».

Les États-Unis ont envahi l’Afghanistan et chassé les talibans du pouvoir en représailles aux attentats du 11 septembre 2001 : au cours de leur planification, le chef d’al-Qaïda Oussama ben Laden vivait dans le pays sous la protection des talibans.

Le nombre de décès causés par les conflits post-11 septembre fait l’objet d’une intense controverse, marquée par un choc entre politique et sciences inexactes au carrefour d’un débat passionné opposant des intérêts contradictoires. En 2015, l’organisation nobélisée Physicians for Social Responsibility a estimé que plus d’un million de personnes avaient été tuées directement et indirectement dans les seules guerres en Irak, en Afghanistan et au Pakistan.

Parmi les coûts économiques comptabilisés dans son rapport, Costs of War dénombre 2 300 milliards de dollars dépensés par les États-Unis dans des opérations militaires en Afghanistan et au Pakistan, 2 100 milliards de dollars en Irak et en Syrie et 355 milliards de dollars en Somalie et dans d’autres régions d’Afrique.

Dans un rapport publié l’an dernier, Costs of War estimait que la guerre contre le terrorisme avait déplacé au moins 37 millions de personnes, en plus des centaines de milliers de victimes directes de la violence.

Si les États-Unis suivent les décès et les blessures physiques de leurs propres militaires en Afghanistan et en Irak, il n’existe pas de statistiques gouvernementales concluantes sur les pertes et les décès parmi les combattants ennemis et les civils. Les détracteurs des opérations américaines jugent cette omission délibérée.

Parfois, les autorités ont aussi délibérément falsifié des informations sur les décès causés par les forces américaines : «L’éphémère Office of Strategic Influence (OSI) (2001-2002) du département américain de la Défense est un exemple frappant de mésinformation et de désinformation produites par le gouvernement pour inciter l’opinion publique à soutenir sa politique en Irak », notent les auteurs du rapport intitulé « Casualty Figures after 10 Years of the ‘War on Terror’».

« Qu’avons-nous vraiment accompli ? »

Les États-Unis, qui ont achevé lundi leur retrait d’Afghanistan, doivent faire face aux conséquences de ce conflit de vingt ans. Les étapes finales du retrait se sont déroulées alors que les talibans contrôlaient à nouveau l’Afghanistan et que des dizaines de milliers de personnes cherchaient à quitter le pays par tous les moyens.

Bien que les États-Unis n’aient plus de troupes en Afghanistan, la «guerre contre le terrorisme» semble destinée à se poursuivre. L’administration Biden a indiqué qu’elle continuerait de cibler l’État islamique au Khorassan (EI-K), la branche du groupe État islamique active en Afghanistan et en Asie centrale, notamment à l’aide de drones.

Dimanche, une frappe de drone américaine visant un kamikaze présumé a tué plusieurs civils en Afghanistan. Selon les médias locaux, la frappe lancée près de l’aéroport de Kaboul a emporté dix membres d’une même famille, dont six enfants.

Les États-Unis maintiennent également une présence militaire en Irak et en Syrie, entre autres pays, et ont effectué ces dernières semaines de multiples frappes aériennes en Somalie contre al-Chabab, un groupe affilié à al-Qaïda.

«Qu’avons-nous vraiment accompli en vingt ans de guerres post-11 septembre, et à quel prix ?», s’est interrogée Stephanie Savell, codirectrice du projet Costs of War.

«Dans vingt ans, nous aurons encore à faire face au coût sociétal élevé des guerres en Afghanistan et en Irak, bien après le départ des forces américaines.»

https://french.alahednews.com.lb/41337/347

LA FEDERATION SYNDICALE MONDIALE (FSM) : NOUS DISONS ADIEU AVEC PROFONDE TRISTESSE AU GRAND COMPOSITEUR MIKIS THEODORAKIS

Par Le 03/09/2021

3 Septembre 2021

02 Sep 2021


La Fédération Syndicale Mondiale, au nom de ses 105 millions de membres dans 133 pays du monde, exprime ses sincères condoléances pour le décès du compositeur grec Mikis Theodorakis qui est décédé aujourd’hui à l’âge de 96 ans.

Les peuples du monde ont mis en pratique ses paroles selon lesquelles « les grands poètes appartiennent aux travailleurs, au peuple. Eux seuls peuvent les comprendre ». À travers ses chansons, les travailleurs ont embrassé et découvert les poèmes de Pablo Neruda, Lorca, Bernard Behan, mais aussi des plus grands poètes grecs comme Angelos Sikelianos, Andreas Kalvos, Giorgos Seferis, Odysseas Elytis, Giannis Ritsos. C’est pourquoi il a été honoré en 1983 par le prix Lénine.

Les chansons de Mikis Theodorakis ont fait l’éloge des luttes, non seulement du peuple grec, mais des peuples du monde entier qui luttent contre l’impérialisme, pour un monde sans exploitation de l’homme par l’homme. C’est pourquoi ses chansons inspirent les peuples du monde entier. Elles sont chantées par les travailleurs des Balkans, d’Europe, du Moyen-Orient et d’Amérique.

Durant ses nombreuses années d’emprisonnement, tortures, exil, il s’est toujours tenu debout comme un fils digne de notre peuple.

Nous saluons le grand compositeur avec les paroles de Pablo Neruda tirées du Canto General qu’il a composé :

Patrie, tu naquis des bûcherons/ des enfants sans baptême, des charpentiers/ de ceux qui donnèrent comme un oiseau étrange/ une goutte de sang volante/ et aujourd’hui tu renaîtras durement / d’où le traître et le geôlier/ te croient pour toujours plongée/ Aujourd’hui tu naîtras du peuple comme alors.

Le Secrétariat de la FSM

source : http://www.wftucentral.org/nous-disons-adieu-avec-profonde-tristesse-au-grand-compositeur-mikis-theodorakis/?lang=fr

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POUR LA 1ère FOIS EN DEUX DECENNIES, LE TRAVAIL DE MILLIONS D’ENFANTS-ESCLAVES AUGMENTE DANS LE MONDE. LES PLUS JEUNES N’ONT QUE 5 ANS

Par Le 10/06/2021

Le travail des enfants augmente pour la première fois en deux décennies

Le travail des enfants augmente pour la première fois en deux décennies

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Par AlAhed avec AFP

Des millions d'enfants risquent d'être poussés à travailler à cause de la pandémie de Covid-19, au moment où le monde a enregistré la première hausse du nombre d'enfants au travail en deux décennies, a mis en garde l'ONU jeudi.

Un rapport conjoint de l'Organisation internationale du travail (OIT) et de l'Unicef, l'agence onusienne en charge du bien-être des enfants, estime qu'au début 2020, 160 millions d'enfants étaient forcés de travailler, soit 8,4 millions de plus en quatre ans.

Si les projections actuelles sur la hausse de la pauvreté dans le monde devaient se matérialiser, ce sont neuf millions d'enfants de plus qui vont être forcés de trouver du travail d'ici la fin de l'année prochaine, selon le rapport.

Mais les modèles statistiques montrent que ce nombre pourrait être plus de cinq fois plus élevé, a mis en garde, Claudia Cappa, statisticienne de l'Unicef et co-auteure du rapport.

«Si les protections sociales baissent par rapport à leur niveau actuel, à cause de mesures d'austérité et d'autres facteurs, le nombre d'enfant forcés de travailler pourrait bondir de 46 millions" d'ici la fin 2022», a-t-elle expliqué.

Le rapport, publié tous les quatre ans, montre que la moitié de tous les enfants qui travaillent sont âgés de seulement cinq à onze ans.

La tendance à la hausse a commencé avant que la pandémie ne chamboule totalement l'économie mondiale et marque un tournant par rapport à la décrue de 94 millions d'enfants de moins au travail entre 2000 et 2016.

Et juste au moment où la crise sanitaire se répandait dans le monde entier, un enfant sur dix était au travail. L'ONU avertit que la situation risque de se dégrader encore si rien n'est fait pour aider les familles qui plongent dans la pauvreté.

On perd du terrain

«Nous perdons du terrain dans la lutte contre le travail des enfants et l'année dernière n'a pas rendu les choses plus faciles», a souligné Henrietta Fore, qui dirige l'Unicef.

Et d’ajouter: «Alors que nous avons largement entamé la deuxième année de confinements, fermetures d'écoles, secousses économiques et budgets nationaux en recul, les familles sont forcées de faire des choix cornéliens».

Le phénomène frappe plus les garçons, qui comptaient pour 97 millions sur le total de 160 millions d'enfants au travail début 2020.

Plus inquiétante encore est la progression du nombre d'enfants de cinq à 17 ans qui font un travail dangereux, c'est à dire qui peut avoir un effet direct sur leur développement, éducation ou santé.

Une catégorie qui comprend des secteurs dangereux comme les mines ou la pêche ou encore le fait de travailler plus de 43 heures par semaine, ce qui rend toute scolarisation quasiment impossible.

Début 2020, l'OIT et l'Unicef estiment que 79 millions d'enfants étaient occupés à ce genre de travaux dangereux, soit 6,5 millions de plus que quatre ans plus tôt.

La très grande majorité des enfants (70% ou 112 millions) sont occupés à des tâches agricoles tandis que 20% sont actifs dans le secteur des services et les 10% restant dans l'industrie.

C'est l'Afrique sub-saharienne qui a vu la plus forte hausse du nombre d'enfants au travail. Ils étaient 16,6 millions de plus au début de l'année dernière qu'en 2016.

«Ces nouvelles projections sont un cri d'alarme», a souligné le patron de l'OIT, Guy Rider, appelant à «briser le cycle de la pauvreté et du travail des enfants».

https://french.alahednews.com.lb/40301/296

LE PRIX NOBEL, CETTE FOIS, POUR LES FAISEURS DE PAIX

Par Le 04/06/2021

Le prix Nobel, cette fois, pour les faiseurs de paix ?

Vladimir Caller, le 2 avril 2021.

AmazonieUn médecin cubain dans l'Amazonie péruvienne 

Malgré la brutalité d’un blocus vieux de 60 ans et de fréquentes campagnes de sabotage, Cuba est, selon l'Organisation mondiale de la Santé, à la pointe dans le domaine de la santé publique des pays du continent américain (Etats-Unis compris). Pourtant, lorsqu'en 1959, Fidel et ses compañeros arrivent au pouvoir, ils trouvent le pays dans un état sanitaire calamiteux et se donnent comme première tâche d'y faire face. Très bien, très vite: trop bien même car déjà en 1963, Cuba envoyait sa première brigade médicale à l’aide de l'Algérie révolutionnaire. Elle les a multiplié depuis et on estime qu'une quarantaine de pays et pas moins de trois millions de personnes ont bénéficié du savoir-faire cubain dans le domaine des épidémies.

La pandémie en cours a permis au monde de faire connaissance avec le profil de solidarité jusqu'alors si discret des brigades médicales cubaines. Ce fut en Italie au début de l'épidémie, c'est encore le cas, très récemment, en Afrique du Sud. Mais c'est aussi sur le plan scientifique que Cuba suscite des espoirs. A un moment où l'Europe subit le scénario d'indécentes batailles de concurrence entre les "big pharma" à la recherche de profits, où la France, le pays de Pasteur, est obligé d'importer des vaccinsde partout pour faire face à ses besoins, voilà que Cuba annonce la fabrication de 100 millions de vaccins qu'elle met à disposition du monde, notamment de ses régions les plus pauvres en ressources.

Dans un monde où la violence se généralise, où une des premières mesures du nouveau président des Etats-Unis a été de bombarder à nouveau la Syrie tout en restant là où se trouvent ses puits pétroliers, où le monde occidental, notamment la France de Macron, continue de cautionner les pratiques génocidaires de l'Arabie Saoudite contre le peuple yéménite, on ne peut que se féliciter de l'initiative présentant la candidature des Brigades médicales cubaines pour l'obtention du Prix Nobel de la Paix.

Prix attribué en octobre 2009 à Barack Obama, quelques mois seulement après son investiture "pour ses efforts extraordinaires qui ont renforcé la diplomatie internationale". En quittant ses fonctions, le bilan d'Obama ne pouvait que disqualifier cette attribution. Il a innové dans les techniques meurtrières avec ses "killing drones" et battu des records en exportation d'armements. Par contre, Cuba, cette petite nation "soignante", exporte des médecins, des infirmiers et des infirmières. L’occasion pour le comité du prix Nobel de se rattraper quelque peu.

Vladimir Caller

http://www.ledrapeaurouge.be/editos

LA CHINE DEPLORE L’OBSTRUCTION PAR LES USA DU TRAVAIL DU CONSEIL DE SECURITE SUR LA PALESTINE

Par Le 17/05/2021

La Chine déplore « l’obstruction par les USA du travail du Conseil de sécurité » sur la Palestine

 Depuis 1 heure  17 mai 2021

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 Article traduit - Moyent-Orient - Palestine

 

Rédaction du site

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a regretté « l’obstruction » des États-Unis pour faire adopter au Conseil de sécurité de l’ONU une déclaration appelant à la fin des hostilités entre Israéliens et Palestiniens, lors d’une session d’urgence de cette instance.

« Le Conseil de sécurité doit prendre des mesures, a-t-il dit, en rappelant que la Chine était, avec la Norvège et la Tunisie, à l’origine d’un projet de texte depuis une semaine.
« Le Conseil de sécurité porte la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Malheureusement et simplement en raison de l’obstruction d’un pays, le Conseil de sécurité n’a pas pu parler d’une seule voix », a déclaré Wang, faisant référence aux États-Unis.
Washington s’est opposé, pour la troisième fois en une semaine, à l’adoption d’une déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU sur le conflit.
Le ministre chinois des Affaires étrangères demandé à ‘Israël’ de « remplir fidèlement ses obligations en vertu du droit international, à lever immédiatement et complètement le blocus imposé à Gaza et à garantir la sécurité des civils et leurs droits dans les territoires palestiniens occupés ».

« Ce qui s’est passé dans la région prouve une fois de plus qu’un règlement permanent ne peut être obtenu que sur la base de la solution des deux États », a-t-il ajouté.
Le ministre chinois a souligné que « la justice est effectivement retardée, mais elle ne devrait pas être absente pour toujours ».
Après une séance publique de discussion, qui a duré plus de 3 heures et demi, les délégués de la Chine (assurant la présidence des travaux du Conseil pour le mois en cours), de la Tunisie (seul pays arabe membre du Conseil) et de la Norvège, ont rendu public un communiqué conjoint appelant à une cessation immédiate des hostilités entre Israël et les Palestiniens.

Les États-Unis d’Amérique se sont abstenus de demander à Israël de mettre fin à son agression militaire sur Gaza, tandis, qu’ils ont appelé le « Hamas » et le reste des factions palestiniennes à cesser immédiatement les attaques à la roquette contre l’entité sioniste.

Source: Médias

https://french.almanar.com.lb/2073689

LE SOUVENIR DE LA VICTOIRE ANTIFASCISTE NE S’EFFACE PAS – LE SOCIALISME EST L’AVENIR!

Par Le 10/05/2021

10 Mai 2021

Dimanche 9 mai 2021
Le souvenir de la Victoire antifasciste ne s'efface pas - Le socialisme est l'avenir !


Déclaration du Secrétariat de l'Initiative communiste européenne pour le 76e anniversaire de la Grande Victoire antifasciste des peuples et de la défaite du nazisme. La déclaration est la suivante :
Il y a 76 ans, l'Armée rouge a hissé le drapeau rouge au Reichstag, marquant ainsi la Grande victoire antifasciste des peuples et la défaite du nazisme. Ce fut une lutte acharnée et sanglante, menée par l'Union soviétique avec la contribution décisive de nombreux mouvements antifascistes et partisans, les partis communistes en tête.


La dictature du capital la plus barbare d'Europe a pris fin grâce à l'énorme sacrifice de millions de soldats soviétiques, de partisans et de militants antifascistes.

Dans cette lutte titanesque, le pouvoir de la classe ouvrière, le pouvoir soviétique, a démontré sa supériorité à tous les niveaux.

L'Initiative Communiste Européenne dénonce les efforts des apologistes du système capitaliste exploiteur, qui donne naissance au fascisme, pour réécrire l'histoire écrite dans le sang des peuples. Nous dénonçons en particulier l'Union européenne impérialiste, qui mène cet effort de révision de l'histoire et de ternissement du socialisme en Europe, accompagné de persécutions et de restrictions de l'activité des partis communistes et ouvriers.

76 ans après la Victoire antifasciste des peuples, les travailleurs et les autres couches populaires du monde entier sont confrontés aux interventions et aux guerres impérialistes, aux impasses sociales de la nouvelle crise profonde du système capitaliste, dont le caractère inhumain devient particulièrement évident dans les conditions de la pandémie de COVID-19, en raison de l'affaiblissement des systèmes de santé publique et de la commercialisation de la santé.

L'anniversaire de la Victoire antifasciste éclaire la voie de la lutte des peuples pour renverser la corrélation négative des forces, contre l'exploitation et l'oppression capitalistes, pour ouvrir la voie à la libération sociale, au socialisme !

initiative-cwpe.org

source : https://www.idcommunism.com/2021/05/9th-may-memory-of-antifascist-victory-does-not-fade-away-socialism-is-the-future.html

Tag(s) : #Communiste

VIVE LE 9 MAI! VIVE LA VICTOIRE ANTIFASCISTE DES PEUPLES!

Par Le 08/05/2021

8 Mai 2021

08 May 2021


La Fédération Syndicale Mondiale commémore, ce 9 mai 2021, le 76e anniversaire de la victoire antifasciste des peuples.

Le 9 mai est le symbole de la grande victoire contre le fascisme et le nazisme ; une victoire qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, paraissait impossible à beaucoup. Cependant, l’énorme puissance militaire des Allemands et de l’Axe fasciste (Italie et Japon), malgré l’énorme soutien qu’ils ont reçu des monopoles allemands et internationaux, a été vaincue par la résistance organisée des peuples et le rôle joué par l’Union soviétique. C’est l’héritage de la Fédération Syndicale Mondiale et des militants du monde entier.

Il s’agit d’une victoire stratégique décisive pour l’avenir de l’humanité. Elle a changé la corrélation globale des forces en faveur des travailleurs.ses et des peuples et a favorisé les mouvements de libération nationale et de décolonisation ainsi que la lutte contre le colonialisme. Mais tout d’abord, cela a montré que seules les personnes organisées peuvent vraiment mettre fin au fascisme et au système qui en est à l’origine. Les peuples unis peuvent remporter des victoires qui semblent impossibles.

Un des enfants de cette victoire est la fondation de la Fédération Syndicale Mondiale le 3 octobre 1945.

Cependant, 76 ans après cette date, l’impérialisme étasunien et ses alliés de l’OTAN encouragent des conflits qui menacent gravement la paix mondiale et exacerbent le fascisme et l’intolérance sous diverses formes. Les vagues de réfugiés innocents, la situation en Ukraine, les rivalités entre les alliances mais aussi en leur sein n’apportent que des développements négatifs pour les peuples.

Actuellement, l’Union européenne et les États-Unis font un effort méthodique pour présenter le 9 mai comme soi-disant Journée de l’Europe. Faire oublier la grande victoire de l’Armée rouge et des peuples contre le fascisme. Il est du devoir de chacun d’éviter de falsifier la vérité historique.

Ces serviteurs de l’exploitation et de l’impérialisme qui tentent aujourd’hui de réécrire les événements historiques par des calomnies et des mensonges, doivent échouer.

Face à ces développements, les travailleurs.ses lèvent notre propre drapeau, le drapeau de la FSM, avec nos revendications et nos besoins écrits dessus.

La FSM salue l’anniversaire de cette épopée en réaffirmant son attachement à la défense de la paix mondiale, des droits des peuples, en particulier de la classe ouvrière, jusqu’à la perspective socialiste.

Vive le 9 mai 1945, jour de la victoire des peuples contre le nazisme et le fascisme!

Le Secrétariat

source : http://www.wftucentral.org/vive-le-9-mai-vive-la-victoire-antifasciste-des-peuples/?lang=fr

Tag(s) : #FSM#9mai

8 MAI 1945. FIN DE LA DEUXIEME GUERRE MONDIALE ?

Par Le 07/05/2021

8 mai 1945. Fin de la Deuxième Guerre mondiale ?

 

07 Mai 2021

   

Faux, évidemment ! Non seulement il faudra attendre les deux bombes atomiques larguées début août 1945 sur Hiroshima et Nagasaki pour que les USA s’enorgueillissent d’avoir « gagné la guerre » alors que sans l’intervention massive de l’URSS dès le début de l’année 1943 l’Allemagne nazie était loin d’être vaincue. Mais la guerre était loin d’être terminée pour autant.

Elle allait se prolonger durant ce qu’on appellerait pudiquement en Europe la « Guerre froide » qui allait consumer, à travers de multiples brasiers, une quantité incalculable de populations civiles, du Vietnam à la Syrie en passant par le long défilé de nos anciennes colonies pressées de retrouver enfin la liberté. Sans parler de la volonté d’indépendance de ces nouveaux États-nations créés de toutes pièces par les anciennes puissances coloniales, parfois sous le nom rassurant de protectorats, à travers le Moyen-Orient, l’Afrique et jusqu’aux Amériques, jusqu’aux lointaines Îles Malouines.

Mais en quoi cela aurait-il bien pu nous concerner puisque, sur notre continent à nous, il nous était enfin donné de vivre en paix ? 

C’était en tout cas ce que proclamait haut et fort l‘Intelligentsia européenne, fière du trophée qu’allait lui offrir le jury du Prix Nobel de la Paix en 2012. En dépit de la longue guerre de dix ans de 1991 à 2001 entre les différents peuples de l’ex-Yougoslavie, sans parler des conflits répétés entre la Tchétchénie, la Russie et l’Ukraine (toujours d’actualité), totalisant quelque deux cent mille victimes. Sans parler de nos bombardiers continuant au fil des années – et en ce moment même – à égrener leurs chapelets d’explosifs sur d’autres continents, à travers des guerres dites défensives, préventives, dissuasives et autres jeux de mots, sans que s’en émeuvent outre mesure nos concitoyens, encore moins nos élites politiques, intellectuelles, civiles et religieuses.

« Désormais nous sommes en guerre ». Ce cri-là, oui, on l’entendait parfois dans la bouche de certains chefs d’État dès que des francs-tireurs infiltrés dans nos rangs assassinaient à coup de pétards et de poignards d’innocents concitoyens, vengeant ainsi – prétendaient-ils – leurs frères lointains victimes de nos bombardements.

 

8 mai 2021. Septante-six ans plus tard, malgré la pandémie, les guerres sont toujours là et le commerce des armes n’a jamais été aussi prospère ! 

Nous nous plaignons en Belgique et chez nos voisins européens des mesures de confinement imposées par ce nouvel ennemi, inconnu au régiment. Un virus qui ne demande pourtant qu’à prêter main forte aux humains dans leur acharnement à s’entretuer. Et que dire de ces foules dispersées dans le monde entier subissant de plein fouet, outre la pandémie, les horreurs de la misère, des migrations forcées, de l’exil, de la guerre ?

La CNAPD (Coordination nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie) a décidé en collaboration avec d’autres associations de dénoncer le scandaleux commerce des armes que continue à pratiquer en ce moment notre pays. Des armes wallonnes sont toujours utilisées au Yémen. Six ans de guerre déjà ! « La pire crise humanitaire au monde » selon les Nations Unies. La CNAPD et sa plateforme d’associations ont donc décidé, dès décembre 2017, d’attaquer la Région Wallonne en justice pour qu’elle cesse ses exportations d’armes vers l’Arabie saoudite, pays de transit pour d’autres nations en guerre. Malgré les récentes victoires obtenues au Conseil d’Etat, la Région Wallonne s’entête à maintenir ces exportations. Il a donc été décidé entretemps de multiplier les procédures judiciaires. 

Évidemment ces procédures ont un coût. En soutenant financièrement ces actions en justice, « nous pouvons donc aider à y mettre fin » signale la CNAPD qui annonce aussi que dans moins d’un mois débutera une cagnotte destinée à poursuivre ces actions en justice. « Objectif ? 4000 euros ! Chaque geste compte. Et si l’objectif des 4000 euros est dépassé, d’autres ressources seront disponibles pour la suite de ces actions en justice ».

 Les membres du bureau de la COLUPA ont décidé de contribuer à cette action à raison d’un don de 1000 euros. Rappelons que notre Coalition luxembourgeoise pour la Paix réunit une vingtaine d’associations de la province et du pays, dont la liste vous est indiquée au bas de chacun de nos messages. Tout en souhaitant rejoindre la plateforme comprenant la Coordination nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie (CNAPD), la section belge francophone d’Amnesty International (AIBF), la Ligue des Droits humains (LDH) et Vredesactie.

    Ce sera ainsi une manière pour la Coalition luxembourgeoise pour la Paix de célébrer son trentième anniversaire. Une coalition qui a vu se succéder, à travers des hauts et des bas, toute une génération de militants oeuvrant pour plus de paix chez nous et dans le monde.

   Pour être tenu.e.s au courant du jour J du lancement de la cagnotte par la plateforme vous pouvez vous informer sur  newsletters et les réseaux facebook ou twitter de la CNAPD.

   Voilà du moins une manière positive et militante de commémorer cette journée du 8 mai 1945 rappelant la capitulation de l’Allemagne nazie mais, hélas, ne mettant pas fin à cet enchaînement des guerres ni à la spirale de la violence qui se poursuit jusqu’aujourd’hui. Comme nous le rappelait récemment le philosophe Edgar Morin : « Les humains détruisent bien plus les humains que les virus ». Ce n’est sûrement pas l’expérience qui lui manque, lui qui va fêter ses cent ans le 8 juillet prochain.

Merci pour votre attention et n’hésitez jamais à nous communiquer vos remarques, critiques ou suggestions !

                                                                                           

Coalition luxembourgeoise pour la Paix

 

Agir pour la Paix – CDR Halle de Han – Cellule Accueil Réfugiés – Centre d’Action Laïque Lux. – Centre culturel de Bertrix – Centre d’Animation globale du Luxembourg – Centre des Immigrés Namur Lux. – Cercle Tedesco –  Coluxam – Communauté les Frênes – CNCD 11.11.11 Lux. – Entraide et Fraternité Lux.  – Ferme du Hayon – Le Gletton – Maison luxembourgeoise de l’Écologie – MOC Lux. –  Mojoca – Mouvement d’Action  Paysanne  (MAP) – Oxfam Magasins du Monde Lux. – Périple en la Demeure – Quinoa – Service Civil International (SCI).

https://www.investigaction.net/fr/8-mai-1945-fin-de-la-deuxieme-guerre-mondiale/

PEPE ESCOBAR : DITES BONJOUR AU NOUVEAU PATRON DU MULTILATERALISME

Par Le 23/04/2021

Dites bonjour au nouveau patron du multilatéralisme

Le discours de Xi Jinping au Forum de Boao a marqué son dernier appel en faveur d’une économie mondiale ouverte et contre le découplage mené par les États-Unis.

Par Pepe Escobar

Mondialisation.ca, 22 avril 2021

Asia Times

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En ces temps de graves troubles géopolitiques, il appartient à un véritable homme d’État de monter sur le podium mondial et de désamorcer une atmosphère délétère de Guerre froide 2.0. Le président Xi Jinping a tenu parole dans son discours d’ouverture du Forum annuel de Boao, à Hainan.

Voici l’intégralité de son discours. Et commençons par une seule phrase :

« Alors que nous traversons la pandémie de Covid-19, les gens de tous les pays ont plus clairement réalisé qu’il est nécessaire d’abandonner la mentalité de guerre froide et le jeu à somme nulle, et de s’opposer à toute forme de nouvelle guerre froide et de confrontation idéologique ».

Le public de Boao, dans une sorte de rassemblement Sino-Davos, n’était pas seulement composé d’invités panasiatiques. De manière significative, Elon Musk de Tesla, Tim Cook d’Apple, Stephen Schwarzman de Blackstone et Ray Dalio de Bridgewater, entre autres, accordaient à Xi toute leur attention.

Dans un discours relativement compact, Xi a une fois de plus exposé l’architecture du multilatéralisme – et la manière dont une Chine de retour au statut de superpuissance s’y intègre. Le message s’adressait peut-être subtilement à l’hégémon, mais surtout à une Eurasie en pleine intégration, ainsi qu’à l’ensemble du Sud global.

Xi a mis l’accent sur le multilatéralisme en tant que domaine de justice, et non de l’hégémonie, avec des « consultations approfondies », les grands pays se comportant « d’une manière adaptée à leur statut et avec un plus grand sens des responsabilités », et tout cela menant à des « bénéfices partagés », et non au bien-être des 0,001%.

Pékin considère qu’une économie mondiale ouverte est la voie vers le multilatéralisme – ce qui implique l’absence de « murs » et de « découplage », la Chine ouvrant progressivement sa propre économie et stimulant l’interconnexion des chaînes d’approvisionnement, l’économie numérique et l’intelligence artificielle (IA).

En un mot, c’est le Made in China 2025 en action – sans se référer à la terminologie particulièrement diabolisée pendant l’ère Trump.

Le multilatéralisme et l’économie ouverte sont des éléments clés de l’Initiative Ceinture et Route (BRI) – qui n’est pas seulement un vaste modèle de commerce/développement, mais aussi le concept global de politique étrangère de la Chine.

Xi a donc dû une fois de plus souligner que la BRI est « une route publique ouverte à tous, et non une voie privée appartenant à une seule partie ». Elle vise autant la réduction de la pauvreté, la croissance économique et la « connectivité dure » des infrastructures que la « connectivité douce », qui comprend « la coopération dans le contrôle des maladies infectieuses, la santé publique, la médecine traditionnelle et d’autres domaines ».

Il est assez révélateur que lorsque Xi a mentionné l’adoption des vaccins chinois, il l’a illustré avec deux exemples du Sud global : le Brésil et l’Indonésie.

Comment séduire le Sud global

L’approche chinoise d’un nouveau modèle de relations internationales s’inspire autant de Confucius que du Tao. D’où l’accent mis sur la « communauté de destin partagée » appliquée à l’échelle mondiale, et le refus de la « Guerre froide et de la mentalité à somme nulle » ainsi que de la « confrontation idéologique sous toutes ses formes ».

L’accent est mis sur « l’égalité, le respect mutuel et la confiance mutuelle » au premier plan des relations internationales, ainsi que sur « les échanges et l’apprentissage mutuel entre les civilisations ». L’écrasante majorité des pays du Sud global a certainement compris le message.

Mais en l’état actuel des choses, la realpolitik dicte que la Guerre froide 2.0 est déjà en vigueur, opposant Washington au partenariat stratégique Russie-Chine. La zone clé où se joue le jeu est en fait l’ensemble du Sud global.

Xi doit donc savoir que c’est à Pékin qu’il incombe de prouver qu’un « nouveau type de relations internationales » est la voie à suivre.

Le Sud global sera très conscient des efforts déployés par la Chine pour « aider davantage les pays en développement à vaincre le virus » et « honorer son engagement à faire des vaccins un bien public mondial ».

Sur le plan pratique, cela sera aussi crucial que de garder la Chine sous contrôle, en référence à la promesse de Xi selon laquelle l’État-civil « ne cherchera jamais l’hégémonie, l’expansion ou une sphère d’influence, quelle que soit sa force ». Le fait est que de grandes parties de l’Asie constituent une sphère d’influence économique naturelle pour la Chine.

L’Union européenne se concentrera sur la « coopération multilatérale en matière de commerce et d’investissement », en référence à la ratification et à la signature, dans le courant de l’année, de l’accord commercial Chine-UE. Et les entreprises américaines qui suivront attentivement le discours de Xi seront très intéressées par une promesse alléchante : « Tous sont les bienvenus pour partager les vastes opportunités du marché chinois ».

Les relations internationales sont désormais totalement polarisées entre des systèmes de gouvernance concurrents. Pourtant, pour l’écrasante majorité des acteurs du Sud global, en particulier les nations les plus pauvres, le test ultime pour chaque système – comme le savent si bien les universitaires chinois – est la capacité à faire progresser la société et à améliorer la vie des gens.

Les universitaires et les décideurs chinois privilégient ce qu’ils définissent comme des plans de développement SMART (spécifiques, mesurables, réalisables, pertinents et limités dans le temps).

Cela s’est traduit dans la pratique par la confiance de la majorité des citoyens chinois dans leur modèle politique – quelles que soient les interprétations de l’Occident. Ce qui compte, c’est la manière dont Pékin a contrôlé le Covid-19 en un temps record, la manière dont l’économie renoue avec la croissance, la manière dont la réduction de la pauvreté a été un immense succès (800 millions de personnes sorties de la pauvreté en trois décennies ; 99 millions de ruraux et 128 000 villages ruraux dans la dernière ligne droite) et la manière dont l’objectif officiel de parvenir à une « société modérément prospère » est atteint.

Au fil des ans, Pékin a soigneusement élaboré le récit d’une « ascension pacifique » en s’appuyant sur son immense héritage historique et culturel.

En Chine, l’interaction entre la résonance historique et les rêves d’avenir est extrêmement complexe à décoder pour un étranger. Les rythmes du passé résonnent toujours dans l’avenir.

Cela signifie en fin de compte que l’exceptionnalisme chinois – tout à fait évident à travers des siècles d’histoire – repose essentiellement sur le confucianisme, qui définit l’harmonie comme une vertu suprême et abhorre les conflits.

Et c’est la raison pour laquelle la Chine ne suivra pas le passé récent belliqueux et colonialiste de l’Occident hégémonique : une fois encore, c’est l’un des messages clés du discours de Xi à Boao. Si Pékin parvient à imprimer ce récit de « mission historique » dans l’ensemble du Sud global – avec des actes tangibles et pas seulement de la rhétorique – alors nous entrerons dans un tout nouveau jeu.

Pepe Escobar

 

Article original en anglais : Say hello to the new multilateral boss, Asia Times, le 21 avril 2021.

Traduit par Réseau International

La source originale de cet article est Asia Times

Copyright © Pepe EscobarAsia Times, 2021

https://www.mondialisation.ca/dites-bonjour-au-nouveau-patron-du-multilateralisme/5655755

JOSEPH ANDRAS : "MITTERRAND QUI RATIFIE L'EXECUTION DE FERNAND IVETON, C'EST LA GAUCHE"

Par Le 21/04/2021

21 Avril 2021

Publié par Saoudi Abdelaziz

Joseph Andras : "Mitterrand qui ratifie l’exécution de Fernand Iveton, c’est la gauche"

«Me coltiner le réel, c’est la seule chose que je sache faire». C’est le titre de l’interview menée dans Mediapart du 20 avril par Ellen Salvi, reprenant le crédo de l’écrivain Joseph Andras connu des Algérien pour avoir relaté la vie et l'exécution du martyr Fernand Iveton.

EXTRAITS DE L'INTERVIEW

Depuis De nos frères blessés jusqu’à Au loin le ciel du Sud, la « question coloniale » traverse tous vos récits. Aujourd’hui encore, c’est une question sur laquelle la gauche française ne cesse de louvoyer. Comment l’expliquez-vous ?

Joseph Andras. C’est précisément ce que j’ai à l’esprit. Mes livres abordent la question coloniale pour elle-même, bien sûr, mais ils ont aussi à l’esprit de dialoguer avec la gauche. Il faudrait d’ailleurs la définir puisque Manuel Valls s’en réclame. Disons plutôt cette vaste tradition héritière du socialisme tel qu’on l’entendait au XIXe siècle, de la lutte pour la justice en général et contre le mode de production capitaliste en particulier. En bref, le camp de l’égalité.

On a trop souvent tendance à faire de la droite et de la gauche des catégories morales, des « sensibilités » : la droite est méchante, la gauche est sympa. Dionys Mascolo est même allé jusqu’à dire que la droite et la gauche ne servent qu’à « distinguer entre deux bourgeois » – il proposait, lui, de parler de ceux qui sont « révolutionnaires » et de ceux qui ne le sont pas. On continue d’entendre, ici et là, que la colonisation serait de droite et que si la gauche l’a parfois appuyée, ce fut malgré ses « valeurs ». Bien sûr, c’est faux.

Victor Hugo et ses envolées sur la conquête au nom du progrès, c’est la gauche. Mitterrand qui ratifie l’exécution de Fernand Iveton et donne l’ordre final de frapper Ouvéa, c’est la gauche. Hollande qui chante son amour à Netanyahou, c’est la gauche. C’est que, ramenée à l’os, la question coloniale est celle de l’accumulation du capital. Des matières premières. De la force de travail. Après, on enrobe : les Lumières, le petit Jésus, la possession d’une âme, la modernité, le tout-à-l’égout et les Gaulois. Toute une partie de la gauche n’a aucun problème avec le capitalisme comme système structurant. À quoi il faut ajouter, dans une fraction du mouvement révolutionnaire, ce que Césaire, écrivant à Thorez, a nommé le « fraternalisme » : une sorte de paternalisme entre camarades du Nord et du Sud.

Quand on voit qu’Emmanuel Macron l’a utilisé comme titre de son livre programmatique, le mot « révolution » a-t-il encore un sens ? Lequel revêt-il pour vous ?

C’est une question compliquée. Je veux dire, ce qu’il faut faire des mots salis. Doit-on garder « socialisme » après les crédits de guerre votés par le SPD allemand en 1914 ? « Communisme » après Douch et son programme de tortures ? « Démocratie » après Bush et Blair ? « Féminisme » après Femmes puissantes de Léa Salamé ? Faut-il les abandonner, en trouver de nouveaux, les laver puis les brandir avec orgueil ? Il n’y a que dans les dictionnaires que les termes soient intacts. À l’air libre, ils ont tous du noir sous les ongles.

Macron prêterait à rire si son pouvoir n’avait pas le sang des « gilets jaunes » sur les mains. Les grands médias ont été ses manageurs : on saura se le rappeler. « Révolution » a, dans sa bouche, la même valeur que tout ce que son régime produit : des sons sans interactions avec ce qu’ils sont censés recouvrir. Lallement cite Trotsky, Blanquer assimile la théorie féministe au terrorisme islamiste, Darmanin reproche à Le Pen sa mollesse et Castaner écrit des haïkus sur les mouettes entre deux dénégations des violences policières. « Révolution », donc.

Ce que je continue d’y entendre ? Rien que de très banal : la possibilité d’un mieux-vivre pour le plus grand nombre. Manger convenablement, emmener ses gamins en vacances, soigner ses dents comme il faut, ne plus baisser les yeux devant un supérieur hiérarchique, discuter collectivement du travail produit, ne pas redouter les factures d’eau et d’électricité, être une femme et marcher tranquillement dans la rue à 2 heures du matin, être un homme noir ou arabe et marcher sans être harcelé par la police, libérer l’espace public de l’occupation publicitaire, bénéficier d’une information qui ne soit plus aux mains des riches – et n’avoir plus de riches du tout, vu ce qu’ils font des écosystèmes. C’est à peu près ça, une révolution. C’est finalement très modeste.

Seulement voilà : les ennemis de l’égalité sont organisés. Et l’histoire est là pour nous l’indiquer : ils feront tout ce qui est en leur pouvoir pour démolir cette aspiration populaire au mieux-vivre. Être fanatique, aujourd’hui, c’est croire que le compromis social-démocrate est en mesure de faire face aux enjeux climatiques. Être doux rêveur, aujourd’hui, c’est croire qu’on stoppera « l’innovation financière » par une succession de « mesures ». Le pragmatisme oblige à aligner deux idées de manière logique : empêcher le système terrestre de dérailler et, par suite, rendre la vie vivable au plus grand nombre, c’est faire la révolution. On a fait tomber l’Ancien Régime et l’aristocratie héréditaire ; reste à faire tomber le Nouveau Régime capitaliste fossile et l’aristocratie financière.

Où est la révolte aujourd’hui ? Qui sont les rebelles ?

Ils et elles ne manquent pas ! Je reviens sur les « gilets jaunes ». La France des incomptés, des sans-parts, des invisibles, des « territoires », des abstentionnistes, des perdants de la mondialisation : paf, la voici qui surgit. Et, en quelques jours, sans aucune structuration initiale, elle va droit au but : la vie chère, l’impôt sur la fortune, les salaires, la démocratie directe, les retraites.

On parle de prendre l’Élysée et le pouvoir se fait littéralement dessus. Bien sûr, le régime macroniste les a matés. Mais c’est là, ça reste, ça restera. Il y a également la révolte écologique. La révolte féministe. La révolte antiraciste. Tout ceci ne constitue pas un bloc, une force de masse organisée, mais, en tout cas, tous nos espoirs s’y trouvent.

Le débat public est saturé par des discours visant à dénoncer une prétendue « tyrannie des minorités » et un certain « goût pour la repentance ». Quel rôle peut jouer la création littéraire face à de tels discours ?

Peut-être peut-elle, au rythme qui est le sien – car lire, c’est suspendre le temps médiatique, c’est retrouver goût au débat en faisant taire les éditorialistes –, remettre les mots à l’endroit. « Révolution », ce n’est donc pas briser les mâchoires du peuple révolté et crever les yeux de Jérôme Rodrigues et de Manuel T : ça, ça s’appelle « contre-révolution ». La « tyrannie des minorités », c’est une réalité – à condition de préciser un peu… Les 1 % les plus riches sont responsables de deux fois plus d’émissions carbonées que la moitié la plus pauvre de l’humanité. Les milliardaires du monde se partagent plus de richesses que 4,6 milliards de Terriens. Je suis donc d’avis qu’il faut combattre la tyrannie de ces minorités avec la dernière énergie.

Quant à la « repentance », c’est un mot intéressant : personne ne s’en réclame, mais les partisans de l’inégalité n’arrêtent pas d’en parler. Personne ne demande aux Français de mettre le genou à terre pour l’exécution des militants de Yên Bái. Personne n’attend des Blancs qu’ils se flagellent pour leur carnation et les crimes commis par les capitalistes blancs du siècle dernier. Les gens demandent généralement trois choses : la vérité, la justice et la dignité. La première, c’est dire ce qui a été comme ça a été ; la deuxième, c’est reconfigurer ici et maintenant l’ordre inégalitaire qui procède de ce passé ; la dernière, c’est prendre au sérieux la parole des héritiers de cette histoire et de cette mémoire désormais communes. Là, les écrivains ne seront pas de trop.

La littérature se doit-elle d’être politique ?

Elle l’est toujours, à vrai dire. La politique existe dès lors que deux personnes se croisent en chemin – car elles auraient pu ne jamais se croiser, car elles peuvent se saluer ou ne pas le faire. Dans cette incertitude, ce flottement, il y a, repliée, toute l’organisation d’une société. Qu’est-ce qui a rendu possible cette rencontre ? Qu’est-ce qui aurait pu l’entraver ? Pourquoi, à cet instant précis, en ce lieu-ci, en cette époque donnée, un individu a-t-il la possibilité – et toute possibilité est fruit d’une organisation collective – d’interagir avec un autre ?

Un Afro-Américain qui croise un Blanc dans le Tennessee en 1952, ce n’est pas un ouvrier-tourneur qui croise un magistrat dans un quartier populaire de Londres en 1910, ni une paysanne qui croise un tirailleur sénégalais dans le Var en 1914.

Donc toute production, toute œuvre, propose une politique. Cette création prolonge-t-elle le monde comme il va ? Lui offre-t-il de quoi s’appuyer, se renforcer, se justifier, s’épanouir ? Ou, au contraire, cette création cherche-t-elle à le bousculer, à le tournebouler, à lui faire mordre la poussière ? La littérature est politique jusque, et surtout, dans son refus de se dire politique. Chaque écrivain oriente ses écrits selon les ancrages sociaux, les aspirations et les objectifs qui sont les siens – chaque écrivain est donc « engagé » au profit d’un monde parmi d’autres.

Source : Mediapart

 #NATION#Evocations#Les références

https://www.algerieinfos-saoudi.com/2021/04/joseph-andras-mitterrand-qui-ratifie-l-execution-de-fernand-iveton-c-est-la-gauche.html?utm_campaign=_ob_pushmail&utm_medium=_ob_notification&utm_source=_ob_email

PEPE ESCOBAR : BIENVENUE DANS LA GEOPOLITIQUE CHOC ET EFFROI DU XXIème SIECLE

Par Le 28/03/2021

Bienvenue dans la géopolitique Choc et Effroi du XXIe siècle

Avec une triple claque Russie-Chine-Iran à l’hégémon, nous avons maintenant un tout nouvel échiquier géopolitique.

Par Pepe Escobar

Mondialisation.ca, 26 mars 2021

Asia Times

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Il a fallu 18 ans après Choc et Effroi infligé à l’Irak pour que l’hégémon soit impitoyablement choqué et effrayé par un une-deux diplomatique Russie-Chine pratiquement simultané.

On ne saurait trop insister sur le fait qu’il s’agit là d’un véritable changement de donne ; la géopolitique du XXIe siècle ne sera plus jamais la même.

Pourtant, c’est l’hégémon qui a le premier franchi le Rubicon diplomatique. Les manipulateurs de l’hologramme Joe « Je ferai tout ce que tu veux, Nance » Biden ont chuchoté dans son oreillette de qualifier le président russe Vladimir Poutine de « tueur » sans âme au beau milieu d’une interview.

Même au plus fort de la Guerre froide, les superpuissances n’ont pas eu recours aux attaques ad hominem. Le résultat d’une bêtise aussi étonnante a été d’enrégimenter pratiquement toute la population russe derrière Poutine – car cela a été perçu comme une attaque contre l’État russe.

Puis vint la réponse de Poutine, froide, calme, recueillie – et plutôt diplomatique – qu’il convient d’examiner attentivement. Ces mots aiguisés comme un poignard sont sans doute les cinq minutes les plus dévastatrices de l’histoire des relations internationales post-vérité.

Dans « Pour le Léviathan, il fait si froid en Alaska », nous avions prédit ce qui pourrait se passer lors du sommet 2+2 entre les États-Unis et la Chine dans un hôtel miteux d’Anchorage, avec des bols de nouilles instantanées bon marché en prime.

Le protocole diplomatique millénaire de la Chine établit que les discussions commencent autour d’un terrain d’entente – qui sont ensuite vantés comme étant plus importants que les désaccords entre les parties négociantes. C’est là le cœur du concept de « ne pas perdre la face ». Ce n’est qu’ensuite que les parties discutent de leurs différences.

Pourtant, il était tout à fait prévisible qu’une bande d’Américains amateurs, sans tact et désemparés, enfreigne ces règles diplomatiques de base pour montrer sa « force » à son public, en distillant la litanie proverbiale sur Taïwan, Hong Kong, la mer de Chine méridionale, le « génocide » des Ouïghours.

Oh là là. Il n’y a pas eu une seule personne du Département d’État ayant une connaissance minimale de l’Asie de l’Est pour avertir les amateurs qu’on ne s’attaque pas impunément au formidable chef de la Commission des Affaires étrangères du Comité central du PCC, Yang Jiechi.

Visiblement surpris, mais contrôlant son exaspération, Yang Jiechi a riposté. Et les coups rhétoriques ont été entendus dans tout le Sud global.

Ils devaient inclure une leçon élémentaire de savoir-vivre : « Si vous voulez traiter avec nous comme il se doit, faisons preuve de respect mutuel et faisons les choses comme il se doit ». Mais ce qui est ressorti, c’est un diagnostic cinglant et concis mêlant histoire et politique :

« Les États-Unis ne sont pas qualifiés pour parler à la Chine de manière condescendante. Le peuple chinois ne l’acceptera pas. Les relations avec la Chine doivent être fondées sur le respect mutuel, et l’histoire prouvera que ceux qui cherchent à étrangler la Chine finiront par en souffrir ».

Et tout cela traduit en temps réel par la jeune, séduisante et ultra-qualifiée Zhang Jing – qui est inévitablement devenue une superstar du jour au lendemain en Chine, récoltant un nombre étonnant de plus de 400 millions de visites sur Weibo.

L’incompétence de la branche « diplomatique » de l’administration Biden-Harris dépasse l’entendement. En utilisant une manœuvre de base de Sun Tzu, Yang Jiechi a renversé les rôles et exprimé le sentiment prédominant de l’écrasante majorité de la planète. Laissez tomber votre « ordre fondé sur des règles » unilatéral. Nous, les nations du monde, privilégions la charte des Nations unies et la primauté du droit international.

Voilà donc ce que la paire Russie-Chine a réalisé presque instantanément : à partir de maintenant, l’hégémon doit être traité, dans tout le Sud global, avec, au mieux, du dédain.

Un processus historique inévitable

Avant l’Alaska, les Américains ont mené une offensive de charme au Japon et en Corée du Sud pour des « consultations ». C’est sans importance. Ce qui compte, c’est l’après-Alaska, et la réunion cruciale des ministres des Affaires étrangères Sergey Lavrov-Wang Yi à Guilin.

Lavrov, toujours imperturbable, a précisé dans une interview accordée aux médias chinois comment le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine voit l’actuel naufrage diplomatique des États-Unis :

« En fait, ils ont largement perdu les compétences de la diplomatie classique. La diplomatie concerne les relations entre les personnes, la capacité à s’écouter, à s’entendre et à trouver un équilibre entre des intérêts divergents. Ce sont exactement les valeurs que la Russie et la Chine mettent en avant dans leur diplomatie ».

La conséquence inévitable est que la Russie et la Chine doivent « consolider leur indépendance » : « Les États-Unis ont déclaré que limiter l’avancée technologique de la Russie et de la Chine était leur objectif. Nous devons donc réduire notre exposition aux sanctions en renforçant notre indépendance technologique et en passant à des règlements en monnaies nationales et internationales autres que le dollar. Nous devons cesser d’utiliser les systèmes de paiement internationaux contrôlés par l’Occident ».

La Russie et la Chine ont clairement identifié, comme l’a souligné Lavrov, la manière dont les « partenaires occidentaux promeuvent leur programme axé sur l’idéologie visant à préserver leur domination en freinant le progrès dans d’autres pays. Leurs politiques vont à l’encontre de l’évolution objective de la situation internationale et, comme ils le disaient à un moment donné, ils sont du mauvais côté de l’histoire. Le processus historique reprendra son cours, quoi qu’il arrive ».

En tant que présentation brutale d’un « processus historique » inévitable, il n’y a pas plus clair que cela. Et, comme on pouvait s’y attendre, il n’a pas fallu longtemps aux « partenaires occidentaux » pour retomber dans – quoi d’autre – leur même vieux sac à sanctions.

C’est reparti : une « alliance » États-Unis, Royaume-Uni, Union européenne, Canada sanctionnant certains responsables chinois parce que, selon les termes de Blinken, « la RPC [République populaire de Chine] continue de commettre des génocides et des crimes contre l’humanité au Xinjiang ».

L’UE, le Royaume-Uni et le Canada n’ont pas eu le courage de sanctionner un acteur clé : le chef du parti du Xinjiang, Chen Quanguo, qui est membre du Politburo. La réponse chinoise aurait été – économiquement – dévastatrice.

Pourtant, Pékin a contre-attaqué en imposant ses propres sanctions – visant, de manière cruciale, le fou évangélique d’extrême droite allemand se faisant passer pour un « universitaire » qui a produit l’essentiel des « preuves » totalement démenties d’un million de Ouïghours détenus dans des camps de concentration.

Une fois de plus, les « partenaires occidentaux » sont imperméables à la logique. Pour ajouter à l’état déjà épouvantable des relations entre l’UE et la Russie, Bruxelles choisit également de se mettre à dos la Chine sur la base d’un seul faux dossier, jouant ainsi en plein dans le programme pas vraiment secret de l’hégémon « Diviser pour régner ».

Mission (presque) accomplie : Des diplomates bruxellois m’ont dit que le Parlement européen était pratiquement prêt à refuser de ratifier l’accord commercial entre la Chine et l’UE, négocié laborieusement par Merkel et Macron. Les conséquences seront immenses.

Blinken aura donc des raisons de se réjouir lorsqu’il rencontrera divers eurocrates et bureaucrates de l’OTAN cette semaine, avant le sommet de l’OTAN.

Il faut applaudir le culot des « partenaires occidentaux ». Dix-huit ans se sont écoulés depuis « Choc et Effroi », le début des bombardements, de l’invasion et de la destruction de l’Irak. Cela fait 10 ans que la destruction totale de la Libye par l’OTAN et ses sous-fifres du CCG, avec Obama et Biden « dirigeant en coulisses », a commencé. Dix ans se sont écoulés depuis le début de la destruction sauvage de la Syrie par le biais de mandataires – avec des djihadistes déguisés en « rebelles modérés ».

Pourtant, aujourd’hui, les « partenaires occidentaux » sont si mortifiés par le sort des musulmans en Chine occidentale.

Au moins, il y a quelques fissures dans le cirque illusionniste de l’UE. La semaine dernière, le Cercle de Réflexion interarmées (CRI) des Forces armées françaises – en fait un groupe de réflexion indépendant composé d’anciens officiers supérieurs – a écrit une lettre ouverte étonnante au secrétaire général de l’OTAN en carton, Stoltenberg, l’accusant de facto de se comporter comme un larbin américain dans la mise en œuvre du plan OTAN 2030. Les officiers français ont tiré la bonne conclusion : le combo USA/OTAN est la cause principale des relations exécrables avec la Russie.

Les ides de mars

Pendant ce temps, l’hystérie des sanctions avance comme un train fou. Biden-Harris a déjà menacé d’imposer des sanctions supplémentaires sur les importations chinoises de pétrole en provenance d’Iran. Et il y en a d’autres dans le pipeline – sur la fabrication, la technologie, la 5G, les chaînes d’approvisionnement, les semi-conducteurs.

Et pourtant, personne ne tremble dans ses bottes. Juste après la Russie et la Chine, l’Iran a intensifié le jeu, l’ayatollah Khamenei publiant les lignes directrices pour le retour de Téhéran au JCPOA.

Le régime américain n’est pas en mesure de formuler de nouvelles exigences ou de modifier l’accord nucléaire.

Les États-Unis sont plus faibles aujourd’hui qu’au moment de la signature du JCPOA.

L’Iran est dans une position plus forte aujourd’hui. Si quelqu’un peut imposer de nouvelles exigences, c’est l’Iran et non les États-Unis.

Et avec cela, nous avons une triple gifle Russie-Chine-Iran à l’hégémon.

Dans notre dernière conversation/interview, qui sera bientôt publiée sous la forme d’une vidéo et d’une transcription, Michael Hudson – sans doute le meilleur économiste du monde – a mis le doigt sur le cœur du problème :

« La lutte contre la Chine, la peur de la Chine, c’est qu’on ne peut pas faire à la Chine ce qu’on a fait à la Russie. Les États-Unis aimeraient qu’il y ait une figure d’Eltsine en Chine pour dire : donnons simplement tous les chemins de fer que vous avez construits, le train à grande vitesse, donnons les richesses, donnons toutes les usines aux individus et laissons les individus gérer tout et, ensuite, nous leur prêterons de l’argent, ou nous les rachèterons et nous pourrons alors les contrôler financièrement. Et la Chine ne laisse pas cela se produire. Et la Russie a empêché cela de se produire. Et la fureur de l’Occident est que, d’une manière ou d’une autre, le système financier américain est incapable de prendre le contrôle des ressources étrangères, de l’agriculture étrangère. Il ne lui reste que les moyens militaires pour s’en emparer, comme on le voit au Proche-Orient. Et vous le voyez en Ukraine en ce moment.

À suivre. En l’état actuel des choses, nous devrions tous nous assurer que les Ides de mars – version 2021 – ont déjà configuré un tout nouvel échiquier géopolitique. La double hélice Russie-Chine sur le rail à grande vitesse a quitté la gare – et il n’y a pas de retour en arrière.

Pepe Escobar

Article original en anglais :

Welcome to “Shocked and Awed” 21st Century Geopolitics. A “Real Game-Changing Moment”, le 24 mars 2021

Traduit par Réseau International

La source originale de cet article est Asia Times

Copyright © Pepe EscobarAsia Times, 2021

https://www.mondialisation.ca/bienvenue-dans-la-geopolitique-choc-et-effroi-du-xxie-siecle/5654961

NUCLÉAIRE : POUR LES HABITANTS AUTOUR DE FUKUSHIMA, « IL Y A UNE INJONCTION A ETRE DES CONTAMINES SATISFAITS »

Par Le 13/03/2021

NUCLÉAIRE

Pour les habitants autour de Fukushima, « il y a une injonction à être des contaminés satisfaits »

PAR NOLWENN WEILER 12 MARS 2021

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À Fukushima, autorités et experts ont invité les habitants à s’accommoder au plus vite d’une situation gravissime. Thierry Ribault explique comment le concept de résilience sert à étouffer toute réflexion sur les causes réelles des catastrophes.

Basta ! : Votre ouvrage, Contre la résilience - À Fukushima et ailleurs, analyse le concept de résilience, omniprésent dans notre société, et largement convoqué suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima, qui a commencé il y a 10 ans, le 11 mars 2011. Pour vous, si elle semble aider les victimes à faire face, la résilience les invite surtout à s’accommoder de la catastrophe. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

Thierry Ribault [1] : La résilience est un concept adulé dans nos sociétés, notamment pour administrer les désastres, c’est-à-dire non seulement pour les gérer mais aussi pour les transformer en remèdes aux dégâts qu’ils génèrent. On peut comprendre cet engouement étant donné que nous sommes de plus en plus confrontés à des catastrophes impossibles à maîtriser. La résilience apparaît comme une formule magique car elle prétend clore cette impossibilité, et en faire une source d’inspiration et de rebond vers un soi-disant « monde d’après ». En fait, plus on connaît les causes des désastres, plus les réponses que l’on fournit sont concentrées sur leurs conséquences, et sur la meilleure façon dont on peut en tirer parti, rendant ainsi les causes de plus en plus désastreuses. C’est un principe de base de la résilience que l’on pourrait définir comme « l’art de s’adapter au pire ».

Dans le cas d’une catastrophe nucléaire comme celle de Fukushima, mais c’est aussi vrai ailleurs, la résilience est promue au rang de technique thérapeutique pour faire face au désastre. On va individualiser le problème et amener les gens à faire fi de leur impuissance face aux dégâts pour, au contraire, leur donner l’impression d’être puissants et agissants. Chacun est exhorté à « rebondir », à « vivre avec ». Les victimes sont amenées à cogérer le désastre, en participant à la « décontamination » ou en surveillant la radioactivité ambiante. L’objectif des apôtres de la résilience (autorités étatiques, associations locales, experts internationaux), c’est d’amener chacun à cesser de s’inquiéter « inutilement » d’avoir fatalement à vivre avec la contamination. Personne n’ose dire que l’on va « vivre comme avant » mais on parle de « situation post-normale », qui est en fait une situation de survie. Les gens doivent apprendre à se contenter d’un bonheur palliatif, où règne le « trop peu », considéré comme éternel et indiscutable : « trop peu » de santé, « trop peu » de liberté, « trop peu » de peur, « trop peu » de refus, « trop peu » de vie.

Cette injonction à « vivre avec » permet aux autorités de « faire ravaler leur colère aux gens », dites-vous. Pourquoi ? Et comment ce refoulement de la colère opère-t-il ?

Dans toutes les catastrophes, il y a un pilotage des sentiments, notamment de l’impuissance, et on peut le comprendre, car l’impuissance révolte les gens. Elle fait naître en eux un sentiment terrible de colère. La résilience permet de refouler cela. Au départ, à Fukushima, les gens étaient très vindicatifs face à la gestion de l’accident nucléaire par les autorités. Mais en peu de temps, ils ont endossé le discours selon lequel il faut « dépasser la colère », ce qui revient à gommer la gravité de la situation. Cette amnésie collective s’appuie sur divers moyens, à commencer par la réévaluation du seuil d’« inacceptabilité » des radiations, euphémisé en « niveau de référence », et qui est passé de 1 à 20 mSv par an. Les habitants sont encouragés à prendre part aux programmes de décontamination, pour – leur disent les autorités – « évacuer leur peur » car « c’est la peur qui tue » et non pas l’exposition aux particules radioactives. Des associations locales sont créées pour remonter le moral des habitants. Dès 2012, le gouvernement a nommé un ministre responsable de la « construction de la résilience nationale ».

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Le leitmotiv c’est que l’on peut vivre en territoire contaminé. Simplement, il faut prendre quelques précautions. Dès lors, les victimes sortent de leur passivité face à l’agression, elles deviennent actrices. C’est rassurant, et elles finissent pas basculer dans la « positivation » de leur malheur : les gens renouent avec l’espoir car les actions de décontamination collective, ou de production de science citoyenne avec les relevés individuels de radioactivité, mobilisent la solidarité et la capacité individuelle à surmonter une épreuve. Tout cela va jusqu’à conduire certains à affirmer que « c’est merveilleux de vivre à Fukushima », ou encore que « l’histoire de Fukushima est un cadeau pour le futur ».

 

« On est baigné depuis la révolution industrielle dans cette idée que le désastre est source de progrès et la résilience contribue à la consolidation de cette idée »

Comme à Tchernobyl, où a été expérimenté in vivo pour la première fois ce concept du « vivre avec » la contamination radioactive, on retrouve des influenceurs-experts français qui viennent surfer sur le désespoir des gens, en organisant des pseudo-dialogues et des pseudo-rencontres démocratiques où les gens viennent apprendre à « calmer leur anxiété ». Il y a cette conviction que le problème, ce n’est pas la contamination, mais la peur que les gens éprouvent. On fait glisser le curseur de l’analyse vers la psychologie et la capacité de réception et d’adaptation, au lieu de se concentrer sur le problème principal, à savoir les causes qui mènent à être contraint de s’adapter au pire.

Pour inciter les japonais à se conformer à cette vision d’une catastrophe « pas si grave », il y a aussi la « politique du retour », qui réduit les possibilités de survivre hors de la zone contaminée...

Bien sûr. Peu à peu, le gouvernement a réduit ou supprimé les subventions versées aux réfugiés, et a rendu difficile l’accès à des logements de substitution ailleurs que dans le département de Fukushima. Il y a aussi des reconstructions d’écoles dans les villages contaminés, ou des incitations, par décret, à consommer des produits locaux dans les cantines scolaires. Tout cela joue en faveur d’un basculement psychologique favorable au « vivre avec ». Ajoutons le discrédit jeté sur toute forme de contestation et de crainte, avec une culpabilisation de ceux qui rechignent à vivre en zone contaminée et qui ont l’impression d’abandonner ceux qui y restent. Toutes les émotions susceptibles de soutenir un questionnement sur le bien fondé de l’accommodation sont appréhendées comme des maladies nécessitant d’être soignées. On a ainsi parlé des « cervelles irradiées » des mères inquiètes pour la santé de leur enfant. Il y a réellement une injonction à être des contaminés satisfaits.

Cette gestion très individualisée de la catastrophe ne revêt-elle pas aussi un caractère néolibéral ?

En partie, avec la disparition du social au profit de l’individu, la sur-responsabilisation, la valorisation de l’auto-organisation, etc. Mais la résilience est plus que cela. C’est une technologie du consentement qui précède historiquement le néolibéralisme. Elle s’est développée en même temps que la société industrielle car il s’agit de trouver de bonnes raisons à la traversée de la catastrophe. On est baigné depuis la révolution industrielle dans cette idée que le désastre est source de progrès et la résilience contribue à la consolidation de cette idée. J’affirme au contraire que le désastre n’est pas une source de progrès, et que le malheur n’est pas une source de bonheur. Il est ce qu’il est, point. En faire un simple moment que l’on peut positiver à tout crin est extrêmement dangereux, car cela revient à le légitimer.

Aux origines idéologiques de la résilience, on trouve également des affinités avec un eugénisme doux. Au Japon, la Nippon Foundation, encore appelée Fondation Sasakawa, ouvertement d’extrême droite, a financé nombre d’initiatives encourageant les gens à « vivre avec » la radioactivité. On peut ajouter que la propagande sur la reconquête et le « repeuplement » des territoires contaminées a des relents fascisants, particulièrement lorsqu’elle considère les femmes comme des « machines à faire des enfants » (sic). En Europe, en France notamment, il y a des affinités politiques entre les gens qui promeuvent et construisent les programmes de réhabilitation à Tchernobyl et Fukushima et les mouvements d’extrême droite religieux pro-vie. On retrouve cette idée que toutes les formes de vie sont belles même si elles sont dures. Idées que les résiliomaniaques n’hésitent pas à mobiliser dans des assertions du type « la catastrophe est un crible qui élimine le faible et renforce le fort : c’est la vie », ou encore « l’expérience du camp de la mort est vécue comme un chemin initiatique procurant une force de vie ». Il ne s’agit pas de dire que recourir au concept de résilience équivaut à être fasciste. Mais il faut réfléchir à ces affinités idéologiques réelles pour comprendre ce qui se joue au détriment des populations.

Vous évoquez aussi la production d’ignorance, qui ne relève pas nécessairement du pur mensonge, mais plutôt de ce que les historiens des sciences nomment « la science non faite ». On ne cherche pas, ou peu (d’éléments radioactifs par exemple), et par conséquent, il n’y a rien, ou peu à craindre…

La science post-catastrophe est obnubilée par le fait de rassurer les populations au plus vite et au moindre coût. C’est pourquoi il n’y a pas eu de réelles enquêtes sur la dose reçue par les habitants dans les premiers jours de la catastrophe, au prétexte que cela aurait fait naître de l’anxiété. Il ne s’agit pas tant, par cette production d’ignorance organisée, de cacher ou d’obstruer le savoir que d’instiller, dans les esprits comme dans les pratiques, cette idée qu’avec moins ou peu de connaissances, on peut finalement s’en tirer et sans doute mieux qu’avec trop. On va par exemple se focaliser sur un nombre de particules très réduit – le césium ou l’iode – alors que plus d’une centaine ont été disséminées. Les zones d’étude prises en comptes sont rétrécies. Les enquêtes sur la contamination interne sont marginales... À force de restreindre le champ des recherches, on finit par se dire que l’on va pouvoir vivre dans ce milieu qui nous menace, et que l’on va même pouvoir y vivre « en toute plénitude », en en sachant de plus en plus sur de moins en moins.

Ce que vous affirmez, c’est que la résilience aboutit à une banalisation de la menace, au fait de voir la catastrophe comme un mal nécessaire, auquel il faudrait simplement se préparer, puis s’accommoder. Pourquoi ?

La résilience prête main forte au paradigme du risque et érige une adhésion absolue au caractère inévitable du désastre qu’il se charge de probabiliser. On sait désormais que, pour des raisons économiques (le coût de l’évacuation) et politico-stratégiques (la pérennité à tout prix du nucléaire), l’État, en situation de catastrophe nucléaire, restreint les possibilités offertes aux populations de choisir de partir, puis celles de choisir de ne pas revenir. Il faut donc inculquer aux populations qu’en cas de catastrophe nucléaire, l’évacuation est impossible, dangereuse, inutile. La solution, par conséquent, c’est de fournir aux gens la capacité de gérer leur dose au quotidien. Cette idée est au cœur de ce que l’on appelle « la culture pratique du risque radiologique », et elle est désormais au centre de toutes les politiques de gestion d’une catastrophe nucléaire ou pas, y compris en France.

 

« La résilience apparaît ici comme un puissant outil de résistance au changement. Elle transforme l’humain en machine à encaisser les coups pour mieux repartir au combat »

Cette doctrine, qui a d’abord été mise en application à Tchernobyl, puis à Fukushima de manière plus sophistiquée, est un tournant majeur dans la pensée de ceux et celles qui défendent le nucléaire. Au départ, les nucléaristes purs et durs ne voulaient pas entendre parler de la cogestion de la contamination, parce que cela allait faire peur aux gens. Mais finalement, ils se sont ralliés à l’idée selon laquelle il faut que les populations prennent une part active à la gestion de la catastrophe. Cette évolution est liée à la nouvelle prémisse selon laquelle le risque zéro n’existe pas. D’inexistant, le risque est devenu inévitable. Mais sans que cela ne pose réellement de problème. Il s’agirait plutôt du prix à payer pour avoir la chance de vivre le confort du progrès technologique. On est clairement, avec ce discours, dans la préparation à la catastrophe, la prochaine.

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Pour vous, l’un des problèmes de ces discours sur l’accommodation à la catastrophe, c’est qu’ils font l’économie de se demander comment on en est arrivé là, et rendent toute révolte impossible.

Le principe de la résilience, c’est de préparer les gens au pire sans jamais élucider les raisons de ce pire. La résilience interdit de s’interroger sur le fait que les catastrophes industrielles sont liées à notre mode de production économique capitaliste, qu’elles sont le résultat d’une société technologique se voulant sans limite. Il s’agit en fait de combattre le cancer, le dérèglement climatique ou le Covid-19, sans combattre le monde qui les fait émerger. La résilience est toujours tournée vers l’avenir. La question, devient simplement : comment le malheur d’aujourd’hui va-t-il nous conduire vers le bonheur de demain ? Il y a un gommage du passé, qui ôte aux populations toute perspective de prise de conscience de leur situation et de révolte par rapport à elle. La résilience apparaît ici comme un puissant outil de résistance au changement. Elle fait du malheur une ressource au service de la perpétuation de ce qui existe déjà, et transforme l’humain en machine à encaisser les coups pour mieux repartir au combat.

 

« L’investissement dans l’exaltation de la souffrance et du sacrifice en situation de catastrophe est inversement proportionnel aux efforts déployés pour en être épargnés »

L’alternative est de considérer réellement le malheur, de le nommer et non pas de lui donner un sens pour mieux l’évacuer, et de faire advenir à la conscience la dureté de ce que l’on vit, conscience indispensable pour aller ensuite vers des formes de vie sociale radicalement différentes, plutôt que se résigner aux rapports sociaux et à leurs nuisibles sous-produits tels qu’ils sont. On ne traverse pas les épreuves, on est traversés par elles. La conscience de la gravité d’une situation et la peur qu’elle inspire (elle aussi prohibée par la résilience au nom de l’impératif de dépassement), sont des moment cruciaux pour nous amener à nous questionner individuellement et collectivement sur les causes réelles qui mènent à ces situations de catastrophes devenues conditions du progrès. Avec la résilience, selon laquelle on ne souffre jamais en vain, on est dans un refoulement sans fin de cette conscience. L’investissement dans l’exaltation de la souffrance et du sacrifice en situation de catastrophe est inversement proportionnel aux efforts déployés pour en être épargnés. Efforts que l’on pourrait consacrer à réfléchir et construire des sociétés dans lesquelles est vivifié le désir de prendre distance vis-à-vis de la condition de survivant, condition à laquelle la résilience nous somme de prendre part citoyennement.

Propos recueillis par Nolwenn Weiler

Photo : experts de l’AIEA à Fukushima, avril 2013. CC Greg Webb /AIEA.

Sur le même sujet : Contaminations radioactives : « Au Japon, s’inquiéter revient à s’opposer au gouvernement »

Contre la résilience - À Fukushima et ailleurs, de Thierry Ribault. Éditions de L’échappée, collection « Pour en finir avec ». 368 pages. 22 euros.

Notes

[1] Thierry Ribault est chercheur en sciences sociales au CNRS. Il est coauteur, avec Nadine Ribault, de Les Sanctuaires de l’abîme. Chronique du désastre de Fukushima, Éditions de l’Encyclopédie des Nuisances, 2012.

https://www.bastamag.net/Fukushima-contaminations-zones-radioactives-catastrophes-nucleaires-contre-la-resilience-thierry-ribault

8 MARS 2021 : JOURNEE INTERNATIONALE DES LUTTES POUR LES DROITS DES FEMMES.

Par Le 27/02/2021

27 Février 2021

 

26 FÉVRIER 2021  DROITS DES PAYSANS ET DES PAYSANNESFEMMES

8 mars 2021 — Journée internationale des luttes pour les droits des femmes.

(Harare, le 25 février 2021) Le 8 mars 2021, soudées dans notre diversité et d’une seule voix, nous affirmons que contre le virus du patriarcat et du capitalisme, nous avons le vaccin du féminisme et de la solidarité ! En même temps, nous soulignons le rôle fondamental des femmes rurales et de l’ensemble de la paysannerie, lesquelles se trouvent en première ligne de la production d’aliments agroécologiques et sains. Elles produisent plus de 60 pourcent de toute la production mondiale. Vingt-cinq ans après sa conception collective, la souveraineté alimentaire représente aujourd’hui notre voie concrète et durable pour surmonter les différentes crises que nous vivons. Il faut en finir avec la violence systématique du capitalisme et du patriarcat qui porte atteinte aux droits des femmes, aux droits des personnes se reconnaissant dans d’autres identités sexuelles, aux droits des enfants et de la classe travailleuse. Il faut en finir avec l’exclusion de nombreuses catégories de personnes de l’accès public et gratuit à un vaccin. La vaccination devrait être considérée un droit humain fondamental comme le droit à l’alimentation. C’est ainsi que nous la défendons dans notre appel international : Pour le droit à la santé publique et gratuite pour toutes les populations !

Dans le monde, les femmes jouent un rôle politique, social et économique vital, et plus encore durant cette pandémie. Nous continuons de toucher des salaires plus bas, beaucoup d’entre nous travaillent dans le secteur informel, nous sommes précarisées et exploitées, nous sommes des migrantes, des mères célibataires, des travailleuses agricoles, des pêcheuses et des pasteures qui avons moins accès à la terre, à la technologie, aux programmes publics de santé, à la protection contre la violence, à l’éducation et à la culture. L’absence d’accès aux moyens de production, notamment la terre constitue le plus grand obstacle que nous affrontons en milieu rural. Aujourd’hui, les femmes possèdent à peine 1 % des terres et malgré cela, nous devons relever le défi de continuer d’assurer l’alimentation et les soins de nos familles et de nos communautés dans des conditions d’inégalité politique, économique et sociale.

Dans ce sens, nous exigeons aujourd’hui que les États appliquent la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysannes et paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP). Cet instrument reconnaît que les femmes et la paysannerie sont des « sujets de droit. » Il constitue un outil stratégique pour renforcer les luttes et les propositions des mouvements ruraux. De plus, cette déclaration établit une jurisprudence et une perspective juridique internationale pour orienter la législation et les politiques publiques locales, nationales et internationales au profit de ceux et celles qui nourrissent le monde.

Le pouvoir économique de l’agro-industrie impose son modèle d’agrobusiness dominant. Les grandes sociétés multinationales déterminent ce qui sera produit, ce que nous mangeons ainsi que les quantités et les prix de ce que nous mangeons. Ils exercent leur influence sur les gouvernements et même sur les organismes multilatéraux comme la FAO qui organise le Sommet sur les systèmes alimentaires cette année. Nous avons dénoncé ce sommet, car il vise à continuer l’accaparement d’une part toujours croissante du secteur de l’alimentation. Cette dynamique génère des profits élevés pour les grandes sociétés et des coûts énormes pour la santé des peuples et de la planète.

Tout au long de l’histoire, nous les femmes, nous avons lutté pour devenir des sujets actrices de transformations de la société, de mobilisation et de conscientisation. Ainsi, unies à l’ensemble de La Via Campesina, nous saluons toutes les luttes et nos sœurs et frères qui résistent en Inde, en Colombie, au Chili, au Venezuela, à Cuba, au Kurdistan, en Palestine, les zapatistes, les femmes diverses organisées dans la Marche mondiale des femmes et d’autres réseaux amis, qui participent activement aux changements dont nos sociétés ont besoin, pour la justice et la dignité des majorités.

Mobilisez-vous :

En ce 8 mars, journée internationale pour les droits des femmes, nous appelons nos organisations membres, nos alliées et nos amies à se mobiliser dans tous les espaces où elles se trouvent, dans nos communautés, nos rues, nos places, nos marchés, nos écoles et nos lieux de travail, pour protéger la vie. Continuons de réveiller les consciences, de dénoncer les injustices et de faire pression pour que les États s’engagent à appuyer les luttes historiques des femmes travailleuses de la campagne et de la ville.

Contre le virus du patriarcat et le capitalisme, le vaccin du féminisme et de la solidarité !

Veuillez envoyer vos communiqués de presse, vos photographies et vos vidéos à lvcweb@viacampesina.org.

Copiez et partagez notre matériel !

Pour télécharger l’affiche officielle de 2021 et les outils de communication pour les réseaux sociaux, cliquez ici. 

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#8Mars2021 #FemmesEnLutte #SouverainetéAlimentaireMAINTENANT

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Tag(s) : #ViaCampesina#8Mars

UNE ANNÉE DE PANDÉMIE DE CORONAVIRUS - DÉCLARATION COMMUNE DES PARTIS COMMUNISTE ET OUVRIER

Par Le 20/02/2021

19 Février 2021

UNE ANNÉE DE PANDÉMIE DE CORONAVIRUS - DÉCLARATION COMMUNE DES PARTIS COMMUNISTE ET OUVRIER


Un an après l'apparition de la pandémie de coronavirus, les partis communistes et ouvriers du monde entier ont publié une déclaration évaluant la situation actuelle et s'engagent à poursuivre la lutte pour des services de santé publics, gratuits et universels, ainsi que pour la protection des droits démocratiques des travailleurs. 
 
Cette déclaration souligne, entre autres, le fait que la pandémie a mis en évidence la nécessité du socialisme qui peut mettre le potentiel scientifique et technologique contemporain au service des besoins des peuples. 
La déclaration complète est la suivante :


EN PREMIÈRE LIGNE DE LA LUTTE POUR LA SANTÉ, LE TRAVAIL ET LES AUTRES DROITS DE LA CLASSE OUVRIÈRE ET DES PEUPLES

Un an s'est écoulé depuis le déclenchement de la pandémie Covid-19, qui a également agi comme un catalyseur de l'aggravation de la crise capitaliste, apportant beaucoup de souffrance à la classe ouvrière et aux autres couches populaires du monde entier. Plus de 100 millions de personnes sont tombées malades, plus de 2 millions de personnes ont perdu la vie, des millions d'autres sont confrontées à la détérioration dramatique de leurs conditions de vie et aux impasses sociales du capitalisme, telles que le chômage, l'intensification de l'exploitation et de la répression.

Les partis communiste et ouvrier signataires de cette déclaration commune souhaitent avant tout exprimer leur solidarité avec les personnes touchées par la pandémie de Covid-19, celles qui ont perdu des proches, celles qui sont tombées malades, et adresser leurs chaleureux remerciements aux médecins et aux infirmières, au personnel des hôpitaux et des unités de santé qui, depuis un an maintenant, mènent ce combat, en affrontant de grandes difficultés.

Pendant cette période, les problèmes aigus des soins de santé primaires et des hôpitaux, la pénurie de personnel médical et infirmier, des unités de soins intensifs (USI) et des moyens de protection nécessaires, due au sous-financement, à la commercialisation et à la privatisation des services publics de santé nationale et de la production médicale et pharmaceutique, qui s'expriment de manière tendancielle dans tout le monde capitaliste, se sont manifestés de manière dramatique. Dans le même temps, les groupes monopolistiques et les entreprises pharmaceutiques, qui ont augmenté leur rentabilité, récoltent des milliards, tandis que les médicaments, les fournitures médicales, les vaccins et la recherche sont entre les mains du grand capital et deviennent l'objet de profits, accentuant les inégalités entre les pays et les contradictions géopolitiques. L'intensification de la concurrence pour la production et la distribution de vaccins et de médicaments, les retards dans les vaccinations nécessaires, les exclusions et la non-divulgation des contrats avec les industries pharmaceutiques, expriment les impasses du système d'exploitation capitaliste qui fonctionne sur la base du profit des groupes monopolistiques. L'importance de la lutte pour les droits des travailleurs et des peuples, de la nécessité du socialisme, qui peut mettre le potentiel scientifique et technologique contemporain au service des besoins populaires, est soulignée.

Les partis communiste et ouvrier saluent les luttes des travailleurs de la santé ainsi que des travailleurs, des agriculteurs et des indépendants qui demandent des mesures pour soutenir leurs revenus et protéger leur santé.

Nous dénonçons les gouvernements qui, dans des conditions de pandémie, légifèrent de nouvelles mesures anti-populaires et anti-ouvrières, qui mettent une fois de plus le fardeau de la crise sur les épaules des travailleurs et des peuples et qui, en même temps, suppriment leur lutte avec l'autoritarisme et de manière policière.

Nous, les partis communiste et ouvrier, poursuivons notre lutte. Nous exigeons dans chacun de nos pays, des services de santé gratuits et universels et des mesures substantielles pour lutter contre l'épidémie, pour protéger la santé et la vie des peuples :

Renforcement immédiat des services de santé publique grâce à un financement de l'État, recrutement de personnel médical et infirmier permanent de plein droit. La satisfaction de tous les besoins dans les unités de soins intensifs (USI) et les infrastructures nécessaires au plein fonctionnement des services de soins de santé publique et de recherche.
Vaccination plus rapide des populations de chaque pays, avec des vaccins efficaces, sûrs et gratuits, sans exclusion dans l'approvisionnement en vaccins, car cela se fait au détriment des populations des pays capitalistes les moins développés. Abolition des brevets pour les vaccins et tous les autres produits pharmaceutiques nécessaires qui peuvent aider à lutter contre la pandémie.
Mise à disposition immédiate, publique et universelle, de tous les moyens de précaution et de protection nécessaires (masques, gants, gels de désinfection, etc.), ainsi que des tests de diagnostic au peuple par l'État, gratuitement.
Soutien aux revenus et aux droits des couches populaires qui travaillent. Protection des chômeurs, intensification de la lutte contre le capital et ses porte-parole politiques, qui tentent de piétiner davantage les salaires et les pensions, les assurances, le travail et les droits démocratiques. Mesures de protection des travailleurs sur les lieux de travail, dans les transports publics, les écoles et les universités.

Aucune restriction des droits démocratiques des peuples sous prétexte du coronavirus.
Intensifier la lutte contre les interventions impérialistes et mettre immédiatement fin à toutes les sanctions et mesures de blocus économique qui, dans des conditions de pandémie, sont encore plus injustes et criminelles, comme les blocus criminels de l'impérialisme américain contre Cuba et le Venezuela, et retirer l'action inacceptable des États-Unis qui remet Cuba sur la liste américaine des soi-disant "États commanditaires du terrorisme".
Nous disons non aux interventions impérialistes et aux exercices militaires, tels que ceux de l'OTAN, et nous exigeons que les ressources nécessaires soient fournies et que les systèmes nationaux de santé publique et de sécurité sociale soient financés de manière adéquate.
PC de l'Albanie
PC de l'Arménie
PC d'Australie
Parti du travail d'Autriche
Democratic Progressive Tribune - Bahreïn
PC du Bangladesh
PC de Belgique
PC brésilien
PC du Brésil
PC de Grande-Bretagne
Nouveau PC de Grande-Bretagne
PC au Danemark
PC de Finlande 
PC allemand
Parti communiste de Grèce
Parti des travailleurs hongrois
Parti des travailleurs d'Irlande
CP de l'Inde (marxiste)
Parti Tudeh d'Iran
PC (Italie)
PC jordanien
Mouvement socialiste du Kazakhstan
Parti socialiste de Lettonie
Parti socialiste (Lituanie)
PC du Mexique
Nouveau CP des Pays-Bas
PC du Pakistan
PC palestinien
Parti du peuple palestinien
PC paraguayen
PKP-1930, le PC philippin
PC de Pologne
PC portugais
Parti socialiste roumain
PC de la Fédération de Russie
Parti communiste russe du travail
CPSU
PC du Swaziland
PC syrien
Les communistes de Serbie
Nouveau PC de la Yougoslavie
PC des travailleurs d'Espagne
Les communistes de Catalogne
PC du Sri Lanka
PC de la Turquie
PC de l'Ukraine
Union des communistes d'Ukraine
PC du Venezuela

source : https://www.idcommunism.com/2021/02/a-year-of-coronavirus-pandemic-joint-statement-by-communist-and-workers-parties.html#more

Tag(s) : #Covid19#Communiste

LA PANDEMIE REPRESENTE LE PLUS GROS CHOC JAMAIS VECU PAR LE SECTEUR AERIEN. DES MILLIERS DE SUPPRESSIONS D'EMPLOIS

Par Le 19/02/2021

Dévastée par la pandémie, l’aviation enregistre des pertes massives

Dévastée par la pandémie, l’aviation enregistre des pertes massives

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Par AlAhed avec AFP

Laminé. La pandémie représente le «plus gros choc que le secteur aérien ait jamais vécu» avec une chute de 66% de la fréquentation en 2020, selon le chef économiste de l’Association internationale du transport aérien (Iata), Brian Pearce. La fréquentation est retombée au niveau de 2003, avec 1,8 milliard de passagers en 2020, loin des 4,5 milliards de 2019, relève l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

Effet des quarantaines et des fermetures de frontières, le trafic international a été plus touché (-75,6%) que les liaisons intérieures (-48,8%), selon l’Iata. Le nombre de passagers sur les vols intérieurs aux Etats-Unis, plus important marché au monde, baissait encore de 63% en décembre sur un an, de 43% en Inde, de 12% en Russie, de près de 8% en Chine.

En Europe, il y avait toujours deux tiers de vols en moins mi-février qu’un an auparavant, selon Eurocontrol, l’organisme européen de surveillance du trafic aérien.

Quelles conséquences pour les compagnies aériennes ?

Chute vertigineuse du nombre de passagers, des avions cloués au sol représentant des coûts fixes très compliqués à réduire: un redoutable effet ciseau pour les compagnies qui ont perdu 510 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2020, selon l’Iata.

Leurs pertes financières, de 118 milliards de dollars en 2020, devraient s’établir à 38 milliards en 2021.

Pour privilégier leurs avions les plus rentables, les compagnies ont mis à la retraite 3400 appareils en 2020, dont 2400 de manière anticipée, selon une étude du cabinet Oliver Wyman. Dont une grande partie des flottes des symboliques Boeing 747 et Airbus A380.

Face aux enjeux, les Etats ont sorti le carnet de chèques, mais «on estime déjà que 40 compagnies aériennes ont disparu», selon le directeur général de l’Iata, Alexandre de Juniac.

Avec à la clef la précarisation des personnels: en Europe, quelque 18’000 postes de pilotes sur 65’000 ont été supprimés ou sont menacés, selon l’European Cockpit Association; aux Etats-Unis, des dizaines de milliers d’emplois dans l’aérien sont en sursis.

Des pertes qui se chiffrent en milliards

Airbus a plongé dans le rouge en 2020 mais est parvenu à limiter les dégâts provoqués par la déconfiture du secteur aérien sous l’effet de l’épidémie de Covid-19 qui le conduit à rester prudent pour 2021.

Le constructeur aéronautique européen a publié jeudi une perte nette de 1,1 milliard d’euros en 2020, quand son concurrent, le géant américain Boeing, plombé par les déboires du 737 MAX et les retards des premières livraisons du 777X à fin 2023, a essuyé une perte de 11,9 milliards de dollars.

La perte nette d’Airbus est légèrement inférieure à celle de 2019 (-1,4 milliard), une année qui avait été marquée par une amende de 3,6 milliards d’euros dans une affaire de corruption.

Air France-KLM a perdu 7,1 milliards d’euros l’année dernière, un choc «sans précédent" provoqué par le Covid-19 qui a ravagé le transport aérien et privé le groupe franco-néerlandais des deux tiers de ses clients.

Le chiffre d’affaires s’est effondré de 59% par rapport à 2019 pour tomber à 11,1 milliards d’euros, a précisé jeudi le groupe dans un communiqué, en prévenant que le premier trimestre 2021 serait «difficile» et que la visibilité d’une reprise restait «limitée», même s’il s’attend à un regain de trafic au deuxième et troisième trimestres.

Même paysage sinistré que pour les compagnies: selon le Conseil international des aéroports (ACI) qui fédère les gestionnaires de 1933 équipements dans 183 pays, leurs pertes de revenus pour 2020 ont atteint 111,8 milliards de dollars.

Là aussi, de nombreux plans d’économies ont été lancés, suppressions d’emplois à la clé, et des projets annulés, comme l’ambitieux terminal T4 de Roissy/Paris-Charles De Gaulle.

Même sous perfusion d’argent public (173 milliards de dollars sous différentes formes en 2020, selon l’Iata) ou ayant réussi à obtenir des prêts, les compagnies vont devoir tenir jusqu’à une reprise du trafic, qui dépendra de la levée des restrictions.

En outre, «certains gouvernements vont arrêter les aides ou se concentrer sur une ou deux compagnies. Certains acteurs vont disparaître (…) et ce sera surtout des compagnies de taille moyenne», explique Yan Derocles.

Rien qu’en Europe, «460 sociétés (…) exploitent moins de 50 appareils», selon lui.

Les acteurs traditionnellement présents sur les liaisons intercontinentales devraient souffrir plus longtemps. Des «low-cost» très rentables avant la crise comme Ryanair abordent l’après-Covid en position de force.

https://french.alahednews.com.lb/38766/373

PABLO NERUDA - CHANT D'AMOUR A STALINGRAD (1942)

Par Le 01/02/2021

31 Janvier 2021

Dimanche 31 janvier 2021
Pablo Neruda - Chant d'amour à Stalingrad (1942)


Pablo Neruda, l'emblématique poète et diplomate communiste chilien - l'une des figures culturelles latino-américaines les plus influentes du XXe siècle - a été largement inspiré par l'héroïsme du peuple soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a été particulièrement impressionné par la lutte courageuse des défenseurs de Stalingrad dans une bataille qui a joué un rôle décisif dans l'issue de la guerre. 
En 1942, Pablo Neruda a écrit le "Chant d'amour à Stalingrad" (Canto de Amor a Stalingrado), louant la bravoure de l'Armée rouge et du peuple soviétique. Ce qui suit est une traduction  de ce poème extra-ordinaire :


 Chant d'amour à Stalingrad
Par Pablo Neruda

J'ai écrit sur le temps et l'eau,
a décrit son deuil et son métal violet,
J'ai écrit sur le ciel et la pomme,
Maintenant, j'écris sur Stalingrad.

La mariée a déjà sauvé dans son mouchoir
le rayon de mon amour dans l'amour,
Maintenant, mon cœur est au sol,
dans la fumée et la lumière de Stalingrad.

J'ai touché de mes mains la chemise
du crépuscule bleu et vaincu :
maintenant je touche le lever du soleil de la vie
né avec le soleil de Stalingrad.

Je connais le vieux à plumes
jeune homme transitoire,
comme un cygne lié,
se défait de sa douleur notoire,
pour mon cri d'amour à Stalingrad.

Je mets mon âme où je veux.
Je ne me nourris pas de papier fatigué,
aromatisé à l'encre et à l'encrier.
Je suis né pour chanter à Stalingrad.

Ma voix était avec vos grands morts,
contre vos propres murs écrasés,
ma voix résonnait comme une cloche et le vent,
à te regarder mourir, Stalingrad.

Maintenant, en combattant les Américains,
blanc et foncé comme des grenades,
tuer le serpent dans le désert.
Vous n'êtes pas seul, Stalingrad.

La France retourne aux anciennes barricades,
Les drapeaux de la fureur sont hissés
sur les larmes fraîchement séchées.
Vous n'êtes pas seul, Stalingrad.

Et les grands lions anglais
volant au-dessus de la mer démontée,
de clouer leurs griffes sur la terre brune.
Vous n'êtes pas seul, Stalingrad.

Aujourd'hui, sous tes montagnes de punition,
seul votre peuple n'est pas enterré :
la chair des morts tremble,
ceux qui ont touché votre front, Stalingrad.

Votre acier bleu, construit avec fierté,
votre chevelure planétaire,
votre forteresse de partage du pain,
votre sombre frontière, Stalingrad.

Ta patrie des marteaux et des lauriers,
le sang de votre grandeur enneigée,
Le regard de Staline vers la neige,
la neige tissée de ton sang, Stalingrad.

Les décorations que tes morts
ont mis sur la saleté
poitrine percée, et le frisson
de vie et de mort, Stalingrad

Le sel profond que vous avez encore une fois
apporter au cœur de l'homme bouleversé
avec la branche des capitaines rouges
qui vient de ton sang, Stalingrad.

L'espoir qui se brise dans les jardins,
comme une fleur longtemps attendue,
la page gravée de fusils,
lettres de lumière, Stalingrad.

La tour que vous concevez haute,
les sanctuaires de pierre ensanglantés,
les défenseurs de votre âge mûr,
les fils de ta peau, Stalingrad.

Les aigles brûlants de tes pierres,
les métaux allaités par votre âme,
les adieux avec d'énormes larmes,
et les vagues de l'amour, Stalingrad.

Les ossements des assassins blessés,
les paupières envahissantes se sont fermées,
et les conquérants en fuite
derrière votre étincelle, Stalingrad.

Ceux qui se sont moqués de la courbe de l'Arc,
et foré dans les eaux de la Seine
avec le consentement de l'esclave,
s'est arrêté à Stalingrad.

Ceux qui ont marché sur les plaies
d'une belle Prague en pleurs,
sur elle trahie et muette,
est mort à Stalingrad.

Ceux qui crachent dans la grotte grecque,
la stalactite de verre brisée,
et son rare bleu classique,
Et maintenant, où sont-ils, Stalingrad ?

Ceux qui ont brûlé et brisé l'Espagne,
quitter le cœur enchaîné
d'une mère de soldats et de chênes,
pourrissent à vos pieds, Stalingrad.

Ceux qui, en Hollande,
des tulipes et de l'eau éclaboussées de boue tachée de sang
et répandre le fouet et l'épée,
dorment maintenant à Stalingrad.

Ceux qui, dans la nuit blanche de la Norvège,
avec un hurlement comme un chacal libéré,
a brûlé ce printemps gelé,
muet à Stalingrad.

Honneur à vous pour ce que l'air vous apporte,
pour ce qui doit être et a été chanté,
l'honneur pour votre mère et vos enfants,
et vos petits-enfants, Stalingrad.

Honneur au combattant du brouillard,
honneur au commissaire et au soldat,
honneur au ciel derrière la lune,
honneur au soleil de Stalingrad.

Sauvez-moi un fragment d'écume violente
Garde-moi un fusil, garde-moi une charrue
et qu'ils la déposent sur ma tombe
avec un épi rouge de votre sol,
qu'il soit connu, s'il y a le moindre doute,
que je suis mort en t'aimant et que tu m'as aimé,
et si je ne me battais pas dans votre taille
Je laisse en ton honneur cette grenade noire,
cette chanson d'amour pour Stalingrad.

source : https://www.idcommunism.com/2021/01/pablo-neruda-song-of-love-to-stalingrad.html

Tag(s) : #Stalingrad#Neruda

 

DETRUIRE LA SOCIETE CIVILE. LA CAMPAGNE DE PEUR.

Par Le 15/01/2021

Détruire la société civile. La campagne de peur.

Chapitre I: Introduction. La crise mondiale du coronavirus de 2020 : Détruire la société civile, la dépression économique, le coup d’État mondial et la « grande réinitialisation »

Par Prof Michel Chossudovsky

Mondialisation.ca, 14 janvier 2021

Thème: 

Analyses: 

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Ce texte est le premier chapitre (Introduction) du E-livre (E-book) (Neuf chapitres) de Michel Chossudovsky, disponible en anglais. La crise mondiale du coronavirus de 2020 : Détruire la société civile, la dépression économique, le coup d’État mondial et la « grande réinitialisation ». Pour lire la préface traduite en français, cliquez ICI.

****

« Il serait temps que tout le monde sorte de cette transe négative, cette hystérie collective, car la famine, la pauvreté, le chômage massif vont tuer, faucher bien plus de gens que le SRAS-CoV-2 ! » (Dr. Pascal Sacré)

« Je vois des patients qui ont des éruptions faciales, des infections fongiques, des infections bactériennes. … En février et mars, on nous a dit de ne pas porter de masque. Qu’est-ce qui a changé ? La science n’a pas changé. La politique a changé. C’est une question de conformité. Ce n’est pas une question de science… (Dr. James Meehan)

« Une fois que le mensonge devient la vérité, il n’y a plus de retour en arrière. La folie prévaut. Le monde est sens dessus dessous. » (Michel Chossudovsky)

***

Nous sommes à la croisée d’une des crises les plus graves de l’histoire du monde. Nous vivons l’histoire, mais notre compréhension de la séquence des événements depuis janvier 2020 est floue. Dans le monde entier, les gens ont été induits en erreur par leurs gouvernements et les médias quant aux causes et aux conséquences dévastatrices de la « pandémie » Covid-19.

La vérité non dite est que le nouveau coronavirus donne un prétexte et une justification aux puissants intérêts financiers et aux politiciens corrompus pour précipiter le monde entier dans une spirale de chômage de masse, de faillite, d’extrême pauvreté et de désespoir.

C’est là le véritable tableau de ce qui se passe en ce moment. C’est le résultat d’un processus décisionnel complexe.

Le « verrouillage de la planète » est un empiètement sur les libertés civiles et le « droit à la vie ».

Des économies nationales entières sont en danger. Dans certains pays, la loi martiale a été déclarée.

Les petits et moyens capitaux sont censés être éliminés. Le grand capital prévaut.

Une concentration massive de la richesse des entreprises est en cours.

Un « nouvel ordre mondial » diabolique est en train de se mettre en place.

Les zones rouges, le masque, la distanciation sociale, la fermeture des écoles, des collèges et des universités, plus de réunions familiales, plus de fêtes d’anniversaire, la musique, les arts : plus d’événements culturels, les manifestations sportives sont suspendues, plus de mariages, « l’amour et la vie » est carrément interdit.

Et dans plusieurs pays, les réunions familiales de Noël et de Nouvel An sont devenues illégales.

La fermeture de l’économie mondiale nous est présentée comme un moyen de lutter contre le virus. C’est ce qu’ils veulent nous faire croire. Si le public avait été informé que le Covid-19 est « similaire à la grippe saisonnière », la campagne de peur serait alors restée lettre morte…

Image Pakistan Daily Times : Pères Noël stagiaires au Royaume-Uni

La pandémie a été officiellement lancée par l’OMS le 11 mars 2020, entraînant le verrouillage et la fermeture des économies nationales de 190 (sur 193) pays, États membres des Nations unies. Les instructions sont venues d’en haut, de Wall Street, du Forum économique mondial (FEM), des fondations milliardaires.

La pandémie du 11 mars 2020 a été précédée par une urgence de santé publique de portée internationale (PHEIC) de l’OMS le 30 janvier 2020, qui a été suivie en février par la déstabilisation des marchés financiers. Le 30 janvier, on comptait 83 cas en dehors de la Chine sur une population totale de 6,4 milliards d’habitants. Dans les jours qui ont précédé le krach financier de février, 453 cas ont été enregistrés en dehors de la Chine. (Voir notre analyse au chapitre II)

Ce projet diabolique, basé sur des estimations maigres et erronées, est décrit avec désinvolture par les médias d’entreprise comme une entreprise « humanitaire ». La « communauté internationale » a la »responsabilité de protéger » sa population (R2P).

Selon Diana Johnstone, il s’agit du « prétexte mondial« . Un « partenariat public-privé » non élu, sous les auspices du Forum économique mondial (FEM), est venu au secours des 7,8 milliards d’habitants de la planète Terre. La fermeture de l’économie mondiale est présentée comme un moyen de « tuer le virus ».

Cela semble absurde. La fermeture de l’économie réelle de la planète n’est pas la « solution » mais plutôt la « cause » d’un processus diabolique de déstabilisation et d’appauvrissement de la planète.

L’économie nationale combinée aux institutions politiques, sociales et culturelles est la base de la « reproduction de la vie réelle » : revenu, emploi, production, commerce, infrastructure, services sociaux.

La déstabilisation de l’économie de la planète peut constituer une « solution » pour lutter contre le virus. Mais c’est la « solution » imposée à laquelle ils veulent nous faire croire. Et c’est ce qu’ils font.

C’est la destruction de la vie des gens. C’est la déstabilisation de la société civile.

Les mensonges sont soutenus par une campagne massive de désinformation dans les médias. 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, des « alertes Covid » incessantes et répétitives depuis onze mois. … C’est un processus d’ingénierie sociale.

Ce qu’ils veulent, c’est augmenter les chiffres afin de justifier le verrouillage.

Et maintenant, il y a ce qu’on appelle la « deuxième vague ». Des millions de tests positifs sont maintenant comptabilisés.

Le coronavirus (Covid-19) est présenté comme le « virus tueur ».

Détruire la société civile

Les gens sont effrayés et perplexes. « Pourquoi feraient-ils cela ? »

Des écoles vides, des aéroports vides, des épiceries en faillite.

En France, « Les églises sont menacées par les Kalachnikovs à cause de l’épidémie de Covid-19 » (avril 2020)

L’ensemble de l’économie des services urbains est en crise. Les magasins, les bars et les restaurants sont acculés à la faillite. Les voyages internationaux et les vacances sont suspendus. Les rues sont vides. Dans plusieurs pays, les bars et les restaurants sont tenus de prendre les noms et les coordonnées des personnes à contacter pour permettre une recherche efficace des contacts si nécessaire.
.
La liberté d’expression est supprimée

Le récit du confinement est soutenu par la désinformation des médias, la censure en ligne, l’ingénierie sociale et la campagne de peur.

Les médecins qui remettent en question le récit officiel sont menacés. Ils perdent leur emploi. Leurs carrières sont détruites. Ceux qui s’opposent au verrouillage du gouvernement sont qualifiés de « psychopathes antisociaux » :

Des « études » psychologiques évaluées par des pairs sont actuellement menées dans plusieurs pays à l’aide d’enquêtes par sondage.

Acceptez le « grand mensonge » et vous êtes étiqueté comme une « bonne personne » avec de l' »empathie » qui comprend les sentiments des autres.

…[E]xercez des réserves concernant … la distanciation sociale et le port du masque facial, et vous serez étiqueté (selon « l’opinion scientifique ») comme un « psychopathe impitoyable et fourbe ».

Dans les collèges et les universités, le personnel enseignant est contraint de se conformer et d’approuver le récit officiel COVID-19. La remise en question de la légitimité du verrouillage des « salles de classe » en ligne pourrait entraîner un licenciement.

Plusieurs médecins qui s’opposent au consensus du récit COVID-19 ou au vaccin ont été arrêtés. En décembre, « Jean-Bernard Fourtillan, professeur d’université à la retraite connu pour son opposition au vaccin COVID-19, a été arrêté « par des agents de la force publique sous commandement militaire, et placé de force en isolement à l’hôpital psychiatrique d’Uzès ». Fourtillan est connu comme « un critique de longue date des vaccins qui utilisent des adjuvants dangereux ».

Capture d’écran : NTD, 16 décembre 2020

Google et Twitter : le grand mensonge

Les opinions d’éminents scientifiques qui remettent en question le verrouillage, le masque facial ou la distanciation sociale sont « prises en compte » par Google :

« YouTube n’autorise pas les contenus qui diffusent des informations médicales erronées contredisant les informations médicales de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ou des autorités sanitaires locales sur COVID-19, notamment sur les méthodes de prévention, de traitement ou de diagnostic de COVID-19, et les moyens de transmission de COVID-19″. (c’est nous qui soulignons) Ils appellent cela la « vérification des faits », sans reconnaître que l’OMS et les autorités sanitaires locales contredisent leurs propres données et concepts.
.

De même, Twitter a confirmé qu’il « supprimera tous les messages qui suggèrent qu’il y a des « effets ou impacts négatifs de la vaccination »… Twitter le fera : « supprimera tous les messages qui « invoquent une conspiration délibérée » ou « avancent des récits nuisibles, faux ou trompeurs » sur les vaccins ».

Le 11 mars 2020 : Dépression économique artificielle. Coup d’État mondial ?

Déstabiliser d’un seul coup les économies nationales de plus de 190 pays est un acte de « guerre économique ». Ce programme diabolique sape la souveraineté des États nations. Il appauvrit les populations du monde entier. Il conduit à une spirale de la dette mondiale libellée en dollars.

Les structures puissantes du capitalisme mondial, le Big Money associé à son appareil de renseignement et militaire, en sont la force motrice. Grâce aux technologies numériques et de communication avancées, le verrouillage et la fermeture économique de l’économie mondiale sont sans précédent dans l’histoire du monde.

Cette intervention simultanée dans 190 pays déroge à la démocratie. Elle porte atteinte à la souveraineté des États nations dans le monde entier, sans qu’une intervention militaire soit nécessaire. Il s’agit d’un système avancé de guerre économique qui occulte d’autres formes de guerre, y compris les guerres conventionnelles (comme en Irak) sur le théâtre des opérations. (Voir chapitres IV, IX)

Scénarios de « gouvernance mondiale ». Le gouvernement mondial à l’ère post-covidienne ?

Le projet Lockdown du 11 mars 2020 utilise le mensonge et la tromperie pour finalement imposer un régime totalitaire 

mondial, intitulé « Gouvernance mondiale » (par des fonctionnaires non élus). Selon les mots de David Rockefeller:

« …Le monde est maintenant plus sophistiqué et prêt à marcher vers un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est certainement préférable à l’autodétermination nationale pratiquée au cours des siècles passés« . (cité par Aspen Times, 15 août 2011, c’est nous qui soulignons)

Le scénario de la gouvernance mondiale impose un programme d’ingénierie sociale et de conformité économique :

Il constitue une extension du cadre politique néolibéral imposé aux pays en développement et aux pays développés. Il consiste à mettre au rebut l' »autodétermination nationale » et à construire un réseau mondial de régimes par procuration pro-américains contrôlés par une « souveraineté supranationale » (gouvernement mondial) composée des principales institutions financières, des milliardaires et de leurs fondations philanthropiques. (Voir Michel Chossudovsky, Capitalisme mondial, « Le gouvernement mondial » et la crise de la Covid-19, 1er mai 2020).

Simuler les pandémies

La Fondation Rockefeller propose l’utilisation de la « planification de scénarios » comme moyen de réaliser la « gouvernance mondiale ». (Pour plus de détails, voir Michel Chossudovsky, 1er mai 2020). Dans le rapport Rockefeller de 2010 intitulé « Scénarios pour l’avenir de la technologie et du développement international« , des scénarios de gouvernance mondiale et les mesures à prendre en cas de pandémie mondiale sont envisagés.

Plus précisément, le rapport envisage (p 18) la simulation d’un scénario « Lock Step » incluant une souche de grippe virulente à l’échelle mondiale.

Le scénario « Lock Step » décrit « un monde où le contrôle gouvernemental descendant est plus strict et le leadership plus autoritaire, où l’innovation est limitée et où le retour des citoyens est de plus en plus difficile ». En « 2012 » (c’est-à-dire deux ans après la publication du rapport), [dans le cadre de la simulation] une souche de grippe « extrêmement virulente et mortelle » provenant des oies sauvages met le monde à genoux, infectant 20 % de la population mondiale et tuant 8 millions de personnes en seulement sept mois – « la majorité d’entre elles étant de jeunes adultes en bonne santé ». (Helen Buyniski, février 2020)

Le rapport Rockefeller 2010 a été publié dans le sillage immédiat de la pandémie de grippe porcine H1N1 de 2009.

Une autre simulation importante a été réalisée le 18 octobre 2019, moins de 3 mois avant que le SRAS-2 ne soit
« officiellement » identifié début janvier 2020.

L’événement 201 s’est tenu sous les auspices du Johns Hopkins Center for Health Security,
parrainé par la Fondation Bill et Melinda Gates et le Forum économique mondial. (Pour plus de détails, voir Michel Chossudovsky, 1er mars 2020)

Capture d’écran, 201 Un exercice de pandémie mondiale

De nombreuses caractéristiques de l' »exercice de simulation » 201 correspondaient en fait à ce qui s’est réellement passé lorsque le directeur général de l’OMS a lancé une urgence de santé publique mondiale le 30 janvier 2020.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que les commanditaires de l' »exercice de simulation » de John Hopkins sont des acteurs puissants et bien informés respectivement dans les domaines de la « santé mondiale » (Fondation B. et M. Gates) et de l' »économie mondiale » (FEM).

Il convient également de noter que l’OMS a initialement adopté un acronyme similaire (pour désigner le coronavirus) à celui de l’exercice de simulation de pandémie de John Hopkins (nCoV-2019).

Le renseignement et « l’art de la déception »

La crise COVID-19 est un instrument sophistiqué des élites du pouvoir. Elle présente toutes les caractéristiques d’une opération de renseignement soigneusement planifiée utilisant « la déception et la contre-déception« . Leo Strauss : « a considéré le renseignement comme un moyen pour les décideurs politiques d’atteindre et de justifier des objectifs politiques, et non de décrire les réalités du monde ». Et c’est précisément ce qu’ils font par rapport à Covid-19.

Vidéo: L’exercice de pandémie Event 201. 18 octobre 2019. Se concentre sur l’ampleur de la pandémie. Dans le cadre de la simulation, il est également question de la manière de gérer les médias sociaux en ligne et la « désinformation ». (Écoutez attentivement)

 

Confirmé par d’éminents scientifiques ainsi que par des organismes officiels de santé publique, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC). La Covid-19 est un problème de santé publique, mais ce n’est PAS un virus dangereux.
.
« Le prétexte mondial »

La crise COVID-19 est marquée par une « urgence » de santé publique sous les auspices de l’OMS qui sert de prétexte et de justification pour déclencher un processus mondial de restructuration économique, sociale et politique. La tendance est à l’imposition d’un État totalitaire.

L’ingénierie sociale est appliquée. Les gouvernements sont poussés à prolonger le verrouillage, malgré ses conséquences économiques et sociales dévastatrices.

Il n’y a pas de base scientifique pour mettre en œuvre la fermeture de l’économie mondiale comme moyen de résoudre une crise de santé publique. Les médias et les gouvernements sont impliqués dans la diffusion de la désinformation.

La campagne de peur n’a aucun fondement scientifique. Vos gouvernements MENTENT. En fait, ils se mentent à eux-mêmes.

Michel Chossudovsky

Lien vers le texte original en anglais:

The 2020 Worldwide Corona Crisis: Destroying Civil Society, Engineered Economic Depression, Global Coup d’État and the « Great Reset »

Traduit par Maya pour Mondialisation

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Prof Michel Chossudovsky, Mondialisation.ca, 2021

 

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Articles Par :Prof Michel Chossudovsky

A propos :

Michel Chossudovsky is an award-winning author, Professor of Economics (emeritus) at the University of Ottawa, Founder and Director of the Centre for Research on Globalization (CRG), Montreal, Editor of Global Research.  He has taught as visiting professor in Western Europe, Southeast Asia, the Pacific and Latin America. He has served as economic adviser to governments of developing countries and has acted as a consultant for several international organizations. He is the author of eleven books including The Globalization of Poverty and The New World Order (2003), America’s “War on Terrorism” (2005), The Global Economic Crisis, The Great Depression of the Twenty-first Century (2009) (Editor), Towards a World War III Scenario: The Dangers of Nuclear War (2011), The Globalization of War, America's Long War against Humanity (2015). He is a contributor to the Encyclopaedia Britannica.  His writings have been published in more than twenty languages. In 2014, he was awarded the Gold Medal for Merit of the Republic of Serbia for his writings on NATO's war of aggression against Yugoslavia. He can be reached at crgeditor@yahoo.com Michel Chossudovsky est un auteur primé, professeur d’économie (émérite) à l’Université d’Ottawa, fondateur et directeur du Centre de recherche sur la mondialisation (CRM) de Montréal, rédacteur en chef de Global Research.

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SIEGE PERMANENT POUR L’ALLEMAGNE A L’ONU. LA RUSSIE ET LA CHINE REMETTENT EN QUESTION L’IDEE

Par Le 21/12/2020

Siège permanent pour l’Allemagne à l’ONU. La Russie et la Chine remettent en question l’idée


Arrêt sur info — 17 décembre 2020

 

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Le Conseil de sécurité compte cinq membres permanents dotés d’un droit de veto (dont la Russie et la Chine) et dix membres non permanents élus pour deux ans.

Siège permanent pour l’Allemagne à l’ONU

La Russie et la Chine remettent en question l’idée

 

(Nations unies) Une visioconférence du Conseil de sécurité de l’ONU sur la Syrie a donné lieu mercredi à de vifs échanges entre l’Allemagne, la Russie et la Chine, ces deux derniers pays allant jusqu’à mettre en cause l’idée d’attribuer à Berlin un siège permanent dans cette instance.

Publié le 16 décembre 2020 sur La presse

Source: La presse.ca

 « Il est très cynique de déplorer que les biens humanitaires ne puissent pas entrer dans le pays » après la fermeture en juillet imposée par la Russie et la Chine de points d’entrée en Syrie, a affirmé l’ambassadeur allemand, Christoph Heusgen.

« Au lieu de se plaindre à chaque fois des sanctions, la Russie et la Chine devraient revenir sur leur décision et autoriser l’ouverture de davantage de points de passage afin que les gens puissent réellement obtenir la nourriture et les médicaments dont ils ont besoin », a-t-il ajouté.

Son intervention était la dernière de Berlin sur la Syrie, l’Allemagne quittant le 31 décembre le Conseil de sécurité après deux ans comme membre non permanent. Pendant ces deux années, des confrontations régulières ont eu lieu entre Berlin et Moscou sur le dossier syrien.

« Après deux ans de présence au Conseil de sécurité, nous devons être honnêtes, ce Conseil a laissé tomber le peuple syrien », a aussi dit l’ambassadeur allemand, en soulignant par ailleurs : « La Russie n’a pas seulement soutenu (Bachar al) Assad, mais a aussi contribué elle-même à la souffrance et la mort de gens ».

Si le Conseil a laissé tomber la Syrie, c’est la faute des « comportements hypocrites » de l’Allemagne et des Occidentaux, a rétorqué l’ambassadeur russe adjoint, Dmitry Polyanskiy.

« Vous avez fait de cette réunion votre chant du cygne […] mais pour tout vous dire, vous n’allez pas nous manquer », a-t-il ajouté. « Grâce à vous, de nombreux membres de l’ONU qui avant avançaient que l’Allemagne devrait être membre permanent du Conseil de sécurité, se posent maintenant des questions en se demandant si on doit permettre autant de cynisme dans cette enceinte », a déclaré le diplomate russe.

En ironisant sur un « cours magistral » dispensé par l’ambassadeur allemand, le représentant de la Chine, Yao Shaojun, a assuré que des projets humanitaires pour des Syriens avaient été bloqués à cause de sanctions de l’Union européenne et des États-Unis interdisant un transfert de fonds pour les réaliser.

« Si l’Allemagne souhaite rejoindre le Conseil de sécurité, le chemin sera difficile. La performance de l’Allemagne au Conseil de sécurité n’a pas répondu aux attentes du monde et aux attentes du Conseil », a asséné le diplomate chinois.

Le Conseil de sécurité compte cinq membres permanents dotés d’un droit de veto (dont la Russie et la Chine) et dix membres non permanents élus pour deux ans.

Source: La presse.ca

https://arretsurinfo.ch/siege-permanent-pour-lallemagne-a-lonu-la-russie-et-la-chine-remettent-en-question-lidee/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=siege-permanent-pour-lallemagne-a-lonu-la-russie-et-la-chine-remettent-en-question-lidee

 

MANLIO DINUCCI : COMMENT ECHAPPER AU COVID-19 SOUS LES BOMBES NUCLEAIRES

Par Le 09/12/2020

Comment échapper au COVID-19 sous les bombes nucléaires

Par Manlio Dinucci

Mondialisation.ca, 08 décembre 2020

ilmanifesto.it

Thème: 

Analyses: 

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La FEMA –Agence fédérale pour la gestion des urgences, dépendant du gouvernement des Etats-Unis- a mis à jour ses instructions à la population sur le comportement à adopter en cas d’attaque nucléaire. Les nouvelles instructions tiennent compte du Covid-19, des confinements qui s’ensuivent et des normes à respecter pour se protéger du virus.

Pour être prêts quand est lancée l’alarme d’une imminente attaque nucléaire –prévient la FEMA- vous devez savoir qu’ « à cause du Covid-19 de nombreux lieux, par où vous passez pour aller au travail ou revenir, peuvent être fermés ou ne pas avoir les horaires d’ouverture réguliers ». Vous devez donc repérer avant tout » les meilleurs endroits où vous mettre à l’abri, qui sont les caves et les étages médians des immeubles ». 

Dans ces instructions la FEMA ignore quels sont les réels effets (scientifiquement avérés) d’une explosion nucléaire. Même si les personnes s’enfuyant ont suffisamment de chance pour trouver un endroit non soumis au confinement à cause du Covid-19, où se mettre à l’abri, elles n’ont dans tous les cas aucune issue. Le déplacement d’air de l’explosion, avec des vents de 800km/h, provoque l’écroulement ou l’explosion même des édifices les plus solides. La chaleur fond l’acier, fait exploser le béton armé. Même les personnes qui ont trouvé « les meilleurs endroits où se mettre à l’abri » sont vaporisées, écrasées, carbonisées. 

Les effets destructeurs d’une bombe nucléaire d’1 mégatonne (équivalant à la puissance explosive d’1 million de tonnes de tritium) s’étendent de façon circulaire jusqu’à environ 14 km. Si c’est une bombe de 20 mégatonnes qui explose, les effets destructeurs s’étendent dans un rayon de plus de 60 km. 

Dans cette situation la FEMA se préoccupe de protéger les personnes du Covid-19. Quand l’attaque nucléaire est lancée, prévient-elle, « informez-vous auprès des autorités locales sur quels refuges publics sont ouverts, parce qu’ils peuvent avoir été délocalisés à cause du Covid-19 » ; au moment de l’évacuation, « pour vous protéger vous et votre famille du Covid-19, emportez avec vous deux masques par personne et un gel hydro-alcoolique pour les mains contenant au moins 60% d’alcool » ; à l’intérieur du refuge, « continuez à pratiquer la distanciation sociale, en mettant votre masque et en gardant une distance d’au moins 6 pieds (presque 2 mètres) entre vous et les personnes qui ne font pas partie de votre famille ».

Ce scénario présuppose qu’en cas d’alarme nucléaire, les 330 millions de citoyens étasuniens, gardant leur calme, s’informent sur quels refuges sont ouverts, donc se préoccupent avant tout de se protéger du Covid-19 en emportant avec eux masques et gel hydro-alcoolique et, une fois arrivés dans le refuge, gardent la distanciation sociale avec pour résultat que, dans un refuge pouvant accueillir mille personnes, 200 y seraient admises  tandis que les autres resteraient dehors.

En admettant, par l’absurde, que les personnes suivent les instructions de la FEMA pour se protéger du Covid-19, elles seraient de toutes façons exposées aux retombées radioactives dans une aire beaucoup plus vaste que celle détruite par les explosions nucléaires. Un nombre croissant de personnes, en apparence non atteintes, commenceraient à présenter les symptômes du syndrome des radiations. Aucun traitement possible n’existant actuellement, l’issue est inévitablement fatale.

Si les radiations atteignent le système nerveux, elles provoquent une forte migraine et léthargie, puis un état de coma, accompagné de convulsions, et la mort survient en quarante-huit heures. En cas de syndrome gastro-intestinal à cause des radiations, la victime est atteinte de vomissements et diarrhée hémorragique, accompagnés de fièvre importante et meurt en une ou deux semaines.

Dans ce scénario la FEMA se préoccupe aussi de l’état mental des personnes. Elle prévient : « la menace d’une explosion nucléaire peut provoquer un stress ultérieur chez de nombreuses personnes qui aujourd’hui déjà ressentent peur et angoisse à cause du Covid-19 ». Elle recommande ainsi de suivre les instructions sur la façon de « gérer le stress pendant un événement traumatique ». Elle fait donc comprendre que, en cas d’attaque nucléaire, les citoyens étasuniens seraient assistés par des psychologues qui, pendant qu’explosent les bombes nucléaires, leur apprendraient à gérer leur stress en  se persuadant que, grâce à la FEMA, ils ont échappé au COVID.

Manlio Dinucci

 

Edition de mardi 8 décembre 2020 d’il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Image en vedette : ilmanifesto.it

La source originale de cet article est ilmanifesto.it

Copyright © Manlio Dinucciilmanifesto.it, 2020

https://www.mondialisation.ca/comment-echapper-au-covid-19-sous-les-bombes-nucleaires/5651866

 

DIEGO MARADONA, L'ANTI-IMPERIALISTE

Par Le 28/11/2020

28 Novembre 2020

Jeudi 26 novembre 2020
Diego Maradona, l'anti-impérialiste


Diego Armando Maradona, l'un des plus grands athlètes du XXe siècle et pour beaucoup de gens le meilleur joueur de football de tous les temps, est décédé le mercredi 25 novembre à l'âge de 60 ans.

Né en 1960 à Lanús, Buenos Aires, Diego était le cinquième enfant d'une famille pauvre et ouvrière. Son père était un ouvrier d'usine et les premières années du jeune Diego ont été marquées par une extrême pauvreté. Au fil des décennies, parallèlement à son extraordinaire carrière dans le football, Maradona s'est révélé être un défenseur des moins privilégiés, un fervent partisan de Cuba et des mouvements de gauche latino-américains et un critique sans détour de l'impérialisme américain. 

À l'instar de son héroïque compatriote Ernesto Che Guevara, il a soutenu la lutte pour l'égalité et la justice dans la région et au niveau international. Il a fait tatouer le célèbre portrait de Guevara sur l'un de ses bras et le visage du leader cubain Fidel Castro sur l'une de ses jambes.

Maradona n'a jamais craint d'exprimer publiquement ses opinions politiques et sociales. Il s'est rendu pour la première fois à Cuba en 1987, un an seulement après que l'équipe nationale argentine eut remporté sa dernière Coupe du monde au Mexique. Depuis lors, il a noué une solide amitié avec le commandant Fidel Castro, qu'il admirait profondément et qu'il considérait comme un second père.

"On dit qu'il a commencé avec douze hommes et trois fusils dans la Sierra Maestra et maintenant je comprends pourquoi il a gagné : Il a une conviction de fer. Fidel Castro est une personnalité impossible à oublier", soulignait Maradona à la Prensa Latina en juillet 1987, après sa rencontre avec Líder Máximo.

Le charme politique d'un génie révolutionnaire comme Fidel a laissé un impact puissant sur Diego qui est devenu un visiteur fréquent de Cuba. En 2000, Fidel a invité Maradona à la clinique La Pedrera car il était aux prises avec une dépendance à la drogue et avait besoin de rééducation. La superstar argentine n'oubliera jamais ce que Fidel et Cuba ont fait pour lui. Cinq ans plus tard, en 2005, Diego a interviewé Fidel dans son émission de télévision qui s'est déroulée à La Havane et qui a duré près de cinq heures.

Pendant l'interview, Maradona a promis à Fidel de diriger la protestation contre la visite du président américain de l'époque, George W. Bush, en Argentine. "Je pense que Bush est un meurtrier... Je vais diriger la marche contre le fait qu'il ait mis le pied sur le sol argentin", avait déclaré Diego.

Et, en effet, le 4 novembre 2005, l'athlète emblématique s'est joint à une grande manifestation anti-impérialiste dans la ville côtière de Mar del Plata où se déroulait le Sommet des Amériques. Il portait un T-shirt "Stop Bush", le "S" de Bush étant remplacé par une croix gammée. 


Parlant de Fidel en 2014, Maradona a souligné : 
 
"Je ressentais une grande fierté à l'intérieur, il m'appelait au téléphone à deux heures du matin et nous parlions de football et de beaucoup de choses. Nous parlions aussi de politique et il m'a beaucoup appris. C'est un homme qui ne dormait que quatre heures et travaillait toute la journée. Fidel m'a appris beaucoup de choses que je ne savais pas et qu'il m'a enseigné mieux que quiconque".

Lorsque le grand leader cubain est mort en novembre 2016, Diego était en Croatie pour assister à la finale de la Coupe Davis. "J'ai pleuré de façon incontrôlable", a déclaré Maradona aux journalistes, "il était comme un père pour moi... Il m'a ouvert les portes de Cuba alors que l'Argentine les fermait sur moi". Peu après, il s'est rendu à Cuba pour assister aux funérailles du Commandant et rendre hommage à son "second père".

Diego Maradona était également un partisan du processus bolivarien au Venezuela et un critique féroce de l'ingérence impérialiste américaine dans le pays. Il s'était rendu à plusieurs reprises dans le pays, où il avait rencontré Hugo Chavez et d'autres dirigeants latino-américains, dont le Bolivien Evo Morales.

En 2007, Maradona est apparu dans l'émission de télévision hebdomadaire de Chavez où il a déclaré  
 
"Je crois en Chavez, je suis Chavista... Tout ce que Fidel fait, tout ce que Chavez fait pour moi est le meilleur (ce qui peut être fait)". Dans le même temps, Maradona a dénoncé l'hostilité des États-Unis à l'égard de Cuba et du Venezuela en déclarant "Je déteste tout ce qui vient des États-Unis. Je le déteste de toutes mes forces".

À la mort de Chavez, Diego s'est rendu sur sa tombe en compagnie du président Nicolas Maduro, avec lequel il se liera d'amitié par la suite. "Ce qu'Hugo m'a laissé, c'est une grande amitié, une incroyable sagesse politique. Hugo Chavez a changé la façon de penser de l'Amérique latine. Nous étions courbés devant les États-Unis et il nous a montré que nous pouvions marcher seuls", a déclaré Maradona après la mort de Chavez.

Il a continué à soutenir le processus bolivarien, étant un partisan politique de Nicolas Maduro. "N'abandonnez pas. Dans le football, peu importe si vous perdez trois fois à zéro, n'abandonnez jamais. Tu n'as jamais abandonné et tu donnes tout pour les Vénézuéliens. Vive Maduro", a-t-il déclaré lors d'une visite à Caracas et a ajouté : "Nous sommes des soldats de Nicolas, je suis venu ici pour lui apporter mon soutien".


En 2017, lorsque les États-Unis et l'opposition vénézuélienne de droite ont tenté de créer l'instabilité dans le pays, Maradona a exprimé son soutien indéfectible à Nicolas Maduro et au peuple vénézuélien.

"Nous sommes chavistes jusqu'à la mort. Quand Maduro commande, je suis habillé en soldat pour un Venezuela libre, pour lutter contre l'impérialisme et ceux qui veulent prendre nos drapeaux, ce qui est la chose la plus sacrée que nous ayons. Vive la révolution !!!", a écrit Diego sur sa page Facebook officielle.

Lorsque le leader de l'opposition soutenu par les États-Unis, Henrique Capriles, a critiqué l'ancien joueur de football pour son soutien à Maduro, affirmant que Maradona ne soutiendrait pas le gouvernement "s'il devait vivre avec seulement 15 dollars par mois", Diego a riposté : "Capriles, ne faites pas de victimes avec moi. Je sais très bien ce que c'est que de vivre avec sept frères et de ne rien avoir à manger. J'aurais aimé avoir ces 15 dollars ! La différence entre vous et moi, c'est que je n'ai jamais vendu".

On peut dire beaucoup de choses sur la vie de Diego Maradona, ses différentes dépendances et ses erreurs. Cependant, personne ne peut nier sa position anti-impérialiste ferme et constante. En fin de compte, la légendaire star du football est restée fidèle aux conseils de Fidel : "Les idées ne se négocient pas". 

source : https://www.idcommunism.com/2020/11/diego-maradona-anti-imperialist.html

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LEGENDE DU FOOTBALL MONDIAL, L'ARGENTIN DIEGO MARADONA EST MORT A 60 ANS

Par Le 25/11/2020

Légende du football, Diego Maradona est mort à 60 ans (médias argentins)

Diego Maradona, champion du monde 1986 à la tête de l'Argentine. (P. Boutroux/L'Équipe)

Diego Maradona, champion du monde 1986 à la tête de l'Argentine. (P. Boutroux/L'Équipe)

Plus grand joueur argentin de tous les temps, Diego Maradona est décédé mercredi d'un arrêt cardiaque, selon la presse argentine. Il laisse l'image d'un génie malicieux rongé par la drogue et la gloire.

mis à jour le 25 novembre 2020 à 17h29

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Il était une légende du football argentin. Une légende du football. Diego Maradona est mort mercredi à 60 ans d'un arrêt cardiaque, ont annoncé les principaux journaux argentins, Clarin et La Nacion.

« J'ai deux rêves : disputer la Coupe du monde et la gagner », espérait le jeune Diego Maradona, interrogé par la télévision argentine alors qu'il n'avait que douze ans. Disparu à Buenos Aires alors qu'il venait de fêter son soixantième anniversaire et était entraîneur du Gimnasia la Plata, il les réalisera en 1986, au Mexique, lors d'un Mondial de haute volée. Avec l'Argentine, il sera décisif à dix reprises (cinq buts, cinq passes) en sept rencontres. Mais c'est surtout son match contre l'Angleterre, en quarts de finale, qui forgera sa légende.

Dans ce duel rendu bouillant par l'affrontement des deux pays aux Malouines, le malicieux Peluso marquera d'abord de la main (geste qu'il a qualifié de «Main de Dieu») avant de dribbler victorieusement toute l'équipe adverse. Ce but a été consacré comme le plus beau du XXe siècle par la FIFA en 2002. Tout simplement. Malgré un Mondial 1982 raté et une Coupe du monde 1990 perdue en finale et marquée par les sifflets italiens à son encontre, Diego Maradona (34 réalisations en 91 sélections) a aussi été élu meilleur joueur de l'histoire des Coupes du monde par le Times, devant Pelé et Beckenbauer.

Une icône à Naples

Idole argentine, Diego Maradona l'est également à Naples, qui l'avait transféré pour un montant record à l'époque (7,5 millions de dollars). Accueilli par 75 000 personnes au San Paolo lors de l'été 1984, il va vite s'imposer comme l'un des meilleurs joueurs du monde. Entre 1987 et 1990, il est au sommet de son art. Il remporte le doublé Coupe-Championnat 1987, est sacré meilleur buteur de la Serie A 1988, gagne la Coupe de l'UEFA 1989 (avec une note de 10/10 de la Gazzetta en finale contre Stuttgart) puis encore un Scudetto en 1990.

Au Napoli, il trouvera plus d'amour qu'au Barça (1982-1984), où il a joué deux saisons et passé des moments contrastés : 38 buts en 58 matches et un titre de meilleur joueur de Liga, mais également onze mois sans compétition (hépatite, fracture d'une cheville, suspension). Il restera évidemment dans le coeur des fans du Séville FC (1992-1993), où il a été décisif vingt fois en trente matches de Liga et Copa del Rey. Mais c'est du côté de Boca Juniors et d'Argentinos Juniors qu'il faudra aussi se tourner pour revenir sur le génie qu'il était très (trop ?) tôt. Sous le maillot xeneize, il a explosé à l'âge de 21 ans en remportant le titre de champion. Une confirmation, déjà, pour celui qui avait été appelé en équipe d'Argentine à 16 ans seulement et avait débuté à 15 ans et 11 mois par un petit pont sur sa première action avec les pros d'Argentinos Juniors. Un club formateur qui l'a vu inscrire 115 buts en 166 rencontres. Tout cela lui a permis d'être sacré meilleur réalisateur du championnat argentin cinq fois de suite. Record inégalé.

Des frasques extra-sportives

Cette grande carrière a été jonchée de frasques sur les terrains et en dehors. Car, à l'inverse de l'autre idole argentine Lionel Messi, Diego Maradona était tout sauf "lisse". En mars 1991, il a été contrôlé positif à la cocaïne après un match joué avec Naples contre Bari. Suspendu quinze mois, il est rentré en Argentine où il a écopé de 14 mois de prison avec sursis pour possession de drogue lors d'un contrôle de police quelques semaines plus tard. A 34 ans, il a encore été contrôlé positif, à plusieurs types d'éphédrine cette fois-ci, à l'occasion d'un Argentine-Nigeria du Mondial 1994.

Sa dépendance aux drogues a sûrement eu une influence sur son comportement violent au quotidien. Excédé par le marquage du Brésilien Batista, il lui a adressé un coup de pied dans le ventre et pris un rouge qui a tristement terminé son Mondial 1982.

Deux ans plus tard, avec le Barça, il déclenchera une bagarre générale suite à des gestes fous sur Sola et Goikoetxea. En fin de carrière, Maradona ne sera toujours pas calmé. Lassé par des journalistes en février 94, il les menace avec une carabine à air comprimé, ce qui lui vaudra deux ans de prison avec sursis.

Passée aux côtés d'hommes politiques sud-américains parfois controversés (Castro, Morales, Chavez...), sa retraite ne redorera pas son image. Poursuivi par le Fisc italien et les tests de paternité, il passera plus de temps en cure de désintoxication et d'amaigrissement ainsi que sur les plateaux de télévision qu'au bord des terrains où sa carrière d'entraîneur ne sera pas à la hauteur de celle du joueur (moins de deux cents matches au total avec notamment la sélection argentine, Al Wasl ou Gimnasia la Plata).

publié le 25 novembre 2020 à 17h24mis à jour le 25 novembre 2020 à 17h29

https://www.lequipe.fr/Football/Actualites/Legende-du-football-diego-maradona-est-mort-a-60-ans-medias-argentins/1198423

 

BULLETIN N°414 - 17 NOVEMBRE 2020 COMAGUER : ENCLAVE ET EXCLAVE*

Par Le 18/11/2020

Bulletin n°414 – 17 novembre 2020

Comaguer

ENCLAVE ET EXCLAVE*

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La guerre du Haut Karabakh ou (Artsakh) n’aura duré que sept semaines. Comme toutes les guerres contemporaines elle aura fait plus de victimes civiles que militaires. Elle aura été à la fois très localisée sur une petite portion du territoire de l’Azerbaïdjan mais avec de forts échos internationaux puisqu’y était impliqués militairement l’Arménie et l’Azerbaïdjan appuyé militairement par la Turquie, qu’elle devait déclencher une intervention du groupe de Minsk créé en 1992  et comprenant les Etats-Unis, la Russie, la Turquie et la France précisément pour favoriser une solution diplomatique au conflit du Haut Karabakh toujours pendant depuis la disparition de l’URSS.

Beaucoup de documentation est disponible sur ce conflit consécutif à l’auto proclamation d’une république à population arménienne sur une petite partie du territoire internationalement reconnu de l’Azerbaïdjan. Il est important de rappeler que l’Union des républiques socialistes soviétique (URSS) était un projet politique ambitieux et novateur visant à rassembler  des populations très diverses dans  un projet commun de développement économique et social et à créer sur un immense territoire étendu sur dix fuseaux horaires une économie socialiste centralisée. Cette unification  postulait le dépassement de lignes de partage, de clivages historiques culturels et  linguistiques profonds. Que ce projet unique n’ait pas été mené à son terme est évident mais il a laissé des traces et  il est incontestable que cette expérience d’à peine plus de 60 années réalisée malgré les agressons extérieures (guerre « civile » avec 17 armées étrangères sur place, formidable attaque nazie, guerre froide) a été un travail de pionnier pour l’unification d’une société complexe par un progrès collectif. Imaginons un instant les conquérants de l’ouest américain proposant aux Algonquins, Comanches et autres Cheyennes la création d’une république multinationale couvrant tout le territoire de l’Atlantique au Pacifique et assurant le progrès de tous !

Allaient donc se trouver rassemblés et voisins dans l’espace soviétique, la petite Arménie , premier état chrétien de l’histoire, avec une langue et une écriture propres utilisées dès le V° siècle , un Azerbaïdjan chiite propulsé dans la modernité par les trésors pétroliers de Bakou dont la première exploitation remonte à 1846 , plus de   dix ans avant les premiers forages aux Etats-Unis où l’on parle l’azéri une langue turque également langue officielle au Daghestan et aussi utilisée dans le nord-ouest de l’Iran. Les frontières établies entre les différentes républiques socialistes soviétiques pouvaient bien ne pas correspondre exactement à l’implantation historique des différentes populations, l’Union était là pour assurer le fonctionnement collectif.

 

Mais ni le passé ni la géographie ne pouvaient être gommés et de très vieilles déterminations restaient présentes. Historiquement cette région du Sud Caucase se situe dans la zone de  frottement/friction entre deux espaces impériaux : à l’Ouest l’espace byzantino-ottoman  à l’est l’espace persan et qui a la curiosité de  détailler les mouvements de l’histoire à cet endroit constatera qu’ils sont très dépendants des pulsations, de la vie de ces deux empires auquel va s’ajouter tardivement au Nord l’empire tsariste. L’URSS nouvelle va englober la Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan mais l’espace ottoman occupé par la Turquie nouvelle  et l’escape perse de l’Iran nouveau resteront libres de son influence. L’organisation territoriale de la nouvelle URSS en 1922 valide les frontières tracées entre voisins par le traité de Kars en 1921 et respecte le traité de Moscou entre la Turquie et l’URSS naissante qui début 21 établit entre eux une sorte de pacte de non-agression. Ces frontières vont subsister jusqu’à aujourd’hui.

Cela donne en 1991 un Etat azéri  avec une enclave  (le Haut Karabakh) peuplée très majoritairement d’arméniens qui était du temps de l’URSS une simple région (oblast) de la RSS d’Azerbaïdjan. Immédiatement l’oblast se proclame et s’organise en république autonome. Mais cette proclamation n’a débouché sur aucune reconnaissance internationale pas même de l’Arménie voisine. La guerre lancée en 1994 va lui  permettre d’occuper une portion du  territoire azéri  qui la sépare de la république d’Arménie et elle chassera de cet espace les populations non arméniennes qui y résident. Bien sur personne pas plus l’Azerbaidjian que l’Arménie ne reconnaitra  cette conquête.

 

Pratiquement à partir de ce moment là le Haut Karabakh n’est plus une enclave, il devient une région non officielle de l’Arménie et la circulation régulière des marchandises et des personnes devient possible entre l’Arménie et le Haut Karabakh en dehors de tout contrôle de l’Azerbaïdjan. Sous d’autres cieux cette situation irrégulière du point de vue du droit international aurait pu dégénérer en conflit ouvert. Après 1994 et avant la crise de 2020 un seul petit accès de fièvre est noté en 2006. Mais la longue histoire de ces contrées périphérique d’empires a montré que des situations branlantes peuvent durer tant que les rééquilibrages géopolitiques globaux ne sont pas effectifs.

 

En fait ni à Bakou ni à Erevan on n’a voulu trancher dans le vif. Car le problème du Haut Karabakh n’était pas le seul.  En effet il existait, cas peut-être unique au monde résultant de la longue histoire de ces contrées, une « exclave » azérie : le Nakhitchevan un territoire faisant officiellement partie  de l’Azerbaïdjan mais inaccessible depuis l’Azerbaïdjan puisque n’ayant de frontière qu’avec la Géorgie au Nord, l’Arménie à l’Est, l’Iran au sud et à l’ouest et une toute petite frontière de 9 km avec la Turquie. Dans le traité de Kars et du temps de l’URSS ce territoire  faisait bien partie de la République Socialiste Soviétique  d’Azerbaïdjan mais c’était une république déclarée autonome puisqu’elle l’était pratiquement et géographiquement. Sa population qui comptait à l’origine une minorité arménienne était devenue au fil du temps presque totalement azérie, les arméniens y habitant s’étant installés ou ayant fui dans la RSS d’Arménie.

Cette situation était parfaitement connue du gouvernement installé à Bakou en 1991. En effet Heydar Alliev, père de l’actuel président azéri était lui-même originaire du Nakhitchevan et savait qu’en pratique cette région autonome de 400 000 habitants dépendait pour sa vie quotidienne et ses relations avec le monde extérieur de la seule Turquie, ses trois autres voisins : Géorgie, Arménie et Iran prenant bien garde de ne pas s’impliquer dans cette situation complexe et institutionnellement interne à l’Azerbaïdjan.

La guerre vient de s’achever le 11 novembre et le cesser le feu négocié et signé entre l’Azerbaïdjan, l’Arménie et la Russie ouvre la voie de la résolution de cette situation territoriale absurde.

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Il en ressort que sous la protection de l’armée et des garde-frontières russes qui ont été immédiatement mis en place sur le terrain et y sont pour 5 ans renouvelables.

1-     L’Azerbaïdjan récupère les territoires occupés depuis 1994 par les troupes du Haut Karabakh

2-     Le Haut Karabakh  ramené à sa taille initiale mais reconnu par l’Azerbaïdjan  comme une province autonome a un accès garanti à l’Arménie par le corridor de Lachin qui sera protégé, aménagé et porté à une largeur de 5 kilomètres

3-     Que la population du Haut Karabakh qui les jours précédant le cesser le feu avait fui devant l’avancée des troupes azeries regagne son pays qui va devoir être reconstruit

4-     Qu’un autre corridor le corridor de Meghri va être ouvert au sud de l’Arménie  qui permettra enfin au Nakhitchevan de communiquer régulièrement avec le reste de l’Azerbaïdjan et de faire réellement parti de la république azérie alors qu’il est concrètement aujourd’hui une annexe de facto de la Turquie.

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Il s’agit d’un très grand succès de la diplomatie russe qui avec une parfaite connaissance des réalités régionales et du contexte historique a réussi à créer les conditions d’une normalisation de la situation territoriale.  Cette normalisation va rendre possible une ouverture de nombreuses routes dans l’espace du Sud Caucase. Le président arménien Pashynian qui en fidèle émule de George Soros a suscité  la guerre de 2020 pour mettre Moscou dans l’embarras a organisé une agression et a fait croire à la population arménienne  à une victoire militaire rapide a raté son coup et une partie de ses concitoyens peut à juste titre lui demander des comptes et lui faire porter la responsabilité des morts et des destructions.

 

Le groupe de Minsk a  lui été totalement inopérant : soutenant l’opération Pashynian la France s’en est tenu à un discours opportuniste assimilant l’Azerbaïdjan à la Turquie, les Etats-Unis occupés par la période électorale et dont les intérêts impérialistes de fabrication du désordre aux confins de la Russie étaient portés par le Président arménien Pashinyan  ont laissé faire.

De son côté l’Iran non impliqué mais voisin  a fait confiance à la Russie, surveillé la situation et fermé ses frontières. La normalisation des frontières territoriales  et le maintien de l’ordre régional par la Russie devrait permettre progressivement l’établissement ou le rétablissement de relations routière et ferroviaire Sud-Nord  qui se limitaient jusqu’à présent à un passage routier entre l’Arménie et l’Iran. L’Iran devrait constituer dans ce nouveau contexte géopolitique un axe de passage du commerce international entre la mer d’Arabie et le Caucase Sud, soit une des variantes des nouvelles routes de la soie.

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*exclave est un anglicisme dérivé d’enclave rarement utilisé en français et le cas du Nakhitchevan est le seul reconnu internationalement

 

MANLIO DINUCCI : FUKUSHIMA, LA PANDEMIE NUCLEAIRE SE REPAND

Par Le 03/11/2020

Fukushima, la pandémie nucléaire se répand

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Ce n’est pas du Covid, donc l’information est passée quasiment inaperçue : le Japon déchargera en mer plus d’un million de tonnes d’eau radioactive provenant de la centrale nucléaire de Fukushima.

Le catastrophique accident de Fukushima fut amorcé par le tsunami qui, le 11 mars 2011, investit la côte nord-orientale du Japon, submergeant la centrale et provoquant la fusion des noyaux de trois réacteurs nucléaires. La centrale avait été construite sur la côte à seulement 4 mètres au-dessus du niveau de la mer, avec des digues brise-lames de 5 mètres de haut, dans une zone sujette à des tsunamis avec des vagues de 10-15 mètres de haut. De plus il y avait eu de graves manquements dans le contrôle des installations de la part de Tepco, la société privée de gestion de la centrale : au moment du tsunami, les dispositifs de sécurité n’étaient pas entrés en fonction. Pour refroidir le combustible fondu, de l’eau a été pompée pendant des années à travers les réacteurs.

Cette eau, devenue radioactive, a été stockée à l’intérieur de la centrale dans plus de mille grands réservoirs, en en accumulant 1,23 millions de tonnes. Tepco est en train de construire d’autres réservoirs, mais au milieu de l’année 2022 ceux-là aussi seront pleins. Devant continuer à pomper de l’eau dans les réacteurs fondus, Tepco, en accord avec le gouvernement, a décidé de décharger en mer celle qui a été accumulée jusqu’à présent, après l’avoir filtrée pour la rendre moins radioactive (mais on ne sait pas dans quelle mesure) avec un processus qui durera 30 ans.

Il y a en outre les boues radioactives accumulées dans les filtres du site de décontamination, stockées dans des milliers de containers, et d’énormes quantités de sol et autres matériaux radioactifs.

Comme l’a admis Tepco même, particulièrement grave est la fusion advenue dans le réacteur 3 chargé avec du Mox, un mélange d’oxydes d’uranium et plutonium, beaucoup plus instable et radioactif. Le Mox, pour ce réacteur et d’autres aussi dans le pays a été produit en France (site Orano de Beaumont-Hague en Normandie, NDT), en utilisant des déchets nucléaires envoyés par le Japon.

Greenpeace a dénoncé les dangers dérivant du transport de ce combustible au plutonium sur des dizaines de milliers de kilomètres (voir note en fin de texte, NDT). Elle a dénoncé en outre le fait que le Mox favorise la prolifération des armes nucléaires, parce qu’on peut en extraire plus facilement du plutonium et, dans le cycle d’exploitation de l’uranium, il n’existe pas de ligne de démarcation nette entre usage civil et usage militaire du matériau fissible.

Jusqu’à présent dans le monde se sont accumulées (selon des estimations de 2015) environ 240 tonnes de plutonium à usage militaire direct et 2.400 tonnes à usage civil, avec lesquelles on peut cependant produire des armes nucléaires, plus environ 1.400 tonnes d’uranium hautement enrichi à usage militaire.

Quelques centaines de kilogrammes de plutonium suffiraient pour provoquer le cancer des poumons aux 7,7 milliards d’habitants de la planète, et le plutonium reste létal pendant une période correspondant à presque  dix-mille générations humaines.

Ainsi a-t-on accumulé un potentiel destructeur en mesure, pour la première fois dans l’histoire, de faire disparaître l’espèce humaine de la surface de la Terre.

Les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki ; les plus de 2.000 explosions nucléaires expérimentales dans l’atmosphère, en mer et sous terre ; la fabrication de têtes nucléaires  avec une puissance équivalente à plus d’un million de bombes d’Hiroshima ; les nombreux accidents avec des armes nucléaires et ceux dans les sites nucléaires civils et militaires, tout cela a provoqué une contamination radioactive qui a touché des centaines de millions de personnes.

Une partie des environ 10 millions annuels de morts du cancer dans le monde -documentés par l’OMS- est attribuable aux effets à long terme des radiations. En dix mois, toujours selon les données de l’Organisation mondiale de la santé, le Covid-19 a provoqué dans le monde environ 1,2 millions de morts. Danger à ne pas sous-évaluer, mais qui ne justifie pas le fait que les mass media, notamment télévisées, n’aient pas informé que plus d’un million de tonnes d’eau radioactive sera déchargée en mer depuis la centrale nucléaire de Fukushima, avec comme résultat le fait que, entrant dans la chaîne alimentaire, elle fera ultérieurement augmenter les morts du cancer.

Manlio Dinucci

 

Article original en italien :

Fukushima, dilaga la pandemia nucleare

Édition de mardi 3 novembre 2020 d’il manifesto

https://ilmanifesto.it/fukushima-dilaga-la-pandemia-nucleare/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Photo en vedette : Une partie des plus de mille réservoirs d’eau radioactive, dans la centrale nucléaire de Fukushima

 

Note pour la version française.

“Le Mox pour les réacteurs japonais est produit en France, en utilisant des déchets nucléaires envoyés du Japon. Du site de retraitement Orano (ex-Areva) de Beaumont-Hague, en Normandie, le combustible au plutonium est transporté sur un millier de kilomètres par autocars au site Melox de Marcoule (Gard), où sont fabriquées les barres de combustible. Celles-ci sont de nouveau transportées au site de Beaumont-Hague pour organiser l’expédition. Les conteneurs sont ensuite transportés au port de Cherbourg et embarqués sur des navires qui, ayant à bord des hommes armés sur le pied de guerre, appareillent vers le Japon.

Greenpeace dénonce les dangers dérivant du transport de ce combustible au plutonium sur terre et par mer sur des dizaines de milliers de kilomètres, car personne ne peut prévoir ce qui se passerait en cas d’accident. Elle dénonce en outre le fait que le Mox favorise la prolifération des armes nucléaires, puisqu’on peut en extraire plus facilement du plutonium. Quasiment aucun gouvernement ne prête attention à l’alarme lancée par Greenpeace. Le gouvernement irlandais avait essayé en vain, en s’adressant en 2003 à la Cour d’arbitrage de La Haye, de faire fermer le site de retraitement de Sellafield en Angleterre : le site, dont se sert aussi le Japon, est source d’une dangereuse pollution radioactive de la Mer d’Irlande et de l’Atlantique Nord.

On n’a pas prêté non plus une grande attention à l’alerte, lancée en 2017 en France, par l’Autorité sur la sécurité nucléaire (ASN) concernant le site Areva (aujourd’hui Orano) de Beaumont-Hague. Selon l’ASN, la protection du site contre le risque d’explosion s’avère insuffisante. Le site concentre la plus haute quantité de plutonium et autre matériau radioactif en Europe. Un accident provoquerait des conséquences catastrophiques pour toute la région européenne”.

Extrait de :

Guerre nucléaire. Le jour d’avant. Qui nous conduit à la catastrophe et comment,

Manlio Dinucci (Zambon Editore), traduction M-A Patrizio, postface de B. Genet (Comité Comprendre et agir contre la guerre) à paraître aux Éditions Delga (Paris).

 

OSCAR FORTIN : SANS LE SOUTIEN DU VATICAN, AUCUN COUP D’ETAT NE SERAIT POSSIBLE

Par Le 17/10/2020

Sans le soutien du Vatican aucun coup d’État ne serait possible

 

 

Il est important de noter que l’État du Vatican a des évêques, des cardinaux, des prêtres et des religieux dans tous les coins de l’Amérique latine et des Caraïbes. Cette présence lui ouvre la porte pour promouvoir ses enseignements et donner de la créativité aux communautés à travers les pratiques des sacrements. Leur présence leur donne beaucoup de crédibilité, ce qui en fait une force de première ligne auprès de leurs peuples.

Les États-Unis, empire des Amériques, sont bien conscients de l’importance de l’Église catholique en tant que puissance qui a su s’imposer par la religion et la foi sur les peuples et leurs dirigeants. Tout cela ne veut pas dire qu’il n’y avait pas de vrais missionnaires qui ont fusionné avec leurs peuples, vivant et partageant avec eux la routine quotidienne de la vie.

Dans les années 60 et 70, les missionnaires se sont rapprochés des humbles pour mieux partager et mieux comprendre les racines de la pauvreté qui les accompagnent de génération en génération. Cette approche a ouvert les portes à une lecture des Évangiles et du message de Jésus qui a donné une manière différente de comprendre et de vivre la religion et la foi. Bien sûr, le Concile Vatican II a eu à voir avec tout ce mouvement d’une Église centrée sur les expériences de ses peuples. La proximité, avec les humbles de la terre. a été une université extraordinaire pour découvrir le vrai sens de la mission de Jésus au milieu de nous et pour mieux comprendre ses engagements envers les humbles de la terre.

C’étaient les années dites de «théologie de libération». Un vrai défi pour ceux qui se croyaient propriétaires du monde par, soi-disant, la volonté de Dieu. Ils n’ont pas perdu de temps à dénoncer cette «théologie de libération» qui n’était pour eux que du pur communisme et du marxisme des pires moments de l’ex-URSS. Toutes les formes d’intervention des peuples pour récupérer leur démocratie, leurs biens et leurs richesses, leur droit de participer aux pouvoirs de l’État, n’étaient rien d’autre, pour ces maîtres du monde, que du marxisme et du communisme.

Washington et le Vatican se sont réunis pour mettre fin à cette «théologie de  libération», appelant ses auteurs à abandonner cette idéologie, alimentée par le marxisme et le communisme. Le papeJean-Paul II, en décembre 1982, à la bibliothèque du Vatican, a signé un pacte avec Donald Reagan, président des États-Unis, pour coopérer à la lutte contre tout ce qui s’apparentait au communisme et au marxisme. Bien sûr, la «théologie de libération» a été condamnée et les récalcitrants mis en pénitence.

Dans un tel contexte, il n’est pas surprenant que les personnes choisies pour être cardinaux et évêques aient été choisies en fonction, entre autres, de leur adhérence au format néolibéral. On connaît le parcours du Pape Jean-Paul II en Amérique latine, ses bonnes relations avec Pinochet et ses mauvaises relations avec Ortega. Le pape Benoît XVI a suivi la même voie concernant la nomination des représentants de l’Église en Amérique latine. Quant au pape François, il a dit beaucoup de bonnes choses, mais reste, en fait, en suspens sur Washington. Il ne faut pas oublier qu’il a signé, lui aussi, un pacte avec Obama dont le lien antérieur rend compte.

Nous avons l’exemple du rôle du Vatican et de ses évêques en Bolivie qui ont fait campagne contre Evo Morales lors des élections du 19 septembre 2019. Les votes ont donné Evo Morales comme vainqueur au premier tour. Avec l’intervention de l’OEA et de l’armée bolivienne, fidèle à Washington, le coup d’État s’est déroulé sans susciter de commentaires négatifs de la part du Vatican et des évêques boliviens.

Au Venezuela, quelque chose de semblable se produit, sauf que cette fois,  l’armée demeure fidèle à son peuple.  Par contre, l’épiscopat et le Vatican se rangent du côté des prérogatives de Washington, de façon toute particulière en reconnaissent pas Nicolas Maduro comme président élu du Venezuela. Ils préfèrent soutenir un certain Juan Guaido, nommé par Trump comme président par intérim. Il est important de mentionner que les Nations Unies et plus des 2/3 des membres de l’Assemblée générale reconnaissent Nicolas Maduro comme étant le président légitime du Venezuela. Sur cette question, le Vatican et l’épiscopat vénézuélien s’alignent sur le groupe de Lima.

Dans sa toute dernière encyclique, Fratelli tutti (Fraternité universelle), le pape François dénonce la loi du marché et le capitalisme sauvage en des termes très forts. Par contre, avec les gouvernements émergents de l’A.L. qui s’attaquent à la mise en place d’une alternative à cette loi du marché et à ce capitalisme sauvage, comme c’est le cas de Cuba, de Bolivie avec Evo Morales, du Venezuela, avec Chavez y Nicolas Maduro, de l’Équateur avec Rafael Correa, du Nicaragua avec Daniel Ortega, du Brésil avec Lula y Dilma Rousseff et d’Argentine avec Cristina Fernandez et son conjoint… le pape François parle plutôt de « populisme » et de « nationalisme ».  Pas un mot sur le socialisme du XXIe s. qui se définit comme humaniste, chrétien, socialiste et anti-impérialiste. C’est tout de même curieux.

Si dans ses écrits il nous donne l’image d’une personne ouverte à ces alternatives au capitalisme sauvage, dans les faits il se positionne de manière à ne pas indisposer Washington. Il se garde bien de dénoncer avec force l’interventionnisme criminel et illégal de l’empire dans les affaires internes d’autres États et d’y imposer sa loi. Lors de sa dernière intervention à la Tribune des N.U., au début d’octobre dernier, l’occasion lui était donnée pour dénoncer cet interventionnisme et les sanctions qui l’accompagnent. Sur l’interventionnisme et le respect de la charte des N.U. que chaque pays se doit de respecter, pas un mot. Sur les sanctions que le Secrétaire général des N.U. a condamnées et demandé d’y mettre fin, le pape François a plutôt demandé que ces sanctions n’atteignent pas trop le besoin des peuples.

La fraternité universelle se vit dans la famille, dans son milieu de vie et de travail, dans le respect des uns et des autres sans la présence de forces opprimantes et de forces opprimées. À ne pas montrer du doigt ces oppresseurs et ceux qui en sont les opprimés, c’est en être complice.

Oscar Fortin

16 octobre 2020

 

Note : Le dimanche 18 octobre sera jour d’élections en Bolivie….Déjà certains pays refusent aux citoyens boliviens en exil d’aller voter à l’Ambassade et consulat de Bolivie.  Une histoire à suivre…

Photo en vedette : le Vatican. flickr.com

 

La source originale de cet article est Humanisme
Copyright © Oscar Fortin, Humanisme, 2020
 
https://www.mondialisation.ca/sans-le-soutien-du-vatican-aucun-coup-detat-ne-serait-possible/5650267
 

LE PEUPLE BAHREÏNI MANIFESTE MASSIVEMENT CONTRE LA "NORMALISATION" AVEC "ISRAËL"

Par Le 16/09/2020

Bahreïn: des manifestations populaires à Manama contre la normalisation avec «Israël»

Bahreïn: des manifestations populaires à Manama contre la normalisation avec «Israël»

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Par AlAhed avec sites web

Les Bahreïnis opposés à un rapprochement avec «Israël» ont dénoncé durant le week-end la normalisation des relations avec l’entité sioniste.

En colère, des centaines de Bahreïnis se sont manifestés, samedi soir, à Manama contre l’accord de normalisation que le gouvernement de leur pays avait annoncé vendredi avec l’Entité israélienne.

Des images publiées sur les réseaux sociaux montraient des gens portant des pancartes sur lesquelles fut écrit: «La normalisation est une trahison», «Nous refusons la soumission et l’humiliation et nous refusons d’être sous les ordres des États-Unis et du Royaume-Unis».

D’autres avaient hautement affiché «Israël est une tumeur cancéreuse qui doit être extraite, et c’est nous qui le ferons», répétant à voix vive: «La normalisation est une honte et une trahison».

Selon les vidéos publiées, les manifestants ont rejeté l’accord de normalisation, criant: «La décision annoncé par le gouvernement ne nous représente pas, nous le peuple du Bahreïn».

Dès que le président américain Donald Trump a annoncé un accord entre Bahreïn et «Israël» vendredi, les hashtags «Des Bahreïnis contre la normalisation» et «la normalisation est une trahison» sont devenus très populaires sur les réseaux sociaux.

Bahreïn est devenu le deuxième pays arabe en un mois à normaliser ses liens avec l’Entité israélienne après les Emirats arabes unis le 13 août.

«Un jour noir»

Selon l’AFP, contrairement aux Emirats arabes unis, l’opposition à la normalisation est profonde au Bahreïn, dont la société civile est active, malgré la répression ces dix dernières années.

L’ancien député Ali Alaswad a écrit sur Twitter que «l’annonce d’un accord avec Israël était un jour noir dans l’histoire de Bahreïn».

«L’accord entre le régime despotique de Bahreïn et le gouvernement d’occupation sioniste est une trahison totale de l’islam et de l’arabisme et une rupture du consensus islamique, arabe et national», a écrit le groupe d’opposition Al-Wefaq sur Twitter.

Pour Hussain Aldaihi, son secrétaire général adjoint, «la normalisation confirme ce qui est certain, à savoir que les régimes (qui s’y engagent) constituent une menace pour leurs pays, leurs peuples et la nation et mettant en œuvre des programmes contraires aux intérêts des peuples arabes et musulmans».

D’autres groupes hostiles à la normalisation, basés à Bahreïn et à l’étranger, ont exprimé leur colère dans des déclarations envoyées aux médias, certains qualifiant l’accord de «honteux».

Bahreïn, royaume dirigé par la dynastie de Khalifa, a été le théâtre de manifestations populaires importantes  en 2011, réclamant des réformes politiques. Elles ont été réprimées dans le sang avec l’aide de forces saoudiennes. Des centaines de citoyens, des chiites dans leur majeure partie ont depuis été emprisonnés et certains déchus de leur citoyenneté.

Le régime bahreïni a dissous les deux principaux groupes d’opposition, le chiite Al-Wefaq, qui était représenté au Parlement jusqu’en 2011, et la formation laïque de l’Action démocratique nationale, ou Al-Waad, toujours en raison de liens présumés avec des «terroristes». Le leader d’Al-Wefaq, cheikh Ali Salmane, est derrière les barreaux depuis 2014.

https://french.alahednews.com.lb/36788/310


 

MANLIO DINUCCI : QUI EST DERRIERE LA JUGE QUI A INSTRUIT LE PROCÈS POUR L'EXTRADITION DE JULIAN ASSANGE AUX USA?

Par Le 15/09/2020

Qui est derrière la juge qui fait le procès d’Assange?

L’Art de la guerre. Impliquée dans plusieurs conflits d'intérêts en raison de ses liens familiaux, la juge qui décide du sort d'Assange est mariée au “faucon” Tory lié à l'industrie militaire et aux services de renseignement.

Par Manlio Dinucci

Mondialisation.ca, 15 septembre 2020

ilmanifesto.it

Thème: 

Emma Arbuthnot est la juge en chef qui, à Londres, a instruit le procès pour l’extradition de Julian Assange aux USA, où l’attend une condamnation à 175 ans de prison pour “espionnage”, c’est-à-dire pour avoir publié, en tant que journaliste d’investigation, des preuves des crimes de guerre étasuniens, parmi lesquels des vidéos sur les massacres de civils en Irak et Afghanistan. Au procès, confié à la juge Vanessa Baraitser, toute requête de la défense a été rejetée. 

En 2018, après qu’est tombée l’accusation de violence sexuelle, de la part de la Suède, la juge Arbuthnot a refusé d’annuler le mandat d’arrêt, de sorte qu’Assange ne puisse pas obtenir asile en Équateur. Arbuthnot a rejeté les conclusions du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire d’Assange. Non écoutées non plus celles du responsable ONU contre la torture : “Assange, détenu dans des conditions extrêmes d’isolement non justifiées, présente les symptômes typiques d’une exposition prolongée à la torture psychologique”.

En 2020, alors que des milliers de détenus ont été transférés aux arrêts domiciliaires en tant que mesure anti-coronavirus, Assange a été maintenu en prison, exposé à la contagion dans des conditions physiques affaiblies. Au tribunal Assange ne peut pas se consulter avec ses avocats, il est gardé isolé dans une cage en verre blindé, et menacé d’expulsion s’il ouvre la bouche. Qu’y a-t-il derrière cet acharnement ?

Arbuthnot a le titre de “Lady”, étant l’épouse de Lord James Arbuthnot, connu comme “faucon” Tory, ancien ministre des adjudications de la Défense, lié au complexe militaro-industriel et aux services secrets. Lord Arbuthnot est notamment président du comité consultatif britannique de Thalès, multinationale française spécialisée dans les systèmes militaires aérospatiaux, et membre de celui de la société Montrose Associates, spécialisée en intelligence stratégique (charges grassement rétribuées). Lord Arbuthnot fait partie de la Henry Jackson Society (HJS), influent think tank transatlantique lié au gouvernement et au renseignement USA. 

En juillet dernier, le secrétaire d’état étasunien Mike Pompeo est intervenu à Londres à une table-ronde de la HJS : depuis qu’il était directeur de la CIA en 2017, il accuse WikiLeaks, fondée par Assange, d’être “un service d’espionnage de l’ennemi”. Même campagne conduite par la Henry Jackson Society, qui accuse Assange de “semer des doutes sur la position morale des gouvernements démocratiques occidentaux, avec l’appui de régimes autocratiques”.

Dans le conseil politique de la HJS, aux côtés de Lord Arbuthnot, se trouvait jusque récemment Priti Patel, l’actuelle secrétaire aux Affaires intérieures du Royaume-Uni, à qui revient l’ordre d’extradition d’Assange. À ce groupe de pression qui mène une campagne martelante pour l’extradition d’Assange, sous la régie de Lord Arbuthnot et autres influents personnages, est substantiellement reliée Lady Arbuthnot. Elle a été nommée par la Reine magistrat en chef en septembre 2016, après que WikiLeaks avait publié en mars les documents les plus compromettants pour les USA. Parmi lesquels les e-mails de la secrétaire d’état Hillary Clinton qui révèlent le véritable objectif de la guerre OTAN contre la Libye : empêcher que celle-ci usât ses réserves d’or pour créer une monnaie pan-africaine alternative au dollar et au franc CFA, la monnaie imposée par la France à 14 ex-colonies africaines. 

Le véritable “délit” pour lequel Assange est jugé est celui d’avoir ouvert une brèche dans le mur d’omertà politico-médiatique qui couvre les intérêts réels de puissantes élites qui, opérant dans l’”État profond”, jouent la carte de la guerre. C’est ce pouvoir occulte qui soumet Julian Assange à un procès, instruit par Lady Arbuthnot, qui comme traitement de l’accusé rappelle ceux de la Sainte Inquisition. S’il était extradé aux USA, Assange serait soumis à des “mesures administratives spéciales” beaucoup plus dures que les britanniques : il serait isolé dans une petite cellule, ne pourrait pas contacter sa famille ni parler, pas même par l’intermédiaire de ses avocats qui, s’ils portaient un de ses messages, seraient incriminés. En d’autres termes, il serait condamné à mort.

Manlio Dinucci

Article original en italien :

Chi c’è dietro la giudice che processa Assange

Édition de mardi 15 septembre 2020 d’il manifesto

Traduction par Marie-Anne Patrizio

La source originale de cet article est ilmanifesto.it

Copyright © Manlio Dinucciilmanifesto.it, 2020

https://www.mondialisation.ca/qui-est-derriere-la-juge-qui-fait-le-proces-dassange/5649265


 

APPEL AUX DIRIGEANTS DES NEUFS ETATS AVEC ARMES NUCLÉAIRES (CHINE, FRANCE, INDE, ISRAEL, CORÉE DU NORD, PAKISTAN, ROYAUME-UNI, RUSSIE, ETATS-UNIS)

Par Le 26/08/2020

Appel aux dirigeants des neuf états avec armes nucléaires (Chine, France, Inde, Israël, Corée du Nord, Pakistan, Royaume-Uni, Russie, États-Unis)

Par Comité No Guerra no Nato

Mondialisation.ca, 25 août 2020

Comité No Guerra no Nato

Thème: 

Analyses: 

Nous, femmes et hommes de bonne volonté de toutes classes sociales, de tous pays, de credo et religions diverses, appelons votre attention sur la menace d’une guerre nucléaire totale pouvant éclater très facilement à cause d’actions délibérées de la part de n’importe quel État nucléaire ou à cause d’une action non intentionnelle, humaine, technique ou d’autre type.

Nous assistons au fait que le seuil d’usage d’armes nucléaires dans une attaque limitée ou à grande échelle a été récemment drastiquement abaissé, amenant le monde au bord d’un Armageddon nucléaire.

De nombreux fonctionnaires militaires et civils de haut-rang, politiciens et experts parlent ouvertement de la possibilité d’utiliser des armes nucléaires dans une première attaque contre n’importe quelle nation sous de nombreux prétextes, avec l’emploi de charges nucléaires à basse ou haute puissance.

Les États-Unis, pour des raisons douteuses et avec des explications illogiques, se sont retirés d’une série de traités et accords, connus et utiles, sur le contrôle des armes nucléaires.

Les vecteurs d’armes nucléaires deviennent de plus en plus sophistiqués, rapides et précis. Ils sont réalisés dans une association dangereuse comprenant des armes nucléaires stratégiques et tactiques avec des systèmes de défense de missiles et de capacités conventionnelles, et avec la possibilité de placer des armes d’attaque dans l’espace, y inclus systèmes de défense de missiles et armes anti-satellites.

De nombreuses manoeuvres militaires, qui auparavant avaient été conduites avec l’emploi d’armes conventionnelles, se transforment progressivement en manoeuvres utilisant des armes nucléaires fictives.

Les experts en armes nucléaires calculent que lors d’une première attaque nucléaire massive, au moins 34 millions de personnes mourraient immédiatement et 57 millions subiraient de multiples blessures, causes d’horribles douleurs, souffrances, maladies par radiations, et mort. En outre, divers types d’infrastructures, flore et faune, centrales nucléaires, resources hydriques, y compris l’eau potable et des digues hydroélectriques, seraient lourdement endommagés ou complètement détruits par d’énormes tempêtes de feu, une vaste contamination nucléaire, de puissantes explosions et des tremblements de terre.

Mais cela n’est que l’impact immédiat. L’hiver nucléaire, même seulement provoqué par une guerre nucléaire limitée, menacerait toute l’humanité de faim et autres risques mortels.

Nous qui avons signé volontairement cet appel vous exhortons, en qualité de dirigeants des neuf nations nucléaires, d’entreprendre les actions suivantes en 2020 :

Premièrement : comme premier pas vers un désarmement nucléaire complet et irréversible à l’échelle mondiale, vous vous engager à ne pas utiliser et à dénoncer tout type d’utilisation d’armes nucléaires dans une première attaque contre n’importe quelle autre nation à n’importe quel moment.

Deuxièmement : signer et ratifier le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires avec l’engagement spécifié au point suivant,

Troisièmement : s’engager à démonter irréversiblement toutes les armes nucléaires d’ici au 6 août 2045 ou avant cette date – dans tous les États dotés d’armes nucléaires, au cours de phases attentivement calibrées et à travers des mécanismes d’inspection bien développés et réciproquement acceptables, à condition que tous les États dotés d’armes nucléaires suivent ce modèle en même temps et honnêtement.

Ces deux propositions ne sont pas conclusives. Elles sont un début et sont les plus urgentes. D’autres dispositions concrètes doivent être élaborées sans le moindre retard.

 

Signé personnellement le 21 août 2020 en expression de notre bonne volonté :

Comitato No Guerra No Nato (CNGNN) , Italie

Membres du Comité Exécutif CNGNN :

Giuseppe Padovano (Coordinateur National CNGNN), Manlio Dinucci (journaliste, essayiste, porte-parole du CNGNN), Jean Toschi Marazzani Visconti (journaliste, écrivaine, Relations Internationales CNGNN), Flaminio Maffettini (avocat), Jeff Hofmann (TV reporter),Vladislav Gavryusev (ingénieur physicien), Franco Dinelli (PHD CNR-INO), Berenice Galli (TV reporter), Germana Leoni (journaliste, écrivaine), Maria Heibel (essayiste, blogger), Isabella di Magdala, Manuela Fani, Ciril Munca (poétesse), Silvia Forlivesi (archéologue), Francesco Cappello (enseignant), Maya Nogradi (film maker), Luca Belardi (film maker), Suor Stefania Baldini (religieuse), Padre Fernando Zolli (prêtre combonien), Cesare Casotti (bibliothécaire), Cristoforo Attardo (blogger), Luca Sardi (musicien), Roberto Germano (physicien).

SVP. veuillez faire des copies de ce document,

le signer et l’envoyer à cette e-mail

jtmv812@gmail.com

Nos plus sincères remerciements.

 

Texte en italien :

Appello Ai Leader Dei Nove Stati Con Armi Nucleari (Cina, Francia, India, Israele, Nord Corea, Pakistan, Regno Unito, Russia, Stati Uniti) 

La source originale de cet article est Comité No Guerra no Nato

Copyright © Comité No Guerra no Nato, Comité No Guerra no Nato, 2020

https://www.mondialisation.ca/appel-aux-dirigeants-des-neuf-etats-avec-armes-nucleaires-chine-france-israel-coree-du-nord-pakistan-royaume-uni-russie-etats-unis/5648694


 

IL Y A 75 ANS A HIROSHIMA ET NAGASAKI, LES ETATS-UNIS ONT MASSACRE A COUPS DE BOMBES NUCLÉAIRES DES CENTAINES DE MILLIERS D’INNOCENTS JAPONAIS

Par Le 08/08/2020

 

Les 6 et 9 août 1945 les habitants d’Hiroshima et Nagasaki, principalement des femmes, enfants et personnes âgées furent massacrés par la bombe nucléaire.

À l’occasion du 75e anniversaire de ces massacres, la CGT rappelle l’urgence de la démilitarisation des relations internationales, de la diminution des dépenses militaires (1917 milliards de dollars en 2019 qui pourraient être réorientés vers la santé, l’éducation, la protection de l’environnement et la culture), la réalisation des Objectifs du Développement Durable (ODD) et l’élimination totale de toutes les armes de destruction massive, dont les armes nucléaires, notamment par la ratification par la France du Traité sur l’Interdiction des Armes nucléaires (TIAN).

Les massacres d’Hiroshima et de Nagasaki, perpétrés par les États-Unis au motif d’épargner la vie des soldats américains n’avaient en réalité pour seul but que d’assurer le leadership des États-Unis sur le monde, en anticipant la division en deux blocs. Aujourd’hui, l’ouverture des archives soviétiques comme américaines prouve que le Japon avait avant ces deux bombardements proposé sa reddition sans réaction des autorités américaines.

La crise mondiale, sanitaire, économique et sociale qui tue dans l’ensemble des états les plus fragiles et précaires, et rend les pauvres plus pauvres, a montré le danger qu’est le manque de structures de services publics, de santé, d’éducation et de culture dans chaque état. Il est temps comme la CGT le dit souvent de réorienter le monde vers une gestion qui sera centrée sur l’homme, l’environnement, le respect des espèces animales et végétales.

La CGT avec ses partenaires, dont le mouvement de la Paix, contribuera au succès de la « vague mondiale de la paix » du 6 au 9 août 2020 et invite ses organisations à participer le samedi 19 septembre à l’organisation partout en France de marches pour la Paix dans le cadre de la journée internationale de la Paix.

Montreuil, le 7 août 2020

source :  https://www.cgt.fr/comm-de-presse/il-y-75-ans-la-premiere-bombe-nucleaire-tuait-des-centaines-de-milliers-dinnocents


 

MARC VANDEPITTE : COVID-19 ET LA FIN DE L'ERE NÉOLIBÉRALE

Par Le 07/08/2020

COVID-19 et la fin de l’ère néolibérale

 

   

Voilà 40 ans qu’ils nous balançaient des dogmes néolibéraux. La crise financière avait sérieusement ébranlé la croyance, mais en fin de compte elle a tenu bon. Cette fois c’est différent. La crise COVID-19 et les mesures socioéconomiques pour sauver le système ont fait exploser tous les dogmes néolibéraux. Il était grand temps de passer à du neuf.

 

Les dogmes périmés

‘Nous vivons au-dessus de nos moyens, il n’y a pas d’argent’
C’est ce qu’ils nous ont fait croire pendant des années. Les soins de santé coûtaient trop cher, les allocations de chômage étaient trop généreuses, les salaires trop élevés, et pour les affaires sociales ou culturelles il n’y avait tout simplement pas d’argent. Le déficit public et les dettes devaient être aussi faibles que possible, c’est pourquoi il fallait économiser sur tout et n’importe quoi.
Subitement il apparaît qu’en fait il y a de l’argent et ils semblent avoir trouvé des gigantesques tirelires. Aujourd’hui ils distribuent les milliards comme si c’étaient des bonbons. Un déficit public plus de trois fois supérieur aux 3% des critères maastrichtiens ou un taux d’endettement bien au-dessus des 100% du PIB, soudainement tout cela est possible.

 

‘Le libre marché résout tout, l’Etat est inefficace’
Le mot d’ordre en vigueur était de tout privatiser et déréguler le plus possible. Il fallait que l’Etat soit dégraissé au maximum et intervienne le moins possible (1). Selon les mots du populiste flamand Bart De Wever: “L’état est un monstre qui aspire l’argent et le recrache”.
Au cours de la crise COVID-19, le marché a complètement échoué. L’échec le plus évident et le plus dramatique est celui des masques de protection. Inversement, nous avons assisté au retour dramatique mais également à la réhabilitation des pouvoirs publics. Chacun a pu s’apercevoir que seul l’Etat peut maîtriser et surmonter une crise d’une telle ampleur. D’importants secteurs de l’économie ont été nationalisés entièrement ou partiellement sans problème. Selon le Wallstreet Journal les mesures d’incitation aux Etats-Unis constituent “le plus grand pas vers une économie centrale planifiée que l’Amérique ait jamais posé”.

 

‘Le capital et l’esprit entrepreneurial créent la prospérité’ 
Ce sont les entrepreneurs qui créent la prospérité. Grâce à leurs capitaux, leur audace et leur innovation, ils créent de l’emploi et accroissent la richesse d’un pays.
Dans les différents pays les confinements ont révélé partout le contraire, à savoir que c’est le travail de la population active qui produit la richesse. Quand une partie de la population active a été contrainte de cesser le travail, la croissance économique s’est effondrée comme un soufflé. C’est le travail qui crée du capital et non l’inverse. Le confinement a également montré que ce sont souvent les boulots les plus essentiels qui sont le moins bien rémunérés.

 

‘Ce qui est bon pour les riches est bon pour tout le monde’.
Puisque la prospérité est créée par le capital et les entrepreneurs, nous devons les dorloter. Des mesures favorisant les entrepreneurs et les hauts revenus (cadeaux fiscaux, subventions salariales, aides de l’Etat …) garantissent davantage d’investissements et créent des emplois. Leur profit finit par ruisseler vers le bas. Cet effet dit de ruissellement a servi d’excuse pour justifier le traitement sur mesure des 1% les plus riches.
COVID-19 pulvérise ce sophisme. Car grâce aux incitations les super riches en profitent largement. Depuis le 18 mars les milliardaires étatsuniens ont vu leurs avoirs augmenter d’un tiers, soit 565 milliards de dollars. JPMorgan, la plus grande banque des Etats-Unis, a rapporté le chiffre d’affaires trimestriel le plus élevé jamais connu. La société d’investissement Goldman Sachs a marqué une croissance de 41% par rapport à l’an dernier. Mais on ne voit guère de “ruissellement” … Dans le monde des centaines de millions de gens sont acculés à une pauvreté extrême. En Belgique, le nombre de personnes qui font appel aux banques alimentaires a augmenté de 15 %, et ce n’est  qu’un début. 

 

‘Les gens sont égoïstes’.
L’être humain est capable du bien, mais il est mauvais par nature. Il est avant tout motivé par son propre intérêt. C’est ce que les gourous néolibéraux nous ont seriné pendant des décennies. En fin de compte ce mantra est utile à leurs yeux car l’intérêt personnel mène à la concurrence et c’est justement ce qui fait avancer notre économie.
La solidarité spontanée et massive qui a jailli pendant la crise COVID-19 détruit cette vision cynique de l’humain. Des jeunes ont fait les courses pour leurs voisins âgés, des milliers de bénévoles ont confectionné des masques ou se sont proposés aux banques alimentaires. Alors qu’ils manquaient encore de matériel de protection, les soignants allaient s’occuper de leurs patients au risque de leur propre santé – donc de leur vie. Bien sûr il y a eu des groupes qui se moquaient totalement des mesures de sécurité, mais c’est l’exception qui confirme la règle. Plus que jamais, la crise COVID-19 démontre que l’être humain est fondamentalement un supercoopérateur, comme l’ont décrit Dirk Van Duppen et Rutger BregmanWendy Carlin, professeur d’économie, l’exprime en ces mots : “Le modèle de l’acteur économique comme amoral et égocentrique est à modifier définitivement”.

 

Pas de répétition de 2008

Tous les partis traditionnels, verts et sociaux-démocrates inclus, ont collaboré ces quarante dernières années à la politique néolibérale, ou l’ont pour le moins soutenue (2).

Les conséquences de cette gouvernance asociale sont devenues douloureusement évidentes ces derniers mois. Dans les soins de santé et les centres d’hébergement, les économies et les privatisations ont payé un lourd tribut en vies humaines. En outre les recettes néolibérales apparaissent totalement inaptes à opposer une réponse forte au crash économique.

Une approche similaire à elle de 2008 – injecter de l’argent supplémentaire dans l’économie tout en pratiquant l’austérité – c’est hors de question. Un nouveau dopage financier pourrait entraîner l’effondrement total d’une économie déjà très affaiblie. De nouvelles restrictions affaibliraient encore davantage le pouvoir d’achat et provoqueraient une crise sociale et politique profonde. Les mises en garde du Financial Times sont sans équivoque : “Si nous voulons que le capitalisme et la démocratie libérale survivent, nous ne pouvons pas nous permettre de répéter l’approche erronée du ‘socialiser les pertes et privatiser les bénéfices’ d’il y a dix ans”. “Un retour aux restrictions serait de la folie – une invitation à des troubles sociaux voire à la révolution, et un cadeau du ciel aux populistes”.

 

Le grand appel à un changement de paradigme

Les choses sont claires. Le néolibéralisme est terminé, il est temps de faire quelque chose de nouveau. À l’exception de quelques irréductibles, personne ne veut retourner au monde d’avant COVID-19. La crise et sa gestion ont provoqué beaucoup de frustrations et ont radicalisé une bonne partie de la population active. Aux Etats-Unis, 57% des gens estiment que leur système politique ne fonctionne que pour les initiés nantis d’argent et de pouvoir. Une majorité des jeunes de moins de 30 ans sont partisans du socialisme. Au Royaume-Uni, seuls 6% veulent retourner au même type d’économie qu’avant la pandémie. Seuls 17% estiment que le financement des mesures d’incitation doit se faire par de nouvelles économies. 70% des Français estiment qu’il est nécessaire de réduire l’influence du monde financier et des actionnaires. En Flandre les trois quarts de la population pensent que l’argent doit venir des grandes fortunes et deux tiers jugent que les politiciens de l’après-crise doivent travailler à une redistribution ambitieuse des richesses.

Le monde universitaire et culturel lui aussi est sur cette longueur d’ondes. Trois mille scientifiques issus de 600 universités pensent que la société doit changer radicalement de cap et remettre les travailleurs au centre de la prise de décisions. Deux cents artistes, dont Robert de Niro et Madonna, ont lancé un appel au “monde” afin qu’on ne revienne pas à “la normale” d’avant COVID-19 mais qu’on change en profondeur nos style de vie, consommation et économies.

Dans le monde des affaires également, cette perception a bien percolé. Klaus Schwab, fondateur et président du Forum économique de Davos, a évoqué une “une grande réinitialisation du capitalisme”. Selon lui, la pandémie a dévoilé les lacunes d’un “vieux système” qui avait négligé les infrastructures, les soins de santé et les systèmes de sécurité sociale. “Si nous continuons comme nous le faisons actuellement, je pourrais prévoir que nous aurons une révolte entre les mains« . Dans ce contexte, les super-riches supplient dans une lettre ouverte de les imposer plus lourdement.

Selon le Financial Times, des « réformes radicales » devront être mises sur la table. « Les gouvernements devront accepter de jouer un rôle plus actif dans l’économie. Ils doivent considérer les services publics comme un investissement plutôt que comme des charges et chercher les moyens de rendre le marché du travail moins précaire. La redistribution des richesses sera de nouveau à l’ordre du jour … Des politiques jusque récemment considérées comme excentriques, telles que le revenu de base et l’impôt sur la fortune, devront faire partie intégrante de l’assemblage« .

Selon ce quotidien, la démocratie libérale « ne survivra à ce deuxième grand choc économique que si les ajustements sont effectués dans le cadre d’un nouveau contrat social qui reconnaît le bien-être de la majorité avant les intérêts des privilégiés« . Foreign Affairs lui aussi parle d’un « nouveau contrat social ». Son objectif est « l’établissement d’un ‘État-providence’ qui fournit à chacun les ressources fondamentales nécessaires pour maintenir une qualité de vie décente« . Cela présuppose « un accès universel garanti aux soins de santé et à une éducation de qualité« . Ce qui passait naguère pour de l’extrême gauchisme appartient maintenant au grand public.

 

Une réponse à quatre crises

Les défis qui nous attendent sont considérables. Le nouveau paradigme doit pouvoir fournir une réponse à au moins quatre crises (3).

1. L’impasse économique

A trois reprises ces vingt dernières années, l’économie mondiale a connu une crise grave : la bulle internet en 2000, la crise financière en 2008 et, ces derniers mois, une dépression consécutive à une pandémie. Cela montre clairement que COVID-19 n’est pas la cause mais le déclencheur de la tempête économique. Une économie saine devrait en principe être capable de faire face à pareil choc pandémique, un pays comme la Chine le prouve. Mais pour l’économie capitaliste, cela ne semble pas du tout être le cas. La croissance de la productivité s’est presque arrêtée, les taux de profit (taux de rendement du capital investi) ne cessent de diminuer et l’endettement mondial a atteint le niveau insoutenable de 322 % du PIB.

De plus, chaque crise ne signifie rien d’autre que la misère pour des millions de personnes. Cette crise va une fois de plus plonger plusieurs centaines de millions de personnes dans la pauvreté. Cela ne peut vraiment pas continuer comme ça.

2. Scandaleux abîme entre riches et pauvres

Dans le capitalisme, la production vise uniquement la recherche du profit d’un petit groupe de propriétaires privés et elle ne fonctionne pas dans la perspective des besoins sociaux ou des possibilités de développement de la grande majorité. Cela crée un fossé scandaleux entre riches et pauvres. Avec la richesse produite aujourd’hui dans le monde, chaque famille de deux adultes et trois enfants dans le monde dispose d’un revenu mensuel potentiel disponible de 4.100 euros (oui, vous avez bien lu) (4).

Néanmoins, un tiers de la population mondiale n’a pas les installations sanitaires de base et une seule personne sur huit a l’électricité. Un habitant sur cinq vit dans un bidonville et un sur trois n’a pas d’eau potable sûre.

Dans notre propre pays, la Belgique, les 5 % de super-riches possèdent autant que les 75 % des plus pauvres. Dans l’un des pays les plus riches du monde, 20 % des familles sont exposées au risque de pauvreté, un quart des familles ont du mal à payer tous les frais médicaux, 40 % ne peuvent pas épargner et 70 % des chômeurs ont du mal à joindre les deux bouts. Ces faits ne sont pas des excès du système. Ils découlent directement de sa logique.

3. Les pandémies à venir

Depuis le début du siècle dernier, nous savons que presque toutes les épidémies modernes sont le résultat de l’intervention de l’homme dans son environnement écologique immédiat. Les mammifères et les oiseaux sont porteurs de centaines de milliers de virus transmissibles à l’homme (5). En raison de l’exploitation de zones naturelles auparavant inaccessibles, il existe un risque croissant de transmission de ces virus à l’homme.

En réponse au VIH, au Sars, à l’Ebola, au Mers et à d’autres virus, les plus grands experts lancent des alertes depuis plus de dix ans. Nous avons sans doute de la chance qu’un autre virus encore plus mortel ne nous soit parvenu. En 2018, les scientifiques américains ont élaboré un plan détaillé pour prévenir de telles pandémies. Les pertes dues à COVID-19 sont estimées à 12 500 milliards de dollars. Le coût du plan de prévention 2018 est d’à peine 7 milliards de dollars.

Aucun financement n’a encore été trouvé pour le projet. Cela ne devrait pas surprendre, car la recherche sur ces questions est en grande partie entre les mains du secteur privé, lequel ne se soucie pas de l’intérêt public mais du profit. Chomsky ne mâche pas ses mots : « Les laboratoires du monde entier pourraient alors travailler à la mise au point d’une protection contre les éventuelles pandémies de coronavirus. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ? Les signaux du marché étaient faux. Les compagnies pharmaceutiques. Nous avons confié notre sort à des tyrannies privées appelées sociétés, qui n’ont pas de comptes à rendre au public, en l’occurrence, les Big Pharma. Et pour elles, fabriquer de nouvelles crèmes pour le corps est plus rentable que de trouver un vaccin qui protégera les gens de la destruction totale ».

4. La dégradaion du climat

La chasse au profit maximum sape le système écologique de la terre et menace la survie de l’espèce humaine. Selon l’écrivain et militante bien connue Naomi Klein, le monde est confronté à un choix décisif : soit nous sauvons le capitalisme, soit nous sauvons le climat. Ce choix est particulièrement crucial dans le secteur des énergies fossiles, principal responsable des émissions de CO2. Les 200 plus grandes compagnies pétrolières, gazières et charbonnières ont une valeur marchande combinée de 4.000 milliards de dollars et réalisent des dizaines de milliards de profits chaque année. Si nous voulons maintenir l’augmentation de la température en dessous de 2°C, ces géants de l’énergie doivent laisser 60 à 80 % de leurs réserves intactes. Mais cela serait préjudiciable à leurs attentes en matière de profit et cela ferait immédiatement chuter leur valeur en bourse. C’est pourquoi ils investissent encore des centaines de milliards de dollars chaque année dans la recherche de nouveaux gisements. Si les politiques actuelles restent en place, la demande en combustibles fossiles aura augmenté de près de 30 % en vingt ans au lieu de diminuer de façon draconienne, sans qu’un pic ne soit en vue. Dans la logique du profit, le réchauffement climatique est inéluctable.

Selon The Economist, le porte-parole de l’élite économique mondiale, le coût financier est tout simplement trop élevé pour lutter contre le réchauffement climatique.

En réponse à la crise COVID-19, les gouvernements ont pris des mesures sans précédent. Des mesures au moins aussi radicales devront être prises pour lutter contre la dégradation du climat. « S’il y a une chose que la pandémie a montrée« , dit le Financial Times, « c’est le danger que les avertissements des experts soient ignorés”.

 

Lutter pour un autre système sociétal

Que nous apprennent ces quatre crises ? Que nous devrons complètement repenser nos politiques et notre économie. Pour sortir de l’impasse économique actuelle, il faudra d’abord endiguer les marchés financiers et briser le pouvoir disproportionné des multinationales. Pour s’attaquer aux problèmes sociaux, l’économie ne doit plus se concentrer sur les profits privés de quelques-uns, mais sur les besoins sociaux du plus grand nombre. Il faut aussi une redistribution des richesses. Afin de s’armer contre les futures pandémies, l’industrie pharmaceutique devra bien entendu changer de cap. Après tout, la politique climatique est trop importante pour être laissée aux géants de l’énergie et à leur logique de profit. Leur toute-puissance doit être brisée afin qu’il y ait de la place pour une politique climatique responsable.

Pour y parvenir, nous devrons subordonner la sphère économique à la sphère politique. Où et dans quoi on investit, la répartition de l’excédent économique, le commerce, les finances, etc., toutes ces choses doivent être axées sur les priorités et les besoins de la communauté actuelle et ceux des générations futures. Cette « planification » (6) n’implique nullement un contrôle total de l’État, mais elle signifie que l’économie est contrôlée par un organe politique (élu) et non par des propriétaires privés. Cela signifie que la logique économique devient subordonnée à l’État et non plus l’inverse.

Un système social différent est nécessaire et urgent, mais il ne se fera pas tout seul. Les bonnes idées sont importantes mais ne suffisent pas à provoquer le changement. Il y a d’énormes intérêts derrière le système actuel. Ceux qui bénéficient de ce système ne renonceront jamais volontairement ou ne seront jamais prêts à faire des concessions, même s’il existe des capitalistes éclairés qui sont convaincus que de telles concessions sont essentielles pour la préservation du système. Les organisations patronales vont même essayer de profiter de la situation de crise pour imposer une stratégie du choc.

L’histoire nous apprend que le type de société et notre avenir dépendront des batailles que nous mènerons. Comme le dit le sociologue Jean Ziegler dans une interview à Solidaire : « Il ne faut pas être optimiste, il faut se mobiliser« . Pour que cette mobilisation soit puissante, il faudra s’organiser fermement, car l’adversaire est très solidement organisé. Ou comme le dit Varoufakis : « Si nous ne parvenons pas à nous unir maintenant, je crains que ce système ne fasse qu’approfondir sa cruelle logique« .

Quoi qu’il en soit, nous allons vivre des moments passionnants et décisifs. Préparons-nous.

 

 

Traduction du néerlandais : Anne Meert pour Investig’Action.

 

Notes :

(1) Ce retrait de l’État ne s’applique pas aux grands monopoles, au contraire. En raison de leur forte concentration de pouvoir, ils ont un impact croissant sur le système étatique. Ils utilisent le pouvoir de l’État pour renforcer leur position concurrentielle et s’assurer des profits maximum. Cela se passe de différentes manières. Les marchés publics, les subventions et les taux d’imposition favorables sont les plus connus. Mais le gouvernement est également impliqué dans l’exploration de nouveaux secteurs ou produits. L’investissement y est incertain et nécessite souvent d’énormes capitaux. Les institutions gouvernementales se chargent de cette phase initiale coûteuse et risquée, souvent dans le cadre de l’industrie de la guerre. À un stade ultérieur, ils sont ensuite transférés au secteur privé, ils sont littéralement privatisés. Pour donner quelques exemples récents, ce fut le cas du PC, d’Internet, de l’algorithme de Google, des réseaux sans fil, de l’écran tactile, du GPS, des micropuces, de la biotechnologie, de la nanotechnologie et de nombreux autres produits ou secteurs rentables. Le financement initial d’Apple provient d’une société d’investissement gouvernementale américaine.

(2) Dans tous les pays où les sociaux-démocrates ont gouverné, ils ont contribué à façonner les politiques néo-libérales. Au Royaume-Uni, Blair a lancé la « troisième voie » entre capitalisme et socialisme et a conclu un pacte avec l’ultra-droite de Berlusconi. En Allemagne, Gerhard Schröder, le patron des sociaux-démocrates, a introduit le modèle des bas salaires qui a enclenché une spirale de baisse des salaires dans toute l’Europe. En Belgique, les sociaux-démocrates sont co-responsables de la perte de pouvoir d’achat, de la dégradation des conditions de travail, des restrictions sur la sécurité sociale et les soins de santé, et de la dégradation des régimes de retraite.
Les Verts n’ont pas beaucoup codirigé et lorsqu’ils l’ont fait, ils n’ont pas contribué à changer le cap. En Allemagne, en revanche, ils ont défendu avec ardeur le modèle des bas salaires. Au cours de leur seule participation au gouvernement en Belgique (de 1999 à 2004), ils n’ont réussi à ajouter que quelques points et virgules. Au Parlement européen, les Verts ont quasi entièrement approuvé les mesures néolibérales, comme le Six Pack, et ils sont donc co-responsables de la politique d’austérité draconienne de l’UE.

(3) Pour une version plus élaborée d’un tel modèle alternatif, voir : ‘Crisis of capitalism’ et ‘Prioritizing use value over exchange value’.

(4) Le calcul par ménage moyen est basé sur l’hypothèse plausible que le revenu familial disponible est de 70 % du PIB. Dans ce cas, nous utilisons le produit mondial brut : $136.000 milliards PPA en 2019. Ce chiffre exprimé en PPA du dollar tient compte des différences de prix entre pays pour les mêmes biens ou services et exprime le pouvoir d’achat réel. Nous avons converti ce chiffre en euros en utilisant la méthode de calcul de la Banque mondiale : pour la Belgique 1$ PPA~0.808 euro. Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_GDP_(PPP) ; https://data.worldbank.org/indicator/NY.GDP.MKTP.PP.KD ; http://www.worldometers.info/world-population/world-population-by-year/ ; https://data.oecd.org/fr/conversion/parites-de-pouvoir-d-achat-ppa.htm

(5) Il s’agirait de 350.000 à 1,3 millions de virus. Source : The Economist.

(6) La planification économique peut se définir comme la possibilité d’imposer des objectifs démocratiquement convenus, axés sur un développement économique durable. Il existe différentes gradations dans la planification. La meilleure façon de mettre en pratique la planification est de le faire de manière qualitative, en visant spécifiquement les besoins humains vitaux. Il convient d’éviter la planification bureaucratique.

https://www.investigaction.net/fr/covid-19-et-la-fin-de-lere-neoliberale/


 

ENTRETIEN AVEC JEAN ZIEGLER, L'HOMME QUI VEUT EN FINIR AVEC LE CAPITALISME. "LE CHOC DE CETTE CRISE VA PROVOQUER LA REVOLUTION"

Par Le 03/08/2020

 

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Par Charlotte Vautier — 07 mai 2020

 

« Le choc de cette crise va provoquer la révolution » : Entretien avec Jean Ziegler, l’homme qui veut en finir avec le capitalisme

En 1964, Che Guevara lui a demandé de « lutter contre les travers du capitalisme ». C’est ce que le professeur, député et écrivain suisse Jean Ziegler s’est attelé à faire toute sa vie. Nommé rapporteur spécial à l’ON